C’est arrivé un 25 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 25 décembre 01 ( ?): naissance de Notre Seigneur Jésus Christ.
Date établie par l’Église Catholique pour commémorer la naissance du Christ, à Bethléem en Palestine. Cependant la date du 25 décembre n’a pas été choisie par hasard et les récentes publications scientifiques le démontrent. Le savant israélien Shermanyahu Talmon a publié une étude sur le calendrier de la secte juive de Qumran, où l’on retrouve le calendrier des services au Temple, que les prêtres assumaient à tour de rôle, au temps de la naissance de Jésus.
La famille d’Abias, à laquelle appartenait le prêtre Zacharie, père de St. Jean Baptiste (Lc 1,5) devait entrer en service deux fois l’an : du 8 au 14 du 3ème mois et du 24 au 30 du 8ème mois. Cette dernière date tombait à la fin de septembre. Il est donc logique que le calendrier byzantin fête la conception de Jean-Baptiste le 23 septembre, neuf mois avant sa naissance, le 24 juin. Les “six mois” dont il est question lors de l’annonce de l’ange coïncide bien avec la fête liturgique du 25 mars, trois mois avant la naissance du Baptiste, le 24 juin, et neuf mois avant le 25 décembre. Voilà qui donne une valeur historique au choix du 25 décembre pour la fête de Noël ! (revue “La Terre Sainte“, nov-déc 1999).
Benoit XVI, dans son livre l’enfance de Jésus, est moins affirmatif et souligne que la seule chose certaine est que la date est définitivement fixée au IV siècle de notre ère.
- le 25 décembre 496 : baptême de Clovis, Roi des Francs et de ses 3000 guerriers à Reims par Saint Rémi.
Afin de graver plus profondément l’importance d’un jour si sacré dans la mémoire des peuples chrétiens d’Occident, le Souverain Maître des événements a voulu que le royaume des Francs naquît le jour de Noël, quand, dans le Baptistère de Reims, au milieu des pompes de cette solennité divine, Clovis, le fier Sicambre, devenu doux comme l’agneau, fut plongé par saint Rémi dans le baptistère du salut, d’où il sortit pour inaugurer la première monarchie catholique parmi les monarchies naissantes sur les ruines de l’empire romain, ce royaume de France, le plus beau après celui du ciel, selon Sainte Jeanne d’Arc.
Les Israélites, ce Peuple à “la nuque raide”, comme les nomma YAHVE à Moise n’ont pas reconnu Jésus, le Fils de Dieu et le clouèrent sur une croix en disant : “Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants! “
Dieu va alors faire alliance avec un autre peuple. Franc veut dire “Homme libre”. C’est le peuple Francs qui est désigné, mais qui ne paraissait pas destiné à cette vocation. Les Francs n’avaient qu’un mince territoire à l’embouchure du Rhin. Leur chef était Clovis.
“O Dieu que Clotilde adore, j’implore ta protection si tu me donnes la victoire, je croirai en Toi et je me ferai baptiser”.
Levant son glaive vers le ciel Clovis fait ce pacte avec Dieu, alors qu’il repousse les Alamans à Tolbiac. La cause de la victoire du passé doit être aussi la condition de la victoire de l’avenir. Clotilde a prié pour sa conversion dans sa Chapelle au Frankenberg en Alsace durant la bataille de Tolbiac. C’est de ce haut lieu que ses prières, si ferventes, percent la voûte des Cieux et que Dieu l’entent. Clovis fait à Tolbiac un premier pas vers sa conversion, mais il est tenté de se faire arien. Celle-ci ne sera définitive que sur le Tombeau de St Martin à Tours. Ce grand évêque devient alors le patron de la France.
“Courbe la tète fier Sicambre : Adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré! “
Clovis, sa famille et ses 3000 soldats sont baptisés en la Nuit de Noël 496 par l’évêque Rémi de Reims. Une colombe, envoyée du Ciel, amène, dans son bec, une Ampoule de Saint Chrême, que le Seigneur avait “ratifié” pour l’onction royale. Tous les Rois de France ont été oint de cette huile bénie de ciel. Lorsque l’Eglise voit Clovis et ses Leudes dans la cuve baptismale et entend retentir la clameur immense des Francs, saluant “ROI” le CHRIST, Ses Entrailles tressaillent et Elle s’écrie : « VOILA MA FILLE AINEE ».
Clovis et Clotilde vont être sacrés Roi et Reine de France. Ce sont nos premiers Rois francs chrétiens. Le sacre est le lien qui unit le Roi à Dieu et le canal par lequel la puissance, l’assistance et le rayonnement de la Majesté divine se communiquent au Souverain, au moment où il devient l’Oint du Seigneur”.
Le Roi appartient à la France et la France appartient à son Roi, dont la royauté n’est autre ce celle du Christ Roi. Le Sacre fait du Prince un homme Ecclésiastique, Sa souveraineté apparaît comme une Fonction Sainte.
La main sur l’Evangile le Roi prête serment:
– Il promet avec le secours de Dieu de protéger l’Eglise, qui est commise à ses oins.
– de lui faire conserver la paix par le peuple chrétien.
– d’expulser du sol de France les hérétiques nommément condamnés par l’Eglise.
– de faire observer La Justice et la Miséricorde dans ses jugements.
Comme avec Moise sur la Sinaï, Dieu va faire alliance avec la nouvelle nation qu’il vient de choisir et dont le Roi sera son lieutenant. Clovis a fait un pacte avec Dieu à Tolbiac. Voici que le Seigneur vient lui répondre dans cette nouvelle Alliance qu’Il vient lui donner le jour même de son sacre.
C’est ce qu’on appelle le Pacte de Reims résumé ci-dessous dans cette phrase de St Rémi:
“Votre postérité gouvernera ce royaume : elle glorifiera la sainte Eglise et héritera de l’empire des Romains. »
Elle ne cessera de prospérer tant qu’elle suivra la voie de la vérité et de la vertu, mais la décadence viendra par l’invasion des vices et des mauvaises mœurs. C’est là en effet ce qui précipite la ruine des royaumes et des nations. Afin de le différencier des rois des autres nations, Dieu accorde un autre privilège au Roi de France, fils aîné de son Eglise. Celui de guérir les écrouelles. Cette maladie personne d’autre que le Roi de France ne pouvait la guérir.
Ce privilège se manifeste dès la cérémonie du sacre terminée. Le Roi touche alors chaque malade et dit :”LE ROI TE TOUCHE, DIEU TE GUERISSE”.
Les historiens racontent que Louis XIV a guéri plus de 2000 malades. On saisit mieux ainsi que les ennemis jurés de la religion aient tout fait pour détrôner la Royauté en France. Ils savaient que les liens étroits l’unissaient à l’Eglise, dont Elle était le soutien.
Il y a donc bien eut en cette nuit de Noël 496 un pacte conclu entre le Christ les Francs. Il ne s’agit pas moins, en l’occurrence, que de l’avènement du Règne du Christ-Roi sur la France, et par elle, sur les autres nations. Mais n’oublions pas qu’avant Reims tout a commencé grâce aux prières ferventes de sainte Clotilde au Frankenberg château des Francs. Cette montagne des Francs est donc bien le berceau de la mission de la France que Dieu choisit après le Mont Sinaï. Clovis meurt à l’âge de 45 ans, le 27 novembre 511. Sainte Clotilde devient par la suite le modèle des veuves chrétiennes. Elle finit ses jours dans sa dernière fondation près de saint martin à Tours. Elle meurt à l’âge de 70 ans. C’est le 3 juin 545 que sonne l’heure de la délivrance pour Clotilde.
Tiré du site SurlespasdesSaints :
http://surlespasdessaints.over-blog.com/article-32736526.html
- le 25 décembre 604 : bataille d’Étampes, Clotaire II vaincu par Thierry.
- le 25 décembre 795 : décès du pape Adrien Ier.
- le 25 décembre 800 : couronnement de Charlemagne, empereur d’Occident.
Charlemagne, Roi des Francs, est sacré empereur d’Occident, au cours de la messe de Noël de l’an 800, dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, par le Pape Léon III, puis acclamé par la foule. Le Pape s’agenouille devant le nouvel empereur. Charles, fils aîné de Charlemagne, est couronné le même jour roi de Neustrie. Charlemagne reste à Rome jusqu’aux Pâques 801, affirmant clairement sa souveraineté sur la Ville Eternelle. A 53 ans le Roi des Francs et des Lombards devient empereur d’Occident sur un empire qui s’étend de la mer du nord à l’Italie et de l’Atlantique aux Carpates. C’est à ce jour que Charles ajoute à son prénom magnus: le grand, le magnifique.
- le 25 décembre 875 :Charles le Chauve est couronné empereur d’Occident à Rome par le pape Jean VIII.
Charles II dit le Chauve est le petit-fils de Charlemagne, il est le fils de l’empereur Louis le Pieux Il est surnommé le Chauve, non en raison d’une calvitie, mais parce que le 5 mai 877, il se serait fait raser le crâne en signe de soumission à l’Église, et ce, malgré la coutume franque exigeant qu’un Roi ait les cheveux longs.
Voir les chroniques des 6 et 13juin, du 6 octobre 877.
En remerciement des services rendus à la papauté et notamment de l’élimination des Lombards, il reçoit du souverain pontife le titre inédit d’«Empereur des Romains».
- le 25 décembre 987 :Hugues Capet associe son fils Robert au trône de France.
Robert II le Pieux est sacré Roi de France à Orléans du vivant de son père comme le veut la tradition d’alors. Voir les chroniques du 27 mars et du 20 juillet.
- le 25 décembre 1003:élection du pape Clément II.
- le 25 décembre 1046:élection du pape Jean XVIII.
- le 25 décembre 1066 :couronnement de Guillaume le Conquérant et Mathilde de Flandre, roi et reine d’Angleterre, à l’abbaye de Westminster,
Après avoir défait Harold à la bataille de Hastings, le 14 octobre, et s’être emparé du trône, Guillaume de Normandie se fait couronner dans l’abbaye de Westminster (le jour de Noël 1066), ce que continuent de faire tous les souverains anglais depuis. Cependant, le nouveau royaume anglo-normand doit encore faire face à des difficultés : la conquête de l’Angleterre ne sera achevée qu’en 1070. Guillaume n’en reste pas moins un vassal du Roi de France pour les territoires normands.
- le 25 décembre 1100 :couronnement de Baudouin de Boulogne, premier roi de Jérusalem.
- le 25 décembre 1169 : mariage de Constance de Bretagne, avec le troisième fils du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt.
Constance de Bretagne, héritière du duc de Bretagne, Conan IV le Petit, est forcée d’épouser Geoffroy II, troisième fils du roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt, âgé de 9 ans. La Bretagne passe ainsi sous la coupe de l’Angleterre.
- le 25 décembre 1559 :Jean Ange de Médicis est élu pape sous le nom de Pie IV.
- le 25 décembre 1582 :adoption du calendrier grégorien par les Pays-Bas espagnols, le Danemark et la Norvège.
- le 25 décembre 1635 : Samuel de Champlain meurt à Québec, assisté par le jésuite Lalemant.
On lui doit la fondation de la très belle ville de Québec ; les Québécois le surnomme depuis le milieu du XIXe siècle, le surnom de « Père de la Nouvelle-France ».
- le 25 décembre 1683 : l’Espagne déclare la guerre à la France.
- le 25 décembre 1688 :le roi d’Angleterre Jacques II se réfugie en France.
- le 25 décembre 1757 :les Prussiens battent les Français à Leuthen.
- le 25 décembre 1792 : Louis XVI rédige son testament (en double), à la tour du Temple et en remet 1 exemplaire à Malesherbes, son avocat.
« Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre. Moi, Louis XVIe du nom, Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.
Je laisse mon âme à Dieu, mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père pour nous autres hommes, quels qu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l’Église catholique et les commandements de Dieu et de l’Église, les sacrements et les mystères tels que l’Église catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l’Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la sainte Église catholique donnent et donneront conformément à la discipline de l’Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, car je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence. Ne pouvant me servir du ministère d’un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fût contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l’Église catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du ministère d’un prêtre catholique, pour m’accuser de tous mes péchés et recevoir le sacrement de pénitence.
Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance, (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la charité d’unir leurs prières aux miennes pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je ne leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle ou par un zèle mal entendu m’ont fait beaucoup de mal.
Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme ; je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux. Je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Éternité. Je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.
Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.
Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ; qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les lois, mais en même temps qu’un roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.
Je voudrais pouvoir témoigner ici toute ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté, si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux ou à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuits que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements. Dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.
Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue que leur véritable attachement pour moi avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi. Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait en double, à la Tour du Temple, le 25 décembre 1792, »
- 25 décembre 1793 : le général Westermann déclare à la Convention :
« Il n’y a plus de Vendée, citoyen républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et les bois de Savenay, suivant les ordres que vous m’aviez donnés. J’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. »
(Histoire de la perversion de l’intelligence et des mœurs de François Marie Algoud, Editions de Chiré page 83)
- le 25 décembre 1916 :journée nationale en faveur du poilu. Joffre, le vainqueur de la Marne, est nommé maréchal de France.
- le 25 décembre 1991 :Mikhaïl Gorbatchev démissionne de son poste de «président » de l’Union Soviétique.
Le drapeau rouge est descendu du Kremlin. Le triomphe de la Vierge Marie est total, comme elle l’avait annoncé aux bergers de Fatima en 1917.
- le 25 décembre 2005 : le Pape Benoît XVI signe l’encyclique “Deus caritas est” (Dieu est amour).
L’encyclique est entièrement consultable ici :
http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/encyclicals/documents/hf_ben-xvi_enc_20051225_deus-caritas-est_fr.html
« Il n’y avait pas de place pour eux… »
A St-Germain-en-Laye des catholiques ont fêté Noël à la porte fermée d’une église par la volonté du pape François.
Baptisés sans droit, ils offrent ces petites vexations pour l’Église et le monde si bouleversés.
Puer natus est nobis !


