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“Le peuple américain est pour sa plus grande part un peuple religieux”

Extrait d’un entretien du cardinal Burke dans Paix Liturgique :

Le peuple américain est pour sa plus grande part un peuple religieux. En Amérique en général il existe une grande ferveur religieuse et celle-ci se retrouve naturellement chez les catholiques où il existe une conscience très forte de l’appartenance à l’Église, qui se manifeste (ou du moins qui se manifestait jusqu’alors) par une véritable pratique hebdomadaire.

Pensez-vous qu’il existe un charisme particulier propre au Catholicisme américain ?

Les américains ont un vrai sens pratique et un talent pour l’organisation. Ces caractères se retrouvent chez les catholiques américains en général et chez ceux attachés à la forme extraordinaire en particulier. J’en ai pour preuve leur talent à faire avancer les choses alors que d’autres attendraient que les choses s’imposent d’elles-mêmes. Combien de fois ai-je vu des fidèles dont les pasteurs étaient réservés ou hostiles à leur demande s’ingénier à trouver des solutions parfois à des centaines de kilomètres de chez eux.

Le cardinal Caffarra m’a dit un jour sur la situation en Europe : « les catholiques américains sont encore prêts à se battre pour leur foi et leur Église, et pour la défense de la vie. Vous devez continuer à être comme cela pour nous donner des forces et du courage, et nous montrer que nous pourrions en faire autant ! ».

Le sondage que nous avons commandité nous indique que le nombre de catholiques américains pratiquants qui connaissent le motu proprio est supérieur à 72 % ce qui est très important

Je dirais qu’aux USA la conscience qu’il existe désormais deux formes du rite de la messe est assez élevée. Cela s’explique par le fait que lors de la publication du motu proprio Summorum Pontificum en 2007 ce document a été très largement présenté et commenté dans la presse. De plus, il existe aux États-Unis de nombreux blogs catholiques à l’audience très importante. Je pense à Rorate Cœli, au Father Z, ou à OnePeterFive. Ces blogs très actifs sont très favorables à la liturgie traditionnelle ce qui a eu une grande importance dans la popularisation de la liturgie ancienne même en dehors des cercles « traditionnalistes ». Dès lors je ne suis pas surpris que 72% des pratiquants connaissent l’existence du motu proprio Summorum Pontificum. […]

Face à la colère des policiers, le gouvernement tient le même discours qu’en 2015

Ilias A. et Ayoub A. ont été interpellés hier. Le premier est suspecté être l’assassin du policier à Avignon. Les deux hommes ont déjà été condamnés plusieurs fois, notamment par le tribunal des enfants, pour des faits de violences et des infractions à la législation sur les stupéfiants.

Suite au crime commis à Avignon contre un policier, Jean Castex a annoncé un durcissement des peines contre les agresseurs de policiers ou gendarmes. Dans un communiqué, le chef du gouvernement précise que la peine de sûreté pour les personnes condamnées à perpétuité, pour un crime commis contre un policier ou un gendarme, sera portée à trente ans, et promet une “limitation stricte” des possibilités de réduction des peines pour les agresseurs de membres des forces de l’ordre.

Qui peut le croire ?

Il y a 6 ans, en 2015, face à la colère des policiers faisant suite à une fusillade au cours de laquelle un policier avait été grièvement blessé par un malfaiteur qui avait bénéficié d’une permission de sortie, Manuels Valls voulait déjà limiter les sorties de détenus :

Alors que 7500 policiers ont manifesté ce mercredi sous les fenêtres du ministère de la Justice, le premier ministre a annoncé une série de mesures, notamment le durcissement des peines liées aux armes lourdes. La procédure pénale sera simplifiée, les peines liées aux armes lourdes durcies et les sorties ponctuelles de détenus limitées à celles vraiment nécessaires, a annoncé mercredi Manuel Valls, alors que des milliers de policiers manifestaient en France.

44 % des policiers et des militaires voteraient Marine Le Pen au 1er tour et plus de 60% au second tour

On comprend mieux la panique qui agite leurs ministres de tutelle, Gérald Darmanin et Florence Parly, à l’idée que Jupiter puisse leur reprocher de ne pas tenir leurs troupes :

Marine Le Pen s’enracine chez les forces de l’ordre. C’est la petite musique qui résonne plus fortement à chaque drame impliquant l’uniforme, et qui tétanise le pouvoir. Après le meurtre du brigadier Eric Masson à Avignon, Gérald Darmanin a appelé lundi à « la non-récupération politique », alors que la présidente du RN a annoncé dimanche que l’ensemble des cadres et élus de son parti se rendraient à la manifestation policière du 19 mai (…)

La petite musique reflète bien une réalité, comme en témoigne la dernière vague de l’enquête électorale française du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), réalisée par Ipsos du 9 au 15 avril 2021. Dans un volet de l’étude que l’Opinion dévoile en exclusivité, on découvre que policiers et militaires seraient 44 % à voter Marine Le Pen à la présidentielle de 2022, 24 % pour Xavier Bertrand et 20 % pour Emmanuel Macron. Au second tour de mai prochain, 60 % choisiraient Marine Le Pen face au Président sortant (…)

« C’est 60 % a minima », souligne Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS rattaché au Cevipof, responsable de l’analyse de ces données. Le chiffre est sans doute plus impressionnant encore dans les rangs : l’échantillon comprend des militaires, des policiers retraités et des gradés, ces trois catégories votant moins à l’extrême droite que les policiers de terrain. « Il existe une forte disparité car le vote est lié au niveau de diplôme et le milieu policier reste clivé entre les commissaires et les agents », relève Luc Rouban. De même, 51 % des policiers à la retraite voteraient Marine Le Pen face à Emmanuel Macron en 2022, mais 74 % des policiers actifs !

Si on n’a que le string à opposer au voile, alors nous sommes perdus; Si on n’a que Mila à opposer au tchador, alors nous sommes finis

Dans la revue Eléments, François Bousquet revient sur les propose tenus par Patrick Buisson dans Valeurs actuelles mais aussi sur BFM à propos de l’islam :

Le passage de Patrick Buisson chez Apolline de Malherbe, sur BFM, a déchaîné les passions sur les réseaux sociaux, du moins deux phrases arrachées de leur contexte, qui ont pu susciter une certaine incompréhension parmi les gens qui ont lu et admiré La cause du peuple. « J’ai plus de respect pour une femme voilée que pour une lolita en string » et « J’ai plus de respect pour un musulman qui fait sa prière cinq fois par jour que pour les bobos écolos à trottinette ». Deux punchlines qui sont brutalement revenues en boomerang à leur envoyeur.

Des deux, la plus contestable est la première. Ce n’est pas parce qu’il y a hyper-sexualisation des corps adolescents qu’il faut leur préférer le voile islamique. Le voile est le symbole d’une préférence civilisationnelle qui nous est hostile. Généralisé dans les banlieues salafisées, c’est même une marque de conquête territoriale.

Notre problème n’est du reste pas que les musulmanes portent le voile, c’est qu’elles le portent ici, en France. C’est en tant qu’immigrées qu’elles nous posent problème, pas en tant que musulmanes. Rien ne leur interdit d’épouser ostentatoirement leur religion, mais en Dar al-Islam, pas en terre européenne.

Et disant cela, il ne s’agit pas de justifier la marchandisation des corps pubères ou prépubères. En montrant tout, ces corps montrent qu’il n’y a rien, surtout en ces âges immatures. Laissons-les à leurs jeux encore innocents (…)

La seconde assertion repose sur un malentendu. La lecture de La fin d’un monde, le dernier livre de Buisson, le lève très largement. Ceux qui attaquent Buisson devraient se donner la peine de le lire. Ils comprendraient ce qu’il a voulu dire. C’est qu’on ne fait pas société, qu’on ne fait pas communauté sans religion, fût-elle séculière, fût-elle politique, fût-elle civile. Pour recourir à une image qui est familière à Buisson, la religion, c’est les murs porteurs d’une civilisation. Retirez-les, c’est l’édifice qui s’effondre.

La question que Buisson nous adresse est double. D’un, pouvons-nous faire communauté sans sacré partagé ? Deux, que répondre à l’islam, qu’opposer à sa dynamique ? Sinon en réveillant en nous le feu sacré. Celui du dieu collectif, celui que cherchait Heidegger dans le génie du lieu, celui que cherche Buisson dans la religion historique des Européens.

C’était la question que soulevait Philippe Muray dans Chers djihadistes, un livre sorti après le 11 septembre 2001, où Muray comparait, avec le brio qui était le sien, notre monde et le leur ; et où il concluait que l’Occident terrasserait l’Islam, non pas parce que l’Occident était plus fort, mais parce qu’il était plus pourri. Buisson craint que l’inverse ne se produise. Mais qu’importe après tout le vainqueur qui sortira de cette lutte entre le pourri et le confit en dévotions, nous ne nous reconnaîtrons ni dans l’un ni dans l’autre.

C’est ici qu’il ne faut pas se tromper. Si on n’a que le string à opposer au voile, alors nous sommes perdus. Si on n’a que Houellebecq à opposer à l’islam, alors nous sommes moribonds. Si on n’a que Mila à opposer au tchador, alors nous sommes finis. Si on n’a que le nihilisme à opposer au salafisme, alors nous sommes morts.

Cette ligne est néanmoins défendue depuis 2001 par les néo-cons, autrement dit le camp des occidentalistes et des atlantistes, de Bush fils (pro-migrants) à Biden (pro-migrants) ou Valls (pro-migrants). Ces gens-là pensent que l’immigration n’est pas un problème, seul l’Islam en est un (…)

La vérité, c’est qu’on ne peut pas être contre l’Islam et pour l’immigration. L’Islam n’est pas la religion historique de l’Europe. Voilà tout. L’Europe l’a rejeté par le passé à plusieurs reprises. On peut penser que l’Islam est mauvais en soi, mais d’abord et avant tout ce n’est pas le problème des Européens. Le problème des Européens, c’est que l’Islam n’est pas européen. Sauf à penser bien sûr que l’homme est un (et la femme) pour peu qu’il se défasse de son irrationalité et de ses superstitions religieuses. Telle est la position des universalistes, qui pensent que les musulmans peuvent s’installer en Occident pour peu qu’ils deviennent des Occidentaux comme les autres. Le différentialiste raisonne différemment. Les musulmans sont ce qu’ils sont, mais qu’ils le soient chez eux, pas chez nous. Patrick Buisson ne dit pas autre chose dans son livre. Ce à quoi il nous invite, c’est à une réforme intellectuelle et morale : examiner les causes de notre effondrement, pour nous donner les moyens de le surmonter.

