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Allahïcité

Le samedi 9 juillet, l’Aïd-el-Kébir était célébrée en France par des milliers de musulmans. Certains stades sont mis à disposition pour des prières collectives. De nombreux internautes s’inquiètent de ces manquements à la laïcité. Concernant l’abattage rituel, cette pratique a été publiquement combattue par Brigitte Bardot et le journaliste Hugo Clément. Résultat, la première a été à de multiples reprises condamnée pour “haine raciale”. De son côté, Hugo Clément l’affirme :

« Depuis quelques heures, je reçois énormément de menaces de mort et de messages haineux simplement pour avoir rappelé la cruauté de l’abattage rituel sans étourdissement, démontrée scientifiquement. Je continuerai à le faire sans hésiter. C’est une question de cohérence. »

 https://twitter.com/IsabelleSurply/status/1546524171156570113?s=20&t=-VG0y-SYBm4aZbXEHur6Ew

Puisque les soins ne sont pas au rendez-vous, ils se tournent vers le suicide

Selon une étude Ifop pour le MGEN réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 13 mai eu 13 juin 2022 auprès d’un échantillon de 2 026 personnes, représentatif de la population française âgées de 18 ans et plus, et d’un échantillon de 2 122 adhérents à la MGEN, les Français seraient favorables à l’élimination d’une vie gênante :

A ceci près que, lorsque la même étude creuse la satisfactions des mêmes Français représentatifs sur la prise en charge et l’information donnée sur la fin de vie, c’est moins évident :

  • 52% dconsidèrent que l’accès aux soins palliatifs n’est pas satisfaisant
  • 56% ne sont pas satisfaits par l’hospitalisation à domicile.
  • 61% jugent que l’information sur les droits du malade n’est pas satisfaisante.
  • Près de 2/3 tiers des Français (64%) estiment que l’aide pour les accompagnants à la fin de vie n’est pas satisfaisante.
  • 65% des Français pensent que le soutien aux familles et aux proches n’est pas satisfaisant (+4 points depuis 2016).

Pari ailleurs, avant de tuer le patient :

  • 65% veulent que le pronostic vital du patient doit être engagé.
  • 64% souhaitent que tous les traitements existants aient été explorés sans pouvoir guérir le patient de sa maladie.
  • 55% veulent que la décision du patient soit soumise à l’avis d’un groupe de professionnels de santé.

L’idéologie du genre dans les colonies de vacances

Des amis lecteurs nous envoient copie d’une lettre qu’ils ont reçue d’une colonie de vacances (écriture inclusive comprise naturellement!). Précisons que ce texte ahurissant concerne des adolescents de 13 à 17 ans:

Se pose alors la question des règles qui encadrent le choix de la composition des chambres par les jeunes, et notamment celle de laisser ou non la possibilité d’une mixité de genre.

Aujourd’hui, la loi dispose que : « Les accueils avec hébergement doivent être organisés de façon à permettre aux filles et aux garçons âgés de plus de six ans de dormir dans des lieux séparés. Chaque mineur hébergé doit disposer d’un moyen de couchage individuel » à l’article R227-6 du Code de l’action sociale et des familles.

Il faut comprendre de cette disposition que la loi n’impose pas la séparation des filles et des garçons dans les chambres, mais impose que l’organisation des locaux rende cette séparation possible.

A […], nous nous sommes interrogés sur l’origine de cette non-mixité suggérée mais pas imposée

  • Pourquoi afficher une certaine volonté de regrouper les filles entre elles et les garçons entre eux 7 Est-ce purement un héritage des écoles de filles et écoles de garçons d’antan ?

Si oui, est-ce qu’il n’est pas temps de reconsidérer cette tradition ?

  • Est-ce le résultat d’une peur de permettre des relations sexuelles entre jeunes sur les séjours ?

Mais tous les jeunes que nous recevons en séjour ne sont pas hétérosexuel-le-s... Et cela reviendrait à nier le travail d’éducation à la sexualité et de prévention effectué par les équipes pédagogiques.

  • Est-ce parce qu’on part du principe que les garçons se sentiront plus en sécurité entre eux et les filles entre elles ?

Mais notre expérience nous prouve que c’est loin d’être systématiquement le cas.

Nous n’avons pas forcément de réponse à toutes les problématiques que ces questionnements soulèvent, mais ce que nous savons c’est que nous souhaitons par-dessus tout permettre à chaque enfant que nous accueillonsde se sentir en sécurité pour pouvoir grandir et s’émanciper pendant nos séjours.

Nous serons quoi qu’il en soit à l’écoute des demandes et des besoins de chacun­ e, au-delà d’une règle soufflée mais non posée par la réglementation. Ce qui nous semble le plus important, c’est que chacun-e trouve dans sa chambre un espace sécurisant et adapté au besoin qu’elle ou il en a.

En outre, promouvoir et affirmer son militantisme autour de la mixité sociale en colonies de vacances, c’est aussi faire le constat que la barrière posée il y a longtemps entre les filles et les garçons n’est plus qu’un filet de pêche bien ajouré. Que la notion même de fille ou de garçon est aujourd’hui remise en cause par les besoins individuels dechaque personne.

Le mois du Précieux Sang

Reçu du pèlerinage mensuel à Pontmain pour le retour du roi:

Juillet, c’est le mois du Précieux Sang !

Il suit immédiatement le mois du Sacré-Cœur… C’est logique !

Ce Précieux Sang est visible sur le Linceul de Turin, à l’endroit, bien sûr, de chaque blessure du Christ, mais surtout, et avec l’eau qui l’accompagne (auréole plus pâle), à l’emplacement de l’ouverture du flanc droit de Jésus par la lance de Longin.

Là, se trouve l’épanchement total, complet, vu et rapporté par saint Jean sur le Calvaire !

Vivant, le Christ donne son Précieux Sang de toutes ses blessures et par tous les pores de sa peau.

Mort, et reconnu comme tel par ses bourreaux, Il donne encore l’ultime reste de son sang présent dans Son Cœur.

Même mort, notre Dieu et notre Roi de France verse son Précieux Sang ! C’est le fait le plus inouï de la Rédemption et du Salut, parce que manifestation suprême, absolue, manifestation intégrale, parfaite et accomplie de la Miséricorde divine… En fait Précieux Sang et Miséricorde ne font qu’un ; l’un est l’incarnation de l’autre.

A la messe c’est à la Petite Elévation où se produit ce grand mystère, quand le prêtre offre au Père ce summum de l’Amour Divin, car, à ce moment-là, le prêtre tient dans ses doigts le Sacré-Cœur Lui-même, et le calice du Très Précieux Sang qu’il contenait. Si la Grande Elévation est le déploiement et la proclamation du Grand Miracle de la Transsubstantiation, la petite Elévation est l’épiphanie du Sacré-Cœur « Qui a tant aimé les hommes » et celle de l’Unité Trinitaire.

Alors, de la même façon que les repris de justice s’engouffraient dans les églises au cris de « Asile, asile, asile ! » nous devrions tous clamer « Miséricorde, miséricorde, miséricorde ! » à la suite de cet « instant précieux ».

 

  

      Image du Très Précieux Sang

           sortant du Sacré-Cœur

Vivant, le Christ donne son Précieux Sang de toutes ses blessures et par tous les pores de sa peau.

Mort, et reconnu comme tel par ses bourreaux, Il donne encore l’ultime reste de son sang présent dans Son Cœur.

Même mort, notre Dieu et notre Roi de France verse son Précieux Sang ! C’est le fait le plus inouï de la Rédemption et du Salut, parce que manifestation suprême, absolue, manifestation intégrale, parfaite et accomplie de la Miséricorde divine… En fait Précieux Sang et Miséricorde ne font qu’un ; l’un est l’incarnation de l’autre.

A la messe c’est à la Petite Elévation où se produit ce grand mystère, quand le prêtre offre au Père ce summum de l’Amour Divin, car, à ce moment-là, le prêtre tient dans ses doigts le Sacré-Cœur Lui-même, et le calice du Très Précieux Sang qu’il contenait. Si la Grande Elévation est le déploiement et la proclamation du Grand Miracle de la Transsubstantiation, la petite Elévation est l’épiphanie du Sacré-Cœur « Qui a tant aimé les hommes » et celle de l’Unité Trinitaire.

Alors, de la même façon que les repris de justice s’engouffraient dans les églises au cris de « Asile, asile, asile ! » nous devrions tous clamer « Miséricorde, miséricorde, miséricorde ! » à la suite de cet « instant précieux ».

Un roman sur la dictature “techno-inclusive”

Lu sur les 4 Vérités:

Pierre Labrousse, agrégé de philosophie, réussit avec cet ouvrage un superbe roman d’anticipation. Vers la fin du XXIe siècle, l’Union occidentale est devenue une « démocratie inclusive », fondée sur l’écologisme radical et le refus de toute discrimination, adossée à un système policier puissant. À l’instar de ce que beaucoup pressentent dans le macronisme, ce système politique résulte de la fusion entre l’étatisme et les tendances les plus extrémistes de l’idéologie soixante-huitarde. Ce système repose également sur l’esclavage de clones. Mais ce sont précisément l’un des hiérarques de ce régime sans âme et un clone atypique qui feront vaciller le système. Un roman palpitant et profond.

Le clone de l’Apocalypse

 

Renouveler la consécration de la France à la Vierge Marie

Le site 100 étoiles pour Marie, qui prépare le centenaire de la consécration de la France à la Vierge Marie par le Pape Pie XI, vient de publier une vidéo expliquant la nécessité de renouveler cette consécration, individuellement, familialement et nationalement:

Quand il s’agit d’avortement, il n’y a plus de déontologie journalistique

Le 1er juillet, l’Indianapolis Star, également connu sous le nom d’IndyStar, a publié un article, écrit par le rédacteur médical du journal, sur la façon dont les femmes cherchant à avorter avaient commencé à se rendre de l’Ohio vers l’Indiana, où des lois moins restrictives sur l’avortement étaient encore en vigueur. L’article raconte que trois jours après la décision du 24 juin, une gynécologue-obstétricienne d’Indianapolis, Caitlan Bernard, qui pratique des avortements, avait reçu un appel d’un “médecin spécialisé dans la maltraitance des enfants” dans l’Ohio qui avait une patiente de 10 ans enceinte de six semaines et trois jours. Incapable d’obtenir un avortement dans l’Ohio, “la jeune fille s’est rapidement rendue dans l’Indiana pour être prise en charge par Mme Bernard”, rapporte le Star.

L’histoire s’est rapidement enflammée et a fait la une des journaux du monde. Les organes de presse “agrègent” – ou reconditionnent des informations si elles semblent intéressantes pour les lecteurs. Bernard est donc restée la seule source – et les autres organes de presse n’ont pas donné suite pour confirmer son récit.