De l’espoir à l’Espérance
De Stéphane Buffetaut, élu vendéen et ancien député européen, pour le Salon beige:
Beaucoup sont effarés par l’accélération de la dilution des sociétés occidentales : apostasie, négationnisme au sujet de tout ce qui fit la grandeur de notre civilisation, destruction de la langue, repentance, culpabilisation, honte de soi, effacement de la masculinité, refus de l’identité sexuée des êtres humains, négation de la différence ente l’être humain et les animaux, ruine de la Nation. Une sorte de folie nihiliste semble s’être emparée du monde occidental. Tous les repères, tout ce qui fait que l’homme est homme, enraciné dans son être, sa famille, sa culture et sa civilisation, son histoire, tout doit être détruit, absolument tout. Pour laisser la place à quoi ? Au néant, à l’individu aussi seul que totalitaire, à la guerre de tous contre tous, au rejet de ce qui nous est commun, de ce qui nous relie et nous uni. Un monde atomisé de pions anonymes n’ayant pour boussole que l’affirmation de leur moi et oubliant le nous. Le choix avait été posé par Paul Morand : « s’élever à la condition d’homme ou satisfaire ses instincts ». Les campus américains, dans un délire de déconstruction, ont donné le la et l’ouest du vieux continent, gavé et fatigué, suit le mouvement – Union européenne en tête, elle qui veut bannir jusqu’au nom de Noël ! Pourtant, l’homme est un animal religieux. Retirez-lui Dieu, reste l’animal. Et ses instincts. Ses instincts seuls. Dominateurs. Totalitaires.
En février 1968, André Malraux, lors de l’inauguration de la maison de la culture de Grenoble avait déclaré : « Or voici l’un des faits décisifs de notre siècle : la civilisation des machines et de la science, la plus puissante civilisation que le monde ait connue, n’a été capable de créer un temple, ni un tombeau. Ni, ce qui est plus étrange, son propre imaginaire. » Vrai hier, ce constat navrant se prolonge aujourd’hui dans une des plus effrayantes barbaries techniciennes jamais vue. On veut nous faire croire qu’il n’ y a plus ni hommes, ni femmes mais des individus indéterminés sans passé, sans culture propre, voués à un avenir incertain, condamnés à consommer et éventuellement produire, comme les vaches broutent l’herbe des prés et produisent du lait. Avenir radieux s’il en est. Certes pour le plus grand profit de certains qui rêvent de voir leur humanité augmenter ! S’ils en ont les moyens. Voici le temps de l’homme nouveau, affranchi des limites de la nature, passionné d’égalité mathématique, débarrassé de toute identité, entre le clone et le robot, pisté, contrôlé. Et qui, dérision suprême, se prend pour Dieu. Le grand illusionniste l’avait dit au commencement des choses : « vous serez comme des dieux ». Or qui se veut Dieu se retrouve monstre.
Alors, devant ce tourbillon de folies, de déraison et aussi de haine de soi et des autres, le courage peut fléchir, le découragement nous saisir. Tournons-nous alors vers une figure belle comme le jour, courageuse comme l’aube qui chasse les ténèbres. Jeanne. Jeanne qui nous dit : « Les hommes d’armes combattront et Dieu donnera la victoire. » Jeanne qui fait ainsi le pont entre l’espoir des hommes et l’Espérance de Dieu. C’est tout, sauf le renoncement. Mais c’est tout, avec l’abandon à la volonté de Dieu.
Et l’abandon, c’est cette famille qui cherche un abri car il n’y a plus de place à l’auberge. L’abandon, c’est cet enfant couché dans la paille dans une grotte à Bethléem. Mais c’est l’abandon à la douceur de Dieu. L’espoir de trouver un refuge s’est mué en Espérance car « une grande lumière s’est levée ». Levons-nous, nous aussi. Passons du désespoir à l’espoir, de l’espoir à l’Espérance. Bon et beau et saint Noël !
Tant qu’il y aura des personnes pour s’agenouiller dans la crèche, la chrétienté et la France n’auront pas dit leur dernier mot
De l’abbé Danziec dans Valeurs Actuelles :
Jésus, Marie, Joseph. L’image, par excellence, du foyer ardent et uni. Cette sainte famille – rejetée de tous, méprisée par la bien-pensance, pointée du doigt par les conformistes et réduite à l’isolement à l’extérieur de Bethléem – se trouve en mesure, une fois encore en ce Noël 2021, de réchauffer les cœurs abattus et de réconforter les âmes qui désespèrent. Telle a toujours été l’inattendue pédagogie de Dieu : laisser la liberté aux hommes de tomber bas, très bas même, jusqu’à ce qu’ils s’avilissent et fassent le mal, pour finalement confondre les superbes et les puissants par la médiation des petits et des sans grades. Goliath vaincu par David. Le roi Hérode déconfit par le Divin Messie. Les hordes anglaises stoppées par une jeune fille en armure. Les lubies soixante-huitardes pleines de condescendance rattrapées par la patrouille de la réalité au point de ne plus faire florès.
Tant qu’il y aura des personnes pour s’agenouiller dans la crèche, prier le petit Jésus et puiser dans la mangeoire des forces pour mener un combat à la fois spirituel et culturel, la chrétienté et la France n’auront pas dit leur dernier mot.
A l’heure où notre socle civilisationnel craque de toute part, la célébration de la naissance du Christ fourbit des armes de lumière. La crèche représente une citadelle d’espérance pour notre civilisation en danger. En son sein réside une chaleur communicative propre à allumer les contre-feux nécessaires face à la décadence. Du coup d’état démographique aux réductions dramatiques de nos libertés, de la destruction de la famille à l’effondrement de l’école, de la remise en cause de nos traditions au wokisme qui cherche à revisiter nos coutumes, oui nos permanences ont fait leur lit dans la paille de Bethléem. Revenir à la source n’est pas seulement une œuvre de piété, elle est une condition de notre continuité.
Qui pourtant, il y a plus de 2000 ans, aurait parié sur cette pauvre étable misérable, ouverte aux quatre vents ? Dans cette crèche, c’est la fidélité qui domine et la confiance qui maintient. La transcendance, les miracles, les vertus. L’union de tous, des CSP+ et des classes populaires, la farandole des mages et des bergers, qui savent que quelque chose de plus grand qu’eux domine leur existence : Jésus-Christ, le Sauveur tant attendu. Celui qui nous sauve de nos ennemis et nous préserve des faux-frères. Celui qui nous garde des dangers ou nous donne l’énergie pour les surmonter. Celui qui a vaincu la mort et qui nous rejoint dans nos pauvretés. Jésus, celui qui n’usait pas de cette maudite langue de buis qui étouffe l’authenticité de la Foi et aseptise le message de l’évangile.
Les progressistes de tout poil, aux périphéries du monde comme dans l’intérieur même de l’Eglise, voudraient nous voler notre joie. Noël ne serait pas assez inclusif. Le sapin avec ses guirlandes ? Un terrible danger pour l’avenir de la planète. Le foie gras ? Un crime contre la bienveillance animale. La crèche dans nos mairies ou nos magasins ? Une insulte à l’endroit de ceux qui ne croient pas. Les liturgies latines et grégoriennes, la messe traditionnelle de Saint Pie V ? Un affreux retour en arrière. Pourtant Noël, c’est tout cela et bien plus encore. L’allégresse du 25 décembre se décline aussi dans le chant de l’Adeste Fideles ou celui des Anges dans nos campagnes. La messe de minuit à minuit pile et la procession à la crèche. Le bonheur qui contamine la nef lorsque le prêtre dépose l’enfant Jésus dans la mangeoire. La compassion pour les jeunes enfants de chœur qui s’endorment sur leurs bancs. L’éclairage du sanctuaire à la bougie. Le chocolat chaud partagé sur le parvis. Les “ Joyeux Noël ! ” distribués comme autant de tendresses dont tout le monde est assoiffé.
Noël nous invite, tous et chacun, à revisiter nos racines et chanter la gloire de ce Jésus qui a mis le feu aux poudres de notre Rédemption. L’étoile des bergers a véritablement inauguré un monde nouveau. Un écosystème qui nous rappelle qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir, que la noblesse vaut mieux que la jouissance et que seul le pardon est capable de transfigurer nos désirs de vengeance. Un cadre évangélique enseignant que les choses ne valent que ce qu’elles coûtent, affirmant que si rien n’est sacrifié, rien n’est obtenu et soulignant que Jésus, dès sa naissance, a mis sa peau au bout de son exemple.
Noël, dans ses scintillements et ses recueillements, fait prendre conscience, à ceux qui savent encore s’émerveiller, que le divin Enfant a marqué le début d’une civilisation formidable et indépassable. Faite de héros et de saints. De courage et d’abnégation. De sacrifices et de prières. Une civilisation menacée qui reste à défendre, envers et contre tout. Pour nous-même et notre avenir. Et, surtout, celui de nos enfants.
Puer natus est nobis
Introït de la messe du jour de Noël chanté par les moines de l’abbaye de Ligugé.
Puer natus est nobis
Un enfant nous est né
Et Filius datus est nobis
Et un Fils nous est donné
Cuius imperium super humerum Eius
L’insigne de Son pouvoir est sur Ses épaules
Et vocabitur nomen Eius
Et on lui donnera pour nom
Magni consilii Angelus
Ange du Grand conseil
Cantate Domino canticum novum
Chantez au Seigneur un chant nouveau
Quia mirabilia fecit
Car Il a fait des merveilles !
Gloria Patri, et Filio, et Spiritui Sancto
Sicut erat in principio, et nunc, et semper,
in secula seculorum. Amen.
Puer natus in Bethleem
Puer natus in Bethleem,
Unde gaudet Jerusalem,
alleluia.
Refrain:
In cordis jubilo,
Christum natum adoremus
Cum novo cantico.
Assumpsit carnem Filius,
Dei Patris altissimus,
alleluia.
Per Gabrielem nuntium,
Virgo concepit Filium,
alleluia.
Tamquam sponsus de thalamo,
Processit Matris utero,
alleluia.
Hic iacet in praesepio,
Qui regnat sine termino,
alleluia.
Cognovit bos et asinus,
Quod puer erat Dominus.
alleluia.
Et Angelus pastoribus,
Revelat quod sit Dominus,
alleluia.
Reges de Saba Veniunt,
Aurum thus myrrham offerunt,
alleluia.
Intrantes domum invicem,
Novum salutant Principem,
alleluia.
De Matre natus Virgine,
Sine virili semine,
alleluia.
Sine serpentis vulnere,
De nostro venit sanguine,
alleluia.
In carne nobis similis,
Peccato sed dissimilis,
alleluia.
Ut redderet nos homines,
Deo et sibi similes,
alleluia.
In hoc natali gaudio,
Benedicamus Domino,
alleluia.
Laudetur sancta Trinitas,
Deo dicamus gratias,
alleluia.
C’est arrivé un 24 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 24 décembre : saints du jour français ou en France.
- St Delphin, évêque de Bordeaux († 403)
Saint Delphin, évêque, qui fut lié d’une grande amitié avec saint Paulin de Nole qu’il avait baptisé, et travailla énergiquement à arrêter les erreurs de Priscillien.Il meurt à Bordeaux, en 403.
- le 24 décembre 496 : prédiction de Saint Remi à Clovis faite la veille de son sacre à Reims.
La voici :
« Apprenez mon fils que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise romaine, qui est la seule véritable Eglise du Christ. Ce royaume sera un jour grand entre tous les royaumes de la terre ; il embrassera toutes les limites de l’Empire romain et soumettra tous les autres royaumes à son sceptre. Il durera jusqu’à la fin des temps. Il sera victorieux et prospère tant qu’il restera à la foi romaine et ne commettra pas un de ces crimes qui ruinent les nations. Mais il sera rudement châtié toutes les fois qu’il sera infidèle à son vocation. Vers la fin des temps un descendant des rois de France règnera sur tout l’Empire Romain. Il sera le plus grand des rois de France et le dernier de sa race.
Après un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le Mont des oliviers où il déposera son sceptre et sa couronne, et c’est ainsi que finira le Saint Empire romain et Chrétien. »
Sacré sur la tête, comme un évêque, avec un baume venu du ciel pour oindre Clovis, le Roi Très Chrétien était bien le premier souverain de l’univers ; il était d’ailleurs thaumaturge : on venait de toute l’Europe pour se faire guérir des écrouelles ou adénites tuberculeuses (dernier toucher est fait par Charles X le 31 mai 1825).
Telle était cette « religion de Reims » (Ernest Renan) qui remplissait les nations d’admiration. Après les divers évènements qui ont ponctué les deux derniers siècles, la cathédrale Notre-Dame et l’église Saint-Rémi, privée de son abbaye, ont beaucoup souffert. L’Etat a restauré au mieux ces bâtiments (allant jusqu’à rétablir la crête de fleurs de lys sur le toit de la cathédrale), ainsi que l’ancien palais archiépiscopal ou Palais du Tau (appelé ainsi dans un acte de Louis VII, en 1138). C’est dans la grande salle de ce palais qu’avait lieu le festin qui suivait le sacre. Ce palais contient un musée de la statuaire de la cathédrale et de son trésor, ainsi qu’un musée des sacres.
Pour ceux qui veulent poursuivre sur la question, voir sur
http://surlespasdessaints.over-blog.com/
Ce jour est aussi celui de la naissance de la France comme Nation, et comme Nation catholique.
- le 24 décembre 562 : consécration de la basilique Sainte Sophie.
L’empereur d’Orient Justinien, octogénaire, préside à la nouvelle consécration du chef-d’œuvre de sa vie, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople. La coupole, qui s’est écroulée le 7 mai 558, vient d’être rebâtie.
- le 24 décembre 640 : élection du pape Jean IV.
- le 24 décembre 1294 : élection de Benedetto Caetani comme pape, il prend le nom de Boniface VIII.
Boniface VIII est d’abord avocat et notaire du pape à Rome. Il obtient le chapeau de cardinal en 1281, et est élu pape le 24 décembre 1294 après la démission de Célestin V. Bien que son élection soit régulière, on l’accuse d’avoir poussé son prédécesseur, qu’il fait emprisonner pour éviter le risque de schisme, à se retirer. De même que Grégoire VII, ce pontife veut élever la puissance spirituelle au-dessus de la puissance temporelle, et prétend disposer des trônes ; il a de vifs démêlés avec l’empereur d’Allemagne, mais surtout avec Philippe le Bel en France. Le Roi fait appel au Concile et lui envoie une armée qui le fait prisonnier à Anagni. Il est arrêté en 1303, d’après les ordres de Philippe IV, qui voulait l’amener en France et le faire juger par un concile. Face à cette agression, le vieux pape se couvre de sa tiare, prend en main sa crosse et les clefs, et dit:
« Je suis pape, je mourrai pape ».
