Agitation anti-CPE : un témoignage de Nanterre
Liberté politique publie le témoignage d’une étudiante de Paris X, qui corrobore en tout point ce que rapportait hier un autre Nanterrois sur l’émission de Bafweb Radio. "Sophie" témoigne de l’Assemblée Générale du 9 mars :
[A]lors que nous étions majoritairement contre le blocus, on nous a imposé trois heures de faux débats (temps de parole inégal et injustement répartis). On nous a infligé une véritable propagande anti-gouvernementale bien loin du problème du CPE. […]
Faut-il évoquer la sécurité ? Des individus masqués par des foulards circulent sans cacher leur agressivité. Quand vient le vote, à main levée, des syndicalistes inconnus des bancs de la fac mêlent leurs voix aux étudiants. Nous étions 2000 : 750 ont voté pour le blocus… qui fut déclaré adopté !
[…] Les 9 et 10 mars, lorsque des étudiants ont voulu entrer dans leurs facultés, des bagarres ont éclaté à coups de barres de fer, une jeune fille a été poussée dans les escaliers par des représentants de l’Unef et a été sérieusement blessée. Pour renverser le rapport de force et empêcher les étudiants de vouloir travailler, les manifestants minoritaires ont fait appel à des lycéens de Nanterre, mobilisés en masse pour narguer les étudiants empêchés de travailler.
CPE : vers une capitulation par le biais du Conseil constitutionnel ?
Jeudi, les dispositions les plus démagogiques de la loi sur l’égalité salariale adoptée le 23 février (texte, pdf) ont été déclarées inconstitutionnelles.
Ainsi, la presque totalité du titre 3 de ce texte, qui instaurait des quotas de 20 % de femmes dans les conseils d’administration, les comités d’entreprise, les délégués du personnel, les conseils de prud’hommes et les organismes paritaires de la fonction publique, a été retoqué.
Le Conseil réprouve donc les quotas, au nom de l’égalité républicaine. Mais la décision du Conseil ne s’arrête pas là. Les députés socialistes l’avaient à l’origine saisi sur un point en apparence plus technique : le fait que la loi comportât des amendements n’ayant que peu de rapport avec le texte central de la loi. Et le Conseil leur a donné raison.
Invoquant l’absence de lien entre des amendements introduits par le gouvernement et l’objet d’un texte de loi, plusieurs mesures ont été censurées, dont certaines constituaient "le plan emploi" de M. de Villepin […].
Mais quel rapport entre cette décision du Conseil et le CPE ? Mardi, le groupe parlementaire socialiste a saisi le Conseil à propos de la Loi sur l’égalité des chances dont le CPE est un amendement. Et les arguments de ceux qui considèrent que cet amendement est inconstitutionnel s’appuient précisément sur deux points qu’ont retenu les "sages" dans leur décision de jeudi : l’égalité (en l’occurence, selon l’âge) et les limites du domaine de l’amendement.
Cet article dans Libération réfutait certes la critique – mais c’était avant la décision d’aujourd’hui, qui semble ouvrir la voie à la censure du CPE par le Conseil. Le Figaro de mercredi évoquait cette possibilité. Et comme la Lettre de Rastignac d’aujourd’hui, il envisageait que le Président Chirac demandât amicalement à Pierre Mazeaud, président du Conseil, que l’affaire du CPE se termine ainsi :
«Si ça tourne mal, heureusement qu‘on a Pierre Mazeaud…», confie un chiraquien.
Cette phrase, si elle dit vrai, est assez scandaleuse : le président de cette haute cour serait-il au service de l’exécutif ? Bizarrement, elle semble avoir disparu de l’article en ligne du Figaro – mais News Google en a gardé la trace.
Le Pape souhaite canaliser l’énorme pouvoir des médias
Benoît XVI a reçu ce matin l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour les communications sociales, conduite par Mgr John Foley. Le Pape a salué l’importante oeuvre d’apostolat de la communication, comme
"forme directe d’évangélisation et de promotion du bon et du vrai au sein de la société. (…) Le décret conciliaire Inter Mirifica (…) notait déjà l’énorme pouvoir des médias dans l’information des esprits et la formation des opinions. Quarante ans plus tard, il est plus que jamais nécessaire de canaliser ce pouvoir au bénéfice de l’humanité toute entière (…) afin que la promotion du bien commun ne soit jamais sacrifiée à une recherche égoïste du profit, ou à des ambitions idéologiques peu crédibles".
