Manifestations « Marchons Enfants » partout en France les 30 et 31 janvier contre l’extension de la PMA, la GPA et le projet de loi bioéthique
Le mouvement social associatif unitaire mobilisé sous le label « Marchons Enfants » dénonce l’irresponsabilité du gouvernement qui impose l’examen du projet de loi « bioéthique » en 2nde lecture au Sénat à partir de la mi-janvier alors même que la crise sanitaire est responsable d’une vie démocratique fortement dégradée et qu’un 3econfinement se profile.
Alors qu’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, vient de laisser entendre qu’un 3e confinement est sérieusement envisagé à la rentrée, l’heure est-elle vraiment à la poursuite de l’examen du projet de loi « bioéthique » ? Ce calendrier a été connu le 15 décembre, alors que les Français avaient évidemment la tête à la mise en place du couvre-feu et à l’organisation de vacances de Noël particulières et atypiques. Comment justifier de l’urgence ou de la priorité à accorder à ce projet de loi qui n’est ni bio, ni éthique ? La gêne de l’Exécutif est évidente : pas un mot du Président de la République sur ce sujet, ni du Premier Ministre, ni d’aucun des membres du gouvernement.
Un mépris du Sénat et du débat parlementaire ?
Le processus législatif a pour but de construire dans le temps un texte prenant en compte les enrichissements des députés et sénateurs. Mais pour Emmanuel Macron et Jean Castex, la 2nde lecture du texte au Sénat ne mérite même pas un ministre disponible à 100%. Car qui peut imaginer qu’Olivier Véran, en première ligne sur ce projet de loi, pourra assurer un suivi sérieux des amendements et des débats alors même qu’il doit gérer une crise sanitaire qui n’en finit pas ? Pour l’Exécutif, peu importe le texte qui sera voté par les sénateurs parce qu’il compte sur leur majorité à l’Assemblée nationale. Vision inquiétante de la démocratie et du débat parlementaire, et surtout méprisante pour les sénateurs.
Vers une réécriture en profondeur du texte
Comme ils l’avaient fait en 1ère lecture, les sénateurs devraient réécrire le texte adopté en catimini par les députés au cœur de l’été. L’enjeu est même d’aller plus loin en supprimant la PMA sans motif médical et effaçant le père. Le respect de la finalité de la médecine comme celui de l’intérêt supérieur de l’enfant conduisent à confirmer le bien-fondé de l’encadrement actuel de l’accès à la PMA.
Mobilisation générale partout en France les 30 et 31 janvier
Malgré un contexte sanitaire qui met notre système de santé en tension, qui met en péril grave l’économie et qui génère une vie démocratique fortement dégradée, le gouvernement veut avancer sur un projet de loi complexe et clivant, inutile et dangereux. Mais l’impossibilité d’organiser de grandes manifestations nationales n’empêchera pas de le dénoncer dans la rue, comme le 10 octobre dernier où plus de 60 manifestations avaient eu lieu partout en France, rassemblant des dizaines de milliers de personnes.

