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L’ensauvagement d’une société sans Dieu

De l’abbé Michel Viot, pour le Salon beige:

Le viol et l’assassinat de la jeune Philippine m’obligent à réagir non pas seulement parce qu’il s’agit d’un acte horrible qui produit le mal que nous imaginons sur ses proches et toute une population, mais encore et surtout parce qu’il manifeste l’échec sanglant d’une société appelée maintenant d’urgence à reconnaître ses torts, sous peine de voir augmenter de tels crimes. Je ne veux pas ici traiter des multiples causes d’un pareil désastre, ayant été aumônier de prison pendant dix ans, j’en quelque idée. Je n’évoquerai que la principale, difficile à exprimer en France parce que c’est le pays qui l’a enfantée et continue à la chérir : je veux parler de la prétention utopique de construire une société sans Dieu. De là vient l’idéologie qui pourrit la justice, la religion catholique dans quelques uns de ses représentants, et bien d’autres choses. Avant donc de légiférer, il faut penser autrement, et surtout prier !

La principale source du mal, pour ses « succès » et sa durée : Jean Jacques Rousseau, et son Contrat social ( 1762). Je cite:

On nous dit qu’un peuple de vrais chrétiens formerait la plus parfaite société que l’on puisse imaginer. Je ne vois à cette supposition qu’une grande difficulté ; c’est qu’une société de vrais chrétiens ne serait plus une société d’hommes…Mettez vis-à-vis d’eux ces peuples généreux que dévorait l’ardent amour de la gloire et de la patrie, supposez votre république chrétienne vis-à-vis de Sparte ou de Rome, les pieux chrétiens seront battus, écrasés, détruits, avant d’avoir eu le temps de se reconnaître, ou ne devront leur salut qu’au mépris que leur ennemi concevra pour eux…Mais je me trompe en disant une république chrétienne, chacun de ces mots exclut l’autre. Le christianisme ne prêche que servitude et dépendance. Son esprit est trop favorable à la tyrannie pour qu’elle n’en profite pas toujours. Les vrais chrétiens sont faits pour être esclaves, ils le savent et ne s’en émeuvent guère, cette courte vie a trop peu de prix à leurs yeux. ». Œuvres complètes vol 5 pp150-154).

Et Robespierre sera son fidèle disciple, en toute logique et sans aucun sadisme, ni esprit de cruauté, il se prononcera pour l’abolition de la peine de mort infligée à des hommes en 1790. En 1792, il demandera la mort du roi qui, parce que roi (catholique de plus) n’était plus un homme mais un monstre. Et en 1793 et 1794, il fera massacrer les Vendéens qui, par par leurs superstitions catholiques, avaient perdu leur qualité d’hommes pour devenir « des brigands ». Cela dit, le rejet du christianisme chez Robespierre, n’impliquait pas le refus de la morale, bien au contraire, comme son maître Rousseau, il a une profonde et sincère exigence de vertu, il a donc besoin de Dieu, mais d’un Dieu « épuré » que les Évangiles et l’Eglise ont déformé. L’Etre Suprême sera ce Dieu, créateur et assurant la vie après la mort, mais n’ayant delivré aucune révélation sinon sa création. Comment alors donner de l’autorité à une morale ou à une justice avec cet Être Suprême qui n’est pas le vrai Dieu ? Par la terreur ! Écoutons l’Incorruptible dans un de ses plus grands discours , celui du 5 février 1794 (Principes moraux du gouvernement français. Archives parlementaires de la Révolution française 1962 tome 84 pp 330-337)

« Si le ressort du gouvernement populaire dans la paix est la vertu, le ressort du gouvernement populaire en révolution est à la fois la vertu et la terreur : la vertu sans laquelle la terreur est funeste, la terreur sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier, qu’une conséquence du principe général de la démocratie, appliqué aux plus pressante besoins de la patrie. » (1)

Tout esprit averti et un tant soit peu cultivé relèvera les caricatures anti-chrétiennes de notre philosophe, mais il ne pourra pas s’empêcher, s’il est honnête, d’y reconnaître, hélas, des thèmes de certains prêches ou écrits, à l’estampille catholique. Cependant , il n’empêche que ce « jugement » de Rousseau sur le christianisme est à la base de la laïcisation de la société et se son lent travail d’expulsion du Christ de son sein. En juin 1794, la France connaîtra le culte de l’Etre Suprême, une religion civique, et une première séparation de l’Eglise et de l’Etat le 21 février 1795.

Napoléon qui avait été très proche de Robespierre et surtout de son frère Augustin avait été témoin de l’aventure de l’Etre Suprême et de son échec. Et bien qu’à l’époque où il prit le pouvoir en 1799, ses préférences allassent vers cet ancien culte révolutionnaire, il signa le Concordat de 1801 qui rétablissait le culte catholique. Il manifestait ainsi son pragmatisme politique, il indiquait de plus qu’il n’existait pour la France, dont il connaissait bien l’histoire, qu’une alternative, le culte du Dieu des chrétiens ou le culte de l’homme ; et cette vérité demeure.

Ce n’est que le 9 décembre 1905, qu’eut lieu une deuxième séparation d’avec l’Eglise, qui dure toujours. Pendant plus d’un siècle (1801-1905) , et ce avec la permanence du raisonnement de Rousseau , auquel s’ajouta tel ou tel événement (du style «  affaire Dreyfus »), on en arriva à la situation actuelle. Sa forme législative est certes assez particulière à la France, mais son esprit demeure le même chez tous ceux qui veulent empêcher le christianisme d’avoir une quelconque influence dans la société.

Ce qui a fait reculer la séparation de l’Eglise et de l’Etat par les politiciens français à partir du véritable avènement de la III ème république, en 1879, ce fut la question de la morale . Sur quoi fonder la morale laïque, puisqu’on voulait faire abstraction de Dieu ? Chacun connaît la réponse de Jules Ferry au Sénat le 28 mars 1882, cette morale sera « la bonne vieille morale de nos pères, la nôtre, la vôtre, car nous n’en avons qu’une ». Cette volonté se traduira dans les faits pendant un certain temps,  il y aura en effet des leçons de morale à l’école. Mais cela ne durera pas.

Le Pape Léon XIII avait prévu cette terrible évolution et avait averti des dangers que faisait courir à la société la « mise à la porte » de Dieu !

(Encyclique Libertas praestantissimum 20 juin 1888 ) « Ce qui vient d’être dit de la liberté des individus, il est facile de l’appliquer aux hommes qu’unît entre eux la société civile, car ce que la raison et la loi naturelle font pour les individus, la loi humaine promulguée pour le bien commun des citoyens l’accomplit pour les hommes vivant en société…De tels commandements ne tirent aucunement leur origine de la société des hommes ; car de même que ce n’est pas la société qui a créé la nature humaine, ce n’est pas elle qui fait que le bien soit en harmonie et le mal en désaccord avec cette nature ; mais tout cela est antérieur à la société humaine elle-même et doit être rattaché à la loi naturelle, et partant à la loi éternelle. Comme on le voit, les préceptes de droit naturel compris dans les lois des hommes n’ont pas seulement la valeur de la loi humaine, mais ils supposent avant tout cette autorité bien plus élevée et bien plus auguste qui découle de la loi naturelle elle-même et de la loi éternelle…si l’on fait dépendre du jugement de la seule et unique raison humaine le bien et le mal, on supprime la différence propre entre le bien et le mal ; le honteux et l’honnête ne diffèrent plus en réalité, mais seulement dans l’opinion et le jugement de chacun ; ce qui plaît sera permis….D’autres vont un peu moins loin ( c’est à dire qu’ils ne refusent pas la référence à Dieu)…selon eux, les lois divines doivent régler la vie et la conduite des particuliers, mais non celles des États ; il est permis dans les choses publiques de s’écarter des ordres de Dieu et de légiférer sans en tenir aucun compte ; d’où naît cette conséquence pernicieuse de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.( après avoir défini toutes sortes de liberté le Pape concède ce qui suit par réalisme politique et pour éviter un « trop » de rigueur) …Néanmoins, dans son appréciation maternelle, l’Eglise tient compte du poids accablant de l’infirmité humaine, et elle n’ignore pas le mouvement qui entraîne à notre époque les esprits et les choses. Pour ces motifs, tout en accordant de droits qu’à ce qui est vrai et honnête, elle ne s’oppose pas cependant à la tolérance dont la puissance publique croit pouvoir user à l’égard de certaines choses contraires à la vérité et à la justice, en vue d’un mal plus grand à éviter ou d’un bien plus grand à obtenir et à conserver. ».

Et les successeurs de ce grand Pontife ont repris sa doctrine, avec des modalités différentes, car si la doctrine ne change pas, ce n’est pas le cas des hommes et des sociétés . Vatican II se situe dans cette continuité.

Au moment où se clôturait ce Concile,  la France vivait une laïcité apaisée, je l’ai écrit  précédemment, mais force est de constater que, depuis 2012, ce n’est plus le cas. Les lois sociétales défiant la raison et la morale se sont succédées et d’autres encore pires se préparent. L’enseignement catholique est menacé, nos églises constamment profanées. Je pourrais continuer ma liste.

La réponse des autorités politiques se résume à un renforcement de la Laïcité, idéologie élevée au rang de religion d’Etat. Certains évoquent même 1789 et la suite…pour un ancien ministre de l’Education nationale, « La révolution française n’est pas terminée ». Désacralisation et neutralité religieuse de l’espace publique sont devenus les deux mots d’ordre du  combat à mener présentement. L’esprit moderne se voit refuser tout accès à la loi naturelle, il est abandonné à ses pulsions, les prêtres ( que certains veulent désacraliser) à leurs déviances éventuelles, les magistrats ( qui ne se sentent jamais assez libres) aux utopies les aveuglant quant à leurs devoirs, et les criminels à leurs envies.

Quand de grands intérêts sont en jeu, on peut cependant maintenir l’ordre un moment, dans un lieu bien délimité, mais avec un déploiement de forces exceptionnelles, impossible à maintenir longtemps . L’exemple de la sécurité sur les différents lieux des jeux olympiques en est un exemple. Pratiquement tout ce qui existait comme force de l’ordre, en France , était mobilisé dans ces lieux qui seuls aussi captaient les regards des juges, puisque que c’est vers cette période qu’on a laissé sortir de prison un homme très dangereux et qu’on a négligé son expulsion de France, probablement avec un arrière fond assez fort de légalité. Ce n’est pas de nouvelles lois que viendra une quelconque amélioration !

