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99 nouvelles écoles libres et 300 nouvelles classes / 3 000 fermetures de classe dans le public et le privé sous contrat

Au tour des statistiques de la Fondation pour l’école :

Cette rentrée est marquée par un contexte particulier: l’instabilité politique dure encore et encore.

Malgré tout, quelques décisions prises dans le cadre du « choc des savoirs » ont survécu à la dissolution: le port de l’uniforme et l’interdiction effective des smartphones dans certains établissements. Avec modération toutefois, puisqu’il ne s’agit que d’une expérimentation. Madame Belloubet a évoqué 200 collèges pour les smartphones et 90 établissements pour les uniformes.

C’est un petit pas dans la bonne direction et nous ne pouvons que nous en réjouir.

Mais, nous pouvons aussi nous étonner que l’expérience acquise dans ces deux domaines, aussi bien par les 7 500 écoles privées sous contrat que par les 2 600 écoles libres hors contrat, ait été négligée, voire ignorée. Le ministère y aurait trouvé des exemples variés, adaptés et éprouvés.

Pourquoi cette pusillanimité ? Si l’on considère que les adolescents sont en danger (harcèlement, exposition à des contenus dangereux, baisse d’attention, perte de temps, etc.), ne faudrait-il pas généraliser ces dispositions le plus rapidement possibleen s’appuyant sur les établissements qui ont été précurseurs en la matière ?

La bonne santé des écoles libres dites hors contrat

Un autre point important à noter à l’occasion de cette rentrée est le nombre de classes fermées. Nous ne pouvons que regretter que ce sujet soit si peu évoqué. Il est, en effet, question de plus de 3 000 fermetures de classe dans le public et le privé sous contrat. Un chiffre qui est lié à la baisse démographique constatée depuis le milieu du quinquennat de M. Hollande. En 2010, il y avait en moyenne 2,03 enfants par femme contre 1,68 en 2023. Ce sujet n’est d’ailleurs pas seulement préoccupant pour l’école, mais également pour notre système de retraite.

Pour revenir à l’école, ces fermetures font ressortir avec encore plus d’acuité les quelques 300 ouvertures de classes dans les écoles libres hors contrat qui servent de refuge à de plus en plus d’élèves. Il s’agit, comme pour les autres écoles, du solde net. A ce jour, nous dénombrons seulement 10 fermetures, chiffre en baisse par rapport à l’an dernier. L’une des explications possibles est d’une part l’accumulation des expériences et la qualité des formations proposées aux créateurs et directeurs d’école et d’autre part, l’effet secondaire positif du zèle de l’Administration qui a fortement réglementé et professionnalisé le secteur depuis 10 ans.

Quelques chiffres généraux

Réparties dans 99 écoles qui adoptent des pédagogies très variées – dans des proportions proches de celles déjà existantes – ces 300 nouvelles classes montrent que l’évitement du public et du privé sous contrat au profit des écoles libres se poursuit inexorablement.

Si l’on observe les chiffres des 30 dernières années, l’on constate même une forte accélération depuis 10 ans. Les écoles libres hors contrat, quasi-inexistantes il y a 30 ans, représentent aujourd’hui 4,4 % des écoles françaises, avec une pointe à 7 % dans l’enseignement secondaire, ce qui correspond à 2 574 écoles scolarisant environ 130 000 élèves.

Zoom sur les ouvertures de cette année

Si l’on rentre dans le détail des créations de cette rentrée, l’on peut constater que la répartition par confession évolue. Les écoles confessionnelles chrétiennes sont plus nombreuses: elles représentent 25,8 % des créations cette année contre 17 % l’an dernier. Les créations d’écoles musulmanes sont stables à 1 % et il n’y a pas d’ouverture d’école juive en 2024.

Autre observation notable : l’évolution dans la répartition des cycles primaire, collège, lycée.

Après une forte croissance du nombre de nouveaux collèges, nous revenons à une répartition plus «classique» des trois cycles.

Il faut signaler ici que la plupart des collèges ne sont pas des créations ex nihilo, mais le prolongement d’un primaire déjà existant. Il en est de même, dans une moindre mesure pour les lycées. Ceci s’explique par les très fortes contraintes scolaires liées à l’ouverture d’un lycée.

54 % de ces écoles sont installées en zone rurale, contre 44 % l’an dernier. Une tendance à surveiller… Enfin, il convient de noter que près de 50 projets d’écoles pourtant bien avancés sont reportés, pour des raisons diverses (locaux, personnel, etc.)

Les résultats scolaires des écoles libres hors contrat

Il est fréquent d’entendre les détracteurs des écoles libres mettre en doute leur niveau. Les résultats du baccalauréat et les mentions qui les accompagnent n’ayant plus grande signification depuis deux ans, nous enquêtons dorénavant sur les débouchés postbac des lycéens ayant passé le baccalauréat dans une école libre hors contrat. A la rentrée 2024, 16,8 % d’entre eux intègreront une classe préparatoire aux grandes écoles alors que la moyenne nationale était de 2,3 % l’an dernier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes… Après une forte croissance du nombre de nouveaux collèges, nous revenons à une répartition plus «classique» des trois cycles. Il faut signaler ici que la plupart des collèges ne sont pas des créations ex nihilo, mais le prolongement d’un primaire déjà existant. Il en est de même, dans une moindre mesure pour les lycées. Ceci s’explique par les très fortes contraintes scolaires liées à l’ouverture d’un lycée. 54 % de ces écoles sont installées en zone rurale, contre 44 % l’an dernier. Une tendance à surveiller… Enfin, il convient de noter que près de 50 projets d’écoles pourtant bien avancés sont reportés, pour des raisons diverses (locaux, personnel, etc.)

Statistiques des écoles indépendantes à la rentrée 2024 : 116 ouvertures d’établissements ou de niveaux

Créer son école a tenu sa traditionnelle conférence de presse de rentrée ce mercredi 4 septembre au sein de l’école Atouts-Plus de Monique Canto-Sperber, ancienne directrice de l’ENS de la rue d’Ulm, à Paris Ve. Voici quelques statistiques présentées :

Le louvoiement de Trump sur l’avortement lui coûtera-t-il l’élection ?

Observateur des États-Unis, Alexandre Mendel livre chaque semaine, sur Conflits, une « Lettre d’Amérique » pour décrypter les élections en cours. En voici une sur l’avortement :

L’arithmétique électorale américaine est une science de laboratoire. Un mauvais dosage de promesses, un mélange de stratégies non miscibles entre elles et vous voilà à devoir refaire le retard que vous pensiez avoir rattrapé dans tel ou tel État. Donald Trump vient typiquement de faire les frais de cet exercice permanent d’équilibrisme, d’autant plus difficile à réussir quand on tient une ligne populiste et, donc, quand on essaye, par définition de plaire à tout le monde. Surtout, sur un sujet aussi sensible que le droit à l’avortement aux États-Unis. Un piège dans lequel tombe tout républicain depuis Romney en 2012.

Un piège pour les républicains

Voilà Trump surpris la semaine dernière à s’être mis à dos une fraction de son électorat, celle des anti-avortements (et singulièrement, les évangéliques) en voulant en conquérir une autre, celle des femmes de banlieue (les suburban women), catégorie où il est à la peine dans les sondages et dont l’importance lui avait carrément coûté l’élection en 2020. Car Trump pensait s’être sérieusement débarrassé du sujet.

Après tout, n’était-ce pas grâce aux trois juges conservateurs qu’il avait nommés à la Cour suprême pendant son unique mandat que l’arrêt Roe v. Wade, décision de 1973 de la plus haute juridiction, qui autorisait l’IVG sur tout le territoire américain, avait été abrogé en juin 2022, laissant le soin aux seuls États de légiférer sur la question ? Trump se frottait les mains : non, le droit à l’avortement n’était pas absolu. Oui, les États du sud, ceux de la Bible Belt, tels le Mississippi, l’Alabama ou l’Arkansas peuvent l’interdire complètement avec de très rares restrictions, souvent liées à la santé de la mère, tandis que les plus progressistes comme l’Oregon ou le Minnesota ne fixent pas de limite au délai de gestation. C’est à cause de cette grande variété de législation que Trump s’est retrouvé à préciser sa position. Car Trump, tout candidat qu’il puisse être, se trouve être aussi un électeur de Floride.

Or cet État, dirigé par le très conservateur Ron DeSantis, un temps son concurrent aux primaires républicaines, organise en même temps que la présidentielle un référendum sur le sujet. Dans le Sunshine State, depuis 2022, le délai de grossesse maximal pour avorter est de six semaines. Un amendement propose de le porter à 24 semaines, soit ce qui est habituellement considéré comme le moment de viabilité du fœtus. Que va voter Trump, qui se présente toujours comme « le président le plus pro-life que les États-Unis aient jamais connus » ?  Pour l’allongement du délai ! Enfin, c’est ce qu’il disait à NBC avant de se raviser, deux jours plus tard, sur Fox News, après le tonnerre de protestations des associations pro-vie et des évangéliques menaçant de ne pas voter pour lui le 5 novembre. Ce « yes » suivi d’un « no » peut avoir de lourdes conséquences.

Yes or no ?

En la matière, l’inconstance du républicain reflète la diversité de sentiments sur un sujet aussi émotionnel que politique et qui renvoie à la fois aux convictions religieuses et à la variété des opinions publiques État par État. Complexe de plaire à la fois aux chrétiens de Floride (latinos compris) et aux femmes des banlieues de Tampa !

