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Les États prédateurs : explications avec François-Xavier Carayon

François-Xavier Carayon, consultant en stratégie et auteur de “Les États prédateurs. Fonds souverains et entreprises publiques à la conquête de l’Europe” publié aux éditions Fayard, est interrogé sur Sud Radio… ou comment nos pépites industrielles sont pillées avec le silence complice du gouvernement et le carcan des règles communautaires sous la houlette de la Commission européenne :

Le département d’État américain critique les pays pro-vie et pro-mariage dans son rapport sur les droits de l’homme

Ces pays ont été épinglés pour ne pas s’être conformés à la définition des droits de l’homme de l’administration Biden, qui inclut les « droits reproductifs », l’orientation sexuelle et l’identité de genre.

Fin avril, le département d’État a présenté au Congrès ses rapports nationaux sur les pratiques en matière de droits de l’homme pour 2023 concernant les violations des droits de l’homme dans tous les pays recevant une aide étrangère des États-Unis et dans tous les États membres de l’ONU. Ce rapport est censé mesurer le respect des droits de l’homme tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans d’autres accords internationaux.

Cependant, bien que l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme garantisse que « tout individu a droit à la vie » et que l’article 6 déclare que « tout individu a droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique », le rapport comprend une section sur l’avortement, appelée par euphémisme « droits reproductifs », ignorant le statut de personne des enfants à naître et leur droit protégé à la vie. Cette section a été initialement introduite par le président pro-avortement Barack Obama, puis retirée par Donald Trump, avant d’être rétablie par Joe Biden.

Le rapport a également favorisé l’agenda LGBT de l’administration Biden en incluant l’orientation sexuelle et « l’identité ou l’expression de genre » en tant que catégories spéciales supposées de droits de l’homme.

Le département d’État a critiqué l’Ouganda, pays pro-famille et pro-mariage, pour sa loi anti-homosexualité qui, selon le rapport, « vise les droits de l’homme de tous les Ougandais », la qualifiant de « législation draconienne anti-LGBTQI+ ». D’autre part, le rapport salue le fait qu’en Ouganda « de nombreuses organisations LGBTQI+ ont déclaré que le fait de gérer des programmes de santé, en particulier des programmes de prévention et de traitement du VIH, les protégeait d’un harcèlement potentiel ou d’une fermeture, bien que la promotion de la défense des personnes LGBTQI+ soit leur mission principale ».

Le département d’État a également fait l’éloge des gouvernements qui ont fait progresser les lois consacrant l’idéologie LGBT, notant en termes euphémiques les législations adoptées en 2023 au Kenya, au Japon, en Estonie et en Slovénie.

Le Salvador a été critiqué parce que « certaines personnes transgenres ont fait état de difficultés à s’inscrire sur les listes électorales et à voter parce que leur identité de genre ne correspondait pas au genre indiqué sur leur carte d’identité ». Le département d’État a également reproché au Salvador, pays pro-vie, son interdiction universelle de l’avortement et à la Hongrie d’exiger des femmes qu’elles visualisent les signes vitaux du fœtus avant de procéder à un avortement. Il a également cité le Burkina Faso, le Cameroun et l’Ouganda pour ne pas avoir fourni de « santé sexuelle et reproductive », euphémisme préféré des partisans de l’avortement pour désigner le meurtre des enfants à naître.

Le rapport demande également au Burundi et à la Roumanie de fournir une éducation sexuelle aux jeunes, déclarant que dans ces pays « il existe des obstacles en matière d’infrastructure et d’information qui empêchent les individus de préserver leur santé génésique, notamment l’absence de soins de santé communautaires et d’une éducation sexuelle adaptée à l’âge des adolescents ».

La Pologne a été critiquée parce qu’elle n’autorise pas les « couples LGBTQI+ à adopter » et parce que sa législation « empêche l’idéologie LGBT dans les écoles, appelle à la protection des enfants contre la corruption morale et déclare que le mariage est une union entre une femme et un homme uniquement ».

La Hongrie a été signalée pour avoir empêché « les personnes transgenres ou intersexuées de modifier le sexe ou le genre qui leur a été assigné à la naissance sur les documents légaux et d’identité » et pour avoir protégé les mineurs contre l’endoctrinement et la prédation grâce à une loi qui oblige « les sites web contenant toute forme de contenu LGBTQI+ (…) à demander aux utilisateurs de vérifier qu’ils ont 18 ans ou plus, avec des avertissements concernant le “contenu pour adultes” ».

Enfin, dans une critique qui touche à la liberté religieuse, le département d’État a cité le Burundi pour avoir permis à l’Église catholique d’interdire à ses écoles d’opérer avec des organisations qui violent les enseignements moraux catholiques. Le rapport indique que « le 8 mars, l’Église catholique romaine du pays a ordonné que toutes les écoles placées sous son égide cessent de travailler avec des organisations “dont les enseignements sur la santé sexuelle violent la doctrine de l’Église et la culture burundaise”. L’ordre visait l’éducation sexuelle et la sensibilisation aux LGBTQI+”.

Ce rapport sur les droits de l’homme n’est qu’un exemple de plus de l’attachement de l’administration Biden à l’agenda de la gauche, qui consiste à exporter l’avortement et l’idéologie LGBT par le biais de la politique étrangère des États-Unis, sous le couvert de ce que l’on appelle les « droits de l’homme ». Ces questions sont également au cœur de la campagne électorale de M. Biden, qui s’est engagé à faire de Roe v. Wade la « loi du pays » s’il se voyait confier une loi fédérale sur l’avortement.

Victoire judiciaire d’un couple catholique empêché d’accueillir des enfants parce qu’il rejette l’idéologie « LGBTQIA »

Un juge a statué en faveur d’un couple catholique à qui le Massachusetts interdisait d’adopter parce qu’il adhérait à l’enseignement catholique sur la sexualité humaine et le mariage.

Dans son ordonnance, le juge a écrit que la décision du ministère de l’enfance et de la famille du Massachusetts (DCF) avait placé Mike et Kitty Burke face à un

« dilemme fondamental dans cette affaire : ils pouvaient renoncer à leurs croyances religieuses et recevoir une licence d’accueil, ou ils pouvaient adhérer à ces croyances et renoncer à la licence ».

Il s’agit d’une victoire importante qui devrait avoir des conséquences significatives pour les familles chrétiennes.

Dans des affaires similaires, des poursuites ont récemment été engagées par deux familles chrétiennes du Vermont qui se sont vu retirer leur agrément en raison de leurs convictions sur la sexualité humaine.

Marianne chez les cathos ? Jean-François Kahn s’étrangle

Jean-François Kahn (86 ans), cofondateur de l’hebdomadaire Marianne, dirigé par Natacha Polony depuis 2018, prend position contre la cession du titre par Daniel Kretinsky au fondateur de Smartbox, le catholique Pierre-Edouard Stérin.

« Je ne peux cautionner le fait qu’il y ait un acheteur qui, dans tous les domaines, soit l’exact inverse de ce pour quoi nous avons créé le journal ».

« Marianne ne peut devenir la propriété d’un personnage ultralibéral en matière économique, qui n’est pas laïc, et qui n’est pas patriote, car toujours exilé fiscal en Belgique », « au-delà des divergences avec la direction de la rédaction de Natacha Polony, sur le souverainisme et le protectionnisme, ce journal n’avait pas rompu avec ses fondamentaux jusqu’ici ».

Les négociations exclusives entre le fonds d’investissement Otium de Pierre-Edouard Stérin courent jusqu’à la mi-juin avec CMI France, groupe de médias de l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky. M. Stérin finance déjà plusieurs médias numériques comme Néo, Factuel ou encore Le Crayon. Critique envers le projet de loi consacré à la fin de vie, il a récemment fait un don de 18 000 euros au magazine L’Incorrect à travers le Fonds du Bien Commun.

« Financer un journal vichysto-maurrassien montre bien qu’il a des convictions très ancrées ». « Je refuse que mon nom, encore lié à Marianne, soit associé à M. Stérin alors que je suis très inquiet par la montée de l’extrême droite ».

La gauche en roue libre : un local associatif catholique saccagé à Angers

Message du propriétaire qui lance un appel aux dons :

Ce lundi 10 juin, nous avons découvert avec stupeur la destruction de notre local associatif par des manifestants antifascistes, ainsi que le vol du tiroir-caisse contenant plusieurs centaines d’euros.

Vitrines, frigos, mobilier, verres, tireuse, devanture ; tout a été saccagé sans que la police n’intervienne, dans une ambiance de guerre civile hallucinante.

Cette haine gratuite et ce vol avec effraction nous plongent dans la stupéfaction : nous n’avons jamais embêté qui que ce soit ni fait de politique. Notre tiers-lieu est à vocation conviviale et chrétienne.

Pour pouvoir réouvrir nos portes, c’est pas moins de 25 000 euros qu’il va falloir investir afin de repeindre les menaces de mort, racheter le matériel etc. Auxquels il faudra ajouter des frais de justice pour poursuivre les voyous responsables de ces actes délirants.

Ne laissez pas la bêtise sectaire l’emporter sur la joie et la convivialité au nom de motifs politiques fumeux. De grâce, aidez-nous à réouvrir notre bar ! Dès maintenant, faites un don, même modeste. Des jeunes filles ou des personnes âgés auraient pu être à l’intérieur… Nous ne céderons à aucune violences ni intimidations, nous voulons obtenir justice et rouvrir notre tiers-lieu : pour cela, votre soutien est indispensable. Nous comptons sur vous. N’attendez pas pour nous aider et faire tourner cette cagnotte. Chaque euros compte !

De même à Lyon :

 

Et à Nantes :

L’union des gauches plus rapide que l’union des droites (encore une fois!)

Le PC”F”, le PS, Place publique, EELV et LFI viennent d’annoncer un accord électoral et des candidatures uniques partout en France pour les législatives :

 

Jordan Bardella salue « l’attitude constructive » de Marion Maréchal

La rencontre entre Jordan Bardella et Marion Maréchal ce jour constitue-t-il un premier pas vers l’union des droites ? Voici leurs réactions à l’issue :

 

Jordan Bardella indique avoir eu des discussions avec des cadres des Républicains.

Les premiers sondages (notons en passant que les sondages des européennes étaient globalement conformes à ce qui est sorti des urnes) montrent que le RN ne semble pas pouvoir obtenir de majorité absolue :

  • RN : 235-265 sièges
  • Ensemble : 125-155 sièges
  • NUPES : 115-145 sièges
  • LR : 40-55 sièges

Législatives : Le cartel des gauche – s’il se reconstitue – peut avantager le RN en multipliant les duels RN/gauche, configuration la plus favorable pour le RN

Sur Polémia, Jean-Yves Le Gallou revient sur les enseignements de ce scrutin européen :

1. Trois tendances marquent les élections européennes sur l’ensemble du continent : la régression de la gauche (et des écologistes), le maintien du centre mou (le Parti populaire européen), la nette progression des partis identitaires.