Le Pape a invité les responsables des médias à diffuser le bien et la vérité, "par le respect avant tout du sens de la vie humaine et sociale, par le rejet du mensonge, qui s’exprime notamment dans certaines tendances pernicieuses qui menacent la société civile".
Nous invitons donc nos lecteurs à faire de la publicité pour Le Salon Beige puisque le décret cité plus haut demande notamment : "On commencera par soutenir la presse honnête" (n.14)…
Des membres du MPF passent au FN
Le Monde de demain nous apprend que Pierre Deplanque, coordinateur régional du MPF en Corse, Dolorès Thomas et Eric Gaillot, secrétaires départementaux du MPF en Corse, ont tous rejoint le Front National. Selon Deplanque :
"Philippe de Villiers n’est pas un vrai représentant de la droite nationale. Il ne souhaite que rabattre les voix du FN sur l’UMP."
Le même dénonce "la consigne" qui aurait "été donnée de dissuader les maires de parrainer la candidature de M. Le Pen à l’élection présidentielle".
Et visiblement, ces défections ont réduit à néant les contacts MPF en Corse…
Miracle à Lourdes ?
Un cas de guérison exceptionnelle vient d’être reconnu par le Comité médical international de Lourdes (CMIL), a annoncé ce jeudi son co-président, le professeur François-Bernard Michel. Il s’agit d’une Française, mais "l’autorité épiscopale n’a pas encore franchi le stade nécessaire pour que la guérison soit reconnue comme miraculeuse".
A l’issue de sa réunion fin novembre à Paris, le Comité Médical International de Lourdes a en effet rédigé le communiqué d’information comportant un "avis de reconnaissance du caractère exceptionnel d’une guérison en l’état actuel de la connaissance scientifique". Il s’agit
"d’une malade atteinte en 1992 d’un lymphome malin diffus de la plèvre non hodgkinien de type B, compliqué, un an plus tard, d’une leucémie aiguë myéloblastique avec atteinte méningée et névrite optique traitée par chimiothérapie, mais d’évolution défavorable et guérie sans séquelles ni rechute depuis 13 ans, en coïncidence d’une démarche de foi à Notre-Dame de Lourdes".
Le même communiqué signale que les déclarations spontanées de guérison évaluées durant l’année 2005 sont au nombre de 40. Par ailleurs, 5 dossiers sont en cours d’instruction. Il s’agit de "déclarations de personnes affirmant en conscience claire une guérison survenue dans le contexte de Lourdes, mais dont les critères scientifiques ne permettent pas d’affirmer encore le caractère définitif".
Des témoignages pour notre temps.
Manifs : bilan des blessés
Les violences qui ont éclaté dans la soirée place de la Sorbonne ont fait 92 blessés parmi les forces de l’ordre, 18 du côté des manifestant. Le préfet de police Pierre Mutz a par ailleurs déclaré vendredi sur RTL que 187 personnes avaient été interpellées.
Bernard Carayon : “les Français ne s’aiment plus”
On ne souscrira pas à tout, mais certaines parties de cette tribune du député UMP Bernard Carayon dans Valeurs actuelles montrent une belle lucidité :
Dans tous les domaines […], nous avons collectivement
collectionné les archaïsmes, les retards ou les pusillanimités, créant
les conditions du “déclin français”.
Pourquoi ? D’abord parce que les Français ne s’aiment plus. Trente ans
d’immigration massive, à flot continu, encouragée par la complaisance
de la gauche et la tétanisation de la droite, ont fait sauter les
digues de notre identité nationale. […] [L]e “droit à la
différence” a fait le reste, mettant sur le même pied les fondements de
notre civilisation à la fois judéo-chrétienne, universaliste et
républicaine, avec des cultures importées […].
Ensuite parce que notre gauche est différente de toutes les autres
gauches occidentales : ses courants extrémistes ont irrigué le débat
politique par une sémantique destructrice : exclusion, précarité,
droits multiples à géométrie variable, acquis sociaux, incivilités,
autant de mots […] destinés
à culpabiliser l’adversaire […]
Notre gauche est la dernière au monde à être restée révolutionnaire.
