Blogs avec images

Déficit public du “tocard de la finance”

Selon l’INSEE, en 2023, le déficit public s’élève à 5,5 % du PIB, la dette publique à 110,6 % du PIB. Voilà les résultats du “quoi qu’il en coûte” et de l’argent gratuit… Mais surtout ne supprimons pas l’Aide Médicale d’Etat pour les immigrés clandestins, remboursons les 230 000 avortements annuels, distribuons gratuitement des milliers de préservatifs, finançons la presse et les associations gauchistes… Ce n’est pas l’option de Bruno Le Maire :

C’est bien plus que les 4,8% de déficit réalisés en 2022 et que les 4,9% initialement prévus par le gouvernement pour 2023.

Les membres du Congrès demandent à la Cour suprême de protéger les femmes et les enfants des dangers de la pilule abortive

Les Republicains Chris Smith et August Pfluger, ainsi que des avocats de l’ADF (Alliance Defending Freedom) et des experts médicaux, demandent à la FDA (Food and Drug Administration) de rendre des comptes pour avoir négligé la loi fédérale concernant l’approbation des médicaments abortifs et les normes de sécurité.

La Cour suprême entendra les plaidoiries dans l’affaire FDA v. Alliance for Hippocratic Medicine, le mardi 26 mars. Les plaignants ont été rejoints par 25 États, 145 membres du Congrès, des femmes lésées par l’avortement chimique et une large coalition de médecins et de groupes de défense qui ont déposé des mémoires auprès de la Cour.

L’Alliance Defending Freedom, qui présentera les arguments pro-vie au tribunal, souligne qu’en plus de tuer le bébé dans l’utérus, le médicament abortif présente “des risques graves, voire mortels, pour les femmes”.

En 2000, la FDA a autorisé l’utilisation aux États-Unis de médicaments à haut risque pour l’avortement, moyennant le respect de normes de sécurité spécifiques. La FDA exigeait des médecins qu’ils fournissent des soins continus aux femmes et aux jeunes filles utilisant ces médicaments, y compris des visites en personne pour vérifier les grossesses extra-utérines, les hémorragies graves et les infections potentiellement mortelles. Depuis l’approbation initiale du médicament, la FDA a supprimé presque toutes les normes de sécurité qu’elle avait jugées essentielles pour la santé et la sécurité des femmes.

En supprimant l’obligation pour les médecins de fournir des soins en personne, la FDA a laissé les jeunes filles prendre ces médicaments à haut risque seules à la maison ou dans leur chambre d’étudiant. Elle a également supprimé l’obligation pour les prescripteurs de signaler toutes les complications graves liées à ces médicaments.

Parmi les points clés de l’affaire, l’ADF soutiendra que :

  • Les femmes subissent des dommages graves, voire mortels, parce que la FDA n’a pas tenu compte de leur santé et de leur sécurité.
  • La FDA doit être tenue pour responsable de la violation de son devoir de protection des femmes et des jeunes filles.
  • Les médecins que représente l’ADF ont été les premiers témoins des dommages causés aux femmes et aux jeunes filles par les actions irréfléchies de la FDA.
  • L’étiquette de la FDA concernant ces médicaments abortifs indique qu’environ une femme sur 25 qui prend ces médicaments finira aux urgences.

L’agence a également ignoré les effets potentiels du régime de blocage hormonal sur le corps en développement des adolescentes, en violation de la loi sur la recherche pédiatrique et l’équité (Pediatric Research and Equity Act – PREA). Enfin, la FDA n’a pas tenu compte des preuves substantielles selon lesquelles les médicaments abortifs chimiques entraînent plus de complications que les avortements chirurgicaux.

L’ADF a également allégué que la FDA n’a pas seulement “suivi la science, fait marche arrière ou corrigé ses erreurs – tout cela au détriment des femmes et des filles”, mais qu’elle a au contraire “doublé ses actions et supprimé les quelques garde-fous qui étaient en place”.

L’ADF a également fait valoir que le recul des restrictions expose les femmes et les jeunes filles au risque de trafic sexuel, car il permet aux agresseurs sexuels de forcer leurs victimes à se faire avorter à l’insu de tous. L’ADF a déclaré que l’autorisation des avortements chimiques par la poste

“ne nuit pas seulement aux femmes et aux jeunes filles qui subissent volontairement des avortements chimiques, mais qu’elle aide également les trafiquants et les agresseurs sexuels à forcer leurs victimes à se faire avorter tout en empêchant les autorités d’identifier ces victimes”.

À l’appui de son argumentation, l’ADF souligne que

“l’État du Texas a reconnu qu’en raison du nombre potentiellement élevé de victimes de la traite qui subissent des procédures d’avortement, les employés des établissements d’avortement sont particulièrement bien placés pour identifier et aider les victimes de la traite à des fins sexuelles”.

La dangerosité de la pilule abortive devant la Cour Suprême des Etats-Unis

Julie Marie Blake, avocate de l’organisation Alliance Defending Freedom, défendra devant la Cour Suprême la dangerosité des médicaments chimiques pour l’avortement afin que la Haute Cour reconnaisse les préjudices et le danger que ce produit représente pour les femmes et exigera que la FDA (Food and Drug Administration, chargée de la surveillance des produits denrées alimentaires et des médicaments) rétablisse les restrictions médicales de base.

La FDA a en effet supprimé les mesures de protection de la santé et de la sécurité des femmes. Il s’agit de garanties concernant les médicaments chimiques utilisés pour l’avortement, comme la visite d’un médecin en personne, la limitation de l’utilisation de ces médicaments à un stade plus avancé de la grossesse, la collecte de données sur les cas où des complications surviennent chez les femmes. Elle souligne à Life Site News :

Si la Cour suprême nous donne raison sur la question limitée qui nous est posée, elle confirmera la décision de la Cour d’appel des États-Unis pour le cinquième circuit, qui a convenu avec nous que la FDA a imprudemment trahi les femmes et les jeunes filles en supprimant les garanties et en mettant en péril leur santé et leur sécurité. Il s’agit donc de la portée totale de son avis. Nous espérons que la Cour suprême le fera et qu’elle se rendra compte que la FDA n’a pas accordé la priorité à la santé et à la sécurité des femmes lorsqu’elle a supprimé ces garanties importantes sur les médicaments chimiques utilisés pour l’avortement.

LFN souligne qu’il existe une loi fédérale interdisant l’envoi d’un médicament abortif d’un État à l’autre.

Est-ce l’une des lois fédérales spécifiques que vous soutiendrez être violée ?

Oui. La FDA n’avait donc aucune autorité ni aucune preuve pour permettre aux femmes de recevoir des médicaments chimiques abortifs par courrier en ligne, sans jamais avoir de visite médicale en personne, ce qui est si important pour les grossesses extra-utérines et pour soigner les femmes qui traversent ce processus. La loi fédérale interdit l’envoi par la poste de médicaments abortifs chimiques. Et la FDA n’avait pas d’études, elle a même dit qu’elle n’avait pas d’études adéquates pour montrer que l’envoi de ces médicaments était sans danger.

Ainsi, au regard de la loi et des faits, la FDA a tout simplement trahi les femmes et les jeunes filles en autorisant l’envoi de médicaments abortifs chimiques par courrier en ligne, en remplissant simplement un formulaire, sans examen médical préalable, sans suivi, sans personne à proximité pour aider la femme. Il est tout simplement consternant que les femmes soient laissées seules chez elles, dans leur chambre d’étudiant ou dans leur salle de bain, pour pratiquer leurs propres avortements chimiques sans aucune surveillance, sans que personne ne les aide, sans qu’aucun médecin ne soit présent à proximité pour les aider.

Deux ex-journalistes de Médiapart condamnés pour avoir envoyé de l’argent à des djihadistes

L’islamo-gauchisme est une réalité. On finit par comprendre pourquoi Mediapart a publié plusieurs articles à charge contre SOS Chrétiens d’Orient…

Céline Martelet et Edith Bouvier ont été condamnées vendredi pour avoir envoyé de l’argent à des djihadistes. Les deux journalistes qui ont travaillé dans de nombreux médias dont Médiapart, ont été condamnées respectivement à 10 et 12 mois d’emprisonnement assortis du sursis simple.

Édith Bouvier est une journaliste française, auteur de livres et réalisatrice de documentaires.

Céline Martelet a été grand reporter pour RMC et BFM.

Ensemble, elles ont écrit un livre en 2018 sur les françaises parties rejoindre l’Etat islamique.

Le maire d’Orléans s’inquiète du … grand remplacement

Serge Grouard, maire divers droite d’Orléans, est irrité de voir arriver des centaines d’immigrés, dispersés depuis Paris en prévision des Jeux Olympiques.

“Depuis plusieurs mois, je vois de nouvelles têtes parmi les sans-abri à Orléans. Lorsque je vais au Relais orléanais pour manger ou bien au Secours catholique rue des Murlins, il y a des gens qui viennent de Paris. Ils me l’ont dit.” “Ils ont été éjectés de Paris pour que la France soit belle pour les Jeux olympiques.” “Orléans n’a pas vocation à accueillir la colline du crack de Paris. J’en ai assez de ces politiques !”

“Depuis mai dernier, toutes les trois semaines, un car vient de Paris, avec trente à cinquante personnes SDF migrantes, le plus souvent en situation irrégulière, à son bord.  Environ 500 sont déjà arrivées à Orléans.”

“C’est choquant de déménager des gens plus ou moins volontairement ; c’est choquant, aussi, que les maires ne soient avertis de rien. D’après ce que je sais, elles sont prises en charge pour une durée de trois semaines. Comme les logements d’urgence sont saturés, l’État prend en charge des nuitées d’hôtel. Et après trois semaines, je ne sais pas exactement ce qu’elles deviennent…”

L’affaire Palmade et le statut juridique de l’enfant à naître

Une analyse à lire sur Le club des juristes. Extrait :

[…] L’enfant mort-né a été pendant longtemps ignoré par le droit. Il a été peu à peu pris en compte afin de tenir compte de la douleur des parents. La loi a permis, dans un premier temps, l’établissement d’un double acte d’état civil (de naissance et de décès) si l’enfant mort avant sa reconnaissance était né vivant et viable. Elle a autorisé ensuite, indépendamment de ces critères, l’inscription de l’enfant mort-né à l’état civil, au moyen d’un « acte d’enfant sans vie » dressé au vu d’un certificat d’accouchement. Ce dernier est défini comme « le recueil d’un corps formé – y compris congénitalement malformé – et sexué, quand bien même le processus de maturation demeure inachevé et à l’’exclusion des masses tissulaires sans aspect morphologique ». Ce qui exclut les IVG et les fausses couches intervenant au cours du premier trimestre de grossesse (Circ. interministérielle DGCL/DACS/DHOS/DGS, 19 juin 2009). Depuis 2021, les parents sont autorisés à faire figurer sur cet acte le ou les prénoms de l’enfant ainsi que son nom de famille (C. civ., art. 79‑1, al. 2). Cette inscription n’emporte aucune conséquence juridique. L’enfant n’acquiert pas la personnalité juridique et sa filiation n’est pas établie. L’acte ne préjuge pas du point de savoir s’il a survécu ou non. Tout intéressé peut néanmoins saisir le tribunal judiciaire afin qu’il soit statué sur cette question.

L’enfant à naître est-il protégé par le droit ?

Cette protection existe, mais elle n’est pas absolue. Le droit français encadre le recours à l’IVG ainsi que la destruction et les recherches sur l’embryon que la loi et la jurisprudence européenne ne considèrent ni comme une personne ni comme une chose (CJUE, gde ch., n° C 34/10, 18 oct. 2011). Le Code de la santé publique permet, toutefois, la destruction d’embryons surgelés ayant plus de cinq ans d’existence (CSP, art. L. 2141-4). La destruction fautive d’embryons in vitro par un établissement médical ne constitue un préjudice réparable que s’ils étaient destinés à une AMP (CAA Douai, 6 déc. 2005, 2ème ch., Formation A3, n° 04DA00376). La loi bioéthique de 2021 a assoupli les recherches sur l’embryon. Celles-ci sont désormais subordonnées, non plus à une finalité médicale, mais à l’amélioration de la connaissance de la biologie humaine. Ces dispositions ont été jugées conformes à la Constitution au motif qu’elles permettent des recherches ne présentant pas un intérêt médical immédiat, sans déroger à l’interdiction des pratiques eugéniques et au principe constitutionnel de sauvegarde de la dignité humaine. Il en a été de même de la substitution à l’interdiction de la création d’embryons transgéniques ou chimériques de celle de modifier un embryon humain par l’adjonction de cellules provenant d’autres espèces (Cons. const., 29 juill. 2021, n° 2021-821 DC).

Enfin, la protection de l’enfant à naître soulève la question du diagnostic pré-implantatoire (DPI) où le risque de dérives eugénistes est particulièrement à redouter. Ce diagnostic n’est possible que dans des conditions strictes. La possibilité – un temps envisagée – de recourir à titre expérimental au DPI-A, c’est-à-dire à la recherche d’une anomalie chromosomique de l’embryon avant implantation, dans le cadre d’une AMP, a été rejetée lors de l’adoption de la dernière loi bioéthique. La crainte de la recherche de l’enfant parfait l’a ici emporté.

Le président de la débauche

16,7 millions de préservatifs ont été distribués gratuitement en pharmacie aux moins de 26 ans depuis le 1er janvier 2023.

Emmanuel Macron s’est félicité de cette débauche :

“En ce week-end de Sidaction, un rappel important à tous les moins de 26 ans: pour vous, les préservatifs sont gratuits. Profitez-en. Continuez de vous protéger !”

Il paraît que l’Etat cherche à faire des économies…

“Des centaines d’ex-soldats de l’État islamique se sont installés en Ukraine et ne rencontrent aucun problème avec les autorités”

Les “journalistes” français de LCI et BFM sont tellement étouffés par leur propre idéologie qu’ils ont été incapables de camoufler leur incompétence suite à l’attentat de Moscou, revendiqué par l’Etat islamique. Après avoir passé leur vendredi soir à accuser à demi-mots Poutine d’avoir lui-même organisé cet attentat, ils ont dû admettre que la revendication par Daesh enlevait toute crédibilité à leurs sous-entendus odieux.

