Aya Nakamura c’est pour les ploucs. Xi Jinping a droit au folklore français
C'est aussi par le partage de nos histoires personnelles que nos relations se dessinent.
Très heureux de vous accueillir au col du Tourmalet dans ces Hautes-Pyrénées qui me sont si chères, Président XI Jinping, comme vous m'avez accueilli à Canton. pic.twitter.com/VZuu7xJw2Y
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) May 7, 2024
Xi Jinping, chef suprême de l'empire du milieu, préfère le folklore pyrénéen aux cérémonies inclusives. pic.twitter.com/Sj7P0ZdaOL
— Pierre Sautarel (@FrDesouche) May 7, 2024
The two couples watched a local dance performance in the snow in Col du Tourmalet. pic.twitter.com/no0mRCN4S5
— Hua Chunying 华春莹 (@SpokespersonCHN) May 7, 2024
Le porc noir de Bigorre a été mis à l'honneur pour la réception de Xi Jinping au Tourmalet avec du jambon, et une petite garbure en entrée. Puis une épaule d'agneau accompagnée d'haricots tarbais, têtes de cèpes et légumes glacés. Suivi des fromages et d'une tarte aux myrtilles. pic.twitter.com/hrQcyEFcEi
— Claire Langoulant Royaliste Légitimiste Catholique (@RoyalisteFiere) May 7, 2024
Deux étudiantes poursuivies pour avoir collé des affiches pro-vie
Au mois de mars, Jeanne et Amélie, étudiantes à Toulouse, ont été surprises par une équipe de policiers, alors qu’elles étaient en train en train de coller un message contre l’avortement.
Elles ont été convoqués il y a 3 semaines et ont été auditionnées au commissariat. La mairie a porté plainte. Et elles doivent participer à une session de formation citoyenne afin de se réformer aux idées de la république…
Deux nuits plus tard, leur message a été recouvert par les militants pro avortement, qui eux n’ont évidemment pas connu le même sort.
Une cagnotte a été ouverte pour soutenir la défense les étudiantes poursuivies.
Réaction de Laissez les Vivre SOS Futures Mères :
Venant d’apprendre par la lecture du Salon Beige la condamnation à un stage de formation citoyenne de ces deux étudiantes toulousaines, l’association s’insurge contre des méthodes de lavage de cerveau dignes du Goulag et bien incompatibles avec ce qu’il reste de dits droits de l’homme dans notre pays. Si le fait de coller des affiches pro-vie expose à une condamnation c’est l’ensemble des manifestants des Marche pour la Vie qui pourrait être raflé. Dictature, dictature quand tu nous tiens.
Projet de loi sur l’euthanasie : combien d’opposants à gauche ?
Quelques rares élus de gauche dénoncent le projet de loi sur l’euthanasie, un texte «libéral», et estiment que certains patients pourraient préférer écourter leur vie pour ne pas faire porter le coût des soins à leur entourage.
Parmi les récalcitrants au progressisme morbide, Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône :
«On nous dit que le suicide assisté est une idée de gauche. Je considère que cela est tout à fait discutable. Il faut ouvrir le débat».
Deux autres élus du PCF, Soumya Bourouaha et le président du groupe André Chassaigne, deux socialistes, Dominique Potier et Cécile Untermaier, et une écologiste, Lisa Belluco voient un risque pour les patients les plus précaires, qui pourraient précipiter leur mort pour limiter le coût des soins pour leur entourage et pour la société.
«Il ne faudrait pas qu’au regard du coût pour la famille que peut représenter une place en Ehpad, une personne soit privée de son envie légitime d’aller jusqu’au bout de sa vie»
«Comment peut-on être de gauche et défendre une loi aussi libérale? Si c’est ça le progressisme, je veux bien être conservateur»
Ces quelques députés ont organisé une «discussion» à l’Assemblée nationale le mardi 9 avril : «La fin de vie et la gauche, entre certitudes et malentendus. Députés de gauche, prenons le temps d’en parler». Quatre spécialistes opposés au texte ont été auditionnés : Isabelle Lorand, chirurgienne, Sara Piazza, psychologue, Julien Auriach, professeur de philosophie et Pierre Jova, journaliste à La Vie. Une petite vingtaine de députés sont venus, parmi lesquels Boris Vallaud, le président du groupe socialiste, Sandrine Rousseau, députée écologiste, François Ruffin, député Insoumis…
Universités prises en otage : François-Xavier Bellamy se rend à Sciences Po
🇫🇷 En fait on voit pas @fxbellamy de face parce que ses 🍒 prendraient toute la largeur sur ce coup-là. Bravo FXB❗️#Sciencepo
pic.twitter.com/fv0eaBkc4N— Charles Prats 🇫🇷⚖️ (@CharlesPrats) May 7, 2024
Je n’en peux plus que nos universités soient prises en otage par ceux qui les bloquent pour faire avancer leur agenda politique – surtout quand cet agenda, c’est de refuser de condamner le terrorisme islamiste, et de servir de caution à l’antisémitisme qui monte. #SciencesPo pic.twitter.com/1TIIcrdDNy
— Fx Bellamy (@fxbellamy) May 7, 2024
Bravo au courageux @fxbellamy de rappeler aux étudiants pro-Hamas que Sciences Po ne leur appartient pas et que l’antisémitisme n’a pas sa place dans nos rues !
Nous ne lâcherons rien ! pic.twitter.com/bzcQzAB8O4
— Eric Ciotti (@ECiotti) May 7, 2024
La messe du dimanche de Pentecôte du pèlerinage de Chartres retransmise sur CNews
Le 19 mai à midi, CNEWS diffusera la messe du dimanche de la Pentecôte, en direct depuis le pèlerinage de Chartres, organisé par Notre-Dame de Chrétienté, en partenariat avec France Catholique.
France Catholique propose chaque jour un article sur son site autour de ce sujet. À partir du 13 mai et jusqu’à la Pentecôte, découvrez la richesse de ce pèlerinage :
- Le pèlerinage de Chartres, une balise pour la jeunesse (13 mai).
- Charles Péguy, pèlerin par excellence (14 mai).
- Auprès du voile de la Vierge à Notre-Dame de Chartres (15 mai).
- Le pèlerinage de Chartres, remède à la décivilisation ? (16 mai)
- Revoir l’émission « En Quête d’esprit » spécial Chartres (17 mai).
- Quand la Sorbonne se mettait en marche (18 mai).
- Le miracle de la Pentecôte (19 mai).
De son côté, Notre-Dame de Chrétienté diffusera en direct sur Youtube les messes d’envoi à Saint-Sulpice samedi matin, et de clôture lundi après-midi depuis Chartres.
Cartographie de l’extrême-gauche
Livre Noir a réalisé une cartographie de l’extrême-gauche et de ses satellites. 400 entités sont répertoriées, mais ce n’est qu’un début. L’objectif est d’en recenser 1000 d’ici 3 mois. Parmi les médias, on retrouve évidemment L’Humanité, Libération, mais aussi France Inter et Mediapart :


Un rapport explosif sur la TNT
La majorité des 30 membres de la commission d’enquête parlementaire sur la TNT, qui devait remettre mardi 7 mai son rapport au gouvernement, refuse de signer le texte en l’état, étant en désaccord avec les conclusions du rapporteur, le député La France insoumise Aurélien Saintoul.
La commission d’enquête a auditionné les responsables des groupes audiovisuels, dont Vincent Bolloré, ainsi que des journalistes et présentateurs comme Pascal Praud (CNews), Cyril Hanouna (C8) et Yann Barthès (TMC). Des auditions scrutées par le régulateur des médias, l’Arcom, qui devra décider en fin d’année si C8 et CNews gardent leur fréquence.
Les députés membres du Rassemblement national excluent de valider le rapport, considérant que la commission était ouvertement hostile à Vincent Bolloré. De leur côté, 16 députés Renaissance, Modem, Horizons et Les Républicains, eux, tentent le compromis et vont demander au rapporteur de la commission, le LFI Aurélien Saintoul, de retirer 19 de ses 43 propositions. S’ils n’obtiennent pas gain de cause, ils ne signeront pas et le rapport sera enterré, les conclusions partiront aux Archives pour 25 ans. Dans ce cas, cette commission se serait donc tenue pour rien, et les 45 auditions seraient inutiles.