Le diocèse de Viviers est-il suffisamment clairvoyant vis-à-vis de l’islam ?

Nous posions récemment la question de savoir si nous pouvions espérer moins de soumission et plus de clairvoyance de la part des représentants de l’Eglise de France (voir ici) et nous relevions également qu’un diocèse avait contribué avec le denier du culte au financement d’une mosquée sans en avertir ses fidèles (voir ici).

Nous découvrons aujourd’hui la place importante que le diocèse de Viviers accorde au Ramadan et aux musulmans. Ainsi, nous trouvons un article intituléComment se vit le Ramadan entre un chrétien et son épouse musulmane“. Naïvement, nous pensions qu’il s’agissait du témoignage d’un fidèle alors qu’il s’agit en réalité d’un article rédigé par un diacre permanant, délégué diocésain pour le dialogue avec les Musulmans, qui y décrit sa vie personnelle :

Cette période privilégiée permet à celle ou celui qui l’envisage une purification du corps et de l’âme, une élévation vers le Créateur de toutes choses, car « envisager », c’est deviner, pour caresser le visage du Maître de l’univers. Aussi, lorsque je regarde mon épouse, Fatima, entrer dans ce chemin de croissance, je suis heureux et je rends grâce car je constate que mon couple en récolte les fruits, gorgés de sucre (…)

L’amour est renforcé, car Dieu miséricordieux ne catalogue pas les hommes selon leur confession (…). Sans mon épouse, je sais que ma vision du « possible » serait amoindrie. Grâce à elle, à sa foi, à l’Islam qui est entré très tôt dans ma vie, j’accède un peu plus aux tréfonds de mon être, je creuse mon identité, je poursuis ma conversion, j’accomplis ma métamorphose pour que le sucre se change en miel

Ces mots sont si beaux qu’ils pourraient avoir été écrits par Michel Houellebecq dans Soumission.

Mais ce n’est pas tout. Ce même diacre permanent est l’auteur d’un message adressé aux musulmans pour marquer le début du ramadan et qui se finit par un magnifique “Inch’Allah” !

Le diocèse s’est senti obligé d’envoyer un erratum pour souligner qu’il ne s’agissait pas d’un message de l’évêque :

Message du diacre, Olivier Lemaitre (et non Mgr Balsa comme annoncé par erreur dans la newsletter N°11), aux musulmans alors que s’ouvrait le mois du Ramadan

On constatera enfin que l’évêque a prévu de participer à la fête de l’Aïd musulman à Bourg St Andéol le mercredi 12 mai prochain…

AGENDA DE L’EVEQUE

Du 10 au 23 mai 2021

Mercredi 12/05 Bourg St Andéol Fête de l’Aïd musulman

Si nous ignorons finalement si l’évêque des lieux est suffisamment clairvoyant vis-à-vis de l’islam, nous constatons en revanche qu’il semble beaucoup plus méfiant avec une communauté religieuse établie dans son diocèse, la Famille Missionnaire de Notre-Dame (FMND), au point de s’opposer à la construction d’une église nécessaire à son développement spirituel et à la sécurité de ses pèlerinages :

Après plusieurs échanges avec la Famille Missionnaire de Notre Dame, concernant le projet de construction d’une chapelle à St Pierre de Colombier (diocèse de Viviers), après avoir mis en œuvre le processus demandé par le droit de l’Eglise (…) Mgr Jean-Louis BALSA, dans son discernement d’évêque, a pris un décret n’autorisant pas la construction d’une chapelle telle qu’elle a été conçue par la Famille Missionnaire de Notre Dame (…)

A l’heure où “une mosquée est érigée en France tous les 15 jours, tandis qu’un bâtiment chrétien est détruit au même rythme” (voir ici), nous ne pouvons que regretter cette situation ubuesque où un évêque s’oppose à un des seuls projets de construction d’une église en France, de surcroit au profit d’une communauté religieuse au charisme reconnu, jeune et dynamique et dont la mission est appréciée dans de nombreux diocèses (Bayonne, Fréjus-Toulon, Vannes, Lourdes, Lyon…).

Pour en savoir plus et aider au développement de ce projet, c’est ici. Pour en savoir plus sur l’opposition politique au projet, c’est ici.

Quel est le trait commun entre l’extrême gauche, les verts et les islamistes ? La christianophobie

De Sébastien Pacull, ancien président LR de l’Hérault et candidat aux élections départementales de Sète, soutenu par le RN :

À Sète lors de deux manifestations c’est une statue de la vierge Marie qui fut grimée et transportée partout en ville. Ils l’ont même renommée sainte G-rita Thunberg. Comble de cettee affaire, les deux candidats d’extrême gauche aux élections départementales, les biens nommés Calueba et Blasco, en font la promotion. Les imaginerait-on faire de même avec les symboles d’une autre religion ? Bien heureusement non, mais cela exprime leur haine envers le christianisme et les chrétiens. Chacun appréciera cette insulte et verra clairement qui propage la haine et la discrimination dans notre pays, qui a tant besoin d’être apaisé.

Du nouveau pour la messe à Saint-Germain-en-Laye ?

Lu dans Présent :

La messe traditionnelle sera célébrée comme chaque dimanche depuis quelque temps le jeudi de l’Ascension à 11 heures devant la chapelle de l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye, et tous les dimanches jusqu’à la fin du mois de juin. Les fidèles ont écrit à Mgr Crepy qui leur a promis de les recevoir pour entendre leurs doléances. En outre, le changement de curé à Saint-Germain (le père Faure va être remplacé par le père L’Hirondel, actuel curé de La Celle-Saint-Cloud) leur fait espérer de pouvoir enfin obtenir la célébration d’une messe traditionnelle chaque dimanche et fête à un horaire compatible avec la vie familiale dans une église inoccupée de la ville (Saint-Louis à l’hôpital ou les Franciscaines avenue Foch).

Eglise de la Ferrière-de-Flée : Mgr Delmas accepte le transfert de l’affectation cultuelle

Face à l’émoi suscité, suite à la révélation sur RCF Anjou de la destruction possible de l’église de la Ferrière-de-Flée sur la commune de Segré-en-Anjou-Bleu, l’évêque du diocèse d’Angers, Mgr Delmas a confirmé aujourd’hui dans un communiqué le transfert du culte dans un autre lieu à proximité.

L’avenir de l’église Sainte-Madeleine de la Ferrière-de-Flée est l’objet de débats dans les médias depuis plusieurs jours.

Cette église est fermée pour des raisons de sécurité depuis huit ans. Ainsi, pour permettre aux habitants et à la communauté paroissiale de disposer d’un lieu de culte, j’ai accepté le transfert de l’affectation cultuelle sur un bâtiment situé à proximité immédiate.

Le souci premier du diocèse d’Angers est bien sûr le maintien d’un un lieu de prière et de vie pour tous et les communautés paroissiales locales en particulier.

Dans le même temps, je reste très vigilant quant à l’avenir des églises en Anjou et demande que tout soit mis œuvre pour que ce patrimoine commun puisse perdurer.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Réponse du vicaire général du diocèse, le Père Pascal Batardière sur RCF :

Une pétition contre cette destruction est en ligne sur l’Observatoire de la christianophobie.

« Les propos de la nouvelle tribune des militaires sont durs. Ça me ravit, c’est ce que je diagnostique depuis des années.»

Après avoir traité du triste bilan laissé par François Mitterrand, Eric Zemmour aborde la tribune des militaires d’active

Des sociologues jugent les études de race et de genre médiocres et délirantes

Marianne montre que les idéologies du gender et du racialisme sont basées sur des fake news :

Souvent invoquées comme gages scientifiques à des propos militants, que valent vraiment les « gender studies » et les « racial studies » ? Au-delà des querelles de vocabulaire, c’est la rigueur de ces travaux se réclamant des sciences sociales qui est fréquemment remise en cause par des sociologues.

Tout à coup, en pleine discussion avec la militante Rokhaya Diallo, voilà le journaliste Daniel Schneidermann totalement largué. « Si vous me dites que moi, je suis racisé en tant que blanc, je suis perdu là », s’étonne le créateur d’Arrêt sur images dans un extrait vidéo qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. « La racialisation ne se fait pas que sur les personnes minoritaires, lui opposait Rokhaya Diallo. Les Blancs sont aussi racisés, à leur avantage ». Car, affirme-t-elle, « “racisé” en fait, c’est le fait d’un processus, c’est donc un statut sociologique. »

C’est devenu fréquent. Sur les plateaux TV, dans les pages des magazines, on aperçoit des militants féministes et antiracistes manier, l’air décidé, une rhétorique où ils invoquent la « sociologie » et les « sciences sociales ». Pourtant, leurs thèses et concepts sur le « genre » ou la « race » sont à mille lieues de faire consensus. « Quand Rokhaya Diallo explique que le terme “racisé” est un terme admis par l’ensemble des sciences humaines et sociales, son analyse est un peu trop catégorique, réplique ainsi Arnaud Saint-Martin, sociologue et chercheur au CNRS. Tout le vocabulaire sociologique est lieu de discussion, voire de controverse. Il n’y a pas de concepts qui soient invulnérables à la critique. »

De fait, en, France, plusieurs écoles de sociologie s’écharpent sur les racial studies ou les gender studies. Ces approches transdisciplinaires se proposent d’étudier, par exemple, les discriminations raciales ou les systèmes patriarcaux. « Faut-il brûler les studies ? » questionnait dès 2012 le journaliste et sociologue Xavier Molénat. Il insistait sur le duel qui se joue dans l’arène des sciences sociales entre, d’une part, ceux qui accusent ces travaux de « médiocrité militante » et ceux qui, d’autre part, soulignent les « avancées académiques » qu’ils ont permises. Quelles sont-elles, ces avancées, au juste ? Et ces travaux respectent-ils toujours les scrupuleuses règles de la méthode sociologique ?

Lutte contre le séparatisme façon LREM : une candidate porte le voile

La tête de liste Michaël Delafosse a présenté les candidats de la liste “Unis pour Montpellier”, en précisant le mot d’ordre :

“Se mobiliser contre l’extrême droite. Les amis de M. Ménard sont très organisés et mobilisés pour cette élection. Il faut parler projets, mais aussi, bien identifier qui nous ne voulons pas voir gagner.”

Parmi les colistiers de “Unis pour Montpellier”, on trouve de la gauche et de l’extrême gauche : Sébastien Christol (PS), Corinne Gournay Garcia (PCF), Jacqueline Markovic (EELV), Renaud Calvat (PS).

