C’est arrivé un 28 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 28 décembre : saints du jour français ou en France.
- St Antoine, moine au monastère de Lérins († v. 520)
Commémoraison de saint Antoine, moine vers 520. Né à Valéria en Pannonie, près du Danube, il mena en divers endroits une vie solitaire et, déjà âgé, se retira au monastère de Lérins, où il se montra gentil avec les jeunes, grave avec les anciens, docte avec les savants.
- St François de Sales, évêque († 1622)
À Lyon, en 1622, la naissance au ciel de saint François de Sales, évêque de Genève, dont la mémoire est célébrée au jour de sa mise au tombeau à Annecy le 24 janvier.
- le 28 décembre 418 : Saint Boniface Ier devient pape.
À la mort du pape Zosime, le 26 décembre 418, le parti des diacres élit pour lui succéder l’archidiacre Eulalien, le 27 décembre. Or, le 28, les prêtres choisissent l’un des leurs, qui devient Boniface Ier. Il en résulte que, le 29 décembre les deux hommes sont sacrés chacun de leur côté.
Pour trancher la question, l’empereur Honorius convoque un synode à Ravenne le 8 février 419 et interdit aux deux prétendants d’entrer dans la ville de Rome. En fait, le synode hésitant laisse la décision à l’empereur. Comme celui-ci semble prendre son temps, Eulalien s’impatiente et pénètre dans la cité de Rome pour y célébrer les cérémonies de Pâques. Les troupes d’Honorius interviennent alors pour installer Boniface, tandis qu’Eulalien se console avec un évêché en Campanie (il y meurt sans histoires en 423). Pour éviter le renouvellement du problème, Honorius promulgue une ordonnance disposant qu’en cas de double élection, aucun des deux élus ne soit pape, mais que l’on procéderait à l’élection d’un troisième.
- le 28 décembre 856 : raid des Vikings sur Paris qui incendient la ville.
- le 28 décembre 1337 : révolution dans le Comté de Flandre.
Le comté de Flandre est alors une principauté du Royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits opposant la France et l’Angleterre, lors de la guerre de Cent Ans. Le roi d’Angleterre, jouant de l’arme économique, pousse les habitants de Gand, capitale du comté, à la révolution contre les Français. Le 28 décembre 1337, menés par Jacob van Artevelde, ils prônent la neutralité dans le conflit franco-anglais, et s’administrent eux-mêmes jusqu’en 1345.
- le 28 décembre 1355 : réunion des Etats généraux à Paris.
Les États généraux réunis à Paris à la demande du Roi Jean II le Bon votent la Grande ordonnance (sur le modèle de la Grande Charte anglaise de 1215), limitant les pouvoirs royaux et marquant un renforcement du Parlement. Le prévôt des marchands Étienne Marcel et Robert Le Coq sont les chefs bourgeois de l’opposition.
- le 28 décembre 1503 : le chevalier Bayard repousse l’ennemi, seul contre tous, au pont de Garigliano
Tandis que la France et l’Aragon se disputent le Milanais, dans la nuit du 27 au 28 décembre, 2 000 Espagnols franchissent le Garigliano. Les 300 arbalétriers français en garnison à Suio ne remarquent pas ces mouvements et Gonzalve de Cordoue fait donc traverser 2 000 hommes de plus, dont 200 cavaliers commandés par Prospero Colonna, avant de donner l’ordre d’attaquer le pont occupé par les Français. Le capitaine français en poste au pont du Garigliano décide-t-il de le détruire et de battre en retraite sur Gaète, abandonnant les malades ainsi que neuf canons. Informé de cette retraite, Gonzalve de Cordoue décide de les poursuivre, et la cavalerie de Colonna rattrape les Français. Néanmoins, grâce aux exploits du chevalier Bayard qui tient seul le pont en obligeant les Espagnols à l’affronter un contre un, les Français arrivent à s’échapper.
- le 28 décembre 1537 : édit de Montpellier.
Par l’ordonnance de Montpellier, François 1er introduit le dépôt légal en France. Il constitue l’obligation légale faite aux producteurs et diffuseurs de documents, de les déposer auprès des organismes dépositaires qui sont tenus de les conserver et de les signaler. Auparavant, il n’était possible de faire un dépôt légal que dans la bibliothèque du Roi, située à Blois. Le dépôt légal est, aujourd’hui, régi par le titre III du livre 1er du Code du patrimoine.
- le 28 décembre 1622 : décès de François de Sales à Lyon, à l’âge de 55 ans.
Evêque, homme de lettres et saint, François de Sales, né le 21 août 1567 en Savoie, a été ordonné prêtre en 1593 et consacré évêque en 1602. En pleine Réforme, il a sillonné son diocèse de Genève pour présenter la foi catholique. Avec Sainte Jeanne de Chantal, il a fondé l’ordre de La Visitation Sainte-Marie en 1610. Il est le saint patron des journalistes et des écrivains et docteur de l’Église. Il a écrit Introduction à la vie dévote et le Traité de l’amour de Dieu. Il a été canonisé en 1665.
- le 28 décembre 1799 : un décret autorise l’ouverture des églises le dimanche.
Ce décret n’aurait jamais été signé sans les milliers de martyrs de Vendée, de Bretagne, du Lyonnais et de tous ceux qui ont sacrifiés leur vie pour affirmer leur foi catholique aux yeux des hommes et de Dieu. Notre « liberté » religieuse d’aujourd’hui, nous la devons à ces ancêtres anonymes.
- le 28 décembre 1857 : des troupes Franco-Britanniques bombardent Canton.
- le 28 décembre 1895 : séance publique du cinématographe.
Les frères Lumière, dans un café de Paris réalisent la première projection publique payante de cinéma. Le programme est composé de 10 films ou « vues », comme on les appelle à l’époque, de 50 secondes. Il comprend la fameuse “Sortie des usines Lumière“, le premier film tourné par les frères Lumière le 19 mars précédent, “La Voltige“, une leçon de cavalerie filmée et mise en scène par Louis Lumière, “Les Forgerons“, “Le Jardinier” (plus connu sous le nom de “L’Arroseur arrosé“), “La Place des Cordeliers à Lyon”, et “La Mer”, filmé durant l’été 1895. Trente-trois spectateurs sont présents dans la salle.
- le 28 décembre 1897 : Edmond Rostand triomphe avec Cyrano de Bergerac.
Edmond Rostand triomphe au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris lors de la première représentation de sa comédie en 5 actes, “Cyrano de Bergerac“. Le public apprécie tout particulièrement le romantisme de la pièce qui contraste avec le réalisme l’époque.
- le 28 décembre 1944 : défaite allemande dans les Ardennes.
- le 28 décembre 1945 : les cartes de pain sont rétablies à cause d’une forte augmentation de la consommation.
- le 28 décembre 1967 : légalisation de la contraception avec le vote de la loi Neuwirth.
Ce député franc-maçon et gaulliste fait voter une loi élaborée en loge dix ans auparavant. En ce jour le Martyrologe romain fête les Saints Innocents, des enfants de moins de 2 ans massacrés pour le Christ par Hérode à Bethléem (1er s.).
C’étaient des tout-petits enfants, ils avaient à peine 2 ans pour les plus âgés. L’âge de la crèche, pas même de la maternelle. Pour leurs pères et leurs mères, ils étaient des merveilles, des enfançons qu’on élève encore contre sa joue. Voulant atteindre le roi d’Israël, ce sont les petits qu’Hérode fait tuer, les premiers accueillis par le Dieu d’Amour qui vient sauver les hommes. Ils sont incapables de parler. Mais aux yeux du Christ, c’est l’existence et non l’âge qui offre la liberté d’entrer dans l’Église.
Petits enfants qui furent massacrés à Bethléem de Judée sur l’ordre du roi impie Hérode, pour que périsse avec eux l’enfant Jésus. Dès les premiers siècles de l’Église, ils ont été honorés comme martyrs, car ils sont les prémices de tous ceux qui devaient verser leur sang pour Dieu et pour l’Agneau de Dieu.
Il faut toujours avoir présent à l’esprit la foule innombrable des enfants, qui vivant encore dans le sein de leurs mères sont tués avant même de voir le jour, à cause des lois qui autorisent l’avortement, ce crime abominable.
le 28 décembre 1973 : L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne est publié.
Les restrictions contre la messe traditionnelle ne choquent pas seulement les pratiquants de l’usus antiquor
Un exemple parmi tant d’autres :

Vols des santons de la crèche à Locronan (29)
Le santon du Petit Jésus, installé la veille au soir dans la crèche, a été volé, ainsi que d’autres santons de la crèche de Locronan.
Trans vs féministes
On n’arrête pas le ‘progrès’ :
Sur le front de l’identité de genre, un pas en avant à la fois surprenant et inquiétant a été fait en Nouvelle-Zélande. Dans le pays insulaire, l’auto-certification du changement de sexe est déjà possible depuis 2018, mais avec une contrainte très claire : vous devez prouver que vous avez reçu les traitements de santé hormonaux et chirurgicaux appropriés. Toutefois, après seulement trois ans, le Parlement néo-zélandais a fait un nouveau saut qualitatif : indépendamment de toute intervention sur son corps, toute personne qui le souhaite peut se présenter à l’état civil et changer son sexe d’homme en femme et vice versa. Le projet de loi a été adopté à l’unanimité, dans ce qui est peut-être le pays le plus ouvertement LGBT+ du monde.
L’innovation a été fortement défendue par le Ministre de l’Intérieur Jan Tinetti qui a parlé d’un “jour dont on peut être fier” dans l’histoire du pays. Un changement qui “fera vraiment la différence pour les Néo-Zélandais transgenres, non binaires, LGBT et intersexes”, et qui, selon le ministre, soutiendra les jeunes en leur donnant “l’autorité sur leur propre identité”, tout en favorisant leur “santé mentale” et un “sentiment de bien-être”.
Elizabeth Kerekere, députée du parti des Verts et représentante déclarée des questions LGBT+, a également accueilli le vote favorable avec des larmes d’émotion, mais s’est dite déçue que la loi ne prévoie pas la possibilité d’une application aux immigrants, aux réfugiés ou aux demandeurs d’asile. Une autre catégorie exclue, du moins pour le moment, est celle des Néo-Zélandais nés à l’étranger, mais le Ministre Tinetti s’est engagé à supprimer cet obstacle également.
Alors qu’il n’y a pas eu d’agitation au Parlement, certains troubles ont été enregistrés en dehors de l’arène politique. Et ils viennent des féministes.