Et quel que soit leur avis sur le projet de loi, les Français sont invités à dénoncer ce calendrier inacceptable et irresponsable, et ce d’autant plus que les restrictions des libertés fondamentales se multiplient : libertés de déplacement, d’éducation, d’enseignement, de la presse, de culte… Depuis quelques mois, la tendance est inquiétante.
Avancer en douce sur ce texte qui divise laisse inévitablement penser aux Français que l’Exécutif profite du contexte et réduit d’autant plus volontiers les libertés fondamentales. De fait, c’est contre le projet de loi « bioéthique » que les plus importantes manifestations ont eu lieu à Paris depuis le début du quinquennat, selon Occurrence, le célèbre cabinet « indépendant », déclaré « expert » en comptage de manifestants.
Confinement, vaccination, fichage, couvre-feu… dernières nouvelles des restrictions de liberté
Le ministre de la Santé espagnol, Salvador Illa, a annoncé lundi 28 décembre que les récalcitrants à la vaccination à la Covid-19 seront fichés et que leurs noms seront transmis aux autres pays européens :
« Ce qu’on va faire, c’est un registre qui sera partagé avec d’autres pays européens. »
D’après la dernière étude, publiée par le Centre d’investigation sociologique (CIS), un institut de sondages dépendant du gouvernement, la proportion des Espagnols ne souhaitant pas se faire vacciner a chuté de manière spectaculaire, passant de 47 % en novembre à 28 % en décembre. Durant la même période, le pourcentage d’Espagnols se disant prêts à recevoir le vaccin a progressé de 36,8 % à 40,5 %.
Ce fameux vaccin dont on ne sait pas s’il sera utile :
Non mais HALLUCINANT!! pic.twitter.com/jvrebNkqAl
— Stalec (@Stalec_) December 25, 2020
En Seine-et-Marne, Disneyland est à l’arrêt depuis le 29 octobre. Du 19 décembre au 3 janvier, était envisagée une réouverture temporaire. Mais le gouvernement en a décidé autrement. Le parc et les hôtels resteront fermés jusqu’au 12 février. Dans un communiqué datant du 29 octobre, l’entreprise annonçait dans le même temps l’interruption de ses activités du 4 janvier au 12 février. Une polémique était née sur les réseaux sociaux. En effet, certains internautes voyaient dans cette fermeture anticipée l’annonce d’un troisième confinement prévu à ces mêmes dates. Alors, quand Olivier Véran, dans les colonnes du JDD, n’exclut pas un troisième confinement, on se demande si Disneyland Paris n’avait pas prévu le coup. Hier il a évoqué un couvre-feu dès 18h…
Ce que déclare Florian Philippot sur ces “dingueries” est assez intéressant :
Une Conseillère régionale du Nord Pas-de-Calais annonce quitter le RN pour rejoindre Florian Philippot et explique :
[…] le discours du RN pendant la crise sanitaire a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je ne voulais plus être assimilée à ces élus masqués et islamo-répétitifs, alors qu’on nous dépossédait de l’essentiel : la liberté. Le RN n’est pas étranger à l’hystérie sanitaire ambiante puisque, dès janvier, il a fait dans la surenchère sur un sujet qui méritait prudence et calcul bénéfices/risques d’une mise en quarantaine nationale et même mondiale. Dès la deuxième semaine du confinement de mars, une fois l’effroi passé, il était en mesure de proposer une autre voie que la séquestration dont on ne pouvait ignorer les effets catastrophiques sur le long terme sur la santé mentale, physique et économique des Français. Je peux admettre qu’un politique se doit d’être prudent, mais ce n’est pas comme si le RN n’était pas au fait des stratégies immondes usées par l’oligarchie. Il y a une littérature là-dessus qu’il ne peut ignorer. […]
Sur Liberté Politique, François Billot de Lochner écrit :
Le professeur Didier Raoult vient donc de se faire attaquer en justice par l’Ordre des médecins pour charlatanisme. Le débat fait désormais rage entre les scientifiques et les charlatans : à la lumière de la problématique du covid 19, qui peut et doit être classé dans l’une ou l’autre des catégories, aujourd’hui, en France ?
Commençons par les scientifiques. Lorsque des membres du gouvernement, épaulés par un Comité scientifique, relayés par le monde médiatique, déclarent que tout port de masque est totalement inutile, pour déclarer quelques semaines plus tard que le port du masque est bel et bon, pour déclarer quelques semaines plus tard qu’il est interdit de ne pas porter de masque, pour déclarer en même temps que le stock de masques disponibles est suffisant pour la France et déclarer un peu plus tard qu’il n’y a pas suffisamment de masques en France pour que tout le monde puisse en porter, nous pouvons considérer que nous avons à faire à de vrais scientifiques. Lorsque les mêmes imposent arbitrairement le remdesivir pour soigner de façon miraculeuse les malades atteints par le covid 19, après en avoir acheté à l’étranger des volumes considérables pour un prix considérable, puis suivent l’Organisation mondiale de la santé qui déclare ultérieurement qu’il s’agit d’une médication dangereuse, puis arrêtent brutalement tout traitement par ce médicament dont les stocks accumulés sont désormais totalement inutiles, nul doute n’est possible : nous avons affaire à de grands scientifiques. Lorsque les mêmes interdisent l’hydrochloroquine pour soigner la maladie, en développant une argumentation scientifique d’exception qui tient en deux mots : non à l’hydrochloroquine, sans aucune autre explication, il n’est plus possible de considérer qu’ils ne sont pas des scientifiques de très haut vol.
Du côté des charlatans, les choses sont aussi simples. Lorsque Didier Raoult indique, dans son bilan 2020, que son organisation a testé 380 000 personnes, a soigné 20 000 personnes et a enregistré un taux de décès compris entre 0,5 % et 1%, soit le taux de décès le plus faible au monde avec l’Islande, il saute aux yeux que nous avons à faire à un charlatan. Phénomène aggravant : le professeur traficote ses chiffres, puisque la somme de 380 000 et 20 000 est égale à 400 000, chiffre évoqué par le président de la République il y a quelques semaines pour indiquer le nombre de morts possibles. Cette addition charlatanique de Didier Raoult consiste à s’être occupé de 400 000 personnes qui, à l’évidence, vont mourir pour qu’il y ait concordance entre son action mortelle et les chiffres du président. Son charlatanisme incontestable prend l’allure d’un gigantesque chemin de mort. D’ailleurs, si la seconde usine de production d’hydrochloroquine au monde, située à Taïwan, vient d’être intégralement détruite par une miraculeuse explosion, cette odeur de souffre doit avoir quelque rapport avec le charlatanisme diabolique raoultien.
L’affaire est grave. Il n’est pas possible d’en rester là. Les charlatans doivent subir la punition qu’ils méritent. Un immense bûcher doit être installé place de la Concorde, et le professeur-sorcier Raoult doit être brûlé publiquement. Bien sûr, cela produira du réchauffement climatique et détériorera gravement la planète, mais tant pis pour cette fois, tout cela trop grave. Le nuage produit par le marché détruira tous les covid se promenant dans l’air, cela est prouvé scientifiquement. Afin de préserver l’avenir, il n’y aura plus qu’à vacciner la population avec un vaccin miraculeux dont rien ne prouve l’efficacité et dont aucune conséquence n’a été analysée : cette vaccination totalement scientifique révèle le génie des scientifiques d’aujourd’hui, et la stupidité criminelle des charlatans raoultiques.
Dans le club des complotistes, Le Parisien vient de classer le maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, soulignant bien sa foi catholique :
Depuis plusieurs mois, à coups de retweets frénétiques, l’édile (DVD) de 60 ans égrène le chapelet du parfait complotiste – un terme qu’il récuse formellement. De quoi détonner dans le paysage politique du 93 : ce père de sept enfants est un fervent – et affiché – catholique. Infatigable défenseur de Didier Raoult, pourfendeur du masque obligatoire et d’un vaccin trop vite arrivé sur le marché, il a aussi apprécié « Hold-up », le documentaire controversé sur la gestion de la crise sanitaire. Sans compter son soutien à coups de tweets aux catholiques bravant l’interdiction des rassemblements pour prier devant les églises. Il ne cache pas non plus ses affinités avec le RN, déroulant le tapis rouge à Jordan Bardella lors d’un spectacle à Montfermeil.
En résumé : un complotiste à la tête d’un territoire de 350 000 habitants ? « Complotiste » : le mot l’irrite, il le réfute. Pour résumer l’homme, il faut appeler son amie de trente ans, Christine Boutin, l’ex-ministre du Logement et fondatrice du parti chrétien-démocrate (PCD) dont il a été membre jusqu’en 2017. « C’est un homme d’exception, singulier, dit-elle. Un homme de conviction, qui n’a pas peur d’afficher son catholicisme en étant maire et habitant d’une zone… compliquée. » L’ex-ministre reprend à son compte le qualificatif que le journal Libération avait choisi pour un article sur Lemoine : « Xavier Lemoine est un croisé en Seine-Saint-Denis. Il faut être courageux… »
La symbolique guerrière ne fait pas sourire ses opposants. Farid Kachour, élu d’opposition et responsable de la mosquée de Montfermeil, l’assure : « C’est un partisan de la guerre de religion. A nous les musulmans, il a fait la misère. » La « misère »? Des difficultés pour ouvrir la mosquéeet l’absence de carré musulman dans le cimetière de la ville, entre autres. « Il est partisan de la théorie du grand remplacement(NDLR : l’hypothèse de certains penseurs d’extrême droite voulant que les populations d’Europe soient peu à peu remplacées par celles d’Afrique), ajoute Farid Kachour. Donc comment les choses peuvent-elles aller dans le bon sens avec nous ? » En 2006, une déclaration au journal israélien Haaretz avait mis le feu aux poudres. A propos des musulmans, il avait dit : « C’est eux ou nous. S’ils gagnent, nous sommes morts.» Un ancien maire qui l’a bien connu renchérit : « C’est un ultra-catho! Un radicalisé. Est-ce républicain d’avoir soutenu les fidèles qui priaient devant les églises dans l’illégalité, pour protester contre la jauge de 30 personnes par lieu de culte? Si cela avait été des musulmans, lui-même aurait appelé la police! »
Sa foi catholique, Xavier Lemoine estime « ne pas la crier sur tous les toits ». Juste sur son compte Twitter, qui déborde de citations bibliques. « Oui, je suis catholique. Et alors ? Je vais à des messes en latin, je fais une retraite par an. Mais je ne fais pas de prosélytisme », rétorque-t-il. Et la théorie du « grand remplacement » ? « Je préfère parler de bascule démographique et culturelle », répond Lemoine. La différence est ténue. « Il ne faut pas faire d’amalgame, mais regarder les choses en face. Moi, je suis le garant des libertés des musulmans qui vivent leur foi individuellement, en opposition à la communauté et ce qu’elle veut imposer », dit-il. Il en est même persuadé vu ses scores aux municipales – 58 % au premier tour en 2020 : les musulmans votent pour lui.
Mais, ces derniers mois, Lemoine s’est trouvé une seconde religion : le professeur Raoult, sa cohorte d’idées et de soutiens controversés dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Il montre son bureau du doigt : un impressionnant dossier de plusieurs kilos d’articles sur le Covid-19 trône entre quelques parapheurs et icônes religieuses. Il en parle avec un vocabulaire de sachant médical. « J’ai lu. Je me suis documenté. J’ai aussi parlé à de nombreux médecins, étant président du conseil de surveillance de l’hôpital. Et je n’ai pas l’habitude de dire des choses sans avoir travaillé la question », assène l’édile.
Alors, il le dit : selon lui, la gestion de la crise sanitaire est « un assassinat économique » du pays par l’Etat, qui n’a « pas pris les bonnes décisions en confinant » et qui a, surtout, produit un « mensonge éhonté » en « faisant croire à l’inefficacité » des deux molécules miracles anti-Covid selon le camp du professeur Didier Raoult – l’hydroxychloroquine et l’azythromycine. En juin, une vaste étude avait pourtant conclu à l’inutilité de ces médicaments. Mais, selon lui, dans quel but l’Etat mentirait sur ce sujet ? « Je ne sais pas… Je constate », balaie l’homme. Un complot ? « Je n’aime pas ce mot. Mais on peut dire qu’il y a une rupture de confiance dans le gouvernement. »
Lemoine tacle aussi, pêle-mêle, le port obligatoire du masque – « un effet de manche pour rassurer », juge-t-il – et le vaccin, dont il demandera « ce qu’il y a dedans avant d’y croire ». Mais un habitué du territoire le dit : résumer Xavier Lemoine à un complotiste ceint de l’écharpe tricolore serait « réducteur ». […]
Encore un incendie dans une église
Un feu s’est déclaré mardi après-midi dans la crèche de l’église Notre-Dame du Rosaire, dans le XIVème arrondissement à Paris.
La crèche de l’église Notre-Dame du Rosaire en feu cet après-midi. pic.twitter.com/0J20Uv66Oj
— France Bleu Paris (@francebleuparis) December 29, 2020
Par ailleurs, 67 tombes du cimetière de Fontainebleau ont été profanées, la grande majorité recouvertes de croix gammées. Bien que ces tombes profanées soient chrétiennes, l’adjointe au maire de Paris, Audrey Pulvar a condamné un « antisémitisme qui n’a sa place nulle part ».
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Il faut reconnaître que, au milieu du désastre, M.Macron l’a fait tenir bon sur quelques aspects (5/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
Tout d’abord, rappelons que le premier confinement a reçu l’adhésion de tous les parlementaires. Ainsi, le 17 mars, Mme Rabault (PS) exprime clairement son soutien
« Monsieur le Premier ministre, je vous remercie, ainsi que le Gouvernement, d’avoir pris la décision courageuse du confinement »
et Mme Mathilde Panot (LFI) quant à elle, exprime :
« Nous vous assurons, monsieur le Premier ministre, de notre disponibilité totale et du strict respect des consignes dictées par les autorités sanitaires ».
Le 7 avril, M.Paul Molac (Libertés et Territoires) rappelait :
« Monsieur le Premier ministre, voilà aujourd’hui trois semaines que le confinement s’est imposé à nous comme la seule solution pour ralentir l’épidémie de Covid-19. Il était nécessaire ; nous l’avons soutenu ».
La date du premier déconfinement a ensuite été clairement imposée par M.Macron. le 13 avril pour le 11 mai. Philippe le Humble disait le 14 avril :
« La vérité, c’est que le Président de la République a demandé au Gouvernement de préparer un plan complet de sortie – il l’a dit clairement hier ».
Et immédiatement s’est élevé un chœur de sceptiques. Le 14 avril, Mme Brigitte Kuster (LR) commence à s’inquiéter à propos des établissements scolaires :
« J’évoquerai un sujet d’inquiétude sur lequel nous attendons des réponses précises : la réouverture annoncée des crèches, des écoles, des collèges et des lycées – bien qu’elle soit nécessaire – inquiète légitimement de nombreux parents, alors que les enfants sont souvent des vecteurs asymptomatiques du virus. Quel argument scientifique justifie ces réouvertures sur l’ensemble du territoire ? Pourquoi rouvrir en premier les écoles, établissements que vous aviez pourtant fermés en premier ? Êtes-vous prêt à organiser un vrai débat à ce sujet devant la représentation nationale ? ».
Là encore, réponse évasive de Philippe-le Chaloupé :
« La vérité, c’est que le Président de la République a demandé au Gouvernement de préparer un plan complet de sortie – il l’a dit clairement hier. J’aurai l’occasion de présenter ce plan d’ensemble quand il sera prêt, largement avant le 11 mai ».
Le même jour, M.Dominique Potier (PS) pose franchement la question :
« Une des questions majeures qui se pose aujourd’hui est celle de notre responsabilité : la date du 11 mai est-elle trop précoce ? … Pouvez-vous être transparent et clair à ce sujet : notre pays dispose-t-il des moyens de tester l’ensemble de la population française, afin que le 11 mai soit un rendez-vous avec la santé pour tous et qu’il s’agisse d’une santé durable ? »
et M.Jean-Christophe Lagarde s’interroge aussi :
« Monsieur le Premier ministre, je suis un peu moins inquiet qu’hier soir : le discours du Président de la République donnait le sentiment que le 11 mai était un impératif, mais, depuis ce matin, j’entends les membres du Gouvernement parler d’un objectif et rappeler que les conditions sanitaires devront évidemment être respectées, en premier lieu pour la réouverture des écoles. Est-il indispensable de rouvrir les crèches et les maternelles, où il est impossible de respecter et de faire respecter les gestes barrières ? Qui prendra la décision d’ouverture ? Les maires, les présidents de conseil départemental, les présidents de conseil régional ou l’État ? Car cela posera naturellement un problème de responsabilité pénale. Le fonctionnement des cantines scolaires devra-t-il être assuré ? ».
M.Alexis Corbière (LFI) est plus direct :
« La date du 11 mai apparaît donc comme le début de la fin du confinement actuel. Il s’agit d’une stratégie à risque et hasardeuse, qui soulève de nombreuses questions… Pourquoi faire courir des risques aux enseignants, au personnel des écoles et aux enfants ? Vous êtes incapable de dire dans quelles conditions sanitaires l’accueil scolaire pourra avoir lieu. Sans tests ni masques, qui enverra ses enfants à l’école, si ce n’est ceux qui y sont contraints par des raisons professionnelles ? »,
tout comme Mme Marie-George Buffet (PC) :
« Hier soir, le Président de la République a ouvert la voie à une levée du confinement le 11 mai, sans vraiment lever les inquiétudes ni donner les garanties suffisantes concernant les conditions sanitaires et sociales de la sortie de crise ».
Les réponses ne sont de fait guère rassurantes. Le 21 avril, un peu comme Mme Bourguignon et son fameux « Personne n’a la solution, mais nous agissons », M.Véran affirme : « Vous avez raison, il faut apporter des réponses. Il faut les apporter tôt, parce que les attentes des Français, des acteurs économiques, des commerçants et des enseignants sont grandes. Notre méthode consiste à procéder à de très larges concertations et à travailler d’arrache-pied, du soir au matin et du matin au soir, sur chaque thématique. Nous réfléchissons, depuis le début de la crise, aux questions que vous venez de poser, d’abord dans la logique du confinement, désormais dans celle de sa levée ». On n’en saura pas plus.
Blanquer est plus didactique ce même jour :
« Un protocole sanitaire [on vous le disait…] sera établi en cohérence avec la doctrine sanitaire que le Premier ministre précisera lors de la présentation de l’ensemble du plan de déconfinement. Chacun des points que vous avez cités – internat, cantine, transport scolaire – aura été traité et fera l’objet d’un écrit. Le respect du protocole sanitaire est la condition sine qua non pour que les élèves retournent à l’école. Si les conditions posées ne sont pas remplies, l’école ou l’établissement n’ouvre pas – c’est très clair».
Alors même que, le 29 avril, toujours sur la question de la stratégie de sortie du confinement dans l’Education nationale, M.Damien Abad (LR) lance une interruption : « Personne n’ira à l’école !» et que M.Bastien Lachaud (LFI) énonce : « Le déconfinement se fera, le 11 mai, dans des conditions particulièrement hasardeuses. Parce qu’Emmanuel Macron vous a imposé une date de déconfinement arbitraire, derrière laquelle vous courez ». Relayé le même jour par M.Sébastien Jumel (Gauche démocrate et républicaine) : « Monsieur le Premier ministre, êtes-vous étonné que les deux tiers des Français soient opposés à la réouverture des écoles le 11 mai alors que nous vivons une crise sanitaire sans précédent ? Nous, pas ».
Finalement, reconnaissons qu’il a fallu un certain cran à cette majorité pour sortir du premier piège qu’elle avait elle-même creusé. La virulence de la France insoumise a été particulièrement aiguë, avec encore cette intervention de M.Loïc Prud’homme (LFI) le 22 septembre :
« Vous allégez le protocole dans les écoles… Le virus circule toujours plus vite, aidé par votre gestion inconséquente de la situation sanitaire ! Mes questions seront donc très claires, monsieur le ministre. Faites-vous le pari de l’immunité collective, oui ou non ? Que ferez-vous quand les services de réanimation seront de nouveau saturés, dans les prochains jours ? Combien de personnes avez-vous décidé de laisser mourir dans votre scénario de gestion de la crise sanitaire ? »
Prochain et dernier épisode : éléments de conclusion
Opération écran noir pour les voeux présidentiels
Lu sur le blogue de l’abbé Michel Viot:
Après la courte trêve de Noël, et la réapparition du couvre-feu, au moment où sont diffusés les propos les plus embrouillés qui soient, tant sur les statistiques de l’épidémie que sur le vaccin, le bruit court d’une possibilité de nouveau confinement en janvier, avec bien sûr pour nous catholiques une interdiction, ou une restriction des messes publiques par l’Etat.
Sur ce dernier point, le Cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, s’était exprimé très clairement lors d’un entretien avec le journaliste Riccardo Cascioli, il y a plusieurs mois (7 mai 2020) : « C’est une chose de prendre des mesures de précaution pour minimiser les risques de contagion, c’en est une autre d’interdire la liturgie… l’Etat a sa tâche, l’Eglise a la sienne. »
En ce qui concerne les mesures de « remplacement » (utilisation d’internet, messes télévisées, communion spirituelle etc.), je ne nie pas les bonnes intentions de ceux qui ont pratiqué cela dans l’affolement du début de l’épidémie. Mais je dis très clairement maintenant, que cela ne doit en aucun cas se poursuivre, car une telle pratique éloigne des principes fondamentaux du catholicisme et conduit tout droit à l’hérésie. Aussi je rappelle cette deuxième affirmation du Cardinal Müller: « Jésus, Fils de Dieu, s’est fait chair, nous croyons en la résurrection de la chair. C’est pourquoi la présence corporelle est absolument nécessaire pour nous. Pour nous, pas pour Dieu. Dieu n’a pas besoin des sacrements, c’est nous qui en avons besoin. Dieu a institué les sacrements pour nous. Le mariage ne fonctionne pas seulement spirituellement, il faut aussi une union du corps et de l’âme. Nous ne sommes pas des idéalistes platoniciens, nous ne pouvons pas assister à la messe depuis chez nous, sauf dans des situations particulières. »
Et il y a, dans ces éminents propos, d’autres considérations sur le zèle conformiste de certains clercs, par rapport à l’esprit du monde que je vous conseille à tous de méditer.
Aussi devons-nous dénier à l’Etat le droit d’avoir recours à l’interdiction du culte public, de l’enseignement du catéchisme ou de toute autres réunions nécessaires à la pratique du culte catholique. Le pouvoir politique qui se risquerait à commettre une telle faute, se placerait hors de l’état de « Magistrat respectable » décrit par Saint Paul au chapitre 13 de l’épître aux Romains. Il se transformerait en abject tyran auquel la foi commanderait de désobéir et peut-être de se poser des questions sur sa légitimité. Je ne donne qu’un avis théologique personnel et n’ai pas à parler au nom des autres religions, leurs responsables ont tenu des discours différents des nôtres, cela les regarde, ils diront ou ne diront pas ce qu’ils souhaitent. Cette situation aura eu au moins le mérite de montrer que nous sommes différents et pas obligatoirement solidaires. C’est pourquoi, au cours de l’histoire, le Saint Siège a toujours voulu que la partie de l’Eglise qui dépend de lui puisse traiter directement avec l’Etat où elle se trouve, indépendamment des autres religions qui peuvent exister dans ce pays. Et ceci, non pour demander de quelconques privilèges, mais par simple souci de vérité par rapport à son caractère propre : la reconnaissance de la liberté de l’Eglise dont le Chef est Jésus Christ lui-même. En renouant les relations diplomatiques avec le Saint Siège en 1921, donc avec le Pape, successeur de Pierre et Vicaire du Christ, Pie XI qui n’avait pas encore retrouvé sa situation de Chef d’Etat, demeurant donc seulement le Chef suprême du Catholicisme, la République française reconnaissait de fait ce caractère particulier de l’Eglise catholique, sans pour autant en faire une croyance religieuse de l’Etat qui demeurait laïc. Il est plus que fâcheux que l’actuel gouvernement français ait fait mine d’ignorer cette tradition fort ancienne.
Cela dit les mesures autoritaires prises par l’Etat à l’encontre de l’Eglise catholique lui ont fait un tort considérable, qu’on ne peut passer sous silence et qui ne sera pas oublié de sitôt. Il pourra être pardonné bien sûr, mais à la condition expresse que les fautifs demandent pardon et reconnaissent leurs fautes, comme d’ailleurs un des attendus du dernier jugement du Conseil D’Etat devrait les y inviter. Et je le résume en quelques mots. On ne peut, en France, interdire une réunion religieuse comme celles qui peuvent avoir lieu dans un théâtre ! Tout politique avisé le sait parfaitement. On a donc gêné pour nuire.
Considérant ce qu’est devenue notre Constitution avec le quinquennat, une monarchie élective, avec un premier ministre, transformé en fondé de pouvoirs et une Assemblée nationale en chambre d’enregistrement, il ne reste qu’une seule assemblée pour représenter le peuple, le Sénat, mais il n’a pas le dernier mot.
C’est donc le Chef de l’Etat qui endosse la responsabilité de toute l’hostilité manifestée ces temps-ci à l’Eglise catholique. Cette vérité nous oblige, plus que jamais, à refuser d’écouter ses vœux ce 31 décembre 2020.
Sa détestation du catholicisme, et son peu d’amour pour les Français, l’ont en effet conduit pendant ce temps à orchestrer une campagne de peur qui aggrave ses précédentes mesures. Des atteintes importantes à nos libertés se préparent, il suffit de se pencher sur les principes républicains conduisant à la modification des lois de 1901 et 1905, débattus en conseil des ministres le 9 décembre dernier. Cela va forcément porter atteinte à la liberté de l’Eglise catholique, sans satisfaire la majorité des musulmans. Car, c’est en principe pour eux qu’on modifie ces lois. Le gouvernement a agi comme ses ancêtres de 1905, et surtout de 1790, en ne consultant pas les principaux intéressés compétents en la matière. Mû par les mêmes principes anti-catholiques, il fera passer en force sa loi bioéthique. Un peu avant Noël, Monseigneur Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron écrivait: « À l’approche de Noël, c’est un monde épuisé qui s’offre à nos yeux. Épuisé en particulier par la gestion inédite d’une épidémie dont nous voyons se multiplier les conséquences désastreuses, d’ordre psychologique et spirituel, économique et social, directement liées aux mesures de confinement et aux nombreuses restrictions des libertés qui en découlent. Le climat d’anxiété qui pèse sur beaucoup, entretenu par un discours officiel volontiers alarmiste et culpabilisateur, révèle l’état actuel de l’humanité. » Et le reste du texte, auquel j’adhère dans sa totalité, nous dit dans quel triste état se trouve notre France. Comment pourrait-elle comprendre, tolérer et supporter des vœux d’un homme dont elle se méfie de plus en plus ?
La crainte et la peur sont effectivement des instruments de gouvernement. Mais ils peuvent s’user plus vite qu’on ne le croit, et alors c’est l’explosion ! Je recommande l’écran noir parce que je souhaite que tous réfléchissent et ne laissent point en eux monter la colère. Comment, en écoutant et en voyant la prononciation des vœux présidentiels, ne pas entendre, en même temps, et pour reprendre une image biblique, la voix du sang qui monte de la terre jusqu’à Dieu, la voix des euthanasiés de nos Ehpad, se joignant à celle des quelque deux cent vingt mille enfants avortés par an en France, les râlements des morts, faute de masques ou de traitements appropriés, refusés pour des raisons obscures, les cris de ces défunts solitaires, empêchés de voir leur famille ou de recevoir le secours d’un prêtre pour leurs derniers instants ? Et comment ne pas trembler d’effroi devant l’avenir, qu’on aura beau enfumer de propos démagogiques ? Leur brume n’empêchera pas de deviner l’importance du cortège de pauvres de plus en plus nombreux, ils colleront aux vœux officiels, comme les marques de la lèpre sur la peau d’un malade. Ce que nous voyons et entendons autour de nous nous fait suffisamment de mal sans qu’il soit nécessaire d’en rajouter à la fin de cette sinistre année ! Écran noir de 20h à 20h20, ce 31 décembre 2020 !
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Il vaut mieux en rire qu’en pleurer (4/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
Le sujet est grave et la situation générale de la France est dramatique. Pourtant, il y a quand même quelques échanges savoureux entre parlementaires et membres du gouvernement. C’est vrai que le recul aide un peu.
Ca commence dès le 18 février par M.Véran qui affirme :
« Vous savez très bien que notre système de santé est extrêmement solide, notamment en matière de santé publique et lorsqu’il s’agit de lutter contre des risques épidémiques ».
Le 3 mars, répondant au député Pascal Bois (LaRem) à propos du foyer épidémique dans le département de l’Oise, et qui faisait observer que « des questions me sont adressées par des citoyens et des élus confrontés à l’anxiété ou à la pénurie de masques ou de solutions hydro-alcooliques pour se protéger », M.Véran répond :
« Quant au gel hydro-alcoolique, après m’être entretenu avec les élus et le directeur général de l’ARS, je peux vous annoncer qu’il arrive. Il n’y avait pas de pénurie, mais simplement une demande extrêmement forte concentrée sur une période très brève. La production bat son plein et les industriels – français, en l’occurrence – seront capables de répondre à cette demande dans les prochaines heures ».
On peut évoquer une surprenante et éphémère initiative du gouvernement, rappelée le 5 mai par Mme Frédérique Dumas (Libertés et Territoires) :
« Monsieur le Premier ministre, le site du Gouvernement propose depuis fin avril une nouvelle page intitulée « Désinfox coronavirus ». Cette rubrique propose de fait de labéliser ce qui est fiable et ce qui ne l’est pas, en sélectionnant une liste d’articles, et ce, sans même l’autorisation des rédactions concernées.. Compte tenu de la chute de confiance des Français dans la capacité du Gouvernement à gérer la crise et à fournir des informations fiables, non seulement les Français qui doutent n’iront jamais sur un site gouvernemental pour démêler le vrai du faux, mais le risque est grand d’inciter la population à s’informer en dehors des sources mises soi-disant en valeur par le Gouvernement »
enterrée par le ministre de la culture, l’inoubliable Franck Riester :
« Le service supplémentaire proposé par le porte-parolat visait simplement à regrouper sur une même page internet les ressources de lutte contre la désinformation concernant la crise sanitaire… En tant que ministre de la culture, garant de la liberté, de l’indépendance et du pluralisme de la presse, je souhaite vous annoncer que le Gouvernement a pris la décision de retirer cette page du site internet du Gouvernement ».
On ne saurait oublier la brillante Mme Sibeth Ndiaye qui répondait le 26 mai à une question de M.Joachim Son-Forget (« Soyez à la hauteur du sinistre. Au-delà des ambitions et des petits calculs, nous voudrions être sûrs que vous ferez passer avant votre sort personnel et les menaces judiciaires potentielles le sort des Français qui souffrent des lenteurs et des carences administratives ») avec son inégalable talent :
« Je vous remercie pour votre question, qui me permet d’apporter un éclairage sur ce qu’a été la politique du Gouvernement depuis le début de la crise sanitaire. À chaque instant, nous avons fait le choix de regarder les indicateurs sanitaires et de nous appuyer sur un rationnel scientifique et sanitaire pour prendre l’ensemble des décisions qui ont été les nôtres. Qu’il s’agisse de la doctrine d’emploi des masques ou de celle de la diffusion et de l’utilisation des tests, c’est uniquement sur ce rationnel scientifique et sanitaire que nous avons fait nos choix en matière de politique de santé publique,…et les résultats sont au rendez-vous. Cette épidémie dont nul dans le monde ou en Europe, ni malheureusement dans notre pays, n’avait pu prévoir l’ampleur, nous y avons fait face, parce que nous avons su anticiper l’adaptation de notre système de santé ».
Le 2 juin, M.Philippe Vigier (MoDem) interroge sur les conséquences économiques du confinement pour l’hôtellerie. Le Premier ministre, dans son style pince-sans-rire, de répondre :
« S’agissant de l’hôtellerie, l’activité n’a pas été formellement interdite, mais par définition, dès lors qu’il n’y avait pas de restauration et peu de déplacements, il était compliqué de faire fonctionner ces établissements ».
Mais s’il fallait attribuer une palme, ce serait peut-être pour saluer les premiers pas du nouveau Premier ministre Jean Castex. Le compte-rendu de cette séance du 8 juillet (laissé intégralement avec toutes les interruptions et mouvements) est un peu long mais, franchement, c’est un morceau quasi d’anthologie. M.Castex répond à une question précise de Mme Virginie Duby-Muller :
« Comment avez-vous pu vous féliciter, dès votre prise de fonction, que la France ait l’un des taux de croissance les plus élevés d’Europe en 2019 alors qu’elle était vingt-quatrième sur vingt-huit ? ».
le président. La parole est à M. le Premier ministre. (Applaudissements prolongés sur les bancs des groupes LaREM et Agir ens, ainsi que sur quelques bancs du groupe MODEM. – « Debout ! » sur plusieurs bancs des groupes LR et GDR. – Plusieurs députés des groupes LaREM et Agir ens se lèvent.)
Pierre Cordier. Ils ont du mal à se lever !
Fabien Di Filippo. C’est laborieux !
Alexis Corbière. C’est beau, la foi !
Michel Herbillon. Ils l’applaudissent alors qu’il n’a pas encore parlé !
le président. S’il vous plaît, mes chers collègues ! Seul M. le Premier ministre a la parole. Écoutez-le !
Raphaël Schellenberger. Il n’est pas là pour parler, mais pour exécuter les décisions de l’Élysée !
Jean Castex, Premier ministre. Je voudrais d’abord vous dire toute l’émotion et tout l’honneur que je ressens, m’exprimant aujourd’hui pour la première fois en ma qualité de Premier ministre devant la représentation nationale. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Agir ens, ainsi que sur quelques bancs du groupe MODEM.)
Pierre Cordier. Pour le moment, nous sommes d’accord !
Maxime Minot. Il n’a encore rien dit, soyez patients !
Jean Castex, Premier ministre. Sachez que j’ai et que j’aurai toujours un grand respect pour le Parlement et pour l’Assemblée nationale.
Jean-Luc Mélenchon. C’est le minimum !
Alexis Corbière. C’est la base !
Pierre Cordier. Ce serait une rupture !
Jean Castex, Premier ministre. Je m’emploierai toujours, vis-à-vis de vous comme de l’ensemble de la nation, à incarner les valeurs de respect et de dialogue.
Éric Coquerel. Ça cache quelque chose !
Pierre Cordier et M. Patrick Hetzel. Jusqu’ici, tout va bien !
Jean Castex, Premier ministre. Oui, jusqu’ici tout va bien !(Sourires.) Il n’aura échappé à personne – en tout cas, pas à vous, madame Duby-Muller – que ce nouveau gouvernement…
Fabien Roussel. Est un gouvernement de droite !
Mme Clémentine Autain. Et de droite !
Plusieurs députés du groupe LR. Est un gouvernement de gauche !
Jean Castex, Premier ministre. …entre en fonction dans un contexte très particulier…
Fabien Di Filippo. Celui de l’échec du quinquennat !
Jean Castex, Premier ministre. …celui d’une crise sanitaire d’une ampleur exceptionnelle qui, vous le savez, n’est pas terminée…
Fabien Di Filippo. Elle a été mal gérée !
Éric Coquerel. On enfonce des portes ouvertes !
Jean Castex, Premier ministre. …et d’une crise économique et sociale qui a déjà commencé et qui s’annonce sans doute comme la plus difficile que la France, l’Europe et le monde…
Jean-Luc Mélenchon. La galaxie, même !
Jean Castex, Premier ministre. …auront à affronter depuis la crise de 1929. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe FI.)
Maxime Minot. Allez, accélérez !
Fabien Di Filippo. En fait, c’est Édouard Philippe, mais au ralenti…
Jean Castex, Premier ministre. Avec les valeurs qui sont les miennes, j’ai l’honneur de diriger ce gouvernement, qui sera un gouvernement de combat. (Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes LaREM et Agir ens.)
Ugo Bernalicis. Un gouvernement de droite !
Jean-Luc Mélenchon. C’est du blabla !
Jean Castex, Premier ministre. …tourné vers l’efficacité,…
Fabien Di Filippo. Et vers la réélection du Président de la République !
Jean Castex, Premier ministre. …un gouvernement de dialogue, un gouvernement des territoires.(Applaudissements sur de nombreux bancs des groupes LaREM et Agir ens.)
Jean-Luc Mélenchon. Ça ne veut rien dire !
Jean Castex, Premier ministre. Cela ne répond pas simplement à une conviction, dans le cadre des orientations dégagées par le Président de la République : ce sera surtout un gage d’efficacité dans la lutte contre la crise.
Raphaël Schellenberger. Cela ne sera pas suffisant !
Maxime Minot. Paroles, paroles ! Il est temps de passer aux actes !
Jean Castex, Premier ministre. Nous devrons être unis. Nous allons engager un plan de relance ambitieux,…
Mme Valérie Beauvais. Vous prononcez déjà votre déclaration de politique générale ?
Jean Castex, Premier ministre. …marqué par la nécessité de faire face aux drames humains que subiront des personnes et des territoires…
Raphaël Schellenberger. Finalement, on préférait Édouard Philippe !
Stéphane Peu. Est-ce un discours de politique générale ?
Jean Castex, Premier ministre. …et qui sera d’autant plus efficient que, dans la continuité de la logique de transformation qui irrigue ce quinquennat, nous investirons dans l’avenir, la transition écologique, les territoires et la solidarité nationale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LaREM.)
Le Gouvernement aujourd’hui constitué est tout au service de ces ambitions.
Jean-Luc Mélenchon. Misère ! Ça va durer longtemps ?
Fabien Di Filippo. Cela fait cinq minutes que vous parlez pour ne rien dire !
Jean Castex, Premier ministre. Je veillerai personnellement aux résultats et à l’efficacité de notre action au service de la France. (Applaudissements sur les bancs des groupes LaREM et Agir ens.)
Raphaël Schellenberger. Il n’a rien dit !
Fabien Di Filippo. C’est lénifiant !
le président. S’il vous plaît, mes chers collègues ! Calmez-vous !
C’était la fin de la première intervention à l’Assemblée nationale de M.Castex. Il est vrai que M.Macron lui avait demandé de reporter sa déclaration de politique générale après la déclaration télévisée qu’il comptait faire. Et bien entendu, M.Castex n’a en rien répondu à la question qui lui avait été posée.
M.Véran se révèle être un adepte de la méthode Coué. M.Bastien Lachaud lui demandait le 29 septembre :
« Mais comment faire quand on ne comprend plus rien ? Alors que les rassemblements de dix personnes sont interdits, nous continuons à nous entasser dans les transports en commun. Nous pouvons aller au travail, à l’école, à l’université mais pas faire du sport. Nous pouvons boire un verre ou aller au restaurant mais pas après 22 heures. Vous décidez de la fermeture des bars à Marseille à partir du vendredi 25 septembre puis finalement à partir du dimanche 27. L’application StopCovid est l’arme ultime contre la pandémie mais le Premier ministre ne l’a pas téléchargée. Comment voulez-vous que l’on s’y retrouve ? ».
Réponse de M.Véran :
« Le meilleur moyen d’inciter les Français à respecter les règles, c’est de dire que nous les comprenons nous-mêmes, qu’elles sont bonnes et qu’il faut les respecter. Par votre question, monsieur le député, vous semez le trouble ».
C’est peut-être rassurant de voir cette osmose entre le ministre de la santé et le chef du comité scientifique consulté par M.Macron, le professeur Delfraissy, qui disait le 16 décembre sur RTL :
« J’ai interpellé le CSA qui, je vous le rappelle, a un rôle de régulateur. J’ai interpellé également les deux commissions d’enquête du Sénat et de l’Assemblée nationale, en disant : il me semble qu’on pourrait aussi entendre les patrons de chaîne, et en particulier de certaines chaînes, qui font, non pas de l’information, mais qui créent du débat ».
Toujours est-il que plus on avance dans l’épidémie, moins le gouvernement a les idées claires. Mme Bourguignon affirme ainsi le 27/10 (à la veille du deuxième confinement) :
« Malheureusement, comme partout en Europe, la circulation du virus s’accélère dans l’ensemble du territoire national. Nous en prenons acte et nous continuerons d’agir pour prévenir et limiter autant que possible les différents foyers de contamination. Personne n’a la solution, mais nous agissons. Tel est le sens de notre action, qui évolue en parfaite transparence et conséquence ».
Et le 15 décembre, c’est Simplet (Petitattal) qui expliquait :
« Il est vrai que nous découvrons cette épidémie, qu’elle se révèle difficilement contrôlable dans tous les pays du monde, ce qui rend compliqué de prendre des mesures compréhensibles par tous ».
Cela fait quand même dix mois que le pays est en crise…
Prochain épisode : M.Macron fait tenir bon le gouvernement sur quelques aspects des confinements.
Evaluation morale du vaccin contre le covid-19

