Le 25 septembre le Stade de France fut durant quelques heures dans les splendeurs en accueillant le pape Léon XIV et quelque 80.000 jeunes enthousiastes et fervents. Ce fut un grand moment de foi, toutes origines et conditions sociales confondues.
Les 2 et 5 octobre y auront lieu deux matchs de football opposant la France à l’Italie et la Belgique dans le cadre de la Ligue des Nations, une compétition à l’intérêt surtout mercantile.
Ce seront les deux premiers matchs des bleus sur le sol français après la fin manquée de la coupe du monde en Amérique du Nord (élimination logique par l’Espagne le 14 juillet en demi-finale à Dallas sur le score de 2-0 puis défaite en petite finale à Miami le 18 juillet contre l’Angleterre sur le score de 6-4).
Sitôt après cette défaite le onze de France se dispersa.
L’arrivée solennelle à Paris suivie d’une parade, dont certains rêvaient, fut bien sûr annulée.
Didier Deschamps, dont ce fut le dernier match en tant qu’entraîneur après 14 ans de fonctions, et Philippe Diallo, président de la Fédération Française de Football (FFF) depuis 2023, repartirent dans les heures suivantes vers Paris par le même avion.
On peut imaginer l’ambiance qui y régna vu l’inimitié notoire entre les deux hommes. Ils atterrirent discrètement le dimanche 19 juillet dans l’après-midi sur une piste secondaire de Roissy avant d’être exfiltrés par un bus venu à côté de l’avion.
Dans les jours suivants la FFF pressée par la vox mediatica et la hâte des membres de son comité exécutif de partir en vacances désigna en toute hâte Zinedine Zidane alias Zizou comme entraîneur et sélectionneur.
Depuis lors la presse ne tarit pas d’éloges sur ZZ en le présentant comme l’anti-Deschamps, le contre-DD. Rien n’est moins sûr.
Le beur détrône le blanc.
Cette situation doit tout à fait convenir à Philippe Diallo né lui-même d’un père sénégalais. En 2023 il fut élu président de la FFF dans des conditions tumultueuses en remplacement du blanc (breton) Noël Le Graët, qui fit tandem avec Didier Deschamps (basque) pendant de longues années.
Certaines voix censées ont récemment suggéré qu’un hommage fût rendu à Didier Deschamps lors d’un des matchs du 2 ou 5 octobre.
La FFF a opposé un refus catégorique en invoquant de prétendues contraintes calendaires. Cette argumentation de renvoi aux calendes grecques ne convainc guère.
Cette attitude n’a-t-elle pas plutôt un relent de racisme antiblancs ?
Mais rassurons-nous en vitesse, celui-ci n’existe pas ou que dans la tête de quelques écervelés de la strême droite.
Il est bien loin ce soir du 12 juillet 1998 où le onze black, blanc, beur dirigé par Aimé Jacquet incarnation d’une certaine France ouvrière remporta sous le ciel dyonisien sa première coupe du monde en battant 3-0 (2 buts de Zidane et 1 de Petit) la seleçao brésilienne pourtant réputée invincible.
Cet exploit eut lieu sous les yeux du monde entier et en présence des Français Jacques Chirac, Président de la République, et Michel Platini, président du comité d’organisation et star mondiale, et des Brésiliens Joao Havelange, président de la FIFA, et Edson Arantes do Nascimento dit le « Roi Pelé », autre star planétaire.
Des jours de liesse et d’apparente unité nationale s’ensuivirent sans débordements. Cela appartient au passé.
Le Stade de France a connu des splendeurs le 25 septembre 2026. On peut craindre des misères les 2 et 5 octobre suivants.
EROUANI
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