Tiré des mains des Français le 9 septembre par une révolte de la population d’Anagni, il tombe malade suite aux mauvais traitements qu’il a subis, et meurt au bout d’un mois à Rome le 11 octobre 1303. Il avait déclaré l’année 1300 jubilaire.
- le 24 décembre 1491 : naissance d’Ignace de Loyola, fondateur des Jésuites.
Ce noble militaire espagnol blessé au siège de Pampelune en 1521, passe sa convalescence à lire la vie des saints. Cette lecture le touche au point qu’il abandonne la carrière militaire et part en pèlerinage à Jérusalem. Suite à une apparition de la Sainte Vierge, qui dure une semaine, près de Manrèse il fonde en 1534, la compagnie de Jésus ou l’Ordre des Jésuites.
Pour tous ceux que l’ascétisme de ce saint rebute je conseille de lire un petit livre bibliographique sur Saint Ignace où la vie de se dernier est racontée de façon très vivante : Inigo de François Sureau, aux éditions Gallimard. Le caractère enflammé et fier de l’Espagnol est très bien décrit, ainsi que ses nombreux défauts. Cet exemple nous montre combien la sainteté est à la portée de tous.
- le 24 décembre 1539 : séjour de l’empereur Charles Quint au château de Fontainebleau.
Au cours de son voyage en France, qui dure jusqu’au 30 décembre, l’empereur s’arrête au château de Fontainebleau.
- le 24 décembre 1588 : assassinat, au château de Blois, de Louis II, Cardinal de Guise, archevêque-duc de Reims de 1574 à 1588, sur ordre du Roi de France Henri III.
Cet assassinat a lieu au lendemain de celui de son frère le duc Henri de Lorraine, chef de la sainte Ligue, au même endroit.
- le 24 décembre 1642 : Paul de Chomedey de Maisonneuve plante une croix sur le Mont Royal.
En décembre la petite colonie française est en grand danger. Les eaux du fleuve Saint-Laurent gonflent et la menace d’une inondation devient de plus en plus évidente. Maisonneuve promet que, si les eaux se retirent sans causer de dommages, il portera une croix sur ses épaules et ira la planter sur le Mont Royal. Comme, le niveau du fleuve baisse rapidement et Maisonneuve tient sa promesse. Voilà l’origine de cette croix qui domine le sommet du Mont Royal, sommet qui donne son nom à la ville Montréal.
- le 24 décembre 1770 : par un laconique billet, Louis XV ordonne au duc de Choiseul de se démettre de toutes ses charges et de se retirer sur ses terres tourangelles de Chanteloup.
Voir les chroniques du 21 juillet, du 6 août, du 18 novembre,
- le 24 décembre 1798 : la Grande-Bretagne et la Russie font alliance contre la France.
- le 24 décembre 1800 : le Premier Consul Bonaparte échappe à un attentat rue Saint-Nicaise à Paris.
Une machine infernale explose au passage de la voiture de Napoléon Bonaparte, rue Saint-Nicaise à Paris (par Cadoudal?).
- le 24 décembre 1802 : un arrêt organise la création des chambres de commerce dans vingt-deux villes.
Si l’Eglise catholique a avec le temps maillé notre territoire par les nombreuses églises et abbayes qui y furent construites ; la maçonnerie fait de même avec ces chambres de commerce et d’industrie qui permettent un discret contrôle de l’économie locale.
- le 24 décembre 1851 : naissance Édouard de Castelnau, général français.
Edouard de Castelnau entre à Saint-Cyr, puis rejoint le 31e régiment d’infanterie. Il participe à la guerre franco-prussienne en tant que sous-lieutenant. Petit à petit, il monte les échelons et en 1911, il est nommé premier sous-chef d’état-major général sur ordre du maréchal Joffre. Il s’illustre durant la Première Guerre mondiale en remportant des grandes batailles. Il devient ensuite député de l’Aveyron et préside la Fédération nationale catholique jusqu’à sa mort en 1944.
Voir la chronique du 04 novembre 2013, où sont décrits l’affaire des fiches et le rôle joué par le général de Castelnau pendant la Grande guerre et dans l’entre-deux-guerres.
- le 24 décembre 1898 : Louis Renault reçoit ses premières commandes.
En 1898, âgé de 21 ans, il construit sa première voiturette en ajoutant à un tricycle de Dion une quatrième roue, une transmission par cardan, et une boîte à 3 vitesses dont la troisième en ” prise directe ” selon sa propre invention. Le véhicule peut atteindre la vitesse de 50 km/h.
Lors du réveillon de Noël, il empoche ses 12 premières commandes fermes assorties d’un acompte de soixante louis d’or et décide alors de devenir constructeur d’automobiles. Quelques mois plus tard, il dépose le brevet de sa boite de vitesse à ” prise directe ” à l’origine de sa fortune et adoptée par tous les constructeurs automobiles de l’époque.
- le 24 décembre 1903 : la Commission de révision décide à l’unanimité qu’il y a lieu à révision du procès de Dreyfus à Rennes.
- le 24 décembre 1941 : les Forces françaises libres (FFL), prennent les îles de Saint-Pierre-et-Miquelon.
- le 24 décembre 1942 : assassinat à Alger, de l’amiral François Darlan, dauphin de Philippe Pétain, par Fernand Bonnier de La Chapelle.
Dans un livre cynique et vantard, les assassins de Darlan n’ont pas caché que l’ordre de tuer et l’argent nécessaire au crime étaient venus de De Gaulle lui-même, transmis aux exécutants par le comte de Paris (Mario Faivre, Nous avons tué Darlan, La Table ronde, 1975). Les conséquences dramatiques de cet assassinat ne vont pas tarder à se manifester, notamment par une affreuse escalade dans la guerre civile franco-française.
Suivent quelques témoignages de personnages au dessus de tous soupçons :
Voici le témoignage du général Chrétien (lettre reproduite dans la biographie de l’historien américain George E. Melton, Darlan (Éditions Pygmalion, Paris, 2002, p.281) :
« Ma conviction [de l’implication du Général De Gaulle dans l’assassinat de l’amiral] fut spécialement renforcée par le long entretien que j’eus avec de Gaulle en 1943, peu après son arrivée à Alger. Son accueil fut aimable, car nous avions eu d’agréables relations à la Défense nationale avant la guerre, j’y partageais ses idées et il savait que j’avais été un ardent partisan de la guerre au côté des Alliés.
Mais les banalités mondaines terminées, il en fut tout autrement quand nous abordâmes les problèmes du moment ; en particulier la mort de Darlan. Comme je dis : « L’Amiral a été assassiné par … », il m’interrompit brutalement : « Pas assassiné, exécuté ! » Puis il se livra à une diatribe furieuse contre Roosevelt, Murphy, les Américains « qui se sont jetés au cou de Vichy, qui m’ont traîné dans la boue, qui ont voulu m’écarter ».
Son exaltation ne faisait que croître, et, les bras en croix, les yeux exorbités, hagard, il traversait la pièce proclamant : « Je suis la France, je suis la France, et ceux qui ne sont pas avec moi sont contre la France ».
Muet, je subis une longue diatribe, au cours de laquelle il exhala une haine féroce pour tous ceux qui ne l’avaient pas rallié à Londres, officiers, fonctionnaires, bourgeoisie ; il avait à ce moment repris un ton normal bien que passionné ; mais lorsqu’il déambulait les bras en croix, j’ai cru avoir affaire à un fou, et je pense qu’il l’était par moments. »
Le témoignage de l’amiral Auphan (L’Honneur de servir, pp.427-428) :
« Pauvre cher Darlan ! Il avait des trous, notamment d’ordre spirituel ; mais il s’était fait progressivement à sa tâche politique, se grandissant lui-même à la mesure de ses responsabilités. Sans ses qualités de clairvoyance et de décision, jamais l’Afrique française ne serait repartie en guerre avec un tel élan. La Marine et la France lui devaient beaucoup […]. Moysset, qui était encore à Vichy, m’a raconté plus tard que le maréchal Pétain l’avait fait venir le lendemain, jour de Noël, et que, en tête à tête dans son bureau, il lui avait longuement pris les deux mains entre les siennes, sans rien pouvoir lui dire tant il était ému… »
Le témoignage de l’Amiral Leahy, ambassadeur des États-Unis à Vichy jusqu’en mai 1942 (Diary, VIII, p.67) :
« En ce lugubre jour de Noël pour moi, j’ai été incapable d’écarter de mes pensées la tristesse que doit éprouver Madame Darlan, dont le fils unique a été récemment victime de paralysie infantile, et qui vient maintenant de perdre son éminent mari, assassiné. Je crois que si nous, les Alliés, réussissons à écraser l’Allemagne, l’amiral Darlan ira rejoindre les cohortes des héros de l’histoire de France. »
Le témoignage de Robert Murphy, représentant personnel de Roosevelt – avec rang de ministre – en Afrique du nord française (Diplomat among warriors, Doubleday, 1964, p.140) :
« Je l’ai probablement mieux connu que les autres Américains, et de façon étrange, je me suis mis à l’aimer. J’ai été tout particulièrement frappé de l’habileté avec laquelle Darlan défendait les intérêts français. Bien qu’il fût en position de faiblesse […], aucun négociateur n’aurait pu obtenir plus de concessions pour la France. »
La tombe de l’Amiral dans le cimetière marin de Mers-el-Kébir, avant qu’elle ne soit martelée. Le cimetière a été systématiquement profané dans les années 90 : croix brisées, sépultures fracassées… En guise de remise en état, bien de loin de donner à nos marins une sépulture digne de leur sacrifice, le gouvernement français a fait disparaître tous les crucifix, a rasé les tombes pour les remplacer par des parallélépipèdes anonymes en béton…
- le 24 décembre 1942 : dans son discours de Noël radiodiffusé, Pie XII évoque “des centaines de milliers de personnes, qui sans aucune faute de leur part, et parfois pour le seul fait de leur nation ou de leur race, ont été vouées à la mort”.
- le 24 décembre 1979 : premier lancement de la fusée européenne Ariane.
François : Chaque fois que nous confondons communion et uniformité, nous affaiblissons et réduisons au silence la force vivifiante de l’Esprit Saint
Christophe Dickès, historien du catholicisme, publie une tribune dans La Croix, dans laquelle il exprime sa tristesse devant la sévérité dont fait preuve Rome à l’encontre des communautés traditionalistes. Extraits :
Léon le Grand écrivait à propos de la fête de Noël :
« Il n’est pas permis de donner place à la tristesse aujourd’hui (…). Personne n’est exclu de la participation à ce bonheur. »
En cette veille de la fête de l’Incarnation, la Congrégation pour le culte divin vient pourtant de plonger les communautés dites traditionalistes dans une grande tristesse et une incompréhension renouvelée.
Pire, ces dernières ont le sentiment d’être exclues de la communauté ecclésiale qu’ils chérissent par leur fidélité au siège romain, ceci depuis plus d’une génération et les fameux sacres de Mgr Lefebvre de 1988. Depuis le pontificat de Jean-Paul II et plus encore celui de Benoît XVI, les communautés attachées à l’ancienne messe bénéficiaient au sein de l’Église d’une hôtellerie. Après la publication par la Congrégation du culte divin d’un document sur l’application du Motu proprio Traditionis custodes, elles ne sont même plus sûres de bénéficier d’une étable…
[…]
Alors qu’on aurait pu s’attendre à une volonté d’apaisement, Rome s’engouffre dans un juridisme tatillon qui amène de nouvelles questions auxquelles les canonistes, que l’auteur de ces lignes a contactés, n’ont pas de réponses… De leur côté, les traditionalistes se posent légitimement des questions sur cet esprit romain qui privilégie la lettre et la loi plutôt que l’esprit.
N’est-ce pas le pape François lui-même qui fustige ceux qui n’ont d’yeux que pour la loi au détriment de la seule loi d’amour et de charité ? N’est-ce pas le Saint-Père lui-même qui disait à propos de l’enfant prodigue :
« Les circonstances qui peuvent nourrir la division et la confrontation sont nombreuses ; les situations qui peuvent nous conduire à nous affronter et à nous diviser sont indiscutables. (…) Le chrétien sait que dans la maison du Père, il y a beaucoup de demeures, seuls restent dehors ceux qui ne veulent pas prendre part à sa joie » (Rabat, 31 mars 2019) ?
En cette veille de Noël, les catholiques de tradition attachés au siège de Pierre souhaitent simplement participer à cette joie dans l’union plutôt que dans la division. […]
Mgr Roche, préfet de la Congrégation pour le culte divin, qui, dans un entretien récent, ne laisse aucune ambiguïté sur sa volonté de supprimer toute liturgie traditionnelle, ferait bien de lire le discours donné par le pape François hier à la Curie romaine :
La perspective de la communion implique, en même temps, de reconnaître la diversité qui nous habite comme un don de l’Esprit Saint. Chaque fois que nous nous écartons de cette voie et que nous confondons communion et uniformité, nous affaiblissons et réduisons au silence la force vivifiante de l’Esprit Saint au milieu de nous. L’attitude de service nous demande, je dirais même exige, la magnanimité et la générosité de reconnaître et de vivre joyeusement la richesse multiforme du peuple de Dieu ; et sans humilité, ce n’est pas possible.
