Pape François : Que cessent les avortements, qui tuent la vie innocente !
Extrait de l’homélie prononcée par le pape François cette nuit, dans la basilique Saint-Pierre à Rome, vide.
[…] Voilà l’annonce pascale, une annonce d’espérance. Elle contient une deuxième partie, l’envoi. « Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée » (Mt 28, 10), dit Jésus. « Il vous précède en Galilée » (v. 7), dit l’ange. Le Seigneur nous précède, il nous précède toujours. Il est beau de savoir qu’il marche devant nous, qu’il a visité notre vie et notre mort pour nous précéder en Galilée, c’est-à-dire dans le lieu qui pour lui et pour ses disciples rappelait la vie quotidienne, la famille, le travail. Jésus désire que nous portions l’espérance là, dans la vie de chaque jour. Mais la Galilée, pour les disciples, c’était aussi le lieu des souvenirs, surtout du premier appel. Retourner en Galilée c’est se souvenir d’avoir été aimés et appelés par Dieu. Chacun d’entre nous a sa propre Galilée. Nous avons besoin de reprendre le chemin, en nous rappelant que nous naissons et renaissons d’un appel gratuit d’amour, là, dans ma Galilée. Cela est le point d’où repartir toujours, surtout dans les crises, dans les temps d’épreuve, en me souvenant de ma Galilée.
Mais il y a plus. La Galilée était la région la plus éloignée d’où ils se trouvaient, de Jérusalem. Et pas seulement géographiquement : la Galilée était le lieu le plus distant de la sacralité de la Ville sainte. C’était une région peuplée de gens divers qui pratiquaient des cultes variés : c’était la « Galilée des nations » (Mt 4, 15). Jésus envoie là, il demande de repartir de là. Qu’est-ce que cela nous dit ? Que l’annonce de l’espérance ne doit pas être confinée dans nos enceintes sacrées, mais doit être portée à tous. Parce que tous ont besoin d’être encouragés et, si nous ne le faisons pas nous, qui avons touché de la main « le Verbe de vie » (1 Jn 1, 1), qui le fera ? Qu’il est beau d’être des chrétiens qui consolent, qui portent les poids des autres, qui encouragent : annonciateurs de vie en temps de mort ! En chaque Galilée, en chaque région de cette humanité à laquelle nous appartenons et qui nous appartient, parce que nous sommes tous frères et sœurs, portons le chant de la vie ! Faisons taire le cri de mort, ça suffit les guerres ! Que s’arrête la production et le commerce des armes, parce que c’est de pain et non de fusils dont nous avons besoin. Que cessent les avortements, qui tuent la vie innocente. Que s’ouvrent les cœurs de ceux qui ont, pour remplir les mains vides de ceux qui sont privés du nécessaire.
Les femmes, à la fin, « embrassèrent les pieds » de Jésus (Mt 28, 9), ces pieds qui pour venir à leur rencontre avaient fait un long chemin, jusqu’à entrer et sortir de la tombe. Elles embrassèrent les pieds qui avaient piétiné la mort et ouvert le chemin de l’espérance. Nous, pèlerins en recherche d’espérance, aujourd’hui nous nous serrons contre toi, Jésus Ressuscité. Nous tournons le dos à la mort et nous t’ouvrons nos cœurs, toi qui es la Vie.
Le 4e épisode de la série Sicut Servus
Le 4e épisode de la série “Sicut Servus”, produite par les studios Saint-Louis, est en ligne:
Voyons dans les circonstances actuelles, exceptionnelles, la grâce d’un long Samedi saint
Homélie de Dom Hervé Courau, abbé de Notre Dame de Triors :
La porte du Cénacle était encore close le soir de Pâques, bien que la pierre ait été dégagée du sépulcre au petit matin. Aux origines, ce fut même le premier et humble soulagement pour les trois Marie, avant que l’ange leur indique le glorieux message de la sainte Résurrection : on vient d’entendre cela (Mc. 16,1-7). Néanmoins, le grand succès de Dieu ne fut pas perçu de sitôt, l’impression oppressante d’échec perdura chez les apôtres avec diverses nuances. L’éveil à la foi pascale se fit lentement, avec une certaine langueur. Les femmes crurent aisément, mais les hommes furent plus lents à les prendre au sérieux, à en croire les pèlerins d’Émmaüs (Luc 24,22-24).
Heureusement par la suite, les diverses apparitions pascales firent bien des apôtres les authentiques témoins de la Résurrection (Act. passim). Et, après la Pentecôte, la foi pascale devint publique, rayonnant à partir de la communauté primitive. Au début du IVème s., l’empereur se convertit, et la foi pascale devient alors un fait social, célébré dans la liturgie. Celle-ci se dégageait du culte impérial pour chanter sans ambiguïté le Christ Notre Seigneur vainqueur de la mort. Peu de siècles après, la fête de Pâque était célébrée avec une saine magnificence, lorsque S. Grégoire le Grand eut exercé son charisme de transférer la pompe impériale au profit désintéressé du seul Christ Seigneur. Un recueil officiel du tout début du VIIIème s. décrit l’entrée solennelle du pape lors de la messe de Pâque avec un grand luxe de détails (Ordo Romanus I).
