« Je mets mes intérêts financiers au service de mes idées »
Si Vincent Bolloré avait osé faire cette déclaration, nos médias subventionnés joueraient aux indignés, se scandaliseraient face à cette intrusion de la haute finance dans la liberté d’expression, etc.
Mais comme il s’agit de Matthieu Pigasse et que c’est dans Libé, c’est démocratique :

Une réponse à la “démythologisation”
Une passionnante recension du P. Edouard-Marie Gallez sur un livre important :
Inquiesta sulla storia dei primi secoli della Chiesa / Enquête sur l’histoire des premiers siècles de l’Eglise,
Roma, IBS (Libreria Editrice Vaticana), 2024, 737 pages
dir. Enrico dal Covolo & Maxime K. Yevadian
Ce livre magnifique reprend les diverses contributions en italien, en français et parfois en anglais, qui ont été données lors du colloque qui s’est tenu au Vatican en octobre 2021 sous l’égide de Mgr Bernard Ardura, président du Conseil Pontifical pour la Science Historique ; celui-ci en a donné la préface (p. I-IV).
Un des intérêts majeurs de cet ouvrage est de porter officiellement à la connaissance du monde universitaire un certain nombre de découvertes ou redécouvertes faites ces dernières années relativement aux premiers siècles de l’Eglise.
Comme on peut s’y attendre en pareil cas, à l’exemple de la campagne virulente faite par Voltaire contre la stèle de Si-Ngan-Fu (Chine) découverte en 1528 par les Jésuites, certains jugent par principe impossibles les traces d’un christianisme oriental ancien en Inde ou en Chine ‒ et ici, il est question non du VIIIe mais du Ier et du IIe siècle ! De telles attitudes préconçues concernent également des documents occidentaux, car il en existe de cette époque, comme les vestiges chrétiens trouvés à Herculanum et à Pompéi, donc antérieurs à l’an 79 : il s’agit de graffiti chrétiens ou mentionnant les cristiani, une croix que la chaleur a pour ainsi dire figurée sur un mur au-dessus d’un petit banc qui semble destiné à s’agenouiller, et trois exemplaires du cryptage appelé « carré Sator » (ces questions ont été présentées au colloque par Danilo Mazzoleni avec illustrations, p.375-392).
Sans doute la contestation de tout ce qui relève de la foi chrétienne commence dès les débuts du christianisme, mais depuis au moins le temps de Voltaire, elle a pris la forme de l’idée d’une fabrication tardive du christianisme et en particulier des évangiles ; en vertu de cette idée, ce que Jésus a dit de lui-même selon les évangiles ne peut pas être vrai, ni sa Résurrection être un fait historique (la sublimation de son corps) en même temps qu’elle est transhistorique. Tout document sera alors regardé en vertu de ce type de cercle vicieux par principe, comme le latiniste Paul Mattéi le sous-entend assez clairement dans la seconde conclusion de l’ouvrage : « Est-il vraisemblable que, à une époque où, dans l’Empire romain, le christianisme était encore en un état embryonnaire, et la littérature évangélique canonique encore largement en gestation, soit dans le dernier tiers du Ier siècle, il ait été si présent en Extrême-Orient, à la cour des Han, et dans l’Inde du sud ? ». La réponse est donnée dans les présupposés de la question, qui, eux, méritent justement d’être questionnés : ne reposent-ils pas surtout sur une méconnaissance ou une connaissance sélective des recherches ? Comme l’atteste cet ouvrage, celles-ci en effet ont éminemment progressé depuis trente ans en archéologie, en compréhension de l’oralité araméenne (et donc de la fixation des évangiles), et dans d’autres domaines encore.
Ces précautions de lecture étant posées, parcourons les contributions, hormis celle de Mazzoleni déjà abordée. Elles sont regroupées en six parties.
Partie I : Aux origines de l’histoire de l’Eglise : état de l’historiographie
Dans son introduction magistrale, Maxime Yevadian (p. V-XXII) rappelle que les historiens disposent aujourd’hui d’outils bien plus vastes et performants qu’il y a quelques années encore. Par ailleurs, la connaissance de l’histoire de l’Eurasie leur est nécessaire pour apprécier le rayonnement des apôtres ; ne serait-ce une importante raison pour laquelle ceux-ci sont encore les « grands oubliés de l’histoire », selon la question qu’il pose (p. XII) ?
Les contributions s’ouvrent avec Josep-Ignasi Saranyana (Université de Navarre ‒ p. 1-15) sur l’histoire des spéculations relatives au rapport entre foi et raison (en gros, les problèmes de ce qu’on appelle la « théologie fondamentale », qui est effectivement une spéculation autour du « concept de Dieu » ; face à cela, il (re)met en évidence le « rôle providentiel de l’histoire », en référence à Dei Verbum.
Mgr Antonio Pitta (ⴕ 01-10-2024), président de l’Association biblique italienne et pro-recteur de l’Université Pontificale du Latran, laisse une courte analyse (p. 17-23) sur l’apport de Rudolph von Harnack à l’intérêt pour le proto-christianisme.
- Eurasie : un monde d’échanges entre la Méditerranée et la Chine
Claudia Moatti, professeur émérite de Paris 8, met en lumière l’importance des déplacements dans l’Empire Romain, favorisant une diffusion cosmopolite des idées et des cultures dans un monde en mouvement. Il s’agit d’un facteur essentiel qui permet de comprendre l’expansion si rapide du christianisme en des régions tr ès éloignées de la Judée (p. 27-44).
Pour sa part, Yves Roman, professeur d’histoire ancienne à Lyon II, souligne l’ouverture de l’empire romain vers la Chine par les « routes de la soie », en particulier celle maritime, par l’Inde et le port de Muziris. Sans de tels routes d’échanges, nombreuses et fréquentées, le christianisme n’aurait pas pu s’étendre de Jérusalem vers le monde de l’Orient (p. 44-58).
La contribution considérable de Maxime Yevadian, arménologue mondialement reconnu (p. 59-112 avec cartes et photos), traite de la question des colonies hébraïques en Chine à l’époque Han au long des routes de la soie, dont la plus centrale passe par le Ferghana (Uzbekistan-Kyrgyzstan actuels) ; en passant, il souligne le rôle des Arméniens, maîtres de la route du nord, hivernale. « Les communautés hébraïques jalonnaient l’ensemble de ces routes […] Ainsi, dès les premières années de notre ère, la structuration du réseau était à son apogée et doit être prise en comte si l’on souhaite comprendre la rapidité de la diffusion de la prédication évangélique, au travers du support apporté par les communautés hébraïques ».
Federico De Romanis (Université de Rome II) se focalisa sur « le christianisme de l’Inde méridionale à la lumière de l’évolution du commerce romain dans l’océan indien ». Les textes gréco-latins donnent une idée de la richesse de ce commerce, qui permis à des chrétiens de se rendre en Inde (p.113-131 avec deux illustrations).
III. Origine et développement de l’Église
Pour sa part, Bruno Bioul, archéologue (Université de Bourgogne), se centra sur « la Palestine à l’époque d’Hérode le Grand » (p.135-203). Après un survol historique, il nous donne une vaste description multidisciplinaire, soulignant l’entremêlement des populations juives et non juives, quoique dans des lieux généralement séparés.
Anthony Giambrone, o.p., vice-directeur de l’École Biblique et Archéologique Française de Jérusalem, regarde le contexte social de « l’Eglise primitive ». Soulignant à son tour la prospérité économique à cette époque, il évoque les discussions relatives aux synagogues de cette époque (p. 205-232, avec illustrations).
Francisco José López Sáez (Universités Comillas et San Dámaso), aborde la question des « damiers », anciennement appelés structures en filet c’est-à-dire lorsque les perles de la récitation peuvent être dites en ligne ou en vis-à-vis (par exemple 1-2-3-4-5-6 ou 1-4, 2-5, 3-6). L’évangile de Jean est à lui seul un (vaste) damier, un des 17 colliers formant le corpus évangélique mis en lumière en 2003 par Pierre Perrier dans Les colliers évangéliques. A titre d’exemple, voici la structure probable de Marc (p. 265) :
Il s’agit d’une structure pour ainsi dire en trois dimensions, dont le centre est la Transfiguration. Les structures en damiers sont souvent plus simples (à deux dimensions), d’autres exemples sont donnés. Toujours, elles révèlent que leurs auteurs ne peuvent être ni grecs ni tardifs (p. 233-269 avec illustrations).
- La littérature comme source pour l’histoire de l’Église
Contrairement au P. López Sáez qui montre que les douze premiers chapitres des Actes des Apôtres (1,2b-12,24) ou « Chronique de Jérusalem » forment un damier de 5 triplets de perles (cf. fig. 16 p. 266), Daniel Marguerat (université de Lausanne, théologien protestant) pense que ces Actes empruntent à l’historiographie gréco-romaine « ses procédures littéraires » ‒ ils sont en même temps une « proclamation kérygmatique » quant au fond. Bref, il s’agit d’une œuvre mémorielle « destinée à canoniser le passé » et où la Parole-Logos joue un rôle déterminant (p. 273-287).
« L’épideixis ou la forme narrative de la règle de la foi » est le sujet traité par Elie Ayroulet (Institut Catholique de Lyon). Il s’agit de La démonstration de prédication apostolique, le second livre connu d’Irénée de Lyon, dont la structure a été exposée plus haut (p. 268). La règle de la foi qu’elle donne sous forme de narration est axée sur « l’économie du salut : la Création de la part du Père, l’épopée réalisée par le Fils l’action illuminatrice de l’Esprit prophétique » (p. 289-298).
Dans le Satyricon de Pétrone, datant du tout début du IIe siècle, Stéphane Ratti (Université de Bourgogne) étudie « l’empreinte chrétienne » sous la forme des parodies portant sur la parabole du fils prodigue (43), l’onction à Béthanie (71) et le signe du Tau (62 ‒ le Tav d’Ezéchiel qui peut être écrit comme un +, donc similaire à la croix) (p. 299-314). On peut lire des études préliminaires sur le sujet ici et ici.
