Peut-on discuter de l’islam ?
C’est la question que pose Antoine Sfeir dans Le Figaro :
"Serait-il interdit désormais d’avoir un apport critique vis-à-vis des religions ? Durant des siècles, intellectuels et théologiens ont engagé le fer avec les tenants du dogme. […] Cela serait-il interdit en islam ? À moins que l’on considère qu’il est interdit de parler de l’islam si l’on n’est pas musulman ! Le débat intellectuel et théologique serait-il définitivement tabou ? […]
[L]es islamistes se sont proclamés porte-parole de Dieu et disent le licite et l’illicite. […] Les islamistes […] instaurent la terreur intellectuelle et font le lit du terrorisme barbare de Ben Laden, Zawahiri, et autres «voleurs de Dieu». […] Le plus tragique est la réaction des bien-pensants ou des ignorants, à moins que ce ne soit celle des hypocrites en France ou en Europe qui, par peur des vagues, trouvent que «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». Ce n’est certainement pas en associant leur voix aux dénonciateurs du Pape qu’ils vont aider la majorité des musulmans à faire entendre la voix de la sagesse, de la raison, et de la modernité. […]
Aujourd’hui, les réactions populaires et officielles à son appel reflètent une hypocrisie indigne. Elles sont, hélas, une fois de plus à l’antipode de la raison."
Occident : l’islam prend la place du communisme
Extraits d’une tribune de Robert Redeker dans Le Figaro :
"Comme jadis avec le communisme, l’Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L’islam se présente, à l’image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. […] Aujourd’hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l’oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme."
"Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l’Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l’oeil du Coran, pullulent en son sein."
Un musulman juge la conférence de Ratisbonne très opportune
Mario Scialoja, conseiller de la Ligue musulmane mondiale en Italie interrogé par Radio Vatican a estimé "très opportun" l’appel du pape à l’usage de la raison. A propos de l’invitation du pape à un dialogue franc et sincère, entre les catholiques et les musulmans, il estime que le pape «a fait ce qu’il fallait» :
"Je ne crois pas à la logique de l’affrontement de civilisations : en réalité, les fondamentalistes ne veulent pas la guerre contre l’Occident. Ils agissent pour renforcer certainement leur position dans les pays arabes. Vous savez que le courant des «Frères musulmans» en particulier, est hors-la loi dans tous les pays arabes, et aussi en Egypte, bien que ce pays leur laisse une certaine liberté d’action… Ce sont des mouvements d’opposition aux gouvernements locaux qui saississent cette occasion pour alimenter le «feu sacré» de la jeunesse, de cette jeunesse frustrée par le manque de perspective d’avenir et qui, naturellement est sensible à la propagande du fondamentalisme."
"Dautre part, je n’en doutais pas : dans le monde d’aujourd’hui, sécularisé, où Dieu, en occident, est souvent oublié, on a besoin de spiritualité mais aussi de la raison et de la rationalité. L’appel du pape à l’usage de la raison est extrêmement opportun".
Controverse de Ratisbonne : bref état des lieux
Le Premier ministre malaisien Abdullah Ahmad Badawi a estimé mardi que les "regrets" du pape Benoît XVI sur ses propos concernant l’islam étaient acceptables : "Je pense que nous pouvons les accepter et nous espérons qu’il n’y aura plus de déclarations pouvant mettre en colère les musulmans".
L’archevêque de Sydney a apporté son soutien au pape Benoît XVI, suscitant les protestations des musulmans d’Australie :
"Les violentes réactions dans de nombreux endroits du monde musulman confirment l’une des principales craintes du pape Benoît XVI. Elles ont montré le lien pour beaucoup d’islamistes entre religion et violence et leur refus de répondre aux critiques avec des arguments rationnels, mais seulement avec des manifestations, des menaces et de la violence".
La police britannique a renforcé ses patrouilles autour des églises et des mosquées en Angleterre et au Pays de Galles. Les curés des églises londoniennes ont reçu la visite de policiers qui leur ont donné des conseils en matière de sécurité et des numéros de téléphone à appeler en cas d’attaque. Aucun incident n’a jusqu’à présent été signalé en Grande-Bretagne mais la police a ouvert une enquête après une manifestation dimanche devant la cathédrale de Westminster au cours de laquelle des menaces de mort ont été proférées contre le pape.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a exprimé son "respect" pour le Pape Benoît XVI, estimant que ses paroles sur l’islam et la violence "ont été modifiées".
