La fête de Noël décalée au 8 janvier 2025
Cette année, la fête de l’Annonciation, le 25 mars, tombait en même temps que le Lundi Saint. Par conséquent, le 25 mars est reporté au 8 avril. A l’Annonciation, l’archange Gabriel annonce à la sainte Vierge Marie qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils Jésus. Message auquel elle répond “Fiat”. Et 9 mois après le 25 mars, le temps de gestation de l’Enfant-Dieu, nous fêtons la Nativité.
Aussi, comme la fête de l’Annonciation a été décalée au 8 avril, cette année la fête de Noël est décalée en conséquence au 8 janvier, pour conserver la durée de 9 mois entre les deux.
« C’est trop invraisemblable pour être faux. »
Baptisé il y a un an, dans la nuit de Pâques, l’humoriste Gaspard Proust témoigne dans le JDD :
Qu’est-ce que l’Évangile sinon la voie de la douceur ; une main toujours tendue vers un homme trébuchant sans cesse ? Un jour, un curé m’a demandé : « Pourquoi le Christ ? » Je lui ai répondu : « Parce que c’est trop beau pour ne pas être vrai. » J’aurais aussi pu dire : « Parce que c’est trop invraisemblable pour être faux. »
Le corps du petit Emile retrouvé samedi 30 mars dans le Haut-Vernet
Communiqué :
Les restes mortels du petit Emile viennent d’être retrouvés.
Si cette nouvelle déchirante était redoutée, l’heure est au deuil, au recueillement et à la prière.
Marie et Colomban savent désormais en ce dimanche de la Résurrection qu’Emile veille sur eux dans la lumière et la tendresse de Dieu.
Mais la douleur et le chagrin demeurent et ils demandent aux journalistes de respecter leur deuil en ne se présentant pas chez eux et en ne cherchant pas à les contacter.
Les enquêteurs continuent leur travail dans le nécessaire secret de l’instruction pour que puissent être découvertes les causes de la disparition et de la mort d’Emile.
Marie et Colomban tiennent à remercier l’ensemble de ceux qui les ont aidés et soutenus ainsi que les juges d’instruction et les enquêteurs pour leur travail, leur professionnalisme, leur engagement personnel et leur humanité qui leur ont été d’un très grand réconfort ces derniers mois et en particulier en ce jour.
Il n’y aura pas d’autres déclarations.
Jérôme Triomphe
Avocat des parents d’Emile SOLEIL
Baptême d’adultes : la renaissance de Pâques
Dans En quête d’esprit, Aymeric Pourbaix reçoit :
- Axelle, jeune baptisée
- Abbé Éric IBORRA, vicaire à la paroisse Saint-Roch à Paris
- Frère Jean-Thomas de BEAUREGARD, dominicain
Terres de Mission Le Christ est vraiment ressuscité : preuves et témoignages
Eglise universelle : Pâques, le Christ est bien ressuscité !
Auteur d’un ouvrage d’apologétique : “Et si c’était vrai ? – La foi chrétienne à la loupe”, Frédéric Guillaud nous expose les raisons rationnelles de croire à l’historicité de la Résurrection du Christ. Cette Résurrection étant une réalité physique et non un mythe ou une image.
Eglise en France : Cabrini, un film d’Alejandro Monteverde
Le réalisateur de “Sound of silence”, Alejandro Monteverde, a réalisé un nouveau film qui est la biographie d’une religieuse italienne canonisée en 1946, première sainte américaine : Francesca Cabrini. Présenté par Louis Ponsignon, de Saje distribution, ce film, sobrement intitulé “Cabrini” nous conduit à la suite de cette fondatrice des sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus, à la fin du XIXème siècle, communauté originellement fondée pour porter assistance aux immigrés italiens aux Etats-Unis.
Eglise en Marche : La rose blanche. Des résistants chrétiens contre le nazisme
Guillotinés le 22 février 1943 à la prison de Munich aux âges respectifs de 21 et 23 ans, Hans et Sophie Scholl animaient depuis quelques mois le mouvement de résistance au nazisme : La rose blanche. Cette organisation regroupant de jeunes chrétiens, protestants et catholiques, concevait et diffusait des tracts dénonçant la barbarie du régime nazi. Auteur de “La rose blanche – Des résistants chrétiens contre le nazisme”, Henri Peter nous présente l’itinéraire spirituel de Hans et Sophie Scholl ainsi que la grande actualité de leur message contre toutes les formes de totalitarisme.
Ce n’est pas un mythe
De Gérard Leclerc dans France catholique :
[…] La foi dans le Christ mort et ressuscité ne se rapporte pas à un mythe religieux, si évocateur soit-il. Elle s’enracine dans le témoignage de ceux qui ont vu et dont l’existence a été bouleversée. Parmi eux, le cas de saint Paul est particulier, parce que sa rencontre sur le chemin de Damas intervient après l’événement de Pâques, du fait d’une attention dont il est le seul bénéficiaire. Contrairement aux spéculations de Nietzsche, la conversion du dernier des apôtres n’est pas issue d’un débat intérieur qui l’aurait amené à renier son attachement à la loi de ses pères. Elle est venue de la rencontre bouleversante du persécuteur des chrétiens avec celui qui répond à sa question : « Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus, celui que tu persécutes. » Cette gloire de Dieu sur la face du Christ s’est manifestée à lui d’une façon irrécusable. Et Paul ne cessera de le redire, comme aux Galates : « Sachez mes frères, l’Évangile que j’ai annoncé n’est pas à la mesure humaine : ce n’est pas d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par une révélation de Jésus Christ. »
Une espérance
L’apôtre des nations sait qu’il n’est pas le premier à avoir reçu cette révélation. Comment oublier que le premier témoin de la Résurrection est une femme ! Marie-Madeleine, ce personnage prodigieux dans l’Évangile, dont Jésus a dit que la postérité garderait toujours la mémoire (Mc 14, 9). Et le chant liturgique si beau du Victimæ paschali laudes le fait retentir dans les cœurs : « Dis-moi Marie ce que tu as vu en chemin… J’ai vu le tombeau du Dieu vivant et la gloire du Ressuscité. »
Avant Paul, Marie-Madeleine est donc à l’avant-garde des témoins de ceux qui ont transmis une espérance qui ne cesse de transformer la face du monde. Car la mort est vaincue. Christ est ressuscité !
Pâques : Dominica Resurrectionis
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des pièces grégoriennes. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Les chants la messe du Dimanche de Pâques vont exprimer l’allégresse des nouveaux baptisés, et plus généralement l’action de grâce des rachetés. Cependant, c’est seulement dans le Graduel et l’Alléluia que cette joie va éclater.
De tempore paschali : Le temps pascal s’étend du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none du samedi dans l’octave de la Pentecôte, inclusivement.
Ce temps liturgique comprend :
- tempus Paschalis, le temps de Pâques, qui court du début de la messe de la vigile pascale jusqu’à none de la vigile de l’Ascension, inclusivement.
- tempus Ascensionis, le temps de l’Ascension, qui commence aux Ires vêpres de l’Ascension et se poursuit jusqu’à none de la vigile de la Pentecôte, inclusivement
- octavam Pentecostes, l’octave de Pentecôte, qui part de la messe de la vigile de Pentecôte et va jusqu’à none du samedi suivant, inclusivement
Introït : Resurrexi
L’Introït du Dimanche de Pâques surprend par sa douceur et sa mélodie en demi-teinte. Ici nous sommes au ciel et c’est le Christ ressuscité qui s’adresse à son Père, lui exprimant de manière très intime son bonheur de le retrouver et sa reconnaissance :
Resurrexi et adhuc tecum sum. Posuisti super me manum tuam. Mirabilis facta est scienta tua.
Je suis ressuscité et je suis toujours avec vous. Vous avez mis sur moi votre main, votre sagesse s’est montrée merveilleuse.
Ce texte est formé de trois versets du psaume 138, qui ne se suivent pas dans le psaume et ont été réunis ici. Mais dans le psaume il n’est pas question de résurrection ; il chante la présence universelle de Dieu, toujours auprès de nous, qui connaît toutes choses et qui nous guide. Le début de psaume est chanté comme verset de cet Introït :
Domine probasti me et cognovisti me, tu cognovisti sessionem meam et resurrectionem meam.
Seigneur vous m’éprouvez et vous me connaissez, vous savez quand je me couche et quand je me lève.
Mais en ce Dimanche de Pâques ces paroles doivent être mises dans la bouche du Christ ; Sessionem meam et resurrectionem meam ce n’est plus seulement le coucher et le lever, c’est la mort sur la croix et la résurrection, et le mot resurrexi prend tout son sens. Le mot adhuc (encore, toujours), c’est l’éternité bienheureuse, où le Fils retrouve son Père après avoir accompli sa mission sur la terre, mission dans laquelle la main de Dieu l’a toujours guidé, et où sa sagesse infinie s’est vraiment montrée admirable.
Comme dans tous les chants du temps pascal ce texte est ponctué d’Alléluias à la fin de chaque phrase. La mélodie presque immobile et immatérielle est vraiment céleste. La joie et l’amour qu’elle exprime transcendent tous les sentiments humains.
Graduel : Hæc dies
A partir de dimanche prochain, et durant tout le temps pascal, le Graduel sera remplacé par un Alléluia ; il y aura donc à la messe deux Alléluias qui se suivent. Mais en ce dimanche de Pâques et durant toute la semaine, il y a encore un Graduel, dont la première partie est reprise chaque jour ; elle est également chantée à la place de l’hymne à toutes les heures de l’office. C’est vraiment le refrain de la fête de Pâques exprimant la joie inépuisable des chrétiens :
Hæc dies quam fecit Dominus, exultemus et lætemur in ea.
Voici le jour que le Seigneur a fait, passons-le dans la joie et l’allégresse.
Ce texte est un verset du psaume 117, le grand cantique pascal d’action de grâces, dont nous trouvons le début dans la deuxième partie du Graduel :
Confitemini Domino quoniam bonus, quoniam in sæculum misericordia ejus.
Louez le Seigneur car il est bon, car sa miséricorde est éternelle.
La mélodie de ce Graduel est une mélodie type que nous avons déjà souvent rencontrée, et dont les vocalises souples et légères conviennent parfaitement pour exprimer la joie de Pâques. Elle comporte en plus quelques formules particulières, et surtout dans la deuxième partie, sur les mots quoniam bonus, une grande envolée vers l’aigu d’un enthousiasme extraordinaire.
Alléluia : Pascha nostrum
En ce dimanche de Pâques nous retrouvons l’Alléluia, qui avait été supprimé durant le temps de la Septuagésime et du Carême, et remplacé par un Trait.
Le texte du verset de cet Alléluia est très court ; il est tiré de la première Épître de saint Paul aux Corinthiens qu’on lit en ce jour :
Pascha nostrum immolatus est Christus.
Notre agneau pascal qui a été immolé c’est le Christ.
Ici c’est la mélodie qui est reine et qui exprime la joie de Pâques avec exubérance. On notera toutefois un contraste entre l’Alléluia lui-même, qui reste encore grave et assez retenu, et le verset, surtout la grande vocalise du mot immolatus qui s’élève et plane dans les hauteurs avec une légèreté presque immatérielle.
Séquence : Victimæ paschali
À la fin du verset Pascha nostrum de l’Alléluia du dimanche de Pâques, on ne reprend pas le mot Alléluia comme d’habitude après le verset, car il est suivi d’une Séquence. C’est une des cinq séquences qui ont été conservées dans la liturgie romaine parmi toutes celles qui avaient été composées au Moyen-Âge.
Celle-ci date probablement du XIe siècle ; elle est entièrement syllabique et relativement courte puisqu’elle ne comporte que huit strophes. Le texte est une profession de foi en la résurrection au milieu de laquelle s’insère un petit dialogue très vivant entre les apôtres et Marie-Madeleine, et la mélodie en souligne parfaitement toutes les inflexions :
Victimæ paschali laudes immolent Christiani. Agnus redemit oves : Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.
Mors et vita duello conflixere mirando : dux vitæ mortuus regnat vivus.
Dic nobis Maria, quid vidisti in via ?
Sepulcrum Christi viventis, et gloriam vidi resurgentis : Angelicos testes, sudarium, et vestes. Surrexit Christus spes mea : præcedet suos in Galilæam.
Scimus Christum surrexisse a mortuis vere : tu nobis, victor Rex, miserere.
À la victime pascale les chrétiens offrent leur louange. L’Agneau a racheté les brebis : Le Christ innocent a réconcilié les pécheurs avec son père.