- Approches régionales de la mission chrétienne et du développement de l’Église
Rome et l’Italie
Ilaria Ramelli, spécialiste mondialement connue de l’Antiquité romaine, n’a pas pu se rendre au colloque mais a envoyé sa contribution (en anglais) : « La Gens Annae et le christianisme primitif : problèmes et recherche » (p. 319-373). Il y est question notamment de Flavius Clément et de Flavia Domitilla, très probablement chrétiens. Ce long article argumente de manière très fouillée cette conclusion : « Même si on n’accepte pas l’authenticité de la correspondance entre Sénèque et Paul (qui, même pseudépigraphique, pourrait dater d’avant le IVe siècle), il est possible que Sénèque en vint à connaître Paul et très probable qu’il connaissait le mouvement de Jésus. Le christianisme est sans doute entré dans la famille impériale au temps de Domitien et, outre une évidence littéraire intéressante comme le Satyricon de Pétrone et Hercules Oetaneus du Ps. Sénèque, l’évidence épigraphique atteste d’un Annaeus Paulus Petrus qui a dû être un chrétien et, homme libre ou non, appartenait à la gens Annaea, se situant entre la fin du Ier siècle et le IIe ou IIIe de notre ère ».
Le monde parthe et arménien
Après la contribution de Danilo Mazzoleni (cf. supra) vient celle de Cornelia Horn (université de Halle-Wittenberg, Allemagne) : « Etablir quelque évidence relative à l’expansion du christianisme dans l’empire parthe » ‒ l’empire parthe devenant celui des Sassanides en 224, ce qui amena des persécutions contre les chrétiens. Dans ses analyses, l’auteur semble négliger le fait que les chrétiens de cet empire étaient majoritairement d’ascendance juive, partageant avec les juifs la manière de prier les psaumes, etc. Elle offre un aperçu des discussions académiques, notamment à propos de la Chronique d’Arbela publiée en 1907 par Mingana. Relevons le présupposé dangereux selon lequel ce dont on ne trouve qu’une trace écrite tardive est inventé à ce moment-là : « L’assertion que Thomas vint en Inde comme but ultime de ses voyages vint d’auteurs tardifs écrivant en syriaque, par exemple Salomon de Basra et Elie de Damas » (p. 422) : les auteurs grecs ou latins devaient-ils être au courant de tout ? (p. 396-438 avec illustrations).
Dans « Chrétienté en Arménie avant son institutionnalisation comme religion d’État, entre histoire et tradition littéraire », Grigor Grigoryan (Université de Yerevan) se réfère à des sources arméniennes encore trop peu connues. Bien sûr, ces sources sont postérieures à l’an 406 quand le moine Mesrop Mashtos inventa l’alphabet arménien. C’est l’occasion de rappeler que l’histoire se transmet aussi par des traditions orales, selon des procédés assurément différents de ceux de l’écriture. Ces traditions sont relatives à l’Arménie chrétienne avant 300 et en particulier relatives à l’évangélisation par Addaï/Thadée et par Barthélemy qui laissèrent des évêques après eux. Une persécution eut lieu vers la fin du IIe siècle-début IIIe (p. 439-451).
Sherly Avedian, architecte et directrice du département des églises iraniennes (Téhéran), n’ayant pu venir, sa contribution fut lue : « Histoire de la chrétienté en Iran ». Elle rappelle la vacance du siège épiscopal de Séleucie-Krésiphon, la capitale, de 379 à 383, à cause de la persécution de Shapur II, et il y en eu d’autres par après, ce qui décida les évêques à adopter les positions de Nestorius et à prendre leurs distances d’avec l’Occident, sous la pression du roi des rois (p. 453-463).
Le monde indien
La contribution de Pierre Perrier (Académie des Sciences, Paris) sur « l’Hymne de la perle » que l’on trouve seulement au cœur de deux manuscrits des Actes de Thomas révolutionne les études antérieures : il s’agit d’un « madrashâ » à remettre dans le contexte hébréo-babylonien. Une traduction nouvelle est donnée, comparée à celle de La Pléiade, et expliquée. Elle révèle un condensé spirituel de la mission de Thomas à Taxila, mission mal préparée qu’il doit corriger, et son retour à Jérusalem par Maïshan. Ce madrashâ aurait inspiré 1 P, réellement écrite par Pierre depuis Babylone (5,13) en 52, et aussi la frise de Kong Wang Shan dont il sera question ci-après (p. 467-516 avec illustrations).
Thattunkal Zachariah Mani (Kerala) étudie depuis des années le papyrus recto-verso Charition désigné par Oxyrhynchos 413 (trouvé dans cette ancienne ville en Egypte en 1897). Ce papyrus faisait partie d’un mime pour les citoyens et probablement aussi pour un public de voyageurs et de marins, d’où l’enchevêtrement de mots grecs, sanscrits, malayalam (langue du sud-ouest de l’Inde), araméens ou hébreux. Or, au moins 31 de ces mots ou expressions relèvent du vocabulaire typiquement chrétien. Le passage de la comédie fait allusion (de manière moqueuse) à un culte chrétien se tenant dans un port de l’Inde, sans doute Muziris. Le papyrus remonte au tout début du IIe siècle. D’où le titre de la contribution : « La pièce grecque Charition du Ier siècle et les chrétiens de Saint Tomas du Kerala » (p. 517-540 avec illustrations).
Dans « Les Actes de Thomas : la date de composition et les structures du texte », Jiphy Francis Mekkattukulam (Marymatha Major Seminary, Kerala) relève les nombreux manuscrits grecs (21) et syriaques (9) du texte. A la page 555, l’auteur donne un plan de ces Actes en fonction des déplacements de Thomas, à comparer avec les structures en pendentifs indiquées par Pierre Perrier en p. 510. Ce texte n’est connu en Occident que depuis Epiphane de Salamine (Panarion, vers 375) mais il signale qu’il est utilisé par des « encratites » et des « apostoliques » ‒ sans préciser depuis quand ; les érudits le datent parfois de la fin du IIesiècle (p. 541-567).
Le monde chinois
Il revient à François-Régis Moreau (Séminaire Saint Martin, France) d’aborder la question du primo-christianisme en Chine (p. 571-598), à la suite du professeur Wang Wei Fan, décédé depuis peu, sous le titre : « L’ornementation des tombes de Xuzhou ». Les représentations à caractère chrétien que l’on pouvait regarder au Han Stone Curvings Museum de Xuzhou sont toutes « en restauration » actuellement et pour un temps indéfini. Il faut être obtus pour ne pas y voir la patte du PC chinois, et il faudra y revenir. L’auteur analyse également une tombe située près de Yinan (Shandong) et un disque en bronze représentant deux poissons et cinq pains : les illustrations sont données en noir et blanc et on distingue beaucoup moins bien la représentation de ce disque que dans ce PDF (ou ici).
« Un miroir rendant grâce à la Vierge Marie ? » : tel est le titre de la contribution de David Linxin He (Max Planck Institut, Munich) relative à un disque-miroir en bronze de 13,4 cm (collection privée). Il doit remonter à une « période assez brève qui va de la fin des Han postérieurs au début des Trois Royaumes ». On y lit clairement une inscription circulaire en blocs de rois idéogrammes dont la lecture immédiate est : fabriquer un miroir divin, vénérer le Dieu unique, la vertueuse mère regarde le Fils de l’homme, il y a un jade/roi resplendissant, le but est important [et] il faut [l’]élever (ce dernier bloc contient en petit un caractère ajouté précisant « il faut »). Une lecture plus subtile (voir ici) ne fait que renforcer le caractère indubitablement chrétien de cette inscription du IIe siècle : l’expression « Fils de l’Homme » que Jésus s’attribue à lui-même et qu’il reprend au prophète Daniel n’a aucun d’équivalent ailleurs, et, bien sûr, la mention d’un Dieu unique en plein milieu polythéiste est typiquement judéo-chrétienne (p. 599-611 avec illustrations).
Réflexions sur une partie de la tradition de l’Église : la vénération des reliques
Parmi les nombreux témoignages que la France peut apporter (ou voir ici), Jean-Michel Sanchez, docteur en histoire de l’art, traita des « Reliques, reliquaires et culte de sainte Marthe à Tarascon ». Après avoir passé en revue des détracteurs du XIXe siècle, l’auteur indique la convergence des indices prouvant la présence du corps sans corruption de Ste Marthe à Tarascon, dont beaucoup des morceaux furent répartis comme reliques dans diverses églises. Le buste reliquaire de la sainte fut détruit en 1794 mais un nouveau fut fabriqué en 1805, contenant d’autres restes prélevés du sarcophage de la crypte (p. 615-644 avec illustrations).
L’ouvrage se termine sur la sœur de sainte Marthe : « Enquête historique et anthropologique sur les principales reliques attribuées à sainte Marie-Madeleine en France », par Stéphane Morin (archiviste du Diocèse de Fréjus-Toulon) et Philippe Charlier (médecin légiste). Comme pour sa sœur, des prélèvements nombreux ont eu lieu sur le corps conservé à Saint-Maximin en vue de fournir les reliques demandées un peu partout (y compris à l’église de la Madeleine à Paris, via l’Italie). Ph. Charlier a reconstitué le visage probable de Marie-Madeleine d’après son crâne, selon les techniques actuelles (p. 645-677 avec illustrations).
Conclusions : bilan d’une recherche en cours (p. 681-690)
D’abord, Angelo Di Bernardino (Institut Patristique Augustinienne, Rome) résume neuf des contributions, celles qu’il présidait le mercredi du colloque (p. 681-685). Puis vient une conclusion générale, celle de Paul Mattéi (spécialiste de littérature latine, Lyon), qui joue (?) à l’hyper-criticisme agnostique. Nous avons relevé en introduction le cercle vicieux de sa position ; elle pose question quand il écrit ‒ comme s’il n’avait pas eu l’occasion d’interroger les contributeurs du colloque sur ses objections ‒: « L’investigation qui nous a été proposée sur « la frise de Kong Wang Shan » (Shueh)Ying Liao) ne saurait conclure trop vite au caractère chrétien du monument sans qu’aient été envisagées d’une manière autant que possible exhaustive les interprétations que pourraient inspirer les traditions religieuses et philosophiques autochtones ‒ je veux dire proprement chinoises ». Justement, aucune autre interprétation que chrétienne n’a réussi à rendre compte de la signification de cette frise aux 107 personnages, sinon de celle d’une petite gravure grossière ajoutée plus tard dans le coin droit et qui est bouddhiste : plusieurs contributeurs le savaient très bien.
