Comment dialoguer avec les musulmans ?
Le pape Benoît XVI a demandé aux catholiques fermeté et humilité dans leur dialogue avec les musulmans, en recevant les évêques allemands. Le pape a relevé que les musulmans "sont attachés avec beaucoup de sérieux à leurs convictions et leurs rites religieux", et que les catholiques doivent savoir manifester leurs croyances avec la même conviction :
"Ils ont droit à notre témoignage ferme et humble pour Jésus-Christ".
"Pour le faire avec force de conviction, de sérieux efforts sont clairement requis. Dans les lieux où vit une forte population musulmane [l’Eglise doit pouvoir compter sur des membres] disponibles disposant de connaissances dans les langues et l’histoire des religions qui les rendent aptes à parler avec les musulmans".
Discuter avec les musulmans "présuppose évidement une connaissance solide de sa propre foi". Autrement dit, le dialogue avec les musulmans ne peut être laissé au premier venu : disponibilité, connaissances sérieuses, témoignage ferme et humble de la foi catholique.
UE : le programme allemand
Le 1er janvier 2007, l’Allemagne prendra les commandes de la présidence tournante de l’UE. Merkel a dévoilé son programme. Au coeur des priorités de l’Allemagne figure la relance du projet constitutionnel. La chancelière précise que ce projet sera réglé "après les élections en France", ce qui oblige en quelque sorte l’électeur français à voter pour un candidat ayant défendu le Non, s’il souhaite que le référendum soit respecté.
La chancelière souhaite créer un ministre européen des affaires étrangères et une armée européenne. En revanche, le gouvernement allemand a réaffirmé son opposition à toute nouvelle candidature d’adhésion à l’UE, en soulignant la nécessité de "renforcer les frontières extérieures de l’Europe". Dans le même temps, Berlin propose de développer une politique de voisinage basée sur une sécurité et un bien-être commun en direction des pays qui ne pourront pas être intégrés.
La sécurité énergétique et la protection du climat constitueront également des thèmes importants. Berlin souhaite s’engager pour une Europe plus sociale. Enfin, Berlin souhaite aménager le partenariat européen avec l’Afrique et favoriser une meilleure coopération européenne en matière de lutte contre le terrorisme.
Féroces avec les faibles, serviles avec les puissants
Dans Présent de samedi, Alain Sanders dénonce cette France des faux culs :
"Un pays où de faux rebelles nous sont donnés comme des résistants. De faux artistes comme des génies. De faux chanteurs comme des ténors et des sopranos. De faux écolos comme des chantres de l’environnement. De fausses stars comme de vraies étoiles. Etc. Quelques exemples ? Si vous voulez. Commençons par Sarkozy, le rouleur de mécaniques, la terreur de Neuilly. On nous le présente comme le premier flic de France, l’homme capable de ramener la loi et l’ordre là où règnent le désordre et l’insécurité. Les événements récents dans les banlieues ethniques ont montré que ce grand méchant mou est surtout un faux dur.
Continuons avec José Bové, le céréale killer donné pour un défenseur du roquefort et des campesinos. Il suffit de soulever ses moustaches et son faux nez pour s’apercevoir que ce véritable agitateur gauchiste est un faux paysan, un faux écolo, un faux héros. […] Et l’on pourrait classer dans la même catégorie les Ruquier, les Ardisson, les Bern, tous pétés de thunes et affichant des positions gauchardes nourries de Libération, de Canard enchaîné et autres Charlie–Hebdo. […] Etc.
Et c’est ainsi, petit à petit, que le pays des héros, des saints, des savants, des missionnaires, des inventeurs, des découvreurs, des Bournazel, des Foucauld, des Lépine, des Cavelier de La Salle, des Corneille, des Forain, des Brassens, est devenu celui de nains artistico-politico-médiatiques. Et l’on voudrait, en plus, que nous débordions d’optimisme ?"
Présent rappelle par ailleurs que, ce week-end, les vrais "rebelles" seront au Bourget, où le quotidien résistant tiendra un stand.
