L’un de nos amis, Français installé en Hongrie, nous adresse (et nous l’en remercions vivement) la traduction de la récente déclaration de résistance que l’ancien Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a publié sur sa page Facebook:
Après les décennies de dictatures imposées à la Hongrie par les occupations allemande puis soviétique, le peuple hongrois a conquis sa liberté en 1990 et instauré un État de droit démocratique.
En 2011, la sixième Assemblée nationale élue librement a adopté la Loi fondamentale de la Hongrie, mettant ainsi un terme à la période transitoire du changement de régime, consolidant les garanties de la souveraineté nationale, établissant les fondements de l’État de droit démocratique et engageant la Hongrie sur la voie de son essor.
À la suite des élections de 2026, le parti Tisza a modifié le système constitutionnel de la Hongrie. Après le 17ᵉ amendement à la Loi fondamentale, la Hongrie n’est plus un État de droit démocratique. Une nouvelle ère d’arbitraire et d’autoritarisme s’est ouverte dans le pays.
La restriction du droit de vote a mis fin à la compétition politique et, avec elle, à la démocratie. Le président de la République et le président de la Cour constitutionnelle ont été démis de leurs fonctions, abolissant ainsi la séparation des pouvoirs. Les mécanismes de contrôle et d’équilibre ont été supprimés et l’État de droit démantelé.
Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime, car il a été instauré en violation flagrante de la Loi fondamentale et parce qu’il vise à assurer la détention exclusive du pouvoir. Le Fidesz rejette ce nouveau régime autoritaire. Nous ne participerons pas à l’élection des personnes nommées pour remplacer les responsables destitués. Après le rétablissement de l’État de droit démocratique, leurs décisions seront réexaminées.
Face à l’arbitraire, tout citoyen a le droit de résister. C’est pourquoi le Fidesz sera non seulement l’opposition au gouvernement, mais aussi au nouveau système politique. Il utilisera tous les moyens pacifiques, tant au Parlement qu’en dehors, pour s’opposer à l’exercice arbitraire du pouvoir.
À compter d’aujourd’hui, notre mission est de rétablir l’État de droit démocratique. Nous viendrons en aide aux victimes du régime autoritaire. Nous recenserons les violations du droit commises par le gouvernement Tisza. Une fois l’État de droit démocratique rétabli, nous accorderons aux victimes et aux personnes lésées les réparations auxquelles elles ont droit.
Afin de rétablir une vie civique stable, sereine et sûre, nous soutenons tous ceux qui élèvent la voix contre le régime autoritaire, qui défendent la liberté, qui s’unissent à d’autres pour agir et qui s’engagent en faveur du rétablissement de l’État de droit démocratique. Nul ne peut priver les Hongrois de leur droit à une vie libre, sûre, paisible et prospère.
Plus nous serons nombreux et courageux à faire entendre notre voix, plus vite prendra fin la dérive actuelle, et plus tôt nous pourrons retrouver la vie hongroise paisible, sûre et libre interrompue par la domination du parti Tisza.
Ainsi soit-il !
