Une critique du Forum des Républicains Sociaux
Lu dans Regnat (on peut s’y abonner en écrivant à Regnat) cette réflexion à propos du réalisme en politique :
"Une autre entrave à la saine vision des choses telles qu’elles sont […] est la méthode qui consiste à mettre en avant un(e) catholique d’apparence plus authentique, qui pourra séduire un électorat plutôt réfractaire au désordre moral […] Exemple pratique : qui ne connaît Christine Boutin, pasionaria pro-life et anti-PACS, consulteur du Conseil pontifical pour la famille […] Cependant, puisque nous ne sommes pas des mouches, nous allons vérifier la composition du miel si appétissant qu’on prétend nous faire avaler.
On trouve sur le site Internet du mouvement qu’elle préside, le Forum des républicains sociaux, un document fort intéressant, mais peut-être pas assez lu : la plateforme présidentielle du FRS. La deuxième partie […] est intitulée Remettre l’homme au coeur des décisions politiques et porte en sous-titre : Projet de société du FRS. […] Pour nous faire une idée de la société boutinienne, il suffira de porter notre attention au chapitre III, «Renforcer nos repères», où l’on trouve une section «Garantir la laïcité et la liberté religieuse» (p. 14) […]
À l’instar d’un grand nombre de politiciens de tous bords, les auteurs de ce texte se sont sentis obligés de manifester beaucoup d’intérêt à l’islam, au point d’accumuler un nombre assez impressionnant d’absurdités sur deux tiers de page.
- «S’opposer à ce que la loi religieuse prime sur les lois de la république», n’est-ce pas ériger un athéisme d’État et contredire le principe selon lequel «il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes» ?
- Depuis quand la «séparation du Politique et du Religieux» est-elle le « corollaire » du «fondement judéo-chrétien de la civilisation européenne» ?! Toute l’histoire de la Chrétienté semble bien plutôt attester le contraire et, s’adressant tout particulièrement au clergé et au peuple français, saint Pie X affirmait : «Qu’il faille séparer l’État de l’Église, c’est une thèse absolument fausse, une très pernicieuse erreur.»
- Le «principe de la liberté religieuse» tel qu’il est présenté ici aboutit au relativisme le plus total et à la légitimation de n’importe quelle secte. Les Pères du dernier Concile oecuménique, dans cette fameuse déclaration que la plupart de ses laudateurs et critiques n’ont jamais lue, avaient bien pris soin de circonscrire l’exercice de la liberté religieuse : «dans de justes limites, […] dès lors que demeure sauf un ordre public juste», «dès lors que l’ordre public juste est sauvegardé», «dès lors […] que les justes exigences de l’ordre public ne sont pas violées», «son usage est […] soumis à certaines règles qui le tempèrent», etc.
- «Mettre toutes les religions sur un pied d’égalité», même s’il ne s’agit que du «financement de leurs lieux de culte», c’est encore du relativisme : le financement d’une église dédiée au vrai culte du vrai Dieu n’aurait donc pas plus de légitimité que le financement d’une pagode ou d’une mosquée ? L’Église enseigne pourtant que «traiter de la même manière les différentes religions n’est permis ni aux individus ni aux sociétés»…
- «Favoriser l’émergence d’une conception de l’islam compatible avec la laïcité», en admettant que cela soit possible, c’est quand même favoriser l’émergence de l’islam. Curieux projet de société prôné par une catholique ! Et plutôt contradictoire avec le principe de laïcité énoncé plus haut : est-ce une tâche de l’État laïc de favoriser l’émergence de telle ou telle conception religieuse ?!
- Quant au «rôle universel» de la France, est-ce vraiment celui de «porteuse des Lumières» révolutionnaires, maçonniques et anticléricales qui ont mis l’Europe chrétienne à feu et à sang, ou celui de «fille aînée de l’Église», propagatrice zélée de l’Évangile du salut ?
- Croit-on vraiment pouvoir «intégrer les musulmans vivant en France» en développant «l’intérêt constructif porté à leur religion» ? Ne faudrait-il pas plutôt les délivrer des ténèbres du mahométisme en suscitant leur intérêt pour la seule vraie religion du seul vrai Dieu ?
- Enfin, au lieu de «créer une université française de théologie musulmane», même si c’est pour y accueillir des «penseurs critiques de l’islam», ne conviendrait-il pas de commencer par réintroduire des facultés de théologie catholique dans l’université pour y former les étudiants chrétiens ?
[…] Que sert à madame Boutin de défendre la vie si c’est pour faire de la France une terre d’islam ?"
Guerre des bandes à Garges les Gonesses
Dans la nuit de samedi à dimanche, une vingtaine de voyous se sont affrontés dans la cité de la Muette. L’un d’entre eux a pris un tir de pistolet à grenaille dans le visage et dans la nuque. Six autres ont été interpellés et placés en garde à vue. Tout a commencé au magasin Cora vers 17 heures : une vingtaine de voyous, âgés de 14 ans, s’affrontent dans le supermarché. Il s’agit de deux bandes rivales. La police arrive sur place, se fait prendre à partie et fait l’objet d’un caillassage en règle.
Quelques heures plus tard, l’affrontement éclate. A 22 h 30, deux bandes se battent quand la police arrive sur les lieux. Ils règlent leurs comptes avec des armes de poing et des gaz lacrymogènes. Les deux bandes à peine dispersées, les affrontements reprennent de plus belle, à quelques mètres de là, à coups de battes de base-ball. Deux individus sont interpellés. Cinq minutes plus tard, trois autres sont arrêtés. Le premier avec un couteau à cran d’arrêt. Le second avec une bombe lacrymogène et le troisième avec des stupéfiants.
Boubakeur ignore l’histoire de France
Le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a contesté les déclarations du pape Benoît XVI sur « les racines chrétiennes de la France». Selon lui,
"la culture musulmane aussi a été suffisamment présente en France au Moyen Age".
Mmm… je ne vois pas de quelle culture il veut parler. Même l’apparition du croissant du petit-déjeuner, inventé pour célébrer la fin du second siège de Vienne par les troupes ottomanes qui faisaient le siège de la ville en 1683, est postérieur au Moyen-Age…
La luminosité intellectuelle de Benoît XVI
Bernard Antony communique sur la visite du pape :
"Benoît XVI a frappé les foules et les téléspectateurs par l’irradiation de sa bonté, la douceur de son regard, en un mot tout comme son prédécesseur Jean-paul II, avec un autre style, par le rayonnement de sa charité. Mais ce que l’histoire retiendra sans nul doute de lui est la luminosité intellectuelle avec laquelle il a explicité la foi et la doctrine de l’Eglise dans sa confrontation avec le monde moderne. Il a fermement exposé que le Catholicisme n’était pas une vague et mystérieuse philanthropie socialisante de type « new âge » mais d’abord la réalité salvatrice de la croix du Christ, Dieu Fils de Dieu, mort et ressuscité pour nous racheter de nos péchés. Aux intellectuels il a redit, loin de l’absurde de Camus, de la nausée de Sartre, des théories du big-bang et des décréations de l’art contemporain, que la culture était, dans la liberté que Dieu nous a donnée, participation à sa création.
Mais à Lourdes il a complémentairement rappelé que ce que Dieu cache aux sages et aux savants, il le révèle, par sa mère, la Vierge Marie, aux tout petits, dont Sainte Bernadette est un modèle d’humilité et de pureté. Dans son allocution aux Bernardins il n’a échappé à personne d’attentif qu’il a témoigné sa sympathie humaine aux musulmans mais qu’il leur a dit également, comme à Ratisbonne, combien aucun texte, et donc pas leur coran, ne devrait être définitivement fermé à toute méditation de l’intelligence dans la liberté que Dieu nous a donnée. Pour ceux qui ont le souci ou la charge de la politique, il a développé la doctrine d’une chrétienté pour notre temps : même s’il en demeure des aspects impérissables, le modèle ne peut être aujourd’hui celui de l’ensemble civilisationnel catholique de l’époque médiévale. La chrétienté n’est plus aujourd’hui un ensemble d’Etats mais plutôt l’ensemble des peuples et communautés partageant, dans le monde, la foi dans le Christ et le même amour de la Vierge Marie. L’Eglise porteuse de cette chrétienté ne peut se désintéresser de la vie des sociétés, des mœurs et des lois qui conditionnent l’épanouissement spirituel, culturel et social des personnes. On ne peut lui imposer de ne pas exiger le respect de la vie innocente, de la dignité humaine, de la justice sociale, de la vérité, source de liberté. Ainsi, dans la distinction des sphères du religieux et du politique, est-il bon pour le moins, que César ne soit pas contre Dieu et est-il meilleur encore qu’il s’efforce d’œuvrer dans le respect de la volonté de Dieu. Aussi, à l’écoute de ce que Benoît XVI a exprimé avec tant de clarté, n’avons-nous retiré avec enthousiasme que des raisons de poursuivre nos combats pour la vie, la liberté, pour la France et tous les peuples de chrétienté."
MJ
Intervention alliée en Iran ?
Lu sur le blog d’Yves Daoudal, un extrait du discours de Jean-Marie Le Pen en clôture de l’Université d’été du Front National :
"A l’heure où je vous parle en effet, d’importants mouvements militaires américains, anglais et Français se dessinent en direction du Golfe Persique, tandis que le Congrès américain discute sur le projet d’imposer un blocus maritime à l’Iran.[…]
Une importante armada alliée est désormais positionnée dans l’Océan indien.Elle comprend deux des plus gros porte-avions de l’US Navy, deux porte aéronefs, dont l’un des Marines, un sous marin nucléaire Français ainsi que l’ensemble de leurs groupes de combat associés. […]
C’est là une concentration navale sans précédent depuis 1991, date de la première guerre contre l’Irak. […]
Le Koweit a mis ses forces armées en état d’alerte et il ya quelques jours, la diplomatie de Sarkozy a fort opportunément détaché de l’Axe du Mal le seul allié potentiel de l’Iran dans la région, c’est-à-dire la Syrie, comme pour mieux isoler Téhéran.
Alors, au nom de l’opinion mondiale, qui a le droit de savoir, je pose la question aux autorités américaines : de quoi s’agit-il exactement ? […]
S’agit-il, au travers de cette concentration de troupes, de créer les conditions d’un incident avec les Pasdarans, les Gardiens de la Révolution iranienne, pour engager une épreuve de force ?
Je pose également la question à Nicolas Sarkozy :
Pourquoi un sous-marin nucléaire français est-il engagé au côté des américains ?
Pourquoi un groupe de six avions Rafale de l’aéronavale française est-il à bord du porte-avions USS Roosevelt ?
C’est la première fois, mesdames et messieurs, je dis bien la première fois, que des chasseurs bombardiers français sont opérationnels sur un porte-avion américain. Le 17 juin dernier, à l’occasion de la réception de la Commission du Livre Blanc, le Chef de l’Etat déclarait pourtant : « La France ne placera jamais aucun contingent militaire sous commandement de l’OTAN en temps de paix ».
Là, il ne s’agit même pas de placer nos troupes sous l’égide d’une organisation internationale comme l’OTAN mais de les mettre sous l’autorité d’une autre nation, les Etats-Unis d’Amérique !
Nos maigres moyens devraient être exclusivement au service de la défense des intérêts français."
USA : l’élection présidentielle sera l’occasion de référendums sur la vie
L’avortement occupe cette année une place de choix dans la course à la Maison Blanche en raison du profil de la colistière de John McCain, Sarah Palin, et de référendums sur la question qui seront organisés dans plusieurs Etats le jour de l’élection présidentielle. Le camp anti-avortement se réjouit que Sarah Palin ait été choisie, tandis que les organisations qui défendent le droit à l’avortement soutiennent Obama.