Ne comptant que sur des forces matérielles et ne vivant que d’une « spiritualité » frelatée, ceux qui dirigent notre société sont vite réduits à l’impuissance.Depuis de très nombreuses années le principe d’autorité est bafoué, parce que toute autorité vient de Dieu qui n’a plus sa place dans l’espace public. Ainsi tous les détenteurs de pouvoirs sont condamnés à l’impuissance, surtout si pour se résigner à cette dégénérescence, ils l’ont transformée en doctrine. Certains prêtres catholiques, surtout après la « révélation » des abus, oh combien exagérée dans les chiffres , ont donné le triste exemple d’une repentance masochiste , bien peu évangélique. Certains magistrats, surtout parmi ceux qui avaient érigé un mur des cons sur lequel ils affichaient les photos des victimes de criminels et aussi leur famille, je pense, en particulier à une jeune fille violée , puis tuée, et il y avait aussi la photo de son père ! Et c’est la même race de juges qui octroya un  bracelet électronique au fiché S qui égorgea le père Hamel. Et on pourrait là aussi continuer la liste aux conséquences sanglantes de décisions de justice fort étranges.

Les lois existent, mais parmi les humains qui sont chargés de les faire appliquer, un certain nombre en est incapable. Non pas par manque d’intelligence, mais au nom d’une idéologie «  optimiste » , celle de la philosophie des Lumières, prompte à absoudre le pire criminel pour condamner la société coupable de tout. Et les victimes, faisant partie de la société partagent l’opprobre dont la couvrent (inconsciemment je l’espère) nos juges. Dans le cas présent, la jeune fille, victime, était suspecte, son nom, elle habitait les beaux quartiers, était catholique pratiquante et engagée dans sa foi, fréquentait un milieu privilégié. Quant à son assassin présumé, il était un pauvre rejeté ! Ces magistrats idéologues font penser à ces professeurs de mai 1968 qui notaient aux examens de cette époque, 20 sur 20 une copie blanche ! Déni de réalité absolu!  Le même qui se traduit par le refus de considérer la prison comme une sanction normale ( mais il faudrait bien sûr améliorer nos prisons et les «  diversifier »). Mais on doit aussi poser la question de la psychiatrie en milieu carcéral. Les médecins ne sont pas en cause, ceux qui doivent leur verser des honoraires convenables, oui ! Car la sanction en matière de viol dépend certes de la loi, mais la rédaction même de cette dernière, et l’application de la sanction requièrent une très grande participation des psychiatres. N’en déplaisent aux idéologues, la perversité humaine existe, quelquefois inguérissable. Cela ne signifie pas qu’il faille rétablir la peine de mort. Elle n’est pas nécessaire, surtout pour un pays civilisé, en temps de paix, même relatif ! Seul le temps de guerre ou l’état de siège pourraient justifier un rétablissement temporaire de la peine capitale. Mais ce n’est pas le problème urgent qui se pose aujourd’hui.

Pour reprendre le langage des maîtres stoïciens, la France, comme beaucoup de pays d’Europe doit retourner à ses « convenables », à savoir la civilisation chrétienne qui comporte comme annoncé au début de ce propos l’espérance religieuse juive accomplie en Jesus-Christ, la sagesse grecque et le droit romain. Pendant des siècles, l’Eglise catholique a transmis ce trésor aux pays où Elle se trouvait , une civilisation s’est construite ! Il est clair que maintenant, on veut la détruire en organisant le désordre civil et moral par l’exclusion de Dieu de l’espace public ! Comme l’écrivait Léon XIII dans l’encyclique citée, l’Etat ne peut pas être athée. Combien faudra-t-il de victimes, par le viol, l’assassinat, la drogue, pour que nous nous réveillions et agissions ? Et surtout arrêtions de croire à une Laïcité messianique !

Connaissez-vous Guillaume de Thieulloy ?

Dans cet entretien passionnant et truffé d’anecdotes, Victor Aubert reçoit Guillaume de Thieulloy, directeur de la publication du Salon Beige, pour un échange sur son parcours, ses engagements, et sa vision du monde contemporain.

Guillaume de Thieulloy est un journaliste et écrivain français renommé, né le 30 avril 1973. Docteur en sciences politiques, il s’est spécialisé dans la théologie politique et la philosophie thomiste. Tout au long de sa carrière, il a cumulé les rôles d’assistant parlementaire, directeur de publications et auteur d’ouvrages, tout en menant une vie de famille en tant que père de quatre enfants.

Programme :

  • 00:44 Un parcours hors norme : Guillaume de Thieulloy revient sur son cheminement unique, depuis le séminaire jusqu’à son doctorat en études politiques, en passant par ses nombreux projets dans les domaines politiques, médiatiques et culturels.
  • 02:49 Pris en tenaille entre la vie d’attaché parlementaire Les Républicains et les engagements catholiques
  • 20:56 Le Salon Beige : Découvrez les origines et l’évolution de ce média incontournable pour les catholiques en France, créé en 2004 dans un contexte de transformation numérique et sociale.
  • 44:37 La vie politique française : Grâce à ses expériences en tant qu’attaché parlementaire, Guillaume de Thieulloy offre une analyse lucide et critique de la situation politique actuelle en France, tout en la comparant aux années passées.
  • 55:22 La situation de l’Église : En tant que catholique engagé, Guillaume de Thieulloy partage sa perception des défis actuels que traverse l’Église.
  • 1:14:37 L’avenir de la jeunesse : Enfin, il exprime ses espoirs et ses attentes pour la jeunesse française face aux défis du 21e siècle.

Hammana, « le plus beau village du Liban » ?

D’Antoine Bordier, auteur de Arthur, le petit prince du Liban :

A couper le souffle ! Alphonse de Lamartine ne s’était pas trompé. Aujourd’hui, grâce à ses villageois et à sa longue histoire, Hammana est considéré comme l’un des plus beaux villages du Liban. Pour en avoir le cœur net, nous nous sommes immergés à 1 111 m d’altitude, entre cascades, cerises, palais, pommes et villageois. Reportage au cœur de l’Entrepreneuriat, de la Francophonie et du Vivre-ensemble libanais.

« Soyez le bienvenu… » Ce mardi soir, ils sont une quinzaine à s’être donné rendez-vous dans la très belle Maison de l’Artiste, qui jouxte la municipalité de Hammana. « Nous n’avons plus de maire depuis 2 ans, et cette maison a été conçue et financée par un entrepreneur, Robert Eid », introduit Joe Hatem. Le franc-parler de ce Libanais, qui ressemble plus à un menhir breton qu’à une montagne libanaise, est touchant. Il roule les r comme autant de gouttelettes d’eau qui chahutent dans les cascades. Son teint hâlé nourri au soleil du Levant ne laisse aucun doute : il est bien Libanais. Il est même l’un des entrepreneurs en informatique de gestion les plus engagés au Liban. En 1982, alors que toute sa famille vit en Grèce, il décide, seul et contre l’avis de ses parents (il n’a pas 30 ans) de rentrer au Liban. « Oui, c’était risqué, très. La vieille maison familiale de Hammana, notre berceau familial, venait d’être bombardée par les Israéliens. Le dernier étage, tout le grenier, avait été soufflé ». Pascale, sa femme, ajoute : « Sa maison était devenu un poulailler à ciel ouvert. » Un poulailler au pays du Cèdre !

La force tranquille

La force tranquille de ce Joe, qui dès le plus jeune âge avait la passion des ordinateurs, en impose. Dans le grand salon de la Maison de l’Artiste, qui sert aussi de salle de spectacle, les 14 villageois racontent, tour-à-tour, leurs histoires. Ils évoquent la francophonie, l’éducation, les festivals, les nouveaux entrepreneurs qui viennent d’investir dans le centre du village, le village qui retrouve son lustre d’antan. Des bars aux restaurants, en passant par les hôtels et d’autres projets, le village accélère sa mutation pour accueillir les touristes, de plus en plus nombreux. Ils marchent dans les pas de Lamartine, dégustent les célèbres cerises et pommes le temps d’une fête. En plein été, ils recherchent la fraîcheur qui descend des montagnes, un véritable trésor.

Hammana avec ses 3 000 habitants, qui deviennent 5 à 8 000 pendant les grandes vacances, a été choisi en 1996 par l’Institut d’études politiques de Paris et l’UNESCO comme le village typique libanais. La même année, qui s’en souvient ? Jacques Chirac se rendait pour la seconde fois au Liban. Il avait souhaité au Liban « qu’il exerce sa souveraineté sur la totalité de son territoire », alors qu’il était occupé par les Syriens (1976-2005). Ce que n’avait pas manqué de faire, également, Israël. Un pays très convoité !

Les enfants de Hammana racontent

C’est certain, Amal, Jean, Annie, Pierre, Daad, Walid, Maya, Joseph, Antoine et Eliana, Joe-Charbel, Katia, Joe et Pascale, etc., sont des amoureux. Ils sont les pierres vivantes qui font bouger les lignes. Ils redonnent vie à leur vieux village, triplement millénaire.

C’est le cas d’Amal, une femme haute en couleurs. Elle évoque son « grand-père qui en avait été le maire ». Présidente de la Société Saint-Vincent de Paul, l’ONG caritative française née il y a 190 ans, elle consacre sa vie aux autres. Jean, lui, est documentariste et bénévole à la Maison des Artistes. Il passe son temps « à travailler sur des sujets de notre mémoire collective ». Et, au Liban, le sujet est majeur : ne pas oublier ses racines !

Pierre, de son côté, est un entrepreneur. Il vit entre Beyrouth et Hammana : « En 2018, j’ai ouvert un pub qui s’appelle Drink on the side ». Au départ, personne n’y croyait. Et, depuis, sa petite entreprise fait partie des éléments fédérateurs qui accompagnent les nouveaux projets touristiques. De plus, elle est devenue le passage obligé des copains d’abord qui aiment s’asseoir autour d’une table. Annie, de son côté, nous parle de la « pétanque ». La pétanque ? « Oui, le Liban regroupe plus de 500 licenciés, répartis dans une vingtaine de clubs. » Cette Libanaise qui a vécu aux USA est très heureuse d’être rentrée au pays. « Je m’investis beaucoup dans la vie associative locale, notamment lors de La Foire de Noël ». Au Liban, elle fait partie des 5 à 7% des femmes joueuses !

Lamartine…

Daad est enseignante au Collège Saint-Antoine. Professeure de français, elle déclare littéralement sa flamme à la France, aux Français, et, surtout, à Lamartine. Elle connaît par cœur des passages entiers de son œuvre magistrale : Voyage en Orient, paru en 1835. Sa passion est débordante. Elle porte sur elle une broche à son effigie. C’est une fan ! Antoine et sa femme Eliana sont, eux-aussi, des entrepreneurs, dans le tourisme et le sport. Avec leur neveu, Joe-Charbel, ils ont réussi, à transformer, petit-à-petit, le village en hub sportif : biking, hiking et randonnées sont au menu. Ils y ajoutent une coloration écologique de premier plan. Lamartine qui était un grand cavalier apprécierait. A Hammana, Walid et Maya, frère et sœur, ont transformé leurs talents d’entrepreneurs dans l’architecture et le design mobilier. Ils y ont ouvert un café et un restaurant. Quant à Joseph, après une expatriation aux USA, il est rentré au village dans les années 1990. Lui-aussi a ouvert un café, le Side Walk Café. Depuis, il travaille avec la Fondation René Moawad, du nom de l’ancien Président assassiné en 1989.