La mort et la vie se sont affrontées en un duel fantastique : le maître de la vie est mort, mais vivant il règne.
Dis-nous, Marie, qu’as-tu vu en chemin ?
J’ai vu le sépulcre du Christ vivant et la gloire du Ressuscité. – Les Anges ses témoins, le suaire et les linges. – Il est ressuscité le Christ, mon espérance : il précède les siens en Galilée.
Nous croyons que le Christ est vraiment ressuscité des morts, et vous roi victorieux ayez pitié de nous.
Offertoire : Terra tremuit
Après les débordements de joie du Graduel et de l’Alléluia, nous retrouvons dans l’Offertoire du dimanche de Pâques l’ambiance calme et contemplative de l’Introït. Et pourtant le texte est grandiose : il est tiré du psaume 75, qui est un chant d’action de grâces après une grande victoire due à l’action divine :
Terra tremuit et quievit dum resurgeret in judicio Deus.
La terre a tremblé, puis s’est tenue en repos lorsque Dieu s’est levé pour le jugement.
Dans le psaume, la terre c’est le pays et tous ses habitants, les peuples qui voulaient asservir le peuple d’Israël. Ils ont tremblé devant l’intervention divine puis se sont tenus en repos définitivement vaincus. En ce jour de Pâques il faut y voir également une allusion au tremblement de terre du vendredi saint, au repos du samedi saint, et à la résurrection qui a entraîné le jugement et la défaite définitive de l’ennemi infernal.
Dans les deux premières phrases, la mélodie part du grave et s’élève en un crescendo plein de mouvement, avant de redescendre d’une façon calme et paisible tout en restant dans une ambiance de joie intérieure et mystique. La troisième phrase est un Alléluia. Comme nous l’avons remarqué à l’Introït, les chants de ce jour sont ponctués d’Alléluias, mais ils sont généralement courts. Celui-ci au contraire est assez long ; il se déroule avec souplesse et sans grands intervalles, comme une vision extatique qui ne veut pas finir.
Communion : Pascha nostrum
Nous retrouvons dans la Communion du dimanche de Pâques, le texte de saint Paul d’où était tiré le verset de l’Alléluia, mais ici la citation est plus longue :
Pascha nostrum immolatus est Christus : itaque epulemur in azimis sinceritatis et veritatis.
Notre agneau pascal qui a été immolé, c’est le Christ : aussi festoyons avec les azymes de la sincérité et de la vérité.
Dans le contexte, saint Paul oppose ces azymes, c’est-à-dire ces pains sans levain, de sincérité et de vérité, au vieux levain de malice et de fourberie. C’est le symbole de la vie nouvelle à laquelle nous sommes nés dans la fontaine baptismale, rejetant toutes les œuvres mauvaises dont nous avons été lavés par le sang de l’agneau. C’est cette joie et cette pureté de nouveau-né qu’exprime la mélodie d’une simplicité, d’une fraîcheur et d’une légèreté délicieuses.
Exultet !
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La Semaine sainte s’achève normalement par la Vigile pascale célébrée dans la nuit même de la Résurrection. Inaugurée dans l’enthousiasme en 1951, la Vigile pascale sombre, hélas, aujourd’hui dans l’indifférence ; elle a disparu de nombreuses églises et même de certaines cathédrales… Raison de plus pour vous l’exposer et la faire revivre ! Et tout particulièrement l’Exsultet, longue prière chantée au tout début de cette Vigile.
Après la triple exclamation : Lumen Christi ! Deo gratias, qui salue le cierge pascal, symbole du Christ ressuscité, le diacre (ou le prêtre) chante l’invitation à la joie de la Résurrection. C’est le diacre qui en est chargé, dans la pénombre, au pied du Cierge pascal. Ce faisant, il commence par s’adresser à la foule afin qu’elle entre dans la prière, ce qui classe ce chant dans la catégorie des exordes, qui sont des discours d’entrée en matière destinés à capter l’attention.
La longueur de la pièce est exceptionnelle et son style syllabique (quasiment une syllabe par note) la rend comparable au chant de l’Évangile, ce qui se vérifie aussi au plan liturgique puisque le diacre demande la bénédiction du prêtre avant de chanter.
De tous les récitatifs liturgiques, l’Exsultet est celui où le lyrisme atteint sa plus haute puissance d’expression. Le fond n’est rien d’autre que le chant solennel de la Préface. Mais, sans jamais nuire à la ligne mélodique ni à la sobriété du ton primitif, l’artiste qui a conçu ce chef-d’œuvre a su introduire des variantes, la plupart du temps minimes, mais suffisantes à traduire la nuance de solennité ou de joie voulue.
L’Exsultet proprement dit est suivi d’une longue Préface, introduite par le dialogue habituel, qui chante toute l’histoire de la chute et de la Rédemption que symbolise le contraste entre la nuit et la lumière. Oui, Jésus a acquitté à son Père la dette contracté par Adam ; il a délivré son peuple de la servitude d’Égypte ; il a brisé les liens de la mort et il sort victorieux de son tombeau !
Le style musical est donc dépouillé à l’extrême, loin de la richesse habituelle du chant grégorien. La récitation sur une note relativement haute confère au diacre un rôle d’animateur, puisqu’il incite l’assemblée à méditer et prier, et convient à sa situation, face à la flamme du Cierge pascal, donc face à la lumière du Christ pour l’instant encore ignorée par le monde.
O admirable condescendance de la bonté divine ! Pour racheter le serviteur coupable, Dieu a sacrifié son propre Fils ! O péché d’Adam, en quelque sorte nécessaire puisque racheté par la mort du Fils de Dieu. Et la sublime Liturgie, perdant la tête dans l’excès de son enthousiasme, va jusqu’à s’écrier : O felix culpa quæ talem ac tantum méruit habére Redemptórem ! O heureuse faute, qui nous a mérité d’avoir un tel, un si grand Rédempteur ! Ce qu’il nous faut traduire : O ineffable amour, qui d’un si grand mal a su retirer un merveilleux remède !
La Vigile pascale se poursuit ensuite avec la lecture de la création du monde en Genèse 1,1-31 et 2, 1-2, comme pour remettre toute chose à sa juste place. Car alors que nous étions chassés du Paradis originel, que le récit biblique nous rappelle, la victoire du Christ sur la mort nous ouvre les portes d’un Paradis incomparablement supérieur à l’ancien.
Les 4 phénomènes inexplicables du linceul de Turin
Dans son numéro de Pâques, Paris Match consacre sa Une au Saint-Suaire de Turin avec notamment un entretien avec Jean-Christian Petitfils. Extraits :

[…]

Le blasphème de Joe Biden pour Pâques
Après avoir convoqué un gala de levée de fonds le soir du Jeudi Saint avec tout le gratin pro-avortement, le catholique-Joe-Biden a proclamé le dimanche de Pâques, Résurrection de Jésus-Christ, « Journée de visibilité transgenre ».

Parallèlement, la Maison Blanche a interdit aux enfants de proposer des œufs de Pâques à thème religieux lors de l’événement annuel organisé pour les familles de militaires. La tradition du Easter Egg Roll a lieu lundi dans le cadre d’un événement qui remonte à 1877. Cette année, la tradition du lancer d’œufs de Pâques est axée sur la “célébration de nos familles militaires” et comprendra la présentation d’œufs aux motifs festifs peints par les enfants des troupes de la Garde nationale. Toutefois, les familles de la Garde nationale qui participeront à l’événement traditionnel ne verront pas leurs dessins pris en compte s’ils comportent un “contenu douteux”, notamment des “symboles religieux, des thèmes ouvertement religieux ou des déclarations politiques partisanes”.
Saint Dismas, le bandit crucifié et sauvé
Aymeric Pourbaix reçoit le Père Jean-François THOMAS :
Démission du proviseur du lycée Ravel : le phénomène Attal s’est déjà dissipé
Emission Face à Philippe de Villiers sur CNews :
“Libre réponse à Michel Onfray – NON le Christ n’est pas un mythe” de Matthieu Lavagna – Pourquoi ce livre est incontournable !
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Pourquoi ce livre est incontournable ?
Matthieu Lavagna ne se contente pas de répondre aux thèses parfois farfelues de Michel Onfray, il lance une contre-attaque fulgurante contre toutes les assertions anti-chrétiennes, colportées depuis des décennies. Armé de faits, il avance les preuves historiques avec une logique sans faille.
Et en ces temps de relativisme, il est de notre devoir de chrétiens de nous former aux arguments solides nécessaires à la justification de notre foi. Ce livre préfacé par Jean-Christian Petitfils, qui se dévore comme un roman, balaie les calomnies sur les croisades, sur le rôle du Vatican pendant la Shoah, sur la politique africaine de Jean-Paul II… C’est un appel à se réapproprier l’histoire de l’église avec confiance et fierté !
Jean-Christian Petitfils nous donne un aperçu de ce travail remarquable et dans une belle préface :
On peut difficilement reprocher à Michel Onfray de manquer de suite dans les idées, même si, parfois, elles sont franchement creuses ! Reprenant une thèse déjà exposée dans son Traité d’athéologie (2005), puis dans Décadence, vie et mort du judéo-christianisme (2017) et dans Anima (2023), voici qu’il vient de récidiver dans sa Théorie de Jésus, biographie d’une idée, parue en novembre 2023. Non, il n’en démord pas, le personnage historique de Jésus de Nazareth n’a jamais existé ! Ce ne serait qu’un être fictif, symbolique, fantasmé, mythologique, créé « par truquage intellectuel », à partir de l’attente messianique des Hébreux et de quelques passages de l’Ancien Testament. « Notre civilisation tout entière, écrit-il dans Décadence, semble reposer sur la tentative de donner un corps à cet être qui n’eut d’autre existence que conceptuelle. » Jésus ? Un simple Père Noël, clame-t-il, en provocateur patenté, dans sa Théorie de Jésus. Par voie de conséquence, le christianisme, religion de l’incarnation d’un Dieu fait homme, mort sur la croix pour le salut de l’humanité pécheresse, devrait s’écrouler comme un château de cartes.
Quelques auteurs avant lui – Charles-François Dupuis à la fin du XVIIIe siècle, David Friedrich Strauss, Bruno Bauer au XIXe siècle, Arthur Drews, Prosper Alfaric ou Paul-Louis Couchoud au début du XXe siècle –, qu’on désigne sous le nom générique de « mythistes », s’étaient déjà aventurés dans cette voie irrationnelle et sans issue, sous le regard affligé des authentiques chercheurs – universitaires, historiens, biblistes, exégètes ou archéologues –, qu’ils fussent chrétiens, juifs, agnostiques ou libres-penseurs. Déjà en 1827, six ans après la mort de l’Aigle à Sainte-Hélène, pour se moquer de ceux qui niaient l’existence de Jésus, et notamment du très sceptique Charles-François Dupuis, auteur d’une Origine de tous les cultes (1795), le bibliothécaire de la ville d’Agen Jean-Baptiste Pérès avait publié une satire intitulée Comme quoi Napoléon n’a jamais existé. Le vainqueur d’Austerlitz ne serait en effet qu’une personnification allégorique du Soleil ! Canular bien mérité ! À la vérité, ce qui était déjà une opinion insoutenable au temps des premiers mythistes devient absurde et loufoque au XXIe alors que des progrès considérables ont été accomplis dans la quête du Jésus de l’Histoire.
Ce qui frappe dans la théorie d’Onfray, condensé de clichés éculés et de raccourcis simplificateurs, s’appuyant sur une bibliographie périmée, vieille d’au moins un siècle, c’est la méconnaissance profonde de l’exégèse moderne, qui a montré, par exemple, l’importance du pesher dans la critique néo-testamentaire, pratique consistant à actualiser les textes de la Bible ancienne afin d’y lire les paroles et les actes du Christ, c’est aussi l’ignorance totale des dernières découvertes archéologiques en Terre sainte, pourtant fort nombreuses et fort instructives. Un de ses arguments est de dire que le village de Nazareth, en Basse Galilée, ignoré de l’Ancien Testament, n’a jamais existé au Ier siècle : preuve imparable que Jésus de Nazareth lui-même n’aurait eu aucune existence réelle ! Qu’il se renseigne donc avant de proférer pareille fadaise sur les remarquables travaux de l’archéologue britannique Ken Dark, que celui-ci vient d’exposer en détail dans un livre paru cette année !