La vérité et les détails de cet attentat seront sans doute très difficile à déterminer. Imaginer que les Etats-Unis et la France sont transparents et disent toute la vérité à leur opinion publique suite à une attentat relève de la naïveté. Le Secret défense n’a pas été inventé pour rien. Oui, il est évident que Poutine instrumentalise(ra) cet attentat afin de mobiliser son opinion publique dans la guerre contre l’Ukraine, qui reste son effort principal ce qu’il ne faut pas oublier. Mais il est ridicule de penser qu’il ne tient pas compte du risque islamique, son engagement en Syrie le prouve aisément. Critiquer les manquements ou l’incompétence des renseignement russes relève du même aveuglement idéologique de la part de journalistes français alors que les attentats du Bataclan, de Charlie Hebdo ou de Nice n’ont pu être évités…tout comme ceux du 11 septembre 2001 aux États-Unis ou de 2004 en Espagne.

Alors que certains experts militaires ont relevé que le maniement des armes automatiques des quatre terroristes étaient très professionnel et ressemblait étrangement au maniement des armes enseignés dans les armée occidentale, la lecture de cet article du Point de 2019 devrait donner à réfléchir et permet peut-être de trouver un juste milieu dans les explications de l’attentat de Moscou :

“L’arrestation récente à Kiev d’un leader de l’État islamique que le monde croyait mort interroge sur la place de l’Ukraine dans le domaine terroriste. Selon un article du quotidien britannique The Independent, le pays serait devenu l’un des domiciles refuges des djihadistes de Daech en exil depuis leur départ de Syrie et d’Irak (…)

En réalité, il s’avère qu’il aurait vécu tranquillement pendant deux ans en Ukraine, sans être inquiété des autorités. Selon les précisions des services de renseignements ukrainiens, le SBU, l’homme aurait même continué de coordonner des opérations terroristes depuis Kiev. Une situation rendue possible en raison des failles qui peinent à être résolues dans le système juridique et policier de l’Ukraine. Selon un ancien agent des services de renseignements britanniques, les premiers bénéficiaires de ces failles sont d’ordinaire les réseaux de crime organisé, mais ce régime laxiste a aussi permis aux terroristes d’en profiter (…)

Selon The Independent, le choix de l’Ukraine comme refuge pour les djihadistes en exil n’est pas anodin : le pays est souvent en proie à une certaine instabilité politique, la corruption reste présente et les services de renseignements et de sécurité ne semblent pas être toujours efficaces. D’un point de vue géographique, le territoire est proche de la Tchétchénie et de la Géorgie, pays ayant produit de nombreux soldats de l’État islamique. La situation pourrait d’ailleurs inquiéter l’Union européenne puisque, dorénavant, les Ukrainiens souhaitant se rendre dans des pays de l’UE n’ont plus besoin, pour la plupart, de demander un visa.

Si certains terroristes ne vont pas plus loin que la Turquie, d’autres n’hésitent pas à poursuivre jusqu’en Ukraine pour y poser leurs valises : « Arriver en Ukraine, c’est une opération en plusieurs étapes. Ceux qui y parviennent sont ceux qui sont véritablement dangereux », estime l’experte du djihadisme Vera Mironova dans les colonnes du quotidien. D’après elle, des centaines d’ex-soldats de l’État islamique se sont installés en Ukraine. Ils ne représentent toutefois pas une menace immédiate pour le pays, ayant fui les combats pour se refaire une vie, plus tranquille. Et la plupart du temps, ils ne rencontrent aucun problème avec les autorités, ajoute-t-elle, et peuvent s’installer sans être inquiétés par l’administration locale.”

Et pour ceux qui pensent que nos journalistes de plateaux TV (BFM et LCI) sont crédibles :

Jean-Frédéric Poisson critique les positions de LR, du RN et de Reconquête sur l’Ukraine

Dans une interview accordée au JDD, Jean-Frédéric explique sa position sur le conflit entre l’Ukraine et la Russie. Sa positon est marginale parmi les personnalités politiques mais sans doute beaucoup plus partagée dans l’opinion publique que l’on ne le croit. Et cela pose effectivement la question du positionnement des partis de droite sur ce sujet : LR est aligné sur la position macronienne, le RN n’est ni pour ni contre (abstention lors du vote) et Reconquête est d’une timidité déconcertante (chat échaudé craint l’eau froide). Dommage que certains partis de gauche (LFI et PC”F”) soient plus courageux que la droite…

Extraits :

Mais cet accord ne prévoit pas le déploiement de troupes françaises sur le sol ukrainien et pérennise seulement les livraisons de matériel militaire de tout type ou encore la formation du personnel militaire ukrainien tant que l’Ukraine n’a pas rejoint l’Otan.

Je ne vois pas quel avantage l’Occident a à continuer cette guerre en Ukraine qui n’est pas la nôtre. Je ne crois pas que la sécurité de la France soit en jeu. La France devrait participer à mettre les acteurs autour de la table et commencer les discussions en vue de la paix. Notre pays n’a rien à faire d’autre dans ce conflit que rechercher les voies de la paix, et donc cesser immédiatement d’aider l’Ukraine en faisant semblant de croire qu’elle peut gagner la guerre. Visiblement, les dirigeants occidentaux veulent prolonger une guerre inutile et déjà très meurtrière. J’aurais, comme Nicolas Dupont-Aignan, voté contre l’accord avec l’Ukraine à l’Assemblée nationale. Je salue le fait qu’il ait été le seul député de droite à voter contre cet accord.

Et je ne comprends pas que les partis de la droite française (Patriotes, Debout la France et VIA exceptés) aient adopté une position de carpette sur ce sujet. L’accord avec l’Ukraine ne prévoit peut-être pas de déploiement de troupes, mais il installe un climat belliciste insupportable. Témoin ce général qui voulait d’envoyer les fils de France verser leur sang en Ukraine pour faire comprendre à Vladimir Poutine que nous devons être pris au sérieux !

La victoire de la Russie ne contribuerait-elle pas à affaiblir la France et l’Europe ?

Je ne vois pas comment ni pourquoi. Les budgets cumulés de la défense des pays de l’Otan représentent entre douze et quinze fois celui de la Russie. Quel est l’intérêt de la Russie d’entrer en conflit avec l’Otan ? D’envahir la Pologne ? La Roumanie ? Pour quoi faire ? Poutine est un autocrate à la tête d’un régime très autoritaire, incontestablement. La Russie a fauté en envahissant en Ukraine, c’est vrai. Elle a contrevenu aux exigences du droit international, c’est exact. Mais les Russes ne sont pas fous. En agitant cette menace, on ne se donne que deux possibilités : la guerre illimitée dans sa forme actuelle, ou un conflit généralisé de type « troisième guerre mondiale ». Aucune de ces deux issues n’est conforme à nos intérêts, et nous n’en avons pas les moyens. La responsabilité de la France consiste à engager le processus de paix et sortir de ce conflit (…)

La décision de Jean-Frédéric Poisson de ne plus soutenir Reconquête et Marion Maréchal (alors que cette dernière est idéologiquement très proche de VIA) est donc une mauvais nouvelle mais est très cohérente intellectuellement. Jean-Frédéric Poisson va donc rejoindre Nicolas Dupont Aignan et Florian Philippot dans une aventure électorale probablement sans lendemain…

Une fois de plus, la droite montre sa profonde bêtise. Nous y étions habitués depuis longtemps pour LR, depuis une dizaine d’année pour le RN “dédiabolisé” mais nous pensions Reconquête plus courageux que cela…

Ancien soutien de François Fillon, Malika Sorel rejoint le RN

Après Alexandre Varaut, ancien du MPF, Fabrice Leggeri, ancien directeur de Frontex, c’est Malika Sorel qui rejoint le RN. Elle sera numéro 2 sur la liste menée par Jordan Bardella. Essayiste et ancienne membre du Haut Conseil à l’intégration, Malika Sorel a travaillé avec Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy et François Fillon. Contrairement à ce qu’affirmait Macron, elle déclarait en 2022 que la France n’avait jamais été une terre d’immigration. Interrogée dans Le Figaro, elle déclare :

[…] J’ai été traumatisée par les conditions antidémocratiques dans lesquelles François Fillon a été éliminé en 2017. Depuis, je suis orpheline : je n’ai pas trouvé, chez LR, de personnalité qui ait suffisamment de courage politique pour redresser la France et bâtir l’Europe des nations et des peuples qui s’impose. […]

Le RN est isolé au Parlement européen. Pourrez-vous agir ?

Nul ne peut présager la composition du prochain Parlement ! L’enjeu est d’avoir le maximum de députés pour peser sur chaque décision. Nous agirons grâce à des alliances thématiques et bloquerons les projets nocifs. Sur le pacte migratoire, les peuples sont opposés au fait que l’Europe reste une maison sans portes, ni fenêtres, ni toit. Sur le pacte vert, il faut mettre un terme au règne de l’écologie punitive et entendre les cris d’alarme lancés par nos entreprises. Il faut réinjecter de la cohérence : comment prétendre vouloir sauver la planète et protéger la biodiversité, tout en important des denrées de l’autre bout du monde ?

[…]

Douze ans après la dissolution du Haut Conseil à l’intégration, faut-il un Haut Conseil à l’assimilation ?

C’est un sujet interministériel. L’assimilation ne peut être imposée car elle se joue sur le registre moral et affectif, mais il faut tout faire pour ne pas la rendre impossible. Or nombre de mauvaises décisions politiques l’ont entravée : flux migratoires; discrimination positive; repentance qui crée et alimente le ressentiment; octroi de la nationalité quand bien même l’assimilation a échoué – ce qui alimente le sentiment d’impunité, etc. Nous ne devons pas tolérer que les principes républicains soient bafoués sur le territoire français !

De l’abandon des personnes âgées durant la pandémie à la loi sur l’euthanasie

Laurent Frémont est fondateur du collectif «Tenir ta main» et auteur du rapport «Droit de visite et lien de confiance». Dans Le Figaro, il met en garde :

Il y a quatre ans, la France entrait dans le « grand confinement ». […] Un grand nombre de personnes âgées et de patients ont été contraints à la solitude absolue dans les derniers moments de leur existence, et confrontés à un manque, à une béance : l’absence des proches, que nulle autre présence ne pourrait totalement remplacer, dans des instants où se disent et se vivent tant de paroles, de silences, d’émotions, que l’on a peine à croire qu’ils puissent faire humainement l’objet d’une réglementation.

La gestion de la pandémie a conduit au cumul du pire qui puisse s’observer en matière de derniers adieux, dont il ne faut pas se lasser de répéter qu’ils sont indissociables de la condition humaine. En interdisant aux proches de voir le visage du défunt, en restreignant les rites funéraires, en le précipitant dans un sac plastique, nu, sans toilette funéraire, en interdisant l’adieu, c’est une atteinte grave à la ritualité de la mort et au travail de deuil qui a été portée. Comme si les autorités fermaient, au nom d’on ne sait quelle légitimité juridique ou sanitaire, le défunt au regard de celles et ceux qui l’aimaient.

Phase ultime de la ritualité funéraire, les obsèques ont été limitées, voire empêchées. Il ne faut pas négliger la rupture anthropologique que constitue cette dénégation d’un dénominateur commun de l’histoire humaine. La mort dans l’humanité s’est toujours accompagnée de rituels, certes très dissemblables dans l’espace et dans le temps, mais réunis autour d’un fondement commun, à savoir l’hommage et le dernier adieu au corps du défunt, indissociable de la personne dont le visage est la manifestation au monde, son épiphanie, disait Levinas.

Des repères éthiques insuffisamment ancrés ?

C’est ainsi que la mutilation des rituels de la mort et du deuil, liée à la peur irraisonnée de contaminations, a entraîné des souffrances d’une violence inouïe et qui, dans nombre de cas, seront longues à cicatriser. Il y eut dans cette action sanitaire administrée une forme de barbarie moderne, car elle bannissait l’expérience vive du lien, du souffle et du mourir, pour y substituer un traitement abstrait défigurant chaque vie vécue, déchirée, puis perdue.

L’argument du moindre mal révèle ici son aporie, qui, de moindre mal en moindre mal, nous conduit toujours vers le pire : comme nous le rappelle Hannah Arendt, « ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal ».

Or, si nos repères éthiques ont pu être balayés si rapidement, c’est bien qu’ils n’étaient pas suffisamment ancrés au sein de notre conscience commune ; si les défunts ont été considérés avec si peu de dignité, c’est bien parce que la finitude de notre condition s’était peu à peu effacée de nos sociétés ; si les protocoles se sont imposés avec tant de facilité c’est bien parce que notre sens de la sollicitude était dévoyé.

Les morts reclus de la pandémie ne pourront nous quitter, et nous ne pourrons les laisser reposer en paix que si nous les rappelons en notre présence, et refaisons avec eux le chemin de la fin, en évitant ce qui a pu éroder notre humanité. C’est à cette condition que nous pourrons alors sceller notre sort commun par un adieu prononcé, tout autre que celui que l’épidémie imposa, atone et métallique.

Les mêmes transgressions

Les annonces récentes du président de la République sur la fin de vie nous permettent malheureusement d’en douter. On y voit la même verticalité de la décision, lorsque ce sujet devrait faire l’objet d’une concertation démocratique poussée. On y perçoit la même vision technicienne qui revient à enfermer la mort dans un corset juridique et procédural. On y trouve la même dénaturation du langage qui masque la réalité : après avoir utilisé un registre martial inapproprié lors de la pandémie, Emmanuel Macron parle de « regarder la mort en face » en se refusant pourtant de nommer ce qu’il préconise d’instaurer. On y retrouve la même violence d’une décision ficelée à la va-vite et sans réflexion approfondie, négligeant l’apport essentiel des sciences humaines, et méprisant l’expérience des soignants. On y constate la même violence d’une politique sanitaire contrainte de s’adapter à son cadre budgétaire, et non l’inverse. On y voit clairement se dessiner un « acharnement autonomique » qui court le risque d’abandonner la personne vulnérable à une froide solitude décisionnelle, au nom d’une conception extrémiste de l’autonomie qui rompt avec le principe de fraternité.

Alors qu’on jette un voile pudique sur les morts solitaires, les consciences bafouées, les deuils escamotés et les vies lacérées, nous avons le devoir de regarder en face ce qui nous a collectivement blessés, en prenant le risque de la fraternité, de l’accompagnement jusqu’au bout et du souci de l’autre, cette résistance humble, mais pourtant irremplaçable.

Des groupes d’extrême gauche et féministes infiltrés par des islamistes

Livre Noir a infiltré l’extrême gauche

Ouverture des inscriptions du 42e pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté de Paris à Chartres

Chartres sonne… Chartres t’appelle... Amis pèlerins, bonjour !

En cette année marquée par la constitutionnalisation de l’avortement et la préparation de la légalisation de l’euthanasie, le thème du 42ème pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté, Je veux voir Dieu, trouve une acuité toute particulière.