Un autre affaire secoue l’Indonésie dans ce contexte très particulier. 3 catholiques accusés d’être impliqués dans des violences contre des musulmans seront exécutés dans trois jours. Fabianus Tibo, Dominggus da Silva et Marinus Riwu nient catégoriquement avoir dirigé une milice près de la ville de Poso. Dans cette région les affrontements entre chrétiens et musulmans avaient coûté la vie à plus d’un millier de personnes en 2000 et en 2001. Des experts et ONG doutent que les condamnés aient été les cerveaux de massacres, allant jusqu’à parler de boucs émissaires. Dans un dossier, l’Homme Nouveau estime que leur condamnation risque de faire basculer l’Indonésie dans l’islam le plus radical alors que, jusqu’à aujourd’hui, les prêcheurs de type salafiste avaient échoué à imposer la charia.
Franc-maçonnerie et politique
…font bon ménage. Pour ceux qui en douteraient encore, il leur faut savoir que la Grande Loge Féminine de France (GLFF), qui se revendique comme la première obédience maçonnique féminine mondiale (11700 membres et 365 loges), a élu sa nouvelle grande maîtresse, Yvette Nicolas.
Yvette Nicolas, 68 ans, est entrée en 1983 à la GLFF, elle a travaillé dans divers cabinets ministériels dont celui du Commerce extérieur en 1976. Chef du secrétariat personnel du Premier ministre Raymond Barre, de 1976 à 1981, elle devint ensuite sa collaboratrice de 1981 à 2001 alors qu’il était député-maire de Lyon.
Elle est aussi présidente-fondatrice de l’association Le Pélikan-Agir et partager, créée en 1992 pour venir en aide aux populations civiles victimes des conflits dans les Balkans et reconnue ONG internationale en 2001 par l’UNMIK (Mission des Nations unies au Kosovo). Elle est officier de l’ordre national du Mérite et chevalier de la Légion d’honneur.
La GLFF se développe à l’international, avec la création de la structure GLFF-International. 11 nouvelles loges ont été créées en France ainsi que des loges en Lettonie, au Cameroun et au Sénégal. Des loges sont également en chantier en Serbie, Roumanie et Bulgarie.
Emeutes en Hongrie
Quand le gouvernement ment, les Hongrois réagissent pour réclamer sa démission.
Madonna dans l’espace ?
C’est la suggestion d’un député de la Douma en Russie, suite à un souhait que lui aurait exprimé Madonna. L’Agence spatiale russe a affirmé qu’il n’y avait "aucun obstacle" pour un vol de la chanteuse antichrétienne sur la Station spatiale internationale.
Osera-t-on lui suggérer d’y rester ?
Controverse de Ratisbonne : offensive des pays musulmans
L’Irak, l’Arabie saoudite, la Jordanie, Bahreïn, la Syrie, l’Egypte, le Koweït, l’Iran et la Turquie ont réclamé du pape Benoît XVI des excuses, au terme d’une réunion de leurs ministres de l’Intérieur dans la ville saoudienne de Djeddah. Dans leur déclaration finale, les ministres
"dénoncent les propos du pape ayant nui à l’islam et aux musulmans et exigent qu’il présente des excuses claires et franches".
Retour sur l’affaire des dessins de Mahomet
Mohamed Sifaoui dénonce les manipulations dans un ouvrage intitulé L’Affaire des caricatures, dessins et manipulations. Il y dit notamment que l’équipe du Jyllands-Posten, le plus grand quotidien du Danemark, a pour habitude de suivre de très près les prêches prononcés dans certaines mosquées pour ensuite les publier au grand dam des imams : leurs prêches n’ont rien à voir avec les palabres ‘modérées’ à la télévision… Aussi, lorsque les dessins paraissent, Ahmed Abou Laban, Frère musulman sulfureux réfugié au Danemark, essaie de mobiliser les musulmans contre le journal. En vain.
Ajoutant des dessins obscènes, Abou Laban réussira à provoquer l’ire de pays musulmans. C’est l’ambassadeur d’Egypte au Danemark qui a transmis les dessins truqués au secrétaire général de la Ligue arabe. On connaît la suite.
Un rappel intéressant à l’heure de la manipulation du discours du pape.
