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Et le ministre de la famille est…

introuvable !

Le gouvernement Borne a été remanié et on y trouve un Premier Ministre, 16 Ministres, 15 Ministres Délégués, 10 Secrétaires d’Etat mais toujours pas de portefeuille dédié à la famille.

En revanche, il y a :

  • un ministre de la Transition écologique
  • un ministre de la Transition énergétique
  • un ministre de la Transformation
  • un ministre délégué chargé de la Transition numérique

… cela fait beaucoup de transition vers le monde d’après…

Des No Go Zones à Marseille

Livre Noir s’est rendu dans les quartiers Nord de Marseille, de nuit, et a assisté à des opérations policières anti-drogue. Un documentaire immersif, pour vous faire vivre la réalité de ce que vivent les policiers au quotidien en une quasi zone de guerre :

Lui et le chaos

D’Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine :

[…] Telle est la France de 2022, pour le deuxième quinquennat de Macron. Le désastre économique et financier est là, avec les taux qui remontent, l’inflation que rien n’arrêtera, la pénurie qui s’installera et qui commence déjà, la « stagflation » pour ne pas dire la récession qui s’ensuivra, crise de l’offre comme de la demande selon les secteurs, la crise sociale qui éclatera avec toutes ses conséquences dont l’impossibilité de contenir les populations que l’État ne contrôle plus et dont les images du stade de France fournissent une petite idée. Voilà ce qui attend Macron sur le plan intérieur. Élisabeth Borne et son équipe quelle qu’elle soit, ne changera pas l’état des lieux. C’est inéluctable. De jouer les chefs de guerre n’arrangera rien ; c’est une fuite en avant, comme cette illusion que l’Europe et l’OTAN où il pérore sans raison et sans moyen vont le hisser au-dessus des événements, lui donner une stature internationale qui le sortira du bourbier français. La guerre est une réalité trop dure pour laisser des Macron en décider. L’Europe aura explosé avant que Poutine n’ait arrêté ses troupes. Tout se retourne.

Il était de mode, il y a quelque temps, de parler des années 1930 pour dénoncer un prétendu péril fasciste. Macron lui-même avait donné dans ce fantasme. Cependant il est une comparaison qui reste pertinente : ce sont les politiques menées entre les deux guerres qui ont été la cause directe du désastre de 1940. Il est interdit de le dire, ce qui est pourtant une évidence, d’autant plus que les responsables en question se sont défaussés et esbignés, selon la vieille loi républicaine de l’irresponsabilité. Macron ferait bien de réfléchir à la suite. Il est des nécessités en histoire, remarquait Jacques Bainville.

Un peu d’inquiétude ne messiérait pas à notre président si sûr de lui. Il se croit roi sans l’être vraiment. Toutes les décisions qui dépendent de lui sont suspendues sur sa tête. « Inquiète est la tête qui porte une couronne », faisait dire Shakespeare au roi d’Angleterre. Loin de s’enorgueillir, il vaut mieux en pareil cas s’humilier pour considérer les réalités de la terre, même si elles sont terribles. ? Le Prophète et la Techno, par ordre hiérarchique d’importance.

Frédéric Ozanam, apôtre des temps modernes

Aymeric Pourbaix et Véroniques Jacquier reçoivent le père Jean-François Thomas, jésuite :

 

De la démocratie : la Cour Suprême des Etats-Unis, les législatives françaises, le synode romain

De Philippe Mesnard dans Politique Magazine :

Aux États-Unis, Trump a fait nommer des juges “conservateurs” à la Cour Suprême, c’est-à-dire qu’il a poursuivi la politique de tous les Démocrates qui l’ont précédé : utiliser le pouvoir exorbitant de cette cour pour influer sur la législation. Rappelons au passage que ces magistrats sont des… magistrats ! c’est-à-dire que ce sont des professionnels de la chose judiciaire. Nul Fabius (nommé par Hollande), nul Juppé (nommé par Ferrand), nulle Gourault (nommée par Macron), non, de vrais magistrats, avec une vraie carrière, choisis à l’issue d’une pénible et publique sélection. Ils viennent de révoquer l’arrêt Roe contre Wade, débattu depuis 50 ans (il paraît que le débat est démocratique), en y mettant les formes, ce qui signifie que toutes les législations des États américains sur l’avortement ne sont plus contraintes par un droit constitutionnel garanti au niveau fédéral. Autrement dit, ces juges, dans le cadre d’un État fédéral, viennent de rendre un peu de pouvoir législatif aux états qui le composent. Horreur ! Un organisme fédératif considère que ce sont les États qui doivent décider des lois en fonction de leurs peuples et de leurs cultures ! Sacré coup porté à la démocratie contemporaine qui chérit la souveraineté au point de réserver son usage aux mains les plus rares et les plus saintes. Oh mais v’là-t’y pas, Brett (1), que tu m’as mis de la démocratie partout, c’est quoi c’t’affaire ! On comprend l’émotion très légitime des démocrates français et unionistes. Belle leçon.
Pendant ce temps, les Français, justement, ont voté avec leurs pieds. Totalement dégoûtés par une classe politique insensible à leurs vraies souffrances ou totalement asservis par un État qui a décidé de les transformer en perpétuels assistés, une bonne grosse moitié n’a pas voté aux législatives après qu’un petit tiers n’a pas voté à la présidentielle. Par le jeu du scrutin uninominal majoritaire à deux tours (dont le nom seul souligne la simplicité sans calcul), présenté comme un petit chef-d’œuvre d’intelligente représentativité, le Rassemblement National et LFI se voient dotés d’un fort contingent de députés. Faillite de la République, dévoiement de la démocratie ! clament aussitôt les gens pondérés qui aiment qu’on éborgne les Gilets jaunes tout en vendant nos industries aux Américains. Et Emmanuel “El Presidente” Macron explique gravement d’une part que la France, seule vraie démocratie au monde, phare illuminant les autres nations, ne peut être gouvernée sans majorité, laissant perplexe l’intégralité de ses partenaires européens qui pratiquent la coalition ; d’autre part qu’en tant que « président de tous les Français » (sicut dixit) il entend former un gouvernement en excluant immédiatement NUPES et RN, qui représentent près de la moitié des députés, et donc des Français, ces partis n’étant pas des partis de gouvernement, c’est-à-dire qu’ils risqueraient, eux, d’opposer les Français entre eux, et même, pire, de creuser les déficits – et il faudrait être bien sot ou bien mesquin ou bien partisan pour reprocher à Macron ces deux irrémissibles péchés, n’est-ce pas ? Au passage, on tente de finasser avec le règlement de l’Assemblée nationale, qui permet en effet toutes les finasseries. Là aussi, recevons cette leçon comme il se doit.
En parallèle, l’Église est au milieu de son beau processus du Synode sur la Synodalité dont on peut espérer qu’il sera un vrai moment de chrétienne démocratie. Dans le monde entier, les vieux progressistes satisfaits, installés dans le précaire confort de leur-s diocèses appauvris, de leurs paroisses vidées et de leurs médias aveugles, ont organisé des groupes de parole et des instances de dialogue où ils ont pris la parole avant de pondre des synthèses admirables, certes mises au point par les secrétariats, sur le modèle romain des précédents synodes, tout en se vantant d’avoir fait parler le peuple. En France, par exemple, 150 000 catholiques ont participé à ces agapes de l’esprit. L’évêque de Troyes, Alexandre Joly, chargé du synode, a donc déclaré : « Ceux qui ont une habitude de prise de parole dans l’Église y sont allés naturellement. Il a manqué la génération des 20-45 ans. Les paroles exprimées ne sont pas celles de toutes les sensibilités, de toutes les générations, mais c’est la parole d’un très grand nombre. » Il n’a manqué à cette consultation, démocratique, que plusieurs millions de fidèles et toute une classe d’âge, les 20-45 ans, qui n’a effectivement rien à dire et n’est pas du tout engagée dans l’Église et ses œuvres. Et pourtant, tout avait été fait pour démocratiser la chose : par exemple, « chez nous, c’est le prêtre qui a choisi les participants au synode, et les autres devaient prier pour eux » (La Vie) : est-il rien de plus serviable, de plus ecclésial, de moins clérical, de plus démocratique, en un mot ? Avalons la leçon. Et si bien et triplement enseignés sur les mérites de la chose démocrate, tirons-en la conclusion logique. ?

Cardinal Sarah : “J’ai été très touché de voir de jeunes Français se mobiliser pour réclamer la messe”

Le cardinal Robert Sarah a été interrogé par Christophe Geffroy dans La Nef. Extrait :

Vous revenez sur la pandémie et jugez sévèrement les limitations au culte qui ont alors prévalu, notamment en France : pourquoi une telle limitation du culte est-elle illégitime quand il s’agit, non pas de persécuter les chrétiens, mais de protéger la population ?

Une chose m’a frappé : on avait grand soin de la santé des corps, de l’équilibre financier des entreprises mais personne ne semblait se soucier du salut des âmes. Certains prêtres ont été admirables, visitant les malades, assistant les mourants, portant la communion et prêchant par tous les moyens. On ne peut pas – on ne peut jamais ! – empêcher un mourant de recevoir l’assistance d’un prêtre. Il revient aux autorités politiques de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la propagation des épidémies. Mais cela ne peut se faire au prix du salut des âmes. À quoi sert-il de sauver les corps si l’on vient à perdre son âme ? J’ai été très touché de voir de jeunes Français se mobiliser pour réclamer la messe. Elle est un bien essentiel. On ne peut en être privé durablement. […]

Aujourd’hui, on insiste à juste titre sur la miséricorde de Dieu contre une vision parfois quelque peu janséniste de la religion qui sévissait jadis ; mais n’a-t-on pas été trop loin en sens inverse, en donnant l’impression que le Salut n’était plus un enjeu majeur – qui prêche encore les fins dernières dans l’Église aujourd’hui ? –, que le péché ne devait plus être dénoncé, comme si tout le monde était automatiquement sauvé et finalement l’enfer vide ? Où se trouve le juste équilibre ?

L’équilibre n’est pas dans la demi-mesure entre le jansénisme et le laxisme ! Non ! La vie chrétienne est tout entière pénétrée de miséricorde parce qu’elle a conscience de la tragédie du péché !
La miséricorde, c’est le Cœur de Dieu qui veut me sauver de ma misère. Ma misère, c’est mon péché qui me coupe de Dieu. Dieu ne m’offre le salut éternel que par pure miséricorde. Il est temps que les homélies rappellent l’urgence du salut. Notre vie spirituelle n’est rien d’autre que le salut éternel commencé et anticipé. Avons-nous un seul autre but, une seule autre préoccupation sur terre qui en vaille la peine ? Non, nous sommes-là pour nous laisser sauver par Dieu, pour recevoir de lui notre éternel salut. On a bien raison de parler de l’enfer. Car Dieu nous laisse libre de refuser ce salut. L’enfer, c’est le salut refusé. Le Ciel, c’est le salut accepté et reçu. Ces réalités devraient être au cœur de toutes nos prédications. C’est cela que les hommes et les femmes de notre temps attendent de l’Église. Tout le reste est secondaire. C’est le cœur de la prédication de Jésus dans l’Évangile.

L’institution du mariage est en péril, écrivez-vous : comment en est-on arrivé à une situation qui aurait été jugée impossible il y a encore peu (comme nier la différence homme-femme) et que peut-on faire pour lutter contre une tendance qui, au nom de la liberté de chacun, semble aujourd’hui impossible à renverser ?

Les chrétiens ont par charité l’obligation de témoigner de la vérité. Comment le plus grand nombre croirait-il si la bonne nouvelle révélée par Dieu sur le mariage n’est pas proclamée ? Les chrétiens doivent donc annoncer ce que le Christ nous a enseigné sur le mariage. Mais ils doivent surtout le vivre ! En voyant un couple de chrétiens mariés, on doit pouvoir dire non pas : ils sont parfaits ! Mais plutôt, malgré leurs péchés et leurs limites, ils s’aiment comme Dieu nous aime. Les couples chrétiens doivent être des évangélisateurs par l’exemple et le témoignage. Leur joie doit montrer à tous que la fidélité jusqu’à la mort, loin d’être un carcan insupportable, est source de liberté. La communion eucharistique des époux est la source de leur vie spirituelle. Ils reçoivent ce qu’ils sont appelés à former : le corps du Christ. Nous avons besoin de familles chrétiennes qui nous prouvent que cette voie est possible et heureuse. Les lois de l’Église à propos du divorce, de l’impossibilité de recevoir la communion pour les divorcés-remariés ne sont pas des lois inventées par la rigidité des clercs. Elles expriment et protègent la cohérence intime de la vie spirituelle. […]

La baisse des vocations est-elle inexorable ?