Les Crunchy Cons rejettent le système et non la société
Pour ceux qui ont suivi la controverse entre Philippe Maxence et Yves Daoudal à propos des "Crunchy Cons", la suite du débat se situe ici. Extraits :
"La fonction d’ingénieur poussée jusqu’à sa logique extrême nous a privés de la nature, privés de ce qu’elle avait à nous dire, privés de ce que nous pouvions lui arracher. Comme les professeurs privent nos enfants d’une culture humaine. Comme les boulangers privent nos tables d’une manne civilisatrice. […] Ce ne sont pas les parents qui singent les enseignants et les boulangers. Ce sont les enseignants et les boulangers qui ont fini par singer leur propre métier. Alors, devant cet échec, les parents ont pris la relève. […] Saint-Exupéry nous a dit que l’avion n’était qu’un outil. Il nous a dit également que la terre nous apprenait beaucoup sur nous parce qu’elle nous résistait. Elle résiste comme la mer. Et cette résistance, convertie par l’homme en volonté, devient chez lui une force. […]
La deuxième idée à retenir […] est celle qui insiste sur l’impérieux devoir du chrétien de rester dans la société, d’être soudé à elle, de partager ses espoirs et ses peines. C’est vrai. L’Évangile est, sur ce point, d’une grande clarté. […] Les Crunchy Cons rejettent le système, ses hommes et ses produits. Ils ne rejettent pas la société. D’ailleurs, il serait absurde de vouloir rejeter une société. Le poisson ne rejette pas l’eau dans laquelle il vit. Même les Amish, contrairement aux apparences, ne se retirent pas de l’univers américain : ils l’intègrent à une autre époque. Les Crunchy Cons ne font que se retirer des circuits qu’ils jugent néfastes. S’ils apparaissent parfois marginaux, c’est pour mieux créer d’autres circuits de substitution. Voilà tout. Les créer et en vivre."
Les Facultés libres ont la cote!
C’est Valeurs actuelles qui le dit cette semaine:
En six ans, nous avons doublé le nombre de nos
étudiants : soixante-dix en psychologie et cent trente en philosophie,
confie Michel Boyancé, doyen de l’Institut de philosophie comparée
(IPC). Le cas de cet établissement privé parisien, qui offre à ses
étudiants des débouchés aussi divers que le professorat, les ressources
humaines ou la communication, n’est pas isolé.
Tous ont en commun d’assumer sereinement leur filiation chrétienne. […] Mais si l’enseignement y est prodigué à la lumière
de l’humanisme chrétien, ces facultés libres séduisent bien au-delà des
sorties d’église.
« Nous adaptons au milieu universitaire les méthodes des
grandes écoles : sélection, taille humaine, suivis personnalisés des
élèves, projet professionnel… », résume le directeur de l’Ices,
François Boulètreau.
Les résultats sont là. Les taux de réussite aux examens de 75 à 80 %,
bien supérieurs à ceux du public, s’accompagnent de débouchés
professionnels avoisinant les 80 % dans les six mois suivant
l’obtention du diplôme.
Voilà au moins une bonne nouvelle!
Pierre Nicolas
Union gay légalisée à Mexico
Une loi autorisant l’union homosexuelle a été votée (par 43 voix pour, 5 abstentions et 17 contre) jeudi à Mexico par les élus de la capitale mexicaine, une première dans un pays où l’avortement n’a toujours pas été légalisé. Le texte, baptisé "loi de société de coexistence", ne permettra cependant pas d’adopter un enfant et ne concerne que la ville de Mexico. Seuls des législateurs du Parti d’action nationale du président Vicente Fox et du président élu Felipe Calderon se sont opposés au projet de loi.
Accoyer se dédit
Lahire annonçait hier que Bernard Accoyer s’inquiétait que Le Pen ne puisse avoir ses parrainages. Accoyer a affirmé aujourd’hui qu’il n’avait "jamais envisagé qu’un élu UMP puisse apporter son parrainage à une candidature de Jean-Marie Le Pen" pour la présidentielle :
"Les élus UMP ont, évidemment, vocation à apporter leur parrainage au candidat ou à la candidate soutenu par l’UMP".
