Quand des paroissiens ont perdu tout repère…
La décision de l’évêque de Bayonne de décharger de ses fonctions de prêtre Léon Laclau à cause d’un "comportement public et affirmé qui ne coïncidait pas avec ses propres engagements" provoque des remous chez les paroissiens ce qui est malheureusement significatif du relativisme ambiant qui ravage note société et les catholiques en particulier. En clair, Léon Laclau, curé de la paroisse Notre-Dame du Piémont, à Asson, dans les Pyrénées-Atlantiques, vivait ouvertement en concubinage.
Les réactions de (certains) paroissiens montrent à quel point en France les catholiques ont été abandonnés et que l’enseignement même de l’Eglise leur est souvent étranger. Patrick de Plunkett commente cette affaire sur son blog.
La réaction de Mgr Molères, évêque de Bayonne, montre qu’il ne peut y avoir ni tolérance ni exception dans ce domaine.
Nicolas Sarkozy et l’euthanasie
Au cours de l’émission A vous de juger (ici à 1h04′), le 26 avril dernier, Nicolas Sarkozy s’est à nouveau exprimé sur l’euthanasie en répondant à Marie Humbert :
"C’est un sujet extrêment difficile sur lequel j’ai beaucoup réfléchi mais il faut que je prenne mes responsabilités :
D’abord, le France souffre d’un manque de structures de soins palliatifs. Pour ceux qui ne le savent pas, ce sont des soins pour les grans malades qui permettent d’éviter la douleur. Un rapport du Conseil économique et social indiquait qu’il faudrait 5 lits pour 100 000 habitants. On en a 1 à 1,2. C’est très important car quand on est très malade, qu’on va vers la mort, en 2007, j’estime qu’on a le droit d’y aller sans souffrir horriblement. Je ne veux pas répondre à la question de Marie Humbert sans parler de la question des soins palliatifs qui est de mon point de vue essentielle. On va investir massivement dans ce sens là.
Deuxièmement, le mot euthanasie, je ne suis pas d’accord. Que les choses soient très claires, je ne suis pas d’accord sur ce mot là pour des raisons philosophiques et personnelles. Je crois qu’il ne nous appartient pas, que nous n’avons pas le droit d’interrompre volontairement la vie (…) C’est une affaire extrêmement sensible et complexe (…) Je ne veux pas fuir surtout devant le courage de madame Humbert. Pour moi, le vie c’est sacré et faire mourir je ne l’accepte pas. Mais il y a une différence (…) entre faire mourir et laisser mourir. C’est d’ailleurs le travail remarquable qu’avait fait Jean Léonetti avec la nouvelle loi et d’ailleurs madame Humbert sait très bien que cette loi de 2005 a fait beaucoup de progès.
Il faut respecter la vie mais, c’est vrai je l’ai dit donc je l’assume car ce sont mes convictions profondes, il y a un moment où la vie est tellement douloureuse que ce n’est plus la vie. Ce n’est plus possible de vivre parce que la souffrance bouffe la vie et que c’est un peu facile d’avoir des principes en disant je m’en moque qu’il souffre. Ce n’est pas vous qui souffrez (…) Laisser mourir, c’est à dire l’interruption volontaire d’un traitement (…), je suis pour. Il y a une différence dans mon esprit entre injecter le liquide mortel ce que j’appelle faire mourir et interrompre un traitement dont on sait qu’il accélèrera la mort ce que j’appelle le laisser mourir. Je le dis très prudemment, on ne peut pas tout réglementer, on ne peut pas légiférer sur tout. J’ai vu qu’aux Pays-Bas, c’est vraiment une société que je ne souhaite pas, ils avaient 83 cas d’euthanasie et le médecin regarde si vous êtes dans le bon cas. On peut faire évoluer la loi Léonetti qui est excellente. Je souhaite qu’il ait place pour le dialogue singulier entre le malade, le médecin et la famille pour mettre un peu d’humanité là-dedans. Donc je dis à madame Humbert que je ne suis pas opposé à une évolution dans le sens qu’elle propose même si je suis opposé à toute forme d’euthanasie.
