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Ni les intérêts de Moscou, ni ceux de Kiev, mais les seuls intérêts des Français

Communiqué de Jean-Frédéric Poisson, président de VIA la voie du peuple :

VIA | la voie du peuple ne défend ni les intérêts de Moscou, ni ceux de Kiev : nous défendons les seuls intérêts des Français qui sont les grands oubliés de cette guerre inutile et destructrice !

Nous dénonçons une instrumentalisation du conflit russo-ukrainien en Europe qui sert les seuls intérêts de Washington et alimente la guerre au lieu de chercher à l’éteindre.

Nous nous opposons également aux sanctions économiques qui ne sanctionnent que nous-mêmes et aboutissent à des situations ubuesques : ainsi, l’embargo sur le pétrole russe raffiné (diesel, essence, mazout, kérosène…) qui prend effet dès aujourd’hui nous forcera par exemple à acheter les produits indiens, eux-mêmes importés… de Russie ! Les perdants de cette opération seront les citoyens français qui paieront la différence de leur poche.

Nous en appelons a minima à ne rien décider qui engage la France dans un conflit dont elle n’est pas à l’origine et dans lequel elle n’a aucune responsabilité. Une telle implication la rendrait co-belligérante, et mondialiserait un conflit.

Nous voulons que la France pose les contours d’un plan de retour à la paix en invitant avec fermeté et exemplarité toutes les parties prenantes à enrayer l’escalade de ce conflit.

Il en va de la responsabilité de nos dirigeants, du président de la République Emmanuel Macron en premier lieu, à qui nous adressons un appel sous forme de pétition à ne pas envoyer de chars Leclerc sur le front de cette guerre fratricide.

Merci pour l’intérêt que vous porterez à cette lettre, à votre engagement à nos côtés pour promouvoir la paix, et pour vos gestes de soutien à nos actions que vous pourrez faire ici.

Avorter, euthanasie :la fuite en avant pour toujours plus maîtriser, banaliser et désacraliser la vie et la mort est une illusion de toute-puissance

Remarquable intervention de la psychologue Marie-Estelle Dupont sur CNews

Saint Bernard et Abélard : À la lumière d’une instruction du cardinal Ratzinger

De Rémi Fontaine, reprise très légèrement modifiée d’un article paru dans l’AFS en décembre 1990 : Toute similitude avec des théologiens contemporains n’est pas fortuite !

Il y a un peu plus de vingt ans, on s’apprêtait à célébrer le neuf-centième anniversaire de la naissance de saint Bernard (1091- 1153). En cette circonstance, la Congrégation pour la doctrine de la foi, dont le préfet était le cardinal Joseph Ratzinger, publia une Instruction éloquente mais aussi très critiquée sur La vocation ecclésiale du théologien. Dans un article paru alors dans le numéro 92 de L’Action familiale et scolaire (décembre 1990), Rémi Fontaine montra, à la lumière de ce texte opportun, l’actualité de la lutte que mena Bernard de Clairvaux, par obéissance plus que par goût, contre les erreurs propagées par le célèbre philosophe et théologien Pierre Abélard (1079-1142). Voici, avec seulement une conclusion à peine modifiée, cet article de 1990 qui n’a rien perdu de son sel : toute ressemblance avec des théologiens contemporains ne semble pas purement fortuite !

Saint Bernard est « le dernier des Pères et l’égal des plus grands », écrit Mabillon (mort en 1707), son éditeur. « Outre la science des docteurs, ajoute Omer Engebert, il avait ce supplément de lumière que les mystiques reçoivent de l’Esprit-Saint » (La fleur des saints, Albin Michel). Et de résumer en deux phrases sa vie de théologien mystique au service de la doctrine :

« Bien que toujours souffrant, obligeant Dieu, pour ainsi dire, à le ressusciter chaque matin, il eut une activité prodigieuse. Il écrivit de  nombreux ouvrages, des milliers de lettres, plus de trois cents sermons ; il intervint dans toutes les disputes doctrinales, dans toutes les grandes affaires religieuses et séculières de l’époque. »

I- ABELARD

  • Philosophe éclairé

L’année du neuvième centenaire de la naissance de saint Bernard aura été aussi celle d’une Instruction – très controversée – de la Congrégation pour la doctrine de la foi sur La vocation ecclésiale du théologien. Je dis « très controversée » car Pierre Gallay par exemple, le rédacteur en chef (lui-même !) de La Documentation catholique n’hésitera pas à soupçonner l’auteur de cette Instruction de vouloir « bloquer pour longtemps toute avancée théologique » (1).

Mon propos n’est pas d’entrer dans cette controverse mais de souligner comment elle renvoie de façon significative à la célèbre controverse qui opposa Bernard et Abélard. Lequel de ces deux maîtres illustre le mieux la vocation ecclésiale du théologien ?

Le XIXème siècle, qui s’intéressa beaucoup à ce duel théologique, reprocha précisément à saint Bernard, notamment par la plume d’un Michelet puis celle d’un Luchaire, d’avoir arrêté l’histoire pendant un siècle, pas moins ! Le même argument pour ainsi dire que Gallay aujourd’hui en face du cardinal Ratzinger… Assurément, le lobby des théologiens contestataires se reconnaissent plus volontiers dans la postérité d’Abélard que dans celle de saint Bernard…

À la suite du XIXème siècle, toute la pensée progressiste en a fait un véritable mythe, une sorte de saint patron, d’« ancêtre des nobles libérateurs de l’esprit humain », victime de l’intégrisme réactionnaire de Bernard de Clairvaux, présenté, lui, comme le « Grand Inquisiteur » (Jacques Le Goff, historien) qui l’a fait condamner injustement parce qu’à son opposé : défenseur du monde féodal (campagnes), de l’orthodoxie face aux efforts de la pensée, de la mystique face à la raison, etc…

Les mérites attribués à Abélard sont alors les suivants. Il est :

  • le père de la philosophie moderne, du rationalisme et de l’esprit critique, « le premier grand philosophe français avant Descartes »(Victor Cousin) ;
  • le premier « laïc » opposant aux clercs la figure de l’homme libre de penser et d’agir ;
  • la conscience (avec Arnaud de Brescia) du mouvement des libertés communales, le précurseur des combats pour la raison et la liberté ;
  • le promoteur d’une morale de l’intention et de l’amour pur.

« Il est la première grande figure d’intellectuel moderne – dans les limites de la modernité du XIIème siècle –, Abélard c’est le premier professeur », écrit Jacques Le Goff dans Les intellectuels au Moyen-Âge. « Abélard, renchérit Jacques Potin (l’actuel directeur de La Documentation catholique, ancien rédacteur de La Croix), l’un des esprits les plus novateurs de son siècle, professeur fascinant et adulé de ses étudiants, dialecticien subtil qui ne craint pas de se livrer à des recherches nouvelles, y compris sur les mystères chrétiens. » Et encore : « Ce que nous voudrions souligner ici est la modernité de sa pensée, tout ce qui le rend proche de l’homme contemporain. » (Portrait d’Abélard par Jacques Potin dans l’encyclopédie 2000 ans de christianisme).

  • Théologien contestataire

Ce qui le rend proche de l’homme contemporain et plus précisément du théologien moderne c’est sa prétention et sa revendication de « liberté » intellectuelle à l’égard du magistère et son esprit critique appliqué aux dogmes : « Je me suis appliqué d’abord à discuter le principe fondamental de notre foi par les principes de la raison humaine », explique en effet Abélard. De la même façon que les nouveaux théologiens s’appliquent aujourd’hui essentiellement à faire découler leurs commentaires sur la foi de considérations phénoménologiques, sociologiques, psychologiques ou historiques… plaçant leur « science » au-dessus de la vertu, pratiquant l’exégèse sans crainte de Dieu et sans amour du Christ qui donne la vérité libératrice (2).

« Les clercs qui étudient par pur amour de la science : c’est une curiosité honteuse », avertit au contraire saint Bernard. Mais Abélard développe encore plus crûment sa prétention, si « moderne » aux yeux de ses admirateurs : « Ce n’est pas mon habitude, pour professer, de recourir à la tradition, mais aux ressources de mon esprit. » De sorte qu’on pourrait tout aussi bien placer les mises en garde du cardinal Ratzinger, s’inquiétant aujourd’hui des audaces de certains théologiens, dans la bouche de Guillaume de Saint-Thierry (évêque de Chalons-sur-Marne, s’inquiétant hier à juste titre, auprès de son ami Bernard de Clairvaux, de la nouvelle présentation des dogmes que prétend donner le professeur Pierre Abélard :

« Ainsi on oppose la liberté de pensée et l’autorité de la tradition, considérée comme source de servitude. Une doctrine transmise et reçue d’emblée est frappée de suspicion et sa valeur de vérité contestée. »

Or :

« La liberté de l’acte de foi ne saurait justifier le droit au dissentiment. En effet, elle ne signifie nullement la liberté à l’égard de la vérité, mais la libre détermination de la personne conformément à son obligation morale d’accueillir la vérité… »

«  Si une personne prétend parler au nom de l’Eglise, précise le cardinal Ratzinger dans un entretien avec La Croix (28 juin 1990), sa liberté d’expression doit s’harmoniser avec la nécessité de dire réellement ce qu’est la foi de l’Eglise. » Dans le cas contraire, le magistère qui a pour mission de développer l’enseignement de l’Evangile et qui en a reçu la charge peut être amené à prendre « des mesures onéreuses ».

II- L’INEVITABLE CONFLIT

  • Des partisans même à la Cour de Rome

C’est exactement dans cet état d’esprit que Guillaume de Saint-Thierry écrivit à l’évêque de Chartres et à l’abbé de Clairvaux en 1140 :

« On porte à la foi, sur laquelle reposent nos communes espérances, des coups redoutables… Ne croyez pas qu’il s’agisse d’attaques sans portée. Il ne s’agit de rien de moins que de la Sainte Trinité, de la personne du divin Médiateur, et de celle du Saint-Esprit, de la grâce de Dieu et du sacrement de notre Rédemption.

Pierre Abélard recommence à professer et à publier des choses nouvelles : ses livres passent les mers et traversent les Alpes ; ses nouveautés en matière de foi et ses nouveaux dogmes se répandent dans les provinces et dans les royaumes ; on les publie, on les soutient librement partout ; c’est au point que l’on prétend qu’ils comptent des partisans même à la Cour de Rome. »

On voit qu’il est impossible, comme cela s’est fait trop souvent (3), de réduire l’opposition théologique entre saint Bernard et Abélard à une simple différence de méthode ou d’approche : l’une qui serait amoureuse et mystique, l’autre qui serait dialectique et rationnelle.

« Cette présentation est tendancieuse, écrit un moine actuel de Citeaux, car elle laisse penser que la condamnation d’Abélard fut le fruit d’une incompréhension malheureuse. Il est pourtant impossible de passer sous silence que les positions théologiques d’Abélard sont, sur certains points, extrêmement contestables et qu’on imagine difficilement qu’à partir du moment où une certaine publicité leur était donnée l’Eglise ne les condamnât pas. »

  • Le chien du Seigneur

On sait aussi que saint Bernard hésita longtemps avant de s’engager dans cette querelle. Il se déroba d’abord, arguant qu’il était moine – dont la vocation est la prière « à l’ombre des hêtres et des chênes » – et non théologien. [« Va dans la forêt, disait-il, les arbres et les pierres t’enseigneront ce que tu ne pourrais apprendre des maîtres du savoir. »]

Ce n’est que sur les instances de son ami Guillaume – « Votre silence est un péril » – qu’il consentit à examiner les textes incriminés et en fut horrifié. Il prit alors les choses en main, de manière énergique, confirmant une fois de plus le songe qu’avait eu sa mère, la bienheureuse Aleth, alors qu’elle le portait en son sein. Elle s’était vue donner le jour à un petit chien blanc avec le dos roux qui aboyait très fort.