Pourtant, l’information mérite d’être vérifiée :

  • Une enfant de 10 ans enceinte est la preuve d’un crime odieux contre un enfant, mais dans chaque article il n’y a aucune mention d’enquête criminelle, aucune implication de la police, pas même une ville où cela se serait produit.
  • Un médecin présumé “spécialisé dans la maltraitance des enfants” sans nom a appelé le Dr Caitlyn Bernard (un avorteur dans l’Indiana) pour demander de l’aide. Mais tout médecin qui a connaissance d’abus serait également tenu d’appeler les forces de l’ordre. Il devrait y avoir une enquête criminelle
  • Le timing de cette horrible histoire est douteux. Roe c. Wade vient d’être annulé. Les médias recherchent désespérément des histoires pro-avortement, pour attiser la peur, la colère et la division. Ils adorent ça.
  • L’article a d’abord été publié dans l’Indy Star, le site d’un journal local de l’Ohio, mais en un temps record, il a été repris par la presse internationale. Le 2, The Hill et Newsweek l’avaient et le 3, The Guardian l’avait, et le 4, c’était sur TMZ.
  • La seule source, est un avorteur, un activiste qui a participé à un rassemblement anti-Trump, qui est impliqué dans des procès en faveur de l’avortement
  • Il n’y a aucun moyen de vérifier l’affirmation de Bernard. Elle profite du secret médical. Les médias ne poseront aucune question et même s’ils le faisaient, elle ne répondrait pas. Il n’y a même aucune preuve que cet enfant de 10 ans existe
  • Pourquoi aucun journaliste ne se soucie-t-il du crime commis contre l’enfant ? Les législateurs de l’Ohio devraient exiger une enquête pour savoir qui a violé cet enfant.

Les établissements scolaires indépendants enfin reconnus ?

Communiqué de La Fondation pour l’école :

Inédit : ces dernières semaines et pour la première fois, des recteurs d’académie (Bordeaux, Montpellier, Versailles, …) ont réuni les directeurs des écoles indépendantes. Ces réunions n’avaient jusqu’ici jamais été organisées ; c’est donc un évènement qui constitue une reconnaissance et la Fondation pour l’école s’en réjouit.

Mais quel était le but de ces réunions ?

Hélas, ce n’était pas pour faire un point sur les attentes et les besoins des écoles indépendantes. Ni pour dresser un bilan du déroulement chaotique des épreuves du Baccalauréat et du Brevet des élèves des écoles indépendantes qui sont gravement lésés par rapport aux autres candidats scolaires.

Non, en voici la raison, en rappelant le contexte : Suite à la loi du 24 août 2021 (dite loi contre les séparatismes), l’atteinte portée à l’instruction en famille a été telle qu’une obligation de scolarisation s’est substituée à l’obligation d’instruction. Dans les faits, de 3 à 16 ans, presque tous les enfants devront, en effet, être scolarisés dès la prochaine rentrée. Afin d’attribuer aux élèves un numéro d’identification (INE), le rectorat va donc fournir aux écoles indépendantes des clefs sécurisées qui permettront une connexion à ses fichiers.

En clair, tous les élèves vont être dotés d’un numéro qui leur servira pour un certain nombre de démarches. Mais, car il y a un mais, l’objectif clairement affiché par les organisateurs de la réunion de Versailles est de permettre de « tracer » plus facilement et plus rapidement les élèves non scolarisés, avec toujours comme conséquence de restreindre la liberté d’enseignement et l’accès à l’instruction en famille.

On relèvera que, sous ce prétexte d’immatriculation des élèves des écoles indépendantes, beaucoup d’informations sont demandées à celles-ci, notamment les horaires de classe ou des renseignements sur les parents d’élèves.

La vigilance est donc de mise. Surtout que, lorsqu’il s’agit de « remonter » les livrets scolaires ou moyennes de leurs élèves qui passent le Brevet ou le Baccalauréat, les connexions aux fichiers sécurisés du rectorat restent impossibles pour les écoles indépendantes : cherchez l’erreur !

La Fondation pour l’école demande une fois de plus que la réalité des écoles indépendantes, qui scolarisent 100 000 élèves dans notre pays, soit enfin prise en compte dans tous ses aspects. Puisque ces établissements privés hors contrat sont reconnus par l’État lorsqu’il s’agit de satisfaire à l‘obligation de scolarisation des élèves, puisqu’ils sont considérés comme des interlocuteurs crédibles pour les inscriptions aux examens nationaux, examens où leurs élèves obtiennent de bons résultats, pourquoi ne pas aller enfin au bout de la logique et permettre à leurs élèves de passer les épreuves dans les mêmes conditions que les élèves scolarisés dans le public ou le privé sous contrat ?

Cette demande de la Fondation pour l’école est légitime : il s’agit finalement que les parents soient effectivement reconnus comme étant les premiers éducateurs de leurs enfants et que la liberté scolaire soit enfin respectée dans notre pays.

Les démocrates tentent de garantir les meurtres d’enfants à naître

Le 8 juillet, Joe Biden a pris « une série de mesures réglementaires » concernant l’avortement : il a « signé un décret pour protéger les informations de santé sensibles et ‘combattre la surveillance numérique’ liée à l’avortement ». Ce décret aura « une portée limitée », non contraignante, dans les Etats ayant décidé d’interdire l’avortement. Le texte

« prévoit aussi de protéger les cliniques mobiles pratiquant l’IVG aux frontières de ces Etats, de garantir l’accès à la contraception et aux pilules abortives, et d’organiser un réseau d’avocats bénévoles ».

Ce dernier servirait à faire voyager des Américaines d’un Etat à l’autre pour se faire avorter « sans être inquiétées par la justice si elles résident dans un Etat interdisant l’avortement ».

Le président des Etats-Unis a exhorté les électeurs à « voter en masse pour des démocrates aux élections législatives de novembre ». Une majorité au Congrès lui permettrait de « voter une loi fédérale sur le droit à l’avortement », contraignante pour les Etats.

L’avortement est devenu le sujet n°1 de la campagne de mi-mandat.

Reconversion de l’ancienne abbaye de Clairvaux

L’État, en partenariat avec les collectivités territoriales, anticipant la fermeture de la maison centrale, lance, du 8 juillet au 30 septembre 2022, une procédure d’appel à manifestations d’intérêt, afin de sélectionner un ou des porteur(s) de projet(s) d’installation de nouvelles activités à implanter sur le site.

En 1789, l’abbaye avait été vendue comme bien national. En 1792, des industriels y installèrent leurs ateliers (une verrerie fut ainsi installée dans l’abbatiale). Ces industriels firent banqueroute et le site racheté par l’État pour en faire une prison en 1808.

Et si une abbaye ou un séminaire proposait de redonner une dimension cultuelle à ce bien volé à l’Eglise ?

« Les antifas sont les vrais fascistes ! » : une prison mentale

Dès qu’il y’a violences de la part de la gauche sur des gens de droite, notre camp répète systématiquement ce refrain : « Les antifas sont les vrais fascistes ! »…Mais est-ce vrai ?

Enseignement : Ce sera de plus en plus difficile de toucher des moyens de l’État et d’assumer en même temps la mission d’éducation catholique

Communiqué du directeur de Stanislas suite à un article à charge de Mediapart :

François-Xavier Clément déclare à Boulevard Voltaire :

Stan’ fait partie des quelques établissements qui demeurent dans le réseau des établissements catholiques privés sous contrat capables d’assumer la totalité de l’éducation intégrale des enfants. Ils vont jusqu’au bout de ce projet d’éducation ayant pour but d’éveiller les enfants à l’accomplissement de leur vie physiologique, affective, spirituelle et intellectuelle. Cet établissement n’a finalement pas une place tout à fait légitime dans le service de l’État aujourd’hui, dans la mesure où, comme il est sous contrat, il se devrait d’être davantage immergé dans les valeurs de la République, comme le sont la très grande majorité des établissements privés sous contrat aujourd’hui.

Qu’entendez-vous par « valeurs de la République » ?

L’évolution de la société a conduit les catholiques, notamment dans l’enseignement catholique, à être de plus en plus marginalisés. En effet, la grande majorité des établissements ont évolué et se sont conformés pour ne pas augmenter l’écart entre la catholicité et le monde. Aujourd’hui les valeurs de la République conduisent à assumer l’idéologie libertaire, la doctrine LGBT, une laïcité avec une religion horizontale et pas trop verticale, et donc de penser un humanisme bon teint, plutôt que d’annoncer l’Évangile et la perspective du salut pour les enfants. Quand un établissement est immergé dans les valeurs de la République, il est devenu totalement compatible avec ce qui est attendu par le ministère de l’Education nationale et le rectorat qui leur donnent les moyens de vivre.

Ces attaques sont-elles monnaie courante ?

Les affaires qui ont fait le buzz ces 10 ou 20 dernières années concernant des choix courageux des établissements comme à Gerson, ont rendu les chefs d’établissement frileux et les ont encouragés à faire profil bas sur les valeurs et l’engagement militant d’un chrétien aujourd’hui. On est dans le monde mais nous ne sommes pas du monde. C’est une formule de l’Évangile, l’appel du Christ à ses disciples. En tant que catholiques, nous revendiquons que nous sommes dans le monde mais nous ne sommes pas du monde. La difficulté est qu’aujourd’hui il y a de très nombreuses attaques qui ne font pas toujours du bruit. Celle-ci en fait car il s’agit de Stanislas, mais il y a des attaques plus locales. Par exemple, deux garçons sont venus en jupe à l’école dans un établissement catholique de province. Il y a eu des attaques en justice, dans la presse pour faire reculer les chefs d’établissement qui s’y opposaient.

Quel est l’avenir des établissement catholiques sous contrat avec l’État ?

Cela va être de plus en plus difficile. Si l’enseignement catholique veut continuer à toucher les subsides de l’État, au niveau national et au niveau des collectivités territoriales, il n’aura plus le choix et devra rentrer définitivement dans les fourches caudines des exigences de l’État, notamment idéologiques. La dernière en date est une circulaire de septembre 2021 sur la question du choix de changement de sexe d’un enfant à l’âge du collège. Il est demandé par l’État d’accompagner ces changements de sexe dans tout établissement public ou privé sous contrat. L’enseignement catholique a même donné des orientations sur ce sujet à tous les diocèses pour qu’on puisse accompagner ces changements de sexe, sans que, dans certains cas, les parents en soient informés. Ce sera donc de plus en plus difficile de toucher des moyens de l’État et d’assumer pleinement et en même temps la mission d’éducation catholique.

Des avortements gratuits à tous les étrangers

Article proposé par un lecteur :

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi dans plusieurs villes de France “pour la défense du droit à l’avortement”. Elles étaient 1500 à Paris. Brandissant des cintres peints en rouge, de très jeunes femmes, ont défilé en chantant : “De New York jusqu’à Paris, avortement libre et gratuit”. “Keep your laws off my body” (Ôte tes lois de mon corps), pouvait-on lire, beaucoup de pancartes étant écrites en anglais. La californication[1] du monde avance.

Et si La France offrait l’asile aux américaines gravides… et si la sécu proposait d’accueillir en France, gratuitement, des réfugiées américaines qui veulent avorter. Elles pourraient être accueilli dans une jolie clinique en Normandie ; mais tuer des futurs petits américains à deux pas de là où les GI’s sont morts sur nos plages, un matin où nous n’y étions pas, comme le chantait Sardou, serait trop jouissif pour les anti-américains primaires et viscéraux de gauche comme d’extrême droite ; il vaudrait mieux proposer l’hôpital de Saint Barth, à deux encablures de la Floride, histoire d’économiser sur le transport.