Aymeric Pourbaix et Véronique Jacquier reçoivent dans En Quête d’esprit :

  • l’Abbé Thomas Chapuis, curé de l’Oise
  • le père François Potez, auteur de « La grave allégresse » (Mame)
  • Anne Bernet, écrivain

 

“Il y a eu tout un tas de mauvais papes dans l’histoire de la papauté”

Extrait d’un article incisif de Marion Duvauchel, historienne des religions :

[…] Si le pape était un homme intelligent et bien conseillé, il s’attaquerait à ce fléau mortel de l’Église : le « vaticanisme ». Et pas tout seul. Quand on aurait enfin réglé leur compte aux pastorales du chien crevé au fil de l’eau : celle du vivre-ensemble, du dialogue inter-religieux, du culte suffisant de l’accueil des migrants, tout cela sur fond de valeurs supposées de l’Évangile et autres carabistouilles ; quand on aurait remis en place des cadres de formation solides, y compris dans les séminaires, avec un enseignement vraiment neuf de l’Ancien Testament et une noétique inspirée, quand on aurait fait cela, alors le corps sacerdotal remplirait sa fonction de dépositaires de la Tradition révélée, et on pourrait dire aux Tradis d’adoucir leur position. Ce que peut-être alors ils consentiraient à faire.

Toutes les sensibilités liturgiques trouveraient leur place dans une Église vraiment renouvelée, avec de beaux chants, dans les langues anciennes – en latin, en grec, en araméen-, en hébreu aussi, en arabe puisqu’il y a des arabes chrétiens, en patois limousin et en gaélique si les Bretons veulent psalmodier dans la langue des druides : l’Église de la diversité du monde manifestée dans la diversité linguistique que Dieu a voulu depuis que les hommes se sont imaginés qu’on pouvait faire l’unité sans lui, depuis Babel donc. Il faudra évidemment savoir ce qu’on chante, ce qu’on célèbre et surtout Qui on célèbre. Et que ce soit beau…

Enfin, il faudra des signes de renouvellement des cœurs, et signe des signes, qu’il y ait sur le parvis de l’Église, au sortir de la célébration, des visages ouverts, accueillants, rayonnants, qui sachent reconnaître un visage nouveau et aller lui parler comme à un frère. Et s’il a besoin d’aide, la lui offrir, dans la mesure des moyens possibles.

On en est loin.

Tout le reste, c’est de la paille et cela ira brûler dans les purgatoires profonds. Et tous ceux qui s’accrocheront à cette paille iront brûler avec.

Le Vatican n’est pas l’Église du Christ, qui est fondée sur 12 apôtres sans compter le treizième, saint Paul. Douze, parce que c’est le nombre qui figure la totalité du réel créé, ce monde entier que les apôtres ont évangélisé : jusqu’à l’Inde et même la Chine. Les marches de la Jérusalem céleste portent le nom de ces douze hommes, et pas le seul nom de Pierre.

Le pape est un vieux monsieur, il a mal au genou. C’est un autocrate qui croit que le Vatican, c’est l’Église du Christ. Il y a eu tout un tas de mauvais papes dans l’histoire de la papauté, qui n’est pas l’histoire de l’Église. Il faut prier pour le suivant : il ne fera peut-être pas mieux mais il ne pourra pas faire pire.

Ou alors, avec beaucoup d’efforts.

De l’inconvénient d’être Sapiens au temps du Great Reset

Analyse d’Alliance pour la France :

Dans 21 leçons pour le XXIème siècle, écrit en 2018, Yuval Noah Harari fait un zoom sur l’ « ici et maintenant » et se propose de passer en revue les 21 thèmes majeurs qui ont fait les piliers de la société libérale et de la social-démocratie, le monde post-45 fondé sur un contrat simple : l’articulation de la liberté et du progrès.

Alors que le pacte social-démocrate était fondé sur une continuité entre progrès, démocratie et liberté (individuelle, économique), Yuval Noah Harari, auteur du fameux Sapiens, constate que cette continuité est caduque. Le livre est malicieux. Hariri se garde bien de prendre position, de prendre part. Il se place dans la posture de l’observateur et semble de fait ramener le progrès technologique à un Fatum : tragique ? Peut-être – l’auteur l’admet même volontiers – , mais il en est ainsi et il faut l’apprivoiser : « biotech et infotech vont nous donner le pouvoir de manipuler le monde en nous et de nous refaçonner ». Deux « façonneurs » se font concurrence dans le monde postmoderne : les ingénieurs, les entrepreneurs, les hommes de sciences, les industriels et les parlements et les partis. Harari pose la question ; « Les parlements et les partis peuvent-ils prendre les choses en main ? Pour l’heure, il ne le semble pas ». Harari reconnaît que s’ouvre ainsi une ère de l’impolitique, précisément parce que le choix, le vœu, le vote, la décision ne sont que des illusions, ou plutôt ils sont adaptés pour un monde simple, binaire, un monde où l’on peut répondre par oui ou par non, par gauche ou droite, stop ou go, un « monde de la savane » comme il le dit souvent où le cerveau de Sapiens doit opérer des choix univoques. Nous ne sommes plus dans ce monde.

En effet, le monde biotech et infotech s’est progressivement tissé. Il s’est fait par l’homme certes mais a soudain mis en évidence l’obsolescence de Sapiens. C’est pour cela qu’il faut le « refaçonner ». Les « hommes ordinaires » n’ont plus leur place dans le monde des conférences TED (Technology, entertainment and design) : « La révolution technologique pourrait bientôt chasser des milliards d’êtres humains du marché du travail et créer une nouvelle classe massive d’inutiles, débouchant sur des bouleversements sociaux et politiques qu’aucune idéologie existante ne sait gérer ». Si l’allusion à la 4ème Révolution industrielle (2016) de Klaus Schwab est transparente, les implications anthropologiques, sociales et politiques sont décisives : l’homme appartient à une masse de superflus désormais, il n’est plus auréolé de la sacralité que lui conférait sa dimension divine, la memoria Dei qui l’habite. L’homme désacralisé est bien la caractéristique de cette anthropologie que dessine Yuval Harari dans ce livre : l’intelligence artificielle se caractérise par une supériorité sur l’homme en termes de connectivité et d’actualisation et « ces avantages potentiels de la connectivité et de l’actualisation (NdA :la possibilité de mettre à jour !) sont tellement immenses que dans certaines activités, tout au moins, il y aurait du sens à remplacer tous les êtres humains par des ordinateurs ». Yuval Harari prend des exemples éclairants : le médecin généraliste de proximité par les « IA- médecins » grâce à des algorithmes d’apprentissage et des capteurs biométriques (tiens, tiens…), les véhicules autonomes qui surclasseraient chauffeurs, routiers, ambulanciers ou autres, la création artistique même qui est modélisable et qui peut même par l’IA avoir une capacité adaptative sur tel ou tel public dans le cadre d’une méthode serrée de mind-tracking. Ces bouleversements anthropologiques et sociaux ont déjà entraîné une « épidémie mondiale de stress » et Yuval Harari évoque une classe d’ « inutiles » par manque d’éducation appropriée ou par défaut d’ « énergie mentale » : Harari reconnaît que le XXIème siècle est la mise à jour d’un darwinisme social d’un nouveau type : la lutte pour l’extraction réussie de Sapiens au profit d’un homme nouveau, une sorte de sur-homme. Certains y parviendront, d’autres, les « inutiles », les « déplorables » d’Hillary Clinton n’en sortiront pas indemnes. Là où le XIXème luttait contre l’exploitation, le néo-prolétariat de la postmodernité devra lutter contre l’insignifiance, l’effacement, la négation. On peut très bien supposer, en extrapolant la pensée d’Harari, que la crise des Gilets Jaunes fut fondamentalement la contestation de cette absorption dans le trou noir de l’insignifiance et de l’invisibilité par les pouvoirs publics, par le monde du travail, par la caste politique et médiatique. Harari n’est pas aveugle sur les conséquences tragiques de ce système : face à une séparation de l’humanité entre une petite classe de surhommes et une sous-classe massive d’Homo sapiens inutiles, l’ « État pourrait perdre au moins une partie de l’incitation à investir dans la santé, l’éducation et le bien-être. Il est très dangereux d’être en surnombre » (p. 140). Et Harari d’ajouter « Mais en temps de crise – comme la catastrophe climatique – il serait très tentant et facile de balancer par-dessus bord les gens superflus ». Apparaitraient alors non des castes sociales, mais des « castes biologiques » dans une division verticale de l’humanité. Terrifiant.

Cette anthropologie conduit à une économie nouvelle reposant sur une révolution des actifs.

« Au XXIème siècle, la data éclipsera à la fois la terre et les machines pour devenir l’actif le plus important et la politique sera un combat pour contrôler les flux de data », ce qui fait de l’homme non le client mais le produit des datas. Ainsi, l’homme est marchéisé, s’inscrit dans un « devenir-données » ce qui explique que l’identité soit un enjeu majeur de ce début du XXIème siècle. On le voit bien, l’enjeu du politique notamment au Forum Économique Mondial de Davos est d’opérer une révolution de l’identité. Klaus Schwab évoque dans Covid-19 – Great Reset la fusion de l’identité physique, biologique et numérique. Dissoudre les identités traditionnelles – les appartenances familiales, nationales, même l’identité personnelle physique – permet d’absorber l’identité dans les données et de constituer un actif économique qui est l’or ou le pétrole du XXIème siècle. Il s’agit non du contrôle des seules data mais il s’agit de contrôler leur flux d’où l’intérêt pour l’interface entre le cerveau et l’ordinateur, entre le biologique et le numérique et l’horizon transhumaniste que cela ouvre.

En outre, c’est tout un écosystème qui se voit frappé d’obsolescence : le carré magique « travail – salariat – propriété – consommation » vacille sur ses bases. Le revenu universel, prélevé par taxation des milliardaires utilisant l’IA, est ainsi envisagé comme une rente de survie et une assurance contre la « colère populiste » nous dit Harari. L’auteur opère une inversion : les pouvoirs publics ne financeraient plus les individus à travers un revenu de base mais des services publics universels de base (gratuité de l’enseignement, des soins médicaux, des transports), ce qui permettrait d’atteindre « le but communiste par d’autres moyens » (p. 80). Lorsqu’Ida Auken, députée finlandaise, imagine sa ville idéale en 2030, dans un article écrit sur le site du FEM , elle se réjouit que tous les produits se transforment en services, et que la dépossession constitue un préalable au bonheur postmoderne : « Bienvenue à l’an 2030. Bienvenue dans ma ville – ou devrais-je dire, « notre ville ». Je ne possède rien. Je ne possède pas une voiture. Je ne possède pas une maison. Je n’ai pas d’appareils ni de vêtements. » Harari se situe manifestement dans ce nouveau socialisme scientifique où l’IA et les robots conduisent à une désaliénation dont rêvait Marx dans la société industrielle.

Le cœur du livre de Yuval Harari est une redéfinition de l’homme. 