2. En dehors de la France, on notera la forte progression de l’AfD en Allemagne et du FPÖ en Autriche. La radicalité prêtée à l’AfD ne semble pas lui avoir porté préjudice car c’est là où elle est le plus radicale – l’Est du pays – qu’elle est la plus puissante malgré la concurrence d’un parti de gauche anti immigration.

3. Ceci étant, les forces identitaires auront du mal à bloquer la dérive immigrationniste de l’Union européenne. La distorsion entre les choix des élites et ceux des peuples n’est pas en passe d’être résorbée.

4. En France, le rejet de Macron et la montée de l’insécurité se sont traduits par une forte progression du vote national et identitaire de 23,3 % en 2019 (Bardella) à 37 % en 2024 (Bardella et Marion). La progression de Bardella est spectaculaire et le maintien de Marion au-dessus des 5 % malgré la puissance du « vote utile » est remarquable.

 

5. À Crépol, Bardella a doublé son score, passant de 23 % à 46 % et le total Bardella/Marion atteint 49,5 %. À Bellabre, bourg de l’Indre menacé par un foyer de clandestins, le même phénomène de prise de conscience électorale s’est produit. Comme à Callac en Bretagne.

 

6. Plus encore qu’un coup de poker, la dissolution décidée par Emmanuel Macron est un passeport pour le chaos. En 1997 Patrick Devedjian avait ainsi commenté la dissolution décidée par le président de la République : « Il y avait une fuite de gaz dans l’appartement, Chirac a craqué une allumette pour y voir clair. »

7. Le vote de rejet du président lors des Européennes va se traduire aux législatives par un rejet de l’extrême centre macroniste qui ne sauvera ses sièges que dans le réduit des centres villes. Mais la mobilisation des esclavagistes de la France ubérisée sera insuffisante pour sauver la Macronie.

 

8. Avec un potentiel de 38 %, le RN peut parfaitement emporter la majorité, voire la majorité absolue (en 1993, avec 44 % des voix, l’alliance RPR/UDF avait emporté 80 % des sièges).
Le cartel des gauche – s’il se reconstitue – peut paradoxalement avantager le RN en multipliant les duels RN/gauche, configuration la plus favorable pour le RN.

9. D’autant que le lassant « front républicain » pourra difficilement se mettre en place sauf à réaliser une improbable alliance, de Rima Hassan à Meyer Habib.

10. Au soir du 7 juillet, Macron-Néron se retrouvera au mieux sans majorité, au pire avec une majorité RN. Comme Mac Mahon en 1877, il lui faudra « se soumettre ou se démettre ». Se soumettre puis se démettre ?

11. Pour le RN, les difficultés commenceront. Cohabiter ou non ? Comment faire face à une situation budgétaire désastreuse après avoir fait des promesses électorales généreuses ? Quels ralliements obtenir d’une partie de la classe dirigeante au service d’une victoire qui pourra paraitre précaire ? Les dirigeants du RN peuvent se dire : « Enfin les difficultés commencent ! »

12. Coté LR, la tentation est grande de jouer le coup d’après. David Lisnard est en embuscade et se prépare à se poser en garant du temple budgétaire, prêt à pourfendre l’État social.

13. Mais la France, homme malade de l’Europe, dans une Europe, homme malade du monde, peut-elle encore longtemps tergiverser ?

Les tractations à Bruxelles commencent, avec comme arbitre Giorgia Meloni

Les analystes constatent que l’Europe est en train de se droitiser et de se fragmenter. Le vote a confirmé la tendance apparue dès 2019 au Parlement de Strasbourg : la fin de la traditionnelle alliance centre droit – centre gauche, et l’avènement d’une droite nationale puissante.

En Italie, le parti Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni, en Hongrie le Fidesz de Viktor Orban, en Autriche le FPÖ d’Herbert Kickl, triomphent, comme le RN en France. Ailleurs, en Allemagne, dans les pays baltes et nordiques, ils arrivent en deuxième position, mais avec des scores élevés. D’après les premières projections globales, les populistes de droites, eurosceptiques et souverainistes non inscrits recueillent 215 sièges sur 720, contre 184 pour la droite classique (PPE).

Alors que 8 capitales sur 27 sont déjà dirigées ou codirigées par la droite nationale, ce succès conforte les souverainistes dans leur volonté de refaçonner l’Union.

Le Hongrois Viktor Orban, président pour six mois du Conseil de l’Union européenne à partir du 1er juillet, déclare « notre plan n’est pas de quitter l’Europe, mais de la conquérir ».

A Rome, Giorgia Meloni, aux commandes depuis septembre 2022, veut » construire une majorité différente, qui exclut la gauche » avec sa formation à Strasbourg, appelée ECR (Européens conservateurs et réformistes, où siègent les élus Reconquête).

Le succès de l’Italienne en fait donc une faiseuse de roi d’autant plus influente, qu’au Parlement, le groupe ID (Identité et Démocratie, où siège le RN), a implosé fin mai avec la rupture entre le Rassemblement National et l’AfD allemande.

Dans les prochains jours, le grand marchandage va commencer pour des postes clés européens, ce qu’à Bruxelles on appelle les top jobs, à commencer par la présidence de la commission européenne.

Deux instances vont codécider le nom du futur chef de la Commission européenne. D’abord le conseil européen, c’est-à-dire, les chefs d’Etat et de gouvernement, qui se verront à Bruxelles pour un dîner informel le 17 juin, puis pour un conseil les 27 et 28 juin. Avec la dissolution, la France risque d’y être muette. Ensuite, le Parlement de Strasbourg. Celui-ci tiendra sa première session du 16 au 19 juillet avec trois missions : constituer ses groupes politiques, élire son président et approuver à la majorité le nom du candidat que le conseil lui propose.

La macronie choisit de faire élire un Italien sur le quota des députés européens français

L’eurodéputé Sandro Gozi, candidat en France en sixième position sur la liste de Valérie Hayer Besoin d’Europe, a été officiellement élu au Parlement européen en vertu des 13 sièges remportés par la liste présidentielle, qui a obtenu 14,6% des voix.

Le secrétaire général du Parti démocrate européen et ancien sous-secrétaire aux Affaires européennes des gouvernements Renzi et Gentiloni, choisi lors de ces élections comme l’un des trois Spitzenkandidat d’Europe Renouveau, reviendra donc à Strasbourg lors de la législature 2024-2029, après la première élection qui s’est déroulée en 2019, également en France, avec la liste Renaissance du président Macron.

S’il s’était présenté en Italie, sa réélection n’était pas garantie. La présidente du conseil italien a obtenu 28,9 % des voix, dépassant son score des législatives de 2022. Giorgia Meloni a gagné son pari et sort renforcée à Rome comme à Bruxelles.

Euthanasie : l’ADMD en deuil

Ne boudons pas notre plaisir, la dissolution permet de supprimer l’odieux projet de loi sur la fin de vie. Le lobby de l’euthanasie s’en lamente, mais se prépare pour les législatives :

Chers amis,

Le président de la République a choisi de dissoudre l’Assemblée nationale hier, dimanche 9 juin. Il ne m’appartient pas de commenter une décision qui relève du jeu partisan.

Cette décision a pour effet d’arrêter de manière immédiate et définitive l’examen du projet de loi relatif à l’accompagnement des malades et de la fin de vie qui entamait aujourd’hui sa troisième semaine, avec un vote solennel fixé au 18 juin ; annulé, donc.

Je ne vous cache pas l’immense déception et l’immense sentiment de gâchis que je ressens et sur lequel, je n’en doute pas, nous nous retrouvons. Tout est à recommencer. Tout, puisque le texte en cours de lecture tombe automatiquement.

Parce que nous ne pouvons plus mépriser la demande de nos concitoyens pour une loi de liberté en fin de vie, parce que nous ne pouvons pas ignorer la séquence démocratique qui a débuté en octobre 2022 avec le lancement de la Convention citoyenne, dès aujourd’hui, je vais interpeller les chefs des partis afin de leur demander d’intégrer cette demande de la société dans leur programme et de s’engager très clairement, au nom des candidats qui seront élus, à faire voter, dans les meilleurs délais, une loi qui autorise chacun à rester maître de son parcours de fin de vie.

Très vite, nous mettrons sur notre site admd.net un outil d’interpellation des candidats aux prochaines élections législatives (30 juin et 7 juillet 2024).

Je vous assure de ma résolution absolue à porter notre revendication, celle pour laquelle nous travaillons d’arrache-pied depuis tant d’années et, plus encore, ces tout derniers mois.

A nous de faire élire des candidats hostiles à ce type de loi ou d’éliminer des candidats qui y seraient franchement favorables.

Marion Maréchal rencontrera Marine le Pen et Jordan Bardella au siège du RN

La presse annonce une réunion “secrète” qui n’a donc plus rien de secret aujourd’hui à 17h00 sur les approches stratégiques pour les prochaines élections législatives anticipées, prévues pour les 30 juin et 7 juillet.:

Les discrètes tractations avant, peut-être, la grande réconciliation (…) Une réunion secrète doit avoir lieu ce lundi après-midi, à 17 heures, au siège parisien du RN. Selon nos informations, Jordan Bardella et Marine Le Pen vont rencontrer Marion Maréchal (…) Les trois responsables comptent évoquer ensemble les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet prochains.

Est-ce le signe d’une future alliance de partis entre le RN et Reconquête, ou de personnes seulement, avec Marion Maréchal ? Une chose est certaine : Jordan Bardella accueille Marion Maréchal en tant que Marion Maréchal, et non en tant qu’émissaire d’Éric Zemmour. Ce sera une «simple discussion, précise une source. Elle ne vient pas en tant que représentante [de Reconquête]

Il semblerait que Reconquête soit à la croisée des chemin et que les rumeurs qui ont émaillé toute la campagne électorale sur des dissensions entre Eric Zemmour et Marion Maréchal vont très rapidement, peut-être même ce soir, aboutir à une clarification.

La prise de parole de Marion Maréchal hier soir, prenant l’initiative de proposer d’entrer en contact avec Marine le Pen, Jordan Bardella, Eric Ciotti et Nicolas Dupont-Aignan pour discuter de l’avenir, devant un Eric Zemmour visiblement surpris et n’applaudissant pas ce passage, contrairement à Guillaume Peltier, Nicolas Bay et Laurence Trochu, est déconcertante.

Il n’est pas possible de réclamer à corps et à cri l’union des droites et de ne pas tout faire lorsque l’occasion se présente. Si Marion Maréchal arrive à convaincre Marine Le Pen de concéder quelques circonscriptions à des membres de Reconquête en échange du soutien à un programme de salut public sur l’immigration, la fin de l’écologie punitive ou quelques mesures symboliques comme la privatisation de l’audiovisuel public comme proposé par Sébastien Chenu ce matin, cela va dans le bon sens.

Côté LR, Eric Ciotti semble refuser tout dialogue. Ils disparaitront encore un peu plus le 7 juillet prochain ou s’allieront avec Macron.