L’avortement continue à faire débat bien que la Cour suprême l’ait autorisé dans son célèbre arrêt de 1973 "Roe vs. Wade". Certains Etats de l’Union ont ainsi cherché à restreindre l’accès à l’IVG. Le 4 novembre prochain, les électeurs du Dakota du Sud, du Colorado et de la Californie seront appelés à se prononcer sur des textes liés à l’IVG dans le cadre de référendums d’initiative populaire.
La mesure présentée en Californie, similaire à des propositions déjà rejetées deux fois auparavant, imposerait un délai d’attente de 48 heures et une notification aux parents avant que des mineures puissent recourir à l’avortement. La mesure proposée au Dakota du Sud bannirait l’avortement sauf dans les cas de viol, d’inceste ou de risque sérieux pour la santé de la mère. Au Colorado, la proposition définit la vie humaine comme commençant au "moment de la fécondation", ce qui constituerait une remise en cause de l’avortement.
Le camp pro-mort estime que l’amendement a de bonnes chances d’être rejeté au Colorado, où il divise jusque dans le camp pro-life. Le vote devrait toutefois être serré au Dakota. Les militants pro-vie de cet Etat se disent confiants et ne cachent pas que leur objectif à plus long terme est que le texte soit le point de départ d’un recours remontant jusqu’à la Cour suprême qui donnerait l’occasion de casser l’arrêt "Roe vs. Wade".
Le mondialisme, ce nouveau marxisme
Lors de l’Université d’été du Front National, qui s’est tenue ce week-end, Marine Le Pen a abordé le sujet du mondialisme, qu’elle a comparé avec le communisme. Extraits :
"Le mondialisme ce n’est rien d’autre que la dérive totalitaire du libéralisme. Il réconcilie les internationalistes de gauche et les affairistes trans-nationaux sur le dos des nations, des peuples, des hommes et des travailleurs du monde entier. Et parce qu’un économisme s’est substitué à un autre, comme le rappelle Guillebaud, le mondialisme professe aujourd’hui les mêmes inepties que hier le communisme. […]
Le mondialisme professe la croyance réductrice dans la prééminence de l’économie sur le politique : les libéraux croient à la logique des marchés comme les communistes croyaient que « les infrastructures commandaient aux superstructures ». […] Le mondialisme se présente comme une science : le libéralisme, comme avant lui le marxisme, serait une évidence scientifique qui congédie toute velléité d’intervention humaine. […] Le mondialisme, comme avant lui le communisme, se présente comme une vérité théologique qui a la force du sacré. […] Cette nouvelle religion laïque et matérialiste a ses conciles (Davos, G7), son clergé local (le MEDEF) et ses curés de paroisse (chefs d’entreprise ou journalistes économiques boboïsés). […] Le mondialisme c’est une promesse jamais satisfaite : comme le communisme hier, le mondialiste promet un avenir radieux […] Parce qu’il est la Vérité, qui ne se discute pas, le mondialisme se montre indifférent à l’égard des faits : le mondialiste, comme avant lui le communiste, est insensible aux démentis du réel. […] les européistes vous expliquent que l’Europe – d’essence mondialiste – ne fonctionne pas parce qu’il n’y a pas assez d’Europe. Toujours la même chanson ! Le mondialisme postule une adhésion à la révolution qui ferait du passé table rase : le mondialisme comme avant lui le communisme veut créer l’homme nouveau, celui qui n’a plus besoin d’Etat, celui qui s’est affranchi de toutes attaches identitaires, nationales, familiales […]
Derrière la globalisation, sous l’impulsion des libéraux, c’est le fantôme de l’internationalisme marxiste qui refait surface : même haine de la nation qui est le lieu des compromis sociaux ; même haine des structures intermédiaires (famille, institutions…) dont l’existence même contrarie la fluidité des échanges. […]
La planète est un don de Dieu. Elle ne peut offrir que ce qu’elle est en mesure de produire. Or, comment peut-on croire que 9 milliards d’hommes peuvent vivre, produire, consommer, polluer comme des américains. Or, c’est pourtant ce que postule l’idéologie mondialiste qui contrevient à tous les principes écologiques bien compris : être écologique c’est produire à proximité et recycler sur place. […] Dans le même temps pour donner le change, nos états totalement schizophrènes matraquent nos concitoyens de discours moralisateurs et mettent en place une fiscalité verte. Or, à quoi sert-il d’obliger les Français à chercher le pain en vélo si le vélo est produit en chine, le blé vient des Etats-Unis et que le champ derrière la boulangerie est laissé en jachère sur décision administrative de l’Union européenne ? […]
Nous refusons de croire que l’épanouissement individuel se mesure à la capacité de consommer et trouve ses fondements dans un hédonisme malsain. Nous devons à l’héritage chrétien de l’Europe notre conception de l’homme qui lui reconnait, avec le caractère sacré de la vie, une existence comme être unique, doté de raison et capable de choix personnels. […] Cette conception de l’homme que l’Europe a porté et exporté lui est propre ; et parce qu’elle est la base à la civilisation européenne, elle justifierait à elle seule que soit mentionnée dans les textes fondateurs de l’organisation continentale la référence aux « racines chrétiennes de l’Europe ». Dans nos pays, les Lumières ont fourni une version sécularisée de cette conception de l’homme et le marxisme une dérive pitoyablement matérialiste et monstrueusement criminelle."
Ils ont Sarah Palin… Nous avons Nadine Morano
Le parisien interrogeait ce week-end Nadine Morano, secrétaire d’état chargée de la famille. Michel a déjà eu l’occasion de souligner certains de ses propos, ici et là. Interrogée sur la venue du pape en France, elle répond :
"Nous respectons et dialoguons avec tous les responsables religieux. Nous ne devons certainement pas ignorer l’Eglise : ce serait renier nos origines judéo-chrétiennes. Personnellement, je suis ministre d’un Etat laïque, mais je ne vais pas m’excuser d’être catholique."
Cette déclaration a du en réjouir plus d’un, mais il convient de continuer l’article, et de voir le soufflé s’effondrer. A propos de Sarah Palin, co-listière de John Mac Cain pour les élections américaines, elle déclare :
"c’est une sacrée personnalité. Elle a du talent"
Mais lorsque le sujet revient vers son domaine, la famille :
"sur l’éducation sexuelle à l’école, l’avortement ou le lobby des armes, elle a des convictions plus que conservatrices. Je suis attachée autant qu’elle à la famille, mais je n’en ai pas la même vision".
Pourtant Sarah Palin s’oppose à l’avortement, aux cours d’éducation sexuelle désordonnés, et au mariage homosexuel… Quelle vision la catholique Nadine Morano a-t-elle de la famille pour pour ne pas partager celle de Madame Palin ?
Les anticléricaux du week-end
Parmi les anticléricaux qui se sont manifestés lors de la visite du Pape, peu de monde en fait, on note la provocation d’Act Up à la Basilique du Sacré-Coeur à Paris et le jugement à l’emporte-pièce de Julien Dray, qualifiant le Pape d’"idéologue" ayant tenu aux évêques un "discours intégriste". C’est un trotskiste qui le dit…
Comme nous l’avons déjà écrit ici, ces gens ne sont que des hypocrites de la laïcité. Pour le Dalaï-lama ou l’islam, ils sont muets comme des carpes !
MJ
La presse face à Benoît XVI
La visite du Saint-Père a été l’occasion de lire ou d’entendre des commentaires plus ou moins farfelus dans la presse, mais aussi de bonnes choses (et pas forcément dans la presse qui s’affiche ‘catholique’). En voici un florilège, non exhaustif :
- Libération parle "d’opération de recrutement", ce qui a fait réagir l’abbé de Tanouärn sur son blog.
- Henri Tincq, fidèle à lui-même, évoque une messe "rétro" aux Invalides, sous prétexte de latin, de grégorien et de communion à genoux. Ce qui devrait être considéré comme normal est donc devenu "rétro"… On y relève aussi ce monument : "La frange la plus dure du schisme, celle de la Fraternité Saint Pie X", sous-entendu : le reste des traditionalistes constitue la frange ‘molle’ du ‘schisme’ !
- On se demande si Nicolas Senèze, dans La Croix, a bien lu le même discours du Pape aux évêques. Il y voit notamment que, à propos du Motu Proprio, le Pape aurait "mis en garde ceux qui […] tentent de les court-circuiter en s’adressant directement à Rome". Passage introuvable dans le discours ou interprétation abusive de "Le peuple chrétien doit vous considérer avec affection et respect" ? Pourtant, l’article 7 de Summorum Pontificum précise bien que les fidèles peuvent recourir à la Commission Ecclesia Dei si leur curé ou leur évêque n’exauce pas leur désir. Jean-Marie Guénois a été mieux inspiré dans Le Figaro sur ce même discours.
- L’Express réduit le discours aux Bernardins à une charge contre les évangélistes…
- Pour Le Parisien, cette visite fera date. On n’en pense pas moins.
- Les différents articles du Point relatent plutôt fidèlement les propos du Pape, sans commentaire superflu.
- Ouest-France voit en Benoît XVI un pape à la fois pèlerin et politique et se lamente que Benoît XVI "persiste à laisser en friche des questions lancinantes sur l’accès à la prêtrise d’hommes mariés, sur le rôle éminent des laïcs, l’accueil des divorcés-remariés, ou encore sur la place des femmes dans l’Église".
Un bon point pour Le Figaro, dans lequel Etienne de Montéty commente cette visite. Extrait :
"On sourit en relisant les commentaires alarmistes qui accueillirent Benoît XVI la semaine dernière : a-t-il le bon profil ? Est-ce lui que notre société attend ? L’ovation que lui ont réservée les jeunes de Notre-Dame et les foules bigarrées des Invalides ou de Lourdes tiennent lieu de réponse aux oiseaux de mauvais augure. […] Mauriac expliquait qu’on ne peut demander qu’une seule chose à un pape : qu’il «prononce simplement les paroles et fasse simplement les gestes pour lesquels il a été appelé». Ces paroles, Benoît XVI les a prononcées. Ces gestes, il les a faits. Il a évoqué la laïcité avec mesure et intelligence devant le président de la République. Il a administré une brillante leçon d’histoire et de théologie aux intellectuels. À Paris comme à Lourdes, il a rempli sa mission qui est de «confirmer ses frères dans la foi». […] Dimanche, le Pape s’est longuement adressé aux évêques. Fraternellement, mais avec fermeté. […] Plus important, il a explicitement poussé l’épiscopat à prendre la parole en toute liberté (le mot est répété, à dessein). […] Fort de son magistère international et de l’indépendance d’esprit qui semble être sa marque, le Pape est allé dans ce sens durant ces trois jours en France. Il demande maintenant aux évêques de régler leur pas sur le sien."
Merci aux lecteurs d’enrichir ce post en ajoutant en commentaires ce qu’ils auront entendu de bon et de moins bon dans la presse.
Fin de la visite du Pape en France
Benoît XVI est rentré à Rome. Ce blog va reprendre son rythme naturel et revenir sur le reste de l’actualité. Néanmoins, le lien sous la bannière "La visite du Pape en France", qui vous permet d’accéder directement à l’ensemble des posts rédigés sur cette visite, restera actif quelques temps.