Par exemple, le groupe féministe Speak Up for Women s’est toujours opposé au projet de loi depuis son introduction en 2018. Cette hostilité a coûté cher aux féministes, qui ont été qualifiées d’anti-transgenres et empêchées d’organiser des événements dans divers lieux, dont la bibliothèque municipale de Christchurch. En outre, Nicola Grigg, porte-parole du Parti National des Femmes, s’est inquiétée de “l’impact social” sur les personnes qui “ont le sentiment de ne plus pouvoir exprimer leurs opinions”. Le Ministre Tinetti a répliqué une fois de plus, en faisant court :” La misogynie trans est toujours de la misogynie”, a déclaré le Ministre, mettant ainsi sur le même plan la question féminine et la question homosexuelle.
Toutefois, la nouvelle loi néo-zélandaise n’entrera pas en vigueur immédiatement. Dix-huit mois devront s’écouler, au cours desquels le gouvernement consultera les communautés “arc-en-ciel” pour s’assurer que la législation soutient ceux qui en bénéficient. Il faudra également identifier les personnes aptes à adresser les questionnaires aux jeunes, veiller à ce que les certificats de naissance incluent les options non-binaires, déterminer les exigences pour toute personne cherchant à changer de sexe plus d’une fois.
Cette innovation, qui a été saluée par la population, se distingue avant tout par un paradoxe très évident. Adoptée pour contourner la bureaucratie médicale et judiciaire, la nouvelle loi risque de reproduire de nouvelles complications juridiques lors de la délivrance de nouveaux certificats. De plus, comme il n’y a pas de limite au changement de sexe dans un sens ou dans l’autre – puisqu’on peut le faire plusieurs fois dans sa vie – les bureaux publics et les tribunaux se trouveront plus occupés et plus encombrés qu’auparavant. Si, en vertu du principe d’auto-identification, chacun se voit épargner l’épreuve de la transition hormonale et chirurgicale, combien d’escroqueries peuvent se produire en vertu de cette prétendue liberté supplémentaire ? Combien d’hommes poilus et barbus pourront se déclarer femmes, s’introduire arbitrairement dans les toilettes et les vestiaires des femmes, ou participer à des compétitions féminines, qu’ils gagneront d’ailleurs facilement ?
En bref, la réforme pro-genre en Nouvelle-Zélande représente le fer de lance d’un débat qui est désormais mondial. Le Royaume-Uni est l’épicentre d’un choc anthropologique et d’une opinion publique divisée en deux, surtout après un énième jugement sur l’affaire Tavistock. Au Mexique, pays très catholique et macho, c’est la Cour Suprême qui a sanctionné le droit des mineurs à changer de sexe à la naissance. Si cependant d’un côté, la psychiatrie commence à faire marche arrière sur la transition de genre alors que les témoignages de personnes dites ” dé-transitionnistes continuent d’augmenter de façon exponentielle, la plupart des législatures et des systèmes judiciaires nationaux semblent tous aller dans la même direction : celle d’un être humain fluide, insubstantiel et indéfini au niveau psycho-social et sexuel mais, précisément parce qu’il est fragile et manipulable, réductible à une chose ou à un esclave, donc extrêmement “rentable”.
Aidez les Accueils Louis et Zélie
En ces temps si troublés, il est urgent de soutenir les Accueils Louis et Zélie, lieux d’écoute et d’aide pour sortir d’une situation affective ou familiale difficile.
Les Accueils Louis & Zélie, en référence aux saints époux Martin, sont des lieux accueillants et missionnaires, ouverts à tous, portés par des bénévoles catholiques compétents, pour aider les personnes à faire le choix de la vie et de l’amour véritable.
Ces lieux aident toute personne, jeune ou âgée, en couple ou célibataire, à sortir d’une situation affective ou familiale difficile. En soutenant chaque accueilli dans son intégralité, nos accompagnateurs proposent :
✔️ Une écoute qui considère la finalité de chaque personne par rapport au Bien, au Beau et au Vrai
✔️ Un accompagnement dans le respect total de la liberté de chaque personne
En développement continu en raison des détresses personnelles et familiales qui se multiplient en ces temps si troublés à bien des égards, les 34 Accueils mobilisent aujourd’hui 136 accompagnateurs bénévoles. Depuis leur création en 2015, plus de 2500 personnes ont déjà été concrètement accompagnées ou orientées.
Comme les Accueils Louis et Zélie ne vivent que de dons, nous sollicitons la générosité de nos lecteurs pour cette œuvre de salut :
Merci de votre soutient généreux sur www.credofunding.fr/fr/nouveaux-accueils-louis-zelie
Ou directement sur le site des Accueils Louis et Zélie www.accueillouisetzelie.fr
Soutenir les maisons d’accueil de la vie
Nouvelles mesures en Absurdie
L’inénarrable Castex a déballé une nouvelle série de mesures pour lutter contre la nouvelle grippe micronesque… parmi lesquelles :
- Le délai de rappel vaccinal ramené à trois mois après la dernière dose (après avoir évoqué, 6, puis 5 et 4 mois… ). Bientôt le rappel vaccinal tous les mois ?
- La quatrième dose «est une possibilité». Autant dire qu’elle deviendra obligatoire, en attendant les suivantes. Pfizer se frotte les mains.
- Retour du masque «dans tous les centre-villes» où préfets et maires le jugent utile
- Rassemblements extérieurs limités à 5000 personnes, contre 2000 en intérieur (sauf pour les meetings politiques et cultes)
- Plus possible de manger dans les salles de sport, lieux de culture et transports
- Bars et cafés restent ouverts, à condition d’y consommer assis et non plus debout. Sera-t-il possible de faire pipi debout ?
- Fin des «concerts debout» dès lundi, et pour au moins trois semaines
- Transformation du passe sanitaire en passe vaccinal. Les non-vaccinés sont soumis à un régime d’apartheid.
Aucune mesure renforçant les moyens hospitaliers n’a été annoncée…
Marine Le Pen a réagi sur Twitter :
Emmanuel Macron et le gouvernement n’ont cessé de mentir en connaissance de cause pour imposer leur stratégie perdante du tout vaccinal. Le vaccin n’empêchant ni de contracter ni de transmettre le virus, j’appelle à renoncer au pass sanitaire/vaccinal. Les Français, notamment les jeunes et les seniors, ont été floués. On leur a promis un retour à la vie normale avec le vaccin. Aujourd’hui, ils vivent sous la menace permanente de nouvelles restrictions. Il est temps de s’engager vers un retour à la vie normale. En multipliant les mesures punitives qui n’ont aucun sens, le gouvernement s’agite au lieu d’agir. Comment accepter des mesures aussi ridicules que l’interdiction de danser, boire debout, manger dans un train ou l’obligation de porter un masque dans la rue ? Au lieu de restreindre les libertés, prenons des mesures de bon sens : rappeler les soignants suspendus, rouvrir les lits fermés en pleine crise, rendre aux médecins la liberté de prescription et surtout… réhabiliter l’hôpital public saccagé depuis des années.
Jean-Frédéric Poisson :
Dans une obstination coupable, le gouvernement s’entête dans sa stratégie du tout vaccinal et de la mise au ban des non-vaccinés malgré son échec évident. En y ajoutant l’inacceptable passe-vaccinal, et une série de mesures plus totalitaires que sanitaires.
Selon Martin Mosebach, François s’est vengé de Benoît XVI
L’écrivain Martin Mosebach, auteur de l’ouvrage Hérésie de l’informe. La liturgie romaine et son ennemi, accuse le pape François de se venger personnellement de son prédécesseur Benoît XVI avec Traditionis Custodes. François n’a pas pardonné à Benoît, a poursuivi Mosebach, “que son livre sur le sacerdoce au début de 2020 a influencé l’issue du synode amazonien et a ruiné l’abolition du célibat qui était en fait souhaitée“. Cela a mis le Pape très en colère :
Maintenant, il lui a rendu la pareille en prenant des mesures contre l’ancienne messe, la liturgie, qui était une affaire qui tenait à cœur à Benoît et qu’il avait expressément réhabilitée.
Si le pape François porte la main sur la tradition, il ne peut plus obliger les croyants à obéir. Surtout, il attaque le fondement sur lequel repose la papauté. Le rite tridentin n’est pas tombé du ciel, mais a grandi historiquement.
De Lagrasse à Solignac, la haine recuite du Monde
Le 22 décembre, Le Monde a consacré un reportage à l’abbaye de Lagrasse, dans l’Aude, sous le titre :
A l’abbaye de Lagrasse, la querelle des deux chapelles
Depuis 2004, une communauté religieuse conservatrice a investi l’édifice déjà occupé pour partie par une association littéraire marquée à gauche. Après un premier incident en 2007, la paix fragile de ce village de l’Aude a été troublée par la publication de « Trois jours, trois nuits », signé par quatorze écrivains qui ont partagé le quotidien des chanoines.
Le 27 décembre, le même canard s’en prend cette fois à l’abbaye de Solignac, près de Limoges, avec ce titre :
« Ils ont réussi le tour de force de diviser le village » : à Solignac, les moines de la discorde
L’abbaye de cette commune de 1 500 âmes, située à 10 kilomètres de Limoges, n’avait plus hébergé de religieux depuis 1789. Mais la réinstallation d’une communauté de dix frères d’obédience traditionaliste passe mal auprès d’une partie de la population.
Même accusation, même procédé, même désinformation.
Quand l’abbaye de Pontigny a été rachetée par la Fondation Schneider, Le Monde n’a rien trouvé à dire.
Quand une mosquée se construit en France, Le Monde n’est pas là pour constater une division, une discorde locale ou autre querelle.
Journalisme anticlérical de bas-étage.
C’est arrivé un 27 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 27 décembre 537 : l’empereur Justinien inaugure la basilique Sainte-Sophie à Constantinople, chef-d’œuvre.
Chef d’œuvre de l’architecture byzantine, réalisé par les architectes Anthémios de Tralles et Isidore de Milet, elle est élaborée avec des matériaux précieux et des éléments pris aux temples de Grèce ou d’Egypte. Sainte-Sophie est transformée une mosquée à la conquête de la ville par les Ottomans du sultan Mehmet II en 1453. Elle est ensuite transformée en musée par Atatürk.
- le 27 décembre 1146 : prédication de la deuxième croisade, à Spire par Saint Bernard, devant l’empereur Conrad III.
L’empereur, séduit par l’homme et son discours, se croise aussitôt.
- le 27 décembre 1373 : Jean de Vienne, nommé amiral de France par le Roi Charles V, prête serment.