Côté Reconquête, il faut espérer qu’Eric Zemmour et Sarah Knafo qui représentent une intelligence, une vision et une force politique inédite depuis plusieurs dizaines d’années, comprennent les enjeux et ne passent pas à côté de cette initiative lancée par Marion Maréchal au prétexte que ce n’était pas leur stratégie initiale.

Mais cette stratégie a fait ses preuves. Comme le dit Marion Maréchal, Reconquête a fait 4% aux législatives en 2022 ce qui rend le score du 9 juin très honorable avec une augmentation de 300 000 électeurs. C’est la première fois qu’une liste de droite nationale concurrente du RN obtient des élus. Oui, c’est un exploit.

Au final, Reconquête est sauvé au moins provisoirement grâce à l’élection de cinq députés au parlement européen et de deux fois plus d’assistants parlementaires. Eric Zemmour a encore un rôle à jouer, notamment pour la présidentielle de 2027 où Marion Maréchal ne pourra pas affronter sa tante. Il pourra représenter une ligne politique malheureusement absente de l’échiquier politique.

Jean Messiha, que l’on dit avoir été imposé à Marion Maréchal, sur sa liste est de cet avis :

« La coalition, on l’appelle de nos vœux dès le premier tour » des législatives, a indiqué Jean Messiha, en 8e position sur la liste des européennes. « Il faut avoir l’intelligence de faire dans le camp national ce que Mélenchon a fait dans le camp de la gauche », a-t-il estimé. « Si le RN veut être en mesure de gagner en 2027 » lors de la prochaine présidentielle, « il faut un accord électoral » dès ces législatives qui réservera « un ou deux portefeuilles ministériels » à Reconquête !, a-t-il ajouté.

Eric Zemmour semble déjà sur cette ligne :

 

Un prêtre enlevé au Nigéria

Renaissance tente de soudoyer Les Républicains en vue des élections législatives

Vincent Trémolet, directeur délégué de la rédaction du Figaro, estime que la décision d’Emmanuel Macron est sidérante et qu’elle crée une jurisprudence malheureuse. Entre l’Euro de football et les Jeux Olympiques, il n’est pas certain que la nouvelle assemblée nationale connaisse une meilleure stabilité :

 

Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères a déclaré que Renaissance et ses alliés «ne présenteront pas de candidats» contre des députés sortants «faisant partie du champ républicain».

Message envoyé par une source de la majorité présidentielle aux Républicains peu après l’annonce de la dissolution :

« Partout où il y a un sortant du champ républicain (PS-LIOT-LR) on étudiera au cas par cas avec le sortant pour savoir s’il accepte nos conditions pour ne pas avoir de candidats face à lui. Nos conditions : 1. Voter les 3 prochaines budgets 2. S’apparenter à un groupe de la majorité. »

De son côté, Éric Ciotti a affirmé qu’il était «hors de question de rentrer dans une forme de collaboration avec ce gouvernement». «Pas d’alliance, pas de coalition».

Mediapart découvre le poids de la Manif pour Tous en France et en Europe

En juin 2013, Mediapart évoquait

La lente dislocation du collectif “Manif pour tous”. Que reste-t-il de la “Manif pour tous” ?

En juin 2024, Mediapart souligne cette fois :

Parmi les membres d’Agenda Europe figuraient, selon l’EPF, d’autres Français, comme Ludovine de La Rochère, qui présidait La Manif pour tous, devenue Le Syndicat de la famille, après avoir été chargée de communication de la Fondation Jérôme Lejeune, ou encore Émile Duport, également ancien de La Manif pour tous et créateur du mouvement anti-IVG « Les Survivants ».

C’est compliqué de suivre l’actualité avec Mediapart :

Auparavant rassemblés sous l’organisation Agenda Europe, née en même temps que La Manif pour tous, les mouvements antichoix se multiplient en Europe. Dans la ligne de mire de cette galaxie chrétienne conservatrice, le droit à l’avortement et les personnes LGBT+.

Des figurines en forme de fœtus envoyées par courrier, ou prises en photo, au creux d’une main, et diffusées par mail à l’ensemble des député·es europée·nnes. L’appel au visionnage d’une vidéo, affichant près de 10 000 vues depuis le 22 mars, dans laquelle trois femmes anonymes témoignent de leurs avortements traumatisants, qui auraient été « subis », la société n’ayant « rien prévu pour les protéger des pressions ». Ou encore, pas plus tard que le 15 mai, l’invitation à une rencontre entre des parlementaires et « un collectif de femmes » ayant avorté.Telles sont certaines des méthodes du Centre européen pour le droit et la justice (European Centre for Law & Justice, ECLJ), une ONG accréditée aux Nations unies et association de droit local, catholique conservatrice, pour tenter, tour à tour, d’empêcher la constitutionnalisation de l’IVG en France ou le vote d’une résolution pour inscrire l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Issu du très influent American Center for Law and Justice (ACLJ), organisation américaine chrétienne et conservatrice, l’ECLJ fait aujourd’hui partie des principaux groupes de pression anti-IVG en Europe, qui se fédèrent depuis une dizaine d’années et gagnent en influence.

En 2013, le directeur de l’ECLJ, Grégor Puppinck, faisait partie du réseau « Agenda Europe » (selon un rapport du Forum parlementaire européen sur la population et le développement, l’EPF) qui s’attache à améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs. Soit d’un groupe « inspiré par le Vatican » ayant pour but de « restaurer l’ordre naturel ». Autrement dit, de faire reculer l’accès à la contraception, à l’avortement, mais aussi les droits des personnes LGBT+.

À sa création, le manifeste de l’organisation établissait cinq priorités : déployer des stratégies contre l’euthanasie, pour la liberté de religion, pour le mariage et la famille, contre la législation antidiscrimination et contre la gestation pour autrui (GPA). L’auteur, anonyme, y défendait notamment « la réintroduction de lois réprimant l’homosexualité » face aux « effets dangereux de la décriminalisation de la sodomie », ou encore que « l’acceptation des relations homosexuelles, lesbiennes et (finalement) pédophiles semble donc une conséquence logique de l’acceptation de la contraception artificielle ».

Un lobbying antidroits humains qui a porté ses fruits dans certains pays, selon l’EPF, les membres d’Agenda Europe ayant réussi à freiner l’avancée des droits LGBTI en Croatie en 2013 puis en Slovénie en 2015 via des pétitions. En septembre 2016, la proposition de loi « Stop à l’avortement » portée par la fondation privée Ordo Iuris, dont le président et le conseiller juridique appartenaient à Agenda Europe, a été présentée en séance plénière au Parlement polonais.

En 2019, cette même organisation était également à l’origine d’une « Charte des droits de la famille », signée par de nombreuses collectivités locales dites « sans LGBT ». À l’échelle européenne, le Slovaque Ján Figeľ, qui était aussi membre d’Agenda Europe, était nommé en 2016 par la Commission européenne premier « envoyé spécial pour la promotion de la liberté de religion et de conviction en dehors de l’Union européenne ».

Parmi les membres d’Agenda Europe figuraient, selon l’EPF, d’autres Français, comme Ludovine de La Rochère, qui présidait La Manif pour tous, devenue Le Syndicat de la famille, après avoir été chargée de communication de la Fondation Jérôme Lejeune, ou encore Émile Duport, également ancien de La Manif pour tous et créateur du mouvement anti-IVG « Les Survivants ».

Interrogée à ce sujet, Ludovine de La Rochère assure qu’elle « ne connaît pas du tout les membres de cet Agenda Europe », et raconte avoir simplement reçu, entre 2016 et 2019, « une dizaine de mails » provenant de cette organisation. Grégor Puppinck n’a quant à lui pas répondu. Car si Agenda Europe n’existerait aujourd’hui plus sous cette forme, selon Neil Datta, directeur exécutif de l’EPF, ce réseau conservateur catholique a continué de tisser sa toile.

« Force est de constater qu’on retrouve dans chaque événement organisé autour de ces questions les mêmes organisations religieuses, les mêmes acteurs. C’était par exemple le cas au sommet sur la démographie à Budapest. Même s’ils n’ont plus une structure uniforme, ces associations ultraconservatrices existent encore », observe Amandine Clavaud, codirectrice des études à l’Observatoire de l’égalité femmes-hommes de la Fondation Jean Jaurès.

Organisé à l’initiative du premier ministre hongrois Viktor Orbán, ce « sommet démographique » sur la famille  accueillait, en septembre 2023, la première ministre italienne Giorgia Meloni, les présidents serbe et bulgare, Aleksandar Vučić et Rumen Radev, mais également des présidents d’organisations internationales profamille et conservatrices comme la présidente de Family Watch International, le directeur de l’International Federation for Family Development (IFFD) Ignacio Socías, le directeur exécutif d’Alliance Defending Freedom (ADF) Paul Coleman, ou encore l’ancienne présidente hongroise Katalin Novák, du parti d’extrême droite Fidesz.

Un de leurs nombreux points communs ? La plupart sont cité·es dans un autre rapport de l’EPF, nommé « La partie émergée de l’iceberg », qui liste cette fois les financements antigenre. Paul Coleman comme Sharon Slater, de Family Watch, faisaient en outre partie des membres actifs d’Agenda Europe, listés par l’EPF.

Chaque année ou presque, on retrouve peu ou prou ces mêmes protagonistes au Congrès mondial des familles. En 2019, son édition italienne, à Vérone, était sponsorisée par Generazione Famiglia, « La Manif pour tous » italienne, ou encore CitizenGO, « un des groupes de lobby chrétien les plus importants aujourd’hui à l’ONU », selon Jeanne Hefez, chargée de plaidoyer pour l’ONG Ipas, qui œuvre pour faire progresser l’accès à l’avortement et à la contraception dans le monde.

À propos du poids politique de ces groupes, Amandine Clavaud alerte : « Certaines de ces organisations sont accréditées aux Nations unies. Elles bénéficient du statut Ecosoc, alors que des associations de la société civile féministes ont parfois du mal à l’obtenir. » Parmi les organisations disposant d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU figuraient en 2022, outre l’ECLJ de Grégor Puppinck, la Fondation Jérôme Lejeune, SOS Éducation, Alliance VITA, l’association conservatrice Juristes pour l’enfance, composée d’anciennes de LMPT et… La Manif pour tous elle-même.

Interrogée à ce sujet, sa présidente, Ludovine de La Rochère, affirme que son mouvement « intervient à l’ONU depuis 2015 », et ce « sur la question de l’exploitation reproductive, notamment à travers des prises de parole ».

À un niveau transnational, sont aussi accrédités l’Alliance Defending Freedom (ADF), qui a récemment soutenu la procédure judiciaire d’élus d’extrême droite, dont Éric Zemmour, à la suite de l’annulation d’une conférence à Bruxelles, mais aussi le groupe de pression espagnol anti-IVG, antimariage pour toutes et tous et anti-euthanasie HazteOir, qui a fondé CitizenGO, et qui figure également dans la liste des principaux bailleurs de fonds anti-genre en Europe.

