Un ministre ougandais accuse le gouvernement américain d’utiliser les restrictions en matière de visas pour promouvoir le programme LGBT
Pourquoi n’imposent-ils pas les mêmes sanctions aux pays du Moyen-Orient qui ont des lois identiques ou plus sévères à l’encontre des LGBT ? s’est interrogé Henry Okello Oryem, ministre d’État aux affaires étrangères de l’Ouganda.
Le mercredi 6 décembre, Henry Okello Oryem, ministre des affaires étrangères de l’Ouganda, a déclaré qu'”il y a un coup d’État du département d’État des États-Unis” et qu'”il est pris en charge par des personnes qui défendent l’agenda LGBT en Afrique”. Il a averti que “s’ils refusent les visas à nos députés, ils iront à Shanghai ou à Guangzhou”. “Il y a beaucoup de beaux endroits à visiter” en dehors des États-Unis.
Ces remarques ont été partagées après que le secrétaire d’État américain Antony Blinken a prolongé la politique de restriction des visas. Cette politique a été imposée à la suite des élections présidentielles de 2021 en Ouganda. Elle visait à “cibler les personnes considérées comme responsables ou complices de l’affaiblissement du processus démocratique en Ouganda”. L’extension de lundi concerne “les fonctionnaires ougandais actuels ou anciens” qui ont été impliqués dans “des politiques ou des actions visant à réprimer les membres de populations marginalisées ou vulnérables”. Ces groupes comprennent, sans s’y limiter, les défenseurs de l’environnement, les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes, les personnes LGBTQI+ et les organisateurs de la société civile. M. Blinken a également noté que les “membres de la famille immédiate” de ces fonctionnaires “peuvent également être soumis à ces restrictions”. Il a conclu en affirmant que “les États-Unis sont aux côtés du peuple ougandais et restent déterminés à travailler ensemble pour faire progresser la démocratie, les droits de l’homme, la santé publique et la prospérité mutuelle”.
Malgré les sympathies apparentes de M. Blinken, les États-Unis et l’Ouganda ont un passé récent de désaccord et d’opposition marqués dans les guerres culturelles, notamment dans les domaines de l’idéologie du genre et de l’avortement. Après l’adoption par l’Ouganda, en mars, d’une loi stricte connue sous le nom de “loi anti-homosexualité”, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de Joe Biden, John Kirby, a critiqué la législation en la qualifiant de violation des droits de l’homme.
Cette loi interdit totalement les relations sexuelles entre personnes de même sexe, le “mariage” entre personnes de même sexe et l’auto-identification LGBT, et impose de lourdes peines de prison à toute personne pratiquant directement l’homosexualité ou permettant que de tels actes aient lieu. La loi prévoit également des sanctions pour ceux qui “recrutent un enfant dans le but de se livrer à des actes homosexuels”… Voilà ce qui choque les Etats-Unis…
Face aux réactions du monde occidental, le président ougandais Yoweri Museveni a maintenu la loi et a ajouté que, malgré les critiques incessantes, “personne ne nous fera revenir” sur cette décision.
Il faudrait qu’on nous explique comment l’Etat peut enregistrer la mort d’un enfant avorté que l’avortement n’aurait pas tué
Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, s’interroge dans le JDD quant à l’importance de l’inscription de l’avortement dans la Constitution :
L’annonce d’une inscription de l’IVG dans la Constitution mérite-t-elle autre chose qu’une lecture rapide et distraite ? Tout nous incite à ne pas nous y attarder. Deux guerres à nos portes, de la violence un peu partout, des manifestations hebdomadaires. La France a des soucis d’une autre envergure. Et le gouvernement d’autres chats à fouetter. D’ailleurs, dans les milieux politiques et médiatiques favorables à cette mesure, on minimise. Parfois même on ricane. Quels sont les partis politiques qui veulent remettre en cause l’avortement dans notre pays ? Aucun. Tout le monde convient qu’il n’y a pas de menace. L’histoire se résume à une surenchère politique où l’initiative, due à une députée devenue ministre, est reprise dans une proposition de loi d’extrême gauche, modifiée par un sénateur de droite, laissée de côté pendant un moment avant que le gouvernement ne rafle la mise sous la forme d’un projet de loi constitutionnelle dont il se flatte d’obtenir l’adoption par les deux chambres. Pour le pouvoir, il n’a jamais été envisagé de débat sur le fond. Rien que de la procédure parlementaire – proposition ou projet de loi, référendum ou Congrès – et un peu de chicanerie byzantine sur les mots dont on veut qualifier l’IVG – droit, liberté ou liberté garantie. L’affaire est bien partie et devrait trouver un dénouement au printemps pour la Journée de la Femme.
Il existe toutefois quelques oppositions au projet de loi, fondées sur l’inutilité et l’incongruité de la constitutionnalisation de l’IVG alors que l’on ferait mieux de s’occuper de l’école, de l’hôpital et de la sécurité du pays. En gros, ce n’est pas le moment et de toute façon cela ne changera rien. Cette position est celle de personnes qui expriment une certaine réserve vis-à-vis de l’acte de l’avortement. Elles n’y sont pas très favorables à titre personnel mais n’y voient pas d’inconvénient pour les autres. Inscrite symboliquement dans la Constitution, la liberté leur paraîtrait plus acceptable que le droit d’avorter. Elles soutiennent la loi Veil dans sa formulation initiale, tenue pour équilibrée, tout en déplorant ses extensions répétées. Leur attachement à la possibilité de recourir à l’IVG repose naïvement sur son encadrement, ses limites et sa régulation par la loi. En oubliant que toutes les lois transgressives sortent de leur cadre et étendent leur champ d’application. En réalité, la frange de l’opinion censée ne pas être d’accord avec le projet présidentiel n’exprime pas de critique au fond. Faute d’autre grief que l’opportunisme politique reproché au chef de l’Etat, l’IVG dans la Constitution ne choque pas grand monde.
Les trois coups de la constitutionnalisation étant frappés, apportons quand même une précision avant le lever du rideau. Si l’avortement semble pouvoir rejoindre facilement le socle de nos valeurs suprêmes, c’est qu’il repose sur un mensonge inaugural : avant la naissance, il n’y aurait pas d’enfant et donc l’avortement ne tuerait personne. Cette fiction pour éviter l’accusation d’homicide est démentie dans la vraie vie puisqu’après une interruption médicale de grossesse (IMG) l’enfant peut être inscrit à l’état-civil et sur le livret de famille. Il faudrait qu’on nous explique comment l’Etat peut enregistrer la mort d’un enfant avorté que l’avortement n’aurait pas tué. Vivant il n’était rien, avorté il devient un enfant. Pour l’IVG, le déni est total. L’enfant n’existe ni avant, ni après.
Que la République française, l’année où le taux de natalité est le plus bas et le taux d’avortement le plus haut, brandisse le « mensonge qui tue » en étendard laisse pantois. Que le chef de l’Etat, comme il l’a annoncé, souhaite cette inscription morbide dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE, pour enchaîner les pays voisins au char du vainqueur, nous fait honte. Qu’il ajoute à la panthéonisation de l’avortement celle de l’euthanasie, dans la même année, dit tout de l’obsession qui presse un vieux pays de tuer son âme. Comment l’homicide du plus jeune, du plus malade et du plus vieux d’entre nous est-il devenu un humanisme ? L’immense mépris que le Sud global ressent devant ce basculement existentiel de l’Europe de l’ouest est un trait de lumière. Les pays qui aiment la vie nous montrent comment échapper à cette idéologie qui n’a que la mort à offrir en partage.
Les reproches du ministère à Academia Christiana
Pierre Gentillet, avocat de l’association ACADEMIA CHRISTIANA, a pris connaissance du courrier du Ministère de l’Intérieur visant à dissoudre l’association. Sur X il explique :
A tous, je voudrais vous expliquer pourquoi cet évènement est gravissime. Par une missive, longue de 7 pages, l’administration énumère avec peine un ensemble de faits tous plus approximatifs et grotesques les uns que les autres, probablement une compilation à la va-vite de mauvaises fiches des renseignements généraux. Je tiens à dire qu’à AUCUN MOMENT l’administration ne source, ni ne documente les photos, vidéos, déclarations qu’elle reproche à l’association. C’est tout bonnement lunaire. Sur le fond, ce courrier est une longue litanie d’éléments éparses, de propos tenus dans leur majorité par des personnalités non-membres d’ACADEMIA CHRISTIANA, dont G.Darmanin pense tirer une toile de fond solide pour le décret de dissolution, déjà prêt semble-t-il. Darmanin cherche à établir, par une myriade de petits faits, une responsabilité par capillarité de l’association vis-à-vis de tel ou tel propos qu’elle, ou ses dirigeants, n’a jamais tenu ou soutenu. Pour vous résumer, trois reproches sont faits à l’association pour fonder sa dissolution :
1) Academia Christiana inciterait à des manifestations armées ou à des agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens L’association n’a EVIDEMMENT jamais appelé à de telles actions et dans son courrier l’administration n’en donne aucune preuve concrète. Les seuls faits qu’elle avance sont ceux (et non-condamnables pour autant) commis par des « soutiens » d’ACADEMIA CHRISTIANA. Comme chacun sait (sauf G.DARMANIN) : nul n’est responsable que de son propre fait ! Enfin, l’administration reproche à ACADEMIA CHRISTIANA
« de présenter la légitime défense comme nécessaire, valorisant volontairement dans et objectif l’entrainement aux sports de combat et allant même jusqu’à les inclure dans son programme d’enseignements notamment lors des universités d’été ».
C’est lunaire. En droit français, la légitime défense n’est ni un délit ni un crime. Au contraire, la légitime défense est un acte autorisé par le droit français (Cf. art. 122-5 du Code pénal).
2) Academia Christiana inciterait à la collaboration avec l’Allemagne nazie (!) Ce reproche est lunaire. En réalité, l’administration considère que proposer, parmi 200 autres livres, des ouvrages de Brasillach ou Maurras est un soutien à la collaboration (!!!). Extraire un auteur parmi des centaines d’autres est évidemment un procédé inique qui manque d’honnêteté intellectuelle pour apprécier l’ensemble des travaux de l’association. Deuxièmement, les auteurs cités sont tous étudiés dans les facultés françaises et donnent lieu chaque année à d’intenses publications universitaires ou journalistiques. Troisièmement, l’association présente par ailleurs des auteurs classés à gauche comme Jacques Ellul, Jean-Claude Michéa, Christophe Guilluy. Bien évidemment, l’administration n’en tient pas compte dans son jugement, partial et faussé.
3) Academia Christiana incite à la discrimination, la haine ou à la violence Je tiens à dire qu’à AUCUN MOMENT l’association, les dirigeants ou les membres de l’association n’ont été condamnés en justice pour de tels faits ! Mais l’administration considère, en l’absence même de condamnation, qu’elle peut faire prévaloir sa propre appréciation du droit pénal ! Mais que nous reproche l’administration, parmi d’autres choses, de « procéder à un amalgame entre d’une part immigration et d’autre part insécurité et terrorisme, alimentant un sentiment d’islamophobie. » ! ! ! Outre le fait qu’il s’agit évidemment d’un fait largement documenté, Ministre Gerald DARMANIN déclarait le 8 décembre dernier que « 60 % des gens qu’on arrête sont des étrangers ». Le Ministère est donc en contradiction avec le chef de votre propre administration ? Par ailleurs, le président de la République a lui-même établi un lien entre immigration et délinquance en indiquant que « la moitié des faits de délinquance à Paris viennent d’étrangers ». Aussi, faut-il envisager une dissolution de la présidence de la République ? Tout le courrier est de ce jus : propos non-sourcés, raisonnements foireux, spécieux, aucun élément concret, juridiquement valide et surtout imputable en principal à l’association !
Enfin, et c’est le plus grave, G.Darmanin a violé de manière grave et flagrante l’article L.122-1 du code des relations entre le public et l’administration, que l’administration cite d’ailleurs en marge de son courrier. Celui-ci prévoit que la décision de dissolution ne peut intervenir « qu’après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. » Or, G.Darmanin a par deux fois violé cette règle en déclarant ce matin sur CNEWS et hier sur le média en ligne BRUT qu’il avait décidé de « présenter leur dissolution en Conseil des ministres dans les semaines qui viennent. ». Il s’assoit littéralement sur le droit. Il est donc manifeste que le principe du contradictoire et l’article L.122-1 précité ont été violés puisque, alors même que nous n’avions pas pu transmettre nos réponses (date limite : 14 décembre), la décision a déjà été prise. Bref, si l’on peut dissoudre une association comme ACADEMIA CHRISTIANA, je vous annonce que la liste des dissolutions à droite va prendre une tournure inquiétante. Si l’on peut dissoudre sur des motifs aussi fallacieux, aussi politiques et non-sourcés ( ! ) alors je ne vois plus très bien à quoi bon édicter des règles « juridiques » .
Cette bataille n’est pas seulement celle pour une association catholique et à droite mais pour le respect de certaines règles de droit, pour le maintien du pluralisme politique dans la société civile et contre le délit d’opinion. Nous la remporterons.
Dissolution de Gérald Darmanin grâce au vote uni des députés LR et RN
La motion de rejet du projet de loi Immigration et Asile a été adoptée grâce au vote courageux des députés LR et RN (mais aussi de la NUPES). C’est seulement unie que la Droite, représentée ce soir par LR et RN, pourra changer le destin de la France. Bravo aux députés RN et LR. Et cerise sur le gâteau, tous les “journalistes” macronistes de LCI et BFM s’étranglent en direct :
“Avant même l’arrivée de la loi immigration devant l’Assemblée nationale, les oppositions se mettaient en ordre de marche pour faire reculer le gouvernement. Ce lundi, la motion de rejet, déposée par les Écologistes, a été adoptée par 270 voix contre 265, empêchant l’examen du texte et des 2 600 amendements. Il s’agit d’une très lourde défaite politique pour le gouvernement.”
“Darmanin peut-il rester ministre de l’Intérieur ? À l’évidence cela s’annonce compliqué. Après avoir espéré Matignon l’été dernier, puis s’être affranchi de la tutelle politique de la Première ministre, Gérald Darmanin jouait son va-tout sur ce texte. En cas d’adoption sans 49.3 : la voie royale pour Matignon dès les prochaines semaines – plan que certains avaient quasiment finalisé à l’Elysée –, en cas de défaite : une défaillance d’autorité incompatible avec l’incarnation du ministère de l’Intérieur. Bien sûr en « absurdie » comme on l’expérimente depuis plusieurs semaines, un scénario improbable pourrait sans doute s’écrire.”
Où va le dialogue islamo-chrétien ?
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Conférence donnée par l’abbé Guy Pagès au Forum Jésus le Messie qui s’est tenu à Paris le 11 novembre 2023, sur le thème : Quelles perspectives pour le dialogue islamo-chrétien ?
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Loué soit Jésus-Christ, qui nous délivre de la Colère qui vient (1 Th 1.10) !
Chers frères et sœurs, chers amis,
Voici une présentation de l’évolution du dialogue islamo-chrétien (DIC), de quelques-unes de ses difficultés particulières, ce qui nous laissera déjà largement entrevoir son avenir.
