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Un clandestin, qui avait agressé au couteau des policiers, puis remis en liberté, a de nouveau agressé des policiers dont un a eu le nez fracturé

 

Remplacement d’un imposant calvaire à Persac (86)

SOS calvaires, le Mouvement de la Jeunesse Catholique de France, et les paroissiens et habitants de Persac (86320) vont remplacer un majestueux calvaire qui domine et protège le village depuis 147 ans. Installé en grande pompe en 1875 par l’ardent curé de l’époque surnommé « Le barde poitevin », béni par le cardinal Pie, évêque de Poitiers, il a déjà été remplacé par deux fois, accompagné de fêtes magnifiques. L’association n’a jamais restauré de calvaire aussi grand : 12 mètres et 1 tonne.

Ce 23 juillet est venu le temps de le remplacer à nouveau. Une grande procession sur 2 Km avec portage de la croix et du Christ partira du parvis de l’église de Persac et sera suivie de l’installation et de la bénédiction solennelle du calvaire.

 

Aucun consensus sur l’avortement : 92% des sondés estiment que l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles

En France, près d’une femme sur trois a recours à l’avortement au cours de sa vie. Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, a été interrogé dans Atlantico, suite à la décision américaine d’annuler l’arrêt Roe vs. Wade.

Vendredi 24 juin, la Cour suprême a révoqué le célèbre arrêt Roe contre Wade de 1973 qui garantissait la possibilité d’avorter dans les 50 Etats des Etats-Unis. Peu après, Emmanuel Macron a déploré la “remise en cause” des “libertés” des femmes. LREM a annoncé vouloir inscrire ce droit dans la Constitution française, avec le soutien d’Elisabeth Borne. Pour vous Jean Marie Le Mené, qui êtes président de la fondation Lejeune et ouvertement opposé à l’avortement, à quel point cette proposition est-elle le signe d’une panique morale ?

Cette panique est d’abord due à une ignorance du droit américain. Aux Etats Unis, ce sont les Etats fédérés qui font la loi. La Cour suprême a révoqué une jurisprudence ancienne – Roe v. Wade – qui garantissait la possibilité d’avorter (jusqu’à 24 semaines de grossesse) en se fondant sur une interprétation erronée de la Constitution américaine. En révisant cette interprétation, la Cour suprême a rendu aux citoyens des Etats fédérés le choix d’autoriser, de limiter ou d’interdire l’accès à l’avortement.

Par ailleurs, on semble oublier que la situation est comparable dans l’Union européenne qui laisse toute liberté aux Etats membres d’interdire l’avortement sur leur sol, comme c’est maintenant le cas aux Etats-Unis. Le peuple américain décide désormais. Et dans de nombreux Etats américains, le peuple choisira majoritairement de protéger la vie de l’enfant en gestation.

Quant à la proposition française de loi intégrant un prétendu “droit à l’avortement” dans la Constitution – “Nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse” – elle serait une aberration sur le plan juridique. Car la Constitution ne contient pas de droits subjectifs. En France, comme aux Etats-Unis, ce sont les parlementaires qui font la loi, pas les juges.

Un sondage Kantar mené pour la Fondation des femmes et la Mutuelle générale de l’Education nationale indiquait en 2021 que 93% des Français se disent attachés au droit à l’avortement. Pour 81% de la population, il faut même progresser en la matière. Est-ce le signe d’un consensus sur le sujet ?

Il n’est pas raisonnable de faire le constat d’un quasi consensus sur la base d’un seul sondage. En réponse, il faut rappeler qu’en 2020, l’IFOP avait déjà interrogé les Français sur leur perception de l’avortement. Les principaux résultats de ce sondage sont les suivants :

« Les Français se montrent très partagés face à l’avortement et au nombre d’interventions pratiquées en France, moins de la moitié (49%) jugeant que les 230 000 avortements en France par année relèvent d’une “situation normale car avorter est un acte auquel les femmes peuvent être exposées au cours de leur vie”. Les 51% autres estiment qu’une telle “situation est préoccupante car avorter reste un acte que l’on préférerait éviter”, une opinion partagée par 52% des femmes.

Suite au constat partagé par 92% des répondants sur l’idée que “l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes “, près de trois quart (73%) des répondants jugent que “la société devrait davantage aider les femmes à éviter le recours à l’Interruption Volontaire de Grossesse”, une opinion qui croît avec l’âge – 64% des jeunes âgés de 18 à 24 ans la partagent contre 80% des personnes âgées de 65 ans et plus. »

Il n’y a donc aucun consensus sur le sujet.

Contrairement à l’opinion répandue, l’avortement n’est pas un droit. Il demeure une dérogation au respect de la vie – dès son commencement – protégée par l’article 16 du Code civil. Le principe, c’est l’interdit de tuer, pénalement sanctionné. Si la suppression des enfants en gestation conformément aux conditions posées par la loi est permise, c’est à titre d’exception. Car les atteintes à la vie sont par principe réprimées en droit français. Parler de droit à l’avortement est un abus de langage. Il n’existe que la dépénalisation, une tolérance qui demeure une transgression.

La procédure pour intégrer le droit à l’avortement dans la Constitution serait nécessairement longue. A quel point cela risquerait-il de polariser le débat public et la population ?

Si débat il devait y avoir, dans la situation politique d’aujourd’hui, il serait nécessairement biaisé. Sauf à ce que les promoteurs de l’avortement acceptent que soient décrites exactement la nature, les causes et les conséquences de l’avortement et qu’ils conviennent de la nécessité de mettre en place une politique de prévention. Mais dire ce qu’est l’avortement en réalité présente un grand risque que ses promoteurs ne sont pas prêts à courir.

Cela n’a pas été possible lors des débats en 2021 sur l’allongement du délai d’avortement de 12 à 14 semaines puisque la loi a été votée en dépit même de l’avis défavorable de la grande majorité du corps médical et de la population française. A la différence des Etats-Unis, les protecteurs de la vie humaine en France n’ont pas voix au chapitre. Avec l’instrumentalisation du revirement de la Cour suprême américaine, le ton est donné. Le débat sera univoque.

En France, les députés ont voté une loi pour l’extension de l’IMG pour détresse psychosociale jusqu’à 9 mois de grossesse dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2020. Quel est véritablement l’intérêt d’inscrire ce droit dans la Constitution ? Peut-on y voir une part de calcul électoral de la part d’Emmanuel Macron ? 

Le calcul est effectivement politique. Cela n’a d’ailleurs échappé à personne. Mais il est à courte vue.

Paradoxalement, cette inscription dans la Constitution ne favorisera pas l’accès à l’avortement. Car si l’on entend dire parfois que l’accès à l’IVG peut paraître difficile, cela s’explique par le manque de professionnels de santé acceptant d’effectuer un acte qui porte atteinte à la vie humaine. Cette désertification de la profession ira inéluctablement en s’intensifiant car aucune norme, fût-elle constitutionnelle, n’obligera jamais les soignants à pratiquer des actes contraires à leur conscience. C’est ainsi, par exemple, qu’en Italie 80 % des gynécologues-obstétriciens ne pratiquent pas d’avortement.

Symboliquement, donner la même valeur à la naissance et à l’avortement, à la vie et à la mort, est un non-sens. Le monde médical est sensible à cette dérive insensée. L’effet d’éviction est inévitable.

Vouloir mettre le droit à l’avortement dans la Constitution est-ce une manière de préempter le débat et de privilégier une forme de coercition plutôt que de conviction ?

Même si l’avortement entrait dans la Constitution, cela ne changerait strictement rien à la nature de l’acte et à ses conséquences. La Constitution, comme la loi, sont des normes humaines qui ne sont jamais gravées définitivement dans le marbre et qui peuvent toujours être changées. En revanche, les seules normes indéracinables, contre lesquelles personne ne peut rien, sont celles qui sont inscrites au cœur de l’homme. Elles sont peu nombreuses et l’interdit de tuer en est une.

Le pape espère le renouvellement de l’accord avec la Chine

Le pape François a déclaré que si l’accord secret et contesté entre le Vatican et la Chine sur la nomination des évêques catholiques romains n’est pas idéal, il espère qu’il pourra être renouvelé en octobre, car l’Église a une vision à long terme.

Cet accord, dont le contenu reste secret, a été conclu pour la première fois en 2018 et doit être renouvelé tous les deux ans. Cet accord permet à la Chine communiste de proposer elle-même des candidats à l’épiscopat, que le Saint-Siège n’a plus qu’à choisir (et non l’inverse). Cet accord a été fortement critiqué, notamment par le cardinal Zen. Le pape François a défendu l’accord comme étant de la diplomatie d’Etat consistant à travailler avec le peu disponible et à essayer de l’améliorer. Il l’a comparé à la politique du Saint-Siège des années 1960 et 1970 avec les nations communistes d’Europe de l’Est, dont l’échec a pourtant été patent.

“La diplomatie est comme ça. Lorsque vous êtes confronté à une situation bloquée, vous devez trouver la voie possible, et non la voie idéale, pour en sortir”. “La diplomatie est l’art du possible et de faire des choses pour que le possible devienne une réalité”.

Six nouveaux évêques ont été nommés depuis l’accord. En outre, l’accord a régularisé la position de sept évêques qui avaient été ordonnés avant 2018 sans l’approbation du Vatican. Parmi ces derniers, l’évêque de Leshan (Sichuan), Paul Lei Shiyin, vient d’utiliser la fête des saints Pierre et Paul pour célébrer en sa cathédrale du Sacré-Cœur l’anniversaire de la fondation du parti communiste chinois. L’anniversaire est officiellement le 1er juillet, mais l’évêque n’a pas pu attendre plus longtemps pour inviter les fidèles à, selon le mot d’ordre, « écouter la parole du Parti, sentir la grâce du Parti, et suivre le Parti » (sic). Mgr Paul Lei Shiyin, qui a concubine et enfants, fut sacré sans mandat pontifical en 2011. François a levé son excommunication en application de l’accord secret entre le Saint-Siège et la Chine communiste.