Tant qu’il n’était pas engagé en politique, spécialement dans les années 1980 et 1990 où il était démocrate, Trump se fichait bien du vote des évangéliques : c’était aussi l’époque où le milliardaire, alors bienpensant, était invité sur toutes les chaînes de télévision pour commenter l’actualité. Ses idées très conformistes d’alors n’ont plus rien à voir avec celle de celui qui prétend aujourd’hui avoir la Bible comme livre de chevet sans toutefois être capable d’en citer un seul verset.

Ce grand écart permanent fait les délices du Parti démocrate dont l’avortement est devenu un des thèmes récurrents en campagne sous le vocable de « défense des droits reproductifs ». En 2022, alors que Joe Biden était au plus bas et l’inflation au plus haut, les démocrates avaient réussi à conserver le Sénat et à limiter la casse à la Chambre des représentants. Les femmes des grandes agglomérations des États pivots avaient sauvé la peau de dizaines de membres du Congrès.  Loin d’avoir réglé le problème, l’abrogation de Roe vs Wade a été l’épine dans le pied de Trump. 63 % des Américains, selon l’institut Pewresearch, sont opposés à l’abandon de cette célèbre jurisprudence.

L’élection de novembre prochain devait se jouer sur l’économie, et notamment sur l’inflation, mais aussi sur l’immigration, qui restent les deux sujets majeurs de préoccupation des Américains : c’était presque trop facile pour les républicains qui n’avaient qu’à pointer du doigt les piètres résultats en la matière de l’administration Biden/Harris. Les juges nommés par Trump en ont décidé autrement en remettant au centre de l’élection un sujet qu’on croyait réglé. Certes, dans la plupart des enquêtes d’opinion, l’accès à l’avortement n’arrive souvent qu’en quatrième position des motifs d’inquiétude de l’électorat, mais chez les femmes en âge de se reproduire, il se situe souvent en premier chez les noires, les jeunes et les électrices indépendantes.

Terrain glissant

En devenant subitement pro-choice, Trump ne fera pas bouger les lignes. Le Parti démocrate reste dans l’esprit des Américains le parti du droit des femmes et ce n’est pas le Grand Old Party qui le deviendra. Mais il aura abîmé son soutien chez les évangéliques qui voyaient en lui un champion de la protection des « unborn » et excusaient ses outrances ainsi que ses infidélités tant qu’il restait loyal envers les pro-life. 90 millions d’Américains appartiennent à des églises évangéliques. La militante anti-avortement Lila Rose, présidente de Liveaction, un important mouvement pro-vie, a d’ores et déjà annoncé qu’elle ne voterait pas pour le candidat républicain (sans pour autant voter pour sa rivale démocrate), estimant que « les positions prise par Trump ces dernières semaines, en rupture avec sa campagne de 2016 et sa présidence, lui coûteront son élection ».

Si Trump n’aura aucun mal à gagner globalement leurs suffrages, il suffirait que quelques dizaines de milliers d’entre eux choisissent de ne pas se déplacer le 5 novembre pour le mettre en difficulté dans des États comme le Nevada ou la Géorgie où le vote évangélique compte. Combien de femmes qui doutaient des intentions de Trump pour les remplacer dans les urnes ?

Pologne : Le gouvernement Tusk supprime les subventions du PiS

Imaginez que cela se passe dans la Hongrie de Orban ou dans la Russie de Poutine…

Après avoir connu une purge et une mise sous tutelle des médias publics en fin d’année dernière, la Pologne voit le principal parti d’opposition, le PiS (parti Droit et Justice), au pouvoir jusqu’en décembre 2023, privé d’une grande partie de ses sources de financement public par une décision de la Commission électorale nationale.

« Avec cette décision, le PiS va apprendre la véritable signification des mots “loi” et “justice” », a déclaré sur un ton menaçant Donald Tusk, le président du Conseil des ministres de Pologne, après l’annonce de la décision de la PKW (Państwowa Komisja Wyborcza), le principal organe de régulation de la vie politique polonaise.

Précisément, celui qui est aussi président de la Plate-forme civique répondait à son prédécesseur, Mateusz Morawiecki, lui aussi à la tête du gouvernement polonais entre 2017 et 2023, qui dénonçait le monopole du pouvoir exercé par la majorité, l’accusant au passage de vouloir détruire la démocratie. La décision de la PKW, dont la majorité des membres sont élus par le Parlement, s’inscrit selon Morawiecki « dans le cadre du jeu politique du gouvernement actuel, qui consiste à se venger et à marginaliser l’opposition ».

Jeudi 29 août, celle-ci avait, en effet, accusé le principal parti d’opposition d’avoir dépassé le plafond de dépenses autorisées dans le cadre des législatives de l’année dernière et d’avoir puisé dans les comptes publics, moyennant quoi la PKW, dont sept des neuf membres sont élus par la Diète et reflètent sa composition, avait décidé de rejeter le rapport du comité électoral du PiS et de raboter de 13,3 millions d’euros (soit 57 millions de zlotys, la monnaie polonaise) les sommes d’argent public lui étant destinées.

Italie : le concert d’un chanteur qui ne plait pas au lobby LGBT interdit pour la 40ème fois

Lu sur l’OJIM :

La censure dans le monde de la culture ne sévit pas qu’en France. Le chanteur italien Giuseppe Piova, appelé plus simplement Piova, vainqueur du festival de SanRemo 2006, 8 disques de platine et 3 disques d’or à son actif, est régulièrement victime de censure en Italie. Auteur d’une chanson Luca era gay (Luca était gay) où il raconte l’histoire d’un gay redevenu hétéro, il a également exprimé des positions sceptiques sur le vaccin pendant le Covid. Il n’en fallait pas plus pour que 40 (quarante !) de ses concerts soient interdits dont fin juillet 2024, le 40ème à Nichelino (Piémont), annulé par la municipalité PD (Partito Democratico, gauche). Il Fatto Quotidiano est un quotidien populiste de gauche, proche du Mouvement 5 étoiles, il aurait en France le même positionnement que Marianne. Son directeur Marco Travaglio a publié une belle tribune sur le sujet que nous avons traduite, les intertitres sont de notre rédaction.

Vous n’êtes pas obligé d’aimer, mais voici l’objet du délit :

L’Arcom pourrait bloquer les noms de domaines des sites pornographiques

Le week-end dernier, l’Arcom a fait fermer une centaine de sites illégaux qui diffusaient des matchs de Ligue 1.

L’Autorité a mis une demi-douzaine d’agents pour mettre en application les saisines. Elle s’appuie aussi un arsenal automatisé qui a permis la mise hors ligne de plus de 5 000 sites depuis deux ans.

174 noms de domaines ont été bloqués depuis le début de la saison de foot. Il serait donc possible de bloquer les noms de domaines de 200 sites pornographiques qui ne respectent pas la loi. Même les pouvoirs publics ont pris conscience du fléau de la pornographie.

Présidentielle : Édouard Philippe annonce sa candidature pour 2027… ou plus tôt ?

Longuement interrogé dans Le Point, Edouard  Philippe déclare :

Où en êtes-vous personnellement ? Il y a un an et demi, vous nous disiez à propos de 2027 : « Je me prépare. »

Ce n’est un mystère pour personne que je serai candidat à la prochaine élection présidentielle.

C’est le journaliste qui évoque 2027. Edouard Philippe parle de la prochaine… Comme Emmanuel Macron ne parvient pas à trouver le Premier ministre idoine, la solution de sortie de crise semble être sa démission…

La Hongrie invite les pays de l’UE à s’intéresser au problème démographique

Actuellement Président du Conseil de l’UE, la Hongrie a convoqué une réunion sur ce sujet d’avenir :

Plutôt que d’inciter à l’avortement, l’UE devrait favoriser la natalité.

Le petit caté pour les grands

C’est un fait : notre génération est victime d’un grave manque de formation doctrinale. Comment vivre dans un monde toujours moins chrétien sans une solide colonne vertébrale catéchétique ? Beaucoup d’entre nous se considèrent comme des recommençants ou des grands débutants de la foi.

Claves prend les devants et lance cette année un parcours adapté pour tous : recommençants, débutants, et même initiés… “Le petit caté pour les grands” propose en 40 séances de 5 à 7 minutes une première approche simple, accessible mais complète des vérités de foi, en suivant le plan classique des grands catéchismes.

Retrouvez-nous dès aujourd’hui et chaque semaine sur Claves, en écrit ou en audio, avec pour chaque épisode de nombreuses propositions d’approfondissement.

Haut-Karabagh : appel à la démilitarisation et au retour digne des populations déplacées

Communiqué de Monseigneur Pascal Gollnisch, Directeur général de L’Œuvre d’Orient :

Hier, le 2 septembre, marquait le 33ème anniversaire de la proclamation de la République du Haut-Karabagh, une date mémorable dans l’histoire de cette région, mais qui revêt, cette année, une gravité particulière. En ce jour symbolique, L’Œuvre d’Orient réitère sa proximité avec le peuple de Haut-Karabagh, qui, après tant d’années de lutte pour ses droits les plus fondamentaux voit sa terre et son avenir lui être arrachés.