Présentation du DIC
L’Église justifie le dialogue interreligieux, et islamo-chrétien en particulier, dans sa déclaration Nostra Aetate du concile Vatican II, au motif qu’« À notre époque le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni et [que] les relations entre les divers peuples se multiplient », et parce qu’elle estime avoir la « tâche de promouvoir l’unité et la charité entre les hommes [en examinant] ce qu’ils ont en commun et qui les pousse à vivre ensemble leur destinée (…) tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes. » Notez qu’il est ici question « de témoigner de la foi et de la vie chrétiennes » – parce que ce ne sera bientôt plus le cas -, et que la raison du DIR est la recherche de l’unité des hommes, en s’appuyant sur ce qu’ils ont déjà en commun, à savoir : la reconnaissance de la Divinité suprême ; le désir de la libération des angoisses existentielles, et celui de l’illumination de l’esprit … Puis vient dans cette déclaration la mention des musulmans, distingués, avec les juifs, des membres des autres religions non-chrétiennes, en raison de ce qu’ils auraient en commun avec l’Église … et non en raison du fait que venant APRÈS le Christ, ils rejettent explicitement le Christ et Son Église … Comme si l’accueil ou le rejet de la foi chrétienne comptaient pour rien dans l’évaluation du fait religieux ! Alors que les religions d’AVANT la venue du Christ s’expliquent par la légitime recherche humaine de ce qui fait la grandeur de l’homme, et leurs erreurs par leur possible ignorance invincible, judaïsme et islam, venant APRÈS le Christ, n’ont, théologiquement, pas d’autre raison d’être que leur refus de la Révélation chrétienne. Ce qui les définit littéralement comme antichrists. C’est ce que nous enseigne la grille de lecture de l’histoire offerte par le Christ dans la parabole de l’ivraie (Mt 13.36-43), en laquelle Il distingue 1/ le monde, 2/ l’Église, et 3/ la génération diabolique qui lui succède et s’oppose à elle. Difficile d’être plus clair. Malheureusement, pour fonder son dialogue avec juifs et musulmans sur quelque chose d’estimable, l’Église passe sous silence l’incompatibilité absolue posée par le Christ dans cette parabole entre Lui-même et Satan, entre « les fils du Royaume » et les « fils du Mauvais », pour rendre juifs et musulmans non pas seulement semblables aux membres des religions d’AVANT la venue du Christ, mais participants de sa propre grâce ! Comme dans d’autres textes du concile Vatican II (sur la liberté religieuse, le dialogue œcuménique …), apparaît ici un fléchissement libéral, une nouveauté, conduisant à concéder qu’il y a des réalités surnaturelles « imparfaites » en dehors de l’unique réalité surnaturelle qu’est l’Église, bâtie par le Christ sur Pierre. Or, si l’on ne peut pas être un peu ou même beaucoup à Jésus, mais seulement tout entier ou pas du tout, comment les éléments qui paraissent communs au christianisme et à l’islam seraient-ils autre chose que de véritables miroirs aux alouettes destinés à faire tomber les chrétiens dans « l’imposture religieuse qui précède le retour du Christ (CEC n°675) » ?
Pour le cardinal Arinze, qui fut président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux, « le dialogue interreligieux n’est ni l’histoire comparative des religions, ni une discussion démonstrative ou apologétique, ni une tentative de convertir l’autre à sa propre religion. Mais c’est une démarche d’écoute de l’autre, consistant moins à parler qu’à laisser l’autre s’exprimer ou à l’interroger pour essayer de comprendre pourquoi l’autre a telle religion, et pour discerner ce qui peut être fait en commun avec lui. »1 Propos que ne démentira pas le cardinal Tauran, un de ses successeurs à la présidence du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, pour qui, je cite : « Le dialogue n’est pas une stratégie ou un moyen pour convertir, bien qu’un tel dialogue puisse favoriser la conversion. Le dialogue, pour être sincère, doit être mené sans arrière-pensée. (Conférence sur le dialogue islamo-chrétien, Vatican, 4-6 nov. 2008) » Vous remarquez maintenant chez ces deux cardinaux, compétents en la matière, qu’il n’est plus question de témoigner de la foi chrétienne, mais que même le désir de convertir l’autre est exclu de la pratique du DIR… Or, si la fin de l’Église est le salut des âmes, est-il possible à un chrétien de renoncer à l’idée de convertir ? Si Dieu veut le salut de tous (1 Tm 2.4), et si un chrétien se caractérise par sa communion avec Dieu, un chrétien peut-il ne pas avoir toujours l’« arrière-pensée » du salut de son prochain ? Ou alors, le désir du salut de tous serait-il intermittent chez Dieu ? Est-il possible à la lumière mise sur le lampadaire de ne pas éclairer tous ceux qui la voient ? Il n’est certes pas toujours opportun d’évangéliser verbalement, et le témoignage d’une vie sainte et irréprochable fait parfois plus que des paroles, mais, pour autant, est-il loisible à un chrétien de ne pas vouloir toujours le salut de son prochain, en toute circonstance et de façon efficace ? Le canon 211 du Code de Droit canonique nous en fait un devoir : « Tous les fidèles ont le devoir et le droit de travailler à ce que le message divin du salut atteigne sans cesse davantage tous les hommes de tous les temps et de tout l’univers.» , et le canon 225 ajoute : « cette obligation est encore plus pressante lorsque ce n’est que par eux que les hommes peuvent entendre l’Évangile et connaître le Christ. » « Malheur à moi [donc] si je n’évangélise pas ! (1 Co 9.16 ; 2.2 ; Lc 12.3) » disait le grand saint Paul ! Dès lors, le DIR, et IC en particulier, peuvent-ils apparaître autrement que comme antichrétiens, ou hypocrites ? Comment ne pas avoir compris que ce refus public d’évangéliser allait finir par gangrener tout le corps ?
L’Église catholique qui est en France, sur son site internet, promeut : « Le dialogue entre les chrétiens et les autres religions réalisé dans un respect de liberté, d’ouverture, d’écoute afin d’apprendre à se connaître, à apprécier à la fois nos différences et les valeurs communes qui nous lient les uns aux autres. (Saisie du 28.07.23) » ( ) Outre l’amalgame encore fait ici entre “personnes” et “religions”, ce propos fait le lit du funeste relativisme en appelant à estimer « les différences » entre religions. En effet, le sens du verbe apprécier est ici celui d’estimer, puisqu’il est question d’apprécier aussi les valeurs communes, et que l’on ne peut pas ne pas estimer ses propres valeurs … Ce sens est d’ailleurs défendu par le père de la Hougue, directeur de l’Institut de science et de théologie des religions (ISTR) à l’Institut catholique de Paris, qui milite pour que les chrétiens aient ( ) « une vraie estime de la foi des musulmans (NURT SVD 2 (2015) s. 242-255) » … C’est ainsi que nous sommes très religieusement et doctement invités à estimer la foi qui blasphème la Sainte Trinité, et tous les mystères de la Révélation chrétienne … Faut-il s’étonner dès lors que les églises se vident ? Cet estime des différences a été particulièrement bien exprimé récemment par Mgr Américo Aguiar, qui déclara peu avant l’ouverture des JMJ 2023 dont il était le responsable à Lisbonne, qu’elles étaient « un cri [de] fraternité universelle » et que le « message principal » en était le respect des différences, car « la différence, disait-il, est une richesse ». La différence de l’islam haïssant rien tant que la foi chrétienne (Coran 4.48) serait donc, pour ce prélat, « une richesse » … Mais si elle est une richesse, il faut alors la faire fructifier, et donc non seulement rester musulman, mais islamiser ! Les différences sont une richesse dans l’ordre naturel, mais les contradictions s’opposant à la Vérité révélée sont des hérésies ! Et les hérésies conduisent en Enfer ! Pour Mgr Américo Aguiar, depuis lors fait cardinal, la conclusion logique de cet amour des différences excluant Jésus-Christ est que : « Nous ne voulons pas convertir les jeunes au Christ, ni à l’Église catholique … (06.07.23, RTP Notícias) » Faut-il s’étonner que les églises se vident ?
Un des malheurs du DIR, et du DIC en particulier, est d’avoir été présenté comme une nouveauté du Concile, et bientôt comme une fin en soi puisque déconnecté de la recherche du salut des âmes, fin dernière de toute activité de l’Église. La Foi demandant une adhésion libre de l’intelligence, les chrétiens, et les missionnaires en particulier, n’ont pas attendu Vatican II pour pratiquer le dialogue, que ce soit pour évangéliser, ou pour répondre aux nécessités de la vie courante, voulue la plus paisible et religieuse possible ! Mais jamais, jamais ! il n’avait été officiellement demandé, ni même imaginé, qu’en toutes ces occasions, il eût fallu rejeter l’« arrière-pensée » de la conversion d’autrui …
Difficultés particulières du DIC
Du côté de l’islam
Parmi les obstacles au dialogue du côté musulman, on peut noter l’assurance des musulmans de connaître mieux la Foi chrétienne que les chrétiens eux-mêmes (Coran 6.20-24), du fait que l’islam serait la dernière et enfin définitive mise à jour de la seule vraie religion jusque-là sans cesse falsifiée, en sorte que tout ce que peuvent dire les chrétiens est par principe nul et non avenu.
Est-il possible, est-il souhaitable, de dialoguer avec qui justifie l’infériorité ontologique et légale de la femme et du non-musulman, la pédo-criminalité, le pillage, le meurtre, l’esclavage, le viol des captives, et autres abominations instituées par Allah ?
« Qui est l’Antichrist ? » Six siècles avant la venue de l’islam, saint Jean – que l’on ne peut donc pas accuser d’islamophobie -, donnait déjà la définition de l’islam en donnant celle de l’Antichrist : « C’est celui qui nie le Père et le Fils (1 Jn 2.22) » Et en effet, telle est la gloire affichée de l’islam : rétablir le prétendu monothéisme en rejetant la Sainte-Trinité (Coran 112.1-4 ; 4.171). La raison d’être de l’islam est d’éliminer l’Église et de la remplacer : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’Église et que la religion soit seulement l’islam ! (Coran 2.193 ; 3.85 ; 9.5,33 ; 48.16 ; 60.4) » Et pour y arriver, comme le font bourreaux et génocidaires qui dénient à leurs victimes la dignité humaine, Allah assure que les chrétiens « ne sont qu’impureté (Coran 9.28) », « au même titre que l’excrément ou l’urine. » précise l’Ayatollah Khomeny (Principes politiques, philosophiques, sociaux et religieux, Éditions Libres Hallier, Paris, 1979), « les pires êtres qui soient (Coran 98.6) », coupables du seul péché impardonnable, qui est donc de croire à la Trinité (Coran 4.48), péché « pire que le meurtre (Coran 2.191) », dont la sanction est la peine de mort, en sorte que tous les chrétiens étant damnés (Coran 5.72 ; 9.113 ; 98.6 😉 doivent être tués « sans relâche (Coran 3.152 ; 9.5,30 ; 33.57,61) ».
Une autre difficulté est la pratique de la takiya, qui est l’art de mentir au bénéfice de l’islam. Ainsi Allah commanda-t-il à Mahomet, modèle des musulmans : « Attire ceux que tu pourras (…) ; sois associé à leurs richesses et à leurs enfants et fais-leur des promesses ! Satan fait bien des promesses pour tromper ! (Coran 17.64 ; 13.42) » Allah justifie le parjure (Coran 66.2), en sorte que Mahomet signa un traité de paix de dix ans avec les Mecquois, ce qui lui donna le temps de refaire ses forces pour, deux ans plus tard, s’emparer de la ville … non sans avoir exécuté les personnes qui lui avaient fait confiance (Ibn Ishaq, Sira, 981 ; 834 & 837). Cet art ou religion de la ruse dont la première règle est de profiter de la faiblesse et de l’ignorance d’autrui, se décline en plusieurs formes. La Tawriya (toriia) peut être définie comme l’« inventivité dans l’art du mensonge » : elle permet de changer le sens d’une parole, d’un serment, sans en changer la lettre (Reliance of the Travaller, Maryland, USA, 2011, o19.1, o19.5). C’est ainsi qu’un musulman niera que le Coran dise des Juifs et des chrétiens qu’ils sont « des égarés, objets de la colère d’Allah (Coran 1.6-7) », car le verset ne le dit pas textuellement, alors qu’aucun autre sens n’est logiquement possible. Pour faire accroire que l’islam condamne le mensonge, il pourra citer : « La malédiction d’Allah tombe sur les menteurs. (Coran 3.61) », mais il ne dira pas que les menteurs ici désignés sont ceux qui refusent l’islam (Coran 3.61 ; 16.105 ; 23.90). Le Kitman (kitmen) consiste à ne dire qu’une partie de la vérité afin de la déformer entièrement. Par exemple, affirmer que le terme djihad désigne le combat contre soi-même, alors qu’au minimum il signifie résister à la tentation de quitter l’islam (Coran 2.147,189,193 ; 8.39 ; 10.94 ; 18.35-37), et dans son sens général le devoir de combattre à mort tous ceux qui refusent l’islamisation (Coran 5.33). Un autre exemple est la citation de versets apparemment tolérants, mais qui ont été abrogés. Le Muruna (mirena) signifie faire preuve de souplesse, savoir s’adapter. C’est l’arme suprême pour s’infiltrer chez l’ennemi. A l’imitation d’Allah abrogeant certains versets de sa parole éternelle pour en produire de meilleurs (Coran 2.106), un musulman est justifié de déroger à certains préceptes islamiques, de critiquer même le Coran, si c’est pour un « meilleur commandement ». Aujourd’hui la takiya prétend aimer la démocratie, défendre les Droits de l’homme, promouvoir la liberté religieuse, mais dans l’intention d’imposer un jour la charia dans l’espace public ! C’est ainsi qu’au nom de la promotion de la diversité, l’Union Européenne finance son islamisation, en faisant par exemple la promotion du « Hijabday ». Les différences sont des richesses, n’est-ce pas ? Et les « modérés » en attendant d’aller demain rejoindre l’armée du Mahdi, font fructifier au profit de l’islam les concessions que leur obtiennent la peur des actes terroristes, la lâcheté des responsables politiques, et l’apostasie d’une grande partie de l’Église.
Enfin, parce que « les coutumes d’Allah ne changent pas (Coran 33.62 ; 35.43 ; 48.23) », tout espoir d’un changement de doctrine ou de pratique islamique est illusoire. Et parce qu’Allah est seul à comprendre ce qu’il dit (Coran 3.7) … son Coran est un « livre évident (Coran 34.3 ; 43.2 ; 44.2) ». Cela explique la culpabilisation de tout questionnement, assimilé à une contestation de l’islam, à une révolte contre Allah : « Ô vous qui avez cru ! Ne posez pas de questions sur certains sujets, cela pourrait vous causer du tort ! (Coran 5.101) » Menace ! Terreur ! La perversion coranique va même jusqu’à déclarer « intelligent » celui qui renie son désir de connaître ! En islam, ce n’est pas la raison qui justifie la foi, mais c’est le Coran qui rend possible l’usage de la raison, avec pour seule fin la légitimation de la charia.
Du côté de l’Église
On dira que le dialogue sert à maintenir la paix civile, en permettant à chacun d’exprimer sa pensée aussi rationnellement que possible, délesté de l’influence des passions. C’est certes un art difficile que de savoir parler de choses qui fâchent sans se fâcher, mais ce l’est aussi de ne pas trahir l’Evangile pour complaire à ses ennemis. Lorsqu’en France l’Église catholique participe à la Conférence des responsables de culte (CRCF), quel message envoie-t-elle à la société ? Celui d’être l’unique voie de salut instituée par Dieu pour le salut de tous, ou bien celui d’être une religion parmi d’autres, dans le grand marché libéral des spiritualités et superstitions ? En ne siégeant pas à cette assemblée, que perdrait l’Église ? L’estime du monde ? Mais serait-ce trop cher payé pour rester fidèle à Dieu (Jc 4.4 ; 1 Jn 2.15) ? Et que gagnerait-elle, sinon la reconnaissance de sa mystérieuse différence ? En vérité « étant la seule véritable, elle ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soit égalées. (Léon XIII, Humanum genus) » Quelqu’un en a-t-il encore conscience ?
La paix civile ne relève pas, directement, de la mission de l’Église, mais de celle du pouvoir politique. L’oubli de cette vérité et la confusion qui s’en suit ne peuvent qu’avoir de graves conséquences, à commencer, pour les chrétiens, par le malheur de devenir eux-mêmes des apôtres de la Tolérance, pour qui le Christ, venu apporter en ce monde non la paix mais la division (Lc 12.51), ne peut qu’être insupportable … Comment le DIR pourrait-il ne pas bannir la liberté de secouer la poussière de ses sandales (Mt 10.14 ; Jn 6.67 ; Tt 3.10 ; 2 Co 6.14-18) ?
Je ne dis pas qu’il ne faille pas dialoguer avec des musulmans ou avec les représentants de l’État laïc, mais qu’il faut se garder de jamais cautionner l’un et l’autre, si peu que ce soit, car l’un et l’autre ne se sont forgés qu’en haine de la chrétienté et pour régner sur ses ruines. Nous ne le voyons que trop : le dialogue islamo-chrétien ne sert, malheureusement, qu’à rendre l’islam respectable, estimable, à légitimer son implantation, à lui fournir les lettres de noblesse qu’il n’aurait pas sans la considération que lui apporte l’Église. Comme disait le Pape saint Pie X : « La force principale des mauvais c’est la lâcheté et la faiblesse des bons, et tout le nerf du règne de Satan réside dans la mollesse des chrétiens. (Allocution pour la béatification de Jeanne d’Arc, 13.12.1908) ».
