2 septembre : Bienheureux Martyrs de Septembre, victimes de la Révolution française
Après la chute de la Monarchie le 10 août 1792, la fièvre monte à Paris. De nombreux suspects sont arrêtés : laïcs, prêtres séculiers, religieux, souvent réputés réfractaires, même si ce n’est pas le cas de tous. Environ 350 ecclésiastiques sont ainsi incarcérés, dont plus de la moitié sont étrangers à la capitale. Entre le 2 et le 5 septembre, des bandes armées d’hommes et de femmes envahissent les prisons parisiennes pour se livrer à l’exécution collective des détenus au couvent des Carmes, à l’abbaye de Saint-Germain, au séminaire Saint-Firmin, aux prisons de la Force, rue Saint-Antoine.
Le couvent des Carmes, avec son très vaste enclos, est le premier et le plus symbolique théâtre des tueries. Au témoignage de l’abbé Saurin, jésuite rescapé, le contraste est saisissant entre la sérénité qui règne au-dedans, parmi les ecclésiastiques prisonniers, groupés autour de trois évêques, et, au dehors, le hurlement de la foule, les canonnades, les roulements de tambour, et finalement, le 2, vers quatre heures du soir, le tocsin de Saint-Sulpice qui donne le signal aux émeutiers. La tuerie qui a commencé dans le jardin s’achève, après un simulacre de jugement, au pied du petit escalier faisant communiquer la chapelle, où les prisonniers ont d’abord reflué et se sont mutuellement donné l’absolution. « Je n’ai entendu se plaindre aucun de ceux que j’ai vu massacrés » écrira l’abbé de la Pannonie, blessé et rescapé de la tragédie des Carmes.
Parmi les trois mille victimes de septembre 1792, cent quatre-vingt-onze personnes mortes pour leur foi ont été béatifiées par Pie XI le 17 octobre 1926. Quatre-vingt-six prêtres étaient membres du clergé parisien. Les quatre laïcs et de nombreux religieux béatifiés appartenaient aussi à l’Église de Paris.
On peut vénérer ces béatifiés dans la crypte ossuaire érigée au XIXème siècle sous la chapelle de l’Église Saint-Joseph-des-Carmes (74, rue de Vaugirard, 6ème arr.).
« L’escalier du martyre » marqué d’une plaque Hic ceciderunt (« Ici ils tombèrent ») est aujourd’hui inclus dans le jardin du séminaire universitaire de l’Institut catholique.
1532 personnes sont massacrées à Paris dans le but de terroriser la population et de réduire les indécis ou les modérés au silence. C’est le début de la Terreur. Pendant quatre jours, des Parisiens, encouragés par quelques personnalités politiques (Danton, Marat, Fréron) massacrent sans pitié.
« Sans cette journée, la révolution ne se serait jamais accomplie […] il n’y aurait pas de Convention nationale. » (François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l’intelligence et de mœurs)
Comme le vote qui suit peut-il être encore considéré comme valide ? 90% des inscrits ne vont pas voter. Parmi les victimes sont assassinée des personnes qui auraient pu être gênantes lors du procès du Roi auquel les révolutionnaires pensent déjà.
Et le décret de béatification des Martyrs de septembre affirme :
« On ne pourra jamais assez déplorer ce noir et misérable fléau qui, à la fin du XVIII siècle, caché sous le nom mensonger de philosophie, avait perverti les esprits et corrompus les mœurs et rempli avant tout la France de meurtres et de ruines. L’âme est émue d’horreur au souvenir des inexprimables spectacles de cruauté et de barbarie qu’exhibèrent pendant la révolution française, des hommes impies et scélérats, à peine dignes de ce nom d’hommes : les temples sacrés dépeuplés, les signes sacrés de la religion catholique violés, des évêques, des prêtres, de pieux laïques immolés arbitrairement, pour avoir refusé de prononcer une formule de serment décrétée par la puissance laïque et ouvertement opposée aux droits de l’Eglise, à la liberté de conscience, ou pour s’être montrés moins bienveillants envers ces nouvelles institutions politiques.
Un Moyen-Age genré à Rocamadour…
Un lecteur en vacances en famille à Rocamadour, nous signale le Parc Durandal, à quelques mètres du sanctuaire, un spectacle équestre de chevalerie.
Ce fut en réalité un spectacle politique avec notamment un chevalier proclamé non-genré (qui bien sûr gagne le tournoi).
Ils salissent tout ce qu’ils touchent.
Allemagne : l’AfD remporte pour la première fois un scrutin régional
L’AFD a remporté son premier scrutin régional en Thuringe, dimanche 1er septembre. Le parti Alternative pour l’Allemagne obtient 32,8% des voix.

Dans la Saxe voisine, ce parti est au coude à coude avec les conservateurs de la CDU pour la première place, avec 30 % à 31,5 % des voix. Les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz enregistrent un nouveau revers électoral avec un score estimé entre 6,5 et 8,5 % dans ces deux régions.
Les Verts et les libéraux du FDP ne seraient plus représentés dans aucune des assemblées régionales. Un nouveau venu, le parti BSW, de l’ancienne égérie d’extrême gauche Sahra Wagenknecht, fait une percée spectaculaire, crédité de scores entre 12 et 16 % dans les deux Länder. Aussi bien l’AfD que le BSW ont un discours radical contre l’immigration.
Les élections dans les deux régions ont eu lieu un peu plus d’une semaine après le triple meurtre au couteau imputé à un Syrien à Solingen.
Le rectorat de Bordeaux reproche à un établissement catholique d’être… catholique
L’établissement l’Immaculée Conception (rien que son nom est une insulte à la République…), dans le centre de Pau, est la plus grande école privée sous contrat du Béarn. 4ème meilleur lycée privée de France, il s’est retrouvé dans le viseur de Libération en février dernier.
Cinq syndicats de l’enseignement avaient dénoncé en début d’année «le non-respect des obligations contractuelles qui lient l’ensemble scolaire Immaculée Conception-Beau Frêne de Pau à l’État» : confessions organisées durant le temps scolaire, cours d’instruction religieuse tenant du catéchisme (sic) avec des questions liées à l’existence de Dieu (re-sic) et une référence au «génocide vendéen» étaient notamment listées.
La rectrice Anne Bisagni-Faure a demandé des explications à la direction de l’établissement catholique dans un courrier daté du 31janvier puis a convoqué une mission d’inspection au mois d’avril. Le rapport a été adressé au début de l’été à Christian Espeso, le directeur, nommé en 2013 par Monseigneur Aillet. Le rectorat a relevé plusieurs manquements qui interrogent sur le devenir du contrat d’association qui lie cet établissement privé de 2500 élèves. Néanmoins le rectorat se veut rassurant :
«L’Immaculée Conception est un établissement de renom, performant et qui affiche des indicateurs de réussite très satisfaisants pour ses élèves. Il ne saurait donc être question de rompre son contrat d’association, mais seulement de s’assurer de son respect».
Le directeur a été convoqué à Bordeaux jeudi par le conseil académique dans le cadre d’une procédure disciplinaire. Christian Espeso était accompagné d’un avocat. À propos des confessions sur le temps scolaire, le directeur déclare :
«Même si c’était à titre exceptionnel, nous n’avions pas à procéder ainsi. J’ai convoqué mes collègues afin que cela ne se reproduise plus, sous aucun prétexte. La consigne est: confessions pendant les messes, en dehors du temps scolaire.»
La conférence donnée sur le temps scolaire par Reynald Secher avait été présentée par le rectorat comme «une approche révisionniste de l’Histoire». Christian Espeso a dénoncé un «procès d’intention» et a rappelé le parcours universitaire de l’intervenant.
Enfin, les questions posées à des élèves de seconde, comme «quelle est la science qui parvient avec certitude à l’existence de Dieu?», relèvent de la transmission et non d’un quelconque prosélytisme.
«On a le droit d’être d’accord ou pas, ce sont des débats intéressants. Nous pensons que l’école peut permettre d’affronter la question de Dieu avec sa raison.»
«Nous ne sommes pas là pour que les enfants deviennent les soldats de ceci ou cela mais pour leur transmettre une culture –les grands auteurs, les grands penseurs– grâce à laquelle ils pourront librement décider».
Le conseil de discipline débuté à 14 h 30 s’est achevé à 0 h 20. L’avocat indique :
« Nous avons fait la démonstration, point par point, de l’absence de griefs sérieux dans le rapport de l’inspection. La durée exceptionnelle de ce conseil a permis à chacun de s’exprimer et sans doute de jeter un éclairage très différent des conclusions des inspecteurs. »
Les avocats ont produit une quarantaine de pages de conclusions afin de répondre aux trois difficultés majeures soulignées par les inspecteurs : les potentielles entorses à la laïcité, le management du directeur et le cas d’un professeur qui conteste son traitement.
Le conseil académique de l’Education nationale (CAEN) a émis un avis, dont va tenir compte désormais la rectrice, Anne Bisagni-Faure. C’est elle qui décidera des suites à donner, à partir de cet avis et des éléments du dossier. Elle a promis une décision sous 10 jours.
De con côté le directeur communique aux parents :
Chers Parents,
Chers Élèves,
Vous avez appris par la presse ma convocation au rectorat. J’ai âprement défendu la réputation de l’Immaculée Conception, de ses professeurs, de son personnel, réfuté point par point la vacuité des trois griefs résultant de l’inspection administrative diligentée ce printemps, grâce aux nombreux collègues, parents, anciens élèves, présents physiquement ou par leurs attestations, grâce aussi à Maître Sagardoytho et Maître Ligney, sans égal. Nul n’est dupe de l’origine et de la finalité des articles calomnieux et malveillants parus par deux fois dans Libération depuis février.
Je serai là pour une rentrée encore plus belle que les autres dans le nouvel auditorium attenant au bâtiment du collège que nous inaugurons en cette rentrée, avec toujours ce même détour par la pensée d’Hannah Arendt, cette volonté de transmettre pour assumer notre responsabilité face au monde et à vos enfants.
Je reste concentré sur l’essentiel, mes élèves. Je vous enverrai prochainement ma lettre de rentrée.
En vous remerciant encore de votre confiance et de votre soutien sans faille,
Nihil obstat du Dicastère pour la Doctrine de la foi à propos des apparitions de Notre-Dame à Pellevoisin
Dans une lettre du Dicastère pour la Doctrine de la Foi datée du 22 août, le cardinal Fernández a reconnu qu’il n’y avait pas d’objection aux apparitions de Pellevoisin (Indre) qui eurent lieu au cours de l’année 1876 :
« Notre Dame de la Miséricorde conduis-nous au Cœur du Christ »
Lettre à l’Archevêque de Bourges (France)
à propos de l’expérience spirituelle d’Estelle Faguette
Excellence,
Je vous écris volontiers au sujet d’Estelle Faguette et des messages relatifs à son expérience spirituelle, en relation avec « Notre Dame de la Miséricorde », à laquelle le sanctuaire de Pellevoisin (France) est dédié.
Au cours d’une maladie grave et incurable à Pellevoisin, Estelle Faguette a expérimenté la présence de la Vierge Marie qui lui a parlé à plusieurs reprises de l’amour de Jésus-Christ. Sa guérison, inexplicable du point de vue naturel, a été confirmée comme miraculeuse par l’archevêque de Bourges, le 8 septembre 1893, avec l’accord du Saint-Office.
Bien qu’il ne soit pas dans les habitudes de ce Dicastère de se prononcer sur le caractère surnaturel ou l’origine divine des phénomènes surnaturels et des prétendus messages, les paroles qu’Estelle attribue à la Vierge Marie ont une valeur particulière permettant d’entrevoir une action de l’Esprit Saint au cœur de cette expérience spirituelle.
En effet, les Souverains Pontifes ont autorisé, à plusieurs reprises, des gestes de dévotion liés à « Notre-Dame de la Miséricorde » ou à la « Mère Toute Miséricordieuse ». Je ne citerai que quelques exemples : en 1892, Léon XIII a accordé des indulgences aux pèlerins de Pellevoisin et, en 1900, il a reconnu le scapulaire du Sacré-Cœur. Benoît XV en 1915, recevant le scapulaire, déclara que « Pellevoisin a été choisi par la Sainte Vierge comme un lieu privilégié où elle répand ses grâces ». Le 9 septembre 1922, une messe votive à la Vierge fut autorisée pour la paroisse de Pellevoisin.
De nombreux et beaux fruits de foi et de charité sont nés autour du sanctuaire.
Les récits d’Estelle
Les récits frappent par leur simplicité, leur clarté et l’humilité. Estelle raconte les souffrances causées par sa maladie. Elle ne se targue pas d’un esprit chrétien de résignation. Au contraire, elle fait part de sa résistance intérieure à une maladie qui a bouleversé son projet de vie :
“Depuis plusieurs mois que j’étais malade, je souffrais beaucoup, non seulement de corps, mais aussi d’esprit […] Je ne pouvais me résigner à mourir, et à laisser derrière moi mes parents dont je suis le soutien, et ma petite nièce, que j’avais élevée” (App 1).
“Je dirai seulement qu’elle me fit de graves reproches que j’avais mérités. J’aurais voulu crier pardon ! Mais je ne le pouvais pas, ma peine était trop grande” (App. 2).
