Le braqueur va passer son permis
Christophe Khider, incarcéré depuis 1995 pour de multiples braquages, un meurtre et plusieurs violentes cavales, aura droit à plusieurs autorisations de sortie pour… passer son permis de conduire.
Dès le 19 août, le détenu, déclaré coupable en 1999 du meurtre d’un homme d’affaires à la suite d’un braquage, prendra des leçons de conduite. Neuf autres permissions devraient suivre, jusqu’à la mi-septembre.
L’individu n’est pas un enfant de chœur. Considéré comme un «roi de l’évasion», le quinquagénaire a tenté de fuir sa détention à plusieurs reprises, en prenant des surveillants en otage ou en faisant exploser des portes blindées.
Pourtant, le directeur de la prison de Vendin-le-Vieil avait émis un avis défavorable à ces permissions, et le procureur de la République de Béthune avait formulé un appel contre elles. En vain, puisque la chambre d’appel de l’application des peines a donné son feu vert en juillet.
A croire que le juge qui a pris cette décision et dont on ignore le nom, est corrompu par la mafia à laquelle doit appartenir ce braqueur.
Le boulanger renonce au porc. Le Parisien dénonce la strème droâte…
Après une altercation dans sa boulangerie avec des clients mahométans, à Vénissieux (Rhône), Alexandre Dallery a annoncé vendredi qu’il arrêterait de vendre des produits à base de porc.
Pour Le Parisien, l’extrême droite n’a pas hésité à monter cette affaire en épingle, avec des relents islamophobes…
Une des vendeuses de maison La Verr’in Dallery Pittie, la boulangerie d’Alexandre Dallery, a orienté deux clients vers une quiche aux lardons. Plusieurs minutes après, les deux hommes sont revenus « comme des furies » et « très violemment » après avoir découvert la présence de porc dans leur repas.
Pour éviter toute autre erreur, le patron de la boulangerie a donc décidé de poursuivre son activité sans « faire de jambon ».
Dans un commentaire posté sur Facebook, depuis supprimé, Alexandre Dallery avait évoqué « différentes pressions depuis plusieurs mois pour faire du hallal ».

Euthanasie : les assassins ne prennent pas de vacances
L’association Ultime Liberté, qui milite pour le droit au suicide assisté et à l’euthanasie, et deux de ses militants ont été mis en examen vendredi pour avoir «provoqué au suicide» une nonagénaire.
Mercredi soir, cette femme de 91 ans, elle-même membre de l’association, a ingurgité des substances médicamenteuses pour mettre fin à ses jours. Elle a survécu parce qu’elle les a vomies mais elle reste hospitalisée. Un homme et une femme, soupçonnés de lui avoir fourni les produits, ont été interpellés après l’intervention du fils de la nonagénaire et placés en garde à vue. Ils sont mis en examen pour «exercice illégal de la profession de pharmacien» et pour avoir «provoqué la victime au suicide en lui fournissant différents produits» et pour avoir «fait de la publicité» en faveur des moyens de se donner la mort.
Ces deux dernières infractions visent aussi l’association Ultime Liberté «qui pratique un militantisme offensif promouvant les moyens de se donner la mort», a poursuivi le procureur.
En mars 2021, dix membres de cette association avaient été mis en examen dans une enquête sur un trafic de Pentobarbital, un barbiturique interdit en France et parfois utilisé pour l’aide au suicide.
L’Église, précurseur d’une éthique de l’IA ?
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
(Dans cet article, j’abuserai volontairement de l’acronyme IA, pour intelligence artificielle, en soutenant ici, abus de langage se faisant, qu’il s’agirait d’une artificialité dite intelligente.)
Le 1er août dernier marque l’entrée en vigueur de l’IA Act, appelé aussi règlement européen sur l’IA. De façon assez grossière, il détermine et qualifie les IA selon leur degré d’utilisation et d’exploitation des données personnelles. Nous voyons qu’assez rapidement, lorsqu’il s’agit de données relatives à la personne humaine, le système de classification voit rouge : il est interdit d’établir des profils sociaux, que ce soit en exploitant des données sensibles telles que ses performances professionnelles, sa situation économique, sa santé, ses préférences, ses intérêts, sa fiabilité, son comportement, sa localisation ou ses déplacements (https://artificialintelligenceact.eu/fr/high-level-summary/).
Cet encadrement semble toutefois peu efficace pour le moment, étant donné que les géants du web sont plus affairés à obtenir le monopole de cette technologie que d’en respecter son usage. Cette course au chatbot et à l’exploitation des données n’en finit pas. Entre le 7 mai et le 1er août 2024, le réseau X a utilisé les données personnelles de ses utilisateurs sans consentement explicite de leur part, pour développer son chatbot xAI en concurrence avec les autres géants de la tech. X a ainsi été visé par 8 plaintes de pays européens. Rappelons que Meta (Facebook, Instagram) a reçu 11 plaintes ainsi qu’une amende de 1,5 milliard d’euros pour le même abus, comme si cette part de chiffre d’affaires était réservée pour outrepasser les lois européennes.
Dans le monde catholique, nous savons que l’Église (tout comme les États) est dépassée par les innovations, même si ces derniers temps, le Vatican a montré un intérêt plus prononcé pour l’IA. Le 1er janvier 2024, dans son message pour la Journée mondiale de la paix, le Pape François notait déjà les effets néfastes de cette technologie ou du moins les points d’attention qu’il faut absolument s’empresser d’avoir :
« La confidentialité, la propriété des données et la propriété intellectuelle sont d’autres domaines dans lesquels ces technologies présentent des risques graves, auxquels s’ajoutent d’autres conséquences négatives liées à leur mauvaise utilisation, telles que la discrimination […] l’exclusion numérique et l’exacerbation d’un individualisme de plus en plus déconnecté de la collectivité. Tous ces facteurs risquent d’alimenter les conflits et d’entraver la paix »
En juin 2024, BFM titrait : « “Fascinante et redoutable” : le pape François met en garde contre l’intelligence artificielle » (https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/fascinant-et-redoutable-le-pape-francois-met-en-garde-contre-l-intelligence-artificielle_AD-202406140716.html). On le sait et on le voit déjà : l’IA est utilisée à des fins électoralistes pour influencer le peuple. Il est facile de s’en apercevoir en naviguant sur le net et en voyant le nombre d’informations erronées diffusées (notamment sur X où la parole semble plus libérée que sur d’autres médias).
En juin 2024, des participants à la conférence internationale annuelle de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice ont été reçus par le Pape, qui invitait chacun à se poser la question : « À quoi sert l’IA ? » et soulignait « la nécessité absolue d’un développement et d’une utilisation éthiques de l’IA, en invitant les politiques à prendre des mesures concrètes pour gouverner le processus technologique en cours dans le sens de la fraternité et de la paix universelles » (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-06/pape-effets-ia-travail.html).
L’IA vue par Rome
Revenons sur l’appel émis par Rome le 28 février 2020. L’Académie pontificale veut former une éthique de l’IA étant donné l’importance qu’elle prend. Comme énoncé en introduction du document, il s’agit d’un texte signé par des entreprises du CAC 40, comme Microsoft, pour placer la responsabilité de l’homme dans cette nouvelle innovation, afin d’entreprendre un avenir tourné vers l’humain à travers la notion d’algoréthique.
Le consensus se base sur quatre piliers : l’éthique, les critères de développement, l’éducation, et les droits.
En parlant d’éthique :
Le document entend respecter la condition de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 où le premier article (Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits) semble menacé par l’IA. Esquissons déjà le concept d’une technologie permettant la sélection des embryons s’appuyant sur un système de recommandation. Il sera alors possible de choisir l’enfant qui nous correspondrait le mieux et ainsi de discriminer littéralement les handicapés ou les malformés. Même si cela existait déjà sous une autre forme, le choix sera plus large et plus discriminant…
L’autre point soulevé par cette catégorie concerne l’environnement où évolue l’être humain. Il met l’accent sur la nécessité de permettre aux individus de s’exprimer pleinement et de ne pas être bridés par des technologies.
Puis sur les critères de développement :
– Inclure chaque être humain.
– Mettre le bien commun au centre. Derrière cette notion, il faut évidemment que tout le monde se rejoigne sur ce qu’est le bien commun, encore aujourd’hui trop ambigu. Interpellez quelqu’un dans la rue à ce propos, vous serez sûrement sceptique de sa réponse.
– Tenir compte de la complexité de la réalité.
– Chaque personne doit être consciente qu’elle interagit avec la machine pour éviter tout risque d’exploitation (via des IA jugées trop humaines sur lesquelles une personne aurait jeté son dévolu). À noter que le fondateur de DeepMind affirmait lui-même que le test de Turing, qui différenciait les machines des hommes, était dépassé et obsolète.
Après, l’éducation :
– Construire un avenir pour les jeunes générations : on pense notamment à la dérive des IA génératives dans le secteur éducatif.
– Améliorer la qualité de l’éducation, accessible à tous, avec l’égalité des chances.
– Accès aux personnes âgées avec services hors-lignes (très important puisque l’adaptation au changement est un sujet sociétal majeur et les anciennes générations ont plus de difficulté à utiliser les technologies).
– Aide aux personnes handicapées.
– Utiliser l’IA pour intégrer chacun (travail à distance pour mobilité réduite).
– Pas de limite aux développements des compétences numériques mais exprimer entièrement les capacités de la personne.
– Élever les consciences sur les enjeux d’une inclusion sociale et respect individuel.
Finalement, sur les droits :
– Maintenir la paix internationale avec la sécurité numérique. Il s’agit d’un enjeu majeur quand on voit que le nombre de cyberattaques enfle année après année (1000 actes par an en moyenne) et que l’enjeu des guerres est informatif et analytique (drones, médias).
– Protection des droits de l’homme :
– Le document aimerait établir un devoir d’explication (de la technologie) qui impliquerait une plus grande responsabilité à son créateur. Ce point me paraît primordial puisque les technologies sont de plus en plus opaques et de moins en moins compréhensibles. Il faut offrir des informations sur la logique des algorithmes et une traçabilité de leurs sources.
– Spécialement pour la reconnaissance faciale et éviter des systèmes de notation.
Il faut se tourner vers les cas concrets du quotidien où l’on remarque d’ores et déjà l’impact de l’IA sur la vie sociale, notamment le danger d’une génération abusive de texte sur les réseaux sociaux et dans le système éducatif (pour traiter des devoirs en confisquant le raisonnement qui aurait dû être suscité par l’étudiant).
On pense alors à quelques pistes pour gérer ses données, même si le droit à l’effacement n’est pas vraiment simplifié par les nouvelles méthodes d’authentification comme le SSO en deux clics qui vous créent un compte en utilisant les données de vos réseaux sociaux. L’autre piste, plus à mon goût, serait de mettre en place une signature numérique, car il semblerait que l’écriture générée soit pire que le plagiat : intraçable car générable à la volée. On va vers un déclassement des œuvres (comme les dissertations, les thèses, les devoirs étudiants et du rôle de la littérature et de l’art). L’ADN d’Internet étant l’anonymat, cette mesure serait toutefois difficile à mettre en place (il faudrait signer au moment de l’intégration du système).
L’écrivain de demain ne sera plus en position de force puisque l’IA le remplacera (lira-t-on un livre de ChatGPT ou de notre romancier préféré ?). On a connu récemment ce scandale aux États-Unis, où les scénaristes et les acteurs se sont mis en grève pour protester contre l’utilisation de l’IA générative pour créer des scénarios de films. S’agirait-il d’un grand remplacement ? Cela engendrerait-il un retour en force de l’oralité pour pallier la compétence écrite ?
Que faire ?
Je ne suis pas partisan de la thèse complotiste, même si je suis intimement convaincu que nos données, malgré toute notre bonne volonté, finiront par se retrouver dans une base de données perdue dans les fins fonds de l’Internet. Il suffit de voir le nombre de bots circulant qui copient le contenu : Internet n’a jamais autant servi à désinformer et à mésinformer. D’ailleurs, mieux vaut aller dans une bibliothèque si l’on cherche à travailler sa pensée. Il faut d’abord se former pour s’informer puisque c’est à nous, in fine, humains, que revient le pouvoir du discernement.
La CNIL malgré tout propose quelques conseils pour protéger nos données sur le net dont, le plus utile selon moi, serait de réfléchir à deux reprises avant de publier du contenu (surtout des photos trop intimes sur Instagram qui en disent long sur notre mode, nos lieux de vie). Cette tâche est d’autant plus difficile que le monde se dématérialise et que, pour le moindre achat, on nous somme de communiquer des informations personnelles comme notre adresse postale qui sont aussitôt entrées dans un logiciel et Dieu sait où elles vagabondent (https://www.cnil.fr/fr/10-conseils-pour-rester-net-sur-le-web).
Terminons avec le Pape qui conclut l’interview précédemment citée :
« Sommes-nous sûrs de vouloir continuer à appeler “intelligence” ce que l’intelligence n’est pas ? Réfléchissons et demandons-nous si l’usage abusif de ce mot si important, si humain, n’est pas déjà une capitulation devant le pouvoir technocratique »
(https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-06/pape-effets-ia-travail.html).
Heureusement, rassurons-nous, le catholicisme est une religion de la chair, le Fils de Dieu ayant été incarné. Les catholiques sont en avance sur leur génération : nous savons que la vie présente et éternelle passe par le corps et que l’intelligence, le savoir et in fine le savoir-faire se développent à travers lui, l’âme et non exclusivement par procuration à des machines.
Mickaël Ottmann
Ingénieur Cloud
Le problème du sacré
D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Un spectre hante l’Église : le problème du sacré. Les traditionalistes (et pas seulement eux) parlent souvent d’une perte du sacré. Si cela est vrai, il ne fait aucun doute que la dérive de la soi-disant “messe des jeunes” est une conséquence de ce triste phénomène. Mais pouvons-nous retracer cette perte du sacré aux années du Concile ? Certes, nous ne pensons pas que le Concile soit la cause de ce phénomène, mais il semble évident qu’il a accéléré un processus déjà bien engagé.