C’est avec enthousiasme que les milliers de pèlerins s’élanceront sur les routes de Chartres les 18, 19 et 20 mai 2024. Cette année, le thème central de leurs méditations sera les fins dernières pour réveiller en eux le désir du Ciel.

Pour répondre à une croissance toujours plus forte qui avait contraint Notre-Dame de Chrétienté à fermer les inscriptions 8 jours avant le pèlerinage en 2023, l’organisation des départs
à été modifiée : deux colonnes partiront successivement de St Sulpice le samedi 18 mai. Les chapitres adultes ont rendez-vous à St Sulpice à 5h30. La première colonne adulte assistera à la messe célébrée par l’Abbé Guilhem Le Coq, de la Fraternité Saint Pierre, à 18h45 sur le bivouac de Choisel. La messe d’envoi de la deuxième colonne sera célébrée par l’Abbé Guilhem de Labarre, de la Fraternité Saint-Pierre, en présence de Mgr Emmanuel Tois, évêque auxiliaire du diocèse de Paris ; le mot d’envoi sera prononcé par l’Abbé Jean de Massia, Aumônier Général de Notre-Dame de Chrétienté.

Les pastoureaux/enfants/familles partiront d’Igny après une messe célébrée à 10h45 par le Père Jean-Denis Chalufour, Chapelain de Notre-Dame des Familles.

Le dimanche 19 mai 2024, la Messe de la Pentecôte sera célébrée aux Courlis à 12h30 par le Père Augustin-Marie Aubry, Prieur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

Le soir, sur le bivouac de Gas, le Salut du Saint Sacrement des adultes sera présidé par le Chanoine Louis Valadier, Provincial de France de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre ; celui des enfants et des familles par l’Abbé Pierre Rineau, modérateur de la Fraternité saint Thomas Becket.

Le lundi 20 mai 2024, lundi de Pentecôte, le pèlerinage s’achèvera par la Messe pontificale célébrée à 15h30 en la Cathédrale de Chartres par le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, qui fut préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Face à la “crise mortelle” (Cardinal Sarah) que traverse notre civilisation, les seuls moyens humains ne pourront à eux seuls triompher du mal et obtenir la paix. La dévotion au Coeur Immaculé de Marie, demandée par la Ste Vierge à Fatima en 1917, est plus que nécessaire.

Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !

Les inscriptions sont ouvertes en ligne à partir du dimanche des Rameaux. Pour la bonne organisation du pèlerinage, ne tardez pas. Des tarifs préférentiels sont proposés jusqu’au 28 avril 2024.

Vous pouvez aussi rejoindre le millier de bénévoles qui oeuvrent dans l’une des équipes Soutiens de Notre-Dame de Chrétienté (transport pèlerins, accueil haltes, transport des sacs, montage des tentes, montage des lavabos, médecins urgentistes, chauffeur WC, distribution eau, circulation, propreté…). N’hésitez pas à contacter [email protected]

Quels sont tes secrets, ô ennéagramme ? (1/10) – La doctrine aux deux visages

De Pierre de Thieulloy, ancien officier et auteur d’ouvrages sur les tempéraments et les humeurs, pour le Salon beige:

Que penser de l’ennéagramme ? Un récent ouvrage d’Anne Lécu sur le sujet pose le décor en ces termes : « Surfant sur la vague californienne du New Age et du Self-Help, l’ennéagramme envahit la société française. On le retrouve partout, en librairie, au fil des médias, sur Internet, dans les formations professionnelles, les stages psychologiques, les retraites spirituelles et jusque dans les institutions ecclésiales. On le magnifie pour son dispositif géométrique en neuf types de personnalité… »[1]

Plus qu’un sujet de société ou qu’un outil psychologique, il convient de se demander si l’ennéagramme n’est pas en train de devenir un objet de foi ? Au début il y avait plutôt des initiés et des non-initiés. Aujourd’hui, apparaît une sorte de croisade verbale à l’encontre de ceux qui croient et enseignent l’ennéagramme. Il s’agit d’un sujet qui n’est pas anodin et qui anime actuellement un débat assez virulent au sein de l’Eglise catholique.

J’ai moi-même été véritablement conquis par certains aspects de l’ennéagramme. Mais désormais, je reconnais que son origine obscure et occulte est avérée et indéniable, elle ne peut être ignorée. J’ai été adepte pendant plusieurs années et maintenant je vais tenter de prêcher contre, en essayant toutefois de mettre en lumière la part de vérité qui y est cachée.

Mon discours ne sera donc pas de rejeter en bloc l’ennéagramme, mais d’examiner sérieusement l’édifice pour tenter d’en recueillir quelques perles de vérités qui s’y trouvent et qui y attirent tant et tant d’hommes de bonne volonté.

Une figure unique assortie de deux doctrines

L’ennéagramme en tant que tel n’est rien d’autre qu’un sigle ou une figure géométrique, composé d’un cercle, d’un triangle et d’un diagramme, le tout articulé autour de neuf points.

Cette figure en soi pourrait sembler neutre et anodine, si elle n’était associée à deux doctrines qui ne le sont pas : celle du Russe Georges Gurdjieff (~1870-1949) et celle de l’Américaine Helen Palmer née vers les années 1930. Les débats qui opposent partisans et adversaires de l’ennéagramme reposent tout d’abord sur cette équivoque : de quelle doctrine parle-t-on ? Car la plupart des partisans se réfèrent à l’ennéagramme de Helen Palmer qui définit neuf types de personnalité, tandis que les opposants condamnent surtout la doctrine ésotérique de Gurdjieff.

L’ennéagramme des personnalités

Il faut tout d’abord savoir que pendant cinquante ans, de 1920 à 1970, l’ennéagramme a été réservé au cercle d’initiés des disciples de Gurdjieff. Mais à partir des années 1970 jusqu’à nos jours, c’est principalement l’ennéagramme de la psychologue Helen Palmer qui connaît une large diffusion et un fort engouement sous le nom de « ennéagramme des personnalités ».

Dans un récent ouvrage intitulé L’ennéagramme n’est ni catho ni casher, Anne Lécu, docteur en philosophie et docteur en médecine, récapitule les objections d’ordre moral et philosophique contre l’ennéagramme. Elle s’appuie sur ses propres recherches et sur l’expertise et les mises en garde de Bertran Chaudet, diacre et coordinateur national du service pastoral « Nouvelles croyances et dérives sectaires » entre 2006 et 2013. Tous deux sont d’avis que l’ennéagramme des personnalités est aussi nocif et dangereux que l’ennéagramme de Gurdjieff dont il dérive directement.

Mais face à eux, les disciples de Helen Palmer cherchent plus ou moins à dissocier l’ennéagramme des personnalités de la doctrine de Gurdjieff. Parmi eux, la voix du père Pascal Ide, lui aussi admirable théologien et chercheur, m’apparaît sérieuse et digne de considération. Il estimait en 2017 que « l’ennéagramme n’a pas un auteur unique et ne bénéficie pas encore d’une histoire aisément traçable »[2].

Il y a donc une question fondamentale à résoudre, un premier mystère ou secret à percer : Gurdjieff est-il oui ou non le premier père de l’ennéagramme ?

[1]Anne Lécu, L’ennéagramme n’est ni catho, ni casher, Editions du Cerf, 2023, dos de couverture.

[2]Pascal Ide, « Ennéagramme et transcendantaux. Interprétations croisées », Nouvelle revue théologique, 2017, cité par Anne Lécu, ibid., page 159.

De l’Ennéagramme aux patriarches de la Bible

 

Les douze Tribus d’Israël – Histoire des tempéraments

 

« Ce qui est en jeu c’est la liberté d’être chrétien aujourd’hui.»

Dans Valeurs Actuelles, l’abbé Danziec réagit aux poursuites du gouvernement contre l’abbé Raffray :

A l’aube des années 2000, Marc-Olivier Fogiel et son émission On ne peut pas plaire à tout le monde devenaient incontournables dans le paysage audiovisuel français. Bien que diffusé à une heure tardive, ce talk-show, d’un genre nouveau et au ton résolument polémique, suscitait enthousiasme et intérêt. Son titre évocateur disait combien l’amour du débat et la passion de la confrontation relèvent d’un art tout français. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Près d’un quart de siècle a passé, et c’est à se demander si ce temps que les moins de vingt ans n’ont pas connu va disparaître à jamais. Peut-on encore effectivement prétendre au droit de ne pas plaire à tout le monde ? Envisager la dissidence face à tel dogme médiatique ou telle certitude sociétale semble devenir le théâtre de tous les possibles procès d’intention, de toutes les poursuites judiciaires. Bienvenue dans l’univers de 1984 et du terrorisme intellectuel.

Les réponses intemporelles de l’Eglise

Dernier exemple en date, les propos d’un prêtre épinglés par Aurore Bergé, ministre chargée de la Lutte contre les discriminations. Professeur de théologie, docteur en philosophie, vêtu de sa soutane, l’abbé Matthieu Raffray rencontre un franc succès sur les réseaux sociaux. Les raisons de sa réussite, auprès de la jeunesse notamment ? La tenue de propos clairs et sans ambages, exigeants et sans compromission, la délivrance d’un catéchisme non dilué dans une permissivité libérale ou une vision du monde “bisounours”. Preuve en est, son dernier livre, Le plus grand des combats (Hétairie). Dans un style énergique, l’ecclésiastique s’attache à expliquer, rappeler, et au besoin marteler, les réponses intemporelles de l’Eglise aux questions du salut des âmes et de la quête du bonheur ici-bas. Or, le 15 mars dernier, à l’occasion d’une vidéo postée sur son compte Instagram (plus de 60 000 abonnés), l’abbé Raffray redisait l’enseignement constant de l’Eglise qui qualifie les actes homosexuels de péchés.

Aurore Bergé a décrit ces propos comme « insupportables ». Et d’avertir : « Je ne laisserai rien passer face à la haine, quelle qu’elle soit. » Ce zèle imperturbable contre l’enseignement élémentaire du catéchisme catholique, à l’heure où des églises sont régulièrement saccagées en France et où se reproduit l’horreur islamiste du bataclan en Russie, a de quoi interroger… L’ancienne soutien de Jean-Frédéric Poisson puis de François Fillon puis de Nicolas Sarkozy pense-t-elle que son engagement politique au côté d’Emmanuel Macron nécessite de donner des gages appuyés à son énième famille politique ? En sommant la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT) de procéder à un signalement au Procureur de la République, la ministre délivre un message précis : gare aux catholiques qui se risqueraient à proclamer trop haut leurs convictions religieuses, la police de la pensée veille !

En une de son dernier numéro, le bimensuel catholique L’Homme Nouveau plaçait une femme enceinte en posture interrogative avec comme titre : « Constitutionnalisation : Pourrons-nous encore nous opposer à l’avortement ? » En effet, sera-t-il encore possible, en tant que catholique, d’affirmer le droit à naître d’un petit d’homme dans le sein de sa mère ? Cette fameuse « liberté des enfants à vivre » que Vincent Bolloré n’a pas eu peur d’aborder lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire la semaine dernière. Sera-t-il encore possible demain, en tant que baptisé, de s’élever contre l’opportunité du divorce et de s’attacher à défendre la stabilité conjugale ? De louer les familles nombreuses contre les prophètes de malheur qui voient dans un nourrisson un danger pour l’avenir de la planète ? De cultiver le goût de l’effort en fustigeant la paresse ? De défendre la modestie contre l’ivresse mercantile de la mode ? Des questions, et tant d’autres, qui se posent au regard de la réaction d’Aurore Bergé. Quand le progressisme se laisse aller à une forme d’intimidation morale, il ne fait pas autre chose que prendre les contours de ce qu’il fustige. C’en serait amusant si le sujet n’était pas grave.

Le précédent de l’association Renaissance Catholique

Fort heureusement, il est possible de puiser dans la jurisprudence française un lot d’enseignements. Par arrêt du 16 novembre 2022, le pôle 2, chambre 7 de la cour d’appel de Paris avait relaxé l’association Renaissance Catholique, poursuivie par trois associations LGBT, au motif de « provocation à la discrimination à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle ». Il était reproché à Renaissance catholique d’avoir publié sur son site, le 13 juin 2019, un article intitulé L’Eglise du Dieu vivant : la colonne et l’appui de la vérité (1 Tim 3 ,15). Les propos incriminés étaient les suivants :

« Les autorités civiles ne doivent pas établir d´unions civiles ou légales entre deux personnes du même sexe, qui clairement imitent l´union du mariage, même si de telles unions ne reçoivent pas le nom de mariage, puisque de telles unions encourageraient le péché grave pour les personnes concernées et seraient cause d´un grave scandale pour d´autres. »

Ce texte, signé par deux cardinaux et plusieurs évêques ne faisait que répéter l’enseignement traditionnel de l’Eglise sur ce sujet. La cour confirma le jugement de première instance en retenant que les propos incriminés :

« Ne font qu’exprimer l’opinion de l’Eglise catholique sur la question des unions civiles entre personnes de même sexe (…) Il s’agit de propos protégés par la liberté d’expression et d’opinion, dès lors qu’ils ne comportent aucune exhortation à commettre des actes positifs de discrimination. »

L’Irlande en exemple

Les articles n°2357 à 2359 du catéchisme de l’Eglise catholique rappellent posément, sans haine des personnes, que les pratiques homosexuelles sont « intrinsèquement désordonnées » et « ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas ». Dans les colonnes de l’hebdomadaire Famille Chrétienne, l’abbé Raffray réagissait au signalement entrepris par Aurore Bergé en soulignant que c’est l’Eglise qui se trouve attaquée :

« Ce qui est en jeu ce n’est pas moi mais la liberté d’être chrétien aujourd’hui. J’espère que tous les fidèles se rendent compte que c’est la morale chrétienne et toute l’Eglise qui sont attaquées. »

Ce n’est pas un hasard si de nombreux catholiques, de tous bords, se mettent à tirer la sonnette d’alarme : est-il permis de dire que des associations LGBT se livrent à un incessant acharnement médiatique et financier contre les défenseurs de la loi naturelle ? Et ceci avec l’argent des contribuables puisque les associations plaignantes sont généralement largement subventionnées par la puissance publique (Régions, mairies, etc.).

En Irlande, le Premier ministre irlandais homosexuel Leo Varadkar a annoncé récemment sa démission. Ce choix intervient quelques semaines après que les électeurs ont rejeté massivement les amendements proposés par le gouvernement — et soutenus par tous les principaux partis politiques ! — pour redéfinir le mariage, la maternité et la famille. Devant de telles campagnes idéologiques, il faut reconnaître en guise d’espoir que le solide bon sens populaire n’a pas dit son dernier mot. Dieu merci !