D’ailleurs, en évoquant son rétablissement qui interviendra par la suite, Estelle se sent obligée d’expliquer :
“Que ceux qui liront ces lignes, si elles méritent d’être lues, soient bien convaincus d’une chose, c’est que ce n’est pas pour mes propres mérites que la Sainte Vierge a obtenu de son Fils ma guérison ; c’est au contraire, pour faire voir à beaucoup que, malgré nos péchés, nous avons une Bonne Mère qui nous gâte et intercède pour nous” (App. 1).
Dans un message ultérieur, elle exprimera à nouveau sa résistance à la maladie et racontera qu’elle a écrit à la Vierge Marie :
“Voyez la douleur de mes parents, si je venais à leur manquer ; ils sont à la veille de mendier leur pain. Rappelez-vous donc de ce que vous avez souffert quand Jésus votre Fils fut étendu sur la Croix” (App. 3).
Ce dévouement généreux aux autres, cette vie consacrée à leur soin, est ce qui a le plus touché le cœur de la Vierge : “c’est ce qui m’a le plus touchée” (Ibid.). La Mère de Dieu sait reconnaître tout le bien qui se cache derrière nos paroles.
Paroles de miséricorde, de réconfort et de guérison
Les récits d’Estelle sont brefs et les paroles de Marie à son endroit le sont encore plus :
“Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille ?” (App. 1).
“Ne crains rien, tu es ma fille” (App. 4).
“Si tu veux me servir, sois simple” (App. 5).
“Du calme, mon enfant, patience, tu auras des peines, mais je suis là” (App. 6).
“Je voudrais que tu sois encore plus calme […] Tu as besoin de te reposer” (App. 8).
“Qu’ils prient et qu’ils aient confiance en moi” (App. 11).
“Je choisis les petits et les faibles pour ma gloire” (App. 13).
“Courage” (App. 14)
“Je serai invisiblement près de toi […] Tu n’as rien à craindre” (App. 15).
En outre, Estelle évite tout ce qui pourrait susciter la curiosité. Elle comprend qu’il y a des détails très personnels et sa prudence lui indique qu’elle ne doit pas les communiquer aux autres :
“Je garde le silence sur ce que la Sainte Vierge me dit en particulier” (App. 2). “Elle […] me dit quelque chose pour moi” (App. 14).
Au-delà des détails des paroles utilisées, lesquelles dans l’expérience spirituelle ne sont pas toujours précises ou exactes, il est très important de noter la manière dont la Mère miséricordieuse traite Estelle. D’une part, la Vierge lui adresse de douces exhortations qu’Estelle appelle des « reproches ». Par exemple, lorsqu’Estelle dit qu’elle préférerait mourir, la Vierge répond avec un sourire :
« Ingrate, si mon Fils te rend la vie, c’est que tu en as besoin. Qu’a-t-il donné à l’homme sur la terre de plus précieux que la vie ? » (App. 2).
Estelle mentionne qu’il y a eu d’autres reproches, mais qui ne semblaient pas agressifs ou durs : « avec tant de douceur que je me suis rassurée » (App. 3).
En même temps, la Vierge lui assure qu’elle n’ignore pas ses bonnes intentions :
« Je te tiendrai compte des efforts que tu as faits pour avoir le calme » (App. 11).
De plus, la Vierge a essayé de guérir le manque d’estime de soi d’Estelle :
« Elle me fit voir quelques bonnes actions que j’avais faites. C’était bien peu de chose à côté de mes fautes » (App. 3).
À ce moment-là, Estelle ajoute : « la Sainte Vierge vit bien ma peine ». Et la bonne Mère lui dit :
« Ces quelques bonnes actions et quelques prières ferventes que tu m’as adressées ont touché mon cœur de mère » (App. 3).
Silences et regards
Plus que les paroles de Marie, ce qui fascine, c’est sa présence silencieuse, ces longs silences où son regard de Mère qui guérit l’âme :
« Mon Dieu comme elle était belle ! Elle resta longtemps immobile sans rien dire […] Après ce silence, elle me regarda ; je ne sais pas ce que j’éprouvais ; comme j’étais heureuse ! (App. 5).
« Elle était comme toujours, les bras tendus, la pluie tombait de ses mains. Elle resta longtemps sans rien dire » (App. 11).
“Elle ne m’a rien dit. Puis elle jeta les yeux sur moi et m’a regardée avec beaucoup de bonté et partit” (App. 12).
“En arrivant, comme toujours, elle resta un bon moment sans rien dire” (App. 14).
“Petit à petit elle disparaissait, il ne restait plus que la buée (douce clarté) qui était autour d’elle” (App. 5).
“Elle resta encore un bon moment, et tout doucement elle s’éloigna” (App. 7)
Dans les récits, la gentillesse, la douceur et le sourire sont fréquents :
« elle se retourna vers moi et me dit doucement » (App. 1), « me regardait toujours souriant » (App. 2), « elle était souriante » (App. 5), « quelle beauté et quelle douceur ! » (App. 6), « quelle bonté dans son regard, et quelle miséricorde ! » (App. 13).
Avec cette même présence et ce regard serein, la Mère dit qu’elle voudrait ramener la paix dans l’Église, car « dans l’Église, il n’y a pas ce calme que je désire » (App. 11).
Vers le Cœur du Christ
L’expérience de Pellevoisin est mariale, mais en même temps elle demeure fortement christologique. En effet, la grande demande de la Vierge à Estelle est qu’elle répande le scapulaire avec l’image du Cœur du Christ, et son grand message est l’invitation à se tourner vers le Cœur aimant du Seigneur. Montrant à Estelle le scapulaire du Sacré-Cœur du Christ, Marie dit :
« Depuis longtemps, les trésors de mon Fils sont ouverts […] J’aime cette dévotion » (App. 9).
Estelle accepte cette demande de diffusion de la dévotion au Cœur du Seigneur, qui donne « la consolation de puiser à cette source inaltérable qui jaillit de son divin Cœur ». Puis, elle répond à la Vierge Marie :
« Cette dévotion que vous aimez, j’en parlerai, ma bonne Mère, le plus qu’il sera en mon pouvoir » (App. 11).
Le Cœur du Christ n’est jamais indifférent ; il se laisse toucher par notre supplication sincère et aimante, surtout quand c’est la Mère qui touche son Cœur :
« Courage, prends patience ; mon Fils va se laisser toucher » (App. 1).
Dans cette expérience spirituelle, nous ne trouvons pas, comme en d’autres cas similaires, de fréquents reproches aux évêques et des plaintes sur l’Église. Cependant, il y a une plainte de Marie qui se réfère au manque d’amour pour le Christ qui se manifeste chez ceux qui reçoivent l’Eucharistie avec froideur ou distraction :
« le manque de respect qu’on a pour mon Fils dans la sainte communion, et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit est occupé d’autres choses » (App. 5).
Il ne s’agit pas d’un appel de la Vierge à de simples fidèles, peu formées ou peu proches de l’Église, mais « pour les personnes qui prétendent être pieuses » (Ibid.).
Dans ces messages, tout est attribué au Christ. Même la guérison d’Estelle n’est pas directement attribuée à Marie, mais au Christ qui a écouté l’intercession de sa Mère :
« la Sainte Vierge a obtenu de son Fils ma guérison » (App. 1).
Si le Christ transforme les cœurs durs en écoutant l’intercession de Marie, il est le seul à toucher cette intimité des personnes :
« Par moi il touchera les cœurs les plus endurcis » (App. 7).
La scène où Marie évite de préciser que les grâces répandues sont les siennes est d’une importance et d’une beauté particulières. Estelle affirme que
« la Sainte Vierge étendit ses mains ; il en tombait une pluie abondante, et dans chacune de ces gouttes, il me semblait voir les grâces écrites telles que : piété, salut, confiance, conversion, santé ».
Mais la Vierge ajoute
« Ces grâces sont de mon Fils » (App. 15).
Excellence, non seulement je peux affirmer qu’il n’y a pas d’objections doctrinales, morales ou autres à cet événement spirituel, et que les fidèles « peuvent donner leur assentiment avec prudence » (Normes, art. 22, 1), mais qu’au contraire la dévotion dans ce cas, déjà florissante, est particulièrement recommandée à ceux qui veulent librement y adhérer. Tous y trouveront un chemin de simplicité spirituelle, de confiance et d’amour, susceptible de vous faire beaucoup de bien. Il est alors possible d’émettre le décret du « nihil obstat ». Ce sera assurément un bien pour toute l’Église.
En vous remerciant de votre précieuse collaboration, je vous prie d’agréer l’expression de nos sentiments dévoués dans le Christ.
Víctor Manuel Card. FERNÁNDEZ
Préfet
Plus de 300 nouvelles classes dans les écoles libres hors contrat
Tribune de
Ce lundi 2 septembre, 12 millions d’élèves prendront le chemin de l’école pour effectuer leur rentrée scolaire, dont 10 millions dans les écoles publiques. À cette occasion, L’institution scolaire connaît une crise très grave depuis plusieurs dizaines d’années. 27 % des élèves entrant en 6e ne savent pas lire ou compter convenablement.
Le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) mesure les performances des systèmes éducatifs des pays membres et non membres de l’OCDE. Cette évaluation se déroule tous les 3 ans et vise à tester les compétences des élèves de 15 ans en lecture, sciences et mathématiques. En 2024, l’on constate que la France a dégringolé à la 23e place sur 85 pays participants.
Un autre phénomène également inquiétant mais rarement évoqué est celui de la fermeture de 3 000 classes à la rentrée (2 500 dans le public et 500 dans le privé sous contrat). Ceci résulte de la baisse du nombre de naissances. Ainsi, Mme Belloubet, ministre démissionnaire de l’Éducation nationale, déclarait au Sénat le 9 avril 2023 que « depuis 2017 la France a perdu 400 000 élèves ».
Plus de 300 nouvelles classes dans les écoles libres hors contrat
Et pourtant un certain type d’écoles connaît une croissance insolente : les écoles libres hors contrat. Elles ouvrent en septembre 2024 plus de 300 classes, réparties dans 100 nouvelles écoles !
Les chiffres présentés dans ces deux graphiques montrent l’ampleur de ce phénomène :

En 30 ans, le nombre d’établissements est passé de 40 à près de 2 600, soit une multiplication par 65 ! 4,4 % des établissements scolaires en France sont désormais des écoles libres hors contrat. Et ils scolarisent 130 000 élèves, ce qui représente 6,5 % des élèves qui ne fréquentent pas l’école publique.
L’Administration prend depuis dix ans conscience de cette évolution et agit dans un domaine où elle excelle : la réglementation. Les lois se sont accumulées pour durcir les conditions d’ouverture, élargir et systématiser les inspections plus ou moins intrusives, parfois sous couvert de lutte contre l’islamisme alors que le nombre d’écoles de confession musulmane est modeste (58 recensées) et que – rappelons-le – la totalité des terroristes islamistes identifiés jusqu’ici sont passés par l’école publique.
Mais ces tracasseries n’ont aucun effet visiblement, les fondateurs d’écoles s’adaptent et se professionnalisent. Un créateur d’école en témoignait encore récemment : « Finalement, l’Administration nous oblige à être très rigoureux dès le départ, cela nous rend plus solide et rassure les familles ! ». La DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), organisme statistique de l’Éducation nationale, leur consacre depuis deux ans une étude spécifique. Bref, de guerre lasse, le ministère apprend à « faire avec » les écoles libres hors contrat.
Fuite des familles vers le privé
Les familles du public qui le peuvent fuient vers le privé sous contrat et ce phénomène s’étend de plus en plus fortement vers les écoles libres dites hors contrat, malgré les défis entre autres financiers que cela implique.
Que penser de cet évitement qui prend chaque année plus d’ampleur ? La crise de l’école publique remonte à plus de 50 ans, lorsque les pédagogistes ont considéré que le professeur, devenu enseignant n’avait « rien à transmettre » et ont imposé des méthodes déstructurantes et déresponsabilisantes (méthode globale, fin de l’enseignement chronologique de l’Histoire, nouvelle classification des espèces en SVT, suppression des notes, etc.). Et ceci dans un contexte de contestation de toute autorité et de perte du pouvoir pour les directeurs d’établissement.
Par ailleurs, certains observateurs considèrent que le phénomène est aggravé par l’immigration liée au regroupement familial, des familles souvent concentrées aux mêmes endroits et dont les enfants se retrouvent dans les mêmes classes alors que le français n’est pas toujours leur langue maternelle, ce qui rend très difficile le travail des professeurs.
Du côté des écoles privées sous contrat, le constat est moins dramatique mais n’est pas sans nuages pour autant. D’une part, elles sont souvent limitées dans l’ouverture de nouvelles classes en raison de « l’accord » Lang/Cloupet de 1992 qui limite à 20 % maximum le nombre de classes sous contrat.
Et d’autre part, elles traversent une crise d’identité. En effet, la plupart de ces écoles ont cessé d’être confessionnelles et ne font que « proposer » un enseignement religieux. Le catéchisme ou encore les prières ne font plus partie de l’emploi du temps de tous les élèves. Malgré le fameux « caractère propre » concédé par la loi Debré de 1959, elles se retrouvent piégées depuis l’abandon quasi général du contrat simple qui, lui, permet de conserver cette liberté, ce qui n’est pas le cas du contrat d’association. La façon dont s’est conclue la polémique autour du Collège Stanislas à Paris au printemps dernier l’illustre bien. Jusqu’ici tous les élèves suivaient les cours de catéchisme, ce ne sera plus le cas. Le Directeur diocésain a en effet écrit le 24 mai 2024 qu’à partir de cette rentrée, les temps de prières et le catéchisme « seront nécessairement facultatifs », dans une école pourtant catholique.