Professeur du christianisme ancien, normalien et ancien membre de l’École française de Rome, Jean-Marie Salamito avait déjà pointé en 2017 la prose belliqueuse, emplie d’élucubrations fébriles, d’un Michel Onfray totalement égaré par la passion antichrétienne et qui se déconsidérait lui-même en invectivant ses contradicteurs universitaires. « Ce livre, écrivait ce grand spécialiste des débuts du christianisme au sujet de Décadence, ne témoigne d’aucune compréhension, d’aucune sérénité, mais plutôt d’une lancinante hostilité, combinée avec d’innombrables ignorances. »
Conférencier, mathématicien, diplômé de philosophie et de théologie à l’Institut Docteur Angélique, auteur d’un brillant travail d’apologétique, Soyez rationnel, devenez catholique ! paru récemment, Matthieu Lavagna a repris l’ensemble du dossier dans le présent ouvrage, alignant posément, calmement, mais non sans vigueur intellectuelle, les arguments en faveur de la vérité historique. Son travail est clair, méthodique, exhaustif, convaincant. Il lui a fallu beaucoup de patience pour récuser une à une les accusations outrancières, caricaturales, falsificatrices, parfois délirantes, de Michel Onfray. L’auteur insiste sur sa stupéfiante pauvreté argumentaire, qui se contente d’aligner approximations gratuites, affirmations péremptoires et contre-vérités manifestes, utilisées comme autant de munitions de guerre afin d’anéantir le christianisme.
Indépendamment des sources chrétiennes (particulièrement l’Évangile d’un exceptionnel témoin oculaire, Jean), Matthieu Lavagna montre naturellement que l’existence de Jésus se trouve attestée par plusieurs sources extérieures au christianisme extrêmement fiables : Tacite, ancien gouverneur de la province d’Asie, Pline le Jeune, proconsul de Bithynie au début du IIe siècle, Suétone, chef du bureau des correspondances de l’empereur Hadrien, etc. Un texte capital est celui d’un écrivain juif romanisé du Ier siècle, Flavius Josèphe, qui avait connu à Jérusalem les premières communautés chrétiennes : il parle d’un « sage » nommé Jésus qui fit un grand nombre d’adeptes. « Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples continuèrent de l’être. Ils disaient qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant : ainsi, il était peut-être le Messie au sujet duquel les prophètes ont raconté des merveilles » (texte débarrassé des interpolations chrétiennes, trouvé dans les écrits de l’historien Agapios de Manbij).
Réceptacle des anciennes traditions juives, le traité Sanhédrin du Talmud de Babylone évoque également son nom : « La veille de la Pâque, on pendit (à la croix) Yeshû ha-notsri (Jésus le Nazaréen) parce qu’il a pratiqué la sorcellerie, a séduit et égaré Israël. » Il aurait été tellement plus facile aux rédacteurs juifs de dénoncer, à la manière d’Onfray, l’inexistence de ce personnage encombrant ! Même le philosophe platonicien Celse (IIe siècle), impétueux polémiste qui exécrait le Christ, ne contestait nullement son existence historique.
Dans sa détestation du christianisme, Onfray ne se contente pas de nier l’existence terrestre de Jésus ou de piétiner la crédibilité historique des Évangiles canoniques, il accuse ce Jésus mythique d’être antisémite et – on mesurera l’énormité ! – le précurseur d’Adolphe Hitler quand il chasse à coups de fouet les marchands du Temple : « Comment, écrit-il dans Décadence, ne pas songer que ce Christ-là annonce Hitler qui se donne pour tâche lui aussi de chasser les marchands du Temple, juifs, afin de réaliser la parousie d’un Reich millénaire ? » Ahurissant ! Pitoyable ! Complètement hors sol !
Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, le polémiste soumet saint Paul à une psychanalyse de bazar (névrose, haine du corps, de la sexualité, passion pour la mort), écrase de sa morgue les Pères de l’Église aux raisonnements pourtant si pénétrants, accuse le Vatican d’antisémitisme systémique, accable Pie XII d’être un pape nazi (alors qu’aujourd’hui certains en Israël réclament pour lui le titre de « Juste parmi les nations » pour avoir sauvé avec discrétion de nombreuses vies juives !), et reprend naturellement, sans nuance ni bien entendu rigueur historique, tous les clichés éculés de la légende noire : les croisades, l’Inquisition, la misogynie de l’Église, sa complicité avec la colonisation et l’esclavage, sa persécution de la science depuis l’affaire Galilée…
Il va jusqu’à affirmer que la croyance religieuse – oui, vous avez bien lu, toute croyance religieuse ! – relève de la « pathologie mentale », sans pour autant d’ailleurs être capable d’esquisser la moindre argumentation philosophique contre l’existence de Dieu. Ses charges sont d’une violence d’autant plus inouïe qu’elles ne sont étayées par aucune construction intellectuelle. Nul doute que s’il suffisait d’alterner allégations douteuses et invectives venimeuses, Michel Onfray serait un grand philosophe, reconnu non seulement dans l’univers médiatique où il excelle à se mouvoir, mais par les authentiques savants, historiens, biblistes et archéologues. Malheureusement, ses diatribes ne s’élèvent guère au-dessus de la prose de La Calotte, le journal de l’anticléricalisme primaire… »
Lisez donc le beau livre de Matthieu Lavagna, relisez-le, inoculez-le-vous, et à haute dose, tel un efficace contrepoison, Non, le Christ n’est pas un mythe !
Commandes sur LIVRES EN FAMILLE, vous y retrouverez les différentes recensions, critiques, vidéo d’argumentation et commentaires sur cet ouvrage.
Libre réponse à Michel Onfray – NON le Christ n’est pas un mythe, Matthieu Lavagna, Préface de Jean-Christian Petitfils, Editions Artège, 258 pages, 18.90€.
L’État islamique au Khorassan est une nébuleuse, une milice mercenaire à la disposition de différents acteurs
Daniel Dory, docteur en géographie, chercheur et consultant en analyse géopolitique du terrorisme, est interrogé dans Conflits, suite à l’attentat à Moscou. Extrait :
[…] Depuis la perte de son assise territoriale vers 2017, l’État islamique en déliquescence est devenu, tout comme al-Qaïda d’ailleurs, une sorte de force supplétive plus ou moins mercenaire. Et particulièrement dans le cas de la branche État islamique au Khorassan, qui est très clairement un instrument au service d’intérêts très peu islamiques, et comprend plutôt des gens qui font des attentats de type mercenaire (notamment en Iran…). Et puis maintenant ils apparaissent à Moscou.
Alors, qu’ils soient impliqués, il ne fait pas de doute. Qu’ils le soient via des acteurs tadjiks est déjà plus intéressant. Il y a des Tadjiks depuis très longtemps impliqués dans différentes entreprises de mercenariat plus ou moins terroristes dans la zone. En grande partie parce qu’il y a une minorité tadjike en Iran et que c’est donc utile pour déstabiliser ce pays. De la même façon que les services « occidentaux » ont gardé avec l’État islamique au Khorassan un moyen de nuire et donc de négocier avec les talibans ; c’est un caillou dans la chaussure que l’on maintient face au nouveau régime afghan.
Dans ce contexte-là, l’attaque de Moscou est à regarder avec une grande prudence. Que ce soient des Tadjiks liés à cette nébuleuse, parce que l’État islamique n’est pas un régiment d’infanterie prussien, mais plutôt une nébuleuse gluante et visqueuse comme une méduse, est significatif. Et que cette nébuleuse-là soit impliquée dans l’affaire de Moscou n’est pas douteux. De la même façon que des islamistes et des mercenaires liés à al-Qaïda ont été mis sur le front du côté ukrainien très tôt en 2022-23, avant d’être sans doute décimés par les gens de Wagner. Ils ont ensuite probablement été rapatriés vers la Turquie qui était leur point de départ. La Turquie, d’ailleurs, où au moins deux des terroristes de Moscou se trouvaient très récemment, selon des informations concordantes. Il est tout de même bon de rappeler que l’on est là sur du territoire OTAN.
Donc ça c’est le point important. Plus le battage médiatique de tous les moyens d’information et de désinformation « occidentaux », en commençant par les États-Unis, qui ont signalé quand les cadavres étaient encore chauds (là, au sens littéral), que ce n’était surtout pas les Ukrainiens qui avaient commandité l’attentat.
Alors que pour des attaques comme le Nord Stream, le 11 septembre, et une série d’attaques plus récentes comme les attentats de Paris, on a encore beaucoup de mal à comprendre vraiment les tenants et les aboutissants. Mais ici, l’idée que c’est l’État islamique, comme si l’État islamique était une entité hostile monolithique, est imposée à l’opinion publique dans une campagne qui ressemble beaucoup à de la désinformation tant que des faits solides ne seront pas présentés.
Est-ce que la situation actuelle de la guerre en Ukraine a profité aux groupes terroristes ?
Je ne pense pas que cela ait profité de façon décisive. Il est simplement vraisemblable qu’il y ait eu, dans le cadre des opérations clandestines, une utilisation des gens de la mouvance État islamique tadjik pour faire un coup. Et ces acteurs ont d’ailleurs été attrapés dans des circonstances bizarres. Parce que ça, c’est quand même aussi à signaler. Mais enfin, on les a capturés. Et le discours qu’ils tiennent, c’est qu’ils ont été payés ou qu’ils allaient être payés un demi-million de roubles [environ 5 000€] (ce qui n’est quand même pas très cher payé, pour faire cette tuerie) et qui ne correspond pas du tout avec le profil des djihadistes habituels de l’État islamique, qui généralement essayent de mourir sur place, et ne préparent pas de façon aussi évidente leur fuite. Donc ils ont un profil qui est typiquement mercenaire et différent du djihadiste pur et dur qui se bat pour autre chose qu’un demi-million de roubles.
Je voulais revenir avec vous sur l’organisation islamique au Khorassan. Quelles sont ses revendications et comment se profile son expansion territoriale ? Quel est son véritable projet?
C’est un groupe qui est destiné, comme je viens de le dire, à déstabiliser surtout les talibans et à permettre de négocier, par l’intermédiaire de la menace terroriste, des points sur lesquels les Occidentaux ont besoin de négocier. L’État islamique au Khorassan, c’est une entreprise multinationale dont on a beaucoup de mal à comprendre le lien avec l’État islamique “central”, dont les restes de résidus se trouvent principalement dans le nord-ouest de la Syrie, où les califes successifs ont été éliminés.
Et donc la situation est telle que l’on a beaucoup de mal, bien sûr, à cerner la réalité de l’État islamique au Khorassan. C’est-à-dire qu’il fait des attentats en Afghanistan, il fait des attentats en Iran, il en fait quelques-uns ailleurs, et c’est un faux-nez parfait. C’est par ailleurs une entité qui existe tout en étant nébuleuse, mais c’est un faux-nez parfait pour des opérations qui sont commanditées par différents États ou services, etc. Comme le terrorisme moyen-oriental en général.
C’est d’ailleurs une caractéristique du terrorisme moyen-oriental que d’être mis en œuvre par un ensemble de milices et de groupes qui dépendent de façon fluctuante de différents États qui les financent, qui les maintiennent en perfusion et qui les font disparaître le moment venu.
Là, on a affaire à une milice mercenaire qui est à la disposition de différents acteurs. Et donc, je pense que lorsque les services russes regardent vers l’Ukraine, ce n’est pas de la paranoïa ; cela relève du bon sens, mais ne veut pas dire que ce soit absolument vrai. En tout cas, c’est quelque chose qui présente une très grande probabilité. Et il y a des indications, des signaux faibles qui ont déjà été donnés depuis quelques semaines là-dessus, et que l’enquête en cours devra élucider. […]
L’Amérique va-t-elle lâcher l’Ukraine ?
D’Antoine de Lacoste pour Politique magazine :
Pour l’Amérique, seule l’Amérique compte. Les innombrables guerres auxquelles l’Empire a participé, qu’il a favorisées, soutenues ou déclenchées, doivent toujours être analysées sous ce prisme, assez naturel somme toute mais poussé à l’extrême. Toutefois, un second constat doit compléter le premier, l’Amérique ne sait que rarement comment conclure ses initiatives belliqueuses. Sans dresser ici la liste complète de ses guerres directes ou indirectes, il est intéressant, à travers quelques exemples, d’observer que l’Amérique semble très douée pour la phase initiale, beaucoup moins pour la phase finale.
La phase initiale c’est par exemple de voler au secours de la Corée du sud en 1950 alors qu’elle est agressée par la Corée du Nord communiste. A la tête d’une coalition internationale, les Etats-Unis vont fort bien réussir le début de leur guerre en bloquant les forces communistes. Mais, forte des soutiens soviétiques et chinois, l’armée nord-coréenne résista. La situation semblait figée et Washington mit fin au conflit. Un match nul dont on ne sait pas encore s’il correspondait au but de guerre initial.