Parmi les préconisations rejetées figurent notamment
- l’interdiction pour les chaînes d’information d’avoir des éditorialistes à l’antenne,
- la fin de la TNT payante (qui comprend cinq chaînes dont Canal+)
- le bannissement des dessins animés avant l’école,
- la fin de la gratuité de l’émission d’émettre (les éditeurs devraient payer une redevance assise sur leur chiffre d’affaires).
Des propositions que les parlementaires estiment inacceptables voire dangereuses pour la liberté de la presse et l’avenir de la télévision numérique terrestre. D’autres propositions sont même jugées hors sujet, comme le renoncement au projet de holding de l’audiovisuel public.
Les parlementaires de la majorité présidentielle comptent faire leurs propres recommandations. Ils veulent par exemple
- imposer un quota de reportages dans les programmes des chaînes d’information,
- instaurer une nouvelle grille de sanctions que pourrait infliger l’Arcom
- le renouvellement anticipé d’une fréquence dès qu’un certain nombre de sanctions a été prononcé contre une chaîne.
Le défenseur des trans et du monde à l’envers
Dans un avis au Parlement, publié le 6 mai, Claire Hédon, Défenseur des droits, émet un avis négatif à la proposition de loi visant à encadrer les pratiques médicales mises en œuvre dans la prise en charge des mineurs en questionnement de genre, déposée au Sénat le 19 mars 2024 :
La Défenseure des droits s’inquiète des effets de cette proposition de loi, de nature à porter atteinte aux droits et à l’intérêt supérieur de l’enfant. Elle souhaite rappeler à l’occasion de cet avis l’importance d’une approche s’appuyant sur une conception non pathologique de la transidentité et d’une stratégie nationale pour la pédopsychiatrie prenant en compte les besoins de l’ensemble des enfants en santé mentale, et réitère ses recommandations concernant le respect de l’identité de genre à l’école et la nécessaire mise en place de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle tout au long de la scolarité.
Alors que la Société européenne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent vient de mettre en garde contre l’idéologie du genre, la Défenseure des droits considère que
la présente proposition de loi, en interdisant les bloqueurs de puberté, les traitements hormonaux et certaines opérations chirurgicales aux seuls mineurs transgenres, introduit une différence de traitement entre mineurs transgenres et cisgenres, susceptible de constituer une discrimination à raison de l’identité de genre au regard des droits interne et international, notamment l’article 2 de la CIDE.
Chronique des cinglés : Eurostrans
La société Eurostar s’abaisse à promouvoir l’idéologie des invertis :


Il y a 70 ans, Diên-Biên-Phu tombait
Dans L’Incorrect du mois d’avril, Jean-Pax Méfret rappelle :

Vol et profanation de l’église Notre-Dame de Livry-Gargan (93)
Communiqué de l’évêché de Saint-Denis :
Dans la nuit du dimanche au lundi 6 mai, l’église Notre-Dame de Livry-Gargan (93) a fait l’objet de vol et de dégradations.
Située au 25 rue de l’église à Livry-Gargan, cet édifice est ouvert chaque jour de 8h00 à 18h00.
Dimanche 5 mai, le père Joseph Zhao, curé de la paroisse, a fermé l’église à 14h00. Le lendemain, il l’a ouverte vers 8h00, et a constaté que le tabernacle avait été descellé du mur et dérobé, ainsi que les hosties consacrées qui se trouvaient à l’intérieur. Une table a également été brisée. Aucune des portes de l’église n’a pourtant été fracturée.

Composé de marbre et de fer, le tabernacle, installé en l’église depuis seulement un an et demi, pèse plus de 250 kg.
Cette profanation fait suite à des dégradations survenues précédemment dans cette même église, comme, notamment, la destruction du système de sonorisation quelques semaines auparavant et une tentative d’effraction au soir du Jeudi Saint (détectée par une patrouille de police).
En fin de matinée, la police scientifique a analysé les lieux. Le curé de la paroisse a déposé une plainte contre X auprès de la police. Une enquête est en cours.
Vers 15h30, la police a retrouvé le tabernacle abandonné sur un trottoir de la ville, sans que les malfaiteurs n’aient réussi à le fracturer. Il a été restitué à la paroisse.

Une messe de réparation sera célébrée mardi 7 mai, à 9h00, par le père Bertrand Collignon, délégué de l’administrateur diocésain, P. Eugène Doussal.
La Société européenne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent met en garde contre les hystériques du genre
La Société européenne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, dans sa revue du même nom éditée par le groupe allemand Springer, met en garde les médecins contre les traitements « transgenres » auprès d’enfants et d’adolescents souffrant d’un « trouble du genre ». Elle les appelle à
« ne pas promouvoir des traitements expérimentaux et inutilement invasifs dont les effets psychosociaux ne sont pas prouvés et, par conséquent, à adhérer au principe Primum non nocere (d’abord ne pas nuire) ».
Elle souligne
« le manque de fiabilité et l’instabilité d’un diagnostic de dysphorie de genre chez un enfant donné au fil du temps » et « les effets possibles des décisions de bloquer la puberté ou d’empêcher la transition médicale sur le développement psychosocial de l’enfant ».
Le document rappelle les quatre principes éthiques fondamentaux qui doivent être respectés, le premier étant le « principe de non-malfaisance : ne pas utiliser des interventions expérimentales ayant des effets potentiellement irréversibles ou des interventions dont les conséquences à long terme sont inconnues »…
Le Royaume Uni, le Danemark et la Suède se sont déjà éloignés du « modèle affirmatif de prise en charge » des mineurs « souffrant de dysphorie de genre ». Et la France ?
Le projet européen de Macron/Hayer, c’est moins d’Européens
Le camp présidentiel a dévoilé ce matin son projet en vue du scrutin du 9 juin, sur le thème de “l’Europe puissance”. Trois grands chapitres organisent 48 propositions :
- “Une Europe puissance sûre et indépendante”,
- “Une Europe puissance économique, écologique et sociale”
- “Une Europe fière de son modèle et de ses valeurs”.
Le troisième chapitre intègre notamment le droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux de l’UE.
« Cette Europe des valeurs, c’est d’abord une Europe des droits et de l’égalité. Nous voulons inscrire l’IVG dans la Charte 🇪🇺 des Droits fondamentaux.
Nous continuerons aussi à porter le Pacte Simone Veil, la clause de l’Européenne la plus favorisée. » — @CBeaune pic.twitter.com/K4tPdlQRrZ
— Besoin d’Europe (@BesoindEurope) May 6, 2024
Diocèse de Quimper : les catholiques attachés à la messe traditionnelle décidés à maintenir leur mobilisation
Communiqué des catholiques attachés à la messe traditionnelle, qui ont manifesté hier à Quimper :
Plus de 300 fidèles catholiques se sont rassemblés dimanche 5 mai devant l’évêché pour demander le rétablissement de la convention signée entre l’Evêque de Quimper et la Fraternité Saint Pierre. Familles, jeunes, parents ont récité un chapelet et chanté durant une heure devant la porte de l’évêché, qui est restée close. Le diocèse tente de minimiser les conséquences de cette décision: circulez il n’y a rien à voir ! Les fidèles sont décidés à ne pas en rester là et vont maintenir leur mobilisation.