Le cardinal Joseph Zen, 90 ans, ancien archevêque de Hong Kong, a été brièvement arrêté en mai dans une affaire de sécurité nationale. Il accuse le Vatican de fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme en Chine.

Grand remplacement : Un tiers de la population de moins de 60 ans a des origines immigrées

Une fois les élections passées, le journal Le Monde peut enfin valider les propos d’Eric Zemmour :

Mardi 5 juillet, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et l’Institut national d’études démographiques (INED) ont rendu publics les premiers résultats de la seconde enquête Trajectoires et Origines (TeO). Les données statistiques dévoilées datent de 2019 et 2020 – contre 2008 et 2009 pour la première édition – et sont basées sur un échantillon représentatif de 27 200 personnes. Elles permettent notamment de détailler l’origine migratoire de la population sur trois générations. On y apprend que 32 % de la population de moins de 60 ans a des origines immigrées.

Evidemment, pour éviter de voir la réalité du grand remplacement, Le Monde indique que “ces origines se diluent dans le temps” :

« La moitié des enfants d’immigrés [un immigré est une personne née étrangère à l’étranger] ont un parent qui n’est pas immigré », souligne Patrick Simon, sociodémographe à l’INED et coauteur de l’enquête TeO. C’est encore plus vrai pour la troisième génération : neuf petits-enfants d’immigrés sur dix n’ont qu’un ou deux grands-parents immigrés. « Ces petits-enfants d’immigrés ont un rapport de plus en plus lointain à l’immigration », observe M. Simon.

Ou pas. Le parent qui n’est pas immigré est bien souvent un enfant d’immigré. Un Français de papier par le droit du sol.

L’étude est à consulter ici.

Propagande islamiste de l’Union européenne

Sans complexe et avec nos impôts, pour évoquer l’année européenne de la jeunesse ainsi que nos valeurs, l’UE utilise une femme voilée. Notre avenir s’appelle soumission… :

Quand il s’agit d’avortement, ils mentent comme ils respirent

L’intox bat son plein :

50 ans de prison pour une fausse couche : qui peut croire ces médias ? Pas un ne s’est renseigné. Tous ont le même titre. Certains poussent même le vice jusqu’à faire payer leurs « articles ».

La réalité : la jeune femme a caché sa grossesse à sa famille et a accouché hors de l’hôpital d’une petite fille vivante. Le rapport médico-légal a estimé que le bébé était né entre 37 et 40 semaines de gestation. Selon l’accusation du procureur, la mère lui a infligé plusieurs coups de couteau à la naissance. 6 coups. Six.

 

Il y a pire que d’avoir la foi, c’est d’en être de mauvaise

Dans Valeurs Actuelles, le père Danziec revient sur le témoignage de foi de Christine Kelly, qui a indisposé quelques laïcards :

« Connecté au réel ». Les meilleures publicités, comme les plus pertinentes homélies, sont celles qui se vérifient dans le quotidien des personnes auxquelles elles s’adressent. Une communication frappe fort lorsqu’elle parle juste. Ce n’est donc pas par hasard que Valeurs Actuelles a choisi de floquer ces trois mots sur ses produits dérivés : « Connecté au réel ». Quitte à le devancer et prévoir, tel un bon marin scrutant le ciel et ses nuages, les tempêtes de l’actualité ? Jeudi dernier, Christine Kelly faisait la une de notre précédent numéro. En couverture, sous la photo de la présentatrice de Face à l’info, on pouvait lire comme gros titre : « Liberté d’expression en péril ».

Deux jours plus tard, tandis que, sur l’autoroute du Sud, la France insouciante partait en vacances, une polémique comme notre monde postmoderne en a le secret, gonflait irrésistiblement sur les réseaux. Entendez ! Une vidéo est exhumée. On y voit Christine Kelly parler du début de l’aventure de l’émission phare de CNews.

La puissance de Dieu

Invitée à un événement organisé par l’église Pentecôtiste à Créteil, elle évoque, avec transparence et simplicité – avec cœur et émotion aussi – combien sa foi chrétienne l’a aidée à tenir le gouvernail de Face à l’info. « Première émission. Des manifestations devant. Je ne connais pas Éric Zemmour. Je ne sais même pas à quoi ressemblera l’émission. Mes deux genoux à terre dans les toilettes, je ne sais pas où je vais. Mais je sais que “l’Éternel est mon berger, je ne manquerai de rien”. » Applaudissements nourris des 1000 personnes sur place. « Je ne suis pas venue par gentillesse. Je suis venue pour témoigner de la puissance de Dieu », appuie-t-elle.

Il n’y a pas si longtemps, tous les petits écoliers apprenaient que Clovis s’était converti à la suite de sa victoire à Tolbiac en invoquant le « Dieu de Clotilde ». Sur les pages des cahiers jaunis, la geste de Jeanne d’Arc, aussi mystique qu’héroïque, rappelait que, grâce à ses voix, une jeune bergère sut préserver le royaume des Lys des Léopards bourguignons. Cotignac dans le Var, seul lieu d’apparition de saint Joseph reconnu dans l’Eglise, est devenu un sanctuaire prisé des pères de famille, suite à la réalisation du vœu de Louis XIII qui attendait désespérément un fils. Après quasi vingt-trois ans de mariage, enfin le futur Louis XIV naissait et ses parents le nommèrent Louis-Dieudonné. La Sainte Vierge elle-même, de Pontmain à l’Île Bouchard, n’a pas hésité à s’insérer dans le maillage de la France charnelle pour la préserver des tracas de son histoire…

Un témoignage courageux de foi et d’humilité

Alors, oui, beaucoup d’hommes peuvent nier le surnaturel chrétien, s’en moquer, voire le suspecter de véhiculer des idées d’extrême-droite. Cela n’a pas empêché un Bernard Tapie de confier à Vanity Fair qu’il portait toujours un crucifix dans sa poche ou un François Mitterrand de laisser apparaître dans ses ultimes vœux présidentiels un semblant de foi avec son laïus sur les « forces de l’esprit », formule sibylline mais suffisante pour faire bondir ses proches et amis francs-maçons.

« J’ai laissé Dieu tout piloter ». Dans cette sentence de Christine Kelly, les bienveillants verront un témoignage courageux de foi et d’humilité d’une journaliste habile, tant à conduire Zemmour sur son plateau qu’à gérer son départ. D’autres pointeront un aveu scandaleux de retour au divin quand ils pensaient acté le divorce de la raison avec l’obscurantisme catholique.

La polémique autour des convictions chrétiennes de Christine Kelly relève d’une double malhonnêteté intellectuelle. La première consiste à lui faire dire ce qu’elle n’a pas dit. Pour le socialiste rallié à la NUPES Olivier Faure, les propos de la journaliste sont « hallucinants » : « Il y a une journaliste qui pense être la médiatrice entre Dieu et les hommes pour les guider vers l’extrême-droite ? ». S’il voulait le prouver, le député réalise avec talent qu’il y a pire que d’avoir la foi, c’est d’en être de mauvaise…

La deuxième malhonnêteté intellectuelle est d’affirmer que si Christine Kelly s’était revendiquée de l’Islam, elle aurait eu droit à une levée de boucliers de la part de la droite des valeurs. On avait vu en effet la gauche ou Libération moins prompt à l’indignation lorsque la chanteuse Diam’s expliquait sur Brut TV combien le voile et l’islam l’avaient épanouie. Opération de communication bisounours qui cochait alors toutes les cases de l’islamogauchisme friendly.

On y reviendra toujours : quel problème fondamental y a-t-il à parler de sa foi chrétienne ? Notre monde, qui ne s’inquiète plus spirituellement, est-il si pleinement heureux et souverainement dilaté pour imposer une telle tyrannie areligieuse ? Quel problème se pose-t-il avec le Christ ? Qu’est-ce donc que l’Evangile ? Jésus – qui ne fut ni pilleur de caravanes, ni marié à une jeune enfant – a proclamé un message exigeant, fait d’amour et d’ascèse, d’orientation à Dieu et de sollicitude pour son prochain, de verticalité spirituelle et de fraternité d’âme.

Or l’une des prérogatives de ses disciples, c’est d’être ce sel qui donne du goût, cette lumière  qui éclaire et qui rassure en ayant la charité de dire, toujours avec délicatesse, mais avec droiture aussi, la vérité. Le Seigneur nous invite même à la clamer sur les toits (Mt X, 27). Le chrétien ne peut donc se permettre de garder la bouche fermée et de verrouiller son cœur.

Parce qu’un cœur vaillant et baptisé, c’est un cœur appelé à déborder de l’amour du Christ, il ne peut rester muet. La partition jouée par Christine Kelly lors de cette soirée n’a rien d’extraordinaire. La violence avec laquelle ses propos ont été fustigés montre combien les temps à venir risquent d’être compliqués en même temps que prodigieusement stimulants pour les croyants. Il appartient à ceux qui veulent poursuivre la civilisation de l’Evangile de ne pas voir peur. Et de l’ouvrir proprement.

Dom Geoffroy Kemlin, nouvel abbé de Solesmes

Dom Geoffroy Kemlin, 43 ans, vient d’être élu abbé de Solesmes, c’est-à-dire aussi abbé de toute la Congrégation de Solesmes présente à travers le monde (France, Espagne, Hollande, Angleterre, Etats-Unis, Sénégal, Lituanie). Comme Prieur, il avait accueilli l’équipe de KTO lors des tournages de l’émission Une Nuit au Monastère ; il lui a accordé aujourd’hui un entretien, à la veille de sa bénédiction abbatiale du jeudi 14 juillet :

Victoire pour le Salon beige!

Chers amis,

Je suis heureux de vous annoncer que le tribunal m’a relaxé des poursuites du Grand Orient (dans l’affaire résumée ici).