Car le Haut-Karabagh, marqué par des siècles de présence arménienne, est aujourd’hui le théâtre d’une tragédie intolérable. Une offensive militaire éclair menée par l’Azerbaïdjan en septembre 2023 a conduit à la reddition des forces de défense locales et a entraîné l’effondrement de la République d’Artsakh. Cette opération militaire a entraîné la dépopulation massive du Haut-Karabagh. La quasi totalité de la population arménienne à été contrainte de fuir vers l’Arménie, de peur d’exaction et de persécution.

L’Œuvre d’Orient condamne avec la plus grande fermeté ces actions de l’Azerbaïdjan ainsi que les atteintes au patrimoine chrétien arménien. Elles ont anéanti les espoirs d’une centaine de milliers d’Arméniens de vivre en paix sur leur terre ancestrale.

En tant qu’association engagée depuis près de 170 ans aux côtés des chrétiens d’Orient, nous appelons à la démilitarisation immédiate du Haut-Karabagh sous contrôle international, afin de garantir un retour sûr et digne des citoyens dans leurs maisons. Une solution similaire à celle mise en œuvre pour le Kosovo est essentielle pour instaurer une paix durable et permettre aux familles de retrouver leurs racines, leur culture, et leurs lieux de culte.

L’incendie de l’église de Saint-Omer provoqué par un multirécidiviste

L’incendiaire Joël Vigoureux a déjà tenté de détruire par le feu une quinzaine d’églises.

Condamné 25 fois et récidiviste le jour de sa dernière sortie de prison, en 2021, il avait alors écopé de 3 ans et demi de réclusion. Il viendrait donc de récidiver à nouveau…

Néanmoins, Rachida Dati vient d’écrire :

 

Attaque contre une synagogue, on parle d’antisémitisme. Attaque contre une mosquée, d’islamophobie. Attaque contre une église, d’une atteinte au “patrimoine religieux”…

Selon un décompte de l’Observatoire du patrimoine religieux (OPR), 27 églises ont été incendiées en 2023 et 12 sur les six premiers mois de 2024.

Lettre à saint Grégoire le Grand en ce jour de sa fête

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:

Cher saint Grégoire,

Votre nom est si cher à ceux qui s’intéressent à la musique pour la liturgie. Le chant de l’Église vous a été dédié, et pour vous honorer, nous l’appelons tous le “chant grégorien”, même si ce répertoire s’est développé quelques siècles après votre mort. Mais c’est tout de même une bonne chose que votre nom soit lié à ce chant, et il est également tout à fait logique que vous soyez, avec sainte Cécile, le patron de la musique sacrée. Tant d’histoires sont associées à votre nom glorieux et concernent la liturgie et la musique, de vos réformes liturgiques à la colombe (le Saint-Esprit) qui vous souffle à l’oreille les mélodies liturgiques, de l’Antiphonaire enchaîné à l’autel de saint Pierre à votre souci pour la Schola Cantorum.

L’histoire de l’Antiphonaire est très belle : vous qui le fîtes attacher à l’autel de saint Pierre avec une chaîne d’or, symbole de l’union étroite entre la musique et la liturgie, c’est une histoire édifiante, que certains mettent en doute car elle fut racontée par Jean Diacre, qui écrivit votre biographie mais deux siècles après votre mort. Pourtant, les auteurs médiévaux ont repris cette histoire et l’ont diffusée. Vraie ou non ? Bien sûr, comme vous le savez, il y a des auteurs qui remettent en question votre rôle dans la musique sacrée, comme Gevaert, auquel répondit le bénédictin Germain Morin. Quoi qu’il en soit, en tant que musicien, je m’honore de vous appeler mon co-patron aux côtés de sainte Cécile.

Vous fûtes un homme sage et vous trouvâtes actif en des temps terribles pour la vie de Rome et de l’Église. Bien que votre santé ne fût pas forte, par votre parole et votre enseignement, vous avez guidé la barque de Pierre sur une mer agitée.

Vous qui êtes un puissant intercesseur, intercédez pour la liturgie et la musique sacrée de nos jours, afin qu’elles puissent encore briller comme “l’anneau de l’Épouse” (titre d’un beau livre sur la liturgie de Crispino Valenziano). Que ceux qui souhaitent mettre en œuvre la réforme liturgique l’interprètent comme un fruit du Concile et de ses documents, et non à la lumière d’herméneutiques ou d’idéologies qui ont peu ou rien à voir avec le Concile. Rappelez-nous toujours que chaque pas en avant est toujours garanti par le pied qui est derrière. Avancer en pas parallèles ne permet de parcourir qu’une très courte distance.

Intercédez afin que des musiciens talentueux et bien formés, solides dans la Tradition, puissent faire refleurir dans nos églises le chant de louange qui monte vers Dieu comme l’encens et qui nous aide à nous sanctifier dans notre vie de foi. Redécouvrons ce sens de l’adoration et de la vénération. Votre successeur actuel, le pape François, parlant des Églises orientales et répondant à un journaliste en 2013, disait :

Dans les Églises orthodoxes, ils ont conservé cette liturgie originelle, si belle. Nous avons un peu perdu le sens de l’adoration. Eux, ils le conservent, ils louent Dieu, ils adorent Dieu, ils chantent, le temps ne compte pas. Le centre est Dieu, et c’est une richesse que je voudrais mentionner à cette occasion où vous me posez cette question. Une fois, en parlant de l’Église occidentale, de l’Europe occidentale, surtout l’Église plus développée, on m’a dit cette phrase : ‘Lux ex oriente, ex occidente luxus.’ Le consumérisme, le bien-être, nous ont fait beaucoup de mal. Par contre, vous conservez cette beauté de Dieu au centre, la référence. Quand on lit Dostoïevski – je crois que pour nous tous, il doit être un auteur à lire et relire, car il a une sagesse – on perçoit ce qu’est l’âme russe, l’âme orientale. C’est quelque chose qui nous fera beaucoup de bien. Nous avons besoin de ce renouveau, de cet air frais de l’Orient, de cette lumière de l’Orient. Jean-Paul II l’avait écrit dans sa Lettre. Mais bien souvent, le luxus de l’Occident nous fait perdre l’horizon.

Inspirez à lui et à d’autres ces initiatives qui ramèneront la liturgie à sa beauté, exprimée à travers les mots, les images, les sons, les odeurs… Demandez au Père que l’Église soit de moins en moins un système clérical fermé et accordez, comme le demandait Hans Urs von Balthasar, que les bastions puissent enfin tomber – mais les vrais, ceux qui empêchent l’Église d’être vraiment elle-même dans le rayonnement de sa beauté qui vient de son attention à la Sainte Écriture et à la sainte Tradition.

Intercédez pour que Dieu nous protège tous, nous sanctifie et nous fortifie.

Incendie de l’église de Saint-Omer : un suspect en garde à vue

Un homme a été placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur l’incendie qui a fortement endommagé une église de Saint-Omer. Cet homme né en 1985 a des « antécédents nombreux » : il est « connu pour des faits similaires de destruction par incendie », a indiqué le procureur de Saint-Omer.

Le suspect, hébergé en foyer avant les faits, est « en cours d’audition ». L’enquête a permis de mettre en lumière des « traces d’effraction » dans l’église, où un vitrail a été brisé.

Le procureur envisage à ce stade une qualification criminelle des faits, pour « destruction de biens par moyen dangereux en raison de la religion ».

L’éducation sexuelle à l’école – Les nouvelles orientations de l’Education nationale en question

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le cri d’alarme de Sophie Audugé, directrice de S.O.S. éducation !
Ne croyez pas que vos enfants soient à l’abri, même dans une bonne école !.
Parents, grands-parents,éducateurs, etc… armez-vous et soyez vigilants !
Vos enfants sont confrontés dès le primaire au risque de la pornographie… Il faut les prévenir des abus sexuels… Ils doivent savoir le plus tôt possible ce qu’est la sexualité pour éviter la désinformation des cours de récréation… Autant de “bonnes raisons” de défendre une éducation sexuelle dispensée dans le cadre de l’école.

Or il s’agit là d’une conception pour le moins naïve, voire biaisée, du rôle de l’Education nationale. Ce n’est pas à l’enfant de se protéger de la violence, c’est aux adultes qu’il incombe de créer les conditions d’un milieu sécurisé. Mais surtout on ne mesure pas le danger d’une sexualisation précoce de l’esprit de l’enfant – dès la maternelle comme le prévoit la législation -, et les conséquences traumatiques chez un enfant qui n’a pas atteint la puberté, ou chez celui qui entre dans la période fragile de l’adolescence.

C’est pourquoi Sophie Audugé, directrice de S.O.S. Education, pousse un cri d’alarme à partir du constat de cette dérive idéologique de l’Education nationale et de sa mise en oeuvre dans nos écoles, de plus en plus soumises au diktat d’associations militantes.

S’appuyant sur l’expertise de médecins spécialistes, l’ouvrage apporte une réponse pratique et des conseils à tous ceux qui souhaitent d’abord préserver l’intérêt supérieur de l’enfant : le respect de son rythme de développement affectif et de ses besoins cognitifs pour grandir, détaillé ici âge par âge, et la sanctuarisation de son intimité.

Un livre qui défend le rôle de l’école dans les domaines de l’instruction et de la prévention., et veille à rappeler que l’institution scolaire n’a pas à interférer dans l’équilibre affectif et psycho-social de nos enfants.