D’où l’idée d’affréter un paquebot, genre La croisière s’amuse. Le Pacific Princess rebaptisé pour l’occasion The After-Love Boat caboterait mais à bonne distance des côtes américaines. Le capitaine Merrill Stubing accueillerait les jeunes femmes gravides malgré elles, aux côtés du docteur Adam « Doc » Bricker qui proposerait un avortement à la carte, le barman Isaac Washington préparerait des cocktails vitaminés avec un jaune d’œuf pour requinquer ces dames, il y aurait aussi Julie McCoy directrice de la clinique flottante, et Vicki Stubing, la fille du Capitaine en infirmière. Le chef de cabine Burl « Gopher » Smith, Fred Grandy à la ville, qui a fait carrière en tant que Républicain ne serait, bien évidemment, pas de la partie.

Des avortements gratuits à tous les étrangers, y compris les Américains

Parce que, plus sérieusement, figurez-vous qu’en réponse à la décision de la Cour suprême des États-Unis d’annuler l’arrêt Roe vs. Wade et de ramener la question de l’avortement au niveau des États, le syndicat British Medical Association fait pression sur son gouvernement pour qu’il offre des avortements gratuits à tous les étrangers, y compris les Américains, que leur propre pays paie ou non pour la procédure. Les contribuables britanniques, vraisemblablement, paieraient la note.

Selon un article du Telegraph[2], le syndicat britannique BMA a approuvé une motion qui lui permettrait de pousser l’État britannique à « soutenir la fourniture de soins d’avortement gratuits et sûrs à tous les ressortissants qui le demandent au Royaume-Uni, sans les soumettre au tarif préalable pour les patients à l’étranger, indépendamment des frontières », lors d’une session d’urgence qui aurait eu lieu mercredi.

La British Medical Association est loin d’être le seul organisme au Royaume-Uni à condamner la récente décision de la Cour suprême des États-Unis sur l’avortement, de nombreuses personnes et institutions à travers le pays se sont opposées à la décision de la Cour américaine, dont le Premier ministre conservateur, Boris Johnson, la qualifiant de « grand pas en arrière ». Décidément la culture de mort a de beaux jours devant elle, dans nos démocraties occidentales libérales.

Le président français Emmanuel Macron, s’est empressés de s’exprimer sur la question, ce qui semble avoir irrité Marine Le Pen, qui a accusé le Président Français d’utiliser l’avortement pour détourner l’attention d’autres questions comme le pouvoir d’achat, la sécurité, l’immigration hors de contrôle, arguant que l’avortement n’était pas du tout menacé en France. Nous ajouterons : certainement pas par celle qui prend de haut Marion Maréchal – pour qui l’avortement est loin d’être une question anodine – en lui rétorquant qu’il s’agit-là d’un sujet lunaire pour les électeurs.

« Elles ne voulaient tout simplement pas avoir un p*** de bébé »

Alors que les activistes pro-avortement citent constamment le viol, l’inceste ou des raisons qui menacent la vie pour lesquelles les femmes devraient pouvoir tuer leurs enfants à naître, seulement un pour cent des femmes se font avorter parce qu’elles sont devenues enceintes à cause du viol, et moins de 0,5 pour cent le font à cause de l’inceste. Selon Live Action[3], environ 80 % des avortements sont facultatifs ou sans raison.

La chanteuse anglaise Lily Allen a révélé qu’elle avait avorté, et a affirmé que personne n’avait à se « justifier », ajoutant qu’elle et d’autres avortent leurs enfants à naître : « just didn’t want to have a fucking baby,” (parce qu’elles ne voulaient tout simplement pas avoir un p*** de bébé.) « ET C’EST UNE RAISON SUFFISANTE ! » a-t-elle clamé en majuscule.

La chanteuse a eu l’honnêteté d’écrire sur Instagram qu’elle aimerait que « les gens cessent d’afficher des exemples de raisons exceptionnelles d’avorter. La plupart des gens que je connais, moi y compris, ne voulaient pas avoir de bébé. »

Les commentaires d’Allen sur les médias sociaux viennent après qu’elle a été vue sur scène en invitée surprise de la chanteuse de 19 ans et star de Disney Channel Olivia Rodrigo, les deux se donnant des airs de rebelles en défonçant les portes ouvertes. Allen tenant le doigt du milieu de chaque main en l’air en faisant des moulinets tandis que Rodrigo nomme les juges de la Cour suprême américaine qui a annulé l’arrêt Roe vs. Wade.

« Je suis dévasté et terrifié à l’idée que tant de femmes et de filles vont mourir à cause de cela », a dit Olivia Rodrigo en contradiction avec les propos de Lilly Allen cités plus haut. La star de Disney Channel a égrainé le nom des juges de la Cour suprême, ajoutant : « Nous vous haïssons ». Puis la californienne et l’anglaise ont entonné la chanson d’Allen, « Fuck You ».

Toutes ces jeunes filles présentes en Angleterre, ce 25 juin 2022, lors de la quatrième journée du Glastonbury Festival (voir la vidéo[4]) qui semblent vouloir se faire « f*** » sans précaution ni limite, nous ramène à cet improbable film de 1970, L’Homme Orchestre où Louis De Funès et son fils Olivier chantent : « Quand tu fais lalala lala, pense aux conséquences. Tout ça, c’est bien joli, mais c’est sérieux la vie [5] » Autre temps !

Thierry Martin

[1] Red Hot Chili Peppers – Californication [Official Video] – Bing video

[2] The UK should offer American women free abortions, says BMA (telegraph.co.uk)

[3] Roughly 80% of late-term abortions are elective. Here’s how we know. (liveaction.org)

[4] Olivia Rodrigo – F*** You (feat. Lily Allen) (Glastonbury 2022) – YouTube

[5] Louis de Funès: L’homme Orchestre (1970) – Chanson Les Poupons Pense aux conséquences – YouTube

Uber président

Après le Rothschildgate, selon lequel une partie des émoluments promis à Emmanuel Macron pour son rôle dans le rachat de la branche nutrition infantile de Pfizer par Nestlé en 2012 (pour un montant de 9 milliards d’euros) aurait été provisionnée dans un « trust » anonyme en Grande-Bretagne, voici le scandale Uber Files qui éclabousse le président réélu.

Des documents internes à l’entreprise, analysés par « Le Monde », montrent comment, entre 2014 et 2016, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a œuvré en coulisse pour la société de VTC, qui tentait d’imposer une dérégulation du marché et affrontait l’hostilité du gouvernement. Les « Uber Files » montrent à quel point Emmanuel Macron a été, à Bercy, plus qu’un soutien, quasiment un partenaire.

Un ministre qui suggère à Uber de transmettre des amendements « clés en main » à des députés amis ; un ministre qu’Uber France n’hésite pas à solliciter en cas de perquisition dans ses locaux ; un ministre qui, ce 1er octobre 2014, « s’excuse presque » de l’entrée en vigueur de la loi Thévenoud, d’après un compte rendu du rendez-vous écrit par le lobbyiste Mark MacGann pour ses collègues anglophones. D’après ce message, M. Macron aurait affirmé vouloir aider Uber à « travailler autour » de cette loi.

[…] Emmanuel Macron et Uber s’accordent sur une stratégie commune. « Il veut que nous l’aidions en communiquant clairement et de manière agressive », écrit Thibaud Simphal, dans un compte rendu de réunion en janvier 2015. Première étape : Uber rédige directement des amendements parlementaires simplifiant les conditions d’accès à la licence de VTC, pour qu’ils soient proposés par des députés et discutés au cours de l’examen du projet de loi dite « Macron 1 » ; si leur adoption est peu probable à l’Assemblée, ils donneront plus de poids au ministre pour signer un décret qui n’aura pas besoin de passer par l’Assemblée.

[…] Quelle était la motivation d’Emmanuel Macron pour s’impliquer, avec tant d’énergie, aux côtés d’une multinationale américaine à la réputation sulfureuse ? Une convergence de vues politique, d’abord, en faveur d’une dérégulation rapide. Mais aussi une certaine fascination pour Travis Kalanick. Dans le très controversé fondateur d’une des entreprises les plus « disruptives » de la dernière décennie, le futur président voyait, semble-t-il, une sorte de double. A la veille de leur première rencontre, une collaboratrice d’Uber relatait ainsi une discussion avec son cabinet : « Emmanuel Macron est très intéressé par l’histoire de Travis, miroir de la sienne – moins de 40 ans et réussite impressionnante. »

La MGEN: mutuelle ou parti politique ?

Habituellement, le rôle d’une mutuelle est de contribuer au remboursement de frais de santé: médicaments, hospitalisations, prothèses dentaires etc. Pourtant, la MGEN et le groupe VYV (comptant notamment Harmonie Mutuelle) s’engage depuis ce week-end dans une campagne de communication politique en faveur du droit à l’euthanasie.

Largement relayée par l’ADMD, le lobby pro-euthanasie le plus influent en France, la publication commandée par la MGEN n’arrive malheureusement pas à camoufler la vérité, soulignée par le journaliste du JDD. Au delà des chiffres staliniens obtenus par l’institut de sondage payé par la mutuelle, le consensus en faveur de l’euthanasie ne semble être qu’un « trompe l’oeil ». Conclusion imprévue qui à fait s’étouffer Jonathan Denis et Jean-Luc Roméro, respectivement président et vice-président du lobby pro mort.

Bretagne : encore une terre catholique ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :

Bruno BELLIOT, SG du sanctuaire Sainte-Anne d’Auray
Claire de PENFENTENYO, fondatrice de Tromenie de Marie
Bernard RIO, historien spécialiste de la Bretagne

Terres de Mission : Les neurosciences contre l’idéologie du genre

Ce 10 juillet, dans l’émission Terre de missions, le Professeur René Ecochard présente son récent livre “Homme Femme: ce que nous disent les neurosciences ». L’ouvrage montre que le cerveau humain réagit différemment selon qu’il est féminin ou masculin – rendant ainsi scientifiquement fausse l’idéologie selon laquelle les différences sexuelles seraient de pures constructions sociales.
Puis, l’abbé Viot, auteur de “Le rapport Sauvé: une manipulation?”, évoque les attaques contre la doctrine catholique du sacerdoce qui ont suivi la publication du rapport Sauvé sur les abus sexuels. Enfin, Tristan de Carné, directeur des éditions Téqui, parle de son métier d’éditeur catholique.

 

Abbé Raffray : « Il faut ouvrir les yeux et se rendre compte que la foi chrétienne disparaît de jour en jour »

Prêtre à l’Institut du Bon Pasteur, l’Abbé Matthieu Raffray revient sur les dissensions que connaît actuellement l’Eglise catholique et interroge l’avenir spirituel du pays.

 

La prière des parents : pourquoi, comment ?

Pourquoi prier pour ses enfants ? Nous avons déjà beaucoup d’injonctions, de choses que nous nous sentons obligés de faire pour être un bon parent, pour offrir à nos enfants le meilleur. La prière des parents n’est pas là pour alourdir notre journée mais, au contraire, pour l’alléger ; elle ne fera pas de nous un parent parfait, mais nous permettra d’accepter joyeusement de ne pas l’être.

