Terres de Mission – Claves : une application pour évangéliser
Terres de Mission reçoit l’abbé Paul Roy, prêtre de la Fraternité Saint Pierre, en charge avec certains de ses confrères du développement de l’application de formation et d’évangélisation Claves.
Puis, le P. Jean-François Thomas présente le volume de printemps récemment paru de ses “Méditations quotidiennes”.
Enfin, Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lecture : “Docteur, ai-je le droit de vivre encore un peu ?” de Tugdual Derville, pour préparer la bataille à venir sur l’euthanasie ; la correspondance Maritain-Massign on, vestige d’un temps où l’intelligence catholique rayonnait sur la France ; et enfin “La condition originelle et la tentation d’Adam”, livre du P. Margelidon, sur l’un des dogmes les plus difficiles à entendre pour nos oreilles modernes : le péché originel.
Les pèlerins de Chartres à Paris marcheront sous le thème des Béatitudes, le courage de la sainteté, l’audace de la chrétienté
Les inscriptions pour le Pèlerinage de Pentecôte 2023, de Chartres à Paris, seront ouvertes lundi 3 avril, lendemain du dimanche des Rameaux. Cette année, le thème sera « Les Béatitudes, le courage de la sainteté, l’audace de la chrétienté ». Comme le pèlerinage de Notre-Dame de Chrétienté de Paris à Chartres, celui de Chartres à Paris connaît une croissance :
- 10% d’augmentation du nombre d’inscrits par rapport à 2019 (malgré l’interruption de 2 ans)
- 85% des inscriptions effectuées en ligne en 2022, ce qui a grandement simplifié le travail administratif.
- Un nombre croissant d’enfants inscrits, signe de vitalité et de pérennité.
Dimanche des Rameaux
Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.
Nous entrons maintenant en ce dimanche dans la semaine qui précède Pâques et qui va nous faire revivre directement les douloureux souvenirs de la Passion. C’est la Semaine sainte. En ces jours, aucune fête ne peut supplanter l’office du temps. Le dimanche des Rameaux est la porte d’entrée monumentale qui nous y introduit. Il est ainsi appelé parce qu’à la Procession qui précède la Messe on porte des palmes et des rameaux bénits.
1- Ce dimanche rappelle et célèbre l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem quelques jours avant sa Passion.
C’était un dimanche. Le Divin Maître venait de Béthanie, monté sur un ânon, et entouré de ses disciples. Il s’avançait vers Jérusalem.
La Sainte Église veut que nous renouvelions chaque année le souvenir de ce triomphe de l’Homme-Dieu et qu’en ce jour Jésus soit acclamé par nous comme notre Roi.
2- La liturgie du dimanche des Rameaux est empreinte de joie et de tristesse. Elle exprime d‘un côté la joie à la vue du triomphe du Sauveur figuré par la procession des Rameaux, et, de l’autre, la tristesse à l’émouvant récit de la Passion selon l’Évangile de Saint Matthieu.
Les cérémonies du dimanche des Rameaux constituent comme un drame sacré en trois actes : 1) la bénédiction des Rameaux, 2) la procession, 3) la célébration de la messe pendant laquelle a lieu le chant de la Passion.
Première partie : la bénédiction des rameaux
Les chants de la bénédiction des Rameaux commencent par une petite antienne légère et joyeuse, dont le texte reprend les acclamations des Hébreux saluant l’entrée du Christ à Jérusalem, en citant un verset du psaume 117, psaume que l’on retrouve à Pâques. Ce verset est répété à la messe dans le Sanctus :
Hosánna fílio David benedíctus qui venit in nómine Dómini, Rex ĺsrael, hosánna in excélsis.
Hosanna au fils de David, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d’Israël, hosanna dans les hauteurs.
La cérémonie de la Bénédiction des Rameaux a été considérablement réduite par Pie XII en 1956.
Le texte décrit la réunion du grand Conseil qui décida de la mort du Sauveur.
En voici la traduction :
Les prêtres et les pharisiens réunirent le grand Conseil et dirent : « Qu’allons-nous faire, car cet homme accomplit de grands signes ? Si nous le laissons faire, tous croiront en lui : on risque que les Romains viennent prendre, et notre pays et notre nation ».
Puis le verset :
L’un d’eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, prophétisa et leur dit : « Il vaut mieux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas ». À partir de ce jour, ils résolurent de le faire mourir.
Philippe Bernard dans son maître-ouvrage de presque 1000 pages « Du chant romain au chant grégorien » paru en 1996, prend ce magnifique répons comme un exemple de survivance du fond gallican dans le chant romain. La réorganisation carolingienne opta en effet pour des lignes mélodiques romaines plus sobres que l’inspiration gallicane riche et tourmentée. L’art grégorien a rarement atteint une telle violence d’expression. Le texte s’y prête admirablement.
Pendant la distribution des rameaux, on chante deux autres petites antiennes qui reflètent bien la joie recueillie et quelque peu naïve des juifs à l’entrée de Notre Seigneur à Jérusalem.
Púeri Hebræórum, portántes ramos olivárum, obviavérunt Dómino, clamántes et dicéntes : « Hosánna in excélsis ».
Les enfants des Hébreux portant des rameaux d’olivier allèrent à la rencontre du Seigneur en s’écriant : « Hosanna dans les hauteurs ».
Deuxième partie : La Procession
La deuxième cérémonie de ce jour est la Procession qui fait suite à la bénédiction solennelle des rameaux.
Elle a pour objet de représenter la marche de Jésus vers Jérusalem et son entrée dans cette ville et c’est afin que rien ne manque à l’imitation du fait raconté dans l’Évangile que les rameaux qui viennent d’être bénits sont portés à la main par tous ceux qui prennent part à la Procession.
Le célébrant accompagné de ses ministres revient au pied de l’autel et, après la révérence convenable, met de l’encens et le bénit. Ensuite le diacre [ou le célébrant] se tournant vers le peuple dit :
Procedámus in pace
Avançons en paix.Tous répondent :
In nómine Christi
Au nom du Christ. Ainsi soit-il
La Procession commence.
Occúrrunt turbæ cum flóribus et palmis Redemptóri óbviam…
Les foules accourent avec des fleurs et des palmes au-devant du Rédempteur, et rendent au vainqueur dans son triomphe les hommages qui lui conviennent ; les nations acclament le Fils de Dieu et dans les airs leurs voix, à la louange du Christ, disent comme un tonnerre : « Hosanna ».Cum Ángelis et púeris fidéles inveniámur…
Avec les anges et les enfants, ayons assez de foi pour acclamer le vainqueur de la mort : Hosanna au plus haut des cieux !
C’est la 2e antienne qui peut accompagner la Procession.
Le Benedíctus si joyeux de l’Hosanna d’entrée se trouve dans la 3e antienne que je vous propose d’entendre. Tempérée de gravité et de ferveur respectueuse, elle est tirée d’un manuscrit du Xe siècle:
Coepérunt omnes turbæ descendéntium gaudéntes laudáre Deum voce magna…
Dans sa joie, toute la foule qui descendait (de Jérusalem) se mit à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus.Ils disaient : « Bénit soit le Roi qui vient au nom du Seigneur !
La paix descend du ciel, gloire au plus haut des cieux !
Au Moyen Âge, la Procession était un hommage solennel à Jésus Roi. On sortait en ville, portant à la main des palmes ; Jésus était représenté dans le cortège soit par la croix, soit par le livre des Évangiles porté solennellement, soit, comme en Angleterre et en Normandie, par le Saint-Sacrement lui-même.
Aujourd’hui, la Procession des rameaux n’est qu’esquissée ; on sort simplement de l’église. En certains pays, on va encore jusqu’au cimetière.
Jusqu’à la réforme de la Semaine sainte sous le Pape Pie XII en 1956, la fin de la procession était marquée par une cérémonie tout à fait symbolique. Que les anciens se souviennent. Que les autres imaginent la scène :
Le cortège revient à la porte de l’église. Les chantres et les enfants de la maîtrise pénètrent seuls dans l’église et on ferme la grande porte derrière eux. Le clergé et les fidèles qui ont pris part à la Procession restent dehors devant la porte fermée. Alors, les chantres, ou de préférence les enfants, entonnent à l’intérieur de l’église une hymne de louange au Christ-Roi, et le clergé et le peuple qui sont au dehors répètent toujours le même refrain d’une belle gravité.
Glória, laus, et honor tibi sit, Rex Christe, Redémptor,
Gloire, louange et honneur à vous, Christ-Roi, Rédempteur,Cui pueríle decus prompsit Hosánna pium.
Pour qui l’hommage des enfants fit jaillir un pieux Hosanna.
Cette hymne merveilleuse est toujours chantée. Elle est l’œuvre de Théodulphe, évêque d’Orléans au IXe siècle.
La tradition rapporte que vers 821 le roi Louis le Débonnaire assistait à la Procession des Rameaux à Angers. La Procession passa près de la tour où était alors prisonnier l’évêque Théodulphe qui avait encouru la disgrâce du roi. Théodulphe se mit à chanter le Glória Laus dont il était l’auteur. En entendant ce chant, le roi en fut si touché qu’il fit remettre Théodulphe en liberté.
