Si les ordinations épiscopales annoncées (sans mandat pontifical, et même contre la volonté explicite du pape) ont lieu, et donc si l’excommunication tombe : quel gâchis !
C’est le cri du cœur qui synthétise ma pensée à la perspective des ordinations épiscopales du 1er juillet à Ecône. Je voudrais m’en expliquer dans une série d’articles que le Salon Beige a la gentillesse de bien vouloir publier. Je l’en remercie.
Remarques préalables
Bien évidemment, mes futurs articles s’inscrivent dans un contexte historique. En ce sens, ils sont datés. N’ayant pas le charisme de prophétie, je ne peux pas vous dire ce qui va advenir dans les prochains mois. En fonction des décisions romaines et celles de la FSSPX, je continuerai, ou non, à écrire de petites tribunes. Je le ferai aussi en fonction de mon devoir d’état, et du temps que je pourrai ou non consacrer à leur rédaction...
Mon intention
Qui suis-je pour intervenir et pour quoi intervenir ? Je ne suis qu’un prêtre diocésain, Recteur d’une communauté de fidèles, licencié en droit canonique, avocat auprès de l’Officialité de Lyon. Je ne suis pas Docteur en théologie. Néanmoins, je souhaite essayer d’éclairer les consciences des fidèles laïcs, en particulier de ceux qui sont proches de la FSSPX. Je ne prétends pas infléchir les volontés de mes confrères prêtres de la FSSPX (même si j’aimerais pouvoir le faire). Mon intention est uniquement bienveillante. Moi aussi, je me soucie du salut des âmes en vertu de ces deux affirmations toujours actuelles de saint Cyprien de Cartage : “Pas de salut en dehors de l’Eglise1” (cf. Epistola 4, 4 et 73, 21), ou encore “celui qui abandonne la chaire de Pierre, sur laquelle l’Eglise est fondée, se donne l’illusion de rester dans l’Eglise” (cf. L’unité de l’Eglise catholique, 4).
Pourquoi parler d’un gâchis ?
Essentiellement en raison du bien que fait la FSSPX. Combien de bons prêtres en son sein ? Beaucoup. Combien de belles œuvres faites jour après jour dans les Prieurés et dans les écoles desservies par la Fraternité ? Beaucoup. Combien de fidèles laïcs de bonne volonté, de bons pères et mères de famille ? Beaucoup. Alors, face à la situation actuelle, peut-on se résigner en s’enfermant dans le mutisme, ou pire, dans l’indifférence ? Peut-on fermer les yeux sur le danger spirituel encouru par les âmes ? Non. Le silence n’est pas possible.
Je suis “contre les sacres” et j’aurai, si Dieu le veut, l’occasion de m’en expliquer ici, mais je m’inscris dans le sillage de Mgr di Noia2 qui, en 2009, écrivait : “Je suis favorable à la Fraternité”. Et il ajoutait, bien entendu : “mais la solution n’est pas la rupture d’avec l’Église” : sous-entendu avec l’Eglise fondée sur Pierre et gouvernée hic et nunc par le successeur de Pierre actuel qui est Léon XIV.
Abbé Laurent SPRIET
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(1) “Salus extra ecclesiam non est” : n’oublions que cette affirmation visait les catholiques qui quittaient l’Eglise et non les non-catholiques nés tels.
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(2) Vice-Président de la Commission Pontificale Ecclesia Dei.