Michel Janva (via Marianne)
Controverse de Ratisbonne : l’unité de l’épiscopat italien
Les évêques italiens ont pris la défense de Benoît XVI lors de la réunion de la Conférence épiscole italienne. Le discours prononcé par Benoît XVI à Ratisbonne était une "splendide leçon", a résumé le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale italienne :
"Il est surprenant et douloureux que quelques affirmations contenues dans la leçon aient été mal comprises au point d’être interprétées comme une offense à la religion musulmane, et au point de conduire jusqu’à des actes d’intimidation et des menaces inqualifiables – qui ont peut-être directement servi de prétextes à l’assassinat abominable de soeur Leonella à Mogadiscio".
18h40 : La conférence épiscopale des évêques italiens a rendu hommage à la journaliste polémiste Oriana Fallaci, décédée jeudi dernier en Italie. Le Cal Ruini a terminé son discours par une évocation du "souvenir d’une femme, Oriana Fallaci".
"[Elle] avait été au centre de controverses enflammées, mais elle a apporté un grand témoignage de courage, de force morale, d’engagement et de qualité littéraire, d’amour pour l’Italie. Que le Seigneur l’accueille dans ses bras".
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C’est le nombre de personnes entrées illégalement sur le sol français régularisées par Sarkozy.
Controverse de Ratisbonne : le Cal Lustiger s’en prend aux médias
Le Cardinal Lustiger répond aux questions du Monde :
"Nous sommes face un phénomène médiatique à la limite de l’absurde. Pour ceux qui n’ont pas lu en entier la "leçon" que le pape a donnée à l’université de Ratisbonne, cette affaire est incompréhensible. Et effrayante. Il aura suffi de quelques mots pour que des foules, qui n’ont pas la moindre idée de ce dont il s’agit, se mettent à crier à l’offense et déchaînent une querelle dont on ne sait à qui elle profite. […]
Le sommer de se récuser sur un jugement qu’il n’a pas porté, c’est mépriser un ami. Ceux qui exigent des excuses n’ont pas lu le discours, ou ne l’ont pas compris, ou traduisent en défi politique, le plus humiliant possible, les termes d’un débat qui se voulait courtois. Si le jeu consiste à déchaîner la vindicte des foules sur des mots qui ne sont pas compris, alors les conditions du dialogue avec l’islam ne sont plus réunies. […]
Je trouve enfin avilissante l’attitude des pêcheurs en eaux troubles qui, dans des pays occidentaux, profitent de la circonstance pour accabler le pape sans réfléchir aux enjeux de fond.
Le Pape rappelle l’identité chrétienne de l’Europe
Ce matin, Benoît XVI a reçu les lettres de créances du nouvel Ambassadeur d’Autriche, auquel il a rappelé d’abord la longue et fructueuse histoire commune entre son pays et le Saint-Siège :
"Chacun de son point de vue l’Eglise et l’Etat se préoccupent du bien de l’individu…dont l’intérêt et la dignité ne devraient jamais être soumis à la facilité, à l’utilitaire et à la stricte productivité".
"Parmi ces intérêts communs, il y a l’Europe et son processus d’unification. Nulle part plus qu’en Europe l’histoire et la culture sont empreintes de christianisme. Le niveau national comme le régional, là où la plupart des citoyens enracinent leur identité, sont de plus en plus compris dans un espace continental, dans une Europe qui devient la patrie commune".
"Dans les débats autours de l’élargissement [comprendre la Turquie, NDMJ] et de la constitution européenne, la question de l’identité et des fondements spirituels de l’Union revient sans cesse à la surface. Les plus profondes sources d’une construction européenne solide sont des convictions communes, les valeurs de l’histoire et de la tradition chrétienne et humaniste du continent".
Benoît XVI : après la désolation, la Croix
Hier, après avoir exprimé sa désolation face à la polémique, le pape a évoqué la fête de l’exaltation de la Sainte Croix (fête du 14 septembre). Aucun rapport avec l’actualité ? Pas si sûr :
"Que signifie exalter la Croix ? N’est-il pas scandaleux de vénérer un objet d’infamie ?… C’est que, pour les Chrétiens, il ne s’agit pas de n’importe quelle croix mais de celle que Jésus sanctifia par son sacrifice, fruit et témoignage de son immense amour".