En voici la traduction :
1) Vous êtes le roi d’Israël, le noble fils de David, ô Roi béni, qui venez au nom du Seigneur.
2) L’armée angélique tout entière, au plus haut des cieux, les hommes mortels et toutes les créatures vous adressent ensemble leurs louanges.
3) Le peuple hébreu vint au-devant de vous avec des palmes ; nous voici avec des prières, des vœux et des cantiques.
4) Vous alliez souffrir lorsqu’il vous offrit le tribut de sa louange ; à vous qui régnez maintenant, nous adressons ces hymnes.
Quand le chant est terminé, le sous-diacre frappe trois fois à la porte de l’église avec le pied de la croix de Procession ; la porte s’ouvre et le cortège entre dans l’église.
Le texte du répons Ingrediénte que l’on chante en rentrant dans l’église est tout à fait analogue à celui des petites antiennes de la bénédiction des rameaux ; il est inspiré de l’Évangile, mais la mélodie est évidemment beaucoup plus ornée, faite de formules que l’on rencontre dans d’autres répons : elle est calme et douce, nous préparant déjà à l’ambiance toute différente de la messe.
Voici la traduction du texte :
Comme le Seigneur entrait dans la cité sainte, les enfants des Hébreux, annonçant par avance la résurrection de celui qui est la vie, tenant des rameaux de palmiers, criaient : Hosanna au plus haut des cieux.
Comme tous les répons celui-ci comporte un verset après lequel est reprise la dernière phrase :
Cumque audísset pópulus quod Jesus veníret Jerosólymam…
Lorsque le peuple apprit que Jésus venait à Jérusalem, ils sortirent au devant de lui.
Troisième partie : la Messe
Après l’entrée triomphale à Jérusalem, toute la messe sera consacrée à cette douloureuse Passion qu’exprime parfaitement le messianique psaume 21 d’où est pris le texte de l’introït :
Dómine, ne longe fácias auxílium tuum a me, ad defensiónem meam áspice.
Seigneur, n’éloignez pas de moi votre secours, veillez à ma défense.Líbera me de ore leónis, et a córnibus unicornuórum humilitátem meam.
Délivrez-moi de la gueule du lion, protégez ma faiblesse des cornes des licornes.
La mélodie commence d’une façon grave et sombre puis elle s’élève progressivement dans la deuxième phrase jusqu’à l’aigu en un cri douloureux sur le mot áspice = veillez, préparé par un grand crescendo. La troisième phrase est plus calme et plus assurée, introduisant une note de confiance qui n’est pas dans le texte. Le verset est bien entendu le premier du psaume 21, celui que Notre Seigneur a récité sur la croix :
Deus, Deus meus, respíce in me, quare me dereliquísti ?
Mon Dieu, mon Dieu, regardez-moi. Pourquoi m’avez-vous abandonné ?Longe a salúte méa verba delictórum meórum.
La voix de mes péchés éloigne de moi le salut.
Et, comme dimanche dernier, on ne chante pas le Glória Pátri et on reprend aussitôt l’introït.
Le graduel Tenuísti et le Trait du dimanche des Rameaux sont tout à fait exceptionnels par leurs dimensions. Le graduel d’abord est le plus long du répertoire ; de plus sa mélodie est très originale : elle n’est pas faite de formules qui reviennent souvent comme c’est habituellement le cas des graduels. Enfin il est un peu à part dans les chants de cette messe : s’il peut très bien être placé dans la bouche du Christ, il n’exprime aucune souffrance.
Le texte est tiré du psaume 72, qui est précisément une méditation sur la confiance que le juste doit toujours garder dans le Seigneur malgré la tranquillité dont semblent jouir les pécheurs. On trouvera le début de ce psaume dans la deuxième partie du graduel, tandis que la première partie exprime l’abandon à la volonté divine et l’espérance de la résurrection en des termes qui font penser à ceux de l’introït Resurréxi du dimanche de Pâques, pourtant tiré d’un autre psaume :
Tenuísti manum déxteram meam
Vous me tenez par la main droiteIn voluntáte tua deduxísti me
Vous me conduisez selon votre volontéEt cum glória assumpsísti me
Et vous m’élevez dans la gloireQuam bonus Ísrael Deus rectis corde…
Oui, Dieu est bon pour Israël, pour ceux qui ont le cœur droit, et pourtant mes pieds ont failli être ébranlés, mes pas ont failli hésiter, car j’étais jaloux des pécheurs en voyant la paix où se trouvent les pécheurs.
Pour la dernière fois cette année, en ce dernier dimanche du Carême, le graduel est suivi d’un Trait. Nous y retrouvons le psaume 21, le grand psaume prophétique de la Passion d’où était tiré l’introït, et dont il reprend 14 versets sur 34. C’est donc le Christ qui parle.
| 7. Tractus. Ps. 21, 2-9, 18, 19, 22, 24 et 32. | 7. Trait. |
| Deus, Deus meus, réspice in me : quare me dereliquísti ? | Mon Dieu, mon Dieu, tournez vers moi votre regard, pourquoi m’avez-vous abandonné ? |
| V/. Longe a salúte mea verba delictórum meórum. | La voix de mes péchés éloigne de moi le salut. |
| V/. Deus meus, clamábo per diem, nec exáudies : in nocte, et non ad insipiéntiam mihi. | Mon Dieu, je crie pendant le jour et vous ne m’écoutez pas ; la nuit, et je n’obtiens pas de soulagement. |
| V/. Tu autem in sancto hábitas, laus Israël. | Pourtant vous habitez dans votre sanctuaire et vers vous montent les louanges d’Israël. |
| V/. In te speravérunt patres nostri : speravérunt, et liberásti eos. | Nos pères ont espéré en vous et vous les avez délivrés. |
| V/. Ad te clamavérunt, et salvi facti sunt : in te speravérunt, et non sunt confusi. | Ils ont mis en vous leur confiance et ils n’ont pas été trompés. |
| V/. Ego autem sum vermis, et non homo : oppróbrium hóminum et abiéctio plebis. | Mais moi, je suis un ver de terre et non un homme, l’opprobre des hommes et le rebut du peuple. |
| V/. Omnes, qui vidébant me, aspernabántur me : locúti sunt lábiis et movérunt caput. | Tous ceux qui me voient me méprisent. Ils ouvrent les lèvres et branlent la tête, en disant |
| V/. Sperávit in Dómino, erípiat eum : salvum fáciat eum, quóniam vult eum. | « Il a mis sa confiance dans le Seigneur, qu’il le sauve, puisqu’il l’aime. » |
| V/. Ipsi vero consideravérunt et conspexérunt me : divisérunt sibi vestiménta mea, et super vestem meam misérunt mortem. | Ils m’observent et me regardent. Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. |
| V/. Líbera me de ore leónis : et a córnibus unicórnium humilitátem meam. | « Seigneur, délivrez-moi de la gueule du lion et des cornes des buffles. » |
| V/. Qui timétis Dóminum, laudáte eum : univérsum semen Iacob, magnificáte eum. | Vous qui craignez le Seigneur, louez-le, vous tous, descendants de Jacob, chantez ses louanges. |
| V/. Annuntiábitur Dómino generátio ventúra : et annuntiábunt cæli iustítiam eius. | On parlera du Seigneur à la génération future. Ils viendront et ils annonceront ce qu’il a accompli. |
| V/. Pópulo, qui nascétur, quem fecit Dóminus. | Au peuple qui naîtra, ils diront ce qu’il a fait. |
La mélodie reprend une des deux formules de psalmodie ornée que l’on trouve dans les Traits, celle du premier dimanche de Carême : calme, douce et très priante, avec de beaux élans vers l’aigu.
L’offertoire Impropérium, un des grands chefs d’œuvre du chant grégorien, est le plus douloureux des chants de cette messe, et peut-être le plus douloureux de tout le répertoire. Le texte est tiré du psaume 68 qui est, comme le psaume 21, un des grands psaumes prophétiques de la passion, annonçant tout spécialement la solitude du Christ et l’abandon de tous ses amis :
Voici la traduction de son texte :
Mon cœur s’est attendu à l’outrage et au malheur ; j’ai espéré quelqu’un qui s’attristât avec moi, mais il n’y a eu personne ; j’ai cherché un consolateur et je n’en ai pas trouvé ; pour nourriture ils m’ont donné du fiel, et pour étancher ma soif ils m’ont abreuvé de vinaigre.
La mélodie exprime parfaitement cette souffrance. Tous les mots sont soulignés par des neumes longs et lourds : de nombreuses cadences en demi-ton sonnent douloureusement ; Cette mélodie culmine à l’aigu dans la dernière phrase sur le mot síti, la soif, qui éclate comme un cri ; Ce n’est pas seulement la soif physique dont il est question ici, mais la soif d’une réponse généreuse à l’amour infini dont Notre Seigneur a fait preuve en mourant pour nous.
Le texte de l’antienne de Communion qui suit maintenant provient de l’Évangile. Ce ne sont plus les paroles des psaumes que nous mettons dans la bouche du Christ, mais ce sont celles qu’il a lui-même prononcées que nous répétons. Il s’agit ici de la prière qu’il a adressée à son Père, dans son agonie au jardin des Oliviers :
Pater, si non potest hic calix transíre nisi bibam illum ;
Père, si ce calice ne peut passer sans que je le boive ;fiat volúntas tua.