Pour Daoudal, tout ceci montre une division au sein de l’UMP, où tout se décide en fonction de la stratégie électoraliste.
Laïcité et famille : les positions de Le Pen et Villiers
La Croix a interrogé Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers sur divers sujets, dont la laïcité et la famille :
La laïcité
Jean-Marie Le Pen :
«Il faut refuser le prosélytisme dans les lieux publics, car c’est à l’islam de s’adapter à la France et pas l’inverse. À l’école, je refuse le voile et l’aménagement général des repas au motif des interdits alimentaires pour quelques-uns. Il faut suspendre le versement d’allocations familiales à toutes les épouses d’un même homme, ce qui encourage la polygamie. Enfin, je m’oppose formellement au financement public direct ou indirect du culte musulman.»Philippe de Villiers :
« La laïcité, c’est la séparation entre le spirituel et le temporel, fondée d’ailleurs par le christianisme [La DSE parle en fait de distinction et non de séparation, ce que Villiers explique juste après. NDMJ], mais ce ne doit pas être une cloison étanche. L’idée de rejeter la religion dans la sphère privée est aussi dangereuse que l’inverse. Il faut maintenir la loi de 1905, même si elle est imparfaite, et dissoudre le CFCM, dont la vocation politico-religieuse ne respecte pas le principe de laïcité. La construction de mosquées, comme celle d’églises ou de synagogues, doit être financée par les fidèles eux-mêmes ; ni par les contribuables, ni par des financements étrangers. Et il faut imposer une charte républicaine afin que l’islam respecte l’égalité hommes-femmes, interdise la polygamie et les mariages forcés. Ce n’est pas à la France de s’adapter à l’islam mais à l’islam de s’adapter à la France. Le danger du développement de l’islam n’est pas pour moi un problème religieux mais politique, car la République recule devant le communautarisme. C’est pour cela que je suis hostile au port du voile dans les lieux publics. »![]()
La famille
Jean-Marie Le Pen :
«Dès la création du Front national en 1972, nous avons défendu l’institution familiale. Certain que la famille est la condition première de l’équilibre social, je propose donc l’instauration d’un salaire parental pour un des deux parents, afin qu’il ou elle puisse se consacrer à la garde et à l’éducation des enfants, et la mise en place d’un statut juridique et social de la mère de famille (retraite, couverture maladie, droit à la formation professionnelle). N’oublions pas qu’une femme sur deux voudrait avoir un enfant supplémentaire ! Je propose aussi la création d’un prêt familial au logement, et de réserver les allocations familiales aux familles françaises, avec un objectif de couverture du coût réel de l’enfant à charge. »Philippe de Villiers :
«La famille, c’est la survie biologique de l’homme. Elle doit être reconnue dans la Constitution et son fondement être le mariage entre un homme et une femme. Je suis opposé au mariage homosexuel défendu par le PS comme à l’union civile proposée à la fois par François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. Entendons-nous bien : la liberté de comportement doit être garantie, mais les avantages fiscaux, sociaux et successoraux réservés aux couples mariés. Le pacs est un premier pas vers l’équivalence des droits et je refuse cet engrenage. Encourager une vraie politique familiale, c’est par ailleurs l’instauration d’un revenu parental de 1 000 € net, d’un prêt familial à taux zéro pour l’accession à la propriété et la suppression des droits de succession.»
En attendant les positions pro-vie, les réelles différences restent à trouver et on se demande quelque part pourquoi ces deux politiciens n’unissent pas leurs forces.
Les questions du Diocèse de Fréjus-Toulon sur le Téléthon font du bruit
Libération s’empare de l’affaire, et l’association organisatrice du Téléthon répond de manière dérisoire aux objections éthiques des catholiques : elle agirait "toujours dans le respect de la loi" !