Plus d’informations, commentaires, recensions mises régulièrement à jour, et Commandes SUR LIVRES EN FAMILLE la libraire au service de la famille
https://www.livresenfamille.fr/addictions-pornographie-internet-ecrans-drogue-/26967-sophie-auduge-l-education-sexuelle-a-l-ecole-les-nouvelles-orientations-de-l-education-nationale-en-question.html?aff=Mjoz

L’éducation sexuelle à l’école – Les nouvelles orientations de l’Education nationale en question , Sophie Audugé, Editons Artège, 252 pages, 18.90 €

La diplomatie française en berne

La 30ᵉ conférence annuelle des ambassadeurs, qui se tient d’ordinaire fin août début septembre, est annulée, en raison… des Jeux paralympiques.

Depuis 1993, hormis durant la crise du Covid, les représentants diplomatiques français sont reçus à l’Élysée et au Quai d’Orsay par le président de la République et le ministre des Affaires étrangères, dans l’objectif de fixer les grandes orientations de politique étrangère, les priorités, … Le site officiel de la diplomatie française précise :

« Ce rendez-vous permet aux plus hautes autorités de l’État et au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères de donner les orientations annuelles qui guideront le travail des représentants de la France à l’étranger et auprès des organisations internationales (…) C’est un moment central pour la diplomatie française rythmé par des moments forts ».

Au Quai d’Orsay, nombre de diplomates voient cette annulation officielle comme un nouveau signe du manque d’intérêt des autorités pour leur travail, déjà mis à mal en 2022 après la réforme du corps diplomatique. Désormais, puisqu’il n’y a plus de diplomates de carrière, le « copinage » semble devenu légion au ministère des Affaires étrangères (MAE).

Après la perte de quelque 20 000 emplois en vingt ans, un tiers des agents du Quai d’Orsay a envisagé ou envisage de quitter définitivement le MAE qui ne représente que 0,7 % du budget de l’État. Le réseau diplomatique français est aujourd’hui le 5ᵉ au monde, perdant deux places en un an, selon le centre de réflexion australien The Lowy Institute, avec 249 ambassades et consulats et 16 représentations permanentes auprès des instances multilatérales. Quelque 14 000 agents sont employés par le Quai d’Orsay.

Avec la multiplication des crises à l’international, la diplomatie française semble être en perte de vitesse. Le mardi 27 août, le chef d’état-major des armées françaises s’est exprimé devant les responsables du Medef et de dix grands groupes français :

« On entre résolument dans une nouvelle ère, un Occident qui est contesté (…) et une fragmentation de l’ordre international extrêmement forte ».

« Il faut se préparer à des temps très durs pour l’Occident ».

« Le recours à la force est désinhibé et apparaît comme la manière la plus forte d’imposer sa volonté et de résoudre les différends ». « Ce qui se met en place, on va devoir vivre avec ».

La Cour des comptes étrille l’administration, qui gère le patrimoine français à Rome

Dans un rapport, la Cour des comptes étrille l’administration des «Pieux établissements», qui gère à Rome un patrimoine français immobilier et spirituel exceptionnel. Placés sous l’autorité de l’ambassade de France, les «Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette» -souvent appelés «les Pieux» – gèrent notamment treize immeubles locatifs situés dans le centre historique de Rome ainsi que cinq églises, dont les célèbres Trinité-des-Monts et Saint-Louis des Français qui abrite trois toiles mondialement célèbres du Caravage.

«Les carences sont nombreuses et manifestes» dans la gestion de ce patrimoine «d’une valeur considérable», déplore le rapport qui porte sur la période 2015-2022. Ni les églises, ni même les collections ne sont inscrites au bilan comptable et «aucune estimation de la valeur de ces œuvres n’a été réalisée». Ces lacunes entraînent des «risques de dépossession qui se sont, pour certains, déjà concrétisés», affirme le rapport.

Sur le parc immobilier, la Cour souligne une «politique opaque d’attribution et de fixation des loyers» des 148 appartements et 31 magasins, en moyenne «en dessous de la fourchette basse» dans ces quartiers recherchés, et avec «des avantages peu justifiés octroyés à de nombreux locataires». La Cour déplore aussi une gestion «extracomptable» de certains comptes bancaires avec «de nombreux paiements en espèces», parfois pour des rémunérations, loyers, remboursement de frais…

À cela s’ajoute «une coopération défaillante avec le ministère de la Culture». Ses préconisations anti-incendie n’ayant pas été suivies, il existe dans les églises «un risque avéré pour la sécurité des biens et des personnes», selon la Cour.

Autre problème: des «dérives importantes» sur les travaux, réalisés sans publicité des appels d’offres, confiés à un petit nombre d’entreprises, «avec le risque de surfacturations importantes».

La Croix vante l’islam en Indonésie, “modéré et tolérant”

A l’occasion du voyage du pape, La Croix évoque l’Indonésie qui

vit aujourd’hui un islam plus apaisé qui rejette massivement l’extrémisme

un islam ouvert et tolérant, respectueux des autres communautés religieuses présentes dans le pays

Sur RCF, en avril 2024, les informations étaient un peu différentes.

Cet archipel de près de 280 millions d’habitants abrite la plus grande population musulmane au monde. Les chrétiens sont minoritaires, 10,7% de la population, dont un peu plus de 3% de catholiques. Une minorité dont les libertés sont aujourd’hui menacées.

Thomas Oswald, journaliste à l’aide à l’église en détresse, indique :

“Traditionnellement, l’Indonésie était un pays avec un islam très ouvert aux autres religions parce que ça faisait partie de l’histoire du pays”. “Ces choses-là sont en train de changer” . “L’ancien président Jokowi a été remplacé par le président Prabowo Subianto. Ce dernier a une filiation très claire avec l’ancien dictateur Suharto. Il l’assume complètement, et il dirige le pays vers un modèle beaucoup plus autoritaire, beaucoup moins démocratique que ce qu’il a pu être par le passé et ce changement risque de se faire aux dépens des chrétiens.”

“L’application de lois anciennes comme la loi anti-blasphème qui n’était jamais appliquée, s’applique à présent”. “Lorsque l’on est à Florès dans une île très majoritairement catholique, la réalité n’est pas du tout la même que lorsque l’on est à Jakarta, à Java, où des groupes extrémistes musulmans imposent le port du voile à tout le monde et mettent une pression constante sur les chrétiens.”

En 2021, un attentat suicide a visé la cathédrale de Makassar, dans l’est de l’Indonésie, après la messe des Rameaux.

Le curé de l’église de Saint-Omer est allé sauver le Saint-Sacrement dans l’église en flammes

Selon la presse anglosaxonne, le curé de la paroisse de Saint-Omer, l’abbé  Sébastien Roussel serait entré dans l’église de l’Immaculée Conception de Saint Omer en flammes pour sauver le Saint Sacrement.

Incendie criminel d’une église en Irlande

La police considère que l’incendie d’une église de Greenisland, dans le comté d’Antrim, en Irlande, est d’origine criminelle.

Un incendie a ravagé l’église dimanche soir. Dans un communiqué, la paroisse a déclaré qu’elle avait

« le cœur brisé mais qu’elle était aussi très reconnaissante – aux équipes de pompiers, à la communauté locale, à nos voisins qui ont donné l’alerte, et très reconnaissante que personne n’ait été blessé ».

Les États-Unis et l’Union européenne demandent des exceptions à la criminalisation de la pédopornographie dans un traité de l’ONU

Les pays occidentaux, sous l’égide des États-Unis et de l’Union européenne, soutiennent des exceptions à la criminalisation de la pédopornographie dans un projet de traité des Nations unies « contre la cybercriminalité ».

Les exceptions actuellement rédigées stipulent que la pornographie qui n’implique pas un « enfant réel », qui est générée par l’intelligence artificielle ou qui est créée dans le cadre d’une « relation consensuelle » et conservée pour un « usage privé » ne devrait pas faire l’objet de poursuites de la part des gouvernements. Cette version du traité entrera en vigueur dans les mois à venir si la majorité des pays présents à l’Assemblée générale des Nations unies continue de la soutenir.

Selon le quotidien italien Daily Compass, 91 pays, dont les États-Unis et l’Union européenne, ont voté en faveur de ces exceptions, qui figurent désormais à l’article 14 du traité.

Lors d’une session de l’ONU, une déléguée autrichienne a souligné que dans son pays, ainsi que dans d’autres pays européens, des mineurs de 14 ans sont considérés comme légalement capables de consentir à une activité sexuelle avec un adulte.

Les délégués de l’Iran et de la République démocratique du Congo ont demandé un vote pour supprimer ces exceptions, arguant qu’elles seraient exploitées pour nuire aux enfants et promouvoir la pédophilie. Cinquante et un pays se sont joints à eux pour voter en faveur de la suppression de ces dispositions, mais ils sont désormais dominés par une faction occidentale favorable aux exceptions.

Un délégué russe s’est moqué de ces dispositions, suggérant qu’elles aidaient les prédateurs sexuels d’enfants plutôt que les enfants.

Le traité devrait être officiellement adopté par l’Assemblée générale des Nations unies avant la fin de l’année, date à laquelle elle ouvrira le traité aux pays pour signature.