Il quitte son palais du Latran à cheval en direction de la basilique Sainte-Marie Majeure, l’église de la station en cette Solennité des solennités. Son cortège enrichi de la présence de dignitaires et du clergé, apporte une sorte de sacristie ambulante avec tout ce qui est nécessaire : l’évangéliaire, le chrême, les aiguières, la patène avec le calice, et les chandeliers. À l’arrivée, le pape gagne la sacristie pour revêtir les ornements sacrés, pendant que l’évangéliaire est porté sur l’autel. Puis il prend contact avec les chantres, leur donnant le signal pour entonner l’introït avec le psaume. Le pape monte alors à l’autel à la suite de sept acolytes portant sept chandeliers, ce qui demeure encore dans la liturgie papale; ceux-ci précèdent sept diacres et sept sous-diacres dont un thuriféraire.
Après la vénération du coffret des Sancta, ancêtre mobile de notre tabernacle, il salue l’autel, et donne la paix aux assistants. Après un temps de prière silencieuse, il fait signe de conclure le chant de l’introït, baise l’évangéliaire avec l’autel, tandis que les chandeliers sont posés à terre. Puis le Pape se rend de l’autel à son siège et s’y tient face à l’Orient. Le Kyrie est répété plusieurs fois au choix du Pontife, avant d’être fixé bientôt à neuf. Après l’intonation du Gloria et la salutation « Pax vobis », le chant de la collecte conclut l’introduction à la messe de la solennité de Pâque dont le déploiement se poursuit.
Certes, nos messes habituelles, même pontificales, sont bien modestes en comparaison. Mais la Pâque de cette année, avec toutes nos églises fermées, présente vraiment un hiatus abyssal. Est-ce à dire que nous rétrogradons à la foi vacillante de la première matinée pascale de l’an 33 ? Refusons une telle conclusion, si superficielle, et voyons plutôt dans les circonstances actuelles, exceptionnelles, la grâce d’un long Samedi saint, commencé dès le milieu du Carême et prêt à se prolonger encore. Mais ce vide du Grand Samedi est désormais rempli du clair-obscur de Pâques. Dans un homélie anonyme vraiment bien inspirée, attribuée à S. Épiphane de Salamine (+ 403), nous vivons cette grâce du long Samedi avec Jésus victorieux, descendant aux enfers comme on le chante dans le Credo. Écoutons cela :
Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Le roi semble dormir : la terre pourtant a tremblé et s’est calmée, car Dieu s’est endormi dans la chair, et est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Il est parti chercher Adam, notre premier père, la brebis perdue, ainsi que tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort.
Pour l’heure, les enfers qu’a créés notre société se manifestent comme tels par l’épreuve sanitaire que l’on sait ; la grâce pascale s’offre à elle in abscondito comme une visite salutaire. En ce jour, le Seigneur lui offre –c’est le sens de notre prière pour ceux qui souffrent et ceux qui nous gouvernent- une grâce des retrouvailles analogue à celle que l’homélie décrit :
Adam en tant que premier père et premier mortel, entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous! Pendant qu’il disait cela, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. Plein de stupeur Adam se frappa la poitrine et cria aux autres : Mon Seigneur est avec nous tous – Dominus nobiscum ! Et le Christ lui répondit : Et cum spiritu tuo. Puis lui ayant saisi la main, il lui dit ce que notre rituel applique au profès avant la sainte communion : Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ! Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Lève-toi et partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi. Je me suis endormi sur la croix, la lance m’a percé le côté à cause de toi qui as dormi au paradis pour que je fasse sortir Ève de ton côté : ma douleur a guéri celle de ton côté. Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie,
Ce beau souhait, nous demandons humblement et avec foi au Seigneur de le dire à ceux qui gèrent la vie sociale. Depuis trop longtemps ils se réfèrent à des principes naturalistes myopes et malsains. Puissent-ils réapprendre les règles du bon sens inspirées par Dieu que l’on nomme le droit naturel, c’est-à-dire ce qu’une consciente droite accepte spontanément. Les siècles chrétiens ont laissé des traces que beaucoup ont voulu flétrir, mais ces traces sont encore porteuses de vie. Notre Dame a prédit son triomphe qui est celui de son Fils pour notre temps. On peut y appliquer l’homélie qui poursuivait :
Mon Père céleste attend sa brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle de noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le royaume des cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.
La liturgie grandiose de S. Grégoire attend patiemment la version de Pâques pour notre temps. L’homélie du IVème s. décrivait ce retour à la vie comme un nouveau baptême, de haut en bas, puis de bas (et même du plus bas) vers le plus haut, comme quand on plonge un nouveau-né dans la piscine baptismale pour l’en arracher, ruisselant de vie nouvelle !
