Paris-Chartres : indulgence plénière
Olivier de Durat, Président de l’association Notre-Dame de Chrétienté, qui organise le pèlerinage de Paris à Chartres durant la Pentecôte, est interrogé dans Présent sur le 25e pèlerinage :
"Nous avons aussi le soutien du Vatican puisque la Pénitencerie accorde une indulgence plénière aux pèlerins chaque jour aux conditions habituelles (confession et communion dans les huit jours, prière à l’intention du souverain pontife, pèlerinner le jour dit). A Chartres, Mgr Pansard, qui nous accueille chaleureusement en sa cathédrale, a autorisé que les pèlerins puissent vénérer le voile de Notre Dame pendant la messe du lundi et lors des processions. Enfin les messes et les célébrations seront assurées par des prêtres des communautés sacerdotales qui nous soutiennent étroitement et que nous avons voulu honorer."
Le RP de Blignières (FSVF) assurera la bénédiction et l’envoi samedi matin à Notre-Dame de Paris, le RP Argouac’h (SCR) célèbrera la messe de ce jour, l’abbé Jayr (ICRSP) le dimanche de Pentecôte et l’abbé Pozetto (FSSP) lundi en la cathédrale de Chartres.
Le chapelet tatoué, un blasphème ?
Suite au post sur le blasphème au Liban, un lecteur [sic] ("un témoin") écrit en commentaire :
"Un chapelet tatoué, est-ce vraiment un blasphème ? […] C’est de mauvais goût mais chacun a sa culture, et c’était bien par dévotion !"
Dans Présent, Maroun Charbel répond :
"Deux traditions de tatouages chrétiens existent en Orient. Ce sont de petites croix tatouées à la saignée du coude ou du poignet. Il était de tradition, dans le premier cas, de se faire tatouer cette petite croix à l’issu de son premier pèlerinage en Terre sainte. […]
Le second cas est propre aux Coptes d’Egypte, population opprimée entre toutes. Obligés de se cacher ou de se faire très discrets, les Coptes ont souvent deux noms, l’un arabo-musulman ou du moins arabe «passe partout» suivi d’un nom de baptême ou alors d’un nom copte comme Isis par exemple. Dans beaucoup de villages de Haute-Egypte, les baptêmes se font sans flonflon. Très discrètement. Et les registres sont souvent inconnus dans ces villages perdus à la frontière du désert. La petite croix bleue qui se perd dans le mat de leur peau permet qu’à leur heure dernière on les reconnaisse comme Chrétiens et qu’on les enterre en terre bénie.
Alors petite croix ou Sacré-Cœur sur la poitrine oui. Mais chapelet en sautoir sur la cheville non. Que de martyrs sont morts en refusant de fouler au pied la croix ou un chapelet ?"
Aujourd’hui, les Libanais défilent contre Voici.
Les Francs-maçons de plus en plus ‘sarkozistes’
"C’est une première « historique » : selon l’un de leurs responsables, 40 % des francs-maçons du Grand Orient ont voté Sarkozy. Contre plus de 80 % à gauche d’ordinaire."
MJ
Le Cal Tauran et l’élection présidentielle
Le cardinal Tauran, archiviste et bibliothécaire de la Sainte Eglise romaine, est interrogé par le journal italien Avvenire, à propos de la campagne électorale :
"J’ai été très frappé que l’on ait très peu parlé d’Europe, de même que les thèmes éthiques ont été très peu présents. Dans le face à face final ces thèmes ont été complètement absents. Et dans la campagne électorale, toute référence à des faits ou des questions religieuses a été absente.
Avvenire – Mais presque tous les candidats ont été interviewés par « La Croix », le quotidien catholique français…
Card. Tauran – Oui, mais même dans ces belles interviews, les questions religieuses ont été seulement mentionnées. Evidemment, la religion est encore un tabou pour la politique française […] il y a une sorte de super-dogme laïc de la République."
Le Pape et Le Monde : désinformation
C’est Patrice de Plunkett qui démonte l’article du Monde et par là même, les techniques de désinformation : Le Monde ne relaie pas les propos du Pape au Brésil, décrit une situation fictive et en conclut que le Saint-Père est responsable du déclin de l’Eglise en Amérique latine.