Le Régional : une déclaration d’amour ?

L’immersion continue. Les 1 100 à 1 300 mètres d’altitude donnent à ce reportage un petit air alpin. Et, la fraîcheur du soir est au rendez-vous. La température descend aux alentours des 20°C, après avoir tutoyé les 35°C. Avant d’arriver au village, en début de soirée, Joe Hatem avait traversé une mer de nuages, qui donnait à cette escapade des tonalités de conte de fées presque magiques. Une mer, des nuages où l’écume blanc du lait qui descend des montagnes, ruisselle dans les vallées.

Au programme du lendemain matin : le plein soleil qui s’engouffre dans les ruelles pavées, et, les retrouvailles avec Maya Nabhan, que nous avions rencontré la veille. L’entrepreneuse-voyageuse a ouvert avec son frère le café-salon de thé, Le Régional. Il a un petit air de France, du célèbre Salon de thé Angelina, à Paris. Maya parle un français presque parfait. Elle déborde de sourire : « Nous avons ouvert, avec Walid, il y a tout juste 40 jours. En fait, je n’ai pas tellement connu le village. J’y suis revenue après la guerre. J’ai fait des rencontres merveilleuses avec les villageois, comme Joe et Pascale. Nous passions des soirées fabuleuses. » Ce qui les anime et les rassemble ? « L’amour pour le village… » Comme si le village était une vieille dame, aux robes les plus élégantes et fleuries, qu’il fallait embellir. Ou plutôt, une grande maison familiale avec des cousins partout, dans tous les recoins.

« C’est pour cela que notre café s’appelle Le Régional. » Maya évoque sa vie d’entrepreneure. « Oui, je ne viens pas de ce monde-là. Je viens du design… » Pourtant, cela fait 20 ans qu’elle travaille dans le domaine de la restauration en tant que designer. Et, cela se voit. La façade, les murs en pierre de taille, le mobilier simple et raffiné, l’attention donnée aux objets et aux produits, les couleurs, tout cela ressemble à quelques poésies de…Lamartine. Séquence entreprendre au féminin !

Mayrig, le restaurant arméno-libanais

En plus du café, ils ont ouvert le restaurant arméno-libanais Mayrig, qui, là encore, est de toute beauté architecturale. Mayrig est présent au Liban, en Arménie, en Arabie, en Egypte, aux Emirats et aux Maldives. A Hammana, les murs du restaurant attirent le regard. Ils rappellent ceux d’une vieille crypte monastique. « Nous sommes partenaires avec Aline Kamakian », explique Maya qui vient d’ouvrir le four pour en sortir des viennoiseries : des croissants (aux graines, pur-beurre, etc.) et des pains au chocolat. Un parfum de farine vieille France et nouveau Liban s’évapore et envahit la pièce. Séquence dégustation.

Aline Kamakian ? Cette Libanaise d’origine arménienne est à l’origine de cette saga gastronomique qui porte ce joli nom de Mayrig (maman en arménien). Le 4 août 2020, cette miraculée des guerres de 1975-1990 – elle avait, alors, 7 ans – avait vu son restaurant de Beyrouth être soufflé comme un fétu de paille. Sa trentaine d’employés et elle-même avaient été gravement blessés. En 2015, elle avait reçu le Prix de l’Entrepreneuriat féminin libanais, attribué par la BLC Bank. Les Libanais sont résilients. Les femmes encore plus. Ce sont des résistantes et de redoutables cheffes d’entreprises.

Direction le palais Mezher et… Lamartine

Cette fois-ci mon chauffeur (et mon guide) s’appelle Fadi Nasr. Après Joe Hatem, c’est lui qui me conduit aux portes d’un palais… des mille et une nuits. La veille, le fait de l’apercevoir dans la nuit sur son piton rocheux, revêtu de son manteau de pierre, pavé d’élégance architecturale dominant la vallée en contre-bas, avait donné cette première impression : des mille et une nuits ! Il était éclairé d’ombres et de lumières.  Mystérieux, il était inaccessible. Il tutoyait même quelques nuages. Mais là, en plein jour, le mystère est devenu réalité. Une réalité raffinée des plus authentiques. De ses hauts-murs, il surpasse la vallée. Sans nul doute, sa propriétaire y a apposé son empreinte faite d’élégance. « Ah, que ce palais est beau », a dû s’exclamer intérieurement Lamartine en le voyant pour la première fois en 1833. De marche en marche, d’escalier en escalier, la cour intérieure et le patio sont une invitation à l’embarquement immédiat pour un long voyage de 800 ans.

Linda El-Eid Mezher, veuve de feu Rachid, accueille les bras chargés d’histoires. Elle se transforme en guide et fait visiter les premières pièces. Dans ses mains, un livre. « Regardez, c’est l’une des premières éditions de Voyage en Orient. » Lamartine est de retour… Le bois d’ébène des meubles anciens, typiques du Levant, les fenêtres aux couleurs du pays, les lustres avec leurs pierres précieuses, les tapis orientaux, et les tableaux-portraits de ses ancêtres sont autant de récits familiaux. L’accès à la grande terrasse, qui encercle, telle une couronne, la partie de la majestueuse bâtisse, est un appel à la contemplation. La vue sur la vallée est époustouflante. « C’est de là qu’Alphonse de Lamartine qui a dormi au palais a déclaré : “ […] le château du cheikh de Hammana surpasse en élégance, en grâce et en noblesse, tout ce que j’avais vu dans ce genre…” » Elle referme son livre.

H comme Histoire

L’histoire de Hammana commence bien avant ces 800 ans. Elle s’écrit avec celle des Phéniciens, des Romains, puis, des Druzes et des Maronites. « Hammana était au cœur des échanges commerciaux entre l’Occident et l’Orient. A côté de notre palais, il y avait un caravansérail et des écuries. » Nous plongeons encore plus dans son passé. Nous empruntons les chemins de la mythique Route de la soie. « Il y avait même des soieries, mais elles ont toutes fermé. »

Linda El-Eid Mezher est Druze. Les religions sont importantes au Liban. En France, il y a la laïcité. Au Liban, les religions et la politique sont liées, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.

Les Druzes et les Maronites ? Ces-derniers sont devenus majoritaires à Hammana. Les valeurs du vivre-ensemble en assurent l’équilibre, depuis longtemps. « Au 16è siècle, les Druzes ont fait appel aux Maronites pour travailler leurs terres. »

Dans le salon, Linda se dirige vers un médaillon, qui aiguise l’attention. Il est en plâtre et représente Alphonse de Lamartine. « En 1933, à l’occasion du centenaire du passage de Lamartine, l’ambassadeur de France nous a rendu visite et a offert cette médaille. » L’histoire se transmet de génération en génération.

Robert Eid, le banquier-bienfaiteur 

« Le village est au centre géographique du Liban », assure Robert Eid, tel un géographe. Mais, il est le banquier-bienfaiteur de Hammana. Ce qui est étonnant, c’est sa ressemblance comme deux gouttes de lait, à s’en méprendre, à l’écrivain Joseph Kessel. Son visage plus ou moins carré à la mâchoire kesselienne, surmonté de ses lunettes fines, ses gestes lyriques et ses histoires autobiographiques, lui donnent un goût de personnage tiré de l’un des romans du célèbre Russe blanc. Ce n’est pas en Afghanistan et au Pakistan qu’il a fait ses armes professionnelles, mais au Koweït, en Argentine, en France, en Angleterre, en Arabie Saoudite et au Liban.

Dans l’un des salons de son boutique-hôtel Cherrytales, il raconte son histoire. Ici, les cerises sont bien une institution. « Oui, il faut venir au Festival de la Cerise en juin. Toute la région du Metn s’y donne rendez-vous. » Dans ses jardins, les parterres de roses en rappellent la couleur rouge pourpre.

Pour Robert, Hammana est le village maternel. Pendant son enfance, il n’y passait que les trois mois d’été. Il se souvient de ses années d’insouciance, celles des années 70. Il se souvient, également, de la Guerre des 6 jours. « Elle a tout bouleversé : la quiétude dans laquelle nous vivions, la nonchalance. Le Liban, épargné au départ, en subit ouvertement les contrecoups à partir de 1975… » En 1975, le Liban est en guerre à cause des Palestiniens. En 1977, Robert doit quitter le pays du Cèdre où coule l’eau, le lait et le miel. Il part en France. Il va mettre entre-parenthèses son pays natal pendant trois décennies. Il va devenir banquier, suite de concours de circonstance. Il échappera, de peu, à l’invasion du Koweït en 1990, et aux premières bombes qui pleuvent sur le pays-confetti gorgé d’or noir. Les troupes de Saddam Hussein l’ont envahi. Il y travaille et vit avec toute sa famille depuis 6 ans. Il se retrouve en Argentine, puis, part en Angleterre. Et, ce sera, finalement, l’Arabie Saoudite de 2005 à 2021. Entre-temps, Robert a retrouvé les terres de son enfance, son Liban maternel, son village de Hammana.

Des investissements dans le tourisme

Tel un bienfaiteur, il investit et finance des projets qu’il lance avec des villageois, comme La Maison de l’Artiste, qui héberge des artistes à l’année. « C’est un véritable hub artistique pour les arts de la scène, avec de nombreux évènements au long de l’année, qui ont aidé à redonner vie au village. » Le souffle artistique, musical, et théâtral, se répand dans toute la région. C’est l’effet papillon, un effet vertueux. Puis, Robert ouvre et finance des projets touristiques, dans la restauration et l’hôtellerie. « Oui, je crois que le tourisme peut redonner ce souffle de vie dont ont tellement besoin les villages de la montagne libanaise », répète-t-il.

Soudain, il se lève. « Venez, nous allons visiter les lieux ». La discussion continue aux pas du montagnard, à 1 200 mètres d’altitude. Trois grandes maisons aux couleurs du ciel ont poussé de terre sur ces 5 300 m2 de terrain transformé en parc, piscine et jeu de pétanque. Les chambres sont aérées, grandes, luxueuses, pétillantes de couleurs picturales. A travers de grandes baies vitrées, Robert a eu l’idée de faire rentrer dans chacune des 24 chambres les montagnes alentours et la vallée de Hammana. Là encore, la vue est magnifique. Le tableau de mère-nature est là. Il est vivant. Le regard ne s’habitue pas. Il s’émerveille.

« Montons au restaurant qui se situe sur le toit. Vous allez voir un spectacle encore plus incroyable. » Le panorama, en effet, est des plus idylliques. L’ivresse des sens vient de gravir un nouveau palier vers les sommets, époustouflant. Toute la vallée et les montagnes alentours s’offrent aux regards, à 360°. Les poumons se remplissent d’air pur. Les superlatifs ne suffisent plus à décrire objectivement ce rendez-vous avec la Création.