C’est un sujet difficile. Ce sont des sujets passionants sur lesquels moi-même j’ai beaucoup hésité. Ce n’est pas évident d’avoir la réponse à tout. Sur ces questions qui mettent en jeu des principes philosophiques personnels et la souffrance, la vie m’a appris que devant la souffrance il fallait beaucoup d’humilité (…) Devant une question comme celle-là, je ne résonne pas en terme de législateur ou de possible président de la république. Je me dis : si j’ai l’un de mes proches, moi-même, mes parents concernés et si je le vois se tordre de douleur sur son lit de bientôt mort, je me dis c’est bien beau les principes mais c’est quoi la vie en se tordant de douleur du matin au soir ? Est-ce qu’on a le droit d’imposer ça ? Mais en même temps si je répond qu’on n’a pas le droit d’imposer ça, à quel moment on dit qu’on a le droit de mettre fin à la vie ? C’est pourquoi j’avance de façon pragmatique et cohérente pour respecter le respect de la vie et en même temps pour ne pas imposer des souffrances inhumaines."
Menaces sur le président de la conférence épiscopale d’Italie
Une enveloppe contenant une balle et une photo de lui barrée d’une croix gammée a été adressée au président de la conférence épiscopale italienne, Mgr Angelo Bagnasco. Le chef de l’Eglise italienne avait été placé sous protection policière début avril après la découverte d’un graffiti hostile sur le portail de la cathédrale de Gênes.
Depuis plusieurs semaines, la presse fait état d’inscriptions menaçant ou critiquant le chef de l’Eglise italienne, écrites sur les murs d’églises de plusieurs villes d’Italie, à Florence, Bologne ou encore Bergame.
L’archevêque de Gênes, élu à la tête de la CEI en mars dernier, réaffirme régulièrement que la famille est fondée sur le mariage, et non pas sur toute autre forme d’union. Mgr Bagnasco a notamment qualifié de "dangereux et inacceptable" le projet de loi du gouvernement reconnaissant les unions de fait homosexuelles et hétérosexuelles adopté le 8 février. Une manifestation "pour la famille" est prévue le 12 mai à Rome, organisée par 21 associations catholiques.
Viol d’une femme policier
…ce matin à Bobigny. Cette affaire survient trois semaines après un premier viol survenu dans le même périmètre. Cette fois-là, une femme gardien de la paix de 27 ans avait été violée par deux hommes de couleur noire.
MJ
Le comportement religieux des hispaniques aux Etats-Unis
Daniel Hamiche relaie une étude exhaustive de l’institut Pew, sur une question qui devrait avoir un très fort impact sur le paysage social, politique et culturel des Etats-Unis de demain.
La répartition religieuse des Latinos s’établirait comme suit : catholiques : 68 % ; protestants : 20 % ; autres chrétiens : 3 % […].
Les Latinos constituent donc désormais le tiers des catholiques américains, et leur poids dans l’Église catholique devrait continuer à augmenter dans les décennies à venir. Les deux tiers de ces pratiquants ne fréquentent que des églises où les Latinos sont archi-majoritaires, où toute la liturgie est célébrée en espagnol et par des prêtres Latinos.
Sur la “sensibilité” particulière de ces catholiques, et c’est là une confirmation statistique de nombreuses observations antérieures, 54 % d’entre eux se disent “charismatiques” (alors qu’on n’en compte que 8 % chez les autres catholiques)
Une église saccagée en Bourgogne
Des statues ont été décapitées par des vandales dans la petite chapelle Sainte-Anne, à Selongey. Des individus ont pénétré dans les lieux par effraction, après avoir forcé la serrure. Les statues de saint Roch, sainte Anne, saint Joseph ainsi qu’une colonne ont été jetées à terre et aussi une colonne. Ces statues réalisées par Shahanosky avaient été déposées dans la chapelle en 1858.
Pour Raymond Brunot, responsable de l’association Saint-Rémi :
"C’est tout un pan de l’histoire morale de la chapelle qui s’en est allé avec ces trois statues dévastées"
La petite chapelle a été édifiée en 1637 et placée sous la protection de sainte Anne. La municipalité a déposé plainte auprès de la gendarmerie et l’association Saint Rémi aussi pour préjudice moral.