Ce beau rapprochement a été fait ces jours-ci dans un des nombreux articles destinés aux fidèles confinés. Il leur fixait ainsi le programme pascal de cette année :
Découvrir ce que l’absence eucharistique, tellement étrange, tellement rude pour les catholiques que nous sommes, peut révéler, en creux ; à savoir la présence agissante de Celui qui ne dort jamais, qui travaille sans cesse. Nous sommes confinés, mais Il est actif au plus infecté de nos cœurs, en cet en-bas, tout en bas, tout au fond ! Découvrir aussi, comme le peuple juif en Exil que, plus que Jérusalem, pourtant si importante, si vitale, est nécessaire ce que nos pères médiévaux appelaient la res du sacrement, à savoir la charité : redécouvrir que la res, la charité demeure toujours accessible, jamais confinée.
Alors, le Salve festa dies avait vraiment lieu d’être chanté tout à l’heure : Tristia cesserunt infernae vincula legis, expavitque chaos luminis ore premi – le carcan lugubre saute, le chaos épouvanté laisse passer à plein la lumière puissante. Et tout au long du Temps pascal notre demande sera exaucée, in hoc paschali gaudio, ab omni mortis impetu, tuum defende populum, le Seigneur se porte garant pour notre temps de la santé spirituelle libérée des principes mortifères. Alors nous pouvons célébrer la joie de Notre Dame sans aucune réticence, Regina caeli laetare, amen, alleluia.
Le duc d’Anjou souhaite une consécration solennelle de la France effectuée par l’ensemble de son épiscopat
Message de Monseigneur le Duc d’Anjou pour Pâques :
Chers compatriotes,
Chers Français,
Rappelons-nous : Pâques 2019 et la France pétrifiée par l’incendie qui venait de ravager la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Pâques 2020, une épreuve d’une toute autre nature dans un domaine où l’on ne l’attendait pas, atteint la France qui, avec l’Italie et l’Espagne, se partage le record des décès en Europe. Tous les continents sont frappés. Une mondialisation du risque !
Hier c’était l’âme du pays qui était touchée, et aujourd’hui ce sont les hommes et les femmes ; les enfants et les vieillards. Selon les mots forts prononcés par le Saint-Père dans son homélie du 27 mars, « nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse ». Devant le danger saurons-nous réagir et à l’ombre de cette cruelle épreuve, refonder nos actions sur plus de bon sens et redonner du sens à nos vies ?
Réagir, au-delà de la compassion que l’on a vis-à-vis des milliers de victimes et de leurs familles affrontant la mort souvent en grande solitude et sans secours spirituel; au-delà de l’admiration vis-à-vis des soignants aux moyens parfois si dérisoires et de tous ceux qui se dévouent souvent en prenant des risques pour que le pays continue à vivre ; au-delà des encouragements adressés à ceux qui, confinés, doivent assumer une vie familiale bouleversée et exercer leurs activités dans des conditions précaires ; au-delà de l’angoisse face aux situations désespérées que nombre d’artisans, de commerçants, d’entrepreneurs auront à affronter après le brusque arrêt de la vie économique.
Les Français courageux et fidèles à l’image de l’idée qu’ils ont de leur pays –celui du baptême de Clovis, celui de la justice de Saint-Louis, celui des quinze siècles de gloire et d’honneur-, doivent faire front animés d’une énergie à toute épreuve. Ils doivent résister pour sauver leur pays, retrouver l’esprit de Bouvines. Si l’oriflamme de saint Denis n’est plus élevée pour précéder les combattants, son esprit doit être là. Vivant.
L’actuelle situation dramatique doit ouvrir sur une période de sursaut qui soignera après les corps, les âmes et l’esprit public. En effet, au-delà de la crise sanitaire n’est-ce pas toute notre société qui est malade depuis des années et qui a besoin de se retrouver à travers un grand dessein partagé par tous et des valeurs essentielles.
En France, déjà, plus de vingt-cinq évêques ont placé leur diocèse sous la protection divine par l’intercession du Sacré-Cœur, de la Vierge Marie, de Saint-Joseph ou encore de saints locaux ayant déjà été invoqués lors d‘épidémies plus anciennes. Je me plais à songer au poids qu’aurait une consécration solennelle de la France effectuée par l’ensemble de son épiscopat à laquelle s’associerait le maximum de fidèles. Pâques, la fête de la résurrection, pourrait en être l’occasion. En tant que successeur légitime des rois de France qui ont toujours compris leur fonction dans sa double dimension terrestre et divine, ce serait de mon devoir de m’y associer et je le ferais en mon âme et conscience.
Demandons, en cette fête de la Résurrection, le secours de Saint Louis, de Sainte Geneviève et de Sainte Jeanne d’Arc et leur protection sur la France.
