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La semaine que nous n’avons pas traitée

Nous avons délibérément délaissé l’actualité cette semaine pour nous consacrer à un bilan de 2006, avec la désignation du "laïc catholique de l’année" et nos rétrospectives.

Voici ce que nous retenons de l’actualité de la semaine :

Dimanche 31 décembre

  • Te  Deum de fin d’année : Benoît XVI met en garde contre les "rites mondains" marquant la nouvelle année : "Combien différent doit être l’attitude des chrétiens !"
  • Voeux de Jacques Chirac (texte complet) : annonce dans la précipitation d’un "droit au logement opposable". Réactions : Le Conservateur, Chrétien dans la Cité, Plunkett (lire aussi les commentaires).

Lundi 1er janvier

"On parle aujourd’hui beaucoup des droits de l’homme, en oubliant trop souvent qu’ils ont besoin d’une référence fixe et incontestable. Cette base ne peut être que la dignité de la personne, dont le respect commence par la reconnaissance et la défense du droit à vivre et à professer librement sa religion".

Le matin même, lors de la messe de la solennité de Marie, Mère de Dieu, le Pape avait formulé le voeu

"…qu’au nom de Dieu, on construise un monde où les droits essentiels des hommes soient respectés pour tous. Pour cela, il est nécessaire que le fondement de tels droits soit reconnu non seulement dans les simples pactes humains mais dans la nature même de l’homme et dans sa dignité inaliénable de personne créée par Dieu."

  • Entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’UE. Début de la présidence allemande de l’UE.
  • Mise en place d’un plan d’encouragement de la natalité en Allemagne.
  • Le Sud-coréen Ban Ki-moon a remplacé Kofi Annan au poste de secrétaire-général de l’ONU.
  • Nombre de missionnaires assassinés dans le monde pour 2006 : 24.
  • Bilan de la nuit du 31 au 1er : 396 voitures incendiées. Un gendarme a été tué par un chauffard, arrêté jeudi 4 et inculpé pour homicide volontaire aggravé.

Mercredi 3 janvier

  • A sa première audience générale de l’année, le Pape a mis en garde contre les formes du "drame du refus du Christ",

"…qui vont d’un net rejet jusqu’à l’indifférence, de l’athéisme scientifique à une présentation moderniste de Jésus ou plutôt post-moderniste, d’un Jésus réduit à une simple homme de son temps, privé de sa divinité, voire d’un Jésus tellement idéalisé qu’il ressemble à un personnage de conte".

Le Pape a appellé à désirer être les "amis sincères" du Christ.

  • Rebondissements judiciaires autour d’une "soupe au cochon" organisée par une association "identitaire" (épisode 1, épisode2).

Jeudi 4 janvier :

  • Conférence de presse sur la Marche nationale pour la vie du 21 janvier (nous reviendrons dessus dans un post ultérieur)
  • Visite du réfectoire de la Caritas de Rome par Benoît XVI : "Ici, on peut découvrir qu’aimer son prochain veut dire mieux connaître Dieu."
  • Le nouveau Congrès américain, désormais dominé par les démocrates, a fait sa rentrée.

Vendredi 5 janvier

  • Selon un sondage, 61% des Portugais seraient favorables à la dépénalisation de l’avortement. Si ce sondage est à prendre avec des pincettes, il indique que la pression du lobby pro-avortement s’accentue à l’approche du référendum du 11 février.
  • Libération a changé de statut et semble sortir de sa crise financière grâce à l’appui de personnalités.
  • Après quelques frasques, l’acteur Samy Nacéri a été placé en détention provisoire.
  • Le nouvel archevêque de Varsovie a reconnu avoir collaboré avec la police secrète communiste.

Rétrospective 2006 (5) : l’Union européenne entre idéologie et scepticisme

Ue Après l’échec du Traité Constitutionnel européen en 2005, l’année 2006 a vu le scepticisme croître au sein de l’Union Européenne. Si les partisans du TCE usent de procédés peu démocratiques pour imposer le traité contre la souveraineté des peuples, ces manoeuvres se font de plus en plus clairement. Parallèlement, le combat pour la reconnaissance des racines chrétiennes de l’Europe semble loin d’être perdu puisque 2006 a vu bon nombre de politiques se rallier à la position à la tête de laquelle nous retrouvons le Pape, premier défenseur de l’identité de l’Europe. En outre, la politique antinationale des instances européennes fait de plus en plus l’objet de critiques. Enfin, les négociations d’adhésion de la Turquie ont vu l’UE céder devant l’extrême fermeté du gouvernement turc.

1. Institutions : le spectre de la Constitution européenne

Malgré le rejet du Traité Constitutionnel par la France et les Pays-Bas, traité qui ne peut être adopté qu’à l’unanimité des Etats de l’UE, les européfédéralistesau premier rang desquels Valéry Giscard d’Estaing et José Manuel Barroso– sont revenus à la charge en 2006 pour imposer le monstre institutionnel. Néanmoins, quelques pays (dont la Pologne, la République Tchèque et les Pays-Bas) ont pris acte de l’échec du TCE.

  • Selon des sondages, si de nouveaux référendums avaient eu lieu en 2006 en France et aux Pays-Bas, le pourcentage de "non" aurait été plus important qu’en 2005. Néanmoins les idéologues du Traité constitutionnel espèrent que le temps joue pour eux. C’est pourquoi la période de réflexion d’un an a été prolongée.
  • En décembre, l’Espagne et le Luxembourg, les 2 seuls pays qui ont approuvé la Constitution européenne par référendum, ont invité les 16 autres Etats membres de l’Union l’ayant ratifiée à se réunir, fin janvier, pour relancer le processus constitutionnel. Une seconde réunion aura lieu fin février à Luxembourg, élargie aux sept pays qui n’ont pas encore ratifié le texte, et aux deux qui l’ont rejeté par référendum.
  • Fin septembre, l’Italie a constitué un comité composé de personnalités provenant de l’ensemble de l’UE afin de relancer le projet, lequel serait adaptable sans passer par un référendum.
  • En Allemagne, Angela Merkel a insisté sur la nécessité, en préservant «la substance du traité constitutionnel», de parvenir à un nouveau texte avant les élections européennes de 2009. A noter que l’Allemagne prend la présidence tournante de l’UE au cours du premier semestre 2007.
  • En France, Nicolas Sarkozy a proposé un mini-traité dont le caractère principal serait d’abandonner la règle de l’unanimité (et donc la souveraineté nationale) pour adopter toute décision prise par l’UE. Quant à Jacques Chirac, il n’a retiré ni sa signature au bas du TCE ni l’article 88-1 de la Constitution de la Ve République qui mentionne le TCE et a plaidé pour une relance du TCE.
  • Le chancelier autrichien n’a souhaité ni une correction ni un abandon du TCE.
  • Le Portugal exercera la présidence de l’UE lors du second semestre 2007. Or José Socrates, le président portugais, a annoncé en 2006 que son pays poursuivra la relance du TCE.
  • En revanche, le président Tchèque, qui considère l’Europe politique comme une erreur intellectuelle, s’est opposé aux "eurofanatiques".
  • Le président polonais s’est prononcé contre toute reprise du TCE et a demandé l’élaboration d’une nouvelle Constitution pour l’Union européenne, laquelle serait au service des Etats de l’UE et non l’inverse.
  • Le chef de la diplomatie néerlandaise a affirmé que la Constitution était bien morte et qu’il n’est pas question d’évoquer un nouveau référendum aux Pays-Bas.

Lors du sommet européen de juin 2006, les 25 sont tombés d’accord sur le fait qu’on ne pouvait rien entreprendre sur le plan institutionnel avant la présidentielle française et les législatives néerlandaises. Les dirigeants européens ont estimé que les démarches nécessaires pour poursuivre le processus de réforme institutionnelle de l’Union seront faites au second semestre 2008 au plus tard, à savoir pendant la présidence française de l’Union. La présidentielle française pourrait donc avoir une importance capitale sur l’avenir institutionnel de l’Union européenne.