Michel Janva (via FD)
22 nouveaux prêtres
…ordonnés par le pape Benoît XVI à Saint-Pierre de Rome, en la 44e journée mondiale de prière pour les vocations, pour laquelle le Saint-Père a délivré un message. Extraits :
"[J]e voudrais proposer à l’attention de tout le Peuple de Dieu le thème suivant, particulièrement actuel : la vocation au service de l’Église-communion. […] [L]a première communauté chrétienne commença à se constituer, en son noyau originaire, lorsque quelques pêcheurs de Galilée rencontrèrent Jésus, se laissèrent conquérir par son regard, par sa voix, et accueillirent son invitation pressante : "Venez à ma suite et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes" (Mc 1, 17 ; cf. Mt 4, 19). En vérité, Dieu a toujours choisi quelques personnes pour collaborer plus directement avec Lui à la réalisation de son dessein de salut. […] La mission de l’Église se fonde donc sur une communion intime et fidèle avec Dieu.
[…] L’Eucharistie est la source de cette unité ecclésiale pour laquelle Jésus a prié la veille de sa passion : "Père … qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé" (Jn 17, 21). Cette communion intense favorise la floraison de vocations généreuses au service de l’Église […] À l’intérieur du peuple chrétien, il est indispensable que chaque ministère et chaque charisme soient orientés vers la pleine communion, et c’est la tâche de l’Évêque et des prêtres de la favoriser en l’harmonisant avec toute autre vocation et service ecclésiaux. […]
Au centre de toute communauté chrétienne, il y a l’Eucharistie, source et sommet de la vie de l’Église. S’il vit de l’Eucharistie, celui qui se met au service de l’Évangile avance dans l’amour vers Dieu et vers le prochain, et il contribue ainsi à construire l’Église comme communion."
Lobby gay : l’UE veut-elle persécuter l’Eglise ?
Le parlement européen a adopté mercredi par 325 voix pour, 124 contre et 150 abstentions, une résolution condamnant
"les commentaires discriminatoires formulés par des dirigeants politiques et religieux à l’égard des homosexuels, dans la mesure où ils alimentent la haine et la violence, même s’ils ont été retirés dans un deuxième temps, et demande aux hiérarchies des organisations respectives, de les condamner".
La résolution invite les Etats membres à proposer des lois
"qui mettent fin aux discriminations dont sont victimes les couples du même sexe [et] rappelle à tous les Etats membres que l’interdiction des gay pride et l’éventuelle non protection des participants vont à l’encontre des principes promus par la Convention européenne des droits de l’homme".
La résolution contient par ailleurs la proposition d’instituer le 17 mai comme la «Journée internationale contre l’homophobie».
Le cardinal Angelo Scola a rappelé que l’Eglise respecte les homosexuels. Pour ce qui concerne le parlement européen, il a déclaré
"Il est nécessaire qu’il y ait davantage de respect pour les orientations de nos peuples".
Un vote dissident pour le respect des valeurs morales
De Philippe Maxence, dans L’Homme Nouveau :
"Il est clair que nous n’avons pas à choisir entre l’anti-culture de mort et l’anti-culture de mort. C’est peut-être un processus de longue haleine que nous mettrons ainsi en place. Mais, Dieu aidant, et notre confiance en Dieu étant enracinée dans la prière, nous devrons peut-être recourir au vote dissident, c’est-à-dire au vote pour le respect des valeurs indiquées par le Pape.
Nous devons avoir aussi en tête que l’avenir de notre pays se joue, mais ne se limite pas à ces élections présidentielles ni aux élections législatives qui suivront. Nous avons la grâce d’être dans un temps où nous devons faire le choix de nous comporter en chrétien, de penser, de vivre et d’agir en chrétien. D’être des chrétiens toujours et partout. Constamment !"
L’objection de conscience : une nécessité face au relativisme
De Christophe Geffroy dans La Nef :
"[O]n ne peut continuer éternellement à demeurer complice de la dégringolade morale de notre société au prétexte du "moindre mal". […] Cette intransigeance, somme toute nouvelle, me semble profondément prophétique et nécessaire dans un monde où le relativisme règne en maître et, au nom du consensus majoritaire, porte très gravement atteinte à la dignité de la personne et au bien commun."
L’époque des « rave-parties » est de retour
…avec autorisation du ministère de l’intérieur.