La guerre du Viêt-Nam est plus emblématique. Le scénario coréen se transposa au Viet-Nam mais cette fois l’Amérique fut seule. Elle mit des moyens considérables dans ce conflit, portant le Sud-Vietnam à bout de bras et subit de nombreuses pertes. Pire, elle se livra à un de ses exercices favoris consistant à renverser le président en place, Ngô Dinh Diem, pour offrir le pouvoir à des militaires corrompus. Le peuple américain se lassa de cette guerre sans fin que Washington ne savait pas comment terminer. L’armée plia bagage en 1973 et le monde assista, sidéré aux chutes successives de Saïgon, Pnom-Penh et Ventiane. Le triomphe communiste était complet. Tout ça pour ça.
Des buts de guerre incompréhensibles
En Irak, la pièce se déroula en deux actes. En 1991, Sadam Hussein envahit le Koweit, croyant bénéficier d’un accord américain implicite après la guerre ruineuse déclenchée contre l’Iran à la demande de Washington. George Bush se fâcha et détruisit l’armée irakienne dans le désert. Sadam n’avait plus de chars mais resta au pouvoir. En 2003, George Bush junior décida de « finir le travail ». A la tête de l’OTAN, l’armée américaine envahit l’Irak et renversa facilement Sadam qu’elle laissa pendre. Mais une guérilla islamiste se déclencha, doublée d’une guerre civile entre sunnites et chiites. Daech (L’Etat islamique) était né et infligera plusieurs milliers de morts à la tendre armée américaine qui finit, là aussi, par plier bagages. Le pays était détruit, l’Amérique avait menti sur les armes de destruction massive de Sadam et quitta un Irak en pleine anarchie.
Cette guerre absurde fut un échec total. L’Amérique s’est ridiculisée et l’on se perd en conjectures sur la finalité de l’histoire. Mettre la main sur le pétrole irakien, détruire une menace potentielle pour Israël, instaurer le chaos pour mieux contrôler la région ? Peut-être un peu de tout cela à la fois en ajoutant le goût morbide de la guerre dont les néo-conservateurs ont fait leur doctrine. Une des têtes pensantes de ce brillant dossier, ce ne pouvait être George Bush junior, fut son vice-président, Dick Cheney. Il est intéressant de noter que sa fille Liz, quoique républicaine, est une ennemie acharnée de Trump. Cela lui a coûté son mandat mais elle poursuit sa croisade. Les néo-conservateurs n’aiment pas le seul président de l’après-guerre qui ne fut pas belliciste.
Les buts de guerre en Libye en 2011 sont encore plus incompréhensibles. Il est vrai que Washington n’était pas très emballé mais Nicolas Sarkozy et James Cameron forcèrent la main d’Obama par Hillary Clinton interposée. La Libye fut détruite, son dictateur assassiné comme il se doit et ce sont aujourd’hui la Russie et la Turquie qui tirent les ficelles d’un pays en plein chaos. Cette promenade militaire a permis en outre de créer une nouvelle route des migrations vers l’Europe, ce dont nous avions sans doute un besoin urgent. L’intervention américano-européenne en Libye demeure rationnellement inexplicable mais personne n’a émis le moindre regret. Pourquoi les Américains ont-ils voulu participer au renversement de Kadhafi avec qui ils s’étaient réconciliés ? Le mystère reste entier.
Dans la foulée des printemps arabes, si mal nommés, de 2011, c’est la Syrie qui va subir l’intérêt américain. Cette fois, pas d’intervention directe dans un premier temps. La CIA fut à la manœuvre pour aider les islamistes à renverser l’alaouite Bachar el-Assad. Les services secrets anglais, français et allemands participèrent à cette brillante stratégie anéantie par l’intervention russe de 2014.
Les buts de guerre américains étaient cette fois plus lisibles. Faute de pouvoir envahir l’Iran ou d’éradiquer le Hezbollah du sud du Liban, le renversement du régime alaouite (donc un peu chiite) aurait permis de rompre l’axe chiite est-ouest au profit du renforcement d’un axe sunnite nord-sud. La Qatar aurait pu faire passer un gazoduc terrestre à travers la Syrie puis la Turquie pour alimenter l’Europe. C’est pourquoi les islamistes furent largement financés par la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite où MBS n’était pas encore aux affaires. Bien sûr, le nouveau régime aurait été islamiste et les chrétiens massacrés, mais cela fait partie des « dégâts collatéraux » qui ne doivent pas entraver les intérêts de l’Amérique.
Depuis, les Américains occupent le nord-est de la Syrie confisquant les puits de pétrole pour les donner aux Kurdes. Trump trouva la situation si absurde qu’il ordonna au Pentagone de quitter la Syrie. Celui-ci refusa tout simplement d’obéir. Les méandres du pouvoir sont plus complexes qu’on ne le croit aux Etats-Unis (de moins en moins unis d’ailleurs). Accessoirement, l’armée américaine a construit une base au sud de la Syrie lui permettant, paraît-il, d’observer les mouvements entre l’Iran et le Hezbollah.
Que faire maintenant que l’allié islamiste a été vaincu ? Partir, c’est reconnaître la victoire russe, rester ne sert pas à grand-chose. Trump se fera peut-être obéir s’il est élu en novembre.
La touche finale fut afghane. Le sémillant Joe Biden ordonna en 2021 un départ précipité, sans préparation sérieuse, abandonnant du jour au lendemain ses alliés. L’armée afghane, entraînée depuis des années par les conseillers américains, s’effondra immédiatement. Ses cadres furent supprimés par les talibans revenus au pouvoir. Deux mille milliards de dollars pour ça.
Cette fois le Pentagone avait obéi à son président, probablement parce que c’est lui qui souhaitait sortir de ce bourbier sans fin. L’affaire ukrainienne allait arriver, sans compter le dossier chinois en cours de préparation. Il ne s’agissait plus de disperser son énergie.
Alors maintenant que l’armée russe prend le dessus en Ukraine et que la Chambre des représentants américain bloque toute nouvelle aide malgré les relances incessantes de Zelensky, quelle sera la décision de l’Empire ?
En annonçant à plusieurs reprises que l’Ukraine allait adhérer à l’OTAN, Washington, Antony Blinken en tête, savait que c’était la ligne rouge que la Russie ne pouvait accepter. L’Amérique a soigneusement préparé ce conflit qu’elle a voulu rendre inévitable. L’offensive ukrainienne en préparation dans le Donbass a été la touche finale d’un scénario très au point côté américain. Poutine est l’agresseur. Ensuite, la Russie envahira sûrement les pays baltes, la Pologne et pourquoi pas la France. L’Europe occidentale baisse la tête, demande pardon pour ses liens avec la Russie à qui elle n’achètera plus de gaz pas cher.
Donc tout allait bien. Mais l’économie russe ne s’est pas effondrée et son armée démontre que l’Ukraine ne gagnera pas. Tout ce qu’elle peut faire, c’est retarder l’inéluctable échéance au prix de pertes absurdes. Pire : l’armée russe a acquis une expérience unique et renforce son armement de façon impressionnante, au contraire de l’occident qui a vidé ses stocks et ne sait plus très bien quoi faire à part gesticuler comme Emmanuel Macron.
Alors que faire ? Une fois de plus, comment finir cette guerre ? Une fois de plus, partir ou rester dans un bourbier ? La réponse sera peut-être donnée en novembre ou peut-être un peu avant.
Antoine de Lacoste
Eric Zemmour tente de rassurer
Le Point annonçait une adversité entre Éric Zemmour et Marion Maréchal. Eric Zemmour a voulu rassurer son électorat :
« Il n’y a aucune concurrence ». « Nous sommes d’accord sur le fond, et c’est déjà essentiel »
Néanmoins, il confirme qu’il « peut y avoir des débats sur la stratégie, sur le tactique, sur ce qu’il y a à faire ».
Dans son enquête, l’hebdomadaire faisait référence à sa forte présence médiatique au détriment de la tête de liste du parti.
« Elle a toute l’autonomie qu’elle désire ». « J’ai connu beaucoup de chefs de parti qui ne soutenaient pas leurs lieutenants et qui les regardaient de loin en se disant : « S’ils perdent, chic ! chic ! on se frotte les mains », moi, je ne suis pas comme ça ».
Si Éric Zemmour reconnaît qu’il mène quand même des « débats animés » avec des échanges « parfois vigoureux » avec Marion, il souligne qu’il n’existe pas de concurrence :
« Évidemment qu’elle n’a pas la même liberté que moi par rapport à sa tante, au parti d’où elle vient ». « L’important, c’est le fond, et les désaccords que Marion Maréchal a avec le Rassemblement national sont aussi les miens ».
Le Point soulignait aussi les critiques à l’encontre de Sarah Knafo, la compagne de Zemmour. D’ailleurs sera-t-elle numéro 3 de la liste ? Affaire à suivre.
Le Général Lecointre recadre le débat sur la guerre en Ukraine
L’ancien Chef d’Etat major des Armées était interrogé par la commission de la Défense :
Vente d’une chasuble du pape saint Pie X
A l’occasion de l’importante vente d’objets liturgiques, l’Hôtel des ventes d’Alançon organise une conférence par Guy MASSIN LE GOFF, conservateur honoraire des Antiquités et Objets l’art de Maine-et-Loire, Fondateur de l’association Europea Thesauri, et grand spécialiste de l’art sacré et des objets liturgiques.
L’objet est uniquement culturel.

Concernant la vente du 6 avril, on y trouve cette pièce :
Porte un vélin gouaché aux armoiries de sa Sainteté Saint Pie X indiquant “Chasuble dont s’est servi notre très Saint père le pape Pie X durant l’année 1908”, cachet de cire aux chiffres du pape Saint Pie X. Provenance : Monastère des Sœurs de la Charité de Nevers, vente publique vers 1990. Émouvante et très importante relique de contact de sa Sainteté Saint Pie X et dépendant de son vestiaire personnel et porté à plusieurs reprises pour le Saint Sacrifice, offert par le très Saint père à la fois à l’occasion du jubilé d’or de son ordination ainsi que de l’anniversaire du cinquantenaire des apparitions de Lourdes. Évènement capital aux yeux du Saint père qui ainsi a voulu honorer la mémoire de Sainte Bernadette par ce présent inestimable.

Vendredi saint “in Parasceve”
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des pièces grégoriennes. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Les Impropères (première partie)
La liturgie du Vendredi saint est un sommet de l’année et les chants sont à la hauteur de l’événement commémoré. Voyons un des moments les plus importants, juste après l’Adoration de la Croix, les Impropères. Nous nous basons sur deux ouvrages édités par Solesmes : le Graduale Romanum de 1979 et le Missel grégorien de 1984. Les textes sont dans la langue de l’Église, le latin.
Les Impropères, en latin Improperia, du mot latin improperium, sont les « reproches » que le Messie adresse à son peuple ingrat qui, malgré toutes les faveurs accordées par Dieu, et en particulier pour l’avoir délivré de la servitude en Égypte et l’avoir conduit sain et sauf dans la Terre promise, lui a infligé les ignominies de la Passion. C’est un émouvant dialogue entre Dieu et le monde, entre le divin Crucifié et ceux qui le livrent au supplice.
A chaque fois, un bienfait de Dieu dans l’Exode est mis en contraste de façon saisissante avec un épisode de la Passion. Le texte est issu de l’Église syrienne antique (d’où la présence le la langue grecque) et a été conservé dans la liturgie romaine.
La 1ère partie commence par l’antienne Pópule meus, sur une mélodie plaintive, remontant à une haute antiquité. Il s’inspire du IVe Livre d’Esdras.
Pópule meus, quid feci tibi ? aut in quo contristávi te ? respónde mihi.
Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi.
Elle est suivie du verset :
Quia edúxi te de terra Ægýpti : parásti Crucem Salvatóri tuo.
T’ai-je fait sortir du pays d’Égypte pour qu’à ton Sauveur tu fasses une croix ?