Un auteur important à considérer lorsqu’on parle du sacré est Rudolf Otto. Son livre de 1917, Das Heilige, traduit en italien en 1926 par Ernesto Buonaiuti (un champion du modernisme) sous le titre Il Sacro, est une référence clé sur ce sujet. Dans ce livre, l’auteur déclare, entre autres choses:
“Le véritable ‘mystérieux’ est – comme nous l’avons dit – plus que le simplement ‘incompris’, mais il existe une analogie entre les deux, qui se manifeste dans des événements qui nous paraissent d’abord étranges, mais qui grâce à notre loi d’attraction deviennent immédiatement compréhensibles. Par exemple, comment expliquer que ce sont précisément les Alléluias, les Kyrie eleison, les Sélah, puis, les expressions antiques et peu claires de la Bible et des hymnes, le mode singulièrement différent de s’exprimer dans les deux, le langage cultuel devenu semi ou totalement inintelligible, non seulement ne diminuent pas, mais augmentent la dévotion, et qu’ils sont ressentis comme spécifiquement ‘solennels’ et aimés justement pour cela ? Est-ce une ‘manie des antiquités’, ou simplement un attachement à la tradition ? Ni l’un ni l’autre. Cela provient du fait que le sentiment du mysterium et celui du ‘tout autre’ sont éveillés par eux et s’y attachent. Le latin de la messe, considéré par le catholique naïf non comme un mal nécessaire, mais comme quelque chose de sacré, le vieux-slave de la liturgie russe, l’allemand luthérien de notre propre service divin, ainsi que le sanskrit dans la messe bouddhiste de Chine et du Japon, le ‘langage des Dieux’ dans le rituel sacrificiel d’Homère, et mille autres exemples illustrent cette loi. De même, l’élément à moitié manifeste, à moitié caché dans le rite de la Loi, dans le rite de la messe, dans la liturgie grecque et dans bien d’autres rites.”
Cette réflexion intéressante nous aide à comprendre combien il était important de préserver cet élément “autre” de l’expérience cultuelle, qui permettait à l’homme religieux de vivre, à travers le sacré, l’expérience du divin auquel il avait été admis.
Il ne faut pas penser que le texte de Rudolf Otto soit exempt de critiques, pourtant il contient des éléments qui nous invitent à une profonde réflexion sur ce que doit être le sens de notre expérience religieuse.
Cependant, un numéro de mai 1969 de la Rivista di Pastorale Liturgica (journal Italien) intitulé Liturgie dans un monde sécularisé nous montre comment les perceptions du sacré avaient changé, avec des conséquences bien connues de nous. Nous sommes déjà quatre ans après la fin du Concile et aux portes des années 70. Les contributeurs offrent un tableau intéressant sur les thèmes de la liturgie, du sacré et de la sécularisation à leur époque. Voyons quelques-uns d’entre eux.
Commençons par l’article d’ouverture d’un expert en matière de sécularisation, le philosophe jésuite Pietro Cardoletti, qui fait des affirmations dignes de notre intérêt. En parlant par exemple des diverses idées sur la sécularisation, il dit :
“Il y en a cependant d’autres qui considèrent la sécularisation de manière totalement différente. Ils ne cherchent pas à atteindre le sens du mot à travers l’étymologie, mais à travers son usage actuel. Par conséquent, ils comprennent qu’aujourd’hui, la ‘sécularisation’ signifie le processus par lequel l’homme se libère des liens et des entraves imposés par diverses formes de religiosité et par différentes conceptions philosophiques, surtout métaphysiques ; il se sent plus conscient de sa liberté et de son pouvoir dans le monde, et donc il a un sens de plus en plus grand de sa responsabilité dans la construction de la société de demain.”
Ainsi, tel que le présente le père Cardoletti, la sécularisation pour certains signifie une plus grande conscience de l’homme envers lui-même. Plus loin, le père Cardoletti précise mieux sa pensée :
“En fait cependant, nous sommes obligés de mieux voir et de reconnaître que ce sont les forces de l’esprit chrétien qui ont conditionné ce grand progrès. Il n’est même pas difficile de se rappeler comment certains enseignements sur la place dominante de l’homme (‘que sert-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ?’), sur la liberté de la loi vétérotestamentaire, sur la primauté du Christ dans l’univers et sur notre incorporation en lui (sur la signification cosmique de l’incarnation), sur le monde qui souffre des douleurs de l’accouchement en attendant la liberté des enfants de Dieu, etc., peuvent nous faire voir comment le développement intérieur et profond de ces grandes idées chrétiennes peut conduire l’homme à la conscience de sa grandeur par rapport au monde et au progrès. De toute façon, le thème de la sécularisation est devenu un thème chrétien, voire un problème spécifique et précis de la théologie chrétienne. (…) Maintenant, si nous ne décidons pas de fixer avec précision que lorsque nous parlons de sécularisation, nous entendons ce grand processus d’inspiration chrétienne dans lequel l’homme est conduit à travers une maturation continue, comme un véritable enfant de Dieu, héritier de toute la création et responsable de celle-ci envers le Père (dans lequel nous pouvons également détecter les faiblesses, les défections de l’esprit chrétien, et tout ce qui ne peut pas être attribué à la foi comme à sa propre cause), nous ne serons jamais en mesure d’aborder ce sujet.”
Bref, pour aborder le thème de la sécularisation, qui est ensuite la désacralisation, nous devons d’abord reconnaître qu’au fond c’est une bonne chose. C’est certainement une approche très singulière de cette question et notre auteur précise encore mieux sa pensée un peu plus loin :
“Nous avons vu que la désacralisation n’est que l’aspect négatif de la sécularisation, qui au contraire dans sa positivité comprend tout ce qui concerne l’âge adulte de l’homme. La désacralisation couvre donc uniquement cet aspect de la sécularisation qui correspond à son étymologie. Cependant, il reste toujours d’une grande importance de déterminer le domaine dans lequel cette vaste opération de suppression du sacré est réalisée.”
La sécularisation comme conquête, dommage pour la désacralisation, semble dire notre auteur.
Un des noms les plus représentatifs de la théologie de cette époque, le dominicain Edward Schillebeeckx, dans son article (Culte profane et célébration liturgique) va encore plus loin dans cette direction :
“Les problèmes s’accumulent et débordent. En bref : le christianisme concerne-t-il Dieu ou les hommes ? La théologie radicale a déjà rendu son jugement à ce sujet : elle concerne l’homme, et parler de Dieu n’est qu’une façon archaïque dont les hommes se servent pour comprendre la condition humaine.”
Devons-nous encore croire en Dieu ?
“En regardant maintenant de plus près, nous verrons que l’intention fondamentale de la ‘désacralisation’ actuelle de la liturgie ne diffère pas tellement de l’empreinte de la liturgie des dix premiers siècles. Dans les deux cas, ce sont les choses concrètes de la vie humaine qui représentent et réalisent ce qui est sacré. Dans la vision ‘cosmocentrique’ de l’homme du passé, l’attention se portait sur les choses matérielles du vaste monde de la création : l’eau, le baume, l’encens, les icônes, tout ce qui est matière visible était pris comme expression de l’Invisible. Dans une vision ‘anthropocentrique’ de l’homme moderne, l’attention est dirigée vers l’éthique : vers la justice et l’amour ; et aujourd’hui, ce sont précisément ces réalités créatives qui sont vécues comme des manifestations de l’Invisible.”
Comme nous le voyons, dans les mots peut-être encore plus explicites de Schillebeeckx, le culte profane semble prendre la place du culte sacré.
D’autres auteurs se succèdent dans ce numéro de la revue, plus ou moins en poursuivant le discours sur le ton vu précédemment. Le prêtre et professeur à l’Université de Salamanque, Luis Maldonado, pouvait affirmer :
“Nous pouvons conclure que la désacralisation bien comprise n’est pas une action négative, bien que le mot semble avoir ce sens. C’est simplement la connotation, au moyen d’une relation négative, d’un fait positif, décisif à l’échelle planétaire, le fait chrétien. Sans aucun doute, cela peut être mal compris et on peut en arriver à une négation du transcendant, de la présence du divin dans le monde. Mais la théologie actuelle entend précisément le contraire par désacralisation : l’affirmation d’une omniprésence du surnaturel ; donc l’affirmation d’une nouvelle harmonie humaine, un nouveau principe de communion et de dialogue avec le monde. La formule de Congar peut être utile : ‘Le fait chrétien ne nie pas le sacré, mais plutôt le profane.'”
Avec le profane retiré, le sacré en effet n’a pas beaucoup de sens. Il y a d’autres contributions dans la revue, mais il y en a une en particulier qui touche au problème de la musique liturgique et du sacré, et sur cela, il est bon de focaliser notre attention.
Tentative d’assassinat d’un aumônier irlandais
En Irlande, un aumônier de l’armée, Fr Murphy, a été victime d’une attaque au couteau, mercredi 15 août dans la soirée. Un adolescent de 16 ans a été interpellé et placé en garde à vue. La piste terroriste est envisagée.
D’après l’Irish Independent, la victime, âgée de 52 ans, souffre de nombreuses blessures aux bras mais sa vie n’est pas en danger. L’attaque est survenue au sein de l’installation militaire de Renmore Barracks, dans le comté de Galway.
Le retour de Donald Trump sur X
Article de Louis-Vincent Gave paru sur Gavekal. Traduction de Conflits:
Lundi, Donald Trump est revenu sur Twitter, ou X comme l’a rebaptisé Elon Musk. Cela a ravivé quelques souvenirs stressants. Avant son interdiction en janvier 2021, les tweets de Trump faisaient souvent bouger les marchés, les algos entraînés à réagir aux dernières nouvelles de la Maison-Blanche ou de Mar-a-Lago poussant soudainement les taux de change, les prix du pétrole, les rendements obligataires ou les marchés d’actions dans un sens ou dans l’autre. Lundi, le retour de M. Trump sur X a coïncidé avec une flambée des prix du pétrole et de l’or. Bien sûr, au-delà de Trump, il y a de nombreuses explications possibles à ces mouvements.
L’or. L’or se trouve dans un marché haussier (bull market), il ne faut donc pas trop expliquer le mouvement de lundi. Dans un marché haussier, les prix augmentent. Néanmoins, la forte hausse de lundi avait probablement moins à voir avec Trump qu’avec la détérioration de la situation géopolitique. Je sais que « les amis ne laissent pas leurs amis négocier sur la géopolitique », mais la situation sur le front Russie-Ukraine semble avoir évolué dernièrement, avec la centrale nucléaire de Zaporijia prise pour cible et les forces ukrainiennes qui s’enfoncent dans le territoire russe (et qui se préparent à être coupées du reste du monde ? Ou en changeant véritablement la dynamique d’un front que l’on croyait gelé ?). Dans ce contexte, il n’est peut-être pas surprenant que l’or se rapproche soudainement de son plus haut historique de juillet (et il est intéressant de noter que, cette fois-ci, les mineurs de métaux précieux semblent se joindre à la fête).
L’énergie. Pour rester sur le thème des amis qui ne laissent pas leurs amis négocier sur la géopolitique, les nouvelles en provenance du Moyen-Orient sont de plus en plus inquiétantes. Après l’assassinat à Téhéran du chef du Hamas, Ismail Haniyeh, on s’attendait à ce que l’Iran riposte contre Israël, comme il l’avait fait en avril après le bombardement de son complexe diplomatique à Damas. Mais au lieu de faire un geste rapide et surtout symbolique, il semble que l’Iran soit en train de préparer une riposte plus redoutable, en important du matériel militaire de Russie et en mobilisant ses troupes. Pendant ce temps, de l’autre côté, Israël fait appel à une plus grande partie de ses propres forces de réserve.
Rien de tout cela ne signifie qu’une guerre totale est inévitable. Mais chaque jour qui passe sans que la tension ne diminue signifie que les acheteurs commerciaux de pétrole – expéditeurs, raffineurs, etc. – doivent s’assurer que tous leurs réservoirs de stockage sont remplis à ras bord, sous peine de dislocation. Par conséquent, nous nous trouvons aujourd’hui dans un environnement où la voie de la moindre résistance pour le pétrole pourrait bien être celle d’une hausse des prix.
Cela me ramène au retour de Trump sur X. En revenant sur X, Trump admet essentiellement que Truth Social, la plateforme qu’il a lancée après avoir été banni de Facebook, Instagram, Twitter et YouTube, n’a pas la portée qu’il espérait au départ. Pour Trump, faire cet aveu signifie qu’il doit y avoir quelque chose pour lui de l’autre côté de la dépréciation de la valeur de Trump Media & Technology (qui se négocie toujours avec une capitalisation boursière de 4,8 milliards de dollars, ce qui n’est pas mal pour une entreprise qui a réalisé moins de 1 million de dollars de chiffre d’affaires au dernier trimestre et 16,4 millions de dollars de pertes). À quoi Trump va-t-il donc utiliser X ?
La réponse évidente est de toucher un public plus large que celui de Truth Social. Presque tous les abonnés de Truth Social prévoient de toute façon de voter pour Trump. Il y a donc peu de voix à gagner en prêchant à ce chœur. Avec X, Trump pourrait espérer élargir sa base. Mais quelle est la probabilité que cela se produise ? Les médias sociaux sont de plus en plus constitués de chambres d’écho séparées. Il y a donc peu de chances de persuader de nouveaux électeurs que Trump est l’homme qui rendra à l’Amérique sa grandeur, d’autant plus que la plupart d’entre eux ont déjà une idée fixe de l’ancien président. Il s’agit d’une entité connue. Cela suggère que l’objectif de sa campagne n’est pas de convaincre les électeurs indécis que Trump est merveilleux, mais plutôt de les persuader que Kamala Harris serait un désastre.
Cela m’amène à parler de X et des algos. Historiquement, l’un des moyens de mettre les électeurs en colère avant une élection était de présider à une augmentation rapide du prix de l’essence. Cela explique peut-être en partie l’insistance récente de Trump sur le fait que la première chose qu’il fera lorsqu’il sera au pouvoir sera de remplir la réserve stratégique de pétrole des États-Unis. Les investisseurs devraient donc peut-être s’attendre à d’autres tweets haussiers sur l’énergie d’ici à novembre ?
Les investisseurs devraient également s’attendre à des tweets visant à faire baisser le dollar américain. Un dollar plus faible semble être un pilier essentiel de la plate-forme Trump-Vance, car quiconque souhaite sérieusement ramener l’industrie manufacturière aux États-Unis sait que cela n’est pas possible si le dollar américain est surévalué par rapport aux autres grandes monnaies en termes de parité de pouvoir d’achat. Et sur les marchés à faible liquidité, les tweets de Trump peuvent avoir un effet disproportionné.
Quoi qu’il en soit, la géopolitique semble indiquer une hausse des prix de l’or et du pétrole. La politique américaine pourrait bien aller dans le même sens, à moins que Joe Biden ne décide de libérer encore plus de pétrole du SPR pour aider Kamala Harris (mais Biden a-t-il envie de faire des pieds et des mains pour aider Harris ? Jusqu’à présent, il a brillé par son absence dans la campagne Harris-Walz). En outre, la politique de la Réserve fédérale semble également indiquer un affaiblissement du dollar américain, à supposer que la Fed réduise ses taux en septembre, comme elle l’a indiqué. À son tour, un dollar plus faible implique des prix en dollars plus élevés pour l’or et le pétrole. La seule différence majeure réside dans les tendances du marché : l’or a été et reste un marché haussier, tandis que l’énergie a évolué en dents de scie, frustrant les haussiers comme les baissiers.
« Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée à laisser aller la main de mon fils. »
« Je suis forcée de laisser aller la main de mon Fils ; elle est si lourde et si pesante que je ne puis plus la maintenir » : c’est par ces paroles presque menaçantes que la « Dame » interpella Mélanie – 14 ans – et Maximin – 11 ans – dans la combe de La Salette, le soir du samedi 19 septembre 1846. L’apparition fut rapidement reconnue par l’évêque de Grenoble, mais les décennies qui suivirent furent le théâtre d’une large controverse au sujet des deux parties du message transmis aux deux bergers : celle destinée à tous, qui commençait ainsi, et les « secrets » confiés séparément aux voyants.
Le commentaire du cardinal Ratzinger
Pour y voir plus clair, il faut opérer un détour par les apparitions de Fatima, qui se sont également accompagnées de secrets. En l’an 2000, Jean-Paul II fit accompagner la publication du troisième secret de Fatima d’un important commentaire théologique, notamment dû au cardinal Ratzinger. On y trouve d’importants rappels, appuyés sur le catéchisme, la Tradition de l’Église et le Magistère. Appuyé notamment sur un chapitre de saint Jean de la Croix dans La Montée du Carmel et sur le travail d’un grand théologien et pape du XVIIe siècle, le futur Benoît XVI distinguait soigneusement deux révélations. D’abord, la Révélation publique unique, achevée avec le Christ et le Nouveau Testament, à laquelle les catholiques doivent un assentiment de foi théologale – fondé sur la certitude de l’inspiration de l’Écriture sainte et de l’assistance divine infaillible au Magistère de l’Église.
Ensuite, les révélations privées, dont le rôle n’est pas de compléter ce qui manquerait à la Révélation publique – il n’y manque rien – mais d’aider à la vivre plus pleinement aux différentes époques. Cette dernière peut être une aide pour croire, mais on ne lui doit pas le même assentiment de foi théologale qu’aux vérités dogmatiques : il s’agit plutôt d’une estimation humaine, conformément aux règles de prudence. Certains critères ont ainsi été ébauchés par la tradition de l’Église, que l’on retrouve dans le récent document publié par Rome au sujet du discernement des phénomènes surnaturels : le message n’est en rien contraire à la foi et aux bonnes mœurs, la santé de corps et d’esprit de ceux qui en sont les intermédiaires, leur moralité. Cette évaluation conduit ensuite l’Église à permettre la dévotion autour d’un sanctuaire et d’une apparition, en donnant son nihil obstat, « rien ne s’oppose », souvent assimilé à une « reconnaissance » du phénomène, mais qui n’en canonise pas le message et n’en fait pas une parole d’Évangile. L’Écriture et la Tradition, transmises par le Magistère, demeurent les seules règles de la foi.
Manifestations intérieures
Le cardinal Ratzinger mentionne encore un point important : ces apparitions sont souvent des manifestations intérieures, à mi-chemin entre la vision mystique purement spirituelle et le miracle extérieur, visible par tous. Ainsi le message qui peut y être transmis nous parvient par la médiation des « sens internes » du voyant, parmi lesquels figurent notamment la mémoire et l’imagination. Il n’est donc pas étonnant que les propos qui sont rapportés de Notre-Seigneur ou de la Vierge Marie soient marqués par leur contexte historique et humain, de la même manière qu’ils sont exprimés dans leur langue. Ils demandent donc – à l’instar des textes du Nouveau et de l’Ancien Testament – une vraie interprétation dont l’authenticité ne peut être garantie que par le Magistère de l’Église.
Dès lors, nanti de ces précautions, comment comprendre les paroles – au premier abord si dures – de la Dame qui apparut, pleurant, dans la combe de La Salette ? On retrouve dans les accents de l’apparition, tels que rapportés par les voyants, ceux de certains prophètes de l’Ancien Testament : « Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée à laisser aller la main de mon fils. » Les reproches et les demandes se précisent ensuite autour du respect des commandements de Dieu – notamment la sanctification du dimanche – et de l’Église, dont le non-respect fait encourir diverses calamités temporelles – mauvaises récoltes, maladie de la pomme de terre, guerres… Comme chez Isaïe ou Jérémie, la force des mots n’est pas un signe de violence mais d’amour : même ce qui semble être une menace témoigne en réalité des excès de la miséricorde divine, qui ne peut supporter de voir les hommes s’éloigner de son bienveillant abri.
Le privilège de la liberté
La véhémence des appels de la Dame rappelle que Dieu nous a créés avec le privilège de la liberté : nous sommes des personnes responsables de nos actes devant le Créateur, qui ne veut donc pas nous contraindre, mais ne se désintéresse pas pour autant de notre salut. Alors il nous appelle, d’abord doucement puis avec plus de force, à suivre ses voies. Au bout du compte il nous traitera comme des personnes : sanctionnant notre bonne ou mauvaise conduite, librement choisie, au moment de la mort et dans l’éternité bien sûr, mais parfois aussi dès cette vie, à travers certains événements que sa Providence donne ou permet. Ce message qui semble aujourd’hui si peu audible, est celui de toute l’Écriture – des prophètes jusqu’aux Actes des Apôtres, avec Ananie et Saphire dans les Actes des apôtres – et de la théologie classique du gouvernement divin, auquel rien ne peut échapper.
Un rappel de la gravité du péché
Mais pourquoi attribuer ces avertissements à Marie ? Saint Jean-Paul II rappelait en 1996 que le message de La Salette est un message d’espérance, car l’appel à la pénitence manifeste que Dieu nous donne encore et toujours cette chance de revenir vers lui. Si c’est la Vierge Mère qui rappelle, à La Salette, la gravité du péché, c’est aussi pour montrer qu’elle n’est en rien étrangère, ni à notre souffrance et notre combat, ni à notre rédemption, obtenue par Jésus au prix de son sang. Son message – loin de rabaisser l’humanité en la réduisant à son péché – nous conduit à contempler comment l’une d’entre nous fut appelée à participer de si près au sacrifice qui nous sauve qu’elle puisse être appelée par certains « corédemptrice ».
Unplanned : la force de l’entrisme culturel pro-vie aux États-Unis
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Introduction
Le 25 février 2024, à 13h15, l’émission catholique « En quête d’esprit » sur la chaîne CNews affiche un visuel présentant « Les causes de la mortalité dans le monde » : 1) L’avortement : 73 millions par an dans le monde 2) Le cancer : 10 millions de décès 3) Le tabac : 3,2 millions de décès, citant des chiffres de l’agence Worldometer . Le lendemain, après une polémique médiatique et politique d’ampleur, Laurence Ferrari présente des excuses au nom de la chaîne : « La chaîne CNews présente ses excuses à ses téléspectateurs pour cette erreur (sic) qui n’aurait pas dû se produire. » L’erreur en question est d’appeler l’avortement une « cause de mortalité. » Dans un tweet de signalement adressé à l’Arcom, le collectif Sleeping Giants France, qui se définit comme un « collectif citoyen de lutte contre le financement du discours de haine », écrit : « IVG présentée comme un décès contrairement à l’avis scientifique, à la loi française et européenne (sic). » Devant une telle doxa, la chaîne CNews a évidemment dû céder pour préserver sa fréquence, jusqu’à s’excuser platement devant les commissions sénatoriales les semaines suivantes.
Face à cette hydre meurtrière qu’est la doxa pro-avortement, aujourd’hui réputée intouchable depuis sa constitutionnalisation en France, il est plus que jamais nécessaire pour les catholiques et les français de bonne volonté de ne pas céder et de continuer le combat. Et pour une fois, nous pouvons, nous devons nous inspirer de l’entrisme culturel pro-vie des américains, face à la tiédeur du catholicisme français sur ce sujet.
I- L’omniprésence de la question de l’avortement aux États-Unis
Malgré les législations meurtrières que les États-Unis, comme la France, ont connu, les américains n’ont jamais cessé le combat pro-vie. Je crois que c’est la première étape de leur victoire législative : le droit constitutionnel à l’avortement, garanti par l’arrêt Roe v. Wade de 1973, a été renversé (overturned) cinquante ans après son introduction, le 24 juin 2022 (Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization), laissant aux états la liberté de légiférer comme ils le souhaitent sur la question. Pendant ces cinquante années, malgré l’apparente victoire légale des pro-choix en 1973, le camp pro-vie n’a jamais cessé son combat obstiné. Roe v. Wade n’a pas annihilé la présence du camp pro-vie dans la vie américaine, comme la loi Veil l’a fait en France. Des dizaines d’organisations pro-vie émergent après 1973 aux États-Unis et continuent d’émerger pour combattre l’avortement. James T. McHugh déclare en 1973 que « la seule raison pour laquelle nous avons un mouvement pro-vie dans ce pays est grâce aux catholiques et à l’Église catholique. » Les premières réactions à la décision de la Cour Suprême viennent en effet de la Conférence des Évêques des États-Unis. En 1973, McHugh devient le président exécutif du National Right to Life Committee, créé en réponse à l’arrêt de la Cour Suprême légalisant l’avortement. Le comité décide de prendre ses distances avec la Conférence des Évêques, afin d’attirer plus de protestants. En 1986, Randall Terry crée l’organisation Operation Rescue. Leur désobéissance civile leur vaut des dizaines de milliers d’interpellations, de condamnations et d’amendes entre 1987 et 1994, ce qui leur donne évidemment une puissance médiatique inégalée.
Malgré une corrélation certaine entre le mouvement pro-vie et les partis politiques ou les groupes religieux, des exceptions existent, et ont une importance considérable. Ainsi, il existe des associations qui sembleraient impensables en France, comme la Pro-Life Alliance of Gays and Lesbians (PLAGAL, anciennement Gays Against Abortion), fondée en 1990. De plus, si les démocrates soutiennent une ligne pro-choix de plus en plus féroce, il existe l’organisation Democrats for Life of America (DFLA), fondée en 1999 pour coordonner le combat des démocrates pro-vie. Dépasser ainsi les clivages politiques et religieux demande un courage certain, et peut mener à un violent ostracisme : la présence de PLAGAL sur la Gay Pride de 1995 a mené à des heurts ; des membres de DFLA se sont vus discriminés des conventions démocrates. Malgré tout, la question de la vie est devenue un sujet-bannière récurrent, brandi à chaque campagne électorale dans un sens ou dans l’autre. Ainsi, le camp pro-vie a su garder son influence et son omniprésence dans le paysage médiatique, politique et culturel américain. La raison est simple : une pression religieuse et culturelle pro-vie continue sur tous les aspects de la société américaine.
II- L’entrisme culturel pro-vie
Cette omniprésence culturelle pro-vie, déjà réelle avant 1973 par la seule proportion de chrétiens sur le sol américain, devient vraiment militante dans les années 1980. Comme le décrit le documentaire de la chaîne européenne Arte « Les évangéliques à la conquête du monde » : « Le nouveau cheval de bataille des évangéliques est emprunté aux catholiques : dénoncer la légalisation de l’avortement et défendre la famille traditionnelle. Des idéologues évangéliques vont produire un documentaire pour sensibiliser et mobiliser tous les chrétiens. Une cause commune qui va leur permettre de se constituer en un puissant lobby. » Francis Schaeffer théorise le programme de décadence morale de toute société (secular humanism) légalisant l’avortement, la menant ensuite à banaliser l’euthanasie et l’infanticide. Aujourd’hui, les « évolutions » sociétales lui donnent raison. Son fils, Frank Schaeffer réalise une série de films de propagande pro-vie à la fin des années 1970, dont « Whatever Happened to the Human Race ». Les images sont hautement symboliques (bébé pleurant dans une cage enfumée, poupées désarticulées jetées pêle-mêle sur les rives arides de la Mer Rouge, références à l’eugénisme et au « contrôle qualité » des fœtus etc.). Les films en appellent tant au bon sens qu’au pathos. À partir de Schaeffer, lui-même réactionnaire face à la loi de 1973, le combat pro-vie qui était un débat raisonné, devient émotionnel. Riches de leur expérience hollywoodienne de manipulation des foules, les américains vont produire jusqu’à aujourd’hui des dizaines d’œuvres pro-vie à la puissance émotionnelle inégalée. Ce n’est pourtant qu’une réponse à un camp pro-choix lui aussi de plus en plus dogmatique, où les mantras (« My body, my choice » et autres « droits fondamentaux ») deviennent de plus en plus majoritaires, agressifs et éhontés.
Le 29 mars 2019, un autre blockbuster renouvelle l’entrisme culturel pro-vie : Unplanned. Il s’agit d’une adaptation du best-seller autobiographique éponyme d’Abby Johnson, une directrice de Planning Familial qui se convertit à la cause pro-vie. L’homme d’affaire, et soutien de Donald Trump, Mike Lindell finance une partie du budget du film et apparaît en caméo final où il détruit un Planning Familial avec un bulldozer. Unplanned génère 21 millions de dollars, pour un budget de 6 millions. En France, le film provoque une polémique après sa courageuse diffusion par la chaîne C8 le 16 août 2021. La ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes (sic), Élisabeth Moreno, s’offusque dès le lendemain : « En acceptant de diffuser ce type de programme, C8 se rend solidaire des mouvements anti-choix et se rend coupable du délit d’entrave [à l’avortement] condamné dans notre pays. » Elle le qualifie « d’outil de propagande anti-avortement abject. »
La chanson éponyme du film Unplanned connaît elle aussi un certain succès. Le chanteur chrétien Matthew West compose cette chanson qui inonde alors la toile (la vidéo réalise 1,4M de vues sur YouTube) : « Oh, je ne crois pas aux accidents / Les miracles ne peuvent pas être le fruit du hasard / Tant que mon Dieu tient le monde dans ses mains / Je sais qu’il ne peut rien y avoir d’imprévu. […] Toutes les vies méritent d’avoir une voix / Tous les enfants méritent d’avoir une chance / Tu es tellement plus qu’un simple choix / Il n’y a rien d’imprévu. » En 2016, Matthew West avait déjà composé une chanson pro-vie, « Untold », du point de vue du bébé à naître : « Et le docteur dit que je suis optionnel / Une erreur que tu peux faire disparaître / Je n’ai peut-être pas de voix, mais je suis plus qu’un simple choix / Je suis aussi réel que les battements du cœur que tu entends / Donc ne referme pas encore le livre sur moi / J’ai encore du chemin à faire / Des pages blanches à remplir et le meilleur reste à venir / Je suis une histoire à écrire […] J’ai des doigts et des orteils, et le Ciel sait déjà le nom que tu vas me choisir, qui est déjà le mien / Je sais que tu as peur / Mais quand tu entendras mon premier cri / Quand tu regarderas dans mes yeux / Tu comprendras pourquoi / Tu m’as donné la vie. » De nombreux commentateurs de la vidéo sur YouTube témoignent de l’impact qu’a eu la chanson sur leur décision de garder leur enfant. L’impact de cet entrisme culturel est donc réel, tangible. C’est véritablement une question de vie ou de mort.