Louis,
Duc d’Anjou
Ce gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, a peur
Marion Maréchal a été longuement interrogée dans Valeurs Actuelles. Extraits :
[…]
Après avoir alourdi les sanctions contre ceux qui ne respectent pas le confinement, le gouvernement a annoncé par la voix de Laurent Nunez qu’appliquer cette consigne dans les banlieues n’était « pas une priorité ». Le gouvernement a-t-il entériné la partition de fait de notre pays, où l’autorité de l’Etat ne s’applique plus de la même manière dans tous les “territoires” – comme on dit désormais ?
Soljenitsyne, dans son discours d’Harvard, décrivait brillamment le déclin du courage dans le monde occidental. « Ce déclin du courage, disait-il, est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d’où l’impression que le courage a déserté la société tout entière ».
Ce gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, a peur. Il a peur de devoir faire face à la réédition des émeutes de 2005. Il a peur de subir les conséquences politiques d’un embrasement des banlieues dont il achète soigneusement la paix sociale à coups de subventions, en fermant les yeux sur les trafics en tout genre ou en déléguant l’ordre public aux salafistes. Il a peur d’une tension diplomatique en luttant contre la subversion organisée de la communauté musulmane française par des réseaux et des pays étrangers. Le séparatisme dont parlait Emmanuel Macron est combattu dans les mots mais il est accepté, et même alimenté, dans les faits. Ces quartiers sont exemptés de la solidarité nationale sauf quand il s’agit de bénéficier de notre système social ou de notre système de santé.
On “découvre” à l’occasion de ce confinement que la fraternité, dernière pointe du trident de la devise républicaine, ne se décrète pas, contrairement à la liberté et l’égalité. N’y a-t-il pas un paradoxe à attendre l’unité nationale d’une société baignée d’individualisme et d’exiger des citoyens un comportement exemplaire après 50 ans de relativisme moral ?
Il n’est pas seulement question ici d’individualisme. Le professeur Robert Putman, éminent sociologue américain, s’est penché sur le phénomène des sociétés diversitaires et a tiré des conclusions qui éclairent notre situation française. Dans son étude, il conclut que l’hétérogénéité ethnoculturelle semble entraîner une désintégration du tissu social, une perte de confiance entre les individus. Il affirme que « les habitants de communautés hétérogènes ont plutôt tendance à se retirer de la vie collective, à se méfier de leurs voisins, (…) à attendre le pire de leur communauté et de leurs chefs, (…) à être moins bénévoles, à moins voter, etc. » L’émergence d’une société française pluriethnique et multiculturelle associée à la disparition de la machine à assimiler nationale, transforme cet appel à l’unité en vœu pieux. On le voit dans un certain nombre de quartiers de manière flagrante en ce moment.
Dans les circonstances actuelles, cet appel à l’« unité nationale » ressemble davantage à une incantation, à un slogan, qu’à un acte politique. Chaque fois qu’elle fut invoquée dans l’histoire, ce fut pour mettre en place un gouvernement d’union nationale, autrement dit un gouvernement associant toutes les grandes forces politiques en présence. On en vit des exemples au cours de la première et de la seconde guerre mondiale ou encore au moment de la crise algérienne. Emmanuel Macron enjoint la société et l’opposition à l’unité nationale mais lui-même serait-il prêt à aller au bout de cette logique en mettant en place un gouvernement d’union avec le RN ? J’en doute et d’ailleurs cela ne serait ni justifié ni souhaitable, car il n’y a pas d’analogie possible entre ce que nous vivons et une situation de conflit armé, même si Emmanuel Macron a vainement tenté de se hisser en chef de guerre au cours de sa dernière allocution.
L’unité nationale est ici utilisée comme une injonction morale et culpabilisante vis à vis de l’opposition pour l’empêcher de dénoncer les mensonges et les carences d’un gouvernement en faillite.
Cela me rappelle le moment « Charlie » exploité politiquement par le gouvernement de François Hollande. Après l’attaque terroriste de Charlie Hebdo, toute analyse de la situation, toute dénonciation des responsabilités furent étouffées sous l’injonction moralisante à « être Charlie » dans une communion nationale, légitime, mais silencieuse et politiquement stérilisante. Résultat : les attentats se poursuivent encore aujourd’hui sans qu’aucun changement radical de la doctrine politique ne soit mené. Et plusieurs Français en ont encore été victimes il y a quelques jours…
L’hôpital est à l’agonie, la police au bord de la rupture, notre économie proche de l’effondrement. Vous avez écrit récemment que la crise du coronavirus sanctionnait « des décennies de choix politiques ». Emmanuel Macron est-il simplement le “président de l’heure des comptes”, ou peut-il être tenu pour responsable du fiasco ?