Que votre volonté soit faite.
Cette prière résume en quelques mots les sentiments du Christ dans sa Passion, la souffrance qu’il doit endurer, et sa soumission à la volonté de son Père. Bien que cette antienne soit beaucoup plus courte que le chant de l’offertoire et la mélodie beaucoup plus dépouillée, elle exprime pourtant la même souffrance. Cependant les derniers mots fiat volúntas tua sont plus paisibles et assurés.
K comme K (cas!) de dérogation
Nous poursuivons la série alphabétique d’extraits du livre de notre ami Bernard Prady: Islam et Islamisation dans une France macronisée:
La vigile pascale est censée se dérouler de nuit, la veille du jour de Pâques. En ce printemps 2021, la France était soumise (très soumise) aux diverses interdictions des pouvoirs publics et en particulier d’un couvre-feu. Or la conférence des évêques de France n’a même pas jugé bon (utile?) de demander officiellement une dérogation pour la vigile pascale afin de permettre le déroulement des rites catholiques.
Des association (Civitas) et parti politique (VIA – La voie du peuple) avaient néanmoins introduit une demande de référé-liberté pour l’obtenir. Cette demande a été rejetée par le Conseil d’État qui a, en particulier, justifié son refus en se référant… à l’absence de demande de la part des évêques! « De nombreuses paroisses ont adapté leurs horaires pour tenir compte de ce couvre-feu en multipliant les offices et en avançant l’horaire des cérémonies se déroulant l’après-midi, notamment pendant la semaine de Pâques… La Conférence des évêques de France a également proposé des aménagements liturgiques permettant de célébrer la veillée pascale du 3 avril, en tenant compte des restrictions liées au couvre-feu » !
On apprend maintenant que, à sa demande, le CFCM (Conseil français du culte musulman) a obtenu du ministère de l’Intérieur l’allègement de ces mêmes contraintes nées du couvre-feu, et non pas pour une journée mais pour la durée du ramadan (un mois): l’heure de la première prière musulmane, qui doit avoir lieu avant l’aube et est donc soumise à l’allongement des jours en cette période, est de 5h24 le 13 avril et de 4h18 le 13 mai.
(Extrait de “Quand l’Église de France manque de clairvoyance. Trois exemples” – Le 19 avril 2021)
Les cinglés ridiculisés
Amusant :
Avi Silverberg est depuis dix ans l’entraîneur de l’équipe nationale du Canada de powerlifting (une sorte d’haltérophilie appelée dynamophilie au Québec).
Samedi 25 mars (ce n’est donc pas un poisson d’avril), il a participé au tournoi féminin de l’Alberta en se présentant comme femme, ce que permet le règlement, qui au nom de l’anti-discrimination permet à chacun et chacune de choisir son genre.
Il a pulvérisé le record de « développé couché » en soulevant très facilement 167 kg, soit 45 kg de plus que le record précédent, détenu… par un homme qui contrairement à lui s’habille en femme.
Avi Silverberg, qui a refusé de s’exprimer, est très critiqué pour avoir osé ridiculiser la politique anti-discrimination de la fédération canadienne de powerlifting. Mais c’est manifestement ce qu’il voulait faire…
41ème pèlerinage de Pentecôte, sous le thème de “L’Eucharistie, Salut des âmes”
Plus de 20 000 pèlerins sont attendus au 41ème pèlerinage de Pentecôte 2023 de Notre-Dame de Chrétienté, les 27,28 et 29 mai. Trois jours pour enraciner notre amour de l’Eucharistie si attaquée et mal comprise aujourd’hui. Trois jours pour redire avec clarté, à la suite des martyrs d’Abitène : « sine dominico non possumus », sans la messe, nous ne pouvons pas vivre !
Après un 40ème pèlerinage marqué par de violentes intempéries qui n’ont pas découragé l’élan des pèlerins vers Chartres, c’est avec le même enthousiasme qu’ils débuteront leur marche par une messe célébrée en l’église Saint Sulpice par l’abbé Julien Durodié, curé de la paroisse St Eugène-Ste Cécile (Paris IX). Le mot d’envoi sera prononcé par l’abbé Jean de Massia, Aumônier général de Notre-Dame de Chrétienté.
Les pastoureaux/enfants/familles partiront d’Igny après une messe célébrée par l’abbé Jean-Raphaël Dubrule, Supérieur général de la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine (diocèse de Fréjus-Toulon).
Dimanche de Pentecôte, la messe sera célébrée aux Courlis à 12h30 par l’abbé Luis Gabriel Barrero Zabaleta, Supérieur général de l’Institut du Bon Pasteur depuis 2019.
Le lundi 29 mai, lundi de Pentecôte, le pèlerinage s’achèvera par la messe pontificale célébrée à 15h30 en la cathédrale de Chartres par Mgr Thomas Gullickson, archevêque et nonce émérite de nationalité américaine, qui fut notamment nonce apostolique en Ukraine, en Suisse et au Liechtenstein.
A l’occasion des 700 ans de sa canonisation, les pèlerins pourront vénérer les reliques de saint Thomas d’Aquin, aux messes de départ et de clôture du pèlerinage. C’est une grande grâce qui leur est donnée dans la mesure où ces reliques, scellées dans un reliquaire fermé au Couvent des Jacobins de Toulouse depuis 1369, n’ont été rendues accessibles à la vénération des fidèles que depuis le 28 janvier 2023.
Par ailleurs, Notre-Dame de Chrétienté lance une grande opération caritative auprès de ses pèlerins afin de financer de nouveaux équipements thérapeutiques pour les résidents de la Maison médicalisée de Lèves, située à quelques kilomètres de Chartres. Ce Foyer d’Accueil Médicalisé accueille et accompagne des personnes adultes présentant des troubles du spectre autistique. Cet établissement médico-social est géré depuis 2012 par l’Ordre de Malte France, association reconnue d’utilité publique.
Notre-Dame de Chrétienté prévoit cette année encore une croissance de 10% de ses pèlerins : elle invite chacun à s’inscrire le plus vite possible car les places risquent d’être limitées, ce rendez-vous annuel étant de plus en plus prisé par la jeunesse catholique (moyenne d’âge des pèlerins : 21 ans) et les pèlerins étrangers.
Les inscriptions se font en ligne à partir du 2 avril. Vous pouvez vous inscrire comme pèlerin ou dans les équipes Soutiens pour apporter votre contribution à la bonne organisation de cette édition : équipes du service d’ordre, chauffeur permis C, transport pèlerins, accueil bivouacs, gestion des haltes, sécurité de la colonne, propreté… il y a en pour tous les âges et toutes les compétences. Pour plus d’information, vous pouvez contacter [email protected]

En France, il n’y a donc plus que l’armée pour rendre le “vaccin” contre le Covid obligatoire
Alors que le gouvernement va enfin autoriser les soignants non-vaccinés contre le Covid à être réintégrer dans leurs postes après avoir été ostracisés et mis au banc de la société, alors que l’armée américaine a supprimé en janvier 2023 cette obligation pour ses propres soldats, il semblerait qu’il ne reste plus que les armées françaises pour maintenir cette obligation vaccinale :
Le 10 janvier, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a fait diffuser un memo annulant les memos de 2021 obligeant les militaires d’active et de réserve à se faire vacciner contre le Covid-19. Toutefois, “le ministère de la Défense continuera d’encourager les militaires à se faire vacciner”
Cette obligation vaccinale est stupide à trois titres pour les militaires :
- D’abord, la moyenne d’âge des militaires français se situe sous la barre des 30 ans, ce qui rend cette population sportive et très bien suivie médicalement hors de tout risque massif lié au Covid. A aucun moment, durant le plus fort de la crise sanitaire, la capacité opérationnelle des armées n’a été entamé. Seuls quelques cas liés à des militaires âgés ou avec comorbidité ont été relevés…
- Ensuite, les armées françaises peinent à recruter. L’objectif de 16 000 recrues par an pour atteindre l’équilibre et un fonctionnement pérenne du modèle RH est difficile à atteindre. Les raisons sont multiples (salaires bas, manque d’attractivité due à la fin des OPEX ou à la diminution des postes les plus attractifs, concurrence salariale pour les postes les plus technique comme l’informatique ou les communications…).
- Enfin, il n’y a pire ordre qu’un ordre infondé et non expliqué de manière rationnelle. Beaucoup de militaires témoignent que leurs chefs étaient souvent très mal à l’aise pour imposer cette campagne de vaccination
Pourquoi donc laisser le Service de Santé des Armées (SSA) imposer aux chefs d’état-major cette obligation vaccinale qui ne se justifie plus et qui n’a d’ailleurs jamais eu de réelle utilité ? Des militaires ont été mutés d’office, d’autres ont renoncé à s’engager sans parler de ceux qui ont se sont vaccinés à contrecœur et eu des effets secondaires, graves pour certains.