27 % des écoles libres hors contrat sont confessionnelles, toutes confessions confondues. Leurs créateurs sont motivés par le souhait qu’ils ont d’offrir aux élèves une école en cohérence avec les croyances et les valeurs de leurs parents.
Et, tout comme les fondateurs des écoles aconfessionnelles, ils ne se résignent pas face à la baisse inexorable du niveau et veulent promouvoir des méthodes pédagogiques efficaces et éprouvées.
Finalement, tous ces fondateurs ont un point commun : ils ont pris en main ce problème et exercent leur droit à la liberté de l’enseignement. Ce faisant, nul doute qu’ils contribuent avec courage et détermination à résoudre la crise de l’école en France.
Les clés du succès de la sécurité des JO ? La mobilisation des forces de l’ordre
Le JDD évoque les clés qui ont permis aux Jeux Olympiques de se dérouler en toute sécurité :
L’événement s’est accompagné de mesures d’exception « absolument inenvisageables en temps normal », rassure le ministre : QR codes pour circuler d’un quartier à l’autre, piétonnisation de quartiers entiers, surinvestissement dissuasif des rues par des policiers et gendarmes… Gérald Darmanin évoque une réflexion nécessaire sur la présence piétonne de policiers dans les rues, mais renvoie les autres outils à leur caractère exceptionnel. […]
Planquez-vous, c’est le retour à la normale…
Des places réservées aux femmes pour lutter contre l’insécurité dans les parkings
A défaut de frontières externes, on crée des frontières à l’intérieur du territoire : à Metz, après le viol d’une femme par un clandestin nigérian, le maire François Grosdidier (centre-droit, ex-LR) annonce des places réservées aux femmes pour lutter contre l’insécurité dans les parkings…
“On va travailler avec les responsables des parkings privés, comme nous le faisons sur nos propres parkings, pour qu’il n’y ait pas de zone blanche de vidéo-protection. Pour que les images qui sont enregistrées soient aussi vues en temps réels, pour que l’on puisse intervenir“.
“Je suis allé jusqu’à proposer qu’il y ait des places réservées aux femmes au plus proche des entrées et des sorties. Pour qu’elles n’aient pas, surtout à des heures avancées de la nuit, à traverser un parking, qui ne pourra pas être totalement sécurisé puisqu’on peut toujours se dissimuler entre les voitures“.
Et expulser les clandestins ?
Le dérèglement climatique accroît l’islamisme et la folie journalistique
Le Monde du jour n’a honte de rien :

Avec le RN, l’union des droites ne dure pas longtemps…
Lu dans La Tribune dimanche :
Proche conseiller de Marion Maréchal, Philippe Vardon est devenu collaborateur des trois députés proches de la nièce de Marine Le Pen élus en juillet à l’Assemblée. Problème : la patronne du RN se méfie des identitaires, en particulier de celui-ci. « S’il ne part pas, on ré-envisagera l’apparentement des députés en question, prévient un pilier lepéniste.Son retour a été moyennement apprécié, c’est une provocation inutile. Que Maréchal le récupère au Parlement européen ! » L’intéressé, lucide sur sa situation, sait qu’il doit se faire discret.
Le boom des pèlerinages : En quête d’esprit
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- le Père DANZIEC : chroniqueur
- Amandine Cornette de Saint-Cyr : romancière
- Jeanne Neviaski : coordinatrice “les 7 routes de Notre-Dame”
Mère Teresa : ses écrits intimes
Au cours de sa vie entièrement dédiée aux plus pauvres d’entre les pauvres, mère Teresa est devenue une icône de la compassion aux yeux de gens de toute religion; son dévouement extraordinaire auprès des malades, des mourants et de milliers d’autres laissés-pour-compte a été reconnu et acclamé dans le monde entier.
Pour sa fête, le 5 septembre, Hozana vous propose de découvrir les écrits intimes de la Sainte, tirés du livre “Viens, sois ma lumière” . Vous plongerez ainsi dans les sommets de sa spiritualité mais aussi dans ses combats intérieurs.
En vous inscrivant, vous recevrez un extrait de ce recueil d’écrits et de pensées, pour la plupart inédits, qui apporte un nouvel éclairage sur sa vie intime et manifeste pour la première fois la profondeur et l’intensité de sa sainteté.
Inscrivez-vous ici
Quinzième dimanche après la Pentecôte : la résurrection du fils de la veuve de Naïm
L’épisode si touchant de la veuve de Naïm donne aujourd’hui son nom au quinzième dimanche après la Pentecôte. L’Introït nous présente la forme des prières que nous devons adresser au Seigneur dans tous nos besoins. L’Homme-Dieu a promis, dimanche dernier, d’y pourvoir toujours, à la condition d’être servi par nous fidèlement dans la recherche de son royaume. En lui adressant nos supplications, montrons-nous confiants dans sa parole, comme il est juste de l’être, et nous serons exaucés.
Dom Guéranger L’Année Liturgique
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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► Introït : Inclina Domine
Comme les dimanches précédents, les chants du propre de la messe du quinzième dimanche après la Pentecôte sont tirés des psaumes sauf la Communion, et ils expriment les sentiments de supplication, de confiance, de louange et d’action de grâces qui doivent animer les chrétiens durant leur séjour sur la terre. Mais ils présentent aujourd’hui une particularité qui les oppose à ceux des dimanches précédents. Les alléluias des dix derniers dimanches, du cinquième au quatorzième après la Pentecôte, avaient tous pour texte le premier verset d’un psaume. Mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci ; ce seront au contraire les autres pièces, Introït, Graduel et Offertoire, qui auront pour texte le premier verset d’un psaume.
Le texte de l’Introït est le début du psaume 85, un des nombreux psaumes où David, qui se sent humainement perdu devant la puissance de ses ennemis, lance un appel suppliant vers Dieu pour qu’Il le délivre.
Inclina, Domine, aurem tuam ad me, et exaudi me : salvum fac servum tuum, Deus meus, sperantem in te : miserere mihi, Domine, quoniam ad te clamavi tota die.
Seigneur, tendez l’oreille vers moi, écoutez-moi, sauvez votre serviteur qui espère en vous, mon Dieu ; ayez pitié de moi, Seigneur, car je crie vers vous tout le jour.
Chacun de nous peut faire sienne cette prière dans les épreuves et les tentations au milieu desquelles nous nous débattons. La mélodie est une des plus belles et des plus expressives du répertoire. Elle commence par une intonation qui s’élève en un grand élan, franchissant d’un bon toute l’octave pour culminer sur le mot Domine ; puis elle redescend et la phrase s’achève dans le grave sur exaudi me, prière plus humble mais tout aussi suppliante. La deuxième phrase, celle de l’espérance, est plus assurée, les mots Deus meus sont vraiment pleins de confiance. On retrouve dans la troisième phrase une supplication presque angoissée, s’enfonçant dans le grave puis se reprenant pour remonter sur le mot clamavi, qui est vraiment un cri lancé du fond de notre misère. Si les mots de profundis ne sont pas dans le texte, ils sont dans la mélodie. On entendra ensuite comme verset psalmodié la suite du psaume.
Lætifica animam servi tui : quoniam ad te, Domine, animam meam levavi.
Donnez la joie à l’âme de votre serviteur car j’élève vers vous mon âme Seigneur.
► Graduel : Bonum est confiteri
Comme celui de l’Introït le texte du Graduel du quinzième dimanche après la Pentecôte est formé du début d’un psaume, cette fois le psaume 91. Après la supplication du fond de notre misère, voici la louange à Dieu pour sa justice et sa bonté infinie, et ces premiers versets chantent le bonheur que nous procure cette louange qui ne doit jamais cesser. On notera le passage de la deuxième à la troisième personne qui est assez fréquent dans les psaumes.
Bonum est confiteri Domino : et psallere nomini tuo, Altissime. Ad annuntiandum mane misericordiam tuam, et veritatem tuam per noctem.
Qu’il est bon de louer le Seigneur et de chanter un psaume à votre nom ô Très-Haut, pour annoncer dès le matin votre miséricorde et votre vérité durant la nuit.
Ce Graduel commence par les mêmes mots que celui de dimanche dernier Bonum est, et avec la même intonation, mais la suite est totalement différente. Après une courte cadence au grave, la mélodie s’élève soudain dans l’aigu avec hardiesse et enthousiasme, et elle s’y tiendra jusqu’à la fin, revenant sans cesse sur la même note avec une insistance que rien ne semble lasser. On retrouvera dans la deuxième partie de grandes vocalises déjà souvent rencontrées, puis la finale reprend exactement la même mélodie que celle de la première partie.
► Alléluia : Quoniam Deus
Contrairement aux autres chants de cette messe et contrairement aux Alléluias des dimanches précédents, le texte de l’Alléluia du quinzième dimanche après la Pentecôte n’est pas le premier verset d’un psaume, mais c’est tout simplement la suite de celui de dimanche dernier, au début du psaume 94, qui disait :
Venite exsultemus Domino : jubilemus Deo salutari nostro.
Venez exultons pour le Seigneur, poussons des cris de joie pour Dieu notre Sauveur.
Et nous continuons aujourd’hui :
Quoniam Deus magnus Dominus et rex magnus super omnem terram.
Car le Seigneur est un grand Dieu et un grand roi au-dessus de toute la terre.
Il y a bien un verset entre les deux qui a été sauté, mais il dit la même chose que le précédent. C’est l’acclamation de la majesté divine qui continue, et la mélodie ressemble aussi à celle de dimanche dernier ainsi qu’à celle de tous les Alléluias de louange et d’action de grâces des dimanches précédents. Elle est très développée avec de grandes vocalises éclatantes, surtout dans le verset.
► Offertoire : Exspectans exspectavi
Nous retrouvons dans le chant de l’Offertoire du quinzième dimanche après la Pentecôte le début d’un psaume, le psaume 39.
Après la supplication, la louange et l’acclamation, voici l’action de grâces et de reconnaissance pour les bienfaits reçus.
Exspectans exspectavi Dominum, et respexit me : et exaudivit deprecationem meam, et immisit in os meum canticum novum, hymnum Deo nostro.
D’un grand espoir j’ai espéré dans le Seigneur et il a jeté les yeux sur moi et a exaucé ma prière. Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau, une hymne à notre Dieu.
Un verset de psaume a été sauté entre les deux phrases, dans lequel David, auquel le psaume est attribué, précisait : il m’a arraché à la mort. Ce psaume est ainsi considéré comme messianique et David, figure du Christ, y prophétise la résurrection. C’est donc pour le grand bienfait de la Rédemption et toutes les grâces qui en ont découlé pour nous que nous chantons ce cantique nouveau mis en notre bouche par l’Église. Ces paroles s’appliquent, plus qu’à tout autre, au chant grégorien.
La mélodie exprime notre reconnaissance pour ces grâces espérées et reçues, d’une manière calme et douce, peu développée, se tenant toujours sur les mêmes notes dans le climat de vie intérieure et de contemplation qui est habituellement celui des Offertoires. Cependant la cadence finale surprend, venant se poser au grave sur une note qu’on n’avait jamais entendue auparavant, comme s’il ne s’agissait que d’une déposition passagère dont la suite se perd dans le silence.
► Communion : Panis quem ego
Comme celle du dimanche précédent, la Communion du quinzième dimanche après la Pentecôte est tirée de l’Évangile, mais il ne s’agit pas cette fois de l’Évangile du jour. C’est un passage du discours sur le pain de vie, au chapitre VI de l’Évangile de saint Jean, dont nous avions entendu un autre extrait à la Communion du neuvième dimanche :
Panis quem ego dedero caro mea est pro sæculi vita.
Le pain que je donnerai c’est ma chair pour la vie du monde.
Ces paroles, qui ont tellement scandalisé les auditeurs de Notre Seigneur, nous sont maintenant familières. Elles conviennent particulièrement bien au moment de la communion, alors que nous recevons ce pain devenu la chair du Christ. C’est Lui qui parle ici d’une voix très douce avec de belles vocalises mélodieuses et expressives.
Du repas du Jeudi-Saint au sacrifice du Vendredi-Saint : le Saint-Suaire et la nappe de la Cène sont-ils le même objet ?
Le blog Pageliasse a retranscrit une conférence de Daniel Couture concernant une découverte du Professeur John Jackson, spécialiste mondial du St Suaire (à propos du Saint-Suaire on lira avec intérêt pourquoi les évangéliques rejettent violemment toute idée d’une authenticité du Saint Suaire). Extrait :
[…] En 1978, lors des examens scientifiques du STURP, le professeur Jackson avait remarqué sur un des côtés du St Suaire des groupes de taches. Pressé par le temps, il ne put s’y attarder. Mais avec le matériel obtenu lors de cette étude (photos de toutes espèces), il est arrivé tout de même à plusieurs observations importantes.