2. La reconnaissance des racines chrétiennes de l’Europe

Saint_benoit Sur ce point fondamental de l’identité chrétienne de l’Europe -identité rappelée de nombreuses fois par le Pape-, les européistes sont clairement divisés. Et on constate qu’en 2006, un certain nombre de voix, même parmi ceux désirant relancer le processus de ratification du TCE, se sont montrées favorables aux racines chrétiennes de l’Europe.

  • En Allemagne, Angela Merkel s’est prononcée pour une référence explicite aux racines chrétiennes de l’Europe. On verra si cette position sera confirmée au cours de la présidence de l’UE début 2007.
  • Le président polonais a dit au pape que la Pologne chercherait à "promouvoir par tous les moyens les racines chrétiennes de l’Union européenne", et à combattre certaines tendances contraires, comme par exemple "l’idée de sanctionner ceux qui n’acceptent pas la culture homosexuelle".
  • Marqué par l’insistance du Pape, Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne, a déclaré que ce thème revient aujourd’hui à lancer un triple défi : "celui de notre identité européenne, celui d’un univers religieux qui s’affirme, celui d’un christianisme qui n’est pas seulement mémoire du passé mais, en posant le thème de la liberté comme voie du dialogue, ­une partie de notre avenir".
  • La présidence finlandaise a ouvert en juillet 2006 son semestre de présidence de l’UE en mettant à l’honneur le latin.

3. La politique de l’UE : de l’uniformisation au scepticisme

Malgré l’échec du TCE et la bataille pour la reconnaissance de l’identité de l’Europe, on s’aperçoit que la politique générale de l’UE suit son cours vers toujours plus d’uniformisation (de l’anglais à la vodka en passant par les couches-culottes…), d’homogénéisation, à l’encontre des souverainetés nationales (bien souvent en multipliant des procédures d’infraction contre les Etats, voire contre des eurodéputés). Toutefois, on remarque que l’hostilité à l’égard de cette uniformisation se fait de plus en plus grande au sein de l’UE, les Etats se rendant progressivement compte du degré d’intégration déjà atteint.

  • Le Parlement européen a adopté son budget de financement de la recherche et du développement pour les 7 ans à venir. Aux termes d’un compromis, l’UE s’abstiendra de financer tout clonage et toute recherche sur des cellules souches embryonnaires obtenues à partir d’une nouvelle destruction d’embryon, mais pourra allouer des fonds à la recherche sur des lignées de cellules souches déjà obtenues en fonction notamment de la législation de l’État membre impliqué.
  • En septembre, une résolution du Parlement européen a insisté sur la non-discrimination à l’égard des homosexuels et des immigrés, favorisant ainsi les revendications de ces deux catégories de populations.
  • Par un arrêt rendu en mai, la Cour de Justice avance vers un régime européen d’assurance-maladie. Le même mois, la même Cour a empêché l’Irlande d’avoir recours à l’ONU pour un litige international.
  • Fin juin, la France a adopté la Charte européenne de l’autonomie locale qui supprime les barrières politiques dans l’UE – et par conséquent supprime les Etats-nations – et promeut "une forme d’approche écologique de la société humaine".
  • Néanmoins, l’euro fait de moins en moins l’unanimité. Le constat de l’échec de la monnaie unique devient flagrant, quand cette dernière n’est pas ouvertement remise en cause.
  • Les groupes eurosceptiques et souverainistes croissent au sein du Parlement européen, de 2 ils pourraient passer à 3 en 2007. 2006 a vu le groupe Union pour l’Europe des Nations (UEN, comprenant notamment le PiS polonais et l’Alliance nationale italienne) passer du 6e groupe du parlement au 4e. Sans oublier que les conservateurs britanniques se sont engagés à quitter le PPE en 2009.
  • En juin 2006, la Lettonie a refusé de ratifier les lois européennes donnant des droits spéciaux aux homosexuels.
  • La Pologne souhaite que la politique de l’UE ne soit pas contraire à ses intérêts nationaux et agit en ce sens.

Parlementeuropeenstrasbourg22_1 La machine européenne semble avancer comme par automatisme, au mépris des cultures et des souverainetés nationales, engendrant par là un sentiment de rejet de plus en plus fort, propice au rétablissement des Etats-nations et à la reconnaissance de l’identité chrétienne de l’Europe. Si cette bataille est loin d’être gagnée, on remarque toutefois que ce sont les hommes qui font l’histoire et que leur détermination est capable de faire échouer les entreprises idéologiques.

4. Les négociations d’adhésion avec la Turquie

Turkue_1 Les partisans de l’adhésion de la Turquie à l’UE ont poursuivi en 2006 les négociations avec ce pays, refusant d’accorder un quelconque crédit à l’hostilité des peuples de l’UE, majoritairement opposés à cette intégration, en contournant l’opposition constante de Chypre dont la partie nord est toujours occupée et en négligeant la politique autoritaire et l’antichristianisme avéré de l’Etat turc (lire ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici) :

  • Fin juin 2006, le premier chapître des négociations était déjà clos avec une capitulation des instances européennes devant la volonté turque.
  • Istanbul a été désignée capitale européenne de la culture pour 2010 par Bruxelles, qui verse pour l’occasion des subventions à cette ville.
  • Tout au long de l’année, les vagues menaces de suspension des négociations de la part des autorités européennes, sont restées lettres mortes, la Turquie restant extrêmement ferme dans son opposition à l’ouverture de ses ports et aéroports à Chypre (refusant même une délégation de l’UE et annulant une réunion au motif que l’un des membres était chypriote !).
  • En France, si Ségolène Royal a déclaré qu’avant toute intégration de la Turquie à l’UE elle consulterait le peuple français, comme le lui oblige la Constitution, elle a ajouté aussitôt, laissant présager une vaste campagne de matraquage : "Je crois que le référendum ne sera pas facile. Il n’y a aucune raison de le stopper, mais il va falloir beaucoup de travail, d’évolution, pour que le peuple français se prononce positivement." De son côté, Sarkozy a estimé que ce pays n’a pas sa place dans l’UE.
  • En décembre, l’UE s’est prononcée pour un gel partiel des négociations, malgré l’insatisfaction de Chypre. De fait, le gel de 8 des 35 chapîtres a permis d’ouvrir la négociation sur les 26 autres chapîtres, négociation qui était auparavant gelée.
  • Néanmoins, 2006 a vu le peuple turc devenir moins enthousiaste à cette future intégration.
  • Lors de son voyage en Turquie, Benoît XVI a longuement appelé l’Etat turc a garantir la liberté religieuse des minorités chrétiennes.

Michel Janva

Rétrospective 2006 (4) : une année contrastée pour le respect de la vie

Fetus_1 L’année passée a été marquée, sur le front du respect de la vie, par un bilan contrasté : malgré des victoires pro-vie, les partisans de la culture de mort ont continué à avancer leurs pions.

1. Etats-Unis : les pro-vie perdent le Congrès

Les premiers mois de 2006 étaient prometteurs, avec plusieurs bonnes nouvelles :

  • En janvier, le juge Samuel Alito était confirmé à la Cour Suprême, faisant passer de 3 à 4 (sur 9) le nombre de juges réputés favorables à une remise en cause, au moins partielle, de l’arrêt Roe vs Wade.
  • En février et mars les parlementaires du Dakota du Sud votaient l’abolition de l’avortement (suivis par ceux de Louisiane en juin), afin de forcer la Cour suprême à se prononcer à nouveau sur Roe vs Wade.
  • En juillet, le président Bush a utilisé son veto, contre une loi finançant des recherches impliquant la destruction d’embryons.

Img_779220capitol20building20w20senate20_1Le climat était donc prometteur : l’opinion publique se révélait de plus en plus favorable au respect de la vie, et l’on commençait à évoquer un après-Roe. L’interdiction par Bush du financement fédéral a poussé des laboratoires à chercher (ou feindre) des méthodes de recherche ne détruisant pas les embryons.