Lorsqu’elle raconta ce songe à un saint homme, il lui répondit sur le ton de la prophétie :

« Tu seras mère d’un noble chien, qui fera bonne garde dans la maison de Dieu. Il aboiera vigoureusement contre les ennemis de la foi. Il prêchera remarquablement et guérira beaucoup de gens, sa langue sera un excellent remède. »

  • Contre les erreurs d’Abélard

Avec  Guillaume de Saint-Thierry, saint Bernard rédigea une liste de propositions condamnables qu’il ajouta à un traité Contre les erreurs d’Abélard. On peut les résumer ainsi d’après le Dictionnaire des hérésies dans l’Eglise catholique d’Hervé Masson :

  1. Il y aurait des degrés dans la Trinité, le Père étant une puissance pleine et entière ; le Fils étant à l’égard du Père ce qu’est l’espèce au genre, ne serait qu’une puissance quelconque ; et le Saint-Esprit n’étant aucune puissance (arianisme).
  2. Le Saint-Esprit procède bien du Père et du Fils mais il est de substance analogue, il n’est pas de la substance du Père et du Fils (proposition macédonienne).
  3. La définition de la foi comme n’étant que le jugement ou l’estimation qu’on porte sur ce qu’on ne voit pas.
  4. Le corps de Jésus-Christ ayant sa forme et ses traits comme tout autre corps humain, dans le sacrement de l’Eucharistie, les espèces du pain et du vin subsistent en l’air et le corps du Seigneur ne tombe pas à terre avec elles.
  5. Les tentations démoniaques se produisent en nous par le contact des pierres et des plantes dans lesquelles les esprits malins s’insinuent afin d’exciter nos passions.
  6. Le Saint-Esprit est l’âme du monde (panthéisme).
  7. Le Fils de Dieu n’a pas souffert la mort pour délivrer l’homme du péché ; il ne l’a fait que pour nous enflammer d’amour pour lui et il ne s’est incarné que pour nous instruire et nous servir d’exemple (pélagianisme).
  8. Laisser entendre que seul le Verbe en Jésus-Christ est la deuxième personne de la Trinité (nestorianisme).
  9. Minimiser le rôle nécessaire de la grâce au profit de la volonté (pélagianisme).
  10. Dieu le Père n’est pas libre dans sa création, il est déterminé par sa propre perfection. Il ne peut faire ou permettre que ce qu’il fait ou permet et seulement de la manière et dans le temps qu’il le fait ou le permet. Car s’il pouvait empêcher le mal qui arrive, et qu’il n’empêche pas, le permettre serait consentir au péché.
  11. Il faut exister pour pécher. L’enfant qui vient au monde ne tire pas d’Adam la coulpe, mais seulement la peine du péché originel (pélagianisme).
  12. Il n’y a pas de péché par ignorance ; il n’y en a pas non plus quand on agit selon sa conscience.
  13. Le consentement, qui suit la suggestion et une délectation mauvaise, n’est péché qu’à partir du moment où les accompagne un sentiment de mépris de Dieu.
  14. Le pouvoir de remettre les péchés n’a été confié qu’aux seuls apôtres, à l’exclusion de leurs successeurs.

III- SAINT BERNARD

  • Les avertissements du saint abbé

La pensée d’Abélard constituait déjà à sa façon une sorte d’« égout collecteur » de toutes les hérésies d’alors et c’est un véritable Syllabus qu’établirent ensemble l’abbé de Clairvaux et l’évêque de Châlons contre les débordements de cette raison raisonnante.

« Ce théologien nouveau, écrivait saint Bernard au pape Innocent II, a de commun avec Arius de distinguer des degrés dans la Sainte Trinité ; avec Pélage de présenter le libre arbitre comme supérieur à la grâce (4) ; avec Nestorius de diviser Jésus-Christ en niant l’union de son humanité avec la Trinité. »

Et au cardinal Haimeric, chancelier de l’Eglise romaine :

« Notre nouveau théologien est (…) corrupteur de la foi des simples… Il prétend aborder avec les seules lumières de la raison les mystères qui ne sont accessibles qu’à la vivacité d’une foi pieuse et soumise qui croit sans examen. »

Vers la fin de l’année 1140, suivant le précepte évangélique, il adressa coup sur coup deux avertissements à « Maître Pierre ». [Lequel était sensé avoir déjà abjuré solennellement ses erreurs lors du concile de Soissons en 1121, mais n’avait pas hésité depuis à reprendre les mêmes thèmes dans un nouvel ouvrage, devenant ainsi relaps.]

  • Le défi perdu d’Abélard

C’est ce dernier qui, dès le début de l’année 1141, lança un défi à saint Bernard en le convoquant à une « disputatio » (dispute) au concile de Sens. Bernard se récusa une nouvelle fois :

« J’ai refusé autant parce que je suis encore jeune (dans l’art de la discussion) et que lui est un redoutable lutteur depuis le temps de sa jeunesse, que parce que j’ai trouvé indigne d’exposer devant les misérables esprits de ces gens la discussion des fondements de la foi… » (Lettre 189).

Néanmoins, le 25 mai, malgré ses réticences, Bernard vint à Sens à la demande des évêques. Le lendemain eut lieu le débat public où Abélard sembla se dérober au réquisitoire abrupt que constituait l’inventaire de ses erreurs par saint Bernard. Cette fuite d’Abélard devant l’assemblée qu’il avait pourtant lui-même provoquée est restée en fait assez peu explicable, même à ses partisans.

Peut-être le vieux professeur s’attendait-il davantage à une joute oratoire où il était sûr de briller, qu’à son audience en accusé par les évêques assemblés pour le juger ? Récusant tout jugement, il en appela au pape et se retira à Cluny pour y mener une fin de vie exemplaire.

  • L’apaisement et la leçon d’une réconciliation

C’est là que Pierre le Vénérable organisa une réconciliation entre Abélard et saint Bernard qui fut réelle, entière et sans retenue. Peu après, Abélard corrigea certaines de ses formules et désapprouva ses propositions finalement condamnées par le pape. Il mourra en paix l’année suivante en 1142.

Reste le mythe du progrès et du rationalisme dont Abélard s’est trouvé investi par la logomachie progressiste. « Face à ses détracteurs qui tranchaient de haut [sic], Abélard a entendu assumer les risques d’une pensée libre et indépendante – pour autant du moins que son siècle le lui permettait », n’hésite pas à écrire encore Jacques Potin.

Comme si la liberté du théologien pouvait s’exercer indépendamment (à l’extérieur) de la foi catholique dans ses constructions mentales individuelles et ses théories mondaines. Comme si, en théologie, l’autorité n’était pas (à l’inverse de la philosophie) la première des raisons. Comme si « la vérité qui libère » n’était pas d’abord « un don de Jésus-Christ » (Jean 8, 32). On souhaite aux théologiens contemporains qui pourraient se revendiquer du patronage d’Abélard d’imiter jusqu’au bout leur précurseur, qui se rétracta, se réconcilia avec « le rottweiler de la foi »  de l’époque (saint Bernard) et mourut en chrétien.

L’Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien rappelle à cet égard certaines valeurs et certaines vérités dont saint Bernard fut incontestablement le héraut :

  • Le théologien a pour fonction d’acquérir, en communion avec le magistère, une intelligence toujours plus profonde de la Parole de Dieu contenue dans l’Ecriture inspirée et transmise par la tradition de l’Eglise.
  • Puisque l’objet de la théologie est la Vérité, le Dieu vivant et son dessein de salut révélé en Jésus-Christ, le théologien est appelé à intensifier sa vie de foi et à unir toujours recherche scientifique et prière. Il sera ainsi plus ouvert au « sens surnaturel de la foi » dont il dépend et qui lui apparaîtra comme une règle sûre pour guider sa réflexion et mesurer la sagesse de ses conclusions.
  • L’exercice de la théologie requiert un effort spirituel de rectitude et de sanctification (5).
  • La liberté propre à la recherche théologique s’exerce à l’intérieur de la foi de l’Eglise (6), s’inscrit à l’intérieur d’un savoir rationnel dont l’objet est donné par la Révélation, transmise et interprétée dans l’Eglise sous l’autorité du magistère, et reçu par la foi. Omettre ces données, qui ont valeur de principe, serait comme « cesser de faire de la théologie ».

CONCLUSION : De saint Bernard à Benoît XVI, docteurs melliflus…

Dans son litige avec Abélard, saint Bernard n’est intervenu qu’à la demande formelle des évêques responsables, qui lui demandaient ses lumières. Comme le cardinal Ratzinger ne s’est consacré à la défense de la foi, comme responsable aussi longtemps de la Congrégation pour la doctrine de la foi, qu’à la demande pressante de saint Jean-Paul II. Dans le combat contre les Abélard d’hier et d’aujourd’hui, saint Bernard et Joseph Ratzinger n’ont jamais agi dans l’Eglise et le monde que par obéissance. Et seulement au service de l’Eglise pour assurer la pureté et la vérité de la foi mise en cause. Devenu pape théologien à la devise si éloquente – « Coopérateurs de la Vérité » –, Benoît XVI a appliqué avec excellence l’Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien en tant que successeur de Pierre.

Sachons rendre hommage, pour conclure, à la « vocation ecclésiale » de ces deux théologiens mystiques que près de mille ans sépare. Pour eux, comme l’écrivait Pie XII à propos de Bernard, « la science n’est pas un but dernier, mais plutôt un chemin qui conduit à Dieu ; ce n’est pas une chose froide sur laquelle s’attarde vainement l’esprit… mais c’est une chose mue par l’amour, poussée et dirigée par lui »(Doctor mellifluus, n°6). C’est pourquoi l’un et l’autre, pénétrés de cette sagesse, par la méditation, la contemplation et l’amour, sont arrivés aux sommets de la discipline théologique et mystique. « Jésus, je t’aime ! » sont les derniers mots du pape émérite. À lui aussi pourrait convenir le titre de docteur melliflu ou de docteur lumineux. Son discours des Bernardins renvoie notamment au texte admirable de saint Bernard – De la considération, CV, 28 – où, sans rejeter la spéculation intellectuelle et la science du « chercheur de Dieu », le moine cistercien en assigne les limites (comme Joseph Ratzinger dans son Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien) en les subordonnant à la contemplation qui allie l’intelligence et l’amour.

Rémi Fontaine

(1) DC, n° 2010, 15 juillet 1990. Le même numéro donne le texte de l’Instruction romaine sur La vocation ecclésiale du théologien.

(2) « L’utilisation par la théologie d’éléments et d’instruments conceptuels provenant de la philosophie ou d’autres disciplines exige un discernement qui trouve son principe normatif ultime dans la doctrine révélée, souligne à ce propos l’Instruction sur la vocation ecclésiale du théologien. C’est elle qui doit fournir les critères pour le discernement et non l’inverse. »

(3) « La ligne de partage entre Abélard et saint Bernard [entre l’esprit spéculatif qui reçut en 1114 la régence de l’école cathédrale de Paris et l’esprit contemplatif qui réforma les cisterciens] n’est autre que celle qui sépare l’esprit mystique de l’esprit dialectique », selon Jacques Potin. Saint Bernard écrit cependant : « Dieu est sagesse et veut être aimé non seulement avec douceur mais avec sagesse. Bien plus, l’esprit d’erreur gâchera tout zèle si tu négliges la science. Et l’ennemi trompeur n’a pas de moyen plus efficace pour enlever l’amour du cœur de l’homme, que de réussir à le faire marcher dans l’amour, sans précaution et sans être guidé par la raison » (Sur le Cantique, sermon 19, 7).

(4) « Sans la grâce rien qui sauve, sans la liberté rien à sauver », résumait en substance saint Bernard à Guillaume de Saint-Thierry, anticipant et éclairant limpidement tous les débats célèbres qui auront lieu sur cette question.

(5) À ce niveau la pensée et la vie d’Abélard contraste avec celles de saint Bernard : réflexion inachevée et conduite mouvementée d’un côté (cf. notamment l’aventure avec Héloïse), pensée ferme et vie monastique toujours fidèle de l’autre. Si l’on compare la vie et les échecs d’Abélard avec le réalisme, l’efficacité historique, la sainteté de Bernard, le mot de ce dernier semble juste : Abélard est un homme « dissemblable à lui-même », « totuus ambiguus ».

(6) « La liberté de recherche… signifie la disponibilité à accueillir la vérité telle qu’elle se présente au terme d’une recherche dans laquelle n’est intervenu aucun élément étranger aux exigences d’une méthode correspondant à l’objet étudié. »

Dieu est-il vraiment tout-puissant ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent :

  • Père Joël GUIBERT, Prêtre du diocèse de Nantes
  • Jean-Christian PETITFILS, Historien
  • Romain de CHÂTEAUVIEUX, Fondateur de l’association Misericordia

 

Les idéologies modernes, détournement du christianisme

Terres de Mission reçoit par Skype Jean-Philippe Trottier, journaliste québécois qui vient de publier un livre sur les idéologies contemporaines envisagées notamment comme un détournement du christianisme : « Les illusions dangereuses ».