Sur un côté du St Suaire, celui de la plaie du cœur, donc le côté droit de Notre Seigneur (n’oublions pas l’aspect ‘miroir’ de l’image), il y a cinq groupes de taches. Ces taches ont été identifiées comme étant des taches de charoset, la sauce juive utilisée lors du repas pascal juif. Cette sauce est faite d’un mélange de raisins, de noix et de pommes ou poires. Grâce à l’ultraviolet, sous l’effet duquel, la cire devient noire et les amandes blanches, le professeur peut garantir que les taches sur le St Suaire ne sont pas des taches de cire mais de quelque chose qui a de la noix dedans.
Il y a cinq groupes de taches, espacés également, et seulement sur un côté du tissu précieux. Cela s’explique si on comprend que la table de la Dernière Cène était un triclinium, un grand U carré. Les convives étaient placés à l’extérieur de la grande table, 5 sur un côté + 3 au milieu + 5 de l’autre côté.
Ces goutes de sauce, toutes bien visibles à l’œil nu—certaines étant d’un bon centimètre de largeur—sont bien tombées à la verticale sur la nappe (les formes sont arrondies), et elles ont pénétré le tissu. L’une d’elle, tout au bord, est un peu oblongue, allongée, comme si, à ce point précis, la nappe dépassait légèrement la table et prenait un angle vertical. De plus, les goutes les plus éloignées du bord de la nappe, ne le sont qu’à une longueur de bras. Donc, il suffisait d’allonger le bras pour atteindre la sauce.
Que font ces taches sur le St Suaire? Il n’est pas concevable que l’on ait utilisé cette nappe, sur laquelle il y a du sang et les marques du corps de Notre-Seigneur, après la résurrection. Procédons alors par élimination. Enlevons du St Suaire tout ce qui est clairement identifié : il reste une nappe de grande qualité avec des taches de sauce juive rituelle. Or le Jeudi-Saint, il y eut, avant l’institution de la Sainte Messe, un repas pascal qui incluait une telle sauce.
Selon le professeur Jackson et d’autres exégètes, la table de la Dernière Cène était un triclinium, un grand U carré. La question qui suit immédiatement est de savoir où était la place d’honneur à ce triclinium. Si vous inversez le U, la place d’honneur est la première place à gauche, et la dernière place est en face. Il faut bien se rappeler que nous sommes le soir du Jeudi-Saint, où Notre-Seigneur veut donner à ses Apôtres une profonde leçon d’humilité. Dans ce contexte, selon Jackson, Notre-Seigneur donna la place d’honneur à Pierre, et prit pour lui-même la dernière, en face de Pierre, se mettant ainsi après Jean.
Or il y a à Rome, à St-Jean-du-Latran une relique de la table de la Dernière Cène. En 2017, Jackson et son épouse Rébecca, une juive convertie, obtinrent la permission d’aller l’analyser, ils purent l’observer pendant 5 heures. Sa conclusion : cette relique au Latran est la partie centrale du triclinium. Les dimensions du triclinium étant assez impressionnantes et requérant plusieurs nappes, le St Suaire aurait été la nappe du côté où Notre-Seigneur se trouvait avec quatre autres apôtres.
St Jean 13, 21-29
Cet arrangement des places (Pierre à la 1ère place d’honneur, Jean en 12e et Notre-Seigneur en 13e) autour du triclinium jette de la lumière sur d’autres passages de l’Évangile. Voici le texte de St Jean 13,21ss. Jésus annonce la trahison d’un des présents. Saint Pierre, placé en face de Saint Jean, lui fait signe et celui-ci, discrètement, demande : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus répondit : « C’est celui à qui Je présenterai du pain trempé ». Et ayant trempé du pain, Il le donna à Judas Iscariote, fils de Simon. Et quand il eut pris cette bouchée, Satan entra en lui. Et Jésus lui dit : « Ce que tu fais, fais-le au plus tôt ».
Voici comment Jackson reconstitue la scène de façon ingénieuse. Quand Jean pose la question à Jésus, au milieu de la commotion qui suivit l’annonce du traître (« Vivement attristés, ils commencèrent chacun à Lui dire : Est-ce moi, Seigneur ? », Mt 26, 22), Jésus, l’air de rien, appelle Judas. Celui-ci se lève de son lit-divan et vient se mettre au bout de la table, où se trouve Jésus. Pendant ce mouvement, Jésus répond discrètement à l’oreille de Jean, trempe le pain et le donne à Judas qui arrive alors à ses côtés. C’était tellement naturel, « qu’aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi Il lui avait dit cela ». Et Judas sortit. Seul Jean avait tout suivi et tout compris.
Jackson remarque que sur la partie faciale, près des pieds, à gauche du 5e groupe de taches, il y a une autre série de taches qui part bien d’une longueur de bras mais qui se dirige vers le bout du St Suaire. Ces taches pourraient s’expliquer par le passage concernant Judas, puisqu’il n’y a pas de lit-divan au bout de la table. C’est exactement comme si quelqu’un avait donné un morceau trempé à une personne se tenant debout au bout de la table ! Et c’est visible à l’œil nu ! Nous aurions ainsi sur le St Suaire des traces de la désignation du traître tel que décrit en St Jean 13, 23.
Argument liturgique : l’usage du corporal pour la messe
Le professeur Jackson a aussi un argument liturgique. L’étude de toutes les liturgies des premiers siècles, les différents rites catholiques et schismatiques, nous apprend que le corporal, à l’origine, était plus large que nos corporaux actuels, et était replié pendant la messe pour recouvrir le calice. Le nom d’origine du corporal est le composé palla corporalis. Voici ce que l’on trouve dans le Rational de Durand de Mende (+1330) : Le corporal, appelé aussi linceul, ne se distinguait pas autrefois de la palle. Palle vient de pallium, manteau ou couverture : les nappes et les corporaux qui couvraient l’autel étaient appelés pallae. Le corporal était autrefois aussi long et aussi large que le dessus de l’autel, et il était si ample qu’on le repliait sur le calice pour le couvrir. Mais, comme cela était embarrassant, surtout depuis qu’on a fait l’élévation du calice, vers le XIIIe siècle, on a fait deux corporaux plus petits, l’un qu’on étend sur l’autel, et l’autre plié d’une manière propre à couvrir le calice. L’on a mis ensuite un carton entre deux toiles, afin qu’il fût ferme et qu’on le prit plus commodément, et on lui a toujours laissé le nom de palle.
D’ailleurs dans le Dictionnaire d’Archéologie Chrétienne et de Liturgie (Cabrol et Leclerc, 1914, vol. 3) on lit : « CORPORAL. Si l’on tient à remonter le plus haut possible, le premier corporal sera la nappe qui dut servir à Jésus-Christ au Cénacle ; en fait, tout, ce que nous pouvons en dire, c’est qu’il célébra un repas dont les éléments reposaient, selon toute vraisemblance, sur le linge étendu sur la table. Les plus anciens autels étaient-ils couverts pendant le sacrifice eucharistique ? On peut à peine en douter, bien qu’il n’existe pas une description détaillée et une mention formelle pour la période primitive. »
Dans certains Ordres religieux, la pratique de couvrir le calice avec un corporal un peu plus ample que les nôtres aujourd’hui, a perduré pendant des siècles. C’est le cas des Chartreux, des Cisterciens, des Dominicains. (A l’abbaye Sainte Marie de Hauterive, près de Fribourg en Suisse, dans les années 1970, le Père Abbé dom Bernard Kaul avait remis en usage bon nombre d’éléments du rite cistercien, notamment celui du corporal replié sur les oblats.) Ajoutons que jusqu’à une date récente, et peut-être encore aujourd’hui, beaucoup de prêtres, dans leur dévotion, pensaient à l’ensevelissement du Christ en repliant le corporal à la fin de la messe : il pouvait s’y trouver encore quelque parcelle du Corps du Christ.
Ajoutons à ces considérations une autre, que Jackson ne connaissait pas : les 2e et 3e prières de la bénédiction des corporaux, du Rituel. Les voici :
2e : Omnipotens sempiterne Deus, bene+dicere, sancti+ficare, et conse+crare digneris linteamen istud ad tegendum, involvendumque Corpus et Sanguinem Domini nostri Jesu Christi Filii tui…
Dieu tout-puissant et éternel, daigne bénir, sanctifier, et consacrer ce linge pour couvrir et envelopper le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christi ton Fils…
3e : Omnipotens Deus, manibus nostris opem tuae benedictionis infunde; ut per nostram bene+dictionem hoc linteamen sanctificetur, et Corporis et Sanguinis Redemptoris nostri novum sudarium, Spiritus sancti gratia efficiatur…
Dieu tout-puissant, mets en nos mains la puissance de ta bénédiction, afin que par notre bénédiction ce linge soit sanctifié, et par la grâce du saint Esprit devienne le nouveau suaire du Corps et du Sang de notre Rédempteur…
Depuis les temps apostoliques, la pratique était d’utiliser une nappe pour célébrer les saints mystères ; l’une d’elle, le corporal, recouvrait le calice, (cette pratique dura au moins pendant le premier millénaire pour le rite latin, et continua dans certains ordres religieux après coup) ; le rite de recouvrir le calice ne peut venir que du désir de refaire quelque chose qui remonte aux origines de la messe (un peu comme le ‘hunc’ calicem de la consécration, alors que nos calices ne sont pas celui de la Dernière Cène).
Bref : la Dernière Cène fut célébrée sur une nappe qui le lendemain enveloppa le corps sanglant de la Victime. Et c’est cette nappe, ayant servi de linceul, désormais inoccupée et affaissée, que Jean et Pierre virent le matin de Pâque. Vidit et credidit : il vit et il crut (Jean 20, 8). Tout cela est signifié par le corporal. N’oublions pas que le Concile de Trente nous invite à contempler les mystères derrière tous les éléments de la liturgie.
Réfutation de deux objections scripturaires
– Si on interprète Marc 15,46 pour dire que Joseph d’Arimathie est allé acheter un linceul le vendredi, il ne peut pas avoir été utilisé le jeudi soir. Mais le texte grec permet de traduire par un plus que parfait : le tissu avait été acheté. Quand? On ne le sait pas. La plupart des traductions disent qu’il est allé acheter le linceul après la mort de Jésus. Ce n’est pas dans le texte.
– De même pour Mattieu 27,59 : « Joseph l’enveloppa d’un linceul blanc » (pur ou propre). Or s’il y avait des taches, il n’était pas vraiment blanc, pur ou propre. De plus, prendre une nappe salie n’est pas convenable pour un ensevelissement, surtout celui-là. Mais blanc, pur ou propre, ne se dit pas dans ce cas de la propreté matérielle, mais plutôt légale, rituelle, concernant la façon dont le tissu avait été fabriqué. Par conséquent, prendre un tissu pur qui avait quelques taches de sauce d’usage liturgique, donc symbolique, n’a pas été considéré inconvenant pour envelopper le corps de Notre-Seigneur, couvert de plaies sanglantes.
Conclusion
Reconstituons les évènements de l’après-midi du Vendredi Saint selon Jackson et quelques ajouts concernant la Ste Vierge.
Celle-ci mise à part, personne le Vendredi Saint, ne pensait que Notre-Seigneur allait mourir, ni les Juifs, ni les disciples. Jésus n’avait-il pas dit : « Je suis la Résurrection et la vie »? N’était-il pas plus puissant que la mort? Cependant, vers 15h00, il expire. Il y a le tremblement de terre, le coup de lance au côté. Certainement ensuite un moment de stupéfaction et d’abattement. Joseph d’Arimathie et Nicodème sont tout près. Ce sont des hommes importants, riches, avec le sens pratique. Il semble naturel que la première chose à faire soit de consulter la Mère, c’est tout de même son Fils qui vient de mourir, et c’est elle qui doit décider ce que l’on fera du corps de Notre-Seigneur.
Joseph lui propose d’utiliser son sépulcre neuf qui se trouve à 50 mètres à peine, sur la paroi de la carrière que les romains utilisaient un peu plus bas que le calvaire (aujourd’hui il y a 18 marches pour descendre du calvaire). Et pour envelopper le corps ? Qui a eu l’idée de prendre cette nappe? N’oublions pas qu’il s’agit ici d’un homme qui avait été considéré comme le Sauveur, même si cette espérance était déçue à ce moment. Joseph ayant acheté cette nappe l’a-t-il aussi proposée à la Sainte Vierge qui voyait certainement la valeur du sacrifice du Calvaire ? Ou cela venait-il d’elle-même, la corédemptrice, l’Immaculée, si elle avait pressenti ce qui s’était passé au Cénacle ? De toute façon, à un moment donné, cela fut décidé et quelqu’un alla chercher la nappe (les saintes femmes étaient là aussi, ne l’oublions pas). Puis les deux hommes demandent le corps au centurion, qui les envoie à Pilate (700 mètres à parcourir), et qui fait venir le centurion pour s’assurer de la mort de Jésus. Pilate accorde enfin aux deux hommes leur requête. Maintenant, il faut des échelles, des outils pour retirer les clous, etc. Tout cela prend du temps. Et il faut faire vite, car l’ensevelissement doit être terminé vers 18h00 et chacun doit retourner chez soi. C’est la loi du sabbat.
Ensuite il y a la descente de croix, sans doute un moment de déploration quand la Sainte Mère tient le corps torturé de son Fils, la descente du calvaire par un sentier, puis une petite procession avec le corps de Notre-Seigneur au sépulcre.