La souffrance de Marie au Calvaire s’est unie à celle du Fils, "une souffrance pleine de foi et d’amour par laquelle elle a participé à la puissance salvifique de la souffrance du Christ. Le Fiat de Marie a ainsi rejoint celui de Jésus".
"Redisons nous aussi oui au Dieu qui a choisi une croix pour nous sauver. C’est là un grand mystère, qui s’accomplira jusqu’à la fin du monde, et qui requiert aussi notre participation".
Controverse de Ratisbonne : une presse divisée
De nombreux journaux se demandent lundi si l’Occident devait renoncer à la liberté de pensée et accepter que l’islam devienne un tabou après la polémique provoquée par les propos du pape Benoît XVI. Beaucoup soulignent, 6 mois après la controverse qui a suivi la publication de caricatures de Mahomet dans des journaux, le risque pour le monde occidental de céder au chantage des islamistes.
1. Les journaux qui crachent sur le Pape
A Londres, The Independent estime que le pape aurait peut-être mieux fait d’éviter le paragraphe jugé offensant.
Aux Pays-Bas, le journal NRC Next parle de "provocation" et, pour De Volkskrant (centre-gauche), "le pape ne doit s’en prendre en grande partie qu’à lui-même".
En Espagne, El Mundo (centre-droit) voit dans l’incident un revers pour la réconciliation des religions. "Jean Paul II avait mis du temps à apaiser les contradictions entre les principales religions. En ce qui concerne l’Islam, Joseph Ratzinger a gâché d’un seul discours tout le travail de son prédécesseur."
En France, Libération écrit que "ce pape de 78 ans, depuis sa nomination, multiplie les bévues. On va finir par penser qu’elles ne sont pas accidentelles mais révèlent le fond de sa pensée".
2. Les journaux qui critiquent l’attitude des musulmans
Le Guardian de Londres pense que le pape aurait dû faire plus attention au contexte politique, "mais il est aussi plus important que la majorité des musulmans évite d’être prise en otage par la minorité des extrémistes qui veulent transformer cet épisode regrettable en crise mondiale".
Le Figaro critique au contraire "tous ceux qui fabriquent n’importe quel prétexte pour manipuler leurs crédules fidèles".
En Autriche, le Kronen-Zeitung estime que le pape vit "la première crise grave de son pontificat". Le premier journal du pays juge "regrettable que les musulmans parviennent aujourd’hui à exercer une forme de censure sur la liberté d’expression en Occident". "Nous sommes devenus sujets au chantage et à la peur".
Au Danemark, le pays des caricatures de Mahomet, le tabloïd Ekstra Bladet estime qu’"il est temps que les musulmans à la sensibilité exagérée cessent leurs exigences fatigantes d’excuses pour tout ce qui ne leur convient pas".
En Belgique, La Dernière-Heure écrit que "se taire parce que les extrémistes pourraient utiliser vos déclarations est une forme de renoncement que l’on ne peut accepter".
Le quotidien néerlandophone De Standaard pense quant à lui que "le dialogue avec l’islam ressemble à une voie à sens unique". "Une partie du monde musulman ne connaît pas les notions de tolérance et de respect des autres religions".
En Asie, le Philippine Star estime que "le problème est que toute critique (de l’islam) est interprétée comme un complot contre l’islam".
Controverse de Ratisbonne : le délire
Les propos du pape sont le "dernier maillon" d’une croisade américano-sioniste contre l’islam, a affirmé le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Ils font partie, selon lui, "d’une conspiration" ayant commencé avec l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, qui cherchent à créer des crises entre les religions pour "atteindre leurs objectifs sataniques".
Pour le journal saoudien Al-Youm, ces propos "ne sont pas une bévue ordinaire" et sont "en accord total avec les idées de l’extrême droite aux Etats-Unis sur le conflit des civilisations".
A Pékin, le responsable officiel des 18 millions de musulmans chinois, Chen Guangyuan, a estimé que Benoît XVI avait insulté "à la fois l’islam et le prophète Mahomet" et réclamé qu’il retire ses propos.
La Malaisie, pays à majorité musulmane, a jugé insuffisants les regrets du pape, estimant qu’ils n’étaient "pas de nature à calmer la colère".
Au Cachemire indien, des militants islamistes ont appelé à une journée de grève.