Les choses se sont dégradées plus tard dans l’année :

  • De manière prévisible, les pro-avortement du Dakota du Sud on obtenu l’organisation d’un référendum sur l’abolition, qui avait été votée par les chambres de l’Etat. Tenu en novembre, le référendum a donné 55% des voix au "non".

Cet échec des pro-vie dans un Etat rural, à forte pratique religieuse, était le signe que la partie n’était pas gagnée, y compris dans l’opinion publique – mais un débat a été ouvert, et l’épisode est riche en enseignements.

  • En novembre, le parti majoritairement pro-vie, les Républicains, a perdu le contrôle des deux chambres fédérales au profit du parti majoritairement pro-avortement, les Démocrates.

Les perspectives se sont assombries : les Démocrates à la Chambre des Représentants ont d’ores et déjà promis de faire du financement fédéral de la destruction d’embryons pour la recherche une de leurs priorités pour 2007.

2. Europe : une intolérance croissante envers les partisans du respect de la vie

Après avoir "toléré", "dépénalisé", "légalisé" l’avortement, l’opinion européenne dominante en fait maintenant un "droit fondamental".  Les partisans du respect de la vie subissent donc une marginalisation : leur droit à l’objection de conscience est de plus en plus nié, et leur liberté d’expression elle-même est souvent combattue.

  • Mépris par l’UE des législations pro-vie

Pict_20060209pht05120 Plusieurs pays européens n’autorisent pas la destruction d’embryons à des fins de recherche. Signe de la domination de la culture de mort dans les institutions de l’UE, cela n’a pas empêché la poursuite de son financement de recherches détruisant les embryonsmalgré l’avis défavorable de la commission juridique du Parlement… et des évêques de la COMECE.

  • Négation du droit à l’objection de conscience

L’épisode le plus éloquent a sans doute été le veto mis par l’UE à un concordat entre la Slovaquie et le Vatican : ce dernier incluait une clause d’objection de conscience pour les médecins pro-vie, ce que les eurocrates ont jugé exorbitant. L’épisode a empêché le concordat et fait tomber le gouvernement slovaque.

  • Attaques contre la liberté d’expression

En juin, le cardinal Trujillo s’inquiétait de la tendance à considérer le discours pro-vie comme "une sorte de crime contre l’Etat, une forme de désobéissance au gouvernement, une discrimination envers les femmes".

Et en effet, la "gauche" politique tient déjà un discours visant à nier la liberté d’exprimer une opinion pro-vie : les socialistes au parlement de l’UE se sont "indignés" quand des ONG pro-vie ont été invités à une conférence sur l’aide à l’Afrique; et c’est impunément que des voyous d’extrême-gauche agressent physiquement en France les sympathisants de SOS Tout-Petits, avec l’appui des médias.

De la part des autorités, le discours pro-vie semble déjà tout juste toléré, voire poursuivi dans ses formes les plus abruptes. Ainsi, un précédent inquiétant en 2006 en France a été la condamnation par le tribunal de Périgueux d’un médecin à la retraite qui avait envoyé à des hôpitaux des lettres dénonçant violemment l’avortement – condamnation, tenez-vous bien, pour "entrave à IVG". Au Royaume-Uni, un militant pro-vie de 75 ans  a été condamné à 42 jours de prison dans un épisode similaire.

3. Première grande victoire des pro-avortement dans leur stratégie de corruption du droit international

Unflag La stratégie était décrite dans un article de l’Ave Maria Law Review au printemps : multiplier, dans les déclarations internationales et notamment dans le cadre de l’ONU, des références obliques à un droit à l’avortement (par des expressions ambiguës telles que la "santé reproductive" ou les "grossesses forcées").

Le principal objectif est que des juges complaisants, dans les cours suprêmes nationales ou des cours internationales, estiment qu’un "droit coutumier" international reconnaît l’avortement légal : par ce ressort, ils pourront imposer la légalisation à des pays réticents en contournant le processus démocratique. La cible immédiate est l’Amérique du Sud, mais les pro-avortement pensent aussi aux Etats-Unis.

Colombia_map 2006 a vu la première grande victoire de cette stratégie : la Cour suprême de Colombie a imposé au pays une large légalisation de l’avortement. Dans un arrêt qui a fait l’objet d’un puissant lobbying de la part d’ONG pro-avortement (souvent subventionnées par l’UE), il s’est s’appuyé sur les "obligations internationales" du pays. Le président de la Conférence épiscopale a constaté l’excommunication des juges impliqués.

La nébuleuse des comités et experts de l’ONU s’est activée à harceler des pays au moins partiellement pro-vie tels que le Pérou, le Mexique ou les Philippines : le Comité des Droits de l’Homme est en première ligne, celui contre les discriminations envers les femmes n’est pas loin derrière.

Ils pourraient être bientôt rejoints par Amnesty International, qui envisage d’inclure l’avortement parmi les droits qu’elle défend.

4. En France

  • Avortement

Les chiffres officiels les plus récents publiés en 2006 (portant sur 2004) ont fait état de 210.700 avortements annuels (en augmentation). Pour combattre ce fléau, l’UMP Valérie Pécresse n’a rien trouvé de mieux que de… mettre en cause l’accouchement "sous x".

  • "Bioéthique": contre l’embryon et pour le clonage

2006 a vu la publication de décrets d’application de la loi de 2004 sur la bioéthique : en février celui autorisant les recherches destructrices d’embryons, pire que la loi elle-même; le décret autorisant la sélection de "bébés-médicaments" est publié en catimini le 23 décembre.

Cloningcell Cette loi de 2004 doit être revue en 2009 – mais déjà, des parlementaires se sont activés pour tomber plus bas encore : a l’été, le rapport du député (UMP) Fagniez, remis au Premier ministre, recommandait la légalisation du clonage "thérapeutique"; en décembre, le rapport du député (PS) Claeys, adopté à l’unanimité de l’Office parlementaire sur les choix scientiques, abondait dans ce sens et demandait de ne pas attendre 2009. Tous deux proposaient, pour tromper l’opinion de parler non plus de "clonage", mais de "transfert nucléaire."

  • Téléthon : le débat que personne n’avait prévu

Telethon Le Téléthon posait depuis des années de graves problèmes éthiques – mais ce n’est qu’en 2006 que le débat a réellement émergé, de manière si inattendue qu’on nous pardonnera d’y voir, comme Pierre-Olivier Arduin, la main de la Providence. Au résultat : un réveil des catholiques, évêques en tête, sur la dignité de la vie humaine dès la conception.

5. Perspectives du mouvement pro-vie

Le mouvement pro-vie français a franchi en 2006 un pas important. En janvier, le succès de la 2e Marche Nationale pour la Vie établissait pour la première fois un grand rendez-vous unitaire annuel, à l’image de la March for Life qui, aux Etats-Unis, a tant fait pour dynamiser le mouvement pro-life. De grandes manifestations pro-vie avaient déjà eu lieu ces dernières décennies en France, mais toujours lors d’anniversaires "décennaux" de la loi Veil (1995, 2005) ou lors d’élections présidentielles (1988, 1995), mais ce succès en "année creuse" était inédit et a marqué la volonté de s’inscrire dans une stratégie unitaire et durable.

Banderoles Le succès de la manifestation du 21 janvier 2007 est maintenant crucial pour que les partisans du respect de la vie retrouvent une voix dans le débat public, notamment lors des campagnes électorales de 2007. Une vraie démonstration de force  est nécessaire pour que les médias répercutent nos préoccupations dans les mois à venir, pour avoir l’oreille des hommes politiques… et que nos évêques sachent qu’ils ne sont pas seuls !