La finesse de Benoît XVI
Chantal Delsol a été conquise par Benoît XVI lors de son discours aux Bernardins :
"Chaque fois qu’un pape visite la France, se déroule un scénario à peu près analogue : une bonne partie des médias vocifère, pendant qu’une foule de fidèles se mobilise. Aujourd’hui plus encore qu’au cours des derniers voyages de Jean-Paul II, c’est la différence des styles et des tons qui me frappe : hargne et sérénité. […]
[U]n petit homme en blanc s’avance dans une travée, environné de clameurs, sans ostentation ni gloire. Il est paisible. On sent dans sa démarche la persévérance et le sentiment que le chemin est long, mais que les forces ne manqueront pas. Il salue modestement. C’est un pèlerin, en somme. Un passant. Il parcourt le vieux monde, dont il constate sans aigreur ni acrimonie l’essoufflement, le vide, la dérision meurtrière. […] Ce petit homme doté d’un grand cerveau (personne ne le nie), s’installe au micro devant un parterre composé du gratin parisien. Bien entendu, il sait exactement ce qu’on lui reproche. Mais il n’est ni un soldat […] ni un politicien. Point de polémique. Ni d’agressivité. Finaud. Il sait qui se trouve dans la salle : beaucoup de ces plumes qui ont en leur temps défendu le marxisme jusqu’à extinction des feux, et continuent, avec une mauvaise foi sartrienne, à identifier l’Église à son Inquisition ; beaucoup de ces gens qui combattent l’idée même de vérité et confondent la tolérance avec le relativisme, tiennent Dieu pour l’ennemi du genre humain et tentent de faire croire à leurs lecteurs naïfs que l’Europe n’a pas d’identité, sauf à devenir sectaire et fanatique. Il les salue d’un regard neutre, comme s’il allait donner une conférence sur la syntaxe de Balzac. Et leur sert un discours pédagogique de haute volée […] sur la quête de Dieu. […]
Voici le message tranquille laissé par cette silhouette et cette voix modestes : nous existons. Nous existons plus loin que dans les arrière-cuisines et les consciences muettes. Nous influençons les gouvernants, nous offrons des modèles éducatifs, nous proposons un art de vivre et de penser. On ne pourra pas nous reléguer. Nous représentons l’institution la plus ancienne et la plus durable qui ait jamais existé dans l’histoire. Nous avons fait ce continent. Si les «vigilants» se réclament aujourd’hui des droits de l’homme, dont ils ne peuvent plus se passer, c’est bien parce que ces moines du XIIIe siècle ont suivi la trace d’un Dieu qui confirme la dignité humaine. L’Église a fondé non seulement ce que nous sommes, mais aussi ce qui nous reste lorsque nous ne voulons plus être rien."
MJ
Dernière allocution du Pape en France
Le pape Benoît XVI a quitté Lourdes lundi à 12H05 pour gagner l’aéroport de Tarbes, avant son départ pour Rome. L’hélicoptère du pape a décollé de la pelouse du stade de rugby de la cité mariale pour l’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, où il devait arriver un quart d’heure plus tard et prononcer une allocution de départ en présence du Premier ministre, François Fillon. L’avion du pape s’est envolé vers 13H00 pour Rome où son arrivée est prévue vers 15h00. Au Premier ministre, le Pape a dit notamment :
"Mon voyage a été comme un diptyque. Le premier volet a été Paris, ville que je connais bien et lieu de multiples rencontres importantes. J’ai eu l’occasion de célébrer l’Eucharistie dans le cadre prestigieux de l’esplanade des Invalides. J’y ai rencontré un peuple vivant de fidèles, fiers et forts de leur foi, que je suis venu encourager afin qu’ils persévèrent courageusement à vivre l’enseignement du Christ et de son Église. J’ai pu prier aussi les Vêpres avec les prêtres, avec les religieux et les religieuses, et avec les séminaristes. J’ai voulu les affermir dans leur vocation au service de Dieu et du prochain. J’ai passé aussi un moment, trop bref mais combien intense, avec les jeunes sur le parvis de Notre-Dame. Leur enthousiasme et leur affection me réconfortent. Comment ne pas rappeler aussi la prestigieuse rencontre avec le monde de
la culture à l’Institut de France et aux Bernardins ? Comme vous le savez, je considère que la culture et ses interprètes sont des vecteurs privilégiés du dialogue entre la foi et la raison, entre Dieu et l’homme.Le second volet de mon voyage a été Lourdes, un lieu emblématique, qui attire et fascine tout croyant : comme une lumière dans l’obscurité de nos tâtonnements vers Dieu. Marie y a ouvert une porte vers un au-delà qui nous interroge et nous séduit. Maria, porta caeli ! Je me suis mis à son école durant ces trois jours. Le Pape se devait de venir à Lourdes pour célébrer le 150e anniversaire des Apparitions. Devant la Grotte de Massabielle, j’ai prié pour vous tous. J’ai prié pour l’Église. J’ai prié pour la France et pour le monde. Les deux Eucharisties célébrées à Lourdes m’ont permis de m’unir aux fidèles pèlerins. Devenu l’un d’eux, j’ai suivi l’ensemble des quatre étapes du chemin du Jubilé, visitant l’église paroissiale, puis le cachot et la Grotte, et enfin la chapelle de l’hôpital. J’ai aussi prié avec et pour les malades qui viennent chercher
apaisement physique et espoir spirituel. Dieu ne les oublie pas, et l’Église non plus. Comme tout fidèle en pèlerinage, j’ai voulu participer à la procession aux flambeaux et à la procession eucharistique. Elles font monter vers Dieu supplications et louanges. Lourdes est aussi le lieu où se rencontrent régulièrement les Évêques de France pour prier ensemble et célébrer
l’Eucharistie, réfléchir et échanger sur leur mission de pasteurs. J’ai voulu partager avec eux ma conviction que les temps sont propices à un retour à Dieu.Monsieur le Premier Ministre, Frères Évêques et chers amis, que Dieu bénisse la France ! Que sur son sol règne l’harmonie et le progrès humain, et que son Église soit le levain dans la pâte pour indiquer avec sagesse et sans crainte, selon son devoir propre, qui est Dieu !"
« Tournez-vous vers Marie ! »
Lors de la Messe sur l’esplanade de la Basilique du Rosaire, le Pape a livré une méditation sur la Sainte Vierge et sur le sacrement des Malades, en la fête de Notre-Dame des Douleurs. Extraits :
"Nous avons célébré hier la Croix du Christ, l’instrument de notre Salut, qui nous révèle dans toute sa plénitude la miséricorde de notre Dieu. La Croix est en effet le lieu où se manifeste de façon parfaite la compassion de Dieu pour notre monde. Aujourd’hui, en célébrant la mémoire de Notre-Dame des Douleurs, nous contemplons Marie qui partage la compassion de son Fils pour les pécheurs. Comme l’affirme saint Bernard, la Mère du Christ est entrée dans la Passion de son Fils par sa compassion (cf. Homélie pour le dimanche dans l’Octave de l’Assomption). Au pied de la Croix se réalise la prophétie de Syméon : son coeur de mère est transpercé (cf. Lc 2, 35) par le supplice infligé à l’Innocent, né de sa chair. Comme Jésus a pleuré (cf. Jn 11,35), Marie a certainement elle aussi pleuré devant le corps torturé de son enfant. La discrétion de Marie nous empêche de mesurer l’abîme de sa douleur ; la profondeur de cette affliction est seulement suggérée par le symbole traditionnel des sept glaives. Comme pour son Fils Jésus, il est possible de dire que cette souffrance l’a conduite elle aussi à sa perfection (cf. Hb 2, 10), pour la rendre capable d’accueillir la nouvelle mission spirituelle que son Fils lui confie juste avant de « remettre l’esprit » (cf. Jn 19, 30): devenir la mère du Christ en ses membres. En cette heure, à travers la figure du disciple bien-aimé, Jésus présente chacun de ses disciples à sa Mère en lui disant : « Voici ton Fils » (cf. Jn 19, 26-27).
Marie est aujourd’hui dans la joie et la gloire de la Résurrection. Les larmes qui étaient les siennes au pied de la Croix se sont transformées en un sourire que rien n’effacera tandis que sa compassion maternelle envers nous demeure intacte. L’intervention secourable de la Vierge Marie au cours de l’histoire l’atteste et ne cesse de susciter à son égard, dans le peuple de Dieu, une confiance inébranlable : la prière du Souvenez-vous exprime très bien ce sentiment. Marie aime chacun de ses enfants, portant d’une façon particulière son attention sur ceux qui, comme son Fils à l’heure de sa Passion, sont en proie à la souffrance ; elle les aime tout simplement parce qu’ils sont ses fils, selon la volonté du Christ sur la Croix. […] Rechercher le sourire de Marie n’est pas le fait d’un sentimentalisme dévot ou suranné, mais bien plutôt l’expression juste de la relation vivante et profondément humaine qui nous lie à celle que le Christ nous a donnée pour Mère. Désirer contempler ce sourire de la Vierge, ce n’est pas se laisser mener par une imagination incontrôlée. […]
Nous le savons malheureusement : la souffrance endurée rompt les équilibres les mieux assurés d’une vie, ébranle les assises les plus fermes de la confiance et en vient parfois même à faire désespérer du sens et de la valeur de la vie. Il est des combats que l’homme ne peut soutenir seul, sans l’aide de la grâce divine. Quand la parole ne sait plus trouver de mots justes, s’affirme le besoin d’une présence aimante : nous recherchons alors la proximité non seulement de ceux qui partagent le même sang ou qui nous sont liés par l’amitié, mais aussi la proximité de ceux qui nous sont intimes par le lien de la foi. Qui pourraient nous être plus intimes que le Christ et sa sainte Mère, l’Immaculée ? […] Je souhaiterais dire, humblement, à ceux qui souffrent et à ceux qui luttent et sont tentés de tourner le dos à la vie : tournez-vous vers Marie ! Dans le sourire de la Vierge se trouve mystérieusement cachée la force de poursuivre le combat contre la maladie et pour la vie. Auprès d’elle se trouve également la grâce d’accepter, sans crainte ni amertume, de quitter ce monde, à l’heure voulue par Dieu.
[…]Le Christ dispense son Salut à travers les Sacrements et, tout spécialement, aux personnes qui souffrent de maladies ou qui sont porteuses d’un handicap, à travers la grâce de l’onction des malades. […] Cependant, le Christ n’est pas médecin à la manière du monde. Pour nous guérir, il ne demeure pas extérieur à la souffrance éprouvée ; il la soulage en venant habiter en celui qui est atteint par la maladie, pour la porter et la vivre avec lui. La présence du Christ vient rompre l’isolement que provoque la douleur. L’homme ne porte plus seul son épreuve, mais il est conformé au Christ qui s’offre au Père, en tant que membre souffrant du Christ, et il participe, en Lui, à l’enfantement de la nouvelle création. Sans l’aide du Seigneur, le joug de la maladie et de la souffrance est cruellement pesant. En recevant le Sacrement des malades, nous ne désirons porter d’autre joug que celui du Christ, forts de la promesse qu’il nous a faite que son joug sera facile à porter et son fardeau léger (cf. Mt 11, 30). J’invite les personnes qui recevront l’onction des malades au cours de cette messe à entrer dans une telle espérance."
Benoît XVI termine le chemin du Jubilé de Lourdes
Le Pape Benoît XVI a visité ce matin l’oratoire de l’Hospice de Lourdes, quatrième étape du chemin du Jubilé, itinéraire spirituel sur les pas de Bernadette Soubirous. Le souverain pontife s’est rendu vers 08h15 à l’ancienne chapelle de l’ancien hospice de Lourdes, fondé par les Soeurs de la charité de Nevers, situé dans l’actuel hôpital de Lourdes. Il s’est agenouillé et recueilli à l’oratoire de la chapelle, où Bernadette fit sa première communion, alla à l’école et vécut avec les Soeurs de la charité de 1860 à 1866, et a lu la prière conclusive du chemin du Jubilé.
Benoît XVI avait accompli, samedi, dès son arrivée à Lourdes, les trois premières étapes du chemin du Jubilé : l’église du Sacré-Coeur, où Bernadette Soubirous fut baptisée, le "cachot", ancienne cellule où la famille Soubirous vécut, et la grotte de Massabielle, où Bernadette a vu la Vierge Marie à 18 reprises entre février et juillet 1858.