À l’échelle européenne, certaines de ces organisations se retrouvent dans l’« initiative citoyenne européenne » (ICE) One of us « pour la défense de la vie et de la dignité humaine ». En premier lieu la Fondation Jérôme Lejeune et l’ECLJ, mais aussi l’Alliance VITA, les Associations familiales catholiques (AFC), HazteOir et CitizenGO. Rejetée par l’Union européenne, One of us s’est depuis transformée en fédération.

Qu’à cela ne tienne : une autre initiative citoyenne européenne a été enregistrée en 2015 auprès de la Commission européenne « pour protéger le mariage et la famille ». Nommée « Mum, dad and kids » et rappelant le slogan principal de LMPT, celle-ci est portée par une dizaine de personnes, parmi lesquelles encore Ludovine de La Rochère et Grégor Puppinck. […]

“La seule solution pour imposer un débat sur les vrais enjeux pour l’avenir de la France est de bâtir un bloc souverainiste unitaire”

Jean-Frédéric Poisson et Florian Philippot (qui ont obtenu 0,93%) lancent un appel au rassemblement des souverainistes :

3 semaines : c’est la durée extrêmement courte qu’Emmanuel Macron laisse aux Français pour décider de leur avenir après la dissolution de l’Assemblée nationale. À l’évidence, le président de la République cherche à escamoter le débat démocratique alors que les risques de 3ème guerre mondiale, encouragée par une Union européenne de plus en plus folle, augmentent chaque jour.

Dans ce contexte, la seule solution pour imposer un débat sur les vrais enjeux pour l’avenir de la France est de bâtir un bloc souverainiste unitaire aux prochaines élections législatives.

C’est pourquoi Florian Philippot, président des Patriotes, et Jean-Frédéric Poisson, président de VIA | la voie du peuple, lancent un appel conjoint au rassemblement de tous les souverainistes, en partant du socle de leur alliance déjà formée aux élections européennes avec Génération Frexit et le Cercle Aristote. Cet appel est notamment lancé à Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, François Asselineau, président de l’UPR, et Georges Kuzmanovic, président de République Souveraine.

Face aux manœuvres du président Macron qui méprise la démocratie en ne laissant que 20 jours au peuple français pour débattre de son avenir, chacun doit désormais être à la hauteur des événements historiques qui s’annoncent.

Marine Le Pen : « Il est nécessaire d’unir tous ceux qui souhaitent l’après-Macron »

Suicide de Genève

Alors qu’avec la dissolution de l’Assemblée nationale, la France vient de jeter à la poubelle le projet de loi sur l’euthanasie, en Suisse la population genevoise a largement soutenu dimanche l’aide au suicide que le Grand Conseil avait supprimé dans la loi. Plus de 76% des votants estiment que cette possibilité d’en finir avec la vie doit continuer à être mentionnée dans la loi.

La majorité de droite du Grand Conseil avait estimé en septembre dernier qu’il n’était plus nécessaire de conserver cette option dans la loi. L’association Exit Suisse romande avait lancé un référendum contre cette suppression pour continuer de défendre l’euthanasie.

Marion Maréchal entre au Parlement : 5 élus pour Reconquête

Marion Maréchal appelle à une union des droites avec le RN et LR pour construire une alternative :

le bloc national est à près de 40%. La coalition des droites à laquelle j’aspire apparaît plus que jamais nécessaire

 

Au Parlement européen, le groupe ECR auquel appartient Reconquête compterait 73 élus, contre 184 pour le PPE (LR) et 58 pour ID (RN).

Eric Zemmour appelle aussi à cette union des droites pour gouverner face à la gauche et à l’extrême-centre :

Elections européennes, les droites nationales en progression dans l’UE

Outre la France, où la droite anti-immigration arrive largement en tête, les droites nationales ont connu une forte poussée. La composition provisoire du nouveau européen est à découvrir ici.

En Allemagne, les sociaux-démocrates du chancelier allemand Olaf Scholz sont arrivés derrière les conservateurs et droite nationaliste de l’AFD. Le SPD d’Olaf Scholz a obtenu 14% des suffrages, tandis que les conservateurs (CDU et CSU) sont arrivés premiers avec 29,5-30% et la droite AfD, en seconde place, avec 16,5-16%.

En Italie, le parti de Giorgia Meloni, Fratelli d’Italia, est arrivé en tête avec au moins 27% des suffrages. Le Parti démocrate (PD, centre-gauche), principal parti d’opposition, arrive en deuxième position avec plus de 23%, suivi du Mouvement 5 Etoiles dirigé par l’ancien premier ministre Giuseppe Conte avec environ 11%, selon ces projections réalisées pour les principaux médias italiens, la RAI, Mediaset, et La7. Les deux partenaires de coalition de Mme Meloni, la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia et le parti conservateur fondé par Silvio Berlusconi et membre du Parti populaire européen (PPE), sont crédités respectivement de 8% et de 10%.

En Espagne, les conservateurs sont arrivés légèrement en tête devant le Parti socialiste du premier ministre Pedro Sánchez. Le Parti Populaire (PP, droite) remporterait de 21 à 23 sièges (32,4% des voix), devant les socialistes avec de 20 à 22 sièges et 30,2% des voix. Le parti de droite nationaliste, Vox, remporterait pour sa part 6 ou 7 sièges (10,4% des voix) tandis qu’une nouvelle formation baptisée «La fête est finie» (Se acabo la fiesta) ferait son entrée au Parlement européen avec de 2 à 3 sièges (3,9% des voix).

L’opposition socialiste a remporté les élections européennes au Portugal, devançant légèrement la coalition gouvernementale de droite modérée qui avait gagné de justesse les législatives anticipées de mars dernier. Le parti de droite nationaliste Chega arrive en troisième position, avec 9,8% des voix, un score nettement inférieur à celui des législatives (18%). Il est suivi de très près par la formation libérale qui avait déjà fini à la quatrième place en mars.

Le parti de droite du premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, est arrivé en tête avec entre 28 et 32% des voix. Le parti de gauche Syriza, dirigé par Stefanos Kasselakis, un ancien trader longtemps installé aux États-Unis, arrive en deuxième position avec 15,2% à 18,2% des voix. Derrière lui, le parti socialiste Pasok obtient entre 10,9% et 13,9% des suffrages. Le parti nationaliste Eleniki Lysi (Solution grecque) décroche entre 7,6% et 10% des voix, derrière le parti communiste KKE (7,9% à 10,3%).

Contrairement à la Grèce, à Chypre, les conservateurs de Disy (PPE) et les communistes de Akel (groupe de Gauche) sont donnés à 23,80% et 23,10%. Le candidat antisystème Fidias Panagiotou obtiendrait 14,70, tandis que la droite nationaliste de Elam récolterait 10,40%. Ces deux partis obtiendraient chacun un élu. Le dernier élu irait aux sociaux-démocrates de Diko.

En Pologne, le parti pro-européen du premier ministre Donald Tusk est arrivé devant le parti Droit et Justice (PiS), mais celui-ci conserve un score élevé et la droite nationaliste de Konfederacja, très eurosceptique, n’enverra pas moins de 6 eurodéputés à Strasbourg.

Le parti du premier ministre hongrois Viktor Orban, qui avait qualifié les élections européennes d’«historiques», est arrivé dimanche en tête mais a enregistré un net recul. Son parti Fidesz a recueilli plus de 43% des voix, contre 52,5% au précédent scrutin de 2019.

Le parti de droite nationaliste FPÖ est arrivé en tête en Autriche, avec 25,7% des voix, suivi de près les conservateurs de l’ÖVP (24,7%), actuellement au gouvernement, puis les sociaux-démocrates du SPÖ (23,2%). Les Verts affichent un score de 10,7%.

Aux Pays Bas, l’alliance de gauche entre les Verts et le Parti travailliste devance la droite nationaliste avec 21,6% des suffrages et huit sièges à l’issue du scrutin. Le Parti de la liberté (PVV), la formation de Geert Wilders, enregistre toute de même une forte progression. Le mouvement devrait envoyer sept élus dans l’hémicycle après avoir recueilli 17,7% des votes. Le VVD, le parti libéral du premier ministre sortant Mark Rutte, obtient 11,6% des suffrages.

En Croatie, le parti de droite HDZ l’emporte avec 33,4% des votes. Le parti envoie 6 élus au sein du Parlement européens. La coalition de gauche SDP arrive en deuxième place avec 27,81% des voix, ce qui lui rapporte 4 sièges.

En Bulgarie, le parti de droite du Gerb (PPE) obtiendrait 26,20% des voix et aurait 5 élus. La coalition du PP («Continuons le changement») prendrait, elle, la deuxième place avec 15,70% des voix.

En Slovaquie, le parti du premier ministre slovaque Robert Fico, Smer (Direction), arrive en deuxième position avec 24,8% des voix selon les premières estimations. Le parti Progresivne Slovensko (PS), parti libéral de la présidente slovaque Zuzana Čaputovà, membre du groupe Renew au Parlement européen, remporte de son côté 27,8 % des suffrages. Le parti de droite Republika arrive enfin en troisième position, avec 12,5 % des voix.

Les Démocrates de Suède, qui soutiennent le gouvernement, enregistrent le premier recul (-2,1 points à 13,2%) de leur histoire à une élection. Le parti anti-immigration, qui espérait devancer le parti des Modérés du premier ministre Ulf Kristersson, échoue et arrive même en quatrième position.

En Finlande, le parti l’Alliance de gauche réalise une percée avec 17,3% des suffrages, soit quatre points de plus qu’en 2019. Le parti va donc avoir trois des 15 sièges réservés à la Finlande au Parlement européen, contre un seulement lors du précédent scrutin. La Coalition nationale (centre droit) du premier ministre Petteri Orpo consolide ses gains avec près de 25% des voix, en hausse de près de quatre points. Le Parti des Finlandais, formation de droite nationaliste qui participe à la coalition gouvernementale, recule à 7,6%, soit une chute de 6,2 points. Il n’obtiendrait qu’un seul siège.

Au Danemark, le Parti populaire socialiste est arrivé en tête et en nette progression de 4,2 points par rapport à 2019, avec 17,4%. Le Parti social-démocrate, à la tête de la coalition de gouvernement, recule à 15,6%, en fort recul de 5,9 points. Les deux partis devraient emporter chacun trois des 15 sièges danois.

A Malte, le Parti travailliste obtient 44,67% des voix, soit 3 sièges, contre 42,52% des voix pour la droite du parti nationaliste. Les conservateurs obtiennent, eux, trois élus.

« L’amère est dans le pré »

La séquence de communication pro-GPA qui instrumentalise un petit bébé né en Colombie rappelle une nouvelle fois l’impunité de ceux qui contournent l’interdiction de la loi française et ses insuffisances pour protéger toutes les femmes. L’écho donné à une histoire personnelle par M6 à travers son émission « L’amour vu du pré » est une insulte pour les femmes dont la dignité, qui n’a pas de frontière, est bafouée par cette pratique contraire à leurs droits.