Puis, Gabrielle Vialla, mère de famille et auteur de nombreux ouvrages notamment sur la féminité et sur l’éducation des enfants à la chasteté, présente son dernier ouvrage : « Eduquer la conscience dès l’enfance ».

Enfin, Gérard Authier évoque la crise de l’Eglise à l’occasion d’un roman à la fois drôle et tragique sur ce sujet : « Moi, « Bob », curé de Saint-Frusquin ».

Construire des mosquées, détruire des églises, un député poursuivi, un ministre applaudi

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Le député européen Nicolas Bay a vu son immunité parlementaire européenne levée à une immense majorité ce 2 février pour que des poursuites s’engagent contre lui. Il a critiqué la construction d’une mosquée. La procureure générale de la Cour d’appel de Rouen a demandé cette levée de son immunité. Celui-ci s’exprime en défaveur de la construction de la mosquée de Guichainville en Normandie. Il lui est reproché d’inciter à la haine raciale. Il aurait dit : « L’islam politique qui se propage partout en France et ici même en Normandie … Il faut arrêt le communautarisme quand on sait qu’il importe à la fois de la délinquance, de la criminalité et du terrorisme … »

Dans le même temps, en janvier 2023, l’ancienne ministre de la culture, Roselyne Bachelot, invitée de l’émission « C à vous » prédit la destruction des églises dites « sans grand intérêt », même si elle invite à la mobilisation des citoyens pour conserver ces édifices. Cette situation est emblématique de la spiritualité en France. J’ai pour ma part été plusieurs fois le témoin oculaire des attentes des pratiquants de l’Islam, à l’entrée des centres religieux et salles de prière; faisant patiemment la queue. Ils sont à chaque fois des centaines et des centaines. A l’inverse, l’entrée des églises le dimanche matin ressemble à une petite réunion entre soi de quelques chrétiens perdus dans ce monde.

Mais les réactions témoignent aussi d’un renoncement des élites européennes à être des élites spirituelles. Entendons nos élites politiques et religieuses. Sous la pression du Qatar, dit-on, les députés européens font de nouveau le choix d’une laïcité nihiliste qui ne résistera pas une seconde à l’extension spirituelle de l’Islam en Europe selon la formule prophétique de Tariq Ramadan : « les sociétés démocratiques à majorité musulmanes ». Et les propos de R. Bachelot ont suscité l’enthousiasme des laïcards qui soutiennent cette démarche de liquidation du patrimoine chrétien sur le sol européen. A aucun moment, il ne lui est reproché d’annoncer une déchristianisation, voire de l’encourager. A cet égard, le Saint Michel des Sables d’Olonne ou la Vierge de la Flotte-en-Ré sont des symboles de cette déchristianisation active.

En fait, les chrétiens sont une minorité politique qui commence à ne plus intéresser nos élites. Par contre, l’électorat de tradition musulmane pèse de plus en plus lourd. C’est pourquoi je finis par m’interroger par le sens réel d’un livre : Les lettres persanes de Montesquieu. En effet, celui-ci n’annonçait-il pas la véritable préférence des élites des Lumières pour cette religion de la soumission (Islam signifiant bien la soumission et la sujétion aux ordres de Dieu) là où le christianisme promeut la liberté de conscience, l’amour et le pardon. Montesquieu raille avec les arguments du mahométan les absurdités, à ses yeux, qui sont les mystères et les sacrements des chrétiens. La société mahométane lui paraît plus civile, plus éduquée, plus désirables.

Est-ce bien ce que veulent nos élites ? Peut-être devons-nous leur demander tout simplement ? Etes-vous pour l’instauration de l’Islam comme nouvelle religion, non pas en Europe, mais de l’Europe ? A cet égard, il faut discuter avec nos élites du sens réel de la laïcité. Car là est peut-être le piège. D’ailleurs, que signifie ce mot ? D’où vient-il ? Traditionnellement il dénomme celui qui n’est ni ecclésiastique ni religieux. Il qualifie alors ce qui est propre au monde profane ou à la vie civile. On dira du laïc qu’il vit dans le « siècle ». La religion désigne alors par habitude le « séculier », ou laïque, comme opposé au « régulier » qui appartient à un monde religieux. Mais l’étymologie va beaucoup plus loin. Laïque vient du grec  » laikos  » (« λαϊκός « ). Ce terme dérive de  » laos  » (« λαός ») le ‘peuple’ et du suffixe grec « ikos », au sens de ce qui est « relatif à « . Ce mot grec signifie donc ce qui concerne le peuple en le séparant de ce qui n’est pas clérical. Et dans le latin « laicus », cela signifie le commun, l’ordinaire.

Faire l’apologie de la laïcité, c’est tout à la fois pour les modernes se séparer du religieux pour s’en émanciper et revendiquer une liberté politique. Mais c’est aussi exprimer le peuple, son commun et son ordinaire. Or, si le peuple est très majoritairement de confession musulmane, la subversion de la laïcité par l’Islam est alors inévitable pour deux raisons tout à fait simple. Une première démographique où la société démocratique à majorité musulmane fera démocratiquement le choix d’instaurer sa préférence. D’où la seconde qui tient au fait que le laïc et le clérical se confondent dans la pratique même de l’Islam. La laïcité aura vécu.

Cela jette un regard cru sur ce qu’il convient d’envisager. Il y a un effort de spiritualisation de nos élites européennes mais aussi de compréhension du sens profond de l’héritage chrétien où les deux pouvoirs sont bien dissociés depuis toujours. Or, ce qui se joue sous nos yeux, n’est rien d’autre que la disparition de la liberté religieuse et de la liberté politique. Est-ce vraiment ce à quoi nos élites aspirent, par leur soumission héritiée de Montesquieu ? Ouvrons le débat avec nos élus sereinement, car les perspectives sont là.

Pierre-Antoine Pontoizeau

Rapport sur la christianophobie en France en février 2022

Nos amis de l’Observatoire de la christianophobie ont récemment mis en ligne leur rapport mensuel sur les actes anti-chrétiens perpétrés en France en février 2022.

Vous pouvez le télécharger ici.

Contre les musées… mais pas seulement

D’Aurelio Porfiri, éditeur et écrivain catholique italien, pour le Salon beige:
Je viens de visiter le Louvre, un musée rempli de tous les atouts artistiques et dans lequel l’Italie joue un rôle fondamental et pas seulement pour la Joconde. Cependant, en réfléchissant à ce qu’est un musée, si l’on doit reconnaître leur mission de conservation de certains patrimoines artistiques, il faut aussi dire que, dans un certain sens, ils les trahissent.
Le musée est une sorte de jardin zoologique de l’esthétique, où les œuvres d’art sont gardées en captivité dans un environnement qui n’est pas le leur. L’œuvre d’art doit être vécue, à la fois dans la prière et dans la contemplation solitaire, l’accumulation anormale de chefs-d’œuvre dans un musée comme le Louvre rend l’œuvre d’art inutilisable dans le sens où elle devrait pouvoir nous parler. L’art sacré du Louvre, patrimoine étonnant, était fait pour les églises, pour les demeures privées, pour les monastères. Des tableaux extraordinaires placés les uns à côté des autres, dans des pièces où il y en a peut-être des centaines, déjouent le message. Aussi parce que le musée, si vous essayez de vous nourrir de l’art qu’il contient, vous étourdit forcément. J’ai dû m’asseoir plusieurs fois, non seulement à cause d’une fatigue physique compréhensible, mais aussi à cause d’un vertige esthétique. Je ne sais pas si on peut parler de syndrome de Stendhal, mais j’avais l’impression d’être celui qui se gave sans cesse de beaucoup trop de gourmandises.
Mais cela ne s’applique pas seulement aux musées, cela s’applique également aux concerts, où la musique écrite à d’autres fins, comme la musique sacrée, est souvent jouée. Je comprends qu’on pense que, puisque la vraie musique sacrée a été exclue de la liturgie, alors on peut l’écouter en concert, mais c’est une écoute décontextualisée: la musique n’est pas seulement un son, mais c’est aussi un contexte qui interagit avec l’expérience de l’écoute. Les concerts de musique sacrée (ce que j’ai fait aussi) sont un moindre mal, mais ils sont pourtant, d’une certaine façon, un mal.
Un discours similaire devrait être tenu pour les archives rendues inaccessibles, soit totalement, soit dans la manière dont leur utilisation est autorisée. Nous avons, dans l’Église catholique, des témoignages extraordinaires de notre passé, mais, dans certains cas, la recherche est entravée par des règles idiotes, pensant que le chercheur va dans des archives en sachant exactement ce qu’il doit chercher. Tout chercheur vous dira que l’apport le plus important à sa recherche vient non seulement de ce qu’il cherchait, mais surtout de ce qu’il ne cherchait pas. Pour trouver, il faut se perdre dans les archives et donc laisser le chercheur dans le vertige de son ignorance de mondes entiers possibles.
Pour revenir au Louvre, je me suis assis et j’ai passé quelques minutes à méditer sur quelques œuvres d’art mais il faudrait toutes les méditer, ce qui est évidemment impossible. Considérez que le Louvre expose 35 000 œuvres. Si l’on consacrait ne serait-ce que 30 secondes à chacune, il faudrait plus de 12 jours sans sommeil pour les voir toutes. Si seulement 100 de ces œuvres étaient sélectionnées et qu’on leur consacrait 5 minutes, cela prendrait tout de même plus de 8 heures. Et nous n’aurions vu que 0,29% du musée !

La crise de la confession est un des aspects les plus révélateurs de la crise catholique

De l’abbé Claude Barthe dans Res Novae :

Une des conséquences peu soulignée du grand chambardement qui a suivi le concile Vatican II est l’effondrement de la pratique de la confession. Le phénomène en dit long sur l’effacement du sens du péché et plus généralement sur la mutation du catholicisme, au moins quant à sa perception par ceux qui y adhèrent. Le retour sera sur ce point aussi nécessaire que difficile pour la pastorale qu’aura à mettre en œuvre une vraie réforme de l’Église.

Brève histoire de la « seconde pénitence » après le baptême

L’avertissement Sancta sanctis, « Les choses saintes pour ceux qui sont saints ! », qu’on trouve dans le chapitre VIII des Constitutions apostoliques, rédigées vers la fin du IVe siècle, existe aujourd’hui dans la plupart des liturgies orientales (et aussi dans la liturgie mozarabe), rappelant l’obligation de la pureté de conscience pour approcher de la communion.

Il convient bien sûr de replacer l’analyse de ce phénomène dans une histoire de ce sacrement. Elle montre une tension continuelle entre la nécessité du sérieux de la conversion, et donc la vérification par le prêtre, autant qu’il est possible, de la véracité du ferme propos (c’est-à-dire la ferme intention de ne pas retomber) pour donner l’absolution, d’une part, et l’importance pastorale d’y faire accéder le grand nombre des chrétiens pour les faire bénéficier de cette purification, d’autre part. Ce qui s’est manifestée par le passage de la confession rarissime à sa multiplication au cours de l’existence, de la pénitence publique à la pénitence privée.

En effet, la « seconde pénitence » (Tertullien, De pænitentia), pour être purifié des péchés commis après le baptême s’opérait par l’onéreuse pénitence publique, long temps d’expiation des péchés graves (adultère, crime, reniement de la foi), s’achevant par une réconciliation opérée par l’évêque. Mais au VIe siècle, les moines irlandais débarquant sur le continent y importèrent la pratique de la pénitence privée, fréquemment renouvelable, version pour des laïcs d’un usage de monastère, avec pénitences ascétiques ou commutations (messes par exemple). Un mouvement spirituel d’intériorisation de la religion, notamment dans des ordres mendiants, fut un terrain favorable à la diffusion de la confession fréquente, accompagnée pour les fidèles les plus fervents d’une direction spirituelle, sachant cependant que la communion fréquente, à cette époque, restait rare.