Bernard Carayon (qu’on a remarqué plusieurs fois en bien) est un proche de Pierre Fabre, nouveau propriétaire de Valeurs actuelles : si ses tribunes doivent remplacer celles d’Olivier Dassault, on gagne au change !
Manifestations : les chiraquiens arroseurs arrosés
Au fait, où tous ces jeunes lycéens ont-ils appris à manifester ? Témoignage dans Libération :
"Je ne suis pas dans un parti. J’avais manifesté pour la première fois en 2002, contre Le Pen, dans l’entre-deux-tours de la présidentielle. Ç’a été l’électrochoc. J’ai réalisé qu’on regrettait toujours trop tard d’être resté à râler sans bouger."
Avis à l’UMP : il est difficile de jeter les écoliers dans la rue en 2002 pour protester contre le verdict du suffrage universel, et de leur demander de respecter un vote parlementaire 4 ans plus tard…
Images de la libération de la Fac de Toulouse
… dont nous parlait Michel hier, sur TF1 : une vidéo qui fait plaisir à voir (Via Le Conservateur).
Blocage des universités : témoignages et analyses
… sur Bafweb Radio : pour sa première émission, Adrien de Riedmatten a reçu Roland Richard, étudiant à Nanterre, où la résistance au blocage s’est appuyée sur des blogs spontanés (dont celui de M. Richard), et Sébastien Bordman, porte-parole de l’UNI.
Outre son témoignage sur les agissements des bloqueurs à Nanterre, le premier intervenant a présenté une analyse fine et informée de la situation générale. Il fait partie des organisateurs du sit-in de dimanche (Place de l’Hôtel de Ville de Paris, de 15h à 17h) qu’a évoqué Lahire.
L’émission peut être réécoutée ici.
Christine Boutin à la présidentielle : “Seule la menace du Front national au second tour me ferait renoncer”
On s’est pincé en lisant ce passage de cet article du Monde :
Présente elle aussi en 2002 – elle a recueilli 1,20 % des voix -, Christine Boutin est aussi sur la ligne de départ pour 2007. "Seule la menace du Front national au second tour me ferait renoncer", affirme celle qui entend représenter "la droite sociale". Elle sillonne la France pour des soirées- débats sur des sujets divers, parmi lesquels : le travail précaire, l’environnement ou la santé.
Dans Présent de demain, Jean Madiran consacre un éditorial à cette déclaration contre-nature.
Sur les questions politiques réellement les plus importantes [respect de la vie, famille...][…], Christine Boutin professe pourtant des idées plus proches de celles du Front national que de n’importe quel autre grand parti, UMP comprise.
Témoignage personnel : aucun de ceux qui, parmi mes amis, avaient voté pour Mme Boutin en 2002 ne me dit envisager de faire de même en 2007. A force de multiplier des déclarations semant la confusion quant à ses véritables priorités, Mme Boutin risque de découvrir qu’on peut faire beaucoup moins encore que 1,20%.
Le cache-misère de la presse française
Les chiffres de diffusion de la presse quotidienne nationale française chutaient depuis plusieurs années (exemples : 2002/2003; 2004/2005). Un tour de passe-passe offre à nos journaux un répit statistique : l’enquête change de prestataire (la Sofres succède à Ipsos), ainsi que la méthodologie. Avec un résultat bien commode :
[C]es changements de méthodologie interdisent – pour six mois – toute comparaison avec les études précédentes.
La nouvelle méthodologie semble mettre systématiquement en avant un nombre de lecteurs estimé, qui cachera peut-être mieux la chute de diffusion que le nombre, plus objectif, des exemplaires diffusés. Ces chiffres impressionneront peut-être les annonceurs, mais paraissent optimistes : ils considèrent qu’un exemplaire du Figaro est lu en moyenne par 4 personnes…
Mobilisation anti-CPE : le bilan décevant est camouflé par les médias
– Les manifestations à travers le pays ont rassemblé 250.000 personnes selon la police, 500.000 pour les organisateurs (33.000 à 120.000 à Paris, respectivement). En tout cas, moins que prévu – rappelons ce qu’écrivait l’AP avant que l’on connaisse ces chiffres :
Le gouvernement s’attend à des manifestations plus importantes que celles du 7 mars, qui avaient réuni entre 396.000 et plus d’un million de personnes selon les sources.