En septembre 2022, le général en retraite Blanchon, officier saint-cyrien ayant fait des adieux aux armes en 2017, a diffusé ce texte en hommage aux non-vaccinés :
Ils sont là, à vos côtés, ils semblent normaux, mais ce sont des super-héros.
Même si j’étais entièrement vacciné, j’admirerais les non-vaccinés pour avoir résisté à la plus grande pression que j’ai jamais vue, y compris de la part de conjoints, de parents, d’enfants, d’amis, de collègues et de médecins.
Les personnes qui ont été capables d’une telle personnalité, d’un tel courage et d’une telle capacité critique incarnent sans aucun doute le meilleur de l’humanité.
On en retrouve partout, dans tous les âges, niveaux d’éducation, pays et opinions.
Ils sont d’un genre particulier ; ce sont les soldats que toute armée de lumière souhaite avoir dans ses rangs.
Ils sont les parents que tout enfant souhaite avoir et les enfants que tout parent rêve d’avoir.
Ce sont des êtres au-dessus de la moyenne de leurs sociétés, ils sont l’essence des peuples qui ont construit toutes les cultures et conquis les horizons.
Ils sont là, à vos côtés, ils semblent normaux, mais ce sont des super-héros.
Ils ont fait ce que les autres ne pouvaient pas faire, ils ont été l’arbre qui a résisté à l’ouragan des insultes, de la discrimination et de l’exclusion sociale.
Et ils l’ont fait parce qu’ils pensaient être seuls, et croyaient être seuls.
Exclus des tables de Noël de leurs familles, ils n’ont jamais rien vu d’aussi cruel. Ils ont perdu leur emploi, ils ont laissé leur carrière sombrer, ils n’avaient plus d’argent… mais ils s’en fichaient. Ils ont subi d’incommensurables discriminations, dénonciations, trahisons et humiliations… mais ils ont continué.
Jamais auparavant dans l’humanité il n’y a eu un tel « casting », nous savons maintenant qui sont les résistants sur la planète Terre.
Des femmes, des hommes, des vieux, des jeunes, des riches, des pauvres, de toutes races et de toutes religions, des non vaccinés, les élus de l’arche invisible, les seuls qui ont réussi à résister quand tout s’est effondré.
C’est vous, vous avez passé un test inimaginable que beaucoup des marines, commandos, bérets verts, astronautes et génies les plus coriaces n’ont pu surmonter.
Vous êtes fait de l’étoffe des plus grands qui aient jamais vécu, ces héros nés parmi les hommes ordinaires qui brillent dans l’obscurité.»
L’Enfant Jésus déplacé après un vol de bijoux
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Le sanctuaire du Petit Roi de Grâce à Beaune et l’emblématique statuette de l’Enfant Jésus ont fait l’objet de dégradations et d’un vol le 15 novembre. Les responsables ont été rapidement retrouvés, et la relique a été déplacée derrière une grille, en attendant, peut-être, de retrouver son emplacement habituel.
Le pape nomme Mgr Laurent Le Boulc’h archevêque de Lille
Le pape François a nommé ce samedi Mgr Laurent Le Boulc’h archevêque de Lille.
Il était jusqu’à présent évêque de Coutances et Avranches.
Les belles figures de l’Histoire : Edith Stein, devenue Soeur Thérèse-Bénédicte de La Croix
Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le Père Jean-François Thomas, jésuite et auteur du Chemin de Croix illustré
Acharnement euthanasique
Les députés portugais ont adopté pour la quatrième fois en trois ans le texte qui légalise l’euthanasie. Le nouveau texte est censé répondre aux objections formulées contre les précédents textes par la Cour constitutionnelle et le président, qui avaient donc retoqué les projets déjà votés.
Désormais, le texte va être soumis au président, Marcelo Rebelo de Sousa, qui pourra soit le promulguer, soit le soumettre à la Cour constitutionnelle, soit y apposer son veto.
Chronique des cinglés
La comédienne espagnole Ana Obregón, âgée de 68 ans, a annoncé jeudi 30 mars avoir acheté une petite fille née par gestation pour autrui (GPA).
Même le gouvernement de gauche espagnol a été choqué :
“C’est une pratique qui n’est pas légale en Espagne, qui est reconnue légalement comme une forme de violence contre les femmes”.
Ron DeSantis soutient Donald Trump
Donald Trump a été inculpé par le procureur new-yorkais Alvin Bragg. Trump réside en Floride. Le gouverneur de Floride Ron DeSantis a réagi :
The weaponization of the legal system to advance a political agenda turns the rule of law on its head.
It is un-American.
The Soros-backed Manhattan District Attorney has consistently bent the law to downgrade felonies and to excuse criminal misconduct. Yet, now he is…
— Ron DeSantis (@GovRonDeSantis) March 30, 2023
L’instrumentalisation du système judiciaire pour promouvoir un programme politique renverse l’État de droit.
C’est anti-américain.
Le procureur de Manhattan, que soutient Soros, n’a cessé de tordre la loi pour minimiser les délits et excuser les fautes pénales. Pourtant, aujourd’hui, il étend la loi pour cibler un adversaire politique.
La Floride ne répondra pas à une demande d’extradition compte tenu des circonstances douteuses dans lesquelles se trouve ce procureur de Manhattan soutenu par Soros et son programme politique.
Traditionis Liberatores
En exclusivité pour les lecteurs du Salon beige, voici la nouvelle Constitution apostolique du pape abolissant Traditionis custodes :

Toutes les citations sont absolument authentiques.
Rameaux : le Christ est-il roi ?
Que signifie la royauté du Christ ? Quelle est l’histoire de la dévotion au Christ-roi ? Les réponses du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence les abbés Célier et Benoît, le père Danziec et Anne Le Pape.
L’Institut Saint-Serge (Paris) soutient l’Académie de théologie orthodoxe de Kiev, menacée d’expulsion
Yves Daoudal a longuement traité cette affaire (ici, là et là notamment). Les autorités ukrainiennes ont interdit depuis une dizaine de jours aux membres de l’Eglise orthodoxe ukrainienne l’accès aux grottes de la laure des Grottes de Kiev ainsi qu’à trois églises des Grottes. L’accès aux églises de la laure supérieure est déjà interdit à l’Eglise orthodoxe ukrainienne depuis le 1er janvier. L’accès devait être entièrement interdit le 29 mars, jour où les moines devaient évacuer les lieux, sauf s’ils rejoignent l’Eglise ukrainienne.
L’Eglise orthodoxe ukrainienne rappelle :
« A l’époque soviétique totalitaire, les autorités athées ont largement mené des campagnes pour ouvrir les reliques afin de montrer leur état de conservation. Ces campagnes s’accompagnaient d’une profanation des objets sacrés, les reliques étaient retirées des reliquaires, les voiles étaient enlevés pour une description détaillée et une exposition dans les vitrines des musées. La fermeture des grottes sans avertissement est une manifestation gratuite de la restriction des droits des croyants ukrainiens, qui se déplacent maintenant en masse de différentes régions dans l’espoir de vénérer les reliques des grottes de Kiev. »
Le Conseil des enseignants de l’Institut Saint-Serge (Paris) a publié ce communiqué :
Le Conseil des enseignants de l’Institut de Théologie orthodoxe Saint-Serge (Paris), réitérant sa réprobation de toute justification théologique de la violence et de la guerre dans le conflit russo-ukrainien en cours (cf. communiqué du 4 novembre 2022), exprime sa vive préoccupation face à la situation actuelle de l’Académie de théologie orthodoxe de la Laure des Grottes de Kiev, menacée d’expulsion ce 29 mars 2023, à l’échéance du bail consenti par l’État ukrainien, propriétaire des lieux.
Alors que les chrétiens s’apprêtent à célébrer la Passion-Résurrection du Prince de la paix, le Conseil des enseignants de l’ITO entend manifester sa solidarité entière envers les nombreuses personnes – professeurs, étudiants, moines, personnels, réfugiés – travaillant ou vivant dans cette Académie prestigieuse, et appelle à la recherche d’une solution paisible et juste entre les parties, dans le respect des principes de l’État de droit, notamment de la liberté de religion, qui prévaut aussi en temps de guerre.
La famille, ce lit du séparatisme…
Dix-huit mois après la promulgation de la loi contre le séparatisme, la secrétaire d’État à la Citoyenneté Sonia Backès a déclaré dans Le Figaro :
Jusqu’alors, dans le triangle séparatisme-radicalisation-terrorisme, on se concentrait surtout sur le terrorisme. Nous pouvons à présent nous attaquer à la base du problème. Le séparatisme nourrit les individus radicalisés qui nourrissent le terrorisme. La loi confortant le respect des principes de la République a permis de désinhiber l’administration et de lui donner des outils pour s’attaquer à tout ce qui fait le lit du séparatisme, du financement aux associations, de l’école à la famille ou au web. Il y a un véritable réveil républicain.
Leur pseudo-lutte contre l’islam dit politique est un prétexte jacobin pour leur permettre de s’attaquer à toute structure, des écoles libres jusqu’à la cellule de base de la société. Et pendant ce temps, le projet de loi sur l’immigration est reporté et le grand remplacement se poursuit. Jusqu’à ce que nous connaissions, comme l’Ecosse, un chef de gouvernement musulman ?