Enfin, deux semaines après la Marche aura lieu au Portugal un référendum sur la légalisation de l’avortement. Le 21 sera l’occasion ou jamais de soutenir nos frères portugais…

Henri Védas

Rétrospective 2006 (2) : distinguer laïcité et laïcisme

La célèbre distinction -et non séparation- entre le temporel et le spirituel, enseignée par Notre-Seigneur Lui-Même ("Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu"), fait l’objet d’une grave déformation par l’Etat, la juste notion de laïcité devenant une idéologie, le laïcisme, véritable religion étatique. Les événements de l’année 2006 confirment et accélèrent cette dérive : tout ce qui touche à la religion, et par extension à la loi naturelle, tend à être chassé de la Cité.

1. Le laïcisme, nouveau nom de l’anticléricalisme militant

  • Dans son rapport 2005, rendu en avril 2006, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s’en est pris aux écoles catholiques dites "traditionalistes".
  • La CNAF (allocations familiales) pratique une discrimination en recommandant de ne plus rembourser les bons de vacances qu’aux associations "neutres" sur le plan religieux.
  • Au nom de la déesse "laïcité", via la justice, les politiques ou les médias, les symboles religieux (même les oeuvres d’art !) n’ont plus droit de "Cité".
  • Quant aux manifestations cathophobes voire sataniques (incendies d’églises, d’écoles catholiques, profanations de cimetières, etc.), elles laissent les autorités politiques -pourtant prolixes dès qu’il s’agit d’autres religionsdans un silence qui en dit long.

Anticlrical On note que cet anticléricalisme ne s’exerce le plus souvent qu’à l’égard des chrétiens. Etrangement, l’islam fait l’objet de toutes les attentions par l’Etat, dont le financement public (lire aussi ici, ici), quand il n’est pas utilisé pour lutter contre les traditions chrétiennes, qui pourraient offenser les musulmans.

2. Structures promouvant le laïcisme

  • Création par le Conseil de l’Europe de l’institut européen des religions, basé à Strasbourg, et ayant pour mission de faire des propositions sur l’enseignement des religions dans les écoles. Il s’agit de mettre en oeuvre une instruction sur le "fait religieux" qui soit prodiguée par les professeurs du pouvoir. Quand on se souvient que, de leur côté, les institutions européennes ont condamné plus souvent le Vatican que Cuba, il y a de quoi s’inquiéter.
  • Création par Jacques Chirac de l’observatoire national de la laïcité, qui, fondé sur le principe selon lequel la loi religieuse ou naturelle (donc morale) ne doit pas primer sur la loi civile, fait de la laïcité une "antimoralité", conception de la laïcité récemment dénoncée par Benoît XVI.
  • Le Grand-Orient de France (duquel personne, sinon un ancien membre, ne réclame sa séparation d’avec l’Etat) a créé une "commission de défense de la loi de 1905".
  • Nous pourrions mentionner aussi bon nombre de structure étatiques, comme des tribunaux (ici, ici, ici), des mairies (ici, ici, ici, parfois sous la pression), ou supra-nationales (la CEDH : voir aussi ici) cautionnant bien souvent les atteintes à la religion. Sans oublier les établissements en charge des musées, qui agissent sous la tutelle du Ministère de la Culture, et qui confondent églises et musées (affaire de la chapelle royale de Versailles).

3. Face à la menace laïciste, la réponse de l’Eglise

  • Par la redéfinition des termes

Début décembre, le Pape Benoît XVI a rappelé :

"l’Etat ne peut considérer la religion comme un simple sentiment individuel qui peut être confiné à la seule sphère privée (…) [la religion] devrait être reconnue comme une présence communautaire publique (…) Une vision a-religieuse de la vie, de la pensée et de la morale a donné lieu à une conception erronée de la laïcité, un terme qui semble être devenu l’emblême essentiel (…) de la démocratie moderne (…) L’hostilité à toute forme de reconnaissance de l’importance politique et culturelle de la religion et à la présence en particulier de tous symboles religieux dans les institutions publiques (…) n’est pas un signe de saine laïcité, mais de sa dégénérescence en laïcisme".

  • Par la nécessité d’exiger de l’Etat, à temps et à contretemps, qu’il écoute ce qu’a à lui dire la religion

Dans Le Figaro, le Cardinal Scola a affirmé :

"la nécessité d’une sphère publique plurielle et religieusement qualifiée, dans laquelle les religions rempliraient un rôle public, bien différencié des institutions de l’État et distinct de la société civile elle-même. […] Le pouvoir politique, face aux religions,  [doit passer] d’un comportement de tolérance passive à une attitude d’«ouverture active»".

  • Par l’engagement concret des chrétiens en politique

Dans Valeurs Actuelles, Mgr Vingt-Trois a demandé aux chrétiens de ne pas déserter le terrain politique, face à ceux qui veulent "dissuader l’Église de s’exprimer sur des questions intéressant la société tout entière".

Michel Janva

Rétrospective 2006 (1) : internet et révolution médiatique

La multiplication grâce à l’internet de l’accès à l’information écrite, audio et vidéo tend à faire de l’information non plus un marché de l’offre mais de la demande. Cela entraîne deux réalignements :

Une perte d’audience pour les médias traditionnels, au profit de l’internet

Pour la presse écrite, le phénomène n’est pas nouveau, mais s’est amplifié – l’internet dépassant en 2006 les médias "papier". Le phénomène n’épargne pas les médias audio-visuels.

Un alignement de l’offre médiatique sur le pays réel

Aujourd’hui, les Français consomment en majorité des médias beaucoup plus "à gauche" qu’eux. Progressivement et sans doute lentement, la multiplication et la fragmentation de l’offre d’information réduira ce décalage, les consommateurs migrant vers des médias plus proches de leurs opinions.

Les catholiques et les conservateurs, qui forment dans le pays réel une famille d’idées importante niée par les médias, sont ceux qui ont le plus à gagner à un tel réalignement.

En 2006, les prémices de ce phénomène se sont précisés.

1. Le développement de la blogosphère catholique/conservatrice

2006 a marqué la réelle émergence d’une "blogosphère" catholique/conservatrice – c’est-à-dire non plus des blogs oeuvrant de manière isolée, mais d’un véritable réseau informel.

Cette émergence a été quantitative : certains blogs on développé leur audience de manière importante. Le Salon Beige (lancé en novembre 2004) a triplé sa fréquentation en 2006; Vox Galliae (lancé en décembre 2005) a multiplié la sienne par huit. De nombreux autres blogs prometteurs sont apparus, tels que e-Deo ou Chrétien dans la Cité.

Mais un autre pas, qualitatif cette fois, a été franchi avec l’arrivée dans la blogosphère de journalistes établis : après Patrice de Plunkett qui a ouvert son blog en décembre 2005, Yves Daoudal, Philippe Maxence et Jeanne Smits ont ouvert les leurs en 2006.

Le lecteur aura sans doute déjà apprécié les effets de ces développements : le travail collectif informel de cette blogosphère permet déjà un traitement de l’actualité immédiate gagnant en rapidité, en discernement et en précision. Ainsi, comme le remarquait Patrice de Plunkett, c’est l’internet catho qui a fourni la meilleure couverture du voyage du Pape en Turquie.

2. Au-delà des blogs: l’interactivité, l’audio et la vidéo

Ce développement n’a pas été limité à la formule du blog à proprement parler – ni à la forme écrite.

Le Forum catholique, qui a vu sa fréquentation et son impact augmenter nettement, a par ailleurs franchi une étape qualitative avec la création de "rendez-vous" hebdomadaires permettant d’interroger des personnalités catholiques.

D’autres pionniers se sont lancés, de manière parfois expérimentale, dans la concurrence directe des médias audio-visuels établis par la diffusion de programmes quotidiens sur internet : citons Bafweb, qui a un temps tenté l’expérience d’une web-radio, avec en particulier une couverture originale des événements autour du CPE; ou, plus loin de nous, le lancement au Royaume-Uni, par des blogueurs conservateurs, d’une Web-TV dont il sera intéressant de suivre l’évolution.

