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Tribune libre

Mgr Schneider : « L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église »

Mgr Schneider : « L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église »

Source : https://fsspx.news/fr/news/mgr-schneider-lheresie-homosexuelle-infecte-plus-plus-le-corps-leglise-59097

Dans un entretien accordé le 12 mai 2026 à la journaliste Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider a vigoureusement dénoncé le contenu du rapport final du Groupe d’étude n° 9 du Synode sur la synodalité, publié le 5 mai dernier par le Secrétariat général du Synode des évêques.

Consacré aux « questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes », ce document de trente pages a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux catholiques en raison de son appel scandaleux à un « changement de paradigme » dans la manière d’aborder des vérités doctrinales et morales élémentaires.

« Une propagande d’idéologie sexuelle mondiale »

Dès le début de son entretien avec Diane Montagna, Mgr Athanasius Schneider dénonce avec une grande vigueur l’orientation générale du rapport publié par le Secrétariat du Synode des évêques.

L’évêque estime que le Vatican participe désormais à la diffusion d’une idéologie contraire à la loi naturelle et à la Révélation divine :

« En publiant le Rapport final du Groupe d’étude n° 9, le Secrétariat du Synode des évêques s’est abaissé à promouvoir la propagande d’une idéologie sexuelle mondiale qui est agressivement poussée en politique et dans les médias à travers le monde. »

L’entretien revient notamment sur le scandale provoqué par la présence, dans le rapport, du témoignage d’un homme vivant publiquement dans une relation homosexuelle et ayant reçu, avec son partenaire, une bénédiction du père James Martin, prêtre jésuite américain proche des milieux LGBT, au lendemain même de la publication de Fiducia Supplicans. Mgr Schneider déclare à ce sujet :

« Le père James Martin n’est qu’un homme de main clérical de cette idéologie anti-chrétienne et blasphématoire. »

Il poursuit :

« Les partisans de cette idéologie cherchent l’approbation morale et doctrinale de l’Église des actes et modes de vie homosexuels — c’est-à-dire des comportements contraires à la création de Dieu et à l’ordre naturel. »

Puis il accuse directement le Secrétariat du Synode de collaborer avec ces groupes de pression :

« Le Secrétariat du Synode — organe du Saint-Siège — collabore ainsi avec ses lobbyistes dans une véritable révolte contre l’œuvre de création de Dieu, contre l’ordre beau et sage des deux sexes, homme et femme. »

Fiducia Supplicans et « l’exégèse du doute »

Pour Mgr Schneider, le rapport du Groupe d’étude n° 9 constitue l’aboutissement logique d’un processus engagé depuis plusieurs années dans l’Église : « Le rapport final révèle que légitimer l’homosexualité — c’est-à-dire les actes homosexuels, les modes de vie et les relations homoérotiques — était déjà à l’ordre du jour clérical lors du premier Synode sur la famille du pape François. »

L’évêque estime que « cet ordre du jour a atteint un sommet avec la promulgation de Fiducia Supplicans par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, sous la direction de son préfet actuel. » Mgr Schneider qualifie cette déclaration romaine de

« parodie du bon sens. Elle évoque la possibilité de bénir les couples homosexuels, non pas officiellement et liturgiquement, mais spontanément. Selon le document, l’objet de la bénédiction est le couple homosexuel, et non leur relation. Mais être un “couple” vient précisément de la relation elle-même. Fiducia Supplicans traite ainsi le monde entier comme des imbéciles. »

Il constate que « le rapport final du Groupe d’étude n° 9 va encore plus loin en proposant une possible justification doctrinale des actes homosexuels et des relations homoérotiques. » L’évêque considère que cette justification

« le fait en remettant indirectement en question la validité durable du témoignage de la Révélation divine concernant l’homosexualité dans les Saintes Écritures. »

Mgr Schneider dénonce alors ce qu’il appelle une « exégèse du doute » :

« Le rapport affirme en fait qu’“il est nécessaire d’aller au-delà d’une simple répétition de leur présentation actuelle et de prendre en compte les enseignements tirés de diverses lectures exégétiques” (2.4). Une telle exégèse usurpe effectivement la place de Dieu et prétend proclamer ce qui est bon et ce qui est mal. C’est précisément ce que le serpent a fait dans le Jardin d’Éden. »

L’évêque auxiliaire d’Astana estime également particulièrement révélateur le fait que les témoignages retenus dans le rapport soient exclusivement ceux de personnes vivant publiquement dans des unions homosexuelles, sans donner la parole à des fidèles cherchant à vivre dans la chasteté conformément à l’enseignement de l’Église.