En juin 2023, Monseigneur Dognin a visité personnellement la communauté de Quimper, rassemblant des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle. Il a salué son dynamisme et confirmé la mission des deux prêtres de la Fraternité Saint Pierre qui la desservent. Six mois plus tard, en décembre 2023, il a publié un communiqué annonçant que les fidèles de Quimper devront quitter l’église Saint Mathieu et qu’il chasse les deux prêtres du diocèse, tout en reconnaissant par écrit qu’il n’a aucun reproche à leur faire personnellement. Il a justifié sa décision par la publication d’articles critiques à l’égard du diocèse sur un blog traditionaliste, n’ayant aucun lien avec la Fraternité Saint-Pierre. « C’est un faux prétexte », affirme Louis, un des manifestants de dimanche,
« L’Evêque a voulu nous imposer cette décision en nous envoyant deux courriers au mois de décembre dernier. Mais ses explications se contredisent d’un courrier à l’autre, c’est injuste et incompréhensible… ».
Le diocèse affirme que les messes continueront d’être assurées après le départ du diocèse des prêtres de la Fraternité Saint Pierre. Toutefois, aucune garantie n’a été apportée aux fidèles à propos des baptêmes ou des mariages selon l’ancien rite, alors que onze adultes ont été baptisés au sein de la communauté de Saint Matthieu ces dernières années et que de nombreuses familles fréquentent cette église, comme en témoigne la jeunesse des manifestants rassemblés ce dimanche.
« Le diocèse communique sur le maintien de la messe en latin par des prêtres diocésains le dimanche. Mais nous voulons la messe, pas seulement le dimanche, ET la doctrine traditionnelle. Ce n’est ni un caprice, ni un affront. C’est une conviction pour le bien de nos âmes et pour le bien de l’Eglise!” explique encore Louis « Nous ne faisons de tort à personne! Nous refusons d’être des catholiques de seconde zone ! ».
Les fidèles demandent que leur évêque écoute le Pape François quand celui-ci affirme : « Nous ne devons pas craindre la diversité des charismes au sein de l’Eglise ». Ils attendent toujours d’être reçus par Monseigneur Dognin et veulent obtenir le maintien de la convention signée entre le diocèse et la Fraternité Saint Pierre depuis huit ans. Le succès de la manifestation de dimanche est un encouragement.
« Notre mobilisation se poursuivra tant que nous n’aurons pas été entendus mais surtout écoutés. Nous annonçons la récitation du chapelet pour l’unité de l’Eglise, du Diocèse et de nos communautés tous les mardis, à 19h, sur le trottoir de l’évêché ! » affirme Joseph, un des organisateurs.
Pourquoi voter ? Pour qui voter ?
De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :
Mais faut-il voter ? Et pour qui ? Il faut d’abord croire au vote, ce qui est beaucoup exiger. Qui peut croire qu’une mystérieuse suite d’opérations permet de déléguer utilement sa parcelle de souveraineté nationale floue à une entité supranationale qui souhaite s’affranchir des nations et étend toujours plus loin et profond son empire sur les droits nationaux ?
Il faut aussi examiner soigneusement ce que voter signifie : voter pour un parti, est-ce assumer toutes les actions de ce parti ? Les décisions qui furent prises, celles à venir, les renoncements passés, les compromissions de demain, les calculs d’hier, les volte-face de tout à l’heure… Mon sentiment est qu’il ne faut pas pécher par scrupule. Si voter est endosser personnellement la responsabilité des faits et gestes du parti qu’on a gratifié de sa voix, tous les évêques européens sont mal barrés, on ne peut pas le dire autrement. Considérons que voter obéit à des règles morales d’une souple casuistique et qu’un chenapan, un traître ou un criminel peut recevoir votre suffrage sans vous éclabousser de sa boue.
Les Français peuvent, affectueusement, emmerder Macron
On peut aussi voter pour de mauvaises raisons, la plus satisfaisante étant d’humilier la majorité présidentielle, avec affection, comme Macron lui-même nous l’expliquait en 2022. À ce compte-là, tous les votes se valent, même en faveur du parti animaliste (« L’Union européenne a ainsi le pouvoir de réorienter l’agriculture vers une végétalisation massive de notre production et de notre consommation grâce à la réallocation des subventions ») ; mais autant voter pour faire mal : je recommande de voter PS ou LR, car vous redonnerez vigueur à des partis que Macron croyait avoir siphonnés et aplatis, grosse piqûre d’amour propre, un prophète déteste les relapses. Bien sûr, voter RN et LFI permettra de faire courir de délicieux frissons dans l’échine des éditorialistes prêts à tartiner d’épaisses couches sur la montée des extrêmes. Il est bien entendu qu’on se moque de l’efficacité européenne réelle du vote et que seul compte l’effet national, ce qui est un peu faire le jeu de Macron, d’ailleurs.
Vous pouvez aussi vous dire que voter pour un parti qui défend des thèses souverainistes serait malgré tout utile ET énervant : ça enverrait un signal, comme on dit, signal aussi efficace que tous les précédents, mais quand même, à force que de force, on peut rêver, des mesures pourraient être prises : tenez, le Pacte sur la migration et l’asile, par exemple ; non, c’est un mauvais exemple… Mais vous voyez l’idée. Si on s’accroche à cette idée, autant que ce parti appartienne à un groupe actif au Parlement européen et qu’il propose des députés qui travaillent.
Si vraiment on veut bien faire
Il est bien entendu qu’il n’y a pas de vote utile, dans ces élections-là, puisqu’elles sont à la proportionnelle, ce qui est la règle dans quasiment toutes les démocraties au monde sauf en France, qui est un phare pour l’humanité, c’est certain, mais qui ne peut, bien sûr, éclairer sa propre base : tragique et glorieux destin qui mérite bien qu’on souffre les scrutins les plus injustes puisqu’ils permettent à notre président de fanfaronner en postillonnant ses projets à la face de toutes les nations – mais c’est un autre sujet.
Reprenons notre raisonnement : on peut voter pour ennuyer Macron, la meilleure manière de l’ennuyer tout en travaillant un peu au bien commun est de voter pour un souverainiste, comme le scrutin est proportionnel, aucune raison de sacrifier au vote utile, un bon parti souverainiste appartient à une alliance qui pèse, et pèserait encore plus, au Parlement européen, et un bon parti envoie des bons députés, c’est-à-dire des députés qui travaillent, discutent, débattent et votent. Il ne reste plus grand monde pour qui voter, alors. C’est le moment où nous vous laissons seuls avec vos trébuchets.
Angers : le Mouvement chouan dénonce le laxisme de la justice française
Hier à Angers, le Mouvement chouan a dénoncé la responsabilité écrasante et l’hypocrisie des magistrats de gauche dans l’insécurité qui gangrène notre pays :
Face aux Frères Musulmans, le coup de menton de Darmanin…
Selon le Renseignement territorial, la mouvance des Frères Musulmans est passée de 50 000 à 100 000 adeptes entre 2019 et aujourd’hui. En une décennie, la part des femmes musulmanes portant le voile islamique a augmenté de moitié, résultat d’une réislamisation culturelle « indiscutablement orchestrée ». Abaya, port du voile, jours fériés, menus hallal, heures de piscine, comportements à l’égard des femmes au travail : l’offensive est protéiforme. Les frères musulmans voudraient être hégémoniques sur la communauté musulmane.
Les Frères musulmans veulent instaurer un califat mondial, selon un acteur du renseignement cité dans le JDD.
L’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis considère considère cette organisation comme « terroriste », l’Allemagne la définit comme contraire aux intérêts de la Constitution pour empêcher tout financement public, et l’Autriche l’a inscrite sur la liste noire des « groupes extrémistes liés à la criminalité à motivation religieuse ». Et en France ? En Conseil de défense, le président de la République a demandé un rapport sur l’état de la menace que représentent les Frères musulmans. L’entourage du ministre de l’Intérieur précise :
« Nous n’avons pas besoin de ce rapport pour comprendre ce qu’il se passe, nous le savons. Mais il est nécessaire pour convaincre la France, les institutions, les élus locaux et les décideurs. »
C’est plus facile de dissoudre les Identitaires… Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui dissout tous les quatre matins des associations de droite non violentes, précise qu’il ne pourrait pas interdire les Frères Musulmans « parce que c’est tout simplement impossible. Comme elle n’existe pas formellement, ceux qui évoquent ces solutions sont des jocrisses qui prennent les Français pour des idiots ».