Le reportage se termine… déjà !

En redescendant dans le bourg, impossible de visiter la maison où le général de Gaulle s’est reposé en 1941. Impossible, également, de visiter ces usines de soie… qui ont fait la richesse de jadis. Impossible de profiter des cascades dont les chants d’eau vont se remplir de volume pour jouer leurs partitions symphoniques à l’approche de l’automne.

Comme jadis Lamartine, en 1833, il faut, déjà, redescendre vers Beyrouth, les yeux remplis de mille étoiles, des dizaines de visages et d’images féériques. « Revenez nous voir. Revenez à Hammana. Vous n’avez pas tout vu… » Promis !

Informations de dernières minutes : à l’heure où pleuvent encore, depuis le lundi 23 septembre, les bombes de Tsahal, sur tout le Liban – en espérant que ce pays de cocagne ne se transforme pas en champ de ruines –  il faut déplorer près de 700 morts, dont une soixantaine d’enfants, et des milliers de blessés.

Ce reportage, bouclé le jour même où les bipeurs du Hezbollah ont explosé au Liban, se veut un cri dans la nuit déchirée, un hymne à la paix, une plume d’espérance pour le pays du Cèdre, véritable Terre Sainte.

Reportage réalisé par Antoine BORDIER

Copyright des photos A. Bordier

Alençon : vente d’Art sacré du culte catholique

Une nouvelle vente d’objets d’art sacré pour le culte catholique aura lieu à la salle de vente d’Alençon ce 5 octobre à partir de 10h30 : les 137 premiers lots – de l’orfèvrerie principalement – seront vendus jusqu’à midi. La vente reprendra ensuite à 14h pour la suite, notamment les reliquaires.

Parmi les objets vendus, de nombreux objets d’orfèvrerie remarquables, dont un calice en or (lot 32) des frères Demarquet, estimé 30 à 40.000 euros, ou encore un ciboire du XVIIe (daté 1667), des Pays-Bas, orné de scènes de la vie de divers saints (lot 7), plusieurs calices et ciboires datant de l’Ancien Régime en France (lots 11, 12, 22 – un calice qui date de 1789, etc.), une chapelle du XXe qui contient un calice, sa patène et un ciboire (lot 109), des baisers de paix dont un réalisé par Armand Calliat (lot 126) et un autre attribué à Placide Poussielgue-Rusand (lot 328), etc.

Il y a aussi de nombreux ornements – dont une chape bleu ciel fin XVIIIe (lot 207) et deux ornements ‘‘trois chevaux” blanc et rouge (lots 252 et 257 respectivement), une suite de quatre reliquaires monstrances à l’état de neuf (lot 168), une crosse épiscopale autrichienne, un chemin de croix complet, en tableaux, une Vierge de douleur XVIIe de presque un mètre de haut, mais aussi un tabernacle en bois sculpté et peint (lot 319), un autre tabernacle pourvu d’une porte XVIIe (lot 348),  un autel à gradins en bois sculpté (lot 322), ou encore un autel latéral de chapelle en granit (lot 364).

Lien de la vente

Liban : des écoles forcées par des miliciens

Communiqué de l’Oeuvre d’Orient :

Durant ces trois derniers jours, plusieurs écoles du centre-ville de Beyrouth ont été forcées et le personnel présent menacé par des miliciens et des hommes armés les obligeant à ouvrir leurs portes aux déplacés.

Parmi ces écoles, on compte notamment :

  • des établissements scolaires publics,
  • un lycée français
  • et plusieurs écoles chrétiennes.

À ce jour, les bâtiments ont été dégradés, le personnel éducatif n’a pas accès aux classes et les religieuses qui habitent parfois ces lieux ne sont plus libres de circuler dans leurs propres écoles et couvents.

La présence de miliciens et d’hommes armés au sein de ces établissements scolaires représente une menace et une cible pour les déplacés comme pour les résidents des lieux.

L’Œuvre d’Orient exige l’évacuation immédiate des miliciens et le respect des décisions et du statut de ces écoles, dont nombre d’entre elles avaient décidé de se mettre au service des personnes déplacées fuyant les bombardements du sud.

L’association demande des conditions humanitaires et sécuritaires dignes de part et d’autre de la frontière.

Notre-Dame de Chrétienté cherche des acheteurs

Afin de préparer son prochain pèlerinage de Pentecôte, sur le thème “Pour qu’Il règne”, l’association Notre-Dame de Chrétienté cherche deux acheteurs pour soutenir une organisation garantissant la croissance des effectifs.

Etoffant le pôle achats, ces deux acheteurs, ayant une expérience professionnelle, négocieront les différentes fournitures nécessaires au bon déroulé du pèlerinage (locations de voitures, de camions, de trains ; achat d’eau, de nourriture, de tentes, d’objets liturgiques et de prestation type sonorisation ou écrans géants, etc).

Poste à pourvoir dès que possible.

Si possible basé en région parisienne pour faciliter les échanges avec l’équipe.

Ecrire à  [email protected]

La protection juridique de la foi et le synode sur la synodalité

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

On apprend en ce moment que le synode sur la synodalité inaugure une liste de nouveaux péchés. Une partie de ces péchés sont en lien avec la crise des abus au sein de l’Église Catholique. Or, ces derniers, commis notamment par des religieux, ébranlent aussi la foi des victimes. Et c’est ce qu’expliquait le pape émérite Benoît XVI en 2019 :

«Permettez-moi maintenant de faire un bref excursus. Face à l’étendue des péchés de la pédophilie, une parole de Jésus vient à l’esprit : « Quiconque scandalise un de ces petits qui croit, il vaut mieux pour lui se mettre une meule autour du cou et être jeté à la mer » (Mc 9, 42). Dans son sens originel, ce mot ne parle pas de la sollicitation d’enfants à des fins sexuelles. Le terme « les petits » dans le langage de Jésus désigne les simples croyants, qui pourraient être ébranlés dans leur foi par l’orgueil intellectuel de ceux qui se croient intelligents. Jésus protège donc ici le bien de la foi par une menace impitoyable de punition pour ceux qui les offensent. L’utilisation moderne de ces mots n’est pas erronée en soi, mais ne doit pas cacher leur sens originel. En ce sens, contre toutes garanties, il apparaît clairement que ce n’est pas seulement le droit de l’accusé qui est important et exige une garantie. Tout aussi importants sont les biens précieux comme la foi. Un droit canonique équilibré, qui correspond au message de Jésus dans sa totalité, ne doit donc pas uniquement être une garantie en faveur de l’accusé, dont le respect est un bien protégé par la loi. Elle doit aussi protéger la foi, qui est aussi un bien important protégé par la loi. Un droit canon bien construit doit donc contenir une double garantie : la protection juridique de l’accusé et la protection juridique du bien en jeu. «

Comme on le voit, la qualification juridique de l’atteinte contre la foi a un fondement biblique, d’où sa grande importance. Et le pape émérite Benoît XVI déplorait l’indifférence sur cette question cruciale :

«Lorsqu’aujourd’hui nous exposons clairement cette conception en elle-même, nous nous heurtons généralement à la surdité et à l’indifférence sur la question de la protection juridique de la foi. Dans la conscience juridique commune, la foi ne semble plus avoir le statut de bien à protéger. C’est une situation préoccupante que les pasteurs de l’Église doivent considérer et prendre au sérieux.  «

Plus loin il racontait qu’il y a avait un projet, mené avec le Pape Jean-Paul II, pour attribuer la compétence sur ces crimes à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, sous le titre « Delicta maiora contra fidem ». Mais la tâche s’est avérée complexe et, de plus, il y avait «des retards qu’il fallait éviter à cause de la nature des problèmes». Et finalement, comme il l’explique, le Pape François décida d’entreprendre d’autres réformes.

Cela dit, le problème est toujours d’actualité. Et le problème des atteintes contre la foi ne concerne pas seulement les prêtres abuseurs mais aussi tous ceux qui attaquent d’une manière ou d’une autre la doctrine de la foi. Et d’ailleurs c’est dans ce même texte cité que le pape émérite Benoît XVI expliquait que la crise des abus était due justement aux attaques, de la part de beaucoup de religieux et théologiens, contre la morale sexuelle enseignée par l’Église (.https://lesalonbeige.fr/les-causes-de-la-crise-des-abus/).

Il faudrait donc s’attaquer à ces délits contre la foi, surtout en ce moment où beaucoup de prêtres et même des évêques continuent à s’attaquer à la morale sexuelle de l’Église sans être trop inquiétés. Et de plus un cardinal qui joue un rôle important dans le synode des synodes, le cardinal Hollerich, s’est fait connaître à cause de ses affirmations sur les relations homosexuelles :

««Je crois que le fondement sociologique-scientifique à la base de cet enseignement (sur les relations homosexuelles, ndlr.) n’est plus adéquat», affirme le cardinal Hollerich dans un entretien à l’agence allemande Katholische nachrichtenagentur (KNA), publié le 2 février 2022. Le cardinal considère ainsi comme «erronée» la position de l’Église selon laquelle les relations homosexuelles sont un péché. Pour lui, il est temps de procéder à une révision fondamentale de l’enseignement catholique sur ce point. Il suggère que la façon dont le pape François a parlé de l’homosexualité dans le passé pourrait conduire à un changement de doctrine. «

Or, cela contredit l’enseignement continu de l’Église sur les relations homosexuelles, enseignement qui est basé aussi sur la Bible, comme le rappelle la «LETTRE AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE SUR LA PASTORALE À L’ÉGARD DES PERSONNES HOMOSEXUELLES «. Et cela peut troubler la foi de beaucoup de croyants.

Bref , il est important de se pencher sur ce problème des atteintes contre la foi, surtout en ce moment synodal où l’on s’intéresse à de nouveaux péchés. Si l’on veut mettre fin à la crise des abus, il faut s’attaquer aussi aux atteintes contre la foi. Et justement il faut aussi de la foi pour mener à bien ce projet qui peut être complexe au départ. Jésus-Christ avait dit que la foi déplace des montagnes.

La mission de l’Eglise

Le numéro d’octobre de Gloria est consacrée à l’Eglise missionnaire. Chaque année, pendant la Semaine Missionnaire Mondiale, nous prions pour soutenir la vie et la mission de l’Église. En 2024, elle se déroule du 13 au 20 octobre.

Qu’est-ce que la mission ? Si l’Église a une vocation missionnaire c’est que Jésus l’a établie ainsi. Dès le commencement de son ministère, il choisit douze hommes parmi ses nombreux disciples : les douze apôtres. Ce nom d’apôtre annonce déjà la mission à venir, puisqu’il est issu du grec apostéllein, qui signifie envoyer. Cet article définit la mission en s’appuyant sur les Évangiles.