Pour lui, « ce fait parle de lui-même », ce choix révèle clairement l’orientation du Groupe d’étude,

« cela démontre clairement qu’un organe du Saint-Siège — le Secrétariat du Synode des évêques — prend parti pour un groupe idéologique et néo-gnostique au sein de l’Église, une minorité qui contredit explicitement l’enseignement constant de l’Église et le sensus fidelium. »

Mgr Schneider estime que le but poursuivi est extrêmement grave :

« Il est clair que l’objectif est d’initier un processus pour réinterpréter et finalement abolir la validité de la révélation de Dieu — en particulier celle du Sixième Commandement. »

« Une tactique ouvrant la porte au relativisme moral total »

L’évêque reconnaît certes que le document n’a pas formellement d’autorité magistérielle, mais il estime que sa publication officielle par le Vatican lui donne une portée considérable dans l’opinion publique catholique : « Bien qu’il ne s’agisse formellement que d’un document d’un groupe d’étude et qu’il n’ait pas d’autorité magistérielle, il est néanmoins publié par le Vatican, via un organe du Saint-Siège. En conséquence, un tel document transmet au monde entier, et à la plupart des catholiques — qui ne connaissent pas la distinction théologique concernant le poids de l’autorité accordée aux documents de l’Église — que l’Église catholique, et même le Vatican, s’ouvrent désormais à la possibilité de légitimer et de normaliser les actes et modes de vie homosexuels. »

Une stratégie progressive est à l’œuvre :

« C’est une tactique claire visant à habituer progressivement les fidèles à considérer les actes homosexuels comme normaux, ou du moins à les tolérer dans des cas individuels. »

Cette évolution s’appuie souvent sur des arguments affectifs ou psychologiques :

« Principalement par l’argument sophistiqué qu’un couple homosexuel peut posséder d’autres bonnes qualités morales ou intellectuelles. Ainsi, la porte s’ouvre au relativisme moral total. »

L’évêque auxiliaire d’Astana estime que ce

« rapport final a franchi sans équivoque la ligne qui sépare l’orthodoxie de l’hérésie. Le rapport emploie l’expression séduisante de “changement de paradigme” pour miner, par une rhétorique creuse, la Révélation de Dieu sur la nature binaire des sexes, ainsi que son interdiction claire de tout acte sexuel en dehors d’un mariage valide entre un homme et une femme. »

Mgr Schneider ajoute plus loin :

« Avec une audace scandaleuse, le rapport final remplace les commandements de Dieu — en l’occurrence le commandement divin interdisant les actes sexuels en dehors du mariage — par des traditions humaines qui ouvrent de fait la porte à l’acceptation des actes et des modes de vie homosexuels. »

Un silence de Rome lourd de conséquences

À ce jour, devant un tel scandale, aucune réaction du Successeur de Pierre n’est apparue. Mgr Schneider estime pourtant qu’une intervention claire est indispensable :

« Le premier devoir du pape Léon XIV est de protéger l’Église et les âmes des fidèles contre cette doctrine gnostique éhontée, qui cherche à justifier la fornication et le vice contre nature. »

L’évêque rappelle les avertissements adressés par Notre-Seigneur aux Églises de l’Apocalypse :

« La voix du Christ, qui reprocha à l’Église de Pergame de tolérer l’hérésie sexuelle des Nicolaïtes (cf. Ap 2, 14-15) et accusa l’Église de Thyatire de permettre à Jézabel — “qui se dit prophétesse” — de répandre l’immoralité sexuelle dans l’Église (Ap 2, 20-21), s’adresse aussi aujourd’hui au pape Léon XIV. »

Mgr Schneider met également en garde contre le silence d’une partie importante de la hiérarchie :

« L’hérésie homosexuelle infecte de plus en plus le Corps de l’Église ; et si le pape, avec les cardinaux et les évêques, ne se réveille pas et, comme médecins spirituels et pasteurs responsables, n’avertit pas clairement et courageusement les fidèles afin de les protéger d’une telle contagion spirituelle, ils seront coupables par leur inaction et leur silence. »

Puis il ajoute cette parole particulièrement grave :

« Il est tout à fait possible que les générations futures, regardant notre époque, lui appliquent des paroles semblables à celles du temps de l’hérésie arienne : “Le monde entier gémit et s’étonna d’avoir aboli le Sixième Commandement de Dieu.” »

Pour Mgr Schneider, ce sont les fondements mêmes de la morale naturelle et chrétienne qui sont désormais remis en cause. Une clarification publique du Saint-Siège apparaît donc absolument nécessaire.