Semaine sainte : revivre la Passion du Christ

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :

  • Anne BERNET, spécialiste de l’histoire religieuse
  • Frère Renaud SILLY, religieux dominicain
  • Terence BROUSSE, membre de l’Ordre du Saint-Sepulchre

Terres de Mission : Retour sur la crise sanitaire

Pour le dimanche des Rameaux, “Terres de Mission” reçoit l’abbé Hervé Benoît, prêtre du diocèse de Bourges et chapelain du sanctuaire Notre-Dame des Enfants, à l’occasion de la sortie de son livre “Maître Ignace : Un coeur chaste et violent” (Via Romana), pour évoquer le rôle qu’ont joué les jésuites, fondés par saint Ignace de Loyola, dans la diffusion des humanités et, plus généralement, dans la création du système scolaire moderne.

Puis, Gabriel Faugloire, ancien directeur d’EHPAD, présente son livre “L’Eglise et la crise sanitaire” (St Léger éditions). L’occasion de revenir sur les innombrables contradictions gouvernementales dans la gestion de la crise sanitaire, mais aussi sur l’attitude de l’Eglise dans cette crise.

Enfin, Arnaud Boüan présente son dernier livre: “L’évangélisation de la Bretagne au Ier siècle” (Editions Trésors de nos pères), dans lequel il défend la thèse d’une évangélisation précoce de la Bretagne par des contemporains des Apôtres.

Dimanche des Rameaux

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Nous entrons maintenant en ce dimanche dans la semaine qui précède Pâques et qui va nous faire revivre directement les douloureux souvenirs de la Passion.

C’est la Semaine sainte. En ces jours, aucune fête ne peut supplanter l’office du temps. Le dimanche des Rameaux est la porte d’entrée monumentale qui nous y introduit. Il est ainsi appelé parce qu’à la Procession qui précède la Messe on porte des palmes et des rameaux bénits.

1- Ce dimanche rappelle et célèbre l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem quelques jours avant sa Passion. C’était un dimanche. Le Divin Maître venait de Béthanie, monté sur un ânon, et entouré de ses disciples. Il s’avançait vers Jérusalem. La Sainte Église veut que nous renouvelions chaque année le souvenir de ce triomphe de l’Homme-Dieu et qu’en ce jour Jésus soit acclamé par nous comme notre Roi.

2- La liturgie du dimanche des Rameaux est empreinte de joie et de tristesse. Elle exprime d‘un côté la joie à la vue du triomphe du Sauveur figuré par la procession des Rameaux, et, de l’autre, la tristesse à l’émouvant récit de la Passion selon l’Évangile de Saint Matthieu.

Les cérémonies du dimanche des Rameaux constituent comme un drame sacré en trois actes : 1) la bénédiction des Rameaux, 2) la procession, 3) la célébration de la messe pendant laquelle a lieu le chant de la Passion.

Première partie : la bénédiction des rameaux

Les chants de la bénédiction des Rameaux commencent par une petite antienne légère et joyeuse, dont le texte reprend les acclamations des Hébreux saluant l’entrée du Christ à Jérusalem, en citant un verset du psaume 117, psaume que l’on retrouve à Pâques. Ce verset est répété à la messe dans le Sanctus :

Hosánna fílio David benedíctus qui venit in nómine Dómini, Rex ĺsrael, hosánna in excélsis.
Hosanna au fils de David, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël, hosanna dans les hauteurs.

*****

La cérémonie de la Bénédiction des Rameaux a été considérablement réduite par Pie XII en 1956. Vous lirez à la fin de cet article une très intéressante étude qu’avait faite l’abbé Stefano Carusi et qui montre les éliminations auxquelles se sont livrés les liturgistes de 1956.

Pendant la distribution des rameaux, on chante deux autres petites antiennes qui reflètent bien la joie recueillie et quelque peu naïve des juifs à l’entrée de Notre Seigneur à Jérusalem.

Púeri Hebræórum, portántes ramos olivárum, obviavérunt Dómino, clamántes et dicéntes : « Hosánna in excélsis ».
Les enfants des Hébreux portant des rameaux d’olivier allèrent à la rencontre du Seigneur en s’écriant : « Hosanna dans les hauteurs ».

*****

Deuxième partie : La Procession

La deuxième cérémonie de ce jour est la Procession qui fait suite à la bénédiction solennelle des rameaux.

Elle a pour objet de représenter la marche de Jésus vers Jérusalem et son entrée dans cette ville et c’est afin que rien ne manque à l’imitation du fait raconté dans l’Évangile que les rameaux qui viennent d’être bénits sont portés à la main par tous ceux qui prennent part à la Procession.

Le célébrant accompagné de ses ministres revient au pied de l’autel et, après la révérence convenable, met de l’encens et le bénit. Ensuite le diacre [ou le célébrant] se tournant vers le peuple dit :

Procedámus in pace
Avançons en paix.

Tous répondent :

In nómine Christi
Au nom du Christ. Ainsi soit-il

 La Procession commence.

Occúrrunt turbæ cum flóribus et palmis Redemptóri óbviam…

Les foules accourent avec des fleurs et des palmes au-devant du Rédempteur, et rendent au vainqueur dans son triomphe les hommages qui lui conviennent ; les nations acclament le Fils de Dieu et dans les airs leurs voix, à la louange du Christ, disent comme un tonnerre : « Hosanna ».

 ******

Cum Ángelis et púeris fidéles inveniámur…
Avec les anges et les enfants, ayons assez de foi pour acclamer le vainqueur de la mort : Hosanna au plus haut des cieux !

C’est la 2e antienne qui peut accompagner la Procession.

Coepérunt omnes turbæ descendéntium gaudéntes laudáre Deum voce magna…
Dans sa joie, toute la foule qui descendait (de Jérusalem) se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus.

Ils disaient : « Bénit soit le Roi qui vient au nom du Seigneur !

La paix descend du ciel, gloire au plus haut des cieux !

*****

Au Moyen Âge, la Procession était un hommage solennel à Jésus Roi. On sortait en ville, portant à la main des palmes ; Jésus était représenté dans le cortège soit par la croix, soit par le livre des Évangiles porté solennellement, soit, comme en Angleterre et en Normandie, par le Saint-Sacrement lui-même.

Aujourd’hui, la Procession des rameaux n’est qu’esquissée ; on sort simplement de l’église. En certains pays, on va encore jusqu’au cimetière.

Jusqu’à la réforme de la Semaine sainte sous le Pape Pie XII en 1956, la fin de la procession était marquée par une cérémonie tout à fait symbolique. Que les anciens se souviennent. Que les autres imaginent la scène :

Le cortège revient à la porte de l’église. Les chantres et les enfants de la maîtrise pénètrent seuls dans l’église et on ferme la grande porte derrière eux. Le clergé et les fidèles qui ont pris part à la Procession restent dehors devant la porte fermée. Alors, les chantres, ou de préférence les enfants, entonnent à l’intérieur de l’église une hymne de louange au Christ-Roi, et le clergé et le peuple qui sont au dehors répètent toujours le même refrain d’une belle gravité.

Glória, laus, et honor tibi sit, Rex Christe, Redémptor,
Gloire, louange et honneur à vous, Christ-Roi, Rédempteur,

Cui pueríle decus prompsit Hosánna pium.
Pour qui l’hommage des enfants fit jaillir un pieux Hosanna.

Cette hymne merveilleuse est toujours chantée. Elle est l’œuvre de Théodulphe, évêque d’Orléans au IXe siècle.

La tradition rapporte que vers 821 le roi Louis le Débonnaire assistait à la Procession des Rameaux à Angers. La Procession passa près de la tour où était alors prisonnier l’évêque Théodulphe qui avait encouru la disgrâce du roi. Théodulphe se mit à chanter le Glória Laus dont il était l’auteur.

En entendant ce chant, le roi en fut si touché qu’il fit remettre Théodulphe en liberté.

En voici la traduction :

1) Vous êtes le roi d’Israël, le noble fils de David, ô Roi béni, qui venez au nom du Seigneur.
2) L’armée angélique tout entière, au plus haut des cieux, les hommes mortels et toutes les créatures vous adressent ensemble leurs louanges.
3) Le peuple hébreu vint au-devant de vous avec des palmes ; nous voici avec des prières, des vœux et des cantiques.
4) Vous alliez souffrir lorsqu’il vous offrit le tribut de sa louange ; à vous qui régnez maintenant, nous adressons ces hymnes.

Quand le chant est terminé, le sous-diacre frappe trois fois à la porte de l’église avec le pied de la croix de Procession ; la porte s’ouvre et le cortège entre dans l’église.

*****

Le texte du répons Ingrediénte que l’on chante en rentrant dans l’église est tout à fait analogue à celui des petites antiennes de la bénédiction des rameaux ; il est inspiré de l’Évangile, mais la mélodie est évidemment beaucoup plus ornée, faite de formules que l’on rencontre dans d’autres répons : elle est calme et douce, nous préparant déjà à l’ambiance toute différente de la messe.

Voici la traduction du texte :

Comme le Seigneur entrait dans la cité sainte, les enfants des Hébreux, annonçant par avance la résurrection de celui qui est la vie, tenant des rameaux de palmiers, criaient : Hosanna au plus haut des cieux.

Comme tous les répons celui-ci comporte un verset après lequel est reprise la dernière phrase :

Cumque audísset pópulus quod Jesus veníret Jerosólymam…
Lorsque le peuple apprit que Jésus venait à Jérusalem, ils sortirent au devant de lui.

*****

Troisième partie : la Messe

Après l’entrée triomphale à Jérusalem, toute la messe sera consacrée à cette douloureuse Passion qu’exprime parfaitement le messianique psaume 21 d’où est pris le texte de l’introït :

Dómine, ne longe fácias auxílium tuum a me, ad defensiónem meam áspice.
Seigneur, n’éloignez pas de moi votre secours, veillez à ma défense.

Líbera me de ore leónis, et a córnibus unicornuórum humilitátem meam.
Délivrez-moi de la gueule du lion, protégez ma faiblesse des cornes des licornes.

La mélodie commence d’une façon grave et sombre puis elle s’élève progressivement dans la deuxième phrase jusqu’à l’aigu en un cri douloureux sur le mot áspice = veillez, préparé par un grand crescendo. La troisième phrase est plus calme et plus assurée, introduisant une note de confiance qui n’est pas dans le texte. Le verset est bien entendu le premier du psaume 21, celui que Notre Seigneur a récité sur la croix :

Deus, Deus meus, respíce in me, quare me dereliquísti ?
Mon Dieu, mon Dieu, regardez-moi. Pourquoi m’avez-vous abandonné ?

Longe a salúte méa verba delictórum meórum.
La voix de mes péchés éloigne de moi le salut.

Et, comme dimanche dernier, on ne chante pas le Glória Pátri et on reprend aussitôt l’introït.

*****

Le graduel Tenuísti et le Trait du dimanche des Rameaux sont tout à fait exceptionnels par leurs dimensions. Le graduel d’abord est le plus long du répertoire ; de plus sa mélodie est très originale : elle n’est pas faite de formules qui reviennent souvent comme c’est habituellement le cas des graduels. Enfin il est un peu à part dans les chants de cette messe : s’il peut très bien être placé dans la bouche du Christ, il n’exprime aucune souffrance.

Le texte est tiré du psaume 72, qui est précisément une méditation sur la confiance que le juste doit toujours garder dans le Seigneur malgré la tranquillité dont semblent jouir les pécheurs. On trouvera le début de ce psaume dans la deuxième partie du graduel, tandis que la première partie exprime l’abandon à la volonté divine et l’espérance de la résurrection en des termes qui font penser à ceux de l’introït Resurréxi du dimanche de Pâques, pourtant tiré d’un autre psaume :

Tenuísti manum déxteram meam
Vous me tenez par la main droite

In voluntáte tua deduxísti me
Vous me conduisez selon votre volonté

Et cum glória assumpsísti me
Et vous m’élevez dans la gloire

Quam bonus Ísrael Deus rectis corde…
Oui, Dieu est bon pour Israël, pour ceux qui ont le cœur droit, et pourtant mes pieds ont failli être ébranlés, mes pas ont failli hésiter, car j’étais jaloux des pécheurs en voyant la paix où se trouvent les pécheurs.

La mélodie est très ornée mais ne comporte pas de grandes vocalises ; elle reste calme et paisible d’un bout à l’autre.

*****

Pour la dernière fois cette année, en ce dernier dimanche du Carême, le graduel est suivi d’un Trait. Nous y retrouvons le psaume 21, le grand psaume prophétique de la Passion d’où était tiré l’introït, et dont il reprend 14 versets sur 34. C’est donc le Christ qui parle.

7. Tractus. Ps. 21, 2-9, 18, 19, 22, 24 et 32. 7. Trait.
Deus, Deus meus, réspice in me : quare me dereliquísti ? Mon Dieu, mon Dieu, tournez vers moi votre regard, pourquoi m’avez-vous abandonné ?
V/. Longe a salúte mea verba delictórum meórum. La voix de mes péchés éloigne de moi le salut.
V/. Deus meus, clamábo per diem, nec exáudies : in nocte, et non ad insipiéntiam mihi. Mon Dieu, je crie pendant le jour et vous ne m’écoutez pas ; la nuit, et je n’obtiens pas de soulagement.
V/. Tu autem in sancto hábitas, laus Israël. Pourtant vous habitez dans votre sanctuaire et vers vous montent les louanges d’Israël.
V/. In te speravérunt patres nostri : speravérunt, et liberásti eos. Nos pères ont espéré en vous et vous les avez délivrés.
V/. Ad te clamavérunt, et salvi facti sunt : in te speravérunt, et non sunt confusi. Ils ont mis en vous leur confiance et ils n’ont pas été trompés.
V/. Ego autem sum vermis, et non homo : oppróbrium hóminum et abiéctio plebis. Mais moi, je suis un ver de terre et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple.
V/. Omnes, qui vidébant me, aspernabántur me : locúti sunt lábiis et movérunt caput. Tous ceux qui me voient me méprisent. Ils ouvrent les lèvres et branlent la tête, en disant
V/. Sperávit in Dómino, erípiat eum : salvum fáciat eum, quóniam vult eum. « Il a mis sa confiance dans le Seigneur, qu’il le sauve, puisqu’il l’aime. »
V/. Ipsi vero consideravérunt et conspexérunt me : divisérunt sibi vestiménta mea, et super vestem meam misérunt sortem. Ils m’observent et me regardent. Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique.
V/. Líbera me de ore leónis : et a córnibus unicórnium humilitátem meam. « Seigneur, délivrez-moi de la gueule du lion et des cornes des buffles. »
V/. Qui timétis Dóminum, laudáte eum : univérsum semen Iacob, magnificáte eum. Vous qui craignez le Seigneur, louez-le, vous tous, descendants de Jacob, chantez ses louanges.
V/. Annuntiábitur Dómino generátio ventúra : et annuntiábunt cæli iustítiam eius. On parlera du Seigneur à la génération future. Et les cieux annonceront sa justice.
V/. Pópulo, qui nascétur, quem fecit Dóminus. Au peuple qui naîtra, ils diront ce qu’il a fait.