Environ 18000 personnes étaient comptabilisées à 16h00 sur le site de Toul-Rosières (Meurthe-et-Moselle), une ancienne base militaire de l’Otan, qui accueille jusqu’à mardi le Teknival du 1er mai.
Quelque 1000 personnes ont été contrôlées, dans 600 véhicules, par la gendarmerie, et une trentaine de procédures ont été engagées pour détention de stupéfiants, principalement des dérivés de cannabis, et port d’arme. La police a procédé à 350 contrôles et a engagé 43 procédures pour ces deux mêmes chefs. 4 personnes ont été placées en garde à vue.
Environ 800 gendarmes, dont 500 seront sur le pont quotidiennement, et 250 policiers sont mobilisés de vendredi à mardi. Une centaine de personnes a été soignée, majoritairement pour des blessures mineures. 90 pompiers et secouristes sont à pied d’oeuvre pour assurer la sécurité des visiteurs en plus des bénévoles d’AIDES et de Médecins du Monde.
Casse-tête turc
Suite aux derniers évènements politiques en Turquie, où la situation balance entre putsch militaire et islamisme, Yves Daoudal résume le problème :
"Quand la laïcité c’est le coup d’Etat militaire, et quand la démocratie, c’est l’islamisme, qu’est-ce qu’on fait ?"
MJ
1er tour : l’analyse de Polémia
Extraits :
[On remarque] le score historiquement bas de la gauche : 36,4 % plus faible qu’en 2002, pourtant année d’étiage électoral, où il s’élevait à 42,89 % […]
[L]a Seine-Saint-Denis [est], avec l’outre-mer, où la gauche progresse, l’un des rares départements où la gauche se maintient, […] passant de 45,97% (extrême gauche antilibérale comprise) en 2002 à 45,84% en 2007. A contrario, là où Le Pen, Mégret, Chirac, Madelin et Boutin avaient recueilli 40,47% des suffrages, il n’en reste plus que 37,23% cinq ans plus tard, en décalage, là aussi, avec l’évolution générale.
Il est difficile de ne pas voir dans cette évolution électorale à contre-courant la conséquence de la modification de la composition de l’électorat sous le poids notamment des nouveaux inscrits ; phénomène qui fut d’ailleurs observé lors des élections municipales belges de l’automne 2006.
Mise au point de Paul-Marie Couteaux
"Dès le lendemain 23 avril, j’ai dit clairement à Philippe de Villiers que pour ce qui me concernait je ne pouvais appeler à voter pour Nicolas Sarkozy, cela pour la raison principale que, conformément au dispositif du plan Merkel qu’approuvait encore bruyamment le candidat UMP en mars dernier, il ferait adopter un nouveau traité constitutionnel (rebaptisé "institutionnel") par la voie parlementaire, ce qui, s’il était élu, pourrait se faire sous présidence française dès le début de l’année 2008. […]. J’ai donc dit à Philippe mon intention d’appeler à voter blanc et de le faire savoir […]. C’est donc tout naturellement que mercredi 25 j’ai publié un communiqué […]
Après la publication de ce communiqué, divers journalistes m’ont appelé et pour l’un d’eux il est ressorti de notre conversation que "je ne voulais plus avoir de lien avec le MPF". C’était aller très au-delà de ce que j’ai dit : je n’ai fait que rappeler en effet que je n’étais pas formellement membre du MPF, mais plutôt du RIF (Rassemblement pour l’Indépendance de la France) […]
Je tenais à faire cette mise au point au cas où certains d’entre vous seraient tentés d’extrapoler à partir de propos qui étaient eux-mêmes des extrapolations."
Retour sur l’interview de Nicolas Sarkozy sur Radio Notre-Dame
A l’heure où de nombreux catholiques hésitent entre le vote Sarkozy et le vote blanc/nul lors du 2e tour, l’émission Face aux Chrétiens de jeudi dernier était d’un très grand intérêt. Le mérite en revient surtout aux excellentes questions des journalistes – notamment Aymeric Pourbaix, de RND.