Rogations

Dans son ouvrage La Fin d’un monde, Patrick Buisson évoque notamment la disparition forcée des dévotions populaires. Plutôt qu’une déchristianisation, il parle d'”exchristianisation”, puisque les catégories populaires ont été privées de leurs traditions liturgiques.

En cette époque de militantisme écologique, il est utile de revenir à cette dévotion :

A la suite de calamités publiques qui s’abattirent au Ve siècle sur le diocèse de Vienne, en Dauphiné, S. Mamert établit une procession solennelle de pénitence les trois jours qui précédaient la fête de l’Ascension. Par une prescription du concile d’Orléans de 511, cet usage se répandit dans le reste de la France. En 816, Léon III l’adopta pour Rome et il fut bientôt étendu à l’Église entière. Les litanies des Saints, les psaumes et oraisons que l’on y chante, sont des prières de supplication ; de là leur nom de Rogations. Sans cesser d’implorer les bénédictions de Dieu pour toute la vie de l’Église, les Rogations sont devenues principalement, à cette époque de l’année, une prière pour obtenir l’abondance des fruits de la terre. En signe de pénitence, on emploie la couleur violette et on n’allume pas le cierge pascal.

Dans son Année Liturgique, Dom Guéranger écrit :

[…] Si l’on compare le zèle de nos pères pour la sanctification de ces trois journées avec l’insouciance qui accompagne aujourd’hui, surtout dans les villes, la célébration des Rogations, on ne saurait manquer de reconnaître ici encore une des marques de l’affaiblissement du sens chrétien dans la société actuelle. Combien cependant sont importantes les fins que se propose la sainte Église dans ces Processions auxquelles devraient prendre part tant de fidèles qui ont des loisirs pieux, et qui, au lieu de les consacrer à servir Dieu par les œuvres de la vraie piété catholique, les consument dans des exercices privés qui ne sauraient ni attirer sur eux les mêmes grâces, ni apporter à la communauté chrétienne les mêmes secours d’édification !

[…]

En écrivant ces lignes destinées à expliquer aux fidèles les motifs d’une institution que l’Église a sanctionnée par ses ordonnances, il nous vient en mémoire que, dans ces dernières années, l’abaissement des mœurs chrétiennes est venu à tel point parmi nous, que plusieurs Évêques ont cru devoir solliciter du Siège apostolique la remise de l’abstinence en ces trois jours, après tant de siècles, et dans cette même France qui, par son exemple, avait imposé à toute la chrétienté la solennité des Rogations. C’est donc une expiation de moins, une intercession de moins, un secours de moins, en un siècle déjà si appauvri des moyens par lesquels la vie chrétienne se conserve, par lesquels le ciel est fléchi, les grâces de salut obtenues. Puissent les vrais fidèles en conclure que l’assistance aux Processions de ces trois jours est devenue plus opportune que jamais, et qu’il est urgent de compenser, en s’unissant à la prière liturgique, l’abolition d’une loi salutaire qui datait de si loin, et qui, dans ses exigences, pesait si légèrement sur notre mollesse !

Selon la discipline actuelle de l’Église, les Processions des Rogations, dont l’intention est d’implorer la miséricorde de Dieu offensé par les péchés des hommes, et d’obtenir la protection céleste sur les biens de la terre, sont accompagnées du chant des Litanies des Saints, et complétées par une Messe spéciale qui se célèbre soit dans l’église de la Station, soit dans l’église même d’où la Procession est partie, si elle ne doit pas s’arrêter dans quelque sanctuaire.

On ne saurait trop estimer les Litanies des Saints, à cause de leur puissance et de leur efficacité. L’Église y a recours dans toutes les grandes occasions, comme à un moyen de se rendre Dieu propice, en faisant un appel à la cour céleste tout entière. Si l’on ne pouvait prendre part aux Processions des Rogations, que l’on récite du moins ces Litanies en union avec la sainte Église : on aura part aux avantages d’une si sainte institution, et on contribuera à obtenir les grâces que la chrétienté sollicite de toutes parts en ces trois jours ; enfin on aura fait acte de catholique.

El-Azhar, Vatican de l’islam ?

D’Annie Laurent dans La Petite feuille verte :

Une tendance fréquente en Europe consiste à appliquer à l’islam les principes qui régissent le christianisme. Cela se vérifie non seulement pour la doctrine mais aussi pour l’organisation de la religion. Le regard porté sur l’Université-Mosquée d’El-Azhar, située au Caire, en est une illustration particulièrement éloquente. Cette institution n’est-elle pas perçue par bien des Européens, chrétiens ou pas, comme l’équivalent du Vatican ?

Il convient donc de clarifier ce qui apparaît comme une réelle confusion. Pour bien situer la question, nous commençons par une vue d’ensemble concernant la manière dont l’islam définit l’autorité magistérielle. Nous nous limitons ici à la version sunnite, en raison de sa primauté numérique au sein de l’Oumma (la communauté mondiale des musulmans), car c’est d’elle que relève El-Azhar. Le statut de cette dernière et son rôle dans le monde musulman d’aujourd’hui feront l’objet de la prochaine PFV.

LE CALIFE, LIEUTENANT D’ALLAH ?

L’histoire officielle de l’islam retient l’institution du califat comme organe chargé de gouverner l’Oumma. Toutefois, selon la tradition, de son vivant Mahomet n’a désigné aucun successeur et n’a créé aucune institution destinée à assurer la pérennité de sa mission, à veiller à l’élaboration du dogme de l’islam et à la fidélité aux enseignements du Coran. Ce dernier, bien qu’étant considéré comme émanant directement d’Allah, ne donne aucune indication à ce sujet, même si tout musulman est appelé à être khalifât Allah (« lieutenant de Dieu »).

Allah a promis à ceux d’entre vous qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes d’en faire ses lieutenants sur la terre, comme il le fit pour ceux qui vécurent avant eux. Il leur a promis aussi d’établir fermement leur religion qu’il lui a plu de leur donner et de changer, ensuite, leur inquiétude en sécurité (24, 55).

L’expérience califale

Ce sont les quatre premiers successeurs de Mahomet, choisis parmi ses parents et/ou compagnons (Abou Bakr, Omar, Othman et Ali), qui, de 632 à 661, auraient posé à Médine les fondements d’un pouvoir politico-religieux appelé califat, raison pour laquelle ils furent par la suite appelés les « califes bien guidés » (ou « dirigés »).

Ce fut une période troublée, ponctuée de trahisons et de violences, épisodes dont la réalité est assumée par la tradition islamique sous l’appellation « Grande Discorde » (Fitna el-Kubra) et sur lesquels l’universitaire tunisienne Hela Ouardi apporte des éléments historiques nouveaux et aggravants. Cf. Les derniers jours de Muhammad ; Les Califes maudits, t. 1 et 2 (Albin Michel, 2016 et 2019).

Historiquement, on ne peut en fait pas vraiment parler de califat avant 685, date de l’avènement d’Abd el-Malik, issu du clan omeyyade. Il est le premier dont on ait la preuve réelle qu’il a porté le titre de calife d’Allah, comme en témoignent ses monnaies.

Drachme frappée par Abd el-Malik vers 694-95 ; il figure, la main sur l’épée, avec la mention en arabe khalifat allah (calife de Dieu) et amir el-muminin (commandeur des croyants)

Les divisions et rivalités n’ont jamais cessé au cours de l’histoire. « La plus grande source de discorde au sein de l’Oumma est le califat. Jamais principe religieux n’a fait couler autant de sang en islam », remarquait au Xème siècle à Bagdad le juriste Abou el-Hassan el-Achari. Le politologue Nabil Mouline, chercheur au CNRS, a choisi cette citation pour introduire son livre Le Califat, histoire politique de l’islam (Flammarion, 2016), dans lequel il retrace ces péripéties qui ont engendré l’éclatement de l’Oumma en confessions antagonistes, le sunnisme et le(s) chiisme(s), auxquelles s’ajoutent les dissidences surgies au sein de ce dernier (kharijisme, alaouitisme, druzisme).

Suite à la période initiale, au fil des siècles, le siège califal a été occupé par des dynasties de diverses obédiences, le plus souvent sunnites (Omeyyade à Damas, Abbasside à Bagdad). A partir de 945, une dynastie chiite, les Fatimides, a dominé le califat au Caire jusqu’en 1055. Celui-ci est revenu au sunnisme avec la victoire de Saladin (1171), puis celle des Mamelouks égyptiens (1261). Il y eut parfois des titulaires concurrents (Bagdad, Cordoue, Le Caire). Enfin, les Turcs ottomans, après avoir conquis l’Égypte (1517), installèrent le califat à Istamboul où il restera jusqu’en 1924, date de son abolition par Atatürk, fondateur de la république turque. Plusieurs souverains (El-Hussein ibn Ali, émir de La Mecque, et Fouad 1er, roi d’Égypte) ont alors essayé de s’emparer de l’institution califale pour leur propre compte, mais sans succès. Cf. la frise chronologique ci-dessous.

Malgré ces échecs, une grande partie des musulmans sunnites se sentent comme orphelins du califat. Parmi eux, les islamistes actuels portent sur lui un regard idéalisé, voire mythifié dans sa supposée perfection originelle. Cela explique le succès de l’éphémère pseudo-califat établi en Irak et en Syrie en 2014 sous le nom d’Etat islamique (Daech) jusqu’à sa chute en 2019.

« Restaurer le califat bien dirigé demeure un rêve qui taraude les esprits de nombreux intellectuels et militants jusqu’à nos jours. La plupart des écrits religieux et littéraires – et maintenant les séries, les émissions, les documentaires et les films – continuent à affirmer que le califat bien dirigé est le meilleur des régimes bien qu’il n’ait jamais existé en réalité » (Mouline, op. cit., p. 145).

Mission et attributions du calife

Le calife est « le représentant et le délégué d’Allah » ; il est aussi le « commandeur des croyants », titre que le roi du Maroc, qui revendique son appartenance à la lignée généalogique de Mahomet, a emprunté au deuxième calife, Omar ibn el-Khattâb, et qu’il porte encore.

La tradition affirme que pour diriger les affaires temporelles et spirituelles des « croyants » le calife reçoit l’inspiration divine et un pouvoir surnaturel qui font de lui « un être exceptionnel, quasiment infaillible ». « Son statut est donc sacré, son pouvoir est absolu et sa puissance est universelle » (Mouline, op. cit., p. 61).