La mélodie reprend une des deux formules de psalmodie ornée que l’on trouve dans les Traits, celle du premier dimanche de Carême : calme, douce et très priante, avec de beaux élans vers l’aigu.

*****

L’offertoire Impropérium, un des grands chefs d’œuvre du chant grégorien, est le plus douloureux des chants de cette messe, et peut-être le plus douloureux de tout le répertoire. Le texte est tiré du psaume 68 qui est, comme le psaume 21, un des grands psaumes prophétiques de la passion, annonçant tout spécialement la solitude du Christ et l’abandon de tous ses amis :

Voici la traduction de son texte :

Mon cœur s’est attendu à l’outrage et au malheur ; j’ai espéré quelqu’un qui s’attristât avec moi, mais il n’y a eu personne ; j’ai cherché un consolateur et je n’en ai pas trouvé ; pour nourriture ils m’ont donné du fiel, et pour étancher ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre.

La mélodie exprime parfaitement cette souffrance. Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds : de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement ; Cette mélodie culmine à l’aigu dans la dernière phrase sur le mot sítila soif, qui éclate comme un cri ; Ce n’est pas seulement la soif physique dont il est question ici, mais la soif d’une réponse généreuse à l’amour infini dont Notre Seigneur a fait preuve en mourant pour nous.

*****

Le texte de l’antienne de Communion qui suit maintenant provient de l’Évangile. Ce ne sont plus les paroles des psaumes que nous mettons dans la bouche du Christ, mais ce sont celles qu’il a lui-même prononcées que nous répétons. Il s’agit ici de la prière qu’il a adressée à son Père, dans son agonie au jardin des Oliviers :

Pater, si non potest hic calix transíre nisi bibam illum ;
Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive ;

fiat volúntas tua.
Que votre volonté soit faite.

Cette prière résume en quelques mots les sentiments du Christ dans sa Passion, la souffrance qu’il doit endurer, et sa soumission à la volonté de son Père. Bien que cette antienne soit beaucoup plus courte que le chant de l’offertoire et la mélodie beaucoup plus dépouillée, elle exprime pourtant la même souffrance. Cependant les derniers mots fiat volúntas tua sont plus paisibles et assurés.

*****

La réforme de la Semaine Sainte dans les années 1951-1956

Entre liturgie et théologie, à travers les déclarations de quelques-uns de ses principaux rédacteurs (Annibale Bugnini, Carlo Braga, Ferdinando Antonelli) par Don Stefano Carusi

– Première partie –

« L’exigence de revoir et d’enrichir les formules du Missel Romain s’est fait sentir. Le premier pas d’une telle réforme a été l’œuvre de Notre Prédécesseur Pie XII, avec la réforme de la Vigile Pascale et du rite de la Semaine Sainte  [1]. C’est cette réforme qui a constitué le premier pas de l’adaptation du Missel romain à la mentalité contemporaine »

Paul VI, Constitution apostolique “Missale Romanum”, 3 avril 1969.

INTRODUCTION

Au cours des dernières années, la publication de nombreuses études relatives à l’histoire du débat théologico-liturgique des années cinquante a jeté une lumière nouvelle sur la formation et sur les intentions – pas toujours ouvertement déclarées à l’époque – de ceux qui furent les rédacteurs matériels de certains textes majeurs de la réforme liturgique.

En ce qui concerne l’œuvre de réforme de la Semaine Sainte de 1955-56, nous voudrions ici nous arrêter sur les déclarations, enfin publiées aujourd’hui, du célèbre lazariste Annibale Bugnini, de son étroit collaborateur et secrétaire au “Consilium ad reformandam liturgiam“, le P. Carlo Braga, et du futur cardinal Ferdinando Antonelli, afin d’établir d’une part si leur œuvre de réforme liturgique répondait ou non à un plus vaste dessein théologique, et pour analyser d’autre part la validité ou non des critères utilisés à cette époque et repris ensuite dans les réformes successives. Nous prendrons aussi en considération les annotations et les comptes-rendus des discussions de la commission préparatoire, conservés principalement dans les archives de la Congrégation des rites, mais qui, récemment publiés dans les travaux monumentaux de recherche en histoire de la liturgie de Mons. Nicola Giampietro, témoignent enfin de la teneur des débats.

En octobre 1949, auprès de la Congrégation des rites, fut formée une commission liturgique qui aurait dû s’occuper du rite romain en étudiant d’éventuelles réformes à envisager, et à appliquer si nécessaire. Malheureusement, le calme nécessaire à un tel travail ne fut jamais rendu possible, à cause des sollicitations continuelles des épiscopats français et allemands qui réclamaient, dans la plus grande précipitation, des changements immédiats. La Congrégation des Rites et la Commission s’étaient vues obligées de régler le problème des horaires de la Semaine Sainte, afin de bloquer les fantaisies de certaines “célébrations autonomes”, en particulier dans le cas de la Vigile Pascale. Dans ce contexte, fut approuvé ad experimentum un document qui permettait de célébrer dans la soirée le rite du Samedi Saint : Ordo Sabbati Sancti, du 9 février 1951[2].

Dans les années 1948-49, cette Commission liturgique avait été érigée sous la présidence du Cardinal-Préfet Clemente Micara, remplacé en 1953 par le card. Gaetano Cicognani, et composée de Mons. Alfonso Carinci, des PP. Giuseppe Löw, Alfonso Albareda, Agostino Bea et Annibale Bugnini, auxquels fut adjoint en 1951 Mons. Enrico Dante, et en 1960 Mons. Pietro Frutaz, Don Luigi Rovigatti, Mons. Cesario d’Amato et enfin le P. Carlo Braga [3]. Ce dernier, en tant que proche collaborateur d’Annibale Bugnini, participa aux travaux des années 1955-56, bien que n’étant pas encore membre de la Commission  [4], et fut en outre le co-auteur, avec Bugnini, des textes historico-critiques et pastoraux portant sur la Semaine Sainte [5], qui devaient se révéler par la suite être une sorte de sauf-conduit scientifique pour les modifications apportées. La Commission travaillait en secret et agissait sous la pression des épiscopats centre-européens[6] –dont on ne sait pas très bien s’ils se chargeaient de la seconder ou au contraire d’entraver ses travaux ; le secret fut d’ailleurs si bien conservé que la publication improvisée et inattendue de l’Ordo Sabbati Sancti instaurati, au début de mars 1951, « prit par surprise les membres de la Congrégation des rites eux-mêmes », comme en témoigne l’un des membres de la Commission, Annibale Bugnini [7]. C’est le même qui nous renseigne aussi sur la façon singulière selon laquelle les résultats des travaux étaient transmis au pape Pie XII : il était « tenu au courant par Mons. Montini, mais plus encore, chaque semaine, par le P. Bea, son confesseur » et il ajoute : « Grâce à cet intermédiaire, on put atteindre des résultats notables, même pendant les périodes où la maladie du Pape empêchait quiconque de s’en approcher » [8]. Une grave maladie de l’estomac obligeait en effet le Pape à une longue convalescence, et ce fut ainsi Montini et le futur card. Bea – qui eurent tant d’importance dans les réformes postérieures – qui assumèrent les rapports avec Pie XII, et non le cardinal-Préfet de la Congrégation des Rites, responsable de la Commission.

Les travaux de la Commission se prolongèrent jusqu’en 1955, au moment de la publication, le 16 novembre, du décret « Maxima Redemptionis nostrae Mysteria », qui devait entrer en vigueur pour Pâques de l’année suivante. L’épiscopat accueillit le décret de manières assez diverses, et, au-delà du triomphalisme de façade, nombreuses furent les plaintes contre les nouveautés introduites, au point que les demande pour pouvoir conserver le rite traditionnel se multiplièrent [9]. Mais désormais, la machine de la réforme liturgique avait été mise en marche, et en arrêter le progrès se révèlera impossible, et surtout inavouable, comme l’histoire le démontrera.

Malgré qu’on ait voulu que le chœur des liturgistes chantât à l’unisson, afin de faire montre d’une certaine unité d’intentions, quelques voix discordantes se levèrent parmi les spécialistes les plus autorisés, promptement réduites au silence malgré leur compétence. Ce fut non seulement le cas de certains épiscopats, mais aussi de certains liturgistes comme Léon Gromier, lequel – connu aussi pour son célèbre commentaire sur le Caerimoniale Episcoporum [10] – était consulteur auprès de la Congrégation des Rites et membre de l’Académie Pontificale de Liturgie. En juillet 1960, à Paris, il exprima dans son style corrosif mais avec une solide argumentation toutes les ambiguïtés et les contradictions de la réforme de la Semaine sainte [11]. Le pape Jean XXIII lui-même, lorsqu’il célébra en 1959 le Vendredi Saint à Sainte-Croix de Jérusalem, suivit les usages traditionnels [12], prouvant ainsi qu’il ne partageait pas les innovations introduites depuis peu, et prenant acte de la valeur expérimentale de ces changements : certaines réformes introduites expérimentalement en 1955-56 se révélèrent d’ailleurs si incongrues dans le tissu rituel qu’elles durent être corrigées à nouveau par la réforme liturgique de 1969 – mais cela mériterait une étude à part.

Pour mettre en évidence l’importance de cette réforme de la Semaine Sainte, tant au niveau liturgique qu’au niveau historique, il faut mentionner ici une réflexion de deux des plus grands protagonistes de cet évènement, afin de mieux cerner les intentions de ceux qui y travaillèrent avec le plus de vigueur : le P. Carlo Braga, bras droit de Bugnini et directeur durant des années de la célèbre revue liturgique Ephemerides Liturgicae, décrit avec audace la réforme du Samedi Saint comme « un bélier qui a pénétré dans la forteresse de notre liturgie jusqu’ici bien trop statique »[13] ; le futur cardinal Ferdinando Antonelli, lui, la qualifie en 1956 comme étant « l’acte le plus important dans l’histoire de la liturgie depuis saint Pie V » [14].

LES INNOVATIONS EXAMINÉES DANS LE DÉTAIL

Venons-en maintenant à une analyse détaillée, afin de mettre en relief certains des changements les plus visibles apportés par l’Ordo Hebdomadae Sanctae Instauratus de 1955-56, et qui puisse expliquer pourquoi cette réforme a pu constituer un « bélier » contre le cœur de la liturgie romaine, et en quel sens une réforme pourtant mineure a pu avoir tant d’importance pour l’histoire de la liturgie. Nous procèderons de la façon suivante : après avoir exposé chacune des innovations, nous y apporterons un commentaire, basé autant que possible sur les témoignages et déclarations des rédacteurs matériels des textes, ainsi qu’un bref rappel de la pratique traditionnelle.

1 – Le dimanche des Rameaux

– Ordo Hebdomadae Sanctae 1955-56 [noté désormais OHS 1956] : Invention de la couleur rouge pour la procession des Rameaux, tout en maintenant la couleur violette pour la Messe [15].

A ce sujet, on lit dans les archives de la Commission : « Une chose pourrait cependant se faire […] on pourrait restituer la couleur rouge primitive utilisée pendant le Moyen-âge pour cette procession solennelle, puisque la couleur rouge rappelle la pourpre royale », et un peu plus loin : « de cette façon, la procession se distinguera sans comparaison, comme un élément liturgique sui generis » [16].

On ne peut pas nier, bien sûr, que la couleur rouge puisse être un signe de la pourpre royale, bien que  l’affirmation d’un tel usage durant le Moyen-âge reste à prouver ; mais quoiqu’il en soit, c’est le mode de procéder qui est ici le plus étonnant : on recherche des éléments « sui generis » et on décide que le rouge doit posséder pour ce jour-là une symbolisme déterminé positivement, alors que dans le rite romain le rouge est la couleur des martyrs ou du Saint-Esprit, que dans le rite ambrosien, le rouge est utilisé ce dimanche-là pour représenter le sang de la Passion et non la royauté, tandis que dans le rite Parisien, on utilisait au contraire le noir pour les deux parties du rite. Mais jamais, dans aucun diocèse, un changement de couleur n’était prévu entre la procession et la Messe, pratique héritée sans doute de la fête de la Purification de la Vierge[17], mais qu’il est insensé d’appliquer au contexte du Dimanche des Rameaux, comme l’explique Léon Gromier. Une telle innovation n’est donc pas attribuable à une pratique attestée de l’Église, mais n’est rien d’autre que l’idée soudaine d’un « pastoral professeur de séminaire suisse » [18].  

Missale Romanum de 1952 [noté désormais MR 1952] : On utilise le violet aussi bien pour la procession que pour la Messe [19].

– [OHS 1956] : Abolition de la chasuble pliée et par conséquent aussi du stolone ou « étole large » [20].

Il s’agissait là d’un reste de la plus haute Antiquité, qui avait survécu jusqu’ici, prouvant d’une part le caractère archaïque de la liturgie de la Semaine Sainte –que l’on n’avait jamais osé altérer à cause de la vénération qu’on lui portait – et d’autre part l’aspect extraordinaire de ces rites et de la douleur singulière de l’Église en ces jours saints.

[MR 1952] : Utilisation de la chasuble pliée et de l’étole large ou « chasuble enroulée » pour le chant de l’évangile par le Diacre [21].

– [OHS 1956] : Invention de la bénédiction des Rameaux tournée vers les fidèles, le dos tourné à la croix, et même dans certains cas dos au Saint-Sacrement [22].

C’est dans le but de la participation des fidèles que l’on introduit l’idée d’une action liturgique tournée vers le peuple et dos à Dieu : « Ce qui a eu une influence [dans la réforme] c’est aussi la visibilité des gestes particuliers de la célébration, détachés de l’autel et accomplis par les ministres sacrés tournés vers le peuple » [23]. On invente à la même occasion une bénédiction faite sur une table, posée entre l’autel et la barrière du Chœur : jointe au fait que les ministres se tournent vers le peuple, c’est là tout un nouveau concept de l’espace liturgique et de l’orientation de la prière qui est introduit.