Le diocèse rappelle, lui, que "toute recherche doit obéir à des règles éthiques qui doivent prendre en compte la dignité de la personne humaine, et en particulier considérer que l’embryon n’est pas un simple matériau". Lui répondre que "c’est légal", ce n’est pas répondre.
Messe “traditionnelle” : un sondage pour contrer la désinformation
L’association traditionaliste Paix Liturgique vient de faire réaliser un sondage par l’institut CSA afin de mieux savoir ce que pensent vraiment les catholiques d’une éventuelle "libéralisation" de la Messe dite selon l’ancien rite. Parmi les réponses :
Pensez-vous qu’il soit souhaitable que les catholiques puissent avoir le choix d’assister selon leur sensibilité à la messe traditionnelle en latin avec des chants grégoriens ou à la messe moderne en français ?
Oui : 65 %
Non : 13 %
Cela m’est indifférent : 22 %
Ces chiffres portent sur 55% de l’échantillon sondé : les personnes se déclarant catholiques, pratiquantes ou non.
Si ce sondage visait à faire pression sur les autorités de l’Eglise, il serait déplacé : l’Eglise n’est pas une démocratie, encore moins une "sondo-cratie". Mais il ne s’agit pas de cela : il veut contrer la désinformation selon laquelle une majorité de catholiques serait hostile à une "libéralisation". Paix Liturgique cite Henri Tincq; on pense aussi à ce qu’écrivait Libération samedi dernier :
A l’exception de la minichapelle intégriste de l’abbé Philippe Laguérie […] la main tendue du pape Benoît XVI aux catholiques traditionalistes sème la consternation dans l’Eglise de France.
Le lobby gay et la faiblesse du laïcisme
Interrogé dans l’Homme Nouveau, Thibaud Collin, philosophe et auteur du livre Le mariage gay : les enjeux d’une revendication, affirme :
"Les partisans du mariage gay veulent un renversement de ce qu’ils nomment "l’hétérosexisme". Ils désignent par là, sur le modèle du sexisme et du racisme, une idéologie visant à assurer la domination des hétéros sur les homos. Il y a là une reprise du schéma marxiste dans le but de culpabiliser le sens commun afin de reproduire une révolution anthropologique. Car le soit-disant "hétérosexisme" consiste, en fait, à considérer que l’ordre humain est antérieur au politique, que le champ politique ne peut légiférer sur tout et qu’il a à reconnaître la signification du corps sexué comme origine de la vie humaine et donc par là aussi du social.
On voit ici que l’égalité, comprise comme indifférenciation promouvant un mariage et une filiation neutre, asexuée, est le fer de lance de la revendication et que ce discours, très habilement, touche le discours républicain classique. La République se trouve très démunie contre cette revendication qui lui subtilise son propre vocabulaire. On peut aussi se demander ce qui rend, dès son origine, la République laïque manipulable. Je crois que cette revendication est l’occasion d’une prise de conscience de la faiblesse anthropologique du discours laïque."
Une mosquée contre le patrimoine
La construction d’une grande mosquée à Belfort à quelques pas des fortifications de Vauban crée une polémique. Cette mosquée, qui doit remplacer un “lieu de culte” dans la ville de Jean-Pierre Chevènement, pourra accueillir quelques 1700 personnes sur 2600 m². Bien que classée monument historique, ce qui aurait dù la mettre à l’abri de toute construction risquant d’en gâcher la vue, la vue de la citadelle sera gâchée par un ouvrage de 10 mètres de haut.
Pour obtenir l’aval du ministère de la culture, Jean-Pierre Chevenement a réussi à faire dessaisir l’architecte des Bâtiments de France qui réclamait un délai de 4 mois pour étudier l’impact esthétique que l’immeuble aurait sur le site. Les Belfortains sont d’autant plus mécontents que la municipalité et la région essayaient aussi de faire mettre les fortifications de Belfort sur la liste des oeuvres de Vauban qui font actuellement l’objet d’une demande d’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. La construction de cette mosquée élimine toute chance d’obtenir cette classification.