Visite du Pape : programme de lundi
Fête de Notre-Dame des Douleurs :
- 8h45 : visite à l’oratoire de l’hôpital
- 9h30 : Messe pour la fête de Notre-Dame des Douleurs et onction des malades sur l’esplanade de la basilique Notre-Dame du Rosaire
- 12h30 : arrivée à l’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées et cérémonie de congé
MJ
Procession eucharistique à Lourdes : « Mon Père, je m’abandonne à Vous »
La cérémonie est retransmise en direct sur LCI.
Après s’être recuelli devant le Saint Sacrement, Benoît XVI a prononcé quelques mots sur l’Eucharistie. Extraits :
"Nous adorons Celui qui est au principe et au terme de notre foi, Celui sans qui nous ne serions pas là ce soir, Celui sans qui nous ne serions pas du tout, Celui sans qui rien ne serait, rien, absolument rien ! Lui, par qui « tout a été fait » (Jn 1, 3), Lui en qui nous avons été créés, pour l’éternité, Lui qui nous a donné son propre Corps et son propre Sang, Il est là, ce soir, devant nous, offert à nos regards. Nous aimons – et nous cherchons à aimer davantage – Celui qui est là, devant nous, offert à nos regards, à nos questions peut-être, à notre amour. […] L’Hostie Sainte est le Sacrement vivant, efficace de la présence éternelle du Sauveur des hommes à son Église. […]
Jésus-Christ passé, dans la vérité historique de la soirée au cénacle, où nous ramène toute célébration de la sainte Messe.
Jésus-Christ présent, parce qu’il nous dit : « Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps, ceci est mon sang ». « Ceci EST », au présent, ici et maintenant, comme dans tous les ici et maintenant de l’histoire des hommes. Présence réelle, présence qui dépasse nos pauvres lèvres, nos pauvres coeurs, nos pauvres pensées. Présence offerte à nos regards comme ici, ce soir, près de cette grotte où Marie s’est révélée comme l’Immaculée Conception.
L’Eucharistie est aussi Jésus-Christ futur, Jésus-Christ à venir. Lorsque nous contemplons l’Hostie Sainte, son Corps de gloire transfiguré et ressuscité, nous contemplons ce que nous contemplerons dans l’éternité, en y découvrant le monde entier porté par son Créateur à chaque seconde de son histoire. Chaque fois que nous Le mangeons, mais aussi chaque fois que nous Le contemplons, nous L’annonçons, jusqu’à ce qu’Il revienne, « donec veniat ». C’est pourquoi nous Le recevons avec un infini respect.
Certains parmi nous ne peuvent pas ou ne peuvent pas encore Le recevoir dans le Sacrement, mais ils peuvent Le contempler avec foi et amour, et exprimer le désir de pouvoir s’unir à Lui. C’est un désir qui a une grande valeur aux yeux de Dieu. Ceux-ci attendent son retour avec plus d’ardeur ; Ils attendent Jésus-Christ à venir. […]
Le bienheureux Charles de Foucauld est né en 1858, l’année même des apparitions de Lourdes. Non loin de son corps raidi par la mort, se trouvait, comme le grain de blé jeté à terre, la lunule contenant le Saint-Sacrement que frère Charles adorait chaque jour durant de longues heures. Le Père de Foucauld nous livre la prière de l’intime de son coeur, une prière adressée à notre Père, mais qu’avec Jésus nous pouvons en toute vérité faire nôtre devant la Sainte Hostie:
[…] Mon Père, je me remets entre vos mains ; mon Père, je me confie à vous ; mon Père, je m’abandonne à Vous ; mon Père, faites de moi ce qu’il Vous plaira ; quoi que Vous fassiez de moi, je Vous remercie ; merci de tout ; je suis prêt à tout, j’accepte tout ; je Vous remercie de tout. Pourvu que Votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que Votre volonté se fasse en toutes Vos créatures, en tous Vos enfants, en tous ceux que Votre coeur aime, je ne désire rien d’autre, mon Dieu ; je remets mon âme entre Vos mains ; je Vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon coeur, parce que je Vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre Vos mains, sans mesure, avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père » (Méditation sur les Saints Évangiles)."
MJ
Benoît XVI aux évêques : « Nul n’est de trop dans l’Eglise »
Le pape Benoit XVI rencontre les évêques français ce dimanche à Lourdes, à l’hémicycle Sainte-Bernadette, lieu habituel de l’assemblée plénière bi-annuelle de la Conférence des évêques de France. Le Saint-Père est accueilli par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France. Benoit XVI s’adresse aux évêques et cardinaux présents : ils sont environ 170, de la suite papale et des diocèses français.
Le Pape leur a rappelé la mission de l’évêque. Il leur a rappelé l’importance fondamentale de la catéchèse, affaire d’abord de contenu et non de méthode. Il a abordé le sujet crucial des vocations et a demandé aux évêques de prendre soin des prêtres, de les former, les encourager. Au sujet du Motu Proprio Summorum Pontificum (un an jour pour jour qu’il est entré en vigueur), le Pape a espéré que l’indispensable pacification des esprits est en train de se faire : "Nul n’est de trop dans l’Eglise".
Il y a un problème qui apparaît dans tous les diocèses : la famille. Cellule fondamentale qu’il faut soutenir. Le Pape a condamné la bénédiction d’unions illégitimes. Les jeunes : la permissivité morale ne rend pas l’homme heureux.
Le Pape est convaincu que les nations ne doivent pas accepter de disparaître et leur identité est à respecter, comme dans une famille. La nation est la grande communauté des hommes qui sont unis par la culture et elle est donc la grande éducatrice du peuple. La mise en évidence des racines chrétiennes de la France est indispensable. L’Eglise ne revendique pas la place de l’Etat, mais parle avec liberté. Une saine collaboration entre l’Eglise et l’Etat est un service rendu à l’homme.
A propos du dialogue interreligieux, le rappel que le Christ est La Vérité est fondamental. La bonne volonté ne suffit pas.
Voici l’intégralité de cet important discours (ici en vidéo 45mn):
"C’est la première fois depuis le début de mon Pontificat que j’ai la joie de vous rencontrer tous ensemble. Je salue cordialement votre Président, le Cardinal André Vingt-Trois, et je le remercie des paroles aimables qu’il m’a adressées en votre nom. Je salue aussi avec plaisir les Vice-Présidents ainsi que le Secrétaire Général et ses collaborateurs. Je salue chaleureusement chacun de vous, mes Frères dans l’Épiscopat, qui êtes venus des quatre coins de France et d’Outre-mer. J’inclus également Mgr François Garnier, Archevêque de Cambrai, qui célèbre aujourd’hui à Valenciennes le Millénaire de Notre-Dame du Saint-Cordon.
Je me réjouis d’être parmi vous ce soir dans cet hémicycle « Sainte Bernadette », qui est le lieu ordinaire de vos prières et de vos rencontres, lieu où vous exposez vos soucis et vos espérances, et lieu de vos discussions et de vos réflexions. Cette salle est située à un endroit privilégié près de la grotte et des basiliques mariales. Certes, les visites ad limina vous font rencontrer régulièrement le Successeur de Pierre à Rome, mais ce moment, que nous vivons, nous est donné comme une grâce pour réaffirmer les liens étroits qui nous unissent dans le partage du même sacerdoce directement issu de celui du Christ rédempteur. Je vous encourage à continuer à travailler dans l’unité et la confiance, en pleine communion avec Pierre qui est venu pour raffermir votre foi. Bien nombreuses sont actuellement vos préoccupations ! Je sais que vous avez à coeur de travailler dans le nouveau cadre défini par la réorganisation de la carte des provinces ecclésiastiques, et je m’en réjouis vivement. Je voudrais profiter de cette occasion pour réfléchir avec vous sur quelques thèmes que je sais être au centre de votre attention.
L’Église – Une, Sainte, Catholique et Apostolique – vous a enfantés par le Baptême. Elle vous a appelés à son service ; vous lui avez donné votre vie, d’abord comme diacres et prêtres, puis comme évêques. Je vous exprime toute mon estime pour ce don de vos personnes : malgré l’ampleur de la tâche, que ne vient pas diminuer l’honneur qu’elle comporte – honor, onus ! – vous accomplissez avec fidélité et humilité la triple tâche qui est la vôtre : enseigner, gouverner, sanctifier suivant la Constitution Lumen Gentium (nn. 25-28) et le décret Christus Dominus. Successeurs des Apôtres, vous représentez le Christ à la tête des diocèses qui vous ont été confiés, et vous vous efforcez d’y réaliser le portrait de l’Évêque tracé par saint Paul ; vous avez à grandir sans cesse dans cette voie, afin d’être toujours plus « hospitaliers, amis du bien, pondérés, justes, pieux, maîtres de vous, attachés à l’enseignement sûr, conformes à la doctrine » (cf. Tt 1, 8-9). Le peuple chrétien doit vous considérer avec affection et respect. Dès les origines, la tradition chrétienne a insisté sur ce point : « Tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus-Christ, ceux-là sont avec l’Évêque », disait saint Ignace d’Antioche (Aux Philad. 3, 2), qui ajoutait encore : « celui que le maître de maison envoie pour administrer sa maison, il faut que nous le recevions comme celui-là même qui l’a envoyé » (Aux Eph. 6, 1). Votre mission, spirituelle surtout, consiste donc à créer les conditions nécessaires pour que les fidèles puissent « chanter d’une seule voix par Jésus-Christ un hymne au Père » (Ibid. 4, 2) et faire ainsi de leur vie une offrande à Dieu.
Vous êtes à juste titre convaincus que, pour faire grandir en chaque baptisé le goût de Dieu et la compréhension du sens de la vie, la catéchèse est d’une importance fondamentale. Les deux instruments principaux dont vous disposez, le Catéchisme de l’Église catholique et le Catéchisme des Évêques de France constituent de précieux atouts. Ils donnent de la foi catholique une synthèse harmonieuse et permettent d’annoncer l’Évangile dans une fidélité réelle à sa richesse. La catéchèse n’est pas d’abord affaire de méthode, mais de contenu, comme l’indique son nom même : il s’agit d’une saisie organique (kat-echein) de l’ensemble de la révélation chrétienne, apte à mettre à la disposition des intelligences et des coeurs la Parole de Celui qui a donné sa vie pour nous. De cette manière, la catéchèse fait retentir au coeur de chaque être humain un unique appel sans cesse renouvelé: « Suis-moi » (Mt 9, 9). Une soigneuse préparation des catéchistes permettra la transmission intégrale de la foi, à l’exemple de saint Paul, le plus grand catéchiste de tous les temps, vers lequel nous regardons avec une admiration particulière en ce bimillénaire de sa naissance. Au milieu des soucis apostoliques, il exhortait ainsi : « Un temps viendra où l’on ne supportera plus l’enseignement solide, mais, au gré de leur caprice, les gens iront chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la Vérité pour se tourner vers des récits mythologiques » (2 Tm 4, 3-4). Conscients du grand réalisme de ses prévisions, avec humilité et persévérance vous vous efforcez de correspondre à ses recommandations : « Proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps … avec une grande patience et avec le souci d’instruire » (2 Tm 4, 2).