Nous avons la chance d’avoir un Dieu qui est un Père et dont les enfants ne sont pas tous – encore ? – des saints. Qui mieux que lui peut accueillir nos soucis, nos joies, nos questions, nos émerveillements, nos colères de mère et de père ?

  • Prier pour partager. Ne pas rester seul avec nos difficultés, face à nos défis de parents. La prière permet d’exprimer, ne serait-ce que dans le secret de notre cœur, ce que l’on vit. En se confiant au Seigneur – seul ou en groupe (par exemple, avec les groupes de prières des mères ou des pères présents dans de nombreuses paroisses), nous nous ouvrons à la grâce.
  • Prier pour déléguer. Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. En tant que chrétien, nous avons de la chance : nous avons tout un Ciel pour accompagner les nôtres. Laissons nous guider par l’Esprit-Saint, demandons à la Sainte Vierge de dénouer les nœuds, laissons saint Joseph et les saints patrons de nos enfants nous aider, et demandons à nos anges gardiens de veiller sur nos enfants.
  • Prier pour se ressourcer : pour donner beaucoup d’amour, il faut nous même en être emplis. N’oublions pas, tout parent que nous sommes, de nous placer régulièrement en enfant de Dieu et de nous laisser toucher par l’amour infini et miséricordieux du Père. Pourquoi pas en nous tournant simplement vers Lui, en l’appelant “Abba, Père”, quand nous avons besoin de regonfler notre coeur de parent ?

Alice Ollivier pour Hozana.org

Cinquième dimanche après la Pentecôte

Tous les chants du propre de la messe du cinquième dimanche après la Pentecôte sont extraits des psaumes, et nous allons y trouver à deux reprises, à l’Introït et à la Communion, le psaume 26, qui était déjà celui de l’Introït du quatrième dimanche, et dont nous avions dit qu’il était par excellence le psaume de la confiance en Dieu. Mais ce psaume comporte deux parties ; la première est l’affirmation de cette confiance, la seconde est la prière qui en résulte pour demander à Dieu sa protection…

Le texte de l’Introït du cinquième dimanche après la Pentecôte se situe au début de cette deuxième partie du psaume 26.

Exaudi Domine vocem meam qua clamavi ad te : adjutor meus esto, ne derelinquas me, neque despicias me, Deus salutaris meus.
Seigneur écoutez ma voix qui crie vers vous, soyez mon secours, ne m’abandonnez pas, ne me repoussez pas, Dieu qui êtes mon salut.

On pourra remarquer que la première phrase était déjà celle de l’Introït du dimanche dans l’octave de l’Ascension ; mais c’était surtout à cause de la phrase suivante : ” Seigneur je cherche votre visage “, qui exprimait la prière des apôtres quelque peu désemparés après le départ de leur maître. Ici on ne retrouve pas cette deuxième phrase, et on passe directement au verset suivant du psaume, qui est un appel au secours, mais plein de confiance.

La mélodie de cette prière est dans l’ensemble calme et douce mais très expressive avec des accents bien soulignés, une montée suppliante sur l’appel au secours qui débute la deuxième phrase et un bel élan de confiance à la fin sur les mots salutaris meus.

Cet Introït est accompagné par le premier verset du psaume 26, par lequel débutait l’Introït du quatrième dimanche :

Dominus illuminatio mea, et salus mea : quem timebo ?
Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurai-je peur ?

C’est en France

https://twitter.com/gilbertcollard/status/1545812880997638144?s=21&t=BTwXpxbnSaiLGYlTMQjajQ

 

 

Mgr Turini nommé à Montpellier

Pour succéder à Mgr Pierre-Marie Carré à la tête du diocèse de l’Hérault, le pape François a nommé Mgr Norbert Turini archevêque de Montpellier.

Mgr Norbert Turini, 67 ans, évêque du diocèse de Perpignan-Elne depuis 2014, prendra ses fonctions fin octobre.

L’avortement dans la Charte des droits fondamentaux ?

Jeudi 7 juillet 2022, le Parlement européen a adopté une nouvelle résolution, « condamnant fermement » le jugement de la Cour suprême des États-Unis et appelant à créer un nouveau « droit à l’avortement » dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Cette résolution a été médiatisée, bien plus que de raison car elle n’a rien d’exceptionnel. Elle est inutile, sans lendemain, et hors-sol. Enfin et surtout, elle est très éloignée des réalités douloureuses correspondant à l’avortement.
Décryptage de Nicolas Bauer, chercheur associé à l’ECLJ.

 

Une épidémie banale

Laurent Toubiana, épidémiologiste, chercheur à l’INSERM et spécialiste des épidémies de maladies infectieuses, a fondé l’IRSAN, institut de recherche pour la valorisation des données de santé qui recueille des données provenant de diverses sources et les analyse. Il suit depuis longtemps et en détail les épidémies de gastro-entérite, de bronchiolite et de grippe. Il vient de publier Covid 19 une autre vision de l’épidémie, dans lequel il explique le décalage entre les analyses présentées par les médias et les gouvernants, en France comme à l’étranger, et la réalité chiffrée de la maladie. Il fait le récit dans ce livre de toutes les incohérences dans la gestion de cette épidémie ainsi que des contradictions et erreurs de nombreux responsables.

A rebours du discours officiel, il n’hésite pas à écrire, chiffres à l’appui, en comparaison des épidémies annuelles de grippe et des chiffres de la mortalité, que cette épidémie fut banale :

Par rapport aux épidémies saisonnières habituelles, en nombre total de malades, l’épidémie de Covid s’apparente à une épidémie mineure qui aurait pu passer inaperçue si l’ensemble du dispositif de santé (médecins généralistes et hôpitaux) avait été normalement utilisé. […]

Nous prenons conscience, après deux ans de crise, que les autorités de santé ont dramatisé au-delà de toute limite l’importance de l’épidémie. Nous le voyons aujourd’hui pour l’épidémie de Covid, mais c’était déjà le cas pour les épidémies de grippe. Le choix des autorités de santé dans la gestion de l’épidémie de Covid a été la mise en place de mesures disproportionnées à tout point de vue, sacrifiant l’immense majorité de la population au lieu de protéger les individus vulnérables. Ce faisant, elles ont généré une crise extraordinaire alors qu’elles ne pouvaient pas ignorer que cette épidémie était ordinaire.

Cantiques « Pour le beau nom de Marie »

Magnifique projet d’enregistrement de cantiques. Ce répertoire est aussi considérable que méconnu. Le Chœur de Saint Michel prépare un CD et un livret de cantiques dédiés à la Vierge Marie pour aider les chorales et les familles à s’approprier ces cantiques. Ils sont interprétés par des voix d’enfants accompagnés d’adultes et de plusieurs instruments de musique selon des arrangements de maîtres contemporains.

Au programme : cantiques de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Ave Maria, Magnificat, Stabat Mater, Regina Cœli…

Enregistrement prévu en juillet et diffusion pour le mois du Rosaire, en octobre 2022.

Pour aider à la réalisation de ce projet.

“L’ombre de Vincent Bolloré”…

Le Monde joue à faire peur aux gauchistes suite à la Une de Paris Match :

Le jeune retraité Vincent Bolloré, censé avoir cessé toute activité le 17 février, aurait-il pris le contrôle de Paris Match ? La question taraude la rédaction depuis que la décision a été prise de mettre en « une » un prélat très peu connu du grand public, le cardinal Robert Sarah. […] Le groupe est actuellement sous le coup d’une OPA de Vivendi, dont la famille Bolloré est le premier actionnaire. […]

L’entretien a été réalisé par Philippe Labro :

Le choix même du journaliste octogénaire, notoirement proche de Vincent Bolloré, catholique revendiqué, pour interviewer le prélat interroge : l’hebdomadaire emploie de longue date la grande spécialiste du catholicisme Caroline Pigozzi. « La direction de la rédaction m’a proposé de faire le portrait de cet homme, je n’ai pas été associé au choix de la “une”, précise au Monde Philippe Labro, qui préfère relativiser la polémique. Dans quelque journal que ce soit, les SDJ se posent des questions sur les capitalistes qui possèdent des journaux. C’est un déroulé de vie normal. »

Caroline Pigozzi, elle, a découvert ce portrait dans le journal. La journaliste, qui ne prend pas très au sérieux Robert Sarah, n’avait pas jugé bon de chroniquer son dernier ouvrage, Catéchisme de la vie spirituelle, sorti, en mai, chez Fayard (336 pages, 22,90 euros) et écrit, comme les trois précédents, avec Nicolas Diat – l’éditeur, en novembre 2021, de Trois jours et trois nuits, un recueil de textes d’une quinzaine d’auteurs (Frédéric Beigbeder, Sylvain Tesson, Jean-Paul Enthoven…) immergés dans le quotidien des chanoines conservateurs de l’abbaye de Lagrasse (Aude).

Robert Sarah est un habitué des médias de Vivendi. Sonia Mabrouk l’a reçu dans l’interview politique du matin, sur Europe 1, en novembre 2021, et, un mois plus tard, dans « Le Grand Rendez-vous » du dimanche, codiffusé sur CNews. Le 28 novembre 2021, il était l’invité d’Aymeric Pourbaix, le directeur de l’hebdomadaire France catholique et animateur d’« En quête d’esprit », l’émission religieuse de CNews. […]

En conférence de rédaction, vendredi 1er juillet, la direction de la rédaction aurait d’ailleurs reconnu, du bout des lèvres, que le choix du cardinal Sarah lui avait été imposé. Pour le titre, c’est une deuxième alerte, même si la première est passée inaperçue. De manière inédite, l’hebdomadaire a décidé de ne pas consacrer sa « une », fin avril, au vainqueur du second tour de l’élection présidentielle, sous prétexte qu’il ne disposait pas de photo exclusive. Une excuse « bidon », selon une source interne. Est-ce seulement le hasard ? Vincent Bolloré entretient des rapports exécrables avec Emmanuel Macron.

Ce numéro de Paris Match connaîtra-t-il des succès de vente, comme les ouvrages du cardinal ?

Nous ne vous dirons pas comment nous sommes en train d’infiltrer Le Monde

Vous le découvrirez dans un prochain article du quotidien du soir :

Le christianisme a-t-il « divinisé » Jésus ? Débat académique et implications

Du P. Edouard-Marie Gallez:

Jésus a-t-il été « divinisé » par les chrétiens ? Ce débat, assez récurrent en milieu académique, est essentiellement conditionné par un regard porté extérieurement sur ce que les chrétiens sont présumés croire. L’idée est de comparer la dimension divine de Jésus telle qu’elle est exprimée dans le Nouveau-Testament avec la divinisation des Empereurs romains après Auguste ‒ ou éventuellement avec des formes de divinisations dans telle ou telle autre civilisation antique. Or de la comparaison, on passe parfois rapidement à l’amalgame.