III- Quelles conséquences, quelles leçons ?
L’impact de cette omniprésence de la cause pro-vie dans le paysage sociétal américain est énorme. Le film Unplanned relate que la présence de militants pro-vie priant devant les Planning Familiaux ou les cliniques d’avortement dissuade une partie des femmes de pousser la porte. La réaction tonitruante de la ministre Élisabeth Moreno face à ce « délit d’entrave », commis par la seule diffusion d’un film à la télévision, devrait nous encourager à jouer avec les failles du système. Les occasions d’entrisme sont multiples : à la télévision (film diffusé sur C8, émission « En quête d’esprit sur CNews), dans nos cercles d’amis, dans nos engagements politiques et associatifs, dans notre vie de prière. Les américains, à force de jouer avec ce délit d’entrave, connaissent des victoires législatives et sociétales qui devraient encourager les chrétiens français à s’inspirer de leurs méthodes (prières et rassemblements devant les cliniques, entrisme culturel, harcèlement légal des Planning Familiaux, affirmation explicite du commencement de la vie à la conception etc.). En vérité, ce combat n’est pas vraiment optionnel pour un catholique. Dans le respect des charismes et des vocations individuelles, Benoît XVI nous avait déjà appelé à assumer la défense des principes non-négociables de l’Église catholique. Parmi elles, la protection de la vie.
Dans notre première partie, nous avons détaillé l’omniprésence de la question de la vie aux États-Unis. En France, le débat semble être clôt, la guerre perdue d’avance. Même la fameuse Marche Pour la Vie, qui se tient chaque mois de janvier, semble se concentrer sur d’autres sujets plus actuels, comme l’opposition à la GPA ou à l’euthanasie. Pourtant, si nous changeons d’objectif à chaque défaite législative, comment espérer revenir sur lesdites lois ? Si les américains s’étaient laissé divertir du combat anti-avortement par d’autres sujets sociétaux, peut-être tout aussi importants, comment auraient-ils pu renverser le Roe v. Wade ? Donc, quelles leçons retenir de nos frères américains ? Premièrement, leur constance et leur obstination dans le combat pro-vie. Aucun décret, aucune amende, aucune condamnation n’ont pu les faire changer d’objectif. Nous aussi devons garder ce débat, que le Bien Commun a gagné d’avance, ouvert. Nous devons préserver (ou remettre) la question de la vie au premier plan de la réflexion sociétale française. Deuxièmement, leur cohérence missionnaire. Nous savons que nos amis protestants américains aiment à sortir de leur zone de confort (Billy Graham qui convertit des pays entiers, comme la Corée, les jeunes influenceurs évangéliques comme Bryce Crawford, Charlie Kirk, Matt Walsh ou Nicholas Bowling qui se frottent à la contradiction et réalisent des millions de vues sur la toile etc.). La tiédeur du catholicisme français sur ces sujets devrait nous encourager à la combattre, parce que nous sommes l’Église, parce que nous devrions nous bousculer pour sauver la vie d’un seul bébé, parce que le Christ serait mort pour un seul pécheur, parce que « celui qui ramène un pécheur de la voie où il s’égare, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés. »
Neuvaine à Sainte Monique pour la conversion de nos enfants
Nous vivons dans une époque complexe où la désespérance n’est jamais loin, surtout pour nos jeunes qui ont du mal à trouver leur place dans la société et à s’engager. Le danger est aussi qu’ils aient comme seule perspective leur réussite matérielle avant de penser à la qualité de leur vie spirituelle.
Sainte Monique fêtée le 27 août, a vécu au 4ème siècle et a connu elle aussi le souci d’une mère confrontée au mal-être de son enfant ainsi qu’à sa vie dissolue. Mais elle n’a jamais baissé les bras, implorant Dieu par ses pleurs et ses prières. Elle a obtenu la grâce de la conversion de son fils Augustin, qui est devenu le grand saint Augustin.
Prions sur Hozana une neuvaine pour la conversion de nos enfants !
Le Tréport : le calvaire détruit dans la nuit du 14 au 15 août
Une grande croix de pierre du XVIIe siècle a été détruite, dans la nuit du 14 au 15 août, dans la ville du Tréport, en Seine-Maritime.
La mairie a indiqué que les vandales sont activement recherchés et qu’une plainte a été déposée.
L’édifice qui trône au milieu de la place Charles de Gaulle, a été retrouvé scindé en deux, et sa partie supérieure s’est fracassée sur le trottoir.
« D’après des riverains, des bruits ont été entendus vers 4 h du matin et des personnes ont été aperçues tout près de ce monument, juste avant sa chute ».
La croix, qui avait déjà fait l’objet d’une rénovation en 2009, sera remise en état.
Messe de l’Assomption à l’abbaye de La Garde
A l’occasion de l’Assomption, CNEWS diffuse la messe de la Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie en direct du monastère Sainte-Marie de la Garde à Saint-Pierre-de-Clairac (Lot-et-Garonne) :
Campagne de réparation à Lyon
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Hier soir, prière sous la conduite de notre archevêque dans les jardins du rosaire, situés sous la basilique de Fourvière.
Sainte fête de l’Assomption
D’Aymeric Pourbaix dans France catholique :
Lorsque la Vierge Marie rendit son dernier soupir, tous les apôtres étaient réunis… sauf saint Thomas ! L’apôtre, selon cette tradition rapportée par saint Jean Damascène, désolé de n’avoir pas revu la Sainte Vierge, obtint qu’on ouvrît son tombeau pour lui rendre un dernier hommage. Dans ce sépulcre scellé depuis plusieurs jours, il n’y avait plus que des parfums qui embaumaient, et le chant des anges qui chantaient la gloire de Marie !
Ce parfum de Reine, exhalé grâce à la nouvelle absence de l’apôtre Thomas, semble courir à travers toute l’histoire des hommes, comme une fragrance discrète, presque imperceptible. Et c’est aussi un parfum de Mère, de protectrice, en particulier pour la France, ce « royaume de Marie » !
C’est vrai dès les origines avec l’encouragement de Marie à saint Remi, l’évêque qui baptisa Clovis – ce qui décida du caractère catholique de la foi en France contre l’hérésie arienne pourtant majoritaire. Cela se vérifie ensuite à intervalles réguliers dans l’histoire de notre pays, jusqu’à Louis XIII qui reçut de Marie le meilleur moyen de protéger le royaume : en assurer la pérennité par un héritier.
Au XXe siècle encore, les apparitions de L’Île-Bouchard, les dernières en date à être reconnues, en 1947, ont mis fin, par la prière des enfants, à de graves tensions sociales et politiques, une quasi-guerre civile attisée par les communistes.
Aujourd’hui encore, cette sollicitude maternelle demeure plus que jamais nécessaire pour conserver l’espérance chrétienne, quand le marxisme culturel semble encore très présent dans les esprits de nos concitoyens ; les récentes élections l’ont amplement prouvé…
Mais recourir au secours de Marie implique en retour une exigence : faire grandir en nous la dévotion à cette sainte Mère, notamment par le chapelet. « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher », dit-elle à Pontmain en 1871. Seule la puissance de la prière mariale, comme la prônaient saint Jean Eudes et saint Grignion de Montfort, et son pouvoir d’intercession auprès de son Fils, pourra en effet susciter l’étincelle du véritable renouveau.
Immense désir du Ciel
Cette réponse parfaite aux problèmes du temps a été soulignée par un chroniqueur religieux lors de la proclamation du dogme de l’Assomption, en 1950, selon lequel Marie a été élevée corps et âme à la gloire céleste : « À un moment où on réduit la destinée de l’homme à cette terre, n’est-il pas opportun d’ouvrir les perspectives sur le Ciel ? (…) n’est-il pas opportun d’insister sur l’enseignement des fins dernières ? » N’est-ce là, en effet, la seule vraie réponse à la problématique actuelle de la fin de vie… ?
C’est ce que confirmait le peintre espagnol Murillo, en travaillant à son beau tableau de l’Assomption – qui ressemble fortement à celui de notre couverture. Sans doute saisi par ce parfum marial, un surcroît d’amour grandit dans son cœur pour la Vierge Marie, et un immense désir du Ciel. Au point qu’il prit comme devise : Vive moriturus, « Vis comme quelqu’un qui doit mourir un jour ». Une sagesse à retrouver… Bon été !
Marie Médiatrice de toute grâce
Le Père Serafino M. Lanzetta, franciscain, est interrogé dans France catholique :
Qu’entend-on exactement quand l’on dit que Marie est « médiatrice » de la grâce ?
La Vierge Marie est médiatrice de grâces car non seulement porte-t-elle de façon parfaite notre prière à Dieu, mais elle a contribué, avec Jésus, à la formation de la grâce comme telle, puisqu’elle l’a porté dans son ventre ! Il faut également revenir au message de l’Ange lors de l’Annonciation. Il s’agit d’une prière mariale qui explicite bien que Marie est « pleine de grâce »… À ce titre, rappelons que s’il n’y avait pas eu la salutation angélique, il n’y aurait pas eu l’Incarnation ! Prier des « Ave », c’est donc prier les mystères de l’Incarnation du Verbe, présent avec nous par Marie.
Cette notion de médiation et, plus généralement, de prière à la Vierge, rencontre une objection courante : pourquoi ne pas prier Jésus directement ?
Tout simplement car il nous faut imiter les mêmes chemins que ceux empruntés par le Christ, qui est venu à nous par la Vierge Marie. Comme l’avait souligné saint Louis-Marie Grignion de Montfort, nous devons donc « aller à Jésus par Marie » ! Les théologiens qui disent qu’il faut prier « directement » Jésus ne comprennent pas le concept de médiation de Marie. Il faut l’entendre non pas comme un obstacle dressé entre le Christ et nous, mais comme la participation de la Vierge – qui a porté Jésus en son sein – aux mystères du Christ.
Au demeurant, la notion de médiation se retrouve ailleurs dans la vie chrétienne : le sacerdoce, par exemple, est une médiation où le prêtre joue le rôle de médiateur entre le fidèle et le Christ. Mais la médiation par excellence reste celle partagée par Notre-Dame. La Tradition chrétienne ne s’y est d’ailleurs pas trompée : la prière à la Vierge est une longue tradition de l’Église. Dès le IIIe siècle, nous trouvons la prière de consécration du « Sub tuum praesidium », qui demande à la Vierge Marie de se réfugier sous sa protection.
Est-ce à dire que toutes les grâces, données par le Christ, passent par Marie ?
Oui, car la Vierge et son Fils sont unis, comme l’avait souligné l’École française de spiritualité et en particulier Jean-Jacques Olier, qui avait explicité le concept de médiation en disant que la Vierge Marie était un « sacrement » du Christ, distribuant la grâce de son Fils. En effet, en accueillant Jésus en son sein, la Vierge Marie a participé activement à notre salut. La grâce a été acquise par Jésus, avec la contribution active de Notre-Dame. C’est pour cette raison que nous pourrions dire que Marie est « corédemptrice ».
Cette notion est au cœur des débats, pour savoir si cela doit être reconnu comme un nouveau dogme…
Je l’espère, même si cela sera sans doute difficile, car il y a des objections théologiques mais aussi un peu d’ignorance : quand on s’arrête au préfixe « co », on imagine que la corédemption place Notre-Dame au même niveau que Jésus. Ce qui n’est pas le cas ! La Sainte Vierge reste « subordonnée » à Jésus, tout en étant complémentaire. Elle a été choisie par Dieu pour être la coopératrice, tout comme Ève a été choisie pour être l’épouse d’Adam.
Comment comprendre la notion de « virginité perpétuelle », au cœur de votre livre ?
Dire que la Vierge est αειπάρθενοs, « toujours vierge », comme l’a défini le deuxième concile de Constantinople en 553, signifie que la Vierge l’était avant la naissance du Christ, pendant son accouchement et après. Avant l’accouchement, car Marie est enceinte par la puissance de l’Esprit Saint. La virginité pendant l’accouchement est assurément la plus difficile à comprendre, et aussi la plus niée de nos jours. Pourtant, ce mystère de la virginité est la manifestation que Jésus est vrai Dieu : sa naissance relève ainsi du miracle et démontre bien que le Christ est Dieu. Enfin, sa virginité intacte après la naissance de Jésus rappelle qu’elle n’a pas eu d’autres enfants. Pour les catholiques, c’est un dogme.
En quoi la virginité de Marie est-elle liée à sa médiation ?
Car dès lors, cela signifie que la virginité de Marie fait partie de la médiation originelle qui nous a donné le Christ. Elle permet également l’acte de médiation de Notre-Dame au pied de la Croix, aux côtés de saint Jean. En étant toujours vierge, Marie peut être à la fois la Mère du Christ et notre Mère à tous, comme Jésus l’a affirmé en lui disant, du haut de la Croix : « Femme, voici ton fils » puis, à saint Jean : « Voici ta mère ».
Prière
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Photo
La natalité dans l’angle mort du « Pacte d’action » de Gabriel Attal
Communiqué du Syndicat de la famille :
Dette, pouvoir d’achat, sécurité, services publics, environnement et laïcité sont les « six priorités » du Pacte d’action proposé par le Premier Ministre démissionnaire. Mais parmi ces enjeux majeurs, la natalité est le grand oublié. Loin des promesses du « réarmement démographique » d’Emmanuel Macron, la natalité et la famille se retrouvent donc une nouvelle fois hors du jeu politique.
La France s’enfonce dans l’hiver démographique malgré le désir toujours intact des Français d’avoir au moins deux enfants etalors que la natalité est indispensable pour préparer l’avenir et pour notre modèle social. Les retraites d’aujourd’hui, notamment, sont assurées par les actifs et celles de demain par les enfants à venir. L’enjeu est donc fondamental malgré une vision trop souvent enfantine ou caricaturale de la politique familiale.