L’Académie des Beaux Arts a rendu un avis défavorable à la construction de cette mosquée :
"Il ressort des éléments du dossier que, par son implantation dans le champ de visibilité immédiat de l’enceinte fortifiée, et son ampleur, la construction projetée portera inévitablement et définitivement atteinte à l’intégrité historique et esthétique de ce site classé Monument historique en 1923".
La construction d’un stade a été retoquée pour cette raison. Il semble que, lorsqu’il s’agit d’une mosquée, le patrimoine français doit s’écraser. Comme l’identité de la France, oserai-je ajouter.
Victoire des Démocrates aux Etats-Unis : analyses de dirigeants pro-famille
Après les élections de mardi dernier, le site canadien LifeSite a rassemblé les enseignements tirés par plusieurs dirigeants du mouvement pro-famille/pro-vie américain (ici, v.o.). Extraits :
- Gary Bauer, président de la Campaign for Working Families, estime que les Démocrates "méritent 10 sur 10 pour leur choix de candidats. Afin de pouvoir gagner, ils ont présenté
des candidats modérés, dont un grand nombre professaient des valeurs conservatrices, telles que le droit à la vie et le caractère sacré du mariage traditionnel."
Faisant allusion à l’échec des pro-vie dans plusieurs référendums (Californie, Dakota du Sud), il constate que "malheureusement, la question du droit à la vie n’a pas connu ces succès… Le combat pour éradiquer l’esclavage en Amérique a duré des décennies. Celui pour rétablir le droit à la vie prendra aussi longtemps. La cause est juste, et elle doit se poursuivre."
- Le Père Frank Pavone, qui dirige les Prêtres pour la Vie, rejoint cette analyse : "Les Démocrates n’ont pas remporté la majorité au Congrès (et n’auraient pas pu le faire) en s’opposant à la position pro-vie, mais plutôt en ayant suffisamment de candidats qui prétendaient la faire leur." […]
"Culturellement, la tendance nous reste favorable. Tous les indicateurs vont dans notre direction : les sondages sur le soutien à l’avortement; le nombre d’avortements, d’avorteurs et d’avortoirs, qui décline; la forte et nouvelle motivation de nos jeunes militants pro-vie qui savent qu’ils sont des survivants à l’avortement "
Le Père Pavone conclut : "Souvenons-nous que nous n’oeuvrons pas seulement pour la victoire, nous oeuvrons en sachant que la victoire est déjà acquise. La victoire est notre point de départ, parce que Christ est Ressuscité."
Evêques de France et enseignement catholique
Suite à l’intervention de Mgr Cattenoz, la conférence épiscopale va elle
aussi s’interroger sur l’enseignement catholique, comme l’annonce La Croix:
Les évêques se demandent comment l’enseignement catholique, victime de son
succès puisqu’il refuse des milliers d’élèves, peut conserver son
"caractère propre" et s’il faut renforcer son identité religieuse
alors qu’il doit continuer à accueillir tous les enfants.
"C’est un service qui se veut ouvert à tous les enfants, dans le
respect de leur conscience. Peut-il aussi être le lieu d’une proposition
explicite de la foi?".
Mgr Ricard souligne "deux extrêmes" à
éviter: "un établissement catholique qui n’a plus vraiment de référence
chrétienne et se contente de +valeurs humanistes+", ou bien "une
école uniquement confessionnelle prête à n’accepter que des enfants d’un
certain type de famille".
La citation du Cardinal Ricard semble symptomatique du problème qui se
pose aujourd’hui à l’enseignement catholique : Comment redonner au Christ
la première place alors que de nombreux parents – et professeurs – ne
choisissent pas ces établissements pour cela. Cela nécessite en effet une
réflexion sur le mode de transmission de la foi à adopter envers ce public, un
des réels enjeux de la nouvelle évangélisation.