Le roi Mohammed VI du Maroc, qui a rappelé en consultation son ambassadeur au Vatican, a exhorté le pape Benoît XVI à respecter l’islam au même titre que les autres cultes.
Des députés égyptiens ont demandé le gel des relations diplomatiques avec le Vatican. "Le pape doit présenter des excuses directes et claires", indique le texte publié à l’issue d’une réunion de la commission religieuse et de celle des Affaires étrangères. Les députés ont appelé le Premier ministre Ahmed Nazif "à retirer l’ambassadeur d’Egypte du Vatican et à chasser le nonce apostolique du Caire", si le pape ne présentait pas les excuses demandées.
Le Pakistan a demandé au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, au nom de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), de débattre de la tolérance religieuse après les déclarations du pape. On ne sait ce qu’en pense l’Arabie Saoudite qui ne tolère aucune autre religion que l’islam sur son sol…
Le représentant du Vatican au Conseil, Mgr Silvano Tomasi, a estimé que le pape avait été mal interprété par les médias :
"Il est étonnant que les manifestations aient commencé avant même que le discours ait été traduit dans une langue accessible aux manifestants, seulement sur la base de titres l’interprétant faussement dans les médias, qui doivent assumer leurs responsabilités".
Controverse de Ratisbonne : bonne réaction de Bruxelles
Une fois n’est pas coutume, nous saluons l’avis de la Commission européenne, qui a souhaité que les réactions dans le monde musulman au discours "théologique" du pape Benoît XVI soient "proportionnées" et fondées "sur ce qui a été vraiment dit" et non "sur des citations délibérément sorties de leur contexte".
"Il ne revient pas à la Commission de clarifier ou d’interpréter" les propos du pape, a expliqué Johannes Laitenberger, porte-parole de la commission. Il a jugé condamnable toute réaction qui viserait à mettre en cause la liberté de parole, "pierre de touche" des valeurs européennes "de même que le respect pour une religion quelle qu’elle soit".
Controverse de Ratisbonne : réactions de Chirac et Bayrou
Bayrou a souligné qu’"il y a deux phrases dans son intervention, l’une qui est, je comprends très bien, offensante pour les croyants musulmans (…) et une phrase qui est, me semble-t-il, juste sur le fond, qui est de dire que la violence ne doit pas être mise au service de la religion". "Il me semble que quelque chose s’est réveillé à la surface de la planète, de l’ordre" des guerres de religion :
"Ceci doit nous imposer à tous les responsables religieux et politiques, et à tous les citoyens, un très grand souci et une très grande rigueur. La religion c’est de la nitroglycérine. Et le propre de la nitroglycérine c’est qu’elle explose quand on la secoue, donc c’est un devoir pour nous d’y faire attention".
Visiblement, il n’a pas compris grand chose à l’intervention du Pape. Dommage pour un catholique. Surtout que le Pape dénonçait aussi le rationnalisme occidental. Malheureusement, on peut en dire de même de Chirac, lequel, après avoir affirmé qu’il n’avait pas "pour vocation, ni l’intention, de faire un commentaire sur les propos du pape" et qu’il s’exprimait "sur le plan général et dans le cadre du dialogue des cultures et des civilisations que je prône", a dit :
"Il faut éviter tout ce qui anime les tensions entre les peuples ou entre les religions. Il faut éviter tout amalgame entre l’islam, qui est une religion repectée et respectable naturellement, et l’islamisme radical qui est une action tout à fait différente et qui est une action de nature politique".
Finalement, il faut éviter tout dialogue.
Conférence de Ratisbonne : l’avis de Marine Le Pen
Marine Le Pen a estimé lundi sur RTL que le pape a "le droit de dire ce qu’il veut" :
"Il y a des appels à la guerre sainte dans le monde aujourd’hui. On le sait. C’est une réalité dans un certain nombre d’endroits, et les réactions d’extrême violence à ses propos tendent singulièrement à lui donner raison".
"C’est le moment pour les musulmans modernes de faire entendre leurs voix et de rappeler à la raison les fondamentalistes".
Islam : la raison n’est pas au rendez-vous
Un groupe islamique radical indonésien a appelé à "crucifier le pape" ! Les pancartes brandies par les manifestants devant la représentation du Saint-Siège à Jakarta du Front des défenseurs de l’islam (FPI) affichaient en lettres noires des slogans tels que "Crucifiez le pape", "Vatican, axe de Satan" ou encore "Le Prophète est sublime, le pape est petit et vil".