Normalement, quand on achète un linceul mortuaire, il vient avec des bandelettes pour attacher le mort. Mais ici, comme c’est une nappe de grande qualité, et non un linceul normal, il n’y a pas de bandelettes. Et on est pressé par le temps (un détail important à ne pas oublier dans tout cet ensevelissement, fait de façon précipitée.) Alors, selon une coutume très ancienne, on décide de couper une bande le long de la nappe, et celle-ci servira de bandelette. Jackson a reconstitué tout cela dans son studio.
On étend la première partie de la nappe, puis le corps, puis on recouvre le corps passant par-dessus la tête. La partie du dessus étant un peu courte, on relève la partie du dessous pour l’attacher, avec la bande, à la plante des pieds qui sont à la verticale (car sur le St Suaire on voit les taches de sang des plaies des pieds). On attache ainsi les pieds, on passe autour des genoux (pour les tenir, comme on le voit sur le St Suaire), et on termine en faisant un nœud autour du cou. La bande est assez longue pour faire tout cela.
Le matin de Pâques, Pierre et Jean voient le St Suaire « et les linges qui l’accompagnaient affaissés à leur place, alors que la mentonnière n’était pas affaissée, tout en restant enveloppée, et à la même place que lors de l’ensevelissement de Jésus » (Carmignac), faisant une protubérance. (Vidit et credidit).
Si le professeur Jackson a raison, le St Suaire serait ainsi le premier corporal utilisé pour la messe sacramentelle du Jeudi saint (cf. taches de charoset), qui enveloppa par la suite la Victime sanglante, le Vendredi Saint (cf. taches de sang), et sur lequel Notre-Seigneur, ressuscitant, laissa des marques de sa Résurrection du jour de Pâques (cf. fibres jaunies).
La photo illustrant ce post est l’image du Saint-Suaire reproduite par intelligence artificielle.
Les « 7 routes Notre-Dame »arriveront à Paris le 14 septembre
De Véronique Jacquier sur France catholique :
Comment marquer la renaissance de Notre-Dame de Paris ? « Par un pèlerinage qui arrive sur le parvis de la cathédrale et qui permet d’offrir à la Vierge du Pilier toutes les intentions de prières recueillies durant les sept parcours qui ont sillonné notre pays » affirme Béatrice Bourges, l’une des deux conceptrices du projet qui a nécessité près d’un an de préparation avant de voir les pèlerins s’élancer sur les routes le 28 juillet dernier.
Point d’orgue des 7 routes Notre-Dame qui convergent sur Paris le 14 septembre : la messe célébrée en l’église Saint-Laurent puis une procession au flambeau jusqu’à la cathédrale en passant par Notre-Dame des Victoires et Saint-Germain-l’Auxerrois. Les pèlerins suivront les statues de sainte Geneviève, patronne de Paris et de Notre-Dame de Kibeho venue spécialement du Rwanda où elle est apparue entre 1981 et 1989, incarnant de nouveau la figure de Notre-Dame des Sept douleurs. C’est sous ce vocable que la Vierge Marie est honorée le 15 septembre et les organisateurs des 7 routes Notre-Dame ont prévu ce jour-là un chapelet suivi d’une messe en l’église Saint-Sulpice pour clôturer le pèlerinage.
Des saints accompagnateurs
Fait original, juste avant le chapelet et la messe, des statues de saints seront adressées à ceux qui veillent sur Notre-Dame. Sainte Barbe sera remise aux pompiers de Paris sur la place Saint-Sulpice, saint Joseph sera confié aux charpentiers qui ont restauré l’édifice et saint Roch sera donné aux tailleurs de pierre. Les autres statues qui ont accompagnées les pèlerins durant sept semaines sont sainte Jeanne d’Arc, sainte Anne, saint Michel, saint Martin, saint Joseph Labre, saint Jacques et saint Vincent de Paul.
« Nous avons vécu des moments incroyables », confie Béatrice Bourges, « car chaque statue semblait à sa juste place : saint Michel pour nous aider dans le combat à mener pour la France, sainte Anne qui retrouve sa fille la Vierge Marie à Paris devant Notre-Dame ». Les sept routes partaient pour l’une du Mont Saint-Michel, pour les autres de saint Martin-en-Ré, de Brive-la-Gaillarde, de la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon, du mont Saint-Odile en Alsace, de Boulogne-sur-mer, et de Vannes.
Y aura-t-il une autre initiative spirituelle de ce type l’été prochain ? « Non » confie Béatrice Bourges,
« ce pèlerinage a été conçu dès le départ comme un moment unique et historique vis à vis de la renaissance de Notre-Dame. Sa fécondité est immense car je témoigne qu’une pluie de grâces s’est déversée sur la France depuis le 28 juillet. Les personnes croisées dont beaucoup d’athées nous ont demandé de prier pour eux. À travers cet évènement, j’ai découvert que beaucoup de Français n’attendaient qu’une chose : que notre pays retrouve sa vocation de fille ainée de l’Eglise ».
Russie : le clin d’œil de Vladimir Poutine à l’islam
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Invité à inaugurer la mosquée dédiée au « prophète Jésus » dans la capitale Tchétchène, le président de la Fédération de Russie a embrassé l’exemplaire richement orné du Coran qu’il a remis à Ramzan Kadyrov. Une façon de revendiquer sa relation privilégiée avec l’islam, à la fois un enjeu de politique intérieure et extérieure pour Vladimir Poutine.
On s’était plutôt habitué à l’image d’un Vladimir Poutine endossant les habits du Tsar orthodoxe durant les offices religieux des vigiles de Noël et Pâques auxquelles il ne manque jamais d’assister. En visite en Tchétchénie le 20 août 2024 – république russe à majorité musulmane – c’est plutôt l’image de « Père de toutes les Russies » que le maître du Kremlin semble avoir voulu peaufiner.
Inaugurant la mosquée Abu-Issa – nom arabe pour désigner Jésus – qui dresse timidement au cœur de Grozny ses fins minarets crénelés au beau milieu d’immeubles dans le plus pur style stalinien – Vladimir Poutine « s’est illustré par un geste fort, hautement symbolique en embrassant un magnifique exemplaire du Coran », rapporte le site musulman d’informations Oumma.
S’il fallait y voir un symbole, c’est surtout celui de la relation privilégiée que l’homme fort de la Russie entend bien entretenir avec l’islam. Relation fort ancienne d’ailleurs, puisqu’en 2003, alors qu’il était en guerre contre les indépendantistes musulmans tchétchènes, Vladimir Poutine avait réussi à être le premier chef d’Etat d’un pays à majorité non musulmane, à participer au sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI).
Le successeurs de Boris Eltsine avait alors fait valoir que son pays comptait 15% de musulmans et huit républiques autonomes revendiquant une identité musulmane.
Mais l’alliance avec l’islam est également stratégique au niveau international aux yeux de Vladimir Poutine, sans cesse à la recherche de soutiens internationaux dans ce que d’aucuns décrivent comme sa « croisade contre l’hégémonie de l’Occident », qui se manifeste notamment à travers les prises de position de l’OTAN.
Dans cette optique, la Fédération de Russie a diversifié ses partenariats au Moyen-Orient, notamment avec la Turquie, l’Iran, la Syrie, mais aussi avec les Etats musulmans d’Asie centrale et d’Afrique noire, comme le détaille un article du Grand Continent.
En tout cas, la vidéo du Coran embrassé par le maître du Kremlin dans la capitale tchétchène, est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux, dénoncée par les uns, recevant des concerts de louanges enthousiastes par les autres.
Un geste qui ne doit pas enfin faire oublier que le président russe a plus que jamais besoin des troupes tchétchènes engagées dans la défense de la région de Koursk, récemment envahie par les troupes ukrainiennes : sur les bords de la Moskova, on se dit que Koursk vaut bien un baiser, même coranique…
(Sources : Oumma/Le Grand Continent/Ministère des affaires étrangères de Russie – FSSPX.Actualités)
Eric Ciotti crée l’Union des Droites pour la République (UDR)
Eric Ciotti a réuni ses adhérents à Levens, dans les Alpes-Maritimes, pour officialiser la fondation de son nouveau parti clairement axé sur l’Union des Droites.

“Je vous propose aujourd’hui de refonder notre famille politique. L’union des droites pour la République sera ce grand parti de droite. Aujourd’hui l’UDR renaît.” “L’UDR sera un grand parti indépendant. La liberté économique sera son étendard. Nous serons le grand parti des entrepreneurs.”
Sa démission de LR n’est pas à l’ordre du jour. Eric Ciotti a tout intérêt à attendre la décision de justice, en novembre, quant à son exclusion réclamée par 703 membres du conseil national des Républicains… ou la potentielle nomination de ministres LR au prochain gouvernement, qui acterait « l’intégration des LR au camp macroniste » qu’il opposait à son « alliance des droites dans l’indépendance » dans le référendum qu’il souhaite soumettre aux militants pour « trancher la ligne »… ou hacher le parti.
Théorie de l’évolution : une probabilité impossible
Dans son numéro d’août, la revue de l’Action familiale et scolaire consacre un nouvel article à la création. Extrait :
La découverte de la composition atomique d’une cellule, notamment du génome, a permis une analyse mathématique de la vie par la mesure de la distance génétique entre les espèces. Mais ce n’est pas la seule approche mathématique que permet la biologie. Cette connaissance permet aussi d’évaluer la probabilité d’apparition de la première cellule vivante.
1. Probabilité d’apparition d’une cellule
Cette façon d’analyser l’évolution n’a fait l’objet que d’un petit nombre d’études, probablement à cause des résultats décevants (tout au moins du point de vue des évolutionnistes) auxquels elle conduit. Une des plus complètes sur cette question est celle de George Salet dans son livre Hasard et certitude (1972).
Avant lui, certains chercheurs ont essayé d’estimer la probabilité d’apparition de la vie sur terre. Par exemple, Lecomte de Noüy (1939) a calculé que, pour que le hasard ait eu le temps de former une seule macromolécule dissymétrique, il lui aurait fallu 10 243 milliards d’années. Plus récemment des mathématiciens, notamment Pierre Perrier ou Jean Staune, ont conduit quelques études et sont arrivés à des conclusions analogues. Par leur complétude, les analyses de George Salet, bien qu’ayant une cinquantaine d’années, gardent tout leur intérêt aujourd’hui.
Cette partie de notre étude fait appel au calcul des probabilités. […]
D’après le principe de l’évolution, les composants de base des différents éléments d’une cellule, à savoir les acides nucléiques et les acides aminés, sont apparus spontanément, de façon purement aléatoire, au sein d’une “soupe primitive” (dont les évolutionnistes sont bien incapables de nous expliquer l’origine), soupe elle-même constituée d’atomes libres, en particulier ceux constitutifs de ces composants, à savoir l’hydrogène, le carbone, l’azote et l’oxygène.
Ces premières molécules élémentaires se sont ensuite assemblées, toujours par l’effet du hasard, en molécules plus grandes pour former une première chaîne d’ADN, quelques protéines et quelques organites. Enfin, tous ces éléments ont fini par se regrouper pour former un premier organisme vivant unicellulaire, comme une amibe ou une bactérie, organisme ayant ensuite acquis la faculté de se reproduire. Tous ces éléments ont dû apparaître de façon spontanée dans la “soupe primitive” SANS l’intervention de la cellule, puisque celle-ci n’existe pas encore. Ils ont dû également se trouver, au moins temporairement, DANS UN MÊME LIEU et AU MÊME INSTANT ; sinon la cellule n’aurait pas pu se constituer.
Étant donné la composition atomique des divers composants de la cellule, il est possible de les représenter par des séries de chiffres ou de lettres et, par ce biais, de calculer la probabilité d’apparition de chacun de ses éléments : nucléotide, chaîne d’ADN, acide aminé, protéine, organite. La probabilité d’apparition de la première cellule vivante sera alors, au moins en première approximation, égale au produit des probabilités d’apparition de chacun de ses composants. […]
2. Probabilité d’apparition d’une chaîne d’ADN
Une chaîne d’ADN est une longue série de molécules d’acide nucléique ou nucléotides. Ces derniers sont composés d’une quarantaine d’atomes de 4 types : l’hydrogène, le carbone, l’azote et l’oxygène, plus un atome de phosphore que nous négligerons.
2.1. Probabilité d’apparition d’un nucléotide
Le nombre de combinaisons possibles de 40 éléments choisis parmi 4 est de 12 341. Mais seules 4 de ces combinaisons interviennent dans la composition d’une chaîne d’ADN, à savoir les 4 acides nucléiques : adénine, thymine, guanine et cytosine. Un ensemble quelconque de 40 atomes a donc 4 chances sur 12 341 d’avoir les 40 atomes nécessaires pour créer un des 4 nucléotides, soit environ une chance sur 3000 (≃ 3,2 × 10 puissance -4) puissance 6. Avec une telle probabilité, des nucléotides se sont nécessairement produits un très grand nombre de fois dans l’histoire de l’univers.