L’ONU nuirait à la paix mondiale
C’est la conclusion d’un rapport (pdf) de l’institut Constant de Rebecque (Suisse), qui s’appuie notamment sur le relativisme moral et la vision socialiste de monde qui règnent à l’ONU :
"En plus d’énumérer de véritables et essentiels droits individuels tels que le droit de propriété ou la liberté d’expression, la Déclaration des droits de l’homme inclut en effet une série d’articles impliquant des violations de ces mêmes droits."
MJ
Benoît XVI canonise frère Galvao
Benoît XVI canonise ce matin lors d’une messe en plein air le prêtre franciscain Antonio de Sant’Anna Galvao puis rencontrera les évêques du pays dans la cathédrale de Sao Paulo avant de gagner le sanctuaire marial d’Aparecida, patronne du Brésil.
L
e nouveau saint de l’Eglise catholique, né en 1739 et mort en 1822, est vénéré pour son engagement envers les plus pauvres et jouit d’une réputation de guérisseur. Il voulut répondre à sa vocation religieuse en se consacrant aux pauvres, aux malades et aux esclaves de son époque, au Brésil. Dans son existence, la dévotion à la Sainte Vierge et la récitation du saint Rosaire occupa une place privilégiée. Il se considérait comme "le fils et l’esclave perpétuel" de Marie Immaculée. Fondateur du Monastère des Conceptionnistes "Recolhimento de Nossa Senhora da Luz" (Asile de Notre-Dame de Lumière), sa mission fut de fonder des lieux de retraite consacrés à la Sainte Vierge et s’appuyant sur la Providence, lesquels continuent de nos jours à produire des fruits étonnants. Il fut un ardent adorateur de l’Eucharistie, un maître et un défenseur de la charité chrétienne, un prudent conseiller de vie spirituelle pour beaucoup d’âmes et un défenseur des pauvres.
Lors de sa rencontre avec les évêques du Brésil, le pape prononcera une homélie qui devrait esquisser les orientations pour les années à venir de l’Eglise catholique brésilienne.
Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban
Benoît XVI a nommé évêque de Montauban (Tarn-et-Garonne) Mgr Bernard Ginoux, curé d’Orange. Le diocèse était vacant depuis novembre 2006, date à laquelle Mgr Bernard Housset avait été nommé évêque de La Rochelle et Saintes.
Mgr Bernard Ginoux est né le 14 octobre 1947 à Avignon. Titulaire d’une maîtrise de lettres classiques et d’un CAPES de lettres modernes, il a enseigné au lycée Saint-Joseph de Carpentras, de 1970 à 1980. Ensuite, il est entré au séminaire, en Avignon puis à Rome. Il a obtenu en 1986 une licence canonique en théologie morale à l’Université grégorienne de Rome.
Il a été ordonné prêtre le 29 juin 1986 à Carpentras pour l’archidiocèse d’Avignon. Il a été aumônier diocésain de l’enseignement public et des hôpitaux, délégué diocésain à la pastorale familiale. Depuis 2001, il était curé-doyen du secteur inter paroissial d’Orange. Membre du conseil épiscopal de l’archevêché d’Avignon, l’abbé Ginoux a soutenu le maintien du caractère férié du lundi de Pentecôte.
« Ne gaspillez pas votre jeunesse »
Discours du Pape aux jeunes au stade Pacaembu de Sao Paulo. Extraits :
"[Q]ue dois-je faire pour que ma vie ait un sens ? […] Jésus est le seul à pouvoir donner une réponse, parce qu’il est le seul à pouvoir garantir la vie éternelle. Pour cette raison, il est aussi le seul qui réussit à montrer le sens de la vie présente et à lui donner sa plénitude. […]
Qui observe les commandements se trouve sur le chemin de Dieu. Il ne suffit pas, pourtant, de les connaître. Le témoignage vaut plus que la science, ou plutôt, il est l’application de la science elle-même. Les commandements ne sont pas imposés de l’extérieur, il ne réduisent pas notre liberté. Au contraire : ils constituent de vigoureux stimuli intérieurs, qui nous poussent à agir dans une certaine direction. […]
Et vous, jeunes du Brésil et d’Amérique latine, avez-vous déjà découvert ce qui est bon ? suivez-vous les commandements du Seigneur ? avez-vous découvert que c’est là la véritable et unique voie vers le bonheur ? […] Vous pouvez être les acteurs d’une société nouvelle, si vous cherchez à mettre en pratique une conduite concrète inspirée des valeurs morales universelles […]
Soyez des hommes et des femmes libres et responsables ; faites de la famille un centre rayonnant de paix et de joie ; soyez les promoteurs de la vie, de sa conception à son déclin naturel ; protégez les personnes âgées, car elles méritent respect et admiration pour le bien qu’elles ont fait. […] Il existe, en dernière analyse, un panorama d’action immense dans lequel les questions de l’ordre social, économique et politique acquièrent un relief particulier, pourvu que leur source d’inspiration soit l’Evangile et la doctrine sociale de l’Eglise. […]
Ayez surtout un grand respect pour l’institution du sacrement de mariage. […] Respectez-le, vénérez-le. […]
L’appel que je vous adresse aujourd’hui, à vous qui êtes présents à ce rassemblement, est celui-ci : ne gaspillez pas votre jeunesse. Ne cherchez pas à vous en échapper. Vivez-là intensément. Consacrez-là à de hauts idéaux de foi et de solidarité humaine."