[MR 1952] : Les Rameaux sont bénis à l’autel, in cornu epistolae, après une lecture, un graduel, un évangile et surtout après une Préface avec Sanctus, qui introduisent les Oraisons de la bénédiction. Il s’agit du très antique rite de ce que l’on appelait la « Missa sicca » [24].

– [OHS 1956] : Suppression de la Préface avec les paroles relatives à l’autorité du Christ sur les royaumes et les autorités humaines. [25]

Il est stupéfiant de constater que l’on a prétendu solenniser ici la royauté du Christ [26], tout en supprimant les paroles qui décrivent une telle royauté. La raison invoquée est tout aussi stupéfiante : sans moyen terme, on la dénonce comme superflue et donc on l’élimine : « En considérant le peu de cohérence de ces préfaces, leur caractère prolixe et, pour certaines formules, la pauvreté de leur pensée, la perte de ces textes n’est présente aucun dommage » [27].

[MR 1952] : Le rite romain prévoit, à l’occasion des grands moments liturgiques, par exemple la consécration des huiles ou les ordinations sacerdotales, le chant d’une Préface, qui est une façon particulièrement solennelle de s’adresser à Dieu ; c’est le cas ici pour la bénédiction des Rameaux : la Préface décrit l’ordre divin de la Création et la soumission de toutes choses à Dieu le Père. Cette soumission du créé est un avertissement pour les rois et les gouvernants de la soumission qu’ils doivent avoir envers le Christ : « Tibi enim serviunt creaturae tuae : quia te solum auctorem et Deum cognoscunt et omnis factura tua te collaudat, et benedicunt te sancti tui. Quia ilud magnum Unigeniti tui nomen coram regibus et potestatibus huius saeculi libera voce confitentur » [28]. Le texte de ce chant expose en quelques élégantes lignes la base théologique qui est le fondement du devoir de soumission des gouvernements temporels à l’autorité du Christ.

– [OHS 1956] : Suppression des oraisons qui portent sur la signification et sur les bienfaits des sacramentaux, ainsi que sur le pouvoir qu’ils ont contre le démon [29].

La raison invoquée, selon les notes des archives, est que ces oraisons sont « pompeuses […], avec tout l’étalage de l’érudition typique de l’époque carolingienne » [30]. Les réformateurs conviennent donc de l’antiquité de ces textes, mais elles ne sont pas à leur goût, parce que « la relation directe entre cette cérémonie et la vie chrétienne vécue, à savoir la signification liturgique pastorale de la procession comme hommage au Christ Roi est très faible »[31]. L’absence d’un tel lien entre la « vie vécue » des fidèles et l’hommage au Christ Roi dans sa pleine « signification liturgique pastorale » nous échappe : ce n’est finalement rien d’autre qu’une rhétorique qui apparaît aujourd’hui largement dépassée, mais qui à l’époque avait une certaine prise. Sous prétexte de favoriser une « participation consciente à la procession, ayant une application dans la vie chrétienne concrète et vécue » [32], on donne en fait des arguments qui ne sont ni théologiques ni liturgiques. La « vie chrétienne concrète et vécue » des fidèles est d’ailleurs indirectement dépréciée quelques lignes plus loin : « ces pieux usages [des Rameaux bénits], même s’ils sont justifiés théologiquement, peuvent dégénérer (comme de fait ils ont dégénéré) en superstitions » [33]. Même si l’on fait abstraction du ton rationaliste mal dissimulé ici, il faut noter que les antiques oraisons sont délibérément remplacées par de nouvelles formules qui, selon les termes de leurs auteurs, sont « en substance de facture nouvelle » [34]. Les antiques oraisons ne plaisent pas, simplement parce qu’elles expriment trop clairement l’efficacité des sacramentaux ; on décide donc d’en inventer de nouvelles.

[MR 1952] : Les antiques oraisons rappellent le rôle des sacramentaux, qui possèdent un pouvoir effectif (« ex opere operantis Ecclesiae ») contre le démon [35].

– [OHS 1956] : Invention d’une croix de procession non-voilée, tandis que la croix d’autel, elle, demeure voilée [36].

Nous avouons que la signification liturgique de cette innovation nous échappe totalement. Une telle modification, qui ne semble pas être liée à un symbole mystique quelconque, semble bien plus être une erreur liturgique, fruit de la précipitation des rédacteurs.

[MR 1952] : La croix d’autel est voilée, de même que la croix de procession, à laquelle on lie un rameau béni [37], référence à la croix glorieuse et à la Passion comme victoire du Christ.

– [OHS 1956] : Élimination de la croix qui frappe à la porte de l’église fermée, à la fin de la procession [38].

Le rite symbolisait la résistance initiale du peuple juif, puis l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem, aussi bien que la croix triomphale de Jésus-Christ, qui ouvre les portes du Ciel, étant cause de notre résurrection : « Hebraeorum pueri resurrectionem vitae pronuntiantes » [39].

[MR 1952] : La procession se retrouvait à la porte de l’église fermée. Un dialogue chanté entre un chœur à l’extérieur et quelques chantres à l’intérieur de l’église précédait alors l’ouverture des portes, qui se faisait après que le Sous-diacre ait frappé avec la hampe de la croix de procession [40].

– [OHS 1956] : Invention d’une prière devant être récitée à la fin de la procession, au centre de l’autel, mais entièrement récitée versus populum [41].

Personne n’est capable de déterminer où doit se trouver le missel, ni qui doit le porter sur le gradin, puisque dans la hâte de la réforme, on ne s’est pas rendu compte de l’extravagance imposée ici, et qui a obligé les rédacteurs à adjoindre une rubrique intermédiaire (n. 22a ou 22bis), qui est plus confuse encore que la précédente [42]. L’insertion de cette oraison fait l’effet d’un bricolage ajouté aux rites précédents, à cause de sa nature arbitraire : « à cet endroit, c’est-à-dire pour donner à la procession un élément précis qui lui serve de conclusion, nous avons pensé proposer un Oremus original » [43]. Le P. Braga lui-même, cinquante ans plus tard, confessera que l’invention de cette oraison ne fut  pas un choix heureux : « l’élément qui détonne un peu dans le nouvel Ordo est l’oraison qui conclut la procession, car il rompt l’unité de la célébration » [44]. Les altérations « expérimentales », dans leur volonté purement innovatrice, révèlent finalement avec le temps leur caractère inadéquat.

[MR 1952] : La procession s’achevait normalement, puis la Messe commençait, avec les prières au bas de l’autel, comme de coutume.

– [OHS 1956] : La distinction entre « Passion » et évangile est éliminée. De plus, on retire du chant de la Passion la phrase finale (probablement par une erreur d’impression : d’autres motifs ne semblent pas plausibles) [45].

La Passion avait toujours possédé un style narratif, chantée par trois voix. Elle était suivie par l’évangile, chanté seulement par le Diacre, sur un ton différent et avec encensement, mais sans les cierges. La réforme confond ici les deux aspects : Passion et évangile sont amalgamés en un chant unique, sans se priver de coupes franches au début et à la fin du texte. Il en résulte finalement que la Messe et le Diacre sont privés de l’évangile, qui est formellement supprimé.

[MR 1952] : Le chant de la Passion est distinct du chant de l’évangile, qui va jusqu’à Mt. XXVI, 66 [46].

– [OHS 1956] : Élimination du passage évangélique qui fait le lien entre l’institution de l’Eucharistie et la Passion du Christ, Mt. XXVI, 1-36 [47].

Nous sommes ici face à l’attitude la plus déconcertante de la réforme, en particulier parce que l’examen des archives révèle que la Commission avait décidé de ne rien modifier en ce qui concerne la lecture de la Passion, à cause de son institution très antique [48]. Néanmoins, nous ne savons ni comment ni pourquoi, la narration de la dernière Cène a disparu. Il est difficile de croire que trente versets ont été éliminés seulement pour des motifs de temps, surtout si l’on considère l’importance d’un tel passage. Jusqu’alors, la tradition avait voulu que la narration de la Passion des Synoptiques ait toujours inclus l’institution eucharistique qui, avec la séparation sacramentelle du Corps et du Sang du Christ, est l’annonce même de la Passion. La réforme exclut donc, d’un coup d’éponge sur un passage fondamental de la Saint Écriture, le lien de conséquence entre la dernière Cène, le sacrifice du Vendredi Saint et l’Eucharistie. Il en sera de même pour le Mardi Saint et pour le Mercredi Saint, avec l’extraordinaire résultat que le récit de l’institution eucharistique sera finalement absent de tout le cycle liturgique ! C’est là la conséquence d’un changement frénétique qui va démanteler une œuvre pluriséculaire, sans même être capable d’avoir une vision d’ensemble des Écritures lues durant l’année.

[MR 1952] : La Passion est précédée de la lecture de l’institution de l’Eucharistie, mettant ainsi en évidence le lien intime, essentiel et théologique entre les deux passages [49].

L’Occident participe à sa propre destruction dans une sorte de suicide collectif

Interrogé dans le JDD, Jean-Frédéric Poisson dénonce le suicide de l’Occident :

[…] La période de la modernité dans laquelle nous entrons est marquée par une volonté d’effacer tout ce qui reste des racines chrétiennes en France ; de tout ce qui est vu, de près ou de loin, comme une vieille doctrine des dominants. Les idéologies modernes veulent congédier la civilisation chrétienne, qui serait coupable d’avoir bridé la liberté des peuples pendant des siècles. Et elles le font en transgressant l’interdit divin par excellence, celui qui commande de ne pas tuer, et en donnant le statut de loi suprême à cette transgression : l’inscription dans la Constitution, comme pour dire qu’en inscrivant la mort dans la Constitution, on achève de substituer la loi des hommes à celle de Dieu. La volonté gouvernementale de légaliser l’euthanasie relève au fond de la même logique. L’Occident participe ainsi à sa propre destruction dans une sorte de suicide collectif.

L’Occident se suiciderait, selon vous ?

On danse et on chante le jour du scellement de la Constitution, en ne voyant pas qu’on est davantage fasciné par la mort que réjoui par la vie. Un signe de plus que nos sociétés sont traversées par une vraie désespérance, une pulsion de mort que Jean-Paul II avait appelé il y a trente ans la « culture de mort » qui est à l’œuvre dans nos sociétés occidentales.

Une fascination pour la mort ?

Le monde où nous sommes a fait de l’homme une marchandise comme une autre. On y parle de la guerre avec une incroyable légèreté. Les personnes sont manipulées au gré de certains grands opérateurs économiques (comme pendant la crise du Covid). On nous promet chaque jour la disparition de la terre dans un cataclysme écologique. Et, puisqu’en plus de tout cela on nous coupe de notre histoire commune, on peut dire que l’homme moderne, n’a ni passé, ni présent, ni futur. Le désespoir est ce qu’il lui reste, la seule chose que la modernité est en mesure de lui proposer. Qu’est-ce qui reste en son pouvoir ? Détruire. Se détruire. Cette pulsion ne se contrôle plus, parce que la société ne transmet plus de raison de la contenir. En se coupant de Dieu, l’homme se centre sur lui : et ce qu’il constate alors, c’est sa propre impuissance. Nos sociétés sont des déserts spirituels, qui se montrent davantage fascinés par l’autodestruction de tout ce qui les entoure plutôt que pour la construction. C’est cela que nous sommes est en train de vivre. Le désespoir des jeunes générations, l’écoanxiété sont autant de signes de cet état de dépression généralisé qui frappe la France. […]

Terrorisme idéologique à Sciences pipo

D’anciens étudiants des instituts d’étude politique dépeignent une atmosphère asphyxiante pour qui ne pense pas à gauche.

Un jeune de droite témoigne :

«J’étais littéralement seul à ne pas être engagé à gauche. Et l’ambiance n’était clairement pas au débat».

Il se souvient des blagues sur le «blantriarcat», des cours sur les «ugly movements» (littéralement ‘mouvements laids’ pour définir des mobilisations conservatrices telles que la Manif pour tous, la Marche pour la vie ou l’École libre) et, surtout, des professeurs qui se faisaient eux-mêmes rappeler à l’ordre parce qu’ils n’utilisaient pas les subtilités du langage inclusif, telles que le «iel»ou «toutes et tous».

«Quand j’entendais ces aberrations, je guettais des sourires complices. Pour moi on était vraiment chez les fous. Mais non. Tout le monde restait très sérieux !».

A Sciences Po Paris, mi-mar, une soixantaine d’étudiants a bloqué l’emblématique amphithéâtre Émile Boutmy dans le cadre d’une «journée de mobilisation universitaire européenne pour la Palestine» . Une jeune femme de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a été interdite d’entrer, et traitée de «sioniste».

Un autre étudiant souligne :

«Il y a une forme de pseudo bien-pensance de la part des profs comme des étudiants, qui consiste à dire : il n’y a que nous au monde qui pensons bien».

Aujourd’hui, 71% d’étudiants se revendiquent de gauche, soit 14 points de plus qu’en 2002. Le positionnement à droite a quant à lui reculé de 22% à 14%.

De jospiniste et socialiste en 2002, la gauche est devenue mélenchoniste et insoumise : à la dernière élection présidentielle, 55% des étudiants de l’école parisienne ont voté Jean-Luc Mélenchon – contre 21,95% obtenus par le candidat au premier tour.

«Je suis de la droite François-Xavier Bellamy. C’est ni du Marine Le Pen ni du Bardella. Mais pour eux, cela ne fait pas de différence. Si tu n’es pas de gauche, que tu es un mec blanc, catho et hétéro, et si tu donnes l’impression aux autres d’avoir été plus ou moins chanceux dans ta vie, tu es directement classé facho.»

Une autre déclare :

«Cela ne me dérangeait pas qu’ils aient leurs idées, mais je savais que de leur côté, les miennes ne passeraient pas. Si tu ne veux pas être stigmatisée, tu caches ce que tu penses.»

Pendant cinq ans, elle s’est forgée une sorte de couverture en se faisant passer pour une «centriste».

En début d’année, une camarade, pourtant de gauche et issue de l’immigration, s’est vue retirer son titre de déléguée de classe après avoir évoqué, lors d’une analyse sociologique, une éventuelle différence de vision de la mort entre les Occidentaux et les personnes d’éducation musulmane. Ses propos ont été taxés de racistes et de stigmatisants.

«Cette folie collective était terrifiante. Le lynchage était d’une telle violence…Moi qui étais de droite, ils n’auraient même pas toléré que je m’assoie à côté d’eux dans l’amphi !»