Fils de Guillaume et Claudine de Chaudeney, il commence sa carrière militaire à l’âge de 9 ans et est fait chevalier à 21 ans. En 1373, Charles V le nomme amiral de France. Il réorganise alors la marine, met en place un important programme de construction, crée les gardes-côtes, organise des surveillances sur les côtes et délivre des licences pour construire et vendre des bateaux.
Jean de Vienne est le premier à comprendre que les opérations navales peuvent porter atteinte à l’Angleterre et il conduit plusieurs expéditions contre les côtes sud anglaises de Plymouth en passant par l’île de Wight jusqu’à Rye.
De 1381 à 1385, il se bat contre les flamands, notamment à la bataille de Rosbec. En 1385, sur sa demande, il débarque en Écosse, avec 180 navires, afin d’envahir l’Angleterre mais, son expédition finit en désastre, son armée étant abandonnée par les Écossais.
Charles VI succédant à son père Charles V, sur le trône de France, la marine décline car le Roi ne partage pas l’intérêt qu’y portait son père. Jean de Vienne rejoint alors la croisade du roi Sigismond de Hongrie contre l’empire ottoman. Il est tué lors de la bataille de Nicopolis en Bulgarie.
Jean de Vienne est le premier marin français à avoir conçu et mis en œuvre une véritable stratégie navale. De nombreux bâtiments de la marine française ont porté son nom.
- le 27 décembre 1556 : naissance de Jeanne de Lestonnac, religieuse française, fondatrice de la Compagnie de Marie Notre-Dame.
Sainte Jeanne de Lestonnac, née le 27 décembre 1556 à Bordeaux et décédée le 2 février 1640, est une religieuse française du XVIIe siècle. Mère de famille nombreuse, devenue très tôt veuve, elle se consacre à l’éducation des jeunes filles et fonde une congrégation religieuse féminine de spiritualité ignacienne, la Compagnie de Marie-Notre-Dame.
Béatifiée en 1900 par le pape Léon XIII et canonisée le 15 mai 1949 par le pape Pie XII, elle est liturgiquement commémorée le 2 février.
Elle est la nièce de l’écrivain français Montaigne, qui parle d’elle en ces termes :
“Très pieuse, d’humeur joyeuse, intelligente et belle, la nature en avait fait un chef d’œuvre, alliant une si belle âme à un si beau corps et logeant une princesse en un magnifique palais.”
- le 27 décembre 1585: mort de Pierre de Ronsard, poète fondateur du groupe de la Pléiade.
« Prince des poètes et poète des princes », Pierre de Ronsard, est une figure majeure de la littérature poétique de la Renaissance. En plus de trente ans, son œuvre comporte des poésies officielles avec Les Hymnes et les Discours, l’épopée avec La Franciade ; la poésie lyrique avec des recueils tels que Les Odes. De sa rencontre avec Jean Dorat, naît la Pléiade. En 1552, il publie les Amours de Cassandre qui provoquent alors une vive polémique littéraire.
Il a été page du Dauphin François III, duc de Bretagne, puis à la mort de celui-ci en août 1536, de son frère Charles, duc d’Orléans troisième fils de François 1er . Voir la chronique du 10 septembre.
- le 27 décembre 1594 : assassinat manqué sur Henri IV.
« Le 27 décembre 1594, une nouvelle tentative d’assassinat fut dirigée contre Henri IV. De retour d’un voyage en Picardie, le Roi rentrait au Louvre lorsqu’un jeune homme de 19 ans, nommé Jean Châtel, qui le servait depuis quelque temps, lui porta un coup de couteau qui ayant été détourné, le blessa aux lèvres. Dès qu’on apprit que le meurtrier avait été élève des Jésuites au collège de Clermont, on fit courir le bruit qu’il avait été l’instrument de ses anciens maîtres, les vrais auteurs et instigateurs de l’attentat. Le Parlement fit faire aussitôt au collège de Clermont une perquisition qui amena l’arrestation du P. Guéret, ancien professeur de Châtel, du P. Guignard, chez lequel on avait trouvé des manuscrits et des livres sur la question du tyrannicide, et la saisie de ces livres. Dès lors, on impliqua dans le procès le P. Guéret et le P. Guignard ; le premier fut remis en liberté, après avoir été cruellement torturé ; le second fut condamné à mort et brûlé le 10 janvier 1595. Cette exécution ne suffit pas à la haine du Parlement ; rendant la Compagnie tout entière responsable de l’attentat, il prononça contre elle un arrêt ordonnant la confiscation de ses biens, la dispersion et l’exil de ses membres. Enfin, on éleva sur l’emplacement de la maison détruite de Châtel, une pyramide mentionnant l’attentat, sa répression et la complicité de la Compagnie. Depuis, la pyramide a été détruite, le Parlement a été convaincu d’irrégularité et d’injustice ; mais on continue à enseigner que Châtel ne fut que l’instrument des Jésuites et on répète les diatribes d’Arnauld et de tous ceux qui mirent sur pied, contre les Jésuites, ce formidable procès plus odieux encore que ceux de Calas, de Sirven et de Labarre. »
Tiré de Histoire Partiale – Histoire Vraie, tome 4_volume 2 page 74 de Jean Guiraud aux Edition Beau Chêne Croît
Voir les chroniques du 29 décembre et du 7 janvier.
- le 27 décembre 1707 : décès de Jean Mabillon, moine bénédictin, paléographe et diplomate français.
Dom Jean Mabillon, naît le 23 novembre 1632 à Saint-Pierremont, dans les Ardennes et meurt le 27 décembre 1707 à Saint-Germain-des-Prés. Membre de l’abbaye bénédictine réformée (revenue à la règle de saint Benoit) de Saint-Maur, Jean Mabillon a eu un rôle déterminant dans la transmission des savoirs au XVIIe siècle par ses méthodes d’analyse de documents. Son livre discours de la méthode est une référence. Jean Mabillon est considéré comme le fondateur de la diplomatique, science définissant les règles pour établir la date, la provenance, la nature, l’authenticité et les versions successives d’un document écrit. Il a grandement aidé à développer la critique historique.
Il est aussi très connu pour son livre De Re Diplomatica. Ce livre propose des règles permettant d’établir la date, la provenance, la nature et l’authenticité d’un document écrit, d’en analyser le style, d’en repérer les transcriptions successives, d’en d’identifier les institutions qui le créent puis le diffusent, de s’intéresser au support de l’écrit. Ces règles ont été universellement adoptées. Elles sont enseignées à l’École des chartes dès sa création.
Devenu le protégé de Colbert, il effectue pour lui deux voyages, en Bourgogne en 1682, puis en Suisse et en Allemagne en 1683, pour rechercher des renseignements et authentifier des documents sur l’histoire de la couronne de France, et sur l’histoire de l’Église en France. Le Roi l’envoie ensuite visiter les principales bibliothèques d’Italie pour y acquérir des livres et des manuscrits pour la Bibliothèque royale.
En 1701, il est nommé membre de l’Académie royale des Inscriptions et Médailles par le Roi. A partir de, 1703 il rédige 5 volumes consacrés à l’histoire de son ordre, les Annales de l’Ordre de Saint-Benoît. Le dernier est publié après sa mort.
Il meurt en 1707 à Saint-Germain-des-Prés. Une station de métro porte son nom depuis 1925.
- le 27 décembre 1774 : la Grande-Loge prend le titre de “seul et unique Grand-Orient de France”.
- le 27 décembre 1792 : Salles dépose une motion demandant que ce soit le peuple qui rende le jugement du Roi.
Saint-Just prononce un discours devant la Convention, pour s’y opposer.
- le 27 décembre 1822 : naissance de Louis Pasteur, chimiste et biologiste français, inventeur de la pasteurisation et du vaccin contre la rage.
Louis Pasteur naît le 27 décembre 1822 à Dole. Il est très célèbre pour ses activités de scientifique, de chimiste, de physicien mais aussi de microbiologiste. Détenteur de deux baccalauréats, un en lettres et un second en sciences mathématiques, il est reçu quatrième à l’Ecole normale. Il poursuit ses études au Conservatoire national des arts et métiers. En 1856, il prend la direction des études de l’Ecole normale supérieure. En 1878, il est nommé grand-officier de la Légion d’honneur. En 1881, il fabrique le premier vaccin contre la maladie du charbon pour le mouton, puis un vaccin pour lutter contre la rage. Ce n’est qu’en 1885 qu’il débute ses premiers tests sur des êtres humains. Après une carrière très célèbre, Louis Pasteur meurt le 28 septembre 1895, à l’âge de 72 ans.
- le 27 décembre 1893 : à Saint-Pétersbourg, la convention militaire secrète qui avait été signée au mois d’août 1892 par la France et la Russie est enfin ratifiée par le Tsar Alexandre III.
- le 27 décembre 1893 : la France et la Russie signent une alliance.
- le 27 décembre 1911 : la France achète le palais Farnèse à Rome, à la Maison Bourbon des Deux-Siciles, et en fait son ambassade.
- le 27 décembre 1923 : décès de Gustave Eiffel.
- le 27 décembre 1958 : naissance du nouveau franc valant cent anciens francs et dévaluation de la monnaie de 17,5%.
Le Conseil des ministres adopte le Plan Rueff-Pinay qui prévoit la création du nouveau franc. L’ancien franc est divisé par 100. Cette mesure vise à assainir le budget. Le nouveau franc est mis en circulation à partir du 1er janvier 1960.
- le 27 décembre 1983 : Jean-Paul II visite le terroriste turc Agca, dans sa prison de Rebibbia, à Rome.
C’est l’homme qui l’avait grièvement blessé en 1981.
- le 27 décembre 1991 : l’Unesco classe sur sa Liste du patrimoine mondial les quais de la Seine à Paris et la cathédrale de Reims.
le 27 décembre 1995 : cinquième essai nucléaire français à Moruroa.
L’idéologie du genre règne à Hanovre
Lu sur IFamNews :
La ville de Hanovre a demandé un avis juridique qui prévoit l’obligation pour l’État d’adopter la théorie du genre.
L’expertise de 123 pages a été rédigée par Ulrike Lembke, professeur de droit public et d’études de genre à l’université Humboldt de Berlin. Lembke écrit dans l’expertise que les services publics doivent utiliser le langage du genre et renoncer aux salutations sexuées comme “Mesdames et Messieurs”. Cette obligation découle du troisième article de la Loi Fondamentale, qui garantit l’égalité des droits entre les femmes et les hommes :
“L’obligation de non-discrimination linguistique existe de par la Constitution et peut être concrétisée par des dispositions légales ou par des dispositions administratives, des décrets et des instructions”.
Il en résulte l’ordre de “dé-privilégier en retard” les hommes, désignés comme oppresseurs :
“Le droit fondamental à l’égalité est une interdiction anti-patriarcale, agissant en faveur des femmes, qui sont opprimées par le groupe socialement dominant des hommes”.