Téléthon et eugénisme : rappel
La grosse presse se fait l’écho de la mise en garde du diocèse du Var à l’égard du Téléthon, dont on connaît les dérives eugénistes. Nous avions cité des extraits de cette fameuse mise en garde, intitulée "il n’est plus possible de participer au Téléthon" (lire aussi notre post de l’année dernière). Cette année, à l’occasion de ses 20 ans, le Téléthon (8 et 9 décembre) bénéficiera de 30h de programmes télévisuels en direct. La Fondation Jérôme Lejeune publie un communiqué sur le sujet.
Diagnostic pré-implantatoire (DPI – véritable eugénisme qui sélectionne les embryons), avortement sélectifs, financement de l’ Institut d’ Etude sur les cellules souches embryonnaires stockant des embryons congelés, lobbying en faveur du clonage sont toutes les raisons qui font qu’on ne peut vraiment pas donner son argent au Téléthon.
Education : Mgr Cattenoz persiste et signe
L’archevêque d’Avignon, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, a lancé le débat en annonçant, fin septembre, qu’il s’apprêtait à publier une "charte de l’enseignement catholique", visant à "replacer le Christ au centre" des établissements privés de son diocèse. Dans un entretien à l’hebdomadaire France catholique, à paraître le 10 novembre, il précise :
"Mon rôle d’évêque m’a amené à constater que l’enseignement catholique défend des "valeurs" et non plus la personne de Jésus Christ. Et qu’à force de défendre des valeurs humanitaristes on est en train de s’éloigner de la foi catholique."
Pour l’archevêque d’Avignon, le principal objectif de l’équipe pédagogique dans un établissement catholique devrait être de "proclamer les merveilles de Dieu".
Grave incident franco-israélien au Liban
L’ambassadeur d’Israël à Paris, Daniel Shek, a été convoqué au ministère des affaires étrangères, jeudi 9 novembre. Mercredi, à l’Assemblée, Michèle Alliot-Marie a déclaré que des avions de chasse israéliens avaient menacé une position des forces françaises de la Finul, le 31 octobre :
"A 2 secondes près, il y avait un tir contre les avions qui menaçaient directement nos forces".
Mme Alliot-Marie a précisé que les F-15 israéliens s’étaient "présentés en piqué" avant de redresser immédiatement leur trajectoire, "ce qui est d’une façon extrêmement claire une posture d’attaque". La Finul a confirmé l’incident, en soulignant qu’il s’agissait d’une "provocation de l’armée israélienne".
Qui veut sauver Libé ?
Mercredi, tandis que le comité d’entreprise de Libération se prononçait contre la suppression d’une centaine d’emplois, plusieurs personnalités du Parti socialiste ont pris la défense du journal et de son ancrage à gauche. Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale :
"La disparition de Libération serait un jour noir pour le mouvement des idées dans notre pays".
Il a souhaité que le premier ministre "se saisisse de l’avenir de Libération". Anne Hidalgo, secrétaire nationale chargée de la culture et des médias au PS, souligne que le projet du parti prévoit "une refonte des aides à la presse, de façon qu’elles aillent en priorité à des journaux réellement indépendants et qui permettent de faire vivre le pluralisme" [faudra-t-il voter socialiste pour aider Présent ?!]. Mme Hidalgo, estime qu’"il y a un vrai problème avec les journaux gratuits" et propose de "réfléchir à un plafonnement des recettes publicitaires de la presse gratuite".
Mais que fait donc Bayrou dans Famille Chrétienne ?
Cette semaine, dans le cadre de ses numéros consacrés au problème homosexuel, Famille Chrétienne publie un entretien avec François Bayrou, dont on sait qu’il s’est publiquement prononcé pour "une union civile" entre homosexuels qui pourrait être conclue à la mairie et le droit à l’adoption (simple) par ces mêmes "couples" (Bayrou avait déjà refusé explicitement de signer le manifeste contre l’homoparentalité).
Dans cet entretien, Bayrou répète les poncifs du lobby gay du type "on ne choisit pas d’être homosexuel", "il faut entendre les couples homosexuels angoissés", "l’homoparentalité existe, que nous le voulions ou non", en s’appuyant (et c’est aussi là que le bât blesse) sur une conception gravement erronée de la laïcité (que nous avions déjà relevé) :
"Je ne mélange pas l’ordre de la loi et la conception que chacun se fait de la morale. […] Je ne prends aucune leçon, ni de démocratie, ni de christianisme. Je n’aime d’ailleurs pas que l’on invoque l’étiquette d’une religion en politique".