2.2. Probabilité d’apparition d’une chaîne d’ADN
Ensuite, il faut qu’un premier nucléotide s’associe à un deuxième. Afin que tous deux puissent s’assembler, il faut que tous deux se trouvent, au moins temporairement, au même moment et au même endroit. La probabilité de création du deuxième nucléotide est a priori indépendante de la probabilité d’existence du premier, sauf à considérer une loi spécifique qui favoriserait cet assemblage. Mais dans ce cas, nous ne serions plus dans les lois du hasard. Si seul le hasard intervient, la probabilité de trouver deux nucléotides en un même lieu est égale au produit des probabilités d’existence de chaque nucléotide, soit (3,2×10 puissance-4) × (3,2×10 puissance -4) ≃ 10 puissance -7 (1 chance sur 10 millions). Pour 4 nucléotides, cette probabilité passe à 10 puissance -14 (une sur cent mille milliards), etc. Pour 10 nucléotides, la probabilité n’est plus que de 10 puissance -35. Et pour 100 nucléotides, la probabilité tombe à 10 puissance -349.
Cette probabilité est pour un instant donné ; sur la durée de l’univers, cette probabilité est plus élevée. […]
La constitution de façon purement aléatoire d’une seule chaîne d’un million de nucléotides, même sur la durée de l’univers, est donc mathématiquement impossible. On est face à une première difficulté qui ne peut se résoudre qu’en faisant des hypothèses sur la formation des nucléotides et de leur assemblage en chaînes d’ADN : il y a nécessairement un phénomène autre que le seul hasard qui a favorisé la constitution de la première chaîne, même si elle n’était composée que de quelques centaines de nucléotides. […]
Ainsi, chaque analyse que nous avons présentée depuis le début de cette étude, à savoir :
– la complexité des organes et l’impossibilité de trouver dans la plupart des cas une séquence pour passer d’une espèce à une autre, ou même simplement d’un organe à un autre (n° 290);
– l’extrême complexité et surtout le fonctionnement merveilleux de la cellule (n° 291);
– la découverte de la distance génétique constante entre les espèces qui conduit à la conclusion que tous les êtres vivants sont apparus à une même époque (n° 293);
– le calcul des probabilités qui vient d’être présenté,
– etc.
… conduit à la conclusion qu’une parfaite stabilité des espèces depuis l’origine du monde est beaucoup plus probable que la théorie opposée.
Devant un tel nombre d’arguments, la réponse des évolutionnistes est la plupart du temps en premier lieu de refuser de confronter leur hypothèse avec l’hypothèse adverse, ensuite de ne jamais parler des analyses conduisant à une conclusion contraire à la leur, enfin de multiplier les communications allant dans leur sens pour étouffer les quelques chercheurs qui essayent de tenir un autre discours.
C’est pourquoi les propos de Paul Lemoine, déjà cités dans un précédent article (n° 288, p. 32) sont de plus en plus justifiés :
La théorie de l’évolution est impossible ; au fond, malgré les apparences, personne n’y croit plus. (…) L’évolution est une sorte de dogme auquel ses prêtres ne croient plus, mais qu’ils maintiennentpour le peuple.
Les dernières découvertes de la science n’ont fait qu’apporter des arguments supplémentaires à ce constat. […]
Quimper : une fonctionnarisation de la vocation sacerdotale et de la fonction liturgique
De Jean-Pierre Maugendre sur Renaissance catholique :
Ainsi donc après huit années de bons et loyaux services c’en est fini de l’apostolat de la Fraternité Saint Pierre dans le diocèse de Quimper-Léon ? Monsieur l’abbé Courtois, assisté comme diacre par l’abbé de Giacomoni, nouveau supérieur du district de France de la FSSP, a célébré le dimanche 25 août sa dernière messe solennelle en l’église St Matthieu de Quimper. L’assistance était nombreuse, grave mais aussi joyeuse et déterminée comme en a témoigné le sympathique pique-nique « paroissial » d’adieu aux abbés Courtois et Pélisson au château de Lanniron.
Une autre foi ?
Les raisons invoquées par Mgr Dognin pour procéder à ce qu’il faut bien appeler une exclusion seraient les « tensions » entre les activités pastorales proposées par la paroisse et celles proposées par la Fraternité Saint Pierre. Certes « la plupart d’entre vous ne s’en rendaient pas compte » écrit Mgr Dognin aux fidèles de Saint-Matthieu et Sainte-Sève le 10 août mais, avec son œil de lynx, Mgr de Quimper a vu ce que « la plupart » ne voyaient pas. Et décrété que « les messes dominicales seront célébrées selon l’ancien missel » par des prêtres diocésains cependant « je demande aux fidèles des deux communautés de participer aussi aux messes selon le missel actuel (…) pour certaines grandes fêtes comme signe de la reconnaissance de la validité des sacrements célébrés dans l’Eglise universelle ». Faut-il en déduire que la messe traditionnelle ne sera pas assurée pour la Toussaint, l’Ascension ou le 15 août ? Un éclaircissement serait le bienvenu. Mgr Dognin n’a pas dû beaucoup écouter ses paroissiens de St Matthieu pour croire, ou faire semblant de croire, qu’ils remettent en cause la validité de la messe réformée célébrée selon les rubriques en vigueur par un prêtre validement ordonné ayant l’intention de faire ce que veut faire l’Eglise soit renouveler le sacrifice non sanglant du calvaire. En quoi d’ailleurs la participation à la nouvelle liturgie serait-elle plus signe d’unité que la participation à la liturgie traditionnelle ?
Il est difficile de sortir, logiquement, de l’alternative suivante : soit la liturgie réformée et la liturgie traditionnelle expriment la même réalité et alors à quoi riment ces exclusives, soit ces deux formes liturgiques expriment des réalités différentes et il serait honnête, alors, de dire clairement qu’il s’agit là d’une nouvelle croyance, voire d’une nouvelle théologie et donc d’une nouvelle foi. Rendons hommage à la franchise du cardinal Roche, préfet du Dicastère pour le culte divin déclarant le 12 mars 2023 sur les antennes de la BBC : « Vous savez, la théologie de l’Église a changé. Alors qu’auparavant le prêtre représentait, à distance, toutes les personnes – celles-ci étaient pour ainsi dire canalisées par cette personne qui était la seule à célébrer la messe – ce n’est pas seulement le prêtre qui célèbre la liturgie, mais aussi ceux qui sont baptisés avec lui. Il s’agit là d’une affirmation très forte. » Il est très probable que les fidèles de St Matthieu n’ont aucune envie de célébrer la messe avec… Mgr Dognin !
Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt : lex orandi, lex credendi. La loi de la prière détermine la loi de la foi. Derrière les querelles liturgiques et ce que l’on appelle les « pédagogies traditionnelles » c’est la foi qui est en cause. En réalité, trop souvent le Saint sacrifice de la messe a laissé la place à un rassemblement communautaire sous la présidence du prêtre, l’unicité du salut en Jésus-Christ est devenue le salut universel pour tous quelles que soient les religions et les comportements : « On ira tous au paradis », l’idéal ascétique et mystique de sainteté s’est mué en humanitarisme larmoyant, le culte de Dieu a été remplacé par celui de l’homme et de la Pachamama. Avec les résultats que chacun peut observer : un effondrement de la pratique, une ignorance religieuse abyssale, un désintérêt de la jeunesse pour une liturgie tragiquement médiocre et un enseignement sans transcendance ni cohérence. Les fidèles de St Matthieu ont tous dans leurs familles des parents qui ont sagement obéi aux consignes épiscopales et pontificales de réformes et dont les enfants ont, très majoritairement, perdu la foi et pris quelques distances avec l’enseignement moral de l’Eglise. Le drame avec les idéologies c’est que les faits n’ont aucun impact sur elles. Il y avait 1000 prêtres dans le diocèse il y a 60 ans, il en reste aujourd’hui 80 d’actifs, dont de nombreux Africains. Peu importe. On continue… droit vers le mur !
Une curieuse conception de la liberté religieuse
Sur sa lancée, Mgr Dognin interdit la célébration des baptêmes, mariages et confirmations selon le rite traditionnel. N’est-il pas stupéfiant que 60 années après la déclaration conciliaire Dignitatis Humanae qui affirmait benoîtement :
« qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres »
un tel mépris des consciences et un tel autoritarisme puissent encore avoir cours ? Résumons : chacun a le droit de penser et faire ce qu’il veut mais quant à vous, il s’agit de m’obéir au doigt et à l’œil.
Concernant les prêtres diocésains qui assureront les messes dominicales Mgr Dognin croit utile de préciser : « Ils ne sont pas vos ennemis ! » Plus que sur des paroles chacun jugera sur des actes. La nouveauté pastorale est que plusieurs prêtres célèbreront la messe à tour de rôle. Le curé d’Ars doit se retourner dans sa tombe ! La logique du pasteur conduisant son troupeau car il le connaît et l’aime fait place à une fonctionnarisation de la vocation sacerdotale et de la fonction liturgique. Il s’agit, en réalité, d’empêcher l’établissement d’une relation stable entre un prêtre et la communauté dont il a la charge. Exactement l’inverse de ce que l’Eglise a promu, avec succès, depuis 2000 ans. La dure réalité est qu’alors que ses enfants demandent à Mgr Dognin du pain il leur jette des pierres. Si cela est bien triste cela ne doit en aucune façon étonner ni décourager. L’histoire de l’Eglise n’est pas un « reposoir de Fête-Dieu » (Emile Poulat), ce que confirme, si nécessaire, un excellent article de l’abbé Chanut paru dans la revue de la FSSP Tu es petrus sur le jansénisme. Les évêques autoritaires et sectaires comme les clercs prévaricateurs ou assoiffés de pouvoir y sont légion sans oublier les violences verbales et physiques.
Ce qui est certain c’est que le dossier n’est pas clos comme en témoigne le communiqué de l’association Tradition et Unité en Finistère publié le 13 août et manifestant le refus de nombreux paroissiens de Saint-Matthieu et Sainte-Sève de se soumettre aux oukases épiscopaux. Cela d’autant plus qu’il semblerait y avoir quelques difficultés pour trouver un célébrant pouvant assurer la célébration de la messe traditionnelle tous les dimanches à l’église St Matthieu. La volonté de Mgr Dognin, face au succès de la pastorale traditionnelle de la foi mise en œuvre par la Fraternité St Pierre – développement numérique important, célébration de 40 baptêmes d’enfants, 15 d’adultes et 22 mariages, éclosion de 5 vocations (4 séminaristes et 1 religieuse) en 8 années d’existence – est clairement de conduire cette communauté prospère à se dissoudre dans la pastorale locale. Pari risqué tant il est vrai qu’aujourd’hui l’obéissance inconditionnelle à Rome et à la pastorale réformée qui commence par l’acceptation de la réforme liturgique et finit, parfois, par la bénédiction des paires homosexuelles s’avère être un échec quasi général.
Les Ecritures et la Tradition
Né en 1946, écrivain et ancien journaliste au Figaro, diplômé en philosophie et en théologie, Guy Baret a témoigné de son cheminement spirituel vers le catholicisme, au milieu des tourments de l’après-concile Vatican II, dans son ouvrage Du protestantisme au catholicisme paru aux éditions Sainte-Madeleine. Cette fois, dans une Lettre d’un catholique à un ami évangélique, préfacé par le père Michel Viot, lui-même ancien luthérien, il invite les évangéliques à une meilleure connaissance de la foi catholique : la “papisme”, les Écritures et la Tradition, les œuvres, les prières aux saints et à la Vierge Marie…
Ces explications, simples d’accès, bénéficieront aux protestants souvent ignorants des vraies réalité de la foi, mais aussi aux catholiques qui n’ont pas reçu d’enseignement clair afin qu’ils grandissent dans la foi authentique :
En France […] les communautés évangéliques sont le plus souvent formées d’anciens catholiques qui se laissent aisément convaincre par telle ou telle citation biblique qui contredirait le dogme catholique. Cette Lettre s’adresse aussi à eux
Exemple de l’auteur sur la Tradition et les Saintes Ecritures :
Aux Etats-Unis, lors d’un débat opposant un pasteur évangélique à un conférencier catholique, le premier a sommé le second de lui montrer une seule doctrine dont la connaissance est nécessaire pour être sauvé et qui ne figure pas dans la Sainte Ecriture mais dans la tradition, “de la Genèse à l’Apocalypse”, précisa-t-il.
Le catholique prit alors sa Bible et dépassé… l’Apocalypse pour arriver au sommaire. Il y montra alors la liste des livres de la Bible et demandé à son interlocuteur : “Croyez-vous que la liste de ces livres-là, et eux-seuls sont inspirés ?” L’autre lui répondit : “Bien sûr !” “Voilà donc la réponse à votre interpellation ! Si vous croyez que ces livres-là seulement sont inspirés, ce n’est pas sur la foi de l’Ecriture mais de la tradition, et sans l’attestation de celle-ci vous ne pourriez croire à aucune doctrine du Nouveau Testament pour être sauvé. C’est donc, indirectement, sur la tradition que reposent votre foi et votre salut !”