Abordons la question de front : le Nouveau-Testament « divinise-t-il » Jésus de quelque manière que ce soit, ou bien s’agit-il d’autre chose ? Ce débat n’est pas accessoire, il entraîne de graves conséquences, les six qui sont définies et analysées ci-après, même si tout le monde ne les reconnaîtra pas volontiers comme telles. Il est important de signaler dès l’abord à quel point elles s’impliquent les unes les autres en une cascade logique, de « B » à « G » si nous nommons « proposition A » l’idée de la divinisation de Jésus.

Commençons par reformuler cette proposition « A » :

  • A : L’idée présumée chrétienne de diviniser un homme vient de ou correspond à une tendance du monde gréco-romain, ou plus largement païen ‒ on la retrouve aussi sous des formes diverses dans les gnosticismes orientaux, la question demeurant ouverte de situer l’origine de ces derniers dans l’histoire réelle.

Sur « A » s’est construite une cascade d’implications logiques :

  • B : On déduit ceci de la proposition « A » précédente :
    vu que cette « divinisation » présumée ne peut en aucun cas être le fait de juifs, elle a donc été le fait de non-juifs, à savoir de païens « christianisés » (de l’Empire romain).
  • C : On déduit ceci de la proposition « B » précédente :
    ce sont donc ces païens qui ont composé les évangiles, donc tardivement (après l’an 70, le temps de fabriquer la « divinisation ») ; et, bien sûr, ils ne peuvent avoir composé les évangiles qu’en grec.[1] Conséquence annexe « C’ » : ainsi, avant ces compositions en grec, les communautés chrétiennes juives n’ont donc rien produit (ou presque), et les traces de ce presque rien dans les évangiles grecs suggèreraient qu’elles voyaient Jésus simplement comme un homme.
  • D : On déduit ceci de la proposition « C » précédente :
    – D1 : c’est Paul, dont on connaît la période de ses écrits (entre 51 et 64), qui, le premier, a divinisé Jésus[2] ;
    – D2 : sous l’impulsion de l’Empereur Constantin, le concile de Nicée (325) y a contribué de manière déterminante en fabricant le dogme de la « Trinité », en réponse à l’arianisme qui fait de Jésus simplement une sorte de surhomme.
  • E : On déduit ceci de la proposition « D » précédente :
    puisqu’il existe des communautés chrétiennes parlant l’araméen (langue des juifs du 1er siècle) et professant la divinité de Jésus, et cela aujourd’hui encore, elles ne peuvent avoir commencé à exister qu’en dépendance du christianisme grec, donc pas avant la fin du 3e siècle : elles doivent n’être qu’une excroissance de ce christianisme grec dans l’est syriaque de l’Empire romain, ou la suite de la déportation de quelques populations gréco-romaines dans l’Empire parthe.
  • F : On déduit ceci de la proposition « F » précédente :
    les textes araméens (ou syriaques) du Nouveau-Testament ou Peshitta NT [3] ont donc été traduits du grec. Ainsi, ces textes ne doivent pas avoir d’intérêt ; pour un exégète, il est donc impensable (et dangereux pour sa carrière) de passer du temps à comparer systématiquement les versions en ces deux langues en vue de savoir quelle est la plus originelle. On ne fait pas une recherche dont on connaît déjà la réponse.
  • G : On déduit ceci de la proposition « G » précédente :
    les groupes de langue sémitique qui tiennent Jésus pour un homme (et non un Dieu) selon la recherche seraient les vrais chrétiens ayant conservé le christianisme des apôtres ‒ ces groupes, appelés parfois « sectes judéo-chrétiennes », sont qualifiés au choix de pré-pauliniens ou de pré-nicéens. Leur trace se retrouverait dans le Coran (ce qui est argumenté de manière convaincante, mais s’agit-il de groupes pré-pauliniens ou postérieurs ?).

La logique de cet enchaînement des sept propositions de A à G est imparable. Elle repose fondamentalement sur la proposition « A » : il faut que parler de divinité du Christ, ce soit parler de sa « divinisation ». Nous allons donc regarder avec attention ce postulat, et ensuite, plus brièvement, regarder ses six implications successives, notamment pour voir si elles correspondent à ce qu’on connaît de la réalité historique.

LA PROPOSITION « A »

Que croient les chrétiens ? La proposition « A » constitue-t-elle une interprétation légitime ou non de leur foi ?

Dans le cadre de cette analyse, on pourrait présenter ainsi le postulat de « A » : “les chrétiens croient que Dieu est présent en un homme (Jésus)” signifie : “les chrétiens ont divinisé un homme (Jésus)”. Une telle compréhension de la foi chrétienne serait légitime s’il n’existait pas une compréhension totalement autre que celle de « A ». En effet, la proposition “Dieu est présent en un homme (Jésus)” est clairement à comprendre comme signifiant “Dieu s’est rendu présent en un homme (Jésus)”, la totalité des écrits chrétiens l’indiquant. Est-ce rationnel que de vouloir imposer arbitrairement une compréhension autre ?

Si l’on analyse le problème plus avant, on perçoit que les deux compréhensions s’opposent radicalement : la foi chrétienne fait état indubitablement d’un mouvement descendant (de la part de Dieu, plus précisément ce qui a été appelé « incarnation »), tandis que la proposition « A » suppose un mouvement ascendant (élever un homme à devenir « dieu ») : elle confond manifestement un mouvement « descendant » avec un mouvement « ascendant ».

On peut donc parler d’une mécompréhension grave, mais il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau. Déjà la foi des Hébreux était la victime de beaucoup d’incompréhensions de la part des peuples aux alentours. Pour les païens enclins à « diviniser » des humains, que pouvait signifier l’attente juive (et biblique) d’un Dieu qui vient visiter son peuple ? Quelle valeur avait à leurs yeux le Temple de Jérusalem qui était le lieu d’une présence invisible et impalpable, suite à l’initiative d’un Dieu de « descendre » ? Et que pouvaient-ils penser de l’idée ‒ ou plutôt de l’espérance ‒ que ce Dieu vienne vraiment visiter son peuple, selon des prophéties où le comment ne ressort pas clairement du tout ? De plus, étaient-ils contents de voir les juifs considérer comme une abomination leur habitude d’introduire une statue dans un temple puis de la déclarer « dieu » ? Au long de l’histoire, des Hébreux ont été tentés de concilier ces positions inconciliables ‒ on pourrait dire ainsi que cette tentation d’amalgamer les cultes juifs et païens est l’ancêtre de la proposition « A ».

On peut le dire d’autant plus que la réponse à cet amalgame a été donnée dans l’Antiquité déjà, par un juif. Au début des années 40 de notre ère, le philosophe juif alexandrin Philon (†45) nota dans un passage de sa Legatio ad Caïum, après être venu à Rome et y avoir vu l’empereur Caïus Caligula s’exhiber publiquement déguisé en Jupiter :

“Dieu se changerait plutôt en homme que l’homme en Dieu” [4].

Comme juif, il fut choqué par cette mascarade (il l’écrit après 41, une fois que Caïus est décédé). Ce philosophe d’Alexandrie a parfaitement compris et exprimé l’opposition radicale existant entre la vision religieuse juive et celle des païens. Il a pu la formuler tout seul, mais il est possible aussi qu’il ait entendu parler de la foi chrétienne : à Alexandrie, il pouvait rencontrer de nombreux juifs disciples des apôtres[5]. Son expression « se changer en homme » correspond en effet à la manière de parler des premiers milieux juifs chrétiens ‒ on la trouve dans des apocryphes[6].

Sous une forme amplifiée et précisée, on la trouve dans le Nouveau-Testament notamment dans ce passage de Paul, où il parle de la « descente » de Dieu dans la nature humaine : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ; mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, …” (Lettre aux Philippiens 2,6-7).

Aucun parallélisme ne devrait donc être intellectuellement possible entre la foi chrétienne et les cultes païens. C’est en vertu d’une logique interne étrangère au christianisme qu’un système de pensée peut produire cette confusion. Pour illustrer le problème, prenons l’exemple du discours islamique.

Pour l’Islam, le texte coranique est littéralement révélé par Dieu via la parole d’un ange dictant le texte au messager (rasul) Mahomet. Or, un de ses versets se lit ainsi :
“Quand Dieu dira : ‘Îsa (Jésus), fils de Mariam, as-tu dit aux gens :
Prenez-moi et ma mère pour deux divinités, à côté de Dieu ?” (sourate 5 verset 116)

 La logique interne du discours islamique exige donc que les chrétiens aient pour Trinité Jésus, Marie et Dieu ‒ c’est écrit dans le Coran, donc Dieu l’a dit littéralement. C’est ce qui est enseigné partout en islam, du moins là où les chrétiens ont peu d’influence de sorte que cette assertion ne soit pas immédiatement tournée en ridicule. Et si un chrétien conteste, la réponse à lui rétorquer est déjà toute prête dans le Coran : “Regarde comme ils mentent contre eux-mêmes” (sour. 6, v.24).

En fait, les commentateurs musulmans anciens[7] savaient encore que l’expression « mère de Jésus » (ici : « ma mère ») désigne là l’Esprit Saint, selon une manière de parler propre à la tradition de l’Eglise araméenne (aujourd’hui encore), les plus anciens écrits spirituels syro-araméens en témoignent[8]. L’ironie du verset 5,116 porte sur la situation de juge des chrétiens attribuée à Jésus, et non pas sur une formulation trinitaire classique en contexte syro-araméen. Mais un grave problème de logique interne islamique et islamologique se pose alors. En effet, si ce contexte constitue l’explication obligée d’un verset du Coran, il détermine aussi le cadre de la naissance de l’islam : on est donc amené à envisager pour l’islam un lieu originel dans le nord de l’Arabie. Ce qui est inacceptable pour l’islam. L’islamologie non plus, du moins durant cent cinquante ans, ne voulait pas un lieu autre que La Mecque, vu qu’elle prenait pour point de départ le discours islamique. En fait, des islamologues ont même inventé l’existence de « Mariamites » pour justifier la compréhension islamique littérale de ce verset 5,116. Cette invention, fondée sur une erreur, a été reprise par la propagande islamique actuelle pour commenter ce verset en se moquant de la foi des chrétiens[9]. Il a fallu attendre l’an 2005 pour que cette erreur grossière soit dénoncée[10], alors qu’il suffisait à tout chercheur d’aller interroger n’importe quel chrétien araméen (chaldéen ou assyrien) pour être détrompé.

On voit donc que la logique interne peut prévaloir sur la connaissance ou sur la simple information, même dans un milieu de chercheurs. Tel est aussi le cas de la confusion entre la foi chrétienne et des conceptions païennes, qui nous occupe ici. Il est possible que la commodité y soit pour quelque chose : on ramène toujours ce qu’on connaît mal à ce qu’on connaît déjà. En entendant parler, souvent sommairement, de groupes d’ascendance juive ayant nié très tôt la divinité du Christ, des chercheurs ont conclu que leur conception purement humaine de Jésus serait le vrai christianisme originel, et donc que parler de la présence de Dieu en Jésus serait une croyance postérieure, influencée par la pensée païenne grecque. C’est logique mais erroné : les groupes dits « judéochrétiens » auxquels ils se réfèrent dans cette discussion sont en réalité « ex-judéochrétiens » au sens où il s’agit de juifs ex-chrétiens ; lisons ce qu’écrit l’apôtre Jean dans sa première lettre à propos de ces ex-judéochrétiens qui “nient le Père et le Fils” :

“Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste qu’eux tous ne sont pas des nôtres” (1Jn 2,19).