Si l’organisation a des représentants, elle se transforme en nébuleuse et travaille à ne jamais se faire démasquer. En France, l’association Musulmans de France (autrefois UOIF) est considérée comme appartenant à la mouvance, mais son président Amar Lasfar déclarait en 2017 : « Nous ne faisons pas partie des Frères musulmans. En revanche, nous nous inscrivons dans leur courant de pensée. » Le fond de dotation de l’association musulmans de France, intitulé Al Wakf, avait été créé en juillet 2013 par l’UOIF et ce lien était clairement revendiqué dans son rapport d’activité en 2014. L’accusation de frérisme a poussé l’association à ne plus le mentionner. Plusieurs notes du renseignement insistent sur cette stratégie de « taqqyia », c’est-à-dire de dissimulation.
Cela ne nous explique donc pas pourquoi Darmanin ne pourrait pas dissoudre l’association Musulmans de France ou le fond de dotation cité.
La FEMYSO, forum des organisations européennes de jeunes et d’étudiants musulmans, nie toute appartenance frériste et se présente comme « une organisation européenne non-gouvernementale à but non lucratif qui œuvre à promouvoir la participation à une citoyenneté active auprès de la jeunesse musulmane européenne depuis 1996 ». Elle regroupe 33 organisations différentes. Qu’est-ce qui empêche là encore Darmanin de dissoudre la FEMYSO ?
Le président a demandé un rapport… qui sera sans doute classé verticalement en attendant la création d’une commission ou l’ouverture d’un numéro vert…
Frères musulmans : une stratégie d’entrisme dans tous les domaines
Dans le JDD, Charlotte d’Ornellas décrit la stratégie des Frères Musulmans :
Le champ religieux
Le ministre de l’Intérieur décrit une volonté offensive de prendre la tête des institutions religieuses musulmanes ainsi que du tissu associatif. Un champ dans lequel ils usent de leur image lisse et présentable pour s’offrir en alternative aux courants plus radicaux de l’islam. Les renseignements pointent de leur côté une présence de plus en plus efficace – notamment auprès des jeunes – sur les réseaux sociaux et Internet, se substituant peu à peu aux prédicateurs habituels des mosquées.
La vie associative
Une organisation en réseau, avec de multiples ramifications et associations particulièrement actives dans plusieurs pans de la société. Au niveau européen, les renseignements pointent plusieurs associations notamment regroupées au sein de l’organisation de jeunesse Femyso, émanation supranationale de l’UOIF, particulièrement virulente à l’égard de la France, qui milite ardemment – avec succès – auprès de nombreuses institutions européennes dont elle a par ailleurs reçu des financements.
L’éducation
Grande priorité, l’éducation est largement investie dans le but de générer une élite acquise. Les soupçons pèsent par exemple sur la Fédération nationale de l’enseignement musulman (Fnem), créée en 2014 en partenariat avec l’UOIF. La mouvance frériste est également décelée par le ministère de l’Intérieur dans l’Institut européen des sciences humaines (IESH), qui forme notamment des imams en France. En février dernier, l’imam et théologien Ahmed Jaballah, ancien président de l’UOIF, doyen de l’IESH et fondateur de l’antenne de Saint-Denis, était d’ailleurs éloigné vers la Tunisie. Plusieurs sources évoquent également des formations proposées au niveau européen et dispensées en Turquie sur la prédication, l’éducation, les médias, l’administration, la politique…
La vie politique et institutionnelle
Contrairement aux courants uniquement religieux, les Frères musulmans participent activement à la vie démocratique non par adhésion mais par opportunité. Même méthode dans leur entrisme au sein des mouvements antiracistes ou altermondialistes, certains syndicats, associations ou organisations non gouvernementales. Une stratégie qui, selon nos informations, a été clairement décelée dans une « réunion de crise » organisée par l’association Musulmans de France au moment de l’expulsion de l’imam Iquioussen. Les Frères musulmans participent par ailleurs activement à la promotion tous azimuts du concept d’« islamophobie », comme en témoigne le choix, par le Conseil des musulmans d’Europe, d’en faire une priorité de son plan stratégique pour les années 2022-2026.
L’action juridique
Décrits comme particulièrement légalistes, pointilleux et procéduriers, les Frères musulmans sont accusés d’user d’une rhétorique antiraciste au prétexte d’une « islamophobie d’État » ou institutionnelle, en usant très largement – sur le terrain juridique – du droit des étrangers et du droit associatif. Et ce grâce à un réseau d’avocats acquis à leur cause, qui interviennent chaque fois qu’un recours est déposé contre des mesures administratives ou des décisions judiciaires. Une assistance apportée aussi bien lorsqu’un imam est menacé d’expulsion, ou éloigné, que lorsque l’État s’attaque aux financements de certaines organisations.
Le domaine financier
Plusieurs pays étaient identifiés comme grosses sources de financement jusqu’en 2020, comme le Qatar ou le Koweït, mais plusieurs sources décrivent désormais des organisations qui cherchent à s’autonomiser financièrement. C’est dans ce domaine qu’un recours accru aux fonds de dotation, détournés de leur usage premier au bénéfice d’activités cultuelles ou culturelles, a été détecté à partir de 2008 et combattu par le ministère de l’Intérieur. Plusieurs d’entre eux ont été dissous judiciairement, comme le fonds « Passerelle » qui alimentait indûment le financement de la mosquée An-Nour de Mulhouse. La loi contre le séparatisme oblige désormais les lieux de culte à être transparents sur l’origine de leurs financements, en particulier étrangers.
Italie : des veillées de prière devant l’hôpital à l’autorisation pour les pro-vie d’intervenir dans les centres de consultation
Mediapart s’inquiète car le Parlement italien a voté un amendement déposé par le parti Fratelli d’Italia, qui permet aux groupes pro-vie d’intervenir directement dans les centres de consultation :
[…] Depuis cet hiver, les groupes dits « pro-vie » ont été particulièrement actifs à Modène. Pour la première fois en Italie, l’association 40 jours pour la vie a organisé des veillées devant un hôpital qui pratique des avortements. Pendant quarante jours, de 7 heures à 19 heures, des personnes ont enchaîné les prières et les appels aux femmes à poursuivre leur grossesse. En six mois, l’événement s’est répété deux fois, soit 80 jours de prières au total. Le 10 mars, le groupe a même organisé une assemblée publique sur le « syndrome post-avortement ».
[…] en Émilie-Romagne, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est accessible. Ici, « le taux d’avortement est bas, environ 6 pour 1 000 en 2021 », précise Elena Castelli, responsable régionale des centres de consultation familiale. Ce chiffre désigne le nombre d’IVG pratiquées pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans. À titre de comparaison, il était de 16,2 en France pour la même année. […]
L’Émilie-Romagne compte actuellement 172 centres de consultation familiale, soit près de 10 % du total national. Le chiffre est plutôt stable, contrairement à d’autres régions. À Trieste, les deux centres de la ville ont fermé l’année dernière. […]
Transdélires
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté ce week-end en France dont samedi à Strasbourg où des manifestants ont scandé «Dora Moutot au fond du Rhin». Elle a réagi :
«Cela se passe en France : des centaines de personnes réclament mon assassinat à Strasbourg parce que je soutiens qu’être une femme n’est pas un sentiment mais une réalité biologique».
L’auteur d’Harry Potter, J.K. Rowling, dont les prises de positions sur les questions de genre lui ont valu des accusations de «transphobie», a apporté son son soutien à l’auteur de Transmania :
«En tant que personne dont la mort a été réclamée sur des pancartes exactement pour la même raison […], j’envoie à Dora Moutot mon affection et mon soutien». «D’ailleurs, Strasbourg est la ville de mes ancêtres maternels et a une longue histoire d’invasion par des despotes».