Il redit cette « objection identique touchant le « miroir de Xuzhou » (David Linxin He). Il en va de même, mutatis mutandis […] des questions qui se posent à propos du papyrus Oxyrhynque 413 (Thattuntal Mani). Dit autrement, ce qui a souvent été développé dans ce colloque relève avant tout de l’hypothèse ». N’est-ce pas là justement une hypothèse, et sophistique de surcroît ? Car on peut toujours imaginer qu’une interprétation viendrait contredire ce qui a été établi à divers degrés selon des critères rigoureux ‒ les scientifiques savent que ce qui est démontré peut se voir relativisé dans une compréhension plus vaste, mais précisément pas renié, à la manière dont Michel Onfray nie l’existence même de Jésus. La science n’est pas idéologique, le scientisme l’est.
Cependant, cette curieuse conclusion offre un intérêt : elle signale une contribution qui a été donnée mais ne se retrouve pas dans les Actes : celle de Shueh-Ying Liao (linguiste originaire de Taïwan, Université de Bordeaux). Le dogme communiste actuel concernant cette fameuse frise est, sans explications, qu’elle serait bouddhiste ou pré-taoïste (ce qui ne veut rien dire) ; il n’est pas bon en Chine de se poser des questions. Est-ce pour cette raison que l’auteur a demandé que sa contribution soit retirée ? En effet, le PC chinois actuel interdit de dire que le christianisme remonte au temps des apôtres, jusqu’à soustraire des objets de musée au regard du public, comme on l’a signalé plus haut ‒ Mattéi ignorerait-il cette situation ? Heureusement, une ébauche est consultable sur le web, et si celle-ci est effacée de hal.science, on pourra la retrouver ici ou ici. Cette frise remonte à l’an 69 selon les archives impériales chinoises : on comprend donc la fébrilité du PC chinois et des Voltaire d’aujourd’hui. Pour en savoir plus.
Les apôtres auraient-ils donné leur vie pour une invention ? Certes non, sauf si l’on postule que leur existence est hypothétique puisqu’on n’a pas étudié toutes les possibilités du contraire. « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute », a prédit Jésus (Lc 7,23).
Mgr Jérôme Beau nommé archevêque de Poitiers
Le Pape François a nommé aujourd’hui Mgr Jérôme Beau, archevêque de Poitiers, où il succède à Mgr Wintzer nommé en août archevêque d’Auxerre. Mgr Beau est ancien évêque auxiliaire de Paris, archevêque de Bourges depuis 2018. Il prendra ses fonction le 2 mars 2025.
Né le 24 décembre 1957 à Paris, il a été ordonné prêtre le 23 juin 1984 pour l’archidiocèse de Paris.
” Dieu, venez à mon aide !” – L’abbé Gaston Courtois vous donne les clés pour comprendre la souffrance
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Gaston Courtois (21 novembre 1897 à Paris – 23 septembre 1970 à Rome) est un prêtre catholique français, membre de la congrégation des Fils de la Charité ; mais aussi auteur, éditeur, journaliste. Une figure sacerdotale discrète et pourtant hors du commun qui a laissé un héritage immense.
Qui n’a pas connu Les BHBV, les Belles Histoires Belles vies, constamment rééditées, Fripounet et Marisette pour les plus anciens et sans compter que ce bâtisseur a été l’un des premiers à faire découvrir au grand public le père de Tintin, Hergé !
Des études supérieures de lettres et de psychologie, 1915 la guerre,1916 le Front,1917 gravement blessé il est démobilisé, en 1919 le Séminaire de Saint-Sulpice, puis Les Fils de la Charité en 1921. Ordonné prêtre en 1925, nommé en 1929 à l’Union des Oeuvres, il en devient le Directeur de 1937 à 1957. En 1930, le journal Cœurs Vaillants paraît. Son succès immédiat donnera naissance, en 1936, au Mouvement des Cœurs Vaillants, qu’il fonde avec Jean Pihan, puis en 1937 les Âmes Vaillantes. Il reprendra le célèbre « A cœurs vaillants rien d’impossible » sous le pseudonyme de Jacques Cœur. A l’origine de nombreuses initiatives, il monte entre autres : les Éditions Fleurus en 1946, la revue Familial Digest, qui deviendra la revue Panorama Chrétien en 1949. En 1955, il est élu procureur général de son Institut à Rome. En 1960, il est nommé Secrétaire Général et Directeur du Secrétariat international de l’Union Pontificale Missionnaire du clergé. L’abbé Gaston Courtois meurt le 23 septembre 1970.
Les éditions Sainte-Madeleine ont entrepris la réédition de l’œuvre du père Courtois. Sont déjà parus :
– L’art d’être chef. Cet « art des arts », disait saint Grégoire le Grand –, qui inspire encore le haut commandement dans l’armée (Pierre de Villiers).
– L’Ecole des chefs
– Pour « réussir » auprès des enfants
VIENT DE PARAÎTRE :
– Dieu venez à mon aide ! Un petit guide spirituel destiné aux âmes qui souffrent.
Ce volume rassemble deux volumes de spiritualité du Père Courtois. Dans la première partie de ce livre, intitulée” L’âme face à a la souffrance” on retrouvera le texte intégral de la plaquette “Quand l’âme est dans le tunnel” édité par Fleurus en 1952. Quant à la seconde partie, “La souffrance chemin de sainteté”, elle correspond au texte “Quand on souffre” édité aussi par Fleurus en 1964.
Puissent ces ouvrages de spiritualité « pratiques » vous aider à bien tenir vos résolutions de début d’année, puis vos résolutions de carême dans la joie et l’espérance.
Vous retrouverez tous les livres de l’abbé Gaston Courtois sur LIVRES EN FAMILLE, la librairie au service de la famille.
https://www.livresenfamille.fr/1459_abbe-gaston-courtois
Magnificat, une adaptation de l’œuvre de René Bazin au cinéma
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Au mois de septembre, l’Association Ermonia présente, avec tous les membres de l’équipe :
Magnificat, un moyen-métrage de quarante cinq minutes retraçant le discernement vocationnel du jeune Gildas Maguern envoyé au front.
Ne manquez pas de vous abonner à la chaîne YouTube d’Ermonia !
Ermonia propose de plonger son public dans la Bretagne du début du XXe siècle. Entre amour pour sa bien-aimé Anna et vocation sacerdotale, que va choisir le jeune Gildas Maguern. Sur
le front il va faire la rencontre d’un prêtre qui va l’aider à discerner sa vocation. Ce moyen métrage met en lumière les vertus du courage, du sens de l’engagement et du devoir.
Cette réalisation d’Ambroise Boulangé propose une adaptation de l’œuvre de René Bazin et inspirée de faits réels. sous la production de Stanislas Monin, avec une composition musicale
originale d’Olivier Quil.
En août 2023, cinquante bénévoles se sont retrouvés en Bretagne, au manoir de La Bégassière, à Yvignac-la-Tour, pour tourner l’intégralité des scènes.
Depuis juin 2021 Ermonia fait vivre l’Histoire de France à l’écran, dans des réalisations qui choisissent d’unir à la véracité un œil artistique, retraçant l’histoire d’un poilu de la 1ère Guerre Mondiale, dans « La Lettre du Poilu » (2021), celle des Guerres de Vendée dans Monsieur Henri, « Le pardon de La Rochejaquelein » (2022), et celle du vœu de Louis XIII dans « Le Vœu de l’Épée » (2023).
Le film sera projeté au cinéma:
– les 31 janvier à 18h au cinéma le Luminor Hôtel de Ville (20 rue du Temple) à Paris
– le 15 février à 17h et 19h au cinéma le Luminor Hôtel de Ville (20 rue du Temple) à Paris
Pour réserver vos places: https://ermonia-productions.fr/billetterie-magnificat/#billetterie
Vous pouvez aider Ermonia et ainsi soutenir le cinéma indépendant ici: https://www.helloasso.com/associations/ermonia/formulaires/1
« Travail, discipline, respect, politesse » : A l’heure où Mme Borne est ministre de l’Education, c’est trop
Un enseignant de l’école Ligré, près de Chinon, a été déplacé par la direction de l’académie, car ses méthodes “à l’ancienne” ne plaisaient pas, au grand regret des parents qui ont tenté de se mobiliser pour le faire rester.
Les écoliers de CM2 ont dit au revoir à leur enseignant le 10 janvier. Il a reçu une mesure de déplacement de la part de la direction académique.
« Une décision brutale » selon des parents d’élèves et anciens parents d’élèves qui se sont mobilisés. Un instituteur aux « méthodes à l’ancienne » où « travail, discipline, respect, politesse » sont des valeurs cardinales.
« Aujourd’hui, on ne pense que bien-être des enfants. À plus de 30 élèves par classe, il faut obligatoirement de la discipline. Deux, trois parents n’acceptent pas ces méthodes d’enseignement qu’ils jugent trop strictes, trop sévères. »
Selon les parents mobilisés, cette façon d’enseigner porte ses fruits. Ils évoquent des entrées en 6e facilitées ou un goût des élèves pour l’apprentissage.
« Mes trois enfants ont réussi grâce à Jean-Paul. Mon fils dyslexique s’en est sorti, il est pompier volontaire, veut devenir infirmier. »
“L’agonie, la dégénérescence de l’être aimé ne doivent pas conduire à la facilité de l’euthanasie”
Interrogé dans Le Point, David Lisnard déclare à propos de la loi sur l’euthanasie :
C’est un sujet difficile et délicat. J’ai été confronté récemment chez moi à cette situation bouleversante de fin de vie très douloureuse pendant plusieurs mois. Cela a forgé ma conviction : je ne suis pas favorable à une telle loi. Introduire un droit à l’aide active à mourir ne serait pas une simple modification législative, mais un basculement anthropologique majeur. Les exemples étrangers montrent que même avec les meilleures intentions, ces dispositifs engendrent des dérives inquiétantes (en Belgique, au Canada, en Suisse) et, je crois, graves. La loi Claeys-Leonetti offre un cadre équilibré. Elle garantit un respect fondamental de la dignité humaine, sans pour autant franchir des frontières éthiques dangereuses, comme l’euthanasie ou le suicide assisté qui en est une forme.