Le P. Olivier, directeur de l’institut Plantatio, et Roselyne Legall, docteur en philosophie et professeur en bioéthique pour ce même institut, viennent de publier une intéressante étude sur l’évaluation morale du vaccin contre le covid-19 pour le site de La Nef. L’article s’interroge d’abord sur la nature du “vaccin”:
Quelle est donc tout d’abord sa nature ? S’agit d’un vaccin au sens traditionnel ? Ce qui est de fait habituellement transmis lors d’un vaccin classique est un virus dénaturé ou une partie d’un virus épuré qui, ne portant pas l’élément actif pathogène, dispose toutefois le corps à la fabrication anticipée d’anticorps adaptés grâce à une congruence de structure tridimensionnelle entre le virus pathologique et son leurre. Le corps va donc recevoir ce virus dénaturé comme un autre virus et provoquer là où il se trouvera des réactions finalement habituelles d’immunité et de fabrication d’anticorps. Aussi, le principe de la vaccination classique ne pose-t-il pas de problème éthique au sens où il respecte le fonctionnement naturel du système immunitaire humain. La spécificité du vaccin à ARNm est qu’il va demander à toutes les cellules dans lesquels il se logera de fabriquer la protéine d’une partie du virus (appelée la spicule) qui elle-même provoquera la réaction d’anticorps correspondant. Il s’agit là d’une technique qui ressemble à de la thérapie génique impliquant directement la maîtrise de la fabrication d’un ARNm par voie biochimique dépassant une simple fabrication plus traditionnelle de vaccin. De prime abord, la solution paraît plus simple car l’ARNm est une simple chaîne linéaire de nucléotides alors que le virus dénaturé qui doit être « conditionné » est une protéine tridimensionnelle qu’il faut rendre stable. Mais plusieurs remarques d’importance sont à noter du point de vue éthique.
Puis, les auteurs étudient plusieurs questions éthiques:
Premier point éthique : une triple violence
Peut-on ainsi ordonner à des millions de cellules de fabriquer une partie du virus, un corps étranger comme si on les arraisonnait à fabriquer quelque chose à l’encontre de leur équilibre systémique propre dans une sorte de forçage génétique ? […] Cette violence s’exprime aussi par la manière dont l’ARNm va s’introduire dans la cellule : alors que naturellement il vient du noyau de la cellule sous forme de « filaments » qu’il constitue, ici, il est introduit de l’extérieur de la cellule par des nanoparticules lipidiques contenant repliée l’ARNm. Pour une cellule donnée, il y a l’intrusion de l’extérieur d’un corps étranger invasif alors qu’elle est naturellement habituée à accueillir ce type de corps comme venant de l’intérieur d’elle-même : comment réagira-t-elle à un élément biochimique qui lui ordonne de faire quelque chose à partir d’un mode d’entrée et de présentation de soi non naturel ? […] Enfin, c’est la quantité d’ARNm qui est injectée, en tant que quantité brute qui fait violence : alors que celui-ci se présente habituellement pour une protéine à fabriquer comme un ou des simples brins que vont lire plusieurs ribosomes et dont la quantité sera contrôlée par des mécanismes d’autorégulation, la, une quantité abstraite est imposée dans son mode de lecture. Une triple violence est donc faite par ce type de vaccin au cœur de ce qui nous constitue le plus fondamentalement au niveau corporel, à savoir la cellule humaine, merveille de Dieu dans son fonctionnement interne : dans le fait de devoir fabriquer quelque chose de non naturel, dans le fait d’être contraint d’accueillir de l’ARN mercenaire de l’extérieur d’elle-même, dans le fait de devoir subir un assaut quantitatif d’ARNm alors qu’il est diffusé naturellement au cœur de la cellule qualitativement et de manière auto-régulée.
Deuxième point éthique : la thérapie génique
Troisième point éthique : la question de l’utilisation de lignées de cellules de fœtus avortés
Quatrième point éthique : incertitude des conséquences du vaccin
Un article passionnant, qui mérite d’être lu attentivement, et dont il faut espérer qu’il aide à un discernement moral pour tous les hommes de bonne volonté et spécialement pour les catholiques – et peut-être aussi qu’il aide à susciter un véritable débat scientifique, philosophique et moral sur cette campagne de vaccination étrangement mal préparée. A lire ici.
Des études scientifiques contre l’idéologie du genre

L’excellente lettre Marri Research du Dr Pat Fagan (Catholic University of America) publie régulièrement des synthèses d’études scientifiques sur la famille – études qui démontrent abondamment que les attaques contre la famille sont aussi des attaques contre les personnes et contre les sociétés, puisque l’on constate que le divorce coûte très cher non seulement aux individus, mais encore aux sociétés (qui, pourtant, l’encouragent!) ou que la pornographie ravage non seulement les familles, mais aussi augmente la criminalité, etc.
Dans sa dernière lettre, Pat Fagan réunit quelques études (dont certaines ne sont accessibles qu’à ceux qui peuvent se connecter avec leurs codes universitaires) montrant que le cerveau des hommes et des femmes sont différents et complémentaires. Ainsi un article de 2017 montre que les femmes ont, en moyenne, de meilleures performances que les hommes en matière de mémoire, mais que les hommes ont de meilleures performances (toujours en moyenne) pour se repérer dans l’espace ou pour les tâches motrices (voir ici: lien accessible seulement avec des codes académiques). Une autre étude se penche sur les préférences des enfants en matière de jeux. Une autre encore étudie les comportements différents des hommes et des femmes en matière d’intelligence cognitive et d’intelligence émotionnelle. En un mot, de quoi ruiner scientifiquement les prétentions de l’idéologie du genre à faire des différences sexuelles de pures conventions sociales.
De façon générale, si vous cherchez des informations scientifiques sur la famille (au sens large), vous avez de grandes chances de les trouver sur le site Marripedia, sorte de wikipedia animé par l’équipe du Dr Fagan.
Des entrepreneurs québécois contre la dictature sanitaire

L’organisation « Entrepreneurs en Action du Québec » (EAQ), réunissant des chefs d’entreprises canadiens de différents secteurs, et des parents ont déposé une demande en justice visant à obtenir la nullité des décrets déclarant l’urgence sanitaire au Québec et à les faire reconnaître comme inconstitutionnels.
Benoit Girouard, porte-parole de l’EAQ, précise: « Depuis le mois de mars dernier, les Québécois subissent, à différents degrés, des atteintes à leur santé physique et mentale provenant non pas d’un virus mais de décisions politiques. Les atteintes touchent aussi à plusieurs droits fondamentaux garantis par nos Chartes. »
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. L’obsession technologique et l’oubli du soin (3/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
Nous avons déjà noté la satisfaction gouvernementale (et présidentielle aussi) profonde d’avoir su monter à Mulhouse un hôpital militaire de campagne de trente lits dans un délai ayant pourtant porté à quelques critiques et M.Véran s’étant même aventuré à dire le 19 mars :
« Nous avons pu récupérer cette quantité de respirateurs, ce qui va nous permettre de monter en charge et d’augmenter le nombre de lits de réanimation, notamment dans le cadre des hôpitaux de campagne que nous pourrions être amenés à construire, comme c’est déjà le cas à proximité de Mulhouse » ;
la satisfaction d’avoir armé un navire de guerre depuis la Corse vers le continent. Ci-dessous, une photo du bâtiment (rappel : pour le transport de 12 patients. Il n’a pas dû y avoir de problème de distanciation sociale).

Le 24 mars, répondant à une question légèrement téléphonée comme on le dit d’une passe au rugby, de M.Philippe Michel-Kleisbauer (MoDem) (« Madame la ministre, pouvez-vous dresser, pour la représentation nationale, une liste la plus exhaustive possible des moyens humains et capacitaires que le Président de la République, chef de l’État et chef des armées, a ordonné de mettre en œuvre pour faire face à la crise ? »), Mme Parly, ministre des armées détaillait :
« Le Président de la République a déclaré que nous étions en guerre. Or, lorsque l’on est en guerre, tous les moyens disponibles doivent être déployés. Ainsi, pour soulager les hôpitaux, en particulier ceux du Grand Est et de la Corse, en état de saturation, nous avons mobilisé des moyens inédits, et tout d’abord un avion ravitailleur A330 Phénix. Celui-ci s’est transformé en véritable hôpital volant grâce au kit Morphée, qui a permis d’assurer plusieurs rotations vers les hôpitaux Laveran et Sainte-Anne en région PACA – Provence-Alpes-Côte d’Azur –, vers Bordeaux et, aujourd’hui même, vers Brest. À la demande du Président de la République, nous avons également déployé un porte-hélicoptères Tonnerre afin de transporter douze patients depuis la Corse jusqu’aux hôpitaux de la région PACA. Enfin, c’est un véritable hôpital de campagne qui a été construit de toutes pièces à Mulhouse. Il est susceptible d’accueillir trente patients en réanimation et accueille en ce moment même un premier malade. Face à une pareille crise, il faut se serrer les coudes et monter en première ligne. Les armées répondent aujourd’hui présentes et continueront de le faire demain ».
On se rappelle aussi les commentaires extatiques sur un TGV médicalisé, cette « première européenne » que personne ailleurs dans le monde ne semble avoir copié, certainement par manque de capacités techniques
C’est pourquoi la demande, le 24 mars, de M.François-Michel Lambert (Libertés et Territoires) et concernant l’approvisionnement en masques de protection et en gel : « N’est-il pas urgent de nommer un expert dédié à la logistique auprès du Premier ministre, sur le modèle de l’expert Covid-19 rattaché directement au ministre des solidarités et de la santé, afin de redéfinir les priorités organisationnelles et d’assurer la gestion de crise et la reconstruction à venir ? » a sans doute été ressentie comme une grossiéreté par . M.Véran qui a vertement répondu :
« L’heure n’est pas à la nomination de tel ou tel expert, car il s’agit pour le moment de montrer aux forces soignantes que nous sommes avec elles et que nous faisons le maximum pour répondre à leurs besoins cruciaux pour sauver des vies au quotidien ».
L’heure n’est pas à la nomination d’expert, ce qui n’a pas empêché M.Véran, lors de la même séance, d’expliquer en réponse à une question sur la gestion de l’épidémie dans les Ehpad,
« Nous ne négligeons pas la question des solidarités. J’ai annoncé hier que j’avais confié à l’ancien député Jérôme Guedj une mission pour lutter contre l’isolement des personnes âgées en EHPAD »…
Mais l’obsession du tout technologique imprime surtout sa marque dans la stratégie médicale : entièrement hospitalo-centrée. Et, à l’hôpital, centrée sur le lit de réanimation, véritable démonstration d’un sommet technologique dans sa catégorie.
A rebours de cette visibilité donnée à un des aspects les plus technologisés de l’hôpital, les médecins généralistes sont rendus invisibles. En fait, pour le gouvernement, c’est à peu près comme s’ils n’existaient pas. Le mot « généraliste » n’est employé que deux fois par le gouvernement sur un an de ces questions/réponses. L’expression « médecine de ville » n’est employée que treize fois par le gouvernement à propos de l’épidémie.
Cet effacement de la médecine de ville comme maillon possible, voire essentiel, pour faire face à la crise, commence dès le 28 janvier lors de cette première question sur le coronavirus. Mme Christelle Dubos, secrétaire d’état auprès de Mme Buzyn précise :
« Notre stratégie vise bien à éviter la propagation du virus. Cela passe par l’information des professionnels de santé et de la population… Cela passe également par l’identification dans les meilleurs délais des personnes susceptibles d’être infectées et des personnes avec lesquelles elles ont été en contact, afin de prévenir tout risque de propagation. … Toute personne présentant ces symptômes – pour mémoire : fièvre, toux et problèmes respiratoires – après un voyage en Chine ou suite à un contact avec une personne en arrivant doit appeler le 15 et ne doit se rendre ni aux urgences ni chez son médecin traitant ».
Le 25 février, quand Philippe le Humble intervient pour répondre à Mme Marine Brenier (LR) qui a rappelé que « tous les praticiens de santé médicaux et paramédicaux constituent des éléments de relais et de vigilance pour faire face à toutes les inquiétudes », il cite les CHU, les équipes du SAMU mais ne parle pas des généralistes.
Le 3 mars, à M.Maxime Minot (LR) qui l’interroge à propos de la situation dans l’Oise « Alors qu’il fait peu de doute que la phase 3 de l’alerte sanitaire sera déclenchée dans les prochaines heures ou dans les prochains jours, comment comptez-vous associer l’ensemble des personnels soignants du département – y compris les médecins de ville et les infirmiers libéraux – à la gestion de l’épidémie ? », M.Olivier Véran ne cite même pas les médecins de ville.
C’est vrai que, le 3 mars, à M.Robin Reda (LR) qui lui pose demande « Les questions qui se posent sont simples et très concrètes. À ce stade de l’épidémie, nos hôpitaux sont-ils vraiment prêts ? Comment comptez-vous associer les médecins du premier recours dans nos territoires ? », le même Véran répond quand même :
« Je vous le dis : l’hôpital sera à la hauteur, la médecine de ville sera à la hauteur, nos infirmiers seront à la hauteur, nos ambulanciers et nos pompiers seront à la hauteur de cette crise virale… Nous devons travailler le lien pré-hospitalier avec le lien hospitalier, et préparer, dans l’hypothèse d’une épidémie, le lien entre l’hôpital et la médecine de ville ».
Et même Philippe le Humble indique le 19 mars : « J’en viens à la mobilisation de l’ensemble de notre système de soins, que vous aviez évidemment à l’esprit même si vous avez insisté sur l’hôpital. Si les personnels hospitaliers sont en première ligne, le système libéral – la médecine de ville et de campagne – est directement concerné. ». A peu près aussi sérieux que la volonté de M.Macron de traiter le problème du séparatisme musulman sinon avec transparence, au moins avec efficacité.
En effet, le 7 avril, à propos de la lutte contre le covid dans les EHPAD, M.Véran cite les départements, les ARS, « L’ensemble des services de l’État, les collectivités – y compris les communes – et les associations doivent participer à l’effort national…. Dans la période actuelle, l’union nationale est importante, et belle à voir : partout, l’objectif de protection des personnes les plus fragiles est partagé ». Il ne cite néanmoins pas les généralistes. De même quand il répond le même jour sur sa politique de dépistage dans les EHPAD, il indique : « cette stratégie nécessite un travail gigantesque impliquant les collectivités, les élus des territoires, les départements, les maires, les agences régionales de santé, la réserve sanitaire, la puissance étatique, les hôpitaux, les EHPAD eux-mêmes ». Toujours pas de généralistes.
Quand M.Véran parle d’application numérique pour les données de santé, il décrit l’instauration « d’un système d’information unique, regroupant les données des laboratoires, des hôpitaux et des drives, permettant de tracer et d’isoler efficacement les malades sur les territoires ». Les médecins ne sont pas dans le coup. Quand, le 19 mai, il est interrogé par M.Bernard Perrut (LR) sur l’organisation du système de santé, il parle de l’hôpital. Il ne parle pas de la médecine de ville.
Enfin, le 27 octobre, quand Mme Frédérique Dumas (Libertés et Territoires) pose la question : « Pourquoi ne pas vous appuyer davantage sur les médecins traitants, qui entretiennent un lien privilégié avec les patients et qui déplorent de ne pas être au cœur du dispositif ? » à propos des applications numériques pour la gestion des données de santé, Mme Bourguignon ne répond que sur les applications, rien sur les médecins traitants ni leur apport potentiel.
Si les médecins généralistes sont quasiment oubliés, il en va exactement de même de tout ce qui constitue un soin, une thérapeutique (hormis la sacro-sainte réanimation). Le mot « soigner » n’apparaît que 21 fois, celui de « traitement » 27 fois durant toute cette année.
Il y a eu le 24 mars, une question (la seule pendant toute cette période) portant sur l’expérimentation d’un traitement à base d’hydroxychloroquine, posée par M.Eric Straumann (député LR du Haut-Rhin, département qui était alors un des centres de l’épidémie) :
« Je vous remercie également d’avoir autorisé hier soir l’usage de la chloroquine dans les services de réanimation. Face à la gravité de la situation sanitaire du Haut-Rhin, je vous propose d’étendre l’expérimentation de la chloroquine dans les EHPAD du département. Nous avons des équipes médicales volontaires pour participer au protocole de recherche ».
La réponse de M.Véran est assez détaillée :
« Votre question porte surtout sur l’hydroxychloroquine. J’ai reçu hier les recommandations du Haut Conseil de santé publique qui, se fondant sur la saisine de sept sociétés savantes faisant autorité, nous dit que nous n’avons pas, à ce stade, les preuves de l’efficacité de l’hydroxychloroquine – ou, d’ailleurs, d’autres traitements. Il est donc dangereux, en l’absence de preuves, de donner ces médicaments comme s’ils bénéficiaient d’une autorisation de mise sur le marché. En revanche, le Haut Conseil de la santé publique a considéré que si des médecins décidaient collégialement, en leur âme et conscience, qu’ils pouvaient, en l’absence de traitement, administrer ce type de traitement à des malades dans un état grave, souffrant de complications pulmonaires sévères, il fallait les y autoriser. C’est ce que j’ai fait. Je ne m’arrête pas là puisque j’encourage des études cliniques sur des patients en phase symptomatique ou présymptomatique plus précoce, dans différents territoires. Je m’entretenais ce matin encore à ce sujet avec des équipes de chercheurs. Nous ne voulons pas passer à côté de l’occasion d’identifier un traitement qui marcherait. Monsieur Straumann, les cardiologues m’alertent également sur le fait que l’hydroxychloroquine peut entraîner des troubles cardiaques.Aux États-Unis, aujourd’hui, une personne qui en avait utilisé en automédication a été victime d’un arrêt cardiaque qui lui a été fatal ».
Trois commentaires :
- à propos de l’hydroxychloroquine, M.Véran semble préconiser son usage pour les malades « dans un état grave », ce qui est absolument contraire à l’usage qu’en préconise le Dr Raoult (son promoteur le plus renommé) qui le recommande pour le stade précoce de la maladie.
- M.Véran, d’autre part, semble découvrir des information sur des troubles cardiaques potentiels, largement connus de tous les praticiens utilisant cette molécule depuis des dizaines d’années pour des milliards d’individus.
- Enfin, M.Véran paraît alors fort bienveillant à l’idée de l’identification d’un traitement en stade précoce. Il avait d’ailleurs également affirmé le 19 mars : « Je l’affirme haut et fort, s’il s’avérait qu’un médicament permette de soigner correctement les Français, non seulement nous procéderions à sa production massive, mais nous nous assurerions aussi que cette production bénéficierait aux patients français ».
Qu’en est-il en réalité ?
Sans revenir sur tous les épisodes de la saga de l’hydroxychloroquine, à propos de laquelle un post-mortem finira bien par être documenté un jour, relatons une autre petite histoire qui se situe justement entre mars et avril (Pâques était en 2020 le 12 avril). C’est un extrait d’une vidéo enregistrée par le Docteur jean-Jacques Erbstein, médecin généraliste dans cet Est de la France précocement concerné :
« J’ai vu mourir mes premiers patients en respectant scrupuleusement la doxa gouvernementale, ce qui est devenu après de manière un peu cynique la règle des 4D : Doliprane, Dodo, Domicile, Décès…. Ca fait 25 ans que je suis installé, 25 ans que les patients le font confiance. Je ne peux pas leur dire : restez chez vous et attendez que ça se passe ».
Il poursuit : « Le déclic vient de l’appel d’une femme de 40 ans, qui a les symptômes du covid et beaucoup de mal à respirer. Le 15 appelé lui dit « Restez chez vous et attendez que ça passe » ». Il décide alors de lui prescrire quatre médicaments : « l’azithromycine, un anticoagulant parce qu’on commençait à savoir qu’il y avait des caillots qui pouvaient se former, un médicament pour l’aider à respirer et puis du zinc parce que le zinc a des propriétés antivirales. 48h après, plus aucun symptôme. J’ai traité 80 patients : 0 hospitalisations, 0 décès. On était trois généralistes. On est à peu près à 200 patients. Plus un décès, plus une hospitalisation ». D’où leur désir de faire connaître ce qu’ils estiment être un traitement possible. Ce qu’ils font dans une tribune publiée par l’Est républicain : « Et c’est là que les problèmes sont arrivés. Le papier sort le dimanche de Pâques. Lundi de Pâques, c’est repris par le Parisien. Le mardi matin, 8h, coup de téléphone du président du Conseil de l’Ordre : « Qu’est-ce que vous êtes en train de faire là ? Maintenant, vous faites ce que vous voulez mais vous arrêtez toute communication ! ». Et le 9 juin 2020, la DGS écrit un courrier à tous les médecins de France expliquant : « Dans l’infection par le SARS-CoV-2, la littérature n’apporte pas d’argument pour proposer la prescription d’azithromycine ». ». Rappelons que l’azithromycine est cet antibiotique préconisé aussi par le Dr Raoult en association avec l’hydroxychloroquine.