On peut se demander si le texte rédigé par Lembke peut encore être considéré comme un avis juridique, car il manque la liberté de jugement de valeur requise sur un autre point. Ainsi, dans une note de bas de page, elle voit les groupes parlementaires de la CDU, du FDP et de l’AfD s’engager dans une “lutte héroïque” contre le langage du genre.
Sous le règne de l’apostasie immanente, il faut dérober le prêtre aux sicaires du meurtre canonique
Jean de Tauriers, président de Notre-Dame de Chrétienté, réagit au texte diffusé par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements le 18 décembre :
Faire disparaître la messe tridentine, restreindre la réception des sacrements et supprimer les traditionalistes par la même occasion, est devenu la priorité d’un pontificat qui se voulait avant tout miséricordieux.
… Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
En 1970, Jean Madiran avait rappelé dans le numéro de mars de la revue Itinéraires les cinq lignes directrices inspirant l’action catholique, texte d’une grande actualité.
-
-
La confusion et l’anarchie généralisée qui ont accompagné et suivi Vatican II relèvent de l’autorité suprême de l’Eglise : quelles que soient les raisons de sa temporisation, de son abstention, de son absence ou de son collapsus, aucune initiative particulière n’est en mesure d’y suppléer ou n’a qualité pour le faire. Rien ni personne ne peut remplacer la succession apostolique et la primauté du Siège romain, ni s’y substituer.
-
Les détenteurs de cette succession et de cette primauté ont pu déjà, comme le montre l’histoire de l’Eglise, connaître toutes sortes de faiblesses et commettre plusieurs sortes de crimes, brûler Jeanne d’Arc, hésiter et louvoyer inutilement devant la Réforme protestante et devant la Révolution française, mais ce qui relève spécifiquement de leur charge, personne ne peut le faire à leur place, personne qu’eux-mêmes aujourd’hui ou demain leurs successeurs.
Aujourd’hui et demain comme hier et toujours, nous nous en remettons pour le jugement souverain à la succession apostolique et à la primauté du Siège romain.
- Nous n’avons besoin de rien ni de personne, sauf de la grâce de Dieu qui ne fait pas défaut, nous n’avons besoin d’aucune autorisation préalable pour rejeter tout ce qui nous est proposé ou imposé, par qui que ce soit, de contraire à la loi naturelle et à la doctrine révélée telles qu’elles ont été définies par l’Eglise.
Ce second point n’enlève rien au point précédent ; le premier point n’atténue en rien celui-ci.
Nous refusons de nous séparer de l’Eglise, de nous en laisser séparer, de suivre ceux qui s’en séparent, quel que soit leur rang hiérarchique : leurs personnes ne relèvent pas de notre jugement, mais nous ne sommes plus soumis à une autorité quelle qu’elle soit dans la mesure où elle déclare son intention de se séparer, et où elle prouve son intention par ses actes.
- Nous engageons instamment ceux qui sont en communion avec nous sur le point 1 et sur le point 2 ci-dessus à s’organiser temporellement pour ne pas demeurer isolés dans le malheur, dans la contradiction et dans la lutte : c’est-à-dire que nous les engageons à concerter et coordonner leur entr’aide réciproque et leur défense mutuelle.
Cette organisation temporelle n’a pas d’autorité pour édicter ou rédiger un catéchisme, elle n’y prétend pas, elle s’arme de catéchismes certainement catholiques et les fait connaître, elle encourage et elle aide leur étude ; son premier but et son activité essentielle étant l’entr’aide réciproque, l’auto-défense mutuelle des familles et des écoles.
- Le clergé catholique est administrativement pris à la gorge par toutes sortes de mesures plus ou moins arbitraires.
N’allons pas, dans cette situation, demander à nos prêtres des initiatives publiques qui les désigneraient sans nécessité à la persécution : nous arriverions ainsi à les faire déplacer, suspendre, interdire les uns après les autres.
Pour qu’ils puissent continuer leur ministère sacerdotal, c’est à nous de les couvrir, de les protéger, bientôt peut-être de les cacher. Ne les mettons pas en avant, mais autant que possible à l’abri.
Nous avons besoin du prêtre : il faut donc éviter que ses pouvoirs lui soient canoniquement retirés ; il ne faut pas l’exposer imprudemment à cet assassinat spirituel. Sous la Révolution française, il fallait dissimuler le prêtre aux pourvoyeurs de la guillotine. Sous le règne de l’apostasie immanente, il faut le dérober aux sicaires du meurtre canonique.
- Le devoir de chaque chrétien est de refuser l’apostasie, d’en combattre les idées et les entreprises, à la condition de le faire à sa place et sans en sortir.
Les moines prient et travaillent.
Les prêtres prêchent et donnent les sacrements.
Les familles élèvent leurs enfants.
Les professeurs enseignent.
Les écrivains écrivent et publient.
Chacun déterminé à vivre et mourir en chrétien quoi qu’il arrive. Chacun mobilisé sur place par son devoir d’état : la défense de la foi étant aujourd’hui le premier devoir d’état dans tous les états de vie.
Beaucoup, et surtout des prêtres, subissant déjà une sorte de martyre : avec la grâce de Dieu, sans haine pour les persécuteurs.
Mais, dans le combat de la foi, sans faire de cadeaux aux suppôts du mensonge.
Et hardiment, à la française, sous la bannière de sainte Jeanne d’Arc.
Jean Madiran écrivait ces lignes peu de temps après la promulgation le 3 avril 1969 du nouveau rite de la messe par la Consitution Missale Romanum. Dans ce même numéro Jean Madiran commentait le Bref Examen critique de la nouvelle messe, toujours d’actualité dans nos temps troublés. Rappelons que le 3 septembre 1969, deux cardinaux, Alfred Ottaviani (ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi) et Antonio Bacci, adressaient au pape Paul VI un bref examen critique au sujet des graves déviations du nouveau rite de la messe qui, alertaient-t-ils, « s’éloigne de façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe ».
Plus de cinquante années ont passé, en dépit des efforts de Jean-Paul II et Benoît XVI pour ramener la paix dans les cœurs et les esprits, les persécutions à nouveau recommencent.
Laissons à la hiérarchie actuelle la responsabilité d’avoir rallumé cette guerre et troublé les consciences. Espérons et prions pour que nos évêques trouvent le courage de la charité et la prudence dans l’exécution de ces instructions.
Le pèlerinage traditionnel de chrétienté a traversé bien des épreuves ces dernières décennies. Il traversera avec la grâce de Dieu cette nouvelle épreuve. Nous n’avons pas peur, nous sommes prêts à transformer notre engagement en combat.
Nous attendons avec impatience de comprendre ce que nous faisons de mal à vouloir transmettre la foi à nos enfants dans une Eglise qui connaît un dramatique problème de transmission. En quoi ne sommes-nous plus en communion parce que nous voulons rester fidèles aux promesses de notre baptême ?
Ne perdons pas espoir, nous sommes des pèlerins de chrétienté. Nous savons marcher dans le vent et la pluie en chantant et priant pour le salut de nos âmes, nos familles, nos patries et pour l’Eglise bien sûr, avec au premier rang le Saint Père.
Chers amis pèlerins, peut-être vous demandez-vous comment nous aider aujourd’hui ?
Nous vous encourageons à écrire une lettre au Saint Père dans le cadre de la belle initiative de La Voie Romaine (voir le site lavoieromaine.com) .
Le moyen le plus efficace et le plus simple pour aider Notre-Dame de chrétienté est d’être très nombreux au prochain pèlerinage, les 4, 5 et 6 juin 2022. Pour notre quarantième anniversaire, venez prier Notre-Dame, venez entourer les prêtres, séminaristes, religieux qui ont donné leur vie pour le Seigneur et nous accompagnent depuis si longtemps. Si vous ne pouvez venir physiquement, inscrivez-vous dans le chapitre des Anges gardiens. Que pas un ami de Notre-Dame de chrétienté ne manque à la Pentecôte de l’année prochaine !
Joyeux Noël à tous !
Sainte et heureuse année 2022 !
Notre-Dame de la Sainte Espérance, convertissez-nous !
Jean de Tauriers
Biden nomme un musulman ambassadeur de la liberté religieuse
Rashad Hussain a été nommé par Joe Biden le 30 juillet ambassadeur de la liberté religieuse. Sa nomination a été approuvée au Sénat, par 85 voix contre 5. Il succède au catholique Sam Brownback, nommé par Donald Trump.
D’origine indo-américaine, Rashad Hussain est connu pour avoir été membre du cabinet d’Obama et envoyé spécial des États-Unis à l’Organisation de la coopération islamique. Ses compétences religieuses et linguistiques – il connaît le Coran par cœur, et parle couramment l’arabe et l’ourdou – lui ayant permis d’œuvrer en faveur de la protection des minorités religieuses dans les pays musulmans.
La liberté religieuse en islam, cela dit quelque chose à quelqu’un ?
Haine de nos racines chrétiennes
La carte de vœux de la Ville de Marseille montre un dessin de Notre-Dame de la Garde, amputée de sa croix. Valérie Boyer a interpellé la municipalité sur Twitter :
« Merci à la municipalité d’être si attachée à nos traditions, à nos racines et à notre identité. Après la disparition du Joyeux Noël (remplacé par Bonnes Fêtes) nous apprenons que Notre-Dame-de-la-Garde n’a pas de croix. La Vierge Marie pourrait être la prochaine ? »
Dans son agenda 2022, Sud Ouest mentionne le début du Ramadan mais ne dit pas un mot sur Noël, Pâques ou sur le début du Carême…

Les anges sont-ils de retour ?
Aymeric Pourbaix reçoit, avec Véronique Jacquier, l’abbé Duloisy et Anne Bernet :
Le coup d’Etat de droit
Docteur en droit public, avocat et philosophe, enseignant à l’Université de Strasbourg, Ghislain Benhessa vient de publier un essai sur Le Totem de l’Etat de droit. Concept flou, conséquences claires.
Cet “Etat de droit”, objet juridique non identifié, permet de justifier l’omnipotence de l’Etat… et de l’Union européenne. Ainsi, face aux décisions du tribunal constitutionnel polonais, « Bruxelles ne peut plus tergiverser pour défendre les valeurs de l’Union et l’Etat de droit » affirme le journal Le Monde dans un éditorial solennel. Il ne se passe plus une journée sans que responsables politiques, journalistes ou magistrats n’invoquent l’Etat de droit comme pierre angulaire de toute vie démocratique. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Et pourquoi le soudain surgissement de cette notion, alors qu’on n’a jamais entendu le général de Gaulle, Georges Pompidou ou même Valéry Giscard d’Estaing lui accorder la moindre considération ?
