De l’inconvénient d’être Sapiens au temps du Great Reset
Analyse d’Alliance pour la France :
Dans 21 leçons pour le XXIème siècle, écrit en 2018, Yuval Noah Harari fait un zoom sur l’ « ici et maintenant » et se propose de passer en revue les 21 thèmes majeurs qui ont fait les piliers de la société libérale et de la social-démocratie, le monde post-45 fondé sur un contrat simple : l’articulation de la liberté et du progrès.
Alors que le pacte social-démocrate était fondé sur une continuité entre progrès, démocratie et liberté (individuelle, économique), Yuval Noah Harari, auteur du fameux Sapiens, constate que cette continuité est caduque. Le livre est malicieux. Hariri se garde bien de prendre position, de prendre part. Il se place dans la posture de l’observateur et semble de fait ramener le progrès technologique à un Fatum : tragique ? Peut-être – l’auteur l’admet même volontiers – , mais il en est ainsi et il faut l’apprivoiser : « biotech et infotech vont nous donner le pouvoir de manipuler le monde en nous et de nous refaçonner ». Deux « façonneurs » se font concurrence dans le monde postmoderne : les ingénieurs, les entrepreneurs, les hommes de sciences, les industriels et les parlements et les partis. Harari pose la question ; « Les parlements et les partis peuvent-ils prendre les choses en main ? Pour l’heure, il ne le semble pas ». Harari reconnaît que s’ouvre ainsi une ère de l’impolitique, précisément parce que le choix, le vœu, le vote, la décision ne sont que des illusions, ou plutôt ils sont adaptés pour un monde simple, binaire, un monde où l’on peut répondre par oui ou par non, par gauche ou droite, stop ou go, un « monde de la savane » comme il le dit souvent où le cerveau de Sapiens doit opérer des choix univoques. Nous ne sommes plus dans ce monde.
En effet, le monde biotech et infotech s’est progressivement tissé. Il s’est fait par l’homme certes mais a soudain mis en évidence l’obsolescence de Sapiens. C’est pour cela qu’il faut le « refaçonner ». Les « hommes ordinaires » n’ont plus leur place dans le monde des conférences TED (Technology, entertainment and design) : « La révolution technologique pourrait bientôt chasser des milliards d’êtres humains du marché du travail et créer une nouvelle classe massive d’inutiles, débouchant sur des bouleversements sociaux et politiques qu’aucune idéologie existante ne sait gérer ». Si l’allusion à la 4ème Révolution industrielle (2016) de Klaus Schwab est transparente, les implications anthropologiques, sociales et politiques sont décisives : l’homme appartient à une masse de superflus désormais, il n’est plus auréolé de la sacralité que lui conférait sa dimension divine, la memoria Dei qui l’habite. L’homme désacralisé est bien la caractéristique de cette anthropologie que dessine Yuval Harari dans ce livre : l’intelligence artificielle se caractérise par une supériorité sur l’homme en termes de connectivité et d’actualisation et « ces avantages potentiels de la connectivité et de l’actualisation (NdA :la possibilité de mettre à jour !) sont tellement immenses que dans certaines activités, tout au moins, il y aurait du sens à remplacer tous les êtres humains par des ordinateurs ». Yuval Harari prend des exemples éclairants : le médecin généraliste de proximité par les « IA- médecins » grâce à des algorithmes d’apprentissage et des capteurs biométriques (tiens, tiens…), les véhicules autonomes qui surclasseraient chauffeurs, routiers, ambulanciers ou autres, la création artistique même qui est modélisable et qui peut même par l’IA avoir une capacité adaptative sur tel ou tel public dans le cadre d’une méthode serrée de mind-tracking. Ces bouleversements anthropologiques et sociaux ont déjà entraîné une « épidémie mondiale de stress » et Yuval Harari évoque une classe d’ « inutiles » par manque d’éducation appropriée ou par défaut d’ « énergie mentale » : Harari reconnaît que le XXIème siècle est la mise à jour d’un darwinisme social d’un nouveau type : la lutte pour l’extraction réussie de Sapiens au profit d’un homme nouveau, une sorte de sur-homme. Certains y parviendront, d’autres, les « inutiles », les « déplorables » d’Hillary Clinton n’en sortiront pas indemnes. Là où le XIXème luttait contre l’exploitation, le néo-prolétariat de la postmodernité devra lutter contre l’insignifiance, l’effacement, la négation. On peut très bien supposer, en extrapolant la pensée d’Harari, que la crise des Gilets Jaunes fut fondamentalement la contestation de cette absorption dans le trou noir de l’insignifiance et de l’invisibilité par les pouvoirs publics, par le monde du travail, par la caste politique et médiatique. Harari n’est pas aveugle sur les conséquences tragiques de ce système : face à une séparation de l’humanité entre une petite classe de surhommes et une sous-classe massive d’Homo sapiens inutiles, l’ « État pourrait perdre au moins une partie de l’incitation à investir dans la santé, l’éducation et le bien-être. Il est très dangereux d’être en surnombre » (p. 140). Et Harari d’ajouter « Mais en temps de crise – comme la catastrophe climatique – il serait très tentant et facile de balancer par-dessus bord les gens superflus ». Apparaitraient alors non des castes sociales, mais des « castes biologiques » dans une division verticale de l’humanité. Terrifiant.
Cette anthropologie conduit à une économie nouvelle reposant sur une révolution des actifs.
« Au XXIème siècle, la data éclipsera à la fois la terre et les machines pour devenir l’actif le plus important et la politique sera un combat pour contrôler les flux de data », ce qui fait de l’homme non le client mais le produit des datas. Ainsi, l’homme est marchéisé, s’inscrit dans un « devenir-données » ce qui explique que l’identité soit un enjeu majeur de ce début du XXIème siècle. On le voit bien, l’enjeu du politique notamment au Forum Économique Mondial de Davos est d’opérer une révolution de l’identité. Klaus Schwab évoque dans Covid-19 – Great Reset la fusion de l’identité physique, biologique et numérique. Dissoudre les identités traditionnelles – les appartenances familiales, nationales, même l’identité personnelle physique – permet d’absorber l’identité dans les données et de constituer un actif économique qui est l’or ou le pétrole du XXIème siècle. Il s’agit non du contrôle des seules data mais il s’agit de contrôler leur flux d’où l’intérêt pour l’interface entre le cerveau et l’ordinateur, entre le biologique et le numérique et l’horizon transhumaniste que cela ouvre.
En outre, c’est tout un écosystème qui se voit frappé d’obsolescence : le carré magique « travail – salariat – propriété – consommation » vacille sur ses bases. Le revenu universel, prélevé par taxation des milliardaires utilisant l’IA, est ainsi envisagé comme une rente de survie et une assurance contre la « colère populiste » nous dit Harari. L’auteur opère une inversion : les pouvoirs publics ne financeraient plus les individus à travers un revenu de base mais des services publics universels de base (gratuité de l’enseignement, des soins médicaux, des transports), ce qui permettrait d’atteindre « le but communiste par d’autres moyens » (p. 80). Lorsqu’Ida Auken, députée finlandaise, imagine sa ville idéale en 2030, dans un article écrit sur le site du FEM , elle se réjouit que tous les produits se transforment en services, et que la dépossession constitue un préalable au bonheur postmoderne : « Bienvenue à l’an 2030. Bienvenue dans ma ville – ou devrais-je dire, « notre ville ». Je ne possède rien. Je ne possède pas une voiture. Je ne possède pas une maison. Je n’ai pas d’appareils ni de vêtements. » Harari se situe manifestement dans ce nouveau socialisme scientifique où l’IA et les robots conduisent à une désaliénation dont rêvait Marx dans la société industrielle.
Le cœur du livre de Yuval Harari est une redéfinition de l’homme.
Il se place d’abord dans une perspective évolutionniste et matérialiste : l’homme est un ensemble d’algorithmes biochimiques qui « se sont affinés au fil des millions d’années de l’évolution ». Le moment que nous vivons est une disruption car le cerveau de Sapiens a perdu son statut de combinatoire la plus complexe de l’univers. Harari observe avec un détachement feint cette destitution de l’homme par l’IA : elle provoque même une sorte de jubilation new age tentée de bouddhisme où l’homme se voit dépouillé, évidé de ses charges comme la décision, le libre arbitre : le « drame de la décision » (p.99) appartient à Sapiens : pour survivre, s’alimenter, vivre, s’enrichir, augmenter son capital, il doit décider, choisir : « Du jour où nous commencerons à compter sur l’IA pour décider quelle discipline étudier, où travailler et qui épouser, la vie humaine cessera d’être un drame de la décision. Les élections démocratiques et le marché n’auront plus guère de sens. De même que la plupart des religions et des œuvres d’art » (sic !) : déposséder l’homme de la décision permettra de ne pas soumettre une embauche aux préjugés racistes ou misogynes, protègera de la faillibilité fondamentale du cerveau de l’homme aux algorithmes imparfaits. Ce matérialisme est au fondement d’une nouvelle humanité : « Après 4 milliards d’années d’évolution de la vie organique par la sélection naturelle, la science entre dans l’ère de la vie inorganique façonnée par le dessein intelligent ». (p. 212) Autrement, dit le seul destin de la nature est de s’abolir. Le mouvement écologiste fonce bien sûr tête baissée dans ce type de projet…
Dans un titre révélateur, Harari évoque le face-à-face entre « l’intelligence artificielle et la bêtise naturelle ». La bêtise naturelle est vaste pour Harari : elle va des religions, au patriotisme, à toutes les identités anciennes crées par le « talents de conteurs » des groupes humains qui ne voient pas la seule civilisation qui existe selon l’auteur : la civilisation humaine. Tout concept est une convention, toute généralité, toute catégorie est travestissement, toute pensée est un narratif sur le vrai, ce qui place singulièrement la pensée d’Harari dans le sillage d’un nominalisme, poussé à l’extrême. Pour Yuval Harari, l’histoire garde un sens : celle d’une unification de l’humanité, « les quelques civilisations restantes se (mélangeant) en une seule civilisation globale » par le commerce mais surtout par la guerre (p.177). Cette unification passera certes par des moments critiques, chaotiques mais elle est un vecteur de paix et permet de répondre aux fameux défis mondiaux par un gouvernement à l’échelon mondial : « Quand il s’agit du climat, les pays ne sont pas souverains » (p. 208)… De ce point de vue, le modèle politique invoqué par Yuval Harari est « la voie esquissée dans la Constitution de l’Union européenne », le Notreurope de Macron qui a été – on s’en souvient – plébiscité par le peuple français… Yuval Harari montre d’ailleurs, comme Klaus Schwab, que cette « régionalisation » politique est le préalable à une mondialisation de la politique : « Puisqu’il est impossible de démondialiser l’écologie et la marche de la science, et que le coût d’une démondialisation de l’économie serait certainement prohibitif, la seule véritable solution consiste à mondialiser la politique » et ce malin de Hariri d’aussitôt préciser : « Cela ne signifie pas instaurer un ‘gouvernement. mondial ‘, vision aussi douteuse qu’irréaliste ». Ce monde poly-identitaire trouve dans la « laïcité » son principal vecteur : « Les chefs religieux offrent souvent au fidèles un choix tranché : ou bien / ou bien (…) Les laïques en revanche, sont à l’aise avec les identités hybrides et multiples ». Voilà, le nouvel homme : l’hybride. Le mérite des laïcs ? Le voici : « Par exemple, les laïcs ne s’abstiennent pas de tuer parce qu’un ancien livre l’interdit (sic !) mais parce que la tuerie inflige d’immenses souffrances à des êtres sensibles. » Cette phrase, assez consternante il faut l’avouer qui semble extraite d’un roman sensualiste anglais du XVIIIème siècle, dévoile bien l’arrière-plan intellectuel de la davosphère : il n’y a pas de nature , pas de lois naturelles, stables, il n’y a que de l’empathie, un sentiment – fluctuant par essence – la seule régulation qui existe entre les hommes. On dirait du Jacques Attali…
Il est d’ailleurs tout à fait passionnant de voir s’imbriquer chez Harari un scientisme digne d’Auguste Comte ou de Saint-Simon et en même temps un scepticisme sur la rationalité : « De même que la rationalité, l’individualité aussi est un mythe ». La rationalité humaine est en effet vouée à l’échec : « La vérité amère est que le monde est devenu tout simplement trop compliqué pour nos cerveaux de chasseurs-cueilleurs ». Quelle alternative nous reste-t-il alors si l’on suit Harari ? Se laisser dominer par cette complexité et devenir esclaves de ceux qui savent ou chercher à dépasser notre humanité pour accéder à cette complexité promise. Là est le sens me semble-t-il du transhumanisme.
Dans la partie « Résilience » – la valeur suprême de la postmodernité surtout post-covid… – Yuval Harari nous projette dans les années 2050. Il évoque l’enjeu de l’éducation : « Une bonne partie de ce que les enfants apprennent aujourd’hui n’aura probablement plus aucune pertinence en 2050 ». Ce Great Reset éducatif est fondamental et offre un brevet d’inutilité à tout ce qui relève de l’information, de la culture, des humanités. L’enseignement de 2050 est ordonné aux 4C : critique, communication, collaboration et créativité, afin de se « réinventer sans cesse », dans une sorte de révolution permanente. A l ’image du Manifeste du parti communiste de 1848 (« tout ce qui est solide se volatilise »), en 2048, « les structures physiques et cognitives se volatiliseront (…) dans un cloud de bits de données ». Harari ajoute « En 2048, les gens pourraient bien devoir faire face à des migrations vers le cyberspace, avec des identités sexuelles fluides et de nouvelles expériences sensorielles produites par des implants électroniques ». Le caractère fictionnel et prospectif de cette vision de l’éducation serait distrayant si la Cancel culture, le woke, la dévalorisation des savoirs et l’effondrement des savoirs fondamentaux n’en donnaient pas une terrifiante préparation.
Je n’ai pas souhaité faire un procès d’intention à Yuval Harari et rapprocher à toute force ce qu’il écrit de ce que nous vivons avec l’amorce du Great Reset. Je pense qu’il n’aura pas échappé au lecteur que les points de rencontre sont nombreux et n’ont même pas besoin d’être explicités. Ce qu’il propose dans cet ouvrage est, paradoxalement, le narratif de la postmodernité que le Forum Économique Mondial de Davos cherche à promouvoir. Nous devons en connaître les grandes lignes pour y faire face. Le combat ne fait que commencer et, je le crains, il ne sera pas simple…
Un prêtre agressé chez lui à coups de casserole et de couteau
Au nord de Toulouse, un prêtre, qui rentrait chez lui après la messe, a été agressé à coups de casserole et de couteau. Il est parvenu néanmoins à maîtriser son agresseur.