Il se place d’abord dans une perspective évolutionniste et matérialiste : l’homme est un ensemble d’algorithmes biochimiques qui « se sont affinés au fil des millions d’années de l’évolution ». Le moment que nous vivons est une disruption car le cerveau de Sapiens a perdu son statut de combinatoire la plus complexe de l’univers. Harari observe avec un détachement feint cette destitution de l’homme par l’IA : elle provoque même une sorte de jubilation new age tentée de bouddhisme où l’homme se voit dépouillé, évidé de ses charges comme la décision, le libre arbitre : le « drame de la décision » (p.99) appartient à Sapiens : pour survivre, s’alimenter, vivre, s’enrichir, augmenter son capital, il doit décider, choisir : « Du jour où nous commencerons à compter sur l’IA pour décider quelle discipline étudier, où travailler et qui épouser, la vie humaine cessera d’être un drame de la décision. Les élections démocratiques et le marché n’auront plus guère de sens. De même que la plupart des religions et des œuvres d’art » (sic !) : déposséder l’homme de la décision permettra de ne pas soumettre une embauche aux préjugés racistes ou misogynes, protègera de la faillibilité fondamentale du cerveau de l’homme aux algorithmes imparfaits. Ce matérialisme est au fondement d’une nouvelle humanité : « Après 4 milliards d’années d’évolution de la vie organique par la sélection naturelle, la science entre dans l’ère de la vie inorganique façonnée par le dessein intelligent ». (p. 212) Autrement, dit le seul destin de la nature est de s’abolir. Le mouvement écologiste fonce bien sûr tête baissée dans ce type de projet…

Dans un titre révélateur, Harari évoque le face-à-face entre « l’intelligence artificielle et la bêtise naturelle ». La bêtise naturelle est vaste pour Harari : elle va des religions, au patriotisme, à toutes les identités anciennes crées par le « talents de conteurs » des groupes humains qui ne voient pas la seule civilisation qui existe selon l’auteur : la civilisation humaine. Tout concept est une convention, toute généralité, toute catégorie est travestissement, toute pensée est un narratif sur le vrai, ce qui place singulièrement la pensée d’Harari dans le sillage d’un nominalisme, poussé à l’extrême. Pour Yuval Harari, l’histoire garde un sens : celle d’une unification de l’humanité, « les quelques civilisations restantes se (mélangeant) en une seule civilisation globale » par le commerce mais surtout par la guerre (p.177). Cette unification passera certes par des moments critiques, chaotiques mais elle est un vecteur de paix et permet de répondre aux fameux défis mondiaux par un gouvernement à l’échelon mondial : « Quand il s’agit du climat, les pays ne sont pas souverains » (p. 208)… De ce point de vue, le modèle politique invoqué par Yuval Harari est « la voie esquissée dans la Constitution de l’Union européenne », le Notreurope de Macron qui a été – on s’en souvient – plébiscité par le peuple français… Yuval Harari montre d’ailleurs, comme Klaus Schwab, que cette « régionalisation » politique est le préalable à une mondialisation de la politique : « Puisqu’il est impossible de démondialiser l’écologie et la marche de la science, et que le coût d’une démondialisation de l’économie serait certainement prohibitif, la seule véritable solution consiste à mondialiser la politique » et ce malin de Hariri d’aussitôt préciser : « Cela ne signifie pas instaurer un ‘gouvernement. mondial ‘, vision aussi douteuse qu’irréaliste ». Ce monde poly-identitaire trouve dans la « laïcité » son principal vecteur : « Les chefs religieux offrent souvent au fidèles un choix tranché : ou bien / ou bien (…) Les laïques en revanche, sont à l’aise avec les identités hybrides et multiples ». Voilà, le nouvel homme : l’hybride. Le mérite des laïcs ? Le voici : « Par exemple, les laïcs ne s’abstiennent pas de tuer parce qu’un ancien livre l’interdit (sic !) mais parce que la tuerie inflige d’immenses souffrances à des êtres sensibles. » Cette phrase, assez consternante il faut l’avouer qui semble extraite d’un roman sensualiste anglais du XVIIIème siècle, dévoile bien l’arrière-plan intellectuel de la davosphère : il n’y a pas de nature , pas de lois naturelles, stables, il n’y a que de l’empathie, un sentiment – fluctuant par essence – la seule régulation qui existe entre les hommes. On dirait du Jacques Attali…

Il est d’ailleurs tout à fait passionnant de voir s’imbriquer chez Harari un scientisme digne d’Auguste Comte ou de Saint-Simon et en même temps un scepticisme sur la rationalité : « De même que la rationalité, l’individualité aussi est un mythe ». La rationalité humaine est  en effet vouée à l’échec : « La vérité amère est que le monde est devenu tout simplement trop compliqué pour nos cerveaux de chasseurs-cueilleurs ». Quelle alternative nous reste-t-il alors si l’on suit Harari ? Se laisser dominer par cette complexité et devenir esclaves de ceux qui savent ou chercher à dépasser notre humanité pour accéder à cette complexité promise. Là est le sens me semble-t-il du transhumanisme.

Dans la partie « Résilience » – la valeur suprême de la postmodernité surtout post-covid… – Yuval Harari nous projette dans les années 2050. Il évoque l’enjeu de l’éducation : « Une bonne partie de ce que les enfants apprennent aujourd’hui n’aura probablement plus aucune pertinence en 2050 ». Ce Great Reset éducatif est fondamental et offre un brevet d’inutilité à tout ce qui relève de l’information, de la culture, des humanités. L’enseignement de 2050 est ordonné aux 4C : critique, communication, collaboration et créativité, afin de se « réinventer sans cesse », dans une sorte de révolution permanente. A l ’image du Manifeste du parti communiste de 1848 (« tout ce qui est solide se volatilise »), en 2048, « les structures physiques et cognitives se volatiliseront (…) dans un cloud de bits de données ». Harari ajoute « En 2048, les gens pourraient bien devoir faire face à des migrations vers le cyberspace, avec des identités sexuelles fluides et de nouvelles expériences sensorielles produites par des implants électroniques ». Le caractère fictionnel et prospectif de cette vision de l’éducation serait distrayant si la Cancel culture, le woke, la dévalorisation des savoirs et l’effondrement des savoirs fondamentaux n’en donnaient pas une terrifiante préparation.

Je n’ai pas souhaité faire un procès d’intention à Yuval Harari et rapprocher à toute force ce qu’il écrit de ce que nous vivons avec l’amorce du Great Reset. Je pense qu’il n’aura pas échappé au lecteur que les points de rencontre sont nombreux et n’ont même pas besoin d’être explicités. Ce qu’il propose dans cet ouvrage est, paradoxalement, le narratif de la postmodernité que le Forum Économique Mondial de Davos cherche à promouvoir. Nous devons en connaître les grandes lignes pour y faire face. Le combat ne fait que commencer et, je le crains, il ne sera pas simple…

Un prêtre agressé chez lui à coups de casserole et de couteau

Au nord de Toulouse, un prêtre, qui rentrait chez lui après la messe, a été agressé à coups de casserole et de couteau. Il est parvenu néanmoins à maîtriser son agresseur.

L’agresseur se saisit d’une casserole qui se trouvait sur la gazinière et frappe le Père Gibson trois fois à la tête. Mais qu’à cela ne tienne, le crâne ouvert ,et sans lâcher prise, le curé lui dit que s’il se calmait, il le lâcherait. L’individu fait un autre choix et s’empare d’un couteau et le blesse au tendon du pouce. Il en faut cependant plus au courageux curé pour abandonner… Le prêtre maintient la contention tout en oppressant davantage l’intrus violent “afin de le fatiguer”. Ce dernier tente alors une nouvelle fois de s’échapper. Mais le Père Gibson, pourtant en simples sandales et glissant sur le sang qu’il a perdu, l’en empêche.

Etats-Unis : la Cour Suprême défend le droit de prier publiquement

Entraîneur de football américain dans un lycée public de l’État de Washington, Joseph Kennedy avait été licencié pour avoir prié de manière visible sur le terrain, un genou à terre.

Lundi 27 juin, la Cour suprême des États-Unis a reconnu le droit constitutionnel d’un entraîneur à prier publiquement sur les terrains de sport après les matchs.

« En interdisant la brève prière de M. Kennedy, les politiques contestées du district n’étaient ni neutres ni d’application générale ».

Pour les juges, il était donc nécessaire de respecter l’« exercice religieux sincèrement motivé », réalisé « brièvement » à la fin d’un match, c’est-à-dire à un moment

« où les entraîneurs étaient libres de s’occuper brièvement de leurs affaires personnelles et où les élèves étaient engagés dans d’autres activités », « M. Kennedy n’a pas fait ses prières dans le cadre de ses fonctions d’entraîneur ».

« En d’autres termes, les prières de M. Kennedy ne devaient pas leur existence aux responsabilités de M. Kennedy en tant qu’employé public ».

Rédigée par Neil Gorsuch, nommé en 2017 à la Cour suprême par Donald Trump, cette décision a recueilli l’assentiment des cinq autres juges nommés par des présidents issus du Parti républicain. À l’inverse, elle a été rejetée par les trois autres juges, tous nommés par des présidents démocrates.

Pour sauver le vivre-ensemble, cachez-vous

Conseils pour circuler à Nantes :

6 500 manifestants, cela vaut bien quelques dizaines d’articles de presse…

Le Monde rapporte que plus d’une trentaine de manifestations ont rassemblé quelque 6 500 personnes en France, selon le ministère de l’intérieur, en faveur de l’avortement. A Paris, ce sont 1500 personnes qui ont défilé pour l’avortement. Evidemment, toutes ces personnes sont déjà nées…

Lorsque la Marche pour la vie rassemble plus de 10 000 personnes à Paris, les médias sont autrement silencieux. La prochaine marche aura lieu le 15 janvier 2023, à Paris.

Terres de Mission : Consacrer la France au Sacré-Cœur ?

Terres de mission” reçoit Yann Baly, co-auteur d’une biographie de Béchir Gemayel, héros de la résistance chrétienne libanaise, assassiné quelques jours après son élection à la présidence.

Puis, Olivier Bonnassies, directeur de Marie de Nazareth, présente le projet de renouveler la consécration de la France aux Cœurs unis de Jésus et de Marie – consécration réalisée, voici tout juste 100 ans, par le Pape Pie XI.

Enfin, le Professeur René Ecochard, co-directeur de la magistrale “Encyclopédie sur la sexualité humaine, l’amour et la fécondité”, évoque la convergence entre les connaissances scientifiques de plus en plus précises et la doctrine catholique sur le mariage, la sexualité et la vie.

 

Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul

La fête des saints Apôtres Pierre et Paul du 29 juin est une des plus grandes fêtes de l’année. C’était autrefois fête d’obligation et un jour férié, mais elle ne l’est plus en France depuis le concordat de 1801, et la solennité doit obligatoirement être reportée, dans l’ordo de 1962, au dimanche suivant.

Ces deux saints sont vraiment les colonnes de l’Église : celui qui en a été fait le chef par Notre Seigneur lui-même, et celui qui l’a répandue dans le monde entier.

Même s’ils ne sont pas réellement morts le même jour, tous deux ont arrosé de leur sang cette ville de Rome qui allait devenir pour toujours la Ville éternelle, la capitale de la chrétienté, et l’Église ne les sépare pas dans le culte qu’elle leur rend. On notera cependant que tous les textes de la messe se rapportent uniquement à saint Pierre. En effet dans les premiers siècles, cette fête comportait deux messes dédiées l’une à saint Pierre, l’autre à saint Paul ; puis la deuxième messe fut reportée au lendemain 30 juin, appelé maintenant ” commémoration de saint Paul “. Saint Pierre, premier Pape, parle au nom du Christ qui lui a communiqué son infaillibilité doctrinale. Aussi n’est-ce pas la chair et le sang qui le guident, mais le Père céleste qui ne permet pas non plus que les portes de l’enfer prévalent contre l’Église, dont il est le fondement.

Saint Pierre en recevant les clefs est préposé au « royaume des cieux » sur terre, c’est-à-dire à l’Église, et règne au nom du Christ qui l’a investi de sa puissance et de son autorité suprême. Les noms de S. Pierre et de S. Paul ouvrent la liste des apôtres au Canon de la Messe. Avec l’Église qui ne cessait d’adresser des prières à Dieu pour Pierre, prions pour son successeur, le serviteur de Dieu, notre Saint Père le Pape (Canon de la Messe).

Le texte du verset de l’Alléluia nous ramène à saint Pierre. Il s’agit d’un passage de l’Évangile très célèbre, puisque c’est la réponse de Notre Seigneur à la profession de foi du chef des apôtres à Césarée de Philippe.

Tu es Petrus, et super hanc petram ædificabo Ecclesiam meam.

Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.

Nous retrouverons ce même texte à la Communion, et on le retrouve également dans une petite antienne des Vêpres qui est souvent chantée comme prière pour le pape notamment au Salut du Saint Sacrement. Ce texte a également été mis en musique par de nombreux compositeurs.

La mélodie de cet Alléluia est une mélodie type que nous avons déjà rencontrée à plusieurs reprises, notamment au temps de Noël et tout récemment à la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste. Elle est solennelle et affirmative, mais ici la formule initiale est un peu écourtée à cause de la brièveté du texte.

6 belles expressions bibliques

De très nombreuses expressions de la vie courante sont tirées de la Bible, des récits ou des personnages bibliques (la pomme d’Adam, pleurer comme une Madeleine, être ravitaillé par les corbeaux…) ; certaines mêmes reprennent, quasiment à la lettre, une partie d’un verset. Il nous arrive donc de citer – plus souvent que nous le croyons – la Parole de Dieu.
Voici 6 expressions qui peuvent nous aider à distiller, l’air de rien, un peu de la sagesse de Dieu dans nos conversations quotidiennes !