La natalité, la famille, la stabilité des couples, l’éducation sont autant de politiques prioritaires pour préserver notre avenir commun. La situation issue des dernières élections devrait pousser les responsables politiques à œuvrer différemment. Hélas, ils restent cantonnés à leurs vieilles recettes inefficaces et n’ont toujours pas pris conscience de l’importance de la famille, au contraire des Français qui la plébiscite dans toutes les enquêtes d’opinion. Ce premier lieu de solidarité a d’ailleurs été célébré chaque jour pendant les Jeux Olympiques par des champions heureux de partager leurs joies et leurs médailles avec leurs conjoints, leurs enfants et leurs parents.
Il y a urgence à sortir la natalité de l’angle mort des politiques publiques et à reconstruire une société qui non seulement prenne appui sur les familles mais aussi les prenne en compte danstoutes les décisions sur l’éducation, le logement, l’emploi ou encore la culture. C’est ainsi que nous pourrons retrouver un dynamisme social et économique.
« Il faut arrêter de mépriser la famille et la natalité mais prendre enfin à bras le corps cet enjeu prioritaire. Quel que soit le futur Premier Ministre, il devra composer avec et pour les 19 millions de familles de France. C’est en soutenant une politique de la famille ambitieuse que nous pourrons avancer collectivement et essayer de sortir de cette impasse politique et du blocage institutionnel. La prochaine rentrée scolaire s’annonce difficile pour des familles victimes de l’instabilité politique avec des incertitudes parfois lourdes à gérer comme celles sur le congé parental, les modes de garde, les stages en milieu scolaire ou l’orientation vers l’enseignement supérieur »souligne Ludovine de La Rochère, Présidente du Syndicat de la Famille.
Tous à Pontmain le 12 octobre
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Parties depuis l’île Bouchard (sud de Tours), le 3 décembre 2022, les trois Vierges pélerines de l’association La France Prie ont déjà parcouru plus de 12 000 kms.
Dans toute la France, chaque Vierge a été accueillie et vénérée dans plus de 1 000 familles.
Elles sont actuellement dans le Nord de la France, le Béarn et le Roussillon et elles seront rassemblées le 12 octobre 2024 au sanctuaire de Pontmain afin de remercier Notre Dame pour toutes les grâces obtenues. Elles continueront leur périple à compter du début de l’année 2025.
Si vous désirez recevoir une Vierge pèlerine, il suffit de se connecter sur le site de l’association, https://www.lafranceprie.org/vierge-pelerine et de s’inscrire en ligne. Un correspondant vous contactera à l’issue et vous transmettra votre créneau d’une ou plusieurs semaines.
L’objectif est bien de développer le culte marial et de réparer publiquement toutes les offenses faites aux cœurs de Jésus et de Marie.
Venez nombreux le 12 octobre à Pontmain.
Contacter le secrétariat : 06 58 80 35 20
Cérémonie d’ouverture des JO : « La référence à la Cène est évidente » (entretien vidéo)
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Entretien sous-titré en français avec Janusz Janowski, peintre et théoricien de l’art, ancien directeur de la galerie nationale d’art contemporain Zachęta à Varsovie et président de l’Association des artistes plasticiens polonais pendant 8 ans.
Cette vidéo de 13 minutes fait partie d’un entretien plus long conduit le 29 juillet 2024 à Varsovie par Olivier Bault, de l’Institut Ordo Iuris pour la culture du droit.
Janusz Janowski explique les similitudes entre la disposition des acteurs et des éléments présentés pendant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris et la célèbre fresque peinte par Léonard de Vinci. Il souligne également les différences avec le tableau « Le festin des dieux » peint au XVIIe siècle par le peintre néerlandais Jan van Bijlert, dont le directeur artistique nommé par Paris 2024 a prétendu s’être inspiré quand la polémique a éclaté en France et surtout à l’étranger.
Cet expert en art n’a donc aucun doute sur la référence à la Cène, une référence qu’il juge «hideuse et provocatoire».
CNews retransmet la messe du 15 août en direct de l’abbaye de La Garde
🗓️ Jeudi 15 août
À 10H45 Spéciale 𝐸𝑁 𝑄𝑈𝐸̂𝑇𝐸 𝐷’𝐸𝑆𝑃𝑅𝐼𝑇 @AymericPourbaix
⛪À 11H Messe de la Solennité de l’Assomption présidée par le Très Révérend Père Dom Marc Guillot
🤝@FranceCatho pic.twitter.com/pRMrNvPDNj
— CNEWS Les OFF (@CNEWSLesOFF) August 13, 2024
Fête majeure de l’Église, l’Assomption fut proclamée comme dogme en 1950 par Pie XII
De Défendente Genolini dans France catholique:
Un Juste devait absolument mourir à Jérusalem. Il semble évident que saint Jean, vivant à Éphèse, suggéra à Marie qui lui avait été confiée par Jésus, de regagner Jérusalem quand il sentit qu’elle allait quitter cette vie. D’ailleurs, dans cette Ville sainte, on vénère le tombeau de la Dormition, celui de Marie. Sans conteste, il n’y a aucune relique de la Vierge Marie dedans. Quelle stupéfaction sans doute pour les apôtres qui portaient le corps de la Mère de Dieu et pour les fidèles présents, de voir qu’à l’entrée du tombeau, cette dépouille mortelle s’évapore, disparaît. Peut-être à la manière dont ils avaient vu Jésus s’élever dans les Cieux au jour de l’Ascension. Ils avaient vu tellement de choses étranges pendant trois ans ! Une de plus ! Elle rappelait aussi le départ du vieux prophète qui perdit son manteau aux pieds d’Élisée tandis qu’il était enlevé dans les Cieux par un char lumineux qui arriva pour le saisir au vol. Marie ne connaîtra pas la corruption du tombeau. Elle est immédiatement transportée dans les cieux pour régner avec son Fils. Tous les chrétiens ont toujours cru à cet événement appelé Assomption ou Dormition. Ils n’ont pas attendu que cela devienne un dogme, établi en 1950 par Pie XII, qui ne fit que confirmer la foi antique.
Mais Marie n’a pas un privilège absolument unique. Elle est la première, mais nous entrevoyons à notre tour la destinée qui sera la nôtre. Notre corps ressuscitera. Il n’est pas destiné éternellement à la poussière de la terre. Son Immaculée Conception lui a permis cette grâce inouïe. Couronnée dans les cieux par son Fils, elle demeure la Reine des anges et des hommes. Elle veille sur chacun de ses enfants avec amour. Adoratrice éternelle de Dieu, elle nous apprend à connaître la Trinité.
Vieux proverbes de ce jour
« Du soleil à l’Assomption, beaucoup de vin et du bon. »
Pensée spirituelle de Pie XII
Pour la proclamation du dogme de l’Assomption 1950 :
« La Mère de Dieu immaculée dans sa conception, parfaitement vierge dans sa maternité divine, généreuse collaboratrice du Rédempteur, a remporté un triomphe total sur le péché et ses conséquences. »
Courte prière
« Sainte Souveraine, Mère de Dieu, faites-nous part des grâces qui vous ont sanctifiée » (Messe de la liturgie ambrosienne).
Le Président de la République fait Chevalier de la Légion d’honneur le pasteur René Léonian
De notre envoyé spécial, Antoine Bordier :
Le 13 juin 2024, à 18h59 exactement, René Léonian est fait Chevalier de la Légion d’honneur. Sous les ors de Matignon, c’est Gabriel Attal, le Premier ministre, qui remet au pasteur, entouré de sa famille et de ses amis, l’insigne napoléonian. Zoom sur un homme qui a fait de sa vie une cause au service de la France et de l’Arménie, une cause au service du Bien Commun.

Nous sommes à J-1 de cette remise de médaille. Le Bourbon est plein à craquer. Cette brasserie emblématique de Paris porte bien son nom. Elle est située, exactement, au numéro 1 de la place du Palais Bourbon. Le Palais Bourbon, qui abrite l’Assemblée nationale, est à un jet de pavé de la brasserie, ainsi, d’ailleurs, que les bureaux du parti LR, Les Républicains.
Des journalistes français et étrangers ont pris d’assaut la place, car nous sommes en plein épisode de la déchirure au sein du parti qui s’appelait UMP et auparavant RPR. Marion Maréchal est, aussi, dans les parages. Le 12 juin est le jour où LR flambe. Eric Ciotti, en tant que Président, avait, déjà, décidé de se rallier en catimini au Rassemblement National. Il fait, ce jour-là, une déclaration médiatique qui tonne comme une révolution, comme la prise de la Bastille du 14 juillet 1789. Il s’enfermera, d’ailleurs, comme Louis XVI, dans son Fort Knox franco-français de la place du Palais Bourbon…
Le décor est planté, la France retient son souffle.
A l’abri dans la brasserie, où se réalise la première partie de ce reportage, loin des cris d’orfraie et des mots qui demandent la démission du « traître » Ciotti, le pasteur René Léonian vient d’arriver. Son calme légendaire digne d’Olympe tranche avec l’actualité devenue dramaturge. Il commande un Perrier et moi un jus de citron. Les honneurs que la République va lui rendre ne lui ont pas fait tourner la tête. Nous avions croisé l’homme à plusieurs reprises en 2021, 2022 et 2023. Il est discret, doux, et se déclare « serviteur ». Un seul mot le définit : serviteur.
« Une grande joie »
« Oui, je vais recevoir demain la Légion d’honneur. C’est à la fois impressionnant, et, c’est, également, une grande joie. J’aimerais que cette joie soit communicative et diffusée au plus grand nombre. »
Depuis 50 ans (il en a 72), l’homme est engagé auprès de la France, où il officie en tant que pasteur, professeur et père de famille. Mais pas que…
Il retrace sa longue histoire familiale. Celle des survivants qui ont eu la chance d’échapper à la folie barbare des ordres donnés par les plus hautes autorités ottomanes d’exterminer les Arméniens. En 1915, démarre l’affreux génocide des Arméniens d’Anatolie et de Cilicie (en Turquie actuelle). Ils seront 1,5 million à périr dans des conditions les plus barbares.
« Cela fait, exactement, 100 ans que mes grands-parents sont arrivés à Marseille. Ils ont tout perdu, sauf la vie. »
La grande joie de recevoir la Légion d’honneur est parsemée de cette souffrance et de ce sang familial et communautaire qui ont abreuvé les terres ancestrales spoliées par les Turcs. L’homme est engagé, également, auprès de l’Arménie et de tous les Arméniens.
50 années de services
Difficile de retracer en moins d’une heure ses cinquante années où on pouvait voir le pasteur, tel un véritable berger, prendre soin de ses brebis, en France et en Arménie. Mais pas que…
« L’essentiel de ma vocation est un service spirituel. Quand je parle de service pastoral, je parle de toutes mes activités comme pasteur. Ma foi chrétienne, je ne l’ai pas gardée pour moi, uniquement. Je l’ai offerte au plus grand nombre. »
Le pasteur a du mal à le dire, visiblement, il n’aime pas se mettre en avant. Mais, son service est très humaniste, du 360° en perspective. Né dans les hauteurs célestes, il s’est déversé dans les profondeurs de l’humanité. Impossible de dénombrer tous les projets humanitaires qu’il a accompagnés, lancé et réalisé. Près d’un millier !
« Je suis un humaniste. Je me souviens, tout jeune pasteur, à 22 ans, quand j’ai commencé à Lyon. En dehors de l’enseignement et de la vie pastorale que je vivais auprès des jeunes, des adultes et des personnes âgées, j’ai eu le souci de travailler à améliorer la condition humaine. »
Une Légion d’honneur très française
Dans les coulisses des ors de la République, à l’hôtel de Matignon, au numéro 57 de la rue de Varenne, dans le 7e arrondissement de Paris, tout est prêt ou presque. Les invités sont là, le pupitre à l’effigie du drapeau tricolore, du Premier ministre et de la célèbre devise Liberté, Egalité, Fraternité, est dressé. Les 150 invités entourent le pasteur René Léonian. Un de ses six petits-enfants avancent vers lui : « C’est quoi la Légion d’honneur ? »
La plupart ne savent pas que cet ordre a une très vieille histoire derrière-elle. Même si elle est née le 19 mai 1802, il faut remonter aux… Romains pour retrouver les prémices du futur esprit de 1802. Plus tard, sous Louis XIV et Louis XV les honneurs sont principalement militaires. Il faut attendre Napoléon Bonaparte pour innover et ouvrir aux civils et aux militaires la possibilité de recevoir l’insigne honneur, qui à cette époque est impérial. Mais cette plus haute distinction devenue républicaine et dont le Président de la République est le Grand Maître, ne s’attribue pas à n’importe qui. Oui, il faut le mériter.
M comme Mérite
Il est 18h45, ce 13 juin 2024. Gabriel Attal vient d’arriver. Le Premier ministre est devenu l’homme pressé, celui du film d’Edouard Molinaro, où jouent Alain Delon et Mireille Darc. Les deux hommes se ressemblent, ce sont des trentenaires : Alain Delon est Pierre Niox, un collectionneur qui désire tout avoir et brûle les étapes relationnelles. Gabriel Attal, lui, veut réussir ses 12 travaux d’Hercule. La campagne des législatives bat, alors, son plein. Comme un tsunami, elle a débordé son agenda. Mais l’homme est resté debout. Il veut en être le maître d’œuvre. Emmanuel Macron est en retrait. Gabriel Attal collectionne les déplacements, les interviews et les tractages sur le terrain. C’est pour cela qu’il ne restera que 30 mn avec le pasteur. Le temps de lui remettre le fameux insigne. Mais avant, il prononce son discours retraçant son parcours de dix lustres. Et après, il filera chez Barthes, sur le plateau de Quotidien.
Après avoir salué toutes les personnalités de l’assemblée présente dans le salon, Gabriel Attal s’adresse au pasteur :
« Cher René Léonian, l’actualité est un peu chargée (rires dans l’assemblée) … Je reviens du Pas-de-Calais où j’étais en déplacement… Je tenais à être présent ici. Car dans ces moments que traversent notre pays, il est important de revenir à l’essentiel. Et, l’essentiel, c’est de permettre à la République de célébrer ceux qui s’engagent dans la société, ceux qui s’engagent pour des causes, ceux qui s’engagent pour un peuple et qui montrent qu’il n’y a jamais de fatalité… A quelques milliers de kilomètres d’ici, en Arménie, des femmes et des hommes, des enfants souffrent. Ils ont connu le prix des bombes, le tribut du déracinement, nous ne les oublions pas. Nous sommes à leurs côtés. La France est à leurs côtés. »
« Vous êtes cette figure du courage et de l’espérance »
Le Premier ministre continue son discours élogieux et plonge dans l’histoire du pasteur, de sa famille, de ses grands-parents survivants du génocide de 1915. Un génocide, le premier du siècle dernier.