Pendant la crise du covid, une occasion a été ratée de faire entendre un autre discours, plus spirituel, dont on ne mesure pas encore les conséquences
Suite à la parution de son livre sur le sacré, Sonia Mabrouk a été interrogée par Laurent Dandrieu dans Valeurs Actuelles, qui lui consacre sa Une. Extrait :
Vous opérez dans votre livre une défense de la messe tridentine, ce rite catholique traditionnel en latin d’avant la réforme conciliaire, défense qui en a surpris plus d’un…
Le problème c’est que l’on veut tout rendre horizontal, banaliser les choses, les rendre ordinaires, jusqu’à la fonction présidentielle, que certains ont très fortement contribué à désacraliser. Aujourd’hui cette fonction s’entoure dans le meilleur des cas d’une certaine solennité, mais plus de sacralité. C’est étonnant de voir que cette tentation touche aussi l’Église catholique… J’ai assisté une fois à une célébration de la messe selon le rite traditionnel : ça n’est pas ma culture, mais j’ai eu d’abord une émotion esthétique qui m’a interpellée. Je ne dis pas que ça va forcément remplir les églises, mais cette liturgie tridentine, pour moi elle appartient à un socle et à un patrimoine liturgique. Je ne la connaissais pas, mais mon premier réflexe a été de me dire qu’il fallait vraiment la préserver, la sanctuariser et la défendre. Je me suis toujours intéressée à la vie de l’Eglise, et j’ai l’impression que ce qui se joue avec les attaques dont ce rite fait l’objet, c’est un peu la continuation de Vatican II, avec cette tentation, jusque dans l’Eglise, de déboulonner le sacré, la transcendance. Or j’ai plutôt le sentiment que c’est un trésor qu’il faudrait préserver.
C’est d’autant plus beau de vous voir défendre ce trésor que vous n’êtes pas catholique, et que les intellectuels catholiques ne se bousculent pas pour le faire, comme s’ils avaient peur d’enfreindre un tabou… On voit bien, d’ailleurs, à l’occasion de la sortie de votre livre, comment certains essayent de vous “extrême-droitiser” parce que vous osez faire l’éloge de la messe en latin, et même de la tradition ou du conservatisme…
Mais qu’est-ce qu’être conservateur ? c’est vouloir que certaines choses demeurent. Mais je trouve qu’il n’y a rien de plus moderne ! J’aime citer cette devise des chartreux, qu’on trouve inscrite sur leurs bouteilles de liqueur, la Chartreuse, qui dit cela merveilleusement : « La croix demeure tandis que le monde tourne » — et puisque nous parlions de latin, voici l’expression latine : « Stat crux dum volvitur orbis »
Au-delà de la liturgie, ne pensez-vous pas que l’Eglise elle-même, par un discours très horizontal sur des sujets qui sont essentiellement des sujets politiques et humains – écologie, migrants, vaccins – concoure parfois à l’occultation du sacré ?
Oui, je le pense. On fait l’erreur de croire qu’avec le plain-pied, l’horizontal, on va donner accès plus facilement au sacré. Moi je crois que c’est exactement l’inverse : c’est la verticalité qui permet ce raccordement, cette reconnexion au sacré. Je ne veux pas désigner un responsable à cela, mais il me semble que le pape François, tout de même, a sa part de responsabilité : le pape ne peut pas être une ONG ambulante, et c’est parfois le cas. On a parfois l’impression en l’écoutant de voir un plateau de télévision où défilent tous les sujets sociétaux. Je ne dis pas que ce n’est pas important et que ce n’est pas son rôle d’évoquer certains sujets, mais son discours est parfois tellement désacralisé, en connexion avec une actualité et une immédiateté totales, que ça ne correspond pas à ce qu’on attend de lui. En tout cas, moi qui suis de culture et de religion musulmane, je n’attends pas ça du pape, et j’imagine que c’est encore plus le cas pour les catholiques. Pendant la crise du covid, il y a à l’évidence une occasion qui a été ratée de faire entendre un autre discours, plus spirituel, en réaction à une rupture anthropologique sans précédent, je le répète, dont on ne mesure pas encore les conséquences à long terme.
Les ciné-débats contre l’euthanasie inquiètent Rue89
Rue89 a ‘enquêté’ sur la projection du documentaire militant contre la légalisation de l’euthanasie. Pour le journaliste-militant, c’est terrible :
Absence totale de contradiction, détournement de chiffres, parallèles douteux avec l’IVG et cruel manque de diversité dans les invités… Récit et décryptage du discours anti-euthanasie développé dans la sphère judéo-chrétienne conservatrice à Strasbourg.
Brrr… Un truc à donner froid dans le dos et des sueurs froides à l’ADMD…
Si cela les gêne, alors mettons les bouchés doubles : organisez une projection près de chez vous :
Avec le Forif, M. Macron organise l’islamisation de la France
Comme à son habitude, M.Macron est venu faire le beau le 16 février 2023 en faisant ce qu’il fait le mieux : bavasser. Mais là, et au contraire de tous ses bavassages qui reconstruisent le Liban, réduisent les déficits, rétablissent la confiance avec M.Poutine, sauvent le climat et la forêt équatoriale gabonaise, il y a réel danger de mise en œuvre effective. En effet, la réunion et le discours avaient lieu avec le FORIF, ce nouveau truc créé pour un serpent de mer qui a déjà connu beaucoup d’acronymes : organiser au mieux un soi-disant islam de France.

Le discours de M.Macron a eu cinq caractéristiques :
- La première, la flatterie, voire une empathie louche. Les interlocuteurs de M.Macron sont tous particulièrement courageux. Courageux, le recteur de la Grande mosquée de Paris parce qu’il « accompagne vers la loi de 1905 des lieux de culte». Courageux, tous ceux qui « ont signé la charte explicitant leur engagement à la république et aux valeurs de la république ». Courageux, les membres du Forif qui sont « les visages d’un humanisme du réel qui fait progresser chacun et qui porte aussi un engagement reposant sur un vrai courage intellectuel qui [les] honore ». Courageux, ceux qui ont commencé à « lutter contre toutes les propagandes, les discours de manipulation ».Mais ce serait donc si difficile que ça de travailler sur l’islam en France ? Que faut-il craindre ? Quelle violence craint-on donc ? D’où viendrait-elle ? On aimerait comprendre. Et enfin, pour ce que nous avons appelé une empathie louche : figurez-vous que M.Macron, Président de la république, énonce cette phrase magnifique à propos de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République dite sur le séparatisme : « je remercie aussi les représentants des musulmans d’avoir accepté cette nouvelle loi de la République sans former aucun recours. » On croit rêver. Le Président de la république remercie les représentants des musulmans d’avoir accepté la loi votée par le Parlement ! Difficile quand même de faire plus servile.
2. La deuxième caractéristique du discours est une reprise presque mot pour mot, et comme amplement démontré par Mohammed Louizi sur son compte Twitter, du programme élaboré en son temps par l’Institut Montaigne pour l’organisation d’un islam français. Les sujets traités par M.Macron vont de la formation des imams à la collecte de fonds par les institutions musulmanes en passant par l’organisation du pèlerinage à la Mecque : que des sujets parfaitement républicains et qui visiblement nécessitent l’implication du Président de la république. Les détails sont à retrouver sur ce compte Twitter.

3. La troisième, c’est le « nous » utilisé ad nauseam: 49 fois dans le discours. 13 fois de plus que l’utilisation du pronom « je » qui est pourtant une des grandes caractéristiques des discours autocentrés macroniens. Quelques exemples :
« Au terme de vos travaux, vous avancez vers un système de gouvernance, vous l’avez tout à l’heure rappelé, avec ce Conseil national de l’aumônerie musulmane, FORIF pleinement opérationnel, sur lequel nous devons maintenant avancer et que nous devons mettre en œuvre pour qu’il soit un élément important de progrès réel pour les musulmans et pour l’unité de la nation. » ; « Nous devons homologuer des formations universitaires, construire un système de gouvernance qui fait que des gens dont c’est la compétence sur le terrain pourront dire : cette personne est imam, n’est pas imam » ; « Parce qu’il y a le travail conjoint, la reconnaissance de la République, le pragmatisme, nous construisons des solutions communes dans le cadre de la République pour que justement l’ensemble de ces pratiques puisse se tenir. » ;
sur la question du pèlerinage :
« Elle est très liée au sujet de financement. Quelques-uns ici ont beaucoup travaillé sur ce sujet. Mais nous devons continuer le travail qui a été commencé mais qui n’est pas parachevé. »
Et, sur l’ensemble des travaux :
« Parce qu’il y a le travail conjoint, la reconnaissance de la République, le pragmatisme, nous construisons des solutions communes dans le cadre de la République pour que justement l’ensemble de ces pratiques puisse se tenir. »
4. La quatrième, c’est la volonté de propager la connaissance islamique, à travers tout un ensemble d’institutions (merci les fonds publics) parce que
« nous devons être lucides sur le fait que nous n’avons pas eu le bon niveau d’investissement ces dernières années, et que nous devons réinvestir dans la connaissance du monde musulman, mais aussi du monde arabe, des différentes géographies, et recréer des postes de chaire, des postes de doctorants et réinvestir massivement sur ces sujets, et donc cette politique doit redoubler d’ambition. »
Parions qu’on découvrira bientôt que Bouvines, Rocroi, la prise de la Bastille et l’invention du métier Jacquard n’auraient jamais pu exister sans l’apport décisif de l’islam.