Et, au fait, il y avait ce fameux programme Discovery. Le 31 mars, à une question de M.Ludovic Pajot : « Monsieur le ministre, peut-on espérer avoir, dans les prochains jours, les premiers résultats des essais cliniques actuellement en cours, comme celui intitulé Discovery ? », M.Véran répond sans faire aucune référence ni à Discovery ni à aucun essai thérapeutique.
Encore le 21 avril, dans une question portant sur le rôle de la recherche dans la lutte contre l’épidémie, Mme Laurence Vichnievsky parle de la recherche médicale : « La recherche en santé démontre en ce moment toute son importance : dans la guerre contre le Covid-19, votre ministère et la communauté scientifique sont fortement mobilisés. . Merci au comité d’analyse, de recherche et d’expertise – le CARE –, au consortium REACTing et à l’essai Discovery ! ». Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation répond « Plus d’une centaine d’équipes et quelques milliers de chercheurs travaillent directement sur le Covid-19, dans le but de mieux comprendre la maladie, d’imaginer des pistes de vaccin et de freiner la diffusion du virus ». Elle parle déjà de vaccin ; mais toujours rien sur les traitements ni sur l’essai Discovery. Le mur du silence.
Et le 23 juin, Philippe le Humble d’enfoncer le clou :
« Nous savons et nous déplorons qu’il n’existe pas à ce jour de médicament spécifique contre le covid-19 – je le dis avec prudence car j’ai pu constater combien dès lors qu’on parlait de médicament et de covid-19, les passions donnaient le sentiment de prévaloir sur la raison. Ce qui est certain, c’est qu’il n’existe aujourd’hui aucun traitement destiné spécifiquement à la lutte contre le covid-19… L’espoir réside aujourd’hui dans la conception et la production d’un vaccin »
Donnons encore une adresse internet internet qui pourra être utile à quiconque voudrait avoir un élément de jugement complémentaire sur la prétendue absence de médicament spécifique contre le covid-19.
A cette absence quasi-totale d’intérêt pour des traitements il faut ajouter une absence peut-être encore plus saillante : celle de tout ce qui est étude épidémiologique. On avait pourtant bien compris que M.Macron s’était entouré d’un Conseil scientifique. On a bien entendu partout des épidémiologistes forcément distingués. Pour être honnête, on n’imaginait pas que la France puisse en posséder un stock aussi important. Et, au final, que dit M.Véran le 29/09 à propos des contraintes concernant spécifiquement les bars et restaurants : « Pourquoi les bars et restaurants ?;;; , mais des études internationales attestent que les gens ont entre deux et quatre fois plus de risque d’être contaminé au covid-19 quand ils ont fréquenté un bar ou un restaurant la semaine précédente que quand ils ne l’ont pas fait ! ». Des études internationales ? Cela fait longtemps qu’on réclame au ministre de savoir lesquelles, puisqu’il paraît que depuis plusieurs mois, il ne s’agit que d’une étude faite aux USA dans des circonstances peu définies et certainement fort différentes de ce qui se passe en France (avec les fameux protocoles) et dont les auteurs convenaient d’eux-mêmes qu’il était difficile d’en tirer des conclusions définitives.
Quand le 3 novembre, M.Jean-Christophe Lagarde (UDI) demande : « Aujourd’hui, on ne comprend pas sur quel fondement vous avez pris la décision de fermer les commerces de proximité. Y a-t-il une étude scientifique qui montrerait qu’ils sont plus contaminants que d’autres ? ». M.Castex, dans sa réponse, n’évoque même pas le point.
Et quand, le 15 décembre, Mme Laurence Dumont (PS) demande à Mme Bachelot « Je vous demande une chose, une seule : fournissez à la représentation nationale les études scientifiques qui vous permettent d’affirmer, sans ambiguïté, que les lieux culturels sont des vecteurs de propagation du virus », cette dernière répond : « Les lieux de culture sont fermés partout en Europe. Ils sont fermés en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Italie, en Hongrie, en Tchéquie, au Royaume-Uni, et aujourd’hui nous avons appris qu’ils étaient fermés également aux Pays-Bas. Tous ces pays l’ont fait sur la base d’un certain nombre d’études scientifiques ». Mme Dumont réintervient : « Dites-nous lesquelles ! ». On ne le saura pas.
Depuis, on a appris qu’enfin, après 10 mois d’épidémie, ô miracle, la première étude épidémiologique nationale, conduite par le Professeur Fontanet, Directeur de l’unité épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur (donc quelqu’un qui s’y connaît. En plus il fait partie du fameux conseil scientifique) venait d’être publiée. L’étude a débuté à mi-octobre sur deux périodes : celle du couvre-feu (à compter du 17 octobre), puis celle du confinement partiel. Il faisait quoi, avant, le Professeur Fontanet ? Curieusement, le document n’est même pas daté (le communiqué de presse date lui du 17 décembre) ! Si les bars, restaurants et salles de sport sont considérés comme des endroits de contamination possibles alors qu’ils étaient tous fermés pendant le nouveau confinement, on retiendra aussi que ni le train, ni l’avion, ni le métro n’apparaissent dans l’étude. Sans doute parce que ce sont des lieux parfaitement identifiés pour leur respect des gestes-barrière.
Prochain épisode : Il vaut mieux en rire qu’en pleurer
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Postures gouvernementales (2/6)
Petit rappel : Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion. L’objectif de cette série d’articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ».
La transparence est une des marques de fabrique du pouvoir macronien (le mot apparaît quand même 43 fois dans ces échanges). C’est aussi la qualité première des vitres. Certains préfèreraient que le pouvoir soit caractérisé par le discernementvoire l’efficacité. Mais à ceux-là on ne demande jamais leur avis.
D’ailleurs, la transparence est demandée aussi par les députés. Ainsi M.Damien Abad (LR) dès le 19 mars :
« Notre devoir de gouvernants est d’être transparents…. Le Gouvernement pourrait-il envisager un point journalier du haut fonctionnaire de défense du ministère de l’intérieur ou du ministre lui-même, en lien avec nos 127 préfets, afin de présenter un état des lieux précis de la production, de l’approvisionnement et de la livraison du matériel médical, notamment des masques ? »
Ce à quoi M.Edouard Philippe répond :
« Vous invitez le Gouvernement et toutes les autorités administratives et politiques à s’astreindre à un exercice, un effort, une discipline de responsabilité, de vérité et de transparence. J’adhère à cette logique. C’est ce qui conduit le directeur général de la santé et le ministre des solidarités et de la santé à s’exprimer tous les jours depuis le début de la crise sanitaire pour faire le point sur l’évolution de la situation sanitaire, le nombre de malades et de décès ».
Ce serait donc pour partie la faute des LR si nous avons dû subir la séquence quotidienne et funèbre de Joyeux (le Professeur Salomon, pas encore barbu) pendant de nombreuses semaines ?
M.Véran en avait rajouté le 19 mars :
« Depuis le premier jour, un exercice de transparence devant les Français a lieu quotidiennement, avec l’intervention d’un ministre, du Premier ministre, du Président de la République ou du directeur général de la santé. L’histoire de notre pays a été profondément marquée, meurtrie, par des crises sanitaires d’ampleur, dans la gestion desquelles la transparence n’a pas toujours été une vertu cardinale. On connaît le résultat : une perte de confiance importante dans les élites scientifique et politique. La question de la transparence est donc vitale ; tous les comptes qui doivent être rendus et toutes les enquêtes qui doivent être menées le seront en temps voulu… Veuillez croire que la transparence est vraiment notre valeur cardinale, celle qui nous guide et nous mobilise depuis le début, celle qui nous a permis d’agir depuis le début avec efficacité ».
Il avait ajouté le 7 avril cet argument en réponse à une question de Mme Béatrice Descamps (UDI) concernant les EHPAD :
« Madame la députée, la transparence est totale. Les chiffres que nous annonçons tous les soirs sont ceux qui nous remontent quotidiennement de l’ensemble des EHPAD et établissements médico-sociaux du territoire. Nous sommes le seul pays à être totalement transparent sur le nombre d’EHPAD concernés, le nombre de malades par établissement et même le nombre de morts ».
Et la transparence va avec l’humilité. A bien y réfléchir, mais pourquoi l’humilité ? Depuis quand l’humilité est-elle une vertu de dirigeant ? En tout cas, c’est vraiment la marque de fabrique de M.Edouard Philippe. Pas plus embobineur, plus patelin que lui : s’adressant à Mme Rabault (PS) le 31 mars
« Madame la présidente, vous posez beaucoup de questions, vous demandez beaucoup de chiffres ; vous m’avez adressé il y a peu un courrier qui comportait, je crois, près de vingt-cinq questions précises. C’est tout à fait légitime, et j’essaierai naturellement d’y répondre aussi scrupuleusement que possible. Dans cette période, j’essaie de faire de mon mieux pour apporter à nos concitoyens les réponses précises qu’ils attendent ; quand je n’ai pas le chiffre en tête – s’agissant par exemple du stock de masques dans tel ou tel département – je préfère vous renvoyer à une réponse plus complète qui vous sera donnée par écrit ou à l’occasion d’une prochaine ».
Et aussi le 5 mai :
« Vous évoquez de nombreux sujets dans votre question, monsieur Jacob, qu’il me sera difficile d’aborder tous. Elle a toutefois l’immense mérite de nous imposer un exercice aujourd’hui délicat mais nécessaire, qui requiert humilité et prudence… Je le dis donc avec tranquillité et humilité , car je sais que l’on peut toujours trouver un exemple d’un fonctionnement plus réussi. ».
Et encore le 5 mai, en répondant à une nouvelle question de Mme Rabault : « Ce que nous demandons, avec humilité, c’est seulement un peu de bonne foi de l’autre côté ». Le 2 juin, évoquant la situation des professeurs, il explique à nouveau : « Nous essayons, avec beaucoup de modestie et d’humilité… »
M.Véran bien sûr lui a emboîté le pas. Le 7 avril, il affirme :
« Je le dis avec humilité, face à une menace épidémique inédite. À mesure que les recommandations scientifiques évoluent, nous sommes amenés à nous interroger, voire à nous réinterroger ».
Puis, le 21 avril :
« Nous faisons face – je sais que vous en serez d’accord – à une situation d’urgence inouïe et inédite, que notre pays subit à l’instar de l’immense majorité des pays du monde. Dans ce contexte, nous devons être humbles et modestes et ne prendre des décisions que lorsque nous sommes en mesure de les étayer solidement par des recommandations scientifiques ».
Et enfin M.Castex, le 1er décembre à propos du deuxième confinement :
« Ces mesures étaient nécessaires, et la meilleure preuve en est leur résultat et non l’opinion que peuvent en avoir les uns ou les autres. Vous avez raison de le rappeler mais il faut le dire avec prudence et humilité, notamment à l’endroit de celles et ceux qui donnent beaucoup de leçons avec une grande assurance et en permanence (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) les résultats enregistrés par la France sont actuellement les plus favorables en Europe ».
Ce qui montre que de l’humilité à l’autosatisfaction, la distance est parfois ténue.
Et l’autosatisfaction ruisselle continuellement quand le gouvernement évalue la qualité de son travail. C’est vrai que, d’un certain côté, l’autosatisfaction est bien naturelle quand nous savons bénéficier du meilleur-système-de-santé-que-le-monde-nous-envie. Sans compter des capacités logistiques exceptionnelles.
Cela commence dès le 4 février à propos du rapatriement des français (180 personnes dans une premier vol le 31 janvier, 244 personnes dans un deuxième vol le 2 février depuis Wuhan). M.Taquet le souligne avec satisfaction : « Peu de pays dans le monde seraient capables, comme l’a été la France, d’organiser en si peu de temps la prise en charge et l’accompagnement de nos ressortissants ». Et M.Edouard Philippe, Philippe le Humble, de surenchérir : « De l’avis général, les opérations de rapatriement ont été remarquablement organisées ». C’est vrai que, d’un autre côté, Philippe le Humble a dit aussi le 18 février : « Je vous remercie de votre question, monsieur Herbillon. Elle me donne l’occasion de dire publiquement qu’Agnès Buzyn était une remarquable ministre des solidarités et de la santé ».
Après la logistique aérienne, l’enthousiasme est le même sur le plan médical. Le 25 février, Mme Valérie Thomas (LaRem) indique :
« L’ensemble des forces de notre pays – chercheurs, médecins, personnels de santé – sont mobilisées pour réagir au développement de la maladie en France. Je tiens d’ailleurs à saluer leur engagement et à rappeler que notre système est très probablement l’un des plus performants au monde pour répondre à l’urgence. Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, est totalement mobilisé sur cette question »
et Philippe le Humble d’encore surenchérir :
« Vous aurez remarqué que nous prenons ce sujet très au sérieux. C’est la raison pour laquelle, dès que ce virus est apparu en Chine, nous avons veillé, à ce que les instituts de recherche, qui font l’honneur et la fierté de nos concitoyens, soient les premiers à identifier les caractéristiques de ce virus. Ça a été le cas, et nous veillons à ce que la capacité de notre système à produire des tests et à les utiliser soit à la hauteur des enjeux… Nous avons réussi à faire passer la capacité de production et d’analyse de ces tests de 400 à 1000 tests par jour ».
1000 tests par jour ! Et encore, il a aussi précisé le 19 mars : « Nous avons très vite mis au point un test __ je le précise car cela n’a pas été le cas partout ». Et vlan pour les chers partenaires européens…
Il n’y a pas que les tests qui peuvent être objet de fierté. C’est la même chose pour les… masques. Philippe le Humble, encore le 19 mars :
« Nous avons en effet pris un décret de réquisition des masques, dont il existe en France quatre producteurs, ce qui, soit dit en passant, place notre pays dans une situation plus favorable que celle de plusieurs de ses voisins européens qui n’en comptent aucun ».
Et donc M.Véran de compléter :
« Nous avons déstocké, à ma demande, 25 millions de masques chirurgicaux, au début du mois de mars, et nous avons eu recours à une réquisition de l’ensemble des stocks et des capacités de production de notre pays, le 3 mars. Nous sommes le seul pays à avoir réalisé ce qu’on appelle un monitoring complet des stocks, des capacités de production et des besoins ».
Ce qu’il répète le 24 mars :
« Permettez-moi de vous rappeler que la France est le seul pays à avoir procédé à une réquisition totale de toutes les capacités de production et de tous les stocks nationaux de masques et de tenues de protection. C’est le seul pays à avoir réussi à faire un « monitoring » des capacités de production, des stocks et des besoins de l’ensemble des acteurs du territoire ».
Puis le 31 mars :
« Je n’ai jamais nié, et je ne nierai jamais, les difficultés lorsqu’elles existent – et elles peuvent survenir. C’est la raison pour laquelle nous prenons toutes les mesures nécessaires : par exemple, la réquisition des masques le 3 mars – la France a été le seul pays en Europe à la décider ».
Beau geste certainement mais qui, d’après Philippe le Humble lui-même, a fait que les opérations de distribution de masques « sont techniquement délicates, d’abord parce que la réquisition a compliqué la logistique ». Ah, ces effets pervers mal maîtrisés !
Toujours à propos des masques, retenons encore cette intervention décisive de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat le 26 mai : « Nous avons développé une filière de masques lavables, réutilisables, à filtration garantie – 80 % des masques produits en France ont une filtration garantie supérieure à 90 % ; ce sont donc des masques de très grande qualité. La France est, avec le Portugal – probablement inspiré par notre exemple (Exclamations sur les bancs du groupe LR) –, l’un des deux seuls pays européens à avoir fixé des normes aussi exigeantes ».
L’autosatisfaction de M.Véran couvre aussi la logistique dans sa partie médicale : « Nous avons pu monter un hôpital de campagne [NDLR : 30 lits], transférer des patients à l’étranger, dans des pays voisins que je remercie pour leur solidarité, et d’en transférer par hélicoptère, par avion militaire ou par bateau depuis la Corse. Demain, un TGV médicalisé – c’est une première en Europe – transportera trente malades de Strasbourg et Mulhouse vers des territoires dans lesquels il y a de la place – car il y a de la place dans certains territoires » (le 24 mars). Il y revenait le 19 mai : « Plus de reconnaissance, c’est aussi constater ce que, dans notre pays, l’hôpital a réussi : citez-moi un seul autre pays au monde ayant été capable d’assurer 600 évacuations sanitaires, que ce soit par avion, par hélicoptère, par bateau ou par train ! » étant alors interrompu par M.Fabien Di Filippo (LR): « Les autres pays, comme vous dites, n’en ont peut-être pas eu besoin ! ».
La stratégie de confinement est l’objet d’une autosatisfaction gouvernementale identique. En réponse à M.Ludovic Pajot (non-inscrit), M.Véran expliquer le 31 mars :
« Monsieur le député, vous comparez la France avec d’autres pays en matière de stratégie de tests. Vous auriez pu comparer la France avec d’autres pays s’agissant de la stratégie du confinement. Vous verriez, je vous l’assure, que la France a été très avance par rapport à tous les autres pays, que nous avons même impulsé une dynamique européenne, et que nous avons incité très fortement des pays qui se trouvaient en retrait vis-à-vis de ces politiques de confinement à nous rejoindre ».
Même les défauts deviennent des qualités avec ce ministre, répondant (avec un humour sans doute involontaire) à une nouvelle question de Mme Descamps le 7 avril à propos de la situation dans les EHPAD :
« Arrêtons de comparer en permanence la situation de la France avec celle d’autres États. D’abord, nous sommes le seul pays à communiquer en toute transparence l’ensemble des données dont nous disposons. Nous communiquons même des données incomplètes en matière de tests : si vous consultez le site internet de Santé publique France, vous verrez que les chiffres sont basés sur une enquête concernant trois laboratoires de ville, alors que soixante-dix laboratoires font des tests ».
L’autosatisfaction du Premier ministre est, comment dire ? comme enrobée dans un style chaloupé qui lui sied à ravir. Le 5 mai, en réponse à M.Christian Jacob (LR) qui l’interroge sur le sujet de la lutte contre l’épidémie (« Où en est la France aujourd’hui ? Nous pleurons à ce jour trois fois plus de morts que l’Allemagne pour un nombre de malades similaire. Notre produit intérieur brut chute beaucoup plus vite et beaucoup plus fortement que chez la plupart de nos voisins. Et lorsque l’on demande aux peuples d’Europe s’ils sont satisfaits de leurs dirigeants, le constat est cruel : Angela Merkel, Giuseppe Conte, Sebastian Kurz, Boris Johnson, tous font mieux que les dirigeants français »),
Philippe le Humble disserte :
« Vous évoquez de nombreux sujets dans votre question, monsieur Jacob, qu’il me sera difficile d’aborder tous. Elle a toutefois l’immense mérite de nous imposer un exercice aujourd’hui délicat mais nécessaire, qui requiert humilité et prudence : celui de la comparaison internationale. On ne peut évidemment pas comparer ce qui n’est pas comparable, mais il est en effet utile de comparer les réactions des différents pays d’Europe à une menace identique – même si les taux de prévalence pouvaient être un peu différents. … Quand nous pourrons analyser la situation dans le détail, avec la sagesse du regard rétrospectif et en disposant de l’ensemble des données, nous verrons comment notre système de soins s’est adapté à la crise et comment les systèmes de pays comparables au nôtre, soumis aux mêmes pressions, l’ont fait. Sachez, monsieur le président Jacob, que j’attends ce jour avec sérénité. Sans bravoure, sans enthousiasme, mais avec sérénité. Je le dis donc avec tranquillité et humilité, car je sais que l’on peut toujours trouver un exemple d’un fonctionnement plus réussi. Nous verrons à la fin, lorsque l’ensemble des données seront disponibles, comment les Allemands auront franchi cette étape. S’ils l’ont fait mieux que nous, je commencerai par m’en réjouir, car ce sont nos amis ; puis, comme vous, comme nous tous ici, je tâcherai d’en tirer les leçons et de voir ce que nous pouvons apprendre de leur système, non seulement en matière de gestion de crise mais dans bien d’autres domaines. Dans cet exercice difficile, j’essaie, dans toute la mesure du possible, bien que ce ne soit pas simple non plus – vous le savez, vous l’avez même dit –, d’apporter aux acteurs les éléments dont ils doivent disposer au moment de prendre les décisions ».
Et au fait, donc, l’Allemagne ? On pointera là encore la satisfaction de M.Castex, successeur de Philippe le Humble, le 1/12 : « Il faut le dire avec prudence et humilité, notamment à l’endroit de celles et ceux qui donnent beaucoup de leçons avec une grande assurance et en permanence (Applaudissements sur les bancs du groupe LaREM) les résultats enregistrés par la France sont actuellement les plus favorables en Europe. Et pour la première fois nous avons de meilleurs résultats que l’Allemagne ». Ca paraît tellement gros que le scribe de l’Assemblée nationale ne note des applaudissements que sur quelques bancs du groupe LaREM.
L’autosatisfaction n’ôte pas l’intérêt d’une bonne dose de dramatisation. C’est un autre outil de base d’une bonne gouvernance. Parfois aidée par sa majorité, comme M.Gilles Le Gendre (LaRem), le 19 mars : « Monsieur le Premier ministre, jamais aucun de vos prédécesseurs n’avait affronté une épreuve comparable à la crise sanitaire, cause de tant de morts, qui frappe la France et le monde ». La dramatisation est certainement un talent (le seul ?) de M.Jean Castex. Le 3 novembre, ce dernier répond à M.Jean-Christophe Lagarde (qui avait posé une question sur la gestion de la crise sanitaire) en commençant par : « Comme vous le savez toutes et tous, hier encore, plus de 400 personnes sont décédées de la maladie covid-19. Des dizaines de milliers de nos concitoyens, tous âges confondus, sont malades, avec des conséquences parfois très graves et des séquelles non moins lourdes. Oui, la France, comme tous les autres pays européens, est confrontée à une deuxième vague épidémique particulièrement grave, qui s’est accélérée dans les semaines passées ». Trouvant la technique appropriée, il recommence le 10 novembre pour répondre à une question sur le protocole sanitaire dans l’éducation nationale, en commençant par : « Hier, dans les établissements de santé français, 551 de nos compatriotes sont décédés ; 4 690 étaient hospitalisés en réanimation et environ 31 000 hospitalisés pour cause de covid-19 – dont 40 % de moins de 65 ans. C’est dire si la situation est préoccupante ! C’est elle qui a justifié le recours à un nouveau confinement, qu’il est – je le redis dans cet hémicycle – indispensable de respecter ».
Plus besoin de Joyeux/Salomon, nous avons Jean Castex. Ca va assez bien avec le portrait qu’en dessine M.Philippe de Villiers dans Valeurs Actuelles du 17 décembre : « Il a le profil du parfait répétiteur ventriloque…, des airs de chef de division des cartes grises à la sous-préfecture de Bayonne ».
Prochain épisode : l’obsession technologique et l’oubli du soin
2020. Covid : Le gouvernement face aux questions des députés. Présentation générale (1/6)
Unité de temps : l’année 2020. Unité de lieu : l’Assemblée nationale. Unité de situation : les deux heures hebdomadaires de questions/réponses entre les députés et le gouvernement. Unité de sujet : la crise sanitaire et sa gestion.
L’objectif de cette série de six articles est, en revenant sur une année d’échanges, de retirer quelques enseignements (avec l’acquis d’un certain recul) sur la façon dont le gouvernement s’est comporté dans la gestion d’une crise sanitaire « moderne ». Ce n’est donc pas une étude exhaustive sur les différents aspects de la crise (que nous considérons tout à la fois sanitaire et gouvernementale). C’est une mise en perspective de faits saillants ressortant de ce qui n’aura été qu’une partie (réduite) de toutes les discussions parlementaires sur le sujet : discussion des différents projets de loi instituant l’état d’urgence sanitaire, de prolongation de l’état d’urgence sanitaire, de sortie de l’état d’urgence sanitaire, d’adaptation des lois de finances et de sécurité sociale…
Les 265 questions/réponses qui ont été plus particulièrement étudiées relèvent donc de deux domaines principaux : les caractéristiques de la crise sanitaire ; ses modalités de gestion. N’ont pas été retenues dans l’étude les sujets connexes (par exemple, les « mesures en faveur de » tel ou tel secteur économique, les « violences intrafamiliales en période de confinement » etc.). Cela laisse quand même un document de travail de 376 pages (Arial, taille de police 12).
Le mot coronavirus apparaît la première fois le 28 janvier lors d’une question brossant un panorama assez complèt posée par M. Christophe Naegelen (UDI) :
« L’épidémie de coronavirus suscite l’inquiétude dans le monde entier. Elle prend son origine en Chine mais arrive sur notre territoire. Le foyer initial a été identifié dans la ville de Wuhan, dans le centre du pays. Face à la contagion, les autorités chinoises ont décidé de confiner plus de 11 millions d’habitants, dont environ 500 ressortissants français. Hélas, le virus se propage et Wuhan n’est plus la seule ville touchée. Bon nombre de nos concitoyens qui travaillent en Chine ou qui y sont en vacances rentrent donc en France. Ils se répartissent en deux catégories : ceux qui seront rapatriés par l’État français et ceux qui rentrent par leurs propres moyens. Le Gouvernement se veut rassurant, mais ces passagers arriveront néanmoins partout dans l’Hexagone et dans les outre-mer. Alors que trois cas ont été détectés en France, quelles mesures de contrôle aux frontières françaises sont prévues à l’égard de ces passagers en provenance de Chine, afin d’endiguer la propagation du virus ? De plus, alors que les hôpitaux et leur personnel sont à bout en raison d’une sollicitation quotidienne excessive, la menace d’une crise sanitaire de grande ampleur devrait vous inciter, par anticipation, à prévoir des moyens exceptionnels. Comment les hôpitaux seront-ils équipés pour lutter contre ce virus hautement contagieux ? Nous devons, monsieur le Premier ministre, faire preuve d’anticipation et de réactivité en faveur de nos concitoyens qui rentrent, de nos concitoyens qui sont en France et qui s’inquiètent, et du personnel hospitalier qui sera une fois de plus mis à contribution ».
La première notion d’une pénurie liée à l’épidémie (pénurie de masques, déjà) est évoquée dans une question de Mme Marine Brenier (LR) posée le 25 février.
Cependant, en ce début d’année 2020 (séances du7, 14, 21 janvier), il était déjà question très fréquemment de l’hôpital mais pour une autre raison : la crise du système hospitalier. L’hôpital n’a pas eu besoin de la crise du covid pour être en crise. Il l’était déjà. Petit rappel d’une question le 14 janvier par M.Alain Bruneel (Gauche démocrate et républicaine) :
« Madame la ministre des solidarités et de la santé, depuis plus d’un an, les initiatives de contestation du personnel hospitalier se multiplient sous des formes différentes : manifestation de milliers de blouses blanches, grève du codage. Aujourd’hui, plus d’un millier de médecins et de chefs de service hospitalier vous remettent officiellement leur démission. C’est encore un acte fort des soignants, qui témoigne que nous avons atteint un véritable point de rupture. Ils ne cessent de vous expliquer que leur sécurité et celle de leurs patients n’est plus assurée, que l’hôpital public est à l’agonie ».
Et le 21 janvier, M.Paul-André Colombani (Groupe Libertés et Territoires) :
« Madame la ministre des solidarités et de la santé, le système de santé est en train d’imploser. La semaine dernière, 1 200 chefs de service menaçaient de démissionner car, selon leur propre expression, ils en ont marre d’être infantilisés, soumis à des impératifs de rentabilité qui déshumanisent la médecine. Cette semaine, ce sont les internes qui se mobilisent, et aussi les infirmiers libéraux… Sans nouvelle mesure, notre système de santé va droit dans le mur ».
Et quand, le 11 février, Mme Christine Pires Beaune (PS) pose une question sur une pénurie de médicaments, il ne s’agit pas encore de ceux qui seront évoqués plus tard pour les opérations de réanimation :
« L’été dernier, l’approvisionnement des corticoïdes utilisés dans le traitement de pathologies chroniques comme l’hypertension ou la maladie de Parkinson a connu des difficultés pendant plusieurs semaines. Les médicaments pour la thyroïde, les antidépresseurs et maintenant les anticancéreux font aussi l’objet de pénuries ».
Entre le 28 janvier et le 3 mars, on l’a un peu oublié, c’est la réforme des retraites qui fournit le plus grand contingent de questions (31 au total), le coronavirus n’étant lui le principal sujet que de 19 questions. Puis, c’est l’emballement. Le mot confinement n’avait été prononcé le 4 février qu’à propos des Français revenus de Wuhan ; le 3 mars pour la région de Creil, dans l’Oise, atteinte par l’épidémie, et M.Véran précisait : « S’agissant des mesures de confinement et des fermetures d’écoles, nous raisonnons territoire par territoire ». Jamais la notion de confinement généralisé n’a été même évoquée avant le 17 mars (date d’entrée en vigueur de ce premier confinement). Le mot confinement (avec reconfinement et déconfinement) sera ensuite cité près de 450 fois au cours de toutes ces sessions, deuxième d’un tiercé des mots communs à la crise sanitaire après covid et coronavirus (650 fois au total) et avant hôpital (ou hospital comme dans hospitalier), 340 fois.
Les députés se retrouvent alors pour la séance du 19 mars, lors de laquelle les 18 questions posées ont la crise sanitaire comme objet. C’est à peu près le cas jusqu’au 5 mai inclus, puis le sujet perd de son importance. Au 23 juin, même, plus aucune question sur le sujet mais émergence de la question de la recherche vaccinale le 30 juin ; presque rien en juillet (nous n’avons pas décompté les questions sur le Ségur de la santé), pour aboutir à zéro question à nouveau le 28 juillet, avant la fin de la session extraordinaire du Parlement.
Lors de la nouvelle session extraordinaire ayant débuté le 15 septembre par une nouvelle séance de Q/R, suivie ensuite de la session ordinaire ouverte le 1er octobre, le nombre de questions concernant la crise sanitaire et sa gestion a stagné entre 0 et 6 par session, comme la trace d’une sorte de lassitude ou d’accoutumance. Zéro question le 8/12. Le 15 décembre, les seules questions associées traitaient de la fermeture prolongée des lieux culturels (4 questions) et des fêtes clandestines (1 question), donc en-dehors du périmètre sanitaire retenu.
Au-delà des épisodes du premier confinement (17 mars – 11 mai) et du deuxième confinement (30 octobre – 15 décembre), l’année 2020 dans sa version crise sanitaire a été ponctuée de deux autres événements structurants : la démission de Mme Buzyn, ministre des solidarités et de la santé et son remplacement par M.Véran le 17 février ; le remplacement de M.Edouard Philippe par M.Jean Castex comme Premier ministre, le 3 juillet.
Un sujet a fréquemment été évoqué dans la question de la gestion de la crise, en particulier à son début : celui des frontières. On retiendra simplement que le pouvoir exécutif semble bien s’être emmêlé les pinceaux. On est parti de ce que Mme Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat chargée des affaires européennes rappelait encore le 19 mai : « Le Président de la République a dit dès le début de la crise que ce virus ne connaissait pas de frontière ». Et donc, à M.Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes qui craignait la contagion venant d’Italie et demandait le contrôle strict de la frontière franco-italienne le 25 février, M.Taquet, secrétaire d’Etat, répondait :
« Nous suivons évidemment avec une grande attention l’évolution de la situation en Italie. Les personnes revenant de Lombardie ou de Vénétie font l’objet des mêmes recommandations sanitaires que celles revenant de Chine… Vous le savez, la fermeture d’une frontière terrestre n’aurait pas de sens et ne serait pas suffisante.».
Pourtant dès le mois de mars, l’espace Schengen fermait ses frontières, comme l’indique M.Jean-Yves Le Drian le 24 mars :
« Mardi dernier, à la demande du Président de la République, le Conseil européen a décidé de fermer l’espace Schengen ainsi que le territoire de l’Union européenne pour former, en intégrant le Royaume-Uni, un espace unique protégé et soumis à des mesures de restriction de circulation et de contacts ».
Mais pas de fermeture des frontières françaises.
Pourtant, pourtant : on apprend le 31 mars par le Premier ministre à propos de l’outre-mer :
« Leur fragilité sanitaire rend en effet encore plus nécessaire le ralentissement de la circulation du virus dans ces territoires. Nous avons donc pris des mesures : quarantaine, ou plutôt quatorzaine, à l’arrivée sur le territoire ; stricte limitation des motifs d’entrée sur les territoires » ; position confirmée le 19 mai par le même Premier ministre à propos de la Guyane : « Comme vous le savez, la Guyane est parvenue à limiter la pandémie au stade 2, grâce au confinement strict et aux très fortes restrictions de transports vers le territoire que nous avons instaurés… Nous devons bien entendu porter une attention particulière aux fleuves-frontières qui, bien souvent, sont des lieux d’échange… Le 19 avril dernier, le préfet avait réquisitionné les forces armées de Guyane pour appuyer la police aux frontières, dans le cadre de l’opération dite Résilience. En coordination avec les douanes et la gendarmerie, la mission a permis de contrôler la frontière en continu ».
Position rappelée le 16 juin par Mme Annick Girardin, ministre des outre-mer
« Si la Guyane connaît aujourd’hui une situation épidémique difficile, avec plus de 1 326 cas, c’est en raison de sa proximité avec le Brésil, qui subit une crise sans précédent, avec près de 900 000 cas et 44 000 décès. Pour y faire face, nous avons instauré un contrôle strict des frontières tout en aidant nos voisins de l’Amapá ».
Mme Girardin confirmant une position identique pour la Nouvelle Calédonie en réponse à une question de Mme Patricia Lemoine (Agir ensemble) :
« Vous avez raison de dire que la Nouvelle-Calédonie n’a pas été affectée par la circulation locale du virus ; La première mesure qui a été prise et que nous devons maintenir pour assurer le confinement externe est la réduction des échanges au strict nécessaire afin de maintenir quasi fermées les frontières de l’île ».
La fermeture des frontières, ça marche donc. Mais pas pour la France métropolitaine !
Enfin, un des grands thèmes de toute cette année aura été Sa Majesté le Protocole sanitaire. Il est évoqué dès le 3 mars. Son nom est cité près de quatre-vingts fois au total. Strict lui est associé, utilisé 70 fois, strictement neuf fois. On ne rigole pas avec le protocole sanitaire. Qui trouve toujours à être renforcé. Enfin, après comme une période de flottement : le 4 février, dans une question posée par Mme Anne-Laurence Petel (LaRem) concernant le rapatriement de Français depuis Wuhan, on apprend que l’avion qui en était revenu le 2 février avait rapatrié 64 français et 190 étrangers. Et qu’au total, 76 passagers allaient entamer une période de confinement de quatorze jours. Et les 178 autres ? Pas d’information. C’était avant qu’on ne parlât de protocole… Mais après les choses deviennent vraiment sérieuses. Le 24 mars, le ministre du travail Mme Muriel Pénicaud expose : « Il n’est pas un secteur pour lequel il n’existe pas une solution. C’est pourquoi nous avons créé une task force réunissant les meilleurs spécialistes de la santé au travail, issus de mon ministère et des autres ministères, qui travaillent avec toutes les branches afin de définir, dans les prochains jours, le protocole permettant d’assurer la protection absolue d’un livreur, d’un coursier, d’un cuisinier ou d’une auxiliaire de vie. C’est ainsi que notre nation sera unie et solidaire sans que nous fassions aucun compromis concernant la santé des salariés ».
L’Assemblée nationale, dans l’organisation de ses travaux, a voulu donner l’exemple. Son président, M.Ferrand, informe successivement :
- Le 19 mars, après un exorde solennel (« Nous nous réunissons aujourd’hui dans un contexte singulier puisque notre pays vit une crise sanitaire d’une ampleur exceptionnelle dont les répercussions humaines, civiques, économiques et sociales sont encore difficiles à mesurer… Plus que jamais, l’Assemblée nationale est le cœur battant de notre République et de notre démocratie, dont nous garantissons ici les valeurs et les principes), il explique que « La conférence des présidents a décidé d’une organisation spécifique de notre séance de questions : les membres du Gouvernement sont présents en nombre restreint ; il a été demandé de limiter le nombre de représentants par groupe – outre le président ou son délégué, participent les seuls auteurs des questions… J’invite les orateurs à ne pas poser les mains sur le flexible du micro, celui-ci sera nettoyé après chaque usage par un huissier. Chaque micro n’aura qu’un utilisateur au cours de cette séance. Je vous invite aussi à rester à la même place durant toute la séance. Il conviendra naturellement de respecter les mesures barrières, en particulier l’échelonnement des entrées et sorties. Je vous indique enfin que l’hémicycle a été désinfecté et qu’il sera nettoyé avant et après chaque séance ». Et à la fin de la séance, il précise : « Je vous remercie de quitter l’hémicycle de manière échelonnée ».
- Le 31 mars, après une nouvelle allocution solennelle (« Monsieur le Premier ministre, messieurs les membres du Gouvernement, mes chers collègues, avant d’appeler l’examen des questions au Gouvernement, je voudrais saluer, au nom de la représentation nationale, le courage et la mobilisation des habitants de notre pays dans les heures difficiles que nous traversons…Chaque jour, le noir bilan du coronavirus s’alourdit un peu plus.… La France lutte, et elle surmontera cette épreuve…C’est pour cela que nous siégeons, certes en format très restreint : pour assurer notre mission constitutionnelle et faire vivre notre démocratie… La France est forte. Elle le prouve dans la confrontation en cours avec un péril sournois qu’elle est décidée à vaincre. Cette guerre – car c’est une guerre – a endeuillé de nombreuses familles. Nous partageons leur peine ») , il rappelle que « dans le contexte de la crise actuelle, la conférence des présidents a établi des règles dérogatoires d’organisation de nos séances de questions. Ne sont présents dans l’hémicycle qu’un nombre limité de ministres et un seul député par groupe… Enfin, les règles sanitaires désormais habituelles continuent de prévaloir ».
Ces règles sanitaires sont maintenues jusqu’au 21 avril compris. Avec des conséquences constitutionnelles potentielles inattendues, lorsque le 14 avril, M.Sébastien Nadot (non-inscrit) déclare :
« Monsieur le Premier ministre, je ne peux me résoudre à voir Twitter, BFMTV et l’émission « Quotidien » remplacer Condorcet, Jaurès et Simone Veil. Le petit député que je suis vous demande d’aller dire au Président de la République qu’il faut vite réunir un congrès extraordinaire à Versailles, rassemblant toutes les forces représentatives de la nation, en s’inspirant de la convention pour le climat »,
il s’entend répondre par M.Ferrand :
« L’Assemblée nationale, en tout cas, continue de travailler, de contrôler le Gouvernement, d’évaluer les politiques publiques et d’adopter des textes. J’ajoute que la réunion d’un congrès enfreindrait le seuil au-delà duquel il est interdit de se réunir, à savoir cinquante personnes ».
On ne rigole pas avec le protocole. L’application de la Constitution entravée par celle du protocole sanitaire : c’est vous dire !
Le 29 avril, ce protocole s’allège : « Je me réjouis du nombre de députés présents ce matin en séance : soixante-quinze députés peuvent désormais se réunir dans l’hémicycle, selon une répartition proportionnelle aux effectifs des groupes ». Et à partir du 12 mai, le nombre de députés autorisés à siéger simultanément monte à 150.
Suite au risque de seconde vague, M.Ferrand revient le 13 octobre avec de nouvelles consignes :
« La Conférence des présidents a adopté ce matin à l’unanimité de nouvelles consignes sanitaires. En conséquence, je vous invite, chers collègues, à respecter les règles de distanciation en laissant au moins une place libre entre chacun d’entre vous. Le port du masque est désormais obligatoire en permanence, y compris lors des interventions des orateurs ».
Un protocole sanitaire peut toujours en cacher un autre.
Mais finalement à quoi servent ces protocoles sanitaires supposés apporter cette protection absolue ? Le 29 septembre, Mme Sophie Mette (MoDem) faisait observer : « Monsieur le ministre des solidarités et de la santé, la semaine dernière, vous avez pris la décision de fermer les salles de sport dans les zones d’alerte renforcée et d’alerte maximale… [Pourtant], un protocole sanitaire, validé par votre ministère, a été rédigé afin d’assurer une pratique sportive protégée dans les salles de sport ». M.Véran le confirme, le protocole sanitaire même renforcé ne sert finalement apparemment à rien puisque : « Ces salles ont été fermées pendant la période de confinement – en France comme partout ailleurs – et leur réouverture s’est faite dans des conditions difficiles, puisqu’elles ont dû appliquer, souvent à tâtons, un protocole sanitaire très strict. Alors même que leur activité reprenait, le Gouvernement a été contraint, hélas – mais il a fait ce choix –, de leur demander de fermer à nouveau ». C’était bien la peine !
Prochain épisode : les postures gouvernementales
Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire
Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault, ce 25 décembre 2020 :
Et Verbum caro factum est.
Et le Verbe s’est fait chair (Jn 1,14 )
Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,
Dieu est simple, si simple qu’il semble insaisissable. De là à nier l’existence d’un être que les progrès de la science semblent priver aujourd’hui de toute nécessité, il n’y a qu’un pas, franchi depuis bien longtemps.
Pourtant, comme pour meubler ce semblant de silence divin, pour oublier une inquiétude lancinante au fond du cœur, le monde s’étourdit en un incessant bavardage. C’est le drame de tous les temps. Saint Paul déjà rappelait aux Corinthiens :
Je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige du langage ou de la sagesse. Parmi vous, je n’ai rien voulu connaître d’autre que Jésus- Christ, ce Messie crucifié. (1 Co 2,1-2)
De nos jours, le développement des moyens de communication met de façon pratiquement gratuite à la disposition des plus riches comme des plus pauvres de la planète, les informations les plus diverses. L’appétit du savoir, déposé par le Créateur dans l’esprit humain comme une ouverture à tout ce qui est, et en premier lieu à Celui qui est en plénitude, c’est-à-dire Dieu, cet appétit se trouve captivé par une multitude de sollicitations et tenu éloigné de son objet premier.
Nous-mêmes, chrétiens, baptisés, devons rester vigilants. Il n’est pas humain de vouloir connaître ni de vouloir porter toute la misère du monde. Il n’est pas humain de vouloir connaître ni de vouloir livrer tous les combats. Nous n’avons qu’un seul Sauveur : Jésus-Christ. Aujourd’hui la Paix du Ciel vient sur la terre. La terre pourra-t-elle l’accueillir ? Cette paix est un élément de discernement. Que m’apportent tant d’informations ? La paix du cœur ? Le trouble ? La colère ?
Le bavardage incessant auquel nous nous livrons, les prises de position à tort et à travers, la boulimie médiatique souvent devenue une addiction, éloignent de la communion au mystère divin, et nous plongent dans les ténèbres du monde, répandant dans les cœurs ces mêmes ténèbres. Aurons-nous le courage d’assumer jusqu’au bout le choix de Dieu ?
Il peut y avoir une vraie misère dans le monde. Nous ne la rencontrerons jamais. Les beautés de la création, en revanche, s’offrent à notre vue tout autour de nous. Le cœur qui ne sait plus admirer ne comprend plus leur langage. Le message du Créateur qu’elles nous désignent est devenu inaudible.
James Benson Irwin, le huitième homme à avoir marché sur la Lune, affirmait humblement :
« le plus important n’est pas qu’un homme ait marché sur la Lune, mais que Dieu ait marché sur la terre dans le corps de Jésus-Christ. »
Les lectures de ce matin de Noël rappellent cette visite. Le Christ n’est pas venu dans le brouhaha d’une hôtellerie, mais dans le silence d’une étable, entouré de Marie et de Joseph, deux êtres aux cœurs purs et libres. Il s’est incarné dans le sein paisible et silencieux d’une Vierge. Le Verbe de Dieu, la Parole divine, a pris chair dans un lieu où elle pouvait être entendue. Quel contraste entre un monde toujours plus fou, où les informations, au lieu d’apporter la lumière, conduisent à la confusion, et le silence de l’étable et du sein virginal où Celui qui est la vraie lumière était désiré, et où il s’est incarné.
Aller à la crèche demande une ascèse : fuir les souvenirs, les curiosités, même les soucis ; fuir le mal, fuir le péché. Renoncer à soi pour s’ouvrir à Celui qui vient aujourd’hui, le Sauveur. Saint Paul écrivait aux Philippiens :
Tous ces avantages que j’avais, je les ai considérés, à cause du Christ, comme une perte […] à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ. […] Je poursuis ma course […] saisi par le Christ Jésus […]. Une seule chose compte : oubliant ce qui est en arrière, et lancé vers l’avant, je cours vers le but, en vue du prix auquel Dieu nous appelle là-haut, dans le Christ Jésus. (Ph 3, 7-8 ; 12-14)
Courrons avec les bergers, avec les mages, courrons sans cesse. Dieu nous parle par son Fils. À l’écouter, pas de risque de fake news, d’informations mensongères : il est le « rayonne-
ment de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être. » (Hb 1,3)
Le prologue de l’évangile de saint Jean offre l’occasion d’un examen de conscience : « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » (v. 11)
Même si les deux versets qui précèdent évoquent la venue du Verbe, « vraie lumière qui éclaire tout homme en venant dans le monde », et le fait que le monde ne l’ait pas reconnu, même si chez lui, c’est la terre, toute la terre qu’il a créée, malgré tout cela, il n’est pas interdit de penser que chez lui, ce sont d’abord nos cœurs de baptisés, ces cœurs sauvés au prix de son sang ; chez lui, ce sont nos familles, nos communautés.
L’enfant Jésus s’invite chez nous comme témoin, comme juge aussi de nos vies. Aelred, abbé du monastère de Rievaulx dans le Yorkshire au XIIe siècle, résumait cela dans une formule concise : « Nous voici, toi et moi, et en tiers entre nous, je l’espère, le Christ. » (L’amitié spirituelle, I, 661a).
Vivre le mystère de Noël, accueillir en vérité l’Enfant de la crèche, c’est accueillir cette paix de Dieu qu’il vient partager à la terre. « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. » Trop de lieux, dans nos cœurs, dans nos relations avec le prochain, demeurent encore à apaiser, à évangéliser, des lieux où nous n’osons pas, où nous ne voulons pas parfois accueillir le Christ. Dieu nous envoie ce matin pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient.
Ouvrons les portes au Christ : alors notre vie renaîtra, nos ténèbres s’illumineront plus profondément, et d’une lumière toujours plus vive, de cette gloire qu’il vient nous partager :
Le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Amen, Alleluia.
La famille monastique de Bethléem : l’adoration de la Sainte Trinité
Ces jours derniers, le Salon Beige a récemment publié « A la lueur de la bougie, pistes pour discerner sa voie ». Aussi, nous allons vous proposer durant ce mois un voyage dans différents monastères. Ce voyage durera quelques instants, à chacun de le vivre en ouvrant son cœur, comme une invitation à approfondir notre lien avec le Christ, et pour certains, à tenter l’aventure monastique…
Dans ses entretiens avec Marc Jeanson, le Père Wadid, religieux copte au monastère de Saint-Macaire, en Egypte, affirme que l’héritage spirituel des martyrs de la primitive Eglise est la vie monastique. Il était donc logique que la vie monastique, née dans le sillage immédiat du suprême témoignage rendu face aux lions, devienne par le chemin de sanctification qu’elle propose – la mort au monde et à soi-même-, la continuation du sacrifice offert par nos pères dans la Foi.
Le moine aspire à vivre in Christo, de Bethléem à Pâques. Il a soif d’humilité et contemple Notre-Dame qui s’élève au Ciel pour rejoindre celui qui fit d’elle la mère et l’héritière de la promesse.