Il semble toutefois que ces formules peinent encore à trouver un public important : le mode d’utilisation actuel de l’internet ne se prête peut-être pas à des programmes réguliers et longs. Pour les voir s’imposer, il faudra sans doute attendre le développement de la convergence entre l’ordinateur et le poste de télévision pour permettre un meilleur confort d’écoute et de visionnage.

Mais 2006 a bien vu l’explosion de la vidéo en ligne : non pas dans le cadre de "chaînes" sur internet, mais sur des plateformes de partage de vidéos amateurs telles que YouTube ou DailyMotion. De telles vidéos, réalisées ad hoc et relayées par la blogosphère conservatrice, ont permis de diffuser auprès de milliers d’internautes des entretiens avec des personnalités (Vox Galliae, Cançao nova, Les 4 Vérités, Chrétienté Info), des reportages sur des événements passés sous silence par les médias (Marche nationale pour la Vie 2006) ou des clips humoristiques (exemple : la BAF sur la Guevara-mania).

3. Impact et perspectives

Ces évolutions ont eu un impact de plus en plus visible en 2006 : dans le domaine de l’action, des mobilisations-éclair comme celle autour de la Chapelle Royale de Versailles n’auraient pas été possibles sans l’internet. Lors les débats autour du Téléthon, la presse a également remarqué le rôle joué par des sites tels que Liberté Politique et le Salon Beige.

En 2007, l’impact de ces contre-médias devraît se renforcer. Plusieurs "poids lourds" principalement hors-internet (Présent, Radio courtoisie, KTO) promettent d’accroître leur présence sur la Toile, ce qui devrait accélérer les synergies qui se développent déjà.

Ce mouvement pourrait être à la fois accéléré et perturbé par les échéances électorales du premier semestre 2007.

  • Accéléré, parce que la demande d’information, et d’information alternative, de la part des internautes devrait croître à cette occasion.
  • Perturbé, parce que les périodes électorales sont les plus préjudiciables au sens du "combat commun" qui devrait animer les catholiques. Toute initiative sur internet risque d’être lue pendant cette période principalement sous le prisme d’arrières-pensées partisanes. Comme le remarquait Polémia, le référendum constitutionnel, davantage marqué par un débat d’idées, était plus favorable à la blogosphère.

Une question demeure : comment le système politico-médiatique répliquera-t-il à cette remise en cause ? Des voix s’élevent pour demander un plus grand "contrôle" de l’internet. L’UE et le Ministre de la Culture semblent prêts à dégaîner…

Henri Védas

* Faute de meilleur terme, je désigne sous l’appellation "conservateurs" ceux qui, sans nécessairement se dire catholiques, rejoignent les catholiques dans l’essentiel des combats temporels, notamment pour la vie et la famille.

Pierre-Olivier Arduin nous (vous) écrit

A la suite de sa désignation comme "laïc catholique de l’année" par les lecteurs du Salon Beige :

Chers amis,

on vient de me prévenir du résultat de votre initiative et je ne puis qu’en être confus. D’abord à cause de l’intervention toute-puissante de la Providence de Notre Seigneur. Pour qui connaît un peu les détails de cette controverse, il est évident que les hommes n’ont été ici que des instruments. Ensuite en raison de l’existence du Magistère de l’Eglise qui a toujours été un roc sur lequel s’appuyer. Il faut bien dire que les enseignements des papes Jean-Paul II et Benoît XVI sur le sujet du respect de la vie humaine et toutes les questions afférentes sont d’une clarté étonnante, jusque dans leurs implications prudentielles pour nous laïcs.Il faut continuer à l’assimiler!

Je souhaite enfin partager ce "titre" avec tous ceux qui travaillent en faveur de l’annonce de l’Evangile de la Vie. Comment les citer tous? Bien sûr mon Evêque sans lequel le débat aurait pu faire long feu ainsi que des personnalités comme le Père Lelièvre, Jean-Marie Le Méné de la Fondation Jérôme Lejeune, Philippe de Saint-Germain de la Fondation de service Politique, Tugdual Derville de l’Alliance pour les Droits de la Vie, Cécile Edel de Choisir la Vie et bien sûr le docteur Xavier Dor à qui je souhaite rendre hommage. Je n’oublie pas l’équipe du Salon Beige qui a procédé à un suivi extrêmement rigoureux et professionnel de cette polémique et de tous les sujets ayant trait à la culture de vie.

Continuons avec courage à travailler ensemble pour que le respect intangible de la vie humaine de sa conception à son terme naturel retrouve droit de cité en France.En vous remerciant encore très cordialement,

Pierre-Olivier Arduin

Le “Laïc catholique de l’année 2006” du Salon Beige : Pierre-Olivier Arduin

Question_3 Nous avons clos notre sondage en ligne ce matin à 10 heures. Nos lecteurs devaient départager quatre finalistes, et les 861 votants ont choisi Pierre-Olivier Arduin à 38,8%, le Dr Xavier Dor à 38,6%, Jean-Pierre Denis à 12,9% et Philip Gröning à 9,8%.

Bravo, donc, à M. Arduin "laïc catholique de l’année" du Salon Beige, heureux titulaire des nombreux droits et privilèges afférant à ce titre.

A titre de rappel, voici le motif pour lequel il était proposé :

"Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Toulon. Son texte sur le Téléthon a suscité un "réveil éthique" des catholiques, évêques en tête."

Le Salon Beige

Archives : Appel aux candidatures; candidatures non retenues.

PS : Capture d’écran à… 10h01 ! (cliquer pour agrandir)

Sondage

Mais où est passée l’actu ?

Le lecteur aura remarqué que le Salon n’a pas repris son rythme normal : il va profiter d’une actualité relativement peu dense pour jeter cette semaine un regard sur 2006.

  • D’abord bien sûr avec la désignation du "laïc catholique de l’année" – vous pouvez encore voter, si vous ne l’avez déjà fait, jusqu’à mercredi 10 heures.
  • Ensuite avec une série de rétrospectives thématiques.

Le traitement habituel de l’actualité reprendra le week-end prochain.

Le Salon Beige

Qui est votre “laïc catholique de l’année” 2006 ?

Voici, dans l’ordre alphabétique, les "finalistes" que nous avons retenus :

  • Pierre-Olivier Arduin, responsable de la commission bioéthique du diocèse de Toulon. Son texte sur le Téléthon a suscité un "réveil éthique" des catholiques, évêques en tête.
  • Jean-Pierre Denis, rédacteur en chef de La Vie. En acceptant l’invitation des "traditionalistes" de l’Institut du Bon Pasteur, puis en prenant le partie de la vie lors du Téléthon, ce "progressiste" a contribué à dépasser les divisions, héritées du siècle dernier, au sein de l’Eglise.
  • Dr Xavier Dor : 2006 a marqué les 20 ans de son témoignage inlassable en faveur de l’enfant à naître à la tête de SOS Tout-Petits. En 1998, Jean-Paul II lui disait : "continuez votre bonne bataille."
  • Philip Gröning, réalisateur du Grand Silence, documentaire sur la vie monastique (prix du jury au festival de Sundance 2006). Certes, Gröning n’affiche pas un engagement catholique délibéré, mais donne le sens de son film : "Fonder la réussite sur le travail, l’argent, la situation, ne correspond plus à la société actuelle. La vie des moines nous rappelle d’autres valeurs."

Addendum : le sondage est clos depuis mercredi 10 heures. Ne votez plus !

[Addendum 10h30: le sondage a été retiré, car il continuait à enregistrer les résultats après l’heure de clôture]

“Laïc catholique de l’année” : les propositions que nous n’avons pas retenues

Question_1 A la suite de notre appel de samedi, nous avons reçu de nombreuses propositions, parmi lesquels nous avons retenu quatre "finalistes" que nous annoncerons en début d’après-midi, en vous demandant de désigner "le laïc catholique de l’année 2006".