Il résulte de recherches récentes que le calife Abd el-Malik (685-705), évoqué ci-dessus, fut le premier à prendre le titre de khalîfat Allah (« lieutenant de Dieu »). C’est lui qui canonisa le Coran et imposa le mot « islam » (soumission à Allah), peu usité jusque-là, ainsi que la langue arabe, consacrant alors la religion préfigurée par Mahomet « comme la religion définitive qui efface et accomplit le judaïsme et le christianisme – autrement dit qui les rend caducs, aussi bien sur le plan de la foi que sur le plan de la loi » (Guillaume Dye, « Questions autour de sa canonisation », Le Coran des historiens, Cerf, 2019, t. 1, p. 904).

Après lui, malgré le pouvoir exorbitant revendiqué par les « lieutenants d’Allah », ses successeurs califes eurent très tôt à affronter la concurrence des oulémas, montre le jésuite Henri Lammens, historien et islamologue. Ces savants en sciences religieuses, « héritiers des prophètes » auxquels revient, selon un hadîth (propos attribué à Mahomet), « la mission de nouer et de dénouer », ont, dès les premiers siècles, servi de guides aux califes (L’Islam, croyances et institutions, Dar el-Machreq, Beyrouth, 1943, p. 125). Puis, ils les ont dépossédés de leurs prérogatives doctrinales et même de leurs titres religieux, remettant définitivement en cause les prétentions théocratiques du califat. A partir du Xème siècle, les califes « ne peuvent plus intervenir directement dans le processus de définition du dogme et de la Loi ». Il ne leur reste que la gestion des affaires temporelles (cf. Mouline, op. cit., p. 102-106).

L’ISLAM SANS MAGISTÈRE AUTHENTIQUE

Pour l’interprétation des textes sacrés, notamment ceux qui concernent le droit religieux, l’islam dispose du consensus (ijmâ) en vertu d’un propos (hadîth) attribué à Mahomet selon lequel « ma communauté ne s’accordera jamais dans l’erreur » (cité par Lammens, op. cit., p. 124). L’Oumma serait donc infaillible.

Un consensus impossible

Mais ce principe se heurte à plusieurs obstacles, explique Henri Lammens. D’abord, « quels en seraient les témoins, les interprètes qualifiés ? L’absence d’une hiérarchie dûment autorisée, placée au-dessus de toute contestation, n’a jamais permis de s’entendre pleinement sur cette matière » (op. cit., p. 125).

Ensuite, il s’agit d’un « phénomène spontané », « une manifestation de ce qu’on peut appeler l’instinct religieux du peuple croyant ». Lammens conteste l’idée selon laquelle « cette souplesse pouvait être utilisée pour adapter la charia aux besoins modernes » et qu’un consensus antérieur pourrait être modifié par un autre, comme le pensent des modernistes musulmans. L’accord doctrinal n’établit rien. On ne peut que constater son existence. Il regarde en arrière et non en avant, non pas l’avenir mais le passéQuand il arrive aux docteurs de l’invoquer, c’est uniquement pour justifier et légitimer des innovations qui se sont imposées, pour les rattacher laborieusement à la “Sunna (Tradition) des pieux ancêtres”, c’est-à-dire à une législation considérée comme immuable et non pour contester la perpétuité de la TraditionIl semble donc téméraire de vouloir envisager l’ijmâ comme un instrument éventuel de réformes à introduire dans la charia, en vue de l’adapter aux besoins du jour » (ibid., p. 128-129).

L’échec de la raison

Il y eut en outre la parenthèse du moutazilisme (de motazil, qui s’isole), ce courant de pensée apparu à Bagdad au IXème siècle, qui prônait le libre-arbitre et le recours à la raison dans le rapport au Coran. D’abord reconnu officiellement par le calife Abdallah el-Mamoun (813-833), il fut déclaré hors-la-loi par l’un de ses successeurs, Ala Ilah el-Moutawakkil (847-861), initiative qui préluda à la fermeture de la porte de l’ijtihâd (effort d’interprétation) décidée par le calife Bi Ilah el-Qadir (992-1031). Sur ce sujet, cf. A. Laurent, l’Islam pour tous ceux qui veulent en parler (Artège, 2017, p. 24-25).

« Il semble que le point doctrinal qui a attiré le plus le souverain vers ce courant soit l’affirmation que le Coran est une création de Dieu. Cela veut dire de manière schématique que ce texte reflète un moment historique bien déterminé. Par conséquent, il ne peut répondre aux besoins des croyants dans des réalités spatio-temporelles différentes. Le calife, en tant que guide inspiré qui pratique l’ijtihâd, peut jouer le rôle d’intermédiaire entre l’homme et Dieu » (N. Mouline, op. cit., p. 102).

Le dogme du Coran incréé a mis fin à cette ouverture. « Depuis lors, savants et fidèles sont tous réduits au taqlîd, la soumission aveugle et sans restriction aux décisions d’une des quatre écoles orthodoxes », remarque Lammens (op. cit., p. 129).

Disparité des écoles juridiques

Ces écoles sunnites (hanéfite, malékite, chaféite et hanbalite), dont les noms s’inspirent de leurs fondateurs, ont vu le jour au IXème siècle. Or, elles reposent sur la base de philosophies du droit différentes, voire divergentes, et elles ne s’accordent pas sur les références historiques pour parvenir à un consensus. La réalisation de ce dernier se heurterait d’ailleurs à l’autonomie de chacune des écoles, puisque celle-ci demeure en vigueur tout en se partageant l’aire islamique mondiale. Il en résulte que l’Oumma est tiraillée entre plusieurs autorités, aucune d’entre elles ne pouvant prétendre à une légitimité religieuse reconnue par l’ensemble des musulmans et apte à délivrer un enseignement réputé authentique. Ce phénomène concerne aussi les oulémas au sein d’un même pays et d’une même école.

« Chez les sunnites, l’ijmâ n’est pas, comme dans le christianisme, le résultat de réunions synodales et de décisions conciliaires. Il manque à l’islam une hiérarchie, ayant mission de veiller officiellement sur le dépôt de la révélation coranique […]. Ne pouvant s’appuyer que sur la doctrine d’une de ces écoles, les décisions prises en commun demeureraient sans valeur obligatoire pour les autres écoles » (Lammens, op. cit., p. 132).

Carte des écoles de jurisprudence musulmane sunnite et des courants chiites
(CC BY-SA 3.0)

Nulle institution ne peut donc revendiquer le privilège de l’ijtihâd absolu, y compris El-Azhar. « Quand ceux [les oulémas] de l’Université d’El-Azhar, au Caire – un des centres du chaféisme – émettent un avis collectif sur une question concernant tout l’islam, ils ont conscience – au besoin on se charge de le leur rappeler – qu’ils ne parlent qu’au nom des chaféites » (ibid., p. 133).

Pour Mouline, l’idéalisation des quatre premiers califes (cf. supra) n’apporte aucune solution à l’absence de magistère authentique : « Le mythe des califes bien dirigés, qui est davantage une fable de la mémoire qu’un fait de l’Histoire, exprime de manière claire la nostalgie de l’élite religieuse sunnite d’un âge archétypal, une sorte d’état de nature musulman […]. Rétablir ce paradis perdu deviendra le leitmotiv de la plupart des mouvements politico-religieux qui aspirent à s’emparer du pouvoir dans le monde musulman, et ce jusqu’à nos jours » (op. cit., p. 58).

POUR CONCLURE

Du côté sunnite (comme du côté chiite), il est donc impossible de conférer une origine divine au califat. Autrement dit, son titulaire n’est pas « le Pontife des musulmans » comme le laissait entendre une expression courante dans les écrits européens aux XVIIIème-XIXème siècles (cf. Mouline, op. cit., p. 172). Le Père Lammens regrette cette confusion, reprochant à des « orientalistes inventifs » d’avoir assimilé le califat ottoman au Pontificat romain. « Jamais l’orthodoxie sunnite n’a confondu le calife avec un simulacre de hiérarque chrétien : Pape ou Patriarche » (op. cit., p. 143).

En revanche, l’Église et la papauté ressortent d’une volonté explicite de Dieu comme en témoigne l’Évangile. S’adressant à celui qui allait être le premier pape, le Christ lui dit : « Simon fils de Jean, je te le déclare : Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et la puissance de la mort n’aura pas de force contre elle » (Mt 16, 18). C’est également sur des paroles du Christ, citées dans les Évangiles, que reposent l’autorité, la structure hiérarchique et le magistère authentique de cette société. Cf. à ce sujet, P. Louis-Marie de Blignières, « Le Royaume de Dieu, c’est l’Église », Sedes Sapientiae, n° 153, sept. 2020, p. 3-12.

L’échec de l’expérience califale illustre l’incapacité du monde musulman à se doter d’une autorité revêtue d’un pouvoir magistériel engageant toute l’Oumma. Au fond, celle-ci se trouve dans une situation comparable à celle du protestantisme, qui est dépourvu de toute unité. Ce qui conduit Yadh Ben Achour, juriste tunisien, à considérer que « le malheur de l’islam a peut-être été de ne pas avoir eu son Église catholique » (La deuxième Fatihâ. L’islam et la pensée des droits de l’homme, PUF, 2011, p. 180).

Avortement : Discours radicaux des féministes au Parlement européen

Voici des extraits de débats au Parlement européen sur l’avortement. Ces débats en commission parlementaire du 25 mars ont préparé le vote sur un projet de résolution pro-IVG, qui a lieu en commission des droits des femmes les 10 et 11 mai et en plénière lors de la session du 23-24 juin.