Naturellement, ce dernier peut encore faire appel mais, en attendant, je savoure volontiers cette reconnaissance du droit à critiquer l’assassinat de l’innocent à naître.

Je dois une reconnaissance spéciale à Me Jérôme Triomphe qui a plaidé ma cause avec le talent et la fougue que nous lui connaissons.

Mais, plus surnaturellement, je vous remercie tous de vos prières: cette culture de mort proprement satanique ne peut se combattre efficacement que par le jeûne et la prière et je sais qu’en ces deux domaines, bon nombre d’entre vous, y compris dans l’obscurité de certains cloîtres amis, n’ont pas lésiné!

Un grand merci à tous.

Guillaume de Thieulloy

Un an après le Motu proprio Traditionis custodes : une position à la lumière de Jean Madiran

Voici réunis les 3 textes de Rémi Fontaine, parus sur Le Salon beige les 5 novembre 2021, 31 mars et 1er juin 2022 :

Le Motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021 a été ressenti comme un soufflet :

une claque donnée au pape émérite Benoît XVI, dont la lettre et l’esprit du Motu proprio Summorum pontificum de 2007 enseignaient et décrétaient quasiment le contraire de ce texte injuste et accusateur ;

une gifle assénée à ce qu’on a pu appeler le peuple « Ecclesia Dei », à l’encontre duquel il adresse d’emblée et globalement un jugement téméraire et avec qui il rompt la parole donnée ;

une humiliation infligée à l’Église elle-même, « Jésus-Christ répandu et communiqué » (Bossuet), par l’offense ainsi apportée au principe de non-contradiction, incompatible avec une « herméneutique de rupture », ainsi qu’au droit naturel et canonique relatif à la messe.

De telle sorte qu’on pourrait justement réagir en reprenant la parole de Notre Seigneur devant le Grand-Prêtre, lorsqu’un serviteur le souffleta : « Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal. Si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »

On peut relire à ce propos ce qu’écrivait Jean Madiran (mort en juillet 2013) juste après le Motu proprio de Benoît XVI mais qui vaut a posteriori pour le Motu proprio du pape François : « Avec la bienveillance, tout devient possible et vivable, même les désaccords éventuels. Avec la malveillance tout est fragilisé, tout est contaminé, même les accords éventuels. »

Certes, dira-t-on, il y a les deux phrases de Benoît XVI dans sa Lettre aux évêques accompagnant son Motu Proprio (dont l’équivalent ne figure pas néanmoins parmi les normes obligatoires qui y sont édictées) : « Évidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L’exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté. »

Là encore, Madiran répond par anticipation : « Il y a deux manières licites de s’en tenir à la messe traditionnelle en excluant l’autre messe, sans que ce soit une exclusion “par principe” [ou totale]. Premièrement, on peut exclure l’autre messe en vertu de la règle propre d’une communauté ou d’un institut. Secondement, il faut bien comprendre qu’exclure l’autre messe par principe, ce serait l’exclure comme hérétique, schismatique ou blasphématoire. Or les opposants à l’autre messe les plus représentatifs [y compris dans la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mais à plus forte raison et sans exception dans la mouvance dite « Summorum pontificum »] n’ont point contesté, ils ont même explicitement reconnu sa licéité et sa validité quand elle est célébrée conformément à son texte officiel. Même dans ce cas, on peut la refuser si ce n’est point par principe mais par exemple pour des raisons pastorales. »

Une symétrie trompeuse

Le Motu proprio de Benoît XVI et sa Lettre aux évêques nous confirmaient bien que la messe traditionnelle n’avait été « jamais juridiquement abrogée » (car elle ne pouvait l’être) et que toute interdiction avait été (ou serait) un abus de pouvoir qui ne contraignait pas en conscience. Mais, inversement, ils n’obligeaient pas à célébrer aussi la messe de Paul VI selon une fausse symétrie, commode mais trompeuse. On pouvait (ou non) s’en tenir à la messe traditionnelle comme d’autres s’en tiennent (exclusivement) à la nouvelle messe sans exclure par principe l’autre forme du rite romain. Telle est la substance et du reste l’application « plurielle » du Motu proprio de Benoît XVI dans un armistice et une paix liturgique à construire dans le temps.

C’est analogiquement la différence que fait l’Église entre un commandement (impératif) et un conseil (facultatif). Le précepte évangélique de tendre la joue gauche dépend des circonstances (Jésus lui-même ne l’a pas toujours suivi), à la différence de celui de ne pas tuer l’innocent. Ne pas poursuivre une obstination thérapeutique est par exemple un conseil : un non relatif, matière à choix prudentiel, au contraire du non absolu à l’euthanasie qui est doctrinal. Si l’on peut interrompre légitimement un traitement jugé déraisonnable, on doitproscrire absolument l’euthanasie. Semblablement si l’on ne pouvait absolument pas prohiber la messe traditionnelle, l’on ne devrait pas obliger absolument à (con)célébrer la nouvelle messe, d’autant plus que celle-ci fait l’objet, en dépit de sa reconnaissance indéniable, de reproches contingents non négligeables (selon Benoît XVI lui-même et de nombreux théologiens). Rappelons aussi le Bref examen critique du nouvel ordo missae,cosigné par les cardinaux Ottaviani et Bacci, pointant la promotion d’une autre conception de la messe passant d’une réalité essentiellement sacrificielle à un rassemblement communautaire.

Les raisons pastorales des uns et des autres (connexes à des raisons doctrinales) méritent écoute, considération ou respect : elles appartiennent à la deuxième option de la maxime attribuée à saint Augustin : « Unité sur les choses nécessaires, liberté sur les choses qui ne le sont pas, charité en toutes choses. » Puisse la hiérarchie méditer cette distinction capitale, en rendant ses choix pastoraux et disciplinaires moins arbitraires ! Peut-être pourrait-on revenir alors à la sagesse et à la bienveillance du pape Benoît XVI, serviteur éminent du bien commun de l’Eglise : il y a plusieurs itinéraires et demeures dans la Maison de la Tradition, l’unité n’étant pas l’uniformité.

A la lumière de Jean Madiran mais aussi de Gustave Thibon

Comme l’a revendiqué hier Jean Madiran à l’égard des falsifications de l’Ecriture, de l’interdiction inouïe du catéchisme et de la messe catholiques présumés traditionnels, ce que nous opposons aujourd’hui à la brutalité du Motu proprio Traditionis custodes (de ses restrictions ordonnées à une même prohibition injustifiée) n’est pas un non possumus (nous ne pouvons pas) mais un non licet (il n’est pas permis) ! Cela relève non pas d’une sensibilité en raison des circonstances mais d’une impossibilité intrinsèque au droit (sur)naturel et canonique, intrinsèque à la continuité organique de la tradition ecclésiale :

« Un non possumus provoque un désordre dans l’Eglise, un désordre apparent ou réel, il soulève une exception de fait en face d’un commandement qui n’est pas intrinsèquement légitime. Ce désordre peut être un moindre mal quand le non possumus est fondé : si fondé soit-il, l’étendue et l’inconvénient du désordre qui en résulte sont eux aussi à prendre en considération.

Au contraire un non licet, s’il est fondé, n’est pas facteur de désordre, mais d’ordre : il est l’ordre lui-même, en tant qu’il a besoin d’être proclamé, défendu ou rétabli. » (1) Telle Antigone face à Créon. Tel Thomas More face à Henri VIII…

Benoît XVI l’avait reconnu : la nouvelle messe rompant outre mesure avec la messe traditionnelle, cette dernière n’avait été « jamais abrogée » et ne pouvait l’être. Quoiqu’on pense de la validité indubitable de cette nouvelle messe et de ses liens avec l’ancienne, sa fabrication artificielle et son institution ambigüe tranch(ai)ent trop avec l’héritage de l’ancienne transmis de génération en génération pour légitimer une abrogation, voire une obrogation de cet héritage. On peut laisser une coutume séculaire devenue obsolète s’éteindre d’elle-même mais on n’a pas le droit de l’interdire (saint Pie V a conservé tous les rites au moins bicentenaires : milanais, mozarabe, lyonnais, dominicain, cartusien…). Sauf à démontrer que cette coutume qui a été celle de l’Eglise latine, sanctifiant ses fidèles pendant des siècles, était mauvaise : – Non licet !

Sans doute les traditions ont-elles aussi leurs dangers qu’avait au reste considéré le pape Pie V (délivrant le rite romain de certaines surcharges récentes, jugées inutiles), comme a imaginé sans doute le faire aussi le pape Paul VI (décodifianten réalité ce que son prédécesseur avait justement voulu protéger, purifier, unifier dans la tradition du rite romain). Gustave Thibon le dit à sa manière imagée et générique : « Il y a la tradition-source et la tradition-gel, la seconde en général succédant à la première dès que se refroidit l’inspiration originelle et que la lettre étouffe l’esprit : on voit alors se figer les rites en formalismes, la vertu en moralisme, l’art en académisme… Ce qui incline à renier la source alors qu’il suffit de briser la glace. » (2) En croyant briser la glace, la réforme liturgique de Paul VI n’a-t-elle pas dévoyé sinon renié la source elle-même ? Au point de renouveler la lettre sans adéquation flagrante avec l’esprit qui vivifie… Sous couvert de retour aux sources et d’archéologisme n’a-t-on pas « multiplié les travaux d’adduction et de répartition de l’eau sans prendre garde au tarissement de la source » pour reprendre une autre image de Thibon ? Lequel aime aussi rappeler l’avertissement que donnait déjà Chateaubriand aux novateurs écervelés de son temps : « Gardons-nous d’ébranler les colonnes du temple : on peut abattre sur soi l’avenir ! » La tradition vivante est davantage dans un recours que dans un retour aux sources.

« Non licet » !