“Rien de nouveau sous le soleil” … En effet, rien de neuf, puisque cette expression provient de livre de l’Ecclésiaste (ou le Qohélet) qui date de plusieurs siècles avant Jésus Christ :  “Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil.” (Ecclésiaste 1, 9). Une bonne façon de prendre un peu de recul !

“A chaque jour suffit sa peine” : Voici une belle expression qui nous invite à abandonner nos projections angoissantes et à vivre le moment présent. C’est un discours très actuel et pourtant c’est bien Jésus, lui-même, qui nous le délivre dans son sermon sur la montagne : “ Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.” (Matthieu 6, 34)

“Nul n’est prophète en son pays” peut on se dire quand nous pouvons manquer de reconnaissance auprès de nos proches. Jésus nous avait prévenus ! « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.” (Luc 4, 24)

“Tu es la prunelle de mes yeux”. Une jolie phrase à adresser à ceux qui nous sont précieux. C’est d’ailleurs comme cela qu’est qualifiée, à plusieurs reprises dans la Bible, la relation de Dieu à son peuple “Il l’entoure [son peuple], il l’élève, il le garde comme la prunelle de son œil.” (Deutéronome 32,10)

“Deux poids, deux mesures”. Cette expression du livre des Proverbes, qui illustre le manque d’équité, nous rappelle que Dieu le premier rejette l’injustice et la malhonnêteté. “Deux poids, deux mesures : le Seigneur en a horreur !” (Proverbes 20,10)

“Qui sème le vent, récolte la tempête”. Cette expression imagée est aussi belle que forte. Elle reprend les mots du prophète Osée, qui parlait ainsi du peuple d’Israël se détournant de Dieu. « Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. » (Osée 8, 7)

Alice Ollivier pour Hozana.org

Désiderio Desideravi : Nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller d’une telle richesse

De Cyril Farret d’Astiès pour Le Salon beige :

Très saint Père, merci pour Desiderio desideravi ! Que de belles paroles ! Quel enthousiasme liturgique ! Que de réflexions profondes et traditionnelles ! Mais quel dommage aussi d’assortir à de si belles lignes quelques piques à notre encontre qui donnent à votre texte une connotation malheureusement autoritaire, dure, vengeresse qu’il serait véritablement regrettable de garder comme seule idée de votre document. Car beaucoup, je le sais, vont soit rejeter dédaigneusement cet énième coup de sabot aux catholiques de tradition, soit vont seulement se délecter avec une joie malsaine de ces traits.

Votre lettre est opportunément parue le jour de la grande fête de saint Pierre et saint Paul, à l’heure où de nombreux séminaristes de communautés traditionnelles étaient ordonnés ; le souvenir de cette lettre effacera heureusement dans le temps la fâcheuse rencontre que vous avez accordée avec publicité à Nancy Pelosi ce même jour.

Je voudrais à présent parcourir cette lettre pour en faire un petit commentaire au fil de l’eau.

Tout d’abord Très saint Père, dans les n°3, 4 et 5 vous rappelez la nature sacrificielle de la Pâque, le lien entre le Jeudi Saint et le Vendredi Saint, l’immensité et la gratuité du sacrifice accepté par Notre Seigneur d’offrir sa propre Vie pour notre petitesse sans autre exigence que de nous voir répondre à Son attente.

Au n°7, vous insistez sur ce sacrifice parfait et propitiatoire :

« Le contenu du Pain rompu est la croix de Jésus, son sacrifice d’obéissance par amour pour le Père. Si nous n’avions pas eu la dernière Cène, c’est-à-dire si nous n’avions pas eu l’anticipation rituelle de sa mort, nous n’aurions jamais pu saisir comment l’exécution de sa condamnation à mort a pu être l’acte d’un culte parfait, agréable au Père, le seul véritable acte de culte. »

Aux n°9, 11 et 12, vous rappelez que la messe n’est pas une simple représentation mais que

« dès le début, l’Église avait compris, éclairée par l’Esprit Saint, que ce qui était visible en Jésus, ce qui pouvait être vu avec les yeux et touché avec les mains, ses paroles et ses gestes, le caractère concret du Verbe incarné, tout de Lui était passé dans la célébration des sacrements. (…) La liturgie nous garantit la possibilité d’une telle rencontre. Un vague souvenir de la Dernière Cène ne nous servirait à rien. Nous avons besoin d’être présents à ce repas, de pouvoir entendre sa voix, de manger son Corps et de boire son Sang. Nous avons besoin de Lui. » Il s’agit « plutôt d’être plongé dans sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension. »

Au n°13, vous écrivez de belles lignes sur la nature profonde de la Création et son lien éternel avec la liturgie :

« La prière pour la bénédiction de l’eau baptismale nous révèle que Dieu a créé l’eau précisément en pensant au Baptême. (…) C’est dans cette eau que nous avons été immergés afin que, par sa puissance, nous puissions être greffés dans le Corps du Christ et qu’avec Lui, nous ressuscitions à la vie immortelle. »

Nous vous rejoignons de tout cœur dans votre appel du n°16 quand vous invitez

« toute l’Église à redécouvrir, à sauvegarder et à vivre la vérité et la force de la célébration chrétienne. Je voudrais que la beauté de la célébration chrétienne et ses conséquences nécessaires dans la vie de l’Église ne soient pas défigurées par une compréhension superficielle et réductrice de sa valeur ou, pire encore, par son instrumentalisation au service d’une vision idéologique, quelle qu’elle soit. »

Aux n°17, 18 et 19, vous évoquez la mondanité spirituelle et ces deux modes, le premier réduisant la foi chrétienne à un subjectivisme, le second donnant lieu à un élitisme narcissique et autoritaire. Vous parlez aussi « d’autoréférentialité nourrie par son propre raisonnement ». Nous ne nous sentons pas vraiment concernés tout en conjecturant que nous sommes visés… Mais nous avons le cuir épais.

Nous vous rejoignons avec enthousiasme, toujours au n°19, lorsque vous estimez que la « liturgie ne dit pas ‘je’ » qu’elle « ne nous laisse pas seuls à la recherche d’une connaissance individuelle présumée du mystère de Dieu », qu’elle « le fait en cohérence avec l’action de Dieu, en suivant le chemin de l’incarnation, à travers le langage symbolique du corps qui se prolonge dans les choses, l’espace et le temps. » De même aux n°21 et 23, lorsque vous indiquez qu’il nous faut « redécouvrir chaque jour la beauté de la vérité de la célébration chrétienne » et que pour se faire « tous les aspects de la célébration doivent être soignés (espace, temps, gestes, paroles, objets, vêtements, chant, musique, …) et toutes les rubriques doivent être respectées. » Permettez-nous tout de même de soulever un sourcil dubitatif au sujet du respect des rubriques puisque le choix est consubstantiel au nouveau missel et que le simple mot de rubrique semble presque incongru.

À partir du n° 27 et jusqu’au 47, vous vous intéressez longuement à la nécessité d’une formation liturgique sérieuse. Ainsi dès le n°27, vous demandez-vous

« comment retrouver la capacité de vivre pleinement l’action liturgique ? Tel était l’objectif de la réforme du Concile. Le défi est très exigeant car l’homme moderne (…) a perdu la capacité de s’engager dans l’action symbolique qui est une caractéristique essentielle de l’acte liturgique. »

Figurez-vous Très saint Père que les catholiques de tradition ont une petite idée pour vivre pleinement l’action liturgique : c’est la liturgie traditionnelle, tout bêtement. Et si nous semblons si entêtés sur ce sujet c’est exactement parce que, comme vous le reconnaissez magistralement au n° 31 : si

« la liturgie est ‘le sommet vers lequel tend l’action de l’Église et, en même temps, la source d’où découle toute son énergie’ (Sacrosanctum Concilium, n.10), alors on comprend bien l’enjeu de la question liturgique ».

Mais à la question « décisive de la formation liturgique » que vous évoquez, à la nécessité « de trouver les canaux d’une formation », nous répondons halte-là ! On nous a déjà fait le coup ! En faisant de la liturgie une matière à enseigner, on en vient à en faire une matière à inventer. La liturgie se reçoit (de loin dans le temps), se vit, s’approfondit, se transmet par l’usage. Mais vous l’admettez d’ailleurs très bien au n° 36 :

« les ministres qui président l’assemblée doivent connaître le chemin tant en l’ayant étudié sur l’itinéraire de leurs études théologiques mais aussi pour avoir fréquenté la liturgie dans la pratique effective d’une expérience de foi vivante, nourrie par la prière – et certainement pas seulement comme une obligation à remplir »

et au n°39 quand vous évoquez les séminaires  :

« en plus d’un programme d’études, ils doivent aussi offrir la possibilité de vivre une célébration non seulement exemplaire du point de vue rituel, mais aussi authentique et vivante. »

Très saint Père, il ne m’appartient pas de vous inviter à visiter les séminaires traditionnels mais vous y découvririez des jeunes gens en bonne santé et joyeux qui se préparent au sacerdoce en étudiant, mais aussi en se nourrissant en profondeur de la liturgie de la messe et de l’office divin. C’est pour eux quelque chose de très vivant, très naturel, une respiration de l’âme qu’ils nous transmettent naturellement en arrivant dans leurs apostolats périphériques (car aujourd’hui, Très saint Père, le monde traditionnel est une périphérie, ça pourrait vous plaire).

Au n°41, vous énoncez encore quelque chose de très vrai :

« la liturgie n’a pas pour objet la ‘connaissance’, et sa portée n’est pas essentiellement pédagogique, même si elle a une grande valeur pédagogique. La liturgie est plutôt une louange, une action de grâce pour la Pâque du Fils dont la puissance atteint nos vies. »

C’est pourtant un travers assumé de la réforme liturgique que d’obtenir une efficacité pastorale (Sacrosanctum Concilium).

Au n°42, vous remarquez avec beaucoup d’à propos, un à propos qui a fait redoutablement défaut aux réformateurs, que la

« liturgie se fait avec des choses qui sont l’exact opposé des abstractions spirituelles : le pain, le vin, l’huile, l’eau, les parfums, le feu, les cendres, la pierre, les tissus, les couleurs, le corps, les mots, les sons, les silences, les gestes, l’espace, le mouvement, l’action, l’ordre, le temps, la lumière. »

Et vous insistez au n°43 en indiquant que la

« liturgie rend gloire à Dieu non pas parce que nous pouvons ajouter quelque chose à la beauté de la lumière inaccessible dans laquelle Dieu habite. Nous ne pouvons pas non plus ajouter à la perfection du chant angélique qui résonne éternellement dans les demeures célestes. »

Nous vous rejoignons avec joie Très saint Père, la liturgie est déjà toute céleste !

Au n° 44, vous constatez que la « tâche n’est pas facile car l’homme moderne est devenu analphabète, il ne sait plus lire les symboles, il en soupçonne à peine l’existence. » Admettez, Très saint Père, que les symboles ont bien pâti de la réforme liturgique ! C’est une des raisons de notre distance avec la liturgie réformée. Vous regrettez que nous n’ayons plus « le regard de saint François qui regardait le soleil – qu’il appelait frère parce qu’il le sentait ainsi – le voyait bellu e radiante cum grande splendore, et, émerveillé, chantait : de te Altissimu, porta significatione. » Mais voyez-vous, Très saint Père, c’est pour cela que nous nous entêtons à chanter en latin vers les étoiles du firmament, c’est pour faire vivre l’esprit du cher saint François.

Et pour répondre à votre interrogation du n°45, « comment pouvons-nous redevenir capables de symboles ? », j’oserais vous suggérer, avec déférence, Très saint Père, de faire l’expérience de la Tradition. Vous le reconnaissez implicitement puisque vous répondez à votre interrogation au n°46 en indiquant qu’avant tout « nous devons retrouver la confiance dans la création. Je veux dire que les choses – les sacrements ‘sont faits’ de choses – viennent de Dieu. » Les catholiques de tradition font confiance à la création et à ce que nous a légué la sainte Église de Dieu. Vous ajoutez au n° 47 que ce qu’il faut

« c’est être petit, à la fois dans l’envoi et dans la réception. Le reste est l’œuvre de l’Esprit. C’est ainsi que nous sommes initiés au langage symbolique. Nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller d’une telle richesse. »

Mais c’est exactement ce que nous hurlons : NOUS NE POUVONS PAS NOUS LAISSER DÉPOUILLER D’UNE TELLE RICHESSE !