Le Père Emmanuel Schwab, recteur du sanctuaire de Lisieux, évoque sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et la mission. Le 14 décembre 1927, le pape Pie XI l’a déclarée « Patronne, à titre spécial, de tous les Missionnaires, hommes ou femmes, et aussi des Missions existant dans tout l’univers. Elle devient ainsi leur Patronne principale, à l’égal de Saint François Xavier. »

Don Pierre Doat, recteur du sanctuaire du Mont-Saint-Michel, vient de publier Le roman des anges pour rendre accessible la théologie des anges tout en cassant les codes de représentations que nous avons de ces créatures. Il répond aux questions de Gloria juste avant la fête des saints anges gardiens (le 2 octobre).

Qu’est-ce que la fête du Christ-Roi ? La solennité du Christ-Roi a à peine un siècle ! Le pape Pie XI l’a établie le 11 décembre 1925 en publiant l’encyclique Quas Primas. Il s’appuie sur les Écritures qui ne cessent de proclamer la royauté du Christ. Gloria revient sur ces passages et vous explique le sens de cette grande fête.

Abus sexuels : un élu communal et un ancien candidat LFI aux législatives poursuivis pour corruption de mineurs

Huit hommes, dont deux personnalités politiques, sont soupçonnés d’avoir sollicité des rapports sexuels avec des adolescents âgés de 14 ans en Haute-Garonne.

L’affaire remonte au mois de juin 2024. Une bande de jeunes organisait alors des guets-apens via l’application de rencontre Grindr pour piéger des adultes qu’ils suspectaient de pédophilie. Ils se faisaient alors passer pour de jeunes garçons de 14 ans qui leur donnaient rendez-vous.

Lors du procès ce 25 septembre à Toulouse, alors que les jeunes sont condamnés, les huit hommes victimes d’agressions se retrouvent mis en cause pour “corruption de mineurs de moins de 15 ans”.

Parmi les suspects, un élu d’une commune du Muretain (Haute-Garonne) âgé d’une cinquantaine d’années et un ancien candidat aux législatives pour la France Insoumise en 2022, habitant Hendaye dans le Pays Basque.

Les huit hommes vont être longuement interrogés pour faire la lumière sur cette affaire.

Salon Wish for a Baby 2024 : preuves de la poursuite de pratiques illégales de marchandisation humaine

Le Syndicat de la Famille publie les preuves de la poursuite de pratiques illégales, GPA comprise, par le Salon Wish for a baby :

A la veille de l’édition 2024 du Salon Wish for a baby (ex Désir d’enfant) et face au silence de la justice malgré les faits qui le caractérisent, Le Syndicat de la Famille publie de nouveau les preuves de pratiques illégales de marchandisation humaine des exposants et appelle les pouvoirs publics à saisir de nouveau le Procureur de la République de Paris.

En 2023, sur la base de l’article 40 du Code pénal, le Procureur de la République de Paris avait été saisi par un haut fonctionnaire alerté par une enquête du Syndicat de la Famille rendue publique en juillet 2022. Le Procureur avait lui-même saisi la Police judiciaire, dont l’enquête, qui a duré 12 mois, a réuni toutes les preuves des pratiques illégales du Salon Wish for a baby, notamment grâce aux éléments du Syndicat. Depuis, la justice ne donne aucune nouvelle, les organisateurs du Salon ayant prétendu ne plus proposer de contrats de GPA à partir de l’édition de septembre 2023 du Salon.

Le Syndicat de la Famille rend publiques ce jour les preuves de la poursuite, les 2 et 3 septembre 2023 dans le cadre du Salon Wish for a baby, du business de GPA et d’autres pratiques de marchandisation humaine illégales et iniques.

Pour la prochaine édition du Salon, ces 28 et 29 septembre 2024, Le Syndicat de la Famille prouve aussi (ci-dessous) que, malgré les dénégations des organisateurs du Salon, la GPA sera de nouveau proposée.

Comme tous les ans depuis 2020, Le Syndicat de la Famille sera présent dans et aux abords du Salon. Il enquêtera et perturbera ce trafic international de l’humain. Un constat d’huissier sera de nouveau réalisé.

Le Syndicat appelle les pouvoirs publics et les élus à saisir de nouveau le Procureur de la République de Paris : l’article 40 du Code pénal stipule en effet que « Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs. » Le Syndicat de la Famille est à disposition pour transmettre tous les éléments de preuves qu’il détient.

Publicité publiée sur le site de l’agence de GPA chypriote Success, exposant du Salon 2024, pour commander une GPA les 28 et 29 septembre 2024 à Paris :

Les ressortissants de pays autorisant le changement de sexe et la transition de genre ne pourront plus adopter d’enfants russes

En Russie, la Douma a voté en première lecture mercredi un texte rendant illégale l’adoption d’enfants russes dans les pays autorisant le changement de sexe par intervention médicale ou la transition de genre dans les documents d’identité.

397 députés russes ont voté en faveur de cette telle interdiction, contre un élu. Le texte a pour vocation d’empêcher « toute adoption d’enfants russes par des représentants des communautés LGBT », détaille le texte explicatif qui accompagne le projet de loi.

La Russie a interdit en 2023 tout changement de sexe par intervention médicale (ce qui inclut aussi bien les interventions chirurgicales que les traitements hormonaux) ainsi que tout changement de genre sur le plan administratif.

Une crise de régime

De Philippe de Villiers dans le JDNews :

[…] La France traverse une épreuve inouïe qui met en jeu son existence même. Nous cumulons toutes les crises. Une crise parlementaire : il n’y a pas de majorité arithmétique. Une crise institutionnelle : le système dyarchique est bloqué. Une crise financière : on est lestés de plomb et d’impôts. Une crise nationale : on n’a plus la même définition de la nation entre les trois France, celle de l’ubérisation – la post-France mondialisée –, celle de la créolisation – le peuple-monde de Mélenchon –, celle de la tradition – la France des ferveurs résiduelles. Enfin, nous vivons une crise sociétale : il n’y a plus d’accord sur les repères essentiels de la vie commune. Nous n’avons plus la même définition des murs porteurs. Gabriel Attal vient de rappeler le maître d’équipage à son devoir de progressisme sociétal.

Cette épreuve de gros temps, elle porte un nom : c’est une « crise de régime ». Qu’est-ce donc qu’une « crise de régime » ? C’est quand un régime s’avère incapable de régler un problème vital du moment. La IVe République est morte de n’avoir pu régler le problème de l’Algérie. La Ve va mourir de ne pouvoir régler le problème de l’immigration qui nous submerge. Nous assistons à l’effondrement de la Ve République.

“Je trouve que la messe a perdu de son mystère”

A l’occasion de son 90ème anniversaire, Brigitte Bardot a accordé un entretien à Aleteia. Extrait :

[…]

Témoigner de sa foi lorsqu’on est une personnalité publique est-il devenu trop rare à vos yeux ? 

Je porte ma foi en moi et j’en suis fière. Par ailleurs, je suis horrifiée de voir tous ces outrages que l’on fait subir aux églises. C’est un sacrilège !

Quelle est votre vision de la religion catholique ?

Je trouve que la messe a perdu de son mystère, une certaine chaleur d’âme. Quand j’étais enfant, j’allais à l’église avec mes parents tous les dimanches. J’ai le souvenir d’un mystère qui sortait de cet endroit magnifique. Le prêtre célébrait dos à nous, en latin. C’est dommage que l’on ait modernisé cela. La célébration face aux fidèles me donne l’impression d’une représentation théâtrale. Je me définirais comme traditionnaliste. J’aimerais voir une reprise de la religion catholique avec plus de respect et d’importance. Il y a tellement de gens de bonne volonté et profondément croyants qui ne sont plus pratiquants. Tant d’églises sont fermées… On ne peut même plus rentrer faire une prière. C’est dramatique. Quand je pense que Notre-Dame a brûlé. C’est comme si on vivait une époque satanique, négative et destructrice. […]

« La France est le seul pays en Europe à avoir vu son taux de pauvreté fortement augmenter de 2015 à 2023 »

Merci à François Hollande et Emmanuel Macron :

[…] Ce taux de pauvreté est calculé comme le pourcentage de la population dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, c’est-à-dire la part de la population qui dispose d’un revenu inférieur à 60 % de la médiane des niveaux de vie dans le pays concerné, soit 1 236 euros par mois en France.

En 2023, ce taux de pauvreté était de 20,2 % en Espagne, de 18,9 % en Italie, de 15,4 % en France, de 14,4 % en Allemagne et seulement de 14 % en Pologne (Eurostat). Cependant, si on regarde l’évolution du taux de pauvreté durant la période de 2015 à 2023, la France est le seul pays à avoir vu ce taux de pauvreté fortement augmenter, de 13,6 % en 2015 à 15,4 % en 2023 ! En Allemagne, durant cette période, le taux de pauvreté a baissé de 2,3 points, en Espagne de 1,9 point, en Italie de 1 point et en Pologne de 3,6 points.

Cette forte augmentation du taux de pauvreté en France se produit à partir de 2019, alors que le taux était stable entre 2015 et 2019. On comprend mieux alors la colère autour du pouvoir d’achat dans la partie de la population française qui voit son revenu relatif s’éloigner de la médiane. Les familles nombreuses et les chômeurs sont les plus exposés à cette augmentation du taux de pauvreté. […]

Une église profanée à Brest

Samedi 21 septembre, vers 19 h, le prêtre et ses fidèles ont maîtrisé un début d’incendie allumé dans la chapelle de l’église Saint-Luc, à Brest. Une messe de réparation sera célébrée ce mercredi 2 octobre, présidée par l’évêque.

À l’intérieur de la chapelle, dont la porte avait été fracturée, des flammes s’échappaient du tabernacle. Heureusement, le prêtre et les fidèles ont pu arrêter à temps la progression du sinistre. Sans même devoir faire appel aux pompiers.

Le curé a déposé plainte au commissariat de Brest. Des policiers se sont déplacés sur les lieux pour lancer l’enquête.

Deux églises vandalisées à Gravelines (Nord)

Il s’agit de l’église Saint-Willibrord en centre-ville et l’église Saint-Thomas-Becket dans le quartier des Huttes.

A Saint Willibrord, le tabernacle a été fracturé par derrière, la plaque de bois défoncée, et les objets sacrés qu’il contenait ont été dispersés par terre, ainsi que les hosties consacrées.

Des dégradations similaires sont observées à l’église des Huttes, avec des dégâts moins importants. Aucun objet n’a été volé, selon l’abbé, qui a déposé plainte.

Une enquête est ouverte, et la police s’est rendue sur place pour des relevés d’empreintes et d’ADN.

Une messe de réparation se tiendra ce vendredi soir à 18h en l’église Saint-Thomas-Becket, avec en introduction une bénédiction des biens saccagés.

En revanche, celle du tabernacle de l’église Saint-Willibrord, classé, nécessite l’expertise de la DRAC avant toute réparation. Les objets sacrés ne pouvant plus y être reçus, il n’y aura pas de messe jusqu’à nouvel ordre.