Depuis la publication de leur livre Transmania le 11 avril, Dora Moutot et Marguerite Stern subissent les foudres d’activistes, visiblement fous à lier :
Les pauvres parents doivent être en trans.pic.twitter.com/mO1a7rMIkU
— Bruno Attal (@Bruno_Attal_) May 5, 2024
Découverte de la trisomie 21 : retour sur une polémique
L’anniversaire des 30 ans de la mort de Jérôme Lejeune est l’occasion de revenir sur la découverte de la trisomie 21 et sur une polémique infondée qui a entaché la réputation de celui qui n’avait d’autre ambition que d’améliorer la vie de ses patients. Que s’est-il passé, en 1958, dans le service de l’hôpital Trousseau dirigé par le professeur Raymond Turpin ? Pour Marthe Gautier, qui revendique depuis quelques années la découverte, l’histoire est simple : « J’ai gagné mon pari, celui de réussir seule avec mes laborantines une technique et surtout de mettre en évidence une anomalie ». Pour attester la présence du 47ᵉ chromosome qu’elle aurait trouvé toute seule, Gautier « confie les lames à Jérôme Lejeune qui fait faire les photos ». Celui-ci, qu’elle présente comme un jeune stagiaire désoeuvré, conserve les clichés, part quatre mois aux États-Unis puis publie un article à son retour en France. « Je suis consciente de ce qui se dessine sournoisement » ajoute-t-elle dans un article publié en 2009, 15 ans après la mort de Jérôme Lejeune et 50 ans après les faits.
Or son récit, marqué d’incohérences, ne résiste pas à la confrontation avec les documents et témoignages d’époque. Carnet d’analyse du laboratoire, courrier du Pr Turpin, correspondance entre Lejeune et Gautier, témoignages de collaborateurs : toutes les sources sont documentées. L’étude de ces archives ne laisse subsister aucun doute : c’est bien Lejeune qui analyse, hypothèse, vérifie, compte les chromosomes, rédige et insiste auprès de Turpin pour qu’il accepte la publication de cette observation tellement originale. L’article est publié le 26 janvier 1959. Cette publication dans le compte-rendu hebdomadaire des séances de l’Académie des Sciences marque la découverte de la trisomie 21. Jérôme Lejeune en est le premier signataire. Marthe Gautier signe en second. Elle a rapporté des États-Unis une nouvelle technique de culture des tissus, qu’elle n’a pas inventée, et sur laquelle Lejeune et elle travailleront pendant deux ans pour parvenir à colorer les chromosomes et faciliter le décompte. Enfin, Raymond Turpin, chef de service, signe en dernier. L’ordre des signatures relève de la démarche de publication. Il reflète le travail d’équipe et le rôle que chacun y a joué.
À partir de 1952, à la demande du Pr Turpin, Jérôme Lejeune consacre ses recherches aux causes du « mongolisme ». Entre 1953 et 1955, il cosigne avec le Pr Turpin sept articles sur le sujet, en signe six seul en 1955, puis quatorze nouveaux entre 1956 et 1957. Dans ces articles, Jérôme Lejeune démontre, grâce à ses observations cliniques et ses analyses, que l’origine du mongolisme est chromosomique. Turpin l’avait suggéré dès 1937, sans le démontrer. Dans son Carnet de laboratoire, Lejeune indique à la date du 22 mai 1958 qu’il décompte pour la première fois 47 chromosomes. Puis il part quatre mois aux États-Unis donner des cours de génétique, période pendant laquelle Gautier ne compte toujours que 46 chromosomes, comme l’atteste un courrier du Pr Turpin. A son retour, il identifie deux nouveaux caryotypes à 47 chromosomes. Ce sont ces trois caryotypes qui vont permettre la publication du 26 janvier 1959 à l’Académie des Sciences

Carnet d’analyse de Jérôme Lejeune. On lit, à la date du 22 mai 1958 : « 1 chr. surnuméraire » Archives du Pr Jérôme Lejeune – Fondation Jérôme Lejeune
Par ailleurs, Jérôme Lejeune n’est pas un “stagiaire inutile” à l’époque de la découverte, comme Marthe Gautier l’a affirmé, mais déjà expert en radiations atomiques à l’ONU et repéré par les Américains comme le plus prometteur des généticiens français. S’il était ce stagiaire inutile et si c’était Gautier qui faisait tout, pourquoi ne publie-t-elle pas pendant son absence ? Il lui suffisait de trouver d’autres caryotypes, rédiger la publication et la présenter au patron Turpin. Gautier dit aussi que sans la photo du premier caryotype, elle ne pouvait pas publier. Mais d’une part, il fallait au moins trois cas pour publier, d’autre part, pourquoi n’a-t-elle pas refait de photos en l’absence de Lejeune ? Enfin la publication princeps ne comporte aucune photo, la photo n’était donc pas nécessaire. La thèse de Marthe Gautier est donc “démentie par les archives”, comme l’affirme un long article publié le 3 avril dernier dans le Figaro : “Il n’est pas exagéré de supposer que la controverse sur la découverte de la trisomie 21 doit aussi beaucoup aux antagonismes éthiques ou idéologiques entre Marthe Gautier et Jérôme Lejeune.
Ce dernier a échoué de peu à l’obtention du Prix Nobel – plusieurs membres du comité ont reconnu ensuite que ses positions sur l’IVG avaient joué contre lui. Or comme c’est chaque fois le cas lorsqu’une découverte majeure est nobélisée, le Pr Lejeune n’aurait probablement pas reçu le Nobel tout seul : Raymond Turpin et Marthe Gautier auraient été primés avec lui. Cette dernière conserve ainsi un grief important contre son ancien collègue. Mais pour la biographe* du Pr Lejeune, Aude Dugast, membre de la Fondation Lejeune et postulatrice auprès du Vatican de la cause de canonisation du défunt professeur, cette animosité est apparue de nombreuses années plus tard. «Marthe Gautier a attendu la mort du Pr Lejeune et du Pr Turpin pour s’exprimer, alors qu’elle a entretenu au moins jusqu’en 1962, donc trois ans après la découverte, une relation amicale avec Jérôme Lejeune», affirme-t-elle. En effet, alors que Marthe Gautier assurait ne pas connaître le Pr Lejeune avant 1958, les lettres qu’elle lui adressait un an plus tôt débutaient déjà en ces termes : «cher ami» ; plus tard en écrivant à sa femme, le Pr Lejeune la décrit encore comme «absolument charmante» avec lui. Surtout, concernant la découverte elle-même, elle apparaît nettement dans le carnet d’analyse du Pr Lejeune dès mai 1958, réfutant l’idée selon laquelle la découverte aurait été d’abord faite par Marthe Gautier avant que Jérôme Lejeune y soit associé. Il avait lui-même appris à colorer les chromosomes pour les mettre en valeur sur les photographies prises au microscope. La correspondance du Pr Turpin au Pr Lejeune en octobre 1958 montre en outre que c’est bien à lui que le Pr Turpin attribue la découverte.

Lettre de Raymond Turpin à Jérôme Lejeune, du 27 octobre 1958 : «Mlle Gautier et Mme Massé en sont toujours à 46». Archives du Pr Jérôme Lejeune – Fondation Jérôme Lejeune
Tout le temps que dure le voyage du Pr Lejeune en Amérique, Marthe Gautier seule ne parvient pas à retrouver un 47e chromosome, ce que fait à plusieurs reprises le Pr Lejeune à son retour, permettant ainsi de publier un premier article malgré les scrupules que lui inspire à l’époque sa peur de commettre une erreur en s’empressant de communiquer ses résultats. Enfin, six ans plus tard, lors d’une leçon inaugurale en 1965 pour sa nomination comme professeur de génétique fondamentale, Jérôme Lejeune loue sans détour «l’habileté» et la «ténacité» de Marthe Gautier, sans laquelle la découverte n’aurait pas été possible. Difficile dès lors de maintenir que Jérôme Lejeune aurait «invisibilisé» sa collègue. L’hypothèse selon laquelle le Pr Lejeune aurait joué un rôle majeur dans cette découverte demeure de loin la plus plausible aux yeux de l’historien et archiviste Bruno Galland, directeur des archives du Rhône et professeur à la Sorbonne, qui a trié les archives de Jérôme Lejeune après sa mort . «Les carnets du Pr Lejeune, et la correspondance privée qu’il entretenait avec son épouse Birthe Lejeune, montrent clairement le rôle primordial qu’il a joué. Ces documents sont d’autant moins susceptibles d’avoir été falsifiés intentionnellement qu’ils n’avaient pas vocation à être rendus publics : ils dévoilent le for interne de Jérôme Lejeune à cette époque», note-t-il.” Il ne fait donc aucun doute que l’acteur principal de la découverte est Lejeune. Il n’y a eu ni « vol » de la découverte de la trisomie 21, ni « spoliation » puisque les trois personnes qui y ont participé signent la publication et que Lejeune remercie toujours Turpin et Gautier pour leur contribution. Lejeune demeure le père de la génétique moderne et une personnalité visionnaire pour des milliers de patients. Comme l’écrit sa fille Clara Gaymard dans une tribune publiée le 8 avril dans l’Opinion, “la négation de son rôle primordial dans l’avancée de la médecine moderne est une insulte à la vérité.”
