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Pays : Arménie

Troisième anniversaire de la chute de l’Artsakh : ne pas oublier

Troisième anniversaire de la chute de l’Artsakh : ne pas oublier

Communiqué de SOS Chrétiens d’Orient :

Les 19 et 20 septembre, cela fera trois ans que l’Azerbaïdjan a envahi l’Artsakh (Haut-Karabagh). Une guerre éclair de 24 heures, après neuf mois de blocus et de souffrances. On s’en souvient, 120 000 civils, hommes, femmes, enfants et vieillards quittent la région en toute hâte, notamment par peur des exactions de l’armée azerbaïdjanaise. En quelques jours, il n’y a plus un Arménien en Artsakh. Un véritable nettoyage ethnique.

Trois ans plus tard, quelle est la situation de l’Artsakh ?

– Les principaux dirigeants de l’Artsakh arrêtés en septembre 2023 ont été lourdement condamnés en février dernier, après un procès scandaleux. Les peines ont été confirmées en appel cet été. Il y a quelques jours, une avocate arménienne, Siranush Sahakyan, qui représente des détenus arméniens devant la Cour européenne des droits de l’homme, a accusé les autorités azerbaïdjanaises d’avoir pratiqué la torture contre les détenus. Plus grave encore, elle fait état de violences spécifiquement dirigées contre l’identité chrétienne des prisonniers. Des détenus portant des tatouages en forme de croix auraient subi des sévices destinés à les effacer : certains auraient été brûlés, tandis que d’autres auraient eu la peau entaillée. Les autorités azerbaïdjanaises auraient également interdit l’envoi de Bibles aux prisonniers et les auraient contraints à lire le Coran.

– Le patrimoine séculaire arménien a été méthodiquement détruit : des églises sont transformées en mosquées, les cimetières profanés, les khatchkars (croix arméniennes sculptées), abattus. En avril dernier,  des photos satellites montrent la destruction de la cathédrale arménienne Sainte-Mère-de-Dieu et de l’église Saint-Jacques de Stepanakert. Les villes sont rebaptisées. L’histoire est systématiquement réécrite.

– En Arménie, la question de l’Artsakh divise profondément la société, entre ceux qui veulent tourner la page, comme le premier ministre Nikol Pachinian et ceux qui restent fidèles à l’arménité de la région. Dans le même temps, beaucoup de réfugiés de l’Artsakh, répartis partout dans le pays, ont plus que jamais besoin de soutien matériel et moral.

Enfin, conclut Benjamin Blanchard,

« L’Azerbaïdjan ne semble pas avoir renoncé à ses prétentions territoriales sur certaines parties de l’Arménie. La validation – aujourd’hui même – de l’accord entre les Etats-Unis et l’Arménie par la Cour constitutionnelle arménienne qui autorise la création du corridor permettant à l’Azerbaïdjan de rejoindre, sans contrôle arménien, son exclave du Nakhitchevan, en est une nouvelle illustration ».

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