Une chute de 30 à 50% par rapport à la semaine dernière… ce qui n’empêche pas Reuters de titrer : "La mobilisation anti-CPE s’amplifie" ! Les étudiants pro-UMP de l’UNI ont raison : "la mobilisation piétine".
– 212 fauteurs de troubles ont été arrêtés, dont 147 à Paris.
– 18 policiers ont été blessés.
Ces derniers chiffres peuvent encore évoluer, les affrontements étant toujours en cours dans le quartier de la Sorbonne.
Enfin, un sondage estime que 68% des Français seraient favorables au retrait du CPE, 27% opposés.
Ce soir : lancement de BAF radio
L’indomptable Bafweb se lance dans la radio par internet, les mardi, mercredi et jeudi… et la première émission est ce soir, à 20 heures : elle aura pour thème l’agitation étudiante en France, et donnera la parole aux étudiants de la majorité silencieuse qui veut travailler. L’émission pourra ensuite être réécoutée en format mp3.
Comme pour symboliser le passage de relais entre des vieux médias sur la défensive et les pionniers de la révolution médiatique, la Radio Suisse Romande enjoint le même jour Bafweb… de ne plus faire de lien vers ses productions, sous peine de poursuites !
PS : le lien pour écouter en direct.
Life Parade 2006
La Life Parade 2006 se déroulera le samedi 20 mai sur le thème de l’Enfance. Le cortège partira de 14h30 place Saint-Sulpice à Paris.
Fait-elle doublon avec la traditionnelle Marche pour la vie de janvier ? Non : la manifestation de janvier est l’indispensable rendez-vous annuel unitaire de mobilisation pro-vie, l’équivalent français de la March for Life de Washington, la démonstration de force annuelle du mouvement abolitionniste américain. La Life Parade, rendez-vous festif, cherche à promouvoir les expressions culturelles d’un message pro-vie et pro-famille plus global. N’opposons pas les deux : toute initiative ayant pour objet de promouvoir la culture de vie doit unir les catholiques !
La Turquie pour anéantir l’Europe puissance
Dans la Revue française de géopolitique, Aymeric Chauprade s’en prend à la Turquie. Battant en brèche les poncifs sur la vocation européenne de la Turquie, l’ouvrage débute par un "tableau historique de l’affrontement entre Européens et Turcs", qui montre que l’empire ottoman a toujours été perçu comme radicalement étranger par ses voisins de l’ouest. Dans le chapitre suivant, "civilisations turque et européenne : 3000 ans d’opposition", Chauprade affirme que "le projet d’intégration de la Turquie vise à anéantir l’idée d’Europe puissance". L’ouvrage se termine par une analyse de la présence turque en Europe occidentale, où Ankara compte sur la présence d’une immigration de plus en plus active pour faire avancer la cause de sa candidature à l’Europe.
Le Monde dresse le portrait de Guillaume Peltier
Le jeune (30 ans) secrétaire général du MPF intrigue les journalistes et Le Monde de demain revient sur son "étrange" parcours :
Ses parents, issus de la petite-bourgeoisie, étaient babas cool avant de "se ranger" au milieu des années 1980.(…) En 1981, Stéphane et Anne Peltier "applaudissent la victoire de François Mitterrand". Mais ils font aussi "partie des premiers déçus du socialisme". Le père est au chômage, ne le supporte pas et tombe gravement malade (…). "C’est à cette époque que mes parents sont devenus catholiques pratiquants", raconte leur fils. Lui ne trouvera la foi, "tout en restant plutôt anticlérical", que plus tard (…).
Ce cheminement l’amène en terminale à créer des soupes populaires avec une bande de copains. En khâgne, au lycée Lakanal, il se passionne pour l’histoire et prend goût aux joutes oratoires. Le soir, il organise des conférences dans des bistrots pour parler du "nécessaire engagement dans la cité, au service du bien commun" auprès des plus pauvres. (…) En 1996, il fonde le JAC (Jeunesse-Action-Chrétienté), un mouvement de jeunes chrétiens qui se mobilisent contre le pacs, la pilule du lendemain et la contraception à l’école.