Au constat des fruits actuels du vetus ordo (redécouvert peu à peu par une population rajeunie et croissante aux vocations multiples) et ceux du novus ordo (pratiqué par une population vieillissante s’amenuisant et dont les vocations se tarissent), on peut du moins réfléchir à la pertinence de ces propos généraux du philosophe paysan sur la tradition vivante : « Seules les fleurs artificielles se passent de racines… » L’irruption, par réflexe de survie, de multiples expériences de tradition, imprévues mais salutaires, qui ne se laissaient pas toujours incorporer dans les formes d’organisation rituelle et paroissiale imposées par la réforme, a vérifié que « ce qui est organique est plus important que qui est organisé » [organisé aussi artificiellement par des experts et des clercs, fussent-ils les mieux intentionnés du monde !], selon les mots de Benoît XVI adressés en décembre 2009 au cardinal Cordes à propos des communautés nouvelles attachées à la transmission de la foi. Concernant ces communautés charismatiques, le pape ajoutait ce qui peut aussi s’appliquer aux traditionalistes : « Certes, ces mouvements doivent être ordonnés et ramenés au sein de l’ensemble ; ils doivent apprendre à reconnaître leurs limites et à devenir partie de la réalité communautaire de l’Eglise. » Il n’empêche qu’en cas de crise majeure, la société parfaite (au sens philosophique et théologique) qu’est l’Eglise a vraiment besoin de ces micro-sociétés imparfaites mais organiques, capables de la régénérer comme des anticorps dans un organisme malade. C’est ce qu’a compris et voulu Benoît XVI.

Fut-ce un pis-aller, la cohabitation des deux formes du rite romain décrétée par son motu proprio Summorum pontificum s’avérait être assurément la bonne voie politique (au sens noble du terme : conforme au bien commun) et théologique : acte de justice et de charité capable de réconcilier les catholiques après des décennies de mauvaise déchirure et d’abus liturgiques. Sous réserve de certaines normes pastorales, on pouvait et devait avoir le loisir de choisir la forme du rite latin. Loisir : « état dans lequel il est permis de faire ce qu’on veut » (selon le Littré). Du latin précisément : « licere », avoir la permission de. C’est en ce sens que le loisir se distingue du travail soumis à une contrainte, tandis que, dans le loisir, on est libre de choisir son activité. Raison pour laquelle le Motu proprio de Benoît XVI n’obligeait pas absolument à (con)céléber la messe de Paul VI (et inversement).

On peut donc redire avec Jean Madiran à propos de « la messe interdite » (celle de nos aïeux mais aussi de nos enfants) à nouveau stigmatisée sans motif légitime : – Non licet ! « Nous refusons de nous séparer de l’Eglise, de nous en laisser séparer, de suivre ceux qui s’en séparent, quel que soit leur rang hiérarchique : leurs personnes ne relèvent pas de notre jugement, mais nous ne sommes plus soumis à une autorité quelle qu’elle soit dans la mesure où elle déclare son intention de se séparer… »  Tout en ajoutant que « rien ni personne ne peut remplacer la succession apostolique et la primauté du siège romain », ni s’y substituer en dépit de leurs faiblesses voire de leurs crimes, faire à leur place ce qui relève spécifiquement de leur charge : « Aujourd’hui et demain comme hier et toujours, nous nous en remettons pour le jugement souverain à la succession apostolique et à la primauté du siège romain. »

La communion dans ce qu’elle a de nécessaire

Ce n’est pas contester la succession apostolique ni la primauté du siège romain, si maltraitées par ailleurs, que d’opposer respectueusement un « non licet » (« ce n’est pas permis ! ») au Motu proprio du 16 juillet 2021 du pape François. Nous ne péchons pas en cela contre la nécessité de la communion ecclésiale (3), si malmenée par ailleurs. Mais c’est connu : « Plus l’autorité hiérarchique devient “laxiste”, comme on dit, voire évanescente en matière de fidélité dogmatique, et plus augmente son caporalisme dans les questions pratiques ou subsidiaires. »(4) Or la communion catholique, qui est d’abord la communion des saints que nous professons dans le Credo et que nous explique le catéchisme, n’est pas une union ni une obéissance qui ne comporteraient ni conditions ni limites.

Face à une soumission exigée brutalement et arbitrairement comme signe secondaire et contingent (« cléricaliste » ?) de cette communion, les catholiques traditionnels pratiquent simplement une objection de conscience. Dans cette objection légitime de fils de l’Eglise, n’étant pas membres (sauf exceptions) de l’Eglise enseignante, ils peuvent avoir plus ou moins tort, plus ou moins raison, la communion et l’unité ecclésiales n’en sont pas pour autant rompues : « Des clercs, des laïcs, des catholiques ordinaires et même des saints se sont trouvés en discussion, en contestation, en querelle avec leur évêque ; avec le saint-siège ; avec le pape. Ils n’ont pas été excommuniés pour autant… Voyez par exemple : quand le saint-siège dissout et supprime l’Ordre des Jésuites, il ne les déclare point excommuniés ; les Jésuites qui malgré le saint-siège désirent, organisent et finalement obtiennent du saint-siège la reconstitution de la Compagnie de Jésus, aucun [XXX] ne leur a fulminé qu’ils n’étaient “pas en communion avec le saint-siège”. » (4) Sans même parler du cas de Jeanne d’Arc, les louvoiements des détenteurs de la succession apostolique et de la primauté du siège romain devant la Réforme protestante et devant la Révolution française ont eu aussi leurs heures malheureuses raccourcies par les éclaireurs de la Contre-réforme et de la Contre-Révolution…

Au demeurant, les « tradis », comme on les appelle, n’ont pas d’unité proprement dite, sans autre autorité de commandement justement que celle de l’Eglise (aujourd’hui bien défaillante), à laquelle ils consentent et se soumettent pour ainsi dire autant que… pas plus que… Avec des variations, des interprétations différentes et sous réserve du jugement définitif de l’Eglise (qui vient toujours après les malfaçons objectives de son histoire) : « Depuis qu’a commencé la crise de la messe, ils ont été à son sujet toujours profondément divisés quant aux attitudes à tenir et aux initiatives à prendre, selon la diversité des opinions particulières, des sensibilités, des arguments, des tactiques… Les “traditionalistes”, ce n’est pas, ce ne peut être ni un parti, ni une armée ni une Eglise ; c’est un état d’esprit. Et, bien sûr, un comportement. Une professio et une devotio. » (5)

Le rôle des laïcs (à l’exemple du Pèlerinage de chrétienté)

Si, dans l’histoire, ce sont les prêtres qui prêchent la croisade, ce ne sont pas eux qui la dirigent. Par leur état, les fidèles laïcs sont sans doute plus à même que les clercs, selon cette métaphore, d’exprimer et de mener ostensiblement l’espèce d’insurrection morale que représente aujourd’hui ce comportement pluriel in medio Ecclesiae et plus encore in corde Ecclesiae. Afin d’organiser temporellement cette légitime objection de conscience, cette auto-défense du peuple de Dieu, en des lieux où peuvent se retrouver assurément les diverses options prudentielles et religieuses de la mouvance traditionaliste, sans hiérarchie parallèle ni aucune substitution au pouvoir religieux. Les fidèles qui rejoignent les lieux où se célèbre la liturgie traditionnelle y sont conduits par ce que Jean-Pierre Maugendre appelle le triptyque « cohérence, exigence, transcendance » : ils veulent d’abord qu’on leur parle de Dieu, qu’on les enseigne et qu’on les aide à prier sur de la beauté. Le reste apparaît accessoire…

En témoignent notamment l’histoire, la devotio et la professio du Pèlerinage de chrétienté : « Les pouvoirs temporels du laïcat chrétien demeurent ce qu’ils sont, en fait et en droit, quelles que soient les défaillances, les manœuvres ou les impostures de divers représentants de l’Eglise hiérarchique. » (1) Avec leurs institutions et autorités temporelles propres, rien n’empêche les laïcs, pour mieux remplir spirituellement leurs tâches temporelles, survivre en familles dans la crise religieuse en gardant les point fixes du peuple chrétien, de faire appel aux clercs traditionalistes non comme chefs mais comme aumôniers ou conseillers religieux (comme ont fait les scouts non réformés, le MJCF, les écoles hors-contrat… avec l’esprit missionnaire et les vocations que l’on sait). Pour les assister spirituellement, distribuer les sacrements, éclairer, instruire et réconforter spirituellement selon une autorité morale de conseil, de suppléance. Laquelle ne peut prétendre évidemment à une autorité de décision ou de juridiction religieuses. La Tradition, en tant que source constitutive de l’Eglise, oblige la résistance traditionaliste à respecter la structure de l’Eglise visible et à composer avec elle malgré ses déficiences.

Jean Madiran parlait de caporalisme où le pape actuel dirait aujourd’hui cléricalisme : « Le caporalisme religieux est peut-être le plus insupportable de tous. Il consiste présentement à tenir toute objection pour un blasphème, toute discussion pour une désobéissance, toute désobéissance (légitime on non) pour un schisme. Les distinctions les plus nécessaires sont passées au bulldozer de l’inintelligence. Cela ne favorise pas l’unité. Au contraire. Voyez : elle est en miettes. » (4)N’en déplaise aux puissants du jour dans l’Eglise, aux Créon ecclésiaux, après les Responsa administratives de Mgr Roche et les louvoiements du pape François, nous pouvons néanmoins persister et signer comme le regretté fondateur de la revue Itinéraires : « En communion, mais oui, avec le saint-siège » ! « Catholiques traditionnels par conviction (et par pléonasme) nous communions dans la foi en la succession apostolique et en la primauté du siège romain. A cette succession, à cette primauté, nous nous efforçons d’apporter une obéissance chrétienne et non pas servile… » (6)

(1) Itinéraires de juillet-août 1969.

(2) Au secours des évidences, Mame, 2022.

(3) Cf. sur le site Claves.org de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre la série de l’abbé Jean de Massia « Messe traditionnelle et communion dans l’Eglise ».