La recherche de l’unité entre tous les hommes promue par Nostra Aetate et portée par le DIR a produit un enseignement de contre-vérités toujours plus énormes et des actes toujours plus scandaleux visant à colmater la béance tenant lieu de communion imparfaite entre qui est au Christ et qui Le refuse.
Ainsi, dire avec Nostra Aetate que les musulmans ( ) « cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham », c’est tomber dans le piège musulman faisant croire que l’Abraham biblique et l’Abraham coranique sont la même personne. Or, ils se distinguent précisément par la différence absolue de leur relation au Christ, aussi vrai que le Christ a nié que les Juifs refusant de croire en Lui soient la descendance d’Abraham, et les a déclarés pour cela enfants du Diable (Jn 8.44). Comment dès lors l’Église peut-elle louer aujourd’hui les musulmans qui font la même chose ?2
De même, Nostra Aetate loue la vie morale des musulmans. Or, elle en est une parfaite négation (nonobstant le comportement de tel ou tel musulman à titre individuel), car l’islam ne se réfère pas aux notions de bien et de mal contenues dans la loi naturelle, à laquelle accède la raison humaine, mais aux notions de licite et d’illicite, décrétées arbitrairement par Allah, révélées par le Coran, et explicitées par la charia.
Contrairement à ce que veut le croire encore Nostra Aetate, rien dans le Coran ne dit que Marie est la mère virginale – bien au contraire !
De même pour le jugement qu’ils attendent, et qui n’en est pas un, puisqu’Allah a décidé de toute éternité qui serait sauvé et qui serait damné (Coran 6.39 ; 7.178,179,186 ; 13.27 ; 14.4 ; 17.97 ; 18.17 ; 30.29 ; 32.13 ; 35.8 ; 39.23 ; 40.33 ; 74.31) …
Et que dire du conseil donné « d’oublier le passé » ? Comme si l’oubli n’était pas la condition pour répéter les mêmes erreurs et connaître les mêmes malheurs ! Comme si Jésus ne nous avait pas demandé d’être, parmi les loups, non seulement candides comme des colombes, mais prudents comme des serpents (Mt 10.16) …
Une autre difficulté au DIC vient aujourd’hui du Pape François affirmant que « Dieu nous sauvera tous (15.09.2021) ». S’il en est ainsi, on comprend qu’il n’y a plus lieu de se préoccuper du salut de quiconque, ni donc à organiser la société pour que chacun puisse y faire facilement son salut. Rien n’étant finalement grave, il est alors possible d’inviter les musulmans à suivre l’enseignement du Coran (François, le 20.01.2014). Notre bonne volonté n’est plus sollicitée que pour la survie de la planète, condition de notre bien-être, et pour accepter l’islam, voulu par Dieu …
Un point culminant du DIC a été en effet atteint avec la signature par le pape François et le Grand Imam d’Al-Azar à Abou Dhabi en février 2019 de la « Déclaration sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune ». Passons sur le pléonasme de la coexistence commune. En cette déclaration, comme vous savez, il est affirmé que « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains ». Cette phrase valide la confusion typiquement musulmane entre la nature (race, sexe …) et la culture (langue, religion), confusion faisant donc de l’islam une réalité voulue par Dieu au même titre que la nature … et donc aussi bon, nécessaire et évident en lui-même que ce que l’est la nature. Mais cette phrase blasphème encore Dieu en avalisant la schizophrénie d’Allah qui crée effectivement plusieurs religions (Coran 7.16 ; 22.66) … pour que l’islam les détruise (Coran 2.193 ; 9.30,33) ! En islam la division spirituelle et morale de l’humanité est voulue par Allah (Coran 7.168 ; 22.66), parce qu’il est l’auteur du bien comme du mal (Coran 15.40 ; 32.13 ; 38.82 ; 91.8 ; 113.2), mais en régime chrétien, la division spirituelle de l’humanité est due au péché de l’humanité (Gn 11), et non à Dieu ! Le rejet de la précieuse distinction entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel apparaît encore dans le discours du pape François lorsque ce jour-là aux membres du Conseil musulman des Anciens à la Grande Mosquée du cheikh Zayed, il dit : « La fraternité certainement exprime aussi la multiplicité et la différence qui existent entre les frères, bien que liés par la naissance et ayant la même nature et la même dignité. La pluralité religieuse en est une expression. » Si la pluralité religieuse est une expression de la fraternité liée à la naissance, alors Jésus n’en fait pas partie, puisqu’Il Lui a expressément préféré celle qui vient de l’accomplissement de la Volonté de Dieu (Mc 3.32-35) … Où l’on voit encore l’incompatibilité entre la fraternité de Jésus et celle de ce monde construisant son unité sur un autre fondement que la foi en Jésus (Jn 6.40 ; 20.21). La reconnaissance du « pluralisme et les diversités de religion » qui découleraient d’« une sage volonté divine » fondant « le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents », a pour corollaire l’impossibilité pour l’Église d’affirmer que la religion catholique est la seule vraie religion voulue par Dieu en laquelle tous doivent s’efforcer d’entrer (Mt 28.18-19 ; Lc 14.23) … N’est-ce pas trop cher payé pour l’Église de ne plus pouvoir dire que la division spirituelle de l’humanité n’est pas voulue par Dieu, et qu’au prix de Sa croix Jésus est venu rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés (Jn 11.52 ; Jn 17.21) ? La division spirituelle et morale de l’humanité n’a rien à voir avec la diversité des couleurs de l’arc en ciel !
Avant d’évoquer le grand succès donné par le DIC à la figure d’Abraham, il faut noter que l’islam prétend rejeter la corruption du monothéisme comme l’aurait fait Abraham (Coran 16.123), en sorte que l’islam est « la religion d’Abraham (Coran 4.125) », la religion du pur monothéisme. Moïse et Jésus étaient des prophètes musulmans, mais Juifs et chrétiens se sont égarés en refusant la prédication de Mahomet qui prêchait la religion d’Abraham, modèle des musulmans (Coran 2.135). Judaïsme et christianisme ne sont plus la religion d’Abraham : « Ô gens du livre, pourquoi discutez-vous au sujet d’Abraham, alors que la Thora et l’Évangile n’ont été révélés qu’après lui ? […] Abraham n’était ni juif ni chrétien ; il était monothéiste ! (Coran 3.65,67) » Abraham est ainsi la figure d’un monothéisme supra-confessionnel que le Pape François a prêché en 2021 en Irak : « Aujourd’hui, nous, juifs, chrétiens et musulmans, avec nos frères et sœurs d’autres religions, nous honorons notre père Abraham en faisant comme lui. (…) » N’est-il pas étonnant de voir le Pape donner aux autres religions Abraham pour père dans la foi ? « Abraham, notre père commun dans la foi » ? Quelle est cette foi que nous aurions avec les musulmans et les membres d’autres religions ? Saint Paul, qui ne cherchait pas à plaire aux hommes de peur de ne plus être un serviteur du Christ (Ga 1.10), renonça « à la sagesse du langage », c’est-à-dire aux arguties, au double-sens, aux compromissions « afin de ne pas rendre vaine la croix de Christ (1 Co 1.17 ; 2.1-16 ; 1 Co 3.18-19) ». Il ne connaissait, lui, « que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié (1 Co 2.2) », « scandale pour les juifs et folie pour les païens (1 Co 1.23) » Le Pape continua : « Celui qui a le courage de regarder les étoiles, celui qui croit en Dieu, n’a pas d’ennemis à combattre. (…) D’où le chemin de la paix peut-il alors commencer ? Du renoncement à avoir des ennemis. » Le Pape semble oublier que ne pas avoir d’ennemis ne dépend pas nécessairement de soi. Jésus a eu des ennemis, et a commandé d’aimer ses ennemis (Mt 5.44), ce qui suppose d’en avoir. Et Il a même déclaré maudits ceux qui n’ont point d’ennemis (Lc 6.26) …
Conclusion
Nous avons montré au cours de ce rapide exposé que le discours de l’Église justifiant la pratique du DIR, et IC en particulier, est passé de la recherche de l’unité des hommes basée sur ce qu’ils ont déjà en commun, à la célébration de la fraternité universelle basée sur la paternité universelle d’Abraham, fraternité par laquelle se définit précisément la religion islamique … La fraternité catholique se définissant par la commune participation à la nature divine du Christ (Mt 12.46-50). Il est à noter que cette évolution de l’attitude de l’Église vis-à-vis de l’islam suit celle qu’elle a connue vis-à-vis des États nés de la Révolution : l’affirmation de la Vérité révélée et la revendication de ses droits, s’est transformée en simple défense de « valeurs » communes, aussi équivoques, douteuses et discutables que ce que l’État moderne et l’islam rejettent tous deux aussi bien l’autorité de Jésus-Christ que la loi naturelle …
Les perspectives du DIC sont donc claires : tel un fleuve se jetant dans la mer, il conduit à devenir membre de la fraternité universelle prêchée par l’encyclique Fratelli tutti, encyclique accueillie avec enthousiasme par tous les francs-maçons du monde, lesquels travaillent à établir ( ) « une religion universelle, sur laquelle tous les hommes sont d’accord, consistant à être bons, loyaux, modestes, gens d’honneur, quelle que soit la dénomination ou la croyance particulière qui les distingue (Obligations d’un Franc-maçon, § 1) ». Sur leur site de partage ledifice.net, ils se font gloire « de rechercher ce qui nous rapproche et non de polémiquer sur nos différences, ce qui nous autorise à réellement considérer Abraham comme le précurseur des trois religions monothéistes révélées, et le père des peuples croyants, en nous permettant de nous retrouver tous pour former une grande fraternité universelle. » L’inauguration de la Maison de la famille d’Abraham à Abou Dhabi le 21 février dernier matérialise l’avènement de cette fraternité universelle, censée s’enraciner dans la foi d’ancêtres communs, et ayant pour but déclaré de prendre soin de la maison commune, la Terre-Mère. Cette fraternité universelle est la religion qui a toujours été voulue par la franc-maçonnerie, une religion sans le Dieu de Jésus-Christ, sans une vérité qui dépasse la raison finie, sans dogme ni sacrements comme moyens nécessaires pour recevoir la grâce sanctifiante et salvatrice (Cf. Card. Müller, Renaissance Catholique, n°175, p.13). C’est pourquoi l’Église a toujours dénoncé la franc-maçonnerie comme satanique et défendu aux chrétiens de participer à ce genre de projet. La comparaison entre l’enseignement de l’encyclique Mortalium animos (1928) du pape Pie XI et celui de Nostra aetate laisse songeur : « Jamais peut-être dans le passé, les esprits des hommes n’ont été saisis aussi fort que de nos jours du désir de renforcer et d’étendre pour le bien commun de la société humaine, les relations fraternelles qui nous lient à cause de notre communauté d’origine et de nature. [Cf. ci-dessus Nostra Aetate] (…) Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences religieuses à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle [ici donc Abraham]. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, (…) invitant tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, y compris ceux (…) qui nient la divinité de Sa nature et de Sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables (…). En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient (…). La conclusion est claire : se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner com-plè-te-ment de la religion divinement révélée. »
Abbé Guy Pagès
Note 1) Cette attitude bienveillante étant attendue de chaque interlocuteur, dans les quatre formes que prend le dialogue : 1) Le dialogue de la vie, par le partage des joies et des peines d’autrui ; 2) Le dialogue de l’action en vue du bien de la société ; 3) Le dialogue doctrinal ; 4) Le dialogue de l’expérience religieuse. (Fr. Basile Valluet, L’Église au défi des religions, Artège, 2013, p.271). [↩]
Note 2) En sus des noms propres, les noms communs eux-mêmes ont des significations différentes. Ainsi, lorsque Mahomet appelle à la chasteté, cela signifie ne coucher qu’avec ses esclaves (Coran 70.29-30 ; 78.31-34), ou qu’avec des prostituées rémunérées (Coran 5.5), et la paix avec les non-musulmans n’est qu’une trêve. Comme le disait Mgr Pierre Claverie, assassiné en Algérie où il était évêque : « Nous disions : ‘Voyez, nous avons des bases communes.’ C’est FAUX, complètement FAUX. Chacun met autre chose derrière les mots. Nous étions en pleine équivoque. […] Je prends acte de cette différence avant d’esquisser une rencontre. (in François Jourdan, Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans, Paris, L’Œuvre, 2007, p.86) » [↩]
L’article sur le site islam-et-verite.com : https://www.islam-et-verite.com/perspectives-du-dialogue-islamo-chretien/
Cinquantième anniversaire de la troisième et dernière apparition de Notre-Dame à Akita
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le 13 octobre dernier, en pleine session romaine du “synode sur la synodalité”, était le cinquantième anniversaire de la Troisième et dernière apparition de la Sainte Vierge à Akita au Japon le 13 octobre 1973. Ce jour de 1973 était lui-même l’anniversaire de la dernière apparition de Fatima et du Miracle du soleil le 13 octobre 1917.
Voici ce qu’a dit Notre-Dame à Sœur Agnès le 13 octobre 1973 à Akita :
“Comme je vous l’ai dit, si les hommes ne se repentent pas et ne s’améliorent pas, le Père infligera un terrible châtiment à toute l’humanité. Ce sera un châtiment plus grand que le déluge, tel qu’on n’en a jamais vu auparavant. Le feu tombera du ciel et anéantira une grande partie de l’humanité, les bons comme les mauvais, n’épargnant ni les prêtres ni les fidèles. Les survivants se retrouveront dans une telle désolation qu’ils envieront les morts. Les seules armes qui vous resteront seront le Rosaire et le Signe laissé par mon Fils. Chaque jour, récitez les prières du rosaire. Avec le rosaire, priez pour le pape, les évêques et les prêtres.
L’oeuvre du diable s’infiltrera jusque dans l’Eglise de telle sorte que l’on verra des cardinaux s’opposer à d’autres cardinaux, des évêques à d’autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères. Les églises et les autels seront saccagés ; l’Eglise sera pleine de ceux qui acceptent les compromis et le démon poussera beaucoup de prêtres et d’âmes consacrées à quitter le service du Seigneur.
Le démon sera particulièrement implacable contre les âmes consacrées à Dieu. La pensée de la perte de tant d’âmes est la cause de ma tristesse. Si les péchés augmentent en nombre et en gravité, il n’y aura plus de pardon pour eux.”
Les apparitions d’Akita ont été reconnues authentiques et dignes par l’évêque du lieu en 1984, ainsi que par le cardinal Ratzinger en 1988 qui affirmait également que “les deux messages de Fatima et d’Akita sont essentiellement les mêmes”.
“J’ai créé Academia Christiana parce que je me suis converti au catholicisme et j’avais envie de transmettre ce que j’avais reçu”
Victor Aubert, président et fondateur d’Academia Christiana, est interrogé par Valeurs Actuelles :
Academia Christiana est un institut de formation, un laboratoire d’idées et un réseau d’initiatives créé en 2013 par des étudiants et qui a pour objectif d’aider des jeunes à s’engager en vue du bien commun. Nos activités sont des universités, des sessions de formation, des conférences, des fêtes traditionnelles et des bals populaires.
Gérald Darmanin évoque un groupe de catholiques traditionalistes, revendiquez-vous cette appartenance ?
Je me revendique comme catholique tout court, attaché aux traditions de l’Église, à la liturgie traditionnelle, parce que je pense qu’elle m’aide et elle aide la jeunesse en particulier, on peut voir avec l’influence au pèlerinage de Chartres, à se rattacher au sacré, à mieux prier. Elle aide aussi une jeunesse en manque de repères dans le monde aujourd’hui. J’ai créé Academia Christiana parce que je me suis converti au catholicisme et j’avais envie de transmettre ce que j’avais reçu.
Vous attendiez-vous à être visés par une procédure de dissolution ?
Je ne m’attendais absolument pas à la dissolution. Je travaillais à mon bureau quand mon fils de 8 ans est venu me voir pour me dire que la police me demandait. J’ai été extrêmement surpris. J’ai cru que c’était une blague au départ. Je suis descendu et j’ai vu effectivement plusieurs gendarmes qui étaient sur le pas de ma porte et qui m’ont demandé de rentrer chez moi pour me remettre une lettre du ministère de l’Intérieur. Mes enfants étaient apeurés et ont été assez traumatisés par le fait de voir la police entrer chez lui pour dissoudre l’association créée par leur papa.