Guillaume de Thieulloy (propos recueillis auprès de la Fondation Jérôme Lejeune)
Mobilisation des catholiques à Quimper pour le maintien des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre
Environ 300 fidèles catholiques des paroisses Saint Matthieu à Quimper et de Sainte Sève dans le Léon se sont mobilisés cette après-midi à Quimper, aux abords de l’évêché, pour demander à Monseigneur Dognin et son Conseil de revenir sur leur décision de priver ces deux communautés des prêtres qui les desservent depuis huit ans.

Depuis la communication de sa décision d’expulser ces deux prêtres en décembre 2023, l’unique rencontre entre l’évêque de Quimper et les fidèles est restée stérile. Cette situation est pour eux à la fois incompréhensible et injuste. Ces deux prêtres sont membres de la Fraternité Saint Pierre. En juin 2023, Monseigneur Dognin leur avait renouvelé la mission qu’ils accomplissent dans le diocèse depuis des années. Six mois plus tard, il a annoncé qu’ils seraient chassés du diocèse d’ici le mois d’août 2024, privant plus de 300 fidèles de tout le bien spirituel qui leur était procuré: messes, sacrements, catéchisme, formations, vie de communauté.
En guise de solution, Monseigneur Dognin envisage de demander à des prêtres diocésains d’assurer, en remplacement à tour de rôle, la célébration de la messe dominicale. Mais les activités pastorales qui font la richesse de la pédagogie traditionnelle sont supprimées. Les fidèles constatent que cette décision a été prise sans aucune concertation avec eux, loin de l’esprit de synodalité. Ils s’inquiètent et s’étonnent de cette prise de position, à l’opposé de la décision de Monseigneur Dognin de faire appel à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre en 2016, répondant ainsi favorablement à la demande de catholiques finistériens.
Les fidèles de Saint Matthieu et Sainte Sève réclament la poursuite de la mission de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre dans le diocèse de Quimper et Léon avec le maintien de pasteurs pour accompagner leur communauté. Ils demandent très filialement à Monseigneur Dognin et son presbyterium, de les recevoir pour qu’ils puissent présenter les raisons qui les motivent à vouloir conserver la présence de la Fraternité Saint Pierre dans le Finistère.


Vers la fin des Chrétiens d’Orient ?
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :
- Mgr Rafic NAHRA, évêque auxiliaire de Jérusalem
- Mgr Pascal GOLLNISCH, directeur de l’Oeuvre d’Orient
-
Loys de Pampelonne, directeur du cabinet de Malte France
Débat élections UE : « essentialisation », Madame Valérie Hayer ?
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ESSENCE ET MIGRANTS
Lors du débat Jordan Bardella / Valérie Hayer de jeudi, cette dernière a dit « moi, je n’essentialise pas les migrants ».
Analysons.
L’essence, c’est l’être. Ce que l’on ne peut pas changer. Essentialiser, c’est mettre dans une case : il est ceci parce qu’il est cela.
Essentialiser les migrants ? Par essence, les migrants sont des personnes dont l’enracinement est ailleurs. C’est un fait. Il leur faut donc un effort pour s’intégrer, s’assimiler. L’effort pour devenir Français d’adoption. En ce sens, on peut « essentialiser les migrants », et dire que cela pose des difficultés. Surtout avec un grand nombre, et une « distance culturelle » importante.
En revanche, « essentialiser les migrants » concernant la délinquance est une erreur. Certes, il est possible qu’il y ait 1% de délinquants chez les « de souche », et 3 ou 4% chez les autres (chiffres réels introuvables). Mais cela signifie aussi que la grande majorité des migrants est honnête.
L’ISLAM : L’ESSENTIALISATION DANS TOUTE SON HORREUR
Allons plus loin dans cette notion d’essentialisation.
L’Islam.
Oui, l’Islam applique l’« essentialisation » de migrants, celle que Valérie Hayer prétend combattre.
Est musulman : l’enfant né de père musulman, et le converti.
Il est alors musulman à vie, par « essence ».
Samara et les buveurs de vins de Bordeaux en sont des exemples récents.
Ceux qui veulent quitter la « prison Islam » sont rejetés, harcelés, voire tués. L’Oumma ne les lâche jamais.
Alors, que faire, chère Valérie Hayer ? En réalité, vous avez déjà tout mis en place ou presque, bravo.
CLARIFIER CE QUI EST LEGAL / ILLEGAL
Après son expulsion de France, l’Imam Mahjoubi a fait appel. Le Tribunal Administratif (TA) a rejeté sa demande, et clarifié ce qui est légal ou illégal.
Tout est (très bien) expliqué ici
En d’autres termes, l’Islam est interdit en France, dans son « essence ». En effet, l’Islam repose sur deux piliers : le Coran (et les Hadiths explicatifs), et le « meilleur des hommes » le prophète Mahomet, à imiter. L’Islam interdit de relativiser le Coran et l’exemplarité de Mahomet, et le TA interdit cette interdiction.
L’Islam est donc interdit dans son essence.
AMIS MUSULMANS : NOUS DEVONS EXIGER QUE VOUS SOYEZ CLAIRS
En France, vous pouvez faire vos prières, Zakat, Ramadan, etc.
En revanche, il est interdit de vivre selon l’absolu du Coran et de l’exemple de Mahomet, ni même de le prôner.
Première étape, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti veut que les magistrats retiennent la religion comme circonstance aggravante lorsqu’un agresseur cible quelqu’un de sa propre communauté de fidèles. Cela va dans le bon sens, c’est une autre manière d’interdire l’Islam.
Etape suivante : aller plus loin, par exemple avant de donner un titre de séjour ou une naturalisation ? Poser la question aux personnalités publiques d’origine musulmane ? Il faut y réfléchir. Mais en tout cas, punir fortement (et expulser) ceux qui montrent leur attachement à cette « essentialisation ».
Cela facilitera la vie de tout le monde, en particulier de cette foule de musulmans « prisonniers de l’Islam ». Ils pourront même apostasier librement, s’ils le veulent. Se convertir à Issa (Jésus), que leurs propres textes montrent beaucoup plus vertueux que Mahomet ?
Alors, Mme Hayer, tout semble se mettre en place, grâce à vous.
Grâce à vous ? En réalité, vous n’aurez jamais la volonté ni le courage d’appliquer tout cela avec l’énergie qu’il faut. Jordan, Marion, à vous de jouer.
Charles Rosiers, ancien chroniqueur au quotidien Présent, [email protected]
PS : à la fin du débat, une autre phrase intéressante de Valérie Hayer est que « les femmes afghanes, elles ont droit, si elles sont persécutées, à pouvoir venir (en Europe), être protégées, et vivre dignement ». Cela signifierait que des millions de femmes ont ce droit. En Afghanistan, et sans doute dans beaucoup d’autres pays. Sans limite, Madame Hayer ?