 

C’est arrivé un 10 mai…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

le 10 mai 1537 : Jacques Cartier est en France.
En guise de dédommagement des frais engagés, Cartier reçoit l’Hermine, un navire de 110 tonneaux, avec tous les appareils et munitions qui restent du précédent voyage dont ses 12 canons.

le 10 mai 1696 : décès de Jean de La Bruyère, écrivain français.
Né à Paris le 17 août 1645, il devient célèbre en 1688 pour son seul ouvrage, “Les caractères ou les mœurs de ce siècle”. Jean de La Bruyère est alors parmi les derniers écrivains à privilégier le style littéraire. En 1693, il est enfin élu à l’Académie française, en remplacement de l’abbé Pierre de La Chambre. Il décède à Versailles suite à une crise d’apoplexie le 10 mai 1696.

le 10 mai 1755 : arrestation de Mandrin.
500 soldats français déguisés en paysans pénètrent en Savoie et arrêtent le brigand Mandrin à la ferme fortifiée de Rochefort-en-Novalaise. Il utilisait la Savoie comme base de repli entre deux expéditions en France.

le 10 mai 1774 : mort du Roi de France Louis XV.
Louis XV « le Bien-aimé » reçoit l’extrême onction à Versailles, administrée par l’évêque de Senlis, Armand. Il meurt de la petite vérole à l’âge de 65 ans, après une difficile mais très pieuse agonie. Si son début de règne est pacificateur et heureux, période où le Roi fait preuve d’une piété et d’une ferveur avec la Reine Maria Leczinska assez exceptionnelle, la seconde partie est marquée par la débauche de la cour qui suit l’exemple de son maître et par le développement des idées des philosophes qu’il laisse empoisonner l’opinion française.

le 10 mai 1794: la colonne infernale Dusirat incendie la forêt de Vezins et les stocks de grains et farine qu’il y trouve.
le 10 mai 1794 : Mme Elisabeth, sœur de Louis XVI est guillotinée place de la Révolution à Paris.
De toute la famille royale, c’est la seule qui a toujours refusé de quitter le Roi et de fuir à l’étranger.

le 10 mai 1796 : Bonaparte remporte la bataille du Pont de Lodi, en Italie.
le 10 mai 1804 : Bonaparte reçoit le cardinal Caprara.
Il exprime le désir d’être sacré empereur par le pape, il a simplement besoin de la présence papale pour cautionner la cérémonie et singer les sacres des Rois de France. Mais son esprit embrumé par les théories des philosophes ne peut pas comprendre que la puissance du sacre donnée aux Rois vient de Dieu et de l’engagement royal à défendre la foi catholique et a lutter pour le vrai bonheur de leurs peuples. Le sacre des Rois est le Pacte de Reims renouvelé entre un Dieu, un peuple et une personne royale choisie par Dieu. Le sacre de Napoléon est sacrilège et grotesque. (cf. la chronique du 2 décembre).

le 10 mai 1871 : signature du traité de Francfort.
Le gouvernement provisoire de la république accepte de payer une indemnité de 5 milliards de franc-or, avec présence d’une armée d’occupation jusqu’au paiement de cette somme et surtout, la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine. Guillaume 1er, roi de Prusse, a déclaré le 18 janvier 1870, à Versailles, lors de la proclamation de l’empire :

” Je n’ai pas vaincu les Français, Dieu me les a livrés”

le 10 mai 1940 : l’Allemagne envahit les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France.
C’est la fin de la «drôle de guerre ». L’exode commence. Les Pays-Bas capitulent le 15 ; le Luxembourg capitule le jour même, la Belgique le 27. En Angleterre Churchill devient premier ministre en affirmant :

“Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, de la sueur et des larmes.”

Les troupes allemandes franchissent les Ardennes au grand dam des Français, évitant les fortifications de la ligne Maginot, que l’inconsistance des dirigeants français n’a pas prolongée sur toutes les frontières. La percée de Sedan est une opération décisive de la bataille de France qui commence.

le 10 mai 1954 : le recensement dénombre 43 millions de Français.
L’avortement n’assassinait pas encore plus de 200 000 Français par an, à cette époque. Il faut rappeler qu’en 1789 la France est le pays le plus peuplé au monde avec 28 millions d’habitants. En 1790, la Russie l’égale, puis la Dépasse. En 1795, l’Inde fait de même. En 1914, la France compte 40 million d’habitants, la Russie 160 millions, l’Allemagne 65 et l’Angleterre 43 millions ! Le suicide français est ancien et bien lié à la disparition de la monarchie française.

le 10 mai 1968 : la “nuit des barricades”.
Combats de rues, voitures incendiées, rues dépavées, vitrines brisées, centaines de blessés, le pays se réveille stupéfait.

le 10 mai 1981 : F. Mitterrand est élu contre V. Giscard d’Estaing.

Patrick Buisson : En tant que catholique, je ne me scandalise pas qu’un croyant puisse mettre la loi naturelle au-dessus des lois de la République

Dans l’entretien à Valeurs Actuelles, Patrick Buisson évoque le problème de l’islamisation :

Comment demander aux musulmans de s’assimiler à une société qui n’est plus approvisionnée en religieux et en sacralité ? Dans les années soixante, l’assimilation était encore possible dans la mesure où subsistait, d’une part, une identité forte et attractive du patriotisme français comme religion séculière et, d’autre part, une proximité morale et symbolique entre l’islam et les valeurs chrétiennes. Ces creusets-là n’existent plus.

Certains affirment que les “valeurs de la République” pourraient jouer ce rôle…

De quelles valeurs parlez-vous ? Si ce sont celles du Comité de salut public qui a inventé, en 1793, le terrorisme d’État et servi de matrice à tous les totalitarismes du siècle dernier, alors, oui, il y a une continuité dans la barbarie et le fanatisme entre les adeptes du “rasoir national” et les sectateurs de Dae’ch, entre la décollation et la décapitation. Pour le reste, peut-il y avoir respublica, c’est-à-dire chose commune, lorsqu’il n’y a ni commun substantiel ni projet collectif entre les musulmans et les Français de souche ? Seulement un vague règlement de copropriété qu’on appelle “vivre-ensemble” et qu’au demeurant personne ne respecte. « On n’habite pas une séparation », a dit magistralement Pierre Manent.

À qui la faute ?

Un certain fondamentalisme républicain est incontestablement à l’origine du processus de radicalisation des musulmans de France. Parce que faute de ressources et d’appareil symbolique pour faire religion à la place de la religion, il s’enferme dans le déni du besoin anthropologique de religieux, dans le rejet de toute dimension sacrée de la vie humaine, le laïcisme n’est pas la solution mais une partie du problème. Sans compter la dérive libertaire, individualiste et hédoniste de la société française qui nourrit chez les musulmans un double sentiment explosif d’infériorité en termes de puissance et de supériorité en termes de civilisation. Comment, face à une société qu’ils jugent décadente et apostate, les musulmans ne se sentiraient-ils pas agressés dans leur être de croyant et leur identité profonde ? L’islam n’est au fond que le miroir qui nous renvoie l’image de tout ce que nous avons perdu, et notamment l’idée même du sacré qui nous est devenue complètement étrangère.

Vous les comprenez ?

Nous sommes le seul pays d’Europe où les signes religieux extérieurs sont pratiquement bannis de l’espace public alors que la pornographie de la marchandise et l’obscénité publicitaire s’étalent à tous les coins de rue et sur tous les écrans. J’ai plus de respect pour un musulman qui fait sa prière cinq fois par jour que pour un bobo écolo à trottinette. Plus de respect pour la pudeur d’une femme voilée que pour les lolitas de 13 ans en string. En tant que catholique, je ne me scandalise pas qu’un croyant puisse mettre la loi naturelle au-dessus des lois de la République.

Alors la guerre civile est inéluctable ?

Non. Le problème n’est pas tant l’islam que l’immigration. Faute d’assimilation possible, il faut prévenir les risques de conflit par une politique volontariste qui s’attache à réduire, par tous les moyens et de façon drastique, le poids démographique de l’islam en France, tout en laissant les musulmans parfaitement libres de pratiquer leur religion sur le territoire national.

Quel est pour vous l’ennemi principal ?

Ce n’est à coup sûr ni l’immigré ni le musulman. Mais bien plutôt la classe dirigeante qui, droite et gauche confondues, a créé, en toute impunité sinon en pleine conscience, les conditions de l’explosion qui nous menace aujourd’hui. Après un honteux déni du réel, on assiste, désormais, à l’émergence d’un nouveau politiquement correct à l’intérieur du politiquement incorrect. Il consiste à donner des gages sur les enjeux de société au progressisme libertaire (infanticide des enfants de neuf mois, euthanasie, PMA-GPA) pour mieux faire passer, sous couvert de lutte contre l’islamisme et l’immigration, un discours de classe contre tous les laissés-pour-compte, les réfractaires et les indésirables de la modernité. Comment ne pas mépriser ce monde de la délation, du lynchage et de la ratonnade médiatique ?

Nouvelle tribune de militaires d’active : Déjà 210 000 signatures et plus d’un million de vues [ADD.]

La Salon beige l’avait mise en ligne dès dimanche soir. Publiée sur Valeurs actuelles, cette tribune rédigée par des militaires d’active connait déjà un succès important.

Sur CNews, le rédacteur en chef adjoint de valeurs actuelles, Tugdual Denis, a déclaré qu’il communiquerait ultérieurement sur le nombre de militaires d’active qui la signeront. Valeurs actuelles met en place une plate-forme sécurisée pour recueillir les signatures des militaires d’active, sans qu’ils soient inquiétés, étant donné les sanctions qu’ils encourraient. Par ailleurs, chaque citoyen peut soutenir la tribune ici.

Ce texte, porté par plusieurs soldats « récemment entrés dans la carrière », est ouvert à la signature des citoyens français. Avec un succès certain : ce lundi matin, la tribune recueillait déjà quelque 74 000 soutiens et avait été lue plus d’un million de fois en quelques heures (…)

Dans ce texte, les militaires signataires appellent les responsables politiques à agir. « Il ne s’agit pas, cette fois, d’émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s’agit pas de prolonger vos mandats ou d’en conquérir d’autres. Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays », écrivent-ils. « Hommes et femmes, militaires en activité », ces soldats ont combattu en Afghanistan, au Mali ou encore en Centrafrique. « Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol », dénoncent-ils.

Addendum : le titre sera mis à jour au fur et à mesure de la journée en fonction de l’évolution du nombre de signataires: 76 000, 80 000, 130 000, 145 000, 153 000, 163 000, 210 000…

La liberté libérale aboutit à l’esclavage

Dans L’Homme Nouveau, Thibaud Collin évoque l’ouvrage de Patrick J. Deneen, professeur de sciences politiques à l’université Notre-Dame (Indiana, USA), Pourquoi le libéralisme a échoué. Extrait :

Vous pouvez commander ou vous abonner à L’Homme Nouveau ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

Les corporations, une autre conception de l’économie

Guillaume Travers, Docteur en économie, est interrogé dans Le Bien Commun à propos des corporations. Extrait :

Vous pouvez commander ou vous abonner au Bien Commun ici ou le retrouver chaque mois sur Le Club de la Presse.

“Il faut procéder au bouclage des 600 territoires perdus de la République, y compris avec le renfort de l’Armée”

Selon le syndicat France Police, qui adresse, à son tour, une lettre ouverte au président de la République :

Monsieur Le Président de la République,

A douze jours d’intervalle, une collègue a été égorgée par un terroriste islamiste à Rambouillet tandis qu’hier, un second fonctionnaire a été abattu par balle à Avignon par un membre d’un gang de narcotrafiquants.

