Avocat à la Cour, Thierry Bouclier vient de publier une passionnante biographie de Michel de Saint-Pierre (1916-1987).
Issu d’une famille de la noblesse normande, écrivain et journaliste, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, Michel de Saint-Pierre participa à de nombreux combats d’après-guerre, que ce soit pour défendre les partisans de l’Algérie française, les prêtres persécutés par les délires post-conciliaires, les patriotes français, etc.
Diplômé de lettres classiques, Michel de Saint-Pierre choisit de devenir simple ouvrier aux chantiers navals de Saint-Nazaire avant de s’engager comme matelot dans la Marine nationale. Il combat sur le Foch en 1940 et rejoint les rangs de la Résistance dès 1941, où il cumule les décorations. Il tient une chronique dans la revue Témoignage chrétien ; il est salué pour ses romans Ce monde ancien (1948) et La Mer à boire (1951) inspirés par sa vie d’ouvrier et de marin. Il accède à la plus grande notoriété en 1954 avec Les Aristocrates vendu à plus de 600 000 exemplaires, et qui est adapté au cinéma avec Pierre Fresnay.
Partisan de l’Algérie française, il plaide auprès du général de Gaulle la cause des combattants proscrits, puis dénonce dans Les nouveaux prêtres (1964) l’infiltration marxiste et moderniste au sein de l’Église de France. En 1968, il affronte avec courage un parterre d’étudiants activistes au théâtre de l’Odéon.
Catholique sans complexe, il est notamment l’auteur d’une biographie de sainte Bernadette et de La Passion de l’abbé Delance. Fidèle à Rome, il combattit pour le maintien de la messe traditionnelle, du catéchisme mais aussi de la liberté scolaire, que les évêques, prisonniers d’une complaisance coupable avec la miterrandie, étaient prêts à sacrifier.
Il s’engagea également en politique, aux côtés de la droite nationale, contre le communisme, mais échoua à la fin des années 70 à unir les différents partis patriotes.
Romancier à succès, Michel de Saint-Pierre s’est fait remarquer en publiant des romans sue des thèmes pour lesquels il avait mené de longues enquêtes, comme celui sur Les Nouveaux prêtres, qui provoqua l’ire de l’épiscopat et de la presse moderniste, alors que l’auteur avait passé deux années au sein des nouvelles paroisses marxistes. De même, son roman sur le Docteur Erikson peint le système médical monopolistique et le lobby pharmaceutique. Il est également l’auteur d’une biographie de Charette qui devait, contractuellement faire l’objet d’une fresque sur Antenne 2, série qui ne vit jamais le jour, la censure républicaine étant passée par là.