Pour être franc, on se demande si cette interview est bien opportune. François Bayrou professe des thèses clairement en contradiction avec la Doctrine sociale de l’Eglise, et on peut imaginer qu’un hebdomadaire catholique aurait à coeur de rectifier ses errreurs (comme l’a brillamment fait Xavier Lacroix dans La Fondation de service politique). Dans ce même numéro, Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste, met certes en garde contre le projet de légaliser l’adoption par un duo homosexuel, mais était-il nécessaire de diffuser également des thèses pernicieuses dans un hebdomadaire dont la vocation est d’être lu par tous les membres de la famille, parents comme enfants ?
Conclusions de la conférence épiscopale
L’Assemblée générale de la conférence des évêques de France communique :
"Au cours de cette Assemblée, les évêques ont pris les décisions suivantes :
· La création d’un Observatoire Foi et culture, [dont le président est Mgr Maurice de GERMINY, évêque de Blois] rattaché à la Commission doctrinale des évêques de France, dont le travail portera sur l’articulation de la culture contemporaine avec la foi chrétienne.
· La mise en place de deux nouveaux groupes de travail : "Catholiques et musulmans dans la France d’aujourd’hui" [avec comme président, Mgr Michel DUBOST, évêque d’Évry] et "La formation des futurs prêtres" [Mgr Pascal ROLAND, évêque de Moulins, président]. […]
L’Assemblée a voté la lettre de mission du Service national des migrants et des personnes itinérantes, et le nouveau titre du Conseil pour les mouvements et associations de laïcs, qui devient le Conseil pour les mouvements et associations de fidèles.
Les évêques de France ont procédé aux élections suivantes :
o Conseil permanent : Mgr Alain PLANET, évêque de Carcassonne, en est élu membre.
o Commission doctrinale : Mgr Pierre-Marie CARRÉ, archevêque d’Albi, en est élu président ; Mgr Claude DAGENS, évêque d’Angoulême, en est élu membre ;
o Conseil pour la solidarité : Mgr Bernard HOUSSET, évêque de Montauban, en est élu président ;
o Comité études et projets : Mgr Jean-Louis BRUGUÈS, évêque d’Angers, en est élu membre"
Guerre ethnique à Nice
"Les affrontements violents (il y a même eu des tirs de 7,65) qui se produisent depuis samedi dernier entre Tchétchènes et Maghrébins dans le quartier de l’Ariane à Nice (France) n’ont rien à voir avec des problèmes communautaires ou ethniques, a décrété le parquet de Nice après l’audition par les enquêteurs de 14 personnes interpellées, «majeures et majoritairement tchétchènes». […] Il n’y a que des Français d’origine maghrébine d’un côté, et exclusivement des Tchétéchènes de l’autre, mais c’est par le plus grand des hasards.
«On ne peut pas non plus ranger administrativement ces événements parmi les violences urbaines, car les forces de l’ordre n’ont pas été prises à partie», a-t-il ajouté. Ainsi, une ville peut être mise à feu et à sang, si les policiers ne sont pas agressés ce ne sont pas des violences urbaines…"
Liban : vers l’unité des chrétiens ?
Le général Aoun et Samir Geagea se sont rencontrés et ont visiblement été soucieux de montrer qu’il n’existe aucune tension, aucune crispation au niveau de la rue chrétienne.
Les évêques de France veulent accueillir les fidèles traditionalistes
Les évêques de France ont manifesté leur soutien à leur président, Mgr Ricard, pour mener "dans la vérité et la charité" une réconciliation avec les intégristes, en soulignant qu’ils attendent de ceux-ci "un geste d’assentiment sans équivoque" à l’Eglise. Dans un message inhabituel au cardinal Jean-Pierre Ricard, l’assemblée plénière des évêques "exprime sa fraternelle confiance" à Mgr Ricard et "redit au Saint–Siège la volonté des évêques de France d’oeuvrer pour la réconciliation dans la vérité et la charité".