L’agresseur se saisit d’une casserole qui se trouvait sur la gazinière et frappe le Père Gibson trois fois à la tête. Mais qu’à cela ne tienne, le crâne ouvert ,et sans lâcher prise, le curé lui dit que s’il se calmait, il le lâcherait. L’individu fait un autre choix et s’empare d’un couteau et le blesse au tendon du pouce. Il en faut cependant plus au courageux curé pour abandonner… Le prêtre maintient la contention tout en oppressant davantage l’intrus violent “afin de le fatiguer”. Ce dernier tente alors une nouvelle fois de s’échapper. Mais le Père Gibson, pourtant en simples sandales et glissant sur le sang qu’il a perdu, l’en empêche.
Etats-Unis : la Cour Suprême défend le droit de prier publiquement
Entraîneur de football américain dans un lycée public de l’État de Washington, Joseph Kennedy avait été licencié pour avoir prié de manière visible sur le terrain, un genou à terre.
Lundi 27 juin, la Cour suprême des États-Unis a reconnu le droit constitutionnel d’un entraîneur à prier publiquement sur les terrains de sport après les matchs.
« En interdisant la brève prière de M. Kennedy, les politiques contestées du district n’étaient ni neutres ni d’application générale ».
Pour les juges, il était donc nécessaire de respecter l’« exercice religieux sincèrement motivé », réalisé « brièvement » à la fin d’un match, c’est-à-dire à un moment
« où les entraîneurs étaient libres de s’occuper brièvement de leurs affaires personnelles et où les élèves étaient engagés dans d’autres activités », « M. Kennedy n’a pas fait ses prières dans le cadre de ses fonctions d’entraîneur ».
« En d’autres termes, les prières de M. Kennedy ne devaient pas leur existence aux responsabilités de M. Kennedy en tant qu’employé public ».
Rédigée par Neil Gorsuch, nommé en 2017 à la Cour suprême par Donald Trump, cette décision a recueilli l’assentiment des cinq autres juges nommés par des présidents issus du Parti républicain. À l’inverse, elle a été rejetée par les trois autres juges, tous nommés par des présidents démocrates.
6 500 manifestants, cela vaut bien quelques dizaines d’articles de presse…
Le Monde rapporte que plus d’une trentaine de manifestations ont rassemblé quelque 6 500 personnes en France, selon le ministère de l’intérieur, en faveur de l’avortement. A Paris, ce sont 1500 personnes qui ont défilé pour l’avortement. Evidemment, toutes ces personnes sont déjà nées…
Lorsque la Marche pour la vie rassemble plus de 10 000 personnes à Paris, les médias sont autrement silencieux. La prochaine marche aura lieu le 15 janvier 2023, à Paris.
Terres de Mission : Consacrer la France au Sacré-Cœur ?
Terres de mission » reçoit Yann Baly, co-auteur d’une biographie de Béchir Gemayel, héros de la résistance chrétienne libanaise, assassiné quelques jours après son élection à la présidence.
Puis, Olivier Bonnassies, directeur de Marie de Nazareth, présente le projet de renouveler la consécration de la France aux Cœurs unis de Jésus et de Marie – consécration réalisée, voici tout juste 100 ans, par le Pape Pie XI.
Enfin, le Professeur René Ecochard, co-directeur de la magistrale « Encyclopédie sur la sexualité humaine, l’amour et la fécondité », évoque la convergence entre les connaissances scientifiques de plus en plus précises et la doctrine catholique sur le mariage, la sexualité et la vie.
Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul
La fête des saints Apôtres Pierre et Paul du 29 juin est une des plus grandes fêtes de l’année. C’était autrefois fête d’obligation et un jour férié, mais elle ne l’est plus en France depuis le concordat de 1801, et la solennité doit obligatoirement être reportée, dans l’ordo de 1962, au dimanche suivant.
Ces deux saints sont vraiment les colonnes de l’Église : celui qui en a été fait le chef par Notre Seigneur lui-même, et celui qui l’a répandue dans le monde entier.
Même s’ils ne sont pas réellement morts le même jour, tous deux ont arrosé de leur sang cette ville de Rome qui allait devenir pour toujours la Ville éternelle, la capitale de la chrétienté, et l’Église ne les sépare pas dans le culte qu’elle leur rend. On notera cependant que tous les textes de la messe se rapportent uniquement à saint Pierre. En effet dans les premiers siècles, cette fête comportait deux messes dédiées l’une à saint Pierre, l’autre à saint Paul ; puis la deuxième messe fut reportée au lendemain 30 juin, appelé maintenant ” commémoration de saint Paul “. Saint Pierre, premier Pape, parle au nom du Christ qui lui a communiqué son infaillibilité doctrinale. Aussi n’est-ce pas la chair et le sang qui le guident, mais le Père céleste qui ne permet pas non plus que les portes de l’enfer prévalent contre l’Église, dont il est le fondement.
Saint Pierre en recevant les clefs est préposé au « royaume des cieux » sur terre, c’est-à-dire à l’Église, et règne au nom du Christ qui l’a investi de sa puissance et de son autorité suprême. Les noms de S. Pierre et de S. Paul ouvrent la liste des apôtres au Canon de la Messe. Avec l’Église qui ne cessait d’adresser des prières à Dieu pour Pierre, prions pour son successeur, le serviteur de Dieu, notre Saint Père le Pape (Canon de la Messe).
Le texte du verset de l’Alléluia nous ramène à saint Pierre. Il s’agit d’un passage de l’Évangile très célèbre, puisque c’est la réponse de Notre Seigneur à la profession de foi du chef des apôtres à Césarée de Philippe.
Tu es Petrus, et super hanc petram ædificabo Ecclesiam meam.
Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.
Nous retrouverons ce même texte à la Communion, et on le retrouve également dans une petite antienne des Vêpres qui est souvent chantée comme prière pour le pape notamment au Salut du Saint Sacrement. Ce texte a également été mis en musique par de nombreux compositeurs.
La mélodie de cet Alléluia est une mélodie type que nous avons déjà rencontrée à plusieurs reprises, notamment au temps de Noël et tout récemment à la fête de la Nativité de saint Jean Baptiste. Elle est solennelle et affirmative, mais ici la formule initiale est un peu écourtée à cause de la brièveté du texte.
6 belles expressions bibliques
De très nombreuses expressions de la vie courante sont tirées de la Bible, des récits ou des personnages bibliques (la pomme d’Adam, pleurer comme une Madeleine, être ravitaillé par les corbeaux…) ; certaines mêmes reprennent, quasiment à la lettre, une partie d’un verset. Il nous arrive donc de citer – plus souvent que nous le croyons – la Parole de Dieu.
Voici 6 expressions qui peuvent nous aider à distiller, l’air de rien, un peu de la sagesse de Dieu dans nos conversations quotidiennes !
“Rien de nouveau sous le soleil” … En effet, rien de neuf, puisque cette expression provient de livre de l’Ecclésiaste (ou le Qohélet) qui date de plusieurs siècles avant Jésus Christ : “Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil.” (Ecclésiaste 1, 9). Une bonne façon de prendre un peu de recul !
“A chaque jour suffit sa peine” : Voici une belle expression qui nous invite à abandonner nos projections angoissantes et à vivre le moment présent. C’est un discours très actuel et pourtant c’est bien Jésus, lui-même, qui nous le délivre dans son sermon sur la montagne : “ Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.” (Matthieu 6, 34)
“Nul n’est prophète en son pays” peut on se dire quand nous pouvons manquer de reconnaissance auprès de nos proches. Jésus nous avait prévenus ! « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.” (Luc 4, 24)
“Tu es la prunelle de mes yeux”. Une jolie phrase à adresser à ceux qui nous sont précieux. C’est d’ailleurs comme cela qu’est qualifiée, à plusieurs reprises dans la Bible, la relation de Dieu à son peuple “Il l’entoure [son peuple], il l’élève, il le garde comme la prunelle de son œil.” (Deutéronome 32,10)
“Deux poids, deux mesures”. Cette expression du livre des Proverbes, qui illustre le manque d’équité, nous rappelle que Dieu le premier rejette l’injustice et la malhonnêteté. “Deux poids, deux mesures : le Seigneur en a horreur !” (Proverbes 20,10)
“Qui sème le vent, récolte la tempête”. Cette expression imagée est aussi belle que forte. Elle reprend les mots du prophète Osée, qui parlait ainsi du peuple d’Israël se détournant de Dieu. « Ils ont semé le vent, ils récolteront la tempête. » (Osée 8, 7)
Alice Ollivier pour Hozana.org
Désiderio Desideravi : Nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller d’une telle richesse
De Cyril Farret d’Astiès pour Le Salon beige :
Très saint Père, merci pour Desiderio desideravi ! Que de belles paroles ! Quel enthousiasme liturgique ! Que de réflexions profondes et traditionnelles ! Mais quel dommage aussi d’assortir à de si belles lignes quelques piques à notre encontre qui donnent à votre texte une connotation malheureusement autoritaire, dure, vengeresse qu’il serait véritablement regrettable de garder comme seule idée de votre document. Car beaucoup, je le sais, vont soit rejeter dédaigneusement cet énième coup de sabot aux catholiques de tradition, soit vont seulement se délecter avec une joie malsaine de ces traits.
Votre lettre est opportunément parue le jour de la grande fête de saint Pierre et saint Paul, à l’heure où de nombreux séminaristes de communautés traditionnelles étaient ordonnés ; le souvenir de cette lettre effacera heureusement dans le temps la fâcheuse rencontre que vous avez accordée avec publicité à Nancy Pelosi ce même jour.
Je voudrais à présent parcourir cette lettre pour en faire un petit commentaire au fil de l’eau.
Tout d’abord Très saint Père, dans les n°3, 4 et 5 vous rappelez la nature sacrificielle de la Pâque, le lien entre le Jeudi Saint et le Vendredi Saint, l’immensité et la gratuité du sacrifice accepté par Notre Seigneur d’offrir sa propre Vie pour notre petitesse sans autre exigence que de nous voir répondre à Son attente.
Au n°7, vous insistez sur ce sacrifice parfait et propitiatoire :
« Le contenu du Pain rompu est la croix de Jésus, son sacrifice d’obéissance par amour pour le Père. Si nous n’avions pas eu la dernière Cène, c’est-à-dire si nous n’avions pas eu l’anticipation rituelle de sa mort, nous n’aurions jamais pu saisir comment l’exécution de sa condamnation à mort a pu être l’acte d’un culte parfait, agréable au Père, le seul véritable acte de culte. »
Aux n°9, 11 et 12, vous rappelez que la messe n’est pas une simple représentation mais que
« dès le début, l’Église avait compris, éclairée par l’Esprit Saint, que ce qui était visible en Jésus, ce qui pouvait être vu avec les yeux et touché avec les mains, ses paroles et ses gestes, le caractère concret du Verbe incarné, tout de Lui était passé dans la célébration des sacrements. (…) La liturgie nous garantit la possibilité d’une telle rencontre. Un vague souvenir de la Dernière Cène ne nous servirait à rien. Nous avons besoin d’être présents à ce repas, de pouvoir entendre sa voix, de manger son Corps et de boire son Sang. Nous avons besoin de Lui. » Il s’agit « plutôt d’être plongé dans sa passion, sa mort, sa résurrection et son ascension. »
Au n°13, vous écrivez de belles lignes sur la nature profonde de la Création et son lien éternel avec la liturgie :
« La prière pour la bénédiction de l’eau baptismale nous révèle que Dieu a créé l’eau précisément en pensant au Baptême. (…) C’est dans cette eau que nous avons été immergés afin que, par sa puissance, nous puissions être greffés dans le Corps du Christ et qu’avec Lui, nous ressuscitions à la vie immortelle. »
Nous vous rejoignons de tout cœur dans votre appel du n°16 quand vous invitez
« toute l’Église à redécouvrir, à sauvegarder et à vivre la vérité et la force de la célébration chrétienne. Je voudrais que la beauté de la célébration chrétienne et ses conséquences nécessaires dans la vie de l’Église ne soient pas défigurées par une compréhension superficielle et réductrice de sa valeur ou, pire encore, par son instrumentalisation au service d’une vision idéologique, quelle qu’elle soit. »
Aux n°17, 18 et 19, vous évoquez la mondanité spirituelle et ces deux modes, le premier réduisant la foi chrétienne à un subjectivisme, le second donnant lieu à un élitisme narcissique et autoritaire. Vous parlez aussi « d’autoréférentialité nourrie par son propre raisonnement ». Nous ne nous sentons pas vraiment concernés tout en conjecturant que nous sommes visés… Mais nous avons le cuir épais.
Nous vous rejoignons avec enthousiasme, toujours au n°19, lorsque vous estimez que la « liturgie ne dit pas ‘je’ » qu’elle « ne nous laisse pas seuls à la recherche d’une connaissance individuelle présumée du mystère de Dieu », qu’elle « le fait en cohérence avec l’action de Dieu, en suivant le chemin de l’incarnation, à travers le langage symbolique du corps qui se prolonge dans les choses, l’espace et le temps. » De même aux n°21 et 23, lorsque vous indiquez qu’il nous faut « redécouvrir chaque jour la beauté de la vérité de la célébration chrétienne » et que pour se faire « tous les aspects de la célébration doivent être soignés (espace, temps, gestes, paroles, objets, vêtements, chant, musique, …) et toutes les rubriques doivent être respectées. » Permettez-nous tout de même de soulever un sourcil dubitatif au sujet du respect des rubriques puisque le choix est consubstantiel au nouveau missel et que le simple mot de rubrique semble presque incongru.
À partir du n° 27 et jusqu’au 47, vous vous intéressez longuement à la nécessité d’une formation liturgique sérieuse. Ainsi dès le n°27, vous demandez-vous
« comment retrouver la capacité de vivre pleinement l’action liturgique ? Tel était l’objectif de la réforme du Concile. Le défi est très exigeant car l’homme moderne (…) a perdu la capacité de s’engager dans l’action symbolique qui est une caractéristique essentielle de l’acte liturgique. »
Figurez-vous Très saint Père que les catholiques de tradition ont une petite idée pour vivre pleinement l’action liturgique : c’est la liturgie traditionnelle, tout bêtement. Et si nous semblons si entêtés sur ce sujet c’est exactement parce que, comme vous le reconnaissez magistralement au n° 31 : si
« la liturgie est ‘le sommet vers lequel tend l’action de l’Église et, en même temps, la source d’où découle toute son énergie’ (Sacrosanctum Concilium, n.10), alors on comprend bien l’enjeu de la question liturgique ».