À partir du n° 48, vous abordez l’ars celebrandi. Vous énoncez cette grande vérité que

« l’ars celebrandi ne peut être réduit à la simple observation d’un système de rubriques, et il faut encore moins le considérer comme une créativité imaginative – parfois sauvage – sans règles. Le rite est en soi une norme, et la norme n’est jamais une fin en soi, mais elle est toujours au service d’une réalité supérieure qu’elle entend protéger. »

Mais avez-vous bien conscience, Très saint Père, que la nouvelle liturgie est une liturgie qui se méfie des normes et qui se veut inventive et participative ? J’en doute lorsque vous écrivez au n° 50 qu’il « devrait être clair que l’art de la célébration ne s’improvise pas. Comme tout art, il exige une application constante. » Mais la constance c’est toute la liturgie traditionnelle ! La liturgie réformée c’est l’imagination pastorale ! Pas illimitée, j’en conviens bien mais tout de même, c’est le choix et la participation agissante. Plus loin vous indiquez encore que la

« voie à suivre pour y arriver est celle de la discipline ; du renoncement aux satisfactions faciles et sans effort ; du travail rigoureux, accompli dans l’obéissance à l’Église, pour notre conduite et notre être religieux. C’est ainsi que l’on apprend l’art de célébrer. »

Mais tout à fait ! Mais alors pourquoi persécuter les anciens livres qui offrent tout cela intrinsèquement et surabondamment ?

Au n°52, vous rappelez que « le silence occupe une place d’importance absolue. Bien souvent, il est expressément prescrit dans les rubriques. » Sur ce point nous émettons avec Yves Daoudal  et l’abbé de Tanouärn une réserve. Le silence liturgique, contrairement à la nouvelle pratique, n’est pas inaction ou absence de parole prononcée in petto. Le silence liturgique n’est pas une pause dans le cours de l’action liturgique, il est une union intime.

Au n°53, vous abordez des aspects très profonds de la liturgie lorsque vous indiquez que

« chaque geste, chaque parole contient une action précise qui est toujours nouvelle parce qu’elle rencontre un moment toujours nouveau de notre propre vie. (…que) c’est toujours le même geste qui, au fond, déclare notre propre petitesse en présence de Dieu. Néanmoins, accompli à différents moments de notre vie, il façonne nos profondeurs intérieures et se manifeste ensuite extérieurement dans notre relation avec Dieu et avec nos frères et sœurs. (…) Et si tout cela est vrai pour ce simple geste, combien plus le sera-t-il pour la célébration de la Parole ? Quel art sommes-nous appelés à apprendre pour proclamer la Parole, pour l’écouter, pour la laisser inspirer notre prière, pour la faire devenir notre vie ? Tout cela est digne de la plus grande attention, non pas formelle ou simplement extérieure, mais vivante et intérieure (…) »

Vivante et intérieure car exprimée formellement et extérieurement, c’est ce qu’exprime la proclamation traditionnelle de l’Évangile avec son apparat et sa majesté. Voyez-vous Très saint Père, il en est de même de l’approfondissement des paroles des Écritures dans le cycle unique et répété du calendrier traditionnel.

Au n°54, vous faites une remarque au sujet des ministres du culte qui conditionnent l’assemblée par leur manière de présider. Et vous constatez plusieurs écueils :

« une austérité rigide ou une créativité exaspérante, un mysticisme spiritualisant ou un fonctionnalisme pratique, une vivacité précipitée ou une lenteur exagérée, une insouciance négligée ou une minutie excessive, une amabilité surabondante ou une impassibilité sacerdotale. Malgré la grande variété de ces exemples, je pense que l’inadéquation de ces modèles de présidence a une racine commune : un personnalisme exacerbé du style de célébration qui exprime parfois une manie mal dissimulée d’être le centre de l’attention. »

Mais Très saint Père, la liturgie réformée a tout mis en œuvre pour que le « président » soit le centre de l’attention ! Tout ! Et lorsqu’au n° 56 et 57, vous rappelez que le « prêtre vit sa participation caractéristique à la célébration en vertu du don reçu dans le sacrement de l’Ordre (…) » et que « le ministre ordonné est lui-même l’un des modes de présence du Seigneur qui rendent l’assemblée chrétienne unique, différente de toute autre assemblée (…) » vous évoquez une belle et profonde réalité qui est celle du prêtre agissant in persona Chtristi dans ses fonctions sacerdotales, ce que la liturgie traditionnelle rend particulièrement évident. Et vous ajoutez quelque chose de très beau aux n° 58 et 59 :

« Le prêtre, qui répète ces gestes en vertu du don reçu dans le sacrement de l’Ordre, est lui-même protégé dans le sein de la Vierge. (…) Devenus des instruments pour allumer le feu de l’amour du Seigneur sur la terre, protégés dans le sein de Marie, Vierge faite Église (comme le chantait saint François), les prêtres doivent laisser l’Esprit Saint agir sur eux, pour mener à bien l’œuvre qu’il a commencée en eux lors de leur ordination. »

Mais comme il doit être difficile de se laisser protéger par Notre-Dame et conduire par le Saint Esprit quand il faut tout négocier avec l’équipe liturgique, composer la bella figura, choisir entre dix options…

Vous allez plus loin au n°60 en rappelant au prêtre qu’il ne doit pas détourner

« l’attention de la centralité de l’autel, symbole du Christ, car c’est de son côté transpercé qu’il laissa couler l’eau et le sang, source des sacrements de l’Église et le centre de notre louange et de notre action de grâce. »

Alors là, Très saint Père, vraiment, nous n’attendions pas de vous cet appel à peine masqué à abandonner la messe face au peuple ! Car quel autre pratique adopter que l’orientation pour favoriser cette centralité rendue à Notre Seigneur ?

Vous débutez la dernière partie de votre lettre par ces lignes :

« j’ai voulu simplement partager quelques réflexions qui n’épuisent certainement pas l’immense trésor de la célébration des saints mystères. Je demande à tous les évêques, prêtres et diacres, aux formateurs des séminaires, aux enseignants des facultés et des écoles de théologie, à tous les catéchistes d’aider le saint peuple de Dieu à puiser dans ce qui est la première source de la spiritualité chrétienne. »

La liturgie première source de spiritualité chrétienne ! Mais comme c’est vrai et comme c’est beau Très saint Père ! C’est pour cela que nous sommes si sourcilleux sur ces sujets liturgiques voyez-vous ! Nous sommes donc finalement vos premiers alliés pour rendre cette place centrale à la liturgie.

Malheureusement et assez incompréhensiblement, vous en concluez que

« c’est pourquoi nous ne pouvons pas revenir à cette forme rituelle que les Pères du Concile, cum Petro et sub Petro, ont senti la nécessité de réformer, approuvant, sous la conduite de l’Esprit Saint et suivant leur conscience de pasteurs, les principes d’où est née la réforme. (…) Comme je l’ai déjà écrit, j’entends que cette unité soit rétablie dans toute l’Église de rite romain. »

Ainsi, comme aux n° 25, 26 et 31, vous gâchez votre belle lettre. Après avoir rappelé tant de grandes et belle vérités, vous appelez à fermer le robinet d’où coule ce lait et ce miel ! Pourquoi ?

Arrivés à la fin de ce trop rapide survol il nous faut apporter une conclusion. Il y a comme une schizophrénie dans ce texte. Quel est exactement le message du pape ? Quel en est le but ? Rappeler de grandes et belles vérités sur la liturgie ou redire sa volonté d’anéantir le patrimoine liturgique de l’Église latine ? La coexistence de ces deux textes en un seul cache peut-être le véritable objectif de cette lettre : décrédibiliser les catholiques de tradition. Agissant ainsi le pape donne l’impression que la liturgie réformée recouvre parfaitement la grandeur de la liturgie. En conséquence, l’opposition du monde traditionnel paraît insincère, politique, illégitime, pélagienne, autoréférentielle, mondaine… Pourtant la liturgie traditionnelle est seule capable de porter ces réalités surnaturelles, de les mettre en pleine lumière, de les faire vivre. On constate tous les jours depuis plus de cinquante ans que les fruits de la réforme ne sont pas venus et que, comme le faisait remarquer un groupe de théologiens en 1969, on

« est fondé à craindre que, ne mettant plus en évidence le Sacrifice de Jésus, (le nouvel) ordo Missæ ne le voue en fait à l’oubli ; car ce Sacrifice est une réalité trop surnaturelle pour que l’homme puisse, sans signe, s’en souvenir et en vivre. »

Quoi qu’il en soit, ce que nous voulons retenir, ce que nous espérons voir demeurer dans l’enseignement de l’Église, ce sont les belles formules de piété liturgique. Le reste ne nous appartient pas, le temps fera son œuvre et nous avançons sans crainte.

Cyril Farret d’Astiès

Islam et féminisme

De la Petite Feuille Verte :

Nayla Tabbara, Zeina El-Tibi et Asma Lamrabet constatent la stagnation et le déclin de la condition féminine en Islam, mais elles refusent d’en imputer la responsabilité aux textes fondamentaux de cette religion.

HOMME ET FEMME : MÊMES DROITS, MÊMES DEVOIRS ?

N. Tabbara : « Si l’on prend la peine de revenir aux sources de l’islam, on constate que le Coran s’adresse aussi aux femmes à une époque et dans un contexte où elles avaient rarement une voix » (L’islam pensé par une femme, Bayard, 2018, p. 88). L’auteur cite un verset coranique où Dieu parle « aux croyants et aux croyantes » en énumérant les pratiques vertueuses qui vaudront à chacun « un pardon et une récompense sans limites » (33, 35). Sur ce plan, il y a effectivement égalité entre hommes et femmes, les uns et les autres étant appelés à « gagner » le paradis (cf. aussi Coran 4, 124 ; 9, 72 ; 16, 97).

Cependant, souligne l’islamologue libanais Ghassan Ascha, la description coranique du paradis réserve les jouissances sexuelles aux seuls hommes qui y disposeront de « houris ». Il cite plusieurs versets explicites sur ce thème (78, 31-33 ; 40, 54-58 et 70-74 ; 56, 10-22 et 35-38 ; 52, 19-20 ; 37, 48-49 ; 44, 51-55 ; 38, 49-53 ; 2, 25 ; 3, 15 et 4, 57). Mais rien n’est prévu dans ce domaine pour les femmes qui accèderont au paradis. Cet auteur mentionne aussi un hadîth attribué à Mahomet, selon lequel « l’enfer est surtout peuplé de femmes » (Du statut inférieur de la femme en Islam, L’Harmattan, 1987, p. 31-33).

Qui sont les houris ? « Au sein de l’exégèse classique, on trouve une pléthore de représentations fantasmagoriques des hûr décrites comme des femmes belles, chastes et jeunes, dont la seule fonction est l’accouplement continuel avec des hommes venus au paradis dans le seul but d’avoir des relations sexuelles éternelles » (A. Lamrabet, Islam et femmes. Les questions qui fâchent, Gallimard, 2017, p. 125-129).

Peut-on dès lors approuver Z. El-Tibi lorsqu’elle écrit : « Aucune religion ne s’est préoccupée de la femme et ne lui a donné autant d’importance que l’Islam » (La condition de la femme musulmane, Cerf, 2021, p. 46) ? Ou encore : « Le Coran fait l’éloge de nombreuses personnalités féminines » (ibid., p. 51) ? Comment comprendre alors la marginalisation des femmes dans le texte sacré de l’islam ?

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Un nouveau site internet à découvrir sur les Pères du Désert d’hier et d’aujourd’hui

Marc Jeanson vous propose de découvrir le nouveau site « Lumière du Désert ». Une méditation sur la filiation entre les pères des déserts d’Orient et les Pères des déserts d’Occident.

Vous trouverez sur ce site, entre autres choses, plusieurs documentaires tournés en Egypte, en France, en Italie et en Russie qui vous permettront d’entrer plus profondément dans le grand mystère de ces vies radicales et fascinantes…

Lumieredudesert.com

Eric Zemmour aurait-il pu faire mieux?

De Roland Hureaux, essayiste, pour le Salon beige:

Vae victis. Le cycle présidentielles-législatives étant clos, Eric Zemmour apparait comme le grand perdant. Echec mis en relief par le succès de Marine le Pen qui semble avoir trouvé son bâton de maréchal comme chef du principal parti d’opposition.

Ce n’est pas une raison pour donner au vaincu le coup de pied de l’âne comme beaucoup ne s’en privent pas, au mépris de toute décence.

C’est cependant le moment de se demander « Aurait-il pu faire mieux ? ».

Au fond, je ne crois pas.