Que vous reproche le ministre de l’Intérieur ?
Gérald Darmanin nous reproche toutes sortes de motifs qui nous paraissent tous hallucinants, incompréhensibles, et manifestement sans aucun lien avec notre association. Il n’y a aucun fait dans cette lettre du ministère de l’Intérieur, si ce n’est que des propos d’intervenants, des articles qui sont détournés de leur signification originale. Comme on le dit dans une vidéo, on appelle à faire une armée de bâtisseurs et comme on peut appeler parfois à faire une armée d’entrepreneurs, le président peut demander une armée de médecins, etc. L’utilisation du mot « armée » est évidemment à prendre dans un sens métaphorique, spirituel. Il y a quelque chose d’assez ridicule dans ces accusations.
Que lui répondez-vous ?
Le gouvernement se trompe d’ennemis. Nous essayons de prendre des jeunes qui sont parfois traumatisés par des questions d’injustice dans notre société et nous essayons justement de transformer leur révolte, leurs sentiments en des choses créatrices pour les orienter vers un engagement au service du bien commun, que ce soit au sein d’écoles, au sein de la transmission, au sein de la culture, au sein de l’éducation, au sein du sport, dans les élections locales, d’être actifs dans leurs villes, dans leurs mairies, au nom du bien commun.
Cette procédure de dissolution intervient une troisième fois du côté de « l’ultra droite », depuis la mort de Thomas. Est-ce pour vous une dérive ?
Il est effectivement extrêmement curieux et étrange que notre dissolution intervienne après l’assassinat d’un jeune Français, comme si finalement la réponse à l’insécurité et à l’ensauvagement de la France, comme le dit le ministre Gérald Darmanin, était en gros l’interdiction de se réunir, de penser, de réfléchir autour de l’avenir de notre pays dans une démarche qui n’a jamais été belliqueuse. Je suis extrêmement inquiet parce que ce que nous avons fait, c’est simplement inviter des jeunes à réfléchir, inviter des gens à penser, les former, leur donner envie de s’intéresser à notre culture, à aimer notre héritage, nos traditions, notre pays. On souhaite nous condamner pour un délit d’opinion, pour des idées qui ne plaisent pas au gouvernement, parce qu’on ne souscrit pas à la doxa progressiste d’un gouvernement qui devient de plus en plus totalitaire.
Payez-vous votre proximité avec le mouvement angevins déjà dissous en 2021, l’Alvarium ?
Nous sommes en effet amis avec des jeunes qui ont participé au mouvement l’Alvarium. Eux- mêmes ont subi des attaques à la fois par les brigades antifascistes violentes et la seule chose qu’ils ont fait a été de résister à ces attaques, de se défendre. Leurs activités ne consistaient qu’à distribuer des maraudes en soutien aux SDF, faire découvrir la culture angevine, faire redécouvrir la gastronomie française. Comme ce sont nos amis, il est fort probable que nous payions cette amitié par une dissolution.
Que comptez-vous faire dans les prochaines semaines, prochains mois ?
Nous allons répondre à cette lettre du gouvernement point par point en montrant que tous les faits qui nous sont reprochés ne sont pas susceptibles d’être condamnés par la loi. D’ailleurs, pourquoi ne pas nous condamner plutôt que de nous dissoudre si ce que nous faisions était vraiment répréhensible ? Si le gouvernement décide réellement d’entamer cette procédure de dissolution, nous irons jusqu’au Conseil d’État et nous nous battrons jusqu’au bout pour la vérité et pour la justice dans notre pays.
Que donnerait un sondage parmi les séminaristes diocésains ?
De Christian Marquant dans sa Lettre des veilleurs devant l’archevêché de Paris :
La semaine qui précède a été marquée, à Paris, par le rassemblement de tous les séminaristes diocésains de France, au nombre de presque – de seulement – 600, du vendredi 1er décembre au dimanche 3. Le vendredi fut jour d’adoration en diverses églises de Paris ; le samedi matin, une messe fut présidée à Saint-Eustache par Mgr de Moulins-Beaufort, qui répondit ensuite à leurs questions ; et le dimanche, une messe à Saint-Sulpice fut présidée par le cardinal Aveline, archevêque de Marseille.
Nous avons pu ainsi voir de nos yeux la génération des prêtres français de demain, ce qui a confirmé ce que nous savions d’eux par ailleurs. Dans une certaine angoisse, car les photos de groupe devant Notre-Dame ou devant Saint-Sulpice, de leur groupe qui, tous réunis, ne constitue vraiment pas une foule.
Mais nous avons pu constater que ce petit reste est tout le contraire des générations formés dans les années de plomb d’après le Concile et même des parisiens-parisiens des années Lustiger. Ceux d’aujourd’hui, qui paraissent timides et un peu fluets, sont entre tradis et tradismatiques, si vous me permettez ces catégorisations approximatives. En tout cas, on les verrait bien au pèlerinage de Chartres.
Ils sont traités comme tels : le samedi, on leur a fait chanter la messe De angelis, Kyrie, Sanctus, Agnus, « Chez nous soyez Reine » en chant de sortie, et pour finir on les a conduits sur le parvis de Notre-Dame pour y chanter un Magnificat en latin.
Et ils se comportent comme tels. Lors de la messe du dimanche, qu’on pouvait suivre sur KTO (Messe du rassemblement des séminaristes de France 2023 — KTOTV), on pouvait repérer une foule de détails symptomatiques : la vêture (aube blanche serrée par un cordon, pour la presque totalité, et non aube pendante, voire soutane et surplis pour les diacres), la tenue (mains jointes pour la presque totalité), les gestes (à genoux dès la consécration, là encore pour presque tous). La communion était particulièrement intéressante. Je ne prétends pas avoir fait un compte infaillible, mais il m’est apparu que la plupart faisaient une génuflexion préalable, qu’une moitié recevait la communion sur les lèvres et qu’un quart au moins, un tiers peut-être, la recevaient à genoux sur les lèvres (sans que les prêtres marquassent la moindre hésitation à la leur donner).
On dit que le diable est dans les détails, mais je crois qu’on peut le dire aussi du Bon Dieu, en tout cas pour de tels détails. J’aurais bien aimé – je suis incorrigible, me direz-vous – faire un sondage parmi eux, avec des questions du genre : « Êtes-vous favorable à la liberté de célébration de la liturgie traditionnelle ? » ; « Quand vous serez prêtre, célèbrerez-vous la messe tridentine ? » ; « Parfois ? souvent ? » ; etc. Je n’ai aucun doute : les résultats auraient été une bombe.
En fait, ces jeunes hommes ne sont pas très éloignés, parfois pas du tout, de ceux qui peuplent les séminaires traditionnels. Et ils sont comme les jeunes catholiques d’aujourd’hui, dont les évêques remarquent avec effroi qu’ils préfèrent la messe en latin. C’est très encourageant, mais attristant aussi, lorsqu’on pense à la répression qu’ils subissent souvent et qui les fait s’enfuir vers la Communauté Saint-Martin ou rejoindre les séminaires traditionnels.
Plus d’un élève sur deux en 4e n’a pas un niveau de CM2 des années 1990 en maths
En septembre 2023, les élèves entrant en quatrième ont passé une évaluation standardisée sur support numérique. Au total, près de 800 000 élèves ont ainsi été évalués dans plus de 7 000 établissements du secteur public et du secteur privé sous contrat. Le Cours Griffon a décrypté ces résultats.
À la lecture de ce rapport et après analyse du niveau des questions posées aux élèves de 4e, il apparaît que :
- plus d’un élève sur deux a 2 ans de retard en mathématiques (à peine un niveau CM2) par rapport aux années 1990… [Oui, vous avez bien lu.]
Malgré le niveau anormalement faible des questions posées, les taux d‘échec dépassent souvent 50 %.
- … et que ceux qui n’ont pas 2 ans de retard sont déclarés “Satisfaisant”.
Nous vous invitons à prendre connaissance des questions (certaines sont de niveau CE1 !) et des taux d’échec question par question.

Mardi 12 décembre à Paris : soirée de de formation d’Academia Christiana avec Laurent Dandrieu
Le très dangereux mouvement dans le viseur de Darmanin organise une soirée de formation sur le cinéma, avec Laurent Dandrieu, rédacteur en chef de Valeurs Actuelles. Une bonne façon d’aller soutenir ce mouvement :
Je suis très fier d’aller parler ce mardi devant l’auditoire d’@AcademiaChristi, un mouvement de formation que @GDarmanin entend dissoudre, au mépris des plus élémentaires libertés publiques. Nous ne devons pas plier devant cette volonté de faire taire toute voix divergente. https://t.co/5Fbio95Zog
— Laurent Dandrieu (@Dandryeu) December 10, 2023
La christianophobie existe. Avec la dissolution annoncée par @GDarmanin de @AcademiaChristi, nous la rencontrons. Ouvrons les yeux !!! https://t.co/C6Rwa9avvV
— Jean-Frédéric Poisson (@jfpoisson78) December 10, 2023
Les catholiques encore une fois ciblés par le ministre de l’intérieur qui est aussi le ministre des cultes ! Désolant et désespérant face aux vraies menaces qui secouent la France. Basse politique, basse époque ! @AcademiaChristi #Darmanin https://t.co/DnjMk0NSw2
— Véronique Jacquier (@Vero_Jacquier) December 10, 2023
A quand la dissolution des mouvements “antifas” ?
Tandis que Darmanin s’acharne contre les catholiques, des jeunes manifestants autoproclamés anti-fascistes, ont parcouru, le visage dissimulé, le centre-ville du Mans, en fin de journée samedi 9 décembre. Ils ont pris pour cible deux établissements de nuit dont les devantures ont été taguées et en partie vandalisées.
8 d’entre eux ont été interpellée ou amenés au commissariat pour des vérifications d’identité. Trois d’entre elles ont été placées en garde à vue pour délit de droit commun. Elles avaient notamment en leur possession des couteaux et des stupéfiants.
Le projet de loi sur l’euthanasie reporté en février
Selon Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, l’annonce de la stratégie décennale sur les soins palliatifs aura lieu en janvier 2024, mais certaines mesures seront intégrées dans le projet de loi sur la fin de vie qui sera, lui, présenté courant février.
La date de son examen à l’Assemblée nationale n’est pas encore arrêtée. Certains ministres souhaiteraient un report après les élections européennes du 9 juin 2024, craignant que les débats ne soient particulièrement tendus.
Ce lundi, elle doit rencontrer les rédacteurs du rapport Chauvin sur les soins palliatifs, déposé le 8 décembre, puis jeudi 14 décembre le comité de gouvernance de la Convention citoyenne sur la fin de vie. La semaine prochaine, ce sera au tour du groupe parlementaire sur la fin de vie, puis des soignants.
Dissolution de Academia Christiana : le gouvernement s’en prend une fois de plus aux catholiques
Suite à l’annonce de Gérald Darmanin de vouloir dissoudre ce mouvement de formation, Academia Chritiana communique :
Academia Christiana est un institut de formation qui invite les jeunes à s’engager au service du bien commun. Depuis 2013, plus de 2 000 jeunes sont passés par nos universités d’été et séances de formations. Aujourd’hui, ils sont partout engagés pour leur pays à travers leur métier, des associations, en tant qu’élus locaux, enseignants ou artisans.
D’autre part, notre rôle est de transformer en force créatrice la colère et le désespoir d’une jeunesse orpheline. Nous croyons qu’il est plus utile de proposer des solutions que d’en rester à des constats pessimistes. Nous invitons la jeunesse à aimer son pays et son histoire, à fonder des foyers solides, à retrouver une vie spirituelle vivante, à perpétuer nos traditions, à mener une vie saine et à cultiver le sens de l’effort.
La tentative de dissolution annoncée ce soir par le ministre de l’Intérieur est une pierre de plus ajoutée à l’édifice du mensonge. Car il s’agit bien de manipuler l’opinion en criminalisant tout sursaut salutaire au sein de notre peuple.
En voulant nous dissoudre, le gouvernement s’en prend une fois de plus aux catholiques qu’il considère comme des citoyens de seconde zone. Comprenez bien qu’aujourd’hui le gouvernement français a décidé d’interdire toute pensée ou réflexion en dehors de l’idéologie laïciste et matérialiste.
A l’heure où les coups de couteaux fusent matin, midi et soir, la priorité de la République est de dissoudre un institut de formation dont les cadres sont tous d’honnêtes pères et mères de famille.
Quand un gouvernement entrave la liberté d’association et d’expression, quand tout ce qui est jugé contraire à l’idéologie dominante est menacé de censure, quand on condamne à la mort sociale les réfractaires, c’est bien ce qu’on appelle un « système totalitaire ». N’oubliez pas que c’est par la peur que le credo progressiste se maintient au pouvoir.
Academia Christiana ira devant les tribunaux pour contester cette procédure absurde qui manifeste une fois de plus que nous sommes sortis de l’Etat de droit.
Allons-nous vers une forme de dictature ? C’est une question désormais légitime, même si de nombreux intellectuels, comme Jean-Yves Le Gallou, alerte nos milieux depuis longtemps. Cette nouvelle tentative de dissolution est une preuve de plus que toutes les dissolutions sont possibles et que nous assistons avec Darmanin à un tournant autoritaire, sous l’oeil approbateur et sans doute donneur d’ordre de Macron. L’étape suivante sera sans doute un parti politique…qui devrait, comme le fait Eric Zemmour, s’emparer rapidement de ce sujet crucial plutôt que de continuer à travailler sur le pouvoir d’achat.
L’État de droit chez Darmanin, c’est ne pas pouvoir expulser des djihadistes, ne pas tirer sur des criminels qui menacent la police, ne pas dissoudre la Jeune Garde, laisser prospérer les Frères musulmans, mais pouvoir dissoudre des associations pacifiques en claquant des doigts. https://t.co/f9ca9z0Qni
— Eric Zemmour (@ZemmourEric) December 10, 2023
On devrait se souvenir de ce teste du pasteur Martin Niemöller à propos de la lâcheté des intellectuels allemands au moment de l’accession des nazis au pouvoir et des purges qui ont alors visé leurs ennemis, un groupe après l’autre :
« Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »
Rassurisme
Lu dans le nouveau numéro de l’Action Familiale et Scolaire :
Les arguments rassurants sur la situation contemporaine de la France ne le sont, hélas, pas vraiment. « Comment ne pas s’estimer heureux de ne pas vivre sous les bombes dans un pays en guerre, prisonnier de régimes totalitaires, ou né dans un pays de pauvreté et de misère ? » Désolé de dire cela, mais, au point où en sont les choses, on se croirait, sous son titre ironique, au spectacle d’Anne Roumanoff Tout va presque bien.
Mettons les choses au point, à partir de réalités constatées. Le cours de l’Histoire comme celui de la vie n’est pas statique mais en mouvement et orienté, avec des points d’aboutissement. Ce n’est pas parce qu’un effondrement n’est pas total et qu’il n’a pas développé jusqu’au bout toutes ses conséquences qu’il n’est pas amorcé et n’est pas en train de se dérouler. Pour apprécier valablement l’avenir d’un pays, le plus essentiel n’est pas le constat de son état présent, mais celui de l’évolution de ses atouts et de ses faiblesses, et leur résultante à terme.
Les exemples sont nombreux de périodes où beaucoup se sentaient rassurés, malgré les signes avant-coureurs perceptibles, alors que leur époque courait à la catastrophe. Quelques échantillons (parmi bien d’autres) :
- En 1938, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain revenait à Londres en brandissant le texte des accords de Munich devant la foule britannique et déclarait : « It is peace for our time ! » Au même moment au Bourget, une foule enthousiaste faisait un triomphe à Édouard Daladier, considéré comme sauveur de la paix. Il avait enchaîné avec un mâle discours sur ce thème. Précision intéressante à connaître à propos du rassurisme officiel : dans l’avion, voyant l’immense foule amassée pour l’accueillir, il avait eu peur d’être conspué pour avoir cédé devant Hitler, puis, tout étonné d’être acclamé, il avait dit en aparté au ministre qui l’accompagnait : « Les c..s ! »
- Le 14 juillet 1939, le défilé militaire à Paris avait été spectaculaire et très réussi, donnant une impression de puissance redoutable. Après l’éclat de la grande Exposition universelle de Paris de 1937, beaucoup de gens se sentaient rassurés sur la grandeur française. Les esprits lucides savaient que ce n’était surtout pas le moment d’entrer en guerre contre l’Allemagne qu’on avait laissé réarmer.