Mais à la question « décisive de la formation liturgique » que vous évoquez, à la nécessité « de trouver les canaux d’une formation », nous répondons halte-là ! On nous a déjà fait le coup ! En faisant de la liturgie une matière à enseigner, on en vient à en faire une matière à inventer. La liturgie se reçoit (de loin dans le temps), se vit, s’approfondit, se transmet par l’usage. Mais vous l’admettez d’ailleurs très bien au n° 36 :
« les ministres qui président l’assemblée doivent connaître le chemin tant en l’ayant étudié sur l’itinéraire de leurs études théologiques mais aussi pour avoir fréquenté la liturgie dans la pratique effective d’une expérience de foi vivante, nourrie par la prière – et certainement pas seulement comme une obligation à remplir »
et au n°39 quand vous évoquez les séminaires :
« en plus d’un programme d’études, ils doivent aussi offrir la possibilité de vivre une célébration non seulement exemplaire du point de vue rituel, mais aussi authentique et vivante. »
Très saint Père, il ne m’appartient pas de vous inviter à visiter les séminaires traditionnels mais vous y découvririez des jeunes gens en bonne santé et joyeux qui se préparent au sacerdoce en étudiant, mais aussi en se nourrissant en profondeur de la liturgie de la messe et de l’office divin. C’est pour eux quelque chose de très vivant, très naturel, une respiration de l’âme qu’ils nous transmettent naturellement en arrivant dans leurs apostolats périphériques (car aujourd’hui, Très saint Père, le monde traditionnel est une périphérie, ça pourrait vous plaire).
Au n°41, vous énoncez encore quelque chose de très vrai :
« la liturgie n’a pas pour objet la ‘connaissance’, et sa portée n’est pas essentiellement pédagogique, même si elle a une grande valeur pédagogique. La liturgie est plutôt une louange, une action de grâce pour la Pâque du Fils dont la puissance atteint nos vies. »
C’est pourtant un travers assumé de la réforme liturgique que d’obtenir une efficacité pastorale (Sacrosanctum Concilium).
Au n°42, vous remarquez avec beaucoup d’à propos, un à propos qui a fait redoutablement défaut aux réformateurs, que la
« liturgie se fait avec des choses qui sont l’exact opposé des abstractions spirituelles : le pain, le vin, l’huile, l’eau, les parfums, le feu, les cendres, la pierre, les tissus, les couleurs, le corps, les mots, les sons, les silences, les gestes, l’espace, le mouvement, l’action, l’ordre, le temps, la lumière. »
Et vous insistez au n°43 en indiquant que la
« liturgie rend gloire à Dieu non pas parce que nous pouvons ajouter quelque chose à la beauté de la lumière inaccessible dans laquelle Dieu habite. Nous ne pouvons pas non plus ajouter à la perfection du chant angélique qui résonne éternellement dans les demeures célestes. »
Nous vous rejoignons avec joie Très saint Père, la liturgie est déjà toute céleste !
Au n° 44, vous constatez que la « tâche n’est pas facile car l’homme moderne est devenu analphabète, il ne sait plus lire les symboles, il en soupçonne à peine l’existence. » Admettez, Très saint Père, que les symboles ont bien pâti de la réforme liturgique ! C’est une des raisons de notre distance avec la liturgie réformée. Vous regrettez que nous n’ayons plus « le regard de saint François qui regardait le soleil – qu’il appelait frère parce qu’il le sentait ainsi – le voyait bellu e radiante cum grande splendore, et, émerveillé, chantait : de te Altissimu, porta significatione. » Mais voyez-vous, Très saint Père, c’est pour cela que nous nous entêtons à chanter en latin vers les étoiles du firmament, c’est pour faire vivre l’esprit du cher saint François.
Et pour répondre à votre interrogation du n°45, « comment pouvons-nous redevenir capables de symboles ? », j’oserais vous suggérer, avec déférence, Très saint Père, de faire l’expérience de la Tradition. Vous le reconnaissez implicitement puisque vous répondez à votre interrogation au n°46 en indiquant qu’avant tout « nous devons retrouver la confiance dans la création. Je veux dire que les choses – les sacrements ‘sont faits’ de choses – viennent de Dieu. » Les catholiques de tradition font confiance à la création et à ce que nous a légué la sainte Église de Dieu. Vous ajoutez au n° 47 que ce qu’il faut
« c’est être petit, à la fois dans l’envoi et dans la réception. Le reste est l’œuvre de l’Esprit. C’est ainsi que nous sommes initiés au langage symbolique. Nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller d’une telle richesse. »
Mais c’est exactement ce que nous hurlons : NOUS NE POUVONS PAS NOUS LAISSER DÉPOUILLER D’UNE TELLE RICHESSE !
À partir du n° 48, vous abordez l’ars celebrandi. Vous énoncez cette grande vérité que
« l’ars celebrandi ne peut être réduit à la simple observation d’un système de rubriques, et il faut encore moins le considérer comme une créativité imaginative – parfois sauvage – sans règles. Le rite est en soi une norme, et la norme n’est jamais une fin en soi, mais elle est toujours au service d’une réalité supérieure qu’elle entend protéger. »
Mais avez-vous bien conscience, Très saint Père, que la nouvelle liturgie est une liturgie qui se méfie des normes et qui se veut inventive et participative ? J’en doute lorsque vous écrivez au n° 50 qu’il « devrait être clair que l’art de la célébration ne s’improvise pas. Comme tout art, il exige une application constante. » Mais la constance c’est toute la liturgie traditionnelle ! La liturgie réformée c’est l’imagination pastorale ! Pas illimitée, j’en conviens bien mais tout de même, c’est le choix et la participation agissante. Plus loin vous indiquez encore que la
« voie à suivre pour y arriver est celle de la discipline ; du renoncement aux satisfactions faciles et sans effort ; du travail rigoureux, accompli dans l’obéissance à l’Église, pour notre conduite et notre être religieux. C’est ainsi que l’on apprend l’art de célébrer. »
Mais tout à fait ! Mais alors pourquoi persécuter les anciens livres qui offrent tout cela intrinsèquement et surabondamment ?
Au n°52, vous rappelez que « le silence occupe une place d’importance absolue. Bien souvent, il est expressément prescrit dans les rubriques. » Sur ce point nous émettons avec Yves Daoudal et l’abbé de Tanouärn une réserve. Le silence liturgique, contrairement à la nouvelle pratique, n’est pas inaction ou absence de parole prononcée in petto. Le silence liturgique n’est pas une pause dans le cours de l’action liturgique, il est une union intime.
Au n°53, vous abordez des aspects très profonds de la liturgie lorsque vous indiquez que
« chaque geste, chaque parole contient une action précise qui est toujours nouvelle parce qu’elle rencontre un moment toujours nouveau de notre propre vie. (…que) c’est toujours le même geste qui, au fond, déclare notre propre petitesse en présence de Dieu. Néanmoins, accompli à différents moments de notre vie, il façonne nos profondeurs intérieures et se manifeste ensuite extérieurement dans notre relation avec Dieu et avec nos frères et sœurs. (…) Et si tout cela est vrai pour ce simple geste, combien plus le sera-t-il pour la célébration de la Parole ? Quel art sommes-nous appelés à apprendre pour proclamer la Parole, pour l’écouter, pour la laisser inspirer notre prière, pour la faire devenir notre vie ? Tout cela est digne de la plus grande attention, non pas formelle ou simplement extérieure, mais vivante et intérieure (…) »
Vivante et intérieure car exprimée formellement et extérieurement, c’est ce qu’exprime la proclamation traditionnelle de l’Évangile avec son apparat et sa majesté. Voyez-vous Très saint Père, il en est de même de l’approfondissement des paroles des Écritures dans le cycle unique et répété du calendrier traditionnel.
Au n°54, vous faites une remarque au sujet des ministres du culte qui conditionnent l’assemblée par leur manière de présider. Et vous constatez plusieurs écueils :
« une austérité rigide ou une créativité exaspérante, un mysticisme spiritualisant ou un fonctionnalisme pratique, une vivacité précipitée ou une lenteur exagérée, une insouciance négligée ou une minutie excessive, une amabilité surabondante ou une impassibilité sacerdotale. Malgré la grande variété de ces exemples, je pense que l’inadéquation de ces modèles de présidence a une racine commune : un personnalisme exacerbé du style de célébration qui exprime parfois une manie mal dissimulée d’être le centre de l’attention. »
Mais Très saint Père, la liturgie réformée a tout mis en œuvre pour que le « président » soit le centre de l’attention ! Tout ! Et lorsqu’au n° 56 et 57, vous rappelez que le « prêtre vit sa participation caractéristique à la célébration en vertu du don reçu dans le sacrement de l’Ordre (…) » et que « le ministre ordonné est lui-même l’un des modes de présence du Seigneur qui rendent l’assemblée chrétienne unique, différente de toute autre assemblée (…) » vous évoquez une belle et profonde réalité qui est celle du prêtre agissant in persona Chtristi dans ses fonctions sacerdotales, ce que la liturgie traditionnelle rend particulièrement évident. Et vous ajoutez quelque chose de très beau aux n° 58 et 59 :
« Le prêtre, qui répète ces gestes en vertu du don reçu dans le sacrement de l’Ordre, est lui-même protégé dans le sein de la Vierge. (…) Devenus des instruments pour allumer le feu de l’amour du Seigneur sur la terre, protégés dans le sein de Marie, Vierge faite Église (comme le chantait saint François), les prêtres doivent laisser l’Esprit Saint agir sur eux, pour mener à bien l’œuvre qu’il a commencée en eux lors de leur ordination. »
Mais comme il doit être difficile de se laisser protéger par Notre-Dame et conduire par le Saint Esprit quand il faut tout négocier avec l’équipe liturgique, composer la bella figura, choisir entre dix options…
Vous allez plus loin au n°60 en rappelant au prêtre qu’il ne doit pas détourner
« l’attention de la centralité de l’autel, symbole du Christ, car c’est de son côté transpercé qu’il laissa couler l’eau et le sang, source des sacrements de l’Église et le centre de notre louange et de notre action de grâce. »
Alors là, Très saint Père, vraiment, nous n’attendions pas de vous cet appel à peine masqué à abandonner la messe face au peuple ! Car quel autre pratique adopter que l’orientation pour favoriser cette centralité rendue à Notre Seigneur ?
Vous débutez la dernière partie de votre lettre par ces lignes :
« j’ai voulu simplement partager quelques réflexions qui n’épuisent certainement pas l’immense trésor de la célébration des saints mystères. Je demande à tous les évêques, prêtres et diacres, aux formateurs des séminaires, aux enseignants des facultés et des écoles de théologie, à tous les catéchistes d’aider le saint peuple de Dieu à puiser dans ce qui est la première source de la spiritualité chrétienne. »
La liturgie première source de spiritualité chrétienne ! Mais comme c’est vrai et comme c’est beau Très saint Père ! C’est pour cela que nous sommes si sourcilleux sur ces sujets liturgiques voyez-vous ! Nous sommes donc finalement vos premiers alliés pour rendre cette place centrale à la liturgie.
Malheureusement et assez incompréhensiblement, vous en concluez que
« c’est pourquoi nous ne pouvons pas revenir à cette forme rituelle que les Pères du Concile, cum Petro et sub Petro, ont senti la nécessité de réformer, approuvant, sous la conduite de l’Esprit Saint et suivant leur conscience de pasteurs, les principes d’où est née la réforme. (…) Comme je l’ai déjà écrit, j’entends que cette unité soit rétablie dans toute l’Église de rite romain. »
Ainsi, comme aux n° 25, 26 et 31, vous gâchez votre belle lettre. Après avoir rappelé tant de grandes et belle vérités, vous appelez à fermer le robinet d’où coule ce lait et ce miel ! Pourquoi ?
Arrivés à la fin de ce trop rapide survol il nous faut apporter une conclusion. Il y a comme une schizophrénie dans ce texte. Quel est exactement le message du pape ? Quel en est le but ? Rappeler de grandes et belles vérités sur la liturgie ou redire sa volonté d’anéantir le patrimoine liturgique de l’Église latine ? La coexistence de ces deux textes en un seul cache peut-être le véritable objectif de cette lettre : décrédibiliser les catholiques de tradition. Agissant ainsi le pape donne l’impression que la liturgie réformée recouvre parfaitement la grandeur de la liturgie. En conséquence, l’opposition du monde traditionnel paraît insincère, politique, illégitime, pélagienne, autoréférentielle, mondaine… Pourtant la liturgie traditionnelle est seule capable de porter ces réalités surnaturelles, de les mettre en pleine lumière, de les faire vivre. On constate tous les jours depuis plus de cinquante ans que les fruits de la réforme ne sont pas venus et que, comme le faisait remarquer un groupe de théologiens en 1969, on
« est fondé à craindre que, ne mettant plus en évidence le Sacrifice de Jésus, (le nouvel) ordo Missæ ne le voue en fait à l’oubli ; car ce Sacrifice est une réalité trop surnaturelle pour que l’homme puisse, sans signe, s’en souvenir et en vivre. »
Quoi qu’il en soit, ce que nous voulons retenir, ce que nous espérons voir demeurer dans l’enseignement de l’Église, ce sont les belles formules de piété liturgique. Le reste ne nous appartient pas, le temps fera son œuvre et nous avançons sans crainte.
Cyril Farret d’Astiès
Islam et féminisme
De la Petite Feuille Verte :
Nayla Tabbara, Zeina El-Tibi et Asma Lamrabet constatent la stagnation et le déclin de la condition féminine en Islam, mais elles refusent d’en imputer la responsabilité aux textes fondamentaux de cette religion.
HOMME ET FEMME : MÊMES DROITS, MÊMES DEVOIRS ?
N. Tabbara : « Si l’on prend la peine de revenir aux sources de l’islam, on constate que le Coran s’adresse aussi aux femmes à une époque et dans un contexte où elles avaient rarement une voix » (L’islam pensé par une femme, Bayard, 2018, p. 88). L’auteur cite un verset coranique où Dieu parle « aux croyants et aux croyantes » en énumérant les pratiques vertueuses qui vaudront à chacun « un pardon et une récompense sans limites » (33, 35). Sur ce plan, il y a effectivement égalité entre hommes et femmes, les uns et les autres étant appelés à « gagner » le paradis (cf. aussi Coran 4, 124 ; 9, 72 ; 16, 97).