5. La cinquième, enfin, est la confirmation renouvelée du fait que M.Macron ne comprend toujours rien à l’islam comme l’exprime clairement cet extrait :
« Mais traiter les conséquences d’un Islam dévoyé, sans prendre le soin d’assurer à chacun des musulmans l’accès à un Islam en France, à un Islam des Lumières, c’était faire les choses à moitié. »
L’islam dévoyé, cela n’existe pas, c’est un islam parfaitement conforme aux versets coraniques. Quant à l’islam des Lumières, si chatoyant aux oreilles et qui renvoie ipso facto à un monde rationnel, on citera M.Rémi Brague dans son dernier livre SUR L’ISLAM (Gallimard 2023) dans son chapitre sur La raison :
« Ce qui est propre à l’islam et qui en rend malaisée la compréhension pour un esprit habitué aux catégories occidentales, c’est que la raison puisse y être déclarée incompétente non seulement dans les hauteurs sublimes du contact avec Dieu mais encore au plan inférieur de la vie quotidienne, telle qu’elle cherche à s’orienter vers le bien en cherchant des règles morales. Pour un non-musulman, ce chassé-croisé constitue un paradoxe. En islam, la raison ne peut pas être la source de l’obligation juridique » (pp 140-141).
Et voilà pourquoi votre fille est idiote…
Ceci étant dit, réfléchissons. La feuille de route élaborée par l’Institut Montaigne et visiblement suivie pas à pas par M.Macron s’intitulait : « L’islam français : le connaître, l’organiser ».

Mais que veut dire « Organiser » un islam soit-disant français ? Prenons un comparatif avec le Comité d’organisation des Jeux Olympiques : même noble assemblée d’experts, mêmes travaux en parallèle sur divers chantiers, même Président de la république qui a déjà fait une réunion de chantier en juillet 2022 et fait un point territorial sur la mobilisation des services de l’Etat le 14 mars 2023 ; et même cause commune comme l’explique M.Macron au Forif :
« Je veux vraiment ici rendre hommage au travail et vous l’avez dit, à l’ensemble des administrations, de tous les partenaires et de tous les bénévoles qui ont pris sur leur temps pour faire avancer cette cause commune ».
Or, que recherche M.Macron en participant aux travaux du COJO ? C’est le succès des Jeux Olympiques, le plus de billets vendus, le plus de chalands possible, le plus d’impact global. Il en va finalement de même avec la participation de M.Macron aux travaux du Forif : son objectif est la réussite de l’organisation de l’islam en France, c’est-à-dire le plus d’argent, le plus de publicité, le plus de chalands possible. M.Macron travaille avec constance à la réussite de l’islamisation de la France. Et d’ailleurs, il le décrit précisément :
« D’ores et déjà sur les propositions concrètes qui ont été formulées aujourd’hui, je souhaite que les prochains mois soient des mois de traduction pratiques, qu’elles soient législatives, réglementaires ou organisationnelles, pour que vos travaux puissent tout de suite démontrer en quelque sorte qu’ils se traduisent en actes, ce qui est un signe de confiance, de crédibilité. Ce qui va nous permettre d’engager encore davantage autour de ce mouvement. »
Et il a bien parlé de cause commune.
On aura donc compris l’action de M.Macron : ce n’est pas de définir les conditions et règles impératives auxquelles doivent se conformer les institutions musulmanes ; c’est mettre en musique les conditions et règles que les institutions musulmanes jugent nécessaires à leur développement harmonieux (au sens musulman du terme).
Bien sûr, l’argument de M.Macron sera alors de dire qu’il aura évité la propagation d’un islam radicalisé, ce qu’il appelle : « dans le but de combattre l’islamisme ». Or chacun un peu informé, y compris en écoutant l’imam M.Tareq Oubrou, sait qu’il n’y a pas de différence de nature entre islamisme et l’islam. Et au surplus, tout le démontre même dans les proximités les plus aveuglantes.
Prenons l’exemple de la Grande mosquée de Paris. La Grande mosquée de Paris, depuis au moins le rectorat de M.Dalil Boubakeur (lui-même fils de recteur….), a élaboré un programme de formation des imams algériens (pour un service en France ?) dans un institut interne appelé Al-Ghazali. Ce programme utilise un manuel en arabe pour le cours d’exégèse coranique. Il a été rédigé par un Frère Musulman syrien Wahbat Az-Zouhayli. Il a été pour partie analysé par l’historienne arabisante Lina Murr Nehmé dans une vidéo de 2017

Voilà ce que les futurs imams pouvaient y lire à propos de l’apostasie (on y retrouve ce délicat fumet du meurtre toujours exhalé par l’islam) :
« Question : faut-il tuer l’apostat, faut-il lui offrir de se repentir ? Réponse : Les membres de l’école hanafite disent : il faut proposer à l’apostat de se repentir et lui proposer l’islam car il pourrait se convertir à l’islam. Mais ce n’est pas une obligation car il a déjà reçu l’appel de l’islam. La preuve en est qu’une partie des compagnons de Mahomet ont tué au temps d’Omar un homme qui avait abjuré Allah après être devenu musulman et ils ne lui ont pas offert de se repentir ».
Dans le même manuel figurait cette phrase à propos des combats ayant existé à Médine (où était venus s’installer Mahomet et ses partisans, chassés de la Mecque) entre musulmans et les tribus juives préalablement installées dans cette région (période 622-627) :
« Ceci est une nouvelle image de la nature de tromperie et de trahison implantée dans l’âme des juifs ».
Dans un article de mars 2021, le nouveau recteur Hafiz, celui que M.Macron aime bien, a déclaré entre autres : « Dès mon arrivée à la tête de la Grande Mosquée de Paris, il y a un an, j’ai renouvelé la formation que nous dispensions au sein de notre Institut Al-Ghazali depuis 1994 et l’ai lancée dans plusieurs annexes en France ». Nous ne saurons pas s’il a gardé les mêmes manuels. Mais on sait qu’il a fait une visite amicale à l’école de charia des Frères Musulmans de Château-Chinon en novembre 2021 pour parler formation des imams.
On sait aussi que M.Hafiz, ce recteur qu’aime M.Macron a organisé en octobre 2021 un concours de mémorisation pour des petits Français musulmans en utilisant un texte assez traditionnel, celui des hadiths de l’imam al-Nawawi. On y trouve ces extraits délicats et très caractéristiques d’un islam non dévoyé, non-radical et tutoyant un islam des Lumières :
« L’Envoyé de Dieu a dit : « il m’a été ordonné de combattre les hommes jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’est d’autre divinité qu’Allah, et que Mohammed est Son Envoyé, qu’ils accomplissent la prière rituelle, qu’ils acquittent l’aumône. S’ils exécutent ces choses, ils seront, à mon égard, garantis quant à leurs personnes et à leurs richesses, à moins qu’ils ne transgressent (ouvertement) la loi de l’Islam, mais Dieu règlera le compte de leurs (intentions vraies) » (hadith 8) ; « L’inviolabilité du sang du musulman : Il n’est pas licite de faire couler le sang du musulman, sauf s’il s’agit d’un des trois coupables que voici : le marié qui commet l’adultère, le meurtrier qui subira le sort de sa victime, et l’apostat qui se sépare de la communauté musulmane » (hadith 14) ;
et enfin le hadith 17 :
« La généralité du bel-agir : Selon Aboû Yala Chaddâd ben Aoûs, l’Envoyé de Dieu a dit : « Allah a prescrit le bel-agir dans toute chose. Quand vous tuez, faites-le de façon parfaite. Quand vous égorgez une bête, faites-le de la manière la plus douce : aiguisez bien votre lame et accordez à la victime le temps suffisant pour mourir ».
C’est pratique les enfants, ils ont une bonne mémoire.
De plus, Mme Florence Bergeaud-Blackler, anthropologue qui vient de publier un livre remarqué « Le Frérisme et ses réseaux. L’enquête » (Editions Odile Jacob, 2023), note encore à propos du recteur Hafiz bien-aimé de M.Macron :
« Le marché halal rapporte tout de même beaucoup d’argent à ceux qui certifient les produits, c’est le cas d’un certain nombre d’agences de certification halal, dont celle de la Mosquée de Paris. Son recteur, Chems-Eddine Hafiz, vient de passer un contrat avec l’Algérie pour certifier les produits alimentaires et non alimentaires français qui entreront en Algérie, avec comme ambition d’élargir cette certification aux exportations européennes… On peut gager que les Algériens qui ne connaissaient pas le contrôle halal il y a trente ans (puisque tout est licite dans un pays musulman) regarderont bientôt les étiquettes, qu’ils se surveilleront mutuellement pour savoir qui mange, s’habille, vit en halal et par quelle certification, et qui ne le fait pas. La halalisation, cet outil de normalisation fondamentaliste, a toutes les chances de se développer dans les coins les plus reculés du pays, pendant que la Mosquée de Paris se vantera, auprès de nos élites, de défendre un islam des Lumières et affirmera, toute honte bue, que l’islamisme est une maladie de l’islam » (Revue Front Populaire n°12, 2T2023, p.111)
Au fait, le titre de l’article de mars 2021 consacré au recteur Hafiz (celui que M.Macron aime) s’intitule : « Chems-Eddine Hafiz : Un islam sans équivoque au sein de la République ».