Proposer la foi aux jeunes
Mgr Centène, évêque de Vannes, a présenté le 28 avril dernier sa pastorale des jeunes. Dans son introduction, il affirme notamment :
"Il faut d’abord que l’évangélisation annonce un message explicite […] Dans le monde actuel, un témoignage de foi qui resterait implicite serait inaudible. La foi doit être annoncée explicitement et exposée ouvertement. […]
Le deuxième qualificatif […] c’est celui d’apologétique. Il ne suffit pas que l’annonce soit explicite, il faut qu’elle soit attrayante pour l’intelligence, pour la raison et pour le cœur. Il faut proposer aux jeunes une foi intelligente et décomplexée. Il faut rendre aux jeunes la fierté de la foi par rapport à l’intelligence (je l’ai dit dimanche dernier à la messe des scouts, «si la foi apparaît comme un enfantillage on la laisse tomber à l’adolescence») et par rapport à une relecture de l’histoire. […]
En tant qu’animateur, il faut être convaincu qu’il est plutôt intelligent de croire […]. Il faut être persuadé que l’intelligence humaine est faite pour la vérité et que le Christ est la Vérité. La foi ne viole pas l’intelligence, elle est faite pour elle. […] En même temps qu’elle apporte du sens, l’évangélisation est aussi porteuse de l’identité, de la connaissance de soi-même. […]
Mais pour cela, il faut sortir d’un Christianisme honteux, d’un Christianisme repentant. Sous prétexte de liberté de conscience, de laïcité, on a parfois l’impression que le Christianisme est une maladie honteuse. Cette perspective paralyse notre volonté de l’annoncer. Non seulement il faut revendiquer pour lui la même liberté d’expression, le même temps de parole et le même respect que pour les autres courants de pensée, mais à la lumière de la foi nous devons aussi le considérer comme la Vérité. […]
J’ai parlé d’une annonce explicite d’une annonce apologétique qui puissent donner des raisons de croire et la fierté d’être chrétien. Il me semble aussi, et je terminerai par là, que l’annonce faite aux jeunes doit être une annonce intergénérationnelle. […] Si la pastorale des jeunes ne vise que les jeunes, si la pastorale des enfants ne concerne que les enfants, on fait de la religion un enfantillage. […] Dans l’inter-génération il y a aussi toute la dimension de la culture, de la mémoire, et de l’identité. Il n’y a pas d’identité sans mémoire, ni sans culture. Il n’y aura pas d’avenir s’il n’y a pas l’appropriation d’un passé."
Michel Janva (merci à GSM)
Qui a dit ?
"On ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi".
"On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d’une quelconque célébrité de la jet-set ou du show-biz".
"On ne peut pas prononcer des odes à l’Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d’un magnat des affaires".
MJ
Addendum : Bravo à Marc, il s’agissait d’Alain Finkielkraut, qui a ajouté : "pendant trois jours, il nous a fait honte".
Bilan de la nuit de mercredi à jeudi
198 voitures incendiées dans la nuit de mercredi à jeudi. On trouvera ici le récent des événements à Nantes.
MJ
Nicolas Sarkozy et la Banque centrale européenne
Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy avait appelé à plus de contrôle des pouvoirs politiques sur les agissements de la BCE, estimant la politique de remontée de taux et la force de l’euro nuisibles à l’économie et en particulier aux exportations françaises.