Synthèse :
L’euthanasie (repère : 12’20 ). "Je n’ai jamais été pour l’euthanasie. […] Il faut respecter la vie […]. J’ai juste dit : quand la douleur rend la vie impossible, elle n’est plus tout à fait la vie. […]. Je dis qu’au bout de la vie, quand la souffrance rend la vie insupportable, je ne veux pas m’enfermer dans des principes."
Tout en récusant l’euthanasie institutionnalisée "comme aux Pays-Bas", et en estimant que la loi actuelle (loi Léonetti) institue de "bons équilibres", M. Sarkozy laisse entendre qu’une euthanasie délibérée comme dans le cas de Vincent Humbert (qu’il cite) devrait être possible, fondée sur le dialogue entre le malade, le médecin et la famille.
Commentaire : le discours est ici incohérent : M. Sarkozy dit simultanément que la loi actuelle convient, et que des cas d’euthanasie actuellement interdits (affaire Humbert) devrait être autorisés.
Recherche et statut de l’embryon (15’20) : [je renonce à citer le passage, qui est très confus, mais où l’on reconnaît en filigrane l’idée toxique d’Alain-Gérard Slama selon laquelle la loi n’a pas à trancher dans ces domaines.]
Contrat d’union civile (23’15) : "A partir du moment où vous acceptez […] que la sexualité est une identité, comment construire une inégalité sur une identité ? Je veux donc que les couples homosexuels aient des droits sociaux, patrimoniaux, fiscaux comme un couple hétérosexuel, mais la famille, l’institution du mariage, les enfants, c’est le mariage."
Loi sur l’homophobie (26’15) : "Je pense qu’il était important d’être sévère avec tout ce qui, de près ou de loi, se ramenait à une homophobie mondaine [?] ou réelle […]. On ne peut pas dire que le racisme, c’est pas bien, et considérer, quand ce racisme s’applique à l’homosexualité, que ça devient une opinion."
Travail du dimanche (33’45) : "Je dis un peu de liberté, un peu de souplesse, un peu de liberté de choisir."
Lundi de Pentecôte (37’30) : "Ce que je veux, c’est qu’il y ait un jour de travail en plus. Les modalités, on peut en parler."
Franc-maçonnerie (38’50) : je ne résiste pas au plaisir de transcrire la question d’Aymeric Pourbaix :
"Lorsque vous avez reçu les représentants de la franc-maçonnerie, c’était le 24 juin 2003, vous avez affirmé que la franc-maçonnerie était chez elle au ministère de l’Intérieur, parce qu’il y avait peu de familles de pensée, disiez-vous alors, qui s’identifiaient aussi bien à la République. En même temps, vous dites que la part du christianisme dans l’identité nationale est essentielle. Comment vous conciciliez les choses, parce que ce n’est pas exactement la même vision de l’Homme qui s’exprime ?"
Réponse de M. Sarkozy : "Ah bah ça, il y a des francs-maçons chrétiens, je l’affirme, je n’opposerais pas, moi…"
Ecoles privées sous contrat (44’20) : "[L]’enseignement privé sous contrat […] joue un rôle social absolument considérable […]. Il faut libérer [les créations de postes d’enseignants dans l’enseignement catholique sous contrat, actuellement bloqués], il n’y a aucune raison de contingenter. S’il y a des demandes, on doit pouvoir y faire face."
Aide aux mères "qui ont choisi de garder leur enfant plutôt que d’avorter" (45’50) : Nicolas Sarkozy répond par… le droit à la formation.
Multiplication des profanations de cimetières (46’20) : "C’est un scandale. Si on ne respecte pas la mort, c’est qu’on ne considère pas la vie. […] [L]a première des préventions, c’est la certitude de la sanction pour ceux qui blasphèment."
Pour réécouter : ici. Rediffusion dimanche 20h sur RND.
Cardinal Barbarin : « je peux voter blanc »
Lors de la remarquable émission Face aux Chrétiens sur Radio Notre-Dame de jeudi dernier (l’invité était Nicolas Sarkozy, mp3), un journaliste a cité cette déclaration du cardinal Barbarin qui sera publié dans Famille chrétienne du 5 mai :
"Si les deux candidats soutiennent une mesure contre laquelle ma conscience se révolte, je peux poser l’acte politique de ne pas voter ou de voter blanc."