Les restos du coeur de pierre [Addendum]
Colombe, qui s’est fait connaître en marge d’un meeting de Marine Le Pen le 1er mai, fait face aux conséquences de son témoignage et ne sera plus bénévole des Restos du cœur à Perpignan, où elle réside.
⚡️Colombe, dont l’interview ici avait fait le tour de France pour son témoignage bouleversant au meeting du RN, a perdu son statut de bénévole des Restos du cœur de Perpignan. Selon Le Figaro, c’est une conséquence de son témoignage.
— Livre Noir (@Livrenoirmedia) May 4, 2024
Raphaël Stainville à propos de #colombe, la bénévole des Restos du Cœur exclue de l’association car électrice RN : «Elle ne comprend pas et ne dort plus depuis des jours»,pic.twitter.com/uUdrSbCbwO
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) May 4, 2024
Jérôme Fourquet sur la vidéo de Colombe, militante du RN, indésirable aux Restos du Cœur, où elle était bénévole : «Toute une partie de l’électorat populaire qui votait à gauche est passé, avec armes et bagages, au Rassemblement national», dans #LeGrandRDV pic.twitter.com/3alyVuZTUl
— CNEWS (@CNEWS) May 5, 2024
Voilà encore une affaire qui plaide en faveur de l’anonymat sur les réseaux sociaux.
Coluche aurait été viré des Restos du Coeur :
Les Restos du Cœur auraient viré Coluche
“Effectivement je suis raciste…” 1986 #Colombe pic.twitter.com/bO0i0YaMKq— Destination Télé (@DestinationTele) May 4, 2024
Addendum : suite à l’indignation générale, les Restos du coeur font marche arrière :

Egalité entre les religions : islamophobie et « religiophobie »
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Le journal local La voix de l’Ain titre le 2 mai 2024 : La Ville de Bourg-en-Bresse dépose plainte après des actes islamophobes ; concernant ces fameuses affiches en français et en arabe reprenant quelques sourates du Coran. Le maire de la ville Jean-François Debat, s’empresse de déposer plainte au nom de la Ville, afin d’identifier les auteurs de ces documents. Celui-ci a déclaré :
« Des affiches islamophobes ont été placardées dans les rues de Bourg-en-Bresse. Leur contenu vise de manière explicite à signifier que l’islam serait une religion de haine. C’est une insulte à l’égard des musulmans de notre ville qui vivent leur religion en paix et n’aspirent qu’à cela. Au-delà, il s’agit d’un acte de haine à l’encontre de nos concitoyens musulmans auquel j’apporte mon entier soutien et ma pleine solidarité. Jamais, je ne laisserai ma ville être le théâtre de l’expression du rejet des musulmans. Ces affiches aux relents xénophobes n’ont pas leur place ni dans notre ville, ni dans notre pays. »
Exposer à la vue de tous quelques sourates bien peu pacifiques, c’est évidemment faire preuve d’un discours de haine, pourtant présent dans le texte. C’est avoir l’intention de nuire à une religion en extrapolant à partir de quelques extraits fallacieux, évidemment, qui ne reflètent pas la foi des mahométans. Le propos de monsieur le maire est clair. Dire d’une religion qu’elle est possiblement une religion de haine (je reprends scrupuleusement ses mots), c’est une insulte et une preuve de haine à l’encontre des mahométans.
Prenons le pari de donner raison à monsieur le maire de Bourg en Bresse au nom de l’égalité, principe républicain s’il en est. Si J.F. Debat est un bon républicain, il partagera avec nous le souci d’une équitable laïcité, soucieuse de faire respecter chaque religion, sans autoriser des dérives haineuses à leur propos. C’est ce qu’on peut comprendre de sa plainte et de sa déclaration au journal local. Alors, faisons suite à son propos. Monsieur le maire de Bourg en Bresse devrait prendre la tête d’une loi pour lutter contre toute forme de reliogiophobie (haine des religions). Car pourquoi écrire ce qu’il écrit à propos d’une religion avec tant de sympathie pour défendre les mahométans présentés ici en victime ? N’en est-il pas de même dans ces milliers de discours de haine contre les chrétiens et leur croyance ? Pourquoi tolérer ces caricatures qui humilient le christianisme en parlant de l’inquisition par exemple ? Pourquoi accepter ces accusations contre les religions chrétiennes en se focalisant sur les guerres de religions ? Pourquoi critiquer l’Eglise pour le procès de Galilée ? Etc.
J’invite monsieur le maire de Bourg en Bresse à organiser rapidement un colloque dans sa ville sur le beau thème de la défense des croyants, trop souvent humiliés, jetés à la vindicte populaire, souvent maltraité dans l’enseignement de l’histoire qui ne cesse de mettre en avant les crimes religieux, d’une religion sans évoquer ceux des autres. La condamnation du rejet du mahométan ne doit pas se faire au prix de l’accusation des chrétiens, des catholiques, protestants, orthodoxes ou des juifs, sans oublier nos frères bouddhistes ou hindouistes.
Il est donc très important de prolonger le propos de J.F. Debat. Il n’est pas possible d’accepter des propos, des articles de journaux, des affiches, mais aussi des films qui insultent les religions en tentant d’en faire des sectes haineuses. Pourtant, monsieur le maire, il suffit de prendre un livre d’histoire de nos élèves pour constater que la haine est à toute les pages pour humilier les chrétiens et les juifs plus récemment. Vraiment, nous ne pouvons que souscrire à ce beau discours de tolérance universelle; mais il va falloir être cohérent et ne plus accepter la haine du pape, la haine des rabbins, la haine d’Israël, la haine des croyants tout simplement.
Je suggère vraiment à J.F. Debat d’écrire un nouveau texte :
Des affiches anti-religieuse portant sur toute religion ne peuvent être placardées car leur contenu vise de manière explicite à signifier que la religion ainsi déformée serait une religion de haine. C’est une insulte à l’égard des croyants qui vivent leur religion en paix et n’aspirent qu’à cela. Au-delà, il s’agit d’un acte de haine à l’encontre de nos concitoyens auquel j’apporte mon entier soutien et ma pleine solidarité. Jamais, je ne laisserai ma ville être le théâtre de l’expression du rejet des croyants. Ces affiches aux relents xénophobes n’ont pas leur place ni dans notre ville, ni dans notre pays.
Dans le cas contraire, chacun d’entre nous aura un doute, sans haine, un désappointement, un désenchantement devrai-je dire même. Car en refusant d’aller plus loin, je crois bien que sa déclaration est en fait le pire discours de haine obscurantiste que nous puissions entendre; celui d’un apologue d’un religion contre les autres, celui d’un défenseur excluant de son affection, ceux qui à travers le monde sont les pires martyrs (les chrétiens en grand nombre), et les pires cibles (les juifs aujourd’hui). Sans l’élargissement de son propos, je crains que nous assistions à une déclaration de guerre contre l’esprit critique, la liberté d’expression et de débat où chaque religion peut-être louée et critiquée pour ses textes et ses œuvres.
Pierre-Antoine Pontoizeau
Les 300 ans de la naissance de Kant et l’influence néfaste du kantisme
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Le 22 avril 2024 beaucoup ont célébré les 300 ans de la naissance d’Emmanuel Kant. Il y a eu beaucoup d’articles, souvent élogieux, pour celui qui est considéré comme l’un des plus grands philosophes modernes. Certes, son influence est grande encore dans beaucoup de milieux philosophiques, politiques, etc. et même dans certains milieux catholiques. Mais ce qu’on dit moins souvent, voire pas du tout, ce sont les origines de son système, les véritables raisons de son influence et les conséquences néfastes de son système aujourd’hui.