Emmanuel Macron est le dernier de la suite de dominos. Il tombe entraîné par le mouvement de ceux qui l’ont précédé mais il chute aussi car il s’est placé dans l’exact sillon des gouvernements précédents…
Son gouvernement paye la décision prise sous François Hollande de vider les stocks d’Etat de masques ainsi que les conséquences d’une désindustrialisation amorcée de longue date, mais il est aussi responsable de la poursuite d’une doctrine politique qui a internationalisé les chaines de production et notamment celles, pourtant vitales, de la santé et des médicaments, tout cela au détriment de l’indépendance nationale.
Ajoutons qu’il n’a fait preuve d’aucune anticipation, d’aucune méthode et d’aucune stratégie pour parer à la crise, préférant de surcroît le mensonge à l’honnêteté sur la gravité de la pénurie et le port du masque, et l’idéologie au pragmatisme en refusant de fermer les frontières nationales.
Il y a quelques jours, Loik Le Floch- Prigent, ancien PDG de la SNCF, expliquait que plusieurs entreprises industrielles avaient proposé depuis près de deux mois à l’Etat de fabriquer et de donner des respirateurs. Ils n’ont jamais eu de réponse. Cet exemple est édifiant et il n’est pas isolé.
La période me rappelle une phrase de Chateaubriand : « L’Aristocratie a trois âges successifs : l’âge des supériorités, l’âge des privilèges, l’âge des vanités ; sortie du premier, elle dégénère sur le second et s’éteint dans le dernier. » Le gouvernement de Macron mourra avant tout de sa vanité. Une vanité maladroitement incarnée par Sibeth Ndiaye.
Le ministre de la Justice Nicole Belloubet a fait libérer 8 000 détenus depuis le début du confinement, parmi lesquels 130 radicalisés, pour endiguer la propagation du Covid-19 dans les prisons et faire diminuer la surpopulation carcérale. Sacrifie-t-on la sécurité des Français à la sécurité sanitaire des détenus ?
L’extrême gauche en a rêvé, la Macronie l’a fait. Ce gouvernement, sur tous les sujets de société (immigration, identité, revendications LGBT, sécurité, justice), se situe à la gauche du parti socialiste. Beaucoup de Français ont voté pour Emmanuel Macron en espérant une révolution économique. Non seulement ils n’auront pas cette révolution mais ils subiront toutes les politiques sociétales de gauche qui mettent à mal la cohésion et l’harmonie de notre pays.
[…]
Ce dont je suis convaincue, c’est que rien ne se passera comme prévu dans les mois à venir et jusqu’en 2022. Il est possible qu’un mouvement populaire de grande ampleur refasse surface après la crise et bouleverse les équilibres. La situation inédite pourrait également provoquer l’émergence subite et spectaculaire d’un acteur politique inattendu. A l’heure des réseaux sociaux, une personnalité comme Didier Raoult a pu gagner plusieurs centaines de milliers de followers en seulement quelques semaines. En Italie, le mouvement 5 étoiles, parti populiste et contestataire, a ravi le pouvoir de manière fulgurante pour s’effondrer quelques mois plus tard. Certes, notre système électoral est différent mais soyons-y attentifs car il ne sortira pas forcément le meilleur de tels soubresauts. En tout cas, cette crise rebat totalement les cartes.
[…]
Le temps des assassins
Comme les demandes d’accès à l’avortement ont baissé partout en France depuis le début du confinement, la Haute autorité de santé vient d’autoriser l’accès à l’avortement médicamenteuse à domicile jusqu’à neuf semaines, au lieu de 7.
Comme le dit Eric Zemmour, c’est paradoxal, malsain et pervers. Cette pandémie nous ramène au fondement de la médecine : sauver la vie.
Après la crise, notre penchant le plus spontané sera une amnésie
L’évêque de Nanterre, Mgr Rougé, a été interrogé dans le Point. Extrait :
Nous avons commencé une série d’entretiens avec des intellectuels et des politiques pour penser le monde après. Selon eux, rien ne sera plus comme avant dans notre mode de vie. L’un d’eux a même parlé d’un retour à la « sobriété ». Qu’en pensez-vous ?
Ce serait succomber à nouveau au syndrome du colosse aux pieds d’argile que d’affirmer avec assurance que « rien ne sera jamais plus comme avant » après la crise. Notre penchant le plus spontané sera au contraire une amnésie plus ou moins délibérée, une fuite en avant, peut-être même effrénée, pour reconstruire certes mais aussi pour oublier. N’est-ce pas ce que nous avons globalement fait, à quelques ajustements près, après la crise financière de 2008 ? Par ailleurs, « l’homme éternel » reste le même, ce qui est plutôt une bonne nouvelle, et la récurrence perpétuelle de discours sur le « nouveau monde » sonne comme « une cymbale retentissante ». Il faudra donc un véritable effort collectif pour analyser la crise en profondeur et faire des choix modestes mais précis (en matière d’éducation, de rapport aux territoires, d’institutions notamment européennes, de choix d’investissement, d’options éthiques…) en vue d’une transformation durable de nos modes de vie et de développement.