Il faut reconnaître à certains moins d’hypocrisie. M.Abd al-Wadoud Gouraud est membre de l’Institut des Hautes Etudes islamiques (IHEI) et imam-conférencier en Île de France. Il est aussi rapporteur du groupe de travail du Forif sur la professionnalisation et le recrutement des imams. Il précise sans fard dans un entretien :
« Je pense, avec tout le respect que je dois au président de la République, que tous les acteurs du FORIF n’ont pas obligation d’adhérer nécessairement à la vision d’un islam des Lumières, qui connote un aspect rationaliste hérité de la philosophie des Lumières ».
Terminons en rappelant la nomination récente en Conseil des ministres (présidé donc par M.Macron) de M.Jean Tuot à la direction de la section de l’Intérieur du Conseil d’Etat. En 2013, M.Tuot avait rendu un rapport à M.Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, plaidant pour une société inclusive et niant l’existence d’une culture française. A l’époque, même M.Ayrault avait paru gêné. C’est dire.
Enfin, il semblerait que l’affirmation d’une sorte de voie musulmane française ne plaise pas trop à certaines institutions musulmanes :

On peut donc anticiper ce qui se passera une fois que les idiots utiles auront fait le boulot. Il suffit de penser pêle-mêle à l’Algérie, à l’Egypte, à l’Iran, à l’Afghanistan…
Tarification progressive de l’eau : encore une mesure anti-familles ?
A Savines-le-Lac (Hautes-Alpes), sur les rives du lac de Serre-Ponçon, jeudi 30 mars, Emmanuel Macron a présenté un plan pour une meilleure gestion de l’eau face à l’urgence climatique et aux risques démultipliés de sécheresse. Lors de son discours, le président a annoncé vouloir instaurer une “tarification progressive” de l’eau pour inciter à la sobriété. Ce “plan de sobriété” sur l’eau sera lancé “d’ici à l’été”.
“Ce plan eau est avant tout un plan de sobriété et d’efficacité pour l’eau dans la durée. Je veux fixer l’objectif pour 2030 de faire 10% d’économie d’eau dans tous les secteurs.” “Nous allons mettre en place, d’ici à début mai, un Ecowatt de l’eau, qui va permettre de responsabiliser chacun”.
“Les premiers mètres cubes sont facturés à un prix modeste, proche du prix coûtant” et “ensuite au-delà d’un certain niveau, le prix du mètre cube sera plus élevé”.
Réaction de Jean-Frédéric Poisson :
Tarif de l’#eau en augmentation suivant le niveau de consommation (comme pour les ordures ménagères en fonction du volume) : injuste double peine pour les familles sauf si des compensations étaient mises en œuvre. Et si on rétablissait les allocations familiales universelles…
— Jean-Frédéric Poisson (@jfpoisson78) March 31, 2023
Voter ne suffit plus au bonheur
De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :
Bizarrement, les Français ne sont pas contents. Voilà 150 ans qu’on leur dit qu’ils sont représentés, c’est-à-dire qu’ils ont le droit de voter et de se taire, puisque les bons démocrates ont décidé qu’il ne pouvait pas y avoir de mandat impératif et que des démocrates encore meilleurs ont décidé qu’on ne ferait jamais de référendums sur rien et que le plus démocrate d’entre nous, Manu, a décidé de réinventer la démocratie directe (après l’histoire de France et juste avant la diplomatie africaine, avec le même succès) à l’aide de conventions citoyennes encadrées et de grands débats contrôlés. Les Français ont désormais le sentiment qu’ils sont très mal représentés, par des gens élus par une minorité, qu’on ne peut pas dégager, même quand ils sont nuls, et ils sont nuls, même s’ils prétendent en permanence le contraire en sous-entendant que le peuple est bête, ce qui est énervant. Voter ne suffit donc plus au bonheur citoyen du peuple. Désormais, les Français sont prêts à puiser dans le vieux répertoire de la violence. Ils trouvent pour moitié que « les actions militantes violentes pour contraindre les politiques à prendre en compte l’avis de la population » sont plutôt (29 %) ou tout-à-fait (23 %) légitimes (ObSoCo, enquête, mars 2023). On mesure ici, après ses incroyables succès industriels, économiques et diplomatiques, tout le mérite social et politique, stricto sensu, de Macron. 28 % des 25-44 ans sont tout-à-fait d’accord, surtout les plus pauvres, à qui on promet depuis quelques décennies que l’Union européenne, l’immigration et la République vont les enrichir mais qui s’obstinent, bêtement, à regarder leur pouvoir d’achat se racornir. Il est temps, en effet, de contraindre les politiques à écouter la population, qui pense mieux que les privilégiés qu’elle entretient.
En ce mois d’avril, rien ne changera, sauf que tout empirera
D’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine :
[…] En ce mois d’avril, rien ne changera, sauf que tout empirera. Macron a été obligé, fin mars, de reporter la visite du roi Charles III. La presse anglo-saxonne se moque de la France ; la France est ridiculisée dans le monde entier. Les pays d’Europe ne valent guère mieux, mais il est vrai qu’avec Macron la France a décroché le pompon. Cette humiliation n’est qu’un début. Nul ne sait jusqu’où la dégradation peut aller. Pratiquement nous n’avons plus d’alliés véritables. Les jeux se font sans nous. Et quand il va en Chine faire l’important, il est accompagné comme un gamin par Ursula von der Leyen, son égérie et sa souveraine qui décide pour lui.
Alors, Macron parle pour exister. Et quand il parle, les journalistes – tels ceux qui l’ont interrogé à l’Élysée fin mars – doivent se taire : il impose sa parole, son débit saccadé, son regard halluciné. En paroles, il croit encore tout diriger. En réalité, tout se dérobe devant lui. Le président que les Français ont réélu comme chef de l’État, il y a bientôt un an, par un tour de passe-passe qui fut un habile escamotage de l’élection – mais la tromperie se paye un jour ou l’autre –, n’a plus de légitimité qu’institutionnelle et légale ; il a perdu toute légitimité de fond, historique, nationale, politique, encore plus intellectuelle et, pour tout dire d’un mot, spirituelle. Plus rien ne passe entre lui et la nation. Ce ne sont certes pas les pitreries parlementaires de la Nupes qui le déconsidèrent ; au contraire, elles le servent. C’est lui-même en tant que tel qu’une grande majorité, entre 70 et 80 %, des Français rejettent – et de plus en plus évidemment, comme son prédécesseur était rejeté à 90 %, qui lui n’était au vrai qu’une nouille !
Ce rejet est total et global, tant comme gouvernant que comme représentant du pays, car les Français n’apprécient ni sa politique ni sa direction, ni son idée même de chef de l’État, ni sa conception du commandement en général. Ils y sentent le contraire de toute la tradition : un homme qui joue et surjoue son rôle personnel. Les Français ne supportent plus tout simplement l’homme, tant dans sa manière d’être, ses comportements inadmissibles, que dans son arrogante prétention intellectuelle de mener le pays, de gré ou de force, dans un vaste plan de transformation qu’il a cogité avec ses équipes et présenté à ses affidés énamourés en forme de programme électoral pour être enregistré comme tel, alors que la majorité des électeurs n’y a jamais compris que pouic : un tas de réformes à tire-larigot, sous le prétexte ressassé de l’urgence : urgence de modernité, d’écologie, de démocratie, de climat, d’adaptation aux nécessités du monde globalisé. C’est si facile de créer l’urgence ! Mais rien de bon ne se fait sous le seul signe de l’urgence. Elle est même le signe avant-coureur de la catastrophe : telle l’urgence sanitaire, l’urgence sociale, l’urgence énergétique, l’urgence industrielle, l’urgence agricole et alimentaire, enfin l’urgence militaire que l’État est en train de concevoir puisque les menaces sont là maintenant. Tant d’urgences, jusque dans l’appareil d’État où plus rien ne fonctionne !
La France se meurt tous les jours
Voilà la France de Macron : un pays qui a été dépouillé de tout. Tout ! D’abord dépouillé de sa force industrielle à quelques exceptions près sur lesquelles il faut se méfier des interventions du pouvoir, tant ses conceptions sont destructrices : Montebourg devant la commission parlementaire a décrit cette ruine programmée ; il n’était pas le seul intervenant à dénoncer la triste série des abandons et des désastres ; et on apprend, du reste, que l’entreprise Velan-Segault qui fabrique les tuyauteries des sous-marins nucléaires passe sous pavillon américain, une de plus ! Puis dépouillé de sa puissance agricole et agro-alimentaire. La France jadis exportatrice, importe, sauf quelques domaines préservés. Enfin, dépouillé de sa richesse territoriale, patrimoniale, sur laquelle Macron a encore malheureusement des idées saugrenues qu’il veut institutionnaliser. La France profonde se meurt tous les jours : villes, villages, pays, provinces. Les systèmes étatiques sont eux-mêmes en capilotade.