Le IVe concile de Latran, en 1215, imposa à tous les laïcs parvenus à l’âge de discrétion ou âge de raison (l’âge auquel on distingue le bien du mal), la confession annuelle et la communion pascale annuelle dans sa propre paroisse. De fait, cela revenait à imposer une confession au temps de Pâques suivie de la communion – actes sacramentels décrits par l’expression « faire ses Pâques » – le concile de Latran consacrant la confession auriculaire (à l’oreille du prêtre) en remplacement de la confession publique, qui garda cependant longtemps des partisans. Le concile de Trente confirma la discipline de Latran IV, dans le climat de contestation du sacrement de pénitence provoquée par le protestantisme.

Après le concile de Trente et jusque dans le premier XIXe siècle, la longue querelle entre rigoristes et molinistes, déployée notamment en France et en Italie, témoigne à nouveau de la tension entre ces deux pôles pastoraux. Les maximes gallicanes et janséniste prescrivaient d’user souvent du report d’absolution pour s’assurer de la contrition du pénitent récidiviste (après avoir avoué des péchés graves au confesseur, il devait s’efforcer de ne plus commettre ces péchés et revenir plus tard devant lui pour recevoir l’absolution). Saint Alphonse de Liguori, au XVIIIe siècle, formé par les jésuites, peut être considéré comme le grand représentant de la morale romaine, qui sans être laxiste se gardait d’un rigorisme qui faisait fuir le sacrement. Au XIXe siècle, la morale rigoriste perdit d’ailleurs du terrain, au sein d’un vaste mouvement favorable à l’ultramontanisme (ecclésiologie, liturgie, bientôt philosophie néo-thomiste, et morale). Ainsi le Curé d’Ars, confesseur par excellence, évolua-t-il durant sa carrière pastorale de la sévérité à la française au liguorisme. Si le délai imposé pour l’absolution devint rare, les refus d’absoudre existaient. Des lieux et temps de confessions s’organisaient, comme les missions paroissiales et les sanctuaires de pèlerinage.

Mais la balance de la théologie morale, penchant diversement selon les époques et les écoles entre exigence du ferme propos et condescendance (ne pas écraser la mèche qui fume encore), a été purement et simplement évacuée, dès lors qu’en vertu de théories laxistes de « gradualité » pour sortir du péché ou d’« accompagnement » du pécheur pour cette (théorique) sortie progressive (par exemple de l’usage de la contraception, de l’adultère consacré par le « remariage » après divorce), le ferme propos est par définition inexistant.

La confession, une charge sacerdotale jadis considérable

Jusqu’à Vatican II, la formation à la confession dans les séminaires avait une place importante. Elle correspondait à la charge considérable que représentait ce sacrement dans la vie des prêtres de paroisse. Sans parler des foules permanentes de pénitents dans les lieux de pèlerinage, comme dans la chapelle des confessions à Lourdes, devant les confessionnaux, aujourd’hui inutilisés, de toutes les églises, se formaient des files de pénitents, dès l’instant qu’un confesseur s’y trouvait. À la veille des fêtes, et spécialement lorsque approchait la fête de Pâques, des journées entières étaient employées à entendre les pénitents. Les missions paroissiales, comme nous le disions dans un précédent article commençaient par une prédication invitant aux « grandes réflexions » sur la mort, les fins dernières, le péché. Puis pendant des journées entières, les confessions des paroissiens étaient entendues, ils étaient d’ailleurs invités à faire des confessions générales de toute leur vie. Dans une société où l’immense majorité avait été catéchisée dans l’enfance, les conversions de mécréants se manifestaient essentiellement par une confession par laquelle ils rompaient avec leur vie ancienne.

Les années 50 du XXe siècle, années de grande turbulence dans l’Église, furent aussi, paradoxalement, celles d’une pratique sacramentelle plus intense. En France, les enquêtes du chanoine Fernand Boulard montrent que 43% seulement des Français faisaient alors leurs Pâques, mais qu’une certaine embellie se produisait, notamment en raison de la banalisation de la communion des hommes qui, dans certaines régions, y étaient restés jusque-là réfractaires. D’autant que les appels de saint Pie X à la communion fréquente (décret Sacra tridentina, du 20 décembre 1905) étaient plus largement entendus du fait de l’allégement de la discipline du jeûne eucharistique opérée par Pie XII (non plus jeûne depuis minuit, mais de trois heures pour la nourriture solide et les boissons alcoolisées, et de une heure pour les boissons non alcoolisées).

Le cataclysme

« Dans l’Église, la confession, cela a été la chute libre sans parachute. Cette chute n’a été rencontrée nulle part ailleurs, ni pour l’Eucharistie, ni pour la foi », écrivait un aumônier d’Action catholique, supérieur de grand séminaire, dans un dossier du Pèlerin, 3 novembre 1974, cité par Guillaume Cuchet, selon lequel « la crise de la confession est un des aspects les plus révélateurs et les plus saisissants de la “crise catholique” des années 1965-1978 ».

Il se réfère aux trois sondages dont on dispose en la matière, le premier réalisé par l’Ifop en 1952, le deuxième par la Sofres en 1974 et le dernier, toujours par la Sofres en 1983 :

  • En 1952, 51% des adultes catholiques déclaraient se confesser au moins une fois par an, dont 15%, qu’on pouvait nommer les pénitents fréquents, se confessaient une fois par mois, et parmi eux 2% le faisaient toutes les semaines.
  • En 1974, 29% seulement se confessaient une fois par an, les pénitents fréquents ayant pratiquement disparu (1%).
  • En 1983, les « annuels » étaient tombés à 14%.

Ce fut donc une rupture brutale : tandis que se tarissait le flux des pénitents ordinaires, le groupe des pénitents fréquents, catholiques qui constituaient le cœur de l’Église, disparaissait pratiquement.

La pratique des « cérémonies pénitentielles » (un certain nombre d’entre elles suivies d’absolutions collectives qui, selon la doctrine classique, sont réservées à des situations de grave danger de mort, sous réserve d’avouer ensuite ses péchés en confession si on en réchappe), a aussi contribué à déprendre les fidèles de l’habitude de la confession individuelle. L’Ordo pænitentiæ de 1974, puis le canon 961 essayent d’encadrer cette évolution : la célébration pénitentielle avec absolution collective exige une grave nécessité, de laquelle juge l’évêque diocésain en accord avec la Conférence des Évêques. En bien des endroits, elle est devenue tout ce qui reste de la pratique du sacrement de pénitence.

Certes, dans son motu proprio Misericordia Dei du 7 avril 2002, Jean-Paul II avait tenté de réagir : « La grande affluence de pénitents ne constitue pas à elle seule une nécessité suffisante » (n. 4). Il est au reste probable que les catholiques qui répondaient aux sondages de 1974 et 1983 considéraient qu’en usant de ces pratiques, ils s’étaient confessés.

Mais si la confession a ainsi disparu de la vie des catholiques, la communion s’est en revanche généralisée, au point que lors d’une messe « ordinaire », en rite Paul VI, la presque totalité des assistants communient, y compris dans des cérémonies où il est évident que sont présents de nombreux pratiquants très occasionnels. En réalité, le chapitre VIII d’Amoris lætitia, concernant les divorcés « remariés » ou le document du 22 février 2018 approuvé par la majorité des évêques allemands visant à permettre aux époux de mariages confessionnels mixtes de participer ensemble à l’Eucharistie, ne font que suivre et consacrer ce qui se pratique tranquillement à la base. Le cardinal Vingt-Trois, qui a déployé une critique feutrée d’Amoris lætitia,le remarquait avec son humour sarcastique:

« Puisqu’on dit que l’Eucharistie est un repas, il faut bien que ceux qui y assistent mangent. »

Une remontée nécessaire et ardue, pénitentielle

Et cependant, il existe toujours dans un certain nombre d’églises, au moins dans des grandes agglomérations, des permanences sacerdotales qui permettent des confessions, parfois même, comme à Paris à Saint-Louis-d’Antin, plusieurs confesseurs ont une activité sacramentelle continue. Il n’est pas douteux que les « nouveaux prêtres » déploient des efforts pour inciter à retrouver le chemin du sacrement de pénitence.

Mais le problème pastoral reste gigantesque et ne cesse de s’accroître en proportion de l’augmentation de l’ignorance catéchétique des catholiques. Il va s’agir de rebâtir la pratique sacramentelle des catholiques qui vont rester dans une Église très réduite en nombre. Le retour à la pratique du sacrement de pénitence sera assurément une des voies pour remodeler un peuple chrétien.

Une des difficultés sera qu’il pourra paraître « rigoriste » de faire retrouver des habitudes d’assistance à la messe sans communion automatique (notamment, peut-être, en rétablissant un jeûne eucharistique plus exigeant), comme de faire en sorte que soient encadrées le rite de communion lors des cérémonies, enterrements, mariages, qui rassemblent aussi un nombre de non-pratiquants voire d’incroyants nombreux, lesquels pensent que la communion est un rite obligé au même titre que l’aspersion du cercueil avec l’eau bénite.

C’est un véritable choc électrique qui devra être produit par une prédication hiérarchique forte et de longue haleine par des évêques réformateurs pour que puisse s’organiser ensuite, sur le terrain, une catéchèse adaptée.

10 février : journée de prière et de jeûne pour le respect de la vie

C’est une proposition de la Conférence des évêques de France, soutenue par les AFC.

Le Conseil permanent de la Conférence des évêques invite les fidèles catholiques à faire du vendredi 10 février, veille de la fête de notre Dame de Lourdes et de la journée de prière pour les personnes malades, une journée de jeûne et de prière pour le respect de la vie humaine. 

Dans le contexte mouvant de nos sociétés, et notamment du débat ouvert dans notre pays sur la fin de vie, les catholiques demandent à Dieu la grâce de respecter la vie humaine, la leur et celle de tout autre, dans leurs pensées et leurs comportements.

Le message du Pape pour la journée de prière pour les personnes malades pourra servir de support :

« Ce qui importe, toutefois, c’est de reconnaître la condition de solitude, d’abandon. Il s’agit d’une atrocité qui peut être surmontée avant toute autre injustice, car – comme le rapporte la parabole (du Bon Samaritain) – il suffit d’un instant d’attention, d’un mouvement intérieur de compassion, pour l’éliminer. »

Dimanche de la Septuagésime

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir. Vous aurez la totalité des textes sur le site et nous ne pouvons que vous encourager à vous abonner à la newsletter hebdomadaire en cochant dans la case adéquate sur la page d’accueil.

Le Temps de la Septuagésime marque un tournant important dans l’année liturgique et dont la première partie, la plus courte, le cycle de l’Incarnation, est maintenant terminée en ce dimanche. Nous abordons maintenant la deuxième partie, de beaucoup la plus longue, le cycle de la Rédemption ; et nous commençons à tourner nos regards vers la fête de Pâques, dont le temps de la Septuagésime, où nous sommes désormais, constitue la préparation du Carême.

Ce Temps comprend trois dimanches appelés Septuagésime, Sexagésime et Quinquagésime, ce qui veut dire soixante-dixième, soixantième et cinquantième jour avant Pâques. Ces désignations sont évidemment très approximatives, puisque les semaines ne sont pas de dix jours et que ces dimanches se situent exactement soixante trois, cinquante six et quarante neuf jours avant Pâques. Mais le chiffre de soixante-dix est beaucoup plus symbolique que mathématiquement exact. Il évoque les soixante-dix années de captivité du peuple d’Israël à Babylone, figure de la captivité où le péché nous retient ici-bas, et dont le temps de la Septuagésime nous invite à reconnaître la gravité avant le grand combat du Carême et la délivrance de Pâques. Ce n’est pas encore un temps de pénitence comme le Carême, mais c’est déjà un temps austère et cette austérité se traduit dans la liturgie par les ornements violets que revêt le célébrant, par la suppression du Gloria in excelsis Deo, le chant des Anges, et surtout par la suppression totale de l’Alléluia que nous ne retrouverons qu’à la Vigile pascale.

► Introït : Circumdederunt

Le chant de l’Introït du dimanche de la Septuagésime résume parfaitement en trois phrases les sentiments que l’Église veut nous inspirer durant ce temps liturgique : il est extrait du psaume 17, chant d’action de grâce du roi David, qui rappelle les épreuves dramatiques par lesquelles il est passé, la confiance qu’il a toujours gardée dans le Seigneur et la délivrance qu’il en a finalement reçu.