Fondée en 1950, le jour de la promulgation du dogme de l’Assomption par le vénérable Pie XII, la famille monastique de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et de saint Bruno, a vu son charisme reconnu par l’Eglise dans une double filiation, latine et byzantine. L’ouvrage récemment paru, Lettre d’un moine bénédictin à un orthodoxe, est sans doute une belle illustration de cette attention marquée à l’endroit de l’Orient chrétien. Pour l’acquérir. Le mode d’expression de cet enracinement est à la fois cénobitique et anachorétique ; les religieux ont une vie à la fois communautaire et solitaire.
Lorsque le visiteur entre dans une chapelle d’un couvent de Bethléem, ses sens sont aussitôt saisis. Un parfum d’encens, on reconnaît les arômes appréciés au Mont Athos ; une pénombre toute en couleur prolonge en douceur la lumière des icônes. Enfin le silence, non pas celui des nuits noires et sans vent, mais un silence doux, aimant et paisible.
A Bethléem, l’amour n’est pas un vain mot usé par les bavardages du monde. La fresque absidiale de l’église représente la Sainte Trinité, mystère d’unité, de communion entre des visages disant parfaitement l’Un.
L’hôte de passage qui séjourne au monastère touche du doigt la tendresse de Dieu par mille signes. La délicatesse de l’accueil est saisissante : l’ermitage est paré comme la chambre d’une nuit de noces. Fleurs, petit plateau proposant biscuits et tisanes parfumées, tout parle d’intimité, de repos. La plupart des monastères de Bethléem sont féminins, ceci explique sans doute cela…
Il est un moment tout spécial durant les offices conventuels, c’est la doxologie. On est très loin des rosaires espagnols où le « Gloire au Père » est prononcé à la vitesse du TGV, sans doute pour rejoindre plus vite le cœur de Dieu… C’est exactement le contraire. S’il fallait être trivial, on dirait que la sensation est celle du chauffeur d’une voiture lancée à vivre allure sur l’autoroute qui freine brusquement à cause d’un ralentissement. Aux minutes de psalmodie, tonique et régulière, succède soudain la doxologie, lente et grave. L’âme est toute entière ramassée dans ce chant qui nous fait sortir du temps. Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit. La famille monastique de Bethléem est résumée là, et le moine, la moniale trouve son unité, en Celui qui Est, éternellement et infiniment, l’Amour.