Il évoque
« la vie d’un homme de foi, guidé par une spiritualité profonde. D’un théologien passionné, capable de faire sans cesse le pont entre l’histoire millénaire d’une Eglise martyre et les défis du temps présent. Votre vie, c’est celle d’un paroissien, d’un pasteur depuis ses 22 ans, auprès des autres, au cœur de l’Eglise évangélique arménienne. Votre vie, c’est celle d’un mari, d’un père de famille, d’un grand-père profondément aimant et profondément attaché aux siens. Votre vie, c’est celle d’un homme engagé, pleinement Français et républicain, pleinement engagé dans la vie de la cité, ici en France. Pleinement engagé au service de ses racines, de son histoire, au service de l’Arménie. »
La remise de l’insigne de Chevalier
L’instant est plus que solennel, le Premier ministre vient de terminer son discours dans lequel il a évoqué Charles Aznavour, qui se disait « 100% Français et 100% Arménien ». Il lui emprunte pour présenter de la même façon le pasteur-chevalier.
Il a salué son épouse, Sylvie, ses deux enfants, Fabienne et Christophe, et ses 6 petits-enfants qui ont revêtu leurs plus beaux habits pour l’occasion historique. On se croirait à des Noces. Celles de la République, de la France qui honore son nouveau chevalier-servant.
Le discours de Gabriel Attal aura duré près de 15 mn. Il a retracé toute la vie du pasteur. Ses 50 années consacrées à Dieu et à son prochain, même lointain. Il a retracé sa vie de pasteur, de père de famille, de pèlerin infatigable qui sillonne l’Amérique du Sud, l’Europe, l’Arménie, la Géorgie, la Russie et l’Ukraine, etc. Le pasteur a vu défiler sa vie et ses mille visages aidés, aimés, à la vie brisée.
Le discours prend fin, les applaudissements sont nourris. Ils tapissent les murs lambrissés, feuilletés à l’or fin, qui jaillissent au dehors du salon pour s’évader dans le parc de 3 ha qui entoure Matignon, tel un écrin de verdure.
L’aide de camps du Premier ministre s’avance, alors. Gabriel Attal dégrafe l’insigne de Chevalier de la Légion d’honneur et se dirige vers le pasteur.
« Monsieur René Léonian, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d’honneur. »
Les applaudissements fusent de nouveau et éclatent en cris de joie comme un bouquet de feu d’artifice.
Reportages réalisés par Antoine Bordier
Copyright des photos A. Bordier R. Léonian
Sanctuaire et pardon de Notre-Dame des Portes
Avec le Père Yvon le Goff, curé à Carhaix de la paroisse de Saint-Herbot en centre Finistère, cette émission évoque le sanctuaire ainsi que le Pardon de Notre-Dame des Portes qui, en cette année 2024, sera présidé par Monseigneur Denis Jachiet, évêque de Belfort-Montbéliard.
Vendredi 16 août Pardon des Aînés à la Chapelle – Messe à 14h30 avec la proposition du Sacrement des Malades pour ceux qui le veulent. La célébration sera suivie du traditionnel goûter à la salle Saint Michel.
Samedi 17 août 20h00 messe du soir sur l’esplanade des pardons suivie de la procession aux flambeaux dans la ville de Châteauneuf du Faou.
Dimanche 18 août 10h30 Messe solennelle Notre Dame des Portes
15h00 Vêpres et procession mariale
Persécution des chrétiens au Nicaragua
Le 26 juillet 2024, le P. Frutos Valle, nommé « administrateur du diocèse d’Esteli après l’arrestation et le bannissement de Mgr Roland Alvarez » a été emprisonné.
Le père Frutos Valle a 90 ans, dont 50 ans consacrés à la vie sacerdotale. De plus, trois ordinations sacerdotales ont été annulées par le pouvoir, sans explication.
Toujours dans le diocèse de Matagalpa, les autorités ont arrêté deux prêtres le 1er août, en la fête de saint Dominique, patron du diocèse. Le motif de l’arrestation et le lieu de détention ne sont pas connus.
On estime à plus de 140 le nombre des membres du clergé et les religieux contraints à quitter le pays depuis 2018. Sans compter les nombreuses organisations ecclésiastiques expropriées ou privées de leur statut juridique.
Le 5 août, un autre prêtre du diocèse de Matagalpa, le recteur du séminaire San Luis Gonzaga, a été interpellé par les autorités ainsi qu’un agent pastoral de la paroisse Santa Maria de Guadalupe. Ce qui porte à 13 le nombre de prêtres arrêtés en quelques jours, la plupart du diocèse de Malagalpa.
Enfin, sept prêtres ont été bannis le mercredi 7 août et envoyés à Rome.
Il s’agit du cinquième groupe de prêtres expulsés par le Nicaragua en deux ans. Parmi les personnes expulsées se comptent deux évêques.
Le commissaire Breton menace de censurer le réseau X
Thierry Breton, commissaire politique de l’UE(RSS) a écrit à Elon Musk, car il a osé interroger Donald Trump sur son réseau X. Imaginez à l’inverse si un ministre américain réclamait la censure d’une interview sur un média français dans le cadre d’une campagne électorale française ?
With great audience comes greater responsibility #DSA
As there is a risk of amplification of potentially harmful content in 🇪🇺 in connection with events with major audience around the world, I sent this letter to @elonmusk
📧⤵️ pic.twitter.com/P1IgxdPLzn
— Thierry Breton (@ThierryBreton) August 12, 2024
La noblesse française écrit à Emmanuel Macron
Le président de l’Association de la noblesse française, le comte de Sèze, a écrit au Président de la République. Il est assez rare que cette association réagisse ainsi :


Leurs valeurs de la République permettent de faire disparaître la France, la nation, la patrie
Voici une contribution de Patrick Buisson (+) publiée dans le numéro 72 de La Nouvelle revue universelle parue au 2e trimestre 2023.
Supprimez tous les journaux, mais, en tête du décret qui les supprimera, mettez six pages de considérations libérales sur les principes. Napoléon à Fouché
Qu’est-ce que la Convention ? La Convention est un régime insurrectionnel né d’un coup d’État contre la constitution de 1791, issu de la journée révolutionnaire du 10 août 1792.
Le nouveau régime s’appuie alors sur une assemblée élue en septembre 1792, avec un mode de scrutin indirect : on n’élit pas directement les conventionnels, il y a deux degrés. Sont exclus du corps électoral les contribuables, les paysans, les domestiques, les femmes… Bref, les deux tiers de la population. Le corps électoral est de 7 millions d’électeurs. Et sur ces 7 millions d’électeurs, seuls 700 000 iront voter : 10 % d’un corps électoral déjà extrêmement restreint !
Si l’on regarde les chiffres de plus près, on s’aperçoit d’autre chose, on voit que, dans la Commune insurrectionnelle de Paris, le 10 août 1792, sur 288 commissaires, il n’y a que deux ouvriers et artisans. Deux ! Et sur les 749 députés de la Convention, c’est la même statistique : deux ! La Révolution française est tout sauf prolétarienne.
D’ailleurs les bolcheviques qui vont s’en réclamer au moins pour une part, diront toujours que l’esprit de la Révolution fut petite-bourgeoise. Au moins, ils ne sont pas dupes !
Même si pour eux, nous le savons, la Convention reste une référence, nous verrons pourquoi. Marx lui-même ne s’y est jamais trompé, il a toujours désigné la bourgeoisie comme la caste évolutionnaire par excellence, il l’affirme à de multiples reprises.
La conclusion, très simple, que l’on peut en tirer est indiscutable. Là encore, nous sommes dans la leçon inaugurale de la Révolution et donc de la République : la Révolution française a été créée et imposée par le despotisme d’une minorité. D’une infime minorité ! 10% d’un corps électoral déjà extrêmement restreint. Elle ne cherchera plus, par la suite, qu’à maintenir le despotisme de cette minorité légale. Les lois révolutionnaires n’ont jamais exprimé la volonté générale, mais la volonté d’une infime minorité du pays.
La souveraineté parlementaire décrète sa primauté sur la souveraineté populaire
Quand on regarde comment les choses ont commencé, on s’aperçoit que tout a suivi un parcours parfaitement cohérent : dès le début tout se passe mal. ! La première chose que font les Etats Généraux, c’est de répudier les cahiers de doléances. On commence d’emblée par couper le lien avec le peuple. Puis on transforme l’Assemblée nationale en « assemblée constituante ».
Celle-ci, aussitôt réunie, quelle est sa première décision ? C’est d’interdire l’idée de mandat impératif. Qu’est-ce que c’est que le mandat impératif ?
C’est très simple : c’est une disposition par laquelle le mandataire (l’électeur) peut exiger du mandant (l’élu) de s’engager sur un certain nombre de points définis. Mais dans la démocratie française, c’est exactement l’inverse : l’élu ne s’engage à rien. Et la décision qu’il en sera ainsi est prise dès l’origine.
Le mandat impératif écarté, l’élu étant donc exonéré de la moindre obligation, la souveraineté du corps électoral se sera exercée uniquement… le jour du vote. Après, c’est fini, la souveraineté du peuple n’existe plus. C’est la base du libéralisme tel que l’abbé Sieyès le décria dans son fameux discours du 7 septembre 1789 devant les États généraux, un discours qui établit la souveraineté parlementaire aux dépens de la souveraineté populaire. Aussitôt, entre les deux, le cordon est rompu. Ce point est indiscuté, ce sont des faits, des faits historiques. Donc cette souveraineté parlementaire établie au détriment de la souveraineté populaire signifie que, dès le départ, l’on congédie le peuple : on le suspecte de se comporter de façon immature, d’être incapable de jugement objectif, de céder à ses passions, etc. Depuis ce moment-là, notre démocratie représentative n’a plus pour souci que de « protéger » le peuple tantôt contre son immaturité, tantôt contre sa dangereuse prétention à exercer lui-même sa souveraineté. Jacques Julliard parle à ce propos de « démocratie substitutive ». J’ajouterai qu’il s’agit de la démocratie des démolatres qui n’a rien à voir avec la démocratie des démophiles, ce qui est facile à prouver.
Toute l’histoire de la République s’inscrit finalement dans un combat contre la démocratie des démophiles, Notre République ne s’est jamais souciée, à aucun moment, d’accomplir la volonté générale, mais plutôt d’en restreindre l’expression par des procédures d’exclusion ou neutralisation. En frappant, au gré des circonstances, les diverses catégories de population, la plupart du temps les plus modestes. Il y a là une constante, comme si, victime d’un suprême paradoxe, la démocratie pouvait se survivre qu’en manipulant le corps électoral. Il n’y a de démocratie représentative qu’à la condition que ces représentants aient confisqué le pouvoir, cette oligarchie fixant seule les règles du jeu et les modifiant en fonction des circonstances.
En fait, depuis cette période, le « souverain » n’a jamais été autre que captif, pour mot d’un politique de l’avant-guerre, André Tardieu, auteur d’un livre très intéressant, précisément intitulé « Le Souverain Captif » (1). A tous les stades de l’histoire, la République n’a jamais été autre chose qu’un cratos sans démos, un pouvoir sans le peuple. En 1795, par exemple, qu’est-ce qu’impose la constitution de l’an III, qui est à l’origine du Directoire? Le suffrage censitaire, qui va prévaloir pendant tout le XIX siècle, et qui revient à exclure de l’expression de la volonté générale les ouvriers, les artisans et les paysans – autrement dit ce que l’historien Jacques Chevalier appelait les classes laborieuses, considérées par le pouvoir comme des classes dangereuses.
A cela s’est ajoutée pendant longtemps l’exclusion des femmes, jusqu’à l’assemblée d’Alger en 1944. Alors que toutes les monarchies européennes leur avaient octroyé le droit de vote, nous étions le dernier régime à ne pas l’avoir fait. La République s’y refusait, au prétexte que les femmes étaient supposées être aliénées, dominées par le cléricalisme et sujettes à des influences qui auraient nui aux intérêts de la République. Le parti radical a en effet été le dernier bastion du machisme parlementaire.
La Révolution contre les femmes
À propos des femmes, je voudrais introduire ici une incise d’actualité. On parle aujourd’hui beaucoup du féminisme, et aussi des valeurs républicaines. Je voudrais rappeler des réalités peut-être un peu oubliées mais qui permeettent de commencer un inventaire de ces valeurs républicaines. Car il faut bien savoir de quoi l’on parle. Personne ne veut plus s’en souvenir, mais la Révolution française s’est faite contre les femmes. La République, c’est la revanche virile des hommes sur le monde des femmes, identifiées à l’Ancien régime, et rejetées notamment parce qu’on les considérait comme saturées de libertinage C’est la revanche des mâles sur le pouvoir des femmes, pouvoir qu’elles exerçaient sur la langue, sur le goût, sur la politique, sur la littérature, et que dénonçait déjà Jean-Jacques Rousseau dans sa Lettre à d’Alembert sur les spectacles. Il y a là une constante: l’Ancien régime, que l’on présente aujourd’hui comme un régime de patriarcat, s’accommodait volontiers d’un pouvoir féminin qui n’est en rien l’apanage de la modernité. Ce que les sans-culottes reprochaient aux femmes, en fait, c’est à la fois d’avoir pris la place des hommes et d’avoir exercé un pouvoir. C’est cela qui va être le fil rouge de tous les procès faits à des femmes durant cette période : celui de Marie-Antoinette, celui de Charlotte Corday, celui de madame Roland, celui d’Olympe de Gouges…
Ce sont toujours les mêmes griefs qui leur sont faits. Pour la Convention, qui cherche à imposer un nouveau modèle politique placé sous le signe de la vertu, la femme c’est, je cite, le « dérèglement des mœurs » et, partant, du régime politique. A tel point que l’un des premiers actes, l’un des premiers décrets adoptés par les conventionnels, proposé par le citoyen Amard, a été de faire fermer des sociétés et des clubs de femmes. Et avec des motivations que j’ose à peine rapporter ici: « La constitution des femmes est mortelle pour les affaires publiques… La femme, c’est l’erreur et le désordre… » Voilà ce que dit la Convention qui fonde notre République. Il n’y avait donc rien de plus urgent, pour les conventionnels, que de renvoyer les femmes à leurs foyers.