Ce qui échappe généralement dans la discussion, c’est que ces chrétiens juifs qui ont d’abord adhéré au message des apôtres puis l’ont retourné pour en faire autre chose créaient ainsi un phénomène religieux nouveau, qui sera même à l’origine de beaucoup d’avatars par la suite. L’opposition ne se situe donc pas entre un monothéisme juif et une influence païenne polythéiste, mais entre le christianisme des apôtres à fondement juif et les doctrines opposées à celle des apôtres, à fondement juif aussi, et qui méritent la qualification de « post-chrétiennes » (voir note 24).

En fait, la confusion inhérente à la proposition « A » a créé un flou occultant tout un pan de la recherche sur la formation des oppositions aux apôtres. Le Contra Haereses de saint Irénée de Lyon, à notre disposition depuis le milieu du 16e siècle (ce livre ainsi que la Démonstration de la prédication apostolique étaient inconnus auparavant), ne semble toujours pas être pris comme livre de référence pour l’étude du christianisme des origines et des groupes qui en dérivent.

Il apparaît donc que la proposition « A » ne présente pas la foi des apôtres, mais en présente une sorte d’inversion. C’est regrettable au point de vue scientifique, ou même rationnel. Et les conséquences successives qui en découlent et qui forment un ensemble de convictions assez répandues en milieu académique sont graves.

Passons en revue ces conséquences B à G.

LA PROPOSITION « B »

Cette proposition découle de « A » : la « divinisation » de Jésus a dû être le fait de non-juifs, à savoir de païens « christianisés » (de l’Empire romain).

S’il n’y a pas eu de « divinisation » de Jésus, la question de ses auteurs présumés est réglée. Il convient cependant de dire un mot du cadre historique dont la méconnaissance favorise l’adhésion à la proposition « B ».

Les apôtres étaient juifs, tout comme les premiers Papes ainsi que la grosse majorité des chrétiens durant au moins un siècle. Comme l’explique Paul, les non-juifs sont venus se greffer sur l’olivier hébréo-araméen solide ‒ et il fallait que cet olivier soit solide car, dès le début, les apôtres et leurs disciples sont partis évangéliser toutes les parties du monde alors accessibles, jusqu’en Inde et en Chine[11]. Il en résulta très vite une diversité de communautés ; « l’olivier » commun hébréo-araméen biblique et cultuel assurait l’unité, en particulier l’unité liturgique (les Indiens de Saint Thomas célèbrent aujourd’hui encore en araméen). Quand on découvre l’ampleur du christianisme hébréo-araméen des apôtres dans le monde de ce temps, l’idée d’une influence de « païens christianisés » laisse songeur…

LA PROPOSITION « C »

Découlant de la précédente, cette proposition suppose que ce sont donc ces païens christianisés qui ont composé les évangiles, donc tardivement (après l’an 70, le temps de fabriquer la « divinisation ») ; et, bien sûr, ils ne peuvent avoir composé les évangiles qu’en grec. En conséquence, les communautés chrétiennes juives n’ont rien produit (ou presque) avant ces textes en grec, et les traces de ce presque rien dans les évangiles grecs doivent suggérer qu’elles voyaient Jésus simplement comme un homme.

Ici, nous abordons le problème de fond de l’exégèse occidentale, posé par les Protestants allemands à partir de la fin du 16e siècle. Par anti-romanisme, ces derniers se sont tournés exclusivement vers les manuscrits grecs, les estimant a priori meilleurs que les textes latins de l’Eglise catholique. Certes, on n’oubliait pas les autres langues ‒ dans Pantagruel, Rabelais indique encore qu’il faut apprendre l’araméen (le chaldéen écrit-il) ‒, mais, en pratique, les manuscrits en ces langues faisaient grandement défaut. Ceux-ci n’ont été disponibles qu’à partir de la fin du 19e siècle, du fait de la rareté des contacts avec les chrétientés de l’Orient auparavant ; et au 20e siècle, à la suite des immigrations massives de chrétiens d’Orient persécutés, des liens plus nombreux ont pu se nouer.

Néanmoins, aujourd’hui encore, aucune place sérieuse n’est faite à ces chrétiens dans le monde académique parmi les enseignants, et les évangiles sont toujours présentés comme le fruit de rédacteurs grecs ‒ même si on commence à se demander s’ils ne sont pas faits originellement de compositions narratives plutôt que de rédactions. En tout cas, presque personne encore n’entreprend de comparer systématiquement d’un côté les meilleurs textes manuscrits grecs (répartis en sept ou huit familles irréductibles entre elles, ce qui pose un sérieux problème), et de l’autre, les manuscrits syro-araméens (qui forment une seule famille). Et on continue à affirmer de manière dogmatique que les textes araméens ont été traduits du grec[12]. Ceux qui ont des doutes et veulent comparer les textes, comme le Protestant Jan Joosten, risquent gros[13].

Rationnellement, il est pourtant très difficile de croire que les juifs chrétiens n’aient pas composé de récits en araméen qui était leur langue (et celle de Jésus), alors qu’ils évangélisaient dans toutes les directions du monde et que l’araméen (et non le grec) était la lingua franca, l’anglais de l’époque[14]. Et ce n’est pas tout. Les juifs faisaient partie des civilisations orales, même si tous les hommes devaient être plus ou moins capables de lire les écrits sacrés lors du culte synagogal. Ainsi, pour les juifs chrétiens, si l’important était la transmission de bouche à oreille et de cœur à cœur, la mise par écrit comme aide-mémoire répondait à une nécessité originelle. Ce qui est une transmission sacrée doit être gravée sur la pierre ‒ sur des parchemins en l’occurrence ‒ à l’exemple des Ecritures. L’Evangile au sens premier d’Annonce faite de divers récitatifs évangéliques (cf. Ga 2,2 ; Rm 2,16 etc.) reçoit ce rang d’Ecriture, comme en témoigne la Première lettre à Timothée, datant probablement de l’an 57.

En effet, Paul cite là une parole de Jésus parallèlement à une citation de la Torah : “L’Ecriture dit : Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain (cf. Dt 25,4 ; 24,15), et encore : l’ouvrier est digne de son salaire” (1Tm 5,18). Or la seconde citation n’existe qu’en Mt 10,10 et en Lc 10,7 ![15] Aux yeux d’un juif chrétien en l’an 57, quel texte pouvait avoir une autorité d’Ecriture sacrée, sinon un aide-mémoire tel que l’évangile selon Mt qui était alors utilisé (prioritairement) dans la liturgie comme l’était la Torah ?

Au reste, la conviction que les évangiles existaient sous forme écrite bien avant la première « guerre juive » (66-70) n’est pas rare chez les exégètes travaillant sur le grec ‒ le cas de Jean étant à part, cet évangile ayant été composé en deux temps[16]. Mais peu encore perçoivent que l’aide-mémoire de récitation publique en araméen est la source des traductions en grec (et en d’autres langues), directement ou à l’occasion de traductions simultanées mises par écrit : c’est systématiquement en araméen que les apôtres et autres témoins de la résurrection donnaient leur témoignage qui, si nécessaire, était traduit en grec ou en latin par des interprètes, par exemple Marc pour ce que disait Pierre[17]. Il est possible que les premières mises par écrit en grec ou latin aient été privées, les gens de ces langues n’étant plus de culture orale (mais écrite) et retenant moins bien par cœur que les araméophones. En tout cas, le besoin de diffuser des mises par écrit officielles se fit tôt sentir, aussi à cause de la dispersion vers 37 de la communauté de Jérusalem menacée par des troubles, elle qui donnait le ton liturgique aux autres communautés chrétiennes : en urgence, Matthieu dut fixer un écrit de référence pour la liturgie[18].

Le défi de l’exégèse serait de retrouver le jeu de l’oralité araméenne, à partir des témoignages répétés rigoureusement par les témoins eux-mêmes puis par leurs disciples dès les années 30. S’il existe une difficulté à discerner ces témoignages-récitatifs dans nos évangiles, c’est parce qu’ils y sont fréquemment enchevêtrés ; ceci tient à la nature même des évangiles : ils sont organisés à l’usage liturgique, donc en fonction du calendrier. Ce sont des lectionnaires[19] ‒ à l’exception de Jean qui est organisé selon un autre objectif[20]. Cette découverte majeure, permise par les études orales araméennes, éclaire définitivement des tâtonnements qui ont commencé il y a près de quatre siècles et qui conduisent chaque exégète travaillant sur le grec à imaginer ses propres plans pour rendre compte des évangiles ‒ et il n’y en a pas deux qui sont d’accord. Et bien sûr, l’idée que les chrétiens araméens d’Asie (et de l’est de l’empire romain) ont perdu leurs textes à la suite du Diatessaron de Tatien, puis qu’ils ont dû les retraduire du grec au 5e siècle avec l’Evêque Raboula d’Edesse relève d’un mythe académique ‒ un mythe commode pour ne pas avoir à s’intéresser sérieusement aux textes araméens.

LA PROPOSITION « D »

La proposition « D » tendait à préciser comment la divinisation de Jésus aurait été inventée ‒ par Paul d’abord puis par la définition trinitaire du concile de Nicée (325).

Peu importe ici que des définitions trinitaires aient existé auparavant. Le problème porte en fait sur une mécompréhension des discussions dites christologiques : certains chercheurs en effet ont cru qu’elles portaient sur la divinité du Christ elle-même, alors qu’elles portaient sur la manière d’exprimer celle-ci. Il est vrai en revanche que « l’arianisme » niait la divinité du Christ, mais aucun arien n’a été convié au Concile de Nicée qui s’est précisément réuni contre cette négation.

A l’époque, les responsables chrétiens étaient confrontés à la difficulté de s’accorder sur des formules de foi leur permettant de faire face. Ayant lieu en grec, les discussions de Nicée et des conciles postérieurs furent marquées par des manières de voir et de raisonner propres aux Byzantins, lesquels voulaient donner des définitions conceptuelles à tout. Or il arrive qu’on crée ainsi davantage de problèmes qu’on en résout. Prenons l’exemple du terme araméen de qnoma, employé par Jésus et qui se trouve plusieurs fois dans le Nouveau Testament araméen : il fut au cœur de certaines divergences, car il ne correspond ni au concept grec d’ουσια (« nature »), ni à celui d’υποστασιϛ (« hypostase »). Le Concile de Nicée ne tint pas suffisamment compte des différences de culture et de langue, ce qui conduisit finalement, lors du concile de Chalcédoine (451), à l’exclusion des Eglises apostoliques qui ne parlent pas grec et qui seront dites « préchalcédoniennes ».