Les propositions non retenues entraient dans quatre catégories principales :

  • Des laïcs éminents qui, toutefois, auraient aussi bien pu être retenus pour 2005 ou 2004 que 2006 – et dont on ne peut donc pas dire qu’ils ont spécifiquement marqué l’année passée. Certains lecteurs ont eu la bonne idée de sortir des sentier battus en évoquant les footballeurs cathos Bracigliano ou Juninho – mais pourquoi 2006 ? René Girard, reçu à l’Académie française en 2005, aurait été un concurrent très sérieux… il y a un an. On nous a même proposé Mel Gibson – pour lequel 2006 n’a pas été une très bonne année ! ;
  • Des laïcs décédés en 2006: Jean Ferré, Georges-Paul Wagner, Edouard Michelin… mais les retenir reviendrait davantage à leur "rendre hommage" qu’à mettre en valeur une action au cours de l’année écoulée;
  • Des laïcs engagés dans la politique partisane, champ d’action que nous avions exlu : sans cette règle, Christian Vanneste, pour sa fermeté face à la persécution, ou Daniel Ortega, l’ex-communiste devenu président catholique et pro-vie du Salvador, auraient sans doute été retenus;
  • D’autres enfin dont la notoriété nous a paru trop restreinte, ou trop liée à l’internet (XA, le "patron" du Forum catholique, a de nombreux fans !)

Le Salon Beige

Soutenir la famille en cette fête de la Sainte Famille

Le pape Benoît XVI a salué aujourd’hui les familles :

"Avec joie, je salue toutes les familles du monde, leur souhaitant la paix et l’amour que Jésus nous a donnés".

Sainte_famille Le pape a déclaré que les familles étaient les "cellules vivantes" de la société et qu’elles représentent un "signe et un instrument d’unité" pour l’humanité. Il a demandé des prières "pour toutes les familles et en particulier celles qui souffrent".

"Puissent-elles recevoir un soutien pour qu’elles sachent comment résister aux pressions désintégratrices d’une certaine culture contemporaine qui mine les fondements mêmes de la famille en tant qu’institution".

Michel Janva

Qui est votre “laïc catholique de l’année 2006” ?

Question Time magazine désigne tous les ans sa personnalité de l’année – alors pourquoi pas ce blog – ou plutôt les lecteurs de ce blog ?

Si nous vous proposons cela, ce n’est pas seulement par folie des grandeurs : c’est pour jeter un regard d’analyse sur l’année écoulée – et voir le bien qui a été fait. Mais sans nous faire d’illusion : le seul regard qui compte, c’est celui du Bon Dieu, pour lequel le "laïc de l’année" sera sans doute une vieille dame au dernier rang de votre église qui, par ses prières, aura libéré des âmes du Purgatoire.

Nous vous proposons de nous soumettre par mel vos propositions pour le "laïc catholique de l’année 2006" d’ici lundi 12 heures – accompagnés de quelques mots de justification.

  • Il doit s’agir d’un laïc catholique (français ou non) qui vous semble avoir marqué, en bien, l’année écoulée;
  • Outre par définition les clercs, qui sont "hors concours"!, nous excluons a priori les personnalités surtout connues pour un engagement politique partisan – non que cet engagement soit moins noble que d’autres, mais parce que nous souhaitons mettre en valeur d’autres formes d’engagement;

Puis de lundi à mercredi, nous vous inviterons à voter en ligne parmi une demi-douzaine de finalistes.

Le Salon Beige

Ce que nous avons manqué cette semaine

Malgré l’absence de vos blogueurs, l’actualité n’a pas eu le bon goût de s’arrêter ces derniers jours. Heureusement, d’autres blogs et sites veillaient ! Voici ce que nous retenons de la semaine :

Lundi 25 décembre

L’homme du vingt et unième siècle se présente comme l’artisan de son destin, sûr de lui et autosuffisant, comme l’auteur enthousiaste d’indiscutables succès.[…]

Comment ne pas voir que c’est justement du fond de l’humanité avide de jouissance et désespérée que s’élève un cri déchirant d’appel à l’aide ?

Mardi 26 décembre

En vous remerciant de votre engagement pour la Vie, je vous invite aussi à rechercher avec nous [les évêques] les chemins les meilleurs afin que toute personne qui ne parvient pas encore à comprendre la beauté de l’Évangile de la vie se sente, par notre présence et notre parole, ni jugée ni condamnée, mais au contraire encouragée et invitée à entrer plus avant, avec nous, dans la découverte de ce mystère de vérité et de bonheur !

  • Confirmation en appel de la condamnation à mort de Saddam Hussein. Cette sentence, déplorée par le cardinal Martino, du conseil pontifical "Justice et Paix", est exécutée le 30. RIP
  • Mort de l’ancien président américain Gerald Ford. Bien que Républicain, Ford était pro-avortement. Pendant son court mandat (1974-1975), il a désigné à la Cour suprême le Juge Stevens, qui continue en 2006 à y oeuvrer pour la culture de mort. RIP

Jeudi 28 décembre

  • On apprend que le Togo légalise l’avortement, officiellement dans des cas "limités". Le plus inquiétant, c’est qu’il s’agirait d’une "loi-type sur la santé de la reproduction élaborée et proposée par les parlementaires d’Afrique de l’Ouest et du Centre" (?). Le Togo, marqué par une forte imprégnation maçonnique, se distingue d’une Afrique noire francophone encore majoritairement pro-vie.

Vendredi 29 décembre

Nous avons par exemple besoin d’un État fort qui ne se laisse pas influencer par la pression des lobbyes [sic] et qui organise la vie commune. À la base de la vie sociale, il y a le respect de la vie humaine et la famille. Le Code civil lui-même énonce cet engagement majeur : « La loi garantit le respect de l’être humain dès le commencement de la vie ».  Comment se fait-il que depuis trente ans, on permette tant d’exceptions à cet article ?

  • On apprend la publication en catimini, le 23 décembre, du décret d’application permettant l’utilisation du diagnostic pré-implantatoire pour déterminer quel embryon sera laissé en vie pour devenir un "bébé-médicament" (Genethique.org).

Henri Védas

Vos blogueurs vont s’absenter quelques jours

… et, comme de nombreux lecteurs sans doute, s’éloigner de leur connection internet. Sauf événement majeur, nous ne devrions pas mettre régulièrement à jour ce blog avant le week-end prochain (et nous ne pourrons pas valider les commentaires).

Outre les liens dans la colonne de gauche, le lecteur insatiable pourra (pêle-mêle) se tourner vers :

Et le lecteur ne perdra certainement pas son temps en parcourant l’action de Benoît XVI au cours de l’année 2006, dans nos archives thématiques.

Le Salon Beige

Villepin, Clearstream et la justice

L’Est Républicain publie en 5 pages l’intégralité de l’audition du Premier ministre Dominique de Villepin, interrogé sur l’affaire Cleastream. Il n’y a donc plus aucun secret de l’instruction.

MJ

Le secret de la longévité ? l’amour porté aux enfants

La commune de Perriers-sur-Andelle (Eure) a honoré ce jour Georges et Georgette Hébert, un couple de centenaires qui va, dans quelques jours, fêter ses 78 ans de mariage. Georgette, qui a eu 100 ans le 17 décembre dernier, affirme :

"Nous nous sommes mariés le 5 janvier 1929."

Et son époux, centenaire depuis le 26 octobre dernier, précise :

"Et nous n’allons pas divorcer maintenant".

Sa femme surenchérit, tenant dans ses bras son arrière-arrière-petit-fils, né le 11 novembre dernier :

"Le secret de notre longévité est le travail et l’amour que nous avons porté à nos enfants".