Je ne miserais pas un liard aujourd’hui sur la pérennité de l’historiographie républicaine quand Mme Caroline De Haas et autres féministes se mêleront de la revisiter. Car la prochaine secousse à venir, elle est là ! Et c’en sera, croyez-moi, fini de la République des Jules ! Notamment du premier d’entre eux, peut-être le moins mauvais, le plus doué en tout cas, je veux parler de Jules Michelet. Il faut lire son livre Histoire de la Révolution Française. Il est évident que nos féministes ne l’ont pas ouvert, Vont-elles le découvrir? Michelet parle de « l’ennemi de la République ». Qui est-ce ? Qui fomente l’œuvre des ténèbres ? Les femmes ! Les femmes alliées au parti-prêtre ! Je ne résiste pas au plaisir de vous lire une de ces pages de Michelet, qui vous permettra de mesurer la gravité de son cas, et peut-être, à l’issue de mon intervention, d’appeler un numéro vert pour signaler ce cas de maltraitance littéraire.
Je cite Michelet: « La femme, qu’est-ce encore ? Le lit. L’influence toute puissante des habitudes conjugales. La force invisible des soupirs et des pleurs sur l’oreiller. Ainsi dans chaque famille, dans chaque maison, la Contre-Revolution avait un prédicateur ardent, zélé, infatigable. Nullement suspect, sincère, naïvement passionné, qui pleurait, souffrait, ne disait pas une parole qui ne fût ou ne parut un éclat du cœur brisé. Force immense, vraiment invincible ; à mesure que la Révolution, provoquée par les résistances, était obligée de frapper un coup, elle en recevait un autre : la réaction des pleurs, le soupir, les sanglots, le cri de la femme, plus perçant que le poignard. Peu à peu, le malheur immense commença à révéler ce cruel divorce : la femme devenait l’obstacle et la contradiction du progrès révolutionnaire que demandait le mari. »Voilà ce qu’a écrit Michelet !
À ceux qui penseraient que ces événements sont bien lointains, je voudrais rappeler, puisque nous faisons toujours cet inventaire des valeurs républicaines, qu’il m’a été donné de consacrer deux gros livres à l’histoire des mœurs sous l’Occupation – 1940-1945, années érotiques (2) – qui m’a demandé quatre années de recherches. On y voit que 1944, grand moment de restauration républicaine, n’a rien à envier à 1793 ! Cette restauration républicaine s’est accompagnée d’une révolution masculine, destinée à renationaliser symboliquement le corps des femmes qui ont fauté : par la tonte, ou le marquage du corps. Symboliquement, la République réaffirme sa propriété du corps féminin. C’est-à-dire le rétablissement du contrôle social des hommes, père, frère, mari, sur la sexualité des femmes, – les estimations les plus sérieuses parlent de cinquante mille femmes tondues – coupables d’avoir, avec trente ans d’avance, appliqué le slogan du MLF: « Mon corps m’appartient ». Certes, elles en ont fait profiter, avec une grande libéralité, l’armée d’occupation, mais enfin, c’est exactement ce que nous proposent les Lumières. Il y a là un sujet beaucoup plus profond auquel il faudrait consacrer une étude sérieuse : depuis que l’homme est propriétaire de sa vie et de son corps, on a assisté à une désacralisation, une destitution de la vie et du corps. De là ont découlé les génocides, l’avortement et aujourd’hui l’euthanasie.
Les relations entre les femmes et la République ont connu, il est vrai, des périodes diverses et contrastées. Mais jusqu’à cette période, elles étaient ce que je viens de décrire. C’est pour cela que, sans m’appesantir sur le sujet, je veux faire remarquer qu’en 1944, l’attribution du droit de vote aux femmes n’a été que l’arbre qui cache la forêt : au même moment, près de 100 000 femmes ont été traduites devant les Chambres civiques pour des faits de natures très diverses-mais, en gros, le seul reproche qui leur était fait, c’était d’être les épouses de gens accusés à tort ou à raison de collaboration. C’est à ce seul titre qu’elles se voyaient traduites devant les chambres civiques. Au moment même où on leur accordait le droit de vote ! Il y a là une contradiction qui n’a jamais été résolue, dont on n’a même jamais perçu la profondeur et la gravité.
La démocratie Potemkine ou le triomphe du petit nombre
Cette parenthèse fermée, est-ce que la République se montre plus inclusive aujourd’hui qu’elle ne l’a été dans le passé? On vient de voir ce qu’elle fut: suffrage censitaire, exclusion des pauvres, des ouvriers, des femmes… Le juriste allemand Carl Schmitt disait que « le mythe de la représentation du peuple supprime le peuple, comme l’individualisme supprime l’individu. » Nous y sommes. C’est exactement la situation que nous vivons. C’est ce à quoi nous assistons avec la combinaison du scrutin majoritaire et de l’explosion de l’abstention depuis une vingtaine d’années. La participation électorale ne cesse de décroître et cela aboutit à quoi ? Si l’on excepte la seule élection présidentielle, où le taux de participation reste supérieur à 80%, toutes les autres élections sont l’objet d’une désaffection croissante. Plus de 60% aux européennes, près de 60 % aux législatives. Même les municipales, qui résistent mieux, sont sujettes à ce reflux. Pour ces élections intermédiaires, ne vont voter, en réalité, que les « inclus », », les « insiders », les « bobos », les fonctionnaires, les retraités, ceux qui, à un titre ou à un autre, sont solidaires du système, soit qu’ils en profitent, soit que leur intérêt les y conduise. Autrement dit, on assiste au rétablissement de facto d’un suffrage censitaire, sans qu’il soit besoin de l’inscrire dans la loi. C’est ainsi que les choses se passent.
Rappelons les chiffres des élections présidentielle et législatives de 2017, qui sont à l’origine du phénomène Macron. Celui-ci, au premier tour, mobilise 23% des votants, soit 15% des inscrits. Avec quoi il va être élu et obtenir la majorité absolue aux élections législatives qui suivent. A la présidentielle, Mélenchon, Marine Le Pen et Dupont-Aignan représentaient 45 % des voix. Et aux législatives, les trois additionnés obtenaient 27 députés, soit 4% de la représentation nationale : 45 % des voix à la présidentielle et 4% de la représentation additionnés nationale à l’Assemblée ! (3)
Notre démocratie ne consacre plus la loi du nombre, elle consacre la loi du petit nombre. Ce n’est plus qu’un décor. Une démocratie Potemkine. Un rituel qu’utilise la classe dirigeante pour asseoir son pouvoir et lui donner une apparence légale. Notre démocratie consacre l’avènement de ce que le politologue Georges Burdeau appelait la « démocratie gouvernée », c’est-à-dire un régime fondé sur la délégation de souveraineté à une petite minorité (les minorités sont toujours petites !), à une assemblée qui n’est « représentative » que nominalement. A l’opposé de ce que pourrait être démocratie gouvernante, c’est-à-dire une démocratie qui associerait le peuple à la décision politique, par le référendum ou d’autres moyens.
Cette dénaturation de la démocratie correspond tout à fait à la définition qu’en donnait Paul Valéry : « l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde »! N’importe quel autre mode de scrutin, y compris le tirage au sort, c’est-à-dire le retour aux origines de la démocratie athénienne, permettrait de redonner au peuple le sentiment qu’il participe, ou est, pour le moins, associé au gouvernement de la Cité. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. On comprend que l’usage abusif qui est fait actuellement du mot « démocratie » aboutit à ce qu’il recouvre très exactement le contraire de ce qu’il énonce. Par une extraordinaire antiphrase, il désigne la privatisation des instruments de gouvernement par une minorité résolue à imposer sa loi au plus grand nombre, en excluant le peuple du processus de décision.
Ils ont si bien assimilé Tocqueville que, pour eux, laisser s’exprimer la volonté populaire ne peut qu’aboutir à maltraiter les minorités. Mais il y a minorités et minorités, et on sait ce que recouvre, aujourd’hui, la réalité sociologique des minorités es privilégiées.
C’est la raison pour laquelle la classe dirigeante n’obéit qu’à un seul impératif, un impératif sacré : se protéger de la volonté de la majorité en organisant le suffrage universel d’une manière qui permette de manipuler le corps électoral. Napoléon disait à Fouché : « Supprimez tous les journaux, mais, en tête du décret qui les supprimera, mettez six pages de considérations libérales sur les principes. » C’est ça, la post-démocratie. On n’affirme les principes que pour mieux les fouler aux pieds. On les proclame d’autant plus sacrés qu’on a la ferme résolution de ne pas les mettre en œuvre. Se voit ainsi aboli l’antique principe né au temps de la cité grecque qui voulait que la politique soit déterminée par l’accord de la majorité.
La majorité n’est plus une réalité arithmétique, c’est un concept politique résultant de l’application truquée et tronquée du scrutin majoritaire. Du principe majoritaire. Le poète anglais Coleridge disait que le vote est « une suspension provisoire de l’incrédulité ». C’est exactement cela. Il y a de la naïveté dans l’acte de voter : « Peut-être que ça va servir à quelque chose ? » Coleridge ajoutait : « Voter, d’une certaine manière, c’est croire au miracle ». S’il y a de moins en moins de Français pour voter, c’est bien qu’il y a de moins en moins de Français pour croire au miracle, pour croire à l’avènement d’un bon gouvernement, au seul service du bien commun.
Mais, paradoxe, la raréfaction des électeurs rejoint l’intérêt des élites dirigeantes : elles préfèrent voir le peuple rester chez lui le jour du vote, son mécontentement risquant de le pousser à « mal » voter… C’est ainsi que le slogan de mai 68 « Élections, piège à cons » est aujourd’hui la chose du monde la mieux partagée, à la fois par la France d’en bas qui sait que cela ne sert à rien, et par celle d’en haut qui ne veut pas risquer de voir remis en cause ses privilèges, ses prérogatives et la politique qu’elle entend mener.
Soutenir que la République n’a pas accouché de la démocratie, mais l’a détournée, empêchée d’éclore, ne relève nullement de la polémique. C’est un constat imposé par l’histoire
Que recouvre aujourd’hui le mot République ?
A ce stade, la question qui vient naturellement à l’esprit est : « Qu’est-ce que la République aujourd’hui ? » On vient de voir ce qu’elle été, mais qu’est-elle devenue ? Depuis la vague terroriste, il est d’usage commun, dans les médias et dans les décisions publiques, d’exalter les « valeurs de la République ». Et de présenter lesdites valeurs républicaines comme l’antithèse absolue du fanatisme islamiste, son unique antidote possible.
Comme si le promoteur du rasoir national en 1793, comme si les organisateurs de la Terreur révolutionnaire avaient obéi à des motivations radicalement différentes de celles des sectateurs de Daesh et autres adeptes de la décollation ! Comme si l’implacable machine de terrorisme d’Etat qui s’est mise en place en 1793 n’avait pas servi de matrice et de modèle à toutes les entreprises totalitaires des siècles suivants, Lénine se référant abondamment à Robespierre dans ses discours. Comme s’il avait fallu attendre l’été 2016 et l’assassinat du Père Hamel, en France, pour voir des prêtres innocents égorgés devant leur autel. Et il fallut que le sectarisme le dispute à l’ignorance à un niveau rarement atteint pour que celui qui nous a tenu lieu de Président de la République durant cinq ans, j’ai nommé François Hollande, ait osé dire, après l’égorgement de ce prêtre, dans un mélange de bassesse et de médiocrité inédit : « Attaquer une église, tuer un prêtre, c’est profaner la République ! » Dans ce cas, M. Hollande, dès les trois premières années son existence, n’a cessé de s’auto-profaner, en expulsant, déportant, guillotinant des prêtres par milliers dans l’objectif assumé, revendiqué même, d’asseoir son emprise sur les esprits.
Car tel était bien l’enjeu : créer une religion séculière. Une religion d’Etat qui réponde à ce besoin de croire qui n’est en rien une étape dans l’histoire de l’homme, mais un élément structurant de la conscience humaine. En deux siècles, on a eu droit à peu près à tout : le culte de l’Etre suprême, la théophilanthropie, Auguste Comte voulant ériger une statue de l’Humanité au maître-autel de Notre-Dame, Victor Hugo, adepte de l’occultisme, qui faisait tourner les tables pour convoquer les esprits… Chacun illustrait à sa manière et avec obstination le mot fabuleux prêté à Chesterton : « Quand on cesse de croire en Dieu, ce n’est pas pour croire en rien, c’est pour croire en n’importe quoi ! » Mais en deux cens ans, la République n’est pas parvenue à créer un appareil symbolique capable de prendre en charge le besoin d’absolu qui existe à des degrés divers en chacun de nous. L’homme est un animal religieux qui a besoin de sacré et, en deux siècles, la République n’a pas réussi à créer un sacré républicain ! On l’a vu encore à l’occasion des obsèques de Johnny Halliday en décembre 2017. Aussi déchristianisée que soit la France, au seuil de la mort, c’est l’Eglise qui conserve le monopole de l’accompagnement spirituel. Elle seule est alors apte à créer du sens. C’est la dernière instance pourvoyeuse de sens, , avec ce qu’il lui reste de liturgie, de décorum… Il n’y a que cela pour « faire sens ». Et si la modernité est une vaste tentative de destruction et d’annulation du sens, ce qu’il reste de l’Église s’inscrit en faux contre cette entreprise démiurgique.
C’est là que l’on voit ressurgir, non pas ce qu’Olivier Todd appelle le « catholicisme zombie », mais les racines chrétiennes de la France. Même si cela représente aujourd’hui quelque chose de culturellement très confus et diffus, cela existe toujours. Tandis que la République, elle, n’a rien à proposer. Il n’y a pas de sacré républicain. Alors même que la pratique religieuse s’est effondrée dans notre pays, face à la mort, l’instance pourvoyeuse de sens demeure l’Église. Il est de bon ton, dans certains milieux de pratiquer un syncrétisme prudent, en s’abritant derrière la célèbre phrase de l’historien Marc Bloch dans L’étrange défaite : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération ». En confidence, je ne me sens pas Français selon les critères de Marc Bloch, car je n’ai jamais vibré à la fête de la Fédération. Je partage sur ce point le sentiment de l’évêque d’Autun, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, requis pour la célébrer le 14 juillet 1790, et qui montant à l’autel accompagné de La Fayette, s’est tourné vers lui pour lui glisser : « Par pitié, ne me faites pas rire ! »
Que recouvre aujourd’hui le mot « République » ? Dans la novlangue politico-médiatique, c’est devenu un mot-abyme, un mot qui permet d’ensevelir et faire disparaître d’autres mots tels la France, la nation, la patrie, etc. Née d’un mouvement d’affirmation nationale, la République est réduite aujourd’hui à son statut d’image ne servant qu’à exprimer quelques principes très vagues et très généraux. C’est ce que le philosophe allemand Jürgen Habermas appelle le « patriotisme constitutionnel ». C’est-à-dire le patriotisme sans patrie, purgé de toute référence à l’histoire de France, de tout lien avec notre patrimoine historique, débarrassé de tout affect culturel. Cette République, leur République, n’est qu’une pure abstraction, ouverte à n’importe quoi, n’importe qui. Sa valeur suprême, c’est l’ouverture, par opposition à la nation dont la référence à la naissance contrevient à cet universalisme abstrait. Leur République, c’est une absence, ouverte uniquement à la présence de l’autre, du tout autre. Au fond, pour ces républicains-là, la France n’est plus qu’un espace juridique et administratif, se définissant simplement par les droits de l’homme, et prioritairement les droits de l’homme déraciné, de l’homme migrant.