Il reste que sa campagne peut être analysée.

On ne saurait oublier que c’est Zemmour qui lui a imposé son rythme, qu’il a battu   le record de participation aux réunions publiques (à commencer par l’admirable réunion de Villepinte). Partant de rien il a atteint un moment les 19 % d’intentions de vote et a fini à 7 %, plus que la candidate des Républicains, ce qui reste méritoire. Dans un climat de dépolitisation, son parti a recruté plus de 100 000 membres. Nous pensons que rien de tout cela ne sera perdu sans pouvoir dire comment.

Il a certes commis des erreurs, comme tout le monde, mais furent-elles décisives ?

Militer pour « l’union de toutes les droites » est bon pour l’Issep de Marion Maréchal ou une réunion politique à Versailles, pas pour un candidat à la présidence de tous les Français. Le général de Gaulle l’avait si bien compris : « Ce n’est pas la gauche la France ; ce n’est pas la droite, la France ». Certes 39 % des Français se situent à droite, plus que dans le passé, mais 30 % au centre[1]. 70 % des Français ont des opinions qu’on pourrait qualifier de droite    sur des sujets comme l’immigration. Il reste qu’ils gardent, peut-être en raison de l’héritage de la Révolution française, une certaine pudeur à se déclarer franchement à droite . J’ai une fois entendu dire dans une campagne « je voterai bien pour vous, mais ne dites pas que vous êtes de droite ».  L’union de toutes les droites s’est d’ailleurs faite au deuxième tour de la présidentielle   et on a vu qu’elle ne suffisait pas pour gagner.

Il est vrai que Mitterrand avait été élu sous la bannière de l’« union de la gauche ». Mais, sur ce sujet là, il faut prendre son parti d’une dissymétrie pas forcément honteuse pour la droite :  elle a vocation à gouverner tous les Français, la gauche reste une secte plus ou moins idéologique.

Deuxième erreur : il fallait dès le départ concentrer les attaques sur Macron et rien que Macron, et ignorer Marine Le Pen : ce fut une des clefs de la réussite de Villepinte. Il aurait fallu continuer. La droite est unitaire ; toute attaque d’un parti contre l’autre   fait perdre des points à l’attaquant. Ce que l’UMP est quasi morte de n’avoir pas compris. Que l’on puisse discuter les aptitudes de Marine  Le Pen à être présidente des Français, allait sans  dire.  En revanche, il n’est pas sûr que tous les électeurs aient clairement pris conscience, sous ses nombreuses facettes, de la nocivité profonde du premier quinquennat de Macron[2]. Ambitionnant la présidence de la république, il fallait viser le titulaire du poste et personne d’autre.

Lors de son dernier meeting au Trocadéro, Zemmour a fait un long discours très applaudi mais où on n’a entendu les mots ni d’Alstom, ni de Covid, ni de Mac Kinsey, ni d’Ukraine ! Dommage.

Sur ce dernier sujet, jouer en défensive (« non, je ne suis pas avec Poutine ») n’était peut-être pas la meilleure tactique. Rappeler la lourde responsabilité de Macron (Pozzo Di Borgo, un sénateur centriste, l’a dit, Zemmour et Le Pen pouvaient bien le dire) dans le déclenchement de cette guerre et ses livraisons d’armes aux milices néo-nazies eût été plus judicieux.

Les candidats d’opposition n’ont pas à être polis ; ils sont là pour  porter tous les ressentiments des Français, de telle manière qu’ils les expriment démocratiquement.  Les éluder donne le sentiments que ces candidats  craignaient   Macron. Et comme en définitive, on vote pour le plus fort…

Marine Le Pen n’a bien sûr pas fait mieux dans son débat avec Macron. Pourquoi cette timidité ?

Au moment où les sondages plaçaient   Marine Le Pen et Eric Zemmour au coude à coude, n’aurait-il pas pu donner le coup de collier pour lui passer devant et bénéficier, lui, de la dynamique du « vote utile » ? Les enquêtes montraient que la partie restée fidèle à Marine était la plus dépourvue économiquement, la plus « périphérique ». A-t-on fait tout ce qu’il fallait pour aller au devant de ce public ? Des mesures plus ciblées comme le relèvement des retraites agricoles et artisanales – une question très différente, les experts  le savent, de celle des retraites en général – auraient n’auraient-elles pu être approfondies ? Peut-être.

Il reste que dans ce combat au coude à coude, Zemmour souffrait de deux handicaps difficiles à surmonter :

  • La légitimité historique des Le Pen n’est pas rationelle mais sentimentale. Marine a, à plusieurs reprises incarné, non un projet de gouvernement mais le profond désespoir d’une population, celle des perdants de la mondialisation et de la vie. C’est un pacte affectif qui la liait à beaucoup de ces électeurs ; moins que le désir d’une nouvelle politique à laquelle ils ne croient plus, c’est leur rage qu’ils volaient exprimer. Elle restait un symbole. Position difficile à contrer.
  • Les habiles campagnes de presse destinées à détruire l’image de Zemmour  ont circulé dès le début de sa campagne dans la bouche à oreille Que n’a-t-on pas entendu ? Qu’il était violent, alors qu’il était menacé de mort plusieurs  fois par semaine et ne menaçait bien sûr personne ; qu’il était un libéral, alors qu’il n’a jamais rien dit de ce genre (même si proposer la retraite à 64 ans n’était pas très habile : il valait mieux rester dans le vague), qu’il était   indifférent aux souffrances du peuple – alors qu’il avait prononcé dans le Nord un magnifique discours sur le pouvoir d’ achat.  Une fois le portrait campé par une presse naturellement hostile, il est difficile de le modifier. Ces critiques revinrent bien sûr à la surface à l’approche du premier tour.
  • Ceux étaient à l’origine de ces rumeurs savaient ce qu’ils faisaient ;   la partition assignée à la France par  les maîtres de   l’ordre mondial était simple : Marine Le Pen  devait être au deuxième tour , toute prête pour être dévorée  par leur homme, Macron. Aucune stratégie compliquée, là :  cela avait marché une fois, cela marcherait deux fois. Zemmour a eu le mérite de tenter de briser cette fatalité en proposant une solution alternative à droite. Il ne faut pas s’étonner que des moyens puissants aient été mis  en œuvre pour l’empêcher de réussir.
  • La légitimité de Marine Le Pen était renforcée par son ancienneté dans la compétition. Il existe, surtout en France, un moment d’inertie dans les exercices électoraux peu favorable aux nouveaux venus.

Puis vint, dans la campagne de bouche à oreille, le coup de grâce, l’idée que le  seul vote utile aurait été Marine Le Pen. Ça ne tenait pas debout : on savait qu’elle serait battue au second tour, mais ça a marché et explique sans doute la chute finale du score de Zemmour.

Ce genre de campagne invisible n’est pas innocent, ni même spontané. Il y a quelqu’un qui l’a, au moins en partie, conduite. En 1988, tous les sondages donnaient à   Barre    plus de chances qu’à   Chirac de battre Mitterrand. Néanmoins une vaste campagne a été lancée : « votez utile, votez Chirac ». Les réseaux Chirac étaient à l’époque puissants, mais aujourd’hui   qui était à la manœuvre ?

La dimension affective du capital politique de Marine Le Pen  et la puissance de la campagne souterraine contre Zemmour nous laissent  penser qu’il lui était difficile de faire beaucoup  mieux.  Le résultat, nous le connaissons :  la réélection d’un président dont 70 % des Français ne voulaient plus, aux ordres de la gouvernance mondiale, assez inconscient pour nous entrainer dans la guerre. Zemmour a eu l’immense mérite d’essayer de nous sortir de l’alternative fatale où la France est enfermée. Ne lui jetons pas la pierre.

[1] IFOP, 23/7/2020

[2] Sur ce sujet, Roland Hureaux, L’homme qui n’aimait pas la France , Editions de Paris.

Principe de précaution… mais pas trop

Télescopage du matin :

 

“Nous passons trop de temps à parler des structures de l’Église. Cela n’intéresse personne !”

A l’occasion de la publication de son Catéchisme de la vie spirituelle, le cardinal Sarah a été interrogé par Jean-Marie Guénois dans Le Figaro. Extrait :

J’ai écrit ce livre pendant le confinement. J’étais frappé: on prenait soin de la vie des corps, mais on laissait mourir les âmes. La vie spirituelle est pourtant ce qu’il y a de plus intime en nous, ce que nous avons de plus précieux. C’est notre vie intérieure. Le lieu de notre rencontre avec Dieu. Nier la vie spirituelle, c’est nier ce qui fait notre dignité d’homme ou de femme. Sans vie intérieure, que reste-t-il de grand dans nos vies? Que reste-t-il qui échappe aux lois du marché et de la matière? La vie spirituelle est l’inviolable sanctuaire de notre liberté, le lieu secret où nous cherchons la vérité et l’amour, où nous sommes seuls face au Tout-Autre, face à Dieu.

Pourquoi utilisez-vous la méthode pédagogique du catéchisme, vous auriez pu écrire un traité de la vie spirituelle…

Le catéchisme est un rappel simple des fondamentaux. Je n’ai pas voulu faire un traité de théologie pour les intellectuels et les spécialistes, mais un livre clair, accessible à tous, croyants et incroyants. Je n’ai pas cherché à tout expliquer et justifier, mais simplement à témoigner de l’expérience spirituelle de l’Église.

Vous proposez au lecteur d’aller au «désert», de s’arrêter pour Dieu. Un peu aride, non, après deux années de restrictions pandémiques…

Au contraire! Cette crise a révélé l’incroyable soif spirituelle dont souffrent les cœurs. Les gens aspirent au silence, à la profondeur, à la vie avec Dieu. Savez-vous que, durant le confinement, le mot «prière» était parmi les plus recherchés sur Google? La pandémie a révélé que la superficialité, le déni de la vie intérieure sont les maladies qui causent souffrance et angoisse chez nos contemporains.

Pour autant vous parlez d’une «éclipse de Dieu»?

C’est un paradoxe de notre époque. Alors que les personnes qui cherchent Dieu sont toujours plus nombreuses, le débat public, la scène politique semblent l’exclure toujours davantage. Il est donc temps que l’Église revienne à ce que l’on attend d’elle: parler de Dieu, de l’âme, de l’au-delà, de la mort et surtout de la vie éternelle.

Mais pourquoi structurer votre approche à partir des sept «sacrements» de l’Église catholique? Ils sont précisément fort discutés dans l’Église elle-même, à commencer par l’eucharistie, la confession, le sacerdoce et le mariage…

Pourtant les sacrements sont au cœur de la vie spirituelle. Ils sont des contacts avec Dieu. On en a malheureusement fait des cérémonies purement extérieures. Ils sont en fait les moyens sensibles par lesquels Dieu nous touche, nous guérit, nous nourrit, nous pardonne et nous console. Je crois que, même dans l’Église, beaucoup ignorent la réalité intérieure, spirituelle et mystique des sacrements. On n’y voit que des rites sociaux alors que, dans le signe sacramentel, le mystère se révèle, Dieu lui-même se donne.

Pourquoi insistez-vous à ce point sur la réforme spirituelle de l’Église et sur «la croix» du Christ?

Nous passons trop de temps à parler des structures de l’Église. Cela n’intéresse personne! Ce qui importe, c’est notre vie éternelle, notre vie intérieure d’amitié avec Dieu. L’Église existe pour qu’il y ait des saints. Le reste est secondaire. La vie à la suite du Christ nous ouvre cette vie avec Dieu. Elle passe par la croix. Ce n’est pas du dolorisme. La croix, c’est la plénitude de l’amour manifesté. C’est la victoire de la vie sur la mort et le péché.

Ce message radical est-il recevable pour le plus grand nombre, y compris dans l’Église?

La sainteté n’est pas réservée à une petite élite. Elle est pour tous. Être saint, c’est se laisser aimer par Dieu, suivre le Christ. Chacun peut commencer à sa mesure tous les jours.

Mais les prêtres et les évêques parlent-ils suffisamment de l’enjeu de cette vie spirituelle?

Ils sont parfois tentés de se rendre intéressants aux yeux du monde en parlant de politique ou d’écologie. Mais je crois qu’alors ils n’intéressent personne. On vient voir un prêtre parce qu’on cherche Dieu, pas parce qu’on veut sauver la planète. […]

Remise en cause de la loi naturelle : après l’euthanasie, la bioéthique

En janvier 2022, le père Carlo Casalone – médecin, ancien provincial italien de la Compagnie de Jésus, aujourd’hui membre de l’Académie pontificale pour la vie et professeur de théologie morale à l’Université pontificale Grégorienne – proposait des ouvertures inacceptables sur la proposition de loi visant à libéraliser le “suicide assisté”.