Michel Janva

Noël : quand les laïcistes invoquent l’islam

Vu sur le blog de Daoudal, qui cite longuement le père Cantalamessa, prédicateur du Vatican :

"Nous avons un exemple, précisément ces jours-ci, de cette dérision culturelle des croyances religieuses ou au moins de la tentative de marginalisation de ces croyances, avec la campagne organisée dans différents pays et villes d’Europe contre les symboles religieux de Noël. On donne souvent comme prétexte la volonté de ne pas offenser les personnes d’autres religions qui vivent parmi nous, spécialement les musulmans. Mais il s’agit d’un prétexte, d’une excuse. En réalité, c’est un certain monde laïciste qui refuse ces symboles, ce ne sont pas les musulmans. Ceux-ci n’ont rien contre le Noël chrétien, qu’en réalité ils honorent même. Nous sommes arrivés à une situation absurde où de nombreux musulmans célèbrent la naissance de Jésus, veulent faire une crèche dans leur maison et vont même jusqu’à dire que «celui qui ne croit pas à la naissance miraculeuse de Jésus n’est pas musulman» et où certaines personnes, qui se disent chrétiennes veulent faire de Noël une fête hivernale uniquement peuplée de rennes et d’ours en peluche."

Michel Janva

Noël et la menace terroriste

C’est presque devenu une tradition : chaque année les services de renseignement préviennent des risques terroristes entre Noël et le jour de l’An. Cette année n’échappe pas à la règle. Plusieurs médias américains, dont MSNBC et Bloomberg, font allusion à ces fortes craintes. Plusieurs pays sont concernés par une menace prise au sérieux. Ces pays sont la Grande-Bretagne (et plus spécifiquement Londres) la France (Paris et quelques grandes villes de province) et la Belgique (à Bruxelles). Une menace sérieuse existe également dans le Maghreb. D’autres zones (Indonésie, Egypte) ont également fait l’objet de bulletins d’alerte. Le renseignement n’est pas une science exacte, mais la menace semble plus réelle qu’elle ne l’a été ces dernières années.

Une note d’évaluation en date du 19 décembre de la DGSE évoque des projets d’attentat contre le tunnel sous la Manche. À la suite de cette alerte anglosaxonne, les services de sécurité français et britanniques auraient procédé à une vérification des systèmes de protection existants dans le tunnel sous la Manche. Second projet évoqué : «une vague d’attentats suicides dans un pays européen non identifié».

Pour le service de renseignement extérieur français, ces menaces ne sont qu’une partie du «bruit de fond» intercepté, englobant la surveillance d’Internet, les renseignements des services étrangers et des informateurs, bruit qui n’aurait jamais été aussi élevé depuis 1995 ou 2001. Les analystes de la DGSE soulignent également les tensions terroristes dans trois pays clés où la France est très présente. L’Afghanistan où un projet d’assassinat de personnalités étrangères aurait été récemment découvert. L’Algérie où, le 10 décembre, l’attaque, revendiquée par le groupe salafiste pour la prédication et le combat, d’un bus transportant des employés d’une société américaine est qualifiée de «tournant». Le Liban, avec la présence de troupes françaises.

Michel Janva

Noël : ne pas oublier non plus les chrétiens du Liban

Le chef de l’Eglise maronite, le patriarche Nasrallah Sfeir, a affirmé samedi dans son message annuel de Noël lu à la télévision, que l’"anarchie qui marque la vie des institutions est sans précédent" :

Phalange_2 "Ce que nous vivons aujourd’hui est cause de grande inquiétude. Nous nous regardons les uns les autres avec méfiance, sinon avec hostilité, bien que nous soyons fils d’une même patrie. Si nous continuons sur cette voie de la division, de la lutte pour le pouvoir, nous pourrions ne plus mériter notre patrie. Ce qui est encore plus pernicieux (…) c’est que nous semblons avoir troqué nos personnalités pour d’autres parlant et agissant au nom d’autres comme si nous étions des instruments entre leurs mains, servant leurs intérêts plutôt que les nôtres.

C’est ce qui a paralysé nos institutions constitutionnelles qui se sont mises à se combattre. C’est ainsi que le président de la République agit de façon solitaire, sous prétexte que le gouvernement n’est pas légitime. Ce dernier prétend à son tour que la présidence est privée de toute légitimité (…). Ce désordre est sans précédent dans l’histoire du Liban".

Michel Janva

Noël : ne pas oublier les chrétiens d’Orient

Hier, lors de son discours à la Curie, le pape Benoît XVI a exprimé sa solidarité avec la minorité chrétienne de Terre sainte où sévissent les «horreurs de la guerre». Benoît XVI a d’ailleurs envoyé un million d’euros aux franciscains de Terre sainte afin d’aider au maintien de la présence chrétienne dans le «pays de Jésus». Dans son message de Noël, le patriarche latin de Jérusalem Michel Sabbah a regretté :

"Noël arrive à Bethléem, cette année encore, dans les mêmes circonstances de mort et de frustration, avec le mur et les barrages sur la terre et dans les cœurs. Et tous, y compris la communauté internationale, restent impuissants àtrouver les vrais chemins de la paix et de la justice."

À Paris, Mgr André Vingt-Trois se rendra dimanche soir, à 22h30, auprès de la communauté maronite dans la paroisse de Notre-Dame du Liban pour une messe. Ce «geste de sollicitude vis-à-vis des Libanais» est particulièrement apprécié par Mgr Saïd Elias Saïd, vicaire patriarcal maronite en France. Auparavant, l’archevêque de Paris aura aussi rendu visite aux catholiques orientaux grecs-melkites de la paroisse Saint-Julien-le-Pauvre. Il procédera, à minuit, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, à la traditionnelle célébration de Noël.

Michel Janva

2e Congrès de Civitas : faire entendre la voix des catholiques

L’institut, proche de la FSSPX, rend compte sur son site de son Congrès du 3 décembre :

[D]eux messages forts ont été lancés, dont la portée va bien au-delà des membres de Civitas. François de Penfentenyo, tirant leçon de l’exemple des Vendéens, a prononcé un vibrant appel à la conjonction des efforts des catholiques de tout bord engagés dans le combat temporel, pour qu’en dépit de leurs divergences, ils coordonnent leurs actions pour les rendre plus efficaces.

On reconnaît là l’esprit de ce que les Américains appellent l’ "oecuménisme des tranchées".

Tract_congres_2006_rectoPour sa part, Jacques de La Vallée a appelé les congressistes et, au-delà, les catholiques et les hommes de bonne volonté à se joindre à la démarche de Civitas : il s’agit de profiter des débats occasionnés par les campagnes pour les présidentielles, puis les législatives, pour faire entendre la voix catholique dans la sphère politique. Deux axes ont été définis : d’une part une démarche vers les hommes politiques pour leur faire savoir que les catholiques veulent connaître leur positionnement sur les grandes questions par rapport à la doctrine catholique, d’autre part profiter de l’occasion pour faire savoir au peuple français que son avenir n’est pas dans le choix entre les hommes d’un même système verrouillé, mais dans la promotion d’une solution catholique aux maux qui assaillent notre société.

Dans cet esprit, on apprend dans la lettre d’information parisienne Gratias (mel) que Civitas se joint à l’appel à manifester pour le respect de la vie le 21 janvier 2007.

Henri Védas

Bible interdite dans l’avion

pour les vols à destination de l’Arabie Saoudite. C’est la règle de la compagnie anglaise BMI.

MJ

Pas d’unité à la gauche du PS

dLa secrétaire générale du parti à la doctrine "intrinsèquement perverse" (§58), Marie-George Buffet, a officialisé vendredi sa candidature à l’Elysée malgré la colère des antilibéraux marxistes qui la récusent.

MJ

FN et avortement (suite)

Dans l’émission hebdomadaire du Front National, Jean-Marie Le Pen revient sur les projets du FN et précise sa pensée sur la loi Veil (vers la 20e mn) :

"Cette question m’est généralement posée pour tenter de nous embarrasser. Mais nous ne sommes pas embarrassés. Nous avons dit que nous étions respectueux de la vie dans toutes ses formes et que nous considérions l’avortement comme désastreux à la fois sur le plan individuel et sur le plan collectif.