Pour réaliser efficacement cette tâche, vous avez besoin de collaborateurs. Pour cette raison les vocations sacerdotales et religieuses méritent plus que jamais d’être encouragées. J’ai été informé des initiatives qui sont prises avec foi en ce domaine, et je tiens à apporter tout mon soutien à ceux qui n’ont pas peur, tel le Christ, d’inviter jeunes ou moins jeunes à se mettre au service du Maître qui est là et qui appelle (cf. Jn 11, 28). Je voudrais remercier chaleureusement et encourager toutes les familles, toutes les paroisses, toutes les communautés chrétiennes et tous les mouvements d’Église qui sont la bonne terre qui donne le bon fruit (cf. Mt 13, 8) des vocations. Dans ce contexte, je ne veux pas omettre d’exprimer ma reconnaissance pour les innombrables prières de vrais disciples du Christ et de son Église. Il y a parmi eux des prêtres, des religieux et religieuses, des personnes âgées ou des malades, des prisonniers aussi, qui durant des décennies ont fait monter vers Dieu leurs supplications pour accomplir le commandement de Jésus : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (Mt 9, 38). L’Évêque et les communautés de fidèles doivent, pour ce qui les concerne, favoriser et accueillir les vocations sacerdotales et religieuses, en s’appuyant sur la grâce que donne l’Esprit Saint pour opérer le discernement nécessaire. Oui, très chers Frères dans l’épiscopat, continuez à appeler au sacerdoce et à la vie religieuse, tout comme Pierre a lancé ses filets sur l’ordre du Maître, alors qu’il avait passé la nuit à pêcher sans rien prendre (cf. Lc 5, 5).
On ne dira jamais assez que le sacerdoce est indispensable à l’Église, dans l’intérêt même du laïcat. Les prêtres sont un don de Dieu pour l’Église. Les prêtres ne peuvent déléguer leurs fonctions aux fidèles en ce qui concerne leurs missions propres. Chers Frères dans l’épiscopat, je vous invite à rester soucieux d’aider vos prêtres à vivre dans une union intime avec le Christ. Leur vie spirituelle est le fondement de leur vie apostolique. Vous les exhorterez avec douceur à la prière quotidienne et à la célébration digne des Sacrements, surtout de l’Eucharistie et de la Réconciliation, comme le faisait saint François de Sales pour ses prêtres. Tout prêtre doit pouvoir se sentir heureux de servir l’Église. A l’école du curé d’Ars, fils de votre terre et patron de tous les curés du monde, ne cessez pas de redire qu’un homme ne peut rien faire de plus grand que de donner aux fidèles le corps et le sang du Christ, et de pardonner les péchés. Cherchez à être attentifs à leur formation humaine, intellectuelle et spirituelle et à leurs moyens d’existence. Essayez, malgré le poids de vos lourdes occupations, de les rencontrer régulièrement et sachez les recevoir comme des frères et des amis (cf. LG 28 et CPE 16). Les prêtres ont besoin de votre affection, de votre encouragement et de votre sollicitude. Soyez proches d’eux et ayez une attention particulière pour ceux qui sont en difficulté, malades ou âgés (cf. CPE 16). N’oubliez pas qu’ils sont comme le dit le Concile Vatican II, reprenant la superbe expression utilisée par saint Ignace d’Antioche aux Magnésiens, « la couronne spirituelle de l’Évêque » (LG 41).
Le culte liturgique est l’expression suprême de la vie sacerdotale et épiscopale, comme aussi de l’enseignement catéchétique. Votre charge de sanctification du peuple des fidèles, chers Frères, est indispensable à la croissance de l’Église. J’ai été amené à préciser, dans le Motu proprio Summorum Pontificum, les conditions d’exercice de cette charge, en ce qui concerne la possibilité d’utiliser aussi bien le missel du bienheureux Jean XXIII (1962) que celui du Pape Paul VI (1970). Des fruits de ces nouvelles dispositions ont déjà vu le jour, et j’espère que l’indispensable pacification des esprits est, grâce à Dieu, en train de se faire. Je mesure les difficultés qui sont les vôtres, mais je ne doute pas que vous puissiez parvenir, en temps raisonnable, à des solutions satisfaisantes pour tous, afin que la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage. Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté. Dieu qui aime tous les hommes et ne veut en perdre aucun nous confie cette mission de Pasteurs, en faisant de nous les Bergers de ses brebis. Nous ne pouvons que Lui rendre grâce de l’honneur et de la confiance qu’Il nous fait. Efforçons-nous donc toujours d’être des serviteurs de l’unité !
Quels sont les autres domaines qui requièrent une plus grande attention ? Les réponses peuvent différer d’un diocèse à l’autre, mais il y a certainement un problème qui apparaît partout d’une urgence particulière : c’est la situation de la famille. Nous savons que le couple et la famille affrontent aujourd’hui de vraies bourrasques. Les paroles de l’évangéliste à propos de la barque dans la tempête au milieu du lac peuvent s’appliquer à la famille : « Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait » (Mc 4, 37). Les facteurs qui ont amené cette crise sont bien connus, et je ne m’attarderai donc pas à les énumérer. Depuis plusieurs décennies, des lois ont relativisé en différents pays sa nature de cellule primordiale de la société. Souvent, elles cherchent plus à s’adapter aux moeurs et aux revendications de personnes ou de groupes particuliers, qu’à promouvoir le bien commun de la société. L’union stable d’un homme et d’une femme, ordonnée à la construction d’un bonheur terrestre grâce à la naissance d’enfants donnés par Dieu, n’est plus, dans l’esprit de certains, le modèle auquel l’engagement conjugal se réfère. Cependant l’expérience enseigne que la famille est le socle sur lequel repose toute la société. De plus, le chrétien sait que la famille est aussi la cellule vivante de l’Église. Plus la famille sera imprégnée de l’esprit et des valeurs de l’Évangile, plus l’Église elle-même en sera enrichie et répondra mieux à sa vocation. D’ailleurs je connais et j’encourage vivement les efforts que vous faites afin d’apporter votre soutien aux différentes associations qui oeuvrent pour aider les familles. Vous avez raison de maintenir, même à contre-courant, les principes qui font la force et la grandeur du Sacrement de mariage. L’Église veut rester indéfectiblement fidèle au mandat que lui a confié son Fondateur, notre Maître et Seigneur Jésus-Christ. Elle ne cesse de répéter avec Lui : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » (Mt 19, 6). L’Église ne s’est pas donné cette mission : elle l’a reçue. Certes, personne ne peut nier l’existence d’épreuves, parfois très douloureuses, que traversent certains foyers. Il faudra accompagner ces foyers en difficulté, les aider à comprendre la grandeur du mariage, et les encourager à ne pas relativiser la volonté de Dieu et les lois de vie qu’Il nous a données. Une question particulièrement douloureuse est celle des divorcés remariés. L’Église, qui ne peut s’opposer à la volonté du Christ, maintient fermement le principe de l’indissolubilité du mariage, tout en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut donc admettre les initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes. L’Exhortation apostolique Familiaris consortio a indiqué le chemin ouvert par une pensée respectueuse de la vérité et de la charité.
Les jeunes, je le sais bien, chers Frères, sont au centre de vos préoccupations. Vous leur consacrez beaucoup de temps, et vous avez raison. Ainsi que vous avez pu le constater, je viens d’en rencontrer une multitude à Sydney, au cours de la Journée Mondiale de la Jeunesse. J’ai apprécié leur enthousiasme et leur capacité de se consacrer à la prière. Tout en vivant dans un monde qui les courtise et qui flatte leurs bas instincts, portant, eux aussi, le poids bien lourd d’héritages difficiles à assumer, les jeunes conservent une fraîcheur d’âme qui a fait mon admiration. J’ai fait appel à leur sens des responsabilités en les invitant à s’appuyer toujours sur la vocation que Dieu leur a donnée au jour de leur Baptême. « Notre force, c’est ce que le Christ veut de nous », disait le Cardinal Jean-Marie Lustiger. Au cours de son premier voyage en France, mon vénéré Prédécesseur avait fait entendre aux jeunes de votre pays un discours qui n’a rien perdu de son actualité et qui avait alors reçu un accueil d’une ferveur inoubliable. « La permissivité morale ne rend pas l’homme heureux », avait-il proclamé au Parc-des-Princes, sous des tonnerres d’applaudissements. Le bon sens qui inspirait la saine réaction de son auditoire n’est pas mort. Je prie l’Esprit Saint de parler au coeur de tous les fidèles et, plus généralement, de tous vos compatriotes, afin de leur donner – ou de leur rendre – le goût d’une vie menée selon les critères d’un bonheur véritable.
A l’Élysée, j’ai évoqué l’autre jour l’originalité de la situation française que le Saint-Siège désire respecter. Je suis convaincu, en effet, que les Nations ne doivent jamais accepter de voir disparaître ce qui fait leur identité propre. Dans une famille, les différents membres ont beau avoir le même père et la même mère, ils ne sont pas des individus indifférenciés, mais bien des personnes avec leur propre singularité. Il en va de même pour les pays, qui doivent veiller à préserver et développer leur culture propre, sans jamais la laisser absorber par d’autres ou se noyer dans une terne uniformité. « La Nation est en effet, pour reprendre les termes du Pape Jean-Paul II, la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément, par la culture. La Nation existe "par" la culture et "pour" la culture, et elle est donc la grande éducatrice des hommes pour qu’ils puissent "être davantage" dans la communauté » (Discours à l’UNESCO, 2 juin 1980, n. 14). Dans cette perspective, la mise en évidence des racines chrétiennes de la France permettra à chacun des habitants de ce Pays de mieux comprendre d’où il vient et où il va. Par conséquent, dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s’est construite l’identité de la Nation. Votre Président en a évoqué la possibilité.
Les présupposés sociopolitiques d’une antique méfiance, ou même d’hostilité, s’évanouissent peu à peu. L’Église ne revendique pas la place de l’État. Elle ne veut pas se substituer à lui. Elle est une société basée sur des convictions, qui se sait responsable du tout et ne peut se limiter à elle-même. Elle parle avec liberté, et dialogue avec autant de liberté dans le seul désir d’arriver à la construction de la liberté commune. Une saine collaboration entre la Communauté politique et l’Église, réalisée dans la conscience et le respect de l’indépendance et l’autonomie de chacune dans son propre domaine, est un service rendu à l’homme, ordonné à son épanouissement personnel et social. De nombreux points, prémices d’autres qui s’y ajouteront selon les nécessités, ont déjà été examinés et résolus au sein de l’ « Instance de Dialogue entre l’Église et l’État ». En vertu de sa mission propre et au nom du Saint-Siège, le Nonce Apostolique y siège naturellement, lui qui est appelé à suivre activement la vie de l’Église et sa situation dans la société.
Comme vous le savez, mes prédécesseurs, le bienheureux Jean XXIII, ancien Nonce à Paris, et le Pape Paul VI, ont voulu des Secrétariats qui sont devenus, en 1988, le Conseil Pontifical pour la promotion de l’Unité des Chrétiens et le Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux. S’y ajoutèrent très vite la Commission pour les Rapports Religieux avec le Judaïsme et la Commission pour les Rapports Religieux avec les Musulmans. Ces structures sont en quelque sorte la reconnaissance institutionnelle et conciliaire des innombrables initiatives et réalisations antérieures. Des commissions ou conseils similaires se trouvent d’ailleurs dans votre Conférence Épiscopale et dans vos Diocèses. Leur existence et leur fonctionnement démontrent la volonté de l’Église d’aller de l’avant (…) dans le dialogue bilatéral. La récente Assemblée plénière du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux a mis en évidence que le dialogue authentique demande comme conditions fondamentales une bonne formation pour ceux qui le promeuvent, et un discernement éclairé pour avancer peu à peu dans la découverte de la Vérité. L’objectif des dialogues oecuménique et interreligieux, différents naturellement dans leur nature et leur finalité respective, est la recherche et l’approfondissement de la Vérité. Il s’agit donc d’une tâche noble et obligatoire pour tout homme de foi, car le Christ lui-même est la Vérité. La construction des ponts entre les grandes traditions ecclésiales chrétiennes et le dialogue avec les autres traditions religieuses, exigent un réel effort de connaissance réciproque, car l’ignorance détruit plus qu’elle ne construit. Par ailleurs, il n’y a que la Vérité qui permette de vivre authentiquement le double Commandement de l’Amour que nous a laissé Notre Sauveur. Certes, il faut suivre avec attention les différentes initiatives entreprises et discerner celles qui favorisent la connaissance et le respect réciproques, ainsi que la promotion du dialogue, et éviter celles qui conduisent à des impasses. La bonne volonté ne suffit pas. Je crois qu’il est bon de commencer par l’écoute, puis de passer à la discussion théologique pour arriver enfin au témoignage et à l’annonce de la foi elle-même (cf. Note doctrinale sur certains aspects de l’évangélisation, n. 12, 3 décembre 2007). Puisse l’Esprit Saint vous donner le discernement qui doit caractériser tout Pasteur ! Saint Paul recommande : « Discernez la valeur de toute chose. Ce qui est bien, gardez-le ! » (1 Th 5, 21). La société globalisée, pluriculturelle et pluri-religieuse dans laquelle nous vivons, est une opportunité que nous donne le Seigneur de proclamer la Vérité et d’exercer l’Amour afin d’atteindre tout être humain sans distinction, même au-delà des limites de l’Église visible.
