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Culture

“Nous rendons gloire à Dieu en offrant, en priant avec le corps unique, présent et personnel que nous recevons de Dieu à chaque instant”

“Nous rendons gloire à Dieu en offrant, en priant avec le corps unique, présent et personnel que nous recevons de Dieu à chaque instant”

Suite à la tribune publiée par “dollie” critiquant l’ouvrage « Prier avec le cycle féminin » de Gabrielle Vialla, cette dernière nous fait parvenir cette réponse :

Chers amis,

Notre époque flatte toujours davantage le morcellement de l’être humain. C’est au nom d’une volonté autonome, d’une dignité humaine éthérée séparée du réel, qu’après l’avortement, le suicide assisté peut être présenté massivement dans les pays occidentaux comme un droit.

Quel lien me direz-vous avec les accusations dont j’ai fait l’objet dans une tribune libre du Salon beige, concernant mon ouvrage Prier avec le cycle féminin ?

Le corps humain agonisant, avec ses râles, sa couleur, son odeur fait peur. Le corps blessé, mutilé, avec ses douleurs fait peur. Le corps déformé par le handicap fait peur. Le corps de quelques millimètres, non attendu, découvert lové dans le muscle utérin peut faire peur. Le corps sexué et ses manifestations peuvent faire peur. Le corps féminin complexe, délicat avec son cycle peut faire peur à l’homme comme il peut rester perturbant, inquiétant pour la femme. Je ne vous apprends rien en vous rappelant que tout cela n’est qu’une des conséquences du péché originel.

Seulement voilà, nous confessons que le Christ est venu dans la chair, qu’il a été conçu, est né de la Vierge Marie, qu’il est mort et ressuscité. Nous savons qu’il est homme masculin, et que cela a des implications directes sur la vie de l’Église, comme l’impossibilité pour une femme d’être prêtre catholique.

L’un des contrastes les plus souvent relevés entre les premiers chrétiens et la société gréco-romaine fut le refus de l’exposition des nouveau-nés, pratique qui consistait à abandonner un bébé non désiré à l’extérieur, où il mourait ou était recueilli pour être réduit en esclavage. C’était un signe de contradiction. Les chrétiens ne voyaient dorénavant plus le corps de la même façon. Rappelons que lorsque nous recevons, adorons le corps du Christ nous recevons et adorons l’âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus Christ sans que ce soit répété explicitement. « Ceci est mon corps. » (Luc 22, 19)

Aujourd’hui encore les chrétiens doivent témoigner de leur foi mais aussi de ce qui en découle. Nous devons être lucides sur ces peurs intemporelles, et sur les différentes formes de dualisme qui se nourrissent de ces peurs.

On m’a attribué des thèses aberrantes. Je n’ai jamais (quelle horreur !) prétendu à une doctrine du cycle.

Je ne confonds pas vie intérieure et vie spirituelle, vie de la grâce. Lorsque je parle de vie intérieure, je me situe sur le plan naturel et non pas surnaturel : il s’agit des choix que je fais, qui vont la nourrir ou l’abîmer, l’ancrer dans le réel, dans le temps, dans ma finitude. En cela, le cycle féminin peut devenir une école de vie intérieure. Pour ce qui est de la vie de la grâce en moi, comme me l’enseigne le catéchisme avec sainte Jeanne d’Arc, je m’en remets à la Miséricorde de Dieu.

Je me suis demandé comment des accusations aussi infondées, pouvaient m’être faites dans un blog catholique sans un grand éclat de rire ?

Mon hypothèse, vous l’avez compris, est que le cycle féminin dans son articulation avec la vie spirituelle, parmi d’autres problématiques corporelles fait peur, particulièrement peur. J’en témoigne dans mon ouvrage. Une vie spirituelle sans corps serait tellement plus facile. Une vie spirituelle en niant le cycle féminin semblerait tellement plus facile. Le démon le susurre aussi à qui mieux mieux…

Mais justement, nous rendons gloire à Dieu en offrant, en priant avec le corps unique, présent et personnel que nous recevons de Dieu à chaque instant. Cf saint Paul (1Co 6, 20).

On m’accuse en disant que ce n’est pas dans la Tradition de prier avec son cycle. Dans les siècles passés, on priait davantage avec les cycles naturels. Pour le cycle féminin, il n’était pas connu finement, mais il n’était pas nié ou volontairement caché. Le rapport au corps était plus immédiatement proche de la Création. On s’en remettait davantage à Dieu pour son fonctionnement, pour sa fin.

Quels signes magnifiques de liberté intérieure nous pourrions donner si nous cessions de craindre la beauté, la vulnérabilité de nos êtres, créatures limitées et tendrement aimées !

Gabrielle Vialla Prier avec le cycle féminin, La chasteté

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