Seuls le vivent ceux qui en ont fait l’expérience. Alors, pourquoi pas nous ? Pour s’y préparer une neuvaine fait des merveilles.
Deux propositions permettent cette découverte :
Pour les jeunes femmes : https://www.bethleem.org/mois_evangelique.php
Pour les jeunes hommes : https://www.bethleem.org/annonces/retraite_de_priere_avec_les_moines_de_bethleem.php
Adeste Fideles
Adeste, fideles, læti triumphantes.
Venite, venite in Bethlehem.
Natum videte Regem angelorum.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
En grege relicto humiles ad cunas,
Vocati pastores approperant,
Et nos ovanti gradu festinemus.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
Velatum sub carne videbimus,
Deum infantem pannis involutum.
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
Piis foveamus amplexibus ;
Sic nos amantem quis non redamaret ?
Venite, adoremus (ter)
Dominum.
Traduction de Don Gaspar Lefebvre (Missel Vespéral Romain) :
Accourez, fidèles, joyeux, triomphants :
Venez, venez à Bethléem.
Voyez le roi des Anges qui vient de naître.
Venez, adorons,
Venez adorons le Seigneur.
Dociles à la voix céleste,
les bergers quittent leur troupeau
et s’empressent de visiter son humble berceau
Et nous aussi, hâtons-nous d’y porter nos pas.
Venez, etc.
Nous verrons celui qui est la splendeur éternelle du Père,
caché sous le voile d’une chair mortelle;
Nous verrons un Dieu enfant enveloppé de langes
Venez, etc.
Embrassons pieusement ce Dieu devenu pauvre pour nous
et couché sur la paille;
Quand il nous aime ainsi,
Comment ne pas l’aimer à notre tour ?
Venez, etc.
De la rue du Bac à Fatima, en passant par l’Ile-Bouchard et Lourdes
D’Antoine Bordier :
Le mois de décembre est le mois de l’Immaculée Conception, de Saint Joseph, et de l’Enfant-Dieu qui naît à Bethléem. L’Immaculée Conception, celle qui « retenait tout dans son cœur ». Celle qui est le modèle de la mère et de l’épouse parfaite. Celle qui dit Oui, et, qui prononce le Fiat à l’Annonciation. Celle qui chante le Magnificat à la Visitation. Celle qui donne naissance à l’Emmanuel. Fidèle jusqu’au bout de la croix. Avant de refermer l’année 2020, partons en pèlerinage virtuel sur ces hauts-lieux d’apparition mariale. Pour cela, direction rue du Bac, là où en 1830 la Vierge Marie est apparue à sainte Catherine Labouré. Puis, plein sud, arrêtons-nous à l’Ile-Bouchard. Le 8 décembre 1947, Marie sauve la France de troubles révolutionnaires, et, du communisme. Ensuite, reposons-nous dans la grotte de Lourdes, où Marie déclare en 1858, son Immaculée Conception. Enfin, terminus à Fatima, au Portugal, où le 13 octobre 1917, la dernière apparition mariale se termine par la danse du soleil, et, un changement climatique instantané.
Nous sommes le 14 août 2020. C’est jour d’affluence, au numéro 140 de la rue du Bac, dans le 6è arrondissement de Paris. La rue est fermée pour l’occasion et rendue aux piétons. Les centaines de pèlerins masqués attendent la Vierge Marie entrée en procession la veille dans la Chapelle de la Médaille Miraculeuse, pour un temps d’adoration, de louanges et de prières avec l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. C’est le M de Marie qui réunit ces pèlerins d’un jour. Un pèlerinage qui est parti le 1er juin 2020 de deux lieux différents : Lourdes et La Salette. L’objectif, inédit, est de relier ces lieux d’apparition mariale, avec ceux de Pontmain, de la rue du Bac et de Pellevoisin. Il s’agit de former un M géographique sur la carte de France. Objectif réussi lorsque les deux routes se rejoignent à Pellevoisin les 12 et 13 septembre 2020. Pendant ces 100 jours, plusieurs milliers de pèlerins de toute la France se sont joint, chapelet à la main, chapeau sur la tête, aux calèches qui traçaient le M. Ce 14 août, Mgr Michel Aupetit sort de la Chapelle de la Médaille Miraculeuse en compagnie de la Vierge pèlerine. Avec Mgr Chauvet et d’autres prêtres, il se dirige vers la cathédrale Notre-Dame de Paris. Là, dans un instant solennel et religieux, sur l’esplanade de la cathédrale, l’archevêque de Paris, après la prière du chapelet, relit le Vœu de Louis XIII. L’histoire de France est intimement liée aux apparitions mariales, comme si la Vierge Marie protégeait elle-même notre vieux pays judéo-chrétien.
Les apparitions de la Rue du Bac

Le 18 et le 19è siècle sont marqués par de graves crises. La Vierge Marie va, une nouvelle fois intervenir. Nous sommes le 18 juillet 1830. Ce soir-là, la jeune Catherine Labouré, novice à la Compagnie des Filles de la Charité, dort. Elle se réveille soudain, pensant que quelqu’un l’appelle. Il est 23h30. Elle se lève et voit au pied de son lit un enfant, qui lui dit : « La Sainte Vierge vous attend ». Elle s’habille et le suit. Dans le chœur de la chapelle, elle s’arrête, et, comme elle le raconte : « J’entendis comme le froufrou d’une robe de soie ». Son petit guide lui dit : « Voici la Sainte Vierge ! » Catherine se précipite aux pieds de Marie, assise dans un fauteuil : « Là, il s’est passé un moment, le plus doux de ma vie. Il me serait impossible de dire ce que j’éprouvais. La Sainte Vierge m’a dit comment je devais me conduire envers mon confesseur, et, plusieurs autres choses. » Marie lui dit : « Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répanduessur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur. » La mission de Catherine est lancée. Le 27 novembre, la Vierge Marie apparaît de nouveau, en lui présentant sous la forme de deux tableaux la future médaille miraculeuse. La prière : « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » y est inscrite. A ce jour, la médaille a été diffusée à des milliards d’exemplaire dans le monde entier. Des conversions, des guérisons et des miracles y sont associés. En 1830, la France est touchée et sauvée d’une pandémie de « coronavirus ». L’histoire semble se répéter aujourd’hui. Après la rue du Bac, notre pèlerinage virtuel continue. Direction la région Centre à quelques kilomètres au sud de Tours.

« Je donnerai du bonheur dans les familles »
Nous sommes le 8 décembre 1947. De graves troubles économiques, sociaux et politiques secouent la France. Comme l’expliquent le recteur du sanctuaire de l’Ile-Bouchard, le père Philippe Marot, et, Jean-Romain Frisch, un habitant qui a écrit une vingtaine d’ouvrages, dont quelques-uns sur les apparitions. Jean-Romain Frisch tient à rappeler que « la France, en décembre 1947, est en situation de basculer vers une guerre civile. C’est la grève générale depuis avril. L’armée se tient prête à intervenir pour rétablir l’ordre, car une centaine de sabotages ont paralysé le pays. Pire, des grévistes ont pris d’assaut les arsenaux. En septembre, les cadres du parti communiste français sont en Pologne où se tient une réunion au cours de laquelle, une feuille de route dictée par Moscou est adoptée. Il s’agit de prendre le pouvoir partout en Europe, en France et en Italie, notamment. » Le père Philippe Marot (à droite sur la photo), installé en 2017 au sanctuaire, ajoute que « le 8, la Vierge Marie apparaît dans ce contexte de guerre civile, à quatre enfants, dans l’église paroissiale : Jacqueline Aubry (12 ans), Jeanne, sa sœur (7 ans), Laura Croizon (8 ans) et Nicole Robin (10 ans). Elle leur dit : ‶ Dites aux petits enfants de prier pour la France, car elle en a grand besoin ″. Il est important de noter, également, que la Vierge apparaît dans ce petit village où sont présentes des sœurs de la Congrégation des Servantes des pauvres, fondée par Jeanne Delanoue, béatifiée un mois avant par le Pape Pie XII. » Marie sous le vocable de Notre-Dame de la prière, en présence de l’archange Gabriel, fait mémoire de son Annonciation. Ses apparitions durent jusqu’au 14 décembre. Le 9 au soir, après de graves dérapages et des morts à Marseille et à Valence, le calme revient en France. Le 12, la reprise du travail est effective. La France est sauvée. La veille, le 11, Marie est apparue pour dire : « Je donnerai du bonheur dans les familles ». Pendant ces 7 jours, elle a appris aux enfants à prier le chapelet.

« Je suis l’Immaculée Conception »

Le chapelet ? Bernadette, le prie quotidiennement, lorsqu’elle se rend de chez elle, un ancien cachot, à la grotte de Massabielle. Nous sommes le 25 mars 1858. C’est la 16è fois que Marie apparaît à Bernadette. Il y aura, en tout, 18 apparitions. La petite Soubirous lui demande comment elle s’appelle. La dame lui répond : « “Que soy era l’immaculada Concepciou” (je suis l’Immaculée Conception). Bernadette n’a pas compris, elle ne sait pas ce que cela veut dire. Elle repart de la grotte en répétant la phrase afin de la dire au curé du village de Lourdes. L’abbé Peyramale l’écoute attentivement. Son étonnement est total. Désormais, il en est convaincu, Bernadette ne peut pas avoir inventé une telle histoire, un tel nom. Elle est bien la voyante de la Vierge Marie. Et, le dogme de l’Immaculée Conception est trop récent pour qu’il soit arrivé et enseigné jusqu’ici. Analphabète, Bernadette est, aussi, ignorante. Comme à la rue du Bac, Marie a choisi de confier son message à une innocente, une pauvre des pauvres. Le 19è siècle est un siècle tourmenté pour la France. Il n’est pas anodin, non plus, que Marie apparaisse ici à Lourdes. Le nom de Lourdes viendrait d’un Sarrasin, qui aurait conquis la petite ville et l’aurait défendu contre Charlemagne. Après la défaite de ce-dernier, devant les remparts, c’est l’évêque du Puy-en-Velay, Mgr Turpin, qui proposa à Mirat, le Sarrasin, de garder la ville à condition de rendre les armes à la Vierge Noire du Puy.
Il accepta, et, en posant les armes devant la vierge noire du Puy-en-Velay, il décida de prendre le nom de Louerda (la rose en arabe), en l’honneur de la Vierge aux roses. Dans la grotte, Marie fait jaillir une source d’eau miraculeuse. Depuis 1858, 69 des 7200 guérisons enregistrées sur les registres du sanctuaire ont été reconnues comme miraculeuses. La dernière miraculée s’appelle Sœur Bernadette Moriau.

Fatima et le miracle du soleil
Il faut 10 jours à pieds, ou 9h00 en voiture pour aller de Lourdes à Fatima, distants de 1033 km. A Toulon où il vit, Joseph de Belfont feuillette son ouvrage, Mystères et vérités cachées du troisième secret de Fatima. Ancien marin, profondément catholique, il a sillonné l’histoire des apparitions de Fatima, comme les mers, et, en connaît les moindres recoins. Tel un explorateur, il s’est plongé dans ce lieu qui se trouve à une heure en voiture au nord de Lisbonne. Les voyants que sont Francesco, Jacinta et Lucia l’émerveillent encore. Pour lui, « les apparitions de la Vierge Marie à Fatima, les secrets qu’elle a confié aux enfants, ne peuvent pas se résumer à la fin des temps. Il ne s’agit pas de la fin du monde. Il s’agit plutôt de la fin d’un temps. Marie nous dit : ‶ A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. ″ Elle nous parle de la conversion de la Russie, et, d’un temps de persécution. On le voit bien nous y sommes revenus à ce temps de persécution, au Proche-Orient, en Asie, et, maintenant en Europe avec ces atteintes à la liberté de culte. A Fatima, Marie montre l’Enfer à des enfants qui ont 7, 9 et 10 ans. C’est un moment d’horreur absolu où les enfants voient les âmes des pécheurs brûler. Heureusement, la présence de Marie leur voile l’intensité de ce moment. Dès 1915-1916, alors que la Première Guerre fait rage, l’Ange du Portugal apparaît aux enfants et les prépare à la venue de la Vierge Marie. Déjà, il leur parle de sacrifices. Marie apparaîtra les 13 de chaque mois, de mai à octobre 1917. Sauf en août où elle leur apparaît le 19, car ils avaient été arrêtés et empêchés de se rendre au lieu d’apparition. Elle leur livrera un secret que l’on appelle communément « les 3 secrets ». Lors de sa dernière apparition, le 13 octobre, elle y fait le miracle du soleil. Ce fameux 3è secret de Fatima a fait couler beaucoup d’encre. Le 3è secret ayant été plus ou moins révélé. Certains on dit qu’il s’agissait de l’attentat du Pape Jean-Paul II, le 13 mai 1981.