Aujourd’hui, Jean Claude Trichet, président de la BCE, s’est déclaré "très content" que le mandat de l’institut ne soit plus remis en cause par le président français élu Nicolas Sarkozy :
"J’ai noté que les appels au changement de notre mandat ne sont plus une requête du nouveau président français".
La Fondation de Service politique et les législatives
Sur Liberté politique, Thierry Boutet se tourne vers l’échéance suivante :
Dès demain nous allons entrer dans la bataille des législatives. Nous ne soutiendrons pas les candidats qui font de la remise en cause des principes non négociables de la vie commune une motivation essentielle de leurs engagements publics, et un trait particulier de leur positionnement politique.
Autant l’avouer : les mailles de ce filtre paraissent un peu large. Un candidat qui ne serait qu’incidemment favorable à l’euthanasie, à la déréglementation bioéthique, au CUC ou au "mariage" homosexuel, mériterait-il davantage les suffrages des catholiques que celui qui en fait un "trait particulier" de son engagement ? Lors d’un vote, les voix de l’un et de l’autre pèseront autant.
Mais Francois de Lacoste-Lareymondie a certainement raison d’appeler à examiner et interpeller les candidats circonscription par circonscription :
[C]hacune d’elles doit être examinée en tant que telle, avec ses protagonistes et leurs positionnements respectifs. En fonction des pressions et des exigences que les futurs députés auront perçues dans leurs circonscriptions, leur aptitude et leur courage en sortiront plus ou moins grands.
HV
La rupture mise en oeuvre
La rupture avec le ton de la campagne présidentielle est déjà à l’oeuvre. Voici ce que Nicolas Sarkozy déclarait au soir du 6 mai :
"Je vais en finir avec la reptendance qui est une forme de haine de soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres".
Ce matin, il était aux côtés de Jacques Chirac lors de la cérémonie au jardin du Luxembourg à l’occasion de la journée nationale de l’abolition de l’esclavage.
Comme le signale Le Conservateur, "pourquoi ne pas se pencher sur l’esclavage dans la civilisation arabo-musulmane, qui fut à la fois plus ancien, plus durable [toujours actuel] et plus important que l’esclavage occidental" ?
Valérie Pécresse, ministre de la famille ?
Michel Hubault, membre du Bureau Politique du Front national et ancien vice-président de Chrétienté-solidarité, est interrogé par National Hebdo sur le sondage sur le vote des catholiques le 22 avril :
"On s’aperçoit à la lecture de ce sondage que les électeurs se revendiquant comme catholiques […] ont voté à peu près comme l’ensemble du corps électoral […]. [I]l est évident que depuis plus de trente ans, aussi bien les socialistes que les dirigeants de l’UMP et de l’UDF ont œuvré pour mettre en place la "culture de mort". Or, le FN est la seule force politique crédible défendant la vie depuis sa conception jusqu’à son terme naturel. […]
Le programme législatif du Front national est celui qui se rapproche le plus de la doctrine sociale de l’Eglise fondée notamment sur la valeur du travail et sur la famille. A ce propos, il est nécessaire de rappeler que l’UMP veut donner aux "couples" homosexuels les mêmes droits qu’aux couples mariés.
Valérie Pécresse, […] pressentie pour être ministre, peut-être même le prochain ministre de la Famille (sic), a suggéré dans le journal Le Monde (27 janvier 2006) de faire du Pacs «un contrat de couple cohérent, intermédiaire entre le mariage et le concubinage», première étape, n’en doutons pas, vers le mariage homosexuel. Il s’agit également de ne pas oublier que […] Mme Pécresse [député des Yvelines] s’était opposé à ce que [Christian Vanneste] soit réinvesti par l’UMP, en raison de ses propos qu’elle a alors qualifiés d’«homophobes». Mme Pécresse se réjouissant que «si Christian Vanneste a pu être condamné, c’est sur le fondement d’une loi condamnant les propos homophobes que l’UMP a fait voter» !"
Ce n’est pas tout : Mme Pécresse veut interpréter la dignité de l’être humain, souhaite proposer la délégation de responsabilité parentale pour les homosexuels, supprimer l’accouchement sous ‘X’, ouvrir plus largement les magasins le dimanche, … Valérie Pécresse ministre de la famille ? Ce serait une très mauvaise nouvelle.