Aujourd’hui, l’urgence est de répondre à une carence dramatique : seulement 50 % des besoins en soins palliatifs sont couverts. Avec 7 500 lits dédiés et un déficit d’au moins 4 000 lits spécialisés, des milliers de familles voient leurs proches privés d’un accompagnement digne. À cela s’ajoutent des disparités territoriales inacceptables : à la fin de 2023, 21 départements n’étaient toujours pas dotés d’unités de soins palliatifs. Investir dans l’accompagnement humain, le soulagement de la douleur et la recherche médicale est une responsabilité sanitaire et éthique que nous ne pouvons esquiver.
Permettez-moi une dernière réflexion : je n’apprécie pas du tout l’expression « droit à mourir dans la dignité » qu’ont réussi à imposer dans le débat les promoteurs de l’euthanasie – terme d’ailleurs qu’ils ne prononcent jamais. Quand j’ai accompagné un de mes parents à l’agonie en fin de vie, quand aussi je vois dans les Ehpad de ma ville des personnes âgées en dégénérescence physique ou en état de démence, je ne vois pas des personnes indignes, mais des personnes humaines, à soutenir. L’indignité n’est pas là, elle est dans nos lâchetés quotidiennes ou nos comportements de duplicité. Et pour revenir à la fin de vie, ce qui est indigne est de ne pas traiter la souffrance, et là-dessus ceux qui proposent une nouvelle loi ont été utiles en nous obligeant à regarder cette réalité. Techniquement, nous pouvons supprimer la souffrance de la personne en fin de vie, et nous le devons moralement. Ce que permet la législation actuelle.
L’agonie, la dégénérescence de l’être aimé ne doivent pas conduire à la facilité de l’euthanasie. Et puis, qui décide d’appuyer sur le bouton ? J’ai vu un malade âgé demander au summum de ses souffrances à ce qu’on l’aide à partir, puis être de façon inattendue en rémission et dire à ses enfants qu’il avait retrouvé la joie et le goût de vivre. C’est la souffrance de la personne à l’agonie, le problème.
Notre devoir est de construire une société qui honore la dignité humaine, non en abandonnant ses membres dans leur vulnérabilité, mais en les entourant de soin et de soutien.
Le positionnement à gauche d’Elisabeth Borne ne semblait pas offrir de garanties sur le traitement de l’enseignement supérieur
Patrick Hetzel, ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, explique au Figaro pourquoi il n’a pas suivi François Bayrou :
J’ai considéré que les conditions pour une poursuite de mon action n’étaient pas réunies. J’avais été en contact direct avec le premier ministre Michel Barnier et j’avais toujours considéré ce contact direct comme une nécessité pour exercer une mission ministérielle. La volonté de François Bayrou était de créer un grand ministère mais je ne partageais pas cette analyse. C’est pour cela que j’avais indiqué ma disponibilité mais seulement pour un ministère de plein exercice.
Pourquoi la nomination d’Élisabeth Borne en position de ministre de tutelle à l’Éducation nationale vous posait-elle problème ?
Connaissant très bien cette maison de l’Éducation nationale, je sais que lorsqu’il y a des arbitrages à prendre entre l’éducation d’une part et l’enseignement supérieur ou la recherche d’autre part, ces arbitrages se font très souvent au détriment des seconds. Cela est lié au volume représenté par le nombre d’environ 1 million de fonctionnaires compris au sein de l’Éducation nationale. C’est pourquoi cette idée de grand ministère ne me semblait pas bonne. D’un point de vue politique, une autre question s’est posée.
Laquelle ?
Mme Borne avait laissé une image très négative auprès de nos concitoyens et son retour au sein de gouvernement ne m’apparaissait pas comme étant une bonne nouvelle. Aussi, son positionnement à gauche ne me semblait pas offrir de garanties sur le traitement de l’enseignement supérieur ou sur la place que nous devrions accorder à la science et à la recherche. Depuis toujours, je me bats pour une stratégie d’excellence dans ces domaines comme pour la prise en compte de l’insertion professionnelle. Je ne suis pas certain que Mme Borne soit sur la même ligne. Quand on commence à aborder de tels sujets sous l’angle de l’excellence, en orientant l’offre de formation en fonction des besoins du marché, on sait que la gauche n’aborde pas les choses naturellement de la même manière.
Quelles sont les priorités concernant les deux domaines sur lesquels vous aviez commencé à travailler ?
Ma crainte majeure est la dilution de l’enseignement supérieur au sein d’une problématique éducative alors que cet enseignement, étroitement lié à la recherche, impose la prise en compte d’un contexte global. Car nous sommes dans une compétition mondiale du savoir. C’est là-dessus que tout va se jouer. Cette réalité exige des politiques publiques de plus en plus offensives, y compris à l’échelle européenne. C’est pour cela que j’étais allé très tôt à Bruxelles pour préparer les prochains financements cadre de la recherche.
Comment Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur dont vous êtes proche, a-t-il accueilli votre renoncement ?
Bruno Retailleau, lui, avait obtenu des garanties concernant son périmètre ministériel. Il a eu des assurances que je n’avais pas. Il s’est aussi battu jusqu’au bout pour avoir un maximum de LR au sein de ce gouvernement mais les équilibres ont été fixés par le premier ministre. Les nouvelles conditions étaient très différentes pour la droite et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle les Républicains devront rester très vigilants. Car d’une part le nouveau premier ministre n’est plus LR et d’autre part, le nombre de ministres LR est significativement moindre que lors du précédent gouvernement. Nous représentions un quart des portefeuilles contre moins d’un cinquième aujourd’hui. […]
“La censure est dans les gênes de la démocratie européenne”
De nombreux démocrates ont pris parti pour Trump, en voyant comment les démocrates censuraient à tour de bras les réseaux sociaux :
Baltringue Pigasse ! Écoute ce qu’est ton camp progressiste… pic.twitter.com/Ufr8Rwrk2l
— Arcus (@samsung409) January 12, 2025
Depuis Elon Musk a racheté Twitter et Mark Zuckerberg est en train de libérer META…
“Quand on ne respecte pas la vie, comme le font les délinquants, on ne respecte pas non plus la mort”
Extraits d’une entretien donné par Marine Le Pen au JDD :
[…]
Vous avez donc appris la mort de votre père alors que vous reveniez de votre déplacement à Mayotte. De nombreuses spéculations ont circulé à ce sujet. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez réellement appris cette nouvelle ?
À Nairobi, dans l’avion, pendant une escale. Mon attaché de presse est venu me voir en disant qu’il y avait une rumeur sur la mort de mon père. Honnêtement, j’avais déjà vécu ça dix fois. Je rappelle que les journalistes l’avaient déjà annoncée à tort à de nombreuses reprises. Sur le moment, je n’y ai pas cru. Puis, par acquit de conscience, sachant qu’il avait une santé très fragile, j’ai appelé ma sœur pour savoir ce qu’il en était. Et c’est elle qui me l’a appris. J’ai appris la nouvelle à Nairobi, ce qui, finalement, me fait au moins un point commun – sans doute le seul – avec la reine d’Angleterre, qui avait appris la mort de son père au même endroit.
Un magazine a publié sur internet une photo de vous en larmes au moment où vous apprenez la mort de votre père. Comment jugez-vous cela ?
Je trouve ça immonde. Ce qui est impardonnable, ce n’est pas de commettre une erreur, mais de le faire délibérément. Et là, ce n’était pas une erreur. Lorsque Jordan [Bardella], profondément choqué par cette publication, a téléphoné à la rédaction, le directeur de ce journal semblait fier de son coup. Dieu merci, sa direction est finalement intervenue pour retirer cette photo. Mais cela me donne le sentiment qu’aujourd’hui, on vit dans un pays où tout semble permis. Pourtant, tout n’est pas permis.
Est-ce que vous avez le sentiment que, lorsqu’il s’agit de vous, tout semble permis ?
Pardon, mais enfin, certains journalistes ont osé photographier le fils de Romy Schneider sur son lit de mort… Et pourtant, elle ne faisait même pas de politique. Cela relève d’une question de morale, vous comprenez ? Ce n’est même pas une affaire de légalité ou de droit. C’est une question de décence, de respect, de valeurs fondamentales. C’est exactement la même chose que ces manifestations d’extrême gauche organisées après la mort de Jean-Marie Le Pen. C’est le symptôme d’un ensauvagement. Quand on ne respecte pas la vie, comme le font les délinquants, on ne respecte pas non plus la mort. Or, le respect de la vie va de pair avec celui de la mort. Ne plus respecter la mort, c’est s’éloigner de la civilisation telle que nos aïeux et les générations précédentes l’ont bâtie. Et c’est révélateur : ce manque de respect, on le retrouve toujours, curieusement, dans le même camp politique.
Votre père avait dit à propos de Chirac, après sa mort : « Même l’ennemi a droit au respect. » Ce droit, on le lui a dénié ?
Mon père était pétri de cette civilisation et de cette décence. Pour lui, cela allait de soi. Il disait aussi : « D’un mort, on ne dit rien ou on n’en dit que du bien. »
À l’exception de l’extrême gauche, le reste de la classe politique s’est globalement bien comporté. Cela vous a-t-il surprise ?
Honnêtement, je ne pensais pas qu’ils en étaient capables. Nous avons été tellement maltraités, soumis à un traitement de défaveur si systématique, que j’ai été agréablement surprise. D’ailleurs, il est important que ceux qui ont adopté ce comportement sachent que cela me touche, que cela touche ma famille, mais aussi tous nos électeurs. Les gens sont émus de voir qu’on peut, à un moment donné, reconnaître qu’il y a des adversaires politiques, mais que ce ne sont pas pour autant des ennemis qu’on peut déshumaniser. Considérer que des adversaires ne sont plus des êtres humains, c’est tout simplement inacceptable.