«Je suis content d’avoir quitté l’IEP pas trop tard, car j’ai vraiment vu les choses se dégrader. La promotion juste après moi a eu droit à un module d’une semaine sur les thématiques du genre, avec un exposé obligatoire. Ils avaient pensé l’instaurer dès ma L1, et je m’étais posé de vraies questions : est-ce que j’allais faire cet exposé et être honnête sur mes opinions, ou me porter malade ?»

«Si tu veux éviter les ennuis, tu n’as pas le choix. J’avais envie d’entrer dans la fonction publique, d’avoir un diplôme. L’IEP est une voie d’accès à certains métiers, et se taire est le moyen d’obtenir son diplôme dans les meilleures conditions» .

Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po et politologue, revient sur son parcours dans un essai en forme d’autobiographie intellectuelle. Il a été interrogé dans L’Express. Ancien du PS, il s’intéresse dans les années 80 à la montée du FN. Extraits :

[…] Si je prête attention au phénomène, c’est que la globalisation ne va cesser de s’étendre, sur le plan économique, financier, culturel, politique, avec bien sûr la construction européenne. Je mets alors au travail mes étudiants à Grenoble, qui se demandaient ce qui m’arrivait (rires). Je les envoie sur le terrain pour mener des études pointues, rencontrer ces électeurs et essayer de décoder avec moi ce qui se passe. C’est alors que se produit la première percée du FN, aux européennes de 1984. Je commence à en discuter avec des collègues, mais personne ne prenait le sujet au sérieux. Tout le monde se disait que c’était une poussée de fièvre, à la manière du mouvement poujadiste en 1956. Mais j’étais persuadé que cela ne disparaîtrait pas et qu’au contraire, cela s’amplifierait. Je l’ai écrit à l’époque. D’autant que l’entrepreneur politique qu’était Jean-Marie Le Pen avait le talent de démagogue que l’on sait. En discutant avec les électeurs du RN, en lisant les entretiens de mes étudiants, je pressentais un mouvement très profond, auquel aucune force politique, de la droite à l’extrême gauche, n’était capable de répondre.

Comme je m’intéressais surtout aux électeurs, davantage qu’au parti en tant que tel, j’ai été assez vite l’objet de l’ostracisation de mes collègues. Pourquoi un professeur d’université travaille-t-il sur ce sujet? Pourquoi écoute-t-il ces électeurs qui, à l’époque, sont tout simplement perçus comme de simples beaufs? Je ne faisais pourtant que mon métier.

Les choses se sont gâtées quand, dans les années 1990, vous désignez le FN comme “le premier Parti ouvrier de France”…

Qu’est-ce que je n’ai pas entendu! J’ai été presque accusé de faire de la propagande pour le Front national. C’était hallucinant. J’avais du mal à traiter cela par le mépris. Et cela a certainement coûté cher à ma carrière, un peu comme à Pierre-André Taguieff. Lui comme moi estimions que notre rôle de chercheur était de comprendre le phénomène et non le critiquer, et nous considérions au contraire que nos “intellectuels”, en condamnant le phénomène, ne faisaient que le renforcer, parce que bien sûr, le FN avait une habileté particulière à “retourner le stigmate”. C’est ce que j’essayais d’expliquer en vain à mes collègues : s’ils voulaient combattre le phénomène, il fallait d’abord le comprendre.

Rétrospectivement, vu le succès actuel du RN, il paraît étrange que même les responsables politiques mainstream de l’époque n’aient pas réagi, ni à gauche, ni vraiment à droite. Pourquoi?

Par paresse. Les politiques ne lisent pas assez. Les liens entre la recherche et le monde politique sont souvent faibles. Seuls quelques hommes isolés, comme souvent, en étaient conscients. Par exemple, au Parti socialiste, un maire de banlieue, Gilbert Bonnemaison, ou encore Pierre Mauroy. À droite, Gérard Larcher. C’étaient tous des hommes de terrain, ceux qui ont de la glaise à leurs souliers, par opposition aux autres, qui sont tout aux délices des jeux politiques. Ces derniers pensaient pouvoir facilement damer le pion au FN. Ils regardaient le FN et leurs électeurs comme des médiocres, avec un mépris de classe incroyable, notamment à gauche. La gauche était persuadée que seule l’indignation morale viendrait à bout du phénomène – ce qui me faisait éclater de rire… jaune.

Elle en est toujours persuadée…

Oui. Plus récemment, seul Manuel Valls a vraiment pris le sujet au sérieux, ou encore, dans une moindre mesure, Jean-Christophe Cambadélis, qui est passé de l’indignation à la compréhension, parce qu’il lisait. J’ai aussi rencontré une oreille très attentive auprès de Jean-Pierre Chevènement quand il était ministre de l’Intérieur. Mais au sommet de l’Etat, en revanche, pas grand-chose. Jacques Chirac possédait une forme d’optimisme qui l’empêchait de voir la réalité. Il m’écoutait avec beaucoup d’intérêt mais restait persuadé qu’il suffisait d’utiliser certains éléments de langage comme ceux qu’il a employés sur “le bruit et l’odeur”. Quant à Nicolas Sarkozy, il entendait les choses mais voulait s’en servir pour faire des coups. Ce n’était pas du tout à la hauteur du défi. […]

Il faut souligner un autre aspect très important de votre parcours, votre attachement à l’Institut d’études politiques de Paris, Sciences Po.

Je rentre à Sciences Po au milieu des années 1970 parce que je me destine au droit, et précisément au droit maritime. Georges Lavau, un grand professeur de Sciences Po, m’a repéré et conseillé d’y entrer. A l’époque, je ressentais déjà les méfaits des hégémonies intellectuelles dominantes à l’université. L’université était marxiste, structuraliste et bourdivine [NDLR : en référence au sociologue Pierre Bourdieu]. En dehors de ça, il n’y avait point de salut. C’était intéressant mais ce n’était rien d’autre que du marxisme un peu vulgaire. Or je n’étais pas à l’université pour vivre sous une chape de plomb. En regard, Sciences Po m’apparaissait comme un lieu de liberté intellectuelle. Ce que j’ai pu vérifier après m’y être enfui.

Nous avions des professeurs communistes, démocrates chrétiens, ou même d’extrême droite. Je pense à ce grand historien du nationalisme français, Raoul Girardet, qui était passé par l’Action française, la Résistance et l’O. A.S, et était un puits de science. Ou encore à Raymond Aron. Le but était de nous offrir des instruments pour construire au mieux nos parcours de citoyen. Pendant très longtemps, Sciences Po a été ce havre de pluralisme.

Et puis peu à peu, l’idée s’est imposée d’en faire une université afin de rentrer dans la compétition internationale. Nous nous sommes “universitarisés” au bon et au mauvais sens du terme. J’en parle de manière d’autant plus décomplexée que je l’ai dit à l’époque à Richard Descoings. Or le père fondateur de l’IEP, Emile Boutmy, l’avait bien dit en 1872 : je crée Sciences Po parce que l’université est sclérosée. Alors bien sûr, nous y avons gagné l’augmentation du nombre d’étudiants, la diversité des matières, l’internationalisation. Mais en même temps, nous y avons fait entrer un certain dogmatisme, ce que Boutmy appelait en son temps un “esprit borné”. Cela a modifié à la fois la manière dont on conçoit le pluralisme et le profil des étudiants, qui sont de plus en plus des étudiants en sciences sociales comme on en trouve ailleurs, avec certes un meilleur niveau puisqu’ils sont sélectionnés à l’entrée. Ce n’est pas pour rien qu’aux dernières élections présidentielles, les étudiants de Sciences Po ont voté à 55 % pour Jean-Luc Mélenchon. Or cela pose un évident problème, en milieu étudiant et enseignant, de pluralisme. Elle est ici, la crise que traverse Sciences Po aujourd’hui. Sciences Po n’arrive pas suffisamment à faire vivre un véritable pluralisme, et laisse parfois trop de place à des gens qui véhiculent tout sauf le pluralisme.

Comment en sortir? Si le poisson pourrit par la tête, peut-il aussi se désintoxiquer par la tête?

Sciences Po s’est toujours appuyé sur un leadership fort, comme celui d’Alain Lancelot, de 1987 à 1996, celui d’hommes qui s’imposaient et savaient dire leur mot. Il faut retrouver ce leadership stable et fort, y compris dans la sphère académique et intellectuelle. Je ne crois pas à cette division entre académiques d’un côté et administration de l’autre. Il faut aussi faire très attention, dans le recrutement des enseignants, au pluralisme méthodologique et intellectuel, tout en veillant à ne pas recréer de nouvelles formes d’idéologies dominantes. Ce n’est pas simple car les universitaires se recrutent entre eux. Mais nous sommes à la croisée des chemins et il faut agir.

Et vous, pourriez-vous diriger Sciences Po?

Je me suis présenté, sans succès, à la présidence de la Fondation nationale des sciences politiques. Quant à la direction de l’IEP, que Mathias Vicherat occupait jusqu’alors, c’est un poste difficile pour lequel je n’aurais à mon avis aucune chance – cela ferait bondir mes collègues! Car comme vous avez pu le constater en lisant mon livre, je n’ai pas ma langue dans ma poche.

L’abbé Franz Stock, « aumônier de l’enfer »

Aymeric Pourbaix  reçoit Stéphane CHMELEWSKY, président de l’association des « amis de Franz Stock », pour évoquer l’aumônier des prisons parisiennes durant la Seconde Guerre Mondiale :

 

Douze femmes ayant avorté ont témoigné des souffrances que cet acte leur a infligées

Douze femmes ayant avorté ont témoigné en février dernier des souffrances que cet acte leur a infligées devant des députés et sénateurs, y compris «progressistes» et «engagés pour les droits des femmes». C’est la première fois que certains semblaient entendre cette réalité violente, en contradiction avec leur idéologie.

À l’issue de ces rendez-vous, trois de ces femmes ont témoigné dans cette vidéo.

Les échanges avec les parlementaires ont porté sur trois angles morts des politiques publiques :

  • les conséquences de l’IVG pour les femmes,
  • les pressions fortes subies par certaines, notamment de la part du père de l’enfant,
  • l’information sur les alternatives à l’IVG.

Il faut écouter ces femmes et partager ces témoignages bouleversants. Des milliers de femmes sont traumatisées parce qu’on ne les a pas mises en garde.

Ce sont elles qui le disent : les séquelles psychologiques ne sont pas “une idée reçue.” C’est une réalité parce qu’absolument personne ne peut souhaiter accoucher d’un fœtus mort dans ses toilettes et tirer la chasse comme si de rien n’était !

L’avortement est le service après-vente d’une libération sexuelle délirante. Comme dit l’une des témoins : l’encouragement à la sexualité juvénile et inconséquente est la racine du problème. Qui dit sexualité dit responsabilité…

Les rendez-vous de ces femmes avec les parlementaires en février ont eu des retombées médiatiques en France : Valeurs ActuellesFrance catholique,  Boulevard VoltaireL’Homme nouveauLibérationLe Monde ; et à l’étranger : TV publique RTP2 (Portugal), National Catholic Register (États-Unis), ACI Prensa (Pérou)…

De nombreux parlementaires ayant demandé des rendez-vous ultérieurs, des femmes reviendront les rencontrer à l’Assemblée nationale et au Sénat en mai prochain. L’ECLJ agit également pour éviter l’ajout de l’avortement dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

S’il vous plaît, partagez cette vidéo aux filles et femmes que vous connaissez pour les mettre en garde. Vous pouvez, littéralement, sauver des vies.

Table ronde : Foi et identité

Cette table ronde a été donnée le samedi 23 septembre, à la Maison de la chimie – Paris, et est animée par Adrien Renouard :

L’objectif de Pierre Teilhard de Chardin était de fonder une nouvelle religion

Pierre Teilhard de Chardin revient à la mode, avec notamment la création d’un centre qui porte son nom, fruit d’une initiative commune de la Compagnie de Jésus et des diocèses de Paris, Evry, Nanterre et Versailles. Le diocèse de Paris fait même la promotion du personnage. Pourtant les écrits de ce jésuite du XXe siècle, théoricien d’un « évolutionnisme théiste », ont été condamnées par l’Eglise. Dans L’Homme nouveau, Yves Chiron rappelle ainsi :

[…] Teilhard de Chardin a pris rapidement des libertés avec les obligations de la vie religieuse. En mission scientifique en Mongolie, en 1923, il achève de rédiger « La messe sur le Monde », qu’il appelle dans une lettre « ma messe sur les choses », un court texte en forme d’hymne cosmique, qu’il récite lorsqu’il n’a pas de pain et de vin pour célébrer la messe. De manière générale, il accorde peu d’importance à la messe, même quand il a la possibilité de la célébrer. En 1939, le père Charvet, son supérieur jésuite en Chine, le déplorera dans un rapport au Saint-Office :

« ce qui me semble plus sérieux, c’est le peu de cas fait du Saint Sacrifice de la Messe dans ses voyages. Il n’emporte pas, que je sache, de valise-chapelle […] quand il se trouve en campagne, même dans les villes où il y a une église, le père se croit dispensé de célébrer. Il ne semble pas attacher d’importance au Saint Sacrement au moins pratiquement… Ces longs mois sans vie sacramentelle me semblent bien peu conformes à nos habitudes et même peu favorables à une véritable vie intérieure, cette vie intérieure tant prônée par le père Teilhard ».

Est mis en cause aussi son goût pour les dîners en ville et les soirées mondaines lorsqu’il est à Pékin. Mercè Prats [qui a consacré sa thèse à Teilhard de Chardin] évoque par ailleurs ses grandes amitiés féminines à différents moments de sa vie, mais sans affirmer clairement que Teilhard est resté fidèle à son vœu de chasteté. Quant au vœu d’obéissance, on a toujours loué son héroïque soumission à ses supérieurs qui lui interdisaient de publier ses écrits religieux ; mais il les laissait être diffusés à des centaines d’exemplaires sous forme polycopiée. […]

Wolfgang Smith, physicien et mathématicien américain, dans un essai critique qui s’en tient aux seuls écrits du jésuite, montre […] que « l’objectif de Teilhard est de fonder un “nouveau christianisme” » qui s’appuie sur le principe de l’évolution, devenue « la Vérité unique et universelle ». Dans Le Cœur de la Matière, Teilhard ose affirmer la nécessité d’« un Christianisme ré-incarné une deuxième fois (et comme à la deuxième puissance) dans les énergies spirituelles de la Matière ». Wolfgang Smith estime qu’il s’agit en fait d’une nouvelle religion. Teilhard lui-même affirmera qu’il s’agit d’

« une forme inconnue de religion – que personne ne pouvait imaginer ni décrire jusqu’ici, faite d’un Univers assez grand et organique pour la contenir ».