La recherche sur les cellules souches non embryonnaires
Dans le Figaro, on trouve une défense de la recherche sur les cellules souches non embryonnaires :
"«La recherche sur les cellules souches somatiques mérite l’approbation et l’encouragement quand se conjuguent heureusement ensemble le savoir scientifique, la technologie la plus avancée et l’éthique qui postule le respect de l’être humain à chaque stade de son existence», a déclaré samedi dernier Benoît XVI dans sa résidence de Castel Gandolfo en recevant, malgré la polémique sur l’islam, les 260 participants au congrès international sur les cellules souches organisé au Vatican par l’Académie pontificale pour la vie, la Fédération internationale des associations médicales catholiques et la Fondation Jérôme Lejeune. Le Pape a en revanche condamné le prélèvement de cellules souches embryonnaires qui mène à «la destruction de la vie humaine» et pour lequel «il ne peut y avoir ni compromis ni tergiversations».
La recherche sur l’embryon est inacceptable puisque criminelle. Le congrès au Vatican s’est entièrement focalisé sur les recherches avec des cellules souches non embryonnaires, recherche qui est la plus avancée. Le professeur Gian Luigi Gigli, neurologue, président du congrès, a affirmé :
"Il ne faut pas donner de faux espoirs aux gens. C’est trop simpliste de dire que l’on va soigner avec des cellules embryonnaires qui soulèvent beaucoup de problèmes, comme l’instabilité de l’ADN, ou encore l’absence de compatibilité avec le receveur."
Le Pr Strauer (université de Düsseldorf, Allemagne) a fait un point très complet sur des résultats obtenus avec des cellules souches de la moelle osseuse, chez des malades souffrant de troubles cardiaques. Ces cellules transformées, injectées dans les artères coronaires chez des patients frappés d’infarctus ont permis une amélioration des fonctions cardiaques, avec un recul de trois ans.
Conférence de Ratisbonne: l’Occident complice de l’islam
L’éditorialiste du Figaro, Yves Thréard, salue le courage du Pape et dénonce la manipulation des masse :
"Il est rare d’entendre un grand de ce monde exprimer publiquement ses regrets. C’est pourtant ce que vient de faire le Pape, par ailleurs chef de l’État du Vatican. Même si la comparaison peut paraître étrange, on attendrait en vain ceux du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, pour les injures qu’il a proférées contre l’Occident et Israël. Mais lui a-t-on jamais demandé ? […]
On peut déplorer que l’entreprise grossière menée par quelques dictateurs et guides idolâtrés ne soit pas plus fermement condamnée dans notre partie du monde. Par lâcheté, préférons-nous observer un silence gêné, quitte à nous faire les complices de manoeuvres qui, subrepticement, menacent nos propres valeurs ? Laisserons-nous le Pape pointer seul les dangers du fanatisme, et de l’islamisme en particulier, comme son prédécesseur avait combattu avec courage les ravages du communisme ?"
Dans sa conférence, Benoît XVI ne s’en prenait pas seulement à la violence utilisée par la religion musulmane. Il s’en prenait également au rationnalisme de l’Occident. Ceci explique sans doute cela.