Luca Volontè a commenté :

« Le lobby pédophile, qu’il s’agisse de hauts fonctionnaires des institutions nationales et internationales, de dirigeants, d’hommes de culture et de médias, de faiseurs d’opinion, de gestionnaires et de financiers internationaux, légalise la pédophilie et la pédopornographie, étape par étape ». « Mais nous ne nous laisserons pas bâillonner.»

Eric Ciotti ne regrette pas son alliance avec le RN : “Je suis convaincu d’avoir été un précurseur en vue de la prochaine échéance électorale”

Interrogé dans Paris Match sur son accord avec le RN, Eric Ciotti déclare :

Je ne regrette rien, pas une seconde. Je suis convaincu d’avoir été un précurseur en vue de la prochaine échéance électorale. J’ai été fidèle à mes convictions alors que d’autres se sont alliés avec Emmanuel Macron et la gauche.

C’est ainsi que 32 députés sortants LR se sont retrouvés sans candidat macroniste face à eux. Le spectacle donné par ces législatives anticipées est contre-nature. Ils ont conduit, quelque part, au chaos institutionnel dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

Depuis votre élection à la tête de LR fin 2022, vous avez pourtant prôné une ligne d’indépendance intransigeante, assurant que votre objectif était de faire gagner LR en 2027. Quand avez-vous changé d’avis ?

Nous étions trop faibles pour avoir une ligne indépendante après nos 7 % aux européennes. Pour rebondir, il aurait fallu faire 10 %. On pouvait maintenir ce scénario jusqu’en 2027 mais pas avant, pas pour des législatives anticipées. Lorsque j’ai vu le président Macron, je lui ai d’ailleurs demandé pourquoi il avait choisi de dissoudre si précipitamment. Il m’a répondu : « C’était pour vous prendre de court. »

Remarquez, mes adversaires internes et moi partageons la même analyse puisqu’ils ont fait alliance avec la macronie. Comme les partis de gauche se sont alliés instantanément après l’annonce de la dissolution. Eux n’ont eu aucun scrupule à se joindre à LFI. À partir du moment où cette alliance se nouait, je ne pouvais pas ne pas me tourner vers Jordan Bardella et le RN. […]

Comment comptez-vous préserver votre indépendance vis-à-vis du Rassemblement national, formation trou noir pour les partis gravitant autour ?

Nous portons, avec l’ « Union des droites pour la République » (UDR), une ligne politique différente de celle du RN, ou pour le moins complémentaire. Je veux que nous devenions le parti des entrepreneurs, que nous soyons beaucoup plus libéraux. Je pense qu’il y a un espace pour une droite qui porte nos valeurs : l’autorité, l’identité et la liberté.

N’y a-t-il pas embouteillage sur ce créneau ? Reconquête !, le parti d’Éric Zemmour, frémit encore et Marion Maréchal devrait fonder son propre mouvement courant septembre.

L’enjeu, pour notre camp, est d’être le meilleur. À l’UDR, nous sommes de droite, républicains, connaissons l’expérience du gouvernement et revendiquons notre filiation gaulliste. Une quinzaine de députés étaient prêts à me suivre. Certains d’entre eux, aujourd’hui battus, me disent regretter.

Pourquoi rester chez Les Républicains, « marque aujourd’hui dépassée » comme vous le déclariez samedi à Levens ?

Je tiens mes engagements : les militants m’ont élu à la tête de notre famille politique. Ils m’ont accordé leur confiance et je refuse de les abandonner à tous ceux qui rêvent de servir de béquille à un macronisme à l’agonie. Mais prendre mes responsabilités, c’est aussi préparer une profonde refondation de la Droite pour libérer des énergies nouvelles et proposer aux Français une alternative audacieuse, novatrice et fièrement attachée à nos valeurs.

Encore plus que votre alliance avec le RN, les cadres du « canal historique » vous reprochent d’avoir joué double jeu et négocié dans leur dos cet accord électoral.

La dissolution a été un catalyseur, cet accord s’est nécessairement noué dans la hâte. On ne pouvait pas tergiverser. Je connaissais par avance leur réponse. J’ai toutefois évoqué l’hypothèse auprès du groupe de députés le lundi suivant la dissolution [soit la veille de l’annonce officielle de l’alliance aux 13 heures de TF1, N.D.L.R.] en présentant trois options : nous allier à Emmanuel Macron et c’était sans moi, partir en indépendants et nous faire broyer, faire l’alliance des droites.

Vous attendiez-vous à l’émoi qui s’est ensuivi ?

Je ne m’attendais pas à une tempête de cette violence. D’autant que l’immense majorité des militants est avec moi et qu’une quinzaine de députés étaient prêts à me suivre. Certains d’entre eux, aujourd’hui battus, me disent regretter. […]

Vouloir faire l’union des droites avec un parti qui récuse le terme de droite, n’est-ce pas chimérique ?

C’est grâce à nos différences que notre alliance peut être efficace. J’assume être de droite, notamment sur les questions économiques. Il ne nous a pas manqué grand-chose pour gagner cette année. Or, aux prochaines législatives, le scénario d’une alliance entre Emmanuel Macron et La France insoumise est bien moins probable.

Harley-Davidson n’est plus très woke

La marque de motos Harley-Davidson a annoncé qu’elle abandonnait sa politique “diversité, équité et inclusion” après de vives critiques. Un nouvel exemple d’entreprises faisant machine arrière sur ces thématiques aux Etats-Unis.

“Nous sommes attristés par la négativité qui a régné sur les réseaux sociaux ces dernières semaines et qui a pour but de diviser la communauté Harley-Davidson”

Elle ne pratiquera pas de “quotas de recrutement à l’embauche” dans le but de favoriser la diversité, et elle n’appliquera pas ce type de critère dans le choix de ses sous-traitants.

Fin juillet dernier, dans une publication sur X, Robby Starbuck reprochait à Harley d’être devenue “totalement woke”, accusant directement son PDG depuis 2020, Jochen Zeitz, d’etre à l’origine de cette dérive idéologique. Il dresse ensuite une longue liste de reproches sur des actions menées, du soutien à des “événements” ou des “causes LGBTQ+” à cette stratégie visant “ouvertement à avoir moins de fournisseurs, de revendeurs et d’employés blancs”.

Pour exprimer son ressentiment contre ce “virage woke”, un youtuber américain, de la chaîne “Columbia War Machine”, a même entrepris de mitrailler littéralement une moto de la marque… avant de tout simplement la faire exploser. Sa vidéo, sobrement intitulée “Harley Davidson Went Woke! So I Destroyed My Bike!!!” (“Harley Davidson est devenue woke! Donc j’ai détruit ma moto!!!”), publiée le 14 août, cumule plus d’un million de vues.

Et comme il possédait une deuxième Harley… le youtuber a publié une autre vidéo de destruction de moto le 22 août dernier.

Face à la pression, des grandes entreprises comme Microsoft, Meta et Zoom ont aussi réduit leur budget dédié à ce type d’actions. Disney se voit aussi régulièrement reprocher ce “virage woke”.

Des milliers d’euros volés en pleine messe dans le presbytère d’une église

Plusieurs milliers d’euros de dons ont été dérobés, dimanche 1er septembre, à la paroisse Saint-Michel-de-Gargan à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis.

Le vol a eu lieu en pleine messe dominicale, entre 10h45 et midi. Alors que le prêtre officiait, un ou plusieurs cambrioleurs sont entrés dans le presbytère en forçant une fenêtre. Ils ont ensuite fouillé le logement où se trouvaient les dons. Les malfrats se sont emparés du butin avant de prendre la fuite sans être repérés. Le prêtre a alerté la police après s’être rendu compte du vol par effraction. Une enquête en flagrance a été ouverte.

Le sénateur Stéphane Ravier quitte Reconquête!

Dans un entretien accordé ce matin à BFM Marseille, le sénateur des Bouches-du-Rhône indique ne plus être adhérent du mouvement fondé par Éric Zemmour.«Je n’appartiens à plus aucun mouvement national», et se présente désormais sous la bannière de son parti local, «Marseille d’abord».

Pendant les législatives, le sénateur, proche de Marion Maréchal, avait soutenu la démarche de cette dernière de bâtir l’union des droites.  Bras droit historique de Stéphane Ravier, Antoine Baudino a démissionné de son poste de chef départemental de Reconquête! dans les Bouches-du-Rhône.

Stéphane Ravier aspire à «une union des droites» pour les municipales de 2026.

L’église de l’Immaculée-Conception à Saint-Omer est partie en fumée

Gérald Darmanin indique qu’une enquête est en cours sur les causes du sinistre :


L’évêque célèbrera une messe :

Pas-de-Calais : l’église de Saint-Omer en flammes

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi au cœur de l’église de l’Immaculée-Conception, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). L’intervention des pompiers a commencé à 4 heures du matin. Le feu s’est propagé à la nef latérale et centrale, puis à la toiture et au clocher, qui se sont effondrés. Le feu a été circonscrit vers 7h15.

L’Église avait été restaurée en 2018.

“Tout comme la trahison de Judas Iscariote il y a près de deux mille ans, la trahison actuelle émane même des personnes qui se trouvent au cœur de l’Eglise”

Jeanne Smits a traduit une lettre de Mgr Strickland, évêque émérite de Tyler aux Etats-Unis, publiée le 23 août :

Chers frères et sœurs dans le Christ,

Me voici une nouvelle fois pressé de vous écrire et de vous encourager à rechercher une vie plus profondément enracinée dans le Cœur Sacré de Jésus-Christ.