On peut comprendre alors les confusions faites par un certain nombre d’académiciens de l’interreligieux et d’islamologues : ils ont cru que ces Eglises mises à l’écart (les Araméens de l’Eglise de l’Orient désormais désignés sous le sobriquet de « nestoriens », les Coptes, les Arméniens) défendaient des christologies comparables à celles de groupes opposés à la foi des apôtres c’est-à-dire catalogués comme hérétiques. Et, dans le passé (et on peut remonter à des universitaires du Moyen-Âge), sous l’influence des légendes islamiques[21], certains ont même imaginé que la christologie de l’Islam (qui nie violemment la divinité du Christ) s’inspirerait de celle de l’Eglise araméenne de l’Orient… alors que, vers 735, Jean de Damas compare l’islam avec l’arianisme et en aucun cas avec la pensée l’Eglise de l’Orient.

En fait, l’idée était de rattacher à tout prix la christologie islamique aux discussions christologiques de ou après Nicée, faute de comprendre mais aussi faute de recherches sérieuses sur les origines de l’islam. On lisait encore il y a peu : “Le Coran… appartiendrait lui-même, à l’origine, à une mouvance de chrétiens restés prénicéens, c’est-à-dire des Eglises ou des communautés chrétiennes qui n’ont pas accepté le dogme de la Trinité défini au concile de Nicée”[22]. En fin de compte, seules des confusions assez grossières cherchent à justifier la « christologie » islamique par des débats théologiques chrétiens, alors qu’elle s’enracine dans un phénomène bien antérieur, postchrétien juif, qui remonte en fait à la fin du temps apostolique.[23]

Il est vrai qu’une question, subtile pour l’historien, se profile derrière ces confusions : quel critère peut distinguer ce qui est chrétien de ce qui ne l’est pas ? Est-ce l’adhésion à des définitions, mais en quelle langue alors ? Avant les définitions des Conciles ne régnait-il qu’un vaste flou ? Le fait de croire, est-ce adhérer à des définitions ‒ à supposer que l’on comprenne quelque chose, ce qui nécessite des explications qui ne sont pas toujours plus claires non plus ? Ou est-ce autre chose ? En d’autres termes, les définitions sont-elles fondamentalement éclairantes ‒ c’était ce qu’espérait la pensée des Byzantins ‒ ou sont-elles seulement des poteaux indicateurs ?

Si le christianisme est d’abord une vie, on ne peut pas le mettre en concepts et en définitions. Dans les évangiles en grec, on lit par six fois “Ta foi t’a sauvé” ou alors comme en Mt 1,21 : « il sauvera le peuple de ses péchés », là où l’araméen signifie “Ta foi t’a vivifié” et que Jésus rend la vie au peuple sur les péchés. Certes, le verbe grec sôzô a un rapport avec guérir ; mais sortie de son contexte, l’affirmation “la foi sauve” pourrait être comprise en rapport avec un salut éternel conceptuel ou déconnecté de la vie concrète, alors qu’il s’agit d’abord de vie (re)donnée dès ici-bas par Jésus.

Aussi, s’il existe un critère de christianisme, il ne peut qu’être celui-ci : le chrétien, qu’il soit hébréo-araméen ou d’une autre aire culturelle ou linguistique, est celui qui croit que Jésus détient en lui-même le pouvoir de vivifier. Ceux qui croient que Jésus est sous le pouvoir d’un Autre c’est-à-dire qu’il ne sauve pas par lui-même mais intervient simplement comme un surhomme, ou alors croient qu’il est simplement un modèle à suivre c’est-à-dire que chacun doit se sauver lui-même en suivant ce modèle, ne partagent pas la foi des apôtres mais une autre foi. Ils adhèrent à des dénaturations de la Révélation chrétienne, que celles-ci soient du premier ou du second type.

Ces dénaturations, on les a globalement nommées hérésies, en créant ainsi un fourre-tout peu clair (le mot grec ‘aïresis qui a donné hérésie signifie d’ailleurs simplement opinion). Ce flou ne facilite pas la distinction entre ce qui est chrétien et ce qui ne l’est pas, et focalise souvent l’attention sur des aspects secondaires. Ce qui détermine la foi chrétienne, c’est que si Jésus sauve par lui-même, alors le Dieu révélé dans l’Ancien Testament est présent en lui, car Dieu seul peut sauver-vivifier. Quant à savoir la manière dont se dira cette présence, c’est certes déjà un objet du Nouveau-Testament et ce sera ensuite l’objet de nombreux débats théologiques, mais c’est secondaire. Hélas, ces débats ont souvent opposé entre elles des perceptions et expressions culturelles différentes du mystère du Christ, mais légitimes. Au demeurant, toutes les Communautés chrétiennes apostoliques du monde se reconnaissent de nos jours pleinement et mutuellement dans leur foi, exprimée en des langues diverses (souvent non transposables de l’une à l’autre, c’est la difficulté).

La proposition « D » conduit aussi à qualifier de « chrétiens » des écrits qui ne le sont pas, soit qu’ils présentent Jésus comme un messie en qui Dieu agit comme moteur ou inspirateur extérieur (selon la perspective arienne-messianiste), soit qu’ils le présentent comme un guide qui, par compassion, montre comment se sauver soi-même (tel est le cœur de tous les systèmes gnostiques). De tels écrits ne sont pas chrétiens, et les groupes qui en sont les auteurs ne peuvent pas être qualifiés de « chrétiens » ‒ ils ne peuvent pas non plus être qualifiés de « juifs hétérodoxes » : ils sont en effet en opposition également au judaïsme rabbinique (qui le leur rend bien par la malédiction journalière contre les minim). C’est pourquoi, au lieu d’employer pour eux le qualificatif illégitime de « chrétiens », la recherche sérieuse conduit à qualifier ces groupes postérieurs au christianisme apostolique, de « postchrétiens » : ils n’existent historiquement et logiquement que par rapport à celui-ci dont ils tirent des doctrines qui ne tiendraient autrement pas par elles-mêmes.

Les confusions liées aux propositions A, B et C entraînent celles qui sont liées à la proposition D, c’est assez logique.

LA PROPOSITION « E »

Si la foi en la divinité du Christ est une invention tardive, les communautés chrétiennes parlant l’araméen doivent être tardives également et elles ne peuvent avoir existé qu’en dépendance du christianisme grec, donc pas avant la fin du 3esiècle ‒ c’est une nécessité logique. On dira qu’elles n’ont été qu’une excroissance de ce christianisme grec dans l’est syriaque de l’Empire romain, ou la suite de la déportation de quelques populations gréco-romaines dans l’Empire parthe.

On trouve une expression de ce négationnisme de l’ancienneté apostolique des chrétiens d’Orient sous de nombreuses plumes, par exemple sous celle de Françoise Briquel-Chatonnet dans le livre au titre évocateur Après Jésus, l’invention du christianisme (voir note 1) ; elle y évoque une “mise en scène”, par les chrétiens d’Orient, d’une “conversion au christianisme” remontant à l’apôtre Thomas (p. 570). Et sous la plume de Paul-Hubert Poirier, on lit que “l’expansion du christianisme” au-delà des frontières de l’Empire daterait du 3e siècle, “les chrétiens ayant commencé à utiliser” le latin à la fin du 2e siècle, le syriaque au début du 3e siècle seulement, et le copte à la fin du même siècle, l’arménien au 5e siècle et d’autres langues plus tard encore (p.53) ; n’existaient-ils pas auparavant ?

Ce qui est occulté ainsi, c’est que, depuis le 1er siècle jusqu’aux grands massacres de Tamerlan, l’Asie comptait davantage de chrétiens que l’Europe. Sur les douze apôtres, seuls trois (Jacques frère de Jean, André et Pierre) sont allés vers l’Occident, les autres sont allés ailleurs, à l’exception de Jacques le Juste qui, lui, est resté à Jérusalem, considérée comme le centre du monde. Penser qu’il n’existait de chrétiens que dans l’Empire romain jusqu’à la fin du 3e siècle est simplement le résultat d’un postulat, et ce postulat négationniste s’enracine fondamentalement dans la proposition « A ».

LA PROPOSITION « F »

Puisque les Eglises syro-araméennes sont présumées n’avoir existé que tardivement, leurs textes du Nouveau-Testament ont donc été traduits des textes déjà existant ‒ donc du grec.

Mais si l’inverse est vrai, c’est-à-dire si le christianisme des origines n’est pas davantage à l’ouest de Jérusalem (dans l’empire romain grec) qu’à l’est (dans l’empire parthe), il devient indispensable de comparer les meilleurs manuscrits grecs et syro-araméens. Et alors, les textes araméens s’avèrent refléter un état du texte bien antérieur aux meilleurs manuscrits grecs, qui apparaissent être l’œuvre de traducteurs (divers au demeurant et dans divers dialectes grecs, telle est la raison principale de l’existence de sept ou huit familles irréconciliables de manuscrits grecs). Ces textes araméens peuvent éclairer notamment la plupart des obscurités des textes grecs ou latins, même s’il y a lieu de penser que les traducteurs ont fait de leur mieux dans le contexte qui était le leur.

LA PROPOSITION « G »

Puisqu’il existait des groupes de langue sémitique tenant Jésus seulement pour un homme, on imagine qu’ils ont précédé les Eglises de mêmes langues (araméenne, copte,…) et que ce sont ce sont eux qui conservaient le christianisme véritable des apôtres (les chrétiens grecs ayant inventé la divinité de Jésus). On les désigne souvent sous le vocable flou de « sectes judéo-chrétiennes », ou encore de groupes pré-pauliniens ou pré-nicéens. Nous avons vu plus haut en quoi ces qualificatifs sont trompeurs. Si des groupes de langue sémitique ou même autres parlent de Jésus en opposition à la foi des apôtres qui nous est réellement connue par le Nouveau-Testament (ce que nous pouvons comprendre à travers les textes araméens mieux encore que ceux en grec ou en latin), il s’agit de groupes postchrétiens[24].

CONCLUSION

Les propositions de A à G forment un système logique. Pour cette raison, il suffit qu’une seule de ces sept propositions s’avère être contraire aux données de la recherche sérieuse pour que l’ensemble soit invalidé. Or, les raisons ne manquent pas de mettre en cause chacune de ces propositions, en commençant par la première qui est la plus importante ‒ et qui est même la clef des autres. Il n’y a jamais eu de « divinisation » de Jésus mais la prise en compte du plan d’un Dieu qui s’est révélé en vue de venir sauver l’humanité, ce que Lui seul peut faire. La question est d’ailleurs ouverte de ce que Dieu va faire encore, une seconde venue du Christ étant annoncée. Il s’agit là d’une autre question, qui n’est pas simple non plus puisque les musulmans attendent eux aussi une seconde venue de Jésus, mais ce n’est pas la même. On peut comprendre que certains esprits trouvent tout cela bien compliqué et cherchent à ramener leur perception du christianisme à leurs schémas logiques et idéologiques… de A à G.

C’est donc une nouvelle approche cohérente et logique des origines chrétiennes qu’il faut promouvoir et creuser, conformément à la Révélation et aux données historiques et anthropologiques non censurées ou déformées par des postulats. De telles orientations nouvelles n’iront pas sans opposition, les chercheurs de vérité sont rares ; mais ceci est une caractéristique de notre temps à peu près dans tous les domaines, hélas.