L’islam, Benoît XVI et Assise
Zenit publie l’intégralité du message de Benoît XVI pour l’anniversaire de la rencontre interreligieuse d’Assise pour la paix, laquelle avait fait couler beaucoup d’encre. Au vu de l’actualité, il apparaît nécessaire de le lire. Extraits choisis :
"[Les rencontre interreligieuses] mettent en évidence la valeur de l’intuition qu’a eue Jean-Paul II et en révèlent l’actualité à la lumière des événements mêmes qui ont eu lieu au cours des vingt dernières années et de la situation dans laquelle se trouve à présent l’humanité. L’événement le plus significatif, au cours de cette période, a été sans aucun doute la chute, en Europe de l’Est, des régimes d’inspiration communiste. […] Malheureusement, ce rêve de paix ne s’est pas réalisé. […]
Son invitation aux responsables des religions mondiales en vue d’un témoignage commun de paix servit à préciser sans équivoque possible que la religion ne peut qu’être porteuse de paix. Comme l’a enseigné le Concile Vatican II dans la Déclaration Nostra aetate sur les relations de l’Eglise avec les religions non-chrétiennes, "nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés par Dieu" (n. 5). En dépit des différences qui caractérisent les divers chemins religieux, la reconnaissance de l’existence de Dieu, à laquelle les hommes peuvent parvenir ne serait-ce qu’à partir de l’expérience de la création (cf. Rm 1, 20), ne peut manquer de disposer les croyants à considérer les autres êtres humains comme des frères. […]
La rencontre organisée à Assise par le serviteur de Dieu Jean-Paul II mit de façon opportune l’accent sur la valeur de la prière dans l’édification de la paix. […] Pour la construire, les voies d’ordre culturel, politique et économique son certainement importantes. Toutefois, en premier lieu, la paix doit être édifiée dans les coeurs. […]
Pour ne pas se méprendre sur le sens de ce que, en 1986, Jean-Paul II voulut réaliser […] il est important de ne pas oublier l’attention dont on fit alors preuve afin que la rencontre interreligieuse de prière ne se prête à aucune interprétation syncrétiste, fondée sur une conception relativiste. C’est précisément pour cela que, dès ses premières paroles, Jean-Paul II déclara : "Le fait que nous soyons venus ici n’implique aucune intention de rechercher un consensus religieux entre nous, de mener une négociation sur nos convictions de foi. Il ne signifie pas non plus que les religions peuvent être réconciliées sur le plan d’un engagement commun dans un projet terrestre qui les dépasserait toutes. Il n’est pas non plus une concession au relativisme des croyances religieuses…" […]
Pour son initiative audacieuse et prophétique, Jean-Paul II voulut choisir le cadre suggestif de cette ville d’Assise, universellement connue pour la figure de saint François. En effet, le "Poverello" incarna de façon exemplaire la béatitude proclamée par Jésus dans l’Evangile : "Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu" (Mt 5, 9). […] Il est toutefois important de rappeler, si l’on ne veut pas trahir son message, que ce fut le choix radical du Christ qui lui fournit la clé de compréhension de la fraternité à laquelle tous les hommes sont appelés".
Jospin soutient le Pape
S’exprimant au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Lionel Jospin a dit :
"Doit-il s’excuser ? Je pense que non. Il est paradoxal qu’une partie de ceux qui demandent des excuses sont ceux qui, par ailleurs, menacent et trouvent légitime d’utiliser l’islam au nom de la violence. On n’a pas de raison de s’excuser devant ces gens-là, même s’il faut éviter de froisser les musulmans".
Soutien des chrétiens persécutés par l’islam
Chrétienté Solidarité, l’Agrif, Europa Gentes, Reconquête-Jeunesse, les Jeunesses Chrétiennes Libanaises, des groupes Coptes, Chaldéens, Arméniens organisent une veillée de prière et de solidarité avec les chrétiens persécutés et menacés des pays d’islam devant Notre-Dame de Paris, Place Jean-Paul II, le jeudi 21 septembre à 19h.
Conférence de Ratisbonne : le débat lancé ?
Répondant aux propos du pape, le grand mufti d’Arabie saoudite, cheikh Abdelaziz Al-Cheikh, a défendu l’esprit du jihad, ou guerre sainte, dans l’islam, à l’origine "un droit légitimé par Dieu" :
"La propagation de l’islam est passée par plusieurs étapes, secrètes puis publiques, à La Mecque et Médine. Dieu a ensuite autorisé les fidèles à se défendre et à combattre ceux qui les combattaient, ce qui constitue un droit légitimé par Dieu".
L’Eglise aussi considère que la légitime défense est non seulement un droit légitime mais un "devoir grave". Mais le mufti, qui préside le Conseil des grands oulémas d’Arabie saoudite -la plus haute autorité religieuse dans le royaume, qui abrite les premiers lieux saints de l’islam à La Mecque et Médine-, lui va beaucoup plus loin puisqu’il a expliqué que, pour la propagation de l’islam au moment de son apparition, "il avait été nécessaire d’enrayer tout ce qui entraverait la mise en oeuvre de ce devoir sacré". Mais, a-t-il ajouté, le prophète Mahomet "n’a pas fait de la guerre son premier choix". Forcément, si les peuples s’étaient convertis, il ne leur aurait pas fait la guerre :
"Après chaque conquête, il offrait aux populations trois options : se convertir à l’islam, ou s’acquitter d’une taxe (jizya) …, mais si ces populations s’entêtaient, il ne lui restait alors que l’option de les combattre pour enrayer cet obstacle".