Puis alternativement le chœur chante le Trisagion ou triple invocation au Dieu trois fois saint, en grec et en latin.
| Agios o TheosSanctus Deus Agios ischyrós Sanctus fortis Agios athánatos, eléison imás. Sanctus immortális, miserére nóbis |
Dieu SaintDieu Saint Saint et fort Saint et fort Saint immortel, ayez pitié de nous. Saint immortel, ayez pitié de nous. |
Ensuite deux voix du 1er chœur chantent :
Quia edúxi te per desértum quadragínta annis…
Est-ce parce que je t’ai conduit dans le désert pendant quarante ans, que je t’ai nourri de la manne et que je t’ai fait entrer dans une terre excellente que tu as préparé une Croix à ton Sauveur ?
Et les deux chœurs reprennent alternativement Agios o Theos, etc.
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Les Impropères (deuxième partie)
La seconde partie des Impropères (ou petits Impropères) se poursuit par des petits versets psalmodiés sur une mélodie très simple. C’est toujours Notre Seigneur qui s’adresse à son peuple, et chaque verset comporte deux phrases commençant par « ego » = moi et « et tu » = et toi, suivies par la reprise de l’antienne du début, Pópule meus, véritable refrain de tous ces Impropères, avec cette envoûtante mélodie, grave, triste, mais pénétrée de tendresse.
Dieu rappelle tous les bienfaits qu’il a accomplis et rappelle toutes les indignités dont il a été accablé. Les chantres de Solesmes n’ont retenu que 4 des 9 versets qui peuvent être chantés :
Ego propter te flagellávi Ægýptum cum primogénitis suis : et tu me flagellátum tradidísti.
J’ai frappé, à cause de toi, l’Égypte avec ses premiers-nés, et tu m’as livré pour être flagellé.Ego edúxi te de Ægýpto, demérso Pharaóne in Mare Rubrum : et tu me tradidísti princípibus sacerdótum.
Pour te tirer de l’Égypte, j’ai englouti Pharaon dans la mer Rouge, et tu m’as livré aux princes des prêtres.Ego ante te apérui mare : et tu aperuísti láncea latus meum.
Je t’ai ouvert un passage à travers les flots, et tu m’as ouvert le côté avec une lance.Ego ante te præívi in colúmna nubis : et tu me duxísti ad prætórium Piláti.
J’ai marché devant toi comme une colonne lumineuse, et tu m’as mené au prétoire de Pilate.
Joris-Karl Huysmans conclu :
Ce temps de la sainte quarantaine était, au point de vue liturgique, admirable ; la tristesse y allait grandissant chaque jour, avant que d’éclater en les lamentables impropères, en les douloureux sanglots de la Semaine sainte (Huysmans L’Oblat, t. 2, 1903, p. 42)
*****
La fonction liturgique de l’après-midi du Vendredi saint se poursuit avec l’antienne Crucem tuam, ancien chant byzantin :
Nous adorons votre Croix, Seigneur, et nous louons et glorifions votre sainte résurrection, car c’est par ce bois que la joie s’est répandue dans l’univers entier.
Puis c’est le début du verset du psaume 66 Deus misereátur nostri qui sera psalmodié avant la reprise de l’antienne :
Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, que la lumière de sa face brille sur nous et qu’il ait pitié de nous.
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Nous achèverons notre émission avec la dernière partie des Impropères qui commence par une antienne.
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis….
Croix fidèle, arbre unique, noble entre tous ! Nulle forêt n’en produit de tel par ses feuilles, ses fleurs et ses fruits !Dulce lignum, dulces clavos, dulce pondus sústinet.
Douceur du bois, qui d’un doux clou, porte un si doux fardeau.
Puis l’on chante l’hymne Pange língua gloriósi dont les paroles sont de Venance Fortunat, à ne pas confondre avec l’autre Pange língua que Saint Thomas d’Aquin composa pour la Fête-Dieu.
Pange, língua, gloriósi prœlium certáminis….
Chante, ma langue, le combat, la glorieuse lutte ; dis le noble triomphe du trophée de la Croix : le rédempteur du monde, immolé, est vainqueur.
On répète l’antienne Crux fidélis jusqu’à Dulce lignum.
Le créateur, attristé de l’égarement du premier père, précipité dans la mort en mordant le fruit néfaste, choisit lui-même un arbre pour réparer l’arbre de mort.
Puis la reprise se fait cette fois à partie de Dulce lignum.
Et l’on achèvera avec la conclusion qui ne doit pas être omise quand l’hymne est chantée.
En voici la traduction dans la version des moines de Solesmes :
Gloire et honneur à Dieu au plus haut des cieux, à la fois au Père et au Fils et au saint Paraclet : à qui est la louange et la puissance pour les siècles éternels.
Le Conseil interreligieux d’Ethiopie a publié une déclaration contre « la pression européenne » exercée sur le gouvernement à propos de l’homosexualité
Dans une déclaration publiée le 12 février, le synode permanent de l’Eglise orthodoxe Tewahedo d’Ethiopie a dénoncé « l’influence des pays occidentaux sur l’homosexualité ». Il a également demandé au gouvernement de ne pas céder à leur pression, afin de « protéger la société ».
Le synode rappelle que l’homosexualité est « inacceptable par Dieu qui a créé la sagesse du monde ». Ainsi, « totalement interdite par les livres saints » qui contiennent les messages divins, elle est également condamnée par « les règles de la psychologie ».
Elle « trouble l’équilibre mental et perturbe l’identité individuelle et les liens sociaux », affirme le synode qui souligne que l’homosexualité est interdite et considérée comme un crime par les lois du pays. Les personnes reconnues coupables d’homosexualité encourent, en effet, une peine de prison pouvant aller jusqu’à 15 ans.
Par ailleurs, le Conseil interreligieux d’Ethiopie a également publié une déclaration contre « la pression européenne » exercée sur le gouvernement à propos de l’homosexualité et manifestée à travers un accord de coopération économique de dix ans, signé en 2016, entre les pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) et l’Union européenne.
Certains passages de ce texte « contredisent les valeurs religieuses et culturelles du peuple éthiopien, ainsi que des phrases et articles bien connus des organisations et instances internationales ».
Ainsi l’expression « santé et droits sexuels et génétiques », mentionnée à l’article 36.2 de l’accord, est directement liée aux droits sexuels, au changement de sexe, à l’avortement, à l’éducation sexuelle universelle et à « la légalisation de l’adultère », précise le Conseil interreligieux.
Paris XX°, lycée Maurice Ravel : le proviseur menacé de mort s’en va
Bernard Antony, président de l’AGRIF, fondateur de Chrétienté-Solidarité, directeur de la revue Reconquête, ancien député au Parlement européen, communique :
Le proviseur du lycée Maurice Ravel à Paris voulait simplement faire appliquer la loi en exigeant d’une élève qu’elle retire son voile musulman.
Cette dernière avait refusé d’obtempérer et les menaces de mort proférées sur des réseaux dits « sociaux » mais propagateurs de la barbarie islamiste avaient déferlé contre le chef d’établissement.
Ce n’est pas hélas l’élève qui a été sanctionnée, comme cela aurait dû se faire immédiatement avec l’entier appui de madame Belloubet, ministre de l’Éducation nationale, et du premier ministre Gabriel Attal.
C’est le proviseur qui, ne voulant pas subir le sort d’un Samuel Paty ou d’un Philippe Bernard, a préféré sans attendre user de son droit à la retraite.
L’élève, ses coreligionnaires et ses parents triomphent. Et avec eux, tous les agitateurs islamistes et tueurs potentiels dans notre pays.
Quant aux syndicalistes de l’Éducation nationale, ils ne s’illustrent que par leur tiédeur. D’évidence, la paix et la sécurité dans l’Éducation nationale passent par un changement de gouvernement.
Pilate s’est-il converti ?
Extrait d’un entretien donné par Anne Bernet dans France catholique :

“En tant que personnes handicapées, nous savons que notre mort est toujours considérée comme « libératrice » par cette société qui nous considère comme des fardeaux”
L’avocate Elisa Rojas, elle-même atteinte d’un handicap, a été interrogée dans Politis à propos du projet de loi sur l’euthanasie. Extrait :
Les inquiétudes de nombreuses personnes handicapées et/ou malades concernant ce projet me paraissent des plus légitimes. Le problème avec « la fin de vie » ou « l’aide à mourir », c’est que l’on ne peut pas raisonner de façon abstraite autour de la liberté en faisant fi du contexte dans lequel s’inscrit un tel projet de loi. Sans égalité, il n’y a pas de réelle liberté de choix, quel que soit le domaine. Or nous vivons dans une société inégalitaire, marquée par des systèmes d’oppression qui hiérarchisent les vies, et en cours de fascisation. Une société dans laquelle, d’une part, les vies des personnes malades/handicapées ne valent pas cher et, d’autre part, l’accès aux soins publics et gratuits devient de plus en plus difficile.
Aujourd’hui, on prétend que l’aide active à mourir ne concernera que les personnes atteintes d’une maladie incurable au pronostic vital engagé, mais que se passera-t-il si la liste des personnes éligibles est étendue, comme cela a été fait dans plusieurs pays, à celles qui souffrent sans que leur pronostic vital soit engagé ? Comment s’assurer que des personnes malades, handicapées et marginalisées, lasses de se battre contre une société qui ne fait rien pour les soutenir, ne seront pas orientées vers ce dispositif qui leur présente la mort comme « solution » ?
En tant que personnes handicapées, nous savons que notre mort est toujours considérée comme « libératrice » par cette société qui nous considère comme des fardeaux. Les risques de dérives eugénistes que représente l’aide active à mourir ne sont pas hypothétiques. Il existe des précédents historiques, comme des exemples à l’étranger, qui n’ont rien de rassurant. Avant de se précipiter pour faciliter l’accès à la mort des personnes malades et/ou handicapées sous couvert d’humanisme, peut-être faudrait-il d’abord s’assurer qu’elles puissent vivre dans de bonnes conditions.
Justement, des voix se sont exprimées pour exiger une « vie digne » avant une « mort digne ». Comment définiriez-vous cette notion de dignité ?
Toutes les vies sont dignes, mais il y a des catégories sociales, telles les personnes handicapées, à qui les pouvoirs publics imposent des conditions de vie indignes en organisant leur dépendance, leur précarité, et en les dépossédant de leurs choix de vie. Ne pas donner aux personnes handicapées les moyens financiers, matériels et humains dont elles ont besoin pour être autonomes et vivre dans les meilleures conditions, c’est leur imposer délibérément des conditions d’existence dégradées. […]
Quand Hidalgo fait le ménage, c’est la province qui s’étouffe
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
La préparation de ces satanés JO n’est décidément pas une sinécure. Et si en plus, les petits maires de ces petites provinces nous mettent des batons dans les roues, ça devient franchement impossible, doit penser l’édile favorite des bobos parisiens, la pasionaria des barjots du vélib, trottinettes et autres coquetteries pseudo-écolos.
Et fluctuat nec mergitur… Pour l’instant, pour l’instant… La prochaine note budgétaire salée de cette folie sportive internationale financée aux frais de contribuables bien locaux risque d’en faire déchanter plus d’un. D’autant plus qu’elle se rajoutera aux problèmes récurrents de cet endettement colossal savamment (ou bêtement) engagé par une femme restée probablement encore à l’ère du “quoiqu’il en coûte”. Après tout tant que cela ne vient pas de sa poche, rien n’est trop beau pour le bon plaisir d’une élue dont le principal atout est d’arroser consciencieusement et généreusement toutes les associations dites sociales afin de mieux recueillir leurs votes. Certains appelent cela du clientélisme, d’autres de la corruption, j’avoue que je m’y perds un peu…
Pour que cet événement soit une fête forcément réussie, Paris étant pour une quinzaine de jours le nombril du monde et donc le centre de toutes les attentions, d’abord pour les sportifs venus glaner quelques médailles, ensuite pour les touristes en mal de sensation forte (ah le 9-3, ses tours, ses racailles…), enfin pour nos hommes politiques aussi espérant recueillir le maximum de capital sympathie mais pas pour les habitants parisiens instamment priés de faire bagage et d’aller voir ailleurs si l’olympisme y est, Madame Hidalgo et sa brillante équipe a tout prévu.
Paris sera une ville propre un point c’est tout. Plus d’ordures, plus de rats, des transports fluides, une Seine saine où il fera bon y plonger et nager parmi la faune aquatique au milieu d’oligo-excréments (pardon oligo-éléments) de toute sorte et cerise sur le gâteau, plus de migrants.
Parce que, voyez vous, tous ces gens, là, sales, hirsutes, mal fagotés (il ne porte même pas du Dior…), indigènes, ça fait quand même un peu tache dans le décor somptueux que nous réserve la tenancière du premier. Pas de “colors of Benetton”. On veut bien accueillir la misère du monde mais il ne faut pas que cela se voit. Faudrait pas déconner.