Première phrase :

Circumdederunt me gemitus mortis, dolores inferni circumdederunt me.
Les gémissements de la mort m’ont environné, les douleurs de l’enfer m’ont environné.

L’évocation du péché et de la misère dans laquelle il nous a plongés est traduite ici par une mélodie tourmentée, en particulier le deuxième circumdederunt me est entortillé comme les lacets dans lesquels l’esprit infernal nous tient prisonniers.

Deuxième phrase :

Et in tribulatione mea invocavi Dominum.
Mais au milieu de ma détresse, j’ai invoqué le Seigneur.

Ici le calme est revenu, c’est la confiance qui s’exprime avec un bel élan sur le mot invocavi.

Troisième phrase :

Et exaudivit de templo sancto suo vocem meam.
Et de son saint Temple, il a exaucé ma voix.

Le saint Temple de Dieu désigne ici le ciel d’où il exauce notre prière, et c’est la joie et la reconnaissance qui s’expriment dans cette dernière phrase d’une façon calme et bien affirmée. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 17 exprimant la reconnaissance de David :

Diligam te Domine, fortitudo mea : Dominus firmamentum meum, et refugium meum, et liberator meus.
Je vous aime Seigneur qui êtes ma force, mon soutien, mon refuge et mon libérateur.

L’introït de ce dimanche de la Septuagésime est un des rares introïts des dimanches, parmi le répertoire de la forme extraordinaire, à n’avoir pas été repris dans celui de la forme ordinaire. Il se trouve relégué seulement au samedi de la 4e semaine de Carême. Son texte, tiré du psaume 17, a peut-être été jugé trop sombre, au moins dans sa première partie, avec l’évocation des gémissements de la mort et des douleurs de l’enfer.

► Graduel : Adjutor

Le chant du Graduel du dimanche de la Septuagésime est assez exceptionnel, d’abord par ses dimensions : c’est un des plus longs du répertoire et sa mélodie s’étend du ” do grave ” au ” fa aigu “, avec un va-et-vient continuel entre les parties basses et les partie élevées, ensuite par l’originalité de cette mélodie qui n’est pas faite, comme celle de la plupart des autres Graduels, de formules qui reviennent régulièrement. On en trouve quelques unes, mais assez peu. Le texte est tiré du psaume 9, chant de louange au Seigneur, protecteur des malheureux et défenseur des opprimés. On retrouve ici, comme dans l’Introït, la confiance des victimes du péché et de ses conséquences, exprimée avec de grands élans allant presque jusqu’à la véhémence.

Première partie :

Adjutor in oportunitatibus, in tribulatione : sperent in te, qui noverunt te : quoniam non derelinquis quærentes te, Domine.
Vous êtes le secours du malheureux dans les nécessités et dans la détresse : qu’ils espèrent en vous ceux qui vous connaissent, car vous n’abandonnez pas ceux qui vous cherchent, Seigneur.

Deuxième partie :

Quoniam non in finem oblivio erit pauperis : patientia pauperum non peribit in æternum : exsurge, Domine, non prævaleat homo.
Car le malheureux ne sera pas oublié jusqu’à la fin. La patience des malheureux ne sera pas déçue éternellement. Levez-vous Seigneur, que l’homme ne l’emporte pas.

L’homme dont il est question dans le psaume c’est le païen, celui qui ne reconnait pas le vrai Dieu et persécute ses fidèles. Il représente pour nous les ennemis de notre âme qui nous tiennent captifs ici-bas.

► Trait : De profundis

Au temps de la Septuagésime comme pendant le Carême, l’Alléluia est supprimé et remplacé par un Trait, un chant qui se chante d’un trait. C’est une psalmodie directe sans antienne, très ornée certes, avec beaucoup de vocalises, mais où l’on retrouve des éléments de la psalmodie avec ses formules d’intonation et de cadences qui reviennent régulièrement. Ces mêmes formules peuvent donc s’adresser à des textes différents, mais ici l’adaptation est parfaite. Le texte du Trait d’aujourd’hui est bien connu, puisqu’il s’agit des quatre premiers versets du psaume 129, De profundis, que l’on rencontre assez souvent dans la liturgie, notamment dans celle des défunts. Ils expriment très bien les sentiments du temps de la Septuagésime : du fond de notre misère nous nous tournons vers le Seigneur avec une grande espérance.

De profundis clamavi ad te, Domine : Domine, exaudi vocem meam. Fiant aures tuæ intendentes in orationem servi tui. Si iniquitates observaveris, Domine : Domine, quis sustinebit ? Quia apud te propitiatio est, et propter legem tuam sustinui te, Domine.
Du fond de l’abîme, je crie vers vous, Seigneur : Seigneur, écoutez ma voix. Que vos oreilles se fassent attentives à la prière de votre serviteur. Si vous considérez nos péchés, Seigneur, Seigneur qui subsistera ? Mais auprès de vous est le pardon, et à cause de votre promesse, j’ai confiance en vous, Seigneur.

► Offertoire : Bonum est

Comme c’est souvent le cas dans les Offertoires, celui du dimanche de la Septuagésime est assez différent des autres chants de cette messe. Il est plus intérieur, recueilli et contemplatif. Le texte est le début du psaume 91, chant de louange au Seigneur qui protège les bons et punit les méchants :

Bonum est confiteri Domino, et psallere nomini tuo, Altissime.
Il est bon de louer le Seigneur et de chanter un psaume à votre nom, O Très Haut.

On remarquera comment ce texte passe dans la même phrase de la deuxième à la troisième personne, ce qui arrive assez souvent dans les psaumes. Ce bonheur de louer Dieu s’appuie évidemment sur la confiance et la reconnaissance exprimées dans les autres chants de la messe. La mélodie le traduit d’une manière douce et paisible, mais affirmative.

► Communion : Illumina

Nous retrouvons dans la Communion du dimanche de la Septuagésime la prière suppliante mais confiante du pécheur du fond de sa misère. Elle est tirée du psaume 30, qui revient souvent dans la liturgie. C’est un de ceux où le roi David exprime le mieux son abandon total à la divine providence. C’est le psaume de l’In manus tuas.

Illumina faciem tuam super servum tuum, et salvum me fac in tua misericordia : Domine, non confundar, quoniam invocavi te.
Faites briller votre visage sur votre serviteur et sauvez moi dans votre miséricorde. Seigneur, que je ne sois pas confondu parce que je vous ai invoqué.

” Faites briller votre visage “, cela veut dire soyez favorable à ma demande. Lorsqu’on adresse une demande à quelqu’un, si l’on voit son visage s’éclairer d’un beau sourire c’est qu’il va nous répondre favorablement, mais si l’on voit son visage s’assombrir c’est le contraire. Cette première phrase est une prière très humble qui se tient totalement dans le grave comme prosternée ; la deuxième phrase au contraire s’élève en un grand élan suppliant mais plein de confiance en la divine miséricorde, et la troisième phrase revient dans le grave pour une cadence paisible.

Chronique des cinglés

Ne savez-vous pas qui est Elodie Jacquier-Laforge ? Elle est vice-présidente de l’Assemblée nationale et député MODEM de la 9ème circonscription de l’Isère. Elle a déposé une proposition de loi visant à développer l’humusation. Vous ne connaissiez pas ce terme ? Moi non plus. Il s’agit de compostage humain. Ce procédé, au nom de la déesse Gaïa, la nouvelle religion de l’environnement, est déjà légalisé dans six États nord‑américains. Cela consiste à envelopper le corps du défunt dans un linceul biodégradable puis à le déposer sur un lit naturel de végétaux. Recouvert, retourné, surveillé, le corps se transforme au fil du temps de manière naturelle en humus. Ce phénomène de décomposition dure plusieurs mois, à la fin desquels la famille et les proches peuvent récupérer l’humus ainsi formé.

Et pourquoi ne pas permettre aussi de faire du savon avec le corps humain ? Ou bien on pourrait aussi tanner la peau des morts, comme pendant la Révolution dite française.

La grandeur d’une société se mesure à son attitude à l’égard de ses morts. Une civilisation qui perd le respect de ses défunts se déshumanise peu à peu…

Les belles figures de l’Histoire : sainte Monique

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent le père Jean-François Thomas pour évoquer la mère de saint Augustin :

 

Sainte-Anne de Kergonan : son histoire, sa communauté et ses pommiers

Cap sur Plouharnel, dans le Morbihan, pour découvrir l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan fondée en 1897. C’est ici que vivent vingt-deux moines bénédictins, selon la règle de saint Benoît « Ora et labora » (Prie et travaille). À ne pas confondre avec la communauté des sœurs de Saint-Michel de Kergonan, située à cinq kilomètres de là. Vous voulez en savoir plus ? C’est parti, Divine Box hisse les voiles et vous emmène découvrir son histoire, sa communauté et son savoir-faire !

Des débuts compliqués

C’est en 1897, que dix moines quittent l’abbaye de Solesmes pour vivre à Kergonan, en Bretagne. En 1914, à peine vingt ans plus tard, le monastère devient indépendant et est érigé en abbaye. Pari réussi !

Les moines font face à quelques difficultés et s’exilent à deux reprises. D’abord en Belgique, de 1901 à 1920, à cause des lois anticléricales. Puis à la Chartreuse d’Auray entre 1942 et 1946, à cause de l’occupation allemande. Mais bien sûr, l’histoire ne s’arrête pas là pour la communauté de l’abbaye Saint-Anne de Kergonan !

Après l’exil, la vie en communauté reprend. C’est en 1968 que commence la construction de l’abbatiale qui sera consacrée sept ans plus tard par Monseigneur Pierre-Auguste Boussard (1917-1997), évêque de Vannes.

(Cliquez ici si vous voulez connaître l’histoire de l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan avec plus de détails !)

Des moines pleins de talents !

Aujourd’hui, la communauté de l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan compte vingt-deux moines. Leurs journées sont rythmées par les sept offices quotidiens (le premier étant à 5h du matin !) qu’ils chantent eux-mêmes éfidemment. Leurs voix ont même été enregistrées à plusieurs reprises sur des CD. D’ailleurs, vous pouvez retrouver ces enregistrements de chants grégoriens sur le site de l’abbaye.

Pour accompagner leurs voix, les moines avaient un orgue traditionnel, mais celui-ci ne permettait pas de chanter tout le répertoire grégorien. En 2016, pour sublimer encore plus leurs offices et élargir leur répertoire, la communauté s’est offert un nouvel orgue !

D’ailleurs, les moines vivent à quelques pas de l’océan ! Le chant grégorien s’inscrit donc dans la continuité de la devise du monastère « Super voces aquarum multarum » qui signifie « Plus que la voix des grandes eaux ».

Mais Kergonan, ce n’est pas uniquement le grégorien, mais aussi toute une série de produits monastiques, parmi lesquels la porcelaine, les compotes, les jus de pomme etc… On vous en parle juste après !

La communauté pendant l’un des sept offices © Abbaye Sainte-Anne de Kergonan 

La spécialité de l’abbaye : la pomme sous toutes ses formes !

Depuis plus de quatre ans, la communauté concocte des produits à base de pommes venant tout droit de leur verger, qui compte huit-cent cinquante pommiers ! Les moines récoltent et trient les pommes. Puis ils transforment eux-mêmes une partie de la récolte en jus de pomme 100% pur jus (des pommes et c’est tout !) dans leur propre atelier. L’autre partie est envoyée dans un ESAT (Établissement et Service d’Aide par le Travail) situé à quelques kilomètres de là, où des salariés porteurs de handicap confectionnent une multitude de produits d’artisanat monastique : confitures, gelées de cidre et compotes de pommes ! Bien sûr, les salariés suivent à la lettre les recettes créées par les moines de l’abbaye !

Un moine transporte des pommes pendant le temps de travail communautaire © Abbaye Saint-Anne de Kergonan

Et comment déguster les bons produits de l’abbaye ?

Pour ça, vous pouvez bien-sûr vous rendre directement à l’abbaye et en profiter pour dire bonjour aux moines ! Voici leur adresse : Abbaye Sainte-Anne de Kergonan, 56340 Plouharnel. Mais si c’est trop loin pour vous, vous pouvez aussi découvrir les produits de l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan directement sur la boutique monastique en ligne de Divine Box.