Le fossé d’une méfiance déjà existante à l’égard du Saint-Siège se creuse de la part des Églises orthodoxes
Dans son entretien déjà mentionné, Mgr Schneider souligne que les mesures du Saint-Siège à l’encontre des traditionalistes constitue un terrible manquement à la parole donnée et diminue la crédibilité et l’intégrité du Saint-Siège, ce qui porte atteinte à l’oecuménisme :
Le document publié par la Congrégation pour le Culte Divin ne mentionne pas explicitement les Instituts ex-Ecclesia Dei. Or, il n’est pas certain que ces instituts et communautés puissent continuer à utiliser l’ancien Pontificale Romanum pour les ordinations mineures et majeures, et pour la célébration du sacrement de la confirmation selon le même Pontificale, dans leurs paroisses personnelles et dans les autres lieux où ils exercent leur apostolat. Le Saint-Siège doit tenir compte du fait que le même Saint-Siège, en érigeant ces Instituts, leur a donné la garantie qu’ils pourraient utiliser tous les livres liturgiques valides avant Vatican II. Le point névralgique à cet égard est la question des rites d’ordination. Si le Saint-Siège refusait à ces instituts et communautés les anciens rites d’ordination, il donnerait un exemple terrible de manquement à sa parole solennelle et diminuerait la crédibilité et l’intégrité du Saint-Siège également dans les relations œcuméniques avec les communautés non catholiques. Les communautés non catholiques observent et voient clairement que le Saint-Siège manque à sa parole envers un groupe de catholiques avec lesquels il était parvenu à une solution pacifique et réconciliatrice. Le traitement violent et perfide des catholiques attachés à l’ancienne tradition liturgique n’incitera certainement pas les communautés ecclésiales orthodoxes à se réconcilier avec le Siège apostolique.
Et il ajoute un peu plus loin :
De telles mesures de la part du Saint-Siège, qui témoignent clairement d’un mépris pour l’ancienne tradition liturgique, ne manqueront pas de creuser le fossé d’une méfiance déjà existante à l’égard du Saint-Siège de la part des Églises orthodoxes, en particulier des Russes-orthodoxes. Je me souviens avec émotion que, lorsque le pape Benoît XVI a publié le Motu Proprio Summorum Pontificum, qui a fait date et qui était magnanime, plusieurs prêtres et évêques russes-orthodoxes m’ont félicité. Un évêque orthodoxe a même proposé qu’une messe traditionnelle en latin soit célébrée régulièrement le dimanche dans notre cathédrale.
On ne sait pas si c’est lié, mais le 12 décembre, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a réagi aux propos tenus le 6 décembre par le pape François, dans l’avion qui le ramenait de son voyage en Grèce. Le souverain pontife avait alors déclaré : « je suis disposé à me rendre à Moscou. (…) Ma rencontre avec le patriarche Cyrille est à un horizon proche. » Le métropolite Hilarion a souligné :
« Personne ne parle de réunion des deux Eglises, car nos divisions sont très anciennes, les contradictions se sont accumulées ; les deux Eglises vivent leur propre vie depuis près de neuf siècles ». « L’unité est hors de question, mais ce qui serait envisageable, c’est que nous mettions fin à la situation de rivalité, de concurrence, d’inimitié, qui existe depuis de nombreux siècles ».
Bonnes nouvelles pour la famille
Les bonnes nouvelles de Luca Volontè :
Vie
- Irlande. Une représentation bipartisane de parlementaires présente un projet de loi, le projet de loi 2021 sur le soulagement de la douleur fœtale, afin de garantir les soins aux enfants qui survivent à un avortement.
- Royaume-Uni. Le gouvernement devra répondre devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, des politiques qui ont libéralisé l’avortement y compris les avortements également pharmacologiques. Traduire Downing Street en justice est une “préoccupation chrétienne”..
- Canada. Près d’une caserne de pompiers à Strathmore, en Alberta, le premier “berceau pour la vie” a été inauguré. Les “lits de camp pour la vie”, très populaires en Italie et aux États-Unis d’Amérique, constituent un environnement sûr et climatisé pour accueillir les bébés que les parents refusent d’accepter. Lorsque le bébé est placé à l’intérieur, une alarme se déclenche et le personnel d’urgence récupère immédiatement le bébé.
- États-Unis d’Amérique. Le feu vert donné par la Federal Drug Administration aux cliniques pour la distribution de pilules abortives par courrier n’aura aucun effet au Texas, où l’achat et la vente de“pilules tueuses” sont interdits.
- États-Unis d’Amérique. Le sénateur démocrate Joe Manchin critique le projet de loi “Build Back Better” de 2 000 milliards de dollars, qui pourrait être rejeté par le Sénat Fédéral. Manchin a réitéré son opposition au financement de l’avortement par des fonds publics, ce que prévoit cette loi.
Famille
- République tchèque. Seules les familles naturelles peuvent adopter des enfants : le Sénat de Prague rejette une proposition visant à modifier la loi qui empêche les couples de même sexe de s’inscrire à l’étranger pour adopter des enfants tchèques.
LGBT+
- Royaume-Uni. Une grande majorité d’Écossais s’oppose à la proposition du gouvernement d’autoriser le changement de sexe par une simple autodéclaration.
- Royaume-Uni. La Cour Suprême rejette la proposition d’introduire des passeports avec un troisième sexe, “neutre”, car cela remettrait en cause un système juridique fondé sur une distinction claire entre les hommes et les femmes.
Liberté religieuse
- États-Unis d’Amérique. Le gouverneur républicain du Dakota du Sud, Kristi Noem, a présenté un projet de loi visant à autoriser la prière dans les écoles publiques.
Liberté d’enseignement
- États-Unis d’Amérique. Une coalition de plus de 2 000 rabbins orthodoxes demande aux universités d’abandonner les programmes sur “la diversité, l’équité et l’inclusion” car ils encouragent l’antisémitisme.
Mgr Schneider : La violence et l’injustice du récent document du Saint-Siège auront un contre-effet. La tradition liturgique sera encore plus aimée et chérie
Extraits d’un entretien de Mgr Schneider donné à Diane Montagna de The Remnant le 22 décembre :
[…] Les nouvelles directives trahissent une » inflexibilité hostile « , pour reprendre une expression que le pape François a parfois employée pour mettre en garde les évêques (voir par exemple le Discours pour la conclusion de la troisième Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques, 18 octobre 2014). Nous avons affaire à un texte d’une inflexibilité inouïe et d’une uniformité rigide qui rappelle certaines sentences de l’Inquisition ou certaines réponses aux « dubia » des temps passés, qui se caractérisaient par un légalisme liturgique boursouflé. D’une manière froidement bureaucratique, ces nouvelles directives imposent des normes si impitoyables et discriminatoires sur la vie de tant de jeunes catholiques – prêtres et laïcs fidèles – qu’il ne serait pas surprenant qu’ils aient l’impression d’être torturés spirituellement, au ralenti.
Pour tout observateur objectif, le message clair que ces nouvelles directives envoient aux catholiques attachés à la liturgie traditionnelle est le suivant : « Avec votre expérience religieuse, vous n’êtes pas les bienvenus dans l’Église ! Votre expérience de la liturgie traditionnelle est fausse et inauthentique, vous vivez dans l’auto-illusion ! Il n’y a pas de pluralité liturgique dans l’Église aujourd’hui, car il n’y a qu’une seule expression unique de la lex orandi, et c’est la liturgie réformée. Il n’y a qu’une seule loi, et selon cette loi, vous devez mourir, c’est-à-dire que vous devez vous couper de la liturgie de vos ancêtres et des saints ! ».
Les auteurs de ces nouvelles directives ont manifestement oublié le principe suivant énoncé par le Concile Vatican II : « Même dans la liturgie, l’Église ne veut pas imposer une uniformité rigide dans les matières qui n’impliquent pas la foi ou le bien de toute la communauté » (Sacrosanctum Concilium, 37). Les nouvelles directives annulent ce que le pape François a dit : » Le discernement… est un processus créatif qui ne se limite pas à l’application de schémas. Il est un antidote à la rigidité, car les mêmes solutions ne sont pas valables partout. » (Discours aux évêques ordonnés au cours de l’année écoulée, 14 septembre 2017).
De nombreux évêques catholiques ont donné une interprétation libre et assouplie de Traditionis Custodes. Les nouvelles directives suggèrent fortement que le Saint-Siège serre maintenant la vis pour s’assurer que les évêques se conforment à la « direction » indiquée par la Congrégation pour le culte divin. Quel est votre message à vos frères évêques ?
J’encourage mes frères évêques à être véritablement des bergers et à faire preuve de « charité créatrice » envers leurs fidèles, qui ont grandi dans l’ancien rite romain ou qui ont fait une rencontre décisive avec Dieu grâce à cette forme de liturgie de l’Église. En effet, le pape François a souvent demandé aux évêques de faire preuve de créativité pastorale à l’égard des personnes qui sont marginalisées et dont les aspirations religieuses sont mal jugées. De nombreux fidèles attachés à l’ancienne forme liturgique romaine, notamment les plus jeunes, sont loin de s’engager dans des polémiques ecclésiastiques et liturgiques concernant Vatican II et le Novus Ordo. Par conséquent, en tant que véritables bergers, les évêques devraient trouver des solutions créatives afin que ces fidèles ne soient pas ghettoïsés et traités comme des catholiques de seconde zone. Les évêques pourraient appliquer le principe moral de l’épikeia, selon lequel une loi n’est pas observée, en tout ou en partie, au nom d’un bien supérieur.
[…] Les évêques ont le droit de résister avec révérence et prudence à ces mesures, car elles nuisent clairement au bien de toute l’Église, en abolissant presque entièrement une expérience liturgique millénaire qui s’est avérée fructueuse. L’effacement pur et simple du grand trésor de rites liturgiques contenus dans le Pontificale Romanum, y compris les rites théologiquement et liturgiquement riches des Ordres majeurs et mineurs, le rite de la Confirmation et les diverses consécrations (comme celles des autels, des églises et des vierges), accumulés par l’Église romaine non pas sur seulement cinquante ans, comme c’est le cas des rites liturgiques réformés, mais sur un millénaire, est préjudiciable à l’Église tout entière. Ceux qui détiennent actuellement l’autorité à Rome – dont le mandat est relativement court par rapport aux deux mille ans d’histoire de l’Église – ne peuvent pas se comporter comme s’ils étaient les propriétaires exclusifs d’un trésor liturgique millénaire de l’Église. De plus, une majorité considérable de catholiques exemplaires, attachés à la liturgie traditionnelle, et qui ne manquent en rien de fidélité au pape actuel et à leurs propres évêques, sont ouvertement calomniés et discriminés. Les évêques – et en premier lieu les membres du sacré Collège des Cardinaux – devraient exprimer leurs préoccupations au Pape, en l’alertant sur le grand préjudice et l’injustice flagrante qui sont commis contre un groupe considérable de bons catholiques. […]
Comment résoudre ce problème ? Que doit-il se passer pour que ces guerres liturgiques, dont les catholiques traditionnels disent qu’elles ont été à nouveau enflammées par ces derniers documents, prennent fin ?
Nous devons garder à l’esprit que les actes violents ne durent pas longtemps. La violence et l’injustice faites à un groupe considérable de fils et de filles modèles de l’Église, par le récent document du Saint-Siège, auront un contre-effet. La tradition liturgique sera encore plus aimée et chérie. Certains prêtres et fidèles seront contraints à une vie de « messes de catacombes ». Mais ils ne doivent pas se décourager ni s’aigrir. La Divine Providence a permis cette épreuve douloureuse, dans laquelle nous voyons les autorités du Saint-Siège persécuter les bons catholiques qui sont attachés au trésor liturgique millénaire de l’Église romaine. Ils doivent continuer à aimer le Pape et leurs évêques et augmenter leurs prières et leurs actes de réparation et de pénitence, en implorant humblement Dieu pour qu’Il ouvre les yeux du Pape et des évêques et fasse naître en eux l’estime et l’amour pour le trésor de ces anciennes traditions liturgiques. Que le Pape François et beaucoup d’autres évêques se souviennent de la joie des jours de leur enfance et de leur jeunesse, lorsqu’ils ont entendu, ou prononcé eux-mêmes, ces mots émouvants et toujours jeunes : « Introibo ad altare Dei, ad Deum qui laetificat iuventutem meam !« , c’est-à-dire « J’irai jusqu’à l’autel de Dieu, du Dieu qui réjouit ma jeunesse ! ». Nous espérons fermement qu’un jour, le Pontife romain lui-même prononcera à nouveau ces mots au pied de l’autel de la basilique Saint-Pierre de Rome.
« La liturgie traditionnelle, c’est notre être même ! »
A la veille de Noël, le RP Louis-Marie de Blignières, fondateur et prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, adresse un message aux amis de la communauté revenant sur les responsa publiées samedi 18 décembre dernier et sur le Motu Proprio.
Chers amis,
En cette attente fervente du Sauveur, je sens le besoin de venir m’entretenir avec vous d’un sujet qui nous préoccupe tous. Je le ferai avec les paroles qui sortiront d’un cœur de prêtre qui a célébré avec un profond bonheur depuis plus de quarante-quatre ans la messe traditionnelle.
Une question nous est posée depuis le Motu proprio Traditionis custodes du 16 juillet 2021 et les Responsa ad dubia de la Congrégation pour le culte divin du 18 décembre 2021 : ne faudrait-il pas que les Instituts Ecclesia Dei adoptent, comme on les y invite, la célébration de la messe et des sacrements selon le missel et les rituels réformés par Paul VI ? Autrement dit, que ces Instituts entament un processus d’abandon des livres liturgiques antérieurs à la réforme de 1969 ?
Comme fondateur de l’un de ces Instituts, je répondrai spontanément : « La liturgie traditionnelle, c’est notre être même ! » Nous demander de l’abandonner, c’est nous recommander de tuer ce qui a façonné notre être spirituel depuis des décennies. La liturgie traditionnelle latine relève d’ailleurs de la richesse immémoriale de l’Église, qui ne peut disparaître, car elle fait partie de son patrimoine indisponible. Vouloir l’éliminer du « périmètre visible de l’Église catholique » (comme disait Jean Madiran), c’est une opération impossible, parce que contradictoire avec l’essence de la Tradition. Enfin, pour nous qui avons fait des vœux selon des Constitutions imprégnées de liturgie traditionnelle, c’est nous inviter à rejeter « la forme en laquelle Dieu nous veut saints », comme dit sainte Élisabeth de la Trinité à propos de sa Règle.
En restant fidèles à nos vœux, nous sommes dans la pleine obéissance à l’Église. La Constitution apostolique Pastor Bonus du 28 juin 1988 précise en effet en son article 107 : la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique « veille à ce que les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique se développent et progressent dans l’esprit des fondateurs et les saines traditions, à ce qu’ils poursuivent fidèlement les fins qui leur sont propres et contribuent efficacement à la mission de salut de l’Église. »
Or, l’esprit des fondateurs et les fins propres, qu’est-ce que c’est pour nous ? C’est la fidélité au Siège apostolique intimement unie avec l’attachement à la tradition latine, pour la spiritualité, l’apostolat, la liturgie, et la discipline [1]. C’est notamment la faculté d’user des livres liturgiques en usage en 1962. L’abandon de ces expressions dans le domaine crucial de la liturgie serait pour nous contraire à l’obéissance et à l’esprit de l’Église.