En ce 1er juillet, l’Académie pontificale pour la vie publie un imposant volume intitulé « Éthique théologique de la vie », qui contient les actes d’un séminaire organisé l’automne dernier, que certains n’hésitent pas à présenter comme la « mise à jour d’Evangelium vitae », le grand texte de Jean-Paul II sur la famille et la vie.

Au fil des 500 pages, qui passent en revue tout le champ de la bioéthique, de la procréation à l’intelligence artificielle, la conscience apparaît comme le « lieu de la responsabilité morale », et non comme une simple instance ayant pour tâche d’appliquer les règles du mieux possible. On retrouve le jésuite Carlo Casalone, qui estime que

« La norme est un point de référence, mais elle ne suffit pas à porter un jugement moral ».

Ce théologien, également médecin, réfute toute fragilisation de l’édifice moral de l’Église catholique.

« Cela peut paraître rassurant de penser que tout est écrit et qu’il suffit d’appliquer des normes toutes prêtes, mais c’est une fausse sécurité. La réalité n’est jamais celle-ci ».

Ces théologiens n’ont visiblement pas assimilé la grande encyclique de Jean-Paul II, Veritatis Splendor, selon laquelle (n°32) :

Une fois perdue l’idée d’une vérité universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée : la conscience n’est plus considérée dans sa réalité originelle, c’est-à-dire comme un acte de l’intelligence de la personne, qui a pour rôle d’appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d’exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant ; on a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d’agir en conséquence. Cette vision ne fait qu’un avec une éthique individualiste, pour laquelle chacun se trouve confronté à sa vérité, différente de la vérité des autres. Poussé dans ses conséquences extrêmes, l’individualisme débouche sur la négation de l’idée même de nature humaine. Ces différentes conceptions sont à l’origine des mouvements de pensée qui soutiennent l’antagonisme entre loi morale et conscience, entre nature et liberté.

Et dans Evangelium vitae, Jean-Paul II dénonçait :

Quand la conscience, cet œil lumineux de l’âme (cf. Mt 6, 22-23), appelle « bien le mal et mal le bien » (Is 5, 20), elle prend le chemin de la dégénérescence la plus inquiétante et de la cécité morale la plus ténébreuse.

Desiderio Desideravi : le catalogue de défauts listé par le pape sont des caractéristiques du Novus Ordo plutôt que de la liturgie traditionnelle

Analyse de Phil Lawler, journaliste catholique, directeur de CatholicCulture.org, sur le dernier document du pape Desiderio Desideravi :

Dans un pontificat marqué par des déclarations déroutantes, Desiderio Desideravi, la lettre apostolique sur la liturgie eucharistique publiée le 29 juin, est l’un des documents les plus curieux à ce jour. Après avoir commencé par une série de méditations sur la beauté incomparable de l’Eucharistie et sur la centralité de la liturgie dans la vie de foi, le pape François commet ensuite un non sequitur stupéfiant en affirmant – sans preuve ni explication – que les changements liturgiques introduits après Vatican II peuvent seuls raviver la compréhension correcte de la Messe.

“Sauvegardons notre communion”, écrit le pape dans sa conclusion. “Continuons à nous étonner de la beauté de la liturgie”. Aucun catholique croyant ne pourrait être en désaccord avec ces objectifs. Mais rien dans cette lettre apostolique n’explique pourquoi le Pontife pense avoir fait avancer ces objectifs en limitant l’utilisation de la liturgie latine traditionnelle.

Les catholiques traditionalistes sont naturellement consternés par le dernier document papal, car il renforce les interdictions sévères de Traditionis Custodes. Mais ils pourraient tourner une grande partie de l’argument papal à leur avantage. Si l’objectif est d’accentuer la beauté de la liturgie et de restaurer une révérence inspirée par la crainte pour l’Eucharistie – un objectif que Desiderio Desideravi expose avec une clarté et une vigueur admirables – il est certain que la liturgie traditionnelle se compare favorablement au Novus Ordo.

Dans le nouveau document, le pape François répète son accusation selon laquelle l’adhésion à l’ancienne liturgie est une menace pour l’unité catholique :

La problématique est avant tout ecclésiologique. Je ne vois pas comment il est possible de dire que l’on reconnaît la validité du Concile – bien que je sois étonné qu’un catholique puisse prétendre ne pas le faire – et en même temps ne pas accepter la réforme liturgique née de Sacrosanctum Concilum.

Ici aussi, les traditionalistes ont une réplique évidente : La liturgie telle qu’elle est vécue dans une paroisse catholique typique aujourd’hui n’est manifestement pas fidèle aux orientations que les Pères du Concile ont présentées dans ce document sur la liturgie. La plupart des traditionalistes seraient ravis d’avoir une liturgie qui reflète ce que le Concile a réellement dit.

Le don et la beauté

La première partie de Desiderio Desideravi, avec ses méditations théologiques sur la liturgie, est puissante, parfois profonde et belle. Le lecteur pourra remarquer que le style d’écriture n’est pas similaire à celui d’autres documents papaux récents. Contrairement à ses prédécesseurs immédiats, le pape François n’a pas souvent parlé ou écrit sur le sens de la liturgie. Et celui qui a participé à la rédaction de cette lettre apostolique a adopté une approche très différente de celle des autres rédacteurs fantômes.

Le titre de cette lettre apostolique est tiré d’un passage de l’Évangile de saint Luc (22, 15) : “J’ai vivement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir”. Le pape explique que, dans la liturgie eucharistique, Jésus continue de partager la Pâque avec les fidèles :

Si nous étions arrivés d’une manière ou d’une autre à Jérusalem après la Pentecôte et que nous avions ressenti le désir non seulement d’avoir des informations sur Jésus de Nazareth mais plutôt le désir de pouvoir encore le rencontrer, nous n’aurions pas eu d’autre possibilité que celle de rechercher ses disciples pour pouvoir entendre ses paroles et voir ses gestes, plus vivants que jamais. Nous n’aurions pas eu d’autre possibilité de vraie rencontre avec lui que celle de la communauté qui célèbre. C’est pourquoi l’Église a toujours protégé comme son trésor le plus précieux le commandement du Seigneur : ” Faites ceci en mémoire de moi. “

Le pape François écrit que la mission de l’Église est de répandre la foi dans le Christ afin que le monde entier participe au banquet eucharistique, embrassant le Christ et accomplissant son commandement évangélique. C’est dans la liturgie que les fidèles font l’expérience de la rencontre avec le Christ. C’est pourquoi, écrit le pape, “par cette lettre, je veux simplement inviter toute l’Église à redécouvrir, à sauvegarder et à vivre la vérité et la puissance de la célébration chrétienne.” Une fois encore, aucun catholique croyant ne peut s’y opposer.

Cependant, lorsqu’il aborde le sujet qui est le sous-titre de sa lettre, “la formation liturgique du peuple de Dieu”, le pape a remarquablement peu à dire. Il nous dit que la manière de célébrer la liturgie devrait souligner la signification du sacrifice eucharistique, mais ne donne aucune directive sur la manière de le faire. Il insiste sur le fait que “chaque aspect de la célébration doit être soigné (espace, temps, gestes, paroles, objets, vêtements, chants, musique…) et que chaque rubrique doit être observée”, mais il ne nous dit pas quels gestes, paroles, objets, etc. sont essentiels. Il vante la valeur du silence et des gestes symboliques, mais n’offre pas de suggestions spécifiques.

Comme à son habitude, le Pape François enseigne en accentuant le négatif, avec une liste d’approches qui pourraient

“caractériser une manière de présider qui est certainement inadéquate : une austérité rigide ou une créativité exaspérante, un mysticisme spiritualisant ou un fonctionnalisme pratique, une vivacité précipitée ou une lenteur exagérée, une négligence négligente ou une minutie excessive, une amabilité surabondante ou une impassibilité sacerdotale”.

Ici encore, les traditionalistes pourraient répondre à juste titre que nombre de ces défauts (“créativité exaspérante… négligence négligente… amabilité surabondante”) sont des caractéristiques du Novus Ordo plutôt que de la liturgie traditionnelle. Le pape Benoît XVI a avancé un argument similaire, et a conclu que les défauts potentiels des deux formes liturgiques pouvaient être corrigés par un “enrichissement mutuel.”

Mais bien sûr, le pape François a écarté cette possibilité, en insistant sur le fait que le Novus Ordo est l’expression unique de la liturgie romaine. Il se réfère fréquemment dans sa lettre apostolique à l’autorité de Vatican II et de Sacrosanctum Concilium. Mais il passe sous silence le fait que la liturgie, telle qu’elle est vécue par la plupart des catholiques aujourd’hui, est très éloignée des directives réelles énoncées dans ce document.

Quant à la promotion de l’unité au sein de l’Église, les suites de Vatican II ont-elles fait progresser cette unité, alors que la célébration de la liturgie est nettement différente d’une paroisse à l’autre – et souvent même au sein d’une paroisse, puisque différentes liturgies eucharistiques sont programmées pour plaire à différentes sensibilités ? Le pape François s’insurge contre “un personnalisme exacerbé du style de célébration”, mais c’est précisément l’effet produit par les changements liturgiques qui ont divisé l’Église depuis Vatican II.

Embrasser la discontinuité

Afin d’expliquer pourquoi les Pères de Vatican II ont jugé nécessaire de réformer la liturgie, le pape écrit que l’homme moderne a perdu la capacité de comprendre la liturgie :

Par conséquent, la question fondamentale est la suivante : comment retrouver la capacité de vivre pleinement l’action liturgique ? Tel était l’objectif de la réforme du Concile. Le défi est extrêmement exigeant car l’homme moderne – pas au même degré dans toutes les cultures – a perdu la capacité de s’engager dans l’action symbolique, qui est un trait essentiel de l’acte liturgique.

Si c’est le cas (et là je suis d’accord avec le Pape, c’est le cas), alors il semble que le remède serait d’aider l’homme moderne à retrouver sa compréhension et sa capacité de l’action symbolique. Ainsi, l’objectif déclaré de cette lettre apostolique – la formation liturgique – est un effort bon et nécessaire. Pourtant, à part des généralités et des références répétées au Concile, la lettre apostolique n’explique pas comment nous pourrions récupérer ce que nous avons perdu. Le Pape François exhorte les fidèles à apprécier la puissance des gestes liturgiques, y compris ceux auxquels toute la congrégation participe (“rassemblement, marche prudente en procession, être assis, debout, à genoux, chanter, être en silence, acclamations, regarder, écouter”), mais il n’approfondit pas la question de savoir quels gestes sont appropriés, et encore moins d’expliquer leur signification dans le contexte du sacrifice eucharistique.

Pour une exploration de ces questions plus profondes, le pape nous renvoie à Sacrosanctum Concilium. Il écrit :

“Nous devons au Concile, et au mouvement liturgique qui l’a précédé, la redécouverte d’une compréhension théologique de la liturgie et de son importance dans la vie de l’Église.”

Créditer Vatican II d’une “redécouverte” de cette compréhension suggère qu’elle avait été perdue – pas seulement largement incomprise, ou ignorée, ou même abusée, mais simplement absente jusqu’à ce que les Pères du Concile la fassent revivre. Ainsi, toute la liturgie eucharistique était-elle fondamentalement défectueuse avant le Concile ? Ici, le Pape François embrasse sans ambiguïté l'”herméneutique de la discontinuité” que le Pape Benoît XVI a diagnostiquée comme la principale raison de l’incompréhension des directives du Concile.

Ainsi, dans Desiderio Desideravi, le pape François a contredit l’enseignement de son prédécesseur, plus clairement encore qu’il n’a contredit Summorum Pontificum lorsqu’il a publié Traditionis Custodes. Le rejet est sans équivoque ; nulle part dans cette lettre apostolique le pape ne cite le travail de Benoît XVI, qui a tant et si bien écrit sur la liturgie.

Mais si ce pape peut contredire le pape précédent, alors le prochain pape pourrait contredire le pape François. Voilà donc une leçon de plus à tirer de cette lettre apostolique, publiée en la fête des Saints Pierre et Paul, alors que le monde catholique célèbre l’unité de tous les fidèles en communion avec le Siège de Rome.

Avortement : la fuite en avant

Communiqué des Associations Familiales Catholiques :

L’actualité de ces derniers jours a été marquée par le retournement de l’arrêt américain sur l’avortement.