Cependant, souligne l’islamologue libanais Ghassan Ascha, la description coranique du paradis réserve les jouissances sexuelles aux seuls hommes qui y disposeront de « houris ». Il cite plusieurs versets explicites sur ce thème (78, 31-33 ; 40, 54-58 et 70-74 ; 56, 10-22 et 35-38 ; 52, 19-20 ; 37, 48-49 ; 44, 51-55 ; 38, 49-53 ; 2, 25 ; 3, 15 et 4, 57). Mais rien n’est prévu dans ce domaine pour les femmes qui accèderont au paradis. Cet auteur mentionne aussi un hadîth attribué à Mahomet, selon lequel « l’enfer est surtout peuplé de femmes » (Du statut inférieur de la femme en Islam, L’Harmattan, 1987, p. 31-33).
Qui sont les houris ? « Au sein de l’exégèse classique, on trouve une pléthore de représentations fantasmagoriques des hûr décrites comme des femmes belles, chastes et jeunes, dont la seule fonction est l’accouplement continuel avec des hommes venus au paradis dans le seul but d’avoir des relations sexuelles éternelles » (A. Lamrabet, Islam et femmes. Les questions qui fâchent, Gallimard, 2017, p. 125-129).
Peut-on dès lors approuver Z. El-Tibi lorsqu’elle écrit : « Aucune religion ne s’est préoccupée de la femme et ne lui a donné autant d’importance que l’Islam » (La condition de la femme musulmane, Cerf, 2021, p. 46) ? Ou encore : « Le Coran fait l’éloge de nombreuses personnalités féminines » (ibid., p. 51) ? Comment comprendre alors la marginalisation des femmes dans le texte sacré de l’islam ?
Un nouveau site internet à découvrir sur les Pères du Désert d’hier et d’aujourd’hui
Marc Jeanson vous propose de découvrir le nouveau site « Lumière du Désert ». Une méditation sur la filiation entre les pères des déserts d’Orient et les Pères des déserts d’Occident.
Vous trouverez sur ce site, entre autres choses, plusieurs documentaires tournés en Egypte, en France, en Italie et en Russie qui vous permettront d’entrer plus profondément dans le grand mystère de ces vies radicales et fascinantes…
Eric Zemmour aurait-il pu faire mieux?
De Roland Hureaux, essayiste, pour le Salon beige:
Vae victis. Le cycle présidentielles-législatives étant clos, Eric Zemmour apparait comme le grand perdant. Echec mis en relief par le succès de Marine le Pen qui semble avoir trouvé son bâton de maréchal comme chef du principal parti d’opposition.
Ce n’est pas une raison pour donner au vaincu le coup de pied de l’âne comme beaucoup ne s’en privent pas, au mépris de toute décence.
C’est cependant le moment de se demander « Aurait-il pu faire mieux ? ».
Au fond, je ne crois pas.
Il reste que sa campagne peut être analysée.
On ne saurait oublier que c’est Zemmour qui lui a imposé son rythme, qu’il a battu le record de participation aux réunions publiques (à commencer par l’admirable réunion de Villepinte). Partant de rien il a atteint un moment les 19 % d’intentions de vote et a fini à 7 %, plus que la candidate des Républicains, ce qui reste méritoire. Dans un climat de dépolitisation, son parti a recruté plus de 100 000 membres. Nous pensons que rien de tout cela ne sera perdu sans pouvoir dire comment.
Il a certes commis des erreurs, comme tout le monde, mais furent-elles décisives ?
Militer pour « l’union de toutes les droites » est bon pour l’Issep de Marion Maréchal ou une réunion politique à Versailles, pas pour un candidat à la présidence de tous les Français. Le général de Gaulle l’avait si bien compris : « Ce n’est pas la gauche la France ; ce n’est pas la droite, la France ». Certes 39 % des Français se situent à droite, plus que dans le passé, mais 30 % au centre[1]. 70 % des Français ont des opinions qu’on pourrait qualifier de droite sur des sujets comme l’immigration. Il reste qu’ils gardent, peut-être en raison de l’héritage de la Révolution française, une certaine pudeur à se déclarer franchement à droite . J’ai une fois entendu dire dans une campagne « je voterai bien pour vous, mais ne dites pas que vous êtes de droite ». L’union de toutes les droites s’est d’ailleurs faite au deuxième tour de la présidentielle et on a vu qu’elle ne suffisait pas pour gagner.
Il est vrai que Mitterrand avait été élu sous la bannière de l’« union de la gauche ». Mais, sur ce sujet là, il faut prendre son parti d’une dissymétrie pas forcément honteuse pour la droite : elle a vocation à gouverner tous les Français, la gauche reste une secte plus ou moins idéologique.
Deuxième erreur : il fallait dès le départ concentrer les attaques sur Macron et rien que Macron, et ignorer Marine Le Pen : ce fut une des clefs de la réussite de Villepinte. Il aurait fallu continuer. La droite est unitaire ; toute attaque d’un parti contre l’autre fait perdre des points à l’attaquant. Ce que l’UMP est quasi morte de n’avoir pas compris. Que l’on puisse discuter les aptitudes de Marine Le Pen à être présidente des Français, allait sans dire. En revanche, il n’est pas sûr que tous les électeurs aient clairement pris conscience, sous ses nombreuses facettes, de la nocivité profonde du premier quinquennat de Macron[2]. Ambitionnant la présidence de la république, il fallait viser le titulaire du poste et personne d’autre.
Lors de son dernier meeting au Trocadéro, Zemmour a fait un long discours très applaudi mais où on n’a entendu les mots ni d’Alstom, ni de Covid, ni de Mac Kinsey, ni d’Ukraine ! Dommage.
Sur ce dernier sujet, jouer en défensive (« non, je ne suis pas avec Poutine ») n’était peut-être pas la meilleure tactique. Rappeler la lourde responsabilité de Macron (Pozzo Di Borgo, un sénateur centriste, l’a dit, Zemmour et Le Pen pouvaient bien le dire) dans le déclenchement de cette guerre et ses livraisons d’armes aux milices néo-nazies eût été plus judicieux.
Les candidats d’opposition n’ont pas à être polis ; ils sont là pour porter tous les ressentiments des Français, de telle manière qu’ils les expriment démocratiquement. Les éluder donne le sentiments que ces candidats craignaient Macron. Et comme en définitive, on vote pour le plus fort…
Marine Le Pen n’a bien sûr pas fait mieux dans son débat avec Macron. Pourquoi cette timidité ?
Au moment où les sondages plaçaient Marine Le Pen et Eric Zemmour au coude à coude, n’aurait-il pas pu donner le coup de collier pour lui passer devant et bénéficier, lui, de la dynamique du « vote utile » ? Les enquêtes montraient que la partie restée fidèle à Marine était la plus dépourvue économiquement, la plus « périphérique ». A-t-on fait tout ce qu’il fallait pour aller au devant de ce public ? Des mesures plus ciblées comme le relèvement des retraites agricoles et artisanales – une question très différente, les experts le savent, de celle des retraites en général – auraient n’auraient-elles pu être approfondies ? Peut-être.
Il reste que dans ce combat au coude à coude, Zemmour souffrait de deux handicaps difficiles à surmonter :
- La légitimité historique des Le Pen n’est pas rationelle mais sentimentale. Marine a, à plusieurs reprises incarné, non un projet de gouvernement mais le profond désespoir d’une population, celle des perdants de la mondialisation et de la vie. C’est un pacte affectif qui la liait à beaucoup de ces électeurs ; moins que le désir d’une nouvelle politique à laquelle ils ne croient plus, c’est leur rage qu’ils volaient exprimer. Elle restait un symbole. Position difficile à contrer.
- Les habiles campagnes de presse destinées à détruire l’image de Zemmour ont circulé dès le début de sa campagne dans la bouche à oreille Que n’a-t-on pas entendu ? Qu’il était violent, alors qu’il était menacé de mort plusieurs fois par semaine et ne menaçait bien sûr personne ; qu’il était un libéral, alors qu’il n’a jamais rien dit de ce genre (même si proposer la retraite à 64 ans n’était pas très habile : il valait mieux rester dans le vague), qu’il était indifférent aux souffrances du peuple – alors qu’il avait prononcé dans le Nord un magnifique discours sur le pouvoir d’ achat. Une fois le portrait campé par une presse naturellement hostile, il est difficile de le modifier. Ces critiques revinrent bien sûr à la surface à l’approche du premier tour.
- Ceux étaient à l’origine de ces rumeurs savaient ce qu’ils faisaient ; la partition assignée à la France par les maîtres de l’ordre mondial était simple : Marine Le Pen devait être au deuxième tour , toute prête pour être dévorée par leur homme, Macron. Aucune stratégie compliquée, là : cela avait marché une fois, cela marcherait deux fois. Zemmour a eu le mérite de tenter de briser cette fatalité en proposant une solution alternative à droite. Il ne faut pas s’étonner que des moyens puissants aient été mis en œuvre pour l’empêcher de réussir.
- La légitimité de Marine Le Pen était renforcée par son ancienneté dans la compétition. Il existe, surtout en France, un moment d’inertie dans les exercices électoraux peu favorable aux nouveaux venus.
Puis vint, dans la campagne de bouche à oreille, le coup de grâce, l’idée que le seul vote utile aurait été Marine Le Pen. Ça ne tenait pas debout : on savait qu’elle serait battue au second tour, mais ça a marché et explique sans doute la chute finale du score de Zemmour.
Ce genre de campagne invisible n’est pas innocent, ni même spontané. Il y a quelqu’un qui l’a, au moins en partie, conduite. En 1988, tous les sondages donnaient à Barre plus de chances qu’à Chirac de battre Mitterrand. Néanmoins une vaste campagne a été lancée : « votez utile, votez Chirac ». Les réseaux Chirac étaient à l’époque puissants, mais aujourd’hui qui était à la manœuvre ?
La dimension affective du capital politique de Marine Le Pen et la puissance de la campagne souterraine contre Zemmour nous laissent penser qu’il lui était difficile de faire beaucoup mieux. Le résultat, nous le connaissons : la réélection d’un président dont 70 % des Français ne voulaient plus, aux ordres de la gouvernance mondiale, assez inconscient pour nous entrainer dans la guerre. Zemmour a eu l’immense mérite d’essayer de nous sortir de l’alternative fatale où la France est enfermée. Ne lui jetons pas la pierre.
[1] IFOP, 23/7/2020
[2] Sur ce sujet, Roland Hureaux, L’homme qui n’aimait pas la France , Editions de Paris.
Principe de précaution… mais pas trop
Télescopage du matin :
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🔴 EN DIRECT
Sandrine Rousseau commente l'affaire Abad: "La présomption d'innocence n'empêche pas le principe de précaution"https://t.co/KfKub9YA5t pic.twitter.com/hKWkHDG9YK— BFMTV (@BFMTV) July 1, 2022
« Nous passons trop de temps à parler des structures de l’Église. Cela n’intéresse personne ! »
A l’occasion de la publication de son Catéchisme de la vie spirituelle, le cardinal Sarah a été interrogé par Jean-Marie Guénois dans Le Figaro. Extrait :
J’ai écrit ce livre pendant le confinement. J’étais frappé: on prenait soin de la vie des corps, mais on laissait mourir les âmes. La vie spirituelle est pourtant ce qu’il y a de plus intime en nous, ce que nous avons de plus précieux. C’est notre vie intérieure. Le lieu de notre rencontre avec Dieu. Nier la vie spirituelle, c’est nier ce qui fait notre dignité d’homme ou de femme. Sans vie intérieure, que reste-t-il de grand dans nos vies? Que reste-t-il qui échappe aux lois du marché et de la matière? La vie spirituelle est l’inviolable sanctuaire de notre liberté, le lieu secret où nous cherchons la vérité et l’amour, où nous sommes seuls face au Tout-Autre, face à Dieu.
Pourquoi utilisez-vous la méthode pédagogique du catéchisme, vous auriez pu écrire un traité de la vie spirituelle…
Le catéchisme est un rappel simple des fondamentaux. Je n’ai pas voulu faire un traité de théologie pour les intellectuels et les spécialistes, mais un livre clair, accessible à tous, croyants et incroyants. Je n’ai pas cherché à tout expliquer et justifier, mais simplement à témoigner de l’expérience spirituelle de l’Église.
Vous proposez au lecteur d’aller au «désert», de s’arrêter pour Dieu. Un peu aride, non, après deux années de restrictions pandémiques…
Au contraire! Cette crise a révélé l’incroyable soif spirituelle dont souffrent les cœurs. Les gens aspirent au silence, à la profondeur, à la vie avec Dieu. Savez-vous que, durant le confinement, le mot «prière» était parmi les plus recherchés sur Google? La pandémie a révélé que la superficialité, le déni de la vie intérieure sont les maladies qui causent souffrance et angoisse chez nos contemporains.
Pour autant vous parlez d’une «éclipse de Dieu»?
C’est un paradoxe de notre époque. Alors que les personnes qui cherchent Dieu sont toujours plus nombreuses, le débat public, la scène politique semblent l’exclure toujours davantage. Il est donc temps que l’Église revienne à ce que l’on attend d’elle: parler de Dieu, de l’âme, de l’au-delà, de la mort et surtout de la vie éternelle.
Mais pourquoi structurer votre approche à partir des sept «sacrements» de l’Église catholique? Ils sont précisément fort discutés dans l’Église elle-même, à commencer par l’eucharistie, la confession, le sacerdoce et le mariage…
Pourtant les sacrements sont au cœur de la vie spirituelle. Ils sont des contacts avec Dieu. On en a malheureusement fait des cérémonies purement extérieures. Ils sont en fait les moyens sensibles par lesquels Dieu nous touche, nous guérit, nous nourrit, nous pardonne et nous console. Je crois que, même dans l’Église, beaucoup ignorent la réalité intérieure, spirituelle et mystique des sacrements. On n’y voit que des rites sociaux alors que, dans le signe sacramentel, le mystère se révèle, Dieu lui-même se donne.
Pourquoi insistez-vous à ce point sur la réforme spirituelle de l’Église et sur «la croix» du Christ?