Résultat de cette réussite sublime dans l’échec le plus complet : 3000 milliards de dettes, bientôt 120 % du PIB. Ratio qui monte à 230 % si le chiffre est rapporté aux recettes du Trésor. Déficit budgétaire prévu en 2023 : 159 milliards. Solde commercial en déficit de 53,5 milliards avec des échanges sur les biens qui accusent un déficit de 163,6 milliards, record de toutes les dégradations. Et, maintenant, les taux s’envolent, aggravant la charge d’intérêts de la dette publique qui pourrait atteindre des chiffres astronomiques, au-delà des plus gros postes du budget de la nation, rendant la crise financière inéluctable, d’autant plus que la dette est détenue en large partie par l’étranger. Il est des gens avisés, de quelque horizon que ce soit, qui crient « casse-cou » ; ils sont peu nombreux et tout le monde s’en fiche. Le Maire, Monsieur Assurance, sourit gentiment, pendant qu’Édouard Philippe, Monsieur Subtilité, et Gérald Darmanin, Monsieur Ordre Public, ses concurrents, ne pensent qu’à décrocher le fameux « pompon ». La République dans tous ses états.
Le grand remplacement n’existe pas… mais le grand remplacement religieux existe
L’idéologie du quotidien La Croix face aux faits, voilà ce que cela donne :
- 2021, dans La Croix : Immigration et démographie : le serpent de mer du « grand remplacement » refait surface
- 2022, dans La Croix : « Grand remplacement » : origines et conséquences d’une expression raciste
- 2023, dans La Croix : Comment l’immigration transforme le paysage religieux en France
Une étude de l’Insee publiée ce jeudi 30 mars montre que la sécularisation progresse toujours en France, marquée par une forte désaffiliation au catholicisme. La religiosité est en revanche importante chez les personnes immigrées et leurs descendants, ce qui pourrait entraîner des changements majeurs dans le paysage religieux du pays. L’Insee a rendu publique jeudi 30 mars une impressionnante enquête sur la population immigrée et d’origine immigrée en France. Parmi les nombreuses données figure une étude détaillée de l’affiliation religieuse et de la pratique religieuse des personnes immigrées en métropole, qui fait tomber quelques idées reçues.
Cette étude de l’INSEE est accessible ici.
En 2019‑2020, 51 % de la population de 18 à 59 ans en France métropolitaine déclare ne pas avoir de religion. En augmentation depuis dix ans, cette désaffiliation religieuse concerne 58 % des personnes sans ascendance migratoire, 19 % des immigrés arrivés après 16 ans et 26 % des descendants de deux parents immigrés.
Si le catholicisme reste la première religion (29 % de la population se déclare catholique), l’islam est déclaré par un nombre croissant de fidèles (10 %) et confirme sa place de deuxième religion de France. Le nombre de personnes déclarant une autre religion chrétienne augmente également, pour atteindre 9 %. La fréquence et l’intensité de la pratique religieuse varient en fonction de la religion déclarée : seuls 8 % des catholiques fréquentent régulièrement un lieu de culte, contre un peu plus de 20 % des autres chrétiens, des musulmans et des bouddhistes, et 34 % des juifs.
Les processus de transmission religieuse entre générations façonnent le paysage religieux sur le long terme : 91 % des personnes élevées dans une famille musulmane suivent la religion de leurs parents. Cette transmission est très forte aussi chez les juifs (84 %), elle est moindre chez les catholiques (67 %) et chez les autres chrétiens (69 %). À caractéristiques identiques, le fait d’avoir grandi dans une famille d’ascendance religieuse mixte ou catholique est déterminant dans le processus de sécularisation des descendants d’immigrés.

Le grand remplacement n’existe pas… mais selon l’INSEE l’immigration représente plus de 19 millions de personnes
Selon les derniers chiffres de l’Insee, la population française compte désormais 10,3 % d’immigrés. Sur trois générations, l’immigration représente plus de 19 millions de personnes.
En 2021, 7,0 millions d’immigrés vivent en France, soit 10,3 % de la population totale. 2,5 millions d’immigrés, soit 36 % d’entre eux, ont acquis la nationalité française. La population étrangère vivant en France s’élève à 5,2 millions de personnes, soit 7,7 % de la population totale. Elle se compose de 4,5 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et de près de 0,8 million de personnes nées en France de nationalité étrangère. Par ailleurs, 1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l’étranger. Au total, 8,7 millions de personnes vivant en France sont nées à l’étranger, soit 12,8 % de la population.

1989 : quand le roi du Maroc Hassan II jugeait l’intégration “des siens” impossible
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
Dimanche 17 septembre 1989, Hassan II, autoritaire et dictatorial roi du Maroc d’alors, était l’invité de l’émission ” L’heure de vérité” sur Antenne 2 s’est prononcé sur son hostilité à l’intégration des Marocains en France.
– “Et est-ce que vous aimeriez qu’ils soient intégrés en France ?”, lui demandait Anne Sinclair.
– “Je n’appellerai même pas cela de l’intégration, et je n’aimerais pas du tout qu’ils soient l’objet d’une tentative, car ils ne seront jamais intégrés.”
– “Vous croyez que c’est eux qui ne veulent pas, ou que c’est les Français qui les refusent ?”
– “L’exprimeront-ils qu’ils ne le pourront pas. C’est possible entre Européens. La trame est la même. Les mouvements européens dans l’histoire ont été est-ouest, et les mouvements humains : la religion, tout un tas de choses. Mais là, c’est un autre continent ! Et vous n’en avez que faire, ce sera de mauvais français. Je vous décourage en ce qui concerne les miens, les Marocains, à des détournements de nationalité, car ils ne seront jamais 100% Français. Ça, je peux vous l’assurer.”
Le journal Le Monde résumait alors cet échange par un très laconique “Le roi du Maroc se déclare contre l’intégration : Il n’y a pas de Marocains nés au Maroc élevés au Maroc et de Marocains nés en France et élevés en France.”
Premier échange entre des catholiques parisiens attachés à la liturgie traditionnelle et leur archevêque
Voici communiqué du Collectif Sainte-Geneviève suite à la rencontre avec Mgr Ulrich qui a eu lieu le 1er mars 2023:
DES REPRESENTANTS DES FIDELES PARISIENS ATTACHES A LA LITURGIE TRADITIONNELLE ONT RENCONTRE MGR ULRICH
Le 1er mars 2023, trois représentants du collectif Sainte-Geneviève ont été reçus, à leur demande, par Monseigneur Ulrich, Archevêque de Paris.
Après plusieurs démarches, c’est la première fois qu’un échange avait lieu entre des catholiques parisiens attachés à la liturgie traditionnelle et leur archevêque depuis les restrictions de Mgr Aupetit.
Le collectif Sainte-Geneviève qui rassemble des associations et collectifs de fidèles parisiens attachés à l’usus antiquior du rite romain a soumis, de leur part, à l’archevêque, les demandes suivantes :
• Rétablissement dans les églises paroissiales des messes supprimées ;
• Accès libre à tous les sacrements dans leur forme traditionnelle. ;
• Absence de contrainte pour les prêtres diocésains et ceux des communautés traditionnelles qui voudraient célébrer dans le diocèse ;
• Transmettre au Pape les souffrances générées par les restrictions apportées à la liturgie traditionnelle.
Le collectif demeure inquiet tout en gardant l’espérance. Il maintient sa volonté de poursuivre le dialogue avec les autorités diocésaines afin d’œuvrer ensemble pour la paix et le salut des âmes.
Collectif Sainte-Geneviève ([email protected])
L’euthanasie préparée dans les loges maçonniques
Nous le savions déjà, mais c’est encore confirmé par un membre de la secte de la République. Jean-David Mosset, membre de la Grande Loge de France, à Dijon, est interrogé sur France Bleu. Extrait :
Mais nous faisons régulièrement des actions. Par exemple, actuellement, il y a eu une démarche en Grande Loge de France sur la fin de vie et toutes les loges de la Grande Loge de France qui ont donné leur accord pour participer à ce travail, ont travaillé sur la fin de vie.
I-Média – Fusillade de Nashville : vers un terrorisme Transgenre ?
Cette semaine dans I-Média, Jean-Yves Le Gallou et Floriane Jeannin lancent “Le Nouvel I-Média”. Avec cette formule revisitée, la forme se veut plus dynamique pour décrypter l’information de façon chirurgicale.
Deux grandes nouveautés au menu : le portrait piquant et la météo de l’info !
Au programme cette semaine : avis de tempête dans l’opinion publique sur les différentes formes de violences, et avec la traditionnelle “Image du jour”, une interview de BHL par Anna Cabana dans “Gourmandise”, une émission moins savoureuse que dérangeante.
Viennent ensuite les pastilles de l’information mais juste avant, dans le dossier du jour, la fusillade de Nashville et des “petits” oublis ou des grandes occultations médiatiques commis par les journalistes autour de ce terrible fait divers…