[1] Une impressionnante et luxueuse publication de plus de 700 pages, subventionnée par le Ministère français de la Culture, Après Jésus, l’invention du christianisme (sous la direction de Roselyne Dupont-Roc et Antoine Guggenheim, Albin Michel, 2020), défend globalement cette thèse de la fabrication tardive  d’un christianisme qui ne devrait pas grand-chose à Jésus, “hormis un repas en mémoire de lui, et une prière, le Notre Père”, lit-on sur la page IV de couverture ; le reste a été « inventé », ce qui demande du temps : aux pages 21-22 l’évangile de Marc est daté de 71, ceux de Matthieu et Luc entre 80 et 85, et celui de Jean en 98. Beaucoup d’exégètes ne sont pas d’accord.

[2] Parmi les nombreuses discussions à ce sujet, celle-ci est assez synthétique : https://larevuereformee.net/articlerr/n200/jesus-ou-paul-qui-et-le-fondateur-du-christianisme.

[3]  Peshitta signifie tel quel, simple, sans glose.

[4] Philon d’Alexandrie, Légation à Caïus, trad. Delaunay, Paris, Didier, 1870, p.310 (§ 118).

[5] Si l’on en croit les Actes des apôtres (18,24-25), un ancien disciple de Jean le Baptiste, Apollos, originaire d’Alexandrie, parcourait l’Asie mineure autour des années 44 pour parler du Christ – Paul, à Antioche, lui parla du baptême dans l’Esprit Saint dont il n’avait pas entendu parler. Cet Apollos n’avait donc encore rencontré aucun des apôtres ni aucun de leurs disciples mais, dit cependant le texte, “il avait été instruit de la voie du Seigneur” ; à Alexandrie ?

[6] Dans quelques « apocryphes », on peut lire des formulations très proches. Celles qui sont données ci-après sont essentiellement tirées des Testaments des Douze Patriarches. Pour cette question très complexe, voir Le messie et son prophète, tome I, 2005 – section 1.4.2.1 Thématique de la venue de Dieu et double Visite, p. 166s.

[7] Tabarî, al-Baydawî, al-Zamahšarî, al-Jalâlayn ou d’autres encore moins connus : tous indiquent à propos de ce verset 5,116 qu’il s’agit de l’Esprit-Saint et non pas de la Vierge Marie – cf. Azzi Joseph, Le prêtre et le prophète : aux sources du Coran, Paris, Maisonneuve & Larose, 2001, p.169.

[8] Par exemple chez Saint Aphrahate (dit le Sage de Perse). La dimension « maternelle » de l’Esprit est tellement habituelle dans la théologie de l’Eglise de l’Orient, qu’il l’applique au chrétien : il existe un danger, écrit-il, que celui qui se marie oublie “son Père et lEsprit Saint sa mère” (Les exposés [écrits entre 336 et 345], trad. Marie-Joseph Pierre, Sources Chrétiennes n° 359, Paris, Cerf, 1989, t.2 p.791).

[9] Cf. l’intervention d’Hichem Djaït dans Jésus et l’islam : youtube.com/watch?v=qO-d-L8agH0&feature=youtu.be&t=2m14s. Il arrive en effet qu’en banlieue et vivant entre eux, les musulmans ne voient jamais un seul chrétien, de sorte qu’ils croient n’importe quoi au sujet de la foi chrétienne.

[10] Voir http://lemessieetsonprophete.com/annexes/marie-dans-la-trinite.htm  .

[11] Voir par exemple https://www.eecho.fr/?s=Inde+Chine.

[12] Au hasard, voici un exemple de ce dogmatisme : Muriel Dubié affirme péremptoirement que « dès 170, on traduisit les évangiles du grec en syriaque » (Après Jésus, l’invention du christianisme, Albin Michel, 2020, p. 576).

[13] https://www.eecho.fr/evangiles-primaute-de-larameen-exemples/

[14] Cf. Marion Duvauchel, https://www.eecho.fr/larameen-langue-du-monde-ancien/ .

[15] Il existe une petite différence quant à ce quoi l’ouvrier est digne : en Mt 10,10 il est digne de saybbārā/grec trofè, nourriture, tandis qu’en Lc 10,7 il est digne de ‘agreh/grec misthos, salaire. En araméen, le mot-clef est le verbe šâw’é exprimant l’idée de convenance (rendue en grec par axios, digne, faute de mieux) : “l’ouvrier est šâw’é (il lui convient, il mérite) sa nourriture” (Mt 10,10 – traduction commentée de la Peshitta par Mgr Francis Alichoran). Mais en grec, ce dont on est digne ne devrait pas être la nourriture mais l’honneur ou une récompense-salaire (comme en Mt 20) ; axios estin o ergastès tès trofès autou est clairement un aramaïsme qui indique une traduction.

[16] Cf. Breynaert Françoise, Jean, un « filet d’oralité », éd. Parole et Silence, 2020, 495 p., préface Mgr Thomas Yousif Mirkis, archevêque chaldéen de Kirkouk et Sulaimanyah (Irak) ‒ surtout les pages 69-77.

[17] “Paul avait Tite comme traducteur-interprète, comme le bienheureux Pierre avait Marc dont l’évangile a été composé, Pierre disant et lui écrivant” (Saint Jérôme, P.L. 22, col 1002).

[18] Les sources qui placent Mt en araméen avant Mc en grec permettent de situer le premier vers 37-38, en vertu du fameux passage du troisième livre du Contre les hérésies d’Irénée de Lyon, où il est question de la publication de Mc. Ce passage présente cependant une difficulté puisqu’il semble dire que la communauté de Rome a été fondée par Pierre et Paul : cette donnée est inexacte car en 42, Pierre y a fondé seul cette communauté, et comme elle existe déjà, Paul n’a aucune intention d’y aller, écrit-il en Rm 15,22. L’explication la plus probable est que la mention « et Paul » a été ajoutée par un copiste latin en l’honneur de la fête romaine des Sts Pierre et Paul. Voici le texte amendé : “Ainsi, Matthieu publia-t-il chez les Hébreux dans leur propre langue une forme écrite d’évangile vers l’époque où Pierre [et Paul] évangélisait Rome [jusqu’en 42] et y fondait l’Église. Après son départ [exodos, sortie, qui ne signifie jamais décès], Marc, le traducteur de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté, Luc, compagnon de Paul, publia lui aussi l’évangile tandis qu’il séjournait à Ephèse en Asie” (Irénée, Adv. Haer., III 1,1).

Pour justifier une datation tardive de Mc, certains exégètes ont attribué au mot exodos le sens de décès, de sorte que la publication de Mc soit postérieure aux martyres de Pierre et de Paul, donc après 64. Mais ils sont alors en opposition à Eusèbe de Césarée qui, citant Clément d’Alexandrie († 215) et Papias († ±230), indique clairement par deux fois que Pierre est bien vivant au moment de cette publication-traduction en grec : “Ils [les auditeurs de Pierre] firent toutes sortes d’instances auprès de Marc, l’auteur de l’évangile qui nous est parvenu et le compagnon de Pierre, pour qu’il leur laissât un livre qui leur fût un mémorial de l’enseignement donné de vive voix par l’apôtre, et ils ne cessèrent leurs demandes qu’après avoir été exaucés… Pierre … se réjouit d’un pareil zèle : il autorisa l’usage de ce livre pour la lecture dans les églises. Clément rapporte ceci dans sa sixième Hypotypose et l’évêque d’Hiérapolis, Papias, le confirme de son propre témoignage” (Hist. Eccl. II,15 parall. VI,14 6).

[19] Hormis les exégètes travaillant sur l’araméen et connaissant l’oralité, quelques-uns tout de même se sont posé la question des évangiles synoptiques comme lectionnaires, ainsi Gordon W. Lathrop, de l’United Lutheran Seminary of Pennsylvania (in Après Jésus, l’invention du christianisme, Albin Michel, 2020, p.160). D’autres ont perçu la nécessité d’une « exégèse narrative », ce qui est déjà un premier pas dans la bonne direction.

[20]  L’évangile de Jean est organisé selon des structures orales complexes de méditation (dites « en filet »), il n’est pas fait pour « l’évangélisation ». Cf. www.eecho.fr/?s=liturgique  et www.eecho.fr/?s=%22en+filet%22 .

[21] Il s’agit en particulier de la légende du moine nestorien Serge Bahira qui aurait reconnu le « prophète Muḥammad » encore enfant et lui aurait transmis sa christologie.

[22] Gnilka Joachim, Qui sont les chrétiens du Coran ?, Paris, Cerf, septembre 2008 (traduit de l’allemand Die Nazarener und der Koran, 2005), p.9.

[23]  Voir par exemple https://legrandsecretdelislam.com.

[24] Le concept de « post-christianisme » a été inventé pour désigner le phénomène de « sortie du christianisme » marquant les 19e et 20e siècles au point de vue des institutions (on parle aussi de  « sécularisation ») ; mais il n’y a pas de raison de ne prendre en compte que l’aspect institutionnel. Si l’on considère l’aspect théologique (ou en d’autres termes celui de la foi apostolique), on peut et on doit regarder le phénomène qui commence vers la fin de l’époque apostolique, celui de groupes de judéo-chrétiens qui remettent en question la foi qu’ils tiennent des apôtres, et qui vont s’organiser en groupes et en doctrines opposés aux apôtres (tout en gardant de nombreux traits du christianisme originel).

Ces groupes et doctrines qu’on appellera plus tard sous le vague nom « d’hérésies » sont strictement parlant des contrefaçons (au sens où une contrefaçon est faite pour ressembler au modèle, mais ce n’est plus l’original). Ces contrefaçons, qui constituent exactement les post-christianismes, sont fondamentalement et historiquement de deux types, correspondant aux deux axes du christianisme (et donc aux deux façons possibles de le contrefaire) :

Pour plus de détails, voir www.eecho.fr/deux-derives-de-la-foi-chretienne.

Burkina Faso : des chrétiens tués devant la cathédrale de Nouna

Au cours de la nuit du 3 au 4 juillet, au moins 22 personnes – selon un premier bilan officiel provisoire – ont perdu la vie dans une attaque perpétrée dans le village de Bourasso, situé dans le diocèse de Nouna, au nord-ouest du Burkina Faso. Parmi les victimes, 14 ont été tuées alors qu’elles se trouvaient devant la cathédrale située à vingt kilomètres du village.

« Les terroristes sont venus en motos dans le village de Bourasso le dimanche 3 juillet vers 17 heures, puis ils sont repartis sans rien faire. Mais ils sont revenus pendant la nuit, menaçant les villageois dans la cour devant l’église. »

Parmi les victimes tuées dans le village, figuraient de nombreux chrétiens.

« Ils sont venus chez moi et ont fait sortir deux membres de ma famille. Ils les ont égorgés avant de partir. La psychose était énorme. Je n’arrêtais pas de penser qu’ils allaient revenir chercher le reste de ma famille. »

Quelques heures avant l’attaque, le diocèse de Nouna célébrait une messe d’action de grâce pour l’ordination de deux de ses prêtres, qui s’était déroulée la veille.

« Malgré tout, nous gardons espoir. Nous gardons le courage de vivre les jours que Dieu nous donne. Ici, quand on se lève, on sait qu’on est vivant, mais on ne sait pas si on [le] sera encore le soir. »

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