Nous passons trop de temps à parler des structures de l’Église. Cela n’intéresse personne! Ce qui importe, c’est notre vie éternelle, notre vie intérieure d’amitié avec Dieu. L’Église existe pour qu’il y ait des saints. Le reste est secondaire. La vie à la suite du Christ nous ouvre cette vie avec Dieu. Elle passe par la croix. Ce n’est pas du dolorisme. La croix, c’est la plénitude de l’amour manifesté. C’est la victoire de la vie sur la mort et le péché.
Ce message radical est-il recevable pour le plus grand nombre, y compris dans l’Église?
La sainteté n’est pas réservée à une petite élite. Elle est pour tous. Être saint, c’est se laisser aimer par Dieu, suivre le Christ. Chacun peut commencer à sa mesure tous les jours.
Mais les prêtres et les évêques parlent-ils suffisamment de l’enjeu de cette vie spirituelle?
Ils sont parfois tentés de se rendre intéressants aux yeux du monde en parlant de politique ou d’écologie. Mais je crois qu’alors ils n’intéressent personne. On vient voir un prêtre parce qu’on cherche Dieu, pas parce qu’on veut sauver la planète. […]
Remise en cause de la loi naturelle : après l’euthanasie, la bioéthique
En janvier 2022, le père Carlo Casalone – médecin, ancien provincial italien de la Compagnie de Jésus, aujourd’hui membre de l’Académie pontificale pour la vie et professeur de théologie morale à l’Université pontificale Grégorienne – proposait des ouvertures inacceptables sur la proposition de loi visant à libéraliser le “suicide assisté”.
En ce 1er juillet, l’Académie pontificale pour la vie publie un imposant volume intitulé « Éthique théologique de la vie », qui contient les actes d’un séminaire organisé l’automne dernier, que certains n’hésitent pas à présenter comme la « mise à jour d’Evangelium vitae », le grand texte de Jean-Paul II sur la famille et la vie.
Au fil des 500 pages, qui passent en revue tout le champ de la bioéthique, de la procréation à l’intelligence artificielle, la conscience apparaît comme le « lieu de la responsabilité morale », et non comme une simple instance ayant pour tâche d’appliquer les règles du mieux possible. On retrouve le jésuite Carlo Casalone, qui estime que
« La norme est un point de référence, mais elle ne suffit pas à porter un jugement moral ».
Ce théologien, également médecin, réfute toute fragilisation de l’édifice moral de l’Église catholique.
« Cela peut paraître rassurant de penser que tout est écrit et qu’il suffit d’appliquer des normes toutes prêtes, mais c’est une fausse sécurité. La réalité n’est jamais celle-ci ».
Ces théologiens n’ont visiblement pas assimilé la grande encyclique de Jean-Paul II, Veritatis Splendor, selon laquelle (n°32) :
Une fois perdue l’idée d’une vérité universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée : la conscience n’est plus considérée dans sa réalité originelle, c’est-à-dire comme un acte de l’intelligence de la personne, qui a pour rôle d’appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d’exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant ; on a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d’agir en conséquence. Cette vision ne fait qu’un avec une éthique individualiste, pour laquelle chacun se trouve confronté à sa vérité, différente de la vérité des autres. Poussé dans ses conséquences extrêmes, l’individualisme débouche sur la négation de l’idée même de nature humaine. Ces différentes conceptions sont à l’origine des mouvements de pensée qui soutiennent l’antagonisme entre loi morale et conscience, entre nature et liberté.
Et dans Evangelium vitae, Jean-Paul II dénonçait :
Quand la conscience, cet œil lumineux de l’âme (cf. Mt 6, 22-23), appelle « bien le mal et mal le bien » (Is 5, 20), elle prend le chemin de la dégénérescence la plus inquiétante et de la cécité morale la plus ténébreuse.
Desiderio Desideravi : le catalogue de défauts listé par le pape sont des caractéristiques du Novus Ordo plutôt que de la liturgie traditionnelle
Analyse de Phil Lawler, journaliste catholique, directeur de CatholicCulture.org, sur le dernier document du pape Desiderio Desideravi :
Dans un pontificat marqué par des déclarations déroutantes, Desiderio Desideravi, la lettre apostolique sur la liturgie eucharistique publiée le 29 juin, est l’un des documents les plus curieux à ce jour. Après avoir commencé par une série de méditations sur la beauté incomparable de l’Eucharistie et sur la centralité de la liturgie dans la vie de foi, le pape François commet ensuite un non sequitur stupéfiant en affirmant – sans preuve ni explication – que les changements liturgiques introduits après Vatican II peuvent seuls raviver la compréhension correcte de la Messe.
« Sauvegardons notre communion », écrit le pape dans sa conclusion. « Continuons à nous étonner de la beauté de la liturgie ». Aucun catholique croyant ne pourrait être en désaccord avec ces objectifs. Mais rien dans cette lettre apostolique n’explique pourquoi le Pontife pense avoir fait avancer ces objectifs en limitant l’utilisation de la liturgie latine traditionnelle.
Les catholiques traditionalistes sont naturellement consternés par le dernier document papal, car il renforce les interdictions sévères de Traditionis Custodes. Mais ils pourraient tourner une grande partie de l’argument papal à leur avantage. Si l’objectif est d’accentuer la beauté de la liturgie et de restaurer une révérence inspirée par la crainte pour l’Eucharistie – un objectif que Desiderio Desideravi expose avec une clarté et une vigueur admirables – il est certain que la liturgie traditionnelle se compare favorablement au Novus Ordo.
Dans le nouveau document, le pape François répète son accusation selon laquelle l’adhésion à l’ancienne liturgie est une menace pour l’unité catholique :
La problématique est avant tout ecclésiologique. Je ne vois pas comment il est possible de dire que l’on reconnaît la validité du Concile – bien que je sois étonné qu’un catholique puisse prétendre ne pas le faire – et en même temps ne pas accepter la réforme liturgique née de Sacrosanctum Concilum.
Ici aussi, les traditionalistes ont une réplique évidente : La liturgie telle qu’elle est vécue dans une paroisse catholique typique aujourd’hui n’est manifestement pas fidèle aux orientations que les Pères du Concile ont présentées dans ce document sur la liturgie. La plupart des traditionalistes seraient ravis d’avoir une liturgie qui reflète ce que le Concile a réellement dit.
Le don et la beauté
La première partie de Desiderio Desideravi, avec ses méditations théologiques sur la liturgie, est puissante, parfois profonde et belle. Le lecteur pourra remarquer que le style d’écriture n’est pas similaire à celui d’autres documents papaux récents. Contrairement à ses prédécesseurs immédiats, le pape François n’a pas souvent parlé ou écrit sur le sens de la liturgie. Et celui qui a participé à la rédaction de cette lettre apostolique a adopté une approche très différente de celle des autres rédacteurs fantômes.
Le titre de cette lettre apostolique est tiré d’un passage de l’Évangile de saint Luc (22, 15) : « J’ai vivement désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ». Le pape explique que, dans la liturgie eucharistique, Jésus continue de partager la Pâque avec les fidèles :
Si nous étions arrivés d’une manière ou d’une autre à Jérusalem après la Pentecôte et que nous avions ressenti le désir non seulement d’avoir des informations sur Jésus de Nazareth mais plutôt le désir de pouvoir encore le rencontrer, nous n’aurions pas eu d’autre possibilité que celle de rechercher ses disciples pour pouvoir entendre ses paroles et voir ses gestes, plus vivants que jamais. Nous n’aurions pas eu d’autre possibilité de vraie rencontre avec lui que celle de la communauté qui célèbre. C’est pourquoi l’Église a toujours protégé comme son trésor le plus précieux le commandement du Seigneur : » Faites ceci en mémoire de moi. «
Le pape François écrit que la mission de l’Église est de répandre la foi dans le Christ afin que le monde entier participe au banquet eucharistique, embrassant le Christ et accomplissant son commandement évangélique. C’est dans la liturgie que les fidèles font l’expérience de la rencontre avec le Christ. C’est pourquoi, écrit le pape, « par cette lettre, je veux simplement inviter toute l’Église à redécouvrir, à sauvegarder et à vivre la vérité et la puissance de la célébration chrétienne. » Une fois encore, aucun catholique croyant ne peut s’y opposer.
Cependant, lorsqu’il aborde le sujet qui est le sous-titre de sa lettre, « la formation liturgique du peuple de Dieu », le pape a remarquablement peu à dire. Il nous dit que la manière de célébrer la liturgie devrait souligner la signification du sacrifice eucharistique, mais ne donne aucune directive sur la manière de le faire. Il insiste sur le fait que « chaque aspect de la célébration doit être soigné (espace, temps, gestes, paroles, objets, vêtements, chants, musique…) et que chaque rubrique doit être observée », mais il ne nous dit pas quels gestes, paroles, objets, etc. sont essentiels. Il vante la valeur du silence et des gestes symboliques, mais n’offre pas de suggestions spécifiques.
Comme à son habitude, le Pape François enseigne en accentuant le négatif, avec une liste d’approches qui pourraient
« caractériser une manière de présider qui est certainement inadéquate : une austérité rigide ou une créativité exaspérante, un mysticisme spiritualisant ou un fonctionnalisme pratique, une vivacité précipitée ou une lenteur exagérée, une négligence négligente ou une minutie excessive, une amabilité surabondante ou une impassibilité sacerdotale ».
Ici encore, les traditionalistes pourraient répondre à juste titre que nombre de ces défauts (« créativité exaspérante… négligence négligente… amabilité surabondante ») sont des caractéristiques du Novus Ordo plutôt que de la liturgie traditionnelle. Le pape Benoît XVI a avancé un argument similaire, et a conclu que les défauts potentiels des deux formes liturgiques pouvaient être corrigés par un « enrichissement mutuel. »
Mais bien sûr, le pape François a écarté cette possibilité, en insistant sur le fait que le Novus Ordo est l’expression unique de la liturgie romaine. Il se réfère fréquemment dans sa lettre apostolique à l’autorité de Vatican II et de Sacrosanctum Concilium. Mais il passe sous silence le fait que la liturgie, telle qu’elle est vécue par la plupart des catholiques aujourd’hui, est très éloignée des directives réelles énoncées dans ce document.
Quant à la promotion de l’unité au sein de l’Église, les suites de Vatican II ont-elles fait progresser cette unité, alors que la célébration de la liturgie est nettement différente d’une paroisse à l’autre – et souvent même au sein d’une paroisse, puisque différentes liturgies eucharistiques sont programmées pour plaire à différentes sensibilités ? Le pape François s’insurge contre « un personnalisme exacerbé du style de célébration », mais c’est précisément l’effet produit par les changements liturgiques qui ont divisé l’Église depuis Vatican II.
Embrasser la discontinuité
Afin d’expliquer pourquoi les Pères de Vatican II ont jugé nécessaire de réformer la liturgie, le pape écrit que l’homme moderne a perdu la capacité de comprendre la liturgie :
Par conséquent, la question fondamentale est la suivante : comment retrouver la capacité de vivre pleinement l’action liturgique ? Tel était l’objectif de la réforme du Concile. Le défi est extrêmement exigeant car l’homme moderne – pas au même degré dans toutes les cultures – a perdu la capacité de s’engager dans l’action symbolique, qui est un trait essentiel de l’acte liturgique.
Si c’est le cas (et là je suis d’accord avec le Pape, c’est le cas), alors il semble que le remède serait d’aider l’homme moderne à retrouver sa compréhension et sa capacité de l’action symbolique. Ainsi, l’objectif déclaré de cette lettre apostolique – la formation liturgique – est un effort bon et nécessaire. Pourtant, à part des généralités et des références répétées au Concile, la lettre apostolique n’explique pas comment nous pourrions récupérer ce que nous avons perdu. Le Pape François exhorte les fidèles à apprécier la puissance des gestes liturgiques, y compris ceux auxquels toute la congrégation participe (« rassemblement, marche prudente en procession, être assis, debout, à genoux, chanter, être en silence, acclamations, regarder, écouter »), mais il n’approfondit pas la question de savoir quels gestes sont appropriés, et encore moins d’expliquer leur signification dans le contexte du sacrifice eucharistique.
Pour une exploration de ces questions plus profondes, le pape nous renvoie à Sacrosanctum Concilium. Il écrit :
« Nous devons au Concile, et au mouvement liturgique qui l’a précédé, la redécouverte d’une compréhension théologique de la liturgie et de son importance dans la vie de l’Église. »
Créditer Vatican II d’une « redécouverte » de cette compréhension suggère qu’elle avait été perdue – pas seulement largement incomprise, ou ignorée, ou même abusée, mais simplement absente jusqu’à ce que les Pères du Concile la fassent revivre. Ainsi, toute la liturgie eucharistique était-elle fondamentalement défectueuse avant le Concile ? Ici, le Pape François embrasse sans ambiguïté l' »herméneutique de la discontinuité » que le Pape Benoît XVI a diagnostiquée comme la principale raison de l’incompréhension des directives du Concile.
Ainsi, dans Desiderio Desideravi, le pape François a contredit l’enseignement de son prédécesseur, plus clairement encore qu’il n’a contredit Summorum Pontificum lorsqu’il a publié Traditionis Custodes. Le rejet est sans équivoque ; nulle part dans cette lettre apostolique le pape ne cite le travail de Benoît XVI, qui a tant et si bien écrit sur la liturgie.
Mais si ce pape peut contredire le pape précédent, alors le prochain pape pourrait contredire le pape François. Voilà donc une leçon de plus à tirer de cette lettre apostolique, publiée en la fête des Saints Pierre et Paul, alors que le monde catholique célèbre l’unité de tous les fidèles en communion avec le Siège de Rome.
Avortement : la fuite en avant
Communiqué des Associations Familiales Catholiques :
L’actualité de ces derniers jours a été marquée par le retournement de l’arrêt américain sur l’avortement.
Comme pour d’autres évolutions de la société américaine, certains y ont immédiatement vu un risque contre la législation de l’avortement en France. C’est un prétexte pour verrouiller davantage les lois françaises. Le gouvernement est allé jusqu’à s’engager à « soutenir avec force » l’inscription du respect de l’IVG dans la Constitution française.
Notre réponse ? Les parlementaires devraient regarder le nombre élevé́ d’IVG comme un problème de santé publique et développer des politiques préventives et d’accompagnement des grossesses imprévues.