(4) Itinéraires de mars 1987.

(5) Itinéraires de janvier 1987. Extrait de la postface de l’enquête « Comment va la messe » menée par Yves Daoudal et Rémi Fontaine dans le quotidien Présent et reproduite dans Itinéraires de mai 1985. Cité par Yves Chiron dans Histoire des traditionalistes, Tallandier, 2022.

(6) Préface à Eglise interdite, le livre blanc de Port-Marly, par Rémi Fontaine et Alain Sanders, aux éditions de L’Orme Rond, 1987.

Pour Isabelle Chevalier, RIP

Nous relayons régulièrement les créations de Jean-Joseph Chevalier. Ce dernier vient de perdre son épouse d’une crise cardiaque, à 42 ans, et lance un appel:

Nous osons vous demander, par cette cagnotte, votre aide matérielle pour pouvoir offrir à Isabelle une sépulture digne. Comme lors de notre mariage, nous vivons toujours avec Dame pauvreté et n’avons pas d’économie.

Isabelle a toujours tout donné pour sa famille et ceux qui l’entourent, don allant jusqu’à la mort. Aujourd’hui elle a besoin de votre aide pour soulager sa famille de 6 enfants du souci de son enterrement.

Jean-Joseph Chevalier

Une cagnotte est en ligne.

Mgr Christian Delarbre nommé archevêque d’Aix

Le Pape François a nommé ce jour Mgr Christian Delarbre, archevêque d’Aix. Il succède à Mgr Christophe Dufour qui aura 75 ans en décembre prochain.

Mgr Christian Delarbre était jusqu’à présent prêtre de l’archidiocèse d’Auch et, depuis 2018, Recteur de l’Institut catholique de Toulouse.

2 000 à 3 000 lieux de culte ne font l’objet que d’une fréquentation très sporadique, voire inexistante

La Mission d’information sur l’état du patrimoine religieux en France du Sénat a auditionné Stéphane Bern, chargé par le Président de la République depuis 2017 d’une mission sur le patrimoine en péril, sur la situation matérielle des lieux de culte français. Extrait du compte-rendu :

Stéphane Bern : Quelque 30 % des dossiers qui sont adressés à la mission Bern concernent le patrimoine religieux, qu’il soit classé ou non, protégé ou non, sacralisé ou désacralisé. En vue de la sélection que nous annoncerons à la fin de l’été, je me suis penché sur ces dossiers cette semaine et j’ai été choqué par le nombre de petites églises de nos campagnes qui se trouvent dans un état de déréliction avancé. C’est là une conséquence de la déchristianisation de notre pays : lorsque les églises ne sont plus fréquentées, elles ne sont plus entretenues.

De fait, dans les budgets des communes, la ligne « entretien du patrimoine » sert souvent à financer autre chose. Or si on n’entretient pas le patrimoine, celui-ci se dégrade peu à peu, et les coûts de restauration augmentent. Dans les petites communes, les maires se font réélire en s’engageant, non pas à sauver l’église, mais à construire un stade.

Les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) aident les municipalités à hauteur de 30 % ou 40 %, mais bien souvent, les 20 % qui restent à la charge des communes ne sont pas financés.

Pourtant, dans bien des villages, l’église de campagne est le seul élément culturel qui reste. C’est de l’art et de la culture de proximité, ouverts à tous.

Les maires sont aussi confrontés à un manque de ressources en matière d’ingénierie administrative. J’avais proposé que l’on mette à leur disposition une assistance à la maîtrise d’ouvrage, mais cette proposition est restée lettre morte.

Nous devons faire cesser ce cercle vicieux de toute urgence, car nous sommes en état d’alerte.

Les présidents de communautés de communes, qui ont parfois sept ou dix églises à restaurer, m’expliquent qu’ils n’ont d’autre choix que d’en sacrifier certaines. Je me bats contre ce genre de discours, que l’on entend parfois au sein des plus hautes sphères de l’État, car j’estime qu’il y va du respect de notre histoire et de nos racines. Mais c’est aussi un non-sens économique, car l’église est le premier lieu où l’on se rend lorsqu’on visite un village.

On a tant attendu qu’aujourd’hui nous devons répondre à l’état de catastrophe dans lequel se trouvent de très nombreuses églises de campagne, si bien que sur sept ou huit typologies de patrimoines, 30 % des crédits de la mission Bern sont consacrés au patrimoine religieux.

Je précise d’ailleurs qu’aucune religion n’est mise de côté, puisque nous finançons la rénovation d’églises protestantes, de synagogues, notamment en Alsace, ou encore de temples tamouls et hindous sur l’île de La Réunion.

M. Pierre Ouzoulias, co-rapporteur de la mission d’information sur l’état du patrimoine religieux : Je m’exprimerai en mon nom et en celui d’Anne Ventalon, qui ne peut pas assister à notre réunion. Nous partageons l’essentiel de votre constat. Le patrimoine français compte 100 000 édifices religieux, dont 40 000 sont encore utilisés. Parmi ces derniers, seulement 15 000 sont protégés. Je parlerai pour ma part, non pas de déchristianisation, mais plutôt de baisse d’une certaine pratique religieuse. On observe aujourd’hui, notamment depuis le covid, des formes de pratique qui ne passent pas forcément par le culte dans un édifice. Le ministère de la culture a abandonné tout travail dans ce domaine, mais on estime que 2 000 à 3 000 lieux de culte ne font l’objet que d’une fréquentation très sporadique, voire inexistante. Nous constatons qu’il existe aujourd’hui un consensus général, y compris du clergé, pour resocialiser ces édifices, c’est-à-dire pour y développer des activités qui permettent de justifier que l’on finance leur restauration. Nous constatons aussi que la restauration de ces édifices ne relève plus de l’État. Les DRAC nous ont clairement indiqué qu’elles ne pouvaient plus apporter d’aide à la maîtrise d’ouvrage aux collectivités pour la restauration du patrimoine non protégé. Nous espérons pouvoir démontrer qu’il peut toutefois exister des solutions reposant sur la coopération des communes et des départements, et quelques ressources budgétaires. Le moment n’est-il pas venu de retirer la compétence relative à l’entretien du patrimoine à l’État, qui ne l’exerce plus, et de la transférer aux départements et aux communes ? Les départements pourraient notamment apporter une aide administrative aux communes pour solliciter des subventions, car elles existent. […]

M. Stéphane Bern : Vous avez raison sur la répartition des compétences. À Thiron-Gardais, l’église abbatiale est en travaux depuis dix ans, et les habitants, ne voyant pas les travaux avancer, s’en sont désintéressés. Avec notre association œuvrant à la préservation de ce lieu, nous avons donc décidé de la nettoyer. La DRAC dont nous dépendons, laquelle, depuis la création des grandes régions, se trouve à deux heures et demie de route, s’est contentée de nous donner des recommandations sur le type de chiffons que nous devions utiliser. Autrement dit, elle est totalement déconnectée de la réalité du terrain.

Dans cette église qui est spectaculaire, la messe n’est dite qu’une fois toutes les huit semaines et pour une vingtaine de personnes. Que l’on parle de déchristianisation ou de baisse du culte, il reste que, lorsque plus personne n’entre dans un édifice, plus personne ne voit les dégradations qui s’y produisent. C’est aussi le cas des palais archiépiscopaux, qui ne sont plus ouverts que pour les journées du patrimoine, et même des couvents et monastères, qui sont parfois vides.

Chaque année, les sœurs de Tréguier déposent un dossier de restauration auprès de la mission. Nous ne pouvons pas les aider tous les ans, mais nous l’avons fait en 2018, car elles avaient un projet de valorisation. Le patrimoine religieux pourrait être transformé en centres d’aide sociale ou de prise en charge de personnes autistes, handicapées ou dépendantes, par exemple. La restauration doit toujours permettre de redonner du sens au lieu.

Je pense comme vous que les compétences doivent être exercées par les départements et les communes, sous réserve toutefois que des experts y soient nommés, comme cela a été fait par le président de la région Normandie. Cela permettrait d’évaluer le patrimoine de manière pérenne et d’éviter que des erreurs dramatiques ne soient commises.

Lorsque la Catho de Lille a voulu détruire la chapelle Saint-Joseph pour construire des logements, j’ai alerté à la fois le Président de la République et le ministère de la culture. Cet édifice a pourtant été démoli, ce qui a provoqué un choc immense. Les Français ne fréquentent peut-être pas les églises, mais ils sont choqués quand on détruit le patrimoine religieux, car c’est un outrage à notre mémoire collective. Les synagogues d’Alsace et les églises protestantes en sont constitutives au même titre.

Il faut trouver des solutions ; nous sommes nombreux à nous mobiliser. En 2018, le maire de La Baussaine a jugé décevante la subvention qu’il a reçue dans le cadre du Loto du patrimoine, mais comme je l’avais alors expliqué à la télévision, j’avais voulu soutenir cette année-là non pas 100, mais 250 projets. François Pinault m’a appelé, et il a payé la différence. […]

Ce patrimoine religieux est notre histoire, que l’on soit croyant ou qu’on ne le soit pas. Aujourd’hui, 45 000 emplois sont directement liés aux métiers d’art. Le chantier de Notre-Dame aurait dû être une occasion de nous permettre de valoriser ces savoir-faire et de donner envie à des jeunes de se former à ces métiers. […]

Je pense qu’il est urgent de faire un inventaire complet du patrimoine : du patrimoine paysager, des zones auxquelles il n’est pas possible de toucher – pas d’éoliennes, pas de choses immondes qui dénatureraient nos paysages de carte postale –, du patrimoine bâti, religieux, castral, industriel et ouvrier. Je revendique le fait de défendre la mémoire ouvrière de notre pays. Je suis contre le fait de détruire du patrimoine industriel, où nos parents ou grands-parents ont trimé. C’est bien de revaloriser ce patrimoine, de le transformer en espace de coworking ou en écomusée.