Michel Janva (merci à YD)
Législatives : la guerre des investitures
Louis Petiet, conseiller général de l’Eure et président de la fédération UMP du département, s’oppose au "parachutage" de Bruno Le Maire, investi par l’UMP candidat à la succession de Jean-Louis Debré.
Le vice-président de l’UMP Jean-Claude Gaudin a prononcé l’exclusion du parti de Louis Petiet, candidat dissident aux élections législatives dans la première circonscription de l’Eure :
"A compter de ce jour, vous ne pouvez vous prévaloir de votre appartenance à l’UMP, ni utiliser quelque moyen que ce soit de l’UMP".
La droite qui pense a un rôle à jouer
Sous la plume de Me Trémolet de Villers :
"[C]ette campagne, paradoxalement, nous a dit, aussi, autre chose. Nous avons parlé ici de la […] droitisation du discours […] il me semble que ce changement de discours a une origine plus profonde, qui est l’évanouissement des centrales marxistes-léninistes, et par voie de conséquence, le désarroi idéologique de la gauche. […]
Il y a fort à craindre que nos nouveaux dirigeants, après avoir chanté la France éternelle pour capter nos voix, ne l’oublient dans le cours de leurs soucis. Mais rien ne nous interdit de reprendre le discours et de l’amplifier. Rien n’interdit à ce qu’on appelle abusivement l’extrême droite, et qui est surtout la droite qui pense, de redoubler ses efforts pour jouer, à l’égard des gouvernements, le rôle que joua, pendant si longtemps, la gauche qui pense, qui était précisément l’extrême gauche.
Non seulement, rien ne l’interdit, mais tout nous y conduit. […] Pour y parvenir, il faut accepter de briser le cadre idéologico-moral de la République. La seule force vive, non seulement de la France, mais de l’Europe, c’est l’Eglise catholique. D’elle, de sa doctrine sociale, de sa charité et de sa morale peuvent venir les vrais remèdes pour guérir les maux sociaux de notre temps. […] Quand le tumulte des meetings est passé, il reste […] toute la vie sociale, la vraie, celle de la nation. Cette vie, c’est la nôtre, celle de nos familles et de nos enfants, la seule capable de parler de l’avenir parce qu’elle est, précisément, l’avenir.
[…] Il peut y avoir une utilité à cette exclusion politique dont nous sommes victimes de la part de la République. Ce sont les exclus qui font les grands changements, pas les nantis. Les nantis sont anéantis par leur nantissement. Les exclus, eux, sont libres. De cette liberté, ils peuvent ne rien faire, se replier sur eux et pleurer leur faiblesse. Ils peuvent aussi en faire un apostolat."
Réaction au blasphème
Cette histoire n’est pas une fiction :
"Le numéro 1016 – 30 avril-6 mai 2007 – du magazine «people» Voici, étalait en couverture le scandaleux tatouage de l’actrice américaine Nicole Richie. […] on y voyait essentiellement la paire de jambes de Nicole Richie avec en premier plan sa cheville tatouée d’un chapelet.
[…] [I]mmédiatement les standards de la télévision et de la radio catholiques locales […] ont explosé. […] [L]e Centre catholique d’information (CCI) a immédiatement réagi en appelant à une grande manifestation ce vendredi 11 mai qui devrait mener les Chrétiens [à leur évêché] dire […] «la grande peine du peuple chrétien». Ensuite une partie de la manifestation poursuivra sa route vers […] la nonciature alors que le reste du cortège se dirigera vers l’ambassade de France […] pour protester et demander réparation. […]
Le Père Tabet a rappelé l’affaire des caricatures de Mahomet en disant : «Il aurait été simple pour nous d’accuser tel ou tel (…) de brûler des pneus, de vandaliser aveuglément, parce que nos symboles sacrés ont été bafoués. C’est notre droit. Mais nous sommes les fils d’une culture d’amour et de pardon. Mais le pardon ne signifie pas la faiblesse et la reddition.» Ce qui frappe d’abord dans cette affaire, c’est la réaction saine et immédiate du peuple chrétien qui, lui, le premier, a alerté ses médias et ses autorités religieuses."
Quel est donc ce pays dans lequel les catholiques ne sont pas lobotomisés et réagissent courageusement au moindre blasphème ?