—————-
(1) Paru en 1936, réédité par Perrin en 2019, avec une préface de Maxime Tandonnet.
(2) Albin Michel, 2 volumes, 2008-2009.
(3) En 2022, la situation évoluera, mais rappelons que le « phénomène Macron » inattendu n’a pu éclore depuis 2017 qu’à l’occasion de l’élimination-surprise – encore que savamment organisée – de François Fillon (ndlr).

Un spectacle inclusif imprégné des phantasmes du lobby LGBT, de la haine de la France et christianophobe
De Jean-Pierre Maugendre dans Renaissance catholique :
Ce devait être l’anti Puy-du-Fou (Thomas Jolly, directeur artistique et Patrick Boucheron, conseiller historique, dixerunt). Ce le fut !
Alors que la Chine en 2008 et la Russie en 2014 avaient fait de la cérémonie d’ouverture des JO une ode à la grandeur de leurs pays respectifs, la France d’Emmanuel Macron a fait de cet événement mondial (24 millions de téléspectateurs rien qu’en France) un spectacle certes flamboyant mais surtout inclusif et diversitaire tout imprégné des phantasmes du lobby LGBT, de la haine de l’histoire longue de la France et de son patrimoine, sans oublier une pointe acérée de christianophobie. En effet, nonobstant les dénégations embarrassées de Thomas Jolly, personne ne s’y est trompé : c’est bien la Cène peinte par Léonard de Vinci qui était parodiée. La « vision progressiste de l’histoire » (Patrick Boucheron) qui inspirait ce spectacle n’est, en définitive, que la concrétisation de la célèbre affirmation du Président Macron début 2017 à Lyon : « Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse ». L’amour courtois et l’excision sont ainsi mis sur le même pied comme le Requiem de Fauré et un concert de djembés. Circonstance aggravante, dans culture il y a culte et cela, en France, laïcité oblige, c’est impossible. D’où les controverses récurrentes et surréalistes sur l’installation de crèches dans les lieux publics ou les déclarations ineptes de Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur et donc des cultes : « Notre-Dame de Paris n’est pas une cathédrale ».
En réalité ces nains prétentieux usurpent le prestige des géants qui les ont précédés. Que doivent en effet à la République, aux droits de l’homme et à leur thuriféraires les bâtiments admirablement mis en valeur qui ont fait le rayonnement de Paris et ont contribué à la qualité du spectacle du 26 juillet : le Louvre, la Conciergerie, Notre-Dame, etc. Seul apport authentiquement républicain : la tour Eiffel !
Impiété, mauvais goût et blasphème
Impiété, mauvais-goût et blasphème se disputent la première place sur le podium des valeurs olympiques des JO 2024 de Paris. Impiété quand sur les dix femmes mises à l’honneur à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de ces JO une seule, Christine de Pizan, d’ailleurs d’origine italienne, a connu la France d’avant la Révolution française. Les autres célébrités étant essentiellement des militantes politiques de l’avortement (Gisèle Halimi, Simone Veil), de la révolution sexuelle (Simone de Beauvoir) ou de la Révolution tout court (Louise Michel). Exit Clotilde, Jeanne d’Arc et madame de Sévigné. Place à Alice Milliat et Paulette Nardal. Illustres inconnues qui devraient le rester !
Mauvais-goût de la représentation de la reine Marie-Antoinette décapitée, tenant sa tête entre ses mains, le jour anniversaire de la décapitation du père Hamel le 26 juillet 2016, alors que les décapitations et égorgements semblent devenus une pratique usuelle en France : Samuel Paty 16 octobre 2020, Dominique Bernard 13 octobre 2023.
Nous passerons pudiquement sur l’apologie du trouple pour en venir à ce qui a retenu l’attention du monde entier : une parodie blasphématoire de la Cène inspirée du tableau de Léonard de Vinci. Les explications laborieuses et maladroites de Thomas Jolly affirmant qu’il s’agissait en réalité du Festin des dieux de Jan Van Bijert n’ont convaincu que ceux qui voulaient bien l’être. Une femme, représentant le Christ, couronnée d’une auréole est à table, entourée de personnages queers et trans représentants les apôtres. Barbara Butch, puisqu’il s’agit d’elle, est une animatrice des nuits parisiennes qui se définit tout simplement comme « femme, lesbienne, grosse, juive ». Voilà qui est charmant et délicat…
Des réactions contrastées
De nombreuses déclarations ont condamné ce blasphème :
- d’abord des autorités musulmanes dont l’université Al-Azhar du Caire car dans le Coran Jésus est un prophète. Plusieurs pays, en particulier musulmans, ont d’ailleurs censuré cette séquence dans leurs retransmissions ;
- la Conférence des Evêques de France le 27 juillet puis le Saint-Siège, une semaine après l’événement le 3 août. Ce qui frappe, voire stupéfie, dans ces deux textes c’est leur commun humanisme horizontal, étranger à toute transcendance. Il n’est question que de tristesse et « d’offense faite à de nombreux chrétiens et croyants d’autres religions ». Or, dans le blasphème le premier offensé est Dieu lui-même. Aucun de ces deux textes ne mentionne cet aspect pourtant essentiel du blasphème : c’est d’abord Jésus-Christ notre Créateur et Sauveur qui est humilié, offensé et outragé. Ce qu’il faut bien appeler la religion conciliaire se révèle une fois encore essentiellement anthropocentrique (« Nous autres, nous plus que quiconque nous avons le culte de l’homme » Paul VI, discours de clôture du Concile Vatican II). Là-contre la Tradition de l’Eglise est fondamentalement christocentrée. Logiquement aucune cérémonie de réparation n’est prévue par ces déclarations qui en appellent au respect de l’autre et à la fraternité humaine. Tragique illustration de ce que le cardinal Sarah, dans une remarquable conférence prononcée à Washington le 13 juin dernier qualifiait d « athéisme pratique » et dont il donnait la définition suivante : « perte du sens de l’Evangile et de la centralité de Jésus-Christ (…) souhait de modifier la voix de l’Eglise pour qu’elle soit acceptable pour la culture laïque ». D’où également ce réflexe de toujours faire référence aux croyants des autres religions ;
- grâce à Dieu quelques évêques français (NNSS Brouwet, Rey, Aillet) ont sauvé l’honneur de Dieu et de son Eglise en organisant des messes de réparation pour cet abominable blasphème. De même aux Etats-Unis le cardinal Burke est en tête d’une déclaration de 27 évêques, essentiellement américains, qui appellent à une journée de jeûne et de pénitence.
Le premier ministre démissionnaire, Gabriel Attal, à l’issue de cette cérémonie d’inauguration, se félicitait du succès de cet évènement qui manifestait la fierté de la France. Au-delà des incontestables prouesses techniques qui manifestent que le peuple français est encore un grand peuple, il n’est pas certain qu’il faille être particulièrement fier de ce spectacle provocateur et profondément étranger à notre génie national fait de délicatesse, d’héroïsme, de grandeur, de mesure, de piété et de foi.
Mon pays me fait mal ! Quand sera-t-il guéri ?
Jean-Pierre Maugendre
La conception chrétienne du pouvoir chez les docteurs médiévaux
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le dernier Sel de la Terre est paru !
Saint Marc, interprète de Saint Pierre
Le Sel de la terre 128 propose une approche très intéressante de l’Evangile de Saint Marc. Saint Marc est l’évangéliste de l’action. Il fut très proche du Prince des Apôtres et il se fit l’écho des prédications de celui-ci. Saint Pierre ne chercha rien d’autre que de montrer la divinité du Sauveur, à travers l’évangile de son disciple Marc. Papias, vers 110, le surnomma l’interprète de Saint Pierre. L’évangile de Saint Marc est le portrait du Fils de Dieu Rédempteur, incarné pour notre salut, faisant le bien, opérant de nombreux miracles parmi les hommes. La perspective de l’évangéliste est centrée sur la personne du Christ, et il a le don d’animer ses personnages. En somme il nous révèle deux volets de la vie du Christ : la proclamation de sa toute puissance et la révélation progressive du Messie souffrant, les deux facettes de la véritable identité de Notre Seigneur.
Des modèles à imiter ?
Dominicus nous parle des trois amours de Saint Joseph, modèle d’époux de père, défenseur de l’Eglise attaqué de toute part par les erreurs du communisme et du néocommunisme.
La joie, passion principale
L’étude des passions se poursuit également dans ce n° 128, se penchant tout particulièrement sur la joie, la première des quatre passions principales.
La conception chrétienne du pouvoir chez les docteurs médiévaux
Si les passions désordonnées caractérisent l’homme déchu depuis le péché originel, on en voit tous les désastres sur notre société contemporaine, et cela spécialement en politique. Que faut-il tirer de ces 250 ans de Révolution, si ce n’est que l’homme a voulu se débarrasser de toute transcendance, ouvrant la porte à la tyrannie et la barbarie, laissant place à ses passions ?
Un article de Pascal Gourgues, maître de conférences en histoire du droit, intitulé « La conception chrétienne du pouvoir chez les docteurs médiévaux » aidera à comprendre la juste hiérarchie et les liens entre les deux pouvoirs, temporel et spirituel. L’enseignement du Christ contient deux principes fondamentaux : la distinction entre le politique et le religieux (« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » Mt 22, 21) et l’origine divine du pouvoir (« Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir si cela ne t’avait été donné d’en-haut » Jn19, 11).
Quel est donc ce rôle de l’Eglise et quelle est sa place par rapport au pouvoir civil ? Et quelles sanctions l’Eglise peut-elle employer pour corriger les princes ? Pascal Gourgues nous propose une réflexion passionnante sur le sujet.
L’heure est au combat, mais pour combattre, se former est nécessaire. L’abonnement normal vous propose 4 numéros annuels pour la somme de 59 euros/an : moins qu’un abonnement sur une quelconque plateforme de musique ou de film, mais autrement plus nourrissant pour l’âme !
Commander le numéro ou acheter des articles à l’unité : https://www.seldelaterre.fr/numeros/sdt128
S’abonner : https://www.seldelaterre.fr/abonnement
SOMMAIRE DU N° 128
É D I T O R I A L
« Parare mensam in deserto – Dresser une table dans le désert »
É C R I T U R E S A I N T E
La perspective doctrinale de l’Évangile selon saint Marc par Frère EMMANUEL-MARIE O.P.
É T U D E S
La joie, première passion principale par Frère PIERRE-MARIE O.P.
La maison de saint Pierre à Bethsaïde très probablement retrouvée par François TROUILLET
V I E S P I R I T U E L L E
Les trois amours de saint Joseph par DOMINICUS
La prière mentale par Père EMMANUEL O.S.B.
C I V I L I S A T I O N C H R É T I E N N E
La conception chrétienne du pouvoir chez les docteurs médiévaux par Pascal GOURGES
Flèche du Très-Haut (VIE DU BIENHEUREUX NUNO ALVARES PEREIRA – suite et fin) par Camille EVANCE
DOCUMENTS
Un texte du Frère R.-Th. CALMEL O.P., « Rome m’a fait mal… »
Comment préparer un petit enfant à aimer la lectu
Offensive ukrainienne : “Cette action de Zelensky s’apparente à un coup médiatique et un chant du cygne”
Depuis le 6 août, 1 000 à 5 000 soldats Ukrainiens ont pénétré l’oblast russe de Koursk sur une trentaine de km. L’attaque, qui a pris de court l’armée russe, aurait comme objectif tactique la centrale nucléaire de Koursk et aurait permis de prendre Soudja (information non vérifiable actuellement), qui abrite la dernière station de transit du gazoduc Ourengoï-Pomary-Oujgorod, qui transporte la moitié du gaz naturel russe encore exporté vers l’Europe de l’Est (Hongrie et Slovaquie). Extrait de l’analyse d’Alexandre Del Valle dans Valeurs Actuelles :
[…] L’incursion ukrainienne serait destinée à endommager le moral russe, à remonter celui des Ukrainiens et à prouver aux Occidentaux que l’Ukraine peut gagner avec plus d’aides. L’armée ukrainienne démontre sa capacité à masser des troupes rapidement sans être repérée par les forces de sécurité russes, dans le cadre d’une attaque foudroyante combinant infanterie, blindés et artillerie, avec une efficace couverture de drones.
Rappelons qu’un drone ukrainien de 1000 dollars a récemment abattu un hélicoptère Mig russe de 15 millions de dollars… Outre ce coup de com réussi, l’objectif serait également, d’après Mikhail Podoliak, le porte-parole de Zelensky, de « récupérer des terres russes pour les échanger contre des terres ukrainiennes dans un accord de paix ». Les objectifs tactiques sont également de détruire les bases arrières de Koursk qui servent à bombarder l’Ukraine (régions de Soumy et Kharkiv), puis de dégarnir l’armée russe sur le front nord-ukrainien ou ailleurs.
En réalité, le pari de Kiev est très risqué, car Moscou va pouvoir justifier en retour des représailles massives en Ukraine, y compris à Kiev ou Odessa, comme l’a annoncé Dimitri Medvedev dans son style habituel, ou sur plus de cibles civiles, comme on l’a vu avec le bombardement du supermarché de Kostiantynivka, qui aurait fait une dizaine de victimes.
Indépendamment de la réussite du raid en termes de guerre psychologique, celui-ci a poussé Kiev à allouer des ressources importantes à ce nouveau théâtre au détriment de la défense du sol ukrainien, où l’armée russe a avancé de 592 km2 entre le 3 mai et le 2 août 592km2 sur le front de Zaporozije au Donbass, d’après le Financial Times.
Une fois les forces ukrainiennes repoussées, le Kremlin va profiter de cet échec tactique pour rassembler l’opinion russe autour de la « nation attaquée » et galvaniser de nouveaux volontaires. « Cette action de Zelensky s’apparente à un coup médiatique et un chant du cygne à un moment où l’armée ukrainienne ne cesse de reculer et où le moral des troupes est au plus bas d’après les informations des médias dominants américains », conclut Nikola Mirkovic.