Dans cette étude détaillée, appuyée sur les principaux arrêts et décisions des tribunaux nationaux et européens, Ghislain Benhessa retrace l’histoire juridique du concept d’Etat de droit et montre comment on est passé pour l’essentiel du « droit de l’Etat » à la prévalence du droit sur l’Etat. Une fois les mécanismes juridiques mis en lumière, le lecteur comprend pourquoi la France ne pourra pas affronter sérieusement les nombreux périls qui approchent (sécuritaires, industriels, géopolitiques ou culturels) dans une configuration où l’Etat est empêché par le Droit et où l’émancipation de l’individu a pris place, de fait, au sommet de la hiérarchie des normes.
L’auteur aborde longuement le problème de l’Union européenne : est-elle réformable de l’intérieur, dans le but de faire respecter les souverainetés nationales, ou faut-il en sortir comme l’ont fait les Anglais ?
Si tout le monde – ou presque – voit l’Europe rouler à contresens, un coup de volant suffirait à rétablir sa trajectoire pour l’embrancher sur l’autoroute du succès. Reste à fixer l’amplitude du virage. Or, et c’est tout l’enjeu, la malédiction européenne ne vient pas seulement de ses égarements ou de l’aveuglement coupable de ses élites. L’Union n’est pas à bout de souffle parce qu’elle s’est peu à peu fourvoyée, mais parce qu’elle est dénuée de fondations. A claironner que “L’Europe, c’est la paix”, refrain répété dans tous les programmes scolaires au risque de gavage, tous ont oublié que des hommes de guerre ont extirpé le continent du bourbier totalitaire pour lui permettre de se tenir sur ses pieds.
Remise en cause de l’histoire des débuts de l’islam
Hela Ouardi, universitaire tunisienne, publie une œuvre importante qui démythifie l’histoire des débuts de l’islam. Elle est interrogée par Annie Laurent sur Clarifier. Extrait :
L’ensemble de votre œuvre remet en cause l’histoire des débuts de l’islam telle qu’elle est généralement transmise. Vous qui enseignez la littérature française à l’Université de Tunis, comment avez-vous décidé de vous plonger dans ce travail d’historienne à la fois iconoclaste et titanesque ?
Il y a deux points importants dans votre question. Le premier concerne « la remise en cause » : je pense que je fais exactement l’inverse dans la mesure où je tente de restaurer la véritable histoire des débuts de l’islam et de mettre en évidence le caractère mythique et mystificateur de la version « généralement transmise » comme vous dites. Au début de mon investigation, je me suis posé cette double question : où se trouve cette version authentique ? Qui est chargé de la transmettre ? La réponse aux deux questions c’est : nulle part et personne. Tout ce que le musulman connaît de la genèse de sa religion, ce sont des bribes de récits légendaires et incohérents. Donc j’estime que mon projet se fonde sur deux gestes majeurs qui n’ont rien à voir avec une quelconque attitude subversive : mettre de l’ordre dans cette histoire et la rendre intelligible. Le parti pris narratif dans mes livres me permet d’atteindre ce double objectif.
Quant au rapport avec ma spécialité académique, il va de soi. Ma formation littéraire, loin de me rendre étrangère au travail d’investigation historique sur la Tradition musulmane, m’y a très bien préparée. Le corpus de cette tradition est un corpus littéraire par excellence (et nous n’avons que cela pour nous renseigner sur les débuts de l’islam – il n’y a aucune trace archéologique datant de la période du Prophète et même de ses premiers successeurs). L’historien de l’islam est donc condamné à analyser une tradition littéraire. Et là je dois reconnaître que je suis un peu « comme un poisson dans l’eau » car ma grande familiarité avec l’analyse des textes me met dans de très bonnes prédispositions en la matière. Le seul changement notable par rapport à mes recherches précédentes (littérature et civilisation françaises) c’est celui de la langue ; or, comme je suis bilingue, l’étude des textes en arabe et leur restitution en français ne me pose pas de problèmes particuliers.
Vos enquêtes se réfèrent à une multitude de sources islamiques, sunnites et chiites, dont certaines sont très anciennes. Par quel moyen concret avez-vous pu y accéder alors que beaucoup d’entre elles semblent, sinon occultées, du moins non transmises, comme si on voulait les rendre suspectes pour ne pas gêner l’approche hagiographique de l’histoire ?
Comme je vous l’ai dit, il n’existe pas de « version officielle » de l’histoire de l’islam. Par ailleurs, je ne suis pas tout à fait d’accord avec l’idée de suspicion que vous évoquez : les musulmans vénèrent les sources de la Tradition sans les lire et sans les connaître ; et tout mon travail consiste à révéler le contenu de ces livres pour les rendre accessibles en brisant un peu la cage en verre dans laquelle on les a emprisonnés pendant des siècles.
Vous soulignez qu’aucun texte écrit par Mahomet ou dicté par lui à ses secrétaires n’a été conservé alors que, contrairement à la légende, il n’était pas illettré, ce que confirment des savants occidentaux. Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ?
L’illettrisme présumé de Mahomet est une ruse théologique destinée à appuyer le dogme du miracle coranique. Pour montrer que le Coran est une œuvre divine et non humaine, on a véhiculé l’idée qu’un analphabète n’était pas capable de produire un livre aussi érudit et bien écrit. Dans mes ouvrages, je donne des preuves irréfutables tirées de la tradition musulmane qui anéantissent la légende de l’illettrisme du prophète de l’islam. Cette légende s’est d’ailleurs imposée à la faveur du flou sémantique qui entoure l’adjectif arabe « ummî » dont Mahomet est souvent flanqué : ce mot désigne à la fois l’analphabète, l’adepte d’une religion sans Livre (au début, les détracteurs de Mahomet ont refusé de reconnaître sa prophétie parce qu’il n’a pas apporté de livre sacré) ; enfin, le mot « ummî » peut également désigner un homme originaire de La Mecque qui était surnommée « Umm al-qurâ » (ce surnom figure dans le Coran). Donc vous voyez, le flou autour de l’illettrisme de Mahomet est le pur produit d’une polysémie lexicale ! […]
Noël : la surprise de Dieu
Aymeric Pourbaix reçoit avec Véronique Jacquier, le Père Jean-François Thomas, jésuite, et Roland Hureaux, essayiste, haut fonctionnaire :
Quelle France donne-t-on à aimer aux musulmans ?
L’association Clarifier et Mission Ismérie portent ensemble un pôle d’études sur l’islam pour le comprendre, éclairer sur ses réalités selon une approche pédagogique et respectueuse des personnes qui s’y référent, et apporter à la société des éléments de connaissance objective, de réflexion et de décision. Ils ont organisé un grand colloque le 18 novembre 2021 , intitulé « Islam-Occident : où va-t-on ? ».
Manifestement, l’intégration de l’islam dans la société française se révèle plus compliquée que ne l’annonçaient nombre de ses promoteurs. L’objectif de ce colloque est de travailler à en comprendre les raisons, alors que se dissipent peu à peu chez certains les idées reçues et illusions occidentales quant à l’islam, du point de vue de sa doctrine et de sa dynamique profonde :
Dieu et l’Homme, statut de la personne, État et religion… Des différences, des incompatibilités et des incompréhensions existent entre islam et Occident. Peuvent-elles être surmontées alors que l’Occident doute de lui-même, traverse une crise existentielle, et tandis que l’islam semble connaître une dynamique nouvelle ?
Pour réfléchir à ces questions, le colloque a mobilisé des intervenants et des témoins, intellectuels, observateurs, acteurs engagés, musulmans et non musulmans. Les vidéos sont en ligne ici.
Annie Laurent, déléguée générale de l’association Clarifier, a présenté les « différences, incompatibilités et incompréhensions » entre islam et Occident : anthropologies et sociologies très éloignées, statut de la personne, citoyenneté, liberté, relations homme-femme… En ce sens, la présence et l’enracinement de l’islam en Europe constituent « un des plus grands défis auquel elle est confrontée ».
Alexandre Del Valle, géopolitogue, a montré l’évolution considérable que vit l’islam mondial depuis plus d’un siècle vers le rigorisme, le littéralisme et une application de plus en plus dure de ses textes, doctrines et principes. Un « islam standard », « d’obédience fréro-salafiste », s’est imposé dans le monde musulman, et infiltre l’Europe, « subvertissant » ses structures et ses principes, jouant de ses failles idéologiques et de la naïveté ou de l’aveuglement coupable de ses élites.
Philippe d’Iribarne, directeur de recherche au CNRS, a expliqué combien l’islam place l’Occident issu des Lumières dans le « piège de ses contradictions ». En particulier celles de son principe d’égalité et « d’égalité des religions, constituant un aspect fondamental de notre vie politique ». Grâce à lui, l’islam peut « faire entrer en contrebande, au nom de la liberté de conscience et de religion, tout un ensemble qui n’a rien à voir avec cela mais qui relève de la construction d’un ordre social et politique refusant la liberté, l’égalité et la fraternité ».
Xavier Lemoine, maire de Montfermeil (93) depuis 20 ans, territoire où « 40% des habitants sont de culture ou de confession musulmane, et 60 à 90% des enfants des écoles », a illustré par son expérience d’élu de terrain qu’il est possible de donner la France à aimer à tous si l’on agit selon des principes de bon sens, de réalité et de respect des personnes. C’est-à-dire en travaillant avec les populations dans des « relations de personne à personne », voire de « cœur à cœur », et surtout pas dans des rapports de « système à système » ou de « communauté à communauté » qui les y enfermeraient.
La table ronde finale a réuni trois personnalités d’arrière-plan musulman, françaises, devenues chrétiennes. A la question posée « proposer la France aux musulmans ? », ils ont répondu combien la conversion à la foi catholique peut se révéler décisive pour développer l’amour de la France, mais qu’il fallait agir à l’échelle de tous les Français et non des seuls musulmans. Décomplexés, ils nous interpellent tous : quelle France donne-t-on à aimer aux musulmans ? Est-elle vraiment estimable ? Et vous catholiques, osez-vous témoigner de votre foi ? En témoignez-vous tout spécialement auprès des Français ignorants de leurs racines chrétiennes ? Votre foi fait-elle de vous des serviteurs du Bien Commun, et par là, de votre pays ? Car de fait, il ne s’agit pas tant de « proposer la France aux musulmans » que de « proposer la France aux Français, et ensuite les musulmans suivront ».