Sans parler des concepts nouveaux qu’il a introduits dans ses écrits : « noosphère », « Christ cosmique », « point Oméga » et d’autres. Après sa mort, devant la prolifération de ses écrits désormais publiés et la « faveur » qu’ils rencontraient, le Saint-Office publiera un monitum, le 13 juillet 1962, pour avertir qu’

« indépendamment du jugement porté sur ce qui relève des sciences positives, en matière de philosophie et de théologie il apparaît clairement que les œuvres ci-dessus rappelées renferment de telles ambiguïtés et même des erreurs si graves qu’elles offensent la doctrine catholique ».

Cabrini, un beau voyage vers la sainteté

De Bruno de Seguins Pazzis :

Quand sœur Francesca Xavier Cabrini débarque à New York en 1889, âgée de 39 ans, elle ne possède rien, tout comme des milliers d’immigrants italiens. Avec l’aide de quelques sœurs, malgré sa santé fragile et son isolement dans une société patriarcale, elle va se lancer dans une aventure sans précédent, construisant un orphelinat, puis un hôpital et progressivement un véritable « empire de l’espoir ».

Avec : Cristiana Dell’Anna (Mère Francesa Cabrini), David Morse (L’Archevèque Corrigan), Romana Maggiora Vergano (Vittoria), Federico Ielapi (Paolo), Virginia Bocelli (Aria), Rolando Villazón (DiSalvo), Giancarlo Giannini (le pape Léon XIII), John Lithgow (le maire de New-York, Gould), Eugenia Forteza (Sœur Umilia), Federico Castelluccio. Scénario : Alejandro Monteverde et Rod Barr. Directeur de la photographie : Gorka Gomez Andreu. Musique : Gene Back.

Cinéaste catholique, le mexicain Alejandro Gomez Monteverde, l’a démontré en signant la réalisation de Bella (2006) qui aborde la question de l’avortement avec délicatesse une émouvante bienveillance, Little Boy (2015), une parabole cinématographique subtile et lumineuse et Sound of Freedom (2023) le sujet de la pédocriminalité. Trois sujets très différents, trois genres de cinéma également. Le premier est d’un genre mélodramatique se déroule dans le milieu Latino de NewYork, le second est un conte fantastique visible de 7 à 77 ans et le troisième, un « thriller » inspiré par des faits authentiques. Mais tous les trois, font références et prônent les valeurs chrétiennes, tous sont des films qui convertissent.

Alors quel genre cinématographique pouvait bien aborder cette fois-ci Alejandro Monteverde pour diffuser les valeurs de sa foi ? La biographie filmée bien entendu. Et pour cela il choisit évidemment une figure emblématique pour les Américains du Nord, la première sainte de l’Amérique du Nord, Francesca Xaviere Cabrini (1850-1917), béatifiée seulement 21 ans après sa mort par le pape Pie XI, sanctifiée en 1946 par Pie XII et déclarée patronne des immigrants. En 1996, elle entre au National Women’s Hall of Fame (« musée national des femmes célèbres »), fondé en 1969 à Seneca Falls. Ce musée est le temple américain de la renommée qui honore et perpétue la mémoire des citoyennes américaines qui se sont particulièrement illustrées dans le domaine des arts, des humanités, des sciences, de la politique, des affaires ou du sport.

Le cinéaste, se basant sur une documentation très sérieuse, concentre son récit sur l’œuvre et l’apostolat qu’elle a développée au moment de son arrivée à New-York en 1896 et les quelques années qui la suivent, montrant son combat pour le bonheur et la santé des personnes qui vivaient dans la plus grande misère dans le quartier de Five Points, sa détermination à servir ceux qui sont dans le besoin et à combattre les obstacles et le sectarisme qui se dressaient sur son chemin. De la belle personnalité de Mère Francesca Cabrini, le cinéaste fait ressortir sa volonté inflexible, sa capacité de résistance dans les épreuves et sa compassion qui ne l’abandonnent jamais malgré sa santé fragile.

Parfois, la vie est plus étrange que la fiction, mais elle peut aussi être plus ennuyeuse. Parfois, la vérité sur la vie d’une personne se perd avec les années qui passent. Parfois, les étapes importantes auxquelles nous sommes confrontés dans la vie réelle peuvent ressembler à des contre-vérités à l’écran. Ici, il n’en est rien grâce à une concentration du récit sur quelques années de la vie de Francesca Cabrini, grâce à une approche très documentée mais aussi profondément émotionnelle, grâce également à un travail scénaristique et à une mise en scène très calculée et grâce enfin à une distribution des rôles qui mélange adroitement des comédiens italiens et américains.

Sainte Francesca Cabrini Cristiana Dell’Anna dans le rôle de Francesca Cabrini Cristiana Dell’Anna (La série Gommora de Roberto Saviano de 2014 à 2021, Qui rido io de Mario Martone La Main de Dieu de Paolo Sorrentino en 2021), très populaire en Italie, en plus d’une certaine ressemblance avec la sainte, donne vie à cette sainte peu connue chez nous.

Dans un rôle plus en retrait, Giancarlo Giannini (en 1972, L’Innocent (L’innocente) de Luchino Visconti en 1976 Lili Marleen, de Rainer Werner Fassbinder en 1981, Le Dîner (La cena) d’Ettore Scola en 1998) compose un Léon XII très convaincant. David Morse (L’Armée des douze singes de Terry Gilliam en 1995, Rock de Michael Bay en 1996, en 2000, Démineurs de Kathryn Bigelow en 2009) dans le rôle de l’évêque de New-York et John Lithgow (L’Esprit de Caïn de Brian De Palma en 1992, L’Affaire Pélican d’Alan J. Pakula en 1994, Moi, Peter Sellers de Stephen Hopkins en 2004, Killers of the Flower Moon de Martin Scorsese en 2023) dans celui du maire de la ville, viennent avantageusement équilibrer cette distribution pour le côté anglo-saxon.

En dehors bien entendu de nous faire connaître et admirer cette belle figure de sainteté, un autre intérêt du film, est de nous permettre de réaliser ce qu’était ce bidonville de Five points dans Manhattan au 19ème siècle. Le nom de Five Points correspond aux cinq rues qui étaient accessibles vers 1830 depuis l’intersection autour de laquelle le bidonville s’était développé. L’afflux d’immigrants pauvres, irlandais et allemands, se renforce par la grande famine en Irlande dans les années 1840. Ce quartier est devenu un ghetto où sévissait la famine, les maladies (choléra, la tuberculose, le typhus, le paludisme ou la fièvre jaune,), les gangs et les politiciens corrompus. Il se trouve que l’histoire de ce quartier n’est quasiment jamais représentée au cinéma si on excepte le film de Martin Scorsese, Gangs of New-York (2002) dont l’intrigue s’y déroule. Alejandro Monteverde et son directeur de la photographie Gorka Gomez Andreu (Sound of Freedom en 2023) en font une reconstitution impressionnante qui donne au spectateur l’impression d’être dans une adaptation d’un roman de Charles Dickens. Ainsi, la conjonction des qualités techniques, artistiques et historiques font de Cabrini, et pour tous les âges, un beau voyage vers la sainteté.

Bruno de Seguins Pazzis

Mass of Ages – Les gardiens de la tradition

Le 3è volet du film Mass of Ages (en anglais mais il est possible d’activer le sous-titrage) vient de sortir : ‘Guardians of tradition” [Gardiens de la tradition]. Il est diffusé dans quelques salles de cinéma aux Etats-Unis et sur youtube. Ce film-reportage donne la parole à plusieurs prêtres, évêques ou laïcs qui donnent de beaux témoignages de la place de la liturgie traditionnelle dans l’Eglise.

Ce volet évoque aussi la marche des Mères de prêtres sous la bannière de La Voie romaine en 2022. Deux des mères étaient présentes à Chicago pour la présentation de ce 3è volet.

Les 2 premiers films ont totalisé près de 700 000 vues à chaque fois.

Après que le pape François a restreint la messe traditionnelle en latin, un groupe de mères a entrepris de marcher de Paris à Rome avec une mission : livrer des milliers de lettres le suppliant de revenir sur sa décision. Traditionis Custodes a restreint la messe en latin dans le monde entier. Pourquoi ? Et comment les catholiques réagissent-ils ? Découvrez ce qu’il est advenu de la messe en latin après Vatican II et pourquoi les catholiques traditionnels du monde entier s’efforcent de préserver cette messe.

« Genre » : enfin une avancée pour protéger les mineurs

Les Juristes pour l’enfance estiment que le rapport des sénateurs du groupe Les Républicains sur la transidentification des mineursest un travail de très haute qualité qui ouvre enfin le débat public. Ce rapport est le fruit d’un travail de près d’un an qui a réuni 67 experts français et internationaux, de différentes disciplines (professionnels de santé, associations, intellectuels, enfants, parents, institutions), et d’opinions diverses sur la question de la transidentification. Parmi eux, la directrice scientifique de l’association Juristes pour l’enfance, Olivia Sarton, a apporté son éclairage juridique.

Juristes pour l’Enfance se félicite que les pouvoirs publics prennent conscience du phénomène inquiétant de l’augmentation des questionnements de genre chez les enfants et qu’ils proposent des préconisations qui rejoignent en grande partie les positions défendues depuis longtemps par l’association et notamment :

  • abroger la circulaire Blanquer du 29 septembre 2021 “Pour une meilleure prise en compte des questions relatives à l’identité de genre en milieu scolaire”
  • respecter la neutralité de l’Education nationale en utilisant les nom et prénoms figurant à l’état civil, veillant aux contenus des manuels scolaires et en garantissant des espaces non mixtes (toilettes, vestiaires, douches)
  • respecter le Code civil qui réserve le changement de la mention du sexe à l’état-civil aux majeurs, et en conséquence prohiber la transition médicale pour les mineurs, qui constitue un changement de sexe de fait pourtant interdit en droit
  • améliorer l’accompagnement et le suivi des mineurs en questionnement de genre et de leurs familles.

Le Syndicat de la Famille, lanceur d’alerte et avocat des victimes de l’idéologie du genre, et en particulier des enfants, des adolescents et des jeunes, se réjouit du dépôt d’une proposition de loi, ce 19 mars au Sénat, visant à interdire les bloqueurs de puberté ainsi que les hormones et la chirurgie de « réassignation sexuelle » aux mineurs. C’est une très grande avancée : le débat politique et législatif s’ouvre enfin ! Il faut maintenant que cette proposition de loi aille jusqu’au bout du parcours et soit adoptée. Le Syndicat de la Famille poursuit plus que jamais ses actions de plaidoyer !

Les inscriptions sont ouvertes au CAP Sud Méditerranée

Les inscriptions sont ouvertes au CAP Sud Méditerranée pour l’année 2024-2025, candidatez : [email protected]

Pour faire une année de césure après le bac, la licence ou le master, le Centre Anthropologique de Provence (CAP Sud Méditerranée) situé en centre-ville de Toulon propose aux jeunes de 18 à 25 ans une année d’éducation intégrale qui vise à faire grandir les étudiants sur les plans intellectuel, humain et spirituel :

  • Ils reçoivent une formation diplômante à raison de 15 heures de cours par semaine en philosophie, anthropologie, bioéthique, histoire de France, histoire de l’Église, histoire de l’art, histoire de la musique, sciences politiques, sciences économiques, littérature, théologie des religions, islamologie et géopolitique ;
  • Ils partagent une colocation étudiante fondée sur le respect d’une charte de vie prévoyant prière, vie commune et activités culturelles ;
  • Ils sont investis dans la mission aux côtés de la communauté des Missionnaires de la Miséricorde et de la paroisse saint François de Paule, située en centre-ville de Toulon. Ils participent aux activités missionnaires de la paroisse : scoutisme, patronage, chorale, groupe de prière, catéchisme et accueil paroissial.

La scolarité au CAP occupe les étudiants à mi-temps, ce qui leur laisse la possibilité d’effectuer un autre cursus en parallèle (validation d’un diplôme d’État par exemple), d’exercer une activité professionnelle ou encore de travailler en vue de financer ses études. C’est une année sur mesure bâtie afin de trouver un équilibre entre les activités intellectuelles, les temps communautaires, le développement personnel et la vie spirituelle.

Le CAP est enfin une année de discernement personnel et professionnel. Les étudiants peuvent être accompagnés par un coaching individualisé pour apprendre à connaître leurs talents et mieux s’orienter dans la vie professionnelle. Ils peuvent également être accompagnés spirituellement pour discerner un éventuel appel de Dieu dans le cadre d’une vocation religieuse.

Le CAP, c’est :

Une année pour Dieu,

Une année pour soi,

Une année pour les autres.

Benoît Dumoulin, directeur du CAP

6 avril : 4e édition du salon de la Liberté scolaire

Le samedi 6 avril 2024, aura lieu, à Paris, la 4e édition du salon de la Liberté scolaire

Lieu privilégié de rencontres pour tous les acteurs de l’éducation qui veulent s’informer et découvrir de nouvelles initiatives dans un climat d’échange stimulant, cet événement est organisé par la Fondation pour l’école. 

Professeurs, éducateurs, directeurs d’école, parents, professionnels de l’éducation, institutions et médias… Plus d’un millier de personnes participent chaque année au salon !

Les objectifs de la journée ? 

  • Faire SE RENCONTRER et DIALOGUER les différents acteurs du système éducatif, attachés à la liberté scolaire, afin de progresser ensemble
  •  VALORISER les initiatives pédagogiques développées dans des écoles privées ou publiques et par le secteur périscolaire. 
  • (RE)DÉCOUVRIR des méthodes qui ont fait leurs preuves ou des approches innovantes au service du renouvellement de l’enseignement
  • INSPIRER de nouvelles idées et des actions en faveur de la réussite et de l’épanouissement des enfants. 

1 journée pour échanger, se former, rencontrer… Au programme : 

+de 20 ateliers animés par des professionnels de l’éducation, experts dans leurs domaines. 

Des animations, une conférence, une table ronde et un grand débat sur des thèmes liés à la liberté scolaire et à l’éducation

Un espace réservé à la mise en réseau et aux rencontres

Une librairie avec de nombreuses références 

+de 40 exposants de qualité, reconnus pour leur engagement en faveur de l’éducation 

La remise du Prix Étincelle, valorisant les initiatives pédagogiques des écoles libres

Salon de la Liberté scolaire, le samedi 6 avril 2024 à l’Espace Charenton (Paris 12e ), de 9h à 18h. 

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services