Comment voyez-vous le monde d’après Covid-19 ? Quelle place pour l’Église ?
Pour ce qui est de l’Église, je souhaite que nous demeurions fidèles à l’expérience d’intériorité, de simplicité, de fraternité et de créativité de ce temps de confinement. Pour le reste, ce que les chrétiens, avec d’autres, appellent « l’écologie intégrale » me semble plein de promesses : un modèle de développement qui intègre l’espace et le temps, qui fasse une vraie place aux personnes fragiles, qui donne le goût de la sobriété joyeuse. Cette « écologie intégrale » ne s’oppose pas à la révolution numérique mais peut en favoriser une intégration pleinement humaine. Elle passe par un enracinement culturel et spirituel renouvelé et par une attention plus ambitieuse à la dignité de toute personne humaine. Je trouve significatif, de ce point de vue, que l’épidémie soit venue interrompre un processus législatif assez destructeur en matière de bioéthique. Beaucoup, pendant le confinement, auront relu les classiques et pris soin de leurs proches : voilà qui ouvre, simplement mais fondamentalement, la double perspective de l’enracinement et de la fraternité. […]
Il est troublant de ne trouver presque jamais, venant de clercs, une tentative d’éclairage spécifiquement religieux de cette crise
De l’abbé Vallançon sur L’Homme nouveau :
Le coronavirus Covid-19 est à la fois très contagieux et faiblement mortel (la courbe de mortalité dans les pays atteints augmente à peine, si on la compare aux années antérieures à la même époque de l’année : il meurt habituellement 17 millions de personnes de maladie infectieuse par an dans le monde). Mais il interrompt le culte public de l’Église. N’est-ce pas là l’inouï de cette crise ? Personne ne conteste le bien-fondé de l’interdiction actuelle des rassemblements pour limiter la propagation du virus. Il faut bien faire tout ce qu’il est possible pour l’enrayer et les assemblées de fidèles dans les églises ne sont pas raisonnables à ce moment. Pas de messe publique à Saint-Jean-de-Latran, à Saint-Pierre de Rome, ni au Saint-Sépulcre à Jérusalem dans aucun des rites liturgiques – et Dieu sait qu’elles sont suivies par une foule dense –, ni dans la quasi-totalité des cathédrales et églises du monde. Quel événement spirituel majeur ! En deux-mille ans d’histoire de l’Église, cela n’est jamais arrivé. Au pire des persécutions, on célébrait dans les maisons. Là, non. Il faut remonter à la grande crise des années 167-164 avant Jésus-Christ, dont parle le livre de Daniel et les livres des Macchabées, pour trouver le dernier épisode de l’interruption du culte public de Dieu dans son peuple.
Dans cette situation extrême, même les courants du christianisme les plus strictement attachés à l’observance de la loi de Dieu ne se distinguent plus des autres : les communautés catholiques traditionalistes ont aussitôt emboité le pas à la Conférence des évêques de France, sans mot dire ; le Saint-Synode permanent de l’Église orthodoxe de Grèce avait commencé par déclarer que la communion eucharistique n’était pas le danger mais le remède, avant de revenir huit jours plus tard sur ses déclarations, invitant chacun à rester chez soi. Tous ont fini par s’y résoudre : le culte public de l’Église est suspendu. Comment ne pas penser qu’il y a là un message que Dieu nous adresse ? Comment ne pas souligner en plus que cette suspension du culte public de l’Église a lieu précisément en cette période liturgique-là : la célébration du mystère pascal ?
Parcours Miséricorde pendant l’octave Pascale afin de préparer une consécration personnelle aux cœurs du Christ et de Marie
À l’initiative de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon), un Parcours de Miséricorde proposé pendant la semaine pascale aboutira à une consécration personnelle ou familiale de chacun aux cœurs du Christ et de Marie.
Mgr Jean Legrez (Albi), Mgr Bernard Ginoux (Montauban), Mgr Jean-Philippe Nault (Digne), Mgr Philippe Christory, (Chartres), Mgr Georges Colomb (La Rochelle), Mgr Pierre-Yves Michel (Valence) participent à ce parcours.
Chaque jour, dans une vidéo de 30mn, l’un des évêques proposera un « enseignement, qui sera suivi d’un temps d’adoration, d’un témoignage et d’exercices pratiques sur la thématique retenue. À l’issue de ce parcours, le jour du dimanche de la Miséricorde, tous ceux qui le souhaitent pourront, seul ou en famille, se consacrer aux cœurs du Christ et de Marie.
Ce parcours sera diffusé sur la plateforme de prière Hozana.