Aussi, l’air de rien, sans que cela n’émeuve forcément toutes ces personnes bien pensantes, trop occupées certainement à s’indigner du sort de ces pauvres gazaouis ou d’autres minorités (ça ne mange pas de pain), nos migrants à nous, ceux de la Porte de la Chapelle, de la place Stalingrad etc… se sont vus offrir un petit séjour en province. Tels des marchandises que l’on déplace d’un stock à l’autre ( ou du bétail), des navettes de bus ont été mises en place dans le but inavoué (ç’est moche sur le CV de la dame) de procéder à ce que d’aucun appelerait un “nettoyage social”. Au pays des droits de l’homme et du citoyen, franchement…
Plusieurs maires provinciaux, vous savez ces bouseux, ces loqueteux éloignés de la vraie vie parisienne se sont inquiétés de l’arrivée de plusieurs de ces convois de la mort sociale. «Orléans n’a pas vocation à accueillir la colline du crack de Paris», a prévenu M. Grouard, maire de la célèbre ville libérée du joug anglais par Jeanne d’Arc, selon lequel quelque 500 migrants SDF ont été transférés de la capitale vers sa ville depuis près d’un an sans en avoir été informé par les services de l’État. Bien vu. Mais pas entendu.
Des centaines d’êtres humains (car il s’agit bien de cela) seront donc évaporés, oubliés, masqués, humiliés, gommés du paysage dans le cadre d’un événement dont on nous rebat les oreilles tous les quatre ans pour bien souligner sa dimension de paix et d’amour dans le monde et ce pour le plaisir de quelques joueurs à la ba-balle millionnaires , de quelques essoufflés cardiaques de la performance survitaminée, de quelques affalés du canapé, la bière à la main devant leur dernière télé coins carrés oubliant un instant leurs vicissitudes quotidiennes certes mais aussi et surtout leur dignité et leur compassion envers leur prochain.
Abject
Amitiés patriotes
P.MAGNERON
PLACE d’ARMES INITIATIVES POUR LA DEFENSE DE LA FRANCE
Le cardinal Müller se joint à l’appel pour que les évêques américains excommunient Joe Biden
Le cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la doctrine de la Foi, a condamné le soutien apporté par le président américain Joe Biden à l’avortement, affirmant qu’il s’agissait d’un “infanticide” et que ceux qui en faisaient la promotion devraient être “excommuniés”. Le cardinal a fait ces commentaires dans un entretien avec LifeSiteNews à Rome :
[..] Le mot “avortement” est trop doux. En réalité, il s’agit d’un meurtre, du meurtre d’une personne vivante. Il n’y a aucun droit à tuer une autre personne. C’est absolument contraire au cinquième commandement. Le président, un politicien, qui se dit catholique – ou [comme] Poutine, qui se dit chrétien orthodoxe, [comme il] l’a dit dans le dialogue et l’interview avec Tucker Carlson, il a parlé du baptême de la Russie comme point de référence pour justifier ce qu’il fait maintenant, tuer des personnes innocentes en Ukraine – pour moi, c’est la même chose.
Il est absolument inacceptable que vous puissiez dire que vous êtes catholique et promouvoir et justifier le meurtre de personnes humaines, d’êtres humains [du] début dans le ventre de la mère, jusqu’à la dernière respiration [avec] l’euthanasie… Tuer des personnes malades, comme à l’époque nazie, c’est de l’euthanasie.
Il [Biden] pourrait être nominalement catholique, mais en réalité, c’est un nihiliste. C’est du cynisme, du cynisme absolu.
Les représentants de l’Église catholique et tous les catholiques, ainsi que de nombreux chrétiens protestants d’autres confessions en Amérique, obéissent à la parole de Dieu et savent et acceptent, comme tout le monde, les non-croyants, avec leurs propres raisons, qu’il n’est pas possible qu’un être humain ait le droit d’en tuer un autre. Il n’y aurait aucune base pour une quelconque morale, [ce serait] absolument la domination de la brutalité. Comme Hitler, j’aurais le pouvoir, je pourrais faire ce que je veux, je pourrais tuer tout le monde – c’est la même mentalité et le même comportement.
Il s’agit d’une conception païenne et nous devons rejeter ouvertement cette idéologie absolument meurtrière. Et ne pas faire de compromis en disant “oui, c’est un président et nous ne pouvons rien faire contre lui”. En d’autres temps, de telles personnes auraient été excommuniées. Autrefois, les papes et les évêques ne craignaient pas d’excommunier, comme saint Ambroise de Milan. Il a excommunié le bon empereur catholique Théodose parce qu’il avait tué à Thessalonique, dans certaines circonstances au théâtre, 7000 personnes, des innocents. Il [Ambroise] a refusé qu’il [Théodose] reçoive la Sainte Communion.
D’une part, l’empereur dispose aujourd’hui d’un pouvoir militaire qui a une signification publique. D’autre part, il n’y a qu’une seule personne, l’évêque, sans armes, mais avec l’arme de la vérité et de la parole de Dieu.
Il s’est levé et nous devrions également nous lever et, sans regarder les conséquences pour nous, nous devons nous lever et ouvrir la bouche pour les personnes innocentes et pour protéger leur vie. Saint Jean-Baptiste a dit à Hérode : “Il ne t’est pas permis de prendre la femme de ton frère pour en faire ta propre femme”. Il ne t’est pas permis de tuer des personnes ou de justifier [cela], d’ouvrir la législation comme si elle était légale ou légitime. Tuer les gens n’est pas une forme de régulation des naissances et autres, mais il est absolument immoral de tuer d’autres personnes.
Et aujourd’hui, tout le monde occidental, les dirigeants occidentaux, la grande majorité des dirigeants occidentaux, y compris en Allemagne et en France, ont perdu leur crédibilité en accordant le droit de tuer leur peuple. Ils ne peuvent pas, d’une part, protester contre le meurtre d’innocents en Ukraine et, d’autre part, autoriser le meurtre de leurs propres enfants.
La mère n’a pas le droit de tuer son propre enfant, mais la mission d’une femme et d’une mère est de protéger. Où est l’enfant ? Il n’est pas dans la maison du chien. Il est dans votre ventre, dans votre corps. Il est arrivé par l’amour de votre mari, dans le cas idéal. Mais aussi dans les autres cas – la génération de l’enfant en dehors du mariage – mais l’objectif est concrétisé par Dieu. Dieu est le créateur de tous les corps et nous, les humains, ne sommes que les administrateurs de la bonne volonté de Dieu. Nous devons prendre soin des enfants, des jeunes, des personnes âgées parce que nous ne pouvons pas distinguer ou séparer l’amour de Dieu pour nous et notre amour pour Dieu, de notre amour pour notre prochain et de l’amour de notre prochain pour nous.
Votre Éminence, vous avez mentionné qu’auparavant, de tels dirigeants politiques ou personnalités publiques auraient été excommuniés. Je sais qu’une pétition circule actuellement parmi les catholiques américains pour que les évêques américains fassent de même avec Joe Biden, qu’ils proposent de l’excommunier. Pensez-vous que ce soit une bonne chose que les évêques le fassent ?
La première étape doit être de faire en sorte que la conférence épiscopale unanime des États-Unis, probablement en collaboration avec d’autres chefs religieux chrétiens, fasse une déclaration absolue, claire et forte indiquant que cela va à l’encontre de toutes les normes et de tous les principes de l’humanité. Ils [diraient] très clairement que toute personne assumant une responsabilité publique en tant que catholique et promouvant l’infanticide est excommuniée.
Donc [même] dans le cas où une personne n’est pas formellement excommuniée, si ces personnes reçoivent la Sainte Communion, elles ne reçoivent pas la Sainte Communion uniquement avec leur bouche, [car] elles ne reçoivent pas la grâce. Ils la reçoivent, selon les mots de Saint Paul, pour leur propre condamnation, et Biden et tous ces gens, ils doivent savoir que dans le jugement ultime, quand ils comparaîtront après leur mort devant le tribunal de Dieu, c’est un péché mortel, ce qu’ils sont en train de faire. Même s’ils ne le font pas personnellement, ils sont des coopérateurs, des coopérateurs directs des meurtres d’innocents. […]
Opération prophète, un film sur le cardinal Wyszynski
Le drame historique Opération Prophète, de Michal Kondrat, sera bientôt disponible en DVD dans toutes les librairies religieuses (et sur La Boutique SAJE) en version française, et en VOD sur la plateforme SAJE+ à partir du 16 avril.
Par le réalisateur de Faustine, Apôtre de la Miséricorde et Entre Ciel et Terre. Un film de Michal Kondrat. Synopsis :
1956. Après trois ans d’emprisonnement aux mains du régime communiste pendant la guerre froide, le cardinal Stefan Wyszynski, primat de Pologne, est rétabli à la tête de l’Église catholique à Varsovie. Chef spirituel et visionnaire, il dialogue sans relâche avec les autorités communistes pour négocier plus de droits pour l’Église et la nation opprimée. Quel est cet homme prophétique qui a ouvert la voie à l’ascension spectaculaire du pape Jean-Paul II et à la chute du communisme en Europe ?
Casting : Slawomir Grzymkowski, Wladyslaw Gomulka & Katarzyna Zawadzka
La Rose blanche : question de flamme et de dignité !
De Rémi Fontaine pour Le Salon beige :
Dans son beau livre sur La Rose blanche, des résistants chrétiens contre le nazisme (Via Romana, 2024), Henri Peter nous retrace, parmi d’autres, l’itinéraire, la réflexion et l’action culturelle de dissidence d’Hans Scholl. Lequel, avec quelques amis étudiants, dont sa sœur Sophie et Alexander Schmorel, finira par être arrêté pour avoir commis et distribué plusieurs tracts de résistance à Hitler. Ils seront exécutés pour haute trahison en 1943. Un film relate aussi leurs Derniers jours (2006).
Envoyé sur le front russe près de Moscou pour un stage médical en juillet-novembre 1942, Hans réagissait dans ses carnets contre le « nihilisme spirituel » qui, déjà, avait envahie et menaçait la culture européenne sous le joug d’une idéologie dominante, un peu comme aujourd’hui avec le wokisme :
« Après le néant, plus rien ne peut venir. Mais il faut bien que quelque chose arrive, parce que toutes les valeurs ne sauraient être détruites chez tous les hommes, et qu’il existe toujours des gardiens pour rallumer la flamme et la transmettre de l’un à l’autre, jusqu’à ce qu’une nouvelle vague de renaissance submerge la terre. Le voile gris des nuages sera pour ainsi dire déchiré par le soleil d’un nouveau réveil religieux. »
C’est le chant de l’espérance : « Même le plus noir nuage a toujours sa frange d’or. » Des mots qui nous évoquent ceux, tout aussi prophétiques, de Louis Veuillot au XIXème :
« Si le siècle qui vient semble nous promettre une longue période de médiocres combats sans victoire apparente, des abaissements de toutes sortes ; si nous devons être raillés, bafoués, expulsés de la vie publique ; s’il faut, dans ce martyre du mépris, subir le triomphe des sots, la puissance des pervers et la gloire des faquins, Dieu de son côté réserve à ses fidèles un rôle dont ils ne refuseront pas la féconde et durable splendeur. Il leur donne à porter sa vérité diminuée et réduite comme un flambeau d’autel qu’on peut mettre aux mains d’un enfant, et il leur commande de braver cet orage ; car pourvu que leur foi ne faiblisse pas, la flamme vivante non seulement ne sera pas éteinte, mais ne vacillera même pas ! La terre nous couvrira de ses poussières, l’Océan nous crachera ses écumes, nous serons foulés aux pieds des bêtes lâchées sur nous, et nous franchirons ce mauvais passage de l’histoire humaine. La petite lueur placée dans nos mains déchirées n’aura pas péri ; elle rallumera le feu divin, allumé par celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie, éclairant de sa splendeur le destin des enfants sacrifiés, des femmes blessées et des hommes trompés. »
Le flambeau sera transmis, nous en avons l’espérance !