A la suite de leur rencontre dans L’Amour est dans le pré, Mathieu et Alexandre se sont mariés avant de divorcer deux ans plus tard alors qu’ils avaient passé un contrat pour obtenir un bébé par l’exploitation d’une femme en Colombie. “Je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse autant aimer” : les mots de Mathieu Ceschin sont provocateurs. Comment oser parler d’amour à propos d’un petit enfant objet d’un contrat financier et arraché à sa mère juste après sa naissance ? Comment oser affirmer être « fait pour être pama (papa et maman à la fois) » ? C’est une insulte pour les femmes victimes d’une exploitation et pour tous les couples en attente d’un enfant. Ces propos provocateurs nient la différence et la complémentarité évidente de la mère et du père pour un enfant.

Le Syndicat de la Famille regrette qu’une chaîne comme M6 contribue à la banalisation de la GPA en donnant un large écho médiatique à cette histoire individuelle où l’amour aura un goût bien amère. Comme le rappelait Manuel Valls, lorsqu’il était Premier ministre, « il est incohérent de désigner comme parents des personnes ayant eu recours à une technique clairement prohibée… tout en affirmant qu’ils sont responsables de l’éducation des enfants, c’est-à-dire chargés de la transmission de nos droits et de nos devoirs. »

Ce nouvel épisode de la propagande pro-GPA appelle à une réaction politique pour renforcer l’interdiction de la GPA et de sa promotion dans le débat public.

Emmanuel Macron dissout la macronerie… et annonce la fin de vie du projet de loi sur la fin de vie

Suite aux résultats des élections européennes, à retrouver sur le site du ministère de l’intérieur, le chef de l’Etat dissout l’assemblée nationale.

Le 1er tour des élections législatives aura lieu le 30 juin et le second le 7 juillet.

1ère conséquence appréciable : le projet de loi sur l’euthanasie est suspendu !

Le sacré-cœur : un message d’amour ?

Aymeric Pourbaix
reçoit :

  • Père Edouard MAROT, prêtre à Bruxelles, ancien recteur de Paray-Le-Monial
  • Anne BERNET, spécialiste d’histoire religieuse
  • Alice BEAUVISAGE, née au Salvador

Île de Ré : la statue de la Sainte-Vierge est revenue à La Flotte

La Vierge de la Flotte-en-Ré est à nouveau visible, non plus sur l’espace public, mais sur un bout de terrain privé.

L’association laïcarde la Libre Pensée 17 s’est battue pendant trois ans pour déplacer la statue. La statue a été réinstallée vendredi matin à quelques pas seulement de son socle précédent. Mais cette fois, elle n’est plus sur l’espace public, mais bien sur un bout de parcelle privée.

Terres de Mission : Sang des martyrs, semence de chrétiens

Terres de Mission reçoit le Père Mihai Marina, de la mission roumaine gréco-catholique, pour parler du livre récemment traduit de Francisca Baltaceanu et Monica Brosteanu : “Martyrs du communisme” (Salvator), à propos de sept évêques gréco-catholiques emprisonnés par les communistes en 1948 – et à propos du martyre de cette grande Eglise uniate interdite pendant toute la dictature communiste.

Puis, l’abbé Michel Viot, prêtre dans le diocèse de Paris, évoque la loi sur l’euthanasie actuellement en discussion – et les moyens qu’ont les catholiques pour s’y opposer.

Enfin, Djamila Djelloul, musulmane convertie au christianisme, présente le parcours qui l’a menée à la conversion et à l’évangélisation, à l’occasion de la sortie de son livre : “Musulmane, Jésus m’a libérée” (Artège).

Renouveler la consécration de l’Église et du monde au Cœur de Jésus

Lors d’un colloque à Rome sur le Sacré-Cœur, organisé début mai par le sanctuaire de Paray-le-Monial, le Père Étienne Kern, recteur, a remis au Saint-Père une lettre pour lui demander de réaliser à nouveau l’acte de consécration de l’Église et du monde au Cœur de Jésus, de Léon XIII.

En 1899, Léon XIII consacrera le genre humain au Sacré-Cœur, considérant cet acte comme « le plus important de [son] pontificat ».

À l’occasion de ce Jubilé des 350 ans des apparitions, le pape François a souhaité qu’il « suscite chez nombre de pèlerins un plus grand amour de reconnaissance envers Jésus. » Commencé en décembre 2023, le Jubilé se terminera le 27 juin 2025, date à laquelle le Père Kern souhaite proposer que des millions de familles, de paroisses, de diocèses, mais aussi des peuples et des nations entières puissent se consacrer au Sacré-Cœur de Jésus, par le Cœur immaculé de Marie.

Le 31 mai 1940, la France est consacrée au Sacré-Cœur en présence du gouvernement

D’Aymeric Pourbaix dans France catholique :

La France est décidément un pays étrange. En 1873, moins d’un siècle après la Révolution où l’Église a failli être balayée, l’Assemblée nationale vote une loi d’utilité publique pour construire un sanctuaire, afin d’obtenir « l’infinie miséricorde du Sacré-Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ », et faire « cesser les malheurs de la France » après la défaite de 1870 (texte du Vœu national).

Le 31 mai 1940, à la veille de la guerre contre l’Allemagne, du haut de cette même basilique de Montmartre, la France est consacrée au Sacré-Cœur en présence du gouvernement, et c’est le général de Castelnau, fondateur de La France Catholique, qui prononce le discours.

Blessure et désamour

Alors que les électeurs des 27 pays européens s’apprêtent à élire leurs représentants au Parlement de Strasbourg, c’est dire combien la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus a partie liée avec l’histoire, non seulement religieuse, mais aussi politique.

Pour beaucoup, le refus d’inscrire les racines chrétiennes de l’Europe dans le préambule de la Constitution européenne, en 2004 – à l’instigation de Jacques Chirac –, reste une blessure et a révélé un désamour vis-à-vis du projet européen. Robert Schuman, un des pères de l’Europe, avait pourtant prévenu :

« Il […] est impossible d’accepter que l’État ignore systématiquement le fait religieux, qu’il lui oppose un parti pris qui frise l’hostilité ou le mépris. »

Non seulement par principe, mais également par réalisme politique, de par « l’extraordinaire efficacité de l’inspiration religieuse (…) contre les forces de la désagrégation sociale ».

Aujourd’hui, qui ne constate l’inquiétante progression de cette désagrégation, en France et en Europe, que révèle notamment l’importation du conflit israélo-palestinien sur notre sol ? À cet égard, le témoignage du maire de Montfermeil est édifiant par son courage et son constat de la paix, relative, apportée à sa commune qu’il a consacrée au Sacré-Cœur.

À l’autre bout du monde, au Salvador, pays consacré au Sacré-Cœur en 2006 après avoir été la proie des gangs et de la guerre civile, aucune législation ne vient attenter à la loi naturelle, au début comme à la fin de la vie… Cette paix civile, toujours fragile, est un des fruits visibles de la nécessité pour des communautés, des villes, et des pays de se placer sous la protection de ce divin Cœur.

C’est pourquoi, en définitive, le meilleur programme politique n’est pas celui des partis, qui promettent monts et merveilles sans aucune certitude de pouvoir tenir leurs promesses. Mais bien plutôt celui du Christ, qui en apparence n’est pas le plus enthousiasmant, car il passe par la Croix : « Ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront » (Mc 10, 33-34). Sauf que trois jours plus tard, la Résurrection constitue la plus éclatante des victoires !

À sa suite, Jeanne d’Arc, dont on prépare le sixième centenaire, peut être appelée la sainte de l’espérance politique, la vraie, celle qui n’inverse pas la hiérarchie entre Dieu et César et assure la Royauté du Christ. Jeanne aussi est passée par la croix, avant d’être réhabilitée, canonisée et nommée patronne secondaire de la France, pour avoir suivi une loi intangible : « Messire Dieu premier servi ! »

3 conseils pratiques issus de la méthode Vittoz pour mieux vivre son temps de prière

La méthode Vittoz, développée par le docteur suisse Roger Vittoz, est née de sa riche expérience en tant que thérapeute, de son désir profond d’accompagner ses patients vers une réappropriation de leur vie mais aussi de sa profonde intuition en tant que chrétien.

Cette méthode psychocorporelle, pratiquée par les praticiens Vittoz, se base sur un rééquilibrage de nos fonctions cérébrales -et notamment des fonctions de réceptivité et d’émissivité – à travers des exercices simples et réalisés de façon active et consciente par le patient.

Les bienfaits de cette amélioration du contrôle cérébral se voit dans bien des domaines de notre vie mais aussi dans notre vie spirituelle, en nous permettant de vivre plus pleinement nos temps d’oraison.

Voici trois conseils très simples, issus d’exercices Vittoz, pour se rendre plus présent à notre prière :

1- Se préparer à son temps de prière par un petit exercice de réceptivité

Travailler sa réceptivité sensorielle permet également de travailler sa réceptivité spirituelle. Avant de commencer, je peux prendre quelques secondes pour accueillir ma respiration, me mettre à son écoute. Sans essayer d’en changer le rythme, j’observe son amplitude, je ressens les mouvements qu’elle imprime à mon corps, j’écoute son bruit.

De même, pendant mon temps de prière, si je sens mon esprit vagabonder, je peux revenir quelques instants à ma respiration pour recentrer mon attention avant de la tourner à nouveau vers Dieu.

2 – Entrer en prière en toute conscience

Même si le temps de prière que je m’apprête à vivre est installé dans une pratique régulière, à un moment donné de ma journée, j’essaye de le vivre comme un moment unique et premier. Je suis attentif et pleinement conscient de mes gestes, de mes paroles. Je peux notamment prendre le temps de m’installer et d’entrer dans ce temps de prière :
en faisant un beau et ample signe de croix, en prenant le temps de dire chaque mot, de les écouter résonner en moi …
– ou en ouvrant ma Bible en pleine conscience, d’en sentir le poids dans mes mains, le toucher de la couverture, le bruit des pages qui se tournent, la lumière sur le papier.
en allumant une bougie et en réfléchissant à la manière dont Jésus est lumière dans ma vie.

3 – Pendant la prière, éviter le vagabondage cérébral

Durant la prière, mon esprit peut être happé par de nombreuses pensées et mes soucis éloignent parfois mon attention de Dieu. Je prends le temps d’accueillir ces choses qui tournent dans ma tête. Pour chacune d’elles, je peux imaginer une pierre (grosse ou petite, selon l’importance qu’elle revêt pour moi) et je me visualise en train de la déposer au pied de Jésus. A chaque fois, je nomme clairement cette pensée et je la lui confie. Maintenant mon esprit est libéré de ces soucis que j’ai remis au Seigneur, je peux mieux m’abandonner à sa douce présence.