[Puis] il prend sa carte au Front national de la jeunesse (FNJ). Philippe Rouger, alors assistant du directeur du FNJ, Samuel Maréchal, se souvient d’un "garçon ambitieux" sans "corpus doctrinal établi". (…) Il apprend à faire des tracts, s’entraîne à répondre à des entretiens, à argumenter. Bon élève, il sort major de l’université d’été 1998 du FNJ (…). Samuel Maréchal en fait un de ses adjoints. (…) Quand Bruno Mégret et ses lieutenants quittent le parti pour créer le Mouvement national républicain, il les suit. 6 mois plus tard, Guillaume Peltier (…) rencontre notamment Charles Millon alors président de La Droite.
(…) Des amis lui présentent Guillaume de Villiers, l’aîné des fils de Philippe. Le courant passe entre les deux hommes, un repas est organisé avec le président du MPF. (…)"C’est un dîner de franchise, raconte Guillaume Peltier. Philippe de Villiers discute action politique. Je lui dis ce qui ne va pas : il n’a jamais voulu rompre avec la majorité et n’a pas créé d’appareil politique, il manque de cohérence dans son action."
(…) Philippe de Villiers le met au défi de rassembler 100 jeunes à Paris, il en réunit sans difficulté 200. Nommé président du Mouvement des jeunes pour la France au printemps 2001, le professeur se met en disponibilité de l’éducation nationale. Deux ans plus tard, il devient secrétaire général du MPF."
Cette promotion a été la cause de départs au sein du MPF. Les déçus parlent d’une "ambition débordante" et dénoncent des "méthodes frontistes". Ses anciens amis du FNJ évoquent un "jeune homme ambitieux et opportuniste". Philippe de Villiers vante des qualités de "stratège". Lui se déclare attaché à la nation et à "un souci de justice sociale". Il affirme "détester les idéologies". "Une société qui ne fait pas appel aux racines, à l’ordre, à l’équilibre, est vouée à disparaître."
91% des lois ne sont pas appliquées
…car leur décret d’application n’a pas été publié. C’est ce qu’a révélé Minute hier, prouvant ainsi que les lois votées par l’Assemblée sont purement incantatoires… Le Conseil d’Etat rejoint ce constat dans son rapport annuel.
Yves Daoudal nous en livre son analyse. Parmi les causes, il y a celles qui "échappent à la seule responsabilité des pouvoirs publics" (et sur lesquelles on n’aurait donc aucune prise). "Le premier des facteurs de complexité et d’instabilité du droit" est constitué par "le caractère foisonnant du droit communautaire". Bel aveu de la perte de l’indépendance de la France. Une autre "série de causes" relève de l’organisation de nos institutions : la décentralisation, avec des "ajustements permanents de la législation" qui, "par-delà leur excessive fréquence, n’ont pas contribué à dessiner un paysage administratif lisible pour le citoyen" ; et la multiplication des autorités administratives indépendantes, dont la première fut la CNIL, en 1978, et qui sont aujourd’hui une cinquantaine.
Le rapport examine ensuite les causes "qui tiennent à nos mœurs". "Les Français" ne cessent de réclamer de nouvelles lois, "comme si chaque problème nouveau nécessitait un traitement particulier, comme si un droit de principes se révélait inhabile à régler des cas que l’on croit inédits". La loi est vue comme une "thérapeutique". En réalité, ce ne sont pas tant les citoyens que le monde politico-médiatique, les syndicats et les lobbies qui exigent de nouvelles lois. Le résultat est que le Parlement vote des lois "purement incantatoires ou déclaratives" (celles qui prétendent dire l’Histoire), des lois complexes, inutiles (la loi d’orientation agricole comporte 105 articles alors qu’en cette matière tout dépend de Bruxelles et de l’OMC) ou des lois qui, n’étant suivies d’aucun texte d’application, resteront lettre morte.