Comme pour d’autres évolutions de la société américaine, certains y ont immédiatement vu un risque contre la législation de l’avortement en France. C’est un prétexte pour verrouiller davantage les lois françaises. Le gouvernement est allé jusqu’à s’engager à « soutenir avec force » l’inscription du respect de l’IVG dans la Constitution française.

Notre réponse ? Les parlementaires devraient regarder le nombre élevé́ d’IVG comme un problème de santé publique et développer des politiques préventives et d’accompagnement des grossesses imprévues.

Les Associations Familiales Catholiques appellent à un changement de politique :

  • un développement de l’éducation affective et sexuelle des jeunes
  • la lutte contre les facteurs de risque (pauvreté́, déscolarisation) de recourir à l’IVG en cas de grossesse imprévue.
  • des aides matérielles et financières pour aider les femmes et les familles
  • la valorisation de l’accouchement sous le secret.

Cessons de banaliser l’avortement, prenons soin des familles et des mères seules en difficulté.

De nombreux Présidents d’AFC locales et d’adhérents ont écrit à leurs députés pour leur faire part de leurs inquiétudes et de leurs craintes de voir un empilement sans fin de ces lois qui portent atteintes à la vie : bioéthique, avortement et bientôt une loi pour autoriser l’euthanasie.

Chers amis, vous pouvez compter sur les AFC pour porter ces sujets dans l’espace public.

Je compte sur vous pour m’y aider.

Pascale Morinière,

Présidente nationale des AFC

La France abrite une diaspora algérienne de 2,6 millions de personnes au minimum

L’Observatoire de l’immigration a publié une étude intéressante sur l’immigration des Algériens en France. On y lit que

  • La France abrite une diaspora algérienne de 2,6 millions de personnes au minimum, dont 846 000 immigrés stricto sensu (les plus nombreux parmi toutes les nationalités représentées).
  • Cette immigration a explosé durant les Trente Glorieuses : le nombre d’Algériens présents sur le sol français a été multiplié par 33 entre 1946 et 1972.
  • Au titre de l’accord bilatéral du 27 décembre 1968, les Algériens bénéficient d’un régime dérogatoire plus favorable à leur immigration en France. Exemple d’avantage : la délivrance d’une carte de séjour de 10 ans leur est facilitée dans de nombreux cas.
  • en 2019, sur les 7,6 millions de personnes nées en France d’au moins un parent immigré (parfois dénommées « seconde génération »), 1,2 million étaient d’origine algérienne
  • Les Algériens constituaient la nationalité étrangère la plus représentée dans les prisons françaises en 2018
  • 41,7% des Algériens de plus de 15 ans vivant en France étaient chômeurs ou inactifs
  • Le taux de chômage des hommes de 18-24 ans nés en France de parents immigrés d’Algérie atteignait 45,8% entre 2007 et 2009

Après la séparation entre sexualité et procréation, voici la séparation entre parentalité et conjugalité

Au premier trimestre 2022, sur les 5126 demandes de nouvelles candidates à la PMA, 53 % concernaient des femmes seules contre 47 % pour les couples de femmes. Parmi les membres de l’association Mam’enSolo, on recense environ une moitié de demandes de femmes proches de la quarantaine, désireuses de faire un bébé de la dernière chance. Mais aussi de femmes trentenaires pour qui la PMA est un premier choix :

«Certaines sont en couple mais n’ont pas envie de faire un enfant à deux parce que leur conjoint n’est pas prêt, qu’il a déjà des enfants d’une autre union ou encore parce qu’elles préfèrent décorréler leur vie amoureuse et familiale. D’autres ne veulent pas vivre avec un homme et décident de se débrouiller seules. Certaines sont asexuelles ou “aromantiques”, c’est-à-dire sans attrait pour les relations amoureuses».

Une femme de 26 ans explique :

«Les relations sexuelles, cela ne m’a jamais attiré et je ne ressens pas de sentiment amoureux. Je n’ai pas envie d’attendre le dernier moment pour faire un bébé alors que je n’ai aucune envie de me mettre en couple. Par contre, si je ne devenais pas maman, j’aurai l’impression de passer à côté de quelque chose de fondamental».

Pour les médecins et psychologues des centres de PMA, ces nouvelles demandes ne sont pas évidentes :

«Pour une majorité de femmes seules qui font cette demande, ce n’est pas un choix désiré au départ : certaines viennent à un âge plus tardif car elles n’ont pas trouvé de partenaire ou ont vécu des histoires compliquées. On s’interroge parfois sur la fragilité de leur situation car sans conjoint, elles seront seules à gérer. Mais personne n’ose récuser leur choix car, au fond, ce n’est pas notre rôle».

Et une autre femme :

«Quand je vois les couples autour de moi, je me dis que je suis très bien toute seule. C’est l’anarchie quand ils se séparent car ils doivent rester liés pour organiser la vie de leur enfant. Je ne veux dépendre du bon vouloir de personne. Mes décisions, je les prends moi-même.»

Anthropologue chargée d’étude à l’Ined et sage-femme, Hélène Malmanche déclare :

«La disjonction entre sexualité et procréation, entre parentalité et conjugalité, est en train de prendre une nouvelle forme, plus assumée». «Les écarts d’âge entre les maternités solos et les maternités dites “classiques” se resserrent. Les femmes veulent davantage suivre leur propre temporalité et attendent moins longtemps avant de se lancer dans un parcours de PMA».

Le Parlement européen a financé une étude sur “l’extrémisme de droite”

Le Parlement européen a financé une étude sur la fameuse extrême-droite, qui remet en cause l’immigration, l’homosexualisme, voire l’Union européenne. Evidemment la rapport met tout dans le même panier :

Les partisans de l’extrême droite peuvent souvent être différenciés en partis politiques, organisations militantes non parlementaires et groupements informels. Ils partagent certains éléments idéologiques, comme l’intolérance à l’égard des minorités, le racisme et la xénophobie (observés dans l’écrasante majorité des partis et groupes du spectre du nationalisme radical à l’extrême droite) et ciblent souvent les musulmans, les réfugiés et les migrants, mais aussi la communauté LGBTQ+. En particulier dans les pays d’Europe centrale et orientale, la communauté rom, souvent associée à certains types de crimes et accusée de l’être, constitue une autre cible importante.

Et concernant la France :

La principale menace de ces groupes est qu’ils sont apparus en dehors des groupes traditionnels d’extrême-droite. Dans une large mesure, pendant plusieurs décennies, leFront national a réussi à représenter un centre de gravité suffisamment important pour que la plupart des mouvements d’extrême droite puissent le contourner. Dans une large mesure, pendant plusieurs décennies, le Front national a réussi à représenter un centre de gravité suffisamment important pour que la plupart des mouvements d’extrême-droite puissent le contourner. Sous la direction de Jean-Marie Le Pen, les membres et l’idéologie du FN étaient diversifiés et comprenaient des nationaux-révolutionnaires, des néo-nazis, des traditionalistes catholiques et bien d’autres.À bien des égards, le parti était suffisamment diversifié pour représenter de nombreux acteurs du spectre du nationalisme radical à l’extrémisme de droite. Avec la transformation progressive du Front national en Rassemblement national avec une stratégie visant à se rendre plus acceptable (et éligible) par un électorat plus traditionnel de droite et de électorat de droite et de centre-droit plus traditionnel, un nombre croissant de petits groupes d’extrême-droite ont émergé, dont certains développent de plus en plus leur propre identification distincte.

Bien que cette tendance soit perceptible, ces groupes se concentrent souvent sur des questions culturelles et politiques sans concourir aux élections, mais contribuent à mettre en lumière des questions qui sont ensuite souvent reprises par le RN. Ces groupes, les trois caractéristiques de la définition de travail de l’extrémisme de droite (la croyance en une certaine forme d’inégalité ou de hiérarchie naturelle entre les personnes ou les groupes de personnes, l’objectif implicite ou explicite de détruire le système démocratique et les droits de l’homme), sont des exemples de groupes d’extrême droite. La mesure dans laquelle ils sont prêts à utiliser la violence ou à la tolérer est plus difficile à évaluer chez certains d’entre eux. Ils peuvent être classées comme suit :

  • Mouvement identitaire (Génération identitaire, Les identitaires, Nissa Rebela). Ce mouvement est apparu au début du siècle. Il s’est basé sur les conclusions que la stratégie liée au FN n’était pas réussie. Par conséquent, leur stratégie a été modifiée, fortement influencée par les écrivains de gauche et le mouvement altermondialiste, notamment le concept d’hégémonie culturelle développé par Antonio Gramsci. Ainsi, les principaux partisans du mouvement identitaire se sont progressivement éloignés du FN et leur stratégie a consisté à essayer d’influencer le débat public sur des questions telles qu’un prétendu racisme anti-blanc ou la construction de mosquées.Étant donné le nombre relativement faible de militants et leur manque d’accès aux médias de masse, le mouvement identitaire s’appuie fortement sur les médias sociaux pour communiquer et comprend un certain nombre de YouTubeurs […]

Plus récemment ; l’émergence d’Eric Zemmour comme candidat à l’élection présidentielle de 2022 est un symptôme de la popularité accrue des idées sur le nationalisme radical au spectre de l’extrême droite.

Son programme est au moins de droite radicale, incluant des éléments de nationalisme culturel et ethnique (frein strict à l’immigration incluant la limitation du droit d’asile, aspect anti-musulman tel que l’interdiction du foulard dans les espaces publics), rejet des éléments libéraux de la société. Au cours de sa campagne ainsi que dans son rôle précédent de personnalité médiatique, il a promu des théories de la conspiration telles que le Grand Remplacement selon lequel il existe un stratagème d’une élite politique, économique et médiatique pour remplacer la population française (et européenne) par une population d’origine africaine. […]

I-Média – Avortement : liberté ou crime ?

L’image de la semaine

Jean-Yves Le Gallou analyse les images effarantes d’une horde de milliers de migrants prenant d’assaut un poste-frontière hispano-marocain à Melilla. Bilan du carnage : une quarantaine de morts et plus d’une centaine de blessés.

Avortement : liberté ou crime ?

La décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de balayer la jurisprudence Roe vs Wade permet aux Etats de légiférer librement sur l’accès à l’avortement. La nouvelle a provoqué une tempête médiatique outre-Atlantique mais également en France. Retour sur cette séquence de propagande partiale et violente.

Revue de presse

Premières sessions de l’Assemblée nationale, grève de l’audiovisuel public, condamnation de Ghislaine Maxwell et bien d’autres sujets sont couverts dans notre revue de presse hebdomadaire.

Le retour tonitruant du Covid

Le Covid a fait son grand retour dans les titres d’actualité. Doses de rappel, retour du masque et des gestes barrières, pass-vaccinal remis en route… L’opération médiatique de préparation des esprits à l’obéissance et la soumission est enclenchée.

 

Avortement : Le stade suprême de la domination masculine

De Louis Daufresne dans Aleteia :

Car l’avortement peut être interprété comme une ruse de l’homme, comme le prix à payer du plaisir qu’il tire du corps de la femme perpétuellement disponible. Et si l’IVG était le stade suprême de la domination masculine ? La femme ne s’aperçoit pas que le patriarcat lui fait payer la facture de la jouissance sans limite. En reportant sur elle toute la charge mentale et physique de la gestion du sexe : la femme n’a plus aucune raison de se refuser à l’homme puisque les conséquences de l’acte sont résolues médicalement, soit avant (contraception), soit après (avortement). L’homme peut donc être regardé comme un grand pervers : puisqu’un droit est forcément un bien, de quoi te plains-tu ? Avorte et tais-toi. Un discours féministe pertinent serait de reconnaître que l’avortement déresponsabilise l’homme, le libère de tout devoir envers la femme dont il profite et lui permet même d’exercer un chantage sur elle. Faire comme si l’IVG ne concernait que la femme revient à perpétuer le pouvoir que l’homme s’arroge sur tout son être, ce qui la confine dans une forme d’aliénation.

En se déresponsabilisant, l’homme oblige la femme à décider seule. Il s’ensuit une situation cruelle : bien qu’elle cède le plus souvent à l’injonction masculine, la femme ne pourra jamais s’en prendre qu’à elle-même si elle avorte. In fine, c’est toujours elle qui arbitrera : gardera ou gardera pas le fœtus ? Le droit à l’IVG fait l’impasse sur cette pression sociale. Il la nie. Il exprime une souveraineté de principe — que la femme seule est habilitée à exercer sur son corps.

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