La pandémie et les fantasmes progressistes
De Mgr Centène, évêque de Vannes:
L’apparition de l’épidémie du covid-19 a coïncidé, chez nous, avec le commencement du carême. L’Église, à travers le rite de l’imposition des cendres, nous a introduits, sans que sur le moment nous ne nous en rendions compte, à ce temps de désert si particulier cette année. Elle l’a fait avec ces paroles qui nous viennent du fond des âges : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière[2] ». A posteriori, nous sommes saisis par le réalisme de ces paroles. D’autant plus saisis, que c’est une réalité que nous avions presque réussi à oublier. Notre tendance naturelle au divertissement pascalien avait été décuplée, centuplée par les progrès de la technique et de la science. Nous pensions avoir pris le contrôle de l’économie, de la nature et même de notre destin. Dieu avait créé l’homme ? Nous allions créer l’homme augmenté, le surhomme, et bientôt entrer dans l’ère, supposée merveilleuse, du transhumanisme. Le darwinisme n’en était qu’à ses commencements et le promoteur des évolutions à venir serait l’homme lui-même ! Les rêves caressés par Condorcet, qui, au siècle des Lumières, spéculait sur les possibilités d’appliquer les sciences médicales à l’extension infinie de la vie humaine, les rêves de Benjamin Franklin, qui pensait pouvoir interrompre et relancer le cours de la vie au moment choisi, étaient sur le point de se réaliser. La génétique moderne allait leur donner corps et l’on ne pourrait qu’admirer l’heureuse audace du progrès, le triomphe de la modernité. Modernité toute relative d’ailleurs, puisque déjà Plotin, dans les Ennéades, invitait l’homme à sculpter lui-même sa propre statue jusqu’à ce qu’il voit sa propre beauté. L’homme serait enfin son propre créateur. Prométhée allait triompher et avec lui l’antique serpent de la Genèse : « Vous serez comme des dieux[3] ». [•
L’homme libéré des superstitions et des contingences de la nature s’était donné de nouveaux maîtres et s’était fait de nouveaux esclaves, créant ainsi ce que Jean-Paul II qualifiait de structures de péché. « Le péché rend les hommes complices les uns des autres, fait régner entre eux la concupiscence, la violence et l’injustice. Les péchés provoquent des situations sociales et des institutions contraires à la bonté divine. Les structures de péché sont l’expression et l’effet des péchés personnels. Elles induisent leurs victimes à commettre le mal à leur tour. Dans un sens analogique, elles constituent un péché social[5] ».
Mais cette notion de « péché » était devenue inaudible depuis plusieurs générations ; elle n’avait plus de sens et a été effacée par la recherche d’une auto-rédemption qui a exclu Dieu de la société. L’exclusion de Dieu de la société, la disparition du champ de la conscience humaine de toute fin transcendante a créé cette situation dans laquelle le primat de l’économie s’est imposé à l’homme. L’économie n’est plus au service de l’homme, c’est l’homme qui est au service de l’économie. Dès lors, « l’inversion des fins et des moyens qui aboutit à donner valeur de fin ultime à ce qui n’est qu’un moyen d’y concourir, ou à considérer les personnes comme de purs moyens en vue d’un but, engendre des structures injustes qui rendent ardue et pratiquement impossible une conduite chrétienne conforme aux commandements du Divin Législateur[6] ».
La société des hommes peut-elle s’édifier dans le rejet systématique de tous les commandements de Dieu ? L’homme peut-il congédier Dieu ? Après avoir rejeté Dieu de la vie publique, l’homme peut-il aussi rendre impossible l’observance de ses commandements dans la sphère de la vie privée ? Peut-il éteindre sa lumière dans la conscience personnelle jusqu’à faire disparaître la perception même de la structure de péché et supprimer l’envie de s’en libérer ? Les traces du collier du chien de La Fontaine sont la garantie de sa pitance en même temps que le signe de sa sujétion.
« Le grand malheur de nos contemporains, écrivait Chesterton, n’est pas de ne croire à rien : leur malheur est de croire à tout et n’importe quoi, à n’importe qui ».
Pietà
Pendant ce temps de confinement, propice pour un retour de la vie intérieur, renouons avec la tradition occidentale d’avoir un tableau de piété dans son coin prière. Cette pratique délaissée au profit de celle similaire des icônes de nos frères orientaux est pourtant fruit de notre histoire et culture, la pratique de l’oraison s’appuyant sur la représentation pour fixer l’imagination et accroître l’amour de Dieu et des saints….
Retrouvez dans cette vidéo la création d’une pietà qui nous invite à vivre ce Vendredi Saint… Et vivons avec Marie la solitude d’une souffrance face à l’absence…
Par l’artiste Jean-Joseph Chevalier (https://www.jeanjosephchevalier.fr/ )
Hoc facite… in meam commemorationem
Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombault (Fontgombault, le 9 avril 2020)
“Hoc facite… in meam commemorationem. ”
Faites cela en mémoire de moi. (1Co 11,25)
Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,
Ce matin a débuté le Triduum sacré ; trois jours qui s’achèveront au matin de Pâques par l’annonce, apportée par quelques femmes aux disciples, de la découverte de la pierre roulée et du tombeau vide. Il est ressuscité. Ces jours sont au cœur de notre foi.