Il y a une autre raison pour laquelle cet abandon est impossible : l’honneur du Saint-Siège. À propos de prêtres et de fidèles respectueux de l’autorité hiérarchique, mais pour qui la réforme liturgique constitue une réelle difficulté, le Saint-Siège a assuré : « Toutes les mesures seront prises pour garantir leur identité dans la pleine communion de l’Église catholique »[2]. Il a inscrit ces dispositions dans les Décrets d’érection de nos Instituts, et il a confirmé nos Constitutions. Ces textes solennels explicitent clairement notre attachement aux pédagogies traditionnelles de la foi, notamment en matière liturgique. Selon le principe « pacta sunt servanda »[3], l’Autorité suprême de l’Église ne peut revenir sur la parole donnée.
Un tel abandon des spécificités liturgiques est d’ailleurs impossible, je l’ai déjà évoqué plus haut, pour les membres de nos Instituts. Les religieux, religieuses et prêtres engagés dans nos Instituts ont prononcé des vœux ou émis des engagements selon la spécification des Décrets d’érection et des Constitutions, qui les attachent aux formes liturgiques de la tradition latine antérieure. C’est de cette manière que, confiants dans la parole du Souverain Pontife, ils ont donné leur vie au Christ pour servir l’Église. Selon le droit naturel et la théologie classique de l’obéissance, ce qui serait contraire à cette spécification essentielle ne saurait par conséquent les lier [4].
Enfin, un tel processus de mutation liturgique constituerait un grave dommage pour un nombre important de fidèles. Déjà ils ne comprennent pas les restrictions apportées à la célébration de la messe traditionnelle. Leur désarroi face à la perte de cette liturgie qui nourrit leur vie intérieure serait immense. Et comment pourraient-ils accepter de voir traiter ainsi, à l’encontre de leur conscience éclairée et appuyée sur la parole des Pontifes précédents, des centaines de prêtres, de religieux et religieuses, de séminaristes, qui sont restés fidèles à la hiérarchie catholique depuis trente-trois ans, parfois au prix de grands sacrifices ?
La fidélité à la liturgie traditionnelle, c’est pour nous un devoir et la joie de contribuer ainsi à notre rang « à la mission de salut de l’Église »[5].
Que l’Enfant de la Crèche et sa Mère Immaculée vous bénissent, mes chers amis, et vous gardent dans l’Espérance !
RP Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier
[1] Le Motu Proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988 mentionne ces expressions de la tradition latine antérieure au nn. 5a, 5b et 6a.
[2] Note d’information du Saint Siège du 16 juin 1988, Documentation Catholique, n° 1966, p. 739.
[3] « Les conventions doivent être respectées ».
[4] Cf. Code de droit canonique, canon 601, et saint Thomas d’Aquin, Somme de théologie, II-II, q. 104, a. 5, ad 3.
[5] Constitution apostolique Pastor Bonus, article 107.
Chroniques du Docteur Dor
Communiqué de SOS Tout-Petits :
Un livre à offrir, après « Le crime contre Dieu » : Combats contre la pesanteur du Docteur Xavier Dor (Presses de la Délivrance).
Notre Président d’Honneur avait presque terminé ce livre lorsqu’il quitta ce monde. C’est une compilation d’articles qu’il a écrits, et qu’il a soigneusement complétée par quelques nouveaux textes de lui en y introduisant aussi des articles de notre Président, le Docteur Philippe Piloquet, comme une transition.
Les deux préfaciers, Jean de Viguerie et notre Vice-Président d’Honneur, le Docteur Luc Perrel, ne sont plus de ce monde.
Madame Raphaèle Dor, fille du Docteur Dor, à qui nous devons que cet ouvrage passionnant soit terminé et qu’il paraisse, donne, en postface, une courte biographie.
C’est pour nous un appel à poursuivre… « Continuez votre bonne bataille ! » avait dit le saint pape Jean Paul II.
Jacques Bay,
Vice-Président de SOS Tout-Petits
Le livre est disponible au prix de 22 € dans les librairies Duquesne Diffusion à Paris (01 45 55 87 55), Dobrée à Nantes (02 40 69 84 84), aux éd. de Chiré (05 49 51 83 04), et sur Livres en famille.
Écrivez massivement au Pape
La Voie romaine encourage à écrire au pape :
Face à l’incompréhensible, les fidèles dont la foi est nourrie par ce rite doivent se faire entendre !
Plus que jamais nous faisons appel à votre amour de la messe et de l’Église. Écrivez massivement au Pape, pour témoigner de ce double amour, de vos engagements dans la mission de l’Église et des raisons de votre attachement au rite tridentin.
À l’occasion de Noël, parlez de La Voie romaine en famille et avec vos amis !
Écrivez au Pape, faites écrire vos adolescents, vos amis, toutes vos familles. Que chaque catholique entre dans l’année 2022 avec une missive adressée au Saint-Père, que nous nous engageons à faire porter à Rome.
Au regard du succès de notre entreprise, des nombreuses lettres déjà reçues, des témoignages de foi sublimes que vous avez accepté de partager, nous avons décidé de repousser l’échéance de l’envoi des lettres.
Dans le cadre du « synode sur la synodalité », notre démarche visant à porter la voix du peuple de Dieu par nos mères de prêtres pourrait être reçue par le pape François. Alors, il n’y a plus à hésiter : écrivez, écrivez et faites écrire une lettre à tous vos proches et amis !!!
Le berceau du christianisme bientôt privé de chrétiens ?
Tribune de Jean-Frédéric Poisson pour Le Salon beige :
La question de la survie des chrétiens d’Orient est plus préoccupante que jamais et mérite d’être soulevée par des responsables politiques. Notre famille de pensée n’a jamais cessé d’affirmer son soutien à la cause des chrétiens d’Orient, même lorsque leur sort tragique n’intéressait personne. Ces populations sont, en outre, confrontées de plein fouet à la menace islamique, précisément la même menace qui se développe sûrement, lentement, sur notre propre territoire, bien que ce soit à un niveau moindre pour le moment.
Ainsi y a-t-il des minorités persécutées qui défrayent tous les jours la chronique à l’instar des Kurdes ou des Ouïghours. D’autres, au contraire, n’ont pas le droit, dans le vingt heures, à notre compassion. Ou très rarement. C’est le cas des chrétiens dont la place est notamment contestée en Orient, pourtant véritable berceau du christianisme. À travers cette région du monde, et même au-delà, nous assistons impuissants à leur recul. Démographiquement d’abord : en Syrie les chrétiens ne représentent plus que 2% de la population alors qu’ils étaient 25% après la Deuxième Guerre mondiale[1]. En Irak, leur population est passée, en vingt ans, de 6 à 1%[2] à la suite des persécutions. La place des chrétiens libanais à leur tour, est contestée avec des menaces venant du Hezbollah[3]. Culturellement ensuite : dans la région de Chahoumian, les Arméniens ont dû déplacer les stèles, les livres liturgiques et les objets d’art précieux loin du monastère de Dadivank, pour éviter leur destruction par les Azéris musulmans. Idem pour les manuscrits anciens de la plaine de Ninive en Irak. À l’heure où le monde entier n’a que le mot « islamophobie » à la bouche, il est donc nécessaire de remettre cette autre communauté moins bruyante, moins revendicatrice sur le devant de la scène. En effet, les chrétiens constituent la communauté la plus persécutée dans le monde[4]. Notre civilisation a pourtant été façonnée par cette religion pendant plus de mille ans. Des cathédrales au chant grégorien, du droit romain à la chevalerie, le christianisme irrigue nos mœurs, notre culture, notre art, et nos traditions. Ne croyons pas, d’ailleurs, que l’Islam conquérant s’arrêtera à ces régions. Ce qui arrive à des pays chrétiens comme l’Arménie avec le Haut-Karabakh ou bien le Liban fragmenté par ses diverses communautés pourrait très bien arriver aux nations européennes, et en particulier à la France, dans les décennies à venir. Le Kosovo, aux marches de l’Europe, peut déjà en témoigner.
Il s’agit en fait d’un seul et même conflit où s’affrontent deux visions du monde antagonistes : d’un côté notre propre civilisation, porteuse d’une vision unique de la dignité humaine et de la liberté, en recul depuis des siècles avec l’effacement progressif des communautés chrétiennes du pourtour méditerranéen, du Caucase et des Balkans. D’un autre côté la civilisation islamique qui prétend imposer ses usages, ses coutumes, sa langue sacrée et ses lois aux pays où elle s’implante. Aux avant-postes de l’Occident, l’Arménie, le Liban et la Serbie sont autant de zones tampons qui entravent l’avancée de l’Islam conquérant. Leur effacement est le prélude à notre propre extinction par la libanisation. Quant à ceux qui contestent l’existence d’une guerre de civilisation et prétendent qu’il n’y a, dans toutes ces régions chrétiennes historiques, rien de plus qu’une simple lutte de territoires, qu’ils regardent les tombes arméniennes brisées et outragées, qu’ils contemplent les corps déchiquetés par les attentats islamiques lors des messes de Noël en Irak[5], qu’ils constatent le nettoyage ethnique mis en place par les Albanais musulmans sur les Serbes orthodoxes ou les catholiques romains à Mitrovica[6]. Ce ne sont pas seulement les terres, mais bien la Chrétienté elle-même qui est attaquée.
Il est urgent de soutenir ces communautés persécutées pour qu’elles se maintiennent sur ces territoires, à la place qui leur revient de droit. À la suite de saint Louis qui s’était déclaré leur protecteur dans la charte du 24 mai 1250, reprenons le flambeau : comme les membres d’une même fratrie s’entraideraient, sauvons les chrétiens d’Orient d’une extinction qui se dessine lentement, noyée sous le silence coupable de nos responsables politiques.
Jean-Frédéric Poisson
Président de VIA | la voie du peuple
[1] Aleteia, « En Syrie, la population chrétienne ‘risque de s’éteindre’ », le 30/01/2019.
[2] Le Point, « Le pape conclut sa visite historique en Irak devant des milliers de fidèles », le 07/03/2021.
[3] Ouest France, « Liban. Le Hezbollah menace le parti chrétien et affirme disposer de 100 000 combattants », le 18/10/2021.
[4] Valeurs Actuelles, « Les chrétiens, communauté la plus persécutée au monde », le 31/12/2021.
[5] La Presse, « Irak : attentat meurtrier pendant une messe de Noël », le 25/12/2013.
[6] Bénédicte Tratnjek. « Le nettoyage ethnique à Mitrovica : interprétation géographique d’un double mouvement forcé », bulletin de l’Association de géographes français, Association des Géographes Français, 2006, pp.433-447.
Noël
De Bernard Antony :
Chers amis de Chrétienté-Solidarité, de l’Agrif, de la revue Reconquête et aussi de l’irremplaçable Salon Beige qui nous héberge si souvent et si amicalement,
A vous tous et à vos proches, je souhaite pour les jours qui viennent de très bonnes heures de joie familiale et chrétienne dans la lumière de Noël.
Puissiez-vous dans vos prières vous unir à tous les chrétiens qui sont dans le monde, persécutés pour leur foi dans le Christ, notamment par la cruauté du totalitarisme islamique mais aussi par les institutions dévoyées d’une Union Européenne dévoyée propageant toujours plus un athéisme répressif, la culture de mort et la haine des peuples fidèles aux promesses de leurs baptêmes.
Que vos prières montent aussi pour les fidèles catholiques chinois abandonnés, persécutés, trahis par les plus hautes autorités de l’Eglise de Rome.
Nous penserons enfin à Samuel Dufour et Esteban Murillo qui passeront encore un Noël en prison où un inique jugement en appel les a, à nouveau, renvoyés pour plusieurs années.
Ayant été agressés dans une embuscade par une meute de nombreux « antifas », ces deux jeunes gens menacés et attaqués parce que décrétés fachistes, s’étaient efforcés de se défendre contre l’assaut au cours duquel, malheureusement, l’agresseur ultra gauchiste, Clément Méric, avait glissé et heurté le trottoir après avoir reçu le coup de poing de légitime défense d’un Esteban submergé.
I-Média : bilan de l’année 2021
Pour cette fin d’année, Jean-Yves Le Gallou – en l’absence provisoire de Jules Blaiseau – fait le bilan des grandes tendances culturelles et médiatiques de 2021 : la folie du wokisme, l’explosion du nombre de médecins de plateaux télés, le déferlement de propagande etc…
Un numéro hors-série de “I-Média” qui vient clore une année de réinformation et de dénonciation des mensonges médiatiques. Une année 2021 riche en bobards. Des bobards qui seront en compétition le 7 février prochain à Paris lors de la 13ème soirée des Bobards d’Or.
Jusqu’à quand abuseront-ils ne notre patience ?
De Stéphane Buffetaut, élu vendéen et ancien député européen, pour le Salon beige:
Quels sont donc les ressorts de la politique sanitaire du gouvernement français face à l’épidémie de COVID ? La peur, le chantage, la stigmatisation, la délation, l’exclusion, l’infantilisation. Un chef d’entreprise qui dirigerait son entreprise avec ces moyens se retrouverait aussitôt au conseil des prud’hommes. Des parents qui agiraient ainsi avec leur famille seraient conduits au tribunal pour enfants.
De volte-face en dissimulation, le gouvernement accumule les décisions liberticides. Monsieur Véran indique qu’il veut empêcher les non vaccinés d’avoir une vie normale. Et personne ne bronche. La formule, à elle seule, aurait dû soulever l’indignation mais les Français sont tétanisés par la peur instillée depuis des mois par les autorités publiques et les divers comités de défense ou scientifique.
