L’Eglise de France est à juste titre interpellée par le “boom” catéchuménal que nous observons depuis quelques années avec cette forte demande de baptême par les jeunes adultes. Les catholiques ne peuvent que se réjouir tout en regardant lucidement cette dynamique. En fait, il y a une dimension que l’on oublie un peu trop. Bon nombre de jeunes adultes souhaitent davantage s’intégrer dans la société française à travers justement cette dimension chrétienne donc sociologique et ancestrale qui marque l’appartenance à cette France chrétienne. La forte progression de l’islam en France s’accompagne d’un retour à l’Eglise de ceux qui déplorent le progrès de cette religion à bien des égards “étrangère” à notre culture et à notre pays. Ce retour vers la religion traditionnelle qui a été celle de la France, a ainsi une composante forte de “réaction” sociologique. Ce n’est pas faire un discours réactionnaire que de constater que le progrès de l’Islam est une préoccupation majeure de beaucoup de Français. Aujourd’hui face à cette grande transformation, quoi de plus “logique” pour nos jeunes que de se faire baptiser ? Mgr Benoit Betrand reconnait lui-meme sur le site du diocese de Paris qu’on peut expliquer ce boom aussi par “un réflexe d’identité devant le monde musulman”
Cela bien sûr n’entache pas la démarche sincère de conversion intérieure des personnes qui demandent le baptême. Reste que statistiquement un nombre significatif de nouveaux baptisés ne persévèrent pas et ne reviennent plus à la messe. Manque de “service après vente” ou défaut d’accueil chaleureux dans nos paroisses ? Ou bien phénomène plus profond ?
En fait, nous revenons à cette religion sociologique qui est le substrat de notre religion telle qu’elle se pratique en France depuis des lustres. Le grand défi missionnaire consiste justement à faire face à cette perte de pratique religieuse qui a été constante depuis plus de deux siècles . Pour schématiser, en France au 18e siècle presque tout le monde allait à la messe. Au 19 ème siècle, la pratique s’érodait dans les villes mais nos curés s’efforçaient surtout dans nos campagnes de maintenir la pratique dominicale et les sacrements. On peut dire que ce “savoir-faire” pastoral s’est bien affaibli au 20e siècle particulièrement dans la période post-conciliaire avec la chute vertigineuse de la pratique dominicale !
Combien de prêtres ou catéchistes aujourd’hui rappellent à leurs ouailles que l’assistance systématique à la messe dominicale est une pratique indispensable pour maintenir vivante sa Foi et son Espérance ? Combien de pratiquants “historiques” savent que selon le droit de l’Eglise, il faut se confesser au moins une fois l’an à Pâques ? Que négliger volontairement l’assistance à la messe du dimanche fait perdre l’état de grâce ? Etc…
Pour transformer l’essai, il faudrait revenir aux fondamentaux : un catéchisme consistant pour tous et pas uniquement pour les néophytes ! Le rappel des grands principes moraux (pas d’unions libres, pas de divorce, pas d’avortement, pas d’adultères y compris en pensée, pas d’impuretés, pas de vols, pas de faux témoignages, etc… ), de l’importance du mariage sacramentel et de l’indispensable charité envers tous…
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Michel
Le “boom cathécumenal” est un peu l’arbre qui cache la forêt, le palmier solitaire au milieu du désert…
Au plan doctrinal, on cherche toujours ce qu’il y a de catholique dans Fiducia Supplicans ou dans le rapport synodal du groupe n°9…
Au plan pastoral, le Vatican est complaisant avec les hérétiques, mais intransigeant envers les traditionalistes : cherchez l’erreur…
motivaconseils
Le « boom catéchumenal » est tout d’abord le révélateur d’un constat très triste : les gens ne font plus baptiser leurs enfants à la naissance. Pour la majorité c’était une démarche de foi, puis c’est devenu pour beaucoup une simple démarche sociale, on ne pratique plus mais on baptise, puis même ce substrat de religiosité a fini par se perdre. Alors réjouissons nous de ce que certains répondent présent à la grâce de Dieu, sans angélisme.
zongadar
Je crois tout simplement que Dieu, dans son infinie miséricorde, prépare son peuple à ce qui vient, si bien résumé dans Mt 24 et confirmé par les appels à la conversion, les pleurs et les avertissements de Notre Dame ainsi que par les prophéties de mystiques.
MartinePichon
Peut-être faut-il rappeler aux nouveaux baptisés que la messe dominicale est une pratique indispensable, peu importe la profondeur de leur foi. Parfois on conditionne la pratique de la religion à une ferveur que beaucoup ne ressentent pas forcément, alors que la simple pratique est déjà un grand pas vers Dieu.