A l’heure où ces lignes seront publiées, un an aura passé depuis que j’ai écrit ma première lettre, mise en ligne le 22 août 2023, jour de la fête de Marie Reine. Je crois sincèrement que ladite lettre fut inspirée par la Providence divine, et un an plus tard, le propos principal de celle-ci est d’exhorter, voire de supplier, chacun d’entre nous de commencer à voir la main de Dieu dans tout ce qui survient actuellement dans l’Eglise et dans le monde.

Ma lettre d’il y a un an portait sur le synode sur la synodalité, toujours en cours, qui devait commencer en octobre 2023. Elle a été suivie de sept lettres où j’approfondissais les inquiétudes que j’avais exprimées dans cette première lettre. Comme vous êtes nombreux à le savoir, j’ai continué à écrire ces lettres sous l’impulsion de l’Esprit Saint. Je précise que je ne prétends pas avoir reçu une quelconque révélation spéciale. Ma foi profonde et mon amour pour Jésus-Christ m’ont simplement poussé à ouvrir les yeux sur ce qui se passe autour de nous.

Cet appel à « ouvrir les yeux » est au cœur de la lettre que vous avez sous les yeux. J’ai fait tout mon possible pour exhorter tous ceux qui ont lu ces lettres à voir la corruption et les puissantes forces du mal qui nous poussent lentement mais sûrement vers une calamité dévastatrice. Je ne souhaite pas être un « prophète de malheur », mais je crois que je dois m’exprimer et mettre en évidence le mal qui s’empare de notre monde et de l’Eglise. Au point où nous en sommes, je suis obligé de dire que nous DEVONS ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard !

Notre système politique national, le Vatican et de trop nombreuses organisations ayant de l’influence dans le monde sont engagés au service d’un programme qui n’est rien de moins qu’une trahison de Jésus-Christ et de son Eglise, version XXIe siècle. Tout comme la trahison de Judas Iscariote il y a près de deux mille ans, la trahison actuelle émane même des personnes qui se trouvent au cœur de l’Eglise et de l’Etat. Nous devons ouvrir les yeux devant ces assauts contre le corps mystique du Christ afin de demeurer dans le Christ, qui est la Vérité incarnée, et d’embrasser le salut qu’il a gagné pour nous sur la Croix. Nous devons également nous efforcer de conduire autant d’autres âmes que possible à la plénitude de la vérité qui ne se trouve qu’en Notre-Seigneur Jésus-Christ et qui est préservée par son Epouse, l’Eglise catholique. Les tentatives visant à justifier cette trahison contemporaine du Christ ont perdu tout semblant de crédibilité. Nous devons reconnaître qu’une main maléfique toutes ces forces disparates – et qu’il s’agit ni plus ni moins de la main de Satan, le prince des ténèbres.

Au moment d’écrire ces lignes, peu après le 15 août, solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, nous découvrons les informations concernant la mort de Sœur Agnès Sasagawa, la voyante des messages, approuvés par l’Eglise, de la Bienheureuse Vierge Marie à Akita, au Japon, en 1973. J’insiste sur le fait que je ne prétends pas avoir une connaissance spéciale de ses messages, mais je ne crois pas qu’une révélation spéciale soit nécessaire pour comprendre le contenu de ces messages. Si nous regardons simplement les messages d’Akita avec les yeux de la foi, nous devons aboutir à la conclusion que ce que nous voyons dans le monde d’aujourd’hui correspond à ce qui a été prédit dans ces messages.

Les messages d’Akita nous avertissent gravement de ce que nous voyons se dérouler sous nos yeux. Non seulement nous voyons des cardinaux s’opposer à d’autres cardinaux, mais nous voyons aussi des évêques s’opposer à des prêtres et le pape s’opposer à des cardinaux. Nous voyons des blasphèmes contre Notre Seigneur et notre Sainte Mère et des attaques contre la doctrine émanant des bureaux du Vatican, le pape François restant silencieux ou donnant son approbation tacite de par son absence d’action.

Les messages d’Akita nous rappellent également les messages de la Vierge à Fatima en 1917. Dans ces messages, Notre Dame avertissait que les erreurs de la Russie, où il faut inclure la franc-maçonnerie dans laquelle le communisme avait trouvé son origine, se répandraient dans le monde entier tant que la Russie ne serait pas consacrée à Son Cœur Immaculé de la manière qu’elle a décrite, c’est-à-dire lors d’une cérémonie publique par le pape, en union avec tous les évêques du monde. Cela n’a jamais été fait en totale conformité avec les instructions de Notre Dame. En outre, Notre Dame avait expressément demandé que le troisième secret de Fatima fût révélé en 1960, mais il fut au contraire occulté, et il y a de nombreuses raisons de douter que le troisième secret n’ait jamais été divulgué dans son intégralité.

Le futur pape Pie XII, 31 ans avant le début du concile Vatican II, a prononcé ces mots : « Je suis obsédé par les confidences de la Vierge à la petite Lucie de Fatima. Cette obstination de la Bonne Dame devant le danger qui menace l’Eglise, c’est un avertissement divin contre le suicide que représenterait l’altération de la foi, dans sa liturgie, sa théologie et son âme. (…) J’entends autour de moi des novateurs qui veulent démanteler la Chapelle Sacrée, détruire la flamme universelle de l’Eglise, rejeter ses ornements, lui donner le remords de son passé historique. (…) Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l’Eglise doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l’homme est devenu Dieu, que son Fils n’est qu’un symbole, une philosophie comme tant d’autres, et dans les églises les chrétiens chercheront en vain la lampe rouge où Dieu les attend, comme Marie-Madeleine, pleurant devant le tombeau vide : “Où l’ont-ils mis ?” »

Ces paroles étaient certes prophétiques car, depuis Vatican II, nous avons assisté à une tentative de « mise à jour de la foi » par l’éloignement de l’Eglise du dépôt de la foi, qui ne peut être ni modifié ni amendé. Il est facile de comprendre pourquoi la révélation du troisième secret de Fatima devait avoir lieu en 1960 et pourquoi il fut occulté par ceux qui avaient l’intention de changer ce qui ne pouvait l’être. Le cardinal Ratzinger, avant de devenir le pape Benoît XVI, a déclaré que le troisième secret faisait référence à des « dangers menaçant la foi » et a établi un parallèle entre le message de Fatima et celui d’Akita. Le cardinal Mario Luigi Ciappi, qui avait lu le troisième secret, a déclaré que la Vierge avait dit que l’apostasie partirait du sommet. Padre Pio, à propos du troisième secret, a parlé d’une « fausse Eglise » et d’une « grande apostasie » qui se produirait après 1960. Cependant, lorsque le prétendu troisième secret a été publié en 2000, celui-ci ne disait rien à ce sujet.

En 2019, le pape François, interrogé sur la raison pour laquelle Dieu « permet » tant de religions dans le monde, a répondu qu’« il y a beaucoup de religions ; certaines naissent de la culture, mais elles regardent toujours le ciel, elles regardent Dieu ». Il a ajouté : « Ce que Dieu veut est la fraternité entre nous », et : « Nous ne devons pas avoir peur de la différence. Dieu a permis cela. » Cependant, s’il n’y avait vraiment aucune différence entre les religions du monde, et si ce que Dieu voulait était seulement « la fraternité entre nous », on pourrait en conclure que l’Eglise catholique n’est plus la seule vraie religion, et qu’elle n’est pas en effet l’arche de notre salut. Or, nous savons que cela n’est pas la vérité. C’est pourquoi nous devons nous inquiéter des paroles rapportées de la Vierge au sujet d’une apostasie qui commencerait au sommet.

En conclusion, je dois clamer haut et fort que le fait d’ignorer les demandes et les avertissements de notre Sainte Mère à Fatima et à Akita a mis l’Eglise et le monde dans une situation extrêmement périlleuse. Je n’écris pas ces mots forts sur Fatima et Akita pour ébranler votre foi, mais au contraire avec le fervent espoir que vous vous éveillerez à la nécessité pour nous de nous repentir, de confesser nos péchés et de nous accrocher farouchement aux deux colonnes de la foi que saint Jean Bosco a vues en songe de façon si claire et prophétique en 1862 : ces piliers que sont Notre Seigneur eucharistique et sa Mère, la Bienheureuse Vierge Marie. Je prie pour que notre réponse à tous ces troubles et à ce mal qui sévissent aujourd’hui nous permette de trouver une foi et une espérance plus profondes en Notre Seigneur. Nous ne devons jamais quitter l’Epouse du Christ, mais nous ne pouvons pas non plus rester silencieux lorsque d’autres tentent de la changer ou de la transformer en une caricature du vase de salut qu’elle a vocation à être.

Aucun d’entre nous n’a le pouvoir d’empêcher la catastrophe, mais nous pouvons et devons nous préparer spirituellement à tout ce qui peut arriver. Nous devons impérativement nous assurer de rester toujours en état de grâce et d’accepter tous les actes de réparation possibles avant qu’il ne soit trop tard.

Inspirons-nous de Josué 24:15 : « Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. »

Que Dieu tout-puissant vous bénisse et que la Bienheureuse Vierge Marie, notre Mère et notre Reine, intercède pour vous et vous conduise toujours à son Fils.