Sarkozy : encore une déclaration pro-avortement
Hier soir à Clermont-Ferrand :
[Valéry Giscard d’Estaing] a desserré les carcans qui étouffaient la société française. Il a abaissé l’âge de la majorité à 18 ans. Il a pris l’initiative de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse. Il a soutenu envers et contre tout Simone Veil, qui a porté ce projet de loi à bout de bras sous les attaques et les injures sans jamais faiblir.
Sans Valéry Giscard d’Estaing, sans Simone Veil, sans Jacques Chirac qui était alors Premier Ministre, ce combat n’aurait pas pu être gagné.
Des milliers de femmes leur doivent tout simplement la vie. Ils ont fait honneur à la France.
Erratum (?) : le texte, sur le site de l’UMP, est précédé de l’avertissement : "seul le prononcé fait foi" – or un lecteur m’indique que M. Sarkozy n’aurait en fin de compte pas prononcé ce passage. Les lecteurs qui en auraient le temps peuvent s’en assurer en regardant la vidéo du discours.
Add. : merci aux lecteurs qui confirment que le texte ci-dessus n’a pas été prononcé tel quel. Un lecteur :
[L]e "prononcé" a été abrégé (à moins que ce ne soit au montage de la vidéo…), pour se limiter, après le couplet sur la majorité à 18 ans à :
"C’est lui [VGE] qui a soutenu cette grande dame qu’est Simone Veil. Monsieur le Président, votre présence ici ce soir, c’est pour moi tout un symbole. […] Nous nous inspirons d’exemples de ceux qui avant nous ont mené des combats. […] Je suis heureux, Monsieur le Président Valéry Giscard d’Estaing, de votre présence parmi nous."C’est certes moins explicite et insupportable que le discours écrit, mais le soutien reste clair et formel…
Voter dans une école couverte de banderoles d’extrême-gauche
C’est ce que des dizaines de milliers de Parisiens ont dû faire au 1er tour.
Dans un courrier au maire PS, [Françoise de Panafieu] a fait valoir que dans ces établissements la liberté de chaque citoyen au suffrage "est remise en cause à la suite de l’affichage par certaines associations politiques de slogans à l’entrée des bureaux de vote".
Un syndicaliste enseignant se défend : "Les slogans n’ont rien à voir avec des consignes de vote" – et c’est en effet bien pire, puisqu’il s’agit de slogans appelant à s’opposer à l’expulsion d’étrangers illégaux.
Cette intimidation des électeurs est défendue par les spécialistes en la matière :
[L]es élus communistes de Paris ont prévenu, dans un communiqué, qu’ils "s’opposeront à ce que ces banderoles citoyennes soient retirées des frontons des écoles".
Le rectorat de Paris a demandé aux directeurs des écoles parisiennes qui font office de bureau de vote d’intervenir.
1er tour : analyse de Liberté politique
"La vie politique française demeure irrémédiablement bipolaire"
Une conclusion à laquelle la Fondation de Service Politique était d’ailleurs arrivée bien avant cette élection : c’est pour cela qu’elle privilégie, parmi les formes d’action politique légitime qui s’offrent aux catholiques, le travail d’influence auprès de l’un de ces deux pôles.
Remise de la supplique aux évêques
Communiqué (pdf) de Renaissance Catholique :
"Le 14 octobre 2006, à l’occasion de sa 16e Marche pour la Vie, l’association Renaissance Catholique prenait l’initiative d’une Supplique aux évêques de France afin de leur demander de rappeler, à l’occasion des prochaines échéances électorales que la défense de la culture de vie doit être le premier critère de choix pour un électeur catholique.
5 270 signatures ont été ainsi rassemblées et remises le 17 avril au secrétaire du cardinal Ricard le père Fayolle, qui a très courtoisement reçu le président de Renaissance Catholique, Jean-Pierre Maugendre, ainsi que notre correspondant à Bordeaux, Fabrice Sorlin."