Addendum : Bravo à GG. Il s’agit effectivement du Liban. L’article est extrait de Présent.
Vote ‘catholique’ et combat pro-vie
Dans Liberté Politique, Thierry Boutet estime que le nouveau Président ne doit pas décevoir et que les catholiques ont ainsi leur rôle à jouer :
"proclamer haut et fort nos convictions. De refuser que l’on porte atteinte à ces fameux principes non négociables […]. Dés demain nous allons entrer dans la bataille des législatives. Nous ne soutiendrons pas les candidats qui font de la remise en cause des principes non négociables de la vie commune une motivation essentielle de leurs engagements publics, et un trait particulier de leur positionnement politique. Il n’y a pas de vote catholique, mais il y a une attitude catholique en politique. […] À tous les candidats qui maintenant vont se présenter nous allons nous adresser dans les jours qui viennent en leur disant qu’il ne suffit pas d’appartenir à la majorité présidentielle pour que nous votions pour eux."
Un lecteur théologien me fait part de sa réflexion sur le passage ci-dessus :
"Cela semble très insuffisant sur deux points.
- ce n’est pas seulement les candidats "qui font de la remise en cause les PNN de la vie commune une motivation essentielle de leur engagement" qu’il faut refuser de soutenir mais tous ceux qui sans en faire une motivation essentielle ne sont fondamentalement pas hostiles à leur remise en cause […]
- "Il n’y a pas de vote catholique, mais il y a une attitude catholique en politique." Sauf que en politique une simple ‘attitude’ sans lien à un ‘vote’ équivaut au néant : ainsi les pro vie qui votent malgré tout pour des anti vie sous prétexte de moindre mal : le poids politique de leur conviction pro vie est ipso facto réduit à néant et le combat pro vie à ce tarif là ne rentrera jamais réellement dans l’horizon politique des élus et dirigeants.
Nous n’en sommes plus à l’époque ou le refus des PNN était l’apanage en gros des partis de gauche. Le refus des PNN est devenu si sociocultrellement évident dans la ‘France d’en haut’ tous partis confondus, que la ‘droite’ ne voit même plus qu’en se laissant gangrener par cette idéologie au sens propre barbare elle a perdu ce qui pouvait encore la distinguer inconsciemment autrefois de la gauche : la morale fondamentale et basique pour la survie d’une civilisation. Autrement dit les PNN étant hors jeu du débat politique car tacitement refusée par l’ensemble des acteurs politiques, défendre les PNN au plan politique implique donc de la part des pro vie, en tant qu’électeurs, d’examiner d’abord la position des candidats et partis à l’égard de ces PNN. Si et seulement si les candidats et partis passent l’examen, fait de manière non pas probabiliste mais tutioriste (puisque l’enjeu est la vie humaine dans sa dignité créée comme telle et non un bien secondaire), alors on regarde après la suite des programmes et c’est uniquement dans cet après qu’il peut y avoir pluralisme. Pas avant. La question des PNN est d’un ordre plus fondamental que celui des grands débats politiques habituels : c’est un enjeu de civilisation ou de barbarie, métapolitique. Les PNN sont non négociables dans tous les ordres de pensée et d’action : on ne les négocie pas c’est à dire on ne les met en balance avec rien."
Le mini-traité de Nicolas Sarkozy
… n’a pas de beaux jours devant lui :
"Romano Prodi, visant à l’évidence Nicolas Sarkozy, s’en prend à ceux qui veulent «déconstitutionnaliser» le traité constitutionnel européen et «réduire ses textes à l’essentiel». […]
Le Premier ministre finlandais Matti Vanhanen dit de même : […] «Le traité constitutionnel est un compromis, fruit de longues négociations, et chaque pays membre attache de l’importance à des éléments différents. Un traité ne contenant que des dispositions institutionnelles pourrait affecter ce prudent équilibre.»
Le président de la commission constitutionnelle du Parlement européen avait déjà déclaré que «le mini-traité proposé par Nicolas Sarkozy est inacceptable».