Sur les 48 lois votées lors de l’année parlementaire 2004-2005, 15 étaient d’application directe et 33 prévoyaient des mesures d’application. Sur ces 33 lois, 17 ne sont pas du tout applicables, 13 le sont très partiellement : il n’y a donc que trois lois qui ont… force de loi. Le rapport cite l’exemple ahurissant de la loi du 2 août 2005 en faveur des PME et dont aucune des 53 mesures d’application n’a été prise. En matière d’inflation législative, le recueil des lois de l’Assemblée nationale est passé de 433 pages en 1973 à 3.721 en 2004. Il en résulte une "insécurité juridique". Le rapport énumère par exemple les 19 contrats de travail spéciaux créés ces dernières années, dont 6 pour la seule année 2005, auxquels vient de s’ajouter le fameux CPE. Il souligne aussi que le crédit d’impôt recherche a été modifié 23 fois en 23 ans.
Le rapport préconise enfin d’élever le niveau de contrainte en encadrant la procédure d’élaboration des textes par… une loi organique. Daoudal conclue que c’est "un excellent rapport, que l’on va pouvoir mettre dans un tiroir en attendant le suivant" !
Création du Conseil des droits de l’homme
Le nouvel organisme a recueilli 170 voix, contre 4 avis négatifs et 3 abstentions. Aux côtés des Etats-Unis, Israël a voté contre la création du nouveau Conseil, ainsi que les Iles Marshall et Palau, deux petits archipels du Pacifique. Et les abstentions sont venues de la Bélarus, de l’Iran et du Venezuela. Cette absence d’unanimité est une première s’agissant de la création d’un organe des Nations Unies et cela inquiète Adrien-Claude Zoller, directeur de Genève pour les droits de l’homme, une ONG active dans la formation aux droits humains, selon qui "cela crée un dangereux précédent".
Le Conseil sera une instance plus forte que l’actuelle Commission des droits de l’homme, discréditée. Ses membres seront élus à la majorité absolue par l’Assemblée générale et un membre qui violerait massivement les droits humains pourra être suspendu. La première session se tiendra à Genève dès le 19 juin. L’élection des membres aura lieu le 9 mai.
Côté américain, l’ambassadeur John Bolton explique que les Etats-Unis souhaitaient une élection des 47 pays membres du Conseil par une majorité des deux tiers, et non à la majorité absolue de l’Assemblée générale. Washington proposait aussi d’exclure les pays soumis à des sanctions de la part de l’ONU, suggestion non retenue.
Blocage des facs : coup de poing à Toulouse
D’après la police, les 200 étudiants grévistes qui occupaient la faculté de droit depuis la veille ont été délogés par une dizaine d’étudiants qui ont forcé les portes afin de libérer l’université. Des bagarres se sont déroulées dans les couloirs pendant plusieurs minutes.
Les militants de l’UNI (proche UMP) ont affirmé avoir "libéré la fac". Une assemblée générale doit se tenir à 12h30 pour décider de la suite à donner au blocus de la faculté.
Les déboires de Libération
Je tiens à rassurer Henri, qui me le signalait en privé, sa difficulté d’accéder au site de Libération n’est pas le fait de son ordinateur. L’Express nous apprend en effet que "le site de Libération est depuis plusieurs jours l’objet d’attaques informatiques répétées." Depuis lundi après-midi, il est difficile d’accéder à certaines pages de libération.fr. Ces bugs à répétition se sont traduits par une chute de 15 à 20 % de l’audience. Les 320 000 visites uniques quotidiennes, en moyenne, sont tombées selon le quotidien à 250 000 environ. Les journalistes ignorent encore s’il s’agit d’une attaque informatique…
Accès difficile à l’avortement en Ile-de-France
Aujourd’hui, c’est le quotidien gratuit 20 Minutes qui nous annonce, à contre-coeur, une bonne nouvelle : "les conditions d’accès à l’avortement se dégradent en Ile-de-France", selon Michèle Loup, conseillère régionale (Verts). Aussi, un nombre croissant de femmes part subir une IVG en province ou à l’étranger car le délai légal pour interrompre une grossesse – 12 semaines – "devient très court au regard des difficultés rencontrées par les patientes pour obtenir un rendez-vous avec un médecin".