Les Associations Familiales Catholiques appellent à un changement de politique :
-
un développement de l’éducation affective et sexuelle des jeunes
-
la lutte contre les facteurs de risque (pauvreté́, déscolarisation) de recourir à l’IVG en cas de grossesse imprévue.
-
des aides matérielles et financières pour aider les femmes et les familles
-
la valorisation de l’accouchement sous le secret.
Cessons de banaliser l’avortement, prenons soin des familles et des mères seules en difficulté.
De nombreux Présidents d’AFC locales et d’adhérents ont écrit à leurs députés pour leur faire part de leurs inquiétudes et de leurs craintes de voir un empilement sans fin de ces lois qui portent atteintes à la vie : bioéthique, avortement et bientôt une loi pour autoriser l’euthanasie.
Chers amis, vous pouvez compter sur les AFC pour porter ces sujets dans l’espace public.
Je compte sur vous pour m’y aider.
Pascale Morinière,
Présidente nationale des AFC
La France abrite une diaspora algérienne de 2,6 millions de personnes au minimum
L’Observatoire de l’immigration a publié une étude intéressante sur l’immigration des Algériens en France. On y lit que
- La France abrite une diaspora algérienne de 2,6 millions de personnes au minimum, dont 846 000 immigrés stricto sensu (les plus nombreux parmi toutes les nationalités représentées).
- Cette immigration a explosé durant les Trente Glorieuses : le nombre d’Algériens présents sur le sol français a été multiplié par 33 entre 1946 et 1972.
- Au titre de l’accord bilatéral du 27 décembre 1968, les Algériens bénéficient d’un régime dérogatoire plus favorable à leur immigration en France. Exemple d’avantage : la délivrance d’une carte de séjour de 10 ans leur est facilitée dans de nombreux cas.
- en 2019, sur les 7,6 millions de personnes nées en France d’au moins un parent immigré (parfois dénommées « seconde génération »), 1,2 million étaient d’origine algérienne
- Les Algériens constituaient la nationalité étrangère la plus représentée dans les prisons françaises en 2018
- 41,7% des Algériens de plus de 15 ans vivant en France étaient chômeurs ou inactifs
- Le taux de chômage des hommes de 18-24 ans nés en France de parents immigrés d’Algérie atteignait 45,8% entre 2007 et 2009
🔍IMMIGRATION ALGÉRIENNE 🇩🇿 – Ce que vous ne savez pas.
🔴Comment a-t-on atteint 413 000 visas en 2017 pour les Algériens ?
💰20M€ de dettes de l'AP-HP liés aux « touristes » Algériens ?➡️L'OID a lu pour vous le livre de l'ambassadeur @XMDriencourt (7 ans en 🇩🇿)
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— Observatoire de l'immigration et de la démographie (@ObservatoireID) June 28, 2022
Après la séparation entre sexualité et procréation, voici la séparation entre parentalité et conjugalité
Au premier trimestre 2022, sur les 5126 demandes de nouvelles candidates à la PMA, 53 % concernaient des femmes seules contre 47 % pour les couples de femmes. Parmi les membres de l’association Mam’enSolo, on recense environ une moitié de demandes de femmes proches de la quarantaine, désireuses de faire un bébé de la dernière chance. Mais aussi de femmes trentenaires pour qui la PMA est un premier choix :
«Certaines sont en couple mais n’ont pas envie de faire un enfant à deux parce que leur conjoint n’est pas prêt, qu’il a déjà des enfants d’une autre union ou encore parce qu’elles préfèrent décorréler leur vie amoureuse et familiale. D’autres ne veulent pas vivre avec un homme et décident de se débrouiller seules. Certaines sont asexuelles ou “aromantiques”, c’est-à-dire sans attrait pour les relations amoureuses».
Une femme de 26 ans explique :
«Les relations sexuelles, cela ne m’a jamais attiré et je ne ressens pas de sentiment amoureux. Je n’ai pas envie d’attendre le dernier moment pour faire un bébé alors que je n’ai aucune envie de me mettre en couple. Par contre, si je ne devenais pas maman, j’aurai l’impression de passer à côté de quelque chose de fondamental».
Pour les médecins et psychologues des centres de PMA, ces nouvelles demandes ne sont pas évidentes :
«Pour une majorité de femmes seules qui font cette demande, ce n’est pas un choix désiré au départ : certaines viennent à un âge plus tardif car elles n’ont pas trouvé de partenaire ou ont vécu des histoires compliquées. On s’interroge parfois sur la fragilité de leur situation car sans conjoint, elles seront seules à gérer. Mais personne n’ose récuser leur choix car, au fond, ce n’est pas notre rôle».
Et une autre femme :
«Quand je vois les couples autour de moi, je me dis que je suis très bien toute seule. C’est l’anarchie quand ils se séparent car ils doivent rester liés pour organiser la vie de leur enfant. Je ne veux dépendre du bon vouloir de personne. Mes décisions, je les prends moi-même.»
Anthropologue chargée d’étude à l’Ined et sage-femme, Hélène Malmanche déclare :
«La disjonction entre sexualité et procréation, entre parentalité et conjugalité, est en train de prendre une nouvelle forme, plus assumée». «Les écarts d’âge entre les maternités solos et les maternités dites “classiques” se resserrent. Les femmes veulent davantage suivre leur propre temporalité et attendent moins longtemps avant de se lancer dans un parcours de PMA».
Le Parlement européen a financé une étude sur “l’extrémisme de droite”
Le Parlement européen a financé une étude sur la fameuse extrême-droite, qui remet en cause l’immigration, l’homosexualisme, voire l’Union européenne. Evidemment la rapport met tout dans le même panier :
Les partisans de l’extrême droite peuvent souvent être différenciés en partis politiques, organisations militantes non parlementaires et groupements informels. Ils partagent certains éléments idéologiques, comme l’intolérance à l’égard des minorités, le racisme et la xénophobie (observés dans l’écrasante majorité des partis et groupes du spectre du nationalisme radical à l’extrême droite) et ciblent souvent les musulmans, les réfugiés et les migrants, mais aussi la communauté LGBTQ+. En particulier dans les pays d’Europe centrale et orientale, la communauté rom, souvent associée à certains types de crimes et accusée de l’être, constitue une autre cible importante.
Et concernant la France :
La principale menace de ces groupes est qu’ils sont apparus en dehors des groupes traditionnels d’extrême-droite. Dans une large mesure, pendant plusieurs décennies, leFront national a réussi à représenter un centre de gravité suffisamment important pour que la plupart des mouvements d’extrême droite puissent le contourner. Dans une large mesure, pendant plusieurs décennies, le Front national a réussi à représenter un centre de gravité suffisamment important pour que la plupart des mouvements d’extrême-droite puissent le contourner. Sous la direction de Jean-Marie Le Pen, les membres et l’idéologie du FN étaient diversifiés et comprenaient des nationaux-révolutionnaires, des néo-nazis, des traditionalistes catholiques et bien d’autres.À bien des égards, le parti était suffisamment diversifié pour représenter de nombreux acteurs du spectre du nationalisme radical à l’extrémisme de droite. Avec la transformation progressive du Front national en Rassemblement national avec une stratégie visant à se rendre plus acceptable (et éligible) par un électorat plus traditionnel de droite et de électorat de droite et de centre-droit plus traditionnel, un nombre croissant de petits groupes d’extrême-droite ont émergé, dont certains développent de plus en plus leur propre identification distincte.
Bien que cette tendance soit perceptible, ces groupes se concentrent souvent sur des questions culturelles et politiques sans concourir aux élections, mais contribuent à mettre en lumière des questions qui sont ensuite souvent reprises par le RN. Ces groupes, les trois caractéristiques de la définition de travail de l’extrémisme de droite (la croyance en une certaine forme d’inégalité ou de hiérarchie naturelle entre les personnes ou les groupes de personnes, l’objectif implicite ou explicite de détruire le système démocratique et les droits de l’homme), sont des exemples de groupes d’extrême droite. La mesure dans laquelle ils sont prêts à utiliser la violence ou à la tolérer est plus difficile à évaluer chez certains d’entre eux. Ils peuvent être classées comme suit :
-
Mouvement identitaire (Génération identitaire, Les identitaires, Nissa Rebela). Ce mouvement est apparu au début du siècle. Il s’est basé sur les conclusions que la stratégie liée au FN n’était pas réussie. Par conséquent, leur stratégie a été modifiée, fortement influencée par les écrivains de gauche et le mouvement altermondialiste, notamment le concept d’hégémonie culturelle développé par Antonio Gramsci. Ainsi, les principaux partisans du mouvement identitaire se sont progressivement éloignés du FN et leur stratégie a consisté à essayer d’influencer le débat public sur des questions telles qu’un prétendu racisme anti-blanc ou la construction de mosquées.Étant donné le nombre relativement faible de militants et leur manque d’accès aux médias de masse, le mouvement identitaire s’appuie fortement sur les médias sociaux pour communiquer et comprend un certain nombre de YouTubeurs […]
Plus récemment ; l’émergence d’Eric Zemmour comme candidat à l’élection présidentielle de 2022 est un symptôme de la popularité accrue des idées sur le nationalisme radical au spectre de l’extrême droite.
Son programme est au moins de droite radicale, incluant des éléments de nationalisme culturel et ethnique (frein strict à l’immigration incluant la limitation du droit d’asile, aspect anti-musulman tel que l’interdiction du foulard dans les espaces publics), rejet des éléments libéraux de la société. Au cours de sa campagne ainsi que dans son rôle précédent de personnalité médiatique, il a promu des théories de la conspiration telles que le Grand Remplacement selon lequel il existe un stratagème d’une élite politique, économique et médiatique pour remplacer la population française (et européenne) par une population d’origine africaine. […]
I-Média – Avortement : liberté ou crime ?
L’image de la semaine
Jean-Yves Le Gallou analyse les images effarantes d’une horde de milliers de migrants prenant d’assaut un poste-frontière hispano-marocain à Melilla. Bilan du carnage : une quarantaine de morts et plus d’une centaine de blessés.
Avortement : liberté ou crime ?
La décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de balayer la jurisprudence Roe vs Wade permet aux Etats de légiférer librement sur l’accès à l’avortement. La nouvelle a provoqué une tempête médiatique outre-Atlantique mais également en France. Retour sur cette séquence de propagande partiale et violente.
Revue de presse
Premières sessions de l’Assemblée nationale, grève de l’audiovisuel public, condamnation de Ghislaine Maxwell et bien d’autres sujets sont couverts dans notre revue de presse hebdomadaire.
Le retour tonitruant du Covid
Le Covid a fait son grand retour dans les titres d’actualité. Doses de rappel, retour du masque et des gestes barrières, pass-vaccinal remis en route… L’opération médiatique de préparation des esprits à l’obéissance et la soumission est enclenchée.
Avortement : Le stade suprême de la domination masculine
De Louis Daufresne dans Aleteia :
Car l’avortement peut être interprété comme une ruse de l’homme, comme le prix à payer du plaisir qu’il tire du corps de la femme perpétuellement disponible. Et si l’IVG était le stade suprême de la domination masculine ? La femme ne s’aperçoit pas que le patriarcat lui fait payer la facture de la jouissance sans limite. En reportant sur elle toute la charge mentale et physique de la gestion du sexe : la femme n’a plus aucune raison de se refuser à l’homme puisque les conséquences de l’acte sont résolues médicalement, soit avant (contraception), soit après (avortement). L’homme peut donc être regardé comme un grand pervers : puisqu’un droit est forcément un bien, de quoi te plains-tu ? Avorte et tais-toi. Un discours féministe pertinent serait de reconnaître que l’avortement déresponsabilise l’homme, le libère de tout devoir envers la femme dont il profite et lui permet même d’exercer un chantage sur elle. Faire comme si l’IVG ne concernait que la femme revient à perpétuer le pouvoir que l’homme s’arroge sur tout son être, ce qui la confine dans une forme d’aliénation.
En se déresponsabilisant, l’homme oblige la femme à décider seule. Il s’ensuit une situation cruelle : bien qu’elle cède le plus souvent à l’injonction masculine, la femme ne pourra jamais s’en prendre qu’à elle-même si elle avorte. In fine, c’est toujours elle qui arbitrera : gardera ou gardera pas le fœtus ? Le droit à l’IVG fait l’impasse sur cette pression sociale. Il la nie. Il exprime une souveraineté de principe — que la femme seule est habilitée à exercer sur son corps.
Ce qu’on inculque aujourd’hui aux jeunes en école de journalisme n’a rien à voir avec la définition simple du journalisme
Christine Kelly, ancienne membre du CSA, animatrice de l’émission phare de CNews Face à l’info, publie Libertés sans expression (Le Cherche-Midi), un témoignage inquiet et lucide sur l’état du débat public en France. Menacée, des des gardes du corps ont été mis à sa disposition. Elle explique dans Valeurs Actuelles :
[…] Cette protection m’a poussée à écrire ce livre et à me demander ce que j’ai fait pour la mériter. Qu’ai-je fait de mal ? Y a-t-il une personne qui peut me dire à quel moment j’ai insulté quelqu’un, défendu une position dangereuse ou une opinion qui pourrait heurter ? Quand bien même, on est dans le cadre de la liberté d’expression. Emmanuel Macron m’a envoyé un SMS m’informant qu’il était à ma disposition. Il n’acceptait pas qu’un journaliste puisse être menacé de mort pour l’exercice de son métier. Je n’ai pas accepté la protection tout de suite. Il a fallu attendre que les menaces augmentent pour que je me décide. Cette histoire est le miroir de l’inversion de valeurs qui frappe notre société. Plus on veut bien faire son métier, plus on est critiqué. Ça me révolte. Ce qu’on inculque aujourd’hui aux jeunes en école de journalisme n’a rien à voir avec la définition simple du journalisme. Avec ces menaces, on se réveille et on se dit qu’on ne peut pas se taire.
Votre livre est courageux car il parle des écoles du journalisme, du CSA et des autres vaches sacrées qu’on n’a pas le droit de critiquer dans le monde journalistique. Quand vous racontez votre collaboration avec Éric Zemmour, vous rappelez que vous n’étiez pas là pour dire s’il avait tort ou raison, mais pour lui demander une précision et le modérer. Contrairement à ce que les gens prévoyaient, cette relation professionnelle a duré deux ans. Cela s’est-il fait naturellement ?
