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Tribune libre

Réflexions sur la quasi-interdiction du pèlerinage de la FSSPX à Lourdes

Réflexions sur la quasi-interdiction du pèlerinage de la FSSPX à Lourdes

Je ne suis ni un membre ni un sympathisant de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) mais ai appris avec tristesse la décision à la fois politique et punitive de Monseigneur Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, en date du 13 août, qui a pour dessein d’asphyxier les pèlerinages de la FSSPX à Lourdes.
Son communiqué publié par le Salon Beige cache mal un embarras certain.

N’a-t-il pas reçu un ordre d’en haut : Rome ou la conférence épiscopale de France ?
Ne fallait-il pas montrer autorité, fermeté et détermination un mois et demi avant la venue du pape dans la cité mariale ?

Cette démonstration de force présentée comme une conséquence quasi automatique des récentes excommunications n’est-elle pas un aveu de faiblesse ?

Ces sanctions n’ont plus l’efficacité et l’exemplarité des siècles passés.
Elles ne font plus peur et ne revêtent plus un caractère infamant, car la papauté n’est plus la puissance temporelle et spirituelle qu’elle fut. L’autorité des évêques de France n’existe plus guère.

Les décisions prises par le Saint-Siège le 2 juillet et par le diocèse de Tarbes et Lourdes le 13 août ont un relent d’arbitraire.

La FSSPX se voit désormais privée du droit de célébrer des messes, faire des processions et administrer des sacrements dans l’enceinte du sanctuaire de Lourdes.
On peut interpréter cela comme une interdiction de fait de ses pèlerinages.
Trop c’est trop !

La FSSPX s’est créée en 1969-70 à l’instigation de Monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991), ancien archevêque de Dakar, en réaction à des décisions de Vatican II en matières doctrinale et liturgique. Il avait lui-même participé au concile.

Née en Suisse sous les auspices des évêques de Fribourg et Lausanne, elle a ensuite essaimé dans de nombreux pays, dont la France.
Elle est vite devenue une épine pour l’Église romaine, laquelle n’a cessé de grossir au fur et à mesure de la croissance du mouvement lefebvriste.
Aucun modus vivendi n’a jamais été trouvé, les deux parties campant sur leurs positions et se montrant incapables de se parler vraiment.

Une première rupture est survenue en 1988 avec des ordinations épiscopales non autorisées et suivies d’excommunications, que Benoît XVI leva en 2009 à la fois dans un esprit d’ouverture et un climat d’incompréhension.
La FSSPX fait aujourd’hui partie du paysage catholique, ce que le Saint-Siège et de nombreux clercs persistent à nier.

Depuis près de trois décennies elle organise annuellement à la fin d’octobre un pèlerinage à Lourdes en accord avec le diocèse et le sanctuaire.
Cela fut initié par Monseigneur Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes de 1998 à 2012.
Ce pèlerinage s’est toujours déroulé sans incident.

La donne a changé avec la décision du 13 août.
Le district de France de la FSSPX a déclaré récemment maintenir le pèlerinage de 2026 fixé du 24 au 26 octobre.
Qu’adviendra-t-il dans un contexte de quasi-interdiction et d’autoritarisme ?
Un accord sera-t-il trouvé ?
Dans le cas contraire que feront Monseigneur Micas et le Père Daubanes, recteur du sanctuaire ?

Fermeront-ils le sanctuaire à l’instar de leurs prédécesseurs aux « grandes heures » du COVID ?
Boucleront-ils les lieux de culte et la chapelle des confessions ?
Barricaderont-ils les espaces extérieurs (esplanade, prairie, allées, bords du Gave de Pau) ?
Couperont-ils les robinets des fontaines ?
Si des rassemblements ont lieu, recourront-ils à des sbires pour les disperser ?

On peut d’ores et déjà imaginer l’effet désastreux de telles mesures.
Les pèlerins de la FSSPX ne sont pas des trublions mais plutôt des gens respectueux de l’ordre et des valeurs.
Il ne faut toutefois pas les pousser à bout. Gare aux réactions d’une minorité agressée et blessée !

Je serai à Lourdes dans quelque temps, peu après le passage de Léon XIV.
J’espère que cet événement aura rempli le lieu de grâce.
À mon modeste niveau je prierai Marie et Bernadette pour le retour du bon sens.

EROUANI

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