Mais nous sommes réalistes. Nous savons bien qu’une législation pénale qui serait appliquée aurait comme résultat la délocalisation des avortements. C’est à dire qu’au lieu d’avorter en France, on irait avorter en Belgique, en Espagne, en Angleterre, en Irlande…  La sagesse consiste dans ce cas là, en démocratie, à consulter le peuple français. Mais nous souhaitons, avant de le consulter, montrer qu’il y a une autre manière d’aborder ces problèmes. En particulier en fournissant aux femmes qui sont dans le désarroi et qui quelquefois sont acculées […] une chance de pouvoir garder leur enfant. […] Nous pensons que 4 ans d’une politique nataliste et familiale très ardue, très courageuse, très ferme aurait pour résultat de faire baisser les avortements […]. Nous nous efforçons, nous, d’être efficace. Et à la fin de cette période, he bien, nous consulterons les Français."

Michel Janva

Affaire Welby : refus d’obsèques religieuses

Suite à l’assassinat de Welby, qui demandait l’euthanasie, l’Eglise catholique lui a refusé vendredi des funérailles religieuses, estimant que "la volonté de Piergiorgio Welby de mettre un terme à sa vie, affirmée de manière répétée et publique, était contraire à la doctrine catholique", selon un communiqué du vicariat de Rome.

Un député des démocrates-chrétiens de l’UDC (centre-droit), Luca Volontè, a demandé que "les coupables de cet homicide soient arrêtés". Le parquet de Rome a ouvert un dossier pour connaître les "causes de la mort de Welby".

Michel Janva

Plaidoyer pour l’école à la maison

Sur son blog, Philippe Maxence relève l’urgence d’évacuer de nos esprits le moindre doute sur la légitimité de l’école à la maison et de gommer la dialectique entre école à la maison et école en dehors du cadre familial :

  • la famille est la cellule de base de la société
  • selon le principe de subsidiarité, une société d’ordre supérieur ne doit pas intervenir dans la vie interne d’une société d’ordre inférieur en lui enlevant ses compétences, mais elle doit plutôt la soutenir en cas de nécessité
  • il y a une articulation entre ces deux principes et c’est cette articulation qui est fondamentale et qui explique et légitime au besoin l’école à la maison de la même manière qu’elle explique et légitime au besoin la scolarisation en dehors du milieu familial.

"Autrement dit, la famille délègue à une communauté une partie de ses prérogatives dans la mesure où elle ne s’estime pas en mesure d’accomplir ses tâches. Le mouvement est ascendant et non descendant. Il part de la famille vers le reste de la société et il ne descend pas de l’État vers le reste de la société et vers la famille. Surtout, ce mouvement n’intervient que dans la mesure où la famille n’a pas les moyens d’accomplir pleinement son rôle. Mais la situation normale, la situation légitime, c’est qu’elle accomplisse elle-même les tâches qui sont les siennes. L’éducation, dont l’enseignement n’est, en quelque sorte, qu’une sous-partie, est assurément l’une de ses tâches essentielles."

Michel Janva

Ecoles sous contrat : toujours moins de liberté scolaire

Extrait du site Liberté politique :

Ecoleslibres Les chefs d’établissement de l’Enseignement catholique sont mécontents. L’application de la loi Censi pour le mouvement annuel des maîtres a donné lieu à une circulaire du ministère de l’Education nationale très menaçante. Signée le 24 novembre 2006 par le directeur des affaires financières, Michel Dellacasagrande, cette circulaire impose des règles administratives rigides pour le recrutement des professeurs et restreint de façon drastique la possibilité de choix des chefs d’établissement.

Le Syndicat national des chefs d’établissement de l’enseignement libre (SNCEEL), le plus représentatif, y voit une menace réelle sur le principe même de liberté d’enseignement. Son vice-président, Yves-Jean Thomas, en appelle au "devoir de vigilance pour ne pas glisser vers une intégration progressive de nos établissements…[…] [L]’écart entre nos établissements et les établissements publics se réduit comme peau de chagrin" […]

Cela semble à beaucoup une surprise quand ce n’est que le résultat de la politique du cliquet menée par le Secrétariat général de l’enseignement catholique depuis les accords Cloupet-Lang : de concession en concession, l’alignement administratif induit par le statut public des maîtres de l’enseignement sous contrat entraîne l’érosion de l’autorité des directeurs et pose à frais nouveaux la question du caractère propre dont ils sont les principaux garants.

Henri Védas

La maman de Cassandra et Vincent parle

On peut lire cette interview (que nous a indiquée Jeanne Smits) dans le Parisien d’aujourd’hui, sous une photo du visage tourmenté de Brigitte Nagy.

J’ai refusé de signer l’ordonnance de placement, qui signifiait pour moi un abandon. Ce n’était pas mon choix. Du coup, je ne pouvais pas aller au foyer. J’ai beaucoup téléphoné, Cassandra et Vincent me réclamaient. Je suis allé voir Vincent quatre fois, à la sortie de son collège. Il m’a donné une petite lettre de sa soeur, qui m’a dit qu’elle pleurait dans son lit tous les soirs. […]

Pourquoi l’Italie ?

Mon dossier auprès de la justice est très négatif. […] Mon seul recours était le pape. ma soeur Véronique m’a dit qu’il pouvait nous accorder une audience. Je voulais qu’il serve d’intermédiaire entre la justice et moi.

Vous êtes très croyante…

Oui, je suis catholique pratiquante. Mais les Légionnaires du Christ ne sont pas une secte. J’ai simplement élevé mes enfants dans la foi. Ils vont à la messe le dimanche et prient tous les soirs.

Vous ne saviez pas que vous étiez hors la loi ?

Je n’y pensais pas. Je voulais juste protéger mes enfants. C’était un geste de désespoir. Ca paraît fou aujourd’hui, mais j’étais obsédée par leur mal-être. Je ne dormais plus. […]

Pourquoi la justice vous a-t-elle retiré la garde des enfants ?

[…] Au fil des audiences, le dossier grossissait à charge contre moi. Les rapports m’accusaient d’être collés à mes enfants, expliquent que Cassandra [9 ans] ne peut pas penser sans moi, que je cache mon côté mystique !

Mme Nagy nie par ailleurs avoir voulu déscolariser ses enfants.

L’affaire est, comme toujours, compliquée – ici par les relations entre les parents divorcés (Mme Nagy avait porté plainte contre son mari, qui, dit-elle, voulait, lui, la "faire passer pour folle"). Et ce blog est bien trop prudent pour porter des jugements hâtifs et déplacés sur le dossier.

Mais on perçoit en filigrane la confirmation que la foi catholique de Mme Nagy semble avoir été un élément à charge contre elle – et de cela, on est en droit de s’inquiéter.

Henri Védas

Le Pen à la télévision ?

Michel Drucker n’invitera jamais Jean-Marie Le Pen dans une de ses émissions. Il a avoué pourquoi à Canal + (La Matinale du 5 décembre) :

"Il est trop bon à la télévision. C’est une bête de télé ; c’est le meilleur de tous ! Et c’est pour çà qu’on ne le montre pas".

Il en va de même pour Thierry Ardisson qui avait déjà reconnu, toujours sur Canal+ (En Aparté du 28 novembre), être littéralement hypnotisé par le Président du Front national :

"Il est tellement habile, comme sa fille d’ailleurs, ils sont tellement brillants tous les deux – lui c’est un vrai débatteur – qu’ils seraient capables de m’endormir. Je ne veux pas prendre ce risque !"

Depuis son émission du mois dernier réalisée en compagnie de Jean-Marie Le Pen, Serge Moati est au centre d’une polémique qui agite le microcosme. Il s’est vu reproché une soi-disante clémence du ton employé et certains y ont vu même une complicité apparente avec le Président du Front National. Selon la rubrique "confidentiel" du Nouvel Obs, la direction de France 5 serait embarrassée par le succès record de l’émission de Le Pen chez Moati et elle aurait décidé d’ajourner l’invitation de Franz-olivier Giesbert initialiement prévue le 13 janvier (elle est effectivement reportée si l’on en croit le site du FN).

Michel Janva

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