Les Verts de Paris présenteront demain au conseil régional un projet pour améliorer l’accès à l’IVG et à la contraception. Le temps d’attente entre la première consultation et l’opération "peut être de 2 à 3 semaines au lieu des 5 jours recommandés", retardant ainsi l’opération de telle sorte que celle-ci, devenue illégale car hors délai, ne puisse être effectuée. La cause c’est que le nombre de centres réalisant des IVG en Ile-de-France a diminué de 20 % depuis 1999. Mais il en restait encore 126 en 2005.
Un autre fait serait cause de cette difficulté d’accès à l’avortement : pratiquer l’IVG "n’est valorisé ni socialement, ni financièrement". Là est bien le problème, l’acte en question n’étant pas médical et franchement contre-nature. Henri nous rapportait hier le témoignage d’un médecin avorteur (espèce qui serait en voie de décroissance…). La vocation médicale se marie en effet difficilement avec ‘la chirurgie abortive’ (attention photos crues).
Royaume-Uni : le projet de Blair sur l’Education
… a été adopté cette nuit aux Communes. Il ne passe toutefois que grâce à l’appoint des voix conservatrices : même édulcoré, le texte prévoit une décentralisation et une plus grande liberté des parents qui, s’il vont dans le sens de l’enseignement de l’Eglise, vont à l’encontre des préjugés travaillistes et des revendications des syndicats d’enseignants.
Manifs : Villiers dénonce le double-jeu de Sarkozy
Dans un communiqué daté du 25 mars (sic), Philippe de Villiers révèle que le ministre de l’intérieur a donné aux policiers des "consignes de souplesse" face aux casseurs (qui appellent au meurtre demain). Le président du MPF s’en prend à l’attitude ambigüe de Sarkozy, "fermeté dans les paroles, laxisme dans les actes", dictée par ses ambitions.
Jérôme Rivière dénonce le racisme anti-blancs
Interrogé par Minute, le député UMP/CNI des Alpes-Maritimes, Jérôme Rivière, dénonce le traitement médiatique de "l’affaire Clin". Ayant organisé une manifestation à Nice le 4 mars, à laquelle la presse était "largement présente", le député a constaté que cette presse, à l’exception de l’AFP, n’était là que pour couvrir un éventuel incident… Libération a expliqué dans un article qu’il y avait une forme de récupération autour de cet assassinat dont ‘on’ ne serait pas certain s’il s’agissait vraiment d’un crime raciste !
Rivière affirme aussi qu’
"il est essentiel que les politiques ne se réfugient pas dans un silence gêné face à ce type d’actes. Cela fait plusieurs mois que je répète que le racisme anti-blancs existe et qu’il doit être dénoncé, au même titre que tous les autres racismes. […] On retombe, encore une fois, sur le problème de notre pays qui n’est plus sûr de son identité et de lui-même."
Le naufrage pro-avortement de Ouest-France
Présent de demain rapporte que le quotidien Ouest-France a gratifié ses lecteurs d’un portrait hagiographique (reproduit ici) d’un Charles Olivier (photo), "humaniste engagé".
Et pourquoi M. Olivier est-il un humaniste ? Parce que, médecin à Saint-Brieuc, il s’est fait une spécialité de démembrer et tuer des enfants par avortement. Avec tant de zèle qu’il en pratiquait illégalement avant la loi Veil, et a poursuivi la besogne après sa retraite, l’hôpital manquant de volontaires pour l’exécuter.
Les illusions de cet avorteur sont pathétiques : il est persuadé d’avoir été "la loco qui tirait un train". Et il réfléchit à "d’autres combats éthiques" : "la fin de vie, les travaux sur l’embryon humain ou le clonage, qui véhiculent autant d’hypocrisies et de réticences que l’IVG il y a trente ans"…
Bouquet final, Ouest-France reprend à son compte la fable selon laquelle il y aurait eu 300.000 avortements par an avant la loi Veil, contre 200.000 aujourd’hui (qu’on regarde simplement ces statistiques : 300.000 en 1974 est absurde).
Cela fait bien longtemps que Ouest-France, le plus fort tirage de la presse française, n’est plus un journal chrétien. Mais il est l’émanation d’un certain courant démocrate-
chrétien : héritier d’Ouest-Eclair (cofondé par un abbé Trochu), Ouest-France a été relancé en 1944 par un futur député MRP. Il est aujourd’hui détenu par "l’Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste", que préside le pseudo-catholique Jacques Duquesne.