Provocation musulmane dans une église parisienne

L’OQTF du jour

Un homme de 20 ans, en situation irrégulière, a été condamné à 18 mois de prison ferme et à une interdiction du territoire français pour une durée de 5 ans, jeudi 26 septembre, par le tribunal judiciaire de Bayonne pour des faits de vol avec violence commis le 31 août. Un homme de 63 ans avait été roué de coups par une bande de trois voyous. Une fois à terre, son sac lui avait été dérobé.

Né à Agadir au Maroc en 2003, le prévenu a déjà été condamné à 8 reprises par le passé ! Arrivé mineur en France, il n’a jamais obtenu la nationalité française et est sous le coup d’une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français).

Sous l’influence de l’Open Society Fondations, le Conseil de l’Europe veut légaliser l’exploitation des prostituées

Le 3 octobre, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) débattra et votera sur une proposition de Résolution relative à la prostitution s’intitulant « Protéger les droits humains et améliorer la vie des travailleuses et des travailleurs du sexe et des victimes d’exploitation sexuelle » (Doc. 16044 – 13/09/2024). L’ECLJ alerte :

En dépit de quelques recommandations louables, ce texte et le rapport qui l’accompagne promeuvent surtout la normalisation de la prostitution en tant que « travail du sexe ». En cela, ils sont en contradiction flagrante avec la proposition initiale qui s’intitulait « La réinsertion des personnes prises au piège de la prostitution ou soumises à la traite des êtres humains » (Doc. 15570 – 24/06/2022). Au-delà d’un changement de titre, c’est la protection des personnes en situation de prostitution qui est bouleversée : d’un « piège », la prostitution se transforme en un « travail », qu’il faudrait normaliser afin, soi-disant, d’améliorer la vie de ses victimes.

Un parti-pris pour la dépénalisation de la prostitution

Le « Débat : abolitionnisme contre dépénalisation du travail du sexe » proposé dans le rapport aurait pu être constructif. Malheureusement, il consiste en une critique en règle de la vision abolitionniste présentée comme préjudiciable, tandis que la dépénalisation de la prostitution est plébiscitée (résol., §10 ; rapport, §31 et s.). L’auteur s’appuie pour cela sur un catalogue de textes internationaux interprétables en ce sens, d’opinions et rapports d’experts et fonctionnaires internationaux favorables et de positions, parfois outrancières, d’ONGs militantes (résol., §10). La Belgique, « premier pays d’Europe à décriminaliser totalement le travail du sexe », est présentée comme exemplaire (résol., §11 ; rapport, §46 et s.). En revanche, les défenseurs de l’abolition de la prostitution ne semblent pas avoir été consultés. Tout au plus sont citées les auditions de la Coalition pour l’abolition de la prostitution (CAP) et du Lobby européen des femmes (LEF) (rapport, §29-30, 33). Quant au récent rapport abolitionniste « Prostitution et violence contre les femmes et les filles » publié par Reem Alsalem, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes et les filles, il n’est pas même mentionné, au contraire de celui de sa collègue Tlaleng Mofokeng, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit à la santé, favorable à la dépénalisation totale de la prostitution (rapport, §61 ; résol., §10). Enfin, la portée de textes européens en faveur d’un cadre juridique pénalisant pour les clients de la prostitution est minimisée[1] (rapport, §19, 44). Le parti-pris pour la dépénalisation totale de la prostitution est donc évident, alors même qu’elle heurte de front la dignité humaine.

Un déni de réalité pour un objectif idéologique

La présente proposition prétend distinguer « prostitution forcée » et « travail du sexe » pour permettre la reconnaissance de ce dernier. Or, cette vision présentant la prostitution comme acceptable est purement idéologique et inopérante en droit international. Elle relève du déni de réalité car elle implique d’admettre l’existence d’une prostitution légitime : celle qui serait pleinement choisie ou librement consentie, ce qui est rarissime. Il est établi que la prostitution est en grande partie exploitée par les trafiquants. Dans sa Résolution du 14 septembre 2023 sur la règlementation de la prostitution dans l’Union européenne, le Parlement européen rapporte ainsi des données éloquentes :

« sur les quelque 30 000 personnes en situation de prostitution aux Pays-Bas, 70 % sont considérées comme ayant été contraintes à la prostitution par la violence, ou y avoir été attirées par un «loverboy»[2] » ; « en moyenne, 70 % des personnes en situation de prostitution dans l’Union sont des femmes migrantes[3] » ; « la traite à des fins d’exploitation sexuelle reste de loin la forme la plus répandue de traite des êtres humains dans l’Union, étant donné que 51 % des victimes de la traite des êtres humains dans l’Union le sont à des fins d’exploitation sexuelle[4] ».

D’autre part, « selon l’OSCE, la traite à des fins d’exploitation sexuelle génère à elle seule près de 100 milliards de dollars par an, constitués principalement d’argent versé par des hommes pour des relations sexuelles avec des femmes victimes de la traite[5] ».

En outre, le rapporteur lui-même admet que la prostitution n’est parfois « ni un choix proprement dit forcé, ni un choix complètement libre » (rapport, §28). En effet, dans les cas ne relevant pas de la traite d’êtres humains, une personne qui se prostitue y est à tout le moins poussée ou contrainte en raison de circonstances particulières, notamment la pauvreté, mais toujours parce qu’elle répond à la demande d’un tiers. En tout état de cause, le droit est clair sur la question du consentement : celui d’une victime de la traite des êtres humains à sa propre exploitation est indifférent lorsqu’il est obtenu par l’offre ou l’acceptation de paiements ou d’avantages[6]. À l’instar du Parlement européen, il importe de rappeler que

« les relations sexuelles doivent être fondées sur le consentement, qui ne peut être donné que librement et volontairement, et ne peut être remplacé par un échange contre de l’argent; que la prostitution réduit les actes intimes à une valeur monétaire qui leur est attribuée ; que l’exploitation sexuelle par la prostitution d’autrui […] implique qu’une personne tout comme son consentement à une activité sexuelle peuvent être achetés pour une somme donnée »[7].

Normaliser la prostitution, un objectif incompatible avec les droits de l’homme

Promouvoir la normalisation de la prostitution est contraire aux droits de l’homme. En effet, qu’elle relève ou non de la traite des êtres humains, la prostitution viole par essence la dignité humaine. C’est ce que stipule expressément le Préambule de la Convention des Nations unies pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui (1949) :

« la prostitution et le mal qui l’accompagne, à savoir la traite des êtres humains en vue de la prostitution, sont incompatibles avec la dignité et la valeur de la personne humaine et mettent en danger le bien-être de l’individu, de la famille et de la communauté ».

Une telle affirmation se fonde sur la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) dont le Préambule rappelle que « la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ». La Charte des Nations Unies (1946) ajoute que les peuples des Nations Unies sont résolus à proclamer leur « foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes ». Dans le cadre de l’Union européenne, les députés européens ont rappelé l’incompatibilité de la prostitution avec la dignité humaine dans la Résolution du 14 septembre 2023[8] et ont considéré que « l’exploitation sexuelle par la prostitution d’autrui constitue une violation flagrante du droit des femmes et de leur dignité »[9]. Dans une Résolution du 26 février 2014, ils avaient également reconnu que « la prostitution, la prostitution forcée et l’exploitation sexuelle sont […] des violations de la dignité humaine, qu’elles sont contraires aux principes régissant les droits de l’homme […] et […] aux principes de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne »[10]. Le Parlement européen a encore qualifié la prostitution de « forme grave de violence et d’exploitation » dans une Résolution du 5 juillet 2022 relative à la pauvreté des femmes en Europe[11].

De ce point de vue, il serait absurde que l’APCE adopte la présente proposition de Résolution qui demande aux législateurs « de veiller à ce que les travailleuses et travailleurs du sexe puissent exercer leur activité dans la dignité » (résol., §8). De même, la prostitution ne peut pas être considérée comme « un important facteur de risque de violence à l’égard des femmes » (rapport, §12) : elle est en elle-même une violence. Quant au fait de renommer « travail du sexe » l’activité de « prostitution », cela n’en change en rien la nature : elle demeure intrinsèquement contraire à la dignité humaine. Dans sa résolution du 14 septembre 2023, le Parlement européen rappelle ainsi la nécessité d’employer des termes neutres et explique son choix délibéré d’utiliser l’expression « personnes en situation de prostitution » par la volonté de ne « pas idéaliser la réalité de la prostitution ni masquer la violence, les abus et l’exploitation qu’endurent la grande majorité des personnes en situation de prostitution »[12].

L’œuvre d’un lobby pour la normalisation de la prostitution

La présente proposition est très clairement l’œuvre d’un lobby militant pour la libéralisation et la normalisation de la prostitution. Elle est à replacer dans le contexte de l’affaire M.A et autres c. France (requête n° 63664/19), contentieux stratégique soutenu par plusieurs de ces mêmes organisations (Alliance européenne pour les droits des travailleurs et des travailleuses du sexe – ESWA, Amnesty International, Médecins du Monde) dans le but de voir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) condamner la France en ce qu’elle criminalise l’achat d’acte sexuel, et déclarer l’abolitionnisme par là-même contraire à la Convention européenne des droits de l’homme. De l’arrêt du 25 juillet 2024, la Résolution et le rapport retiennent essentiellement que, tout en ne constatant pas de violation de la convention, la Cour demande aux autorités nationales « de garder sous un examen constant l’approche qu’elles ont adoptée, en particulier quand celle‑ci est basée sur une interdiction générale et absolue de l’achat d’actes sexuels » (§167). N’allant pas dans un sens favorable à la dépénalisation de la prostitution, d’autres apports de cet arrêt sont passés sous silence. Il importe tout de même de souligner que la Cour a refusé de déclarer le modèle abolitionniste contraire aux droits de l’homme. Elle a également rappelé « qu’elle jugeait la prostitution incompatible avec les droits et la dignité de la personne humaine dès lors que cette activité était contrainte » (§142). Or, comme cela a été montré, la prostitution est presque toujours contrainte en ce qu’elle relève de la nécessité et non d’un choix pleinement volontaire. Sur ce point, il est intéressant de noter que, si la Cour refuse de répondre dans cet arrêt à « la question de savoir si la prostitution peut être librement consentie ou provient toujours d’une contrainte », elle admet que les « conditions socioéconomiques » constituent une telle contrainte (§156). Remarquons encore que dans son souci de critiquer le modèle abolitionniste pour faire accepter la dépénalisation, le rapporteur se garde de préciser que la Cour a refusé de lier la détérioration de la situation des requérants à l’adoption d’une législation relevant du modèle abolitionniste : elle affirme au contraire qu’ « il n’y a pas d’unanimité sur la question de savoir si les effets négatifs décrits par les requérants ont pour cause directe la mesure que constitue la pénalisation de l’achat d’actes sexuels, ou de leur vente, ou sont inhérents et intrinsèques au phénomène prostitutionnel en tant que tel ou qu’ils seraient le résultat de tout un ensemble de facteurs sociaux et de pratiques comportementales » (§155). Le rapporteur omet aussi de dire que la Cour a jugé « qu’aucune des politiques publiques mises en place dans les autres États n’est à ce jour exempte de controverse » (§158). Non content d’avoir échoué devant la CEDH, c’est à présent l’APCE que ce lobby pour la normalisation de la prostitution instrumentalise pour arriver à ses fins.