Et qu’avez-vous pensé de la réaction d’Emmanuel Macron ?
Je trouve cette déclaration aussi ambiguë que le personnage. Si c’était une pique, je peux vous assurer que le « jugement de l’histoire » sera bien plus sévère pour Emmanuel Macron que pour Jean-Marie Le Pen. Quoi qu’on pense de Jean-Marie Le Pen, même ses adversaires politiques reconnaissent qu’il a détecté, avec une persévérance héroïque pour l’époque, le problème de l’immigration et qu’il a permis à d’autres de défendre ces idées. L’histoire retiendra cela de lui. Et Emmanuel Macron ? L’histoire retiendra qu’il n’a rien vu et, surtout, rien fait.
Au-delà des polémiques, les archives de l’INA ont révélé un véritable corpus politique autour de Jean-Marie Le Pen. Pensez-vous que, pour les Français, ce sera cet aspect qui finira par dominer leur jugement ?
Sur de nombreux sujets, et pas seulement l’immigration, il a été un visionnaire. On parle souvent de l’immigration, mais il faut aussi évoquer la mondialisation, qu’on appelait encore « globalisation » à l’époque. L’un de ses premiers textes sur le sujet, que j’ai relu il y a quelques années, est d’une actualité stupéfiante. Il y expliquait que l’effondrement des frontières entraînerait une aggravation des flux migratoires, car la main-d’œuvre à bas coût deviendrait indispensable face à la concurrence des coûts de production entre pays. Il évoquait déjà la concurrence internationale déloyale et ses conséquences. Et tout cela, il l’avait analysé dès le début des années 1990.
Votre relation avec votre père est bien connue. La fin de sa vie a-t-elle marqué un moment d’apaisement entre vous ?
Marie-Caroline, Yann et moi avions pour mon père un amour infini, et je crois qu’il en avait un tout aussi immense pour nous. Dans une famille, il y a toujours des disputes, des trahisons, des réconciliations… C’est normal. Mais notre famille a été sous les projecteurs pendant 60 ans. Ça, à part les familles royales, ça n’existe pas. Nous, nous avons traversé six décennies avec tout ce que cela implique : mariages, divorces, disputes, retrouvailles… Cela peut donner l’impression d’une saga extraordinaire. Mais en réalité, nous sommes une famille normale. Une famille normale qui fait de la politique, ce qui multiplie forcément les occasions de s’engueuler. Pourtant, nous sommes aussi la preuve de ce qui fait la magie d’une famille. Malgré tout, nous nous sommes toujours aimés. Je sais qu’il a toujours été fier de nous. Et quand l’essentiel est en jeu – et pour nous, l’essentiel a été sa santé –, la famille se ressoude. Les différends s’effacent, les querelles s’oublient, et on se soutient. Parce que finalement, tout le reste n’a pas vraiment d’importance.
Est-ce pour cette raison que vous avez écrit ce tweet : « Un âge vénérable avait pris le guerrier mais nous avait rendu notre père. La mort est venue nous le reprendre » ?
En vieillissant, en quittant en quelque sorte la vie politique, on nous a rendu un père qu’on nous avait toujours pris. La politique nous a tout pris, elle nous a volé notre père. Il était bien plus un dirigeant politique qu’un père dans sa vie quotidienne. Mais avec l’âge, en quittant progressivement la scène politique, il s’est recentré sur ce qui était vraiment important. Et pour lui, quoi qu’on en dise, ce qui comptait, c’était sa femme et c’était nous. Le reste n’avait plus d’importance. L’âge nous a permis de retrouver et de profiter de notre père. (Silence) Et nous étions heureuses de cela.
Après son décès, certains soulignent que c’est vous qui avez, en quelque sorte, tourné la page en l’excluant du parti en 2015.
(Marine Le Pen interrompt.) Ce n’est pas aussi simple. C’est plus compliqué que cela. Mais il faudra qu’on en parle plus longuement, un jour.
Quel est, selon vous, le bilan de cette vie marquée par la provocation ?
C’est un peu injuste de le juger uniquement à l’aune de ces polémiques. Pourquoi ? Parce que la longévité politique, c’est toujours la même chose. Lui, c’est presque 80 ans de vie politique. Et sur 80 ans, sauf si vous êtes une sorte d’ectoplasme sarkozyste ou socialiste, il est inévitable d’avoir des sujets qui suscitent des polémiques. Ce qui est malheureux, c’est qu’il se soit enferré dans ces provocations. En réalité, son côté rebelle et provocateur a fini par prendre le dessus sur tout le reste.
Pourtant, il a confié à plusieurs personnes qu’il était conscient de commettre une erreur.
Le problème, c’est qu’il recommençait. Et c’est là où, moi, à un moment donné, j’ai dit stop. Parce que ce n’était plus possible. Vous ne pouvez pas donner de l’espoir à des gens, leur promettre un avenir meilleur, tout en leur imposant de vivre ce combat politique avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Prendre cette décision a été l’une des plus difficiles de ma vie. Et jusqu’à la fin de mon existence, je me poserai toujours la question : est-ce que j’aurais pu faire autrement ? C’est la grande interrogation qui m’habite. Est-ce que j’aurais pu éviter cela ?
Et est-ce que vous vous l’êtes pardonné ?
Non, je ne me le pardonnerai jamais. (Silence)
Pourquoi ?
Parce que c’était son parti, mais en même temps, ce n’était plus seulement à lui. C’est toute l’ambiguïté. C’était son bébé, il l’avait créé, façonné, construit. Mais il n’en était plus le seul propriétaire. Ce parti appartenait à l’avenir du pays, à tous ceux qui y croyaient. Il n’avait plus le droit de le mettre en danger par provocation, orgueil ou je ne sais quoi. Il n’en avait plus le droit. Et c’est moi qui ai décidé qu’il n’en avait plus le droit. Prendre cette décision a été terriblement difficile. Je ne l’ai pas prise pour moi, car mon confort personnel aurait été de partir du mouvement.
Aviez-vous déjà envisagé de partir ?
Oui, à de nombreuses reprises. J’ai dit plusieurs fois : « J’arrête, je pose ma démission, je quitte le bureau exécutif, je pars, je ne continue pas dans ces conditions. » Je ne voulais pas mener ce combat en permanence avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête, à me demander ce qui allait encore nous tomber dessus. On avait déjà suffisamment de problèmes extérieurs, il n’était pas question qu’on en crée nous-mêmes. À chaque fois, il m’a rattrapée. Mais je ne me pardonnerai jamais cette décision, parce que je sais que cela lui a causé une immense douleur. Mais papa avait aussi un profond respect pour ceux qui prenaient des décisions.
C’est la première fois que vous l’appelez « papa » dans une interview. D’ordinaire, vous dites plutôt « Le Pen » ou « Jean-Marie Le Pen ».
Oui, mais c’est fini, ça. Il n’est plus dans mon esprit l’homme politique, c’est mon père. Depuis sa mort, je pense que Marie-Caroline, Yann et moi ne sommes pas les seuls à nous sentir un peu orphelins. Beaucoup de gens ressentent aussi cette perte, même ceux qui ne l’ont pas connu personnellement. C’était un personnage hors norme, extraordinaire, au sens littéral : hors de l’ordinaire. Tout dans son parcours était exceptionnel. Il a fait des choses dans sa vie qui témoignent de valeurs profondes, des valeurs qui ont parfois été abîmées ou invisibilisées par les polémiques. Mais ce sont des choses que l’on retrouve rarement dans le monde politique.
Pensez-vous qu’il faisait partie des derniers géants d’une génération d’hommes politiques d’un autre calibre ?
Je ne veux pas croire à cela, parce que ce serait admettre que les valeurs françaises ont disparu. Or, elles n’ont pas disparu, elles ne sont simplement plus mises en valeur, plus glorifiées. Mais elles existent encore : le courage, la droiture, l’honnêteté, la culture. Prenez un militant du RN qui habite à Drancy, dans un quartier islamisé, et qui milite malgré tout. Ce type-là a plus de courage que nous tous réunis. Quant à la culture classique, on ne peut pas reprocher aux générations suivantes de ne pas l’avoir, car on ne leur a pas transmis. Lui, même lorsque sa mémoire s’effaçait, pouvait encore réciter du Victor Hugo pendant vingt minutes. C’était profondément ancré en lui. Et c’est là qu’on voit la force de ce qui a été transmis : quand la mémoire disparaît, tout ce qui n’a pas été ancré s’efface.
Comment décririez-vous son rapport aux Français ?
Il était profondément attaché aux Français, affectivement. Je l’ai vu faire des choses très révélatrices. En 2000, je lui demande : « C’est quoi cette alliance que tu portes à gauche ? » Et il me répond : « C’est une vieille dame qui me l’a donnée. Je la garde jusqu’à la fin de la campagne, car c’était son seul trésor, et elle est venue me l’offrir. » Honnêtement, beaucoup de responsables politiques n’auraient rien ressenti face à cela. Il avait une immense affection pour les Français. Quand il parlait, au second tour de 2002, des petits, des sans-grade, de ceux qui ne peuvent pas se défendre, c’était ça, son combat. Il aimait les Français passionnément. Sinon, il n’aurait jamais supporté tout ce qu’il a dû endurer.
Se reconstruire après un avortement
Sandra Dubi est psychologue de formation et pasteur. Ce témoignage s’inscrit dans la suite des témoignages sur la chaîne Youtube de l’ECLJ de femmes ayant avortés, pour présenter une initiative positive d’aide à celles-ci :
La Croix gommée tente de donner des leçons de catholicisme
Stéphane François, Historien spécialiste des droites radicales, professeur en sciences politiques à l’université de Mons (Belgique), est l’expert trouvé par La Croix pour expliquer que
« Le catholicisme de Jean-Marie Le Pen n’était pas celui de l’Église »
Fichtre.