Mgr Joseph E. Strickland

Evêque émérite, diocèse de Tyler

La réforme de Paul VI a fait subir une sorte d’involution à la lex orandi : la nouvelle expression cultuelle du sacrifice eucharistique étant en régression par rapport à celle que Trente avait consacrée

De l’abbé Claude Barthe sur Res Novae :

Ceux qui se consacrent à la défense des choses traditionnelles (liturgie, catéchisme, résistance à des doctrines délétères) hésitent souvent à dire qu’on se trouve présentement en face d’une situation ecclésiale atypique. Spécialement pour la liturgie. Même s’ils affirment que ce n’est pas pour des raisons de sensibilité mais de foi qu’ils célèbrent l’ancienne, ils pensent qu’ils peuvent efficacement défendre leur prise de position en face des tenants de la liturgie nouvelle comme un légitime libre choix. Il est vrai que des argumentations de ce type peuvent fonctionner assez bien auprès de l’opinion catholique en général, pour laquelle le libéralisme est devenu un horizon indépassable ; mais qu’il soit permis de profiter tactiquement de cet état d’esprit ne veut pas dire qu’on doive le justifier.

Il leur arrive même paradoxalement de gauchir la doctrine traditionnelle pour la défendre. Nous pensons à la réduction à l’extrême de la doctrine de l’obéissance due aux autorités ecclésiastiques et à leurs enseignements. Puisqu’en bien des points, actuellement, la soumission aux autorités est intenable en conscience, ils en viennent pratiquement à affirmer que le libre examen était la doctrine commune de l’Église, chacun décidant de ce qui est catholique au nom de la « tradition » dont chacun est finalement le dépositaire. Ou bien encore ils procèdent à l’évidage de la doctrine de l’infaillibilité romaine en assurant que le Premier Siège a fréquemment émis des doctrines hétérodoxes. Autrement dit l’anormal de ce qui advient présentement est reporté sur l’Église de toujours[1]. Et les antimodernes deviennent des modernes.

Nous ne voulons traiter ici que d’arguments concernant la défense de la messe traditionnelle. Spécialement, nous voudrions en considérer deux souvent utilisés pour justifier la libre option en faveur du missel traditionnel :

  1. L’invocation de la bulle Quo primum de 1570, en ce qu’elle porte que le missel qu’elle promulgue pourra être utilisé « à perpétuité ».
  2. Et la mise en avant du fait que l’Église a toujours reconnu la légitimité d’une diversité de rites.

Ils ont dans leur principe toute leur pertinence, mais à condition d’éviter d’en user comme si les circonstances qui commandent leur emploi habituel étaient celles d’aujourd’hui :

« Ce missel [le missel tridentin] pourra être suivi […] à perpétuité » (bulle Quo primum)

Il faut replacer la prescription de saint Pie V dans son contexte. Ses deux bulles concernant le bréviaire et le missel prises en application des volontés du Concile de Trente, visaient à établir la prééminence des livres de la Curie romaine sur tous les usages particuliers du monde latin, lesquels pouvaient cependant subsister s’ils pouvaient prouver une ancienneté de 200 ans. « À perpétuité », tout clerc romain devait utiliser le missel et le bréviaire romain promulgué par le pape. Ou, s’il se trouvait dans Église locale au sein de laquelle, depuis deux cents ans au moins et de manière continue, un missel ou un bréviaire particuliers avait été utilisés, il pouvait cependant « à perpétuité » utiliser le livre romain (avec cette précision, pour l’Office, s’il devait être psalmodié au chœur, qu’il fallait évidemment qu’une règle commune soit fixée par l’évêque et les chanoines).

De fait, la plupart des diocèses et des congrégations du monde latin pouvait établir que leurs livres propres, notamment dans les cathédrales et collégiales, remontaient au-delà du XIVe siècle. Cependant, évêques et chapitres préférèrent pour la plupart s’aligner sur le bréviaire et le missel, et ce en partie pour des raisons d’économie et de commodité de librairie, car il était difficile et onéreux de faire éditer des livres diocésains. On adopta donc généralement les livres romains y compris dans un premier temps en France (ce n’est que dans le dernier tiers du XVIIe siècle qu’on invoqua le droit à des livres diocésains particuliers, qualifiés plus tard de « néo-gallicans », à commencer par le bréviaire de Vienne en 1678).

Pouvait-on d’ailleurs, en dehors du rite wisigothique ou mozarabe, conservé en quelques lieux d’Espagne, parler véritablement, à propos des églises diocésaines ou religieuses qui conservèrent leurs usages, de rites latins non romains ? Seul le rite ambrosien, bien que très proche du romain, avait des particularités suffisamment importantes pour être qualifié de rite spécifique. Ce n’était pas le cas des rites lyonnais[2], chartreux, dominicain, prémontré. Pas plus que les usages de beaucoup de cathédrales, de sanctuaires, d’Ordres religieux qui avaient un certain nombre de messes, de préfaces, d’hymnes, de séquences propres.

Les deux textes de saint Pie V portaient donc :

  • La Bulle Quod a nobis, du 7 juillet 1568, pour la publication du bréviaire romain : « Sauf la susdite institution ou coutume dépassant deux cents ans […], tous ceux qui doivent dire et psalmodier les Heures canoniques, selon la coutume et le rite de l’Église romaine […] seront désormais absolument tenus à perpétuité de dire et de psalmodier les Heures de jour et de nuit, selon les prescriptions et l’ordonnance de ce Bréviaire romain. »
  • La Bulle Quo Primum, du 14 juillet 1570, pour la publication du missel romain : « Nous concédons et accordons que ce même missel pourra être suivi en totalité dans la messe chantée ou lue, dans quelque église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu’on pourra valablement l’utiliser librement et licitement, et cela à perpétuité. »

Mais si la suprématie de l’usage du bréviaire et du missel romain était établie « à perpétuité », et malgré la clause par laquelle le pape stipulait « que jamais rien ne soit ajouté, retranché ou modifié » au missel qu’il venait d’éditer, Rome s’est toujours reconnue libre de réviser les livres qu’elle donnait ainsi à tous les prêtres latins, s’agissant toujours de modifications modestes. Malgré les modifications, bréviaire et missel étaient considérées comme restant en substance les éditions tridentines de saint Pie V, comme les bulles Quod a nobis et Quo primum toujours imprimées en préface l’attestaient. On ne cessa d’imprimer le texte de la bulle Quo primum en tête du missel qu’en 1965, dans le premier missel de la réforme de Paul VI.

Les successeurs immédiats de Pie V, Clément VIII, pape en 1592, et Urbain VIII, pape en 1623, apportèrent donc des révisions (latin de la Vulgate pour épîtres et évangiles, offices nouveaux). Outre les fêtes de nouveaux saints, il y eut aussi à diverses reprises des adjonctions de messes et de préfaces nouvelles (à savoir la préface des défunts, celle de saint Joseph, celle du Sacré-Cœur, celle du Christ-Roi et, sous Pie XII, celle de la Messe chrismale, le jeudi saint). Il faut aussi savoir qu’une importante création latine liturgique (messes, proses, hymnes) continua à exister jusqu’à la Révolution et s’insérait sans problème dans des liturgies locales. Le cardinal de Bérulle composa ainsi un Office de Jésus pour le 28 janvier, jour de la fête fixée par lui pour la Congrégation de l’Oratoire de Jésus, et pour l’octave de cette fête, sans que personne ne trouvât à y redire. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que les ajouts et modifications liturgiques relèvent exclusivement de Rome.

Les plus importantes modifications du bréviaire et du missel eurent lieu au XXe siècle : saint Pie X bouleversa la distribution des psaumes pour retrouver la récitation des 150 psaumes par semaine et assura plus fortement la primauté du temporal sur le sanctoral (ce qui touchait aussi au missel) ; et Pie XII réforma la Semaine Sainte en allégeant les cérémonies et en rétablissant la « vérité des heures » (messe du jeudi saint le soir, et cérémonie du vendredi saint l’après-midi) rendue possible grâce à l’assouplissement de la discipline du jeûne eucharistique. Pour ces deux réformes de Pie X et de Pie XII, on a certes pu regretter la disparition de quelques vénérables textes ou usages, mais jamais personne ne contesta que, sur le fond et la forme, le bréviaire et le missel cessaient d’être des livres tridentins.

La concession « à perpétuité » des livres de 1568 et 1570 n’a donc pas empêché des variations, dont certaines furent importantes, sans être des bouleversements. La justification du non-usage de la messe nouvelle ne peut donc qu’être une justification de fond soulignant qu’elle constitue un bouleversement :

  • Une justification théologique faisant valoir que la nouvelle messe affaiblit l’expression du sacrifice eucharistique et spécialement l’expression de la doctrine de la messe comme sacrifice propitiatoire.

C’est aussi, en réalité, le motif pour lequel Joseph Ratzinger a légalisé la subsistance de l’ancienne liturgie sanctionnée par les textes de 1984 (Quattuor abhinc annos), 1988 (Ecclesia Dei adflicta)et 2007 (Summorum Pontificum). Sans s’expliquer jusqu’au bout, il a en effet critiqué le mode violent et radical de la transformation opérée : « On démolit le vieil édifice pour en construire un autre, certes en utilisant largement le matériau et les plans de l’ancienne construction »[3].