Derrière l’objectif louable de défendre les droits des personnes en situation de prostitution, la présente proposition cache en fait la légalisation de leur exploitation et l’encadrement de la violence de la prostitution. Il importe donc que les membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe prennent leurs responsabilités et s’opposent fermement à l’adoption de cette Résolution partisane et déconnectée du sort réel de milliers de femmes et d’hommes en Europe.

Différentes façons de ne pas laisser passer le crime commis contre Philippine

Liste des rassemblements organisés pour Philippine, assassinée par Taha O., marocain sous OQTF.

Il est également possible d’aider la famille de Philippine Le Noir de Carlan, notamment pour les obsèques et les frais de justice.

Enfin il est possible de venir ou de s’unir par la prière aux obsèques à vendredi :

I-Média Francocide de Philippine : le déni médiatique ?

Cette semaine dans “I-Média”, Jean-Yves le Gallou et Lucas Chancerelle reviennent dans l’image de la semaine sur le meurtre de Philippine et son traitement médiatique.

Le dossier du jour est consacré à la transition ministérielle et déjà les premiers dérapages de communication !

Les pastilles de l’info abordent :
1- Plus d’Opinel, plus de champignons !
2- Interdire le RN : en dehors de l’arc républicain ?
3- Les locaux de l’ISEEP incendiés : le silence médiatique
4- Burn-out chez les salariés de Quotidien

Pour conclure, le portrait piquant du jour en partenariat avec l’OJIM est consacré à Geoffroy Lejeune, le Rastignac de la droite !

« La justice de notre pays apparaît dans toute sa déliquescence et toute son incurie »

Message du duc d’Anjou suite à l’assassinat de la jeune Philippine :

C’est avec une profonde tristesse et un juste sentiment d’horreur que nous avons appris ce nouveau drame qu’est l’assassinat de la jeune Philippine. La Princesse Marie Marguerite et moi-même assurons la famille de notre soutien et de nos prières dans cette épreuve auquel chacun peut s’identifier. Quels parents peuvent rester insensibles à cette vie ôtée, à ce crime odieux ?

Malheureusement, une fois de plus, la justice de notre pays apparaît dans toute sa déliquescence et toute son incurie. Jamais dans l’histoire de France ni d’aucun autre pays, un État a aussi peu appliqué les règles de la plus élémentaire justice alors qu’il en a les moyens. Des peines peu ou pas appliquées laissent les pires criminels dans la nature, et leur donnent un sentiment d’impunité. Quand les Français auront-ils le droit de goûter à la quiétude si nécessaire à l’épanouissement des peuples ? Il est temps d’œuvrer ensemble au retour d’un État de justice.

Les électeurs noirs de moins en moins démocrates

Selon Alexandre Mendel dans Conflits :

Longtemps considérés comme acquis à la gauche depuis Johnson, les Afro-Américains s’affranchissent de plus en plus de leur « dette électorale » à l’égard des démocrates. Trump, le businessman, figure de la culture hip-hop, est le républicain le plus populaire dans cette communauté depuis plus de cinquante ans. L’arrivée de Harris semble toutefois freiner cet élan.

Quand, en août, devant un parterre de reporters de l’association des journalistes noirs américains, Donald Trump s’interrogeait sur l’ethnicité de Kamala Harris, « indienne » (ce qu’elle est par sa mère) ou « noire » (son père était d’origine jamaïcaine), la presse s’étranglait. « Raciste ! »« diviseur ! »« Trump ne peut se retenir » La question avait pourtant un véritable fond politique. À quoi joue Kamala Harris quand, en meeting devant un public majoritairement noir, elle prend l’accent afro-américain qu’elle n’a jamais eu : et pour cause, elle n’est pas l’une des leurs. Pas davantage que Barack Obama qui, lui aussi, modulait ses intonations pour passer pour ce qu’il n’a jamais été : un noir américain, et non le fils, métis, d’un universitaire kenyan et d’une Américaine blanche. Que ne ferait-on pour gagner les voix de ce segment de l’électorat !

Capter les voies des noirs

La mise à la retraite anticipée de Joe Biden, poussé à abandonner sa candidature – une première dans l’histoire – ne s’explique pas uniquement par les incapacités cognitives du toujours actuel président des États-Unis. En juillet, Trump caracolait à 20 points dans les sondages auprès de l’électorat noir. Un record depuis plus de cinquante ans (depuis Nixon, en fait). Trump récoltait déjà 8% de leurs suffrages en 2016 et même 12 % en 2020. Beaucoup… depuis que Lyndon Johnson a fait voter les droits civiques et mis fin – dans la souffrance pour les démocrates du sud, longtemps esclavagistes – à la ségrégation. On prête encore au successeur de Kennedy la phrase suivante pour convaincre les sénateurs du sud, ces dixiecrats, conservateurs et racistes qui voyaient d’un mauvais œil ce bouleversement sociologique dans leurs États : « J’ai assuré au Parti démocrate le vote des nègres pour les deux siècles à venir. » Apocryphe ou pas, cette citation s’est, dans les faits, vérifiée. Le Parti démocrate est bien devenu le parti des noirs américains.

Mais cette adhésion massive de la communauté afro-américaine a perdu de sa superbe. Jusqu’en juillet, Trump marchait dangereusement sur les plates-bandes d’un parti qui ne cesse de perdre de son aura depuis la fin du second mandat d’Obama. Ce dernier s’adressait d’ailleurs à ses (faux) « frères de couleur » en ces termes douteux, en 2016 : « Ce serait une insulte personnelle si vous ne votiez pas pour Hillary Clinton. » Dans la même dynamique de cette « dette de vote » (comme disent les démocrates eux-mêmes), Joe Biden avait affiché un dédain égal en 2020 : « Si vous votez pour Trump alors vous n’êtes pas noirs » (« you ain’t black », ajoutant au dédain, cet emprunt à la syntaxe afro-américaine).

La loyauté des noirs à l’égard du parti de Johnson n’est plus aussi évidente depuis Donald Trump. Et signe peut-être la fin de ces « plantations démocrates », expression utilisée à droite pour railler cette règle qui veut que les noirs votent systématiquement à gauche sans même considérer les programmes.

Culture du hip-hop

Non, Trump ne remportera pas le vote des Afro-Américains. Mais il va encore progresser. Trump bénéficie d’un avantage que n’avaient pas ses prédécesseurs républicains : c’est un New-Yorkais, un pur produit, dans les années 1980 et 1990 de la culture hip-hop. Le faire passer, avec insistance pour un nécrophobe, est un non-sens et même un mensonge. Avant d’opérer son virage populiste au début des années 2010, Trump était un démocrate et même l’éphémère candidat centriste du Reform Party pour la présidentielle de 2000. La présentatrice (et multimilliardaire comme lui) Oprah Winfrey devait même rejoindre son ticket à la vice-présidence ! Les stars du rap se l’arrachaient, il apparaissait dans des clips.

Cette culture est restée. Donald Trump le sait, lui qui a osé, en mai dernier, tenir un rassemblement dans le Bronx, dans ce quartier paupérisé, habité par des Latinos et des Afro-Américains, dans l’État de New York, qu’il ne remportera jamais. Le maire démocrate, Eric Adams, a beau être noir, il n’a pas beaucoup fait pour sa communauté… Au contraire ! C’est à Harlem, principalement, que le flot de migrants arrivés ces deux dernières années – conséquence du statut de ville sanctuaire de New York – a été installé gracieusement, dans des hôtels privés et appartements, sous le regard d’une population qui a l’impression que les démocrates se servent du quartier pour mettre la poussière sous le tapis.

Et puis Trump est cet homme d’affaires qui rassure les « small business owners », ces petits commerçants, souvent d’épiceries, de stations-service, inquiets pour leur sécurité, mais également pour leurs impôts. C’est d’ailleurs l’inflation qui reste le sujet d’inquiétude numéro 1 chez les Afro-Américains. Peu importe que les médias l’aient décrit comme un raciste… Celui qui vote avec son portefeuille. On se rappelle la phrase, écrite sur un mémo pour Bill Clinton, alors candidat en 1992, par son conseiller Jim Carville : « It’s the economy, stupid ! » (« C’est l’économie qui compte, imbécile ! »). Elle est encore davantage valable aujourd’hui pour les noirs américains qui font face à des loyers plus élevés et des primes d’assurances santé toujours plus dispendieuses.

Enfin, il y a un autre aspect de Trump, dont tous les républicains parlent en privé, sans jamais l’évoquer en public : le candidat du GOP est désormais un condamné pénal qui pourrait passer par la case prison. Bref, il serait aussi, de ce point de vue, devenu l’un des leurs quand les Afro-Américains constituent 37 % des prisonniers aux États-Unis alors qu’ils ne sont que 12% de la population.

Kamala Harris freine la progression

L’arrivée de Kamala Harris semble avoir considérablement freiné la progression de Trump au sein de la population noire. Là où, face à Biden, il pouvait titiller les 25 %, il n’est plus qu’à 10 %. Considérable écart dans des États pivots où les Afro-Américains sont nombreux, comme la Caroline du Nord, la Géorgie ou le Michigan. Et comme si les difficultés n’étaient pas assez nombreuses en ce moment pour Trump, Mark Robinson, candidat noir républicain au poste de gouverneur de Caroline du Nord, soutenu par Trump (qui le qualifiait encore récemment de « Martin Luther King sous stéroïdes), est en ce moment-même au cœur d’un scandale. CNN a révélé les messages que ce dernier postait sur un site pornographique, sous pseudo, entre 2008 et 2012, se désignant comme « un nazi noir », vilipendant le pasteur King ou se prononçant pour le « rétablissement de l’esclavage ». Dur d’y voir le meilleur représentant républicain pour les Afro-Américains.

L’ambition du projet mondialiste

Le mondialisme, souvent perçu comme une solution à l’instabilité mondiale, va bien au-delà de l’unification politique. Stanislas Berton souligne les aspects cachés de ce mouvement, en particulier son lien avec des courants occultes, tels que le satanisme. Cette idéologie dissimule un projet plus vaste, visant à détruire les identités nationales et religieuses pour imposer une société uniformisée, dépouillée de toute spiritualité. Ce phénomène s’inscrit dans une guerre spirituelle profonde, où le mondialisme s’oppose au catholicisme. Les partisans du mondialisme cherchent à remplacer la foi et la morale par l’argent, la technologie et le contrôle. Face à cela, le Vatican tente de défendre la souveraineté spirituelle des nations contre l’ombre d’un ordre global matérialiste. Sous les discours de paix, le projet mondialiste cache une ambition plus sombre : la réduction de la population mondiale. Les élites financières, les multinationales, et les mouvements transhumanistes sont désignés comme les acteurs clés de cette transformation. La question est maintenant de savoir comment les nations réagiront face à cette guerre spirituelle et aux forces qui œuvrent dans l’ombre.