Racisme anti-blanc
Cette scène qui se déroule à Trappes ne semble pas émouvoir le journaliste du Monde :
"Derrière l’étal de sa boucherie halal, Abdel, 26 ans, qui n’a pas pu voter, confie volontiers que ses frères et soeurs ont tous choisi Ségolène Royal, avec enthousiasme. "Sarko, il est trop dur. Parler de Kärcher pour des êtres humains, il abuse", s’indigne-t-il en appelant son voisin, le fromager : "Eh Yaourt ! Viens nous dire pourquoi tu es pour Le Pen." "Non, non, j’ai voté pour M. Sarkozy", rectifie l’interpellé, gêné."
Imaginons un seul instant que l’interpellé "Yaourt" ait répondu dans le même registre…
Michel Janva (merci à MV)
UE : Nicolas Sarkozy confirme vouloir aller plus loin dans le fédéralisme
Interrogé par Le Monde sur la proposition de Ségolène Royal et de François Bayrou de soumettre un nouveau texte à référendum, le candidat de l’UMP répond :
"C’est une folie. La Constitution préparée de façon excellente par Valéry Giscard d’Estaing est morte, parce que les Français ont dit non, et les Néerlandais aussi. Le rapport de forces en Europe ne permet pas d’avoir une nouvelle constitution. Faire voter un nouveau référendum, c’est se mettre en situation de faire battre l’Europe et donc de la démanteler (…). Aux électeurs du centre qui croient en l’Europe, je veux dire qu’un nouveau référendum tuerait l’Europe.
C’est pourquoi je propose de la doter de quelques règles institutionnelles qui lui permettront de mieux fonctionner : un président, une règle de l’unanimité modifiée".
"Si je suis élu (…) est-ce que vous croyez que je pourrai dire au pays (…) , ‘j’ai encore besoin d’avoir votre opinion’ ?"
Une unanimité modifiée, cela signifie une majorité (qu’elle soit à 51%, aux deux-tiers ou relative) et donc une perte de souveraineté pour les pays qui seraient mis en minorité lors d’une décision.
S’il est élu, le président de l’UMP souhaite "aller vite" pour relancer le processus européen et s’engage, dès la première semaine de sa prise de fonctions, à se rendre à Bruxelles et à Berlin. "Il faut régler les choses entre la présidence allemande de ce semestre et la présidence française" du second semestre de 2008.
Bruno Mégret appelle à l’unité de la droite nationale
Bruno Mégret a appelé à un "congrès d’Epinay de la droite nationale" (laquelle idée avait été proposée par Bruno Gollnisch), pour "proposer une force nouvelle et crédible" aux Français.
Il a annoncé que, pour "faire un premier pas" vers l’union, le MNR ne présenterait pas de candidats dans 15 circonscriptions où se présentent des dirigeants du FN, ainsi que dans 5 circonscriptions convoitées par des dirigeants du MPF, et dans la circonscription du député de l’Essonne ex-UMP Nicolas Dupont-Aignan.
Par ailleurs, M. Mégret a recommandé pour sa part que "pas une voix n’aille à la gauche", laissant ainsi le choix entre l’abstention ou le vote blanc, et le vote Sarkozy.
Pologne : un article de Valeurs actuelles à prendre avec des pincettes
Les fidèles lecteurs de Valeurs actuelles (nous en sommes !) lui accordent à juste titre davantage de crédit qu’aux autres newsmagazines – ce qui rend d’autant plus décevante sa couverture de l’actualité en Europe centrale et orientale, confiée à Michel Arnaud, et dont nous avions déjà signalé l’hostilité au gouvernement conservateur polonais ou au concordat entre le Vatican et la Slovaquie.
Le journaliste récidive cette semaine avec un article partial titré "Fièvre populiste en Europe de l’Est" (sous-titré "Union européenne : Nationalisme, souverainisme, rejet de l’Ouest…"), où il s’en prend notamment à Roman Giertych, président de la Ligue des familles polonaises :
Sur la porte de son bureau, un panneau indique le franc-parler de ce jeune ministre de 35 ans : "Interdit aux pédérastes et aux journalistes de Gazeta Wyborcza"…
[…] Ce clérical nationaliste milite contre l’euro, la constitution européenne, l’homosexualité, l’avortement. Il est favorable à la peine de mort.
Fils et petit-fils d’idéologues de l’extrême droite polonaise, Roman Giertych entra en politique en 1989 en relançant la Jeunesse de la grande Pologne, une organisation antisémite.