Que l’on vaccine les personnes vulnérables, c’est évidemment nécessaire. Que l’on cherche à contrarier la diffusion du virus, c’est bien sûr sage et utile. Mais qu’on remplace le laisser-passer sanitaire par un laisser-passer vaccinal est absurde. Nous savons aujourd’hui que la vaccination empêche ou diminue les cas graves, mais qu’elle ne réduit que faiblement la transmission, entre 30 et 40%. Ce qui est donc vraiment efficace pour lutter contre l’extension de l’épidémie, ce sont évidemment les tests. Or leur usage est devenu plus difficile parce que payants et bientôt inutiles ! Nous nageons en plein délire.
Rappelons aussi que l’âge moyen des personnes décédées est de 82 ans, que 50% des morts ont plus de 85 ans et que l’espérance de vie est de 79 ans pour les hommes et de 85,5 ans pour les femmes (une inégalité femme/homme dont on ne parle jamais). Le taux de létalité de la COVID, c’est-à-dire le nombre de morts par rapports aux nombre de personnes infectées, serait de 1,15% dans les pays riches qui sont vieillissants (l’Institut Pasteur estime le taux de létalité réel à 0 ,7% en France), et de 0,23% dans les pays pauvres où la part de la population jeune est élevée. Le facteur d’âge est très important et la protection la plus grande possible de nos ainés est nécessaire car la tranche d’âge des principales victimes est 75 ans et plus.
Dès lors, pourquoi vacciner les enfants à partir de cinq ans puisque cette vaccination empêche peu la transmission ? Surtout lorsque l’on connait mal les effets à long terme de ces nouveaux vaccins sur les enfants, alors que la seule vraie garantie contre la transmission reste les tests et les gestes de prudence. N’y a-t-il pas là une forme d’égoïsme et de trouille malsaine de la part de certains adultes ? Quoi de plus choquant que d’entendre le ministre de la Santé déclarer d’un air satisfait que la vaccination était désormais ouverte aux enfants de cinq ans, comme si c’était un cadeau de Noël. Ce même ministre qui persiste et signe dans sa politique de fermeture de lits dans les hôpitaux !
Aujourd’hui, on nous alarme en parlant du fort taux de contagion du nouveau variant. Mais ce qui est important, c’est la dangerosité. Si ce virus s’affaiblit, devient moins virulent, comme semble le montrer l’évolution en Afrique du Sud comme au Royaume-Uni et comme l’avait prédit bien des épidémiologistes, pourquoi cette panique générale, cet affolement?
On ne peut que s’interroger sur les raisons de cette politique absurde. Crainte d’une éventuelle responsabilité pénale ? Volonté trouble de favoriser les big pharma et les GAFAM qui tirent grand profit de cette crise ? Détermination à « ré-imaginer et réinitialiser notre monde » pour employer les termes de Klaus Schwab et Thierry Malleret (le fondateur et l’ancien directeur du forum économique mondial) dans une vision internationaliste, libérale du monde et déconstruite de la société ?
Quoi qu’il en soit, les atteintes aux libertés fondamentales, à notre art de vivre, la volonté de l’administration de régenter toute notre existence sont plus qu’inquiétantes. Il y a là comme un tropisme totalitaire latent qui pourrait s’appliquer à d’autres domaines que la santé, le climat par exemple. Inquiétante aussi l’espèce de fascination de certains cercles politiques, administratifs et économiques, pour le communisme chinois. Un rêve en effet pour les puissances économiques et la haute administration mondialisées et déracinées : un peuple immense sous contrôle, réduit à l’état de simple agent économique, manipulable et manipulé.
Le gouvernement et ses affidés ne cessent de répéter que leur principal souci est la préservation de la vie. Mais de quelle vie s’agit-il ? De la vie organique ? Mais la vie, la vraie vie des hommes et des femmes, c’est la vie sociale, les échanges, les moments passés ensemble, les réjouissances collectives, les plaisirs de la culture ou du sport. L’amour. La vie religieuse communautaire. Est-ce donc une vie de rester séparés des autres, dissimulés derrière des masques, arrosés de gel hydro-alcoolique ? Méfiants, défiants, apeurés. Quelle est donc cette société cauchemardesque dont on nous dit depuis des mois qu’elle est nécessaire pour en sortir plus rapidement et qui ne fait que se prolonger ? La vraie vie, c’est se libérer de la peur. De la peur de l’autre, de la peur de la maladie dont il faudrait enfin considérer la dangerosité plutôt que la contagiosité. Se libérer aussi de la crainte du pouvoir. Rivarol notait « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir ». Posons-nous la question : ce pouvoir est-il estimable ?
C’est arrivé un 23 décembre…
“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum
Rappelons-nous :
- le 23 décembre : saints du jour français ou en France.
- St Yves, évêque de Chartres (1040-1116)
Saint Yves, évêque, abbé des chanoines réguliers de Beauvais, il fut ordonné évêque par le bienheureux pape Urbain II. Il restaura l’ordre des chanoines et fit beaucoup par ses actions et ses écrits pour la concorde entre le sacerdoce et l’empire et pour l’utilité de l’Église.
- Ste Marguerite-Marie d’Youville, fond. (1701-1771)
Commémorée le 23 décembre (dies natalis) dans le Martyrologe Romain et le 16 octobre (mémoire facultative) au Canada.
Première fleur de sainteté aux racines canadiennes, Marguerite D’Youville (Marie-Marguerite Dufrost de Lajemmerais) naît à Varennes (Québec), le 15 octobre 1701. Enfant de Christophe Dufrost de Lajemmerais et de Marie-Renée Gaultier de Varennes, ella sera suivie de deux soeurs et trois frères. À sept ans, elle est orpheline de père. Sa famille connaît dès lors une grande pauvreté. Grâce à l’influence de Pierre Boucher, son arrière-grand-père, Marguerite bénéficie de deux années d’études chez les Ursulines de Québec. Ses éducatrices décèlent chez elle un caractère bien trempé et une grande maturité.
De retour au foyer, l’adolescente seconde sa mère dans la tenue de la maison et l’éducation de ses frères et soeurs. Plus tard, elle suit à Montréal sa mère remariée et fait la connaissance de François d’Youville qu’elle épouse en 1722. Très tôt, elle réalise qu’il devient indifférent à son foyer. Elle souffre de ses fréquentes absences et de son commerce de l’alcool avec les Indiens. Des six enfants qu’elle met au monde, quatre décèdent en bas âge. À ces épreuves s’ajoute celle de la cohabitation avec une belle-mère exigeante. Lorsqu’une maladie soudaine et mortelle atteint son mari, Marguerite veille sur lui avec tendresse jusqu’à ce qu’il meure, en 1730, la laissant enceinte du sixième enfant qui ne survivra pas.
La jeune veuve saisit progressivement l’amour de sollicitude de Dieu pour tous les humains et se sent pressée de manifester cette compassion autour d’elle. Avec une immense confiance en la Providence de ce Dieu qu’elle aime comme un Père, elle entreprend de multiples ceuvres en réponse à des besoins non comblés. Tout en veillant à l’éducation de ses deux fils qui deviendront prêtres, elle accueille chez elle une aveugle, le 21 novembre 1737. Puis, avec trois compagnes qui partagent ses visées, elle se consacre à Dieu, le 31 décembre 1737, pour le servir dans la personne des plus démunis. Marguerite devient alors, à son insu, fondatrice de l’Institut connu plus tard sous le nom de « Sœurs de la Charité » de Montréal (Sœurs Grises).
En se rangeant du côté des pauvres, Marguerite fait éclater les cadres sociaux de son époque. Aussi cette femme audacieuse est-elle la cible des railleries et des calomnies des siens et de son milieu. Elle persévère dans son projet malgré une santé ébranlée et la mort d’une associée.
L’incendie qui détruit son logis l’amène à radicaliser son engagement au service des pauvres. Avec ses deux compagnes de première heure, elle s’engage, le 2 février 1745, à tout mettre en commun pour aider un plus grand nombre de personnes dans le besoin. Deux ans plus tard, la « mère des pauvres », comme on l’appelle déjà, prend la direction de l’Hôpital des Frères Charon qui tombe en ruine. Elle en fait un refuge pour toutes les misères humaines que son œil perspicace sait découvrir. Avec ses sœurs et les collaborateurs et collaboratrices dont elle s’entoure, Marguerite met sur pied des services en faveur des pauvres aux mille visages.
En 1765, un incendie ravage l’hôpital, mais non la foi et le courage de la fondatrice. Elle invite alors ses sœurs et les pauvres à reconnaître le passage de Dieu dans cette épreuve et à le louer. Et comme si elle voyait l’avenir, elle entreprend, à 64 ans, la reconstruction de ce refuge des gens mal pris. Épuisée, Marguerite décède le 23 décembre 1771, laissant le souvenir d’une mère qui a servi avec compassion Jésus Christ dans les démunis.
Le petit grain jeté en terre canadienne en 1737 par cette fille de l’Église, devient un arbre qui étend ses racines sur presque tous les continents. Les « Sœurs de la Charité » de Montréal, « Sœurs Grises », avec leurs communautés-sœurs : les Sœurs de la Charité de St-Hyacinthe, les Sœurs de la Charité d’Ottawa, les Sœurs de la Charité de Québec, les Grey Nuns of the Sacred Heurt (Philadelphia) et les Grey Sisters of the Immaculate Conception (Pembroke) poursuivent la même mission avec audace et espérance.
Le 3 mai 1959, Saint Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963) proclamait bienheureuse cette Mère à la charité universelle, cette femme au cœur sans frontière. Depuis ce jour, la dévotion du peuple à cette grande servante des pauvres n’a cessé de croître et de nombreuses faveurs sont obtenues par son intercession. L’une d’elles, la guérison d’une jeune femme atteinte de leucémie myéloblastique en 1978, a servi de miracle requis pour sa canonisation.
Aujourd’hui encore, Marguerite d’Youville sait comprendre, pour les avoir vécues, les situations pénibles qui marquent tant d’enfants orphelins, d’adolescents inquiets de l’avenir, de jeunes filles aux espoirs déçus, d’épouses brimées dans leur amour, de familles monoparentales, de personnes engagées dans les œuvres caritatives et de celles dont la vie est consacrée à Dieu au service de leurs frères et sœurs.
Marguerite d’Youville a été béatifiée, le 3 mai 1959, par Saint Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963) et canonisée, le 9 décembre 1990, par Saint Jean Paul II.
- le 23 décembre 558 : décès de Childebert Ier, roi de Paris de 511 à 558 et roi d’Orléans de 524 à 558.
Childebert est le quatrième des cinq fils de Clovis et le troisième des quatre fils que le premier Roi de France eut avec Sainte Clotilde.
- le 23 décembre 619 : élection du pape Boniface V.
- le 23 décembre 679 : décès de Dagobert II, roi mérovingien du royaume d’Austrasie
Le Roi Dagobert est canonisé le 10 septembre 872 par Hincmar de Reims, Bernard de Verdun et d’autres évêques en présence du Roi Charles II le Chauve.
- le 23 décembre 800 : fin du concile de Rome.
Devant le Concile réuni à Rome, dans la basilique du Vatican, le Pape Léon III, à la demande de Charlemagne, prononce un serment purgatoire, jurant qu’il n’a « ni perpétré, ni ordonné les choses criminelles et scélérates qu’on lui reproche ». Par ailleurs, l’empire d’Occident est rétabli par le concile.
- le 23 décembre 1430 : transfert de sainte Jeanne depuis Beaurevoir vers le château du Bouvreuil à Rouen, tenu par les Anglais.
- le 23 décembre 1465 : traité de Caen.
Un traité de paix est signé à Caen le 23 décembre 1465 entre Louis XI de France, son frère Charles duc de Normandie et François II de Bretagne. C’est la fin de la Ligue du Bien public. Malgré la traitrise de son oncle le comte du Maine, lors de la bataille de Montlhéry, voir la chronique du 16 juillet, le Roi a réussi juguler la rébellion des princes du Royaume. Il va pouvoir jeter les bases d’un Etat moderne.
- le 23 décembre 1482 : traité d’Arras, la Bourgogne et la Picardie deviennent françaises.
Le Roi Louis XI de France et l’empereur Maximilien d’Autriche signent le traité d’Arras : la Bourgogne et la Picardie sont rattachées au domaine royal. L’Artois et la Franche-Comté constituent la dot de Marguerite d’ Autriche, qui est promise au Dauphin, le futur Charles VIII ; le reste revient à Philippe le Beau, fils de Maximilien et de Marie.
- le 23 décembre 1491 : naissance de Jacques Cartier.
Jacques Cartier est né à Saint-Malo (on est incertain de sa date de naissance) et est décédé au même endroit, le 1er septembre 1557. C’est un navigateur et explorateur français, qui à découvert la région du Québec à laquelle il donne le nom de Canada durant son expédition de 1535. Il dirige trois voyages d’exploration dans la région du Saint-Laurent en 1534, 1535-1536 et 1541-1542. Il explore le golfe du Saint-Laurent et trace la cartographie du fleuve, dont la découverte, en 1535, a permis à la France d’occuper l’arrière-pays de l’Amérique du Nord.
- le 23 décembre 1588 : assassinat du Duc de Guise.
Henri, duc de Guise, chef de la sainte Ligue, est assassiné, sur ordre du Roi de France Henri III, à l’occasion d’une réunion des États généraux au château de Blois. Henri III met ainsi un terme à l’ascension du duc, en chargeant des membres de sa garde personnelle, “les quarante-cinq“, de l’abattre.
Le duc a profité des difficultés du Roi, chassé de Paris par la Ligue, pour se faire nommer lieutenant général. Depuis le début des états généraux, le catholique “Henri le balafré” ne cache pas ses ambitions de prétendant au trône Il compte bien prendre la place d’héritier du trône puisque Henri III n’a pas d’enfant. Le Roi supporte sans mot dire l’insolence du duc mais décide d’agir.
Le vendredi 23 décembre 1588, au petit matin, une douzaine de fidèles, de la garde royale, le rejoignent dans son antichambre. Leur chef se cache dans la chambre du Roi avec huit complices. Henri de Guise pénètre dans la chambre où le Roi l’a convoqué. Le duc est poignardé. Quand le Roi rentre dans la chambre et voit ce colosse de près de deux mètres à terre, il s’écrit :
«Mon Dieu, qu’il est grand ! Il paraît même plus grand mort que vivant !»