[…] Alain Lamassoure donne des précisions inédites sur le « mini-traité » et la façon de l’écrire : « On compare la Constitution au traité de Nice, on prend des ciseaux et on enlève de la Constitution tout ce qui n’est pas une innovation juridique. Quand on fait cet exercice, il reste environ 130 articles sur les 448 du texte. » […]
Si 18 Etats ont ratifié la Constitution , il n’y a pas que deux pays qui lui soient opposés. […] le président polonais Kaczynski souligne une nouvelle fois qu’il s’oppose au système de vote qui désavantage la Pologne".
Discours de Benoît XVI à Sao Paulo
L’intégralité du discours peut être lue ici (document rtf). Extraits :
"Dans cette région, les catholiques sont majoritaires : cela signifie qu’ils doivent contribuer de manière particulière au service du bien commun de la nation […] L’Eglise veut seulement indiquer les valeurs morales de chaque situation et former les citoyens afin qu’ils puissent décider en conscience et librement ; en ce sens, elle ne manquera pas d’insister sur l’engagement qui devra être pris pour assurer la consolidation de la famille, comme cellule de base de la société ; sur la jeunesse, dont la formation constitue un facteur décisif pour l’avenir de la nation".
MJ
Les temps forts du voyage du Pape
… au Bresil – et leur retransmission sur KTO (heures francaises) :
Mercredi 9 mai
Arrivée à Sao Paulo – direct de KTO à partir de 21h30
Jeudi 10 mai
Journée : visite de courtoisie au président Lula (KTO 16h) et rencontre avec les représentants d’autres religions (KTO 17h30).
Soir : Rencontre avec les jeunes à Sao Paulo (KTO 23h).
Vendredi 11 mai
Matin : messe de canonisation du Bx frère Antonio de Sant’Anna (KTO 14h30), 1er Brésilien de souche a être canonisé.
Soir : Rencontre avec l’épiscopat brésilien, en direct de la cathédrale de Sao Paulo (KTO 21h00)
Samedi 12 mai
Journée : Visite de la Fazenda da Esperança, près de Guarantinguela, en direct (KTO 15h45)
Soir : Prière du chapelet, en direct du sanctuaire marial d’Aparecida (KTO 23h00).
Dimanche 13 mai (Anniversaire des apparitions de Notre-Dame à Fatima)
Journée : Messe d’ouverture de la 5ème Conférence des épiscopats latino-américains, en direct d’Aparecida (KTO 15h00).
Soir : Avec Benoît XVI, en direct du sanctuaire marial d’Aparecida (KTO 21h00)
Nuit : Cérémonie de départ (KTO OOh40)
HV
Avortement au Togo
Le Parlement a approuvé le 22 décembre une loi qui autorise l’avortement lorsqu’il résulte d’un viol, d’une relation incestueuse, lorsque la poursuite de la grossesse met en danger la vie et la santé de la femme enceinte ou lorsqu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité.
La conférence épiscopale du Togo juge que cette loi "punit un innocent : l’enfant à naître".
"Avons-nous le droit de commettre un meurtre en nous basant sur une probabilité, si forte soit-elle ?".
Le gouvernement aurait pu prévoir des "structures d’accueil et de suivi de la femme victime de viol ou d’inceste" ou des "mesures d’accompagnement des femmes ainsi humiliées". Les députés ont "ajouté au drame que vit la femme victime de viol ou d’inceste celui d’un avortement qui l’accompagnera jusqu’à sa mort".
Chine : la vie plus forte que la politique pro-mort
La politique de l’enfant unique, en vigueur depuis 1979, est contournée. Voilà qui inquiète les autorités chinoises. Le chef du bureau national du planning familial, Zhang Weiqing, a dressé la liste des raisons d’une hausse prochaine du taux de natalité :
-
à la campagne, on continue à se marier trop tôt, ce qui incite les femmes à avoir plusieurs enfants. Et les paysannes ont la permission d’avoir un deuxième enfant si le premier est une fille.
-
les agents du planning familial ont tendance à relâcher leur vigilance [sic].
-
Enfin, de nombreux hauts fonctionnaires et célébrités payent l’amende allant de 480 à 19 000€ pour avoir d’autres enfants. La pénalité financière devient ainsi une sorte de taxe permettant aux riches de contourner les réglementations. Environ 10% des Chinois aisés auraient trois enfants.