Cette célébration de l’avortement conclut le glissement historique vers l’apostasie d’une famille de pensée issue du catholicisme français.
Etudiants baillonnés
J’ai évoqué la résistance ponctuelle, dans la rue, contre les empêcheurs d’étudier. Il y a aussi les blogs sur internet, qui permettent aux étudiants de rester informer des actions entreprises, des recours effectués auprès des recteurs d’universités, etc. Ce blog a pour objectif de rassembler les réflexions d’étudiants pris en otage, de faire état des dégradations commises et des violences subies.
Fédération des étudiants contre le Travail Perturbé
Face aux minorités révolutionnaires, un collectif a été créé début mars à l’initiative du FNJ, la Fédération des étudiants contre le Travail Perturbé (FTP). Il regroupe des étudiants qui entendent dénoncer "une atteinte inacceptable aux libertés fondamentales d’aller et venir, d’enseigner et d’étudier". Ces étudiants se sont élevés contre "des parodies d’élections dans lesquelles les étudiants libres sont forcés de voter la grève sous peine de représailles", pointant "des agitateurs qui ne sont que des manipulateurs agissant pour le compte de partis ou de groupuscules qui se moquent de l’intérêt des jeunes" et exigeant "le rétablissement des conditions favorables aux études par l’évacuation des facs, par la force si nécessaire !".
Le 14 mars, en fin de journée, plusieurs dizaines de militants du Front National de la Jeunesse ont rejoint le rassemblement de la FTP boulevard Saint-Michel. Déployant une large banderole "Parasites hors des facs !", ils se sont dirigés vers la Sorbonne où une foule de plusieurs milliers d’étudiants de gauche étaient rassemblés. Ces derniers ont tenté de les chasser par des cris de haine et des jets de projectiles divers. Pendant près d’une heure, les jeunes du FTP sont restés (photo), faisant reculer les gauchistes et invitant la jeunesse de France à "la résistance".
La mairie de Paris favorise l’islam
Hammou Bouakkaz, conseiller de Delanoë (officiellement aux personnes handicapées) sur l’islam (existe-t-il un conseiller du maire sur… le catholicisme ?) estime que "la contribution de la culture musulmane est un plus à valoriser". Si la loi de 1905 impose à la mairie l’entretien des églises, temples et synagogues construits avant cette date, elle l’empêche d’aider au même titre les mosquées puisque aucune n’existait alors. "Il faut appliquer la loi avec intelligence", insiste Bouakkaz, qui entend par là la contourner. La mairie utilise l’argument du soutien à la culture pour aider l’islam.
Chaque année, une soirée festive marque dorénavant le Ramadan. La mairie a apporté 800 000 € à la rénovation de la grande Mosquée de Paris, inaugurée le 15 juillet 1926. Une première tranche de travaux – près de 5 millions € au total financés notamment par l’Algérie et le Qatar – devrait être inaugurée en mai. Une seconde tranche équivalente est prévue, la mairie y participera aussi.
Pour l’autre grande mosquée de Paris, Ad-Da’wa (de sinistre mémoire), installée depuis les années 1980 rue de Tanger dans un ancien entrepôt textile du XIXe arrondissement, la mairie cherche à faciliter un projet de reconstruction. La mosquée Ad-Da’wa devrait déménager fin mars pour que débutent les travaux et s’installer provisoirement sur un terrain prêté par la mairie du XIXe, porte de la Villette.
Par ailleurs, l’Hôtel de Ville prépare l’ouverture d’espaces funéraires musulmans "autour et dans Paris", selon M. Bouakkaz. Mais le grand oeuvre en gestation, c’est une Fondation prévue pour 2011 dans le XVIIIe. Elle "abritera un Institut des cultures musulmanes et sera dotée d’espaces modulaires pouvant servir aussi bien au culturel qu’au cultuel", explique M. Bouakkaz. L’opération coûtera "plusieurs millions d’euros", une ligne budgétaire devrait être votée pour 2007. La Fondation a un conseil scientifique présidé par Olivier Rousselle, ancien directeur général du Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild).