  • Une justification juridique expliquant que le nouvel Ordo Missæ n’est pas une lex orandi à strictement parler, une loi proprement ditetout simplement parce que calquant, toutes choses égales le pastoral du concile Vatican II, ce nouvel Ordo très fluide et aussi peu ritualisé que possible ne se reconnaît à lui-même qu’une autorité relative (ce qui est en soi un problème de fond). En effet, il comporte une infinité de variantes et de choix possibles dans ses rites et ses formules, y compris pour les plus importantes, comme la prière eucharistique.

Essentiellement, on est en présence d’une autre messe, différente de la messe romaine traditionnelle sur des points importants. Cette précision donnée, véritablement fondamentale, on peut donc parfaitement se prévaloir, mais dans un tout autre contexte que celui de 1570 et en faisant une utilisation que Quo primum n’avait évidemment pas prévue, de la possibilité d’user « à perpétuité » du missel romain traditionnel (sauf usage de missels traditionnels d’autres rites ou d’autres usages latins, missel ambrosien traditionnel, lyonnais traditionnel, mozarabe traditionnel, dominicain traditionnel, etc.[4])

Il est hautement probable que Summorum Pontificum, en 2007, en qualifiant d’usus antiquior la liturgie ancienne,fasse référence implicite à la règle fixée par la bulle Quo primum qui autorisait la survivance des usages pouvant prouver deux cents ans d’existence. Sauf qu’il ne s’agissait pas là d’une survivance pour une Église particulière ou un ensemble d’Églises particulières, mais virtuellement pour toute l’Église romaine. Ainsi, c’est le missel promulgué par Quo primum qui profitait à son tour lui-même de l’exception d’antiquité prévue par cette bulle…

L’Église a toujours reconnu la légitimité d’une diversité de rites

Cet argument, finalement proche du précédent, se fonde sur le fait qu’il a toujours existé une diversité de rites tous reconnus comme catholiques, même s’ils n’ont pas la normativité du rite de l’Église de Rome, pure de toute erreur.

Le raisonnement consiste à dire que, de même que le rite romain a toujours coexisté avec des rites distincts, orientaux, ou latins (mozarabe, ambrosien), et que d’ailleurs, après la promulgation du missel de 1570, des Églises ont conservé des missels si elles pouvaient prouver qu’ils avaient plus de deux cents d’usage, de même le missel de Paul VI peut coexister avec le missel tridentin.

Mais cette coexistence d’un même rite dans son état antérieur et dans son état postérieur est sans exemple dans l’histoire. À moins que l’on convienne que la liturgie de la réforme de Paul VI est un nouveau rite, ou autre chose qu’un rite. En effet, toute réforme d’un rite fait normalement que le nouvel état s’impose à la place de l’ancien si le nouvel état est donné comme obligatoire[5]. Ainsi, dans le rite romain et dans le droit canonique moderne, depuis les éditions tridentines, les livres utilisés pour le culte doivent être conformes à ceux imprimés par la Congrégation compétente et promulgués par décret. On parle d’éditions typiques, qui sont comme des étalons, une nouvelle édition typique remplaçant purement et simplement l’édition typique précédente. Dans la liturgie traditionnelle, la dernière édition typique du bréviaire est du 4 février 1961, celle du missel du 23 juin 1962, celle du rituel de 1952, celle du cérémonial des évêques de 1886, celle du pontifical de 1961 et 1962 selon les volumes.

Comme d’une édition typique à la suivante les modifications étaient minimes (sauf celles du bréviaire de 1911 et de la Semaine Sainte de 1951-1955, dont on a parlé plus haut, et dont il faut convenir que l’ampleur a préparé de fait les esprits à une bien plus ample réforme), elles s’imposaient sans difficulté : personne n’eût imaginé refuser de fêter le Christ-Roi au dernier dimanche d’octobre après l’instauration par Pie XI de cette nouvelle fête du Seigneur. Et il ne serait vraiment jamais venu à l’idée de personne de considérer un missel romain édité sous Léon XIII comme un missel distinct de ceux édités sous Pie XI ou Pie XII.

Pour apporter quelques nuances, on peut dire cependant qu’une sorte de traditionalisme éclectique peut avoir son intérêt pour retrouver les  immenses pans d’usages locaux, de pièces, de textes, d’interprétations que la romanisation tridentine et surtout les restaurations d’après la Révolution française ont fait tomber dans l’oubli. La reconstruction du XIXe siècle s’est en effet faite uniquement autour des livres romano-solesmiens. Il est assurément excellent de faire revivre tout ce trésor de pièces, d’usages et de répertoires musicaux traditionnels de cathédrales et d’abbatiales. Ainsi, le musicien hongrois Laszlo Dobszay (1935-2011), critique virulent de la nouvelle liturgie[6], a œuvré avec le Capitulum Laicorum Sancti Michaelis Archangeli (CLSMA) à la récupération de trésors oubliés de la liturgie latine hongroise. C’est dans ce cadre que peut éventuellement avoir lieu, en certains lieux, la remise en valeur prudente de la Semaine Sainte d’avant la réforme de 51-55.

En tout cas, jusqu’à la situation liturgique présente, le nouveau, fort modeste encore une fois et dans la parfaite continuité de l’ancien, remplaçait la part d’ancien qu’il modifiait. Ici encore, pour justifier de manière parfaitement cohérente la possibilité de choisir le missel antérieur au Concile, il faut donc le faire sur le fond :

  • Théologiquement, en constatant que le nouvel Ordo Missæ, « si l’on considère les éléments nouveaux, susceptibles d’appréciations fort diverses, qui y paraissent sous-entendus ou impliqués, s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe telle qu’elle a été formulée à la XXe session du Concile de Trente »[7]. Ou au moins en constatant avec Joseph Ratzinger que « le vieil édifice » a été démoli « pour en construire un autre »[8].
  • Juridiquement, en exposant que Nouvel Ordo Missæ ne se veut pas davantage précision intangible de la lex orandi que Vatican II ne se présente comme explicitation indiscutable du dogme.

On peut donc bien invoquer l’existence traditionnelle de coexistence de divers rites dans l’Église, avec cette précision que dans le cas présent on est en présence d’une liturgie nouvelle qui entend prendre la suite de la liturgie ancienne en amoindrissant l’expression de points doctrinaux substantiels dans les rites et les textes. Ce qui signifie que la réforme de Paul VI a créé une situation liturgique atypique, dans la mesure où le progrès qu’elle voulait accomplir a tout au contraire fait subir une sorte d’involution à la lex orandi, la nouvelle expression cultuelle du sacrifice eucharistique étant en régression par rapport à celle que Trente avait consacrée.

Abbé Claude Barthe

Marseille : les agresseurs d’une élève de CM1 ne sont pas poursuivis

Le 7 juin, Synda, élève de CM1, a été la cible d’une véritable descente dans la cour de récréation du Square Michelet, une école élémentaire publique du 9e arrondissement de Marseille. Harcelée depuis plusieurs mois par des camarades de classe, l’élève avait été prise à partie pour une simple histoire de «paquet de bonbons» par un groupe de cinq élèves emmenés par un «meneur» de CM2.

Le garçon avait alors fondu sur la victime avec ses complices, la rouant de coups de poing et de pied avant de la faire chuter à terre. Alors qu’elle se trouvait au sol, les élèves s’étaient acharnés sur l’enfant, un agresseur sautant même à pieds joints sur sa tête «comme si c’était un ballon» selon des écoliers témoins de la scène. Synda avait même perdu connaissance quelques instants avant d’être conduite à l’hôpital. Les médecins lui avaient alors diagnostiqué un traumatisme crânien sévère associé à un syndrome de stress aigu.

Une plainte avait été déposée par la mère de la victime, plainte qui avait conduit à l’ouverture d’une enquête confiée au service local de police judiciaire (SLPJ) de la Division Sud de Marseille pour des faits de «violences en réunion» et de «harcèlement scolaire». Parmi les cinq élèves soupçonnés de l’agression, le «meneur» au comportement «inquiétant» a finalement fait l’objet d’une «retenue». Contre toute attente, le principal suspect a pu s’en sortir sans être inquiété. Ce dernier et les autres jeunes agresseurs de Synda ne feront pas l’objet de poursuites pénales, notamment en raison de leur jeune âge et de leur «irresponsabilité pénale».

Un revers particulièrement amer pour la fillette et sa mère, traumatisées par une agression qui laisse de nombreuses traces dans le quotidien de la famille. «Elle est entrée dans une dépression sévère après avoir subi un choc post-traumatique et elle est sous anxiolytiques. Elle n’arrête pas de faire des crises d’angoisse». Les harceleurs vivent à proximité directe de chez elle.

«Ma fille ne peut plus s’approcher de l’école. Je pensais que cela allait s’arranger, mais c’est de pire en pire. Ses psychiatres disent que tant qu’elle ne vivra pas un nouveau départ, elle ne pourra pas se reconstruire». «Elle se fait harceler en dehors de l’école. Cela a continué dans les centres commerciaux, aux abords de notre résidence. Les petits la narguent et se moquent d’elle».

La mère cherche donc à déménager. La victime est doublement victime.

Le «meneur» s’est vu infliger une simple «sanction» par la direction de son école : cinq jours d’exclusion de l’établissement. Merci à la justice française qui fabrique des criminels.

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