Le temps des belles cérémonies d’hommage est révolu. Vous devez passer des bougies à l’action politique. Ce n’est pas avec des larmes qu’on mène une guerre.

Vous dites vous battre pour le droit à la vie paisible mais ce combat ne se gagne pas avec des mots.

Les policiers et les gendarmes ne peuvent pas se défendre en raison d’un texte sur la légitime défense trop flou, laissant le champ libre à toutes les interprétations jurisprudentielles.

Le police bashing permanent orchestré par les médias et les people entrave considérablement notre action.

En bout de chaîne, la faillite de l’appareil judiciaire annihile notre travail d’investigation.

Les Français ne croient plus en leur justice. La manifestation pour réclamer justice pour Sarah Halimi en est la preuve éclatante.

La population n’a plus confiance dans nos services et s’arme pour se défendre elle-même face aux criminels, les évènements de Stalingrad ne sont qu’un exemple parmi tant d’autres.

Si vous ne voulez pas terminer votre mandat avec le pire bilan en matière de sécurité de l’histoire moderne, notre syndicat de police vous invite à recourir aux dispositions prévues par la loi n° 55-385 du 3 avril 1955.

Dans le cadre de l’état d’urgence, il faut procéder au bouclage des 600 territoires perdus de la République, y compris avec le renfort de l’Armée, en contrôlant et en limitant les entrées et sorties de ces zones par des checkpoints sur le modèle israélien de séparation mis en place avec les territoires palestiniens.

Parallèlement, en recourant au 49-3, il faut adopter en urgence une réforme de la légitime défense pour les policiers et les gendarmes leur permettant d’ouvrir le feu dès lors qu’un fuyard n’obtempère pas ou qu’ils sont l’objet de tirs de mortiers et d’artifices ou de jets de cocktails Molotov.

Notre syndicat de police vous recommande de vous inspirer du modèle brésilien et Philippin en matière de lutte contre le narco-terrorisme.

Les présidents Bolsonaro et Duterte obtiennent d’excellents résultats en ayant donné carte blanche à la police pour reprendre le contrôle des zones de non droit.

L’heure n’est plus au en même temps. Il ne peut y avoir de compromis avec les terroristes et les dealers. Les hésitations, les frilosités politiques et autres tergiversations profitent aux narco-terroristes.

Certain de votre détermination à ne pas abandonner définitivement notre Nation aux mains des trafiquants, recevez, Monsieur Le Chef de l’Etat, l’expression de mon plus profond respect Républicain.

Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police – Policiers en colère.

Le cerveau des progressistes n’était pas équipé pour le surgissement d’un événement moyenâgeux du type coronavirus

Patrick Buisson publie un ouvrage dense sur La fin d’un monde, cette période de 1960-1975, à propos de laquelle il décrypte la fin du monde paysan (qu’il avait déjà évoqué dans son film Les derniers Gaulois) et de la France chrétienne, signe de notre décadence. Interrogé dans Valeurs Actuelles, il déclare :

[…] Tout s’est noué ou plutôt dénoué à ce moment-là, au cours de ce que le grand historien Pierre Chaunu a appelé « l’instant du malheur ». En l’espace de quelques années, on ouvre le comptoir des soldes qui s’emballe aussitôt en une grande braderie : la seconde mort de Dieu dont l’enterrement religieux, comme il se doit, a pris devant l’histoire le nom de “concile Vatican II”, la destruction programmée du catholicisme rituel et festif des petits et des humbles – celui des Rogations et de la Fête-Dieu, celui des saints intercesseurs et du rosaire -, le krach de la foi, l’offensive libertaire contre la verticalité et le “nom du père” en tant que principe et source d’autorité, la destitution biologique, juridique et sociale de la paternité avec la pilule et la déchéance du pater familias, la dissolution de la famille au nom du droit au bonheur individuel, le sexe comme ersatz de l’amour, le remplacement des traditions populaires par une culture de masse importée de l’étranger, l’ethnocide des campagnes, la fin des paysans et la déconstruction des paysages, soit, dans la novlangue techno, le remembrement qui a saccagé la France à la fin des années cinquante.

En quoi cette grande braderie, dont vous nous faites visiter les rayons les uns après les autres, éclaire-t-elle la crise, ou plutôt les crises, que nous vivons aujourd’hui ?

Ce qui m’a frappé, c’est le désarroi voire la panique qui s’est emparée de l’appareil d’État et de la population, sans commune mesure avec ce qui s’était passé lors de la grippe asiatique de 1957-1958 ou la grippe de Honk Kong de 1969-1970. Pour la première fois, face à un événement imprévu, l’histoire nous a présenté la facture de la sortie du religieux, du “grand désenchantement” diagnostiqué par Max Weber au début du siècle dernier. Nous nous sommes alors aperçus que le fait de “vivre à nu”, selon la belle formule de Marcel Gauchet, sans la protection des dieux, avait un coût, que cela se payait en difficulté d’être soi individuellement et collectivement. Pour s’être délestée des grands récits qui donnaient du sens à la vie et à la souffrance humaine, pour avoir enseveli l’immense richesse amassée par l’intelligence humaine afin de contenir l’angoisse de sa finitude, notre époque se trouve plus démunie face au Covid, plus impuissante à combler le fléau de son propre vide que ne l’était le Moyen Âge face à la peste noire. La modernité est un vaste processus d’annulation et de destruction du sens. Or, le besoin irrépressible des hommes ne tient ni à la demande de justice ni à la demande d’ordre mais à la signification. Ils veulent qu’on les ravitaille en espérance ou en utopie, en raisons de vivre et – ce qui est plus difficile encore – en raisons de mourir.

[…]

Depuis le début de la pandémie, les médias n’en finissent pas d’insister sur les dommages psychiques et l’explosion des pathologies dépressives qu’ils attribuent au confinement. Ce que personne n’a relevé, c’est que le Covid a mis un terme à cet invariant anthropologique qui voulait que le suicide, la mort autoadministrée, soit moins fréquent en période de guerre et de catastrophe qu’en temps ordinaire. Jusqu’ici, chaque fois que l’un de ces grands fléaux s’abattait sur l’humanité, la nécessité qu’il y avait de mobiliser son énergie pour survivre ne laissait pratiquement plus aucune place au mal de vivre. On l’a vu sous l’Occupation : on avait trop de difficultés à être pour s’abandonner au mal-être. Les mêmes médias qui s’inquiètent de la santé mentale des Français se félicitent de leur résilience. Le problème, c’est que de résilience il n’y a point. L’époque ne parle jamais tant des choses que lorsqu’elles ont disparu. Comme si les mots avaient le pouvoir de suppléer cette disparition.

Emmanuel Macron a-t-il été à la hauteur de la crise ? En quoi le politique peut-il répondre à des questions que vous décrivez comme anthropologiques, métaphysiques ou civilisationnelles ?

Le 19 mai 1940, le gouvernement de Paul Reynaud était allé au grand complet à Notre-Dame de Paris pour implorer la protection divine contre l’invasion allemande. En mars 2020, Emmanuel Macron, ce président qu’on disait habité par les grandes problématiques métapolitiques, n’a pas jugé que le recours à “l’opium du peuple” puisse être d’aucune utilité ni d’aucun secours contre le nouvel envahisseur. Il a fermé les églises et interdit de facto la célébration publique des messes. Ce qui ne s’était jamais produit sur le sol national. La liberté de culte a été rabaissée en dessous même de la liberté de manifestation qui, elle, est restée autorisée.

Est-ce la faute du président si le peuple français n’est plus un peuple religieux et que notre conception de la mort a changé ?

Certes non. Mais il n’a rien fait non plus pour conserver aux sépultures des victimes la part minimale de ritualité consubstantielle à notre humanité. L’histoire de l’homme débute avec les premières tombes attestées voici plus de cent mille ans, à ce moment précis où il commence à enterrer ses morts et transforme un événement biologique en un événement spirituel. Nous sommes arrivés au bout du processus inverse : la “fin” qui n’est plus qu’une simple défaillance technique, le terme de la vie organique, s’est substituée à la mort qui avait une dimension sacrée. Sur l’autoroute de la décivilisation, le disciple de Paul Ricoeur n’a pas cru devoir lever le pied.

[…]

Il faut bien comprendre que le cerveau des progressistes n’était pas équipé pour le surgissement d’un événement moyenâgeux du type coronavirus. D’où les dysfonctionnements en cascade devant cette réalité insupportable : le progrès échoue sur sa promesse fondatrice qui était celle du bonheur. Aujourd’hui mieux qu’hier et moins bien que demain. Il ne faut pas aller chercher ailleurs la rage, si bête et si drôle à voir, de certains médias contre les “enfermistes”. Ce n’est pas tant de la privation de libertés dont ils ont souffert que du manque à jouir. L’autre bonne nouvelle est là : le vrai progrès que nous apporte la crise du Covid, c’est finalement d’avoir appris au plus grand nombre à douter du progrès et de son irréversibilité.

Vous accordez une place centrale à la déchristianisation dans le processus de décivilisation et la fabrique d’une nouvelle humanité…

Ce sont les pères conciliaires qui en utilisant le prestige du monde ancien dont ils étaient les dépositaires en ont précipité la liquidation. Le passage d’un capitalisme de producteurs à un capitalisme de consommateurs, en disqualifiant l’idéologie sacrificielle du christianisme et sa culture du renoncement à la jouissance des biens terrestres, a introduit une rupture d’affinité entre l’ethos chrétien et les nouvelles normes de l’économie. Au moment où elle aurait dû rejeter les deux matérialismes mortifères – capitalisme et socialisme confondus – et mettre la révolution au service de la foi et de la tradition, l’Église a fait le choix d’abaisser la verticalité du sacré et le niveau de ses exigences pour aller se percher sur la branche horizontale déjà très encombrée d’une immanence humanitaire. Elle a pris le risque de se banaliser au rang de simple productrice de biens symboliques, en concurrence, sur le marché des croyances, avec la nouvelle religion des choses que portait la révolution consumériste. Elle n’est pas allée au monde, elle s’est rendue au monde selon la formule désormais fameuse de Maurice Clavel.