Alice Ollivier pour Hozana.org

La ville de Montfermeil consacrée au Sacré-Coeur

Le maire de Montfermeil (Seine-Saint-Denis), Xavier Lemoine, qui a consacré sa ville au Sacré-Cœur, à titre privé, déclare à France Catholique :

Le bien le plus précieux qui découle de cette consécration au Sacré-Cœur de Jésus est la paix. Je la renouvelle à titre privé, chez moi, au moment de la fête du Sacré-Cœur et ce depuis que j’ai été élu maire en 2002. J’ai repris le flambeau de l’édile précédent, Pierre Bernard, qui avait initié cette dévotion. Je dois reconnaître aussi que les investissements conséquents faits par l’État ont pu produire des effets salutaires, pérennes et incontestables : nous sommes passés de 225 voitures brûlées et de 200 vols à l’arraché par an à moins de 10. Par ailleurs, le niveau scolaire dans les écoles de la commune remonte et une franche convivialité existe, alors que plus de 40 nationalités cohabitent.

Cependant, je sais que cette paix est fragile. En juillet  2023, après la mort du jeune Nahel, à Nanterre, la violence est montée d’un cran : il y a eu beaucoup plus de dégâts en trois jours qu’en trois semaines lors des événements de 2005. Les émeutiers avaient une stratégie précise ciblant les commissariats, les mairies et les équipements publics. Pendant des heures, l’issue des combats nocturnes, d’une particulière violence, est restée incertaine. J’ai alors senti un féroce combat, invisible mais palpable. Il fallait tenir. Au regard du nombre de tirs de mortiers, de cocktails Molotov et de cailloux lancés, c’est un miracle s’il n’y a pas eu de blessé, ni plus de dégâts, à Montfermeil. Indéniablement, la ville a bénéficié d’une forme de protection. […]

A propos de l’Union européenne, Xavier Lemoine déclare :

Selon moi, l’Europe a déjà perdu son âme. Les pères de l’Europe, dont Robert Schuman, Jean Monnet, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer, étaient des hommes de culture chrétienne, mais le ver était dans le fruit, avec les portes ouvertes au libéralisme et les États-Unis comme cheval de Troie. Le non-respect du résultat du référendum de 2005 en France me semble être un point de bascule. Nous avons perdu toute souveraineté. Comment vivre avec les conséquences de choix qui n’ont pas été respectés ? Je n’attends rien de l’Union européenne devenue une machine à broyer les États-nations. Certes, parmi les élus se trouvent des hommes et des femmes de bonne volonté, comme François-Xavier Bellamy, mais que peuvent-ils faire à part rassurer un électorat ? Sont-ils sûrs de pouvoir véritablement peser pour changer les institutions ?

À droite trois candidats, Marion Maréchal, Jordan Bardella et François-Xavier Bellamy, portent un projet civilisationnel. Souhaitez-vous une union des droites ?

J’encourage les lecteurs de France Catholique à lire l’opuscule de la philosophe Simone Weil : Note sur la suppression générale des partis politiques. Écrit en 1940, il est toujours aussi éclairant car elle revient sur le sens premier d’un parti : ce n’est jamais qu’une partie d’un tout. Leur logique oblige sans cesse à se prononcer pour ou contre l’opinion d’un autre, même si cette opinion est juste…

Plus qu’à l’union de partis, je crois au rassemblement de femmes et d’hommes compétents et libres dans leurs engagements. À Montfermeil, je peux avoir des différends avec des gens de gauche à la tête de certaines associations mais j’arrive à trouver des terrains d’entente car je leur reconnais leur altruisme à s’investir dans les quartiers. Pourquoi penser que seule une union des droites serait pertinente pour le salut de la France ? Le poison du relativisme, de l’absence de vérité, et la transgression des limites avec la constitutionnalisation de l’avortement ou le projet de loi sur l’euthanasie et le suicide assisté méritent des consciences éclairées chez des personnes de bonne volonté, qui peuvent être de droite comme de gauche. Quand le général de Gaulle disait : « La seule querelle qui vaille est celle de l’homme. C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer », il avait tout résumé.

Solennité du Sacré-Coeur

Du Bhx Cardinal Schuster :

Les origines de cette fête sont toutes semblables à celles de la fête du Très Saint Sacrement. Le symbolisme du côté de Jésus, ouvert par la lance de Longin et d’où jaillirent le sang et l’eau, est déjà connu par les anciens Pères de l’Église ; saint Augustin et saint Jean Chrysostome ont des pages splendides sur les divins Sacrements, nés du Cœur aimant du Rédempteur, et sur l’Église qui, rayonnante de jeunesse, sort du côté du nouvel Adam endormi sur la Croix.

La tradition patristique fut conservée et développée par les soins de l’école ascétique bénédictine ; aussi, quand, au XIIe siècle, le saint abbé de Clairvaux orienta enfin la piété mystique de ses moines vers un culte tout à fait spécial rendu à l’humanité du Sauveur, on peut dire que la dévotion au Sacré-Cœur, au sens que maintenant lui attribue la sainte liturgie, était déjà née. De la simple méditation sur les plaies de Jésus, l’école bénédictine était passée à la dévotion particulière pour celle du côté, et à travers le flanc transpercé par la lance de Longin, elle avait pénétré dans l’intime du Cœur, blessé lui aussi par la lance de l’amour.

Le Cœur de Jésus représente, pour saint Bernard, ce creux du rocher où l’Époux divin invite sa colombe à chercher un refuge. Le fer du soldat est arrivé jusqu’au Cœur du Crucifié pour nous en dévoiler tous les secrets d’amour. Il nous a, en effet, révélé le grand mystère de sa miséricorde, ces entrailles de compassion qui l’ont induit à descendre du ciel pour nous visiter.

Les disciples de saint Bernard développaient merveilleusement la doctrine mystique du Maître, quand intervinrent les grandes révélations du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Lutgarde (+ 1246), à sainte Gertrude et à sainte Mechtilde.

Un jour, le Seigneur échangea son Cœur avec celui de sainte Lutgarde ; et une nuit que la sainte, malgré la maladie, s’était levée pour l’office vigilial, Jésus, pour la récompenser, l’invita à approcher ses lèvres de la blessure de son Cœur, où Lutgarde puisa une telle suavité spirituelle que, par la suite, elle éprouva toujours force et douceur au service de Dieu.

Vers 1230 survint la célèbre révélation du Sacré-Cœur à cette illustre Mechtilde de Magdebourg qui, plus tard, fit partie de la communauté d’Helfta où vivaient sainte Gertrude et sainte Mechtilde.

« Dans mes grandes souffrances, écrit-elle, Jésus me montra la plaie de son Cœur et me dit : Vois quel mal ils m’ont fait ! »

Cette apparition l’impressionna vivement, d’autant plus que dès lors la pieuse religieuse ne cessa de contempler ce Cœur affligé et outragé, mais qui, en même temps, lui apparaissait semblable à une masse d’or embrasé, placé à l’intérieur d’une immense fournaise. Jésus approcha le cœur de Mechtilde du sien, pour qu’elle vécût d’une même vie que Lui.

Quand la Providence conduisit à Helfta la pieuse extatique de Magdebourg, ce fat pour la rapprocher de deux autres filles de saint Benoît, Gertrude et Mechtilde, qui avaient été favorisées de dons semblables. Le caractère particulier de la dévotion de sainte Gertrude pour le Verbe Incarné brille spécialement dans sa tendre dévotion au Sacré-Cœur, qui, pour elle, est le symbole de l’amour du Crucifié, et une sorte de sacrement mystique par lequel la Sainte participe aux sentiments de Jésus en même temps qu’à ses mérites.

Un jour que Gertrude est invitée par saint Jean à reposer avec lui sur le Cœur sacré du Seigneur, elle demande à l’Évangéliste pourquoi il n’a pas révélé à l’Église les délices et les mystères d’amour goûtés par lui à la dernière Cène, quand il appuya sa tête sur la poitrine du Divin Maître. Jean répond que sa mission avait été de révéler aux hommes la nature divine du Verbe, tandis que le langage d’amour exprimé par les battements du Sacré-Cœur entendus par lui devait représenter la révélation des derniers temps, alors que le monde, vieilli et refroidi, aurait besoin de se réchauffer au moyen de ce mystère d’ardente charité.

Gertrude comprit que l’apostolat du Sacré-Cœur de Jésus lui était confié à elle-même, et c’est pourquoi, par ses paroles et dans ses livres, elle écrivit toute la théologie, pour ainsi dire, de cette blessure divine et sacrée, en propageant avec ardeur la dévotion. Dans cette mission évangélisatrice, elle eut pour compagne la pieuse cantrix Mechtildis, qui avait été semblablement invitée par le Seigneur à établir sa demeure dans la plaie de son Cœur. Comme sa compagne, sainte Mechtilde mit elle aussi par écrit ses révélations, où elle compare le Sacré-Cœur tantôt à une coupe d’or où se désaltèrent les saints, tantôt à une lampe lumineuse, tantôt à une lyre qui répand dans le ciel ses douces harmonies. Un jour Jésus et Mechtilde échangèrent leurs cœurs, et dès lors il sembla à la Sainte que c’était les battements du Cœur de son divin Époux qu’elle sentait en elle.

Les révélations des deux extatiques de Helfta furent très favorablement accueillies, surtout en Allemagne, c’est-à-dire dans un milieu déjà résolument orienté vers le Cœur de Jésus, grâce à la précédente influence de l’école bénédictine. Les écrivains de la famille dominicaine et franciscaine suivirent eux aussi avec ardeur ce mouvement, et retendirent, surtout grâce à saint Bonaventure, au bienheureux Henri Suso, à sainte Catherine et à saint Bernardin de Sienne. On arrive ainsi jusqu’au temps de sainte Françoise Romaine, qui, dans ses révélations sur le Sacré-Cœur, où elle se plonge elle aussi comme dans un océan embrasé d’amour, ne fait qu’accentuer l’orientation ascétique de l’ancienne école mystique des fils de saint Benoît. L’action de la fondatrice du monastère Turris Speculorum à Rome demeura, il est vrai, circonscrite au milieu romain ; mais elle représente un des plus précieux anneaux de toute une chaîne de saints et d’écrivains ascétiques qui, en Allemagne, en Belgique et en Italie, préparèrent les âmes aux grandes révélations de Paray-le-Monial. Quand enfin celles-ci furent communiquées aux fidèles, grâce surtout au bienheureux Claude de La Colombière et au P. Croiset, le triomphe du Cœur de Jésus et du règne de son amour fut désormais assuré à la dévotion catholique. Les fils de saint Ignace se consacrèrent avec un zèle particulier à cette forme nouvelle d’apostolat du Sacré-Cœur. En 1765, le pape Clément XIII approuva un office en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus, mais il fut concédé seulement à quelques diocèses. En 1856, Pie IX sur l’esprit duquel avait grandement influé l’illustre restaurateur de l’Ordre bénédictin en France, Dom Guéranger, rendit cette fête obligatoire pour l’Église universelle. En 1889, Léon XIII l’éleva au rite double de première classe.