- Au début des années 1970, peu avant son entrée dans un grand cycle de profond malheur historique, qui est loin d’être terminé et s’aggrave encore, le Liban était surnommé “la Suisse du Proche- Orient”.
Remontons plus loin, à plus vaste ou plus petite échelle.
- Au début du V siècle, l’auteur gallo-romain Rutilius Namatianus rédigeait un grand poème à la gloire de Rome, à la tête d’un empire destiné à être éternel, alors qu’il allait se disloquer de toutes parts.
- Quant au fameux Titanic, exemple plus ponctuel, néanmoins très instructif et de belle valeur symbolique, non seulement la veille, mais encore quelques quarts d’heure après le choc avec l’iceberg la plupart des passagers ne s’inquiétaient pas vraiment. D’ailleurs, toute la presse avait assuré qu’avec le progrès moderne le navire était “insubmersible”. Il n’y avait que les esprits incurablement chagrins, catastrophistes, voire sombrement complotistes, pour penser qu’il existait encore des risques de naufrage.
Symboliquement aussi, comment ne pas méditer sur le fait qu’un produit à la pointe de la science nautique et de la technique mondiale s’est brisé sur la pureté glacée du monde naturel, dont un prométhéisme moderne et arrogant a tendance à défier les lois …
Charles Darcis
Classement PISA : et si l’Etat s’inspirait des écoles libres ?
Dans Valeurs Actuelles, le père Danziec analyse la baisse historique du niveau des élèves français, évaluée par le récent classement Pisa :
L’étude Pisa sonde depuis plus de 20 ans les performances scolaires des élèves de 15 ans. Devenue une référence mondiale et publiée tous les trois ans, sont ainsi analysées les compétences scientifiques et l’agilité littéraire de quelques 700.000 élèves de 81 pays. On comprend que les résultats soient étudiés avec attention par les décideurs politiques.
Le niveau de la France ? Rien de mirobolant. Le pays de Racine et Molière, de Marie Curie et du Professeur Jérôme Lejeune se situe péniblement au 23e rang, loin derrière l’Estonie, l’Irlande ou la Pologne. Comme lors des précédentes éditions, caracolent en tête les pays d’Asie comme Singapour, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud. Les mathématiques et la compréhension de l’écrit constituent les deux principaux points faibles de l’instruction en France.
Dans son éditorial de vendredi sur les ondes d’Europe 1, Eugénie Bastié livrait son sentiment : « Je crois qu’il serait illusoire de penser que la réussite scolaire des pays asiatiques n’est dû qu’à des systèmes éducatifs performants ». En France des études ont montré que les enfants issus de l’immigration asiatique sont les seuls enfants d’immigrés qui réussissent mieux que les natifs.
Selon la journaliste du Figaro, la question n’est pas d’abord ou principalement une affaire de méthode d’apprentissage. L’explication est à chercher d’une façon plus large. Le sens du devoir, l’amour du travail bien fait, l’inspiration confucéenne qui régissent les mœurs asiatiques peuvent rendre raison de leurs talents scolaires.
Cet écosystème garantissant une scolarité profitable aux jeunes enfants existe en France. Trop peu connues et parfois persécutées, nombre d’écoles indépendantes dites hors-contrat, proposent en effet une éducation libre et intégrale. Une partie de ce que préconise le ministre de l’Education Nationale, Gabriel Attal, s’y pratique déjà.
Ces établissements, coutumiers du vouvoiement, de la blouse ou de l’uniforme, des méthodes classiques qui ont fait leur preuve par le passé, de l’apprentissage chronologique de l’Histoire de France, de l’estrade pour les professeurs et d’un règlement mettant l’accent sur l’ordre et la discipline, ont fini par acquérir une solide réputation. Mais nous aurions tort de nous arrêter à ces seules considérations. Comme pour les pays d’Asie, la réussite scolaire des établissements hors-contrat ne saurait être le fait d’un système éducatif performant.
Pour ces écoles, il convient de regarder au-delà de leurs murs et d’observer l’écosystème qui les entoure. Ces écoles libres ont été créées le plus souvent par des parents déterminés, prêts à affronter l’effort de devoir payer deux fois l’école de leurs enfants. L’école publique qui ne les satisfait pas, par leurs impôts. L’école qu’ils montent courageusement, par leurs deniers. Surtout, désireux de voir leurs enfants confrontés à des repères solides ces parents cherchent une cohérence entre l’éducation transmise à la maison et celle dispensée à l’école.
Ces écoles libres sont, de manière non négligeable, catholiques et enracinées dans la tradition liturgique de l’Eglise. Derrière cette réalité, on trouve des enfants, souvent issus de familles nombreuses, dont le profil relève plus du type « p’tit Gibus » dans La guerre des Boutons que d’un « Titeuf » avachi, désinvolte et gavé d’écrans façon Tik-Tok ou jeux vidéo… Henri, le héros au sac à dos, a fait ses classes dans le hors-contrat et l’on retrouve dans le tissu associatif en général nombre d’anciens élèves de cet univers qui y ont appris le souci des autres et l’engagement militant.
« Toute sagesse commence dans l’émerveillement », enseignait Socrate. Le climat familial reste la plus conséquente des atmosphères pour permettre à un enfant de se construire. On pourra enfiler des blouses aux écoliers, imposer un uniforme aux collégiens, à quoi cela pourrait-il servir si une courageuse réforme morale n’est pas engagée à l’échelle nationale ?
Quels modèles proposons-nous en effet aux enfants ? Leur donne-t-on à rêver de Bayard, de Surcouf, de Jeanne d’Arc, de Blanche de Castille ? Ou préfère-t-on laisser leur innocence à la merci des influenceurs les plus niais, des starlettes les plus éphémères ou des appétits les plus vils ? On pourra imposer aux élèves un règlement strict, les contraindre à des exigences précises, à quoi cela pourrait-il servir si la justice de l’Etat se montre laxiste, les OQTF inappliquées ou la culture de l’excuse professée ?
Deux impensés volontaires expliquent en grande partie le déficit scolaire de la jeunesse française. L’impensé libertaire de Mai 68 et de son héritage. Gustave Thibon l’avait déjà fort bien souligné en son temps : « Tu méprises les règles, les traditions et les dogmes. Tu ne veux imposer aucun cadre doctrinal à ton enfant, à ton disciple… Fort bien ! Tu lui verses à boire un vin précieux, tu oublies simplement de le munir d’une coupe ; qu’est-ce que le vin sans la coupe ? Il ruisselle en vain sur le sol, et le voilà à terre, il produit la pire boue. » La crétinisation par le loisir ou l’humanisation par le savoir ? Deux choix ont fait deux cités…
L’autre impensé concerne la déstructuration de la famille traditionnelle. Le drame de la prolifération des familles monoparentales, le malheur des enfants voués à se balader d’une maison à l’autre une semaine sur deux à l’autre avec cartable et brosse à dent : quelle pitié ! Comment espérer l’épanouissement d’un enfant quand un tel quotidien lui est infligé ? Voilà à quoi a conduit le primat de la volonté propre de ces dernières décennies. La perte du sens des devoirs attachés à son état de vie – et des comptes que nous devrons en rendre dans ce monde comme dans l’autre – a considérablement contribué à une forme d’irresponsabilité ambiante.
Se lamenter sur les conséquences lorsqu’on en chérit les causes, Bossuet en a déjà parlé. « Dieu se rit d’une telle attitude », écrivait le précepteur du Dauphin. Tant que ces deux impensés n’auront pas été résolument traités, nécessairement ni « méthode de Singapour », ni uniforme ne sauront venir à bout de l’incurie actuelle. « Ne pas se cantonner à la surface des choses, mais aller en profondeur », recommandent certains professeurs à leurs élèves. Voilà justement un principe d’éducation à mettre d’urgence en pratique. Et en haut lieu.
En attendant de dissoudre la France, Darmanin annonce vouloir dissoudre Academia Christiana
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé dimanche qu’il présenterait dans «les semaines qui viennent» en Conseil des ministres la dissolution d’Academia Christiana. Le président du mouvement en a été officiellement informé lundi dernier.
Fondée en 2013 par des jeunes catholiques, Academia Christiana se présente comme un «institut de formation» spirituelle mais aussi physique. Néanmoins, aucune action violente n’est connue de ce groupe. «Il y a au moins trois autres groupes d’ultradroite» dans le viseur des services de renseignement, a aussi déclaré le ministre de l’Intérieur, sans donner de détails. Ce n’est donc pas le danger d’actions violentes qui inquiète le pouvoir mais la formation intellectuelle de la jeunesse de droite. Pour l’empêcher ils sont prêts à tous les mensonges, toutes les compromissions. Cette décision de Darmanin c’est la suite de l’interdiction de l’Instruction en famille, la lutte contre les écoles hors-contrat… Cette dissolution est une insupportable atteinte aux libertés, injustifiable, comme le fut celle de Génération Identitaire. Pendant ce temps-là, des groupes antifa violents et hors la loi sévissent en toute impunité.
Que Darmanin s’occupe de la racaille qui sème la terreur dans notre pays !
Concrètement, qu’a
fait Academia Christiana pour être dans le viseur ? https://t.co/MULWbsm8aL— Stanislas Rigault (@stanislasrig) December 10, 2023
Sur Facebook, Victor Aubert, président d’Académie Christiana, a réagi :
J’ai appris la nouvelle lundi dernier. La police, en gros effectif, a frappé à mon domicile et m’a remis la lettre du ministère de l’intérieur devant les yeux apeurés de mes enfants.
J’espère que vous êtes conscients que nous sommes témoins d’une dérive liberticide d’une immense gravité. A l’heure où l’on donne des coups de couteaux matin, midi et soir, le ministère de l’intérieur tente d’interdire aux simples citoyens que nous sommes d’arrêter de penser, de faire réfléchir, et d’inviter à s’engager au service du bien commun.
Actuellement nous travaillons déjà avec un avocat depuis plusieurs jours pour répondre à cette lettre avant que la procédure soit à proprement parler enclenchée et annoncée en conseil des ministres (surement mercredi).
Nous allons tout faire pour nous défendre juridiquement et médiatiquement, car nous n’échapperons pas à une campagne de diffamation et je me battrai pour défendre la vérité.
Je compte sur votre soutien.
Ne vous en faites pas pour moi, j’ai le moral, je suis ultra motivé pour combattre.
L’esprit d’Academia Christiana c’est d’avancer, de ne pas se plaindre et de bâtir.
A l’heure actuelle, toutes nos activités et communications sont maintenues.
Si le destin est contre nous, tant pis pour lui !
Priez bien la Sainte Vierge à laquelle nous avons consacré notre oeuvre cet été.
Surtout, restons bien soudés.
Diocèse de Toulon : les ordinations prévues en janvier
Communiqué du diocèse :
Au terme de la messe au cours de laquelle il a été accueilli comme évêque coadjuteur du diocèse de Fréjus-Toulon, Mgr François Touvet a annoncé, de la part du Cardinal Lazzaro You Heung Sik, Préfet du Dicastère pour le Clergé, que le décret du 28 avril 2022 ajournant les ordinations est désormais révoqué.
C’est une bonne nouvelle, non seulement pour les séminaristes et leurs formateurs, mais aussi pour toute l’Église de Fréjus-Toulon. À la suite de cette décision, ayant largement anticipé le travail de discernement en relation avec le recteur du Séminaire et son équipe, Mgr Touvet procèdera prochainement à l’appel de plusieurs candidats aux ordres sacrés du presbytérat et du diaconat.
Une première célébration d’ordinations aura lieu le dimanche 21 janvier 2024 à 15h30 à la Cathédrale de Toulon. D’autres ordinations suivront dans un calendrier encore à définir. C’est une deuxième bonne nouvelle que chacun pourra accueillir dans la joie et l’action de grâce.
Mgr Dominique Rey et Mgr François Touvet invitent tous les fidèles du diocèse à persévérer dans la prière, l’engagement missionnaire et le service du prochain, tout en préparant leurs cœurs à accueillir le Sauveur qui vient, Jésus-Christ, Fils de Dieu.
Les supporters lyonnais rendent hommage à la sainte Vierge
#Lyon à jamais sous la protection de la Vierge Marie 🙏🏻
Magnifique ! Merci aux Bad Gones @gonesnews_69 👍🏻 #OL pic.twitter.com/KNk2qgXqTu— MP (@_pairme_) December 10, 2023
Ermonia a besoin de vous pour distribuer “Magnificat”, son prochain film !
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
L’association Ermonia lance une campagne Credofunding afin que son prochain film Magnificat sorte dans le cinéma près de chez vous !
Avec plus de 1000 spectateurs conquis à travers la France par Remissio, et les nombreuses demandes de projections reçues, Ermonia a décidé de répondre aux attentes des spectateurs pour Magnificat avec l’objectif de toucher dix fois plus de personnes.
Vous avez jusqu’au 14 janvier pour participer à la campagne ! https://www.credofunding.fr/fr/ermonia
Les dons donnent droit à l’obtention d’un reçu fiscal.
🧩 Quelle que soit la taille de vos dons, ils sont tous d’égale importance et vous serez partie intégrante du succès de Magnificat !
Magnificat, un film sur la générosité en Dieu et pour Dieu.
“Le renoncement de deux jeunes gens qui s’aiment pour suivre la volonté de Dieu”.
Aidez-nous à financer la distribution de ce film et porter le roman le plus spirituel de René Bazin sur grand écran.
• Magnificat, un moyen métrage adapté du roman du même nom de René Bazin
Au cœur du Morbihan, à Muzillac, vit la famille Maguern. Tout jeune, Gildas Maguern a entendu l’appel de Dieu. Mais il n’a rien dit, ni à ses parents, ni à Anna, sa cousine de l’Ile-aux-Moines dont il est épris. Sa vocation de prêtre tarde à se montrer au grand jour, tout à la fois pour des raisons familiales et sentimentales, jusqu’au jour où l’appel aux armes le conduit sur le front où il fait la connaissance d’un prêtre qui discerne sa vocation.
• De la préparation à la distribution du film
– De janvier à août 2023 : préparation du film (recherche des financements, contact des partenaires, location des costumes, repérage des lieux)
– Du 6 au 12 août 2023 : 1 semaine de tournage en Bretagne : 3 lieux de tournage, 60 acteurs et figurants, une dizaine de partenaires.
– De septembre à décembre 2023 : montage du film
– De janvier à mars 2024 : composition de la musique
– De mars à juin 2024 : enregistrement des chants et de la musique
– A partir d’octobre 2024 : distribution du film
• Faire revivre la Bretagne du début du XXe siècle, dans la Grande Guerre
Ce film relate l’histoire d’une famille ancrée dans un territoire à une certaine époque. Il s’agit de mettre en vie la Bretagne du début du XXe siècle, dans la Grande Guerre.
Le film retrace donc les difficultés du temps à travers l’histoire émouvante du protagoniste, qui, pris dans un dilemme de type cornélien saura susciter l’attachement et l’émotion du spectateur.
Notre volonté est d’organiser une distribution à grande échelle sur une cinquantaine de villes pour une centaine de projections dans toute la France.
Paris, Versailles, Nantes, Angers, Bordeaux, Lyon etc.
• Ermonia, des jeunes passionnés par le cinéma, l’histoire, la musique et les arts
Ermonia, est une association de jeunes passionnés par le Cinéma, l’Histoire, la Musique et les arts en général. Née d’une rencontre fusionnelle entre ses talents, elle a pour ambition de faire rayonner le Beau à travers les richesses de la France : son Histoire, sa littérature, son patrimoine.
L’âme d’Ermonia a embrasé des jeunes assoiffés d’idéal, celui du Vrai et du Bien. Elle concilie ainsi la vérité d’un hommage filiale à la modernité technique du cinéma. Elle s’exprime aujourd’hui en redonnant vie au passé pour mieux appréhender le futur.
Après plusieurs courts-métrages, l’Association Ermonia s’apprête à sortir en octobre 2024, Magnificat, un moyen-métrage adapté de l’œuvre du même nom de René Bazin.