Le Syndicat de la médecine générale souligne que les tensions hospitalières actuelles sont le résultat de politiques
Le Syndicat de la médecine générale a fait part de son opposition au projet de loi qui sera présenté en Conseil des ministres le 27 décembre. Car, si le passe vaccinal est mis en œuvre,
« les non-vaccinés ayant besoin d’une consultation dans un établissement de santé seront bientôt refoulés ».
Le syndicat s’était déjà opposé au passe sanitaire et il souligne que les tensions hospitalières actuelles, la fermeture de lits et les nombreux départs de soignants en plein cœur de l’épidémie, sont le résultat de politiques basées sur des impératifs de « rentabilité sans lien avec les besoins de la population » depuis plusieurs années.
Les difficultés d’accès aux soins qui en découlent ne relèvent donc pas de la responsabilité des individus, notamment celle des personnes non vaccinées, mais de nos gouvernements successifs, poursuit le syndicat.
Une pétition contre le passeport vaccinal, adressée aux députés et sénateurs, a recueilli pas loin de 500 000 signatures.
Mgr Rey : “Le premier droit de quelqu’un c’est de vivre dans son pays”
Interrogé dans Var Matin, Mgr Rey évoque l’immigration puis la proposition de loi Gaillot sur l’avortement :
Devant les migrants sur l’île de Lesbos, le pape François a appelé à mettre fin au “naufrage des civilisations”. Et l’immigration est au cœur de la campagne électorale en France. Qu’en pensez-vous?
La première chose est d’aider les gens à rester sur place, s’organiser au niveau international pour aider ces pays parfois en difficulté, en guerre, en crise économique, politique, à résoudre ces problèmes. Le premier droit de quelqu’un c’est de vivre dans son pays. La deuxième chose, dans les populations qui viennent, c’est de distinguer les situations d’urgence extrême – quand quelqu’un est en train de se noyer, on ne peut pas le refouler, c’est un principe d’humanité – et l’organisation par des bandes plus ou moins mafieuses, qui ont des intérêts économiques et mercantiles, de ces migrations. Il faut lutter efficacement contre ces réseaux.
Sur l’immigration, il y a un devoir de charité, de justice, ils partent parce qu’ils ont faim, pas d’avenir. Et ensuite, faire le discernement entre des populations qui peuvent s’intégrer – l’histoire de notre pays a toujours connu des flux migratoires continuels — et l’accueil ou l’installation de populations qui pourraient déstabiliser aussi notre propre système. La difficulté c’est le caractère massif des populations: jusqu’où une population comme la nôtre peut, pour maintenir une cohérence interne, intégrer, assimiler, accueillir? C’est une question qu’il faut se poser.
[…]
Les députés ont voté l’allongement de la durée légale pour avorter de 12 à 14 semaines, le texte doit passer au Sénat. Est-ce un progrès?
C’est quelque chose pour moi d’affligeant, d’extrêmement offensant de refuser l’existence à ce petit être, qui n’est qu’un fœtus. À quel moment je peux décider que c’est un être vivant qu’on doit respecter, ou un déchet qu’on doit éliminer? C’est le même être. Depuis la conception, il y a une continuité génétique dans la germination de la vie à l’intérieur des seins de la mère. On mesure l’humanité de la société à sa capacité de prendre en compte la fragilité et le respect de la vie.
C’est arrivé un 26 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 26 décembre 268: mort du 25ème pape, saint Denys.
La persécution de l’empereur Valérien avait entraîné une vacance d’un an, qui s’arrête avec son élection. Il meurt le 26 décembre 268 et est le premier pape à ne pas être martyr.
- le 26 décembre 418: mort du pape, saint Zosime.
- le 26 décembre 795: élection du pape, saint Léon III.
Saint Léon III est connu pour deux faits notables : le couronnement de Charlemagne comme Empereur d’Occident à la Noël 800 (voir la chronique du 25 décembre) et pour le miracle dont il est l’objet suite à son agression physique par des nobles romains le 25 avril 799 (voir la chronique du jour). Il meurt le 12 juin 816 (voir la chronique du jour).
- le 26 décembre 1458 : décès d’Arthur III, duc de Bretagne.
Arthur III de Bretagne, aussi appelé « le Connétable de Richemont » ou encore « le Justicier », s’éteint le 26 décembre 1458 à Nantes. Fils de Jean IV, duc de Bretagne, Arthur III n’aura été à la tête du duché de Bretagne que très peu de temps, à peine treize mois entre 1457 et 1458. D’autre part, sa vie nous est connue grâce au récit apologétique que rédigea son écuyer Guillaume Gruel dans les années 1460. C’est lui qui mènera l’armée royale de victoires en victoires pour libérer la France des Anglais qui honnie avec les conquêtes de Paris Meaux, Montereau et Pontoise. Il est considéré comme le père du premier modèle d’armée permanente en France avec les Compagnies d’Ordonnance qu’il crée en 1445. Richemont reprend la guerre contre les Anglais en 1449 et cette fois, avec l’appui complet de son neveu François Ier de Bretagne (le fils du Duc Jehan V disparu en 1442) qui déclare la guerre Henri VI de Lancastre après la prise de Fougères par le routier Surienne l’Aragonais. Arthur de Richemont devient Duc de Bretagne et prend le nom d’Arthur III en 1457. Arthur III ne reste pas longtemps Duc de Bretagne puisqu’il disparaît le 26 décembre 1458. Il reste incontestablement l’une des plus grandes figures militaires de la Guerre de Cent Ans.
- le 26 décembre 1559 : élection du pape Pie IV.
Dans la nuit du 25 au 26 décembre 1559, Jean-Ange de Médicis est élu suite à un conclave assez long, sous le nom de Pie IV. Pie IV est né à Milan en 1499. Son pontificat, de six ans, démarre avec le procès de la famille de son prédécesseur, Paul IV. Ce dernier avait favorisé l’accession de membres de sa famille à des postes clés de façon outrancière. Pie IV est le fondateur des archives du Vatican. Il meurt en 1565, des suites d’une mauvaise fièvre.
- le 26 décembre 1574 : Louis II de Guise, le futur cardinal, est nommé Archevêque-Duc de Reims, et le restera jusqu’à sa mort en 1588.
- le 26 décembre 1662 : Molière crée “L’Ecole des Femmes”.
Jean-Baptiste Poquelin achève la création de sa dernière comédie en 5 actes au Palais-Royal à Paris : “L’Ecole des femmes“. Elle remporte un succès immense. Cependant, la morale et le comique de la pièce agacent ses rivaux tels que Corneille. Molière doit faire face à de très nombreuses critiques.
- le 26 décembre 1754 : envoyé en Inde comme administrateur pour remplacer Joseph François Dupleix, Charles Godeheu signe un traité par lequel la France s’engage à se retirer des territoires qu’elle a conquis.
Cet accord marque le recul de l’influence française dans le sous-continent indien. Alors qu’arrivé en 1741 en Inde, le gouverneur Joseph François Dupleix crée un empire territorial à la France, en dépit de l’opposition de la métropole craintive devant les Britanniques. Sous le commandement du marquis Bussy-Castelnau, l’armée de Dupleix contrôle la région entre Hyderabad et le cap Comorin. La jalousie devant les succès de Dupleix le fera rappeler en France en 1754. Cela n’empêche pas les Français d’étendre leur influence à la cour du nawab du Bengale et d’augmenter leur volume de commerce au Bengale.
- le 26 décembre 1789 : Claude-Pierre Dellay d’Agier, député de la noblesse de la province du Dauphiné, demande la publication de la liste des déclarants et des sommes déclarées pour la contribution patriotique.
- le 26 décembre 1790 : ratification par Louis XVI de la constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790.
Pie VI tarde à conseiller Louis XVI, qui ratifie le 26 décembre 1790. Le Pape se prononce en mars, avril 1791 : il déclare nulles les élections d’évêques et curés. Les ravages de la laïcisation de la société commencent :
- laïcisme officiel : ressources du clergé disparaissent (vente des « biens nationaux »), et avec elles les œuvres d’assistance et d’enseignement, puisque l’Eglise assurait par les dons des fidèles les rôles aujourd’hui joué par la sécurité sociale et l’éducation nationale;
- la révolution désorganise les structures sociales par la constitution civile du clergé;
- suppression des réguliers;
- diminution des séculiers;
- serment à la constitution des prêtres réfractaires;
- révoltes dans l’ouest (Vendée, Bretagne), Lyon, Toulon…
- des élections par les citoyens remplacent les nominations des curés et des évêques. L’investiture canonique n’est plus donnée par le St Père, mais par le métropolitain, plus ancien évêque du département. Il en résulte :
- la rupture avec le Pape : rupture du Concordat de 1516 (serment à la constitution);
- la division du clergé: 55% de réfractaires / 7 évêques jureurs sur 128. Seul Talleyrand accepte de sacrer des évêques (celui dont Napoléon dira : « Vous êtes de la merde dans un bas de soie ».)
- le 26 décembre 1792 : plaidoirie de Romain de Sèze, défenseur de Louis XVI à son procès.
Raymond, ou Romain de Sèze est franc-maçon, il appartient à la loge les Neuf-Sœurs, qui est également celle de Voltaire. Il faut reconnaître qu’il argumente en contestant la compétence de la Convention, soulignant l’inviolabilité de la personne du Roi, tirée des lois fondamentales du Royaume et rejette l’accusation de trahison.
- le 26 décembre 1793 : l’armée française remporte une victoire à la bataille de Wissenbourg sur les troupes des Alliés, qui sont refoulées au-delà du Rhin.
- le 26 décembre 1793 : Madame Royale est utilisée comme monnaie d’échange.
Surnommée Madame Royale, Marie-Thérèse Charlotte, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, est rendue aux Autrichiens à Bâle après avoir été détenue par les révolutionnaires du Directoire. En échange, l’Autriche libère Camus, Beurnonville, Lamarque, Quinette, Bancal et Drouet, tous capturés par l’armée autrichienne en octobre 1793 lors de la bataille de Maubeuge. Madame Royale rejoint sa famille. En 1799 elle épouse celui qui sera le dernier « Dauphin » de France, Louis-Antoine de Bourbon, fils de Charles X.
Madame Royale passera sa vie à chercher son frère dont elle était certaine qu’il n’était pas mort au Temple, comme le raconte très bien Xavier de Roche dans son monumental Louis XVII publié aux éditions de Paris.
- le 26 décembre 1805 : la France signe la paix de Presbourg avec l’Autriche, suite à la victoire d’Austerlitz.