Le catholicisme de La Croix est-il pour autant celui de l’Eglise ?
Néanmoins, cet expert écrit notamment :

Mgr Marcel Lefebvre est mort le 25 mars 1991.
L’avortement, une régression de plusieurs siècles
Jean-Marie Le Pen ne craignait pas de dénoncer l’avortement :
🔴 Jean-Marie Le Pen rappelle, au-delà la question morale, une position profondément humaniste sur l’avortement.
➡️➡️ Tout savoir sur le Menhir : https://t.co/bEyJIBI7cY pic.twitter.com/gQwWTTKxIX— Le Menhir (@LeMenhir_JMLP) January 9, 2025
La ferveur mystique : O magnum mysterium (Tomás Luis de Victoria)
(Ô grand mystère et admirable sacrement, que les animaux aient vu le Seigneur nouveau-né, couché dans la crèche. Ô Bienheureuse Vierge, dont le ventre a mérité de porter le Seigneur Jésus-Christ. Alléluia.)
« Le mystère est, avant tout, Dieu en Lui-même, Dieu comme Celui qui est infiniment lointain, le saint et inaccessible, à qui nul ne peut s’approcher sans mourir, devant qui tout est impur, comme le dit le Prophète : “Je suis un homme aux lèvres impures, et je vis au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; pourtant mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des armées.” Et cet Être très saint révèle Son mystère, s’abaisse vers Sa créature et Se manifeste à elle, mais encore “dans le mystère”, c’est-à-dire dans une révélation pleine de grâce accordée aux âmes qu’Il a choisies, humbles, pures de cœur, non aux insensés et aux présomptueux. Ainsi, la Révélation elle-même demeure un mystère, car elle ne se manifeste pas au monde profane mais se cache à lui pour ne se révéler qu’au croyant, à l’élu. »
« Mais, puisque rien ne peut jamais tromper ou décevoir celui qui agit honnêtement, il serait vraiment nécessaire pour moi – dont l’objectif n’était rien d’autre que la gloire de Dieu et le bénéfice commun de l’humanité – de comprendre profondément et d’espérer obtenir l’approbation pour atteindre tous mes objectifs, quels qu’ils soient. »
Angleterre : 155 membres de gangs pédophiles auraient déjà été libérés
Elon Musk a suscité l’indignation des gauchistes lorsqu’il a pointé la responsabilité du gouvernement dans l’affaire des gangs pakistanais. Les travaillistes britanniques viennent de rejeter la demande d’un député de créer une commission d’enquête sur ce scandale, qui a duré plus de deux décennies, entre la fin des années 1980 et 2010. Ces gangs ont exploité sexuellement des milliers de jeunes filles dans une quarantaine de villes anglaises.
Le retour dans leurs villes d’origine de plusieurs criminels condamnés alimente l’indignation, comme l’explique vendredi 11 janvier le Daily Mail. Au moins 155 des 396 criminels reconnus coupables auraient déjà été libérés. Qari Abdul Rauf, chef du gang de Rochdale, a été libéré il y a près de dix ans. Il n’a pas été déporté vers le Pakistan comme recommandé par un juge et marche désormais « dans les rues de Rochdale comme s’il possédait la ville », déplore une victime auprès du Daily Mail.
Des restrictions ont été imposées à certains de ces criminels à leur sortie de prison. Pourtant, de nombreux autres, tels qu’Azeem Subhani à Halifax ou Mohammed Liaqat à Derby, sont retournés vivre dans les communes où leurs crimes ont eu lieu.
Los Angeles : au milieu du sinistre, une statue de la Vierge Marie
✨️ “Voici les images brutes d’une statue Notre-Dame de Guadalupe restée intacte, entourée de destruction complète. Nous prions pour que cela soit un signe que nous avons besoin de Jésus plus que jamais en ce moment, alors que sa mère nous avertit encore et encore dans de… pic.twitter.com/giGgLtMnh5
— Didier (@LetItShine69) January 11, 2025
Sandrine Rousseau bégaie
Cela fait peut-être la 5e fois qu’elle annonce quitter le réseau Twitter/X :
Hier, j’ai envoyé ce courrier à tous les députés du #NFP pour les inviter à quitter X.
On se lève, on se casse ! pic.twitter.com/9L0ftFQBmS— Sandrine Rousseau (@sandrousseau) January 12, 2025
Nos députés sont sur-payés en regard de leur niveau scolaire :

Déjà le 9 janvier :
Cher·es député·es, cher·es collègues,
Qui suit si je quitte Twitter avec @HelloQuitX ? #helloquitx— Sandrine Rousseau (@sandrousseau) January 9, 2025
Et les années précédentes :

Louise de France : Une princesse au carmel
Dans l’émission Les Belles figures de l’Histoire, Aymeric Pourbaix reçoit Père Jean-François Thomas, jésuite :
Carmélites de Compiègne : une canonisation express
Dans l’émission En Quête d’esprit sur CNews, Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- Père Xavier SNOËK, curé de la paroisse de Notre Dame de Lourdes (20e arr.)
- François LESPES, journaliste et réalisateur
- Olivier MALCURAT, journaliste
Terres de Mission : Ouverture de l’année sainte 2025
Eglise universelle : Ouverture de l’année jubilaire 2025
Le 24 décembre 2024, le pape François a inauguré l’Année sainte 2025 en ouvrant la porte sainte de la basilique Saint-Pierre à Rome. Monsieur le chanoine Guitard nous expose en quoi consistait l’année jubilaire chez les Juifs, en quoi consiste un jubilé dans l’Eglise catholique et quelles sont les pratiques à suivre pour bénéficier des grâces du jubilé. Il nous explicite le thème de ce jubilé : Spes non confundit, l’Espérance ne déçoit pas.
Eglise en France : Les miracles : secrets et mystères
Eric Letty a contribué à la rédaction de ce hors-série (N°41) de Valeurs actuelles. Après avoir défini ce qu’est un miracle, il nous en présente le sommaire qui traite d’abord des miracles des origines, dans la Bible, puis de ceux qui ont jalonné 2000 ans d’histoire de l’Eglise : guérisons, visions, apparitions, prodiges…
Eglise en Marche : Marche pour la Vie le samedi 19 janvier
Porte-parole de La marche pour la Vie, Marie-Lys Pellisier rappelle le caractère exceptionnel de cette Marche, tout juste 50 années après la promulgation de la loi Veil dépénalisant l’avortement. A cette occasion, un hommage particulier, auquel assistera Philippe de Villiers, sera rendu à ceux qui durant toutes ces années ont résisté à la culture de mort. Une partie priante, en fin de cortège, rassemblera ceux qui souhaitent opérer, par la prière, une réparation publique à un scandale public.
L’actualité du Syllabus
Dans France catholique, Philippe Pichot-Bravard revient sur l’encyclique Quanta cura et le Syllabus publiés par Pie IX. Extraits :
[…] L’encyclique Quanta cura et le Syllabus condamnaient les différents aspects de la modernité philosophique, à savoir le rationalisme hérité de Descartes et de Kant, qui, notamment, conduit à nier la nature divine du Christ; l’étatisme, qui ambitionne le monopole de l’enseignement; le régalisme qui soumet l’Église dans l’accomplissement de sa mission spirituelle au contrôle de l’État; la franc-maçonnerie, société secrète maintes fois condamnée par le Magistère depuis 1738; le socialisme, qui assure l’emprise de l’État sur la famille; les doctrines économistes, qui ne recherchent que l’accumulation des richesses matérielles sans souci du bien commun; le naturalisme, qui considère comme un progrès que la société humaine soit gouvernée sans tenir compte de la religion; le panthéisme; l’indifférentisme et le libéralisme moderne, qui promeut une conception relativiste de la liberté mettant sur un pied d’égalité la vérité et l’erreur.
[…]
Le Syllabus s’attaquait également aux institutions des États de l’époque, et notamment à celles de l’Empire napoléonien. Certes, l’Empire n’y était jamais explicitement cité, néanmoins nombre des articles du Syllabus s’appliquaient à lui, épinglant, notamment, les articles organiques complétant le Concordat de 1801, la définition donnée par le Code Napoléon du mariage, le contrôle exercé par l’Université impériale et le Conseil supérieur de l’instruction publique sur l’enseignement, ou encore le positivisme juridique. Le Syllabus reprochait implicitement aux États, et notamment à l’Empire français, héritier des principes de 1789, de ne plus reconnaître ce que Mgr Pie appelait « la royauté sociale » du Christ.
[…]
Dès lors, le Syllabus ne pouvait que se heurter à l’hostilité du gouvernement impérial. Sur les conseils de Mgr Darboy, archevêque de Paris, et de Mgr Maret, Napoléon III signa le 5 janvier 1865, un décret interdisant la publication de l’encyclique Quanta cura et du Syllabus au motif qu’elles « conten[aient] des propositions contraires aux principes sur lesquels repose la Constitution de l’Empire ». Dès lors, le Syllabus risquait fort de n’être connu du public que par les commentaires malveillants de la presse anticléricale… […]
Venez prier à la Marche pour la vie le 19 janvier
Le 19 janvier à 14 h, rendez-vous au Trocadéro (Paris), il y aura pour cette marche pour la vie une PARTIE PRIANTE, par la prière du chapelet, en fin de cortège.
Solennité de l’Épiphanie de Notre-Seigneur : entrée solennelle du Christ Roi dans le monde
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Omnes de Saba vénient, aurum et thus deferéntes et laudem Dómino annuntiántes
Tous ceux de Saba viendront offrir l’or et l’encens en chantant les louanges du Seigneur. Isaïe 60,6
Nous sommes au Temps de Noël liturgiquement parlant (Tempus natalícum). Il se poursuivra jusqu’au 13 janvier inclus. Mais cette période est elle-même sous-divisée en deux Temps.
– le Temps de la Nativité (Tempus nativitátis) qui va des 1res Vêpres de Noël à None du 5 janvier inclus.
– le Temps de l’Épiphanie qui court des Ires Vêpres de l’Épiphanie du Seigneur, le 5 janvier, au 13 janvier inclus.