Notre-Dame de La Salette et les miracles au menu du magazine Gloria de septembre
Le 19, nous fêterons Notre-Dame de La Salette. En plus d’un article sur cette apparition, le magazine Gloria présente Notre-Dame des Miracles dans un dossier thématique consacré aux miracles : Les miracles du Christ, Naaman le Syrien, Saints Pierre et Jean guérissant le boiteux, Sainte Marguerite d’Antioche…
“J’ai été étonné de voir certains responsables dits de droite appeler à voter pour le Parti communiste plutôt que le RN”
Interrogé dans Le Figaro, Nicolas Sarkozy, qui souhaite que LR participe au gouvernement, déclare :
[…] Analysons la situation politique à la lumière des deux derniers scrutins, les européennes et les législatives anticipées. La France est de droite, sans doute comme elle ne l’a jamais été. Une droite qui ne doit pas être conservatrice, une droite qui doit porter les valeurs du travail, du mérite, de l’ordre, de l’autorité, de la promotion sociale. Quand le président de la République dit qu’il ne souhaite pas nommer un représentant du Nouveau Front populaire parce qu’il serait immédiatement censuré par le Parlement, il a raison. […]
Comment jugez-vous l’alliance d’Éric Ciotti avec le RN ?
Je n’ai jamais voulu d’alliance avec le Front national ni le Rassemblement national. Mais à l’inverse, je n’ai jamais voulu tomber dans la diabolisation. La droite doit gagner par elle-même et regarder avec une grande franchise les problèmes du quotidien auxquels les Français sont confrontés. Ce qu’a fait Éric Ciotti, ce n’est pas le choix d’une alliance mais d’une absorption compte tenu de la force du Rassemblement national. Je ne vois pas l’intérêt de monter sur le porte-bagages d’une moto conduite par Mme Le Pen. Quand j’ai été candidat, jamais Mme Le Pen ni son père n’ont été au second tour, c’est d’ailleurs bien pourquoi elle avait appelé à me faire battre face à François Hollande. Ce que nous avons fait dans le passé, d’autres peuvent le faire maintenant.
Comment analysez-vous la puissance du front républicain ?
Elle m’a surpris. Mais ce que l’on peut dire, c’est que ce front républicain n’a pas amené de clarté. J’ai été étonné de voir certains responsables dits de droite appeler à voter pour le Parti communiste plutôt que le RN. Est-ce que je l’aurais fait ? Non. Je pense que la bonne solution était de ne choisir ni l’un, ni l’autre. Il est faux de dire que Marine Le Pen est plus dangereuse que Jean-Luc Mélenchon. […]
Autre urgence pour les Français : la sécurité. À Mougins, un gendarme a été tué lors d’un refus d’obtempérer par un homme déjà condamné dix fois par la justice. Sa veuve accuse la France d’avoir «tué son mari». Que vous inspire sa réaction ?
La prise de parole de cette femme était bouleversante d’émotions et de vérité. Dans ma longue carrière, les quatre années où j’étais le plus heureux furent celles au ministère de l’Intérieur. Mon lien avec les policiers et les gendarmes a toujours été très profond : je les aime et je les admire. Je n’accepte pas les attaques honteuses qu’ils subissent au quotidien. Mais, disons la vérité : lorsque j’ai imposé les peines planchers, on m’a qualifié de fasciste, de dictateur. C’était pourtant la réponse aux multirécidivistes : quand un délinquant arrivait devant le tribunal, il n’était plus jugé pour sa dernière infraction mais pour «l’ensemble de son œuvre». Quelle a été la première décision de M. Hollande ? Supprimer les peines planchers. Quand la gauche a été au pouvoir, elle a démantelé l’arsenal sécuritaire que nous avions mis en place. Avec les peines planchers, le meurtrier de Mougins n’aurait vraisemblablement pas été en liberté. Donc quand on dit que rien n’a été fait depuis 50 ans, c’est un mensonge. Car la droite et la gauche, en matière de sécurité, ce n’est pas la même chose. […]
Grand remplacement : les immigrés représentent un peu plus d’une personne sur dix en France
Selon un nouveau rapport de l’Insee, les immigrés représentent 10,7 % de la population globale, contre 10,3 % en 2021.
Autre révélation : le premier continent d’origine est l’Afrique, avec 3,5 millions de personnes. En effet, près d’un immigré sur deux qui vit en France est né sur le continent africain. Les immigrés d’origine africaine viennent majoritairement du Maghreb, mais de plus en plus d’Afrique centrale et du Sahel, pour des raisons familiales (près d’un cas sur deux).
Les études et le travail sont les deux autres motifs d’émigration les plus fréquents.
Toujours selon ce même rapport, 60 % d’entre eux ont un travail, 30 % sont étudiants ou retraités, et 10 % sont au chômage.
Derrière l’Afrique, un tiers de l’immigration française est d’origine européenne. La grande majorité des immigrés européens qui s’installent en France viennent de l’Union Européenne. Parmi les nationalités les plus représentées, on retrouve le Portugal, l’Italie et l’Espagne.
La France compte un million d’immigrés venus d’Asie. La majorité d’entre eux sont originaires de Turquie ou d’Asie du Sud-Est, mais l’immigration chinoise augmente depuis le début des années 1980. Près de la moitié des nouveaux immigrés chinois viennent en France pour leurs études.
Tribune contre la censure numérique : Plus de 50 élus et personnalités s’engagent en faveur de la liberté d’expression
Communiqué de l’ASLA :
Ces derniers jours, une vague de bannissements massifs s’est abattue sur Instagram et Facebook, plateformes gérées par l’entreprise mondiale META, frappant sans distinction des comptes identifiés de droite : médias, instituts de formation, groupes militants, associations et personnalités publiques, tous respectueux de la loi et profondément engagés dans le débat public.
Cette censure brutale, dépourvue de justification claire et de recours équitable, révèle une crise alarmante qui menace des principes fondamentaux au cœur de nos sociétés démocratiques.
La liberté d’expression, inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, est aujourd’hui gravement menacée.
Ces bannissements s’inscrivent dans une tendance liberticide croissante, où des opinions sont arbitrairement réduites au silence, sapant ainsi le pluralisme des idées, un pilier essentiel de notre démocratie.
Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que cette vague de bannissements semble coïncider avec l’application du Digital Services Act (DSA), une législation européenne censée encadrer les contenus en ligne. Si cette loi, censée protéger, est détournée pour museler des opinions légitimes, alors nous faisons face à une dérive autoritaire qui bafoue non seulement la liberté d’expression, mais aussi le droit à un recours équitable et la proportionnalité des sanctions.
Nous lançons un appel à la mobilisation collective : décideurs, institutions, citoyens, l’heure est venue d’agir. Ce qui nous frappe aujourd’hui pourrait demain réduire au silence toute autre voix.
Nous exigeons des gouvernements nationaux qu’ils légifèrent pour garantir une modération en ligne qui respecte les droits fondamentaux.
Nous appelons l’Union européenne et ses institutions à clarifier et adapter leurs réglementations, comme le Digital Services Act, pour prévenir toute dérive autoritaire.
Les plateformes numériques telles que Meta doivent adopter des politiques transparentes et des processus d’appel équitables.
Nous demandons également aux organismes de régulation d’agir avec une impartialité stricte, afin de corriger ce qui peut être perçu comme des abus de pouvoir.
Enfin, nous sollicitons de la part des organisations internationales qu’elles fixent des normes mondiales pour protéger la liberté d’expression en ligne.
La transparence et la responsabilité des plateformes numériques doivent être renforcées pour garantir que les droits fondamentaux ne soient pas sacrifiés au nom d’une modération idéologique.
Ne restons pas muets face à cette tentative de nous faire taire. Ensemble, défendons notre droit inaliénable à la liberté d’expression.
Cette tribune est soutenue par près de 50 élus et personnalités, qui partagent notre engagement pour la liberté d’expression.
Gilles-William Goldnadel – Avocat
Marion Maréchal – Députée européenne
Eric Zemmour – Président de Reconquête
Virginie Joron – Députée européenne RN
Julie Rechagneux – Députée européenne RN
Nicolas Bay – Député européen
Ivan Rioufol – Journaliste et essayiste
Laurence Trochu – Député européenne
Eddy Casterman – Député RN
Stéphane Ravier – Sénateur
Pierre Gentillet – Avocat
Agnès Marion – Chef de cabinet de Marion Maréchal
Anne Sicard – Députée RN
Guillaume Peltier – Député européen
Sarah Knafo – Députée européenne Reconquête
Thibaut Monnier – Député RN
Marguerite Stern – Ecrivaine
Aymeric Durox – Sénateur RN
Frédéric Pichon – Avocat
Mathilde Androuët – Députée européenne RN
Philippe Vardon – Conseiller régional, Conseiller municipal et métropolitain de Nice
Julien Rochedy – Écrivain
Pierre-Alexandre Bouclay – Président de Radio Courtoisie
Gilbert Collard – Avocat
Jordan Florentin – Journaliste
Stanislas Rigault – Président de Génération Z
François Bousquet – Rédacteur en chef d’Éléments
Axelle Theillier – Présidente de l’Institut pour la Justice
Samuel Lafont – Conseiller politique Reconquête
Isabelle Surply – Conseillère régionale
Paul-Marie Coûteaux – Ancien député européen
Jean-Yves Le Gallou – Président de Polémia
Marie-Christine Parolin – Conseillère régionale
Pierre Marie Sève – Directeur de l’Institut pour la Justice
Franck Manogil – Conseiller régional
Lucas Chancerelle – Journaliste
Tristan de Closmadeuc – Conseiller municipal
Damien Rieu – Lanceur d’alerte
Martial Bild – Journaliste
Arthur de Watrigant – Directeur de la rédaction du magazine l’Incorrect
Philippe Milliau – Président de TV Libertés
Romain Petitjean – Directeur du développement et de la coordination de l’Institut Iliade
Grégory Roose – Écrivain
Erga – Chanteuse et humoriste
Thomas Whyte – Fondateur du Rucher patriote
Jonathan Sturel – Auteur, éditeur
Élise Blaise – Journaliste
Philippe Pringent – Avocat
Jorys Bovet – Député RN
Thibault Mercier – Avocat
“Que quiconque se perçoit comme il se perçoit n’exige pas que les autres reconnaissent cette auto-perception”
Le ministre argentin de la Justice Mariano Cuneo Libarona était auditionné par la commission parlementaire sur les Femmes et la diversité. Il a déclaré :
« Nous rejetons la diversité des identités sexuelles qui ne correspondent pas à la biologie, ce sont des inventions subjectives. Le genre seul, c’est fini. Pour nous les valeurs c’est la famille, qui est le centre de la société et de l’éducation. »
Son propos a été dénoncé de façon virulente par les lobbies LGBT, mais aussi par les organisations de défense des droits de l’homme, y compris Amnesty International, et par plusieurs parlementaires appelant à la démission du ministre. Le porte-parole de la Présidence l’a défendu :
« Nous ne voulons aucune discrimination, mais nous voulons que quiconque se perçoit comme il se perçoit n’exige pas que les autres reconnaissent cette auto-perception. »
Urgence rentrée : un toit pour les collégiens de Notre Dame de l’Aurore (31)
Le collège Notre-Dame de l’Aurore lance cet appel urgent :
Une fois n’est pas coutume ! Cette campagne de rentrée est exceptionnelle ! Le toit de la tente qui abrite nos élèves lors des récréations est si abîmé qu’il doit être remplacé d’urgence avant les premières pluies d’automne.
Pour cela, nous sollicitons votre soutien. Merci d’être des ambassadeurs actifs auprès de vos familles et amis pour soutenir cette levée de fonds.
La somme à collecter pour l’achat d’une nouvelle toile est de 3000 euros. Les gouttes d’eau font les océans et nous savons que nous pouvons compter sur votre aide.
Un grand merci à vous de soutenir cette initiative pour le confort des élèves du collège.
JE FAIS UN DON :
En savoir plus sur le collège :
Bricolage liturgique chez les Dominicaines du Saint-Esprit : un abus de pouvoir ?
On me transmet cette nouvelle Lettre ouverte aux mères prieure et sous-prieure de l’institut des Dominicaines du Saint-Esprit, transmise le 28 août, faisant suite à celle du 20 juillet et au communiqué de la communauté du 25 juillet :
Très révérendes mères,
Votre communiqué du 25 juillet dernier est venu apporter une pénible confirmation aux inquiétudes que nous formulions dans notre lettre du dimanche précédent. Dans un article du 27 juillet, l’union « Lex Orandi » a formulé une analyse très pertinente des mesures et dispositions annoncées, dont nous partageons les conclusions. Depuis, nous avons reçu votre réponse, en date du 12 août, par laquelle vous souhaitez sans doute mettre un point final à la controverse, et retourner à votre projet, le greffon du nouveau calendrier liturgique sur le rite vénérable.
Après mûre réflexion, il nous a cependant paru nécessaire de prendre à nouveau la plume : non pas tant en espérant vous faire dévier de votre agenda, objectif humainement hors de portée, que pour lancer un appel pressant à tous les fidèles légitimement attachés à la liturgie traditionnelle, afin qu’ils ne considèrent pas l’évolution en cours dans votre communauté comme un épiphénomène anecdotique qui ne les concernerait pas. Au-delà des simples fidèles, enfin, c’est à destination des instituts et congrégations qui nous sont chers – parce qu’ils constituent l’indispensable substrat sur lequel croît et se maintient ce Bien Commun de la Sainte Église qu’est l’Usus Antiquior – et de leurs supérieurs, pères abbés et prieurs, que nous adressons ce signal d’alarme, afin qu’ils voient, s’il en était besoin, quelle menace vos projets font peser sur eux. Pour cette raison, cette lettre est ouverte, et vous la verrez donc très certainement circuler sur internet et les réseaux sociaux.