La campagne d’Autriche a vu l’écrasante victoire française d’Austerlitz, les Autrichiens signent la paix de Presbourg avec la France, et lui cèdent la Vénétie, l’Istrie et la Dalmatie à l’Italie. L’Autriche doit également céder ses possessions allemandes à la Bavière et au Wurtemberg et payer une indemnité de guerre de 50 millions de florins. Une clause secrète stipule que l’empereur autrichien, François II, renonce à son titre d’empereur du Saint Empire romain germanique.
- le 26 décembre 1894 : dans “La Dépêche de Toulouse”, Jaurès écrit à propos de Dreyfus :
“On a surpris un prodigieux déploiement de la puissance juive pour sauver l’un des siens”.
- le 26 décembre 1898 : les savants français Pierre et Marie Curie annoncent à l’Académie des sciences la découverte du radium et du polonium et proposent le vocable « radioactivité ».
Devant l’auditoire de l’Académie des Sciences, Pierre et Marie Curie, annoncent qu’ils ont réussi à extraire un élément radioactif dans une pechblende : le radium. Ils soulignent que la radioactivité dégagée par le radium est nettement supérieure à celle du polonium, découvert en juillet. Ils démontrent que le thorium produit des rayonnements et recevront le Prix Nobel de physique avec Henri Becquerel en 1903 pour leurs études sur les rayonnements émis par les sels d’uranium et pour la découverte des minéraux actifs.
- le 26 décembre 1900 : adoption définitive de la loi d’amnistie concernant l’affaire Dreyfus.
- le 26 décembre 1929 : le régime soviétique décide d’abolir la fête de Noël.
- le 26 décembre 1942 : l’assassin de Darlan, le monarchiste Bonnier, est jugé de manière expéditive et exécuté.
- le 26 décembre 1945 : le franc CFA est créé.
Après la signature par la France des accords de Bretton Woods, ce même jour, le franc est dévalué ; le franc CFA créé. Il signifie franc des colonies françaises d’Afrique. En 1945, 1 franc CFA vaut 1,70 franc métropolitain. À partir de 1948, 100 francs CFA valent 200 francs français. La création du franc CFA a pour but de restaurer l’autorité monétaire de la France dans les colonies, qui ont été éloignées du franc lors de la Seconde Guerre mondiale
- le 26 décembre 1964 : la loi qui rend imprescriptible les crimes contre l’humanité, est votée par le Parlement à l’unanimité.
Aucune mention n’est faite des crimes de la révolution; visiblement les catholiques, les Chouans et les Vendéens ne font pas partis de l’Humanité pour la république.
- le 26 décembre 1978 : départ de la première édition du Paris-Dakar.
Thierry Sabine s’étant perdu l’année précédente dans le désert et décide que c’est un excellent endroit pour organiser un rallye.
- le 26 décembre 1994 : quatre religieux catholiques, trois Français et un Belge, Jean Chevillard, Christian Cheissel, Alain Dieukangard et Charles Deckers, appartenant à l’ordre des Pères blancs, sont assassinés à Tizi-Ouzou, capitale de la Kabylie.
L’attentat est revendiqué par le GIA.
- le 26 décembre 1999 : une tempête, connue sous le nom d’ouragan Lothar, traverse le Nord de la France et l’Europe.
Une tempête d’une extrême violence déferle sur la France, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse, avec des vents atteignant 173 km/h dans le sud de Paris et plus de 200 km/h par endroits. Des milliers d’arbres sont détruits dans la capitale française et dans le parc du château de Versailles. La tempête aussitôt terminée fera place à une seconde causant d’autres ravages. Plusieurs édifices historiques, notamment la cathédrale Notre-Dame de Paris, subissent d’importants dégâts, et les victimes un peu partout en Europe se chiffrent à environ 130, dont 88 en France. 500000 ha de forêts sont détruites, et trois millions et demi de foyers privés d’électricité ou de chauffage.
Les “voeux” d’Omicron
Service minimum du chef de l’Etat :

Et son Premier sinistre :

Nous préférons, de loin, les voeux d’Eric Zemmour et de Marine Le Pen.
Cardinal Sarah : “L’Europe, la France, son socle religieux fondateur c’est le christianisme.”
Europe 1 a diffusé ce 26 décembre une entretien de près d’une heure avec le cardinal Sarah :
Les pays arabes se rapprochent de la Syrie
D’Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :
Isolée depuis des années, hormis ses soutiens russe et iranien, la Syrie verrait-elle la fin de son ostracisme ? Plusieurs pays arabes ont en effet manifesté le souhait de la réintégrer dans certaines instances.
Le geste le plus spectaculaire concerne L’OPAEP, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole. Elle a voté à l’unanimité, il y a quelques jours, la tenue du sommet de 2024 à Damas. Celui de 2023 aura lieu au Qatar : c’est tout un symbole de voir l’émirat, qui a tant soutenu les islamistes pendant la guerre, passer le témoin à son ennemi. L’unanimité n’est probablement que de façade, et il est certain que ni le Qatar ni l’Arabie saoudite ne sont très enthousiastes à l’idée d’une normalisation complète avec le pays de Bachar el-Assad, cet alaouite honni par le sunnisme rigoriste. Plus encore, c’est le gouvernement syrien qui va présider le Conseil des ministres de l’organisation à partir de 2022.
Le mouvement vers la normalisation est puissant, et il sera difficile de le bloquer. D’ailleurs, la présence de la Syrie dans l’OPAEP est en soi un symbole puisqu’elle n’exporte plus de pétrole, celui-ci ayant été confisqué par les Américains qui occupent toujours le nord-est de la Syrie.
Ce sont les Émirats arabes unis qui sont moteurs. Le prince héritier Mohammed ben Zayed (surnommé MBZ, à ne pas confondre avec le MBS d’Arabie saoudite) est bien décidé à ne plus laisser l’Occident décider à la place du monde arabe. Il est, de toute façon, en position de force après avoir accepté de pacifier officiellement ses relations avec Israël, à la grande satisfaction des Américains qui n’ont plus grand-chose à lui refuser.
MBZ n’est, d’ailleurs, pas le seul à œuvrer pour une normalisation de la Syrie. L’Égypte a emprunté la même voie et a ainsi pu organiser l’approvisionnement partiel du Liban en gaz en passant par la Syrie. L’Occident, ne voulant pas être accusé de refuser d’aider le Liban, a regardé ailleurs. Le poids de l’Égypte est important car ses relations sont très étroites avec l’Arabie saoudite qui la soutient financièrement. Les deux pays partagent la même haine des Frères musulmans qui furent, un temps, au pouvoir en Égypte avec Mohamed Morsi avant qu’un coup d’État de l’armée ne mette fin à un gouvernement catastrophique. Signalons, en passant, que l’Occident, toujours donneur de leçons, condamne régulièrement les atteintes aux droits de l’homme en Égypte, ce qui est un comble alors que le pays se dirigeait vers le gouffre islamiste.
La Jordanie a également repris contact avec la Syrie et l’Irak pousse à sa réintégration dans la Ligue arabe. Exclue de cette organisation en 2012, sous la pression de l’Arabie saoudite et du Qatar, la Syrie pourrait y revenir. Le prochain sommet de 2022 aura lieu à Alger et, sans une réadhésion formelle, la Syrie pourrait y être invitée comme observateur.
C’est évidemment d’Occident que viennent les plus grands obstacles. Les Américains ont encore annoncé de nouvelles sanctions contre plusieurs Syriens, notamment des directeurs de prison… On ne voit pas bien ce que cela changera à leur vie car ils n’avaient probablement pas prévu de passer leurs prochaines vacances à New York.
En attendant, c’est le peuple syrien qui souffre. Son niveau de vie s’est effondré et sa monnaie n’en finit plus de sombrer, ruinant le pouvoir d’achat de toute la population.
La haine des Américains et des Européens contre la Syrie est accablante, mais on lui fera payer cher de n’avoir pas voulu devenir islamiste.
Terres de mission : la liberté de culte devant la Cour européenne des droits de l’homme
Nicolas Bauer, chercheur à l’ECLJ (European Center for Law and Justice), revient sur les débats à propos de la liberté de culte devant la Cour européenne de justice.
Récentes mesures romaines à propos de la liturgie traditionnelle : une forêt de paradoxes
Analyse du canoniste et théologien le père Laurent-Marie Pocquet du Haut-Jussé parue dans Paix Liturgique :
Les réponses faites par la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements ainsi que la crise liturgique provoquée par le motu proprio Traditionis custodes mettent à jour un certain nombre de paradoxes très instructifs pour les pasteurs, les théologiens et les canonistes.
Paradoxe moral : l’Église depuis 1988 a reconnu par la voix de son pasteur suprême l’existence et la légitimité de l’attachement de très nombreux fidèles à la liturgie tridentine et des mesures ont été prises pour faciliter la communion de ces fidèles. En mettant fin brutalement à ces dispositions bienveillantes (mais aussi justes et logiques), l’autorité rompt cette confiance et manifeste qu’il devient donc moral de ne pas respecter la parole donnée.
Paradoxe théologique : à quelques années de distance le Magistère affirme deux choses contradictoires. Benoit XVI affirme avec autorité un principe théologique fondamental et indiscutable au regard de la Tradition : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l’Église, et de leur donner leur juste place ». Or on peut inférer des mesures disciplinaires le principe doctrinal qui apparait comme parfaitement contradictoire avec celui qu’a énoncé le pape émérite : doit être considéré aujourd’hui comme dangereux ou nuisible ce qui a contribué à sanctifier une foule innombrable de baptisés et à édifier l’Église. Cette volteface magistérielle à quelques années de distance témoigne d’un inquiétant désarrimage entre théologie, histoire de la doctrine et discipline.
Paradoxe canonique : selon une conception spontanée du droit, celui-ci existe pour protéger les droits des personnes, et d’abord des catholiques. Sans revenir sur les mesures disciplinaires prises par le pape St Pie V, mesures jamais abrogées, sans arguer du droit de la coutume qui s’applique à tout baptisé, laïc ou ministre, il est évident qu’un droit a été reconnu aux fidèles attachés à la forme pérenne de la liturgie. Or ce droit vient d’être bafoué, aux mépris de la dignité des baptisés. L’Église synodale, tout au service de la communion ecclésiale, perd du coup toute crédibilité.
Paradoxe ecclésial : les pasteurs sont invités à développer une pastorale d’accompagnement, ouverte à toutes les situations morales et psychologiques. Ils doivent pratiquer un accueil inconditionnel, mais il existe une partie du peuple de Dieu à qui on refuse obstinément ce bienveillant accueil. La mise en place d’un véritable apartheid liturgique (pas de messes traditionnelles dans les églises paroissiales, sans doute par peur de la contagion ou du mauvais exemple !) manifeste le visage d’une Église soupçonneuse, marâtre, à qui il faut présenter ses papiers sous peine d’être exclu et de devoir chercher une grotte, puisqu’il n’y a pas de place pour les fidèles traditionnels dans la salle commune… Bref, de quoi passer un joyeux Noël.