L’année qui a précédé mon élection au Siège de Pierre, j’ai eu la joie de venir dans votre pays pour y présider les cérémonies commémoratives du soixantième anniversaire du débarquement en Normandie. Rarement comme alors, j’ai senti l’attachement des fils et des filles de France à la terre de leurs aïeux. La France célébrait alors sa libération temporelle, au terme d’une guerre cruelle qui avait fait de nombreuses victimes. Aujourd’hui, c’est surtout en vue d’une véritable libération spirituelle qu’il convient d’oeuvrer. L’homme a toujours besoin d’être libéré de ses peurs et de ses péchés. L’homme doit sans cesse apprendre ou réapprendre que Dieu n’est pas son ennemi, mais son Créateur plein de bonté. L’homme a besoin de savoir que sa vie a un sens et qu’il est attendu, au terme de son séjour sur la terre, pour partager à jamais la gloire du Christ dans les cieux. Votre mission est d’amener la portion du Peuple de Dieu confiée à vos soins à la reconnaissance de ce terme glorieux. Veuillez trouver ici l’expression de mon admiration et de ma gratitude pour tout ce que vous faites afin d’aller en ce sens. Veuillez être assurés de ma prière quotidienne pour chacun de vous. Veuillez croire que je ne cesse de demander au Seigneur et à sa Mère de vous guider sur votre route. Avec joie et émotion, je vous confie, très chers Frères dans l’Épiscopat, à Notre Dame de Lourdes et à sainte Bernadette. La puissance de Dieu s’est toujours déployée dans la faiblesse. L’Esprit Saint a toujours lavé ce qui était souillé, abreuvé ce qui était sec, redressé ce qui était déformé. Le Christ Sauveur, qui a bien voulu faire de nous les instruments de la communication de son amour aux hommes, ne cessera jamais de vous faire grandir dans la foi, l’espérance et la charité, pour vous donner la joie d’amener à Lui un nombre croissant d’hommes et de femmes de notre temps. En vous confiant à sa force de Rédempteur, je vous donne à tous et de tout coeur une affectueuse Bénédiction Apostolique."
Grâce à la Sainte Vierge, la foi n’est pas un poids
Après la Messe, Benoît XVI a chanté l’Angélus, avant lequel il a prononcé quelques mots :
"Chaque jour, la prière de l’Angelus nous offre la possibilité de méditer quelques instants, au plein milieu de nos activités, sur le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu. A midi, alors que les premières heures du jour commencent déjà à faire peser sur nous leur poids de fatigue, notre disponibilité et notre générosité sont renouvelées par la contemplation du ‘oui’ de Marie. Ce ‘oui’ limpide et sans réserve s’enracine dans le mystère de la liberté de Marie, liberté pleine et entière devant Dieu, dégagée de toute complicité avec le péché, grâce au privilège de son Immaculée Conception.
Ce privilège concédé à Marie, qui la distingue de notre condition commune, ne l’éloigne pas, mais au contraire la rapproche de nous. Alors que le péché divise, nous éloigne les uns des autres, la pureté de Marie la rend infiniment proche de nos cœurs, attentive à chacun de nous et désireuse de notre vrai bien. Vous le voyez ici à Lourdes, comme dans tous les sanctuaires mariaux, des foules immenses accourent aux pieds de Marie pour lui confier ce que chacun a de plus intime, ce qui lui tient particulièrement à cœur. Ce que, par gêne ou par pudeur, beaucoup n’osent parfois pas confier même à leurs proches, ils le confient à Celle qui est la toute pure, à son Cœur immaculé : avec simplicité, sans fard, en vérité. Devant Marie, en vertu même de sa pureté, l’homme n’hésite pas à se montrer dans sa faiblesse, à livrer ses questions et ses doutes, à formuler ses espérances et ses désirs les plus secrets. L’amour maternel de la Vierge Marie désarme tout orgueil ; il rend l’homme capable de se regarder tel qu’il est et il lui inspire le désir de se convertir pour rendre gloire à Dieu.
Marie nous montre ainsi la juste manière d’avancer vers le Seigneur. Elle nous apprend à nous approcher de lui dans la vérité et la simplicité. Grâce à elle, nous découvrons que la foi chrétienne n’est pas un poids, mais elle est comme une aile qui nous permet de voler plus haut pour nous réfugier entre les bras de Dieu.
La vie et la foi du peuple des croyants manifestent que la grâce de l’Immaculée Conception faite à Marie n’est pas seulement une grâce personnelle, mais elle est pour tous. Elle est une grâce faite au peuple de Dieu tout entier. En Marie, l’Église peut déjà contempler ce qu’elle est appelée à devenir. Chaque croyant peut dès à présent contempler l’accomplissement parfait de sa propre vocation. Puisse chacun de nous demeurer toujours dans l’action de grâce pour ce que le Seigneur a voulu révéler de son plan de salut à travers le mystère de Marie. Mystère dans lequel nous sommes impliqués de la plus belle des manières, puisque du haut de la Croix, que nous fêtons et que nous exaltons aujourd’hui, il nous est révélé, de la bouche même de Jésus, que sa Mère est notre mère. En tant que fils et filles de Marie, nous profitons de toutes les grâces qui lui ont été faites, et la dignité incomparable que lui procure sa Conception Immaculée rejaillit sur nous, ses enfants.
Ici, tout près de la grotte, et en communion particulière avec tous les pèlerins présents dans les sanctuaires mariaux et avec tous les malades de corps et d’âme qui cherchent réconfort, nous bénissons le Seigneur pour la présence de Marie au milieu de son peuple et nous adressons avec foi notre prière :
« Sainte Marie, toi qui t’es montrée ici, il y a cent cinquante ans, à la jeune Bernadette, tu `es la vraie fontaine d’espérance’ (Dante, Le Paradis, XXXIII,12).
Pèlerins confiants, nous venons, de tous les horizons, encore une fois puiser la foi et le réconfort, la joie et l’amour, la sécurité et la paix, à la source de ton Cœur immaculé. ‘Monstra Te esse Matrem’. Montre-toi comme une Mère pour tous, ô Marie ! Et donne-nous le Christ, l’Espérance du monde ! Amen »."
MJ
« Celui qui prie ne perd pas son temps »
La Messe a été célébrée dans la prairie du sanctuaire, face à la Grotte, devant environ 200000 personnes, 230 évêques et un bon millier de prêtres. Parmi les personnalités, on a noté la présence de Mmes Alliot-Marie, Boutin et Chirac, ainsi que François Bayrou. Voici des extraits de l’homélie prononcée par Benoît XVI à Lourdes :
"En ce jour où la liturgie de l’Église célèbre la fête de l’Exaltation de la sainte Croix, l’Évangile nous rappelle la signification de ce grand mystère : Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, pour que les hommes soient sauvés (cf. Jn 3, 16). Le Fils de Dieu s’est fait vulnérable, prenant la condition de serviteur, obéissant jusqu’à la mort et la mort sur une croix (cf. Ph 2, 8). C’est par sa Croix que nous sommes sauvés. L’instrument de supplice qui manifesta, le Vendredi-Saint, le jugement de Dieu sur le monde, est devenu source de vie, de pardon, de miséricorde, signe de réconciliation et de paix. « Pour être guéris du péché, regardons le Christ crucifié ! » disait saint Augustin (Traités sur St Jean, XII, 11). En levant les yeux vers le Crucifié, nous adorons Celui qui est venu enlever le péché du monde et nous donner la vie éternelle. Et l’Église nous invite à élever avec fierté cette Croix glorieuse pour que le monde puisse voir jusqu’où est allé l’amour du Crucifié pour les hommes. Elle nous invite à rendre grâce à Dieu parce que d’un arbre qui apportait la mort, a surgi à nouveau la vie. C’est sur ce bois que Jésus nous révèle sa souveraine majesté, nous révèle qu’Il est exalté dans la gloire. Oui, « Venez, adorons-le ! ». Au milieu de nous se trouve Celui qui nous a aimés jusqu’à donner sa vie pour nous, Celui qui invite tout être humain à s’approcher de lui avec confiance.
C’est ce grand mystère que Marie nous confie aussi ce matin en nous invitant à nous tourner vers son Fils. En effet, il est significatif que, lors de la première apparition à Bernadette, c’est par le signe de la Croix que Marie débute sa rencontre. Plus qu’un simple signe, c’est une initiation aux mystères de la foi que Bernadette reçoit de Marie. Le signe de la Croix est en quelque sorte la synthèse de notre foi, car il nous dit combien Dieu nous a aimés ; il nous dit que, dans le monde, il y a un amour plus fort que la mort, plus fort que nos faiblesses et nos péchés. La puissance de l’amour est plus forte que le mal qui nous menace. […]
Jésus, né de Marie, est le Fils de Dieu, l’unique Sauveur de tous les hommes, vivant et agissant dans son Église et dans le monde. L’Église est envoyée partout dans le monde pour proclamer cet unique message et inviter les hommes à l’accueillir par une authentique conversion du cœur. Cette mission, qui a été confiée par Jésus à ses disciples, reçoit ici, à l’occasion de ce jubilé, un souffle nouveau. Qu’à la suite des grands évangélisateurs de votre pays, l’esprit missionnaire qui a animé tant d’hommes et de femmes de France, au cours des siècles, soit encore votre fierté et votre engagement ! […]
Dans leur cheminement spirituel, les chrétiens sont appelés eux aussi à faire fructifier la grâce de leur Baptême, à se nourrir de l’Eucharistie, à puiser dans la prière la force pour témoigner et être solidaires avec tous leurs frères en humanité (cf. Hommage à la Vierge Marie, Place d’Espagne, 8 décembre 2007). C’est donc une véritable catéchèse qui nous est ainsi proposée, sous le regard de Marie. Laissons-la nous instruire et nous guider sur le chemin qui conduit au Royaume de son Fils ! […]
Marie vient nous rappeler ici que la prière, intense et humble, confiante et persévérante, doit avoir une place centrale dans notre vie chrétienne. La prière est indispensable pour accueillir la force du Christ. « Celui qui prie ne perd pas son temps, même si la situation apparaît réellement urgente et semble pousser uniquement à l’action » (Deus caritas est, n. 36). Se laisser absorber par les activités risque de faire perdre à la prière sa spécificité chrétienne et sa véritable efficacité. La prière du Rosaire, si chère à Bernadette et aux pèlerins de Lourdes, concentre en elle la profondeur du message évangélique. Elle nous introduit à la contemplation du visage du Christ. Dans cette prière des humbles, nous pouvons puiser d’abondantes grâces. […]
Chers Frères et Sœurs, sur cette terre de France, la Mère du Seigneur est vénérée en d’innombrables sanctuaires, qui manifestent ainsi la foi transmise de générations en générations. Célébrée en son Assomption, elle est la patronne bien-aimée de votre pays. Qu’elle soit toujours honorée avec ferveur dans chacune de vos familles, dans vos communautés religieuses et dans vos paroisses !"