Vatican II est donc l’impulsion fatale ? Votre modèle, Maurice Clavel, va jusqu’à dire que le diable a siégé au Concile…

Au vu du résultat, il ne faut pas exclure qu’il y ait eu quelques mandataires et que tout le monde n’a pas soupé avec eux avec une longue cuillère. En tout état de cause, la rencontre du Dieu fait homme et de la religion de l’homme fait Dieu a tourné au fiasco. Il y a un lien puissant dans le schéma mental qui relie la permanence et la fixité au sentiment religieux. Avec la notion d’aggiornamento, l’Église a fait entrer le loup de la relativité dans la bergerie des fidèles. Puisque l’Église modifiait les règles d’hier, rien ne prouvait que celles que l’on édictait pour se mettre au goût du jour seraient encore celles du lendemain. À la mort de Jean XXIII, de Gaulle a eu ce mot terrible, rapporté par Peyrefitte : « On a toujours tort de donner l’apparence de se renier, d’avoir honte de soi-même. Comment voulez-vous que les autres croient en vous si vous n’y croyez pas vous-même ? »

Vous accusez le courant progressiste d’être à l’origine de la déconstruction du catholicisme…

La petite bourgeoisie cléricale, qui a pris alors le pouvoir dans l’Église comme au sein de la société française, a voulu rationaliser le catholicisme, le rendre plausible et acceptable pour la raison raisonnante des contemporains, de même qu’elle s’est employée à rendre l’Évangile intelligible aux esprits instruits et modernes en le démythologisant. Moyennant quoi, à peu près tous les dogmes du catholicisme ont été mis sous le boisseau : le péché originel, le jugement dernier, la résurrection des corps, le paradis et l’enfer. En dix ans, la croyance dans l’au-delà chrétien d’une vie après la mort s’est effondrée de vingt-cinq points dans les enquêtes d’opinion. La période postconciliaire est celle où dix millions de Français basculent dans l’abîme des sociétaires du néant. Régis Debray a résumé drôlement cette sortie du monde chrétien : « En Occident, l’espérance de vie n’a cessé de reculer. On est passé de l’éternité à 78 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. »

La mutation de l’économie, l’exode rural et l’urbanisation, la révolution des moeurs et la culture de masse ne rendaient-ils pas inéluctable la déchristianisation ?

À contre-courant de ce schéma déculpabilisant, le sociologue François-André Isambert fait des transformations internes de l’Église le moteur principal de la désaffection des masses. Il n’y a pas eu déchristianisation mais “exchristianisation” des milieux populaires attachés aux fonctions rituelles et festives du culte, qui ont été repoussés à l’extérieur de l’Église par la conjonction de l’avènement d’un intellectualisme religieux et d’un sectarisme souvent dicté par un réflexe de classe. Le néocléricalisme progressiste aura été une redoutable machine à exclure les petites gens et les pauvres. […]

Les militaires d’active s’expriment : “mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement”

La tribune, attendue, des militaires d’active circule désormais :

Monsieur le Président de la République,

Mesdames et Messieurs les ministres, parlementaires, officiers généraux, en vos grades et qualités,

On ne chante plus le septième couplet de la Marseillaise, dit “couplet des enfants”. Il est pourtant riche d’enseignements. Laissons-lui le soin de nous les prodiguer :

“Nous entrerons dans la carrière quand nos aînés n’y seront plus. Nous y trouverons leur poussière, et la trace de leurs vertus. Bien moins jaloux de leur survivre que de partager leur cercueil, nous aurons le sublime orgueil de les venger ou de les suivre”

Nos aînés, ce sont des combattants qui ont mérité qu’on les respecte. Ce sont par exemple les vieux soldats dont vous avez piétiné l’honneur ces dernières semaines. Ce sont ces milliers de serviteurs de la France, signataires d’une tribune de simple bon sens, des soldats qui ont donné leurs plus belles années pour défendre notre liberté, obéissant à vos ordres, pour faire vos guerres ou mettre en œuvre vos restrictions budgétaires, que vous avez salis alors que le peuple de France les soutenait.

Ces gens qui ont lutté contre tous les ennemis de la France, vous les avez traités de factieux alors que leur seul tort est d’aimer leur pays et de pleurer sa visible déchéance. 

Dans ces conditions, c’est à nous, qui sommes récemment entrés dans la carrière, d’entrer dans l’arène pour avoir simplement l’honneur d’y dire la vérité.

Nous sommes de ce que les journaux ont nommé “la génération du feu”. Hommes et femmes, militaires en activité, de toutes les armées et de tous les grades, de toutes les sensibilités, nous aimons notre pays. Ce sont nos seuls titres de gloire. Et si nous ne pouvons pas, réglementairement, nous exprimer à visage découvert, il nous est tout aussi impossible de nous taire.

Afghanistan, Mali, Centrafrique ou ailleurs, un certain nombre d’entre nous ont connu le feu ennemi. Certains y ont laissé des camarades. Ils ont offert leur peau pour détruire l’islamisme auquel vous faites des concessions sur notre sol.

Presque tous, nous avons connu l’opération Sentinelle. Nous y avons vu de nos yeux les banlieues abandonnées, les accommodements avec la délinquance. Nous avons subi les tentatives d’instrumentalisation de plusieurs communautés religieuses, pour qui la France ne signifie rien -rien qu’un objet de sarcasmes, de mépris voire de haine.

Nous avons défilé le 14 juillet. Et cette foule bienveillante et diverse, qui nous acclamait parce que nous en sommes l’émanation, on nous a demandé de nous en méfier pendant des mois, en nous interdisant de circuler en uniforme, en faisant de nous des victimes en puissance, sur un sol que nous sommes pourtant capables de défendre.

Oui, nos aînés ont raison sur le fond de leur texte, dans sa totalité. Nous voyons la violence dans nos villes et villages. Nous voyons le communautarisme s’installer dans l’espace public, dans le débat public. Nous voyons la haine de la France et de son histoire devenir la norme.

Ce n’est peut-être pas à des militaires de dire cela, arguerez-vous. Bien au contraire : parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, c’est un constat professionnel que nous livrons. Car cette déchéance, nous l’avons vue dans bien des pays en crise. Elle précède l’effondrement. Elle annonce le chaos et la violence, et contrairement à ce que vous affirmez ici où là, ce chaos et cette violence ne viendront pas d’un “pronunciamento militaire” mais d’une insurrection civile.

Pour ergoter sur la forme de la tribune de nos aînés au lieu de reconnaître l’évidence de leurs constats, il faut être bien lâche. Pour invoquer un devoir de réserve mal interprété dans le but de faire taire des citoyens français, il faut être bien fourbe. Pour encourager les cadres dirigeants de l’armée à prendre position et à s’exposer, avant de les sanctionner rageusement dès qu’ils écrivent autre chose que des récits de batailles, il faut être bien pervers.

Lâcheté, fourberie, perversion : telle n’est pas notre vision de la hiérarchie.

L’armée est au contraire, par excellence, le lieu où l’on se parle vrai parce que l’on engage sa vie. C’est cette confiance en l’institution militaire que nous appelons de nos vœux.

Oui, si une guerre civile éclate, l’armée maintiendra l’ordre sur son propre sol, parce qu’on le lui demandera. C’est même la définition de la guerre civile. Personne ne peut vouloir une situation aussi terrible, nos aînés pas plus que nous, mais oui, de nouveau, la guerre civile couve en France et vous le savez parfaitement.

Le cri d’alarme de nos Anciens renvoie enfin à de plus lointains échos. Nos aînés, ce sont les résistants de 1940, que, bien souvent, des gens comme vous traitaient de factieux, et qui ont continué le combat pendant que les légalistes, transis de peur, misaient déjà sur les concessions avec le mal pour limiter les dégâts ; ce sont les poilus de 14, qui mouraient pour quelques mètres de terre, alors que vous abandonnez, sans réagir, des quartiers entiers de notre pays à la loi du plus fort; ce sont tous les morts, célèbres ou anonymes, tombés au front ou après une vie de service.

Tous nos aînés, ceux qui ont fait de notre pays ce qu’il est, qui ont dessiné son territoire, défendu sa culture, donné ou reçu des ordres dans sa langue, ont-ils combattu pour que vous laissiez la France devenir un Etat failli, qui remplace son impuissance régalienne de plus en plus patente par une tyrannie brutale contre ceux de ses serviteurs qui veulent encore l’avertir ?

Agissez, Mesdames et Messieurs. Il ne s’agit pas, cette fois,  d’émotion sur commande, de formules toutes faites ou de médiatisation. Il ne s’agit pas de prolonger vos mandats ou d’en conquérir d’autres. Il s’agit de la survie de notre pays, de votre pays.

Chronique du délitement. Et des émeutes. Et de la grogne dans les Armées

La guérilla suit son triste cours, malgré les tweets de condamnation de Gérald Darmanin (il en a encore publié un ce matin) :

  • une nouvelle nuit d’émeutes à Fréjus et Saint-Raphaël, 3 policiers blessés
  • Les Ulis (91) : un commissariat de police attaqué lors d’une nuit de violences
  • nouvelle nuit d’émeutes à Romans-sur-Isère : pompiers et policiers attaqués au mortier par de “très jeunes adolescents”
  • Côte-d’Or​ : Une nuit d’émeutes dans les cités de Dijon et de Chenôve
  • Lyon : un blessé après une rixe et des tirs de mortiers à la Guillotière
  • Nantes : violente rixe entre bandes à coups de barres de fer et de battes de baseball, un homme blessé

Les militaires ont bien raison de sonner le tocsin. Deux semaines après la parution d’une tribune signée par vingt généraux en retraite (et plus de 20 000 militaires), c’est cette fois près de 2 000 militaires d’active qui s’apprêtent à signer une nouvelle tribune. De quoi inquiéter le régime. Hier, lors de la commémoration de l’armistice de 1945, Emmanuel Macron s’est exercé à un exercice de communication avec les chefs d’Etat-Major.

De son côté, un élu a publié une lettre ouverte au général Lecointre :

Un article de La Tribune avance que le général François Lecointre serait donné partant. Et même que la place de Florence Parly serait convoitée par Manuel Valls en cas de remaniement gouvernemental après les régionales.

La fin de vie, début de tout ?

Aymeric Pourbaix reçoit dans En Quête d’esprit Soeur Roxane, des Augustines de Malestroit, Damien Le Guay, philosophe, ainsi que Véronique Jacquier :

Napoléon et Dieu – Terres de Mission

“Terres de mission” reçoit, à l’occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, l’écrivain Philippe Bornet, auteur d’un récent “Napoléon et Dieu”. C’est l’occasion d’évoquer le Concordat, la foi de Napoléon, ses liens avec la franc-maçonnerie, etc.

Puis, Guillaume de Thieulloy propose quelques pistes de lectures et de films.