L’ambassade de France au Maroc valide 90% des 1200 demandes de visa qu’elle reçoit chaque jour

C’est une vidéo de promotion à l’attention des Marocains. Encore une pompe aspirante à supprimer :

 

Liberté de l’enseignement : de l’histoire au droit

Un article de Claves :

Aux origines : l’école uniquement privée !

La première remarque importante, s’agissant du statut de l’école publique ou libre en France, est que l’enseignement a d’abord uniquement été privé ! Au-delà des institutions domestiques qui existaient déjà dans l’antiquité (précepteurs, groupement d’élèves autour d’un maître), les premières écoles étaient monastiques, puis cathédrales, c’est à dire protégées (et financées) par un abbé ou un évêque. Bien sûr, Charlemagne, suivant le conseil de son ami Alcuin, avait eu la volonté d’encourager l’instruction : mais chacun sait qu’il n’est pas l’inventeur de l’école, encore moins celui de l’école publique. Et ainsi, les grands noms du monde intellectuel médiéval appartenaient à ces institutions religieuses et privées : Pierre Abélard, Anselme du Bec (saint Anselme), Yves de Chartres… avant l’apparition, au début du XIIIème siècle, des premières universités (Oxford, La Sorbonne, Bologne). Là encore, l’initiative et les financements étaient privés, même si l’ampleur du phénomène conduisit bientôt l’Etat à s’y intéresser, d’abord pour des raisons d’ordre public. 

De la Révolution à la Troisième République

Ce n’est que lorsque la Révolution prit sur elle-même de mettre dehors religieux et congrégations, avec toutes les institutions ecclésiastiques, qu’elle se trouva par là-même chargée de réorganiser l’immense entreprise de la charité et de l’enseignement jusque là assumée par l’Eglise. Les débuts ne furent guère brillants, et la France du début du XIXème siècle, de la Terreur à l’Empire, connut une réelle régression du niveau d’instruction, malgré les tentatives de restructuration sous la Convention puis sous Bonaparte. L’enseignement public connut des atermoiements : le financement par les communes fut prévu puis révoqué, et la principale concurrence des écoles congréganistes vint un temps d’écoles dites « mutuelles », aux fonds entièrement privés. 

Premier acte législatif marquant sous la monarchie de Juillet, la loi Guizot de 1833 permet à nouveau l’ouverture d’écoles privées, tout en prévoyant l’institution d’un enseignement public et gratuit pour les garçons d’âge primaire, dont la gestion et déléguée aux communes. 

Adoptée après de vif débats sous le Second Empire, la loi Falloux (1850) entend favoriser la liberté de l’enseignement pour éviter la sclérose ou l’endoctrinement par une instruction publique monopolistique. Elle permet la liberté de l’enseignement secondaire et prévoit le financement des écoles libres jusqu’au dixième des dépenses annuelles de l’établissement. C’est encore dans ce cadre que les communes, départements et régions apportent leurs concours financiers aux écoles primaires, collèges et lycées privés. 

Sous la Troisième République, à une époque où les effectifs de l’enseignement public et libre sont presque équivalents, Jules Ferry institue l’école primaire laïque, gratuite et obligatoire, excluant les représentants des cultes de toutes les instances de l’instruction publique. Peu à peu les congrégations sont chassées du monde de l’éducation, et bientôt même de France (lois de 1901 sur la liberté d’association, de 1904 interdisant l’enseignement à tout membre d’une congrégation, de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat). 

La situation se détend relativement après la Première Guerre, et à la fin des années 1930, la moitié peu ou prou des élèves du secondaire sont encore élèves dans des écoles privées. La rapide croissance démographique des l’après-guerre pose le défi de la croissance : incapable de répondre à cette demande qui explose, l’enseignement catholique voit sa « part de marché » régresser autour de 20%. Sous la IVème République, une loi prévoit le versement d’une allocation à tous les élèves du primaire, permettant un financement plus équitable des écoles publiques ou privées, au pro-rata de leur nombre d’élèves. 

La loi Debré et son interprétation

La loi qui fait actuellement encore le cadre de l’enseignement libre est dû à Michel Debré, premier locataire de Matignon sous la Vème République. Suite à une note rédigée par ce dernier début 1959 sous l’impulsion du président De Gaulle, un projet de loi de compromis fut présenté, rapidement combattu par les partisans de l’enseignement libre comme par les associations laïques. Imposée manu militari par De Gaulle au gouvernement et au parlement, la loi Debré propose aux écoles privées de souscrire avec l’Etat un contrat assurant la rémunération des enseignants, en contrepartie d’un contrôle administratif, pédagogique et financier. Le texte qui se voulait unificateur reconnaît à ces écoles un « caractère propre », défini de manière assez restrictive, mais dans lequel Debré voyait un « tout » qui inclut l’aspect confessionnel de l’enseignement, tout en précisant que doit être respectée la liberté de conscience de tous les enfants dont les parents souhaiteront l’inscription, sans distinction. Dans la mentalité de l’époque, reflétée par l’exposé des motifs qui sert de préambule au texte de loi, on distinguait (encore) clairement entre l’instruction, qui devait être harmonisée quel que soit le régime de l’école, et l’éducation, dont la légitime diversité pouvait être conservée et encouragée.

Le cadre de la loi Debré, jugé insatisfaisant dès le départ, et sujet à des interprétations parfois contraire, fut bientôt remis en cause. La fameuse « guerre scolaire » de 1984 était déjà contenue dans le « programme commun de la gauche » porté aux élections présidentielles de 1981 par François Mitterrand. En-deçà des désirs de la gauche radicale, qui souhaitait la nationalisation pure et simple de l’enseignement, la loi Savary de 1984 prévoyait la « fonctionnarisation » des professeurs du privé. Les réactions hostiles de part et d’autre conduisirent le président à retirer le projet de loi, entre-temps durci par l’Assemblée Nationale malgré le blocage du Sénat. 

Par la suite, l’interprétation de la loi Debré fut encore le sujet de plusieurs débats, interrogeant profondément les catholiques sur le statut de leurs établissements privés, dans un contexte de crise de l’école publique et de développement de l’enseignement hors-contrat. 

L’enseignement libre : mode de fonctionnement

Quel est aujourd’hui le véritable cadre de l’école sous contrat ? 

Derrière chaque école catholique se trouve une institution de droit privée, appelée « OGEC » (Organisme de Gestion de l’enseignement Catholique), qui en assure la gestion financière et employé tous les personnels en-dehors des professeurs, parmi lesquels bien sûr le chef d’établissement. Ce dernier est directement nommé par l’autorité de tutelle (évêque ou congrégation religieuse), après concertation avec l’OGEC. Le cadre de son action est défini par les Statuts de l’Enseignement Catholique. Les professeurs, quant à eux, sont considérés depuis 2005 comme des agents publics de l’Etat, soumis à une double ligne hiérarchique publique (exercée par le rectorat par le biais des inspecteurs académiques) et privée (dans le cadre de l’établissement). Leur nomination est le résultat d’un accord entre les instances de l’Education Nationale et le chef d’établissement.

Le financement des écoles privées est donc seulement partiellement assuré par l’Etat, qui rémunère les professeurs titulaires (recrutés par concours) et contractuels. Les communes, départements et régions contribuent à hauteur de 10% aux autres dépenses des établissements, dont le reste des fonds est d’origine totalement privée (essentiellement les droits de scolarité payés par les familles). Sur le budget total d’une école privée, les fonds se répartissent ainsi en règle générale pour moitié entre l’origine publique et privée. 

Enseignement catholique : que dit l’Eglise ?

Que dit l’Eglise ? À plusieurs reprises, les papes ont insisté sur la nécessité d’offrir aux enfants baptisés une éducation chrétienne : il s’agissait pour le pape Benoît de l’un des trois « principes non-négociables » à défendre de manière urgente dans les sociétés modernes[1]. Le Code de Droit Canonique affirme encore le droit et le devoir pour les parents, conjointement avec l’Eglise, d’éduquer leurs enfants en catholiques et de choisir les institutions et les moyens qui y pourvoiront au mieux. Il prévoit que « les parents confieront leurs enfants aux écoles où est donnée une éducation catholique »[2], que « l’Eglise a le droit de fonder et de diriger des écoles de toute discipline, genre et degré »[3], et que « l’Ordinaire du lieu [l’évêque] a le droit pour son diocèse de nommer ou d’approuver les maître qui enseignent la religion »[4]. Il appartient ainsi au droit de l’évêque de veiller sur les écoles catholiques de son territoire et de les visiter[5].

Succès de l’appel au don pour le bréviaire de Charles V

Lu sur le site de la Bibliothèque nationale de France :

Plus de 3 000 personnes ont répondu à l’appel au don pour acquérir le Bréviaire à l’usage de la Sainte-Chapelle, exceptionnel manuscrit enluminé réalisé vers 1370 pour le roi de France Charles V (1338-1380). Grâce à leur générosité, 513 111 € ont été réunis.

L’objectif de 1 600 000 € nécessaire à l’acquisition du Bréviaire a été atteint grâce à la souscription publique, aux grands mécènes et au soutien du Fonds du patrimoine du ministère de la Culture, à hauteur de 100 000 €.

Cette acquisition permet au manuscrit de rejoindre les collections nationales, dont l’histoire commence avec Charles V dit « le Sage », célèbre pour son amour des livres et du savoir. La librairie qu’il installa au Louvre vers 1368 constitue le cœur historique de la BnF. Le Bréviaire à l’usage de la Sainte-Chapelle provient de cette inestimable collection princière dont seuls 185 volumes ont été retrouvés.

Richement illustré de 33 miniatures et orné d’un décor secondaire des plus raffinés, le bréviaire présente toutes les caractéristiques d’une commande royale. Le calendrier, établi à l’usage de la Sainte-Chapelle de Paris, mentionne les obits des rois et de plusieurs reines de France, depuis Philippe IV jusqu’à Jeanne de Bourbon, épouse de Charles V décédée en 1378. On y lit, mises en évidence par des lettres rouges ou dorées, les grandes fêtes liturgiques associées à la couronne de France, comme la translation du chef de Saint Louis (17 mai), la réception de la couronne d’épines (11 août) et celle des Saintes Reliques en la Sainte-Chapelle de Paris (30 septembre). Plus loin dans le volume, le sanctoral débute par une rubrique des plus explicites : « Ci commence la seconde partie des saints a l’usaige de Paris selonc l’Ordenance de la Chapelle de l’ostel du roy de France ». […]

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