Après cet assassinat, le Roi travaille à décapiter la Sainte Ligue avant d’être lui-même assassiné le 1er août 1589. Le lendemain, c’est le tour du cardinal Louis de Lorraine, frère du Balafré. Son corps est brûlé et jeté dans la Loire.
Les chefs de la Ligue sont arrêtés, mais le camp catholique ne désarme pas : Paris proclame la déchéance d’Henri III, les troupes espagnoles s’installent dans les capitale et à Rouen, en soutien des insurgés.
- le 23 décembre 1720 : un incendie débute dans le centre de Rennes.
Huit jours durant le centre-ville brule; alors que l’incendie prend à proximité de l’église Saint Sauveur, celle-ci qui contient la statue de Notre-Dame des Miracles, ne brule pas.
Aujourd’hui y est encore visible, une grande peinture inspirée de l’aquarelle de Huguet qui représente l’incendie de Rennes de 1720. Au-dessus de la ville en flammes, la Vierge à l’enfant, planant dans la nue, étend ses bras sur la cité et semble arrêter l’incendie. Cette peinture nous montre une partie de la vieille ville. La tour de l’horloge dans les flammes, la porte Saint-Michel ; au delà, le clocher de l’église Saint-Aubin, l’église et le couvent des Jacobins, puis, à côté, les belles maisons des Lices et le chevalet des Supplices en haut de la rue des Innocents. Sur le cadre est écrit : ” Vœu fait à N.-D. de Bonne-Nouvelle par les habitants des Lices, rues Saint-Louis, Saint-Michel, place Sainte-Anne préservés de l’incendie du 22 décembre jusqu’au 30 décembre 1720″ ».
- le 23 décembre 1789 : décès de Charles-Michel Lespée.
L’abbé de l’Epée, Charles-Michel Lespée, est né le 22 novembre 1712, à Versailles. Son objectif est d’élaborer un enseignement dédié aux sourds. Il est un réel précurseur dans le domaine de la langue des signes française. Il commet l’erreur d’appliquer la syntaxe du français aux gestes, mais son institut lui survit. L’abbé de l’Epée est mort le 23 décembre 1789, à Paris, et a été reconnu par l’Assemblée nationale bienfaiteur de l’humanité.
- le 23 décembre 1790 : naissance Jean-François Champollion, égyptologue.
Né à Figeac, il est un des premiers à déchiffrer les hiéroglyphes de la vieille Egypte. L’examen des inscriptions portées en hiéroglyphes, en grec et en caractères démotiques sur la pierre de Rosette, datée de 196 av. J.-C., permit à Champollion d’établir un alphabet hiéroglyphique. Il faut attendre 1824 pour que le système de déchiffrement soit complet. Entre 1828 et 1830, il participe à une mission scientifique en Egypte, et décède, épuisé, le 4 mars 1832 à Paris.
- le 23 décembre 1793 : la virée de Galerne prend fin à Savenay.
C’est la destruction de l’armée Royale catholique. Après la défaite au Mans, les 15 à 20 000 personnes qui restent de la virée de Galerne tentent de rentrer au pays. Pour cela, ils doivent traverser la Loire. C’est ce qu’ils commencent à faire à Savenay, à proximité de Nantes, lorsque l’armée républicaine les rattrape. Les hommes commandés par Kléber, Marceau et Westermann maîtrisent totalement la situation et ont pour mission de décimer les contre-révolutionnaires. Seulement 4 000 personnes parviennent à s’échapper alors que près de 15 000 corps vendéens joncheront Savenay et les bois environnants.
La Guerre de Vendée n’est pas terminée, mais l’épisode des grands combats prend fin. Il ne reste plus à exterminer en détail que les débris qui n’ont pas trouvé la mort entre Savenay, les marais et la Loire. C’est l’affaire de Westermann et de Carrier : ils s’en acquittèrent parfaitement…
Ici finit l’histoire de la grande guerre si justement nommée ; et dont le général Beaupuy s’adressant à Merlin de Thionville, le lendemain de la bataille de Savenay dira :
« Enfin, mon cher Merlin, elle n’est plus, cette armée royale ou catholique. Des troupes qui ont battu de tels Français peuvent se flatter de vaincre tous les peuples de l’Europe réunis contre un seul. Cette guerre de paysans, de brigands, qu’on affectait de regarder comme si méprisable, m’a toujours paru, pour la République, la grande partie; et il me semble maintenant qu’avec nos autres ennemis, nous ne ferons plus que peloter. »
- le 23 décembre 1813: entrée des Autrichiens en Alsace, dans le cadre de la guerre de la Sixième coalition.
- le 23 décembre 1832: l’armée française occupe Anvers, contraignant la Hollande à reconnaître l’indépendance de la Belgique.
- le 23 décembre 1847: reddition de l’émir Abd El-Kader au Général Lamoricière.
Depuis le début de l’invasion française en Algérie (1830), l’émir de Mascara s’oppose violemment aux colons en menant une guerre. Chassé du Maroc, où il s’était réfugié, il est contraint de se rendre au général Lamoricière. L’Emir sera emprisonné à Toulon, jusqu’en avril 1848. Il est ensuite emmené au château de Pau (où il reste six mois) puis à celui d’Amboise, d’où il est libéré en 1852 par Napoléon III.
- le 23 décembre 1865 : la France, l’Italie, la Suisse et la Belgique fondent l’Union monétaire latine, décidant d’abaisser le titre des pièces d’argent de 0,9 à 0,835.
- le 23 décembre 1871 : le Comte Albert de Mun (1841-1914) fonde les cercles catholiques ouvriers.
Homme politique et dirigeant catholique français. Officier de carrière, Albert de Mun est fait prisonnier en 1870 ; la captivité l’amène à réfléchir aux causes de la défaite, et la Commune à mesurer la désorganisation sociale : « Entre ces révoltés et la société légale dont nous étions les défenseurs, un abîme nous apparut. » Il fonde alors, avec M. Maignen et La Tour du Pin, l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers et, pour s’y consacrer, démissionne de l’armée. En 1876, il est député de Pontivy (Morbihan) ; invalidé et réélu, il est invalidé une seconde fois en 1878 et réélu en 1881. En 1885, il songe à fonder un parti catholique sur le modèle du Zentrum allemand, mais y renonce à la demande expresse de Léon XIII. En 1886, quelques jeunes fondent à son appel et avec son appui l’Action catholique de la jeunesse française, qui compte 140 000 membres en 1914.
Légitimiste et contre-révolutionnaire, antilibéral et antisocialiste, Albert de Mun accepte cependant le « ralliement » à la République demandé par Léon XIII aux catholiques français en 1892, accomplissant là un énorme sacrifice où nombre de ses amis virent un reniement. L’année suivante, il participe à la création, au Parlement, de la Droite constitutionnelle. Il sera un des opposants actifs à la loi de séparation des Églises et de l’État (1905).
Orateur brillant, animateur ardent, de Mun n’était guère préparé au rôle qu’il tint ; et l’action ne lui laissa guère le loisir que son ami La Tour du Pin, plus doctrinaire, put consacrer à l’étude. Il a été un représentant typique du catholicisme intransigeant et un opposant au « monde moderne », dont il faisait une critique impitoyable ; pour cela même, il se montra hardi dans ses idées sociales. L’alliance avec les conservateurs, après le ralliement, le modéra en un temps où s’aggravaient les conflits entre catholiques.
Il a laissé un volume de souvenirs, Ma Vocation sociale, et une œuvre oratoire abondante, notamment Discours et écrits divers (7 vol), Combats d’hier et d’aujourd’hui (6 vol).
(Tiré de l’Encyclopedia universalis)
- le 23 décembre 1940 : Jacques Bonsergent est le premier Français fusillé dans la capitale.
Paris se couvre de cette affiche :
« L’ingénieur Jacques Bonsergent a été condamné à mort par le tribunal militaire allemand pour acte de violence envers un membre de l’armée allemande. Il a été fusillé ce matin ».
Le jeune homme (28 ans) est l’un des premiers Français fusillés par l’occupant allemand. Il a été arrêté six semaines plus tôt après avoir permis de s’enfuir à un couple de ses amis qui avait bousculé par mégarde un sous-officier de la Wehrmacht.
- le 23 décembre 1940 : le Laos et le Cambodge demandent d’adhérer à l’Union française.
- le 23 décembre 1953 : René Coty est élu président de la République française après 13 tours de votes du parlement.
le 23 décembre 1973 : à Téhéran, l’OPEP annonce que six pays du Golfe vont doubler leur prix du pétrole brut.
Fakenews suite à l’arrêt de la CJUE sur le passeport ou la carte d’identité des personnes nées d’une PMA sans père (ou d’une GPA)
Contrairement à ce qu’essaient de faire croire quelques associations et militants radicaux dans les médias, l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 14 décembre ne signifie pas que les États membres auraient à reconnaître un lien de filiation entre un enfant et deux femmes ou deux hommes, mais simplement à appliquer les traités qui impliquent, du fait de la liberté de circulation dans l’Union européenne, que chacun puisse avoir un passeport ou une carte d’identité.
La CJUE ayant jugé que les traités actuels impliquent que les Etats établissent ces papiers d’identité pour les personnes nées d’une PMA sans père (ou d’une GPA) afin d’assurer leur liberté de circulation, La Manif Pour Tous appelle la Commission européenne à mettre un terme à son projet de « reconnaissance mutuelle », cet arrêt montrant qu’il est inutile.
Le 14 décembre dernier, La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un arrêt (affaire C-490/20) qui stipule que
« l’Etat membre dont il (l’enfant, ndlr) est ressortissant est obligé de lui délivrer une carte d’identité ou un passeport, sans requérir l’établissement préalable d’un acte de naissance par ses autorités nationales ».
Cet arrêt est très clair, dès le titre même du communiqué publié par la CJUE, sur la non obligation de l’Etat membre de reconnaître une filiation avec deux mères ou deux pères, « c’est-à-dire une filiation fictive » souligne Ludovine de la Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous.
Des associations et quelques médias ont pourtant diffusé l’information suivant laquelle « la justice reconnaît l’homoparentalité à l’échelle de l’UE» (Têtu) ou encore « les Etats de l’UE doivent dorénavant reconnaître la filiation entre un couple homosexuel et son enfant » (L’Obs).
La Manif Pour Tous dénonce fermement cette extrapolation et cette interprétation fantaisiste qui n’est pas conforme à l’arrêt de la CJUE.
En effet, dans cette affaire, une femme bulgare et une femme britannique ont eu recours à la PMA sans père. La petite fille étant née en Espagne, où il est possible d’inscrire une double filiation maternelle et de ne rien mentionner du côté paternel, son acte de naissance mentionne les deux femmes comme étant ses mères. Souhaitant ensuite obtenir un document d’identité bulgare pour l’enfant, le couple se l’est vu refuser parce qu’il aurait fallu, en vue de l’établissement du passeport, produire un acte indiquant le nom de la mère, donc le nom de celle qui a accouché de l’enfant, ce que le couple n’a pas voulu faire.
Saisie par la ressortissante bulgare, la CJUE a fait savoir ce 14 décembre que la Bulgarie (et donc tous les Etats membres de l’UE) a l’obligation de délivrer un passeport ou une carte d’identité àl’enfant afin d’assurer, suivant les traités en vigueur, sa liberté de circulation dans l’Union européenne. Mais la CJUE a aussi expressément indiqué que cette obligation
« n’implique pas de prévoir, dans son droit national (…) de reconnaître, à d’autres fins que l’exercice des droits que cet enfant tire du droit de l’Union, le lien de filiation entre ledit enfant et les personnes mentionnées comme étant ses parents dans l’acte de naissance établi par les autorités de l’Etat membre d’accueil ».
La Manif Pour Tous souligne donc que, selon la CJUE, les traités en vigueur impliquent déjà l’obligation d’établir les documents d’identité nécessaires au respect de la libre circulation des personnes nées dans le cadre d’une PMA sans père ou d’une GPA. C’est pourquoi, le projet de « reconnaissance mutuelle » de la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyden, n’a pas de raison d’être.
« La motivation affichée de ce projet était en effet la nécessité d’assurer la libre circulation des personnes nées d’une PMA sans père ou d’une GPA. Dès lors que celle-ci est assurée par les traités existant, comme en atteste cet arrêt de la CJUE, le groupe d’experts de la Commission constitué sur ce sujet doit être dissous et la Présidente de la Commission européenne doit mettre un terme à ce projet inutile » résume Ludovine de La Rochère.
Eric Zemmour : “Nous vivons la fin de la gauche”
Longuement interrogé dans Valeurs Actuelles, Eric Zemmour déclare :
Je crois que nous vivons un moment particulier de notre histoire. Notamment pour ma génération, qui a connu une gauche triomphante qui dominait outrageusement l’espace politique et idéologique français. Nous vivons la fin de la gauche. Cela ne signifie pas qu’elle n’est plus nuisible. Cela ne signifie pas qu’elle n’exerce pas encore son magistère dans les médias, les universités, à l’école, au cinéma, dans le monde de la culture. Mais cela signifie que, politiquement, le peuple français s’est détourné de la gauche, pour la simple et bonne raison que la gauche s’est détournée du peuple français pour se soumettre aux minorités. La gauche a rejeté son patriotisme et ne parle plus que de République alors qu’elle en présente une vision dévoyée qui trahit les idéaux mêmes de la République. Il ne faut jamais cesser de le lui rappeler. Je crois avoir contribué, à ma petite mesure, en imposant le thème de la survie de la France, à démontrer que la gauche n’avait plus rien à dire aux Français. Son échec ne viendra donc pas de sa désunion : à partir du moment où l’on parle de la France, de sa survie, la gauche n’a plus rien à dire et les Français se détournent d’elle.
Comment réagissez-vous à l’angélisation de Christiane Taubira par la presse, quand, dans le même temps, vous êtes diabolisé ?
