L’an dernier, le Vatican a autorisé la célébration de la messe traditionnelle dans seulement 55 églises paroissiales réparties dans 33 diocèses, en vertu d’exemptions accordées par le Dicastère pour le culte divin aux restrictions définies par Traditionis Custodes.
Une liste complète des décrets promulgués par le Dicastère pour le Culte Divin en 2025 révèle l’étendue des nouvelles autorisations accordées pour la célébration de la messe traditionnelle dans les églises paroissiales, ainsi que les églises ayant obtenu le renouvellement des autorisations existantes. Entre le 16 janvier et le 12 décembre 2025, 55 églises paroissiales réparties dans 33 diocèses ont été autorisées à célébrer le rite ancien. La plupart de ces célébrations étaient des renouvellements effectués pour la période habituelle de deux ans.
Sept autorisations ont été accordées du vivant du pape François, les autres après le 27 mai, au début du pontificat de Léon XIV. Une église de l’archidiocèse de Glasgow, qui avait obtenu l’autorisation sous le pontificat de François, s’est vue retirer cette autorisation sous celui de Léon XIV au profit d’une autre église du même archidiocèse.
Conformément aux termes de Traditionis Custodes publiés en juillet 2021, les évêques ont été informés que les églises paroissiales n’étaient plus autorisées à célébrer la messe traditionnelle. Ils devaient désigner un ou plusieurs lieux dans leur diocèse où les catholiques pourraient assister à cette messe.
L’érection de nouvelles paroisses personnelles était également interdite par le motu proprio. Le cardinal Roche a accordé une utilisation limitée d’une église paroissiale pour la célébration de la messe traditionnelle, mais seulement lorsqu’« il n’est pas possible de trouver une église, un oratoire ou une chapelle disponible pour accueillir les fidèles ».
Le chiffre de 55 paroisses autorisées à célébrer la messe traditionnelle en 2025 ne correspond pas au nombre total de paroisses dans le monde où cette messe est célébrée. Il ne concerne que les paroisses ayant obtenu une nouvelle autorisation ou un renouvellement. D’autres paroisses existent bel et bien, mais leur autorisation n’était pas à renouveler en 2025.
En 2024, un nombre similaire d’environ 52 églises paroissiales dans 33 diocèses ont reçu l’autorisation : soit pour de nouvelles célébrations, soit, plus fréquemment, pour un renouvellement des messes existantes pour deux ans.
Toutefois, une analyse attentive des statistiques montre que le simple fait de recenser les autorisations ne permet pas d’avoir une vision complète de la célébration de la messe traditionnelle. Plusieurs paroisses proposent publiquement et officiellement la messe traditionnelle, mais ne figurent pas dans les décrets de ces dernières années.
Les statistiques ne prennent pas non plus en compte les paroisses personnelles, les églises sanctuaires ou les églises au sein d’une paroisse multi-églises, qui sont gérées par des ordres traditionnels tels que la Fraternité de Saint-Pierre ou l’Institut du Christ-Roi.
Bien que les chiffres de 2025 ne permettent pas d’appréhender la diffusion mondiale de la messe traditionnelle, ils témoignent du maintien de l’ancien rite au sein de l’Église après Traditionis Custodes. Malgré les attentes suscitées par l’arrivée de Léon XIV, ce document reste en vigueur, les évêques ayant le choix entre interrompre les célébrations existantes ou solliciter l’autorisation d’ouvrir de nouveaux lieux de culte.
Cinq ans après l’entrée en vigueur des restrictions, en juillet dernier, l’opposition à ce document demeure forte, même parmi ceux qui ne sont ni pratiquants ni fidèles de la messe traditionnelle. De nombreux évêques ont également discrètement fait remarquer que, lors de l’enquête menée par le Vatican, sur laquelle se fondent ces restrictions, ils s’étaient déclarés satisfaits du rite ancien en vigueur. Ces évêques ont exprimé leur perplexité face aux restrictions imposées par le Vatican et ont déploré que leur appréciation favorable du rite ancien antérieur à Traditionis Custodes ait été ignorée.
Plusieurs cardinaux ont renouvelé leurs appels au pape Léon XIV pour qu’il revienne à Summorum Pontificum, ces appels gagnant en importance tant que les restrictions demeurent en vigueur.