Il faut aussi défendre toutes les bibliothèques. Des fonds entiers du patrimoine écrit de notre mémoire collective sont en train de partir à l’encan. Personne n’en parle jamais !

Par ailleurs, il faut créer une police du patrimoine. Au XIXe siècle, Victor Hugo a écrit Guerre aux démolisseurs parce qu’il était choqué que l’on fasse du passé table rase, sans se préoccuper de l’histoire et de la sédimentation des siècles. Ce n’est plus possible aujourd’hui, d’abord parce qu’on est désormais conscient de l’importance du patrimoine pour notre histoire et notre identité, mais aussi pour notre portefeuille. Le patrimoine est parfois ce qui permet de faire vivre un village, dont le seul trésor est souvent le patrimoine religieux ou le château. C’est ce qui fait qu’il y ait encore un commerce, une auberge, qu’on puisse encore y acheter des cartes postales. C’est un non-sens de laisser détruire ce patrimoine. Une police du patrimoine devrait pouvoir édicter des règles. […]

Pour conclure, permettez-moi d’adresser une petite pique au clergé, qui n’est pas toujours notre allié. L’église est affectataire, mais elle doit respecter les règles du patrimoine. Je veux bien secourir le patrimoine religieux, mais il faut aussi que ceux qui en ont la gestion au quotidien le défendent.

[…]

Le retour du Carrousel de Saumur avec un grand spectacle nocturne

Pour sa 172e édition, le Carrousel de Saumur se renouvelle avec un grand spectacle nocturne inédit et monumental produit par la société Amaclio, qui réalise déjà La Nuit aux Invalides, les Chroniques du Mont-Saint-Michel…

En soirée, le 13, le 15 et le 16 juillet, découvrez L’Esprit cavalier ! Au cœur de l’école de cavalerie, dans la cour Iéna, vivez une nuit inoubliable grâce à la féérie de la vidéoprojection monumentale, écrin d’un show grand format mêlant spectacle vivant, parades équestres et défilés de chars blindés, accompagnés par la fanfare militaire. Avec la participation exceptionnelle du mythique Cadre noir. Laissez-vous conter l’histoire de l’arme blindée cavalerie, une histoire de métal et de feu, d’hommes et de chevaux, d’héroïsme et d’honneur…

Le spectacle débute à 22h00, sous les étoiles ; ouverture des portes à 20h30.

Le Grand Sacre d’Angers, une tradition multi-séculaire retrouvée

Nota : cet article est une contribution d’un lecteur. Depuis quelques jours, une nouvelle fonctionnalité est apparue dans la barre supérieure de votre blogue : vous pouvez désormais proposer un article rédigé. Michel Janva

Dimanche 26 juin 2022, les fidèles des chapelles angevines de la Fraternité St Pie X, regroupées sous la bannière du Prieuré de Gastines se sont réunies pour fêter dignement Notre-Seigneur Jésus-Christ. Que la Providence soit remerciée, le soleil est au rendez-vous pour la reprise de cette belle procession du Grand Sacre, interrompue pendant deux années pour d’obscures raisons sanitaires… !

Héritier d’une tradition de près de huit siècles, institué en réparation de l’hérésie de Béranger qui niait la présence réelle de Notre Seigneur, le Grand Sacre réunissait chaque année des dizaines de milliers de croyants, fidèles, clercs ou politiques, marchant en procession dans les rues d’Angers pour adorer Notre Seigneur dans le Très Saint Sacrement, jusqu’à ce que la tempête du concile Vatican II ne jette cette antique tradition aux oubliettes. La Fraternité Saint Pie X s’est attachée à la restaurer en 2013 pour que le Roi des Cœurs et des Nations soit à nouveau vénéré comme il se doit dans les rues de la cité angevine.

Quelques 600 fidèles, les Sœurs de la Fraternité St Pie X, l’orchestre des cuivres et la chorale ont processionné entre le Parc Saint Nicolas et le Tertre Saint Laurent (restauré par Jack Lang !) pour perpétuer cette belle tradition, escortant triomphalement le dais abritant l’ostensoir porté par le prêtre et encadré des servants, thuriféraires et maître des cérémonies. Communiants jonchant le sol de pétales, jeunes filles costumées et bannières déployées, la procession avait fière allure, aux yeux des passants étonnés.

Après la vénération devant les deux reposoirs, la fête s’est terminée par un sympathique verre de l’amitié, bienvenu dans cette période de morosité ambiante. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine !

La crise que nous traversons touche principalement la foi

Dans l’éditorial de L’Homme Nouveau, Philippe Maxence revient sur la consultation effectuée auprès des paroisses en vue du synode romain sur la synodalité

[…] Il faudrait certainement pouvoir étudier comment la consultation a été menée, qui a pris part à la rédaction des résumés diocésains, comment furent nommés les rapporteurs. Mutatis mutandis, il y a fort à parier que nous sommes ici face à un processus, parfaitement mis en évidence par Augustin Cochin à propos des cahiers de doléances, à travers l’action de groupes réducteurs et de noyaux dirigeants, censés exprimer les désirs de la masse. À ce sujet est très révélateur le constat établi par Mgr Joly, « responsable de l’équipe Synode 2023 » : « toutes les sensibilités ne se sont pas exprimées et il nous manque une génération, les 25-45 ans ». En gros, celle qui se retrouve sur les routes de Chartres à la Pentecôte. Autre aveu de taille, celui de la démission de l’autorité, comme l’admet implicitement le même Mgr Joly :

« nous n’avons pas choisi de réajuster théologiquement le contenu du document issu des réunions synodales dans les diocèses, par souci d’écoute et de transparence et pour que les gens ne disent pas qu’ils n’auraient pas été entendus. Cela nous bouscule mais rien n’a été occulté par respect de la démarche synodale. »

À l’heure même où la démocratie moderne cogne contre le mur de sa faillite (révélée par les énormes taux d’abstention aux élections), l’Église s’enfonce encore plus dans ce processus qui ne peut que ruiner son assise, et pourrait la réduire, nonobstant sa constitution divine, à n’être plus que l’équivalent de la confession anglicane à l’échelle universelle.

Sensus fidei !

Face à cette situation, la solution ne réside certainement pas dans un simple processus de réaction ou dans le retour à un statu quo ante. La crise que nous traversons touche principalement la foi. Il faut en rétablir les conditions, et ce devoir appartient au magistère. Pour ce qui nous concerne comme fidèles, nous devons plus que jamais nous appuyer sur le sensus fidei, non comme expression de l’opinion majoritaire, mais comme une sorte d’instinct qui incline le croyant à poser des actes d’adhésion à la vérité révélée. Dans un document publié en 2014, la Commission théologique internationale (CTI) rappelait que « dans l’histoire du peuple de Dieu, ce fut souvent non pas la majorité, mais bien plutôt une minorité qui a vraiment vécu la foi et qui lui a rendu témoignage ». Notre route est ici clairement tracée.

“Cette idée que si Vatican II n’avait pas produit les bons effets attendus, c’était parce qu’on l’avait mal compris”

Guillaume Cuchet, professeur d’histoire contemporaine à Paris I-Panthéon-Sorbonne, auteur de Le catholicisme a-t-il encore un avenir en France ?, a été interrogé dans La Nef sur l’avenir de la paroisse et la mission. Extrait :

La « génération Jean-Paul II » qui, dans ses premières cohortes, a aujourd’hui 50 ou 60 ans et qui, pour une part, gouverne l’Église, est à l’heure des premiers bilans. Elle s’était fondée sur l’idée que si Vatican II n’avait pas produit les bons effets attendus, c’était parce qu’on l’avait mal compris ou mal appliqué, ou qu’il était intervenu dans une conjoncture trop contraire. Dès lors qu’on l’aurait remis sur les bons rails et appliqué dans un contexte assaini, il pourrait produire ses bons effets. Et, de fait, dans les années 1980-1990, le catholicisme français a pu penser un temps qu’il en serait bien ainsi, notamment avec le succès des JMJ de Paris en 1997. Il y a même eu à ce moment-là un court moment d’euphorie dans ses rangs. Je ne suis pas sûr qu’on en dirait autant aujourd’hui, alors que tous les indices sont au rouge, sans parler des effets du Covid et de la crise des abus sexuels dans l’Église. Une certaine perplexité, voire un doute, s’est emparée de la génération Jean-Paul II vieillissante et la suivante est un peu en panne de projet apostolique de rechange. Comme pour l’Action catholique, on s’aperçoit que la génération a transformé le catholicisme français, mais qu’elle n’a pas réussi à inverser les courbes de la sécularisation. C’est tout le paradoxe de ces mouvements apostoliques qui se suivent depuis le XIXe dans l’Église de France qu’ils prétendent à chaque fois inverser le cours de l’histoire mais que leur résultat réel, in fine, consiste surtout à transformer le catholicisme subsistant. Ce n’est pas rien, mais ce n’était pas le but premier de l’opération.

Les habitants de Lyssytchansk sont heureux de l’arrivée des Russes

Même France 2 a reconnu que les habitants rencontrés à Lyssytchansk sont pro-russes et considèrent la conquête de leur ville comme une libération.

Interdiction de l’école à la maison

Jean-Frédéric Poisson a écrit aux présidents de groupe de l’Assemblée nationale et du Sénat sur les interdictions massives et sans fondement de scolarisation d’enfants à la maison :

Bricolage

le porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, Christophe Prudhomme, jugeait sévèrement le rapport de la “mission flash” sur les soins non programmés remis la semaine dernière à Matignon. Le Dr François Braun a fait part de 41 propositions pour surmonter un été “à haut risque” dans les services d’urgences. Depuis, le Dr Braun est devenu ministre de la santé…

Le Dr Christophe Prudhomme déclare :

Ces recommandations sont affligeantes et mettent la population en danger. Avoir un service d’urgence à 30 minutes de chez soi, ouvert 24 heures sur 24, 365 jours par an, ce n’est pas une option. C’est une nécessité absolue pour assurer la sécurité de la population. Il y a déjà des morts et il va y avoir des morts.