Pour moi, le secret de Fatima ne s’est pas encore totalement réalisé. Mais, nous y sommes. Nous devons apprendre ou réapprendre à lire les signes des temps. Fatima est en quelque sorte une annonciation, un peu apocalyptique, il est vrai, des temps que nous sommes en train de vivre. A Fatima, Marie nous demande, aussi, instamment de nous convertir, de consacrer la Russie à son Cœur Immaculé, de réciter le rosaire en famille, de pratiquer la dévotion aux 5 premiers samedis du mois. Elle demande aux enfants, qui ont déjà commencé dès 1915, de faire des sacrifices pour obtenir la conversion des pécheurs. » Fatima se termine avec le miracle du soleil « qui danse, et, qui sèche en un instant les vêtements boueux et trempés des 70 000 témoins présents à Cova da Iria, le lieu d’apparition ». C’est un miracle d’actualité, à l’heure du réchauffement climatique et qui rappelle l’Apocalypse.
Le livre de l’Apocalypse
Pour bien comprendre ce périple éclair entre la rue du Bac et Fatima, il faut relire le livre de l’Apocalypse de saint Jean, les chapitres 12 et 13. Au chapitre 12, il est écrit : « Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs et la torture d’un enfantement. Un autre signe apparut dans le ciel : un grand dragon, rouge feu, avec sept têtes et dix cornes, et, sur chacune des sept têtes, un diadème. Sa queue, entraînant le tiers des étoiles du ciel, les précipita sur la terre. Le Dragon vint se poster devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer l’enfant dès sa naissance. Or, elle mit au monde un fils, un enfant mâle, celui qui sera le berger de toutes les nations, les conduisant avec un sceptre de fer. L’enfant fut enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son Trône, et la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place, pour qu’elle y soit nourrie pendant mille deux cent soixante jours. Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel. »
« A la fin mon Cœur Immaculé triomphera »

Ce pèlerinage éclair-virtuel prend fin à Fatima. Tous ces lieux d’apparition ont un point commun : Marie parle du chapelet, de conversion, de troubles, de sacrifices. Elle donne sa Médaille Miraculeuse, sauve la France du désastre communiste, souhaite donner du bonheur aux familles, déclare son Immaculée Conception, et, annonce sa victoire finale. Joseph de Belfont, en est persuadé : « nous allons vers des temps de plus en plus tourmentés. L’Eglise ne doit plus se taire. Seule la Vierge Marie nous sauvera des tourments à venir. ‶ A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. ″ ». Pour l’heure, en ces temps de pandémies, en ces temps de déchristianisation, en ces temps où les familles et la vie sont attaqués, manipulés, nos regards se portent vers la crèche. A Bethléem, Joseph et Marie ont bien du mal à trouver une chambre pour la naissance du Fils de Dieu. Finalement, c’est, en s’écartant de la ville, qu’il trouve cette pauvre étable. Et, là, dans la nuit étoilée, naît, ce 25 décembre, l’Emmanuel. Il vient nous sauver. Il est « le chemin, la vérité, et, la vie. »
Texte et photos réalisés par Antoine BORDIER
Florian Boucansaud, un amoureux foot de Dieu
D’Antoine Bordier :
Il est tard lorsque Florian Boucansaud nous ouvre les portes de son foyer, à Paray-le-Monial. Là, dans l’humidité de la campagne de Saône et Loire, au cœur même du Charolais, l’ancien footballeur professionnel s’est installé depuis 2010 avec toute sa famille. Il a troqué son poste de défenseur central de Caen, pour celui d’évangélisateur. A 20 ans, il est sélectionné en équipe de France. A 28 ans, sa carrière s’écroule. A 32 ans, il rencontre le Christ. Reportage sur un chercheur de bonheur, un serviteur du Seigneur.
Son numéro de maillot ? Le 13. Il ne le savait pas, mais il portait, déjà, le numéro de Marie. C’est, aussi, le nombre de Dieu, en tout cas de ses treize attributs, que Moïse découvre lorsqu’il monte à la rencontre du Seigneur sur le mont Sinaï. La Vierge Marie, considérée parfois comme le 13è apôtre, est apparue le 13 de chaque mois à Fatima, en 1917. Un clin Dieu de circonstance pour cet homme, qui fêtera ses 40 ans en février 2021. Hier, il jonglait avec les ballons sur les pelouses vertes des stades emblématiques du Parc des Princes, du Vélodrome ou de Gerland. Aujourd’hui, il jongle avec les offices de la Messe, les grains du chapelet, et, les temps d’adoration. Cet inculte, cet ignorant de Dieu s’enfermait pendant une dizaine de jours dans les salles du casino de l’hôtel Bellagio, où ont tourné Brad Pitt, et, George Clooney, à Las Vegas, « sin city », la ville du péché. Avec ses copains de vestiaire, il joue au poker, en mode nuits blanches. En 2019, pendant 9 mois, il commence à écrire « Es-tu prêt ? Il revient ». Dans ce premier livre, paru en octobre 2020, il raconte son histoire, sa conversion, et, sa mission à couper le souffle d’évangélisateur 2.0. A l’instar du bienheureux Carlo Acutis, que l’on dénomme communément : « le geek de Dieu », Florian a échangé sa vie de footballeur pour celle d’évangélisateur sur internet. Chaque jour, il reçoit des témoignages poignants. Après avoir touché les supporters, et, défendu son équipe avec le ballon, il touche maintenant les cœurs d’athées, de convertis, et, de croyants, de musulmans, avec la foi. Dans la continuité de son livre, il a lancé son site internet : www.estupret-ilrevient.com. Avec son épouse, Sandra, il anime quotidiennement sa chaîne YouTube sur Maria Valtorta, La Parole qui donne la Vie éternelle.
« Es-tu prêt ? Il revient »
C’était aux alentours du 13 octobre 2019, lors du mois du Rosaire. Il reçoit une lettre « providentielle. Celle d’un frère carme, ermite de Roquebrune, qui écrit des icônes, explique Florian. Il m’avait remercié pour mes témoignages sur des sujets que l’on n’ose pas trop traiter dans l’Eglise, comme les prophéties, les apparitions de la Vierge Marie, et, les révélations privées. Quelques minutes avant de prendre connaissance de cette lettre, je venais de demander au Seigneur qu’Il me fasse comprendre sa Volonté. Devrais-je écrire mon livre ?
La dernière phrase de sa lettre était assez claire : ‶Soyez ce fidèle témoin que Jésus attend de vous. ″ » Florian, raconte sa vie, en ce dimanche de Gaudete, dimanche de la Joie. Il parle de son enfance, de son père, inspecteur de police à la Criminelle. Sandra ajoute : « c’était au temps du gang des Postiches, qui défrayait la chronique judiciaire ». Florian parle, aussi, de sa maman, « qui a été guérie miraculeusement de sa maladie dépressive ». Il est né le 15 février 1981 à Noisy-le-Sec, en région parisienne. Avec son père, bénévole dans le milieu, il débute sa passion dans le foot à l’âge de 5 ans. A 7 ans, il découvre Gerland et se met à rêver avec son album « Panini », dans lequel il collectionne les portraits de footballeurs. « C’est mon papa qui, sans le vouloir, m’a transmis le virus du ballon rond. » Florian vit une grande partie de son enfance à Paray-le-Monial, où il met les pieds pour la première fois en 1990. Après les régions parisienne et lyonnaise, il arrive dans le Charolais à l’âge de 10 ans. A 13-14 ans, il est remarqué par le FC Gueugnon, qui est le club professionnel de la région.
Le foot et la gloire

« J’ai signé mon premier contrat à l’âge de 17 ans, en 1998. Après l’avoir rêvé, j’ai découvert le milieu professionnel. J’étais doué, j’avais été approché, remarqué. Puis, on a commencé à parler d’argent. J’étais dans l’anti-chambre du monde professionnel qu’affectionne tant les médias et les sponsors. » Florian est défenseur au FC Gueugnon : « je ne marquais pas de but, je les empêchais. » De 15 à 18 ans, il évolue, donc, dans ce club de Ligue 2. Ses parents le suivent de près. Il enchaîne les contrats, tout en suivant sa scolarité. Il enchaîne, aussi, les blessures. « En 1997, 1998 et 1999, j’ai été blessé à plusieurs reprises, aux chevilles, et, j’ai eu le genou abîmé. » En 1998, avec l’arrivée d’un nouvel entraîneur, il réalise sa meilleure saison chez les moins de 17 ans nationaux. « Michel Royer était un très bon entraîneur. Il était à l’écoute de nos besoins, et, mettait en valeur nos talents. Il nous donnait beaucoup de confiance en nous ». En 2001, il rentre, véritablement, dans l’univers des professionnels. Toujours avec le FC Gueugnon, il signe son premier contrat de quatre ans de joueur professionnel. Il gagne à l’époque environ 3 000 euros nets par mois. « J’avais une vraie fierté raconte-t-il. J’ai vraiment eu des moments de bonheur. Mais, j’avais, aussi, des doutes. Quand on regarde la façade du football, elle est magnifique. Elle attire le regard. Mais, à l’intérieur, la vie peut, parfois, être dure psychologiquement. » Florian raconte les coulisses du football professionnel, et, des compétitions internes. « C’est la performance, l’ultra-performance qui dicte tout. Cette école de passion où l’on recherche la gloire, peut, aussi, devenir une école de souffrance. » A 24 ans, il rejoint le club de Nice. Il a rajouté un zéro à son salaire mensuel. Il roule en Porsche, et, place son argent dans l’immobilier. Il paraît heureux.

Le mariage et Dieu
En 2004, il rencontre Sandra, une belle brune alsacienne qui vit à Colmar. Il a 23 ans, elle en a 24. Ils entrent en relation sur Meetic, le premier réseau de rencontres sur internet. Puis, ils se voient à Strasbourg. Et, Sandra qui a un tempérament à la fois chaleureux, décidé, doux et sérieux, accepte de venir vivre avec lui.
Tous les deux ne sont pas pratiquants. Florian, qui est baptisé, rejette même Dieu, et, l’Eglise, en raison de la souffrance et du mal qu’il voit autour de lui. Il partage cela avec Sandra. « J’avais, aussi, besoin de Sandra, pour partager les maux de mon âme. Sandra avait la certitude intime que Dieu existait. Elle a été marquée par la mort de son frère aîné, à l’âge de 5 ans, frappé par un cancer des os. Depuis, elle avait acquis la certitude de la Vie après la mort. Elle m’éveillait à la beauté de la création et de Dieu. » Ils se marient civilement, et, leur première fils Gabin naît en 2006. Entre-temps, sur le terrain, Florian est approché par le club de Troyes. Ils y vivent jusqu’en 2007. Sa dernière année à Troyes est douloureuse pour lui : il ne joue plus du tout. Il n’est plus en forme, il doute. Il signe, cependant, avec Caen. Il retrouve la forme à l’été 2008, après un excellent match disputé contre Bordeaux. Mais il se blesse sérieusement à une cuisse le match suivant. Puis, en mars 2009, une erreur de sa part provoque la défaite de son équipe à l’occasion du match Caen-Lille. Quelques jours plus tard, il vit une sorte de burn-out. Il est à bout. Il crie vers le Ciel : « J’étais au volant de ma Porsche, je rentrais chez moi et je pensais à mon avenir. J’ai appelé au secours sans savoir à qui je parlais. Je voulais être heureux, peu importe si pour cela le foot devait s’arrêter. »
Paray-le-Monial et sa conversion

Florian est en train de vivre « une descente aux enfers ». Plus aucun club ne le sollicite. Il arrête le football. Sur-endetté, il pointe désormais aux Assédics, avec un zéro en moins. Les huissiers frappent à sa porte. Avec Sandra, ils doivent tout vendre : leurs voitures, leurs bijoux, leurs biens immobiliers. Criblé de dettes, il décide de remettre les crampons et de signer avec le club de Montceau-les-Mines, en 2010. Il est capitaine de l’équipe jusqu’en 2017. Il retourne vivre à Paray-le-Monial. Ruiné, une nouvelle vie l’attend : celle de Dieu, celle de sa conversion. Sorti de sa bulle, il devient particulièrement sensible à la noirceur du monde. Il désespère même face à un avenir qu’il pressent douloureux. Mais, il cherche à comprendre. Il espère qu’un sauveur surgira du monde politique. Il ne supporte pas la pensée unique imposée sur les grands sujets sociétaux (comme l’avortement, le mariage pour tous, et, la PMA). Florian est en marche vers Dieu. En regardant une vidéo sur YouTube, il découvre la dimension spirituelle de l’homme. « C’est une interview de Pierre Hillard qui m’a ouvert à la transcendance. Il évoquait Satan comme origine du mal. Je n’en avais jamais entendu parler. Il disait aussi que nous devions sauver notre âme. » Le lendemain, il en discute avec son épouse : « Chérie, je crois que Dieu existe et je commence peut-être à comprendre pourquoi il y a tout ce mal sur la terre. » Quelques jours plus tard, il se rend pour la première fois dans la Basilique de Paray-le-Monial, et, assiste à la Messe. Il y va comme un « spectateur ». Il n’est pas encore un supporter. Mais, il chemine, et, avance vite. Sandra est témoin de sa conversion : « Oui, je l’ai vu, il était en train de changer fondamentalement. Puis, il a acheté une Bible. Il l’a dévorée. Et, il m’a dit : ‶ Les écailles de mes yeux tombent. Dieu existe ″. » Dans sa 33è année, Florian vit une conversion. Son chemin est passé par Las Vegas, où il a brûlé quelques milliers d’euros. A Paray-le-Monial, il a vécu à 300 mètres du lieu des apparitions sans y mettre les pieds. Sa vie bascule.
Le Sacré-Cœur et la naissance d’un témoin
Il fait encore nuit, ce dimanche 13 décembre. Il est 6h40, Florian referme derrière-lui la porte de sa petite maison, sans faire de bruit. Cette maison, qu’il loue et qu’il devra bientôt quitter. Il n’est pas inquiet : « Depuis ma descente aux enfers, et, ma conversion en 2013, j’ai une grande confiance en Dieu, et, en la Providence ». Les énormes cloches de la Basilique retentissent. On se croirait à proximité d’une abbaye bénédictine tant leur tintement est grave et mélodieux à la fois. C’est un appel à la prière. A l’intérieur de la Basilique du Sacré-Cœur, qui a été construite avant les apparitions, au Moyen-Age, une cinquantaine de fidèles attendent l’arrivée du prêtre, qui célèbre habituellement la Messe de 7h00. Des enfants traversent la nef, ils s’arrêtent devant l’autel, et, font une génuflexion en direction du Saint-Sacrement. Ils se rendent en hâte à la sacristie pour revêtir leur aube blanche et servir la Messe. Ici, à Paray-le-Monial, dans la Cité du Sacré Cœur de Jésus, qui est apparu à sainte Marguerite-Marie le 27 décembre 1673, la foi est familiale. C’est là que Florian et Sandra se sont dit « oui » devant Dieu. C’est là où leur petit dernier, Savio, a été baptisé en 2017. Florian a chaussé de nouveaux crampons : ceux de la foi. Son terrain de jeu est désormais l’Evangile. Sa dépression de 2009 s’est transformée, 3 ans plus tard, en conversion, puis, en confirmation, et, enfin en témoignage. « Dès 2014, dans plusieurs villes de France, on me demandait de témoigner. On me proposait même d’écrire un livre. Mais, là je disais non, j’attendais, je discernais, je patientais, je priais. Avec le sentiment que Dieu était en train d’écrire une nouvelle histoire. »
Des mystiques et la Covid-19

Dans sa chambre, un mur d’images de saints, une croix, des icônes donnent à cet endroit intime, une allure de chapelle. La prière familiale y est pratiquée. Amoureux foot de Dieu, cette passion anime de plus en plus le couple, et, toute la famille, du plus petit au plus grand. Gabin dit au-revoir à ses parents. Il est en tenue de scout d’Europe et se rend à la Messe de 10h00. Le petit Savio s’est emparé de la croix. Et, à trois ans, il chante « Jésus-Christ, Jésus-Christ ». Après l’écriture de son livre « Es-tu prêt ? Il revient », en auto-édition, Florian a lancé son site internet www.estupret-ilrevient.com. Il anime maintenant sa chaîne YouTube. Avec Sandra ils prêtent leurs voix aux textes écrits par la mystique Maria Valtorta qu’affectionnait tant saint Jean-Paul II. Dans son livre, il se penche sur des apparitions, celle de Fatima, entre-autre, et sur ces mystiques, comme Luisa Piccarreta, qui ont bénéficié de révélations privées du Christ. La vie de Florian est devenue comme une « opus Dei », une œuvre de Dieu. En 2015, il se lance dans la lecture des 15 000 pages qu’aurait dicté le Christ à Maria Valtorta, au siècle dernier. Ce feu qui l’anime, il ne peut pas le garder pour lui tout seul. A l’heure de la pandémie, qui fait des ravages, il a une certitude et un questionnement : « L’instrumentalisation qui est faite de la Covid-19 est, pour moi, un grand signe des temps. Comment ne pas constater que nos libertés sont attaquées, et, qu’il semble que nous nous dirigeons à grands pas vers une société totalitaire ? ».
Face aux signes des temps, des raisons d’espérer
Florian serait, donc, devenu le porte-parole, le porte-voix de ces mystiques, de la Vierge et du Sacré-Cœur. En 2014 et 2019, il se rend à Medjugorje, là où apparaît encore la Vierge Marie. Il a rencontré l’une des voyantes. Depuis, Florian est en mission. Face aux signes des temps, grâce à son livre, son site internet, sa chaîne YouTube, et ses témoignages, il touche de nombreuses personnes. Dernièrement, il a reçu un témoignage touchant d’une musulmane qui est en train de lire son livre. Face à cette crise, ses raisons d’espérer se sont multipliées : « Redressez-vous, relevez la tête, car votre libération est proche, dit-il, en reprenant une phrase biblique. Oui, courage, car le Ciel et la Joie éternelle sont au bout du chemin. Il faut mettre le Bon Dieu à la première place, et, se convertir. C’est d’ailleurs ce qu’Il attend. Il faut avoir une confiance totale, et ne pas avoir peur. Courage, Il vient ! »
A l’approche de Noël, Florian, ira vivre cette belle fête de famille chez ses parents. Lui, qui, récemment, a été atteint dans son cœur, par une nouvelle épreuve. Il y a quelques jours, son grand-père, Louis, qui ne pouvait plus voir ses proches, s’est donné la mort à l’âge de 95 ans. Face à ces drames, face aux épreuves, sa foi tient bon, et, sa mission semble se confirmer. L’ancien footballeur a pour nouveau terrain de jeu, celui des âmes. Il doit les défendre, les attirer vers le Bon Dieu. Malgré ses blessures, l’ancien défenseur avance à grandes enjambées en voulant entraîner vers le Ciel le plus grand nombre de ses abonnés et de ses lecteurs.

Dossier réalisé par Antoine BORDIER
Garder le cap dans la tempête boursière
Un entretien passionnant d’Eric Doutrebente, président de la Financière Tiepolo, sur les remous économiques actuels. Avec deux mots d’ordre essentiels (que nos gouvernants feraient bien de méditer): garder le cap et voir à long terme.
Offrez le parcours “Les Mardis d’Ichtus”
Une bonne idée de cadeau de Noël : offrez le parcours “Les Mardis d’Ichtus” à vos proches, familles, et amis.
9 conférences dont 5 déjà passées et 4 à venir : possibilité de s’inscrire en ligne sur http://ichtus.fr Les conférences se dérouleront au 49 rue des Renaudes, dans le strict respect des consignes sanitaires. Elles sont suivies de travaux en atelier (petits groupes de 6 à 8 personnes). Possibilité de suivre les formations à distance pour ceux qui n’habitent pas en région parisienne et d’écouter en replay les vidéos.
Des intervenants de renom : Pierre Manent, Alain Finkielkraut, Fabrice Hadjadj, Mathieu Bock-Côté, Olivier Rey, Grégor Puppinck, Martin Steffens, Dom Jean-Rémi Lanavère, Guillaume de Prémare et Tugdual Derville.
L’histoire des bénédictines de Bouzy-la-Forêt
Le monastère de Bouzy-la-Forêt, installé dans le Loiret à quelques kilomètres des frères bénédictins de Saint-Benoît-sur-Loire, accueille une communauté de sœurs bénédictines de la congrégation de Subiaco. Les sœurs sont notamment connues pour leur production d’Eau d’Émeraude depuis près de 400 ans, une lotion aux bienfaits variés et aux innombrables utilisations… Divine Box vous résume l’histoire de cette communauté et vous dévoile (un peu) du secret de leur Eau d’Emeraude en 5 minutes… C’est parti !
Histoire : d’Orléans à Bouzy-la-Forêt
La petite histoire de la communauté bénédictine de Bouzy-la-Forêt débute au XVIIe siècle. A l’époque, les soeurs appartiennent à la congrégation des bénédictines du Calvaire, fondée à Poitiers par Madame d’Orléans, cousine d’Henri IV, en 1617.
Dès sa création, la congrégation des bénédictines du Calvaire cartonne ! Un premier monastère est ainsi fondé en 1638 à Orléans. Mais il est ensuite dissout à la Révolution car les sœurs en sont chassées (pas étonnant à cette période, où on observe une traque du monde religieux !). Fort heureusement, la vie monastique redémarre ensuite grâce à un petit groupe de moniales qui s’installe derrière la cathédrale d’Orléans.
Les sœurs vont déménager ensuite à plusieurs reprises. Et notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, car leurs bâtiments ont été endommagés par le conflit… Elles s’installent alors à Saint-Jean-de-Braye avant de décider de s’installer finalement au monastère de Bouzy-la-Forêt, dans le Loiret, au début des années 2000. Nous y sommes !

Madame d’Orléans, fondatrice de la congrégation des bénédictines du Calvaire – Crédit Photo : Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire
Et la communauté aujourd’hui ?
Aujourd’hui, la communauté bénédictine du monastère Notre-Dame de Bouzy-la-Forêt compte 13 moniales, et a tout juste fêté ses 20 ans (elles sont arrivées en 2000). Les sœurs donc suivent la règle de saint Benoît : « Ora et Labora » (« prie et travaille »). Leurs journées commencent dès 6h30 avec le premier des sept offices quotidiens et se poursuit dans le travail. Ainsi le travail manuel est une part importante de la vie de la communauté, notamment avec la production d’Eau d’Émeraude dont seules deux sœurs connaissent tous les secrets de fabrication de cette lotion… continuez l’article, on vous en parle un peu !