Dans notre lettre du 20 juillet, nous avions rappelé notre attachement indéfectible à la liturgie traditionnelle, refusant de discuter ce point que nous considérions comme acquis. Vous écrivez dans votre réponse avoir « le ferme propos que continue à être célébrée à Pontcalec une liturgie digne et belle, qui porte à l’intériorité et au recueillement devant le mystère ». À la lecture de cette intention, il nous paraît nécessaire de clarifier à nouveau deux choses, que vous voudrez bien considérer ensemble, parce qu’elles sont indissociables.
La première, c’est que nous tenons le Novus Ordo pour assurément valide mais déficient, voire équivoque. Les mots ayant un sens, vous comprendrez que tous les efforts déployés pour le rendre plus beau et plus digne n’y changeront rien.
La deuxième, c’est que, ayant pleinement et humblement conscience de la crise doctrinale et liturgique sans précédent que traverse l’Église, et du danger auquel notre foi est exposée par elle, nous tenons à nous référer au magistère infaillible ou constant de l’Église, et à la liturgie traditionnelle, écho certain de la Révélation (Cf. Le traditionalisme : une réaction catholique à l’Église en crise ? Collectif, ISBN 9798871552704). Vous approuverez ou comprendrez, à défaut, notre prudence.
Ces clarifications étant faites, permettez-nous d’abord de reprendre à notre compte cette question si pertinente posée par Lex Orandi : comment une « invitation » est-elle devenue une décision du Siège Apostolique ? Vous rappelez dans votre communiqué du 25 juillet dernier que « le Saint-Siège, sans [vous] demander de renoncer au Vetus Ordo, [vous] invitait à réfléchir à la manière de manifester, dans [votre] vie conventuelle aussi, et non seulement lors de quelques occasions extérieures, que [vous n’excluiez] pas le missel selon le Novus Ordo. » Le père Henry Donneaud, o.p., sur le plateau de KTO, expliquait lui-même (a/c minute 21:35’’) que le Saint Père vous voulait beaucoup de bien, et qu’il n’était absolument pas question que vous renonciez au rite latin multiséculaire. Qui donc a poussé les feux pour faire avancer votre réflexion au cours de l’année écoulée ?
Si nous comprenons bien, ce qui sera mis en place à compter du 1er décembre est le fruit de votre réflexion, et correspond aux propositions que vous avez faites au Saint-Siège. La deuxième question que nous voudrions donc vous poser concerne la pérennité de ce qui ressemble, quoi que vous en ayez, à un « bricolage », selon le terme employé par Lex Orandi (voir lien plus-haut). Avez-vous donné avec celui-ci les gages attendus à Rome, ou bien s’agit-il d’une phase transitoire, avant l’abandon complet du Vetus Ordo – auquel le Souverain Pontife lui-même ne vous demandait pas de renoncer ?
Enfin, vous voudrez bien, une fois encore, permettre que nous insistions sur un point que nous avions déjà soulevé dans notre lettre du 20 juillet. Nous demandions qui donc est Rome, nous renouvelons cette demande : qui est cette plus haute autorité de l’Église que vous évoquez dans votre lettre ? Ce point est essentiel, parce qu’il commande l’obéissance, cette obéissance que vous invoquez avec insistance dans vos lettres et vos communiqués, cette obéissance dont la compréhension, bonne ou mauvaise, peut déterminer l’attitude de beaucoup face à l’arbitraire et à l’abus de pouvoir.
Dans votre réponse du 12 août, vous nous écrivez : « aujourd’hui, dans cette question liturgique, nous avons à vivre très concrètement l’obéissance que nous avons toutes promise le jour de notre profession comme Dominicaines du Saint-Esprit. »
Cette question de l’obéissance si centrale, surtout en temps de crise émanant de l’autorité, Jean-Pierre Maugendre l’a traitée de manière très pertinente il y a quelques années. Elle est, pour nous laïcs, très importante – mais elle est bien plus épineuse pour vous, nous le concédons aisément. Dès le titre de sa tribune, Maugendre oppose obéissance aveugle et obéissance clairvoyante – la véritable obéissance chrétienne : ce n’est pas à nous de vous apprendre que celle-ci exige la conformation de la volonté, pas de l’intelligence, et qu’il n’est pas nécessaire d’assentir pour obéir. Autrement dit, l’exigence catholique de la soumission aux pasteurs légitimes n’implique pas l’adhésion inconditionnelle à leurs opinions, à leur magistère non-infaillible ou à leurs innovations liturgiques et ce d’autant plus lorsqu’ils s’éloignent du magistère constant ou infaillible qui l’a précédé ou encore de la tradition liturgique multiséculaire.
De plus, est-il nécessaire de rappeler que l’exigence de l’obéissance véritablement vertueuse implique de résister aux abus de pouvoirs, au moins lorsque ceux-ci ne sont pas conformes à la loi divine ou aux exigences du bien commun, ici la Foi et son expression et sa Transmission claire et intégrale tant dans l’enseignement que par la liturgie ? C’est bien d’une telle conception de l’obéissance vertueuse qu’ont surgi les mouvements traditionnels, et leur courte histoire comme leur spécificité actuelle sont bien les fruits de celle-ci. Ainsi, votre maison est née sous le régime de la bulle « Quo Primum » :
« Nous concédons et accordons que ce même missel [tridentin, ndA] pourra être suivi en totalité dans la messe chantée ou lue, dans quelque église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans encourir aucune punition, condamnation ou censure, et qu’on pourra valablement l’utiliser librement et licitement, et cela à perpétuité. »
Et vos anciennes sont restées coites lorsqu’un autre pape prit le risque de contredire son illustre et lointain prédécesseur – étaient-elles moins romaines et moins obéissantes que vous ? :
« L’adoption du nouvel Ordo Missae n’est pas du tout laissée au libre arbitre des prêtres ou des fidèles. […] Le nouvel Ordo a été promulgué pour être substitué à l’ancien, après une mûre réflexion, et à la suite des instances du Concile Vatican II. Ce n’est pas autrement que notre saint prédécesseur Pie V avait rendu obligatoire le missel réformé sous son autorité, à la suite du Concile de Trente. »
Puis un autre pape est venu consoler et restaurer ce qui avait été interdit – avez-vous alors admis l’injustice de l’interdit, et la juste prudence de vos anciennes ?
Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Eglise, et de leur donner leur juste place.
Relisons Maugendre, citant un dominicain non traditionaliste et dont la romanité n’est pas suspecte :
« Saint Thomas traite de l’obéissance comme d’une vertu de bien commun, qui trouve son fondement dans l’autorité. Le Père Labourdette (o.p.) – 1935–1990 –, dans son commentaire sur l’obéissance, montre bien que le bien commun est déterminant dans la perception de ce qu’est vraiment l’obéissance, au risque de tomber sinon dans une conception volontariste de cette vertu. […] Pour saint Thomas, si l’obéissance a son fondement dans l’autorité (légitime), il ressort que le refus d’obéissance tient à l’abus de pouvoir de la part de l’autorité. Le Père Labourdette commente : ‘’Devant un abus de pouvoir, il ne saurait évidemment y avoir aucun devoir d’obéissance. L’ordre reçu n’a que l’apparence du précepte. À considérer les choses en soi, il n’appelle pas la soumission, mais la résistance.’’ »
Cette obéissance que vous avez promise, est-elle une fin en elle-même, telle la pratique des vertus théologales, ou bien une vertu morale ? En l’espèce, avez-vous analysé toutes les conséquences, bonnes ou mauvaises, que la mise en œuvre des ordres reçus pourrait produire ? Êtes-vous parvenues à exclure d’éventuelles contradictions avec des principes qui leur seraient supérieurs ?
Ceci nous amène à remetre sur le métier la liste des griefs que nous formulions dans notre lettre du 20 juillet, afin, malheureusement, d’y ajouter quelques motifs particulièrement lourds. Abandonner le Vetus Ordo, passer au Novus Ordo chez les dominicaines du Saint-Esprit, ce sera :
– Rejeter hors de la communion ecclésiale les lutteurs courageux de la Tradition qui se sont illustrés dans les années de l’après-concile et jusqu’à aujourd’hui, ceux-là même qui, en cela strictement obéissants, ont appliqué leur intelligence à passer au crible du magistère infaillible ou constant de l’Église les textes conciliaires et leurs dérivés,
– Jeter l’opprobre – pardonnez ici la dureté de l’expression, qui traduit seulement la violence du traitement qui leur est infligé – avec une suffisance très cléricale et peu charitable sur les fidèles (il s’agit bien ici de tous les fidèles qui restent attachés à l’Usus Antiquior, pas seulement du petit nombre de ceux qui fréquentent vos chapelles) qui, depuis ces pénibles années, se sont efforcés de tenir la ligne de crête, sans abandonner ni tomber dans le sédévacantisme – attitude courageuse s’il en est, si l’on veut bien comprendre ce qu’il y a de commun entre leur situation et celle d’enfants battus par leur mère …
Enfin, avec l’aggiornamento que vous mettrez en place à compter du 1er décembre prochain, vous offrez à tous ceux qui, au nom de l’unité, veulent renvoyer pour l’éternité la liturgie tridentine dans les combles et remises des musées, un puissant dissolvant.
Ce modus operandi, en effet, pourrait être infligé, moyennant quelques adaptations, à d’autres maisons, instituts, abbayes, prieurés et congrégations. Ils y seront d’autant plus vulnérables que nous vivons, vous le savez bien, sous le régime de la grâce, c’est-à-dire du bon vouloir et de l’arbitraire, et non de la justice. C’est donc avec gravité et inquiétude – ne parlez pas de désarroi, le socle sur lequel nous nous dressons est solide, il a passé les siècles – que nous, simples fidèles, nous adressons à vous, une fois encore.
Croyez en l’assurance de nos prières pour vous-mêmes et toute la communauté.
De cathédrale en cathédrale, la Traversaine de Marie rend hommage aux Vendéens
De Henry Renoul :
Le pèlerinage aura duré plus de 5 semaines et aura sillonné le diocèse actuel de Luçon, la Vendée, avec deux incursions vers l’abbaye de Beauchêne en Deux-Sèvres et le site de Fréligné en Loire-Atlantique. La Traversaine, ce sont les « chemins de traverse » de nos ancêtres, particulièrement dans les années terribles de la Révolution, de 1792 à 1796, alors que la République naissance avait décrété l’extermination, le populicide des rebelles de la Vendée.
Ce pèlerinage de près de 40 jours, de la cathédrale de Maillezais à celle de Luçon avait principalement pour but la méditation, la prière, la demande d’intersession aux cœurs unis de Jésus et de Marie pour la France, en bien mauvaise posture.
Le postulat des créateurs et organisateurs, en particulier Coline, était de se placer sous le patronage des saints connus, comme l’immense Père de Montfort, mais également des martyrs et confesseurs de la Foi, combattants de l’épopée et martyrs de la répression génocidaire. La marche (600 km) en prière de plusieurs centaines de pèlerins, s’arrêtant chaque soirée animée, dans les paroisses et autres lieux saints, aura permis la découverte des anciens diocèses de Luçon et de Maillezais et affleuré ceux de Nantes et d’Angers, diocèses également insurgés en 1793. Reste à souhaiter d’autres Traversaine de Marie, tant la richesse de celui qui s’achève est prometteur de regain de Foi, d’Espérance et de Charité.
Beaucoup de temps forts auront jalonné ces 40 jours : la messe de la basilique de Saint-Laurent célébrée par Monseigneur Audot, archevêque d’Alep en Syrie, celle des Lucs-sur-Boulogne par Dom Pateau, abbé de Fontgombault, selon le rit tridentin, celle de consécration de la Vendée aux Sacrés Cœurs unis de Jésus et de Marie par Monseigneur François Jacolin, évêque de Luçon et celle de clôture en la cathédrale par de nombreux prêtres dont les abbés Lubot, Robineau, Poulailleau et Prigent. Les grands sites de la mémoire vendéenne ont servi d’étape aux pèlerins. Notons particulièrement la chapelle de la Tullévrière, l’abbaye de la Grainetière où Philippe de Villiers a rappelé ce qu’était « Être Vendéen » ou le site de La Rabatelière et le passage du Gois vers Noirmoutier.
Pour quelques-uns, la visite du parc du Puy du Fou a été également possible, avec ces spectacles et particulièrement la chapelle de son château où est exposé l’anneau de Jehanne d’Arc, objet de la vénération des pèlerins des Cœurs Unis. Il y a une quantité imposante de photos, de vidéos et de textes qui seront un jour publiés. Nos lecteurs et adhérents seront informés !
Henry Renoul

Au Mont des Alouettes, en mémoire des Vendéens tombés pour Dieu et le Roy

A l’abbaye de Beauchêne à Cerizay

Mgr Audot

Au Puy du Fou

La messe de clôture à Luçon
“Le président de la République ne devrait pas pouvoir rester s’il avait un vrai désaveu en terme de majorité”
C’est l’idée que s’en faisait un certain Emmanuel Macron, lors d’un de ses grands débats :
❌ À la suite du double désaveu électoral et de la perte de majorité, Emmanuel Macron explique que le Président de la République doit démissionner… pic.twitter.com/sqGCLwNFHF
— Charles Prats 🇫🇷⚖️ (@CharlesPrats) August 29, 2024