Monsieur Braun, ce n’est plus un médecin. C’est un relais politique de monsieur Macron. On a gagné du temps. On a passé les législatives. Il a pondu un rapport avec des propositions de gestionnaires de lits. Cela n’a rien de nouveau. C’est une invention de madame Bachelot quand elle était ministre de la Santé et cela s’est avéré complétement inefficace depuis 10 ans. On n’a pas besoin de gestionnaires de lits. On a besoin de lits ouverts. On est dans une impasse. Et cela concerne aussi les maternités. Il y a des maternités qui vont fermer cet été. La femme qui pensait accoucher à 10 km de chez elle, on risque de lui dire, la maternité est fermée, il faut aller à 50 km. Et elle risque d’accoucher sur la route. C’est cela la réalité. C’est catastrophique.

Oui, mais le gouvernement privilégie l’avortement aux naissances…

Les mesures qui sont proposées par le rapport Braun, c’est du bricolage. Les conséquences, c’est qu’à la rentrée on aura encore des démissions. Et l’hiver prochain sera pire que cet été. C’est une question politique. Je demande un débat en urgence à l’Assemblée nationale sur l’avenir de notre système de santé.

LR majoritaire en commission mixte paritaire ?

Quand députés et sénateurs votent, après 2 lectures, deux versions différentes d’un même projet ou proposition de loi, 7 députés et 7 sénateurs, rassemblés à huis clos en commission mixte paritaire (CMP), tentent de trouver un compromis. La composition des CMP se fait en fonction du poids des groupes de chaque assemblée, en respectant, dans la mesure du possible, les proportions. Habituellement, forte de sa majorité absolue, la majorité présidentielle arrivait en force. Dans les futures CMP, la majorité d’Emmanuel Macron pourra se retrouver en minorité.

Au Sénat, la majorité sénatoriale dispose de 4 places en CMP (3 LR, 1 Union centriste), l’opposition de 3 places (2 PS, 1 LREM). Ça ne changera pas.

A l’Assemblée, le règlement (alinéa 3 de l’article 111 pour être précis) dit que « la désignation des représentants de l’Assemblée dans les commissions mixtes paritaires s’efforce de reproduire la configuration politique de celle‑ci ». Proportionnellement, Ensemble (Renaissance, Modem, Horizons) devrait logiquement se retrouver avec 3 députés en CMP, contre 4 pour les oppositions. Le rapport est inversé. Il y aura a priori 1 député pour le RN, 2 pour la Nupes (1,8 arrondi à 2) et 1 député LR (0,75 arrondi à 1).

Concrètement, lors des CMP, les députés et sénateurs LR/centristes devraient donc être au total au nombre de 5 (4 sénateurs et 1 député), contre 4 parlementaires de la majorité présidentielle (3 députés + 1 sénateur). Le sénateur LR Jérôme Bascher déclare :

« En CMP, le groupe le plus fort risque d’être le groupe LR. On sera majoritaire au Sénat et on aura un poste à l’Assemblée, et les autres seront divisés. Ça veut dire qu’il faudra écouter les LR, le Sénat. Le Parlement peut reprendre tous son poids, sans le gouvernement »

Catherine Deroche, présidente LR de la commission des affaires sociales du Sénat, confirme :

« En Marche n’aura plus de majorité dans les CMP. Le texte qui sortira de la CMP ne sera pas forcément celui que souhaite le gouvernement ».

Depuis 5 ans, 42 % des textes (soit 104) ont été adoptés après un accord CMP, 26 % après la navette entre Sénat et Assemblée et 22 % après la lecture définitive par l’Assemblée, c’est-à-dire sans accord.

Et le ministre de la famille est…

introuvable !

Le gouvernement Borne a été remanié et on y trouve un Premier Ministre, 16 Ministres, 15 Ministres Délégués, 10 Secrétaires d’Etat mais toujours pas de portefeuille dédié à la famille.

En revanche, il y a :

  • un ministre de la Transition écologique
  • un ministre de la Transition énergétique
  • un ministre de la Transformation
  • un ministre délégué chargé de la Transition numérique

… cela fait beaucoup de transition vers le monde d’après…

Des No Go Zones à Marseille

Livre Noir s’est rendu dans les quartiers Nord de Marseille, de nuit, et a assisté à des opérations policières anti-drogue. Un documentaire immersif, pour vous faire vivre la réalité de ce que vivent les policiers au quotidien en une quasi zone de guerre :

Lui et le chaos

D’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine :

[…] Telle est la France de 2022, pour le deuxième quinquennat de Macron. Le désastre économique et financier est là, avec les taux qui remontent, l’inflation que rien n’arrêtera, la pénurie qui s’installera et qui commence déjà, la « stagflation » pour ne pas dire la récession qui s’ensuivra, crise de l’offre comme de la demande selon les secteurs, la crise sociale qui éclatera avec toutes ses conséquences dont l’impossibilité de contenir les populations que l’État ne contrôle plus et dont les images du stade de France fournissent une petite idée. Voilà ce qui attend Macron sur le plan intérieur. Élisabeth Borne et son équipe quelle qu’elle soit, ne changera pas l’état des lieux. C’est inéluctable. De jouer les chefs de guerre n’arrangera rien ; c’est une fuite en avant, comme cette illusion que l’Europe et l’OTAN où il pérore sans raison et sans moyen vont le hisser au-dessus des événements, lui donner une stature internationale qui le sortira du bourbier français. La guerre est une réalité trop dure pour laisser des Macron en décider. L’Europe aura explosé avant que Poutine n’ait arrêté ses troupes. Tout se retourne.

Il était de mode, il y a quelque temps, de parler des années 1930 pour dénoncer un prétendu péril fasciste. Macron lui-même avait donné dans ce fantasme. Cependant il est une comparaison qui reste pertinente : ce sont les politiques menées entre les deux guerres qui ont été la cause directe du désastre de 1940. Il est interdit de le dire, ce qui est pourtant une évidence, d’autant plus que les responsables en question se sont défaussés et esbignés, selon la vieille loi républicaine de l’irresponsabilité. Macron ferait bien de réfléchir à la suite. Il est des nécessités en histoire, remarquait Jacques Bainville.

Un peu d’inquiétude ne messiérait pas à notre président si sûr de lui. Il se croit roi sans l’être vraiment. Toutes les décisions qui dépendent de lui sont suspendues sur sa tête. « Inquiète est la tête qui porte une couronne », faisait dire Shakespeare au roi d’Angleterre. Loin de s’enorgueillir, il vaut mieux en pareil cas s’humilier pour considérer les réalités de la terre, même si elles sont terribles. ? Le Prophète et la Techno, par ordre hiérarchique d’importance.

Frédéric Ozanam, apôtre des temps modernes

Aymeric Pourbaix et Véroniques Jacquier reçoivent le père Jean-François Thomas, jésuite :

 

De la démocratie : la Cour Suprême des Etats-Unis, les législatives françaises, le synode romain

De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :

Aux États-Unis, Trump a fait nommer des juges “conservateurs” à la Cour Suprême, c’est-à-dire qu’il a poursuivi la politique de tous les Démocrates qui l’ont précédé : utiliser le pouvoir exorbitant de cette cour pour influer sur la législation. Rappelons au passage que ces magistrats sont des… magistrats ! c’est-à-dire que ce sont des professionnels de la chose judiciaire. Nul Fabius (nommé par Hollande), nul Juppé (nommé par Ferrand), nulle Gourault (nommée par Macron), non, de vrais magistrats, avec une vraie carrière, choisis à l’issue d’une pénible et publique sélection. Ils viennent de révoquer l’arrêt Roe contre Wade, débattu depuis 50 ans (il paraît que le débat est démocratique), en y mettant les formes, ce qui signifie que toutes les législations des États américains sur l’avortement ne sont plus contraintes par un droit constitutionnel garanti au niveau fédéral. Autrement dit, ces juges, dans le cadre d’un État fédéral, viennent de rendre un peu de pouvoir législatif aux états qui le composent. Horreur ! Un organisme fédératif considère que ce sont les États qui doivent décider des lois en fonction de leurs peuples et de leurs cultures ! Sacré coup porté à la démocratie contemporaine qui chérit la souveraineté au point de réserver son usage aux mains les plus rares et les plus saintes. Oh mais v’là-t’y pas, Brett (1), que tu m’as mis de la démocratie partout, c’est quoi c’t’affaire ! On comprend l’émotion très légitime des démocrates français et unionistes. Belle leçon.
Pendant ce temps, les Français, justement, ont voté avec leurs pieds. Totalement dégoûtés par une classe politique insensible à leurs vraies souffrances ou totalement asservis par un État qui a décidé de les transformer en perpétuels assistés, une bonne grosse moitié n’a pas voté aux législatives après qu’un petit tiers n’a pas voté à la présidentielle. Par le jeu du scrutin uninominal majoritaire à deux tours (dont le nom seul souligne la simplicité sans calcul), présenté comme un petit chef-d’œuvre d’intelligente représentativité, le Rassemblement National et LFI se voient dotés d’un fort contingent de députés. Faillite de la République, dévoiement de la démocratie ! clament aussitôt les gens pondérés qui aiment qu’on éborgne les Gilets jaunes tout en vendant nos industries aux Américains. Et Emmanuel “El Presidente” Macron explique gravement d’une part que la France, seule vraie démocratie au monde, phare illuminant les autres nations, ne peut être gouvernée sans majorité, laissant perplexe l’intégralité de ses partenaires européens qui pratiquent la coalition ; d’autre part qu’en tant que « président de tous les Français » (sicut dixit) il entend former un gouvernement en excluant immédiatement NUPES et RN, qui représentent près de la moitié des députés, et donc des Français, ces partis n’étant pas des partis de gouvernement, c’est-à-dire qu’ils risqueraient, eux, d’opposer les Français entre eux, et même, pire, de creuser les déficits – et il faudrait être bien sot ou bien mesquin ou bien partisan pour reprocher à Macron ces deux irrémissibles péchés, n’est-ce pas ? Au passage, on tente de finasser avec le règlement de l’Assemblée nationale, qui permet en effet toutes les finasseries. Là aussi, recevons cette leçon comme il se doit.
En parallèle, l’Église est au milieu de son beau processus du Synode sur la Synodalité dont on peut espérer qu’il sera un vrai moment de chrétienne démocratie. Dans le monde entier, les vieux progressistes satisfaits, installés dans le précaire confort de leur-s diocèses appauvris, de leurs paroisses vidées et de leurs médias aveugles, ont organisé des groupes de parole et des instances de dialogue où ils ont pris la parole avant de pondre des synthèses admirables, certes mises au point par les secrétariats, sur le modèle romain des précédents synodes, tout en se vantant d’avoir fait parler le peuple. En France, par exemple, 150 000 catholiques ont participé à ces agapes de l’esprit. L’évêque de Troyes, Alexandre Joly, chargé du synode, a donc déclaré : « Ceux qui ont une habitude de prise de parole dans l’Église y sont allés naturellement. Il a manqué la génération des 20-45 ans. Les paroles exprimées ne sont pas celles de toutes les sensibilités, de toutes les générations, mais c’est la parole d’un très grand nombre. » Il n’a manqué à cette consultation, démocratique, que plusieurs millions de fidèles et toute une classe d’âge, les 20-45 ans, qui n’a effectivement rien à dire et n’est pas du tout engagée dans l’Église et ses œuvres. Et pourtant, tout avait été fait pour démocratiser la chose : par exemple, « chez nous, c’est le prêtre qui a choisi les participants au synode, et les autres devaient prier pour eux » (La Vie) : est-il rien de plus serviable, de plus ecclésial, de moins clérical, de plus démocratique, en un mot ? Avalons la leçon. Et si bien et triplement enseignés sur les mérites de la chose démocrate, tirons-en la conclusion logique. ?