Vous faites un parallèle particulièrement intéressant. Christiane Taubira ne représente rien, sinon 2 % de la population : le clivage, c’est elle, la désunion, c’est elle. À l’inverse, si l’on en croit les priorités des Français et leur avis sur les thèmes que je porte depuis des années, on devrait dire de moi que je suis le candidat le plus rassembleur. Et pourtant, je suis le plus décrié par les médias. Les journalistes sont donc devenus une boussole indiquant le sud…
Je crois que cela souligne d’abord le manichéisme de cette gauche. Certes, elle est morte politiquement, mais elle survit idéologiquement et elle survit dans l’idéologie woke, l’islamo-gauchisme, la théorie du genre… Elle est maintenant uniquement dans l’adoration des minorités. Taubira en est l’incarnation. Sera-t-elle candidate ? Peu importe, en vérité. La gauche a besoin de ce culte de la personnalité, c’est une vieille tradition de la gauche. Elle a surtout besoin d’inventer un diable parce que la gauche n’est plus dans la politique, mais dans la morale. Elle ne sait plus que prêcher, mettre à l’index, excommunier.
Traditionis Custodes : nous ne nous laisserons pas priver des sacrements !
Communiqué de L’Union Lex orandi :
Une note de la Congrégation pour le culte divin, datée du 4 décembre 2021, a été publiée le samedi 18 décembre. Elle explicite les mesures édictées le 16 juillet par le Motu Proprio Traditionis Custodes du Pape François. Avec cette note, les catholiques se voient interdire de recevoir les sacrements dans la forme traditionnelle. Seul le Saint Sacrifice de la Messe reste autorisé, avec de nombreuses restrictions. Pour les fidèles, les sacrements du baptême, de la confirmation, du mariage ou de l’extrême-onction sont interdits dans la forme traditionnelle (sauf dans le cas des paroisses personnelles).
Considérons les habitants des campagnes, usagers des chemins vicinaux, des voies communales, des routes départementales : ces voies de déplacement sont pour eux un bienfait. Imaginons maintenant qu’un gouvernement décide de les priver de ce bienfait, pour réserver la circulation routière aux nationales et aux autoroutes, avec des exceptions à certaines heures, sur certains axes, laissées à la discrétion des préfets. Une telle mesure serait-elle acceptée sans résistance de la part des habitants des campagnes ? Assurément non ! Avec Traditionis Custodes, nous sommes dans cette situation.
Il faut le proclamer : les fidèles n’ont rien fait pour mériter ce traitement. Depuis 1988 (Motu Proprio Ecclesia Dei) et surtout 2007 (Motu Proprio Summorum Pontificum), les fidèles catholiques attachés à la liturgie traditionnelle vivaient une relation apaisée avec les autorités de l’Eglise et avec leurs pasteurs. Si la guerre liturgique se rallume dans les diocèses, la responsabilité en reviendra d’abord aux autorités qui l’auront déclenchée.
Dans ce contexte, considérant qu’il est urgent, pour les fidèles, de s’unir en unissant les associations qui les représentent, l’Union Lex Orandi s’est constituée le samedi 18 décembre 2021. Elle propose à toutes les associations, de droit ou de fait, regroupant des fidèles attachés à la Tradition Catholique, de conjuguer leurs efforts pour défendre les trésors spirituels dont elle réclame le bénéfice pour le bien des âmes. En une semaine, l’Union a reçu l’affiliation de cinq associations de fidèles de l’Isère (300 adhérents), la Loire-Atlantique (500 adhérents), les Flandres et l’Artois (450 adhérents), de la Gironde et de Paris (300 adhérents ou personnes représentées). Plusieurs demandes d’affiliation sont en cours d’examen.
En manifestant l’unité des associations, l’Union Lex Orandi manifeste l’unité des fidèles pour préserver l’intégrité de leur vie sacramentelle. C’est une des condition de l’unité de l’Eglise à laquelle nous aspirons
Pour toute information : [email protected] – www.lex-orandi.org
Mouvements fondateurs de l’Union Lex Orandi :
- AFSAN (Association des fidèles de Saint André et Notre-Dame de l’Isle (Grenoble),
- Association Foi et Tradition (Nantes),
- Collectif Juventus Traditionis (Paris)
Bientôt un vaccin éthique contre le Covid-19 pour les Européens
Lu dans Présent :
L’Agence européenne des médicaments (AEM) a approuvé lundi un cinquième vaccin anti-Covid pour les Européens adultes, le Nuvaxovid ou NVX-CoV2373 de la société pharmaceutique américaine Novavax. Suite à ce feu vert, le fabricant a annoncé qu’il commencerait ses livraisons vers l’UE en janvier. La particularité du Nuvaxovid, par rapport aux quatre autres vaccins approuvés jusqu’ici par l’AEM (produits par Pfizer-BioNTech, Moderna, AstraZeneca et Johnson & Johnson), c’est qu’aucune lignée cellulaire issue d’un organe prélevé sur un enfant avorté n’a été utilisée pour le développement, la fabrication ou les tests, et que ce vaccin peut donc être considéré comme éthique de ce point de vue-là. Son efficacité est estimée proche de celle des autres vaccins sur le marché, y compris des vaccins à ARN messager dont le Nuvaxovid ne fait pas partie puisqu’il a recours à une technique similaire à celle utilisée pour les vaccins contre l’hépatite B ou la coqueluche. Le vaccin de Novavax est en effet fabriqué à base de virus modifiés contenant des fragments de coronavirus qui provoquent la réponse immunitaire.
Cardinal Sarah : “Quelle nuisance apporterait la messe traditionnelle ? Quel dégât ?”
Longuement interrogé dans Valeurs Actuelles suite à la publication de son nouveau livre, Pour l’éternité, le cardinal Sarah aborde le sujet de la messe traditionnelle, que son successeur à la Congrégation pour le culte devin cherche à éliminer :
Abbé de Maistre. Le livre que vous avez écrit avec Benoît XVI, Des profondeurs de nos cœurs (Fayard), était dédié aux prêtres du monde entier. Là, ce nouveau livre est dédié aux séminaristes. Vous le savez, en France, il y a une sensibilité traditionnelle qui est tout de même assez présente, même si inquiète et bouleversée. Que pourriez-vous dire aux séminaristes qui se forment dans différentes maisons à la messe traditionnelle ?
Je veux leur dire : ne regardez pas les hommes. Regardez Jésus-Christ. C’est lui qui vous a appelé. C’est Dieu qui a mis son appel dans votre cœur. Votre maître, c’est Jésus-Christ, pas un homme. C’est Jésus qui vous a dit : « Viens et suis-moi. » C’est sa voix qu’il faut entendre, c’est sa figure qu’il faut découvrir, la relation avec lui qu’il faut créer, façonner. Cette amitié ne se communique pas, elle se construit à deux. Il faut suivre aussi les enseignements de l’Église. Elle a toujours enseigné la même chose. C’est Dieu qui vous a appelé. Essayez de le rencontrer.
Père Danziec. Ceux qui se forment dans des séminaires traditionnels, aujourd’hui, se sentent tout de même un peu menacés.
Moi, je suis de l’opinion de Benoît XVI. Ce qui était saint et sacré hier ne peut pas être aujourd’hui condamné à disparaître. Quelle nuisance apporterait la messe traditionnelle ? Quel dégât ? S’ils peuvent apprendre à rencontrer le Christ dans une messe célébrée dans le silence, dans le respect du sacré, qu’ils n’hésitent pas. Chacun veut grandir en Dieu. Pourquoi les en empêcher ? Ce n’est pas une révolte. Ils ne nient en aucune façon le concile Vatican II, au contraire.
Quels politiques seront à la Marche pour la vie le 16 janvier ?
Aliette Espieux, porte-parole de la Marche pour la vie, est interrogée sur Boulevard Voltaire :
Prenez courage et ne craignez point ; voici votre Dieu qui apporte la vengeance et les représailles
Dernier billet d’estoc et d’humeur du Glaive de la Colombe :
A l’approche de Noël, l’Eglise, tout en restant dans l’humilité et le recueillement, accentue les expressions de joie et de solennité dans sa liturgie (Dimanche de Gaudete [1] ; grandes antiennes Ô [2]…). Cette joie, qui l’emporte durant l’Avent sur la pénitence, découle d’un désir d’union à Dieu assuré d’être comblé. En effet, au-delà de l’avènement temporel du Christ, Noël célèbre Sa venue spirituelle dans les âmes et Son retour glorieux à la fin des temps ; or, ce Sauveur promis dès la Genèse s’est bien manifesté dans la chair. Invisible depuis l’Ascension, Il demeure présent au tabernacle et dans l’âme de Ses serviteurs fidèles. Ceux-ci peuvent s’affliger de l’absence sensible du Maître mais au fond de leur coeur, ils se réjouissent déjà de son arrivée dont ils ne peuvent douter, même si elle survient à la troisième heure de la nuit.
Et c’est bien le message que l’Esprit-Saint nous adressait ce dimanche de Gaudete [3], reprenant les paroles qu’Il inspira autrefois à Isaïe, alors que la tyrannie mondialiste se fait aujourd’hui plus oppressante :
« Dites aux pusillanimes : Prenez courage et ne craignez point ; Dieu Lui-même viendra, et Il vous sauvera. » (Isaie 35, 4)
Cette prophétie s’étant réalisée il y a 2000 ans, on pourrait la croire caduque, l’Eglise la reprenant dans la liturgie de l’Avent pour montrer que les promesses de Dieu sont sans rémission. Mais si l’on se reporte au texte d’Isaïe, on constate que, pour des raisons liturgiques évidentes, il a été tronqué d’un passage s’appliquant moins à Noël qu’au Jugement dernier :
« Dites aux pusillanimes : Prenez courage et ne craignez point ; voici votre Dieu qui apporte la vengeance et les représailles ; Dieu Lui-même viendra, et Il vous sauvera. » (Isaïe 35, 4)
Dieu vient à nous comme un enfant pour nous laisser venir à Lui, car c’est le temps de la miséricorde ; mais comme la crêche annonce la croix et la rédemption, la miséricorde annonce la justice et la paix, tranquillité dans l’ordre selon Dieu, non selon le monde. A Noël, Dieu nous dit à la fois : « Ne Me craignez pas, car Je suis doux et humble de coeur » et « Ne le craignez pas, ce monde qui est déjà jugé, car J’apporte la vengeance et les représailles ».
Cet « écho implicite », à Gaudete, du « A Moi la vengeance et la rétribution » [4] résonne plus distinctement dans l’épître du dimanche suivant [5] :
« Ne jugez point avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière les choses cachées dans les ténèbres et qui manifestera les desseins des coeurs ; et alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due ».
La louange…ou la condamnation. En l’occurrence, compte tenu de l’actualité, on ne peut que trembler en réalisant que ce passage vise le clergé, dont on attend avant tout d’être trouvé fidèle par le Juste Juge et non par un tribunal humain [6] :
« Or, ce qu’on demande des dispensateurs, c’est qu’ils soient trouvés fidèles. Pour moi, je me mets fort peu en peine d’être jugé par vous, ou par un tribunal humain ; mais je ne me juge pas non plus moi-même. Car ma conscience ne me reproche rien, mais je ne suis pas justifié pour cela ; celui qui me juge c’est le Seigneur ».
Sans sonder les reins et les coeurs, les prises de position récentes de la hiérarchie de l’Eglise de France semblent aux antipodes de cet idéal paulinien. Soucieux d’échapper à leur responsabilité individuelle, nos évêques se sont soumis au jugement d’une commission partiale ayant pour but essentiel d’affaiblir la constitution intérieure de l’Eglise [7]. Celle-ci ne saurait invoquer un ordre juridique échappant à celui de la République, comme le rappela le Ministre de l’Intérieur au président de la Conférence des Evêques de France (CEF) convoqué à Canossa, avant de lui remettre discrètement la Légion d’honneur [8].
Nous ne reviendrons pas sur les compromissions de la CEF avec le pouvoir relativement aux Gilets jaunes ou à la tyrannie sanitaire [9]. Il nous suffira de remarquer qu’une Eglise se discréditant elle-même ne pourra dangereusement opposer sa doctrine sociale au bilan d’Emmanuel Macron ou aux programmes de ses rivaux. Nous avons toujours défendu sur ce blog une conception extensive des « points non-négociables » chers au pape Benoit XVI. Dans les circonstances présentes, nous ajouterions volontiers comme discriminant entre les candidats ou les programmes, les positions prises (ou non-prises) vis-à-vis du Covid-19 et des graves atteintes aux libertés publiques.
L’état de notre cher pays et du monde n’est pas sans rappeler le pitoyable tableau de Jérusalem dévastée dans le Rorate caeli : il y aurait toutes les raisons de désespérer de l’aveuglement des « élites » et des peuples comme de notre propre infidélité ; mais, à quelques jours de Noël, comme une cloche précédant l’aurore, l’hymne de l’Avent s’entête à nous consoler, nous assurant de notre délivrance finale.
L’abbé
Cieux, faites tomber la rosée, que le Juste vienne des nuées comme la pluie.
Ne t’irrite pas, Seigneur, ne te souviens plus de nos péchés : voici que la cité sainte est déserte, Sion est devenue un désert, Jérusalem est dévastée, la maison de ta sainteté et de ta gloire, où nos pères t’avaient loué.
Nous avons péché, nous nous sommes souillés, tous, nous sommes tombés comme des feuilles sèches, et nos iniquités, comme le vent, nous emportaient ; tu as détourné ta face loin de nous,et tu nous as livrés à nos iniquités.
Vois, Seigneur, l’abattement de ton peuple. Envoie l’Agneau souverain de l’univers, du rocher du désert jusqu’à la montagne de la fille de Sion, pour qu’il nous délivre lui-même du joug de la captivité.
Console-toi, console-toi, mon peuple, bientôt viendra ton Sauveur. Pourquoi te laisses-tu consumer par la tristesse, parce que la douleur t’a repris ? Je te sauverai, ne crains pas, car je suis le Seigneur ton Rédempteur.
[1] Messe du 3e dimanche de l’Avent dit de Gaudete (Missel de 1962)
[2] O Sapientia et commentaire sur les grandes antiennes Ô
[3] Messe du 3e dimanche de l’Avent – Communion
[4] Deutéronome 32, 35
[6] Ibidem.
[7] Cf. l’analyse critique de huit membres de l’Académie catholique de France sur le rapport « Sauvé » et la défense de cette analyse dans les médias par le philosophe Pierre Manent.
[8] La Croix – 6 décembre 2012 : Gérald Darmanin a remis la Légion d’honneur à Mgr de Moulins-Beaufort
[9] Cf. sur ce blog les articles étiquetés « Gilets jaunes » et « Covid-19 »