Ce paradoxe est très intéressant. Certains, des mauvaises langues, veulent me faire un procès en illégitimité. Les autres voient la réalité en constatant qu’Éric Zemmour sait qu’il n’est pas en roue libre. Bien qu’il soit là pour s’exprimer, il y a des barrières à ne pas franchir. J’ai essayé de le modérer. Pour cela, j’ai découvert son caractère, vu ses gestes. Tous ces détails m’ont permis de percevoir à quel moment il s’énerve et à quel moment il ne s’énerve pas.
Cette démarche était importante car le but de l’émission n’est pas d’éructer et de dire : “Je ne suis pas d’accord avec lui alors je vais quitter le plateau.” La finalité est plutôt celle-ci : “Qu’est-ce qu’on donne à penser aux téléspectateurs et leur donne-t-on à réfléchir ?” Je me suis placée dans la droite ligne de mon métier précédent, membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel, qui a pour mission première de préserver et de réguler au quotidien la liberté d’expression. J’ai souhaité être dans la continuité de mon métier. Là où j’arrête la balle, c’est uniquement à la limite de la loi. […]
Vous écrivez : « Les exemples du recul des libertés d’expression sont légion et leur nombre s’accélère de façon exponentielle, que ce soit à l’Université, dans le monde du spectacle, à la télévision ou à la radio. À qui la faute ? À la peur de la controverse, du dérapage, de l’infantilisation, de la victimisation, la prédominance d’un consensus mou qui craint les débats et les échangesvraiment contradictoires. Un manque de réflexion, de patience, de culture politique et historique de notre société. Serait-ce l’émergence tant louée de nouvelles idées, de nouveaux dogmes ? » Quel regard portez-vous sur notre débat public ?
Aujourd’hui, je constate une inversion de valeurs. Au nom de la liberté d’expression, on vous dit de vous taire. Je l’ai bien vu avec Face à l’info. J’ai été choquée quand certains voulaient faire taire Éric Zemmour. Je voulais leur répondre qu’ils pouvaient zapper, changer de chaîne ou alors regarder, écouter, juger. Le fait de vouloir faire taire l’autre est devenu totalement banal. Quelqu’un vous appelle et vous énerve, vous bloquez. Il n’y a plus de débat, de discussion, d’argument.
Pendant des mois, j’ai cherché en vain des gens qui acceptaient de venir débattre avec Éric Zemmour. Des ministres ont bien joué le jeu. D’autres, craignant de ne pas avoir le niveau, ont refusé. Argumenter, donner son avis, se confronter aux autres sont devenus des barrières. Alors, on reste enfermé dans ses propres a priori. Quand on constate ça, on voit que la démocratie est en danger et commence à mourir à petit feu. J’avais postulé pour être présidente de La Chaîne parlementaire. Mes premiers mots, en janvier 2015, étaient de dire que la démocratie était en danger car j’avais vu que les fausses informations mettaient la démocratie en danger.
Ce livre est un cri du cœur, un cri d’un membre du CSA, un cri d’une journaliste qui dit : “Attention, ce que vous voyez n’est pas la réalité, les valeurs que vous défendez ne sont pas forcément les bonnes valeurs à défendre. ” La facilité est de ne pas écouter, d’éteindre sa télé et faire taire celui avec qui vous n’êtes pas d’accord. La liberté d’expression, c’est accepter d’être choqué, même parfois violemment. Mais on peut se dire à la fin : “Il m’a fait réfléchir.” […]
La COVID repart, échec absolu d’une folie à 600 milliards
De Pierre-Antoine Pontoizeau, pour le Salon beige:
Toutes les décisions de la politique sanitaire d’E. Macron ont coûté plus de 600 milliards, pour quel résultat ?
Les coûts de la politique sanitaire
Le confinement des premiers mois a été évalué par Laurent Cappelletti, professeur au CNAM. Dès avril 2020, il l’estimait à un coût mensuel de 150 milliards d’euros. Il avait raison. L’accroissement de l’endettement de la France de 700 milliards résulte bien de cette première folie, même s’il tient marginalement à quelques autres facteurs. L’ardoise sanitaire, c’est environ 600 milliards. En plus du confinement, les vaccinations représentent quelques milliards aussi. 146 millions de doses ont été administrées pour un prix compris entre 15 et 20 euros la dose selon les périodes. La seule vaccination a couté entre 2,3 et 2,8 milliards d’euros. Concernant les tests, bien mal nommés anti-Covid, le simple mois de décembre et ses 28 millions de tests ont couté 1 milliard d’€uros à l’assurance maladie. Le ministre des Comptes publics reconnaissait un mois plus tard que les tests anti-Covid coutaient 1,5 milliard pour le mois de janvier. Deux mois de tests ont couté 2,5 milliards, pour quoi faire ? La politique sanitaire représente donc une hystérie de plus de 600 milliards d’euros.
Un ministre des Finances amnésique
Et nous entendons un ministre des Finances parler de « côte d’alerte » avec près de 3.000 milliards d’€ de dette, soit 114,5% du PIB. Peut-il rendre des comptes sur sa responsabilité et ses résultats puisqu’il a contribué à son accroissement abyssal ? Nous étions en 2017 à 2.200 milliards et 98 % du PIB. Peut-il expliquer le ratio d’efficacité de cette dépense inédite dans l’histoire économique de la France ?
La valeur concrète de cette folle dépense
Prenons la mesure de cette dépense sanitaire faramineuse. Rappelons que le fonctionnement annuel d’un hôpital départemental s’estime dans une fourchette de 250 à 350 millions d’euros. Ce sont donc 2.000 hôpitaux fonctionnant pendant un an où 100 hôpitaux départementaux fonctionnant pendant 20 ans. 600 milliards, c’est 15 ans du budget de la défense (un peu moins de 40 milliards en 2021) ou 10 ans du budget de l’éducation nationale (55 milliards en 2021). Un tel sacrifice jamais engagé dans les dépenses publiques de la France exige un résultat rapide et parfait, à la hauteur de la dépense et des promesses exposées comme des certitudes de foi par tous les spécialistes, non ? Nous avons tous en mémoire l’agressivité, le scientisme des certitudes, l’arrogance et le mépris du ministre Véran en particulier. 600 milliards pour quoi faire ?
La nullité du résultat
Or, cette dépense inouïe a-t-elle obtenu un résultat à la hauteur, soit l’éradication rapide du virus ? Non, puisque nous parlons d’une 7e vague, que des personnes meurent encore de cette maladie, même si fort heureusement, ce ne sont pas des milliers par jour. Mais ce confinement initial nous a-t-il libéré de la maladie ? Non. Le 2e confinement ? Non. La vaccination a-t-elle fonctionné ? Non, puisqu’aujourd’hui les chiffres démontrent que les malades sont des vaccinés ainsi que les hospitalisés. Charlatanisme, escroquerie ? Et les tests ont-ils été utiles ? Non plus, puisque la maladie demeure. Alors à quoi ont servi ces 600 milliards de dépenses publiques ? Et nous n’avons pas aujourd’hui la capacité de mesurer le cout des effets indésirables. Il risque d’être élevé.
La liberté démocratique d’inventaire des responsabilités
Est-il possible dans une société libre et démocratique de demander à nos nouveaux élus d’ouvrir une commission d’enquête transparente, voire populaire, pour exiger des réponses sur les responsabilités de ces engagements de dépenses faramineuses ? Il y a là plusieurs enjeux. Celui de ne jamais reproduire une telle folie. Celui de sanctionner les ministres, voire le Président à la hauteur de cette absolue folie. Celui enfin de solder cette dépense par des mesures et sanctions financières à l’encontre de ceux qui ont profité, voire corrompus : Union européenne, laboratoires, actionnaires des laboratoires, Etats complices, etc.
L’enjeu majeur est de se libérer de cette emprise irrationnelle de quelques-uns sur le destin du plus grand nombre. Ils ont démontré qu’ils ne savaient rien. Nous avons maintenant la preuve que la dépense était irrationnelle, non pertinente et aujourd’hui sans résultat. Il est urgent de changer radicalement de paradigme. C’est cela le progrès, non ? Du moins, c’est une obligation avant de demander au Français de se sacrifier encore alors qu’il faut solder cette dette en la recouvrant auprès des auteurs de cette hystérie.
L’apologétique de l’avortement ou l’art de la fausse sémantique
De Jean-Pierre Aussant, écrivain, pour le Salon beige:
Tous les arguments (sans exception) en faveur du meurtre légal des « enfants-à-naître » se laissent, dans le cadre d’une analyse précise, démolir avec la plus grande facilité. Cela prouve au moins une chose: Le vrai débat rationnel et contradictoire sur l’avortement n’a à ce jour toujours pas eu lieu. La dictature culturelle planétaire dont les médias sont infestés et qui repose sur le noyau dur du fondamentalisme féministe international ne l’a pas permis. A l’aide de onze arguments, j’en apporte ici la preuve.
1: Le libre choix?
Le vrai libre choix consiste à laisser choisir la personne qui est la plus concernée et qui risque de se faire tuer, c’est-à-dire « l’enfant-à-naître ». Celui-ci, en effet, choisit toujours de se développer et donc de vivre. Respecter son choix, implique donc de s’opposer à l’avortement. (Notons que la mère, elle, avortement ou pas, survit toujours).
Le lavage de cerveau issu de la culture de mort s’acharne à vouloir faire oublier un petit détail, c’est que l’avortement concerne non pas une seule personne (la mère) mais bien deux (la mère et l’enfant).
2: Les « pro life » (adversaires de l’avortement) sont intolérants?
La pire des intolérances et discriminations, n’est-ce pas au contraire de tuer « un enfant-à-naitre » innocent et sans défenses qui ne demande qu’à se développer? Prétendre le contraire, c’est inverser le sens des mots, c’est entrer dans une fausse sémantique.
3: C’est une affaire privée qui concerne uniquement la femme et son corps?
Faux. L’embryon se trouve certes dans le corps de la femme mais ce n’est pas son corps. L’ADN, les chromosomes, les gènes (différents de ceux de la mère) sont ceux d’un nouvel être humain qui existe à part entière. « To be or not to be », « être ou ne pas être ». Il y a une « égalité d’être » entre la mère et le fœtus. Personne n’existe « à moitié ». Un fœtus existe autant que Hillary Clinton, Maradonna, Carla Bruni, Poutine ou Raspoutine. Prétendre le contraire, c’est mentir ou bien être complètement ignorant en biologie. Par ailleurs, l’embryon est appelé à sortir tôt ou tard du corps de la femme, soit comme cadavre assassiné par un avortement ou bien comme bébé vivant. Dans tous les cas l’enfant à naître sortira de l’utérus. Affirmer que le fœtus « est » le corps de la femme est une contre-vérité et une infamie, issue de la culture de mort.
Certes, l’embryon a besoin de la mère pour se développer et continuer à vivre mais cela est vrai également pour un bébé de deux mois. Si une mère laisse son nourrisson livré à lui-même, celui-ci mourra dans les plus brefs délais et elle sera, à juste titre, accusée d’homicide.
4: L’avortement est légal, donc il faut « la fermer » et l’accepter?
Les plus grands résistants de l’histoire se sont toujours battus contre la « légalité du moment ».
Quand Nelson Mandela luttait contre cet abominable système qu’était l’apartheid en Afrique du sud, il était « illégal » et pourtant il avait raison.
De même quand Oscar Schindler sauvait des juifs en Allemagne nazie, il était à l’époque « illégal ». Puisque, en effet, il était alors légal d’exterminer les juifs et pourtant, lui aussi, avait raison.
La limite de la légalité et d’ailleurs de la démocratie en général, c’est là où commence la conscience universelle. Quand les lois et la légalité du moment sont infâmes, on a non seulement le droit mais aussi le devoir de les combattre. Si demain la majorité des français devient pédophile, cela ne fera pas pour autant de la pédophilie quelque chose de bien.
La limite de la légalité se trouve là où commencent la vérité et la dignité de l’être humain données par Dieu.
5: L’avortement concerne l’émancipation e la femme?
Une loi qui permet à une femme de tuer une autre femme (sous forme de fœtus féminin) serait donc un progrès pour le droit des femmes?
Pouvoir assassiner des femmes au nom des droits de la femme (SIC).
Bienvenu chez les fous. Cet argument est trop « couillon » pour être développer.
6: Le monde est atroce, je n’ai pas d’argent, mon enfant n’aurait pas de bonnes perspectives. Il est donc préférable de le tuer?
Suivre un tel résonnement équivaut aussi à dire qu’il faudrait, pour être conséquent, éliminer tous les malheureux de la planète. Les malnutris, les clochards, ceux qui vivent dans des pays en guerres, bref en gros la moitié de la population planétaire. Au fait, à partir de quel degré de bonheur a-t-on le droit de continuer à vivre? Sommes-nous tous si sûr d’être « heureux »?
Heureusement, nos ancêtres n’ont pas raisonné ainsi sinon nous ne serions pas là pour en parler. En effet, jadis, les conditions de vie étaient largement plus dures que maintenant.
La vie humaine est sacrée. Elle se justifie en elle-même. Lier le droit de vivre à la possibilité d’avoir un beau frigo et une belle voiture, c’est passer à côté de l’essence de l’être humain et de sa vraie dignité.
Par ailleurs, celui qui pense que le monde est trop pourri pour laisser son enfant vivre, devrait commencer par se suicider. C’est trop facile de tuer les autres (enfants-à-naître) tout en continuant soi-même à vivre.
7: Les avortements ont de toute façon toujours existé. Par conséquent il convient de ne pas les interdire?
Les viols, les meurtres, la pédophilie ont aussi toujours existé. Faut-il aussi légaliser les viols et la pédophilie? Bien évidemment, cet argument est un affront contre le bon sens.
En outre, il y avait avant la légalisation de l’IVG, beaucoup moins d’avortements. Ceux qui prétendent le contraire, mentent.
8: Auparavant, les femmes se blessaient en s’avortant?
La légalisation de l’avortement a donc au fond permis de rendre les « armes donnant la mort » plus efficaces afin de permettre à la femme de tuer « proprement » sans prendre le risque de se blesser elle-même. Franchement, entre nous, est-ce un argument???
Cela, à titre d’exemple, revient un peu à dire qu’il faudrait donner des armes plus efficaces à ceux qui cambriolent des banques afin que les cambrioleurs ne prennent pas le risque de se blesser en tuant les autres (sic).
Bien évidemment, cet argument est éthiquement et dialectiquement intenable.
Ceux qui ne veulent pas se blesser, doivent commencer par arrêter de tuer des êtres humains innocents.