L’évêque déclare :

« Le rapport final, rédigé dans un style typiquement sophistique et gnostique, présente les vérités immuables, saintes et très sages de la Révélation divine comme de simples “modèles théoriques” (cf. 2.3). Dans leur rapport, l’enseignement clair, infaillible et bimillénaire de l’Église sur l’ordre de la sexualité humaine voulu et ordonné par Dieu se trouve ainsi rabaissé au rang de “modèle” lié à une époque. »

Mgr Schneider souligne les conséquences :

« Cela prive également de leur force obligatoire toute la loi morale naturelle que Dieu a inscrite dans le cœur humain, ainsi que les vérités révélées dans la Sainte Écriture et la Sainte Tradition. Les auteurs du rapport final sont ceux qui, selon les paroles de l’apôtre Jude, changent la grâce de Dieu en occasion de débauche (cf. Jude 4). »

Et il lance cet avertissement :

« Si le Saint-Siège ne condamne pas sans équivoque ce rapport final n° 9, tout le clergé et tous les fidèles encore véritablement catholiques perdront confiance en ceux qui occupent des postes au Vatican. »

Les sacres de la FSSPX et l’état de nécessité

Interrogé sur les futurs sacres épiscopaux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, prévus le 1er juillet prochain, Mgr Schneider considère que la crise actuelle de l’Église rend plus manifeste que jamais l’état de nécessité invoqué par la Fraternité :

« La situation actuelle de l’Église ne peut être décrite que comme un véritable état de nécessité, ce que la FSSPX affirme à juste titre. Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. »

L’évêque poursuit avec une comparaison frappante :

« Quiconque, dans l’Église, nie encore aujourd’hui ce véritable état de nécessité est soit spirituellement aveuglé, soit considère que l’empereur nu est décemment vêtu — comme dans le conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur —, soit se comporte comme le serviteur qui, devant le château en flammes, s’écrie : “Tout va très bien, Madame la Marquise !” »

« Affermis tes frères dans la foi »

Alors que le pape Léon XIV entre dans la deuxième année de son pontificat et que la confusion doctrinale s’aggrave toujours davantage, Mgr Schneider affirme n’avoir qu’un seul conseil à adresser au Saint-Père :

« Je ne pourrais lui offrir de paroles meilleures ni plus actuelles que celles prononcées par Notre-Seigneur à Pierre, le premier pape : “Affermis tes frères dans la foi !” (Lc 22, 32). »

L’évêque explique concrètement cette mission :

« Cela signifie évidemment apporter la clarté là où règne la confusion dans la foi, la clarté là où règne l’ambiguïté dans la foi, et la clarté là où la foi est subvertie. Le pape devrait reconnaître que l’Église, comme au IIe siècle au temps de saint Irénée, est infectée par un gnosticisme qui, tel un renard, nie avec ruse la validité et le caractère concret de la Révélation et des commandements de Dieu. »

Mgr Schneider cite alors un long passage de saint Irénée dans l’Adversus haereses, qu’il juge particulièrement actuel, notamment celui-ci : « Ces hommes rassemblent des fables de vieilles femmes, puis s’efforcent, en détachant violemment de leur contexte propre des mots, des expressions et des paraboles trouvés çà et là, d’adapter les oracles de Dieu à leurs fictions sans fondement. »1

Le courageux évêque souahite unir sa voix à « celle d’innombrables catholiques simples et pieux que je rencontre sans cesse dans divers pays, qui aiment le pape d’un amour véritablement surnaturel, mais qui, en même temps, souffrent profondément du manque d’affirmation sans ambiguïté des vérités divines émanant de Rome, alors que se répandent impunément dans la vie de l’Église des hérésies et des blasphèmes propagés par des clercs — même des évêques et des cardinaux — qui sont des loups déguisés en pasteurs. »

Il renouvelle enfin un appel solennel au pape Léon XIV :

« Très Saint-Père, écoutez la voix de tant de catholiques pieux, de simples prêtres et religieux, d’enfants et de jeunes gens qui ont été poussés à la périphérie de la vie ecclésiale par les structures synodales, et même traités avec mépris uniquement parce qu’ils demeurent attachés à la foi et à la forme de la liturgie transmises par leurs pères ; à la foi et à la liturgie chéries par les saints ; à la foi et à la liturgie embrassées et offertes par l’écrasante majorité des papes. »

Puis :

« Très Saint-Père, ne vous rangez pas principalement du côté des bureaucrates et apparatchiks de l’Église, soutenus par les puissants de ce monde, mais écoutez les petits dans l’Église et tenez-vous à leurs côtés : les fidèles et le clergé traditionnels qui s’attachent fermement à la foi transmise aux saints une fois pour toutes (Jude 3). »

Et enfin :

« Très Saint-Père, soyez pour notre époque un autre saint Léon : faites une profession de foi d’une clarté cristalline, afin d’affermir toute l’Église et de dissiper les doutes pernicieux et les ambiguïtés empoisonnées, comme le fit jadis votre prédécesseur et homonyme. Alors les fidèles de notre temps, comme à l’époque de Léon le Grand, pourront dire : “Par la bouche du pape Léon XIV, Pierre a parlé !” »

1
Adversus haereses, I, 7, 1.

Interview en anglais : https://substack.com/@dianemontagna

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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