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Culture de mort : Avortement

« Une grossesse sur quatre »…

« Une grossesse sur quatre »…

Le Canard enchaîné évoque une bande dessinée sur un sujet délicat : les fausses couches.

A quand un article du Canard sur les bébés avortés ?

Cette « Enquête sur le tabou de la “fausse” couche » par Camille Drouet Chades, qui parle d’expérience, brise le silence sur les « grossesses arrêtées », celles dont on n’ose pas parler. Mis en dessins par Manon Mugnier, ce sujet intime et politique concerne 200 000 femmes chaque année.

Au grand jeu des facéties utérines, la journaliste et éditrice Camille Drouet Chades a tiré le gros lot : six « fausses » couches en une poignée d’années. Elle ne s’en sort pas trop mal, elle a aussi deux bambins qui vont bien. Elle en a tellement bavé – aaaah, ces moments ­sympas passés sur la cuvette ou aux urgences, de préférence en pleine nuit, à se vider de son sang – qu’elle aimerait mieux qu’on dise «grossesses ­arrêtées», ça sonne quand même plus vrai. Elle apprécierait qu’on « dise », tout court : c’est trop souvent tu.

Dans cette enquête sous forme de bande dessinée, menée avec la malicieuse Manon Mugnier (mention ­spéciale pour la couverture ­violette, qui en jette, et le « bingo des maladresses » entendues par les patientes), elle dynamite et décortique le tabou qui colle à cet événement pourtant si répandu. Aux quelque 650 000 naissances recensées chaque année en France, il faudrait ajouter, au bas môme, 200 000 grossesses arrêtées : plus d’une sur quatre. ­L’arrêt spontané survient le plus ­souvent avant l’échographie des douze semaines, dans cette phase d’«implacable injonction au silence» qui marque le premier trimestre. Comme si seules les meilleures élèves du « réarmement démographique » avaient le droit de l’ouvrir, passé l’épreuve des trois mois.

Les avortements représentent 250 000 « grossesses arrêtées » par an.

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