En pleine dictature totalitaire, les éclaireurs sacrifiés de la Rose blanche, martyrs du nazisme, auront ainsi accompagnés héroïquement la petite fille Espérance (Péguy) sur le chemin charnel, raboteux et ténébreux du salut. Refusant le mensonge généralisé, ils auront permis à la petite lueur de la Vérité de passer entre leurs mains déchirées. À la manière dont sainte Thérèse de Lisieux raconte la communion des saints à sœur Catherine dans la pièce que Gilbert Cesbron lui a consacrée (cité par dom Pateau) :
« Ecoutez ! Il n’y avait plus d’allumettes dans le couvent. Il ne restait que la mèche d’une petite veilleuse devant l’autel. Une sœur y approcha son cierge et tous les autres s’allumèrent au sien. Et dans la nuit qui tombait, toutes ces lumières, de proche en proche, qui se devaient la vie l’une à l’autre… C’est cela la communion des saints ! Ah ! Croyez-vous que la vie soit un rendez-vous d’inconnus, et la mort, un grand dortoir anonyme ? Non, pour moi ce mode est comme un jouet fragile… Chacun de nous est secrètement lié à chacun des autres. Tous nos frères, jusqu’aux extrémités de la terre, prisonniers du moindre de nos gestes. De la plus légère parole… »
« Heureux êtes-vous, lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux : c’est ainsi qu’ils ont persécutés les prophètes qui ont été avant vous… »
Éclairant et formant leur conscience à la lecture de l’Évangile et de bons auteurs souvent catholiques (dont le cardinal Newman), Hans et Sophie Scholl (eux-mêmes protestant) nous montrent l’exemple pour se maintenir dignement en homme et femme « contre vents et marées », approfondissant leur foi au Hosannah du doute, selon le mot de Dostoïevski. Comme l’autrichien catholique Franz Jägerstätter, (plus connu depuis le beau film de Terrence Malick Une vie cachée), qui écrivait lui-même dans ses carnets :
« Depuis qu’il y a des hommes en ce monde, l’expérience nous apprend que Dieu accorde aux hommes le libre arbitre, et Dieu ne descendra pas du ciel pour anéantir le mal ou les méchants. »
Aux côtés des grand dissidents anti-communistes, ils nous tracent la piste pour résister aux ténèbres et au mensonge des idéologies actuelles, de tout totalitarisme présent, fut-il le plus sournois sous l’espèce d’une dictature du relativisme…
Retenons encore du livre de Henri Peter ce moment emblématique rapportée par Inge Scholl (la grande sœur survivante convertie au catholicisme après son mariage avec Otl Aicher, l’ami de la famille). Lorsque Hans se rend en Russie pour son stage d’étudiant en médecine, son train s’arrête en Pologne où la persécution des juifs sévit à outrance :
« Là des femmes et de très jeunes filles effectuaient des travaux sur la voie. Elles portaient l’étoile jaune sur la poitrine. Hans avait sauté par la fenêtre pour les rejoindre. La plus proche était une très jeune fille avec des mains fines et un beau visage intelligent, mais triste. Hans lui donna secrètement sa ration militaire, du chocolat et des noix. La jeune fille ramassa le paquet et fièrement le jeta à ses pieds ; il reprit le paquet et lui dit en souriant : “J’aurais tant voulu vous faire une petite joie ?” Puis il cueillit une marguerite qu’il plaça près du paquet. À ce moment il sauta dans le train qui repartait, mais de loin il observa la jeune fille : elle regardait le train s’éloigner et avait mis la fleur dans ses cheveux. »
Question de dignité : de la marguerite à la rose blanche, on saisit la continuité ! Le nom de La Rose blanche vient d’un poème de Clemens von Brentano. Symbole de pureté et de salut en analogie avec la prière du rosaire, la rose blanche évoque aussi la foule des saints formant une rose dans la divine comédie de Dante. Elle est donc devenue l’emblème de résistants chrétiens au nazisme : question de fleur, de flamme, de communion des saints et de dignité !
Rémi Fontaine
“La question n’étant pas de savoir si une position doctrinale est laxiste ou non, mais si elle est vraie ou fausse”
A propos d’un entretien de Mgr Lebrun, archevêque de Rouen, à propos de la Fraternité Saint-Pie X (voir ici), Jean-Pierre Maugendre s’étonne :
Les « œillères de l’Éducation nationale » expliqueraient l’essor de la Fraternité Saint Pie X, selon l’archevêque de Rouen interrogé le 9 février par le média en ligne Enquête d’actu. Il faut convenir que l’affirmation laisse pantois. Aucun sociologue du fait religieux en France (Émile Poulat, Guillaume Cuchet, Yann Raison du Cleuziou, etc.) n’avait encore émis cette hypothèse.
Une hypothèse audacieuse
Remarquons au passage que Mgr Lebrun ne parle que de la Fraternité Saint Pie X et semble ignorer que la moitié des écoles catholiques hors contrat relèvent du catholicisme « officiel », ex-Ecclesia Dei, pour lequel il n’a pas grande sympathie. Son raisonnement est qu’un tiers des parents qui font le choix de l’école catholique hors contrat et donc de la Fraternité Saint Pie X le feraient à la « recherche d’une discipline » que « l’Éducation nationale avec des œillères » ne ferait plus respecter. S’il est facile de faire le constat de l’échec de l’Éducation nationale en matière de discipline et de transmission des savoirs il est tout à fait surprenant d’observer l’impasse faite sur l’enseignement catholique sous contrat dont Mgr Lebrun a la charge dans le diocèse de Rouen. Quelle place tiennent les lycées Jean-Paul II ou Saint Jean-Baptiste de la Salle, à Rouen, dans l’esprit de Mgr Lebrun ? S’ils participent du naufrage général de l’Éducation nationale que fait-il pour y remédier ? Sinon pourquoi n’est-ce pas vers eux que se tournent les parents soucieux de discipline ? Comme la providence est taquine cela fait d’autre part deux années que la Fraternité Saint Pie X n’a plus d’école à Rouen. La communauté existe cependant toujours. Observons d’autre part qu’affirmer benoîtement que « la cause du dynamisme de la Fraternité Saint Pie X est plus à chercher du côté de l’Éducation nationale » présente l’immense avantage d’opérer un transfert de responsabilité vers la puissance publique d’une situation dans laquelle les évêques de France portent une très lourde responsabilité. En effet, selon l’expression consacrée, « Il n’y a pas d’amour. Il n’y a que des preuves d’amour ». Or si les déclarations d’amour envers les traditionalistes abondent les preuves sont moins tangibles. Ainsi Mgr Lebrun a interdit la célébration des baptêmes selon la forme traditionnelle pour les adultes de l’église Saint-Patrice où se célèbre la messe romaine traditionnelle et depuis deux années les confirmations selon le rite traditionnel ne sont plus possibles dans cette même église.
Des questions de fond
Soyons reconnaissant à Mgr Lebrun d’oser poser des questions de fond. Les fidèles de la Fraternité Saint Pie X reprocheraient à l’Église d’aujourd’hui « des positions doctrinales trop laxistes ». Ce n’est pas le sujet, la question n’étant pas de savoir si une position doctrinale est laxiste ou non, mais si elle est vraie ou fausse, conforme ou non au dépôt de la foi et à la tradition révélée. À cet égard un certain nombre d’affirmations ne peuvent que surprendre. Ainsi à propos de l’islam : « Personnellement je crois que les musulmans, à leur mort, seront sauvés par le Christ qui leur dira de venir. » Notons d’abord, avec tout le respect dû à un successeur des apôtres, que les avis personnels de Mgr de Rouen ne nous intéressent pas plus que ceux de mon tailleur ou de ma boulangère. On n’est pas évêque pour partager son avis personnel sur des sujets de foi mais plus simplement pour transmettre la foi reçue des apôtres. Or Mgr Lebrun ne nous livre aucun élément issu de l’Écriture, de la Tradition ou du magistère pour soutenir son hasardeuse position. En fait, il nous livre la thèse des « chrétiens anonymes » de Karl Rahner. Il est bien sûr possible, comme l’enseigne la tradition de l’Église que, dans le mystère de Dieu, tel et tel non catholique, qui observe la loi de Dieu inscrite dans son cœur, reçoive secrètement la lumière du Christ, soit intégré invisiblement à l’Église catholique et soit sauvé. Mais ce sur quoi sont fondées les déclarations de Mgr Lebrun comme les textes de Vatican II sur l’œcuménisme et le dialogue avec les religions, c’est que tous les non catholiques et non chrétiens sont présumés de bonne foi : ils sont donc des catholiques, « imparfaitement » certes, mais a priori catholiques. Par le fait, il n’y a bien sûr aucune démarche de conversion au christianisme à entreprendre vis-à-vis de populations qui en tout état de cause seront sauvées. Écho normand de l’affirmation du pape François en janvier dernier : « J’aime penser que l’enfer est vide. » Allégation en totale contradiction avec toute la Tradition de l’Église et, par exemple, le récit des apparitions de la Sainte Vierge à Fatima. Songeons également que si le salut est universel, non seulement potentiellement mais en acte, il n’y a plus besoin ni d’Église ni de sacrements, pas plus d’ailleurs que d’évêques et de pape. Cette question du salut est centrale dans les divergences entre les traditionalistes et l’enseignement postconciliaire. Mgr Lebrun note : « Nous sommes d’accord pour dire que Jésus sauve tous les hommes, mais eux considèrent qu’ils doivent devenir chrétiens tout de suite (…). Je ne peux pas imposer le christianisme par des lois. Nous avons renoncé à un État confessionnel. Eux non. » Là encore écho normand d’une récente déclaration du Président de la Conférence des Évêques de France, Mgr de Moulins-Beaufort : « Le décret de Vatican II sur la liberté religieuse est très clair. Le Christ n’est pas venu bâtir des nations catholiques mais il est venu fonder l’Église. Ce n’est pas la même chose. À force de traîner la nostalgie d’un État catholique, on perd notre énergie pour l’évangélisation. » Mais quel peut bien être l’intérêt de l’évangélisation si tout le monde est sauvé ? De plus s’il ne s’agit en aucun cas d’imposer la foi par des conversions forcées la légitimité d’un État catholique est contenue dans la réflexion suivante de Pie XII : « De la forme donnée à la société, en harmonie ou non avec les lois divines, dépend et s’infiltre le bien ou le mal des âmes, c’est-à-dire, si les hommes, appelés tous à être vivifiés par la grâce du Christ, respireront dans les contingences terrestres du cours de leur vie, l’air sain et vivifiant de la vérité et des vertus morales, ou le microbe morbide et souvent mortel de l’erreur et de la dépravation. » (Radio message 1 juin 1941) Nous n’aurons pas la cruauté de rappeler aux herméneutes de la continuité cet extrait de l’encyclique Quas Primas (11 décembre 1925) sur la Royauté sociale du Christ, dont nous célèbrerons le centenaire l’année prochaine : « Ce serait une erreur honteuse de dénier au Christ-Homme la puissance sur les choses civiles quelles qu’elles soient. » Mais qui, en définitive, croit encore dans le corps épiscopal à l’enseignement du pape Léon XIII dans l’encyclique Libertas (20 juin 1888) : « La liberté consiste en ce que par le secours des lois civiles, nous puissions plus aisément vivre selon les prescriptions de la loi éternelle ».
Avons-nous la même foi ?
Certainement animé des meilleures intentions Mgr Lebrun concède : « Nous avons la même foi en Jésus. » À la lumière des réflexions précédentes « croire en Jésus » est somme toute une affirmation un peu vague. Les fidèles traditionalistes, attachés ou non à la Fraternité Saint Pie X ne demandent au fond qu’une chose : pouvoir pratiquer la foi de leurs pères comme eux-mêmes l’ont vécue. Croire ce qu’ils ont cru et partager ce trésor, en particulier liturgique, avec tous. Ces laïcs demandent à l’Église de leur montrer le chemin, étroit, du ciel, de les accompagner vers le salut par la pratique des sacrements, de leur donner un avant-goût de la liturgie céleste par des célébrations dignes de Dieu et de sa majesté, etc. Tant que l’Église dite conciliaire se réduira à n’être que le mouvement d’animation spirituelle de la démocratie universelle dans un humanitarisme sirupeux, l’apologie du tri sélectif et du vaccin contre le Covid-19, des liturgies d’autocélébration de la communauté, une confusion doctrinale et disciplinaire en croissance exponentielle, etc., la Fraternité Saint Pie X et les communautés qui partagent son amour de la Tradition de l’Église ont de beaux jours devant elles sans qu’il soit besoin de mettre en cause l’échec de l’Éducation nationale…
Messe vespérale du Jeudi saint “In Cæna Dómini”
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Le graduel de la Messe vespérale du Jeudi saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens dont vous pourrez lire le texte et sa traduction plus bas juste après l’Introït.