Reconstruction en 2023 de la flèche de Notre-Dame

Notre-Dame de Paris devrait retrouver sa flèche avant la fin de l’année pour une probable réouverture fin 2024, après les Jeux olympiques, selon le cabinet du ministre de la Culture. Elle doit être reconstruite à l’identique, à 96 mètres du sol, avec les matériaux d’origine, du bois de chêne pour la structure (500 tonnes) et du plomb pour la couverture et les ornements (250 tonnes).

Interrogée sur ce sujet mercredi à l’Assemblée nationale par le groupe de travail sur la conservation et la restauration de Notre-Dame, Mme Abdul Malak, du cabinet de la ministre de la Culture, s’est voulue rassurante. L’édification de la flèche débutera sur le chantier dès que les quatre arcs en pierres de taille qui constituent la voûte de la croisée du transept, au coeur de la cathédrale, auront été reconstruits.

A l’intérieur, le nettoyage et la restauration de 42.000 m2 de murs sont terminés ainsi que ceux des décors (peintures murales, ferronneries, menuiseries, vitraux, sculptures) épargnés par l’incendie dans le transept sud.

Concernant l’aménagement liturgique, le diocèse s’est entouré d’un « comité artistique ». Mgr Laurent Ulrich dit souhaiter « un parcours pédagogique et spirituel » qui ne soit « pas l’équivalent d’un musée » mais « exprime quelque chose du mystère de l’Homme et du mystère de Dieu ». Les experts du patrimoine ont donné leur feu vert à un axe central épuré et la présence d’art contemporain. À l’issue d’une première phase de consultation pour sélectionner le designer qui réalisera les futures chaises de la cathédrale, Mgr Laurent Ulrich a sélectionné les designers Ionna Vautrin et Patrick Jouin à poursuivre leur travail et réaliser un prototype de leur projet. Ionna Vautrin est notamment connue pour avoir réalisé un ouvrage illustrant le Kamasutra. C’est fin.

Extinction Rebellion, une secte millénariste dénoncée par son ancienne porte-parole

Après Michael Shellenberger, célèbre environnementaliste américain, Steven Koonin, membre de l’Académie américaine des sciences et ancien conseiller de Barack Obama, Valeurs Actuelles évoque Zion Lights, ancienne porte-parole d’Extinction Rebellion. Aujourd’hui Lights s’est libérée de ce qu’elle décrit comme une emprise.

Ce que dénonce Lights n’est pas seulement une stratégie de communication non scientifique, ou trop tournée vers l’émotion – comme lorsqu’il lui était conseillé de pleurer à la télévision pour susciter l’émotion chez les téléspectateurs. Le problème tient avant tout au fonctionnement sectaire de l’organisation. « On nous disait de méditer pour nous relier à une puissance supérieure, et ensuite d’échanger nos ressentis », raconte-t-elle. Roger Hallam, le dirigeant historique du mouvement, qui se présente lui-même comme un “prophète”, rassemble selon elle tous les attributs d’un gourou. « Les journalistes m’interrogeaient souvent pour savoir si Extinction Rebellion était une secte. Je répondais que non, alors qu’en réalité c’en est une. »

Les mécanismes décrits par Lights ne laissent guère de doute sur la pertinence de ce qualificatif. L’axe unique de la doctrine d’Extinction Rebellion est un millénarisme climatique virulent, qui mobilise ses adeptes par la culpabilisation. Vous consommez du pétrole, donc vous réchauffez la planète, donc vous devez vous repentir, et c’est Extinction Rebellion qui vous donnera les moyens de le faire. L’organisation cherche moins à recruter de nouveaux adeptes qu’à fanatiser ceux dont elle dispose. Le suprême devoir d’un membre ? Se faire arrêter par la police. « Si vous n’êtes pas en prison, affirme Hallam, c’est que vous n’êtes pas en résistance. »

La propre fille de Hallam a quitté cette secte dès 2019, un an après le lancement du mouvement. Cela n’empêche pas de grands titres de presse comme le Monde ou The Guardian de faire la promotion d’Extinction Rebellion.​

Affaiblie par divers revers, notamment une déclaration équivoque de son fondateur sur la Shoah, Extinction Rebellion s’est mise en sommeil et Hallam a été évincé. Mais il vient de créer Just Stop Oil, dont les militants se sont fait connaître en aspergeant de jus de tomate les tableaux de maître.

Un journaliste de La Croix et deux journalistes du Monde condamnés pour diffamation

J’ai écrit « journalistes » sans guillemet, c’est certainement un peu osé pour qualifier des personnes qui répandent des fake news…

Le 25 avril 2017, Laurent de Boissieu, de La Croix, avait tweeté un extrait d’un numéro de 2005 de la revue universitaire Le Temps des savoirs, dans lequel étaient retranscrits des propos tenus en 2000 par Jean-François Jalkh, qui venait d’être nommé président par intérim du FN, pendant que Marine Le Pen était candidate à la présidentielle. Il y était cité en disant notamment: «Le problème des chambres à gaz, mais moi je dis qu’on doit pouvoir discuter même de ce problème».

Deux jours après le tweet de Laurent de Boissieu, Le Monde publiait un article intitulé: «Front national: Jean-François Jalkh rattrapé par ses déclarations négationnistes».

Pourtant, Jean-François Jalkh se défendait dans la même publication d’être «négationniste».

«Mais je dis moi, quelque chose qui m’a énormément surpris, dans les travaux d’un négationniste ou d’un révisionniste sérieux (…), c’est le sérieux et la rigueur, je dirais, de l’argumentation».

En première instance, le 18 février 2022, les journalistes avaient été relaxés. Le plaignant avait fait appel. Ils ont été condamnés à un euro de dommages-intérêts pour diffamation. La cour d’appel de Paris a estimé que les journalistes avaient commis une faute civile et attribué au plaignant 1.000 euros au titre des frais d’avocat. L’avocat de l’eurodéputé RN, s’est réjoui de cette décision

«qui, cinq ans après une polémique montée de toutes pièces pour affaiblir le Rassemblement national, vient rétablir la vérité et rendre à Jean-François Jalkh son honneur».

 

L’abbé Benoît répond aux questions

Retrouvez chaque semaine une vidéo présentée par l’abbé Benoît, vous emmenant sur les traces des premiers martyrs et des premiers grands saints de l’Église. Aujourd’hui, l’abbé Benoît répond aux questions que vous lui avez posées pendant la première saison.

Vandalisme au sanctuaire de la Flagellation à Jérusalem

Hier, un juif a pénétré dans le sanctuaire de la Flagellation, sur la Via dolorosa, à Jérusalem, est allé dans la chapelle de la Condamnation, a renversé la statue du Christ et lui a frappé la tête à coups de marteau. Arrêté par la police, il a crié : « Il ne peut y avoir d’idoles à Jérusalem, qui est la ville sainte. » Puis il a été conduit à l’hôpital pour une « évaluation psychiatrique »…

Communiqué de la Custodie de Terre Sainte suite au vandalisme du jeudi 2 février :

Aujourd’hui à 8h30 du matin, un extrémiste juif est entré dans l’église de la Flagellation, qui est la première étape de la Via Dolorosa, dans la vieille ville de Jérusalem. L’homme a démoli la statue de Jésus et a dégradé le visage de la statue. Après avoir été immobilisé par le portier du sanctuaire, la police est arrivée et l’a arrêté.

Il s’agit du cinquième incident survenu ces dernières semaines. Pas plus tard que la semaine dernière, des touristes ont été attaqués par un groupe de juifs religieux qui sont entrés dans la Porta Nuova. Ils ont vandalisé la Nouvelle Porte, près du siège de la Custodie de Terre Sainte, jetant des chaises, des tables et des verres et transformant le quartier chrétien en champ de bataille.

Il y a environ deux semaines, un cimetière chrétien de Jérusalem a été vandalisé, des graffitis « Mort aux chrétiens » ont été inscrits sur les murs d’un monastère du quartier arménien et des locaux utilisés comme église dans le centre maronite de Ma’alot ont été vandalisés.

Nous suivons avec préoccupation et condamnons fermement cette série croissante d’actes graves de haine et de violence contre la communauté chrétienne en Israël. Ce n’est pas un hasard si la légitimation de la discrimination et de la violence dans l’opinion publique et dans le scénario politique israélien actuel se traduit également par des actes de haine et de violence contre la communauté chrétienne.

Nous attendons et exigeons que le gouvernement israélien et les forces de l’ordre agissent de manière décisive pour garantir la sécurité de toutes les communautés, garantir la protection des minorités religieuses et éradiquer le fanatisme religieux, ces graves phénomènes d’intolérance, ces crimes de haine et de vandalisme dirigés contre les chrétiens en Israël.

Fr Francesco PATTON, OFM, Custode de Terre Sainte

Fr Alberto Joan PARI, OFM, Secrétaire de Terre Sainte

La CAF fait de la propagande pour le phénomène transgenre !

Non contente d’utiliser le vocabulaire militant, le site de la CAF propose aux familles de « se tourner vers les associations LGBTQI+ » alors qu’il s’agit d’organismes militants, idéologiques, sans expertise médicale ni scientifique. Cette démarche de la CAF est Irresponsable vu les conséquences irréversibles d’une transition, même uniquement hormonale.

Manif pour tous : 10 ans après, quel bilan ?

Où en est le débat sociétal aujourd’hui ? La Manif pour tous n’a-t-elle été qu’un échec ? Les réponses du Club des Hommes en noir avec cette semaine autour de Philippe Maxence, l’abbé Guelfucci, les pères Viot et Danziec et le docteur Philippe de Labriolle.

L’équipe technique du Club des Hommes en noir vous présente toutes ses excuses pour l’absence d’image de cette émission due à un incident indépendant de sa volonté.

Euthanasie : chez les franc-maçons il n’y a plus de débat

Les frères la gratouille sont tous d’accord pour faire passer cette loi légalisation la solution finale pour les personnes âgées, comme on peut le lire dans Marianne du mois de décembre dernier :

A quand la dissolution de cette secte de la République ?

Les dangers d’un “certificat européen de parentalité”

La Fédération européenne des Associations familiales appelle à contribuer à la consultation publique sur l’initiative législative européenne ouvrant la voie à la pratique de la GPA :

« Un enfant n’est pas un privilège et la parentalité n’est pas un droit ; au contraire, un enfant est un don et la parentalité une responsabilité ». Ce sont les mots du Président de la FAFCE, Vincenzo Bassi, dans une lettre ouverte suite à l’annonce d’une initiative législative européenne pour créer un certificat européen de parentalité. En 2020, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déclaré que « si vous êtes parent dans un pays, vous êtes parent dans tous les pays ». En décembre dernier, la Commission européenne a publié une proposition législative sur le sujet, proposition sur laquelle les citoyens européens sont invités à exprimer leur opinion dans le cadre d’une consultation publique jusqu’au 13 février.

Cette initiative inclue une reconnaissance automatique transfrontalière de la “parentalité”, un terme créant confusion avec le terme juridique et biologique habituel de “filiation”. Selon la Commission européenne, cette initiative ne modifiera pas le droit du mariage des États membres de l’UE, puisque le droit de la famille relève de leur compétence exclusive. « Pourtant – a commenté le Président de la FAFCE – l’introduction d’une nouvelle catégorie juridique, la “parentalité”, qui va au-delà de la terminologie actuelle de la ‘filiation’, a un impact sur le droit interne de la famille ». En effet, l’initiative de la Commission européenne, si elle est approuvée, étendrait automatiquement les effets juridiques de la filiation à tous les types de « parentalité » légalement acquis dans un État membre, y compris par GPA, dans tous les États membres de l’UE de manière uniforme. « Au-delà de l’intention déclarée de ne pas interférer avec le droit familial des États membres, ce scénario mettrait la proposition de la Commission en contradiction avec l’art. 9 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE, qui mentionne que “le droit de se marier et le droit de fonder une famille sont garantis conformément aux lois nationales régissant l’exercice de ces droits” », a-t-il conclu.

Tout en saluant l’attention portée par la Commission européenne à la protection des enfants, la FAFCE invite les législateurs européens à respecter à la fois le principe de subsidiarité et le principe de proportionnalité. Aborder cette question suppose en effet que l’UE respecte l’équilibre entre la compétence exclusive des Etats membres en matière de droit de la famille et la compétence de l’UE pour adopter des mesures concernant le droit de la famille ayant des implications transfrontalières (TFUE 81 (3)).