L’Eau d’Émeraude est une lotion alcoolique dont la recette est connue seulement au monastère de Bouzy-la-Forêt – Divine Box
L’Eau d’Émeraude : sa renommée mystérieuse, et son utilité !
Le secret de l’Eau d’Émeraude commence au début du XVIIe siècle, peu de temps après la fondation de la congrégation des bénédictines du Calvaire. Ce secret aurait été offert par un apothicaire à une future religieuse qui travaillait à ses côtés en lui assurant qu’ « avec cela, tes soeurs ne manqueront jamais de pain ».
À sa manière, il souhaitait d’une part, remercier la communauté pour leur aide quelques années plus tôt et d’autre part, que son produit miracle ne disparaisse pas avec lui. Et il a été bien inspiré car depuis quatre siècles, les sœurs se transmettent de générations en générations la recette de l’Eau d’Émeraude dont le succès ne faiblit pas !
D’ailleurs, la première personne connue à avoir vanté les mérites de l’Eau d’Émeraude n’est autre que la marquise de Sévigné. Elle dit dans une lettre à sa fille : « Je mets de l’Eau d’Émeraude si agréable… sur ma jambe… elle console et perfectionne tout » (lettres du 20 Juin et du 1er Juillet 1685). C’est notamment comme ça que le produit est devenu célèbre ! Dingue, non ?
Mais qu’est-ce donc que l’Eau d’Émeraude et qui peut l’utiliser ? En fait, l’Eau d’Émeraude est une lotion alcoolique (50% vol) distillée par les soeurs de Bouzy-la-Foret à partir de miel et de plantes aromatiques (sauge, menthe poivrée et romarin) aux vertus antiseptiques, cicatrisantes et toniques. Cette eau est adaptée à tout type de peau, et conviendra donc à toute la famille. Elle permet notamment de :
– soulager les problèmes de peau des adolescents et l’irritation d’après rasage des papas,
– apaiser les rhumatismes des personnes âgées,
– calmer les échauffements des muscles et des tendons des sportifs,
– cicatriser les petits bobos et piqûres du quotidien des enfants
Pour aller plus loin, vous pouvez :
- cliquer ici pour acheter en ligne de l’eau d’émeraude
- cliquer ici pour voir le guide d’utilisation de l’eau d’émeraude
- cliquer ici pour en savoir plus sur l’eau d‘émeraude : son histoire, sa fabrication etc…

L’eau d’Émeraude est produite artisanalement depuis quatre siècles par les sœurs de Bouzy-la-Forêt – Divine Box
Un luthier au chevet de l’Arménie
Article réalisé par Antoine Bordier :
Il y a plus d’un mois, le 10 novembre, un cessez-le-feu tripartite, avec la Russie, était signé par le Premier ministre de l’Arménie, et, le Président de la République d’Azerbaïdjan. Conséquences : l’Arménie a dû restituer une partie de ses régions ancestrales du Haut-Karabakh, objet du conflit armé qui a fait plusieurs milliers de morts de part et d’autre. Côté Arménien, c’est une tragédie, une défaite. Côté Azerbaïdjanais, c’est une victoire. En France, la diaspora installée depuis le génocide de 1915, a soutenu ses frères d’armes. A Bourg-en-Bresse, un luthier d’origine arménienne pose son regard libre et blessé sur ces évènements tragiques.
Mickaël Ourghanlian, pouvez-vous vous présenter ? Avez-vous encore de la famille en Arménie ?
Mickaël : J’ai 38 ans, je suis marié avec Géraldine, et, nous avons cinq enfants. Je suis luthier de profession. Nous vivons à Bourg-en-Bresse, qui est connue pour son très beau monastère royal de Brou. Après avoir eu un parcours dans l’ébénisterie, à Paris, je suis devenu luthier, car je voulais lier la noblesse du bois à celle de la musique. Je fabrique et restaure des violons, des altos, des violoncelles et des contrebasses. Et, je suis aussi un musicien. J’ai commencé à l’âge de 3 ans par la flûte à bec. Puis, vers l’âge de 15 ans, je me suis orienté vers le violon. Au sujet de l’Arménie, et, pour répondre à votre question, à ma connaissance, je n’y ai plus de parents. Ils ont tous fui au moment du génocide. Ou ils ont été massacrés.
Quels sont les plus anciens souvenirs que vous avez encore de ce génocide, et, de cet exode forcé qui vous a mené en France ?
Nous avons une histoire un peu particulière avec notre pays d’origine du côté de papa. Très jeune, mon arrière-grand-père, qui s’appelait Sarkis, est arrivé à Marseille en bateau. Il était tout seul. Il avait tout perdu. Il faut l’imaginer traverser toute l’Arménie. Il a fait sa vie en France, et, ne voulait plus parler de son histoire, de ses origines. Non seulement, il n’a jamais parlé de ce qu’il avait vécu là-bas, mais il a même interdit que l’on évoque le sujet en famille. Nous n’avons jamais pu échanger sur l’Arménie dans la famille. Il a été traumatisé, et, il est resté blessé à vie. Je me souviens d’une anecdote. Un grand oncle a voulu se mettre à l’arménien. Mon arrière-grand-père était encore de ce monde, et, il l’a rejeté de la famille à cause de cela ! Mon arrière-grand-père avait 14 ans quand il a été témoin du massacre de toute sa famille sous ses yeux. C’est un survivant. Il n’a pas sombré, et, il a réussi à traverser l’Arménie, pays rude, à pieds, pour trouver un bateau. Il a eu le choix entre les Etats-Unis ou la France. Il a choisi la France.

La tragédie récente était prévisible. L’armée Azerbaïdjanaise ne cachait pas ses intentions belliqueuses. L’Arménie a-t-elle été surprise par cette invasion ? Et, vous, aviez-vous des informations sur ce prochain conflit ?
Je ne crois pas que cette invasion ait été une grande surprise. Je pense en revanche que l’implication russe était vraiment souhaitée et envisagée dans le cœur des Arméniens, qui n’ont pas bien compris pourquoi le « grand frère » les laissait tomber. De même, on a vu des scènes de violences lors du cessez le feu, parce que beaucoup n’ont pas compris pourquoi le gouvernement arménien baissait si facilement les bras. Les arméniens du Haut-Karabakh ont été trahis. Quant à moi, n’ayant pour seules racines arméniennes que mon nom, je n’étais pas vraiment au courant de ce qui pouvait se passer là-bas. Forcément, je ne suis pas resté insensible. Et, je continue à suivre ce qui se passe. Aujourd’hui l’Arménie est en ébullition. Les manifestations sont nombreuses contre le gouvernement.
Ce 10 novembre, lorsque le cessez-le-feu est prononcé, vous vous dites quoi ? Vous vous dites quoi, après avoir vu en direct des arméniens mettre le feu à leur maison, à leur terre ancestrale ?
Le sentiment à l’annonce de ce drame a été assez étrange pour moi. Je suis Français. De langue, mais aussi de cœur. Si je ne portais pas ce nom, rien ne me rapprocherait de l’Arménie. Et, en même temps, j’ai vraiment senti au fond de moi comme une blessure qui s’ouvrait. C’est terrible d’être spectateur d’une tragédie et de ne rien pouvoir faire. Des milliers de familles ont dû abandonner leurs terres ancestrales. Cette tragédie est une nouvelle blessure pour l’Arménie. Les Arméniens ont toujours été un peuple durement éprouvé, et, une fois de plus les voilà au cœur de la tourmente.
Des commentateurs avisés ont reproché au gouvernement français de ne pas être intervenu. L’Arménie attendait autre chose que de l’aide humanitaire, envoyée une fois la défaite annoncée. Et, vous, en tant que croyant, en tant que chrétien, qu’attendiez-vous ?

En tant que croyant, on ne peut qu’être déçu, pour ne pas dire plus, par le peu d’intérêt porté par nos gouvernants à nos frères martyrs en Arménie, mais, aussi, dans les différents pays du Proche-Orient. Ces derniers jours, il y a eu une polémique avec un grand média, France Inter, le service public donc, qui a refusé une publicité financée par l’Oeuvre d’Orient en raison de la mention du mot « chrétien ». Cela m’a révolté. Nous ne sommes clairement pas à la hauteur ! La persécution semble frapper tout doucement à notre porte.
Dans le Haut-Karabakh, les églises vont être transformées en mosquées, après avoir été vandalisées. Les cimetières sont profanés. Pendant ce temps-là, l’Europe de l’ouest, et, le reste du monde, sont en crise sanitaire. En France, la liberté de culte est de retour après avoir été interdite. Comment vivez-vous tout cela au quotidien ?
Oui, les profanations des églises et des cimetières sont scandaleuses. D’autant plus que l’Europe et la France regardent sans trop rien dire. Ici, pendant le confinement, nous avons eu la chance d’avoir des paroisses qui ont tout mis en œuvre pour que nous puissions vivre au mieux notre foi, au plus proche de la « normalité ». Cependant, cela est difficile malgré tout ! Et de savoir nos amis, nos familles, complètement privés de toute nourriture spirituelle est terrible ! De même, un nombre bien trop important de catholiques n’ont pas retrouvé le chemin des églises après le déconfinement, et, c’est une vraie douleur. C’est un vrai sujet pour l’avenir. Cela nous a, cependant, permis de toucher un petit peu du doigt à quel point nous étions privilégiés, ici en France. Nous avons tant de possibilités d’approcher les sacrements, alors que dans certains pays on risque sa vie pour sa foi quotidiennement. Mon regard se tourne naturellement vers le Haut-Karabakh et les lieux de cultes chrétiens.
Concluons notre échange en parlant des fêtes de fin d’année et de vos raisons d’espérer. Comment allez-vous fêter Noël ? Est-ce que vous allez avoir une pensée particulière pour ces Arméniens qui ont tout perdu ? Enfin, pensez-vous aller un jour en Arménie ?
Noël sera, en effet, un moment où nous pourrons nous retrouver en famille, et, c’est une grande joie après tant de temps sans pouvoir nous voir. Nous devrions fêter Noël chez mes parents, et aller à la Messe le 24 au soir. Ce sera bien entendu, aussi, un moyen de nous unir par la prière à nos frères arméniens qui ont tout perdu, et, qui vont passer des fêtes particulièrement dures cette année. J’espère bien pouvoir aller, pour la première fois, très prochainement en Arménie ! Je n’ai jamais eu l’occasion d’y séjourner. Mais ce pays m’attire beaucoup ! D’autant plus qu’il y a de très bons luthiers là-bas !

Article réalisé par Antoine BORDIER
L’obligation vaccinale est-elle contraire au consentement du patient aux soins ?
Le début de la vaccination contre le coronavirus suscite beaucoup d’espoir, en même temps qu’une certaine prudence. Le Président de la République a annoncé une campagne de vaccination pour 2021 tout en promettant de ne pas rendre le vaccin obligatoire. Est-ce une promesse tenable ? L’obligation est-elle contraire au consentement du patient aux soins ?
Réponse juridique avec Grégor Puppinck :
Le « texte » Castex : non ce n’était pas un canular mais une révélation supplémentaire de la très grave psycho-pathologie affectant le pouvoir
Beaucoup n’en croyaient pas leurs yeux ou leurs oreilles à la lecture ou à l’écoute du texte Castex, de ce dernier mardi, d’auto-attribution de tous les pouvoirs sur la plus élémentaire, la plus fondamentale des libertés, celle de se déplacer.
Yves Daoudal a excellemment résumé la psychologie gouvernementale par la populaire expression : « Ils ne se sentent plus pisser ». Oui, ils sont emportés par la frénétique jouissance à la perspective de pouvoir intimer à quiconque le refus de circuler selon que la personne dispose ou non d’un certificat de vaccination ou d’un test de dépistage !
Les psychiatres peuvent analyser cela en termes de « paranoïa », de « perversion narcissique ». Les non initiés se contenteront de parler d’enivrement du pouvoir, de délire autoritaire.
À noter que ce que l’on désignait jadis comme « pouvoir absolu », celui de nos rois, n’était pas du tout un pouvoir illimité, très limité qu’il était en effet par les libertés reconnues, les us et coutumes, les chartes, les franchises, et tout simplement les contraintes de l’époque.
Aujourd’hui, MicroNéron dispose d’infiniment plus de pouvoir que les monarques du passé. Comme Big Brother dans « 1984 », il a tous les moyens modernes pour surveiller tout le monde à tout moment. Et voilà que ce mardi, sous le prétexte de la surveillance sanitaire générale (SSG), son premier ministre jacobin, véritable caricature de conventionnel de 1793, annonçait vouloir se faire voter une loi lui permettant de discriminer radicalement les citoyens.
De même que jadis dans les camps de travail et de la mort d’Ho-Chi-Minh où les Boudarels hurlaient « Si toi pas travailler, toi pas manger », dans la France de Castex les SS (Surveillants Sanitaires) clameront : « Si toi pas vacciné, toi pas circuler ».
Point n’est besoin d’être grand observateur pour remarquer que le Grand vizir de Matignon a profité du séjour à la Lanterne de son Calife un peu fatigué pour se concocter le meilleur texte possible de discipline sanitaire.
Mais avec un brin de plus de réflexion, chacun pourra peut-être penser que, au-delà, ce grand futé de Castex a voulu mettre sur pied un entraînement général à son pouvoir. Un coup d’État sanitaire ainsi mené à son profit ? Hélas pour lui, ça n’a pas marché.
Cette fois, malgré le soutien du triste patron de l’UDI, ce Lagarde toujours à la pointe du collaborationnisme totalitaire, ça a beaucoup renaclé chez les parlementaires.
Car ces derniers ont perçu l’amplification de l’exaspération qui monte de partout devant les projets de schlague vaccinatoire alors que les Français ne veulent pas se vouer à n’importe quel vaccin.
Ne nous laissons pas voler la joie de Noël
Message de Mgr Ginoux, évêque de Montauban :
“Défendez votre liberté !”
Message de Noël de Monseigneur Marc Aillet :
A l’approche de Noël, c’est un monde épuisé qui s’offre à nos yeux. Epuisé en particulier par la gestion inédite d’une épidémie dont nous voyons se multiplier les conséquences désastreuses, d’ordre psychologique et spirituel, économique et social, directement liées aux mesures de confinement et aux nombreuses restrictions des libertés qui en découlent.
Le climat d’anxiété qui pèse sur beaucoup, entretenu par un discours officiel volontiers alarmiste et culpabilisateur, révèle l’état actuel de l’humanité. Dépouillée de ces fausses sécurités qui lui donnaient une confiance excessive dans les progrès de la science et de la technique, elle apparaît plus que jamais fragilisée, dans une situation comparable à celle décrite par le livre de la Genèse, au soir de la chute, où Adam, entendant la voix du Seigneur Dieu dans le jardin, « Adam, où es-tu ? », répondit : « J’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché » (Gn 3, 9-10).
Et en effet, l’homme tend plus que jamais à se séparer de Dieu, son Créateur et Père : « A ce moment de notre histoire, comme l’écrivait Benoît XVI, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes, et tandis que s’éteint la lumière provenant de lui, l’humanité manque d’orientation et ses effets destructeurs se multiplient en son sein ». Les atteintes, pour raison sanitaire, « manifestement et gravement illégales » à la liberté de culte, dénoncées par le Conseil d’Etat, et le projet de loi pour renforcer les principes républicains, en vue de combattre le séparatisme islamiste, pourraient bien contribuer à restreindre un peu plus la liberté religieuse.
En outre, l’homme est de plus en plus amputé de ses liens les plus naturels avec ses semblables. A l’éclatement de la famille, aux violences faites à l’enfant à naître, aux entorses à la filiation et aux multiples fractures qui déchirent le tissu social, s’ajoutent de nombreuses entraves à la liberté de réunion et de rassemblement, que viennent renforcer les mesures de distanciation physique et les gestes-barrières, conduisant à décourager les réunions familiales et amicales et à condamner un nombre croissant de personnes à l’isolement, voire à la solitude extrême. Quand les corps intermédiaires disparaissent, à commencer par la famille, première communauté naturelle et cellule de base de toute société humaine, l’individu se retrouve seul et démuni face à l’Etat, qui affiche une prétention exorbitante à régir la vie des citoyens dans les moindres détails … jusqu’à limiter le nombre des convives pour le repas de Noël en famille ! Le principe de subsidiarité semble avoir volé en éclats et le principe de solidarité paraît quelque peu dénaturé : on prétend par exemple sauver des vies et des médecins ont été empêchés de soigner leurs patients !
Le consentement des citoyens, qui se soumettent à des injonctions disproportionnées, ne laisse pas d’inquiéter. Comme s’ils étaient entraînés, par l’individualisme ambiant, érigé en modèle exclusif de vie sociale, à privilégier l’inclination naturelle à la conservation de leur être propre, dont la santé est en effet un facteur essentiel. Mais au détriment des autres inclinations qui révèlent les finalités plus hautes de la personne humaine : l’inclination à l’amitié, au-delà de l’utile, qui appelle des relations fondées dans la gratuité du don ; et l’inclination à la connaissance de la Vérité, en particulier sur Dieu, qui manifeste l’ouverture foncière de l’homme à la Transcendance, garantie de sa liberté.
C’est alors que cette hymne adressée au Christ Rédempteur, au temps de l’Avent, prend tout son sens : « Tu as sauvé un monde épuisé, donnant aux pécheurs le remède ». C’est dans ce contexte de crise que nous accueillerons la naissance de Jésus à Noël. Dieu lui-même vient à notre secours et, comme dit le psalmiste : « Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les hommes ; mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur que de compter sur les puissants » (Ps 117, 8-9).
Dieu s’est fait petit enfant, pour ne pas nous effrayer. Depuis la crèche de Bethléem, il semble nous dire, comme aux heures les plus difficiles de l’histoire de son Peuple : « je suis Dieu, il n’en est pas d’autre » (Is 45, 21); et : « Confiance, c’est moi : n’ayez pas peur ! » (Mc 6, 50). Ne vous laissez pas gagner par la peur qui paralyse et empêche de prendre du recul pour évaluer la gravité de l’épidémie et de la hauteur pour discerner les vraies finalités de l’existence humaine. N’ayez pas peur de venir à Jésus ! Lui seul a les paroles de la vie éternelle. Avec lui, qui est toujours avec nous, nous ne craignons aucun mal : il ouvre devant nous, au cœur de nos plus lourdes épreuves, un chemin de lumière et de vie, d’espérance et d’amour.
Il est notre Sauveur et notre libérateur. Comme nous y exhortait de manière étonnamment prophétique le Pape saint Jean Paul II à Lourdes, le 15 août 2004 : « Soyez des femmes et des hommes libres ! Mais rappelez-vous : la liberté humaine est une liberté marquée par le péché. Elle a besoin elle aussi d’être libérée. Christ en est le libérateur, lui qui “nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres” (Ga 5, 1). Défendez votre liberté ! ». Demandez humblement à Jésus de vous libérer intérieurement de ce qui vous rend esclaves de vos penchants mauvais et de vos idoles. Et par tous les moyens légaux, unissez-vous pour défendre courageusement vos libertés fondamentales si menacées aujourd’hui.
Résistez à la dispersion et à l’esprit de division : renforcez vos relations familiales, reconstituez vos liens de proximité et de solidarité pour agir de concert, « ne désertez pas vos assemblées, comme certains en ont pris l’habitude, mais encouragez-vous, d’autant plus que vous voyez s’approcher le jour du Seigneur » (He 10, 25).
Venons à la crèche et supplions l’Enfant-Dieu de nous venir en aide. Prions avec confiance la Vierge Marie de nous porter secours.
Saint et joyeux Noël !
+ Marc Aillet, Evêque de Bayonne, Lescar et Oloron
Récit d’une conversion
Michèle Reboul enseigna la philosophie avant de devenir journaliste, notamment au Figaro. Sociétaire des Écrivains catholiques, elle a fait paraître un livre d’entretiens avec Jean Guitton, Le temps d’une vie (Retz-Centurion), et L’Invisible Infini (F.X. de Guibert). Elle vient de publier un ouvrage autobiographique, Une Âme en quête de la Vérité, dans lequel elle retrace notamment sa conversion.
Fille d’un officier de marine héros de la Résistance entré dans les Forces navales françaises libres (elle eut aussi un oncle à Vichy et un autre résistant de l’intérieur), Michèle Reboul retrace son parcours, ses amitiés, la perte de sa foi, son retour au christianisme, sa vie spirituelle et sa défense de la messe traditionnelle. Elle perdit en effet la foi en voyant en Égypte, en 1952, les têtes décapitées des religieuses de son école. Habitée par l’amour de la Vérité, elle entreprend sa quête à travers les philosophies qu’elle enseigne et dans les religions, étudiant le soufisme auprès d’Henry Corbin et le bouddhisme à travers la Soka Gakaï ou la Méditation Transcendantale.
Elle eut pour élève Christophe Lebreton, qui devint moine trappiste et martyr de Tibhirine, elle rencontra les pères Maurice Zundel, Michel-Louis Guérard des Lauriers, Jean Carmignac. Elle évoque sa rencontre décevante avec Marthe Robin. Collaboratrice de Jean Guitton, elle s’opposa à lui sur la crise de l’Eglise. Michèle Reboul retrouva la foi catholique à la fin des années 70 et fut choqué par l’état de délabrement de l’Eglise, n’ayant pas suivi les réformes conciliaires. Elle rencontra plusieurs fois Mgr Lefebvre et livre un témoignage tout à fait intéressant. Elle évoque aussi ses multiples rencontres comme journaliste, avec le cardinal Siri, Louis Pauwels, Jean Madiran, le prince de Galles…