Les autorités communistes ont décidé de punir "sévèrement" les hauts fonctionnaires, entrepreneurs et autres célébrités dont la progéniture excède les quotas. Ils seront privés des avantages fiscaux dont ils pouvaient bénéficier jusqu’alors et ne seront plus gratifiés de promotions ou autres récompenses. Les fautifs seront soumis à des enquêtes diligentées par les instances du planning familial, de la sécurité publique et de la justice.
Mais les autorités s’émeuvent d’une autre "dérive" : de nombreuses femmes désireuses d’échapper au contrôle des naissances choisissent d’accoucher à la maison ou dans des cliniques illégales. La moitié des décès de femmes mortes en couches dans six provinces chinoises serait due à cette volonté de contourner la politique de l’enfant unique.
La Pologne, l’UE et l’affaire Geremek
Le président Polonais est interrogé dans Le Monde. A propos du vote à double majorité prévu par le traité constitutionnel pour les décisions communautaires :
"[L]a Pologne pourrait poser son veto […] entre le système de vote mis en place par le traité de Nice et celui proposé par le projet constitutionnel actuel, il y a une grande différence pour la Pologne. Le plus grand bénéficiaire du système inscrit dans le projet actuel de constitution serait l’Allemagne. Celui qui y perdrait le plus serait la Pologne. Aucun pays ne saurait l’approuver. […] Nous pouvons être d’accord pour certains changements. Mais nous n’accepterons pas le système de vote proposé dans le projet actuel."
A propos du poste de ministre des affaires étrangères de l’Union :
"La politique étrangère de l’Union est déjà une réalité. Une réalité qui soulève plusieurs questions : quels Etats influent cette politique communautaire ? N’est-ce pas une sphère où agissent seulement les deux ou trois Etats les plus forts de l’Union ? […] Si le poste de ministre des affaires étrangères devait être créé, les Etats les plus puissants de l’Union continueraient à mener une politique étrangère indépendante, alors que les Etats plus faibles verraient leur liberté d’action tomber à zéro."
Sur l’affaire Geremek :
"[J]e ne peux pas approuver son geste qui nuit à la Pologne. La manifestation de M. Geremek a créé une impression absurde qu’en Pologne la démocratie est menacée. Notre pays doit résoudre les problèmes que d’autres Etats post-communistes ont résolus il y a plus de quinze ans. Je ne vois aucune atteinte à la dignité de qui que ce soit. Notre loi est plus douce que celle qui fut à l’œuvre en Allemagne, par exemple."
Excommunication pour les politiques qui votent l’avortement
Le pape Benoît XVI a soutenu la menace d’excommunication brandie par l’Eglise mexicaine contre les politiciens ayant voté la légalisation de l’avortement à Mexico. Benoît XVI parlait à la presse à bord de l’avion qui le conduisait au Brésil :
"Cette menace n’est pas arbitraire et elle est prévue par le Code de droit canon. Il est écrit dans le droit que le meurtre d’un enfant est incompatible avec la communion et les évêques n’ont rien fait d’arbitraire, ils ont seulement mis en lumière ce qui est prévu par le droit de l’Eglise".
Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a précisé que l’Eglise mexicaine n’ayant pas excommunié le maire de Mexico qui a permis la légalisation de l’avortement, le pape ne l’avait pas fait lui non plus, mais que les hommes politiques qui ont voté cette mesure se sont "auto-exclus de la communion".
Etre pour l’autorité et être « de droite »
Le lecteur sait peut-être que ce blog n’aime pas beaucoup le terme de ‘droite’, qui porte en lui une conception dialectique du monde des idées politiques. Mais après une campagne ou l’on a semblé confondre ‘réhabilitation de l’autorité’ et ‘droitisation’, on sait gré a David Fontey d’exhumer ces lignes de Bernard Antony en 1985 sur ce que c’est qu’être "de droite" :
On entend souvent dire […] que ce qui manque à notre société, c’est l’autorité. Je ne suis pas d’accord. Ce dont souffre notre société c’est beaucoup plus de ce qu’elle ne sait plus où elle va. La crise de l’autorité est seconde par rapport à la perte de nos valeurs spirituelles et morales, de notre sens chrétien et national, L’autorité n’est pas en elle-même une vertu supérieure, elle ne vaut que par la finalité qu’elle sert. Il n’y avait pas de manque d’autorité dans la SS. Il n’y a pas de manque d’autorité dans l’armée rouge, or, je ne vous ferai l’apologie ni de l’une ni de l’autre.