La FAFCE encourage les institutions de l’UE à faire le choix de mesures non-législatives, au cas par cas, appliquées par le biais du mécanisme de coopération judiciaire, suffisantes pour faire face aux situations familiales transfrontalières.

La FAFCE exprime également de sérieuses inquiétudes quant à la reconnaissance de facto de la pratique de la GPA au sein de l’initiative. En 2021, le Parlement européen a déclaré que « l’exploitation sexuelle à des fins de gestation pour autrui et de reproduction […] est inacceptable et constitue une violation de la dignité humaine et des droits de l’hommes ». Ce n’est pas sans raison que la plupart des pays de l’UE interdisent la GPA. Parmi eux : l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie et la Suède. La GPA viole non seulement les droits fondamentaux et l’intégrité corporelle des femmes exploitées, mais aussi des enfants qui deviennent victimes de la traite des êtres humains. Cette pratique est en totale opposition avec l’intérêt supérieur de l’enfant, pourtant présenté comme le piliers de la proposition de la Commission européenne.

Pour entrer en vigueur, la proposition de la Commission doit être adoptée à l’unanimité par le Conseil de l’UE, après consultation du Parlement européen. Une audition publique avait eu lieu au Parlement européen le 9 janvier 2023, au cours de laquelle la Commission a annoncé qu’elle ferait tout son possible pour aboutir à un règlement, c’est-à-dire à des effets juridiques directs, et non seulement à une coopération renforcée entre les États membres. Or, pour l’instant, la Pologne et la Hongrie ont déclaré qu’elles opposeraient leur veto à une telle initiative au sein du Conseil de l’UE, que l’on peut donc s’attendre à voir bloqué.

La Commission européenne a également lancé une consultation publique pour récolter les avis de la société civile et des citoyens européens, consultation ouverte jusqu’au 13 février 2023. Le FAFCE encourage tout le monde à y participer.

Les mères de familles, grandes oubliées de la réforme des retraites

Communiqué des AFC :

Le projet de loi débattu actuellement au Parlement comporte quelques points positifs :

  • La création de l’AVA (Assurance vieillesse des Aidants) et l’élargissement de l’affiliation à l’AVA pour les aidants de personnes ayant un taux d’incapacité au moins de 50%. Cette mesure devrait contribuer à une meilleure reconnaissance de la situation des aidants.
  • Dans le dispositif « carrière longue » des femmes, le projet de loi propose de prendre partiellement en compte l’assurance vieillesse du parent au foyer (AVPF) au titre du congé parental d’éducation (pour 4 trimestres). Mais, selon l’étude d’impact, seulement 2000 femmes par an seraient concernées.

On le voit, ces mesures sont loin d’être à la hauteur des enjeux liés à la baisse de la natalité et l’Exécutif se contente de renvoyer au COR (Conseil d’Orientation des retraites) la « modernisation » des droits familiaux.

Une réalité complexe et des situations hétérogènes

Et pourtant, la réalité des mères de familles est complexe et les situations très hétérogènes. Environ 20 % des mères sont obligées de poursuivre leur carrière jusqu’à 67 ans, l’âge d’annulation de la décote, pour pouvoir partir avec une retraite à taux plein. Cela malgré les huit trimestres par enfant dans le privé (entre deux et quatre seulement dans le public) de la MDA (Majoration de Durée d’assurance). A l’inverse, d’autres femmes aux carrières ininterrompues doivent attendre l’âge légal de 62 ans pour partir. En effet, un tiers des « trimestres enfants » ne sont pas utilisés aujourd’hui parce que les femmes ont suffisamment cotisé. Phénomène qui devrait s’accentuer avec les jeunes générations. De même, le montant moyen des pensions des femmes est inférieur à celui des hommes. En cause, les écarts de salaires, mais aussi des temps partiels beaucoup plus répandus.

Ainsi, dans le premier cas (carrières discontinues) il faudrait augmenter la durée de la MDA comme en Allemagne (3 ans par enfant). Dans le second (carrières ininterrompues), améliorer les bonifications pour enfants, sachant qu’il existe des différences profondes entre le secteur privé et le secteur public et même en leur sein, selon les régimes.

L’importance des droits familiaux

Les Associations Familiales Catholiques rappellent que notre système de retraite par répartition repose sur un renouvellement des générations porté par une natalité dynamique. Or la chute de la fécondité continue depuis 8 ans, aura un impact certain sur l’équilibre de notre système.

Les Associations Familiales Catholiques demandent que la « modernisation » des droits familiaux ne se traduise pas par des économies aux dépens des pères et des mères et que, au contraire, le Gouvernement prenne la mesure des enjeux en investissant à nouveau dans les droits familiaux afin de redonner confiance aux familles.

Vietnam : Le diocèse de Xuan Loc enterre 700 fœtus avortés

Le dimanche 29 janvier à Bien Hoa, dans le diocèse de Xuan Loc (dans le sud-est du Vietnam), le père Joseph Nguyen Van Tich, du comité pro-vie diocésain, a célébré l’enterrement de 700 fœtus en présence de plusieurs milliers de personnes. Selon le groupe, qui a débuté ses activités en 2011, le cimetière compte plus de 62 000 enfants non nés.

« Les enterrer, c’est demander pardon pour la peine et la souffrance que nous leur faisons endurer, et c’est aussi prier pour la sécurité des autres enfants ».

Les participants se sont engagés à sensibiliser la nation communiste sur la dignité humaine, alors qu’on compte de nombreux jeunes parmi les demandes d’avortement dans le pays.

Avant les enterrements, les fœtus morts ont été nettoyés avec de l’alcool et enveloppés dans du linge blanc. Ils ont aussi reçu un nom et ont été disposés dans l’église avec des fleurs, afin de permettre aux gens de prier pour eux.

Le Vietnam, qui compte près de 99,4 millions d’habitants, enregistre un triste record avec environ 300 000 avortements par an, demandées notamment par une majorité de filles âgées entre 15 et 19 ans. Parmi elles, entre 60 et 70 % sont toujours scolarisées. Les volontaires du groupe vietnamien expliquent collecter entre 700 et 1 500 fœtus par mois, dont des enfants mort-nés.

Le prêtre souligne que le groupe diocésain a aussi sauvé plusieurs centaines d’enfants de l’avortement et fourni un logement sûr à plus de 2 000 mères célibataires, abandonnées par leurs partenaires et leurs proches pour avoir refusé de mettre fin à leur grossesse.

Au Vietnam, les avortements en début de grossesse ont été déclarés comme un droit des femmes dans le cadre de la loi de 1989 sur la santé. Plus de 14 millions d’habitants du Vietnam – le troisième pays le plus peuplé d’Asie du Sud-Est – sont âgés entre 10 et 19 ans, ce qui représente près de 14,4 % de la population.

Le comité pro-vie du diocèse offre également un soutien psychologique et spirituel à ceux qui ont été impliqués dans un avortement.

Propagande LGBT : une offensive mondiale

France Catholique consacre son numéro de cette semaine au danger de l’idéologie du genre. Une véritable offensive mondiale :

Le pape et le roi : Philippe Le Bel et Boniface VIII

A l’aube du 7 septembre 1303, dans le village italien d’Anagni, une troupe à la solde du roi de France Philippe le Bel investit le palais pontifical où réside le pape Boniface VIII. Le but de l’expédition est simple : s’emparer du souverain pontife afin de le traduire devant un tribunal pour la plus grave des accusations : celle d’hérésie.

Pourquoi ce procès en hérésie ? Comment Philippe le Bel en est-il arrivé à vouloir traduire le pape devant un tribunal ecclésiastique ? Qui était d’ailleurs ce roi et quelle était sa conception de la couronne de France ? A contrario, que défendait le pape Boniface VIII ? Que s’est-il passé enfin à Anagni et quelles ont été les conséquences de cet événement inouï dans l’histoire ? Pour y répondre, Christophe Dickès reçoit Jacques Krynen, auteur de Philippe le Bel: La puissance et la grandeur, et Guillaume de Thieulloy, auteur de l’ouvrage Le pape et le roi: Anagni (7 septembre 1303).

Vaincre ou Mourir relance le débat sur le génocide vendéen

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Au moment où le film du Puy du Fou, Vaincre ou mourir, « suscite la polémique », comme disent les journalistes, le débat sur la qualification en « génocide » des massacres de Vendée reprend. Bien que le film ne prenne en fait pas partie dans ce débat (l’un des historiens consultés par les réalisateurs est d’ailleurs Jean-Clément Martin, l’un des principaux adversaires de la thèse du génocide), le problème refait surface à cette occasion.

Alors que beaucoup n’ont jamais rien lu sur la question et racontent à peu près n’importe quoi, il ne semble pas inutile de conseiller la lecture d’un article du Sel de la Terre n° 121 (été 2022), récemment paru, analysant l’ouvrage du juriste Jacques Villemain : Génocide en Vendée. 1793-1794.

Signé Michel de Valandrey, l’article est intitulé « Jacques Villemain et le génocide vendéen. Un juriste dans le débat ».

La grande originalité du livre de Jacques Villemain, Génocide en Vendée. 1793-1794, amplement analysé dans ce numéro du Sel de la Terre, réside dans l’angle proprement juridique adopté par Jacques Villemain pour traiter du génocide vendéen. En effet, si depuis plusieurs années le terme « génocide » est utilisé par certains historiens pour qualifier l’action des Bleus en Vendée, ce terme répond aussi à une définition proprement juridique. C’est là tout l’intérêt de la contribution de Jacques Villemain : l’auteur est en effet juriste, spécialiste du droit pénal international et donc à même d’analyser la situation.

Dans un premier temps, après avoir défini ce qu’est un génocide, l’auteur explore « l’arrière-plan mental du génocide », notamment en s’appuyant les travaux de Xavier Martin. Jacques Villemain désigne ainsi « la pensée et l’esprit racistes, élitistes et manichéens des philosophes des Lumières et de leurs disciples, les révolutionnaires de 89 et 93 ». Puis l’auteur montre comment sont réunies toutes les conditions nécessaires pour qu’il y ait génocide, à l’aune des normes internationales du droit moderne.

L’ouvrage fait aussi le point sur les objections robespierristes, Jacques Villemain s’étant en effet nécessairement attiré les foudres de certains historiens contemporains. L’article du Sel de la Terre synthétise six objections de Jacques-Clément Martin à l’encontre du travail de notre auteur.

Enfin, à l’occasion de cet article, l’auteur de la recension émet quelques réserves vis-à-vis de l’ouvrage de Jacques Villemain : il s’interroge ainsi sur l’existence réelle d’une différence essentielle entre la Ve République et celle de 1793. Autre sujet intéressant, les représailles exercées par les Vendéens : faut-il reprocher aux Vendéens d’avoir trop usé de clémence, et de n’avoir pas fait usage de représailles admises par le droit de la guerre de l’époque ? Jacques Villemain répond par l’affirmative, ce à quoi Michel de Valandrey oppose la prudence surnaturelle des Vendéens.

Cette ample recension, constituant un article à part entière du Sel de la Terre n°121, présente de manière très claire l’apport de Jacques Villemain à ce débat tout en apportant certaines remarques et nuances.

Vous trouverez ici le numéro 121 du Sel de la Terre

Et pour s’abonner à la revue

Pour se procurer l’ouvrage de Jacques Villemain

Nous vous proposons ci-dessous le début de l’article :

Jacques Villemain et le génocide vendéen : un juriste dans le débat
A propos de l’ouvrage : Génocide en Vendée, 1793-1794
par Michel de Valandrey

Juriste et spécialiste des questions de justice et de droit pénal international , Jacques Villemain avait déjà fait paraître en 2017 un ouvrage intitulé Vendée 1793-1794 : Crimes de guerre ? Crimes contre l’humanité ? Génocide ? Une étude juridique . Il tentait de démontrer que les crimes commis en Vendée méritent bien la qualification de « génocide ». Le deuxième ouvrage, ici présenté, reprend l’essentiel de la démonstration, répond aux objections, et élargit la réflexion.

« Comment une révolution qui a proclamé les droits de l’homme en 1789 a-t-elle pu commettre les pires crimes moins de quatre ans plus tard ? » (p. 11). Voilà, posé dès l’introduction, le problème de fond. « Il y a là un scandale, au sens étymologique de σκάνδαλον, la pierre d’achoppement, l’aspérité qui fait qu’on trébuche sur le chemin ».