Ce graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l’on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. Le Père Perrodon, dans son ouvrage Notre beau chant grégorien (1944), écrit :
Nous nous trouvons là en face d’un sommet de beauté. Si l’on doutait encore de l’influence que le christianisme a pu exercer sur la musique, par son besoin de faire déborder dans le lyrisme du chant l’ivresse d’amour inspirée par le mystère du Christ, on n’aurait, pour s’en convaincre, qu’à écouter cette admirable pièce.
Introït : Nos autem
La messe vespérale du Jeudi saint commémore, on le sait, l’institution de la Sainte Eucharistie et du Sacerdoce. L’Introït et le Graduel de cette messe nous montrent le lien étroit qui existe entre la messe et la Croix, lien que nous avons trouvé en sens inverse dans la Communion du dimanche de la Passion. La première phrase de l’Introït est empruntée à l’Épître de saint Paul aux Galates, dans la conclusion de cette lettre, et la suite a été ajoutée par l’Église.
Nos autem gloriari oportet in cruce Domini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita et resurrectio nostra : per quem salvati, et liberati sumus.
Pour nous il faut nous glorifier dans la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, et par qui nous avons été sauvés et délivrés.
La mélodie est, comme il convient, assez triomphale, pleine d’ardeur mystique et de ferveur, avec un beau crescendo dans la première phrase vers Domini nostri, qui se renouvelle dans la deuxième phrase vers vita. La troisième phrase est plus calme et contemplative. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 66, petit psaume messianique annonçant la conversion de tous les peuples, ce qui sera un des fruits du sacrifice de la croix :
Deus misereatur nostri, et benedicat nobis : illuminet vultum suum super nos, et miseratur nostri.
Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse, qu’il fasse briller sur nous son visage et ait pitié de nous.
Graduel : Christus factus est
Comme l’Introït, le Graduel de la messe vespérale du Jeudi saint exalte aussi le sacrifice du Christ sur la Croix, et son texte est également de saint Paul, ce qui est pourtant assez rare dans les chants de la messe. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens :
Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exsaltavit illum, et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.
Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième on ajoute mortem autem crucis, et le troisième on ajoute la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. La première est sombre et grave surtout le mot crucis qui s’enfonce dans les profondeurs. La deuxième, au contraire s’élève dans les hauteurs avec enthousiasme, particulièrement la grande vocalise aérienne ornant le mot illum, pronom qui désigne le Christ.
Ajoutons que cette messe ne comporte qu’un chant entre l’Épître et l’Évangile. Il n’y a donc pas d’Alléluia, bien entendu, mais il n’y a pas non plus de Trait.
Offertoire : Dextera Domini
Ce chant d’Offertoire était déjà celui du troisième dimanche après l’Épiphanie et l’on pourra s’y reporter. Ajoutons seulement qu’il est placé aujourd’hui dans la bouche du Christ, qui y rend grâce par avance à son Père pour la victoire de la résurrection, déjà mentionnée dans l’Introït. Le psaume 117 d’où est tiré ce chant est d’ailleurs, nous le verrons, le psaume pascal par excellence.
Communion : Dominus Jesus
Le chant de Communion de la messe vespérale du Jeudi saint est tiré de l’Évangile qui est lu à cette messe, celui du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean.
Dominus Jesus, postquam cenavit cum discipulis suis, lavit pedes eorum, et ait illis : Scitis quid fecerim vobis, ego Dominus et Magister ? Exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis.
Le Seigneur Jésus, après avoir pris le repas avec ses disciples, leur lava les pieds et leur dit : Savez-vous ce que je viens de faire pour vous, moi qui suis votre Seigneur et Maître ? Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même.
Après avoir lu les paroles de l’institution de l’Eucharistie dans l’Épître de saint Paul aux Corinthiens, l’Église a voulu retenir, pour être lue à l’Évangile de cette messe, cette sublime leçon d’humilité et de charité, qui en éclaire toute la signification. La mélodie de ce chant est un simple récitatif, assez régulier ; seul le mot Scitis au moment où le Christ prend la parole, est souligné par une belle montée expressive.
Les catholiques ont un rôle à jouer pour qu’éclate la vérité sur ce qu’est l’avortement
De Grégor Puppinck, Président de l’ECLJ, dans La Nef :
L’avortement est vendu en France comme une conquête du féminisme, comme une liberté de la femme et une condition de son égalité. C’est historiquement douteux. Le mouvement féministe des années 1960, représenté alors par La maternité heureuse, a été rapidement dominé par un autre courant, issu de la tradition néomalthusienne et de la franc-maçonnerie : le groupe Littré. C’est ce courant masculin, mené par le Dr Pierre Simon, qui a intégré La maternité heureuse au sein de la Fédération Internationale du Planning Familial, et qui en a fait un instrument de revendication de la légalisation de l’avortement. Cette « capture » a d’ailleurs provoqué des démissions au sein de l’ex-Maternité heureuse, dont celle de sa fondatrice et présidente, Marie-Andrée Weill-Hallé, qui était opposée à l’avortement.
Depuis, le Planning familial français a fait cause commune avec l’idéologie franc-maçonne. Celle-ci conçoit l’avortement comme un bien, une liberté affirmant la toute-puissance de la volonté individuelle sur la vie reçue de Dieu. Le féminisme occupe une place secondaire dans cette idéologie, et se conçoit comme une révolte de la femme contre la condition féminine et maternelle, bien loin de l’idéal de La maternité heureuse.
Il faut avoir le courage et la lucidité de regarder en face cet arrière-plan idéologique pour comprendre la portée de l’inscription dans la Constitution de l’affirmation selon laquelle l’avortement serait une liberté.
Il a parfois été soutenu que l’avortement n’aurait pas sa place dans la Constitution. Sur le plan juridique, certainement, mais il en va différemment au plan symbolique. Une Constitution définit un peuple, contient et exprime son identité et ses valeurs. Les lois fondamentales du Royaume de France reconnaissaient le catholicisme comme religion officielle. En se déclarant laïque, la République a adopté une composante essentielle de la pensée franc-maçonne. Elle est à présent allée plus loin en déclarant la « liberté d’avorter ».
Des implications radicales
Consacrer l’avortement comme une liberté et non plus comme une exception, et la « liberté d’avorter » comme une valeur de la République a des implications philosophiques et religieuses radicales. Cela manifeste l’adhésion à une conception matérialiste et volontariste de l’être humain qui affirme la domination de la volonté sur l’être, de la volonté individuelle sur la vie humaine. Du point de vue ordinaire, profane, l’avortement est un acte destructeur, et donc négatif. Mais tel n’est pas le cas du point de vue de ses promoteurs qui y voient au contraire un acte positif d’affirmation de soi. C’est une conception terrible de l’être humain qui estime que la destruction volontaire de la vie humaine est l’expression de la liberté humaine, et même son sommet, car ce serait la forme la plus élevée d’autonomie. C’est cette même conception qui porte la promotion de la mort volontaire comme une liberté et une expression de la dignité humaine.
Pour le peuple profane, le recours massif à l’avortement a pour effet de l’obliger à croire que l’être humain n’a pas d’âme, mais n’est qu’un corps doté progressivement de facultés intellectuelles, car si l’enfant à naître est animé, alors nous serions des assassins. Dès lors, il devient insupportable de regarder le fœtus et de voir en lui notre humanité. Le silence et le déni s’imposent.
Consacrer l’avortement comme une liberté, et la liberté d’avorter comme une valeur de la République implique l’adhésion à une anthropologie tellement spécifique que son inscription dans la Constitution revient à en faire une croyance officielle de la République, un substitut de religion d’État. C’est une nouvelle étape de l’affirmation publique de la franc-maçonnerie comme Église de la République, ainsi que le déclarait en substance M. Macron devant le Grand Orient de France le 9 novembre 2023. Il avait d’ailleurs rendu hommage à cette occasion au Grand Maître et Docteur Pierre Simon, principal artisan de la libéralisation de la contraception et de l’avortement en France.
L’avortement est un piège du diable pour détruire des vies innocentes, blesser la maternité, enfermer les femmes dans la culpabilité, et condamner la société au matérialisme et donc à l’athéisme, le tout sous couvert de fausse liberté et au moyen de la puissance des instincts sexuels. Ce piège est à présent revêtu du prestige de la Constitution, et comme tel, il devient un dogme qu’il n’est presque plus permis de questionner, sous peine d’excommunication sociale, voire de poursuites pénales. L’avortement fait dorénavant l’objet d’une véritable censure qui réduit au silence et à la soumission la plupart des élus, des médias, et même des évêques. La vision du diable nous sidère, et nous laisse sans voix. Seules sont permises les critiques secondaires, périphériques, portant par exemple sur la clause de conscience ou sur un prétendu dévoiement de l’esprit de la loi Veil, mais non celles portant directement sur l’avortement. Le tabou est bien gardé.
Le piège de l’avortement est donc profondément enraciné dans la société française, et y produit ses effets à long terme. Rares sont les personnalités qui osent encore le dénoncer. Il y a pourtant urgence, pour le salut des âmes et de la France.
Alors que faire ?
Face à l’idéologie et au démon, il faut repartir de la réalité et de la charité.
Mais avant, l’Église doit regarder en face et analyser cet échec majeur, historique. Comment la France est-elle tombée si bas pour que moins de 10 % des parlementaires s’opposent à cette constitutionnalisation ? Avons-nous douté de la justesse de la cause de la défense de la vie humaine, de l’humanité du conceptus ? Avons-nous été suffisamment courageux ? Avons-nous vraiment combattu ou fait seulement semblant ? Croyons-nous vraiment en l’existence de l’âme ? Avons-nous une réelle compassion pour les femmes enceintes ? Notre manque de courage n’a-t-il pas été aussi un manque de charité ?
Notre silence a été coupable, notre lâcheté aussi, consistant souvent à nous résigner ou à employer de grands mots, des concepts abstraits, tels que « dignité » et « drame », pour se donner satisfaction au plan théorique, mais sans effet sur la réalité. Ces déclarations ne mordent pas la réalité ; ce sont des coups d’épée dans l’air, sachant que la bataille est ailleurs, sur le terrain de la réalité des vies ; un terrain qu’occupent les médias et le « planning familial », avec l’argent public.
« Prêcher ne suffit pas », ainsi que me le confiait récemment un évêque français. Il faut repartir de la réalité et de la charité. Il faut faire de l’avortement un problème central de l’action sociale de l’Église : que chaque diocèse, chaque paroisse ait à cœur d’aider les femmes enceintes et celles qui ont avorté, suivant l’exemple d’associations catholiques existantes. Les femmes enceintes en détresse doivent savoir qu’elles seront accueillies et aidées dans toutes les paroisses de France. Il faut aider ces femmes, et pour celles qui ont avorté, les aider à se réconcilier avec elles-mêmes et avec Dieu, les sortir du piège de l’avortement. Le pape François a fait grand bien en conférant à tous les prêtres le pouvoir d’accorder l’absolution du péché d’avortement. Il faut aussi mettre en garde les nouvelles générations. La charité doit nous y porter. Il y a tant de bien à faire.
Et l’enfant ?
Il faut aussi parler de l’enfant, et non seulement de la souffrance des femmes. Face à ceux qui dénient son existence et son humanité, l’Église devrait être plus explicite et dire clairement ce qu’est l’enfant conçu, s’il est connu et voulu par Dieu, s’il a une âme et un destin éternel. Dire ce qu’est le fruit de la conception est une nécessité pour l’éducation sexuelle et religieuse, mais aussi pour les femmes qui ont avorté et qui ne savent pas mettre un nom sur la cause de leurs souffrances.
L’Église a le pouvoir de briser ce mensonge qui tait jusqu’à la réalité de l’être avorté : et la science est en cela son alliée.
Sur le plan politique, ce retour à la charité et à la réalité peut prendre la forme du témoignage direct de femmes dont l’avortement n’a pas été une liberté, mais une contrainte et une source de souffrances. Le témoignage direct de ces femmes est le moyen le plus puissant de sortir de l’idéologie, de toucher les cœurs et d’y faire place à la charité.
La constitutionnalisation de l’avortement est une défaite sur le plan des idées ; mais il nous reste tout le champ de l’expérience humaine. Il nous faut regravir la côte à partir du bas, de la réalité ; une réalité douloureuse que personne ne veut voir ni soigner. Cette réalité douloureuse, vécue par tant de femmes, accumulée et enfermée dans le silence, est une bombe. Si nous parvenions à percer ce silence, à briser ce tabou, cette bombe pourrait alors exploser et modifier profondément le regard de la société sur la valeur de la vie et la fragilité de la femme qui la porte et la transmet.