Quand, en 1765, Clément XIII autorisa le culte liturgique du Sacré-Cœur de Jésus, s’accomplit une prédiction faite trente ans auparavant par la pieuse abbesse de Saint-Pierre de Montefiascone, Maria Cecilia Bai. Le Seigneur, montrant son Cœur à cette servante de Dieu, lui avait dit : « Un jour viendra, où le culte de mon Cœur s’étendra triomphalement dans l’Église militante, et cela grâce à la fête solennelle qu’on en célébrera, avec l’office du Sacré-Cœur ». « Toutefois, ajoutait la pieuse Bénédictine, je ne sais si cela arrivera de nos temps ».

Elle fut d’ailleurs assez heureuse pour voir enfin ce jour désiré, et elle se souvint certainement alors de ces autres paroles qu’elle avait entendues de son divin Époux plusieurs années auparavant : « Un temps viendra où tu seras très agréable à mon Cœur en le faisant adorer et connaître d’un grand nombre de personnes au moyen du culte et des actes de dévotion qui lui sont dus ».

En 1899, Léon XIII publia une Encyclique où il prescrivait à tout l’univers catholique de se consacrer au Cœur sacré de Jésus. Le Pontife s’était décidé à cet acte après un ordre formel qu’une pieuse supérieure du Bon-Pasteur d’Oporto, sœur Marie Droste zu Vischering, disait avoir reçu du divin Rédempteur lui-même pour qu’il fût communiqué au Pape. La révélation privée présentait d’ailleurs tous les caractères de l’authenticité, et l’esprit de la religieuse avait déjà été éprouvé par le sage abbé de Seckau, Dom Ildephonse Schober. C’est ainsi que Dom Hildebrand de Hemptinne, abbé de Saint-Anselme sur l’Aventin, prit l’affaire en mains et présenta la supplique de la religieuse à Léon XIII. Le 9 juin 1899, alors que les cloches de toutes les églises du monde chrétien annonçaient la fête du Sacré-Cœur et le nouvel acte de consécration prescrit par le Pape, la voyante d’Oporto rendait son âme très pure à Dieu, en témoignage de l’accomplissement de sa mission terrestre.

Dernièrement, la fête du Sacré-Cœur recevait de Pie XI un surcroît d’importance et d’honneur puisqu’on lui accordait le privilège de l’octave, réservé aux plus grandes solennités du Seigneur. Fut-ce simple coïncidence ou mystérieuse disposition de Dieu ? La nouvelle liturgie romaine pour l’octave de la fête du Sacré-Cœur fut approuvée par le Pape en même temps que le fameux Concordat qui met fin à la si funeste Question romaine. A la même époque, le « parfait ami du divin Cœur », le P. de la Colombière, est inscrit solennellement au catalogue des bienheureux, et Pie XI, quelques semaines plus tard, sort enfin du Vatican, portant en triomphe Jésus-Eucharistie, au milieu d’un glorieux cortège de ministres sacrés au nombre de sept mille.

L’hérésie qui caractérise l’esprit de la société actuelle pourrait être à bon droit appelée laïcisme, en tant qu’elle veut abaisser le divin et le surnaturel au niveau des institutions humaines, et qu’elle tente de faire entrer l’Église dans l’orbite des forces de l’État. En face du judaïsme et de la maçonnerie qui s’obstinent toujours dans leur haine furieuse contre Jésus : Toile, toile, crucifige, les catholiques contaminés par ce laïcisme et ce libéralisme cherchent, comme Pilate, un juste milieu et ils sont prêts à renvoyer le Christ absous, pourvu qu’auparavant Il se soit laissé arracher le diadème royal qui ceint son front, et qu’il se contente de vivre en sujet de la divinité de César.

Contre cette double insulte sacrilège, le Pontife suprême proteste à la face du ciel et de la terre qu’il n’y a pas d’autre Dieu que le Seigneur, et il institue la double fête du Christ-Roi et de l’Octave du Sacré-Cœur. L’une est la solennité de la puissance, l’autre celle de l’amour.

Le Bréviaire romain devant s’enrichir d’un office pour l’Octave du Sacré-Cœur, le Souverain Pontife voulut que la liturgie de cette solennité fût entièrement refondue. On sait que l’office du Sacré-Cœur avait autrefois un certain caractère fragmentaire et sporadique, qui reflétait bien l’incertitude des théologiens chargés de sa rédaction. C’était un peu un office de l’Eucharistie, un peu celui de la Passion, sans parler des lectures du troisième nocturne, glanées de-ci de-là dans la Patrologie. Or, Pie XI — qui, sur sa table de travail a toujours devant les yeux une belle statue du Sacré-Cœur, auprès duquel il a coutume de chercher son inspiration quand il traite les affaires de l’Église — a voulu un office parfaitement organique, c’est-à-dire où resplendît l’unité, et qui mît aussi en pleine lumière le caractère spécial de la solennité de la fête du Sacré-Cœur, laquelle ne veut être une répétition ni de celle du Saint-Sacrement ni des offices quadragésimaux de la Passion.

Il nomma donc une commission de théologiens chargés de rédiger le nouvel office ; mais à leurs travaux il présida lui-même ; en sorte qu’après un semestre d’études, à l’aurore de son jubilé sacerdotal, Pie XI a pu offrir au monde catholique la nouvelle messe et l’office pour l’Octave du Sacré-Cœur.

La pensée qui domine toute la composition est celle qu’exprima Jésus Lui-même quand, par l’intermédiaire de sainte Marguerite-Marie, Il demanda à la famille catholique l’institution de cette fête : « Voici le Cœur qui a tant aimé les hommes, et qui en est si peu aimé ! »

Il s’agit donc d’une fête de réparation envers l’Amour qui n’est pas aimé ; réparation qui fait d’ailleurs amende honorable en glorifiant les pacifiques triomphes de cet Éternel Amour.

L’introït emprunte son antienne aux versets 11 et 19 du psaume 32. « Les desseins de son Cœur passent d’âge en âge pour arracher les âmes à la mort et soutenir leur vie durant la famine ».

Suit le premier verset du même psaume : « O justes, chantez au Seigneur, car c’est à ceux qui sont bons que convient sa louange ».

La magnifique préparation du plan de la rédemption à travers les longs siècles qui l’ont précédée, puis les dix-neuf qui maintenant la réalisent, l’étendant à tous les âges et à tous les peuples, chantent comme un hymne de gloire au Cœur de Dieu qui fut le grand artisan de cette généreuse et gratuite réparation du genre humain.

Parmi les multiples aspects de cette rédemption, le Psalmiste en met ici deux surtout en évidence, dans lesquels resplendit d’une façon spéciale l’excès du divin amour. Ce sont : la délivrance de l’homme de la mort éternelle grâce à la mort de Jésus, et l’institution de la divine Eucharistie.

La collecte apparaît, au point de vue littéraire, un peu surchargée, mais elle contient de belles pensées : « Seigneur qui avez miséricordieusement daigné nous accorder d’infinis trésors d’amour dans le Cœur de votre Fils, transpercé par nos péchés ; faites, tandis que nous lui offrons l’hommage dévot de notre piété, qu’en même temps nous présentions une digne réparation pour nos fautes ».

Le but de la solennité de ce jour est donc double : tandis que nous offrons notre tribut d’amour à ce Cœur qui, en raison de son excellence et de l’union hypostatique, est le centre et le roi de tout autre cœur humain, nous expions en même temps le crime d’avoir transpercé par nos péchés ce Cœur adorable, et de l’avoir couronné des épines de l’ingratitude et du mépris.

Cependant, il faut que les prévaricateurs reviennent à ce Cœur du Verbe incarné ; car c’est dans ce temple et ce trophée de la divine miséricorde, que Dieu a déposé pour les hommes des trésors infinis de sagesse, de science et surtout d’amour.

La première lecture est tirée de la lettre aux Éphésiens (III, 8-15). L’Apôtre a reçu la mission spéciale de révéler à l’Église les prérogatives du Christ, considéré surtout comme Chef de la famille humaine et Pontife de la béatitude future. C’est pourquoi saint Paul plie le genou et il supplie le Seigneur pour ses chers fidèles d’Éphèse, afin qu’eux aussi soient initiés avec lui à la science intérieure du Christ, et que, par la grâce du Saint-Esprit, eux aussi la comprennent et en vivent à l’égal de tous les autres saints. Cette science et cette vie se résument en un seul mot : l’amour — cet amour qui remplit l’âme de la plénitude de Dieu.

Le répons-graduel est emprunté au psaume 24, 8-9. « Le Seigneur est bon et droit, c’est pourquoi il indique la voie à ceux qui sont errants. Il guide les doux dans la justice, et il enseigne ses voies à ceux qui sont dociles ». — Tel est le motif de l’œuvre de la rédemption des hommes : le Seigneur est amour, et en descendant jusqu’à nous il a moins considéré notre indignité que son amour qui mérite bien tout le nôtre.

Pour que nous puissions convenablement aimer Dieu, il fallait que d’abord Il nous rachetât, afin que l’Amour célébrât ses pacifiques triomphes sur nous et érigeât parmi les hommes le siège de son magistère. Un magistère donc d’humilité, de douceur et de condescendance, pour montrer par ces qualités la vérité de sa nature humaine, semblable à la nôtre, tandis que, par sa charité toute-puissante, Il exalte sa nature divine, consubstantielle au Père.

Le verset alléluiatique est emprunté à saint Matthieu, XI, 29, et il est, en quelque sorte, appelé par le second verset du graduel, où le Psalmiste décrit les caractères des futurs disciples du divin Maître. Maintenant c’est Jésus lui-même qui nous dit dans l’Évangile : « Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi que je suis doux et humble de Cœur et vous trouverez la paix pour vos âmes ».

Paix, félicité et sainteté sont donc synonymes, car seuls les saints tarissent en eux-mêmes la source des inquiétudes de la vie, pour se désaltérer abondamment aux eaux de la joie, aux sources du Sauveur. Ce qui rend la vie pénible ne vient pas tant de la vie elle-même que de la fièvre de l’amour-propre qui nous fait trouver amer tout ce qui n’est pas conforme à notre goût.

Or, le remède qui guérit cette fièvre, c’est l’humble et entière sujétion au bon plaisir divin, selon le sublime modèle que nous offre le Cœur sacré de Jésus.

Aux messes votives après la Septuagésime, au lieu du graduel et du verset alléluiatique, on dit le trait (Ps. 102, 8-10) : « Le Seigneur est compatissant et indulgent ; patient et plein de bonté. Il n’est pas sans cesse à disputer, et il ne garde pas de continuelle rancune. Il ne nous a pas traités selon nos péchés, et il ne nous a pas payés comme le méritaient nos iniquités ».

La raison intime de cet excès de miséricorde envers nous, alors que c’est sur Lui seul que la justice s’est exercée par la satisfaction rigoureuse qu’il a donnée à la divine Majesté au moyen de sa terrible passion, c’est l’amour infini de Jésus.