C’est arrivé un 9 mai…

“A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines.” Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

le 9 mai 1435 : victoire française sur les Anglais à Gerberoy.
Les troupes françaises de Jean Poton de Xaintrailles et d’Etienne de Vignolles dit « la Hire», pourtant deux fois moins nombreuses, battent les 3 000 Anglais de John Fitz Alan, comte d’Arundel, dans la bataille de Gerberoy, dite également «bataille d’Arondel », en Picardie.

le 9 mai 1462 : Traité de Bayonne.
A cause de la guerre civile catalane, Jean II d’Aragon réclame l’aide militaire de Louis XI, Roi de France. En échange, il cède de manière temporaire les comtés de Roussillon et de Cerdagne. L’aide militaire apportée par le Roi de France est estimée à 200 000 écus. Les comtés cédés aux français sont récupérés en 1493.

le 9 mai 1769 : fin de la bataille de Ponte-Novo.
Les Corses indépendantistes de Paoli, renforcés de mercenaires allemands, sont battus par les troupes de Louis XV. C’est la fin d’une guerre de 40 ans qui a mis aux prises le peuple corse, mené par Pascal Paoli, avec la République de Gênes puis le Royaume de France.

Il faut noter que quelque temps après, environ une centaine de familles corses, parmi les plus influentes, sont anoblies par Louis XVI, dont la plupart de celles qui avaient participé à la bataille aux côtés de Paoli ; l’exemple des Buonaparte est le plus connu.

le 9 mai 1693 : le Roi Louis XIV préside à la cérémonie de l’intronisation des premiers membres de l’Ordre de Saint Louis.
C’est le marquis de Barbezieux, secrétaire d’Etat à la Guerre, qui lit la formule du serment de fidélité au Roi et à la religion catholique, pendant que les récipiendaires s’agenouillent devant le Roi. Ce dernier les adoube du plat de son épée en disant : “Par Saint Louis, je vous fais chevalier”.

Enfin, les promus prêtent serment de vivre en bons catholiques, d’être fidèles au Roi, de toujours lui obéir, de ne pas quitter le service sans son autorisation et de veiller au respect des statuts de l’ordre. La fête annuelle de l’Ordre est fixée au 25 août, jour de la Saint Louis, et à cette occasion, les membres ont l’obligation d’accompagner Sa Majesté à la messe.

Croix de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis

La décoration de l’Ordre de Saint Louis est une croix de Malte à quatre branches formant huit pointes, d’or bordé d’émail blanc et anglée de fleurs de lys d’or. Sur l’une de ses faces, Saint Louis est représenté tenant d’une main une couronne de laurier et de l’autre une couronne d’épines; sur l’autre face figure une épée nue flamboyante, passée dans une couronne de lauriers. La croix de Saint Louis est suspendue à un cordon rouge couleur de feu. Voir le 5 avril.

le 9 mai 1871 : les troupes versaillaises s’emparent du fort d’Issy.
Le réduit communard dans Paris diminue chaque jour.

le 9 mai 1915 : bataille de l’Artois.
Cette bataille est un des exemples d’offensives à outrance, menées sans considérations pour la vie des soldats. Chaque mètre pris à l’ennemi se paie en centaines, parfois en milliers de vies. La bataille de l’Artois dure du 9 mai au 25 juin 1915. Si Joffre parvient à percer le front allemand, c’est au prix de lourdes pertes (plus de 100 000 hommes contre 75 000 côté allemand).

le 9 mai 1941 : Mendès-France est jugé par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand et condamné à 6 ans de prison et à la destitution pendant 10 ans.
le 9 mai 1945 : libération de Dunkerque.
Dunkerque est une des dernières villes de France à être libérée de l’occupation de l’Allemagne nazie. Les troupes allemandes se rendent suite à la capitulation sans condition signée la veille.

le 9 mai 1950 : Schuman propose un plan pour l’Europe.
La déclaration du 9 mai 1950, aussi appelée déclaration Schuman, est considérée comme le texte fondateur de la construction européenne. Prononcée par Robert Schuman, ministre des Affaires étrangères français, dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay, à Paris, elle lance l’idée d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA).

« Tout ce qui est gaucho, on a donné. Au revoir ! »

Pour le père Danziec, sur Valeurs Actuelles, Michel Sardou offre un modèle à suivre pour s’affranchir d’une pensée unique étouffante :

[…] A l’occasion de la promotion de son livre Je ne suis pas mort… je dors ! (XO éditions), ouvrage intimiste où le chanteur balaie sa vie dans un dialogue fictif avec sa mère, l’interprète des Lacs du Connemara aura quasi fait le grand écart deux soirs d’affilée. Episode 1, Michel Sardou s’assoie à la table de Quotidien. Episode 2, il se rend 24 heures plus tard dans les studios de CNews pour dialoguer en compagnie de Pascal Praud et d’Anne Fulda. Deux salles, deux ambiances. A la clôture du premier épisode, Yann Barthès et sa jeune équipe ne cachent pas l’interrogation qui les domine face à l’univers Sardou : comment ce monde a-t-il pu exister ? Un monde fait de tabac, de steak tartare, de suprématie patriarcale, de baiser non consenti, tel celui imposé à Blanche-Neige. Changement de décor lors du deuxième épisode : Pascal Praud se demande, à l’inverse, comment ce monde a-t-il pu disparaître ? Semblable à un amoureux du ballon rond, confronté au projet de Super Ligue mais revivant les années Platini, le présentateur vedette du canal 16 paraît revivre au contact du chanteur. Il donne l’impression de goûter à nouveau ce monde d’avant, fait de libertés et d’insouciance dont on le sait nostalgique. Un monde aujourd’hui anémié par les impasses du multiculturalisme, les intérêts financiers à grande échelle, la perte de repères civilisationnels, les dérives de la cancel culture. Dans les deux émissions, Michel Sardou offrira pourtant la même bonhommie et la même authenticité. Bonhommie, parce que l’homme aux 323 chansons, mâtiné par ses 74 ans, dégage un naturel tranquille. Le calme des vieilles troupes qui en ont vu d’autres. Authenticité, parce sa propre parole se moque sereinement du quand dira-t-on et du prêt-à-penser consensuel. Sans haine ni violence.

L’authenticité de Michel Sardou, on la retrouve finalement dans sa capacité à tracer son sillon en restant lui-même. Sa distance avec le succès y aura été pour beaucoup. S’excuser d’être de droite dans un milieu où il est de bon ton de pencher à gauche ? Que lui importe ! Voter Mélenchon ? Le « non » se fait plus spontané dans sa bouche, et plus catégorique aussi, que s’il s’agissait de Marine. Lors de l’unique séquence à résonance politique chez Pascal Praud, il confiera même : « Tout ce qui est gaucho, on a donné. Au revoir ! »

Sardou, c’est cet homme qui avoue ne pas aimer se montrer mais qui aura rempli Bercy comme un oeuf près de 100 fois. Un peu à l’image (la comparaison est osée, je le concède précautionneusement) du saint Curé d’Ars qui n’affectionnait pas particulièrement monter en chaire et dont on viendra finalement, de toute la France, écouter les sermons. Acteur né, devenu parolier/chanteur, nombre de ses titres commencent par raconter une histoire avant de se poursuivre en mélodie. Des chansons, loin des arrangements musicaux contemporains, où le timbre d’une voix sans pareille fait l’essentiel. « Pour moi, la chanson est indissociable de l’interprétation sur scène » souffle-t-il. A dire vrai, on donne vie à une chanson comme l’on fait vibrer un poème ou un sermon. Avec ses tripes. Avec son coeur.

Incontestablement Sardou n’est ni un saint, ni l’image d’Epinal du pilier d’église. Mais, chez lui, on distingue une singularité qui ne saurait déplaire à ceux qui apprécient le piquant de l’Evangile. Le Christ n’appelle-t-il pas ses disciples à devenir le sel de la terre ? Être bien ce que l’on est et assumer ce que l’on pense, au risque de déplaire : voilà ce qu’enseigne l’attitude d’un Sardou à un monde qui a cessé d’être authentique. Les prêtres ne savent plus parler de l’enfer comme son père le faisait si bien dans Le Curé de Cucugnan. A la différence d’un progressisme qui s’invite dans les sacristies, sommant les hommes de Dieu de se mettre à la page, Michel Sardou préfère affirmer que ce monde l’ennuie terriblement. Se soumettre à la doxa du moment ? Très peu pour lui. Clamer son amour des animaux ne l’empêche pas, par exemple, de penser que, quitte à être un taureau, il y a plus de panache et de grâce à mourir dans l’arène, au zénith devant une foule, qu’à 4 heures du matin dans la solitude, au crochet d’un abattoir. Et tant pis si cela choque la pudeur des écologistes.

Ce bon sens incorrect permet de mesurer combien l’idéologie progressiste a fini par paralyser toute forme de débat. Ses tubes d’autrefois passeraient-ils les fourches caudines des indignés et du wokisme s’ils venaient à naître aujourd’hui ? Il est sérieusement permis d’en douter. Je vais t’aimer ferait hurler les féministes. Pensez donc, comme si l’homme incarnait le nécessaire magicien de l’amour ! Le rire du sergent entraînerait, en retour de bâton, les cris d’orfraie du milieu LGBT. On suspecterait vraisemblablement Je viens du Sud de relents identitaires. Et comment les tenants de l’intersectionnalité interprèteraient-ils Le temps béni des colonies ? La polémique du moment autour de la tribune des généraux aurait trouvé sans difficulté des petites soeurs dans plusieurs de ses albums. Ses chansons n’ont pourtant pas vocation à surfer sur le buzz. Sardou, réputé à ses débuts pour avoir du mal à sourire sur les photos, n’a tout simplement pas de difficulté à rire de lui-même, à la différence de la “génération offensée” qui gémit dès qu’elle se trouve bousculée.

Plus d’un demi-siècle après le premier 45 tours du chanteur, à regarder la société liquide dans laquelle nous sommes plongés, les amoureux des repères solides ont « quelque part dans le coeur de la mélancolie ». Et l’espérance de rendre le monde meilleur n’empêche pas de penser, pour reprendre le bandeau du dernier livre de Patrick Buisson, que, oui, “c’était mieux avant”. Mais dans ce marasme qui nous fait dire : « Ils sont devenus fous », qui donc supplier de se réveiller ? Lénine ? Napoléon ? Pourquoi pas remonter le fil de l’Histoire plus loin, jusqu’à l’an trente-trois ? Celui-là seul qui a vaincu la mort ne pourrait-il pas nous donner la vie ? M’est avis que “tout restaurer dans le Christ” tiendrait d’une belle aubaine. Ce serait déjà, pour commencer, une bien jolie devise.

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