La Vigile de l’Épiphanie a été supprimée en 1955 mais l’on célèbre le 5 janvier les Ires Vêpres de la grande fête du 6 janvier, fête de 1re classe (ornements blancs).
C’est donc ce lundi 6 janvier que les Rois Mages prennent place dans nos crèches.
Dans l’Ordo de 1962, la solennisation de la fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur, a été fixée, lors du Concordat de 1801, au dimanche qui suit le 6 janvier quand cette date n’est pas un dimanche, soit cette année 2025 le dimanche 12 janvier. C’était autrefois fête d’obligation en France, comme c’est encore le cas en certains pays. Le nouvel ordo de 1970 célèbre toujours la fête le premier dimanche de janvier.
Patrick Banken
Magi vidéntes stellam, dixérunt ad ínvicem :
Les Mages, voyant l’étoile, se dirent l’un à l’autreHoc signum magni Regis est :
Voici le signe du grand RoiEámus et inquirámus eum, et offerámus ei múnera, aurum, thus et myrrham, allelúia
Allons, et cherchons-le ; offrons-lui en présent, l’or, l’encens et la myrrhe, alléluia.
La fête de l’Épiphanie de Notre-Seigneur est une des plus anciennes fêtes de l’année liturgique, fixée au 6 janvier depuis la plus haute antiquité. Elle se célébrait en Orient dès le IIIe siècle et elle pénétra en Occident vers la fin du IVe siècle. Le mot Épiphanie signifie : manifestation. Comme à Noël c’est le mystère d’un Dieu qui se rend visible, mais ce n’est plus aux Juifs seulement qu’il se montre : C’est aux Gentils qu’en ce jour Dieu révèle son Fils (Oraison). Et Isaïe aperçoit, en une vision grandiose, l’Église figurée par Jérusalem, où affluent les rois et les nations, la multitude des peuples qui habitent le bord des mers et la force des Gentils. Ils viennent de loin avec leurs nombreuses caravanes en chantant les louanges du Seigneur et en lui apportant de l’or et de l’encens (Épître). Les rois de la terre adoreront Dieu et les nations lui seront soumises (Offertoire). L’Évangile montre la réalisation de cette prophétie. Alors que Noël célébrait l’hymen de la divinité avec l’humanité du Christ, l’Épiphanie célèbre l’union mystique des âmes avec Jésus. Aujourd’hui, dit la liturgie, en unissant cette fête à celle du jour Octave et du 2e dimanche après l’Épiphanie, aujourd’hui l’Église est unie à son céleste Époux, car le Christ a lavé ses crimes dans le Jourdain, les Mages accourent avec leurs présents aux noces royales et les convives boivent avec joie l’eau transformée en vin. Alléluia. C’est à Saint-Pierre, où se trouvent les reliques du chef de l’Église, que la liturgie célèbre l’entrée des païens dans l’Église. Reconnaissons dans les Mages adorateurs les prémices de notre vocation et de notre foi, et célébrons avec des cœurs pleins de joie les débuts de cette heureuse espérance : car, dès ce moment, nous avons commencé à entrer dans l’héritage céleste (Saint Léon, Matines).
Les textes de la messe insistent surtout sur le premier épisode de cette manifestation : la visite des Mages à Bethléem. Mais les textes de l’office de cette fête, particulièrement l’hymne et l’antienne à Magnificat des deuxièmes Vêpres, nous rappellent que cette manifestation s’est accomplie à l’occasion de trois événements : l’adoration des mages que nous commémorons aujourd’hui, le baptême de Notre Seigneur dans le Jourdain qui sera célébré le 13 janvier, jour octave de l’Épiphanie, et le miracle des noces de Cana que nous retrouverons le deuxième dimanche après l’Épiphanie.
L’Épiphanie c’est donc l’entrée solennelle du Christ Roi dans le monde. C’est ce qu’exprime le chant de l’Introït, dont le texte n’est pas littéralement scripturaire mais s’inspire de passages des prophètes de l’ancien testament, et dont la mélodie est peu développée et presque horizontale, mais très solennelle et assez hiératique.
►Introït : Ecce advenit
Ecce advenit dominator Dominus : et regnum in manu ejus, et potestas, et imperium.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.
C‘est bien lui le Roi. On appelle couramment l’Épiphanie la fête des rois. On parle des rois mages. En fait l’Évangile ne parle pas de rois ; il dit seulement : des mages d’Orient. C’était probablement des prêtres des religions païennes orientales, de savants et aussi de puissants personnages, car dans leur pays à cette époque le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel étaient plus ou moins confondus. Leur caravane était certainement imposante, et son arrivée à Jérusalem a causé un grand émoi. Mais le seul vrai roi c’est le petit enfant, c’est Lui qu’ils viennent adorer. C’est Lui également le Roi que chante le psaume 71, grand psaume messianique que nous retrouverons à l’Offertoire et dont le premier verset accompagne cet Introït :
Deus judicium tuum Regi da : et justitiam tuam Filio Regis.
Seigneur donnez au Roi votre jugement et au fils du Roi votre justice.
►Graduel : Omnes de Saba
Le texte du Graduel de l’Épiphanie est tiré du prophète Isaïe, et plus précisément du passage qui est lu à la messe, juste avant ce chant. C’est d’ailleurs un des rares cas dans la liturgie où le Graduel est tiré de la lecture précédente et c’est aussi un des rares cas, dans les messes des dimanches et fêtes, où cette lecture est tirée de l’Ancien Testament. Pour bien comprendre ce chant, le mieux est de lire en entier ce texte d’Isaïe, qui n’est pas long et qui est magnifique.
» Lève-toi Jérusalem, sois illuminée, car elle est venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Car voici que les ténèbres couvriront la terre, et les peuples seront dans l’obscurité : mais le Seigneur se lèvera sur toi et sa gloire paraîtra en toi. Les nations marcheront à ta lumière et les rois à la splendeur de ton aurore. Lève les yeux autour de toi et regarde : tous ceux-ci sont rassemblés, ils sont venus vers toi. Tes fils sont venus de loin et tes filles surgissent à leurs côtés. Alors tu verras et tu seras comblée, tu seras émerveillée et ton cœur se dilatera quand les richesses de la mer afflueront vers toi et que la puissance des nations viendra à toi. Une foule de chameaux t’envahira, des dromadaires de Madian et de Epha : tous viendront de Saba, apportant l’or et l’encens et proclamant la louange du Seigneur. «
La première partie du Graduel reprend la dernière phrase de ce texte qui annonce d’une façon précise la visite des mages ; même l’or et l’encens sont mentionnés.
Omnes de Saba venient, aurum et thus deferentes, et laudem Domino annuntiantes.
La deuxième partie, au contraire, reprend la première phrase du texte :
Surge et illuminare Jérusalem : quia gloria Domini super te orta est.
Cette Jérusalem nouvelle qui est ainsi glorifiée, c’est évidemment l’Église qui voit affluer vers elle les peuples de toutes races et de toutes langues. On remarquera au début de la deuxième partie l’accent très prononcé de surge, puis la grande montée de illuminare, avant la descente en douceur sur Jerusalem et de nouveau un grand crescendo sur Domini.
►Alléluia : Vidimus Stellam
Si le texte du Graduel de l’Épiphanie était tiré de la lecture qui le précédait, le verset de l’Alléluia au contraire est tiré de l’Évangile qui le suit.
Vidimus stellam ejus in oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Ce sont les paroles des mages au roi Hérode en arrivant à Jérusalem. La mélodie est la même que celle de l’Alléluia du jour de Noël, qui parlait déjà d’une grande lumière descendue sur la terre, et qui invitait tous les peuples éclairés par cette lumière à venir adorer le Seigneur. Aujourd’hui les mages représentant toutes les nations répondent à cette invitation. Cette mélodie elle-même est lumineuse. Elle exprime bien la joie et la reconnaissance de tous ces peuples qui ont reçu la révélation du Sauveur et qui ont tout quitté pour aller L’adorer.
►Offertoire : Reges Tharsis
Le texte de l’Offertoire de l’Épiphanie est tiré du psaume 71, dont nous avons déjà trouvé le début comme verset de l’Introït, et qui est un des grands psaumes messianiques. Il chante la gloire du roi d’Israël, probablement Salomon, à qui tous les rois environnants venaient rendre hommage. On se souvient de l’épisode de la reine de Saba qui est ici mentionné.
Reges Tharsis et insulæ munera offerent : reges Arabum et Saba dona adducent : et adorabunt eum omnes reges terræ, omnes gentes servient ei.
Les rois de Tharse et des îles offriront des présents : les rois d’Arabie et de Saba apporteront des dons. Tous les rois de la terre l’adoreront, toutes les nations Le serviront.
Le roi d’Israël est comme toujours la figure du Messie à qui tous les rois et les peuples du monde entier doivent se soumettre. Les mages d’Orient dont parle l’Évangile ont été les premiers à les représenter. La mélodie comme celle du Graduel exprime une joie bien affirmée. Ses ondulations évoquent très bien la grande procession des peuples en marche vers le Sauveur.
►Communion : Vidimus stellam
Lous retrouvons dans l’antienne de Communion de l’Épiphanie le même texte qu’à l’Alléluia, tiré de l’Évangile du jour.
Vidimus stellam ejus in Oriente, et venimus cum muneribus adorare Dominum.
Nous avons vu son étoile en Orient et nous sommes venus adorer le Seigneur.
Mais la mélodie donne ici à cette antienne assez courte un caractère différent de celui du verset de l’Alléluia, plus intime, plein d’une joie douce et légère. C’est le chant de l’âme qui a reçu la lumière d’en haut et, pleine de reconnaissance, s’empresse d’aller adorer Celui qui la lui a envoyée et se mettre à son service. Cette petite pièce finement ciselée se termine par les mots adorare Dominum très contemplatifs.
Voici que vient le Seigneur souverain ; il a dans sa main la royauté, la puissance et l’empire.
Prix international de la BD chrétienne, 2025 à Angoulême pour Nagasaki 1945 de Nathalie Fourmy
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Le jury du Prix international de la Bande dessinée chrétienne d’Angoulême s’est uni à la Conférence des évêques de France à Paris sous la présidence de Monseigneur Balsa, archevêque d’Albi, Lavaur et Castres.