Durant le temps pascal, au verset alléluiatique ci-dessus on ajoute : « Alléluia ». (Matth., XI, 28) : « Venez à moi, vous tous qui souffrez et êtes las, et je vous réconforterai ».

Jésus invite donc l’humanité tout entière à chercher un asile de doux repos dans son Cœur. Mais pourquoi sommes-nous tous tourmentés et las ? Saint Augustin nous le dit : à cause de notre vie mortelle elle-même, vie fugitive et sujette à de nombreuses tentations, où nous portons le trésor de la foi dans le vase fragile de notre humanité. Une telle condition nous afflige, mais la douce invitation de Jésus nous console. Il est même vain, en ce monde, d’espérer un autre réconfort, car, comme le dit fort bien un antique logion évangélique, rapporté par Origène et par Didyme l’aveugle : « Celui qui s’approche de moi s’approche du feu, tandis que celui qui s’éloigne de moi s’éloigne du royaume ». Cette parole d’or, prononcée par le divin Sauveur, et qui nous a été transmise par la tradition des Pères, garantit par sa beauté même son authenticité, et paraît bien digne d’être jointe à l’autre logion qui nous a été conservé par saint Paul : « Jésus a dit : Il est meilleur de donner que de recevoir ».

La lecture évangélique est empruntée à saint Jean (XIX, 31-37) et décrit, avec le brisement des jambes des deux larrons, l’ouverture du côté de Jésus mort. De cette blessure jaillirent le sang et l’eau, pour symboliser les sacrements dans lesquels l’Église naît et est nourrie. C’est le Nouveau Testament dans le sang. Jean, qui exerce à la fois les fonctions d’écrivain et de témoin, veut montrer aux fidèles la continuité du plan divin dans l’ancienne et dans la nouvelle alliance, et cite dans ce but les prophéties qui reçurent leur accomplissement sur le Golgotha après la mort de Jésus.

On ne devait briser aucun des os de l’Agneau pascal, parce que l’immolation de la Victime divine ne fut pas suivie de la décomposition de son corps dans le tombeau, mais au contraire de la gloire de la résurrection. De plus, bien que Jésus dans la sainte Communion soit pris en nourriture par les fidèles, il n’est pas consommé pour cela. Nec sumptus consumitur [62], et l’Agneau, même après que les fidèles s’en sont nourris, demeure vivant, glorieux et entier.

Il existe aussi une autre prophétie (Zach., XII, 10) à laquelle se réfère plusieurs fois saint Jean : Les peuples contempleront Celui qu’ils ont transpercé.

Le caractère de cette vision du Cœur transpercé de Jésus varie suivant les dispositions de celui qui le regarde. Pour les impies, au jugement dernier, la vision de ce Cœur aimant et qu’ils n’ont pas aimé, bienfaisant, et pour cela méprisé, sera le sujet d’une affreuse terreur ; tandis qu’au contraire les bons, en voyant ce Cœur rayonnant des flammes de la charité, gage et monument perpétuel d’une miséricorde infinie, sacrement et signe sensible de l’amour divin éternel et invisible, se sentent brûler d’amour, mettent en lui toute leur espérance, et établissent en lui leur mystique demeure.

Le passage de l’Évangile lu en ce jour a été commenté avec élégance par Paulin d’Aquilée (+ 802) :

Quando se pro nobis sanctum

Fecit sacrificium,
Tunc de lateris fixura
Fons vivus elicuit ;
De quo mystice fluxerunt
Duo simul flumina :
Sanguis nam redemptionis
Et unda baptismatis.
L’antienne pour l’offertoire est la même qu’au dimanche des Rameaux (Ps. 68, 21). « L’opprobre et la douleur me brisent le Cœur. J’attendais la compassion, et il n’y en eut point ; quelque consolateur, et je ne l’ai pas trouvé ».

Beaucoup plus atroces que les souffrances physiques furent les peines morales endurées par le Sauveur durant sa passion alors que, s’étant chargé du poids des fautes des hommes, et ayant été condamné à mort par le Sanhédrin, il demeura comme écrasé sous l’angoisse de la malédiction lancée par Dieu le Père contre le péché.

Quel déchirement dans ce Cœur ! Même alors, il est vrai, son âme jouissait de la claire vision de Dieu qu’il contemplait, mais en même temps, il voyait ce Dieu si bon et si aimable offensé de mille manières par les hommes, ses frères cadets. Il sentait que le péché avait dressé comme une muraille entre le Créateur et la créature, c’est pourquoi, en vertu d’un juste jugement de Dieu, son humanité, abandonnée aux outrages, aux tourments et à la mort ignominieuse de la Croix, entonna le mystérieux cantique : Heli, Heli, lamma sabacthani [65].

En souffrant pour nous, Jésus a voulu que nous nous assimilions à notre tour sa Passion bénie, la revivant par la foi et par les œuvres de la mortification chrétienne. C’est là le soulagement et la consolation qu’il demande dans le psaume 68. Il lui faut des âmes. Aujourd’hui encore, il veut des âmes victimes, qui, avec Lui, portent le poids de l’expiation des péchés du monde. Mais hélas ! Qu’elles sont rares ces âmes entièrement vouées à l’immolation et à l’expiation !

Aux messes votives durant le temps pascal, cette antienne si mélancolique de l’offertoire est remplacée par la suivante qui exalte au contraire l’excellence du sacrifice du Christ sur toutes les oblations de l’Ancienne Loi : (Ps. 39, 7-9) : « Tu ne demandes ni holocauste ni oblation ; alors je dis : Voici que je viens. Dans un livre il m’est prescrit de faire ce qui te plaît, ô mon Dieu, mon bien-aimé, et ta loi est gravée dans mon Cœur. Alléluia ».

Les sacrifices de l’Ancienne Loi cessèrent de plaire à Dieu quand arriva enfin la plénitude des temps, où devait être accompli ce que ces anciens rites ne faisaient qu’annoncer. Alors vint le Verbe incarné, pour offrir un holocauste qui seul était digne de Dieu. Et comme toute offrande doit toujours s’accomplir selon un cérémonial et un rite agréable à la Divinité, Jésus vécut et s’immola durant trente-trois années conformément à ce que le Père éternel avait prescrit pour Lui dans les Livres saints de l’Ancienne Alliance.

La prière précédant l’anaphore est la suivante : « Ayez égard, Seigneur, à l’ineffable charité du Cœur de votre fils bien-aimé, afin que notre oblation Vous soit agréable et expie convenablement nos fautes. Par notre Seigneur ».

Il est de nouveau fait allusion ici à la double signification de la solennité de ce jour. Avant tout, c’est une fête d’expiation envers l’Amour non aimé et méprisé ; et c’est pourquoi nous unissons notre amende honorable à ce même Amour qui, dans le Sacrifice eucharistique, expie pour nous.

En outre, c’est une célébration d’action de grâces et de triomphe du Cœur très saint de Jésus. Pour ce motif, nous offrons ce même Cœur eucharistique, afin que, perpétuant sur nos autels l’hymne d’action de grâces entonné jadis avec les Apôtres dans le Cénacle, — Tibi gratias agens [66], — l’Amour incarné et immolé soit Lui-même le remerciement de l’humanité à l’Éternel Amour.

Il faut noter avec une véritable satisfaction la tendance récente du Saint-Siège, à pourvoir les messes les plus insignes d’une préface propre. Après celle des défunts, de saint Joseph, du Christ-Roi, voici aujourd’hui celle du Sacré-Cœur de Jésus. On revient de la sorte à l’antique tradition latine, représentée surtout par les Sacramentaires romains, où chaque solennité avait sa préface. Actuellement la liturgie milanaise est seule demeurée fidèle à son antique tradition ; mais il faut espérer que, tôt ou tard, comme il advint sous Pie X pour le chant grégorien, Rome admettra de nouveau dans son missel ces anciennes et si belles préfaces des Sacramentaires dits de Léon le Grand, de Gélase Ier et de Grégoire le Grand, lesquelles, sans que l’autorité soit intervenue, se sont comme perdues dans les manuscrits durant les longs siècles du bas moyen âge. « … Vous qui avez voulu que votre Fils unique, encore suspendu à la Croix, fût transpercé par la lance du soldat, afin que son Cœur, sanctuaire des richesses divines, étant ouvert, il répandît sur nous des torrents de miséricorde et de grâce. Il avait vraiment toujours brûlé d’amour pour nous, mais c’est surtout alors qu’il prépara un tranquille refuge pour les bons, et que les pénitents virent s’ouvrir devant eux l’asile du salut. C’est pourquoi.. ».

L’antienne pour la Communion, conformément à la règle, est tirée de la lecture de l’Évangile (Ioan., XIX, 34) : « Un des soldats lui ouvrit le côté avec sa lance, et aussitôt il en jaillit du sang et de l’eau ».

La signification spéciale de ce sang et de cette eau nous est expliquée dans l’antienne suivante pour la Communion durant le cycle pascal (Ioan., VII, 37) : « Que celui qui a soif vienne à moi et qu’il boive. Alléluia ».

Comme le breuvage que nous prenons s’incorpore à nous et se change en notre sang, ainsi les trésors de la rédemption qui nous sont conférés dans les sacrements deviennent notre bien, notre patrimoine spirituel, en tant qu’ils nous unissent et nous incorporent mystiquement au Christ, qui est le Chef du Corps de l’Église.

Toutefois ces eaux d’éternelle rédemption sont promises seulement à celui qui en est avide, parce que la grâce de Dieu est offerte avec amour comme un don, mais n’est pas imposée violemment comme un enrôlement obligatoire. C’est pourquoi le saint cardinal André Ferrari disait fort justement aux petits enfants de Milan : Se sauve qui veut.

Après la Communion : « Que vos mystères sacrés, Seigneur, nous confèrent cette divine ferveur si nécessaire pour goûter la suavité de votre Cœur très doux ; afin que nous apprenions à mépriser les choses de la terre et à aimer celles du ciel ».

Quand on a une fois goûté Dieu, tous les biens créés deviennent insipides et fastidieux. Mais, pour goûter Dieu, nous avons besoin de ce don spécial de piété, qui, lui-même, est une grâce du Saint-Esprit. Il ne mérite pas, en effet, de goûter Dieu, celui qui cherche ses délices en dehors de Lui ; aussi la sainte liturgie demande aujourd’hui, fort à propos, ce don, après que la participation aux mystères de la mort du Seigneur a imprimé dans notre cœur les stigmates de la Passion de Jésus, nous consacrant ainsi à une vie de mortification et d’immolation.

Aux louanges du Sacré-Cœur, exprimées par les Pères de l’Église latine, nous ajouterons aujourd’hui celles de l’Église byzantine :

Ton côté qui apporte la vie,
Pareil à la source qui jaillissait de l’Éden,
Arrose Ton Église, ô Christ,
Comme un jardin spirituel.
Ensuite elle se divise
Comme d’un tronc unique, en quatre Évangiles.
Elle arrose le monde.
Réjouit la création ;
Elle enseigne aux peuples
A adorer ton règne avec foi.

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