On attend que les médias ainsi que les musulmans appelés communément ‘modérés’ hurlent au scandale. En attendant, on pourra répondre avec l’empereur Manuel II Paléologue cité par Benoît XVI :
"La foi est le fruit de l’âme, non du corps. Celui, par conséquent, qui veut conduire quelqu’un à la foi a besoin de la capacité de bien parler et de raisonner correctement, et non de la violence et de la menace… Pour convaincre une âme raisonnable, il n’est pas besoin de disposer ni de son bras, ni d’instrument pour frapper ni de quelque autre moyen que ce soit avec lequel on pourrait menacer une personne de mort".
Les chrétiens dans le piège irakien
Dans le piège irakien est un ouvrage écrit par Mgr Jean Benjamin Sleiman, archevêque latin de Bagdad. Dans Présent, Yves Brunaud nous en fait l’analyse :
"Ils étaient jadis plus d’un million et seraient tout au plus aujourd’hui quelque 600 000 tant il est vrai que les paroisses se sont vidées les unes après les autres. «Le chrétien est la victime la plus fébrile de la société civile irakienne ayant sombré dans l’anarchie, se repliant sur son tribalisme et se laissant emporter par un confessionnalisme fondamentaliste agressif», souligne le prélat, en observant que «les actes de violence gratuite et arbitraire contre les chrétiens ne se comptent plus depuis la chute du régime de Saddam Hussein en mars 2003», même si personne bien évidemment ne regrette le dictateur déchu. Mais la réalité est là : l’Irak s’enfonce lentement mais sûrement dans une guerre civile larvée […] ! Et ces affrontements n’opposent pas simplement les musulmans chiites et sunnites. Ils visent souvent et avant tout les chrétiens, de moins en moins nombreux pour se défendre et ouvertement soupçonnés d’être les «agents de l’occupant» depuis l’invasion américaine du pays.
[…] «Pour les chrétiens d’Irak persécutés par les fanatiques de l’islam, ajoute-t-il, c’est désormais la valise ou le cercueil, partir ou mourir.» Ou le retour à la «dhimmitude», cette soumission perverse des non-musulmans contraints d’accepter ni plus ni moins la condition de «soushommes» dans un pays où l’islamisme conquérant a désormais un boulevard devant lui. […] «Oui, jamais comme aujourd’hui les chrétiens ne se sont sentis aussi étrangers dans leur propre pays», s’indigne l’archevêque".
Qui s’en offusque en Occident ?
Les Semaines sociales de France : succès et ambiguïtés
Les Semaines sociales sont une institution auguste qui cherche, lors d’une conférence annuelle, à réfléchir sur la mise en oeuvre de la Doctrine sociale catholique (bref historique). C’est en tout cas leur vocation – et ce qui leur vaut un soutien officiel de l’Eglise.
Ces Semaine sociales tiendront leur 81e session du 24 au 26 novembre au CNIT de La Défense, près de Paris. L’occasion de faire deux remarques positives, et d’exprimer deux regrets :
- Les intervenants sont très prestigieux, à commencer par le président de ces Semaines, l’ancien directeur du FMI Michel Camdessus. On ne peut que s’en réjouir, à l’heure où la marginalisation des catholiques paraît s’aggraver.
- On s’interroge tout de même sur la présence de politiciens tels que le député européen Bronislaw Geremek, qui vote dans un sens très anti-famille (il appuie les revendications gay, il met en cause la liberté religieuse, et est parmi les élus polonais les moins bien notés par le site pro-famille euro-fam).
- Sur le fond : les Semaines sociales tentent d’explorer des pistes souvent intéressantes, essayant de concilier les libertés économiques et la justice sociale. On peut se faire une idée flatteuse de ces réflexions en lisant "en creux" les critiques que leur adresse un marxiste.
- Toutefois, on s’interroge à nouveau quand on lit la bibliographie que propose leur site autour du thème du prochain Congrès, "Une société juste ?". On n’y trouve aucune encyclique sociale. La référence centrale semble y être John Rawls – un penseur qui s’est attaché à définir une théorie agnostique de la justice, et qui est fort éloigné de la Doctrine sociale catholique.
Henri Védas (Merci à SSA)