On oublie ici tout de même un petit détail. Dans un avortement, l’enfant, lui n’est pas blessé, mais toujours assassiné.
9: Il y a la surpopulation. Nous sommes déjà trop nombreux sur la planète?
Cela est faux. Le mythe de la surpopulation a été véhiculé par le planning familial pour justifier l’avortement. En Inde il y a actuellement deux enfants par couples. Le problème est donc réglé. En Chine Idem. Quant à l’occident, les populations ne sont même pas capables de se reproduire.
La surpopulation n’a pas eu lieu. En tout cas pas dans les proportions annoncées dans les années 70.
Si des gens crèvent de faim sur terre, c’est à cause de l’égoïsme et non pas à cause de la surpopulation.
10 : Existe-t-il des cas où l’avortement est éthiquement acceptable?
Oui, si la vie de la mère est clairement en danger lors de l’accouchement (ce qui , soit dit en passant est extrêmement rare en occident).
Concernant les avortements pour viols et pour malformations gravissimes du fœtus, ils ne représentent que moins de 1% des avortements en général. Faire une fixation sur ces 1% est donc une malhonnêteté pour écraser et fuir le vrai débat. Si après un viol, il faut coute que coute tuer quelqu’un, alors, il serait plus logique de tuer le violeur plutôt que l’enfant. L’enfant, lui, est toujours innocent. En cas de viol, la solution est de faciliter l’accouchement sous X (qui garantit l’anonymat et l’adoption) et d’aider massivement la mère concernée. L’accouchement sous X n’est certes pas l’idéal mais c’est mieux que l’autre solution qui est le meurtre. Entre deux maux, il faut choisir le moindre.
Par ailleurs, même si l’avortement était acceptable en cas de viol ou de malformation grave de l’enfant-à-naître, cela ne justifierait quand même pas la légalisation de l’avortement pour tous. En effet cela reviendrait à dire que pour éviter 1% d’injustices on accepte de pratiquer 99% d’injustices (les 99% d’enfants avortés bien que n’étant ni malades et ni issus d’un viol). Ce qui dialectiquement ne tient pas vraiment la route et relève de l’affront contre le bon sens.
11: On ne sait pas quand la vie commence donc l’avortement n’est pas si grave?
D’aucuns insinuent que nous ne savons pas quand commence la vie et que par conséquent l’avortement ne doit pas être considéré comme un meurtre. Peut-être, après tout, faut-il avoir une mémoire pour avoir droit à la dénomination « d’être humain »? Cela est faux car la vie de l’individu commence au moment même de la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde. Mais quand bien même ces personnes auraient raison, dans le doute, il faudrait à plus forte raison faire commencer la vie de l’être humain le plus tôt possible, au risque dans le cas contraire, d’ouvrir une brèche dans laquelle toutes les interprétations et tous les dérapages seraient possibles. Sans le savoir, leur position, donne des arguments en faveur du respect absolu de la vie dès la fécondation.
En effet si la vie ne commence pas au moment de la fécondation, alors quand commence-t-elle???
A partir de quel moment a-t-on le droit d’être protéger pour continuer à vivre?
Deux jours après la fécondation??
Ou bien deux mois après??
Six mois??
Ou bien deux heures avant la naissance???
Ou bien deux minutes après la naissance???????
A l’âge de deux ans, quand l’enfant dit ses premiers mots???
Ou bien à sept ans avec l’âge de raison quand l’enfant commence à se percevoir comme un être socio-culturel?????
Et pourquoi pas à l’âge de dix-huit ans quand il peut enfin voter???
Non, bien sûr que non. En réalité, la vie de l’individu commence au moment même où il reçoit la totalité de son patrimoine génétique unique, c’est-à-dire à la fécondation.
Nier cette évidence biologique équivaut à ouvrir une boite de pandore qui débouche irréversiblement sur l’instrumentalisation de l’être humain, sur sa « chosification ». Autrement dit, le début de l’enfer sur terre. S’il est possible de tuer les plus faibles et les plus innocents, alors tout est permis. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre la phrase de Mère Teresa quand elle a dit, qu’au fond, l’avortement était responsable de toutes les guerres.
(Annexe de mon essai « le complot inconscient »)
« Sans avortement, il n’y a pas de démocratie »
Dans un article du journal espagnol ABC (qui tire à plus de 300 000 exemplaires), Juan Manuel de Prada critique le fait qu’une majorité puisse avoir droit de vie ou de mort sur des citoyens innocents :
[…] Accepter que la décision d’une majorité puisse légitimer un crime revient à accepter que le crime ne puisse être défini objectivement. Lorsque l’on fait croire que l’avortement, ou tout autre crime, peut être interdit ou autorisé par de simples dispositions de « volonté populaire », on transforme le peuple lui-même en une organisation criminelle.
Et pourtant – objecterez-vous – ce renversement de Roe v. Wade a provoqué une grande colère et une grande amertume chez les défenseurs de l’avortement. Le système a besoin de créer des « antagonismes » grinçants afin de mieux s’implanter. Ce renversement de Roe v. Wade signifie que, dans quelques années seulement (dès que la Cour suprême aura une majorité progressiste, si cette éventualité n’est pas précipitée par une loi augmentant le nombre de ses membres), le « droit à l’avortement » sera encore plus ancré.
La démocratie libérale se nourrit finalement d’un principe émancipateur, selon lequel nous sommes d’autant plus pleinement humains que nous nous libérons de tous les liens qui « limitent » notre capacité de décision et empêchent notre « épanouissement personnel ». Après nous avoir « libérés » de ces liens (famille, propriété, communauté, foi religieuse), la démocratie doit nous donner quelque chose en retour, pour nous donner une illusion pathétique de « pouvoir ». Et, en l’absence de propriété d’enracinement, la démocratie libérale nous donne une propriété de déracinement, une propriété solipsiste sur le corps, transformé en un champ de mort de la vie en gestation, un supermarché pénis-vulve et un objet euthanasiquement jetable.
L’annulation de l’arrêt Roe v. Wade ne fera qu’accélérer ce processus de protection du « droit à l’avortement ». En attendant, des entreprises telles que Netflix, Disney, Tesla, Apple, Starbucks et Amazon ont déjà annoncé qu’elles prendraient en charge les frais d’avortement de leurs employés lorsqu’ils vivent dans des États qui l’interdisent. Subir un avortement est beaucoup moins cher pour ces entreprises que d’affronter un congé de maternité ; et surtout, c’est beaucoup plus bénéfique pour le système, qui a besoin que nous nous libérions de tous les liens qui nous unissent. Sans avortement, il n’y a pas de démocratie. C’est tout, les amis.
Il y a eu une belle manifestation pro-vie dimanche dernier à Madrid (on parle de 100 000 participants), tandis que le gouvernement socialiste souhaite retoucher la composition de la Cour suprême espagnole pour la rendre plus progressiste…
Esteban, 29 ans et souffrant d’un handicap, déclare lors de la manifestation :
« Ce qui n’est pas normal, c’est que la dernière loi sur l’avortement permette à une mineure de se faire avorter mais que, pour aller en voyage scolaire, elle doive demander la permission à ses parents ».
Et un autre :
« Nous protestons contre les lois qui ont été imposées contre la vie, contre la philosophie qui cherche à détruire la famille et à enlever l’innocence des petits ». Merci maman, j’aime vivre ».
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De l’importance d’un groupe parlementaire
Dans Présent, Bruno Gollnisch revient sur l’élection de 89 députés RN à l’Assemblée :
[…] Ainsi donc ce grand succès permettra au Rassemblement national de disposer d’un groupe important à l’assemblée, dont Marine Le Pen exercera la présidence. D’aucuns me demandent quelle différence cela fait d’avec la situation précédente où Marine et six autres députés siégeaient aussi à l’Assemblée nationale, mais comme non-inscrits, faute d’avoir atteint le seuil minimum pour constituer un groupe, qui est aujourd’hui de 15 membres. En réalité, la différence est considérable ; les groupes ont part au Bureau de l’Assemblée, qui en est l’organe directeur, et à ses diverses fonctions : Vice-présidents, questeurs, secrétaires, qui régissent l’institution. En fonction de leur nombre, ils disposent d’un droit préférentiel pour placer tel ou tel de leurs membres dans les commissions de leur choix, où ils peuvent prétendre à des présidences ou des vice-présidences. Pareillement pour les commissions d’enquête, les délégations parlementaires chargées des relations avec tel ou tel pays ou groupe de pays étrangers… Ils peuvent présenter des amendements en séance, imposer à intervalles périodiques la discussion d’une de leurs propositions de loi, déposer des motions d’irrecevabilité dans la discussion générale d’un projet de loi, exiger une suspension de séance, saisir le conseil constitutionnel (à partir d’un effectif de 60 membres), etc. ; toutes choses impossibles pour des députés non-inscrits.
Les députés RN Sébastien Chenu et Hélène Laporte ont été élus vice-présidents de l’Assemblée nationale.
La fin du gouvernement des juges
Dans Le Figaro, Frédéric Rouvillois, professeur de droit constitutionnel, souligne que, dans sa décision du 24 juin, la Cour suprême des Etats-Unis a inversé et non pas renversé la jurisprudence Roe v. Wade. Si ces juges l’avaient renversé, ils auraient entendu déduire du texte de la constitution l’interdiction de l’avortement – laquelle n’y figure pas plus que son contraire, le droit à l’avortement inventé de toutes pièces dans la décision de 1973 :
[…] On a évoqué plus haut la théorie du «droit vivant», qui sous-tendait l’activisme jurisprudentiel à l’œuvre dans la décision Roe ; de leur côté, les conservateurs désormais majoritaires à la Cour suprême défendent la doctrine inverse, dite «originaliste», selon laquelle le juge, lorsqu’il interprète la constitution, doit s’en tenir strictement à l’intention originelle des auteurs de celle-ci, c’est-à-dire à la signification qu’ils ont entendu donner au texte qu’il lui revient maintenant d’appliquer. En vertu de cette approche, le juge se dépouille volontairement du pouvoir créatif et proprement politique que lui attribue la théorie du «droit vivant» : il entend se situer, autant que possible, dans une stricte neutralité idéologique. Or, telle est bien la position de la Cour suprême lorsqu’elle constate, dans sa décision du 24 juin, qu’un «droit à l’avortement» ne figure pas dans le texte constitutionnel ; que par conséquent la décision de 1973 était manifestement erronée ; qu’il est donc légitime de revenir sur celle-ci ; et qu’enfin, il est conforme au droit de rendre aux États le pouvoir démocratique qui leur avait été enlevé en la matière.
Ceux qui se scandalisent de la décision du 24 juin ont ainsi le choix entre trois reproches, susceptibles d’être combinés les uns avec les autres: l’accusation de populisme, qui implique qu’une question de cette importance ne saurait être abandonnée à la décision du peuple, et surtout, du peuple des États supposés incultes et arriérés du sud et du centre des États-Unis ; l’accusation de conservatisme, la décision Dobbs étant censée opérer un «retour en arrière» de cinquante, de cent, voire de cent cinquante ans, intolérable rechute dans les ténèbres du passé ; et enfin l’accusation de complot, le président Biden faisant comme monsieur Jourdain du conspirationnisme sans le savoir, évoquant dans son allocution solennelle du 24 juin un attentat contre la jurisprudence Roe ourdi de longue date par des extrémistes manipulés.
Des reproches qu’explique peut-être l’émotion suscitée par la décision Dobbs mais qui, à leur tour, suscitent de nouveaux problèmes, notamment au regard du principe démocratique, du rôle attribué aux juges ou de la notion d’État de droit.
« La décision d’aujourd’hui », observe le juge Brett Kavanaugh dans l’explication qu’il donne de sa propre position, « replace la Cour dans une position de neutralité juridique sur la question de l’avortement, et restitue au peuple le pouvoir de trancher cette question à travers les procédures démocratiques établies par la constitution » ; « D’après mon jugement, sur cette question de l’avortement, la constitution n’est ni « pro-life », ni « pro-choice ». La constitution est neutre, et de la même manière, cette Cour doit être scrupuleusement neutre. La Cour aujourd’hui se doit de respecter strictement le principe constitutionnel de la neutralité judiciaire, et renvoyer la question de l’avortement au peuple et à ceux qu’il a élus comme ses représentants par un processus démocratique. »
En démocratie, c’est en effet au peuple de se gouverner lui-même, et de déterminer à quelles normes il entend se soumettre : il n’y a pas de raison juridique pour que la question de l’avortement fasse exception à la règle. C’est tout ce que la Cour suprême a entendu dire dans sa décision du 24 juin. Rien de plus, rien de moins.
Constitutionnalisation de l’avortement : liberté de vote pour les députés RN
Interrogée sur France Info à propos de la proposition de loi visant à inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution, Marine Le Pen a déclaré :
« La réalité, c’est que En marche effectue une diversion politique car il ne veut pas que le focus soit mis sur les préoccupations principales des Français aujourd’hui et leurs difficultés, qui est le pouvoir d’achat, qui est la sécurité, qui est l’immigration hors contrôle ».
Interrogée sur les prises de position de plusieurs députés du RN, comme Caroline Parmentier ou Hervé de Lépinau, Maine Le Pen ajoute :
« Il y a un mouvement politique, ce mouvement politique détermine une ligne politique qui est votée par les adhérents, c’est moi qui la porte depuis 10 ans » et « la ligne du mouvement est très claire : nous n’avons jamais remis en cause l’accès à l’IVG ».
« Chacun peut avoir son avis sur des sujets qui sont des sujets sensibles, des sujets de société, dont j’ai toujours dit d’ailleurs qu’ils devraient être réglés par référendum. […] Qu’il y ait des personnes qui ne se réjouissent pas de voir qu’il y a encore 200 000 avortements par an en France, c’est pas critiquable, personne ne peut se réjouir de cela ».
Sur la révision constitutionnelle :
« Pourquoi pas, mais si on ouvre une révision constitutionnelle, nous avons beaucoup de choses à y mettre, nous voudrons intégrer le droit des étrangers, nous voudrons y intégrer la suppression du droit du sol, nous voudrons y intégrer la modification des conditions d’accès à la nationalité française, nous voudrons intégrer la supériorité de la Constitution sur les textes internationaux ».
Dans un entretien au Figaro publié mercredi, Marine Le Pen précisait :
je pense que je laisserais à mes élus dans l’Hémicycle une liberté de vote. Même si je sais que la quasi-unanimité des députés votera sur la ligne du mouvement.