Peut-on qualifier les crimes de guerre commis en Vendée entre 1793 et 1794 de « génocide » ? L’enjeu est immense. Car la Vendée, c’est la pierre d’achoppement sur laquelle trébuchent la Révolution française et sa fille, la République.

Après avoir présenté le point de vue de J. Villemain, nous analyserons les objections faites par les historiens robespierristes, ainsi que les réponses que l’on peut y apporter.

Il nous faudra enfin nous interroger quant à deux opinions de l’auteur :
— La République de 1793 est-elle fondamentalement différente de notre République actuelle ?
— Peut-on reprocher aux Vendéens leur clémence ?

Le point de vue d’un juriste

Le débat sur le génocide vendéen a été ouvert dans les années 1980 lorsque l’historien Pierre Chaunu a, le premier semble-t-il, qualifié les atrocités commises en Vendée de « génocide ». Il s’est amplifié avec la thèse de son disciple, Reynald Secher, en 1986 : Le génocide franco-français : La Vendée-Vengé. Pour qualifier de « génocide » les faits de Vendée, il s’appuyait sur la définition juridique proposée par le juriste polonais Raphaël Lemkin en 1943.

Le 11 juillet 1986, Reynald Secher est interrogé dans l’émission télévisée Apostrophes sur Antenne 2 ; l’émission fait connaître au grand public la thèse du génocide vendéen, en pleine préparation des cérémonies du bicentenaire de 1789. La réaction des historiens robespierristes ne se fait pas attendre : en tête, Michel Vovelle et Jean-Clément Martin, qui récusent la qualification de « génocide », et accusent Secher de travailler plus en idéologue qu’en historien. R. Secher subit alors une véritable persécution politique et médiatique, un chantage financier, et voit sa carrière universitaire brisée.

Des années 1980 à aujourd’hui, le débat entre partisans et adversaires de la thèse du génocide n’a jamais cessé. Ce sont principalement Reynald Secher et Jean-Clément Martin qui se sont affrontés par médias interposés : polémiques et droits de réponse ont été échangés dans des articles de revues spécialisées, de sites internet, dans des interventions à la radio ou à la télévision.

Qu’apportent à ce débat les deux ouvrages du juriste Jacques Villemain ? Précisément, l’originalité du point de vue d’un juriste. Jusqu’à 2017, seuls des historiens discutaient de cette question. C’est effectivement leur rôle d’établir la véracité et l’exactitude des faits, et de les interpréter, de les expliquer. Mais pour ce qui est de les qualifier juridiquement – « génocide » étant un terme juridique répondant à une définition précise – la compétence de l’historien ne suffit plus. Elle doit être complétée par celle du juriste. J. Villemain ne prétend pas que les historiens n’ont pas leur mot à dire : leur travail est indispensable, étant la matière des faits que le juriste cherche à qualifier.

Le travail du juriste est complémentaire de celui de l’historien. L’existence de « crimes de guerre » en Vendée est indéniable et aujourd’hui reconnue par tous. Mais Villemain soutient qu’il se produisit en août 1793 un passage à une autre dimension, celle de ce que l’on appelle aujourd’hui des « crimes contre l’humanité » . Puis, la période de janvier à mai 1794 constitua une nouvelle étape dans l’entreprise criminelle : celle du « génocide » proprement dit.

Rédigé par un juriste, l’ouvrage se présente comme une plaidoirie. Le ton du plaidoyer a l’avantage de rendre la lecture plus aisée et plus passionnante ; mais il pourra rebuter le lecteur plus habitué des publications historiques académiques, par ses envolées parfois enflammées ou sarcastiques. C’est un livre de combat, et l’auteur ne s’en cache pas.

Qu’est-ce qu’un génocide ?

La première partie de l’ouvrage dresse un status quaestionis : qu’est-ce qu’un génocide ? Comment est-il défini dans le droit international ?
L’auteur reprend à son compte la définition donnée par la Convention des Nations Unies de 1948, qui fait désormais autorité dans le droit international:

L’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe.
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe.
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein d’un groupe.
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe .

L’auteur rejette l’accusation d’anachronisme formulée contre son premier ouvrage : la communauté internationale elle-même affirme que le concept de génocide est pertinent à toutes les époques.

La deuxième partie développe la démonstration proprement dite : une bonne part des atrocités commises durant la guerre de Vendée entre dans la définition légale du génocide. Le point-clef de cette démonstration n’est ni la réalité ni l’ampleur du massacre – qui ne font plus de doute pour les historiens – mais la qualification de l’intention criminelle. En effet, « génocide » est le nom d’une intention criminelle : on tue les gens pour ce qu’ils sont et non pour des actes particuliers qu’ils auraient commis.

« Arrière-plan mental du génocide » et conflit d’essence religieuse

Renforçant la démonstration juridique faite dans le premier ouvrage, et élargissant le raisonnement, Jacques Villemain explore « l’arrière-plan mental du génocide », en s’appuyant sur les travaux de Xavier Martin . Il désigne ainsi la pensée et l’esprit racistes, élitistes et manichéens des philosophes des Lumières et de leurs disciples, les révolutionnaires de 89 et 93.

Il est en effet essentiel, pour caractériser l’intention criminelle génocidaire, de démontrer que les Vendéens ont bien été visés « comme tels », c’est-à-dire en tant que groupe racial, ou religieux, ou ethnique. C’est ce qui fait la spécificité du génocide par rapport aux crimes de guerre ou aux crimes contre l’humanité.

La joie de l’âme est dans l’action

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

« La joie de l’âme est dans l’action. »

C’était la devise du Maréchal Lyautey, si critique pour notre époque dominée par la tristesse, encombrée par la passivité des bonnes gens et où l’âme n’a plus sa place. Pourtant, l’action n’est pas nécessairement limitée par l’âge, ou bien très tard. Elle n’est pas, non plus, limitée par les moyens financiers, ni par l’éventail des possibilités, si nombreuses. Elle est entravée par un discours mensonger, asséné quotidiennement et conçu scientifiquement pour fissurer la détermination la plus solide.

L’action est d’abord minée par la croyance à l’inutilité : à quoi bon ? Cela ne servirait à rien, ce serait dépassé, avec des résultats hors d’atteinte. Ensuite, par une distinction « immorale », vous n’êtes pas comme les autres, honte à vous ! Vous n’obéissez pas aux modes, êtes rétifs, soyez condamnés ! Enfin, parce que les institutions nationales et mondiales dictent de plus en plus durement la vie quotidienne et mettent en oeuvre un plan détaillé où la liberté d’agir est interdite, sanctionnée et persécutée.

C’est précisément à cet instant que nous devons nous souvenir que la joie de notre âme est dans l’action.

Volontairement, je laisse de côté l’action purement physique, celle des soldats ou de ceux dont la jeunesse permet des efforts violents. Je m’attache ici à l’action des combattants de l’ombre, de ceux qui n’ont d’autres moyens que leur bonne volonté et leur réflexion. Reprenons, pour les démonter, ces trois grands freins à l’action qui nous sont systématiquement opposés.

« Tu n’as pas à travailler pour le soir qui tombe mais pour tous les matins que tu ne verras pas. » écrit Thierry Maulnier. Notre action n’est pas celle des radis roses de dix-huit jours, elle s’inscrit dans le temps long ! Créer de la joie, c’est s’imposer une conduite, c’est abandonner ces réactions d’indignation et d’imprécation que l’on entend trop souvent et qui, elles, ne servent à rien qu’au défoulement passager et dont la violence renforce le murmure intérieur, le ronchonnement et le désespoir. Pour que ceux « des matins que je ne verrai pas » moissonnent de la joie, je dois donc la semer dès aujourd’hui. C’est simplement pratiquer ce qui est devenu rare de nos jours, comme savoir sourire -à ceux qui le méritent-, maintenir une urbanité, détourner le regard du moche et du sale au profit d’un beau paysage ou d’une belle église, c’est faire un compliment, c’est aussi s’offrir de petits plaisirs, ce qui crée de la joie pour soi-même, sans oublier de choyer précieusement son cercle d’amis. Tout cela n’est pas inutile et encore moins désuet, c’est même un trait qui marque l’entourage et dont il se souvient longtemps après.

Nous ne sommes pas comme les autres, dit-on, et encore heureux ! Avec ironie, on pourrait affirmer que nous incarnons même la diversité. Roland Barthes pensait nous épingler en disant « Être d’avant-garde, c’est savoir ce qui est mort ; être d’arrière-garde, c’est l’aimer encore. » Mais la roue tourne rappelaient nos anciens. À bien y regarder, ne dirait-on pas que les hérauts de 1968, les bobos botoxés toujours jeunes, les « adulescents » encore immatures à trente-cinq ans passés, forment les gros bataillons de l’arrière-garde du monde progressiste et petit bourgeois qui n’en finit pas de se déglinguer dans d’effrayantes convulsions ? La violence du gauchisme ambiant témoigne de la panique de ceux qui pensaient avoir tué Dieu une bonne fois pour toutes ! D’où ce constat étonnant ; si nos églises tradis sont pleines de jeunes, de familles, de bébés, si nous voyons l’essor des pèlerinages, s’il y a tant de belles actions comme SOS calvaires, de saines réponses au saccage de notre patrimoine religieux, d’écoles vraiment libres, il se pourrait bien que nous devenions d’avant-garde, soudain conscients de ce qui meurt sous nos yeux. Certes, c’est sous la menace de la guerre qui nous est faite, des affronts incessants, des sanctions blessantes, des critiques infamantes, mais la réalité est là : on n’avait pas vu, depuis longtemps, tant de gens se dresser contre le déclin et l’immoralité sous des formes si différentes et complémentaires.

L’ennemi est pourtant surpuissant, il a pour lui les institutions nationales et internationales, la haute banque, les lois, les médias vendus et toutes les caisses de résonance qui jouent complaisamment sa partition. Si nous voulons nous mesurer à lui dans un conflit symétrique, nous sommes condamnés. C’est donc dans une multitude de petits combats asymétriques que nous pourrons vaincre. Voilà l’immense champs de bataille où l’action doit s’étendre, des volontés par millions contre des centaines de loges.

Se former est une action, c’est comprendre les buts de l’ennemi, ses tactiques et moyens. Par exemple, étudier le contenu de la fameuse roue du Grand Reset de Davos. Ce sont les thèmes dont on nous rebat les oreilles chaque jour. Parvenir à les discerner dans le flot quotidien de l’information, c’est une action. En exposer l’utopie et la dénoncer, c’est une action. Transmettre, raconter l’histoire de sa famille est une action. Proposer de bons ouvrages à son entourage, orienter vers des réflexions utiles plutôt que futiles est une action. Aider les plus jeunes à s’intéresser à l’Histoire, à la France, à nos grands personnages -l’Histoire en bande dessinée de Reynald Sécher-, c’est une action. Offrir une entrée au Puy du Fou plutôt qu’ailleurs, c’est une belle action ! Agir au jour le jour est également essentiel, en boycottant les enseignes qui soutiennent l’immoralité et le mensonge, en choisissant la préférence nationale et locale pour l’alimentation, en défendant notre bonne cuisine, en refusant les modes idiotes des journées dédiées à je ne sais quelle cause débile, en n’ayant plus l’excuse comme réflexe conditionné ! Et puis, à chaque fois que c’est possible, refuser de se soumettre à la loi des Maîtres. Préférer payer en espèces plutôt qu’avec une carte ou un téléphone, aider selon ses moyens de belles causes qui n’auront jamais un centime de l’État, se tenir à l’écart des réseaux sociaux, ne jamais céder à la repentance aveugle qui ne sert qu’à miner notre civilisation gréco-chrétienne, et, par dessus tout, penser par soi-même, libéré du bourrage de crâne du « journal de 20 heures », des pubs « inclusives » et des avis autorisés… Savoir dire non est une résistance, une résistance en action.

Dans un récit poignant, « Oublié 23 ans dans les goulags viet-minh », le lieutenant-colonel Huynh Ba Xuan, officier français prisonnier, raconte qu’il devait prononcer à voix haute les slogans du parti communiste, des heures durant, torture physique autant que psychique. Mais, par un effort surhumain, il parvenait à réciter ses prières, Pater et Ave, sans se lasser. La prière est une action !