Le Prix international de la Bande Dessinée Chrétienne a été attribué à l’album Nagasaki 1945 – Takashi et Midori Nagaï, un destin brisé par la bombe, une vie offerte pour la paix.
Scénario, dessin et couleur de Nathalie Fourmy, aux Editions Plein Vent.
À la veille de la seconde guerre sino-japonaise, discrètement soutenu par Midori, la fille de ses hôtes, Takashi Nagaï, brillant étudiant en médecine, chemine dans la foi chrétienne à laquelle il se convertit.
Installé à Nagasaki dans le quartier chrétien, déjà atteint de leucémie en raison de ses recherches en radiologie, sa vie bascule le 9 août 1945 lorsqu’une bombe anéantit la ville…
Le jury a été touché par le choix de l’auteur de laisser la part belle à la beauté de cette foi persévérante, au-delà des horreurs du temps et de présenter sobrement l’action du docteur Takashi auprès de la population japonaise, bien au-delà du cercle des chrétiens.
Le graphisme épuré et un texte simple permettent d’être emporté par la confiance placée en Dieu, au milieu d’évènements dépassant toute compréhension.
Un procès en béatification commun a été ouvert en 2021 pour Takashi et Midori Nagaï.
Plus d’informations, recensions et illustrations sur LIVRES EN FAMILLE
https://www.livresenfamille.fr/de-12-a-15-ans/26449-nagasaki-1945-takashi-et-midori-nagai-un-destin-brise-par-la-bombe-une-vie-offerte-pour-la-paix.html
“Le culte des morts pour la France me paraissait un des éléments fondateurs de la patrie, comme l’est aussi le respect des Français à naître”
Jean-Marie Le Pen avait décrit en 2018 dans le premier volume de ses mémoires, Fils de la Nation, son éducation et sa foi, jusqu’à cette rupture personnelle avec l’Eglise survenue à l’âge de seize ans.
« la religion catholique, la famille et la patrie se trouvaient liées dans le culte des morts. La grande guerre avait fait l’union sacrée dans les cimetières. Les combats fratricides de la laïcité avaient été surmontés dans la fraternité des tranchées.
« Le culte des morts pour la France me paraissait alors, et me semble toujours, un des éléments fondateurs de la patrie, comme l’est aussi le respect des Français à naître : le peuple du passé donne la main à celui de l’avenir. Or notre société se moque des anciens combattants et pratique l’avortement de masse, dans un mépris total de la lignée qui implique le refus de la vie.
« Je me souviens des grands rassemblements des monuments aux morts de Sainte-Anne d’Auray où se trouvaient inscrits les noms de deux cent cinquante mille Bretons morts pour la France, et ce que nous y chantions : Tes fils bretons morts pour la France / Ont espéré sainte Anne en toi / Accorde-leur la récompense / De leur amour et de leur foi ».
« J’ai voulu me rebeller un peu contre une Eglise à qui je dois beaucoup et que j’avais beaucoup aimée. Depuis, j’ai suivi son évolution avec un souci brûlant et un cœur désolé.
« Ma sympathie reste aux traditionalistes. Avec ses prêtres ouvriers, sa théologie de la libération, et ses chrétiens de gauche que j’ai subis à l’université, l’Eglise qui a dérivé vers Vatican II a commis deux fautes.
« La première est politique. Elle s’est alignée une nouvelle fois sur les puissants. En l’espèce, les syndicats, les partis de gauche, le prolétariat, au moment où le marxisme, disons même le communisme, avait le vent en poupe partout dans le monde.
« Ce fut d’autant plus bête que ce mouvement, qu’on disait irréversible, dans “le sens de l’histoire”, fut passager. Aujourd’hui, les mêmes volent au secours de l’invasion triomphante avec l’approbation du monde et des médias, c’est le clergé du côté du manche.
« La deuxième faute de l’Eglise à tendance moderniste, la plus grave, fut de renoncer largement au sacré. Sous couleur de réforme liturgique, il y a eu une rupture brutale, une sécularisation choquante que manifeste l’abandon de la soutane et des habits. Sans doute le clergé sent-il qu’il ne mérite plus de les porter.
« L’orientation nouvelle de la messe, l’abandon des cantiques, des ornements, la niaiserie des formes qui les ont remplacés, me navrent. L’abandon du latin, au moment même où l’on avait le plus besoin d’unité, face à l’impérialisme culturel de l’anglais, me semble si absurde qu’il n’a pu résulter que d’une volonté consciente de rompre avec la tradition pour troubler les fidèles, les couper de leur foi de toujours et de leurs devanciers.
« Toujours cette haine de la lignée, ce refus de transmettre. Le contraire de ce que j’ai appris et que j’ai essayé de faire. Toutes choses égales par ailleurs, j’ai pensé un moment que Mgr Lefebvre appliquait à l’Eglise ce que je tentais de faire en politique : enrayer autant que possible la décadence en attendant la renverse, que la marée remonte. Mais le jusant intellectuel, spirituel et démographique, n’en finit pas et tout se passe comme s’il devait être éternel.
« La France et l’Eglise sont tombées de haut, et moi avec. » (Première partie, chapitre 6).
“Oh Allah, préserve la France, son peuple et les institutions de la République”
Le recteur de la Grande mosquée de Paris Chems-eddine Hafiz a envoyé un courrier jeudi 9 janvier aux 150 imams affiliés à la Grande mosquée, pour leur demander “d’introduire à l’issue du prêche de chaque vendredi des invocations en arabe et en français”. Il souligne attacher “une attention particulière à l’exécution de cette demande”. L’invocation proposée est
“Oh Allah, préserve la France, son peuple et les institutions de la République. Fais de la France un pays prospère, sûr et paisible, où la communauté nationale, dans sa diversité, ses différentes religions, ses convictions et ses croyances, cohabitent dans la sécurité et la paix”.
Cette démarche s’inscrit “dans le cadre de la mise en oeuvre de l’adaptation du discours religieux musulman dans la société française initié par la Grande mosquée de Paris”, précise le recteur.
Le courrier rappelle que certains imams avaient commencé à introduire une invocation pour la France après l’assassinat du professeur Samuel Paty en 2020 et d’autres après le 7 octobre 2023, date des attaques sanglantes du Hamas contre Israël.
Dommage que Gabriel Attal n’ait pas été Premier ministre
Dans une tribune publiée dans Le Figaro, le député Gabriel Attal appelle à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 :
[…] Alors, il est temps. Temps de se débarrasser des procès en culpabilisation et de la rente mémorielle. Temps que les stratégies de déstabilisation cessent. C’est une question de respect pour la France. C’est aussi une question de respect pour les ressortissants algériens vivant dans notre pays, qui, dans leur immense majorité, ne souhaitent que l’apaisement et sont pris en tenailles par les manipulations et les outrances des hiérarques d’Alger. En France, une génération entière de responsables politiques et économiques accède progressivement aux responsabilités. Cette génération, ma génération, n’a pas vécu l’Algérie française, la guerre d’Algérie ou la décolonisation.
C’est une opportunité historique pour établir une relation normale, dépassionnée. Alors saisissons-la pour ouvrir une nouvelle page dans nos relations avec l’Algérie, faite de respect mutuel. C’est essentiel, d’autant que le débat public occulte trop souvent une dimension essentielle de nos relations : nos intérêts économiques et stratégiques. C’est aussi pour les défendre que nous devons établir une relation nouvelle. Face au régime algérien, l’heure de la fermeté a sonné.
La première urgence, c’est d’avoir le courage de dénoncer l’accord franco-algérien de 1968. Cet accord avait un sens dans le contexte de la décolonisation et a bénéficié à nos deux pays. Mais il est aujourd’hui devenu une filière d’immigration à part entière, permettant le regroupement familial et l’installation de personnes, sans même qu’elles aient à connaître notre langue ou montrer leur intégration. De plus, il rend pratiquement impossible de retirer des titres de séjour aux ressortissants algériens, même pour des motifs d’ordre public. C’est injuste vis-à-vis des autres pays et injustifiable auprès des Français.
Ensuite, la fermeté, c’est de réduire le nombre de visas accordés. L’Histoire a montré que c’était possible, mais rarement assez, puisque l’Algérie accorde toujours moins d’un laissez-passer consulaire sur dix dans le cadre des OQTF. Ce n’est pas acceptable, et c’est en diminuant drastiquement le nombre de visas accordés que nous ferons pression et obtiendrons une réaction des responsables algériens. Les efforts ne peuvent pas venir toujours que du côté français. Enfin, l’efficacité, ce n’est pas s’en prendre à tout un peuple, mais pénaliser ses hiérarques qui profitent de nos largesses. Nous devons revenir à un principe de bon sens : quand on ne respecte pas la France, on ne profite pas de la France. Un accord de 2007 permet à tous les détenteurs de passeports diplomatiques algériens de venir et circuler librement et sans contrainte en France. Résultat : la voie est libre pour que des dignitaires algériens, tout en méprisant notre pays, s’y précipitent pour y voyager ou s’y faire soigner – en laissant derrière eux une dette hospitalière à éponger. Cet accord de 2007, aussi, nous devons le dénoncer.
Ces mesures d’urgence seraient un signal fort. Mais nous avons encore d’autres cartes en main. L’arme commerciale peut être un outil très utile. Alors menons au niveau européen les discussions nécessaires pour, s’il le faut, augmenter des tarifs douaniers avec l’Algérie. Entre l’aveuglement de l’extrême gauche et la haine aveugle de l’extrême droite, il y a un chemin : c’est l’efficacité. C’est une relation diplomatique rééquilibrée, qui respecte nos lois, nos frontières, nos intérêts économiques et stratégiques. Qui respecte nos deux peuples car ils n’aspirent qu’à vivre en paix. Derrière cette relation diplomatique à reconstruire autour de principes de fermeté et de respect mutuel, c’est la capacité de la France à se faire respecter qui se joue. Il y a urgence.
Oui, dommage que Gabriel Attal n’ait pas été Premier ministre.