• Aidez Ermonia à financer la distribution du film !
Le besoin financier est de 10 000€; un premier palier est fixé à 5 000€.
Voici les différents postes de dépenses :
– Location de salles: 5000 euros.
– Marketing : 1000 euros.
– Communication : 1000 euros.
– Presse : 1000 euros.
– Publicité : 2000 euros.
Terres de Mission: A Saint-Pierre-de-Colombier, l’écologisme contre la croix
Eglise universelle : Jean Madiran (1920-2013) par Yves Chiron
Pour la première fois, un biographe aborde, dans son ensemble, la vie et l’œuvre de Jean Madiran. A la fois écrivain et journaliste de premier plan dans la défense de la foi catholique mais aussi personnalité à certains égards très romanesque. Yves Chiron a conduit, dans un beau geste de piété filiale, un travail qui fera date mettant en valeur un personnage d’une rare intégrité intellectuelle et morale.
Eglise en France : Clochemerle à Saint-Pierre-de-
Le 17 octobre, la vidéo présentant le placage d’un militant écologiste par une religieuse sur le site des travaux de l’église Notre- Dame des Neiges à Saint-Pierre-de-
Eglise en Marche : Vivent les santons !
Depuis la première crèche imaginée par Saint François d’Assise à Greccio en 1223, les santons sont devenus les compagnons indispensables de l’enfant Jésus à Noël. Juliette Levivier nous présente leur histoire et donc une partie de l’histoire du salut dans deux ouvrages d’actualité : “La crèche et les santons” et “Santons en chœur”.
Les chanoines réguliers de la Mère de Dieu ouvrent un prieuré à Pau
Le 11 octobre, Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne installait officiellement quatre chanoines dans le nouveau prieuré de la rue Montpensier à Pau. Plus de quarante prêtres du Béarn et plus de 400 fidèles avaient tenu à être présents pour accueillir la petite communauté.
Le Père Abbé de Lagrasse avait en effet érigé le nouveau prieuré le 15 septembre et envoyé les Pères Théophane, Michel, Martin et Côme à Pau.

Les « quatre mousquetaires » commencent donc leur nouvelle mission. Ils chantent déjà quotidiennement une partie des offices et la messe dans la belle église de la rue Montpensier. Ils reçoivent aussi les personnes qui viennent y chercher un sacrement ou un accompagnement spirituel. Ils vivent la vie commune, comme à Lagrasse, dans des conditions encore précaires.
En effet, la vaste maison de la rue Montpensier (4000m2 !) doit être entièrement mise en travaux dès janvier. Les frères déménageront alors vers un appartement provisoire.
Le domaine comprendra à terme :
- Le prieuré des chanoines
- Le centre diocésain de Pau
- Un foyer d’étudiants
- Une maison médicale pour les couples et les familles (Maison Familya)
- Un restaurant
Les frères devront piloter et animer tout cet écosystème. Il leur revient également de compléter le budget qui n’est pas tout à fait bouclé.
Deuxième dimanche de l’Avent
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
L’Office de ce deuxième dimanche de l’Avent est rempli tout entier des sentiments d’espérance et de joie que donne à l’âme fidèle l’heureuse nouvelle de la prochaine arrivée de celui qui est son Sauveur et son Époux. L’Avènement intérieur, celui qui s’opère dans les âmes, est l’objet presque exclusif des prières de l’Église en ce jour : ouvrons donc nos cœurs, préparons nos lampes, et attendons dans l’allégresse ce cri qui se fera entendre au milieu de la nuit : Gloire à Dieu ! Paix aux hommes ! (Dom Guéranger)
Le temps de l’Avent, qui nous prépare à Noël, se place dans la perspective d’un triple avènement :
– avènement historique, la naissance du Fils de Dieu dans la crèche de Bethléem.
– avènement mystique en nos âmes, avec les grâces propres à la fête de Noël.
– avènement eschatologique, le retour du Seigneur à la fin des temps, non plus comme Sauveur mais comme juge
Les chants de la messe de ce deuxième dimanche sont plus particulièrement tournés vers ce troisième avènement : jour de colère pour les ennemis de Dieu, mais jour d’allégresse pour les élus qui recevront leur récompense. Aussi un autre caractère commun aux chants de cette messe est la joie. Tous les textes parlent d’allégresse, de bonheur, de beauté, ce qui nous rappelle que l’attente de l’Avent est joyeuse car elle est pleine d’espérance. Enfin la plupart de ces textes nous parlent de Jérusalem ou Sion, la montagne sainte, la maison du Seigneur, qui représente l’Église, le peuple de Dieu, mais aussi le ciel auquel nous aspirons, l’Église triomphante. Tout cela se trouve dans l’Introït, dont le texte regroupe plusieurs passages du prophète Isaïe…
► Introït : Populus Sion
Populus Sion, ecce Dominus veniet ad salvandas gentes : et auditas faciet Dominus gloriam vocis suæ, in lætitia cordis vestri.
Peuple de Sion, voici que le Seigneur va venir pour sauver les nations. Le Seigneur fera entendre sa voix glorieuse dans la joie de vos cœurs.
On reconnaît dans la première phrase l’annonce du premier avènement : Dieu qui vient pour sauver tous les peuples, puis dans la deuxième phrase celle du dernier avènement, avec la voix majestueuse du Seigneur dans sa gloire ; enfin la joie de nos cœurs c’est l’avènement mystique dans nos âmes à Noël.
La mélodie, joyeuse et enthousiaste dans son ensemble, est très affirmative dans la première phrase, puis elle culmine avec éclat dans la deuxième, évoquant la voix glorieuse, et elle se termine en une dernière montée très expressive traduisant l’allégresse des élus.
Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 79, un des grands psaumes de l’Avent que nous retrouverons dimanche prochain au Graduel et à l’Alléluia.
Qui regis Isræl, intende : qui deducis velut ovem Ioseph.
Tendez l’oreille Vous qui conduisez Israël et guidez Joseph comme une brebis.
► Graduel : Ex Sion
Le texte du Graduel du deuxième dimanche de l’Avent est tiré du psaume 49 qui est très peu utilisé dans la liturgie ; c’est peut-être même le seul emprunt, que lui font les chants de la messe. Il met en scène de façon grandiose Dieu lui-même venant juger la conduite de son peuple, récompensant les bons et punissant les méchants.
Ex Sion species decoris ejus : Deus manifeste veniet. Congregate illi sanctos ejus, qui ordinaverunt testamentum ejus super sacrificia.
De Sion apparaît l’éclat de sa beauté ; Dieu vient se manifester visiblement.
Rassemblez devant Lui ses fidèles, ceux qui ont conclu alliance avec Lui par des sacrifices.
Dans ces deux versets nous voyons Dieu venant de Sion, le temple de Jérusalem où il est présent symboliquement, pour juger son peuple d’Israël, avec lequel il a fait alliance sur le Sinaï par le sang des victimes offertes en sacrifice. Dans la liturgie il s’agit évidemment du jugement dernier, quand Dieu viendra du ciel dans sa gloire pour juger tous les hommes rachetés par le sang du Christ.
Ce chant s’applique donc essentiellement au troisième avènement, mais dans la liturgie de l’Avent les trois perspectives sont intimement liées.
La mélodie est très ornée, comme celles de tous les Graduels, avec de grandes vocalises, surtout dans la deuxième partie ; elle est très expressive, pleine de noblesse et de majesté. On ne peut s’empêcher, en entendant toutes les notes répétées sur le mot congregate qui veut dire ” rassemblez “, de penser à la trompette du jugement dernier appelant tous les hommes au grand rassemblement.
► Alléluia : Lætatus sum
Contrairement au psaume 49 que l’on trouve dans le Graduel, le psaume 121 dont est tiré le verset de l’Alléluia revient assez souvent dans la liturgie. C’est un de ceux que les hébreux chantaient en montant au temple de Jérusalem pour leur pèlerinage annuel.
Lætatus sum in his quæ dicta sunt mihi: in domum Domini ibimus.
Je me suis réjoui de ce qui m’a été dit : Nous irons dans la maison du Seigneur.
Le Temple de Jérusalem, la maison du Seigneur, nous l’avons dit, c’est la figure de l’Église mais c’est surtout ici la figure du ciel, et nous retrouvons encore une fois la perspective du troisième avènement qui doit nous remplir de joie si nous sommes fidèles.
La mélodie de cet Alléluia est originale, ce qui est assez rare en ce début d’année liturgique ; avant la Septuagésime (où l’Alléluia sera suspendu jusqu’à Pâques), la plupart des Alléluias ont des mélodies types, que l’on retrouve à plusieurs reprises dans le répertoire. Cette mélodie exprime la joie d’aller au ciel de manière ample et lyrique, avec de belles courbes pleines de souplesse.
► Offertoire : Deus tu convertens
Comme c’est souvent le cas, l’Offertoire du deuxième dimanche de l’Avent est un peu à part dans les chants de cette messe. On y trouve la joie mais ni Jérusalem ni la fin des temps. En revanche il se situe très bien dans l’ensemble des chants du temps de l’Avent, puisque son texte est tiré du psaume 84, qui était déjà utilisé à l’Alléluia et à la Communion du premier dimanche, et que nous retrouverons à l’Offertoire du troisième dimanche. La deuxième partie de l’Offertoire d’aujourd’hui reprend d’ailleurs exactement le texte de l’Alléluia de dimanche dernier.
Deus tu convertens vivificabis nos, et plebs tua lætabitur in te : ostende nobis, Domine, misericordiam tuam, et salutare tuum da nobis.
Ô Dieu Vous Vous tournerez vers nous pour nous donner la vie, et votre peuple se réjouira en Vous. Montrez-nous Seigneur votre Miséricorde et donnez-nous votre Salut.
Ici la prière de demande suppliant le Seigneur de nous envoyer le Sauveur est précédée d’un acte de confiance et d’espoir dans la joie à venir. Elle est donc pleine d’assurance puisqu’on commence par affirmer qu’on obtiendra ce qu’on a demandé. Cette assurance se traduit par une mélodie très ferme avec de nombreuses notes longues et tenues ; elle est pleine de mouvement, tout en restant dans l’ensemble recueillie et contemplative.
► Communion : Jerusalem surge
Le texte du chant de Communion du deuxième dimanche de l’Avent est tiré du prophète Baruch, très peu utilisé dans la liturgie, comme le psaume 49 du Graduel. Baruch était un disciple de Jérémie qui, se trouvant en captivité à Babylone, envoya un message aux habitants de Jérusalem pour leur annoncer le prochain retour des captifs, les invitant à monter sur la montagne pour les voir venir de plus loin ; tel est le bonheur que Dieu leur envoie.
Jerusalem surge, et sta in excelso : et vide jucunditatem quæ veniet tibi a Deo tuo.
Jérusalem lève-toi, tiens-toi sur la hauteur et regarde le bonheur qui vient vers toi de ton Dieu.
Ici encore Jérusalem est la figure de l’Église, le peuple de Dieu qui doit s’élever au-dessus de ses passions et de tout ce qui l’attache à la terre, pour voir venir de loin le bonheur du salut que Dieu va lui envoyer à Noël. On notera pour la troisième fois dans cette messe, après l’Introït et le Graduel, le mot veniet qui est encore un de ces mots clef de l’Avent.
La mélodie commence par un bel élan sur le mot surge, puis se poursuit d’une manière assez solennelle pleine d’une joie contenue.
“La confrontation est proche, l’enchaînement fatal est devant nous et les hommes politiques font mine de l’ignorer”
Emission Face à Philippe de Villiers, du 8 décembre sur CNews :
Attentat d’Arras : 31% des élèves musulmans ne condamnent pas totalement l’attaque contre Dominique Bernard. La confrontation est proche, l’enchaînement fatal est devant nous et les hommes politiques font mine de l’ignorer.
L’immigration est le terreau de l’islam, l’islam est le terreau de l’islamisme, l’islamisme est le terreau du terrorisme. A ne pas voir cet enchaînement, à ne pas savoir le lire, on prend le risque de tout confondre et de ne rien résoudre.
L’Histoire est 3 choses : le nombre, le nombre et le nombre. Quand vous avez une immigration massive que vous ne contrôlez plus, vous êtes impuissants. C’est la situation de la France aujourd’hui : l’impuissance publique !
Les Belles figures de l’Histoire : saint Jean
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le père Jean-François Thomas :
Le Texas est soumis à une attaque permanente des lobbies de la culture de mort
Lu sur le blog d’Yves Daoudal :
Une femme du Texas, Kate Cox, ou plutôt le Centre pour les droits reproductifs de New York, qui se sert d’elle et la « représente », a attaqué l’Etat du Texas pour pouvoir avorter, parce que le fœtus est atteint de trisomie 18 et qu’elle « risque sa vie ». Jeudi, un juge (une militante pro-avortement) lui a donné raison et lui a permis d’avorter. « Il s’agit de soins médicaux urgents. Kate est déjà enceinte de 20 semaines. C’est la raison pour laquelle les gens ne devraient pas supplier d’obtenir des soins médicaux devant un tribunal. »
Le procureur général, Ken Paxton, a aussitôt saisi la Cour suprême de l’Etat, lui demandant de suspendre cette décision. Rappelant que « la loi texane interdit les avortements volontaires », il soulignait que juge avait « abusé de son pouvoir », car « l’expert médical du Texas a estimé que Mme Cox ne remplissait pas les conditions nécessaires pour bénéficier de l’exception médicale ». Et cette décision judiciaire n’empêchera « ni les hôpitaux, ni aucune autre personne, d’être tenus pour responsables au civil et au pénal pour violation des lois texanes sur l’avortement ». Et d’ajouter : « Rien ne peut redonner à l’enfant à naître la vie qui sera ainsi perdue. »
Hier, la Cour suprême, sans surprise, a donné raison à Ken Paxton. La décision est « suspendue », en l’attente de l’examen de la question sur le fond.
LifeSiteNews publie les lettres de deux mères texanes confrontées à un problème similaire.
L’antenne d’écoute nationale SOS FEMMES ENCEINTES recherche des écoutantes ou écoutants
L’antenne d’écoute nationale SOS FEMMES ENCEINTES, créée en 2009 par Choisir la Vie, recherche des écoutantes ou écoutants pour étoffer son équipe : leur vocation est d’aider les femmes enceintes en grande détresse.
Cette détresse à de multiples visages : solitudes, angoisses, problème conjugaux et surtout de plus en plus la pression pour avorter….
Grâce à l’écoute, au soutien dans la durée, la prière (par un groupe de priantes, de prêtres et de carmélites) et le courage des mamans qui ont repris confiance de nombreux bébés sont nés.
Cette permanence peut se conjuguer avec une vie de maman de petits et grands enfants, avec la possibilité de choisir le créneau horaire qui correspond le mieux à votre disponibilité. Elle a lieu tous les jours de la semaine de 9h à 20h ou plus pour celles qui le souhaitent. Chaque écoutante peut faire part de ses disponibilités (1/2 journée ou journée entière).
Si vous êtes intéressé, appelez ! Un premier contact téléphonique ou de visu aura alors lieu avec la responsable ou une des écoutantes. Une formation (personnelle ou a 2-3) sera ensuite organisée par Video ou à Paris. Vous serez informés de la date exacte.
Nous avons besoin de votre aide! MERCI!
Pour tout contact et information complémentaire: [email protected]
“La forme traditionnelle du rite romain est un témoignage clair et complet des vérités centrales de la foi catholique”
Conférence prononcée par Mgr Schneider le 27 octobre à Rome :
L’Église romaine est la mère et la maîtresse de toutes les autres Églises particulières en raison de la primauté de Saint Pierre et de ses successeurs, les Pontifes romains. Dès le début, l’Église romaine s’est engagée de manière inhérente à conserver et à transmettre dans toute sa vie, tant doctrinale que liturgique, sa fidélité à la tradition ou au principe divin de la tradition. Célèbre est devenue la phrase du pape Étienne Ier (qui régna de 254 à 257) : « Que rien ne soit innové qui n’ait pas été transmis » [ nihil innovetur nisi quod traditum est ](1). Eusèbe de Césarée écrivait dans son Histoire Ecclésiastique que le pape Étienne pensait qu’il ne fallait faire aucune innovation contraire à la tradition qui prévalait depuis le début (2).