Dans l’avant-propos à leur œuvre «Cours de philosophie scolastique» (Berche et Tralin, Paris, 1905), les pères A. Farges et D. Barbedette résument de manière claire les problèmes posés par le kantisme. Il rappellent d’abord que le problème principal se situe au niveau de la théorie de la connaissance de Kant. Dans sa «Critique de la raison pure» il en arrive à dire que l’homme n’est pas capable de connaître les objets du monde, et qu’il n’est confronté qu’à ses représentations. Et contrairement à ce qu’explique une saine philosophie, Kant affirme que nos connaissances ne vont pas se mouler sur les objets extérieurs mais sur les formes «a priori» de nos mentalités. Et tout cela a des conséquences diverses dans son système, notamment la prétendue impossibilité des preuves de l’existence de Dieu. L’autre conséquence touche à la morale : on ne peut pas bâtir une éthique sur des principes externes, comme dans la philosophie classique, mais sur des principes internes, d’où les fameux «impératifs catégoriques» de Kant.
En ce qui concerne les origines de son système, les pères A. Farges et D. Barbedette parlent d’une double origine, l’une théologique et l’autre philosophique. L’origine théologique remonte aux thèses de Martin Luther. Ils écrivent : «Le dogmatisme moral ou fidéisme de Kant n’est au fond que le fidéisme de Luther, transporté de la théologie en philosophie. La raison pure de Kant n’est que la « raison maudite » de Luther et « la concubine du diable ». La foi en la raison pratique de Kant, qui est un acte de volonté et de sentiment sans raison, c’est la foi en la Révélation intérieure ou goût spirituel individualiste de Luther. Pour l’un et pour l’autre, le vrai n’est pas atteint par l’intelligence, mais par la volonté. Aussi tous les deux ont-ils cru trouver « le salut dans la foi ».». Et l’origine philosophique remonte aux écrits de Descartes qui s’est aventuré sur le terrain du subjectivisme dans ses «Méditations Métaphysiques».
Pourquoi Kant influence-t-il encore beaucoup de milieux? En réalité Kant n’a jamais réfuté, en bonne et due forme, la philosophie classique aristotélico-thomiste. Son influence dans les universités est la suite d’actes politiques liés à la Révolution Française qui ont modifié les programmes universitaires dans les universités devenues laïques au cours du XIXe siècle. Les pères A. Farges et D. Barbedette écrivent :
«Il avait promis d’affranchir définitivement la raison humaine, la raison théorique et la raison pratique, en décrétant leur « autonomie ». Quel beau rêve, quel idéal séducteur, pour une société nouvellement éclose de la Révolution, et comme on comprend la faveur et l’engouement qu’il souleva en France, jusqu’au sein de la Convention nationale, qui s’empressa — sans l’avoir jamais lu — d’honorer Kant du titre de citoyen français !».
En ce qui concerne les conséquences néfastes de son système, les pères A. Farges et D. Barbedette ont écrit il y 120 de manière prophétique. Beaucoup des dangers qu’ils entrevoyaient se sont réalisés durant le XXe siècle et le début du XXIe. Le kantisme a une une influence notamment sur Hegel et ce dernier a influencé Marx, Heidegger, Nietzsche, etc. Le philosophe argentin Tomás Abraham a même affirmé récemment que Kant était le père du nihilisme. Les philosophies du XIXe et XXe siècles ont continué à s’enfoncer dans le subjectivisme accompagné, à cause de Hegel, de certaines formes de panthéisme. Cette influence a touché le catholicisme et a conduit notamment à la crise moderniste et a encore de l’influence jusqu’à l’actuel Synode des Evêques à travers l’oeuvre du théologien Karl Rahner et des théologiens de la libération.
Comme l’expliquent les pères A. Farges et D. Barbedette, le kantisme conduit à croire que l’être humain est incapable d’atteindre des vérités sur Dieu avec son intellect. Et dans le domaine de la théologie on penserait justement que les dogmes ne seraient plus d’un grand secours à cause d’une prétendue impuissance à atteindre des vérités sur Dieu avec notre intellect. Les pères A. Farges et D. Barbedette écrivent :
«Alors on a beau jeu pour célébrer l’évolution des dogmes, et pour nous demander le changement perpétuel de nos formules et de nos croyances, sous prétexte de les mettre en harmonie avec « les exigences de la pensée contemporaine» !
Ces « exigences » équivaudraient à reléguer le dogme à l’arrière-plan, parmi les noumènes inconnaissables, et bientôt à l’abandonner parce qu’il nous divise, pour nous réunir tous sur le terrain nuageux d’une religion sans dogme : « Aimez-vous les uns les autres », et cela suffit ! Toutes les religions fusionneraient ainsi dans une fraternité universelle !»
Et justement on est en plein dedans. En ce moment du Synode des Evêques on parle beaucoup de d’une sorte de fluidité des dogmes pour les adapter au monde contemporain. On parle beaucoup des changements au niveau des enseignements de l’Église sur l’homosexualité. Le cardinal Hollerich, qui joue un rôle clé dans la synode, a affirmé en 2022 que l’Église devait changer l’enseignement selon lequel les relations homosexuelles sont un péché.
La «religion sans dogme» dénoncée par les pères A. Farges et D. Barbedette a joué un rôle dans beaucoup de «nouvelles communautés» catholiques où l’accent a été mis sur l’affectivité, les sentiments, etc. Et ces derniers temps on parle de la menace de projets d’une «religion mondiale» sans le Christ. Dans un article du site lifesitenews, on parlait d’un franc-maçon qui avait révélé les plans d’une religion mondiale.
Il est donc important de continuer à se renseigner sur les origines et les conséquences néfastes du kantisme.
Terres de Mission : Christianisme et géopolitique
Eglise universelle : La dignité de l’homme est-elle infinie ?
Le 7 avril est parue une déclaration du dicastère pour la doctrine de la foi, Dignitas infinita. Ce document s’il condamne vigoureusement de nombreuses pratiques contraires à la dignité de l’homme (avortement, esclavage, GPA), justifie ces interdictions par la “dignité infinie” de l’homme. Jeanne Smits analyse le sens de cette déclaration, à certains égards très surprenante.
Eglise en France : Les nuits d’Aldéarde à Airvault
Les 2, 3, 9 et 10 août prochains auront lieu à Airvault, dans les Deux-Sèvres, les Nuits d’Aldéarde, spectacle son et lumières ayant pour objectif de permettre aux habitants de la petite ville d’Airvault de renouer avec leur histoire et d’en être fiers. Béatrice Gindre nous présente la seconde édition de ce spectacle à la fois enraciné et populaire.
Eglise en Marche : Christianisme et géopolitique
La prochaine université d’été de Renaissance catholique aura lieu du 11 au 14 juillet, au château des Termelles (37). Les intervenants et les participants rassemblés s’interrogeront sur les conséquences pour la transmission de la foi et l’évangélisation du fait que pour la première fois depuis le IVème siècle, il n’existe plus aujourd’hui de puissance politique se réclamant de la religion catholique. Auteur de “Si tu veux la paix prépare la guerre – Essai sur la guerre juste”, François-Régis Legrier nous présente le sujet de sa propre conférence ainsi que le programme général de cet événement.
Aide à mourir ou aide à faire des économies?
Mais le mot « aide » n’est pas toujours synonyme de bienveillance. S’agit-il d’aider les mutuelles à faire des économies? Les caisses de retraite à équilibrer leurs comptes? Voire les ayant-droits à toucher l’assurance décès qui ne serait pas versée en cas de suicide spontané, mais dont le projet de loi oblige le versement en cas de suicide assisté? Trop de jeux sémantiques et trop d’affirmations péremptoires empêchent de voir de nombreux intérêts fort éloignés de la fraternité et de la cohésion voire de la justice sociale.
Les Chrétiens Protestants et Evangéliques rappellent que notre Créateur nous a enseignés avec le commandement: « Tu ne tueras pas ». Ce serait un grand mal que de ne pas laisser cette parole résonner dans la conscience collective. Substance létale est le mot insoutenable de ce texte.
Enfin, l’intitulé de ce projet de loi imprime dans la pensée l’idée que toute fin de vie est physiquement insupportable. Cette affirmation sournoise se traduit par l’élaboration savante d’une planification illusoire de la fin de vie. La revendication militante de choisir sa mort, à l’origine de ce projet de loi, nous amène paradoxalement à une véritable confiscation de l’intimité et de la destinée personnelle et/ou familiale.