Cardinal Sarah : “J’ai été très touché de voir de jeunes Français se mobiliser pour réclamer la messe”

Le cardinal Robert Sarah a été interrogé par Christophe Geffroy dans La Nef. Extrait :

Vous revenez sur la pandémie et jugez sévèrement les limitations au culte qui ont alors prévalu, notamment en France : pourquoi une telle limitation du culte est-elle illégitime quand il s’agit, non pas de persécuter les chrétiens, mais de protéger la population ?

Une chose m’a frappé : on avait grand soin de la santé des corps, de l’équilibre financier des entreprises mais personne ne semblait se soucier du salut des âmes. Certains prêtres ont été admirables, visitant les malades, assistant les mourants, portant la communion et prêchant par tous les moyens. On ne peut pas – on ne peut jamais ! – empêcher un mourant de recevoir l’assistance d’un prêtre. Il revient aux autorités politiques de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la propagation des épidémies. Mais cela ne peut se faire au prix du salut des âmes. À quoi sert-il de sauver les corps si l’on vient à perdre son âme ? J’ai été très touché de voir de jeunes Français se mobiliser pour réclamer la messe. Elle est un bien essentiel. On ne peut en être privé durablement. […]

Aujourd’hui, on insiste à juste titre sur la miséricorde de Dieu contre une vision parfois quelque peu janséniste de la religion qui sévissait jadis ; mais n’a-t-on pas été trop loin en sens inverse, en donnant l’impression que le Salut n’était plus un enjeu majeur – qui prêche encore les fins dernières dans l’Église aujourd’hui ? –, que le péché ne devait plus être dénoncé, comme si tout le monde était automatiquement sauvé et finalement l’enfer vide ? Où se trouve le juste équilibre ?

L’équilibre n’est pas dans la demi-mesure entre le jansénisme et le laxisme ! Non ! La vie chrétienne est tout entière pénétrée de miséricorde parce qu’elle a conscience de la tragédie du péché !
La miséricorde, c’est le Cœur de Dieu qui veut me sauver de ma misère. Ma misère, c’est mon péché qui me coupe de Dieu. Dieu ne m’offre le salut éternel que par pure miséricorde. Il est temps que les homélies rappellent l’urgence du salut. Notre vie spirituelle n’est rien d’autre que le salut éternel commencé et anticipé. Avons-nous un seul autre but, une seule autre préoccupation sur terre qui en vaille la peine ? Non, nous sommes-là pour nous laisser sauver par Dieu, pour recevoir de lui notre éternel salut. On a bien raison de parler de l’enfer. Car Dieu nous laisse libre de refuser ce salut. L’enfer, c’est le salut refusé. Le Ciel, c’est le salut accepté et reçu. Ces réalités devraient être au cœur de toutes nos prédications. C’est cela que les hommes et les femmes de notre temps attendent de l’Église. Tout le reste est secondaire. C’est le cœur de la prédication de Jésus dans l’Évangile.

L’institution du mariage est en péril, écrivez-vous : comment en est-on arrivé à une situation qui aurait été jugée impossible il y a encore peu (comme nier la différence homme-femme) et que peut-on faire pour lutter contre une tendance qui, au nom de la liberté de chacun, semble aujourd’hui impossible à renverser ?

Les chrétiens ont par charité l’obligation de témoigner de la vérité. Comment le plus grand nombre croirait-il si la bonne nouvelle révélée par Dieu sur le mariage n’est pas proclamée ? Les chrétiens doivent donc annoncer ce que le Christ nous a enseigné sur le mariage. Mais ils doivent surtout le vivre ! En voyant un couple de chrétiens mariés, on doit pouvoir dire non pas : ils sont parfaits ! Mais plutôt, malgré leurs péchés et leurs limites, ils s’aiment comme Dieu nous aime. Les couples chrétiens doivent être des évangélisateurs par l’exemple et le témoignage. Leur joie doit montrer à tous que la fidélité jusqu’à la mort, loin d’être un carcan insupportable, est source de liberté. La communion eucharistique des époux est la source de leur vie spirituelle. Ils reçoivent ce qu’ils sont appelés à former : le corps du Christ. Nous avons besoin de familles chrétiennes qui nous prouvent que cette voie est possible et heureuse. Les lois de l’Église à propos du divorce, de l’impossibilité de recevoir la communion pour les divorcés-remariés ne sont pas des lois inventées par la rigidité des clercs. Elles expriment et protègent la cohérence intime de la vie spirituelle. […]

La baisse des vocations est-elle inexorable ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent dans En Quête d’esprit :

  • l’Abbé Thomas Chapuis, curé de l’Oise
  • le père François Potez, auteur de « La grave allégresse » (Mame)
  • Anne Bernet, écrivain

 

“Il y a eu tout un tas de mauvais papes dans l’histoire de la papauté”

Extrait d’un article incisif de Marion Duvauchel, historienne des religions :

[…] Si le pape était un homme intelligent et bien conseillé, il s’attaquerait à ce fléau mortel de l’Église : le « vaticanisme ». Et pas tout seul. Quand on aurait enfin réglé leur compte aux pastorales du chien crevé au fil de l’eau : celle du vivre-ensemble, du dialogue inter-religieux, du culte suffisant de l’accueil des migrants, tout cela sur fond de valeurs supposées de l’Évangile et autres carabistouilles ; quand on aurait remis en place des cadres de formation solides, y compris dans les séminaires, avec un enseignement vraiment neuf de l’Ancien Testament et une noétique inspirée, quand on aurait fait cela, alors le corps sacerdotal remplirait sa fonction de dépositaires de la Tradition révélée, et on pourrait dire aux Tradis d’adoucir leur position. Ce que peut-être alors ils consentiraient à faire.

Toutes les sensibilités liturgiques trouveraient leur place dans une Église vraiment renouvelée, avec de beaux chants, dans les langues anciennes – en latin, en grec, en araméen-, en hébreu aussi, en arabe puisqu’il y a des arabes chrétiens, en patois limousin et en gaélique si les Bretons veulent psalmodier dans la langue des druides : l’Église de la diversité du monde manifestée dans la diversité linguistique que Dieu a voulu depuis que les hommes se sont imaginés qu’on pouvait faire l’unité sans lui, depuis Babel donc. Il faudra évidemment savoir ce qu’on chante, ce qu’on célèbre et surtout Qui on célèbre. Et que ce soit beau…

Enfin, il faudra des signes de renouvellement des cœurs, et signe des signes, qu’il y ait sur le parvis de l’Église, au sortir de la célébration, des visages ouverts, accueillants, rayonnants, qui sachent reconnaître un visage nouveau et aller lui parler comme à un frère. Et s’il a besoin d’aide, la lui offrir, dans la mesure des moyens possibles.

On en est loin.

Tout le reste, c’est de la paille et cela ira brûler dans les purgatoires profonds. Et tous ceux qui s’accrocheront à cette paille iront brûler avec.

Le Vatican n’est pas l’Église du Christ, qui est fondée sur 12 apôtres sans compter le treizième, saint Paul. Douze, parce que c’est le nombre qui figure la totalité du réel créé, ce monde entier que les apôtres ont évangélisé : jusqu’à l’Inde et même la Chine. Les marches de la Jérusalem céleste portent le nom de ces douze hommes, et pas le seul nom de Pierre.

Le pape est un vieux monsieur, il a mal au genou. C’est un autocrate qui croit que le Vatican, c’est l’Église du Christ. Il y a eu tout un tas de mauvais papes dans l’histoire de la papauté, qui n’est pas l’histoire de l’Église. Il faut prier pour le suivant : il ne fera peut-être pas mieux mais il ne pourra pas faire pire.

Ou alors, avec beaucoup d’efforts.

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