MJ
Dimanche 14 septembre : programme de Benoît XVI
Fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix
- 9h30 : arrivée du Pape
- 10h00 : Messe sur la Prairie
- 12h00 : Angelus Domini
- 17h15 : rencontre avec les évêques français à l’hémicycle Sainte-Bernadette
- 17h30 : procession du Saint Sacrement sur la Prairie
- 18h30 : conclusion de la procession eucharistique
- 21h00 : veillée pour les jeunes à la salle Padre Pio de la Cité Saint-Pierre de Lourdes
MJ
« Vous êtes la lumière du monde »
Après le chemin du Jubilé et la procession aux flambeaux, le Pape Benoît XVI s’est adressé aux milliers de fidèles présents dans le sanctuaire marial de Lourdes. Extraits :
"Lourdes est l’un de ces lieux que Dieu a choisi pour y faire refléter un éclat particulier de sa beauté, d’où l’importance ici du symbole de la lumière. Dès la quatrième apparition, Bernadette, en arrivant à la grotte, allumait chaque matin un cierge bénit et le tenait dans sa main gauche, tant que la Vierge se montrait. […]
En venant en pèlerinage, ici, à Lourdes, nous voulons entrer, à la suite de Bernadette, dans cette extraordinaire proximité entre le ciel et la terre qui ne s’est jamais démentie et qui ne cesse de se consolider. Au cours des apparitions, il est à remarquer que Bernadette prie le chapelet sous les yeux de Marie qui se joint à elle pour la doxologie. Ce fait confirme le caractère profondément théocentrique de la prière du chapelet. Alors que nous prions le chapelet, Marie nous offre son coeur et son regard pour contempler la vie de son Fils, le Christ-Jésus. […] Puisse Lourdes, terre de lumière, demeurer une école pour apprendre à prier le Rosaire, qui introduit le disciple de Jésus, sous les yeux de sa Mère, dans un dialogue authentique et cordial avec son Maître !
[…] La procession aux flambeaux, traduit à nos yeux de chair, le mystère de la prière : dans la communion de l’Église, qui unit élus du ciel et pèlerins de la terre, la lumière jaillit du dialogue entre l’homme et son Seigneur et une route lumineuse s’ouvre dans l’histoire des hommes, y compris dans ses moments les plus obscurs. Cette procession est un moment de grande joie ecclésiale, mais aussi un temps de gravité : les intentions que nous apportons soulignent notre profonde communion avec tous les êtres qui souffrent. […] Lourdes est un lieu de lumière parce que c’est un lieu de communion, d’espérance et de conversion.
À la tombée de cette nuit, Jésus nous dit : «Gardez vos lampes allumées» ; lampe de la foi, lampe de la prière, lampe de l’espérance et de l’amour ! Cet acte de marcher dans la nuit, en portant la lumière, parle fort au plus intime de nous-mêmes, touche notre coeur et dit bien plus que tout autre parole prononcée ou entendue. Ce geste résume à lui seul notre condition de chrétiens en chemin : à la fois, nous avons besoin de lumière et nous sommes appelés à devenir lumière. Le péché nous rend aveugles, il nous empêche de nous proposer comme guides pour nos frères, et il nous amène à nous méfier d’eux pour nous laisser conduire. Nous avons besoin d’être éclairés et nous répétons la supplication de l’aveugle Bartimée : « Maître, fais que je voie ! ». Fais que je voie mon péché qui m’entrave, mais surtout, Seigneur, fais que je voie ta gloire ! Nous le savons : notre prière a déjà été exaucée et nous rendons grâce car, comme le dit saint Paul dans sa Lettre aux Éphésiens : « le Christ t’illuminera », et saint Pierre ajoute : « il vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière ».
À nous qui ne sommes pas la lumière, le Christ peut désormais dire : « Vous êtes la lumière du monde », nous confiant le soin de faire resplendir la lumière de la charité. Comme l’écrit l’Apôtre saint Jean : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière et il n’y a en lui aucune occasion de chute ». Vivre l’amour chrétien, c’est tout à la fois faire entrer la lumière de Dieu dans le monde et en indiquer la véritable source. Saint Léon le Grand l’écrit : « Quiconque, en effet, vit pieusement et chastement dans l’Église, qui songe aux choses d’en haut, non à celles de la terre, est d’une certaine façon semblable à la lumière céleste ; tant qu’il observe lui-même l’éclat d’une sainte vie, il montre à beaucoup, comme une étoile, la voie qui mène à Dieu ». […]
Annoncée dans les Chants du Serviteur de Dieu, la mort de Jésus est une mort qui devient lumière pour les peuples ; c’est une mort qui, en lien avec la liturgie d’expiation, apporte la réconciliation, mort qui marque la fin de la mort. Dès lors, la Croix est signe d’espérance, l’étendard de la victoire de Jésus « car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ». Par la Croix, notre vie tout entière reçoit lumière, force et espérance. Par elle, est révélée toute la profondeur de l’amour contenu dans le dessein originel du Créateur ; par elle, tout est guéri et porté à son accomplissement. C’est pourquoi la vie dans la foi au Christ mort et ressuscité devient lumière."
Le Pape est arrivé à Lourdes
Il effectue actuellement le chemin du Jubilé à travers la ville avant de se rendre à la Grotte, suivie de la procession aux flambeaux. Vous pouvez suivre en direct l’évènement sur KTO.
MJ
Benoît XVI aux Invalides : vénérons le sacrement du Corps et du Sang de Notre-Seigneur
A 10h, le Pape Benoît XVI a célébré la Sainte Messe devant plus de 260 000 personnes, réunies essentiellement sur l’esplanade des Invalides, pleine jusuq’au pont Alexandre III, mais aussi place Vauban. Le Premier ministre François Fillon et les ministres de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, de la Justice, Rachida Dati, du logement, Christine Boutin, et de l’Education, Xavier Darcos, ont assisté à la messe, ainsi que Bernadette Chirac.
Pendant la Messe en l’honneur de Saint Jean Chrysostome, Benoît XVI a prêché sur les idoles et la Sainte Messe. Extraits :
"La première Lettre de saint Paul, adressée aux Corinthiens, nous fait découvrir, en cette année paulinienne qui s’est ouverte le 28 juin dernier, à quel point les conseils donnés par l’Apôtre restent d’actualité. « Fuyez le culte des idoles » (1Co 10, 14), écrit-il à une communauté très marquée par le paganisme et partagée entre l’adhésion à la nouveauté de ‘Évangile et l’observance de vieilles pratiques héritées de ses ancêtres. […] Cet appel à fuir les idoles reste pertinent aujourd’hui. Le monde contemporain ne s’est-il pas créé ses propres idoles? N’a-t-il pas imité, peut-être à son insu, les païens de l’Antiquité, en détournant l’homme de sa fin véritable, du bonheur de vivre éternellement avec Dieu ? […] saint Jean Chrysostome fait remarquer que saint Paul condamne sévèrement l’idolâtrie, qui est une « faute grave », un « scandale », une véritable « peste » […]. Immédiatement, il ajoute que cette condamnation radicale de l’idolâtrie n’est en aucun cas une condamnation de la personne de l’idolâtre. Jamais, dans nos jugements, nous ne devons confondre le péché qui est inacceptable, et le pécheur dont nous ne pouvons pas juger l’état de la conscience et qui, de toute façon, est toujours susceptible de conversion et de pardon. Saint Paul en appelle à la raison de ses lecteurs : « Je vous parle comme à des gens réfléchis : jugez vous-mêmes de ce que je dis » (1 Co 10, 15). Jamais Dieu ne demande à l’homme de faire le sacrifice de sa raison ! Jamais la raison n’entre en contradiction réelle avec la foi ! L’unique Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, a créé notre raison et nous donne la foi, en proposant à notre liberté de la recevoir comme un don précieux. C’est le culte des idoles qui détourne l’homme de cette perspective, et la raison elle-même peut se forger des idoles. […]
Mais comment parvenir à Dieu ? Comment parvenir à trouver ou retrouver Celui que l’homme cherche au plus profond de lui-même, tout en l’oubliant si souvent ? Saint Paul nous demande de faire usage non seulement de notre raison, mais surtout de notre foi pour le découvrir. Or, que nous dit la foi? Le pain que nous rompons est communion au Corps du Christ; la coupe d’action de grâce que nous bénissons est communion au Sang du Christ. Révélation extraordinaire, qui nous vient du Christ et qui nous est transmise par les Apôtres et par toute l’Église depuis deux millénaires : le Christ a institué le sacrement de l’Eucharistie au soir du Jeudi Saint. Il a voulu que son sacrifice soit de nouveau présenté, de manière non sanglante, chaque fois qu’un prêtre redit les paroles de la consécration sur le pain et le vin. Des millions de fois, depuis deux mille ans, dans la plus humble des chapelles comme dans la plus grandiose des basiliques ou des cathédrales, le Seigneur ressuscité s’est donné à son peuple, devenant ainsi, selon la formule de saint Augustin, « plus intime à nous-mêmes que nous mêmes» (cf. Confessions III, 6. 11).
Frères et soeurs, entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, le Très Saint-Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Église et à toute l’humanité. Ne négligeons rien pour lui manifester notre respect et notre amour ! Donnons-lui les plus grandes marques d’honneur ! Par nos paroles, nos silences et nos gestes, n’acceptons jamais de laisser s’affadir en nous et autour de nous la foi dans le Christ ressuscité présent dans l’Eucharistie ! […]
La Messe est le sacrifice d’action de grâce par excellence, celui qui nous permet d’unir notre propre action de grâce à celle du Sauveur, le Fils éternel du Père. En elle-même, la Messe nous invite aussi à fuir les idoles, car, saint Paul insiste, « vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais » (1 Co 10, 21). […] Élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur, n’est-ce pas précisément le meilleur moyen de « fuir les idoles », comme nous le demande saint Paul ? Chaque fois qu’une Messe est célébrée, chaque fois que le Christ se rend sacramentellement présent dans son Église, c’est l’oeuvre de notre salut qui s’accomplit. […]
Or, chers frères et soeurs, qui peut élever la coupe du salut et invoquer le nom du Seigneur au nom du peuple de Dieu tout entier, sinon le prêtre ordonné dans ce but par l’Évêque ? Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais aussi vous tous qui êtes venus de la France entière et d’autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n’ayez pas peur ! N’ayez pas peur de donner votre vie au Christ ! Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au coeur de l’Église ! Rien ne remplacera jamais une Messe pour le Salut du monde !"
MJ
« Au commencement était le Verbe »
A l’Institut, le Pape a laissé cette dédicace :
"In principio erat Verbum
et Verbum erat apud Deum et Deus erat Verbum" Jn 1, 1
MJ
Benoît XVI sous la Coupole
Avant la messe, le Pape s’est rendu à l’Institut pour y rencontrer ses confrères :
"C’est pour moi un très grand honneur d’être reçu ce matin sous la Coupole. Je vous remercie (…) de vos paroles d’accueil pleines de courtoisie et de la médaille que vous avez bien voulu m’offrir. Je ne pouvais pas venir à Paris sans vous saluer personnellement. Il m’est agréable de profiter de cette heureuse occasion pour souligner les liens profonds qui m’attachent à la culture française pour laquelle j’éprouve une grande admiration. Dans mon parcours intellectuel, la rencontre avec la culture française a eu une importance singulière. Je saisis volontiers l’occasion qui m’est donnée pour exprimer à son égard ma gratitude, à titre personnel et comme successeur de Pierre. La plaque que nous venons de dévoiler gardera le souvenir de notre rencontre.