Paradoxe psychologique : on peut se demander si les autorités liturgiques ne font pas tout pour rendre odieuse la réforme liturgique ! Cet autoritarisme, cette ignorance des principes du développement homogène des règles et traditions liturgiques, cette crispation à imposer ce qui n’est qu’une étape de ce développement, étape qui se voulait en phase avec les aspirations sociétales des années 60, ce refus du dialogue, cette incapacité à faire un bilan missionnaire des réformes réalisées depuis près de soixante ans, cet aveuglement sur l’effondrement de la foi en Occident (faut-il rappeler qu’on n’a jamais connu dans nos contrées une telle crise de vocations sur une aussi longue période ?) rendent incompréhensible, voire carrément suspect (car manifestant la mauvaise conscience de ceux qui ont échoué), cet acharnement contre un courant ecclésial minoritaire, certes, mais fervent et missionnaire, courant qui ne conteste aucune vérité révélée et enseignée par le Magistère infaillible de l’Église, et qui cherche à vivre toutes les exigences de l’enseignement spirituel et moral de l’Église.
Sortir de la crise ? Dernier paradoxe : il est sans doute possible grâce à l’enseignement et à la praxis du pape François de sortir de la crise. En juillet 2015, le Saint-Père invitait les jeunes latino-américains à mettre le bazar, mais ce message vaut pour la jeunesse catholique du monde entier. Ce qui caractérise la mouvance traditionnelle dans l’Église est bien la jeunesse de beaucoup de ses membres. À elle de montrer de l’audace et de l’impertinence, contre le conformisme de la bien-pensance véhiculée en beaucoup d’endroits par les nouvelles formes liturgiques, et pour le droit qu’elles ont de promouvoir leur identité. « Seule la Tradition est révolutionnaire » écrivait Charles Péguy. De même le pape actuel ne cesse de fustiger le juridisme, la fascination pour les normes, la peur de l’aventure et du risque de ceux qui se cachent toujours derrière des réglementations et des structures de gouvernement. Voilà qui jette une lumière crue sur l’avalanche de normes paralysantes qui cherchent à neutraliser, voire à faire disparaître une réalité à la fois neuve et ancienne dans l’Église. Il faudra donc juger de ces normes à la lumière de la théologie morale, du droit des personnes et du bien véritable des fidèles. Enfin, dernier apport du Souverain Pontife, il a rappelé en juin 2019 la nécessaire liberté des théologiens. Certes il n’est pas question de remettre en cause l’Évangile, la Tradition et le donné révélé. En revanche, les mesures disciplinaires prises à l’encontre de la liturgie doivent maintenant faire l’objet d’un véritable examen, à partir du bilan indispensable dont je viens de parler.
Fr. Laurent-Marie sjm
L’institut d’Argentré Sainte Anne a grand besoin de vous
L’Institut d’Argentré, dans l’Orne, a besoin de soutien pour la rénovation de l’internat :
Depuis la création de notre école il y a 4 ans, nos effectifs n’ont cessé de croître, passant de 20 élèves en 2018 à 70 cette année. Nous nous félicitons de ce développement dû à la qualité de notre équipe enseignante et au magnifique cadre de travail que nous proposons aux élèves.
Notre croissance rapide se heurte aujourd’hui à un défi de taille : le dortoir que nous louons pour l’internat devient trop petit pour accueillir toutes nos élèves.
Pour y remédier, nous avons acquis, à quelques pas de l’école, l’ancien couvent de la Sainte-Famille qui nous permettra d’assurer le développement de notre école dans les années à venir. Cependant, d’importants frais de remise aux normes sont à prévoir (installation de sanitaires, modification de tuyauteries, mise aux normes des systèmes de sécurité incendie,etc.).
En vue de ce chantier, nous nous permettons de solliciter votre aide à hauteur de 120 000 €. Les écoles hors contrat ne reçoivent aucune subvention publique : vous êtes les bienfaiteurs sans lesquels nous ne pourrions pas exister.

Pour faire un don par chèque (à l’ordre de l’Association éducative du Palais d’Argentré), merci d’adresser vos courriers à l’Institut d’Argentré, 1, rue d’Argentré, 61500 Sées. Si vous souhaitez un reçu fiscal, merci d’y joindre vos coordonnées (nom, prénom, adresse postale).
Pour faire un don par virement : Rib: FR76 1548 9048 5900 0947 0230 188 – BIC: CMCIFR2A
L’Union Lex Orandi pour coordonner les réactions face aux geôliers de la Tradition
Nous avons posé 3 question aux personnes qui ont créé l’Union Lex Orandi :
Vous venez de créer l’Union Lex Orandi. Qui êtes-vous et quelles sont les personnes qui œuvrent au sein de cette nouvelle structure ? Etes-vous liés aux Instituts auparavant rattachés à la Commission Ecclesia Dei ?
L’Union Lex Orandi a été créée par des laïcs engagés au sein de plusieurs associations de fidèles attachés à la Tradition, en plusieurs points de France. Après le choc du 16 juillet et la publication de Traditionis Custodes, des échanges informels ont eu lieu pendant l’été. Le 14 septembre, une initiative forte a été prise par de grandes associations comme Notre-Dame de Chrétienté ou Renaissance Catholique, avec la publication de la Lettre aux catholiques du monde entier et le lancement du site « stoptraditioniscustodes.org ». Il a pu sembler, à ce moment, que les évêques français cherchaient l’apaisement. Dans la plupart des diocèses, le discours était : « On ne change rien ».
Dans la réalité, il en allait autrement. L’Evêque de Grenoble a été le premier à renier les engagements pris avec la Fraternité Saint Pierre, en voulant imposer le changement liturgique. Il s’est heurté à une vive résistance de la part des fidèles. En Loire-Atlantique, l’Evêque a strictement cantonné l’usage du rite traditionnel à une seule église du centre de Nantes. A Tours, où la communauté traditionnelle a vu ses effectifs augmenter de 30% pendant le confinement, alors que les autres églises étaient fermées ou désertées, le diocèse a voulu imposer des restrictions drastiques, allant bien au-delà de Traditionis Custodes puisque même le catéchisme était remis en cause. La situation a, heureusement, bien évolué depuis. En revanche, à Paris, dès la rentrée de septembre, l’archevêque a supprimé plusieurs messes célébrées dans la forme extraordinaire. Il a fallu la mobilisation pendant plusieurs semaines du collectif Juventis Traditionis pour que la « messe du mercredi » soit rétablie. Depuis, rien ne bouge.
Il était donc urgent de réagir, et plus encore de coordonner les réactions. C’est ainsi qu’est née l’Union Lex Orandi.
Les mouvements fondateurs en sont l’AFSAN (Association des Fidèles de Saint André et Notre-Dame de l’Isle, Grenoble), l’Association Foi et Tradition (Nantes) et le Collectif Juventus Traditionis (Paris).
Cette initiative a été portée à la connaissance des supérieurs français des principaux instituts séculiers ou religieux autrefois rattachés à la Commission Ecclesia Dei, mais aussi aux Abbés ou Supérieurs de plusieurs communautés contemplatives, pour demander leurs prières.
Les Responsa de la Congrégation pour le culte divin du 18 décembre ont donné une accélération au mouvement, avec la mise en ligne de notre site internet le même jour. Nous avons immédiatement enregistré plus d’une dizaine de demandes d’affiliation.
Pourquoi cette confédération d’associations ? Quels types d’associations peuvent vous rejoindre ?
Plus qu’une confédération, nous voulons proposer une union. Les premières batailles menées dans plusieurs diocèses depuis septembre ont montré la nécessité de partager entre les mouvements de fidèles. Il est important pour ceux qui sont, à un moment donné, les plus exposés, de se savoir soutenus, voire relayés au plan national. Il est tout aussi important de respecter le principe de subsidiarité, et de préserver aux associations affiliées leur objet propre et leur autonomie.
L’Union Lex Orandi se veut donc à la fois un lieu de partage d’expérience et de veille coordonnée, et une caisse de résonnance pour les débats qui s’amorcent. l’Union est ouverte aux associations constituées sous le régime de la Loi de 1901 ou sous le régime local en Alsace et Moselle, mais aussi aux associations de fait, issues d’un mouvement de spiritualité conjugale, d’un chapitre de pèlerinage ou encore réunissant les membres d’une même famille. L’objet des mouvements affiliés peut être spécifique : œuvre scolaire, groupe d’entraide, cercle de prière. Il peut être aussi de représenter les fidèles attachés à un lieu de culte local ou à l’échelon départemental.
Enfin, nous avons commencé la traduction de nos textes fondateurs pour encourager les laïcs dans d’autres pays à se constituer également en union d’associations. Si Dieu le veut, dans quelques mois, l’Union Lex Orandi pourra être présente dans le monde entier.
Que proposez-vous concrètement ? Quel intérêt a une association locale de rejoindre Lex Orandi ?
Concrètement, l’Union Lex Orandi travaille à développer un socle argumentaire pour exposer la position des fidèles attachés à la tradition. Il s’agit d’expliquer que nous ne voulons attaquer personne, mais que toute initiative visant à nous priver des trésors de la tradition liturgique sera considérée comme une attaque, et entrainera partout une réaction. Il est important que les autorités le sachent…
Nous préparons également pour le début 2022 un colloque destiné à aborder tous les points éclairant notre position, sous l’angle du droit canon, de la doctrine catholique de l’obéissance, de la spiritualité et de la vie sacramentelle, mais aussi de la communication et du lobbying.
L’intérêt pour une association locale de rejoindre l’Union Lex Orandi est double. Il s’agit d’abord de permettre aux laïcs d’adresser un message fort aux autorités de l’Eglise. La voix de plusieurs dizaines d’associations représentant des milliers de fidèles permet d’appuyer les réclamations exprimées localement à l’ordinaire du lieu. Il s’agit également d’être disponible pour soutenir les membres du clergé qui, autrement, pourraient se voir priver un par un de leurs apostolats. N’oublions pas qu’une partie des lieux de culte où est célébrée la forme extraordinaire est desservie par des prêtres diocésains, qui pourront difficilement résister aux ordres de leur évêque si celui-ci leur demande de mettre en œuvre Traditionis Custodes. Les fidèles laïcs doivent constituer la première ligne de défense de la tradition. C’est l’objectif de l’Union Lex Orandi.