Passons sur le prétendu panneau devant la porte de son bureau (histoire bien suspecte), ou sur l’épithète "clérical" – mais désigner le MW comme "une organisation antisémite" est sans aucun doute trompeur. Cet article hostile de Wikipedia dresse un catalogue de faits, souvent vagues, reprochés à l’organisation – mais aucun ne justifie ce qualificatif. Quant au site internet du MW, il cite favorablement un discours de Roman Giertych sur l’importance de la culture juive dans l’identité européenne*.
La partialité de l’article s’explique aisément : il semble reposer sur un simple entretien avec Jacques Rupnik, "directeur de recherche à la Fondation nationale des sciences politiques". Or Michel Arnaud ne précise pas que M. Rupnik est aussi un militant engagé en faveur du fédéralisme européen – au point de présider le "Club Grande Europe".
* Ce blog avait par ailleurs rapporté l’extrême maladresse du père de Roman Giertych sur le sujet de la "civilisation juive".
UE et affaire Geremek : encore une fois deux poids, deux mesures
Le correspondant à Bruxelles du Telegraph de Londres s’étonne de la vive réaction des eurodéputés face aux à la menace du gouvernement polonais de déchoir Bronislaw Geremek de son mandat s’il persiste à refuser de respecter la loi de décommunisation.
Je n’ai jamais rien vu de tel. D’habitude, l’hémicycle est l’un des endroits les plus ternes au monde. Mais la tempête d’aujourd’hui a été telle que la session a presque dû être suspendue. L’un après l’autre, des eurodéputés socialistes, libéraux et – c’est à mourir de rire – communistes se sont levés pour protester contre la "chasse aux sorcières" menée par le gouvernement polonais. Alors qu’ils votent régulièrement la levée de l’immunité d’eurodéputés droitistes, ils ont insisté, sous un tonnerre d’applaudissements, que Varsovie n’avait aucune autorité pour mettre en cause le mandat démocratique de M. Geremek.
Rostropovitch, RIP
Ce Russe que l’on surnommait le "roi des violoncellistes" avait acquis la réputation d’un champion des droits de l’homme à l’époque soviétique, durant laquelle le Kremlin l’avait déchu de sa citoyenneté. Il était ami de l’écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne.
MJ
L’UE veut protéger les animaux
…mais pas l’homme. Sous la plume de Jeanne Smits :
"88 eurodéputés de tous horizons politiques (jusqu’au PPE) ont cosigné mardi une «déclaration» visant à faire interdire toute recherche en laboratoire sur les primates dans les expériences scientifiques. Parmi les raisons invoquées, celle-ci entre dans le cadre des pressions actuelles pour faire disparaître la notion de nature humaine spécifique :
« Considérant que l’ADN de la plupart des espèces de primates est à 90% semblable à celui de l‘être humain et qu’il est reconnu que les espèces de primates peuvent ressentir une grande souffrance en captivité… »
De là à une déclaration d’humanité il n’y a qu’un petit pas, qui est au demeurant presque franchi à rebours, un peu plus loin, lorsque les signataires signalent
« qu’en dépit des similitudes génétiques, d’importantes différences subsistent entre les humains et les autres primates et que les expériences menées sur des primates ne peuvent pas atteindre la précision d’une étude sur l’homme ».
Autrement dit, on ferait mieux de prendre des hommes comme cobayes."
Des policiers condamnés
… pour avoir usé de la force "plus que nécessaire" !
Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné 4 policiers à des peines de 5 à 8 mois de prison avec sursis. Le contrôle à Saint-Denis d’Hakim Oul Khaled -ivre et récalcitrant- qui contestait avoir grillé un feu rouge était «régulier», l’emploi de la force «justifié» mais les policiers avaient commis une «faute» en usant de moyens «supérieurs à la force strictement nécessaire». Face à un ancien boxeur ivre, «au tempérament très impulsif», indique le tribunal, et qui s’est violemment rebellé contre les policiers, il fallait trouver le bon dosage. Apparemment les quatre gardiens de la paix de la BAC (Brigade anti-criminalité) n’ont pas su le trouver. Il leur en a coûté trois mois de suspension, une condamnation en justice et une mutation dans les services administratifs de la police…
MJ (via Présent)