Rabelais affirmait fort justement en son temps : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ! » (Pantagruel, 8). C’est pour contribuer à éviter le risque d’une semblable dichotomie que, au mois de janvier, et pour la première fois en trois siècles et demi, deux Académies de l’Institut, deux Académies Pontificales et l’Institut Catholique de Paris ont organisé un Colloque inter-académique sur l’identité changeante de l’individu qui a illustré l’intérêt de larges recherches pluridisciplinaires. Cette initiative pourrait se poursuivre afin d’explorer en commun les innombrables sentiers des sciences humaines et expérimentales. Ce vœu s’ accompagne de la prière que je fais monter vers le Seigneur pour vous, pour les personnes qui vous sont chères et pour tous les membres des Académies, ainsi que pour tout le personnel de l’Institut de France. Que Dieu vous bénisse !"
MJ
Rappel du programme de Benoît XVI samedi
- 9h : Visite à l’Institut de France afin d’y rencontrer ses confrères de l’Académie des sciences morales et politiques, ainsi que les membres des autres Académies composant l’Institut de France. 200 académiciens seront réunis sous la coupole pour accueillir le Pape.
- 10h00 : Messe sur l’esplanade des Invalides. Environ 200 000 personnes sont attendues pour participer à la prière du matin puis à la messe. Vers 9h30, le Pape arrivera en papamobile sur l’esplanade.
- Après la Messe, le Saint Père quittera l’esplanade des Invalides en voiture puis il déjeunera avec les évêques d’Ile-de-France avant de s’envoler vers Lourdes.
- 18h30 : arrivée et début des trois premières étapes du chemin du Jubilé : Visite à l’église paroissiale du Sacré-Cœur où Ste Bernadette a été baptisée, Visite au Cachot où la famille Soubirous vivait au temps des Apparitions.
- 19h15 : visite à la Grotte des Apparitions
- 20h30 : Procession mariale aux flambeaux sur l’esplanade de la basilique Notre-Dame du Rosaire
- 21h30 : conclusion de la procession mariale aux flambeaux
- 23h00 : veillée pour les jeunes présidée par le cardinal Philippe Barbarin à la salle Padre Pio de la Cité Saint-Pierre de Lourdes
MJ
En direct de la paroisse Saint François-Xavier
Nos collègues
Carole d’Hombelois et François Caussart sont avec l’association Notre-Dame de Chrétienté à la veillée organisée en la paroisse de Saint François-Xavier. Le curé, Mgr Chauvet, a accueilli les nombreux pèlerins et leur a demandé de prier pour les vocations. L’église est bondée et des jeunes continuent d’arriver !
Le Père Louis-Marie de Blignières a prêché sur la messe ! Coeur de l’église,
"véritable trou lumineux qui aspire le mal et broie l’absurde, la mort"
"La sainte messe est le soleil de l’église. Elle rayonne sur le monde. Elle irradie l’esprit".
Le supérieur de la Fraternité Saint-Pierre, l’abbé John Berg, prêche maintenant sur l’apostolat : la vocation missionnaire de tous les laïcs dans le monde. L’abbaye du Barroux, les chanoines réguliers de la Mère de Dieu, l’institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, les moines de la Sainte Croix de Riaumont sont présents. On note également la présence de prêtres diocésains, dont l’abbé Séguin.
A l’extérieur, une banderole a été déployée sur les grilles remerciant le Saint-Père pour l’encyclique Deus Caritas Est et le Motu Proprio Summorum Pontificum. On compte au moins 2000 personnes dans l’église pleine, il y a de nombreuses personnes à l’extérieur qui ne peuvent pas entrer et du monde continue d’arriver.
Benoît XVI aux jeunes : l’Esprit Saint et la Croix !
Le Pape a introduit la veillée devant Notre-Dame de Paris :
"Chers jeunes, Après le recueillement priant des Vêpres à Notre-Dame, c’est avec enthousiasme que vous me saluez ce soir, donnant ainsi un caractère festif et très sympathique à cette rencontre. Elle me rappelle celle inoubliable de juillet dernier à Sydney, à laquelle certains d’entre vous ont participé à l’occasion de la Journée Mondiale de la Jeunesse. Ce soir, je voudrais vous parler de deux points profondément liés l’un à l’autre, qui constituent un véritable trésor où vous pourrez mettre votre coeur (cf. Mt 6, 21). Le premier se rapporte au thème choisi pour Sydney. Il est aussi celui de votre veillée de prière qui va débuter dans quelques instants. Il s’agit d’un passage tiré des Actes des Apôtres, livre que certains appellent fort justement l’Évangile de l’Esprit Saint : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins » (Ac 1, 8). Sydney a fait redécouvrir à de nombreux jeunes l’importance de l’Esprit Saint dans la vie du chrétien. L’Esprit nous met intimement en rapport avec Dieu, chez qui se trouve la source de toute richesse humaine authentique. Tous, vous cherchez à aimer et à être aimés ! C’est vers Dieu que vous devez vous tourner pour apprendre à aimer et pour avoir la force d’aimer. L’Esprit, qui est Amour, peut ouvrir vos coeurs pour recevoir le don de l’amour authentique. Tous, vous cherchez la vérité et vous voulez en vivre ! Cette vérité, c’est le Christ. Il est le seul Chemin, l’unique Vérité et la vraie Vie. Suivre le Christ signifie véritablement « prendre le large », comme le disent à plusieurs reprises les Psaumes. La route de la Vérité est en même temps une et multiple, selon les divers charismes de chacun, tout comme la Vérité est une et à la fois d’une richesse inépuisable. Confiez-vous à l’Esprit Saint pour découvrir le Christ. L’Esprit est le guide nécessaire de la prière, l’âme de notre espérance et la source de la vraie joie. Pour approfondir ces vérités de foi, je vous encourage à méditer la grandeur du sacrement de la Confirmation que vous avez reçu et qui vous introduit dans une vie de foi adulte. Il est urgent de mieux comprendre ce sacrement pour vérifier la qualité et la profondeur de votre foi et pour l’affermir. L’Esprit Saint vous fait approcher du Mystère de Dieu et vous fait comprendre qui est Dieu. Il vous invite à voir dans votre prochain, le frère que Dieu vous a donné pour vivre avec lui en communion, humainement et spirituellement, pour vivre en Église, donc. En vous révélant qui est le Christ, mort et ressuscité pour nous, Il vous pousse à témoigner. Vous êtes à l’âge de la générosité. Il est urgent de parler du Christ autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d’études, de travail ou de loisirs. N’ayez pas peur ! Ayez « le courage de vivre l’évangile et l’audace de le proclamer » (Message aux jeunes du Monde, 20 juillet 2007). Pour cela, je vous encourage à avoir les mots qu’il faut pour annoncer Dieu autour de vous, appuyant votre témoignage sur la force de l’Esprit demandé dans la prière. Portez la Bonne Nouvelle aux jeunes de votre âge et aussi aux autres. Ils connaissent les turbulences des affections, le souci et l’incertitude face au travail et aux études. Ils affrontent des souffrances et ils font l’expérience de joies uniques. Témoignez de Dieu, car, en tant que jeunes, vous faites pleinement partie de la communauté catholique en vertu de votre baptême et en raison de la commune profession de foi (cf. Eph 4, 5). L’Église vous fait confiance, je tiens à vous le dire !
En cette année dédiée à saint Paul, je voudrais vous confier un second trésor, qui était au centre de la vie de cet Apôtre fascinant. Il s’agit du mystère de la Croix. Dimanche, à Lourdes, je célèbrerai la fête de la Croix Glorieuse en me joignant à d’innombrables pèlerins. Beaucoup d’entre vous portent autour de leur cou une chaîne avec une croix. Moi aussi, j’en porte une, comme tous les Évêques d’ailleurs. Ce n’est pas un ornement, ni un bijou. C’est le symbole précieux de notre foi, le signe visible et matériel du ralliement au Christ. Saint Paul parle clairement de la croix au début de sa première Lettre aux Corinthiens. A Corinthe, vivait une communauté agitée et turbulente qui était exposée aux dangers de la corruption de la vie ambiante. Ces dangers sont semblables à ceux que nous connaissons aujourd’hui. Je ne citerais que les suivants : les querelles et les luttes au sein de la communauté des croyants, la séduction offerte par de pseudo sagesses religieuses ou philosophiques, la superficialité de la foi et la morale dissolue. Saint Paul débute sa Lettre en écrivant : « Le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers le salut, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Cor 1,18). Puis l’Apôtre montre l’opposition singulière qui existe entre la sagesse et la folie, selon Dieu et selon les hommes. Il en parle lorsqu’il évoque la fondation de l’Église à Corinthe et au sujet de sa propre prédication. Il conclut en insistant sur la beauté de la sagesse de Dieu que le Christ et, à sa suite, ses Apôtres sont venus enseigner au monde et aux chrétiens. Cette sagesse, mystérieuse et demeurée cachée (Cf. 1 Cor 2, 7), nous a été révélée par l’Esprit car « l’homme qui n’a que ses forces d’homme ne peut pas saisir ce qui vient de l’Esprit de Dieu ; pour lui ce n’est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c’est par l’Esprit qu’on en juge » (1 Cor 2, 14). L’Esprit ouvre l’intelligence humaine à de nouveaux horizons qui la dépassent et lui fait comprendre que l’unique vraie sagesse réside dans la grandeur du Christ. Pour les chrétiens, la Croix symbolise la sagesse de Dieu et son amour infini révélé dans le don salvifique du Christ mort et ressuscité pour la vie du monde, pour la vie de chacun et de chacune d’entre vous en particulier. Puisse cette découverte bouleversante vous inviter à respecter et à vénérer la Croix ! Elle est non seulement le signe de votre vie en Dieu et de votre salut, mais elle est aussi – vous le comprenez – le témoin muet des douleurs des hommes et, en même temps, l’expression unique et précieuse de toutes leurs espérances. Chers jeunes, je sais que vénérer la Croix attire aussi parfois la raillerie et même la persécution. La Croix compromet en quelque sorte la sécurité humaine, mais elle affermit, aussi et surtout, la grâce de Dieu et confirme notre salut. Ce soir, je vous confie la Croix du Christ. L’Esprit Saint vous en fera comprendre les mystères d’amour et vous crierez alors avec Saint Paul : « Pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, comme moi pour le monde » (Gal 6, 14). Paul avait compris la parole de Jésus – apparemment paradoxale – selon laquelle c’est seulement en donnant («en perdant ») sa propre vie qu’on peut la trouver (cf. Mc 8,35 ; Jn 12,24) et il en avait conclu que la Croix exprime la loi fondamentale de l’amour et est la formulation parfaite de la vraie vie. Puisse l’approfondissement du mystère de la Croix faire découvrir à certains d’entre vous l’appel à servir le Christ de manière plus totale dans la vie sacerdotale ou religieuse !
Il est temps maintenant de commencer la veillée de prière pour laquelle vous vous êtes rassemblés ce soir. N’oubliez pas les deux trésors que le Pape vous a présentés ce soir : l’Esprit Saint et la Croix ! Je voudrais, pour conclure vous dire encore une fois que je vous fais confiance, chers jeunes, et je voudrais que vous éprouviez aujourd’hui et demain l’estime et l’affection de l’Église ! Que Dieu vous accompagne chaque jour et qu’Il vous bénisse ainsi que vos familles et vos amis. Bien volontiers, je vous donne la Bénédiction Apostolique ainsi qu’à tous les jeunes de France."
MJ



