Cet esprit éminemment et véritablement traditionnel de l’Église romaine se manifeste dès ses débuts dans la Lettre du pape saint Clément Ier aux Corinthiens. Parlant de la structure hiérarchique de l’Église, notamment des évêques et des diacres, saint Clément la caractérise comme n’étant pas nouvelle comme cela était déjà annoncé par le prophète Isaïe :
« Ce n’était point là une nouveauté : depuis de longs siècles déjà l’Écriture parlait des évêques et des diacres, puisqu’elle dit quelque part : « J’établirai leurs évêques dans la justice et leurs diacres dans la foi (Es 60, 17) » (3).
Le principe de la tradition est d’origine divine et contient comme parties intégrantes l’ordre et la hiérarchie. Dieu lui-même a commandé la manière dont Il veut être publiquement honoré dans le culte, ce qui doit être fait selon un ordre et une hiérarchie établis. Le pape Saint Clément Ier l’explique ainsi :
« Puisque ce sont là des choses évidentes pour nous, puisque nous avons pénétré du regard les profondeurs de la connaissance divine, nous devons faire avec [leur propre] ordre tout ce que le Maître nous a prescrit d’accomplir en des temps déterminés. Or, il nous a prescrit de nous acquitter des offrandes et du service divin, et non pas au hasard et sans ordre, mais en des temps et à des heures fixés. Il a déterminé lui-même par sa décision souveraine à quels endroits et par quels ministres ils doivent s’accomplir, afin que toute chose se fasse saintement selon son bon plaisir, et soit agréable à sa volonté. Donc, ceux qui présentent leurs offrandes aux temps marqués sont bien accueillis par Lui et Il les bénis ; car, à suivre les ordonnances du Maître, ils ne peuvent faillir. Des fonctions particulières ont été conférées au grand-prêtre ; aux prêtres, on a marqué des places spéciales ; aux lévites incombent des services propres ; les laïcs sont liés par des préceptes particuliers aux laïcs » (4).
Le culte public est intrinsèquement traditionnel. C’est-à-dire qu’il doit être accompli selon les normes déjà établies par l’autorité divine et transmises par les ancêtres. L’observance fidèle des normes du culte avait une telle importance que leur inobservation négligente ou l’introduction de nouveautés arbitraires étaient menacées par Dieu dans le Testament de Lod de la peine de mort, comme le disait le pape saint Clément :
« Frères, que chacun d’entre vous, à son rang, plaise à Dieu, par une bonne conscience, avec gravité, sans transgresser les règles imposées à son office (kanon tes leitouorgias). Ce n’est point partout, mes frères, qu’on offre les sacrifices (soit le sacrifice perpétuel, soit le votif, soit celui pour les péchés et les fautes) ; c’est seulement à Jérusalem. Même en cette ville, ce n’est pas en tout lieu qu’on offre, mais en face du sanctuaire, sur l’autel, après que l’offrande a été soigneusement inspectée par le grand-prêtre et les ministres mentionnés plus haut. Ceux qui agissent à l’encontre de l’ordre conforme à la volonté de Dieu sont punis de mort. Vous le voyez, frères, plus haute est la connaissance dont nous avons été jugés dignes, plus grave est le risque que nous encourons » (5).
Ce disant, le pape Saint Clément a voulu dire que si les chrétiens transgressent l’ordre ecclésiastique et liturgique qui leur a été transmis, ils peuvent s’attendre à un jugement plus strict que les juifs de l’Ancienne Alliance.
La vie liturgique de l’Église des premiers siècles était essentiellement caractérisée par la tradition, par la tradition non écrite des Apôtres et de leurs successeurs. L’Église des premiers siècles considérait sa liturgie comme une sorte de continuation de la liturgie divinement et méticuleusement ordonnée de l’Ancien Testament. L’Église ancienne partageait avec la liturgie de l’Ancien Testament les mêmes caractéristiques et attitudes rituelles essentielles, à savoir le grand sentiment de stupeur, de silence, de voilement du mystère des réalités divines à travers un voile réel, à travers une distance locale entre les gens ordinaires et le sanctuaire et le saint des saints, à travers un rite liturgique hiérarchiquement ordonné, à travers la mise en relief et la valorisation de la signification symbolique des gestes et des objets.
Il vaut la peine de citer un passage plus long de saint Basile, où il présente dans son livre sur le Saint-Esprit ce principe traditionnel de la vie liturgique et sacramentelle de l’Église :
« Parmi les doctrines et les proclamations conservées dans l’Église, les unes nous viennent de l’enseignement écrit ; quant aux autres, nous les avons recueillies, transmises dans le secret, de la tradition apostolique ; mais pour la piété, toutes ont la même force. Cela, nul ne peut le contester, pour peu qu’il ait l’expérience des institutions ecclésiastiques. Si l’on tentait en effet de repousser les coutumes non écrites, en prétendant qu’elles n’ont guère de force, sans le vouloir, on s’en prendrait à l’Evangile sur les points essentiels eux-mêmes ; plus grave encore : on ferait de la proclamation un mot vide de sens. Par exemple, pour rappeler ce qui se situe tout à fait au début et qui est d’un usage très courant : marquer du signe de la croix ceux qui espèrent en notre Seigneur Jésus Christ, qui nous l’a enseigné par écrit ? Se tourner vers l’Orient pendant la prière, quelle Écriture nous l’a appris ? Les paroles de l’épiclèse, au moment de la consécration du pain de l’Eucharistie et de la coupe de la Bénédiction, quel est le saint qui nous les a laissées par écrit ? Et pourtant, nous ne nous contentons pas des paroles rapportées par l’Apôtre et l’Évangile ; nous en ajoutons d’autres, avant et après, d’une grande importance pour le mystère et que nous avons reçues de l’enseignement non écrit. Nous bénissons aussi l’eau du baptême, l’huile de l’onction et en outre le baptisé lui-même. D’après quels textes écrits ? N’est-ce pas d’après la tradition gardée secrète et cachée ? Mais quoi ! l’onction d’huile elle-même quelle parole écrite l’a-t-elle enseignée ? La triple immersion (du baptême) d’où vient elle ? Et d’ailleurs tout ce qui entoure le baptême, la renonciation à Satan et à ses anges, de quelle Écriture cela vient-il ? N’est-ce pas de cet enseignement demeuré privé et dont on ne parle pas, que nos pères gardèrent dans un silence exempt d’inquiétude et d’indiscrète curiosité, car ils savaient bien qu’en se taisant, on sauvegarde le caractère sacré des mystères ? Ce qu’il n’est pas permis aux non-initiés de contempler, comment pourrait-il être raisonnable d’en divulguer par écrit l’enseignement ? Que voulait donc le grand Moïse, lorsqu’il établit que toutes les parties du Temple ne seraient pas accessibles à tous ? C’est hors des enceintes sacrées qu’il plaça les profanes ; quant aux premiers parvis, il en réserva l’accès aux plus purs et décida que seuls les Lévites seraient dignes de servir la divinité. Les sacrifices, les holocaustes et tout l’accomplissement du culte, il l’assigna aux prêtres et il n’admit dans le sanctuaire que l’un d’entre eux, choisi entre tous, et non pas tout le temps, car il fixa qu’il n’y entrerait qu’une seule fois par an et à l’heure prescrite, de manière à ce que ce prêtre, en raison du caractère exceptionnel, insolite, de cette visite, contemplât avec effroi le Saint des Saints. Dans sa sagesse, Moïse savait bien qu’on méprise aisément ce dont on a l’habitude et qui est immédiatement accessible, tandis qu’un objet rare, gardé à l’écart, provoque comme naturellement la recherche empressée. De la même manière, les apôtres et les pères – qui ont mis en ordre dès l’origine tout ce qui concerne les Eglises, ont eux aussi conservé aux mystères, dans le silence et le secret, leur caractère sacré. En effet, ce qui parvient aux oreilles du vulgaire n’a plus rien d’un mystère. Et la raison de la tradition des choses non écrites, la voici : empêcher que, négligemment traitée, la science des doctrines ne devienne, sous l’effet de l’habitude, un objet de mépris pour la foule. Car autre chose est une doctrine, autre chose une proclamation. Celle-là, on la tait, tandis que les proclamations se font en public. L’obscurité dont use l’écriture et qui rend difficile à saisir le sens des doctrines est aussi une forme de silence, au bénéfice des lecteurs. Voilà pourquoi, si nous regardons vers l’Orient quand nous prions, nous sommes bien peu à savoir que nous recherchons l’antique patrie, le paradis que Dieu planta en Eden, du côté de l’Orient (Gen 2, 8). C’est debout que nous faisons nos prières, au premier jour de la semaine ; mais la raison, nous ne la savons pas tous. Sans doute est-ce parce que nous qui sommes ressuscités avec le Christ (ou être debout de nouveau, en grec : ἀ νάστασις) et qui devons rechercher les choses d’en haut (Col 3, 1) , nous commémorons, le dimanche qui est le jour du Seigneur, la grâce qui nous fut donnée; mais c’est aussi parce que ce jour-là nous semble être comme l’image du siècle à venir. C’est pourquoi, les jours commençant par lui, il est appelé par Moïse, non pas le premier, mais l’unique : «Il y eut un soir et il y eut un matin et ce fut un jour», dit-il (Gen 1,5), comme si le même jour revenait périodiquement, à maintes reprises. Et certes, ce jour unique, qui est aussi le huitième, représente par lui-même ce jour réellement unique et vraiment huitième dont le psalmiste fait mention dans certains titres de psaumes, c’est-à-dire l’état qui s’instaurera à la suite de ce temps, le jour qui ne cessera pas, qui n’aura ni soir ni lendemain, ce siècle qui ne connaîtra ni fin ni vieillissement. C’est donc une nécessité pour l’Église d’éduquer ceux dont elle est la nourrice à faire debout leurs prières en ce jour-là, afin que le rappel continuel de la vie qui ne finira pas nous empêche de négliger les provisions dont nous aurons besoin pour ce voyage-là. Toute Pentecôte est, elle aussi, un rappel de la résurrection que nous attendons, dans l’éternité. Car ce jour unique et premier dont nous parlions, sept fois multiplié par sept, parachève le total des sept semaines de la sainte Pentecôte. Elle commence en effet par le premier jour et finit par le même, en se déroulant cinquante fois dans l’intervalle, en cinquante jours semblables. Aussi est-elle une imitation de l’éternité, puisque, comme un mouvement circulaire, elle commence et se termine aux mêmes points de repère. Durant cette période, les lois de l’Eglise nous ont appris à préférer la station debout pour la prière ; ainsi est évoquée de façon visible cette émigration de la partie haute de notre esprit, quittant le temps présent pour aller vers le futur. Et chaque fois que nous fléchissons les genoux et nous relevons, nous montrons en acte que le péché nous avait jetés à terre et que l’amour de notre Créateur pour les hommes nous a rappelés au ciel » (6).
Saint Basile a formulé cette vérité fondamentale, à savoir que la tradition des Apôtres se transmet aux autres à travers la forme des rites liturgiques, « in misterio/en mysterio ». L’Église antique considérait la liturgie comme un témoin éminent de la tradition sacrée. En réfutant la position révolutionnaire anti-traditionnelle des chrétiens gnostiques, saint Irénée de Lyon a déclaré que la doctrine catholique « est conforme à l’Eucharistie, et l’Eucharistie à son tour établit la doctrine » (7) de l’Église. La foi de l’Église se manifeste dans la liturgie de manière d’autant plus sûre et fiable que l’origine apostolique est claire, que les rites liturgiques sont répandus et leur position centrale (8) .
La grande valeur de la liturgie, d’abord pour la médiation de la grâce divine, puis aussi pour la connaissance de la foi, a fait qu’il soit un devoir du Magistère de l’Église de veiller à la pureté de la liturgie. Étant donné que de nombreux hérétiques ont modifié la liturgie avec des innovations pour l’adapter à leurs propres vues, l’Église s’est sentie poussée à protéger et à formuler plus soigneusement les vérités de la foi telles qu’elle les a trouvées dans les textes et les rites liturgiques (9). Saint Augustin, par exemple, vérifiait consciencieusement dans les prières liturgiques la pureté de la foi et a rendu cette surveillance liturgique obligatoire également pour les autres évêques. (10).
Saint Vincent de Lérins a formulé les assertions suivantes lorsqu’il racontait la dispute sur la répétition du baptême, question touchant aussi aux lois du culte divin :
« la [vraie]piété n’admet pas d’autre attitude que celle-ci : que toutes choses soient scellées pour les fils dans les termes même de la foi selon laquelle elles ont été transmises à leurs pères ; que nous ne menions pas la religion où il nous plaît, mais bien plutôt que nous la suivions où elle nous mène ; et que le propre de la mesure et de la gravité chrétiennes est, non point de léguer à la postérité ses propres idées, mais de conserver ce qui a été reçu des ancêtres (a maioribus accepta servare). » « On garda l’antiquité, on rejeta la nouveauté » (retenta antiquitas, expulsa novitas) (11).
Dom Prosper Guéranger disait :
« la Liturgie est la tradition même à son plus haut degré de puissance et de solennité » (12).
Le pape Pie XI a fait cette affirmation mémorable :
« pour pénétrer le peuple des vérités de la foi et l’élever ainsi aux joies de la vie intérieure, les solennités annuelles des fêtes liturgiques sont bien plus efficaces que tous les documents, même les plus graves, du magistère ecclésiastique. Ceux-ci n’atteignent, habituellement, que le petit nombre et les plus cultivés, celles-là touchent et instruisent tous les fidèles ; les uns, si l’on peut dire, ne parlent qu’une fois ; les autres le font chaque année et à perpétuité ; et, si les derniers s’adressent surtout à l’intelligence, les premières étendent leur influence salutaire au cœur et à l’intelligence, donc à l’homme tout entier. Composé d’un corps et d’une âme, l’homme a besoin des manifestations solennelles des jours de fête pour être saisi et impressionné ; la variété et la splendeur des cérémonies liturgiques l’imprègnent abondamment des enseignements divins ; il les transforme en sève et en sang, et les fait servir au progrès de sa vie spirituelle » (Encyclique Quas Primas, 17).
Le même Pape a déclaré pendant une audience privée à Dom Bernard Capelle, savant liturgiste bénédictin :
« La liturgie est le principal organe du magistère ordinaire de l’Église. La liturgie, ce n’est pas la didascalie de tel ou tel, mais la didascalie de l’Eglise » (13).
Interrogé par une commission du Vatican pour donner son avis sur la réforme liturgique, Dom Capelle écrivait en 1949 :
« Il me semble que dans la réforme d’une chose aussi sacrée, il vaut mille fois mieux rester en deçà que de risquer d’excéder […] Rien ne doit être changé sauf en cas de nécessité indispensable. Cette règle est des plus sages, car la Liturgie est véritablement un testament et un monument sacré – non pas tant écrit que vivant – de la Tradition, qu’il faut envisager comme un locus de théologie et une source très pure de piété et d’esprit chrétien. Par conséquent : 1. Ce qui sert [bien] à l’heure actuelle est suffisant à moins qu’il ne soit gravement déficient. 2. Seules les nouveautés qui sont nécessaires doivent être introduites, et d’une manière qui soit conforme à la Tradition. 3. Rien ne doit être changé à moins qu’il y ait un gain comparativement important à obtenir. 4. Les pratiques tombées en désuétude doivent être restaurées si leur réintroduction permet de rendre véritablement les rites plus purs et plus intelligibles à l’esprit des fidèles » (14 )
Le principe de tradition dans la liturgie manifeste et protège la foi catholique dans toute sa variété et sa plénitude. La tradition de l’Église, soigneusement entretenue et ayant grandi de manière organique, c’est-à-dire sans aucune rupture, dans la liturgie de l’Église, contribue à faire rayonner la beauté et la plénitude de la foi catholique. Le philosophe catholique Dietrich von Hildebrand, que le pape Pie XII a appelé « Un Docteur de l’Église du XXe siècle », nous a laissé ces observations pertinentes :
« Comme il est faux ainsi de considérer la beauté de l’Église et de la liturgie comme quelque chose qui pourrait nous distraire et nous éloigner du véritable thème des mystères liturgiques vers quelque chose de superficiel ! Ceux qui prétendent que l’Église n’est pas un musée et que l’homme vraiment pieux est indifférent à ces accidents ne font que montrer leur aveuglement quant au grand rôle joué par une expression qui soit adéquate (et belle). En fin de compte, c’est bien un aveuglement à l’égard de la nature humaine elle-même. Bien qu’ils se revendiquent « existentiels », ces personnes restent bien abstraits. Ils oublient que la beauté authentique contient un message spécifique de Dieu qui élève nos âmes. Comme le disait Platon : « À la vue de la beauté, des ailes poussent sur notre âme. » D’ailleurs, la beauté sacrée liée à la Liturgie ne prétend jamais être thématique, comme dans une œuvre d’art ; plutôt, en tant qu’expression, elle joue une fonction de service. Loin d’obscurcir ou de remplacer le thème religieux de la liturgie, elle l’aide à rayonner » (15).