Les 110 évêques "tiennent à exprimer leur communion avec le pape". Ils soulignent qu’"avec lui, ils reconnaissent les richesses de l’enseignement du concile Vatican II", souhaitent poursuivre l’accueil des fidèles "attachés aux formes liturgiques antérieures à ce concile" et "partagent le désir de la réconciliation des prêtres et des laïcs qui se sont séparés de la communion ecclésiale après ce concile".
Dans Le Figaro, Guillaume Tabard estime que :
"Le Pape sait que plus les années passeront, plus la réconciliation sera impossible, il y a urgence. D’une certaine façon, Benoît XVI est dans la position du père de la célèbre parabole de l’enfant prodigue : en « tuant le veau gras » pour le fils qui s’est rebellé, il s’attire les foudres du fils qui est resté fidèle.
On peut s’étonner par ailleurs de trouver les plus hostiles à l’égard de ces catholiques séparés de Rome […] parmi les plus ouverts au dialogue avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions. Il est également paradoxal que ceux qui s’inquiètent de la coexistence de deux missels et défendent mordicus l’unité liturgique au sein de l’Église ne se soient pas émus jusqu’à présent de l’extrême diversité née des libertés prises au nom de la « créativité »."
Addendum : lire les conclusions de la conférence épiscopale (pdf).
Sénat : les Démocrates remportent la majorité
Les ultimes décomptes leur ont donné 51 sénateurs contre 49 Républicains (rappel des conséquences).
Rome contre la Gay Pride
Le Vatican a appelé à l’annulation de la Gay Pride prévue vendredi à Jérusalem afin de ne pas heurter "les sentiments de millions de croyants juifs, musulmans et chrétiens". Le Vatican indique dans un communiqué avoir appris "avec amertume" l’organisation à Jérusalem "de l’une de ces soi disant +manifestations de la fierté homosexuelle+". Le Vatican espère en conséquence "que la question soit reconsidérée", ajoute le communiqué, qui précise qu’une note en ce sens a été transmise au ministère israélien des Affaires étrangères par la nonciature apostolique en Israël. Dans cette note, le Saint-Siège souligne que
"le droit à la liberté d’expression est soumis à de justes limitations, en particulier quand l’exercice de ce droit offense les sentiments des croyants".
Une attaque contre Transmettre sur le site du diocèse de Bayeux-Lisieux
La responsable diocésaine de la catéchèse s’y livre à une charge visant la belle revue catholique Transmettre, destinée à aider à… transmettre la Foi aux enfants.
Apparemment jalouse que des catéchistes se nourrissent à cette source, cette laïque accumule les accusations contre la revue qui irait "à l’encontre d’une proposition catéchétique structurée et structurante" (sic) :
- "Les dessins sont intemporels [?] et le patrimoine iconographique provient uniquement des XVème-XVIIIème siècle."
- "Dieu est [présenté dans Transmettre comme] un être omnipotent ; le but est d’apprendre à lui plaire. Le lecteur est placé au dessous d’un Dieu qui le domine, voire qui l’écrase."
- "Le Christ est celui qu’il faut imiter et à qui il faut faire plaisir. « Jésus est venu sur la terre pour nous donner l’exemple de tout faire très bien."
- "La plupart des citations renvoient à des documents datant d’avant le Concile Vatican II. Cette revue propose des vérités à croire simplistes plutôt que des éléments qui aident les catéchistes à structurer leur réflexion."
Des accusations accablantes en effet. Pour celle qui les profère.
PS : On peut écrire [Mise à jour : le lien ne semble pas fonctionner, une autre adresse est proposée dans les commentaires ci-dessous] au site internet du diocèse pour lui suggérer, avec courtoisie, de retirer ce texte blessant. Et on peut demander un spécimen gratuit de Transmettre ici.