Certains spécialistes de la liturgie du XXe siècle ont inventé arbitrairement une théorie à l’allure hautaine et discriminante, la théorie dite de la « décadence ou de la corruption», par laquelle ils ont fondamentalement porté un coup mortel au principe bimillénaire de la tradition dans la liturgie, en introduisant conceptuellement le principe hérétique de la rupture, par lequel ils essayaient de justifier la création de nouveaux rites liturgiques par des “savants”, ou pour ainsi dire, par des “décisions de fauteuil”. Un sage spécialiste de la liturgie remettait déjà en question cette nouvelle théorie en 1956 en posant cette question : « Pourquoi réduire au XXe siècle devrait-il être une « véritable renaissance liturgique », et une « décadence » il y a sept cents ans ? À moins que nous [ils] possédions le monopole de la vérité ? (16).
C’était avec perspicacité que Dom Prosper Guéranger caractérisait l’hérésie anti-liturgique comme étant une rupture avec la tradition liturgique de l’Église :
« Le premier caractère de l’hérésie antiliturgique est la haine de la Tradition dans les formules du culte divin. On ne saurait contester ce caractère spécial chez tous les hérétiques que nous avons nommés, depuis Vigilance jusqu’à Calvin, et la raison en est facile à expliquer. Tout sectaire voulant introduire une doctrine nouvelle, se trouve infailliblement en présence de la Liturgie, qui est la tradition à sa plus haute puissance, et il ne saurait avoir de repos qu’il n’ait fait taire cette voix, qu’il n’ait déchiré ces pages qui recèlent la foi des siècles passés » (17)
Louis Bouyer a écrit cette remarquable explication à propos du principe essentiel de la tradition dans la liturgie :
« La tradition ne peut être maintenue lorsqu’on introduit des innovations inédites ou des archaïsmes artificiels. Tout progrès sain, ainsi que toute véritable réforme, ne peuvent être effectués que par un processus organique. On ne peut ni ajouter de l’extérieur à la liturgie des éléments totalement étrangers, ni la faire régresser vers une vision idéalisée du passé. On peut, et parfois on doit, soit élaguer, soit enrichir la liturgie, mais il faut toujours rester en contact avec l’organisme vivant qui nous a été transmis par nos ancêtres, et toujours respecter les lois de sa structure et de sa croissance. Aucune innovation ne peut donc être acceptée dans le seul but de créer quelque chose de nouveau, et aucune restauration ne peut être le produit d’un désir d’évasion romantique vers un passé mort. Dans ce cas, il faut que la continuité, l’homogénéité de la tradition soit retenue par l’autorité comme condition sine qua non de la perpétuation de la vie d’une réalité qui n’est pas seulement immensément sacrée mais la vie même du corps mystique » (18).
Johannes Wagner, liturgiste allemand et membre de la Commission liturgique du Concile Vatican II, a fait cette affirmation mémorable :
« L’histoire a prouvé mille fois qu’il n’y a rien de plus dangereux pour une religion, rien n’est plus susceptible de créer le mécontentement, l’incertitude, la division et l’apostasie que l’interférence avec la liturgie et par conséquent avec la sensibilité religieuse » (19).
Le premier dans l’Église qui est tenu à préserver et à défendre le principe de la tradition dans la liturgie, c’est-à-dire sa qualité d’être constante et strictement organique, est le Pape. Louis Bouyer réfutait l’étrange prétention selon laquelle
« l’autorité suprême de l’Église n’est liée par quoi que ce soit et pourrait librement nous donner une liturgie entièrement nouvelle, répondant aux besoins de nos jours, sans aucunement plus se soucier du passé, et que, même ainsi, il ne saurait être question que l’Église soit en train de fabriquer une nouvelle liturgie » (20).
Le cardinal Joseph Ratzinger à son tour, affirmait ceci :
« Après le Concile Vatican II, l’impression est émergée que le pape pouvait vraiment tout faire en matière de liturgique, spécialement s’il agissait sous mandat d’un concile œcuménique. À un moment donné, l’idée du caractère donné de la liturgie, le fait qu’on ne peut pas en faire ce qu’on veut, a disparu de la prise de conscience publique de l’Occident. En revanche, le Concile Vatican I n’avait en aucune façon défini le pape comme un monarque absolu. Au contraire, il l’avait présenté comme le garant de l’obéissance à la Parole révélée. L’autorité du pape est liée par la Tradition de la foi, et cela s’applique aussi à la liturgie. Elle n’est pas « manufacturée » par les autorités. Même le pape ne peut être qu’un humble serviteur de son développement légitime et de son intégrité et identité obligeantes . . . L’autorité du pape n’est pas illimitée ; elle est au service de la Tradition Sacrée. . . La grandeur de la liturgie dépend – nous aurons à le répéter fréquemment – de sa non-spontanéité (Unbeliebigkeit) » (21).
Le Concile œcuménique de Constance (1414 – 1418) a décrit le Pape comme la première personne dans l’Église tenue à garder scrupuleusement non seulement l’intégrité de la foi, mais aussi la tradition de la liturgie, en stipulant cette norme :
« Puisque le pontife romain exerce un si grand pouvoir parmi les mortels, il est bon qu’il soit d’autant plus lié par les liens irréfutables de la foi et par les rites qui doivent être observés en ce qui concerne les sacrements de l’Eglise. C’est pourquoi nous décrétons et ordonnons, afin que la plénitude de la foi puisse briller dans un futur pontife romain avec une singulière splendeur dès les premiers instants où il sera devenu pape, que désormais quiconque sera élu pontife romain fasse en public la confession et profession suivante » (22).
Lors de cette même session, le Concile de Constance décréta que tout pape nouvellement élu devrait faire un serment de foi, proposant la formule suivante, dont nous citons les passages les plus essentiels :
« Moi N. élu pape je professe et promets de cœur et de bouche au Dieu tout-puissant, dont j’entreprends de gouverner l’Eglise avec son secours, et en présence du bienheureux Pierre Prince des apôtres, que tant qu’il plaira au Seigneur de me conserver cette vie fragile, je croirai et tiendrai fermement la foi catholique selon la tradition des apôtres, des conciles généraux et des saints Pères. Je conserverai cette foi tout entière inchangée jusqu’au dernier trait de lettre, et je la confirmerai, la défendrai et la prêcherai jusqu’à donner ma vie et répandre mon sang pour elle, et de même je suivrai et observerai de toutes les manières le rite transmis par les sacrements ecclésiastiques de l’église catholique. »
La forme traditionnelle du rite romain est un témoignage clair et complet des vérités centrales de la foi catholique. Dans le rite traditionnel, aucun élément central du Depositum fidei n’est caché, affaibli ou formulé de manière ambivalente (23). Préserver le précieux trésor de la liturgie traditionnelle fait partie de la préservation du Depositum fidei. L’apôtre Paul avertissait ainsi son disciple : « Ô Timothée, garde le dépôt de la foi qui t’a été confié ! ” (1 Tim 6, 20). Dans une topicalité intemporelle, saint Vincent de Lérins interpréta également cette instruction de l’apôtre dans une dimension liturgique, en disant :
« Qui est aujourd’hui Timothée, sinon soit l’Église universelle, en général, soit spécialement le corps tout entier des chefs de l’Église qui doivent posséder eux-mêmes et verser aux autres la science complète du culte divin ? » (24).
La messe traditionnelle est l’expression formée au fil des millénaires et le garant avéré de cette connaissance intacte du culte de Dieu (25). En effet,
« la Liturgie est la tradition même à son plus haut degré de puissance et de solennité » (26).
Mgr Athanasius Schneider
Éévêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana
1 – S. Cyprien, Ep. 74
2 – Eusebe de Cesarée , Histoire écclesiastique , VII, 3,1
3 – Saint Clément , 1 Epitre. 42, 5
4 – 1 Clem 40,1-5
5 – 1 Clem 41,1-4
6 – Saint Basile de Cesarée – De Spiritu Sancto, 66
7 – Saint Irénée, Contre les heresies 4, 18,5)
8 – cf. Michael Fiedrowicz, Theologie der Kirchenväter. Grundlagen frühchristlicher Glaubensreflexion, Fribourg, 2010, p. 250).
9 – cf. ibid., p. 251
10 – Saint-Augustin, Ep. 54, 6
11- Saint Vincent de Lerins , Commonitorium, 7, 6 et suiv.
12 – Dom Prosper Gueranger, Institutions liturgiques, I, Paris, 1878, p. 3
13 – Résumé textuel de l´audience accordée le 12 décembre 1935 à Dom B. Capelle, Questions liturgiques et paroissiales 21 (1936) p.134
14 – Congr. Sacr. Rituum – Sectio Historica – Memoria sulla reforma liturgica: Supplemento II – Annotazioni alla «Memoria», n° 76, Vatican, 1950, pp. 6 et 9, cité in Alcuin Reid, The Organic Development of the Liturgy. The Principles of Liturgical Reform and their Relation to the Twentieth Century Liturgical Movement Prior to the Second Vatican Council, Farnborough, 2004, pp. 149 et suivs., et San Francisco, 2005, pp. 161 suivs.).
15 – Le Cheval de Troie dans la cité de Dieu, Chicago 1967, p. 198
16 – Stephen J.P. van Dijk, O.F.M., Liturgical Movement Past and Present, The Clergy Review, 41, p. 528
17 – op. cit., p. 397, et Institutions liturgiques 1840-1851. Extraits établis par Jean Vaquié, Vouillé, 1977, p. 107
18 – Louis Bouyer, Liturgy Revived: A Doctrinal Commentary of the Conciliar Constitution on the Liturgy, Londres, 1965, p. 55
19 – Johannes Wagner, Reformation aus Rom, Munich, 1967, p. 42
20 – Louis Bouyer, The Word of God Lives in the Liturgy, in A. Martimort et all., The Liturgy and the Word of God, Collegeville, 1959, p. 65
21 – Joseph Ratzingzer,The Spirit of the Liturgy ( L’esprit de la liturgie), San Francisco, 2000, pp. 165-166
22 – Trente-neuvième session du 9 octobre 1417, ratifiée par le pape Martin V
23 – cf. Michael Fiedrowicz, op. cit., p. 289
24 – Saint Vincent de Lerins, Commonitorium 22, 2
25 – cf. Michael Fiedrowicz, op. cit., pp. 292-293
26 – Dom Prosper Guéranger, Institutions liturgiques, I, Paris, 1878, p. 3
Le dévoiement du culte, cause essentielle de la crise de l’Eglise
Cyril Farret d’Astiès vient de faire paraitre aux Presses de la Délivrance une réédition revue et largement augmentée de son essai sur la liturgie, intitulé La Joie de Dieu. Entretien :
Pourquoi cette nouvelle édition sous un nouveau titre ?
La première édition était parue à l’occasion des cinquante ans du nouveau missel. Elle s’intitulait conjoncturellement « Un heureux anniversaire ? » et a connu deux éditions consécutives. En 2021 était promulgué Traditionis custodes, le motu proprio du pape François destiné à éradiquer non seulement la législation de ses prédécesseurs mais la liturgie traditionnelle elle-même.
La question liturgique qui était devenue presque un sujet de niche dans les années 2010 (plusieurs éditeurs avaient refusé mon manuscrit en raison de l’absence de lecteurs) est redevenu, grâce à la méchanceté du pape François pour paraphraser Jean-Pierre Maugendre, un sujet d’intérêt et d’étude. Plusieurs ouvrages depuis 2021 ont connu une certaine notoriété.
Je me suis donc attelé à reprendre mon travail pour l’approfondir (le nombre de pages a pratiquement doublé) et l’actualiser. Mais je voulais également insister sur un fait positif : notre position fondamentale n’est pas contre la liturgie de Paul VI, notre démarche est orientée vers la diffusion de la liturgie traditionnelle qui est le bien commun de tous les catholiques latins (« Todos, todos, todos ! »). D’où le choix de ce titre de « Joie de Dieu » qui est davantage tourné vers notre Créateur que contre la réforme liturgique, perfectible à bien des égards.
Comment est structuré votre essai ?
Il est constitué de neuf chapitres qui conduisent par étape le lecteur du constat effroyable de la crise que nous subissons, jusqu’à la description d’une partie des trésors que renferme la liturgie traditionnelle. Dans l’intervalle je propose au lecteur une chronologie détaillée des événements et des textes principaux qui conduisent logiquement du Concile de Vatican II jusqu’àTraditionis custodes. J’aborde également une description factuelle des principales caractéristiques de la réforme de Paul VI, son esprit naturellement, mais surtout sa lettre.
Avec le synode sur la synodalité et bien d’autres aspects du présent pontificat, le problème essentiel n’est-il pas ailleurs aujourd’hui ? La question liturgique est-elle si importante ?
La crise, assurément, touche aujourd’hui tous les aspects de la vie de l’Église. Tout s’effondre, partout : vocations, pratique, catéchisme, morale, art… Et en s’effondrant, le catholicisme emporte avec lui la civilisation. Je ne crois pas cependant que l’effondrement soit imputable au seul pape François. Des historiens et des sociologues de renom et d’origines biens variées voient dans le concile, son contexte, ses décisions et son application l’origine de cette bascule.
La cause première, essentielle, fondamentale de l’effondrement en est le dévoiement du culte. Dieu n’est plus au centre. La préoccupation pastorale, qui est essentiellement communautaire, a conduit les réformateurs à détourner à son profit la prière publique de louange que l’Église offre à Dieu. La célébration face au peuple, qui n’est qu’un aspect de la réforme, en est une manifestation éclatante. La liturgie, évidemment, n’est pas l’unique combat à mener, il est en revanche le plus important car il concerne Dieu Lui-même et le rapport que nous entretenons avec Lui. Tout le reste en découle.
« Nos liturgies sont souvent trop banales et trop bruyantes, trop africaines et moins chrétiennes »
Le cardinal Robert Sarah participait lundi 4 décembre à Dakar à un colloque sur la liturgie. Il a consacré son homélie à ce sujet. Extraits :
« Nous assistons aujourd’hui, surtout en Occident, à un démantèlement des valeurs de la foi et de la piété… et à une destruction des formes de la messe ». « Nous travaillons à saupoudrer la liturgie d’éléments africains, asiatiques, dénaturant ainsi le mystère pascal que nous célébrons, nous mettons tellement l’accent sur ces éléments culturels que nos célébrations durent quelquefois six heures ». « Nos liturgies sont souvent trop banales et trop bruyantes, trop africaines et moins chrétiennes ».
« Si nous regardons la liturgie comme une question pratique d’efficacité pastorale (…), nous risquons de faire de la liturgie une œuvre humaine, un ensemble de cérémonies plus ou moins réussies ». « Puissions-nous suivre cette grande et éclatante étoile qu’a été Joseph Ratzinger, le pape Benoît XVI, le seul savant face à une armée de pseudo-liturgistes ».
« Regardez comment on célèbre la messe aujourd’hui. Nous ne faisons bien souvent que bavarder entre nous. Le prêtre parle, parle, sans laisser de silence. En Afrique nous avons beaucoup de danses, d’applaudissements, mais peut-on danser devant un mort ? »
La proposition de résolution visant à rendre effectifs les soins palliatifs adoptée à l’unanimité
Nous avions évoqué cette résolution ici. Elle a été adoptée à l’unanimité des 90 députés présents.
Bonne nouvelle: notre résolution @Republicains_An sur le fait de rendre effectif les soins palliatifs sur tout le territoire national vient d’être adoptée à l’unanimité ! @Republicains67 @lesRepublicains https://t.co/NYynuEK6mw
— Patrick Hetzel (@patrickhetzel) December 7, 2023