Bien des années se sont écoulées depuis deux mille ans. Les pèlerins de Jérusalem, encore aujourd’hui, peuvent en désigner le lieu : c’est ici, dans cette ville, à cet endroit, qu’il est ressuscité. Mais ce lien avec le passé est-il le seul à avoir traversé les siècles ?
Après les paroles de la consécration du pain et du vin, comme le rapporte l’épître de saint Paul aux Corinthiens, mais aussi saint Luc (cf. 22,19), le Seigneur a donné à ses apôtres un commandement : « Faites cela en mémoire de moi », instituant par ces mots le sacrement de l’Eucharistie.
Cette demande du Seigneur peut paraître aujourd’hui paradoxale, alors que tant d’églises sont fermées en ces jours saints, et que tant de chrétiens, depuis des semaines, n’ont pu accéder aux sacrements de l’Eucharistie et de la pénitence.
Au-delà de la période particulière que nous vivons, il faut ajouter le fait que dans nos pays de vieille chrétienté, les vocations sacerdotales se font rares. Comment fera-t-on pour répondre à cette demande du Seigneur dans 20, 10, ou peut-être seulement 5 ans ?
Ce soir, nous faisons mémoire, de façon solennelle, de l’acte accompli par le Seigneur au milieu de ses disciples. Mais s’agit-il d’un simple repas dont le souvenir serait à perpétuer ?
Ce que Jésus a vécu « la nuit où il était livré » est un mystère.
En tant que tel, il comporte une face visible et une face cachée : une dimension facilement accessible aux sens, et une dimension spirituelle, en partie saisissable par l’intelligence, et en partie cachée, à recevoir dans la foi. Jésus donne donc cet ordre : « Faites cela en mémoire de moi. » Il s’agit bien d’un ordre : « Faites. » Il émane d’un homme, du Cœur Sacré de Jésus, de Dieu. Toute parole qui vient de ce Cœur ne peut qu’être l’expression d’un amour immense. L’invitation du Seigneur désigne donc le sacrement de l’Eucharistie comme le lieu privilégié où Dieu veut nous rencontrer. En le recevant, nous recevons non seulement la grâce, mais l’Auteur même de la grâce.
Les prêtres obéissent à l’ordre donné par le Seigneur en demeurant assidus à la célébration quotidienne de la Messe, et les fidèles y répondent en recevant ce sacrement aussi souvent que possible. Mais Jésus n’a pas dit seulement : « Faites », il a dit : « Faites cela en mémoire de moi. » Trop souvent, notre agir se résume au « faire », au « faire pour faire ». Jésus a dit : « Faites cela en mémoire de moi. »
Faire mémoire d’une personne ne peut se limiter à rappeler un moment convivial, tel qu’a pu être celui de la Cène pour le Christ et ses apôtres. Le contexte de l’événement n’est d’ailleurs pas celui d’un repas banal. C’est le repas pascal.
Jésus accomplit le rite prescrit à Moïse et au peuple hébreu, au moment où celui-ci se préparait à fuir l’Égypte. Avec Jésus, ce rite prend une tout autre signification, ou plutôt, il reçoit sa signification plénière. Accompli pour quelques Hébreux retenus en Égypte, puis réitéré par leurs descendants en action de grâce pour la fidélité et la bonté de Dieu qui a libéré son peuple, ce rite devient, dans le Christ, l’expression de la miséricorde et de la tendresse de Dieu envers tous les hommes, pris dans les liens du péché et en quête d’un libérateur.
La pâque des Hébreux avait débuté par la préparation d’un repas rituel. Elle s’était poursuivie dans la fuite vers la Mer Rouge, la descente à pied sec dans ses profondeurs et la remontée vers l’autre rive, pour s’accomplir enfin dans l’entrée en terre promise. La Pâque du Christ commence par le repas de la Cène ; elle se poursuit par sa mort sur la Croix, sa descente au séjour des morts et sa remontée triomphale dans la résurrection au matin de Pâques.
De même que l’entrée dans la terre promise donnait son sens à la première pâque, de même la Résurrection du Christ donne son sens au dernier repas pris avec les disciples, à tout le mystère pascal, et par le fait même, à toute Messe et à toute communion. « Faites cela en mémoire de moi. »
Au centre de ce mystère se trouve une personne : le Christ. C’est en son souvenir que les rites devront être accomplis. Mais s’agit-il simplement d’un souvenir ?
Le Christ ne nous a pas laissé ces quelques mots comme le testament de quelqu’un qui bientôt ne pourra plus parler. Le Christ aujourd’hui n’est pas mort, mais il vit et il vivifie. La Pâque du Christ se poursuit et s’achève dans chacune de nos propres Pâques.
La mort et la résurrection de Jésus sont le don suprême fait par Dieu à l’homme.
Nous ne sommes pas abandonnés dans le pays des ombres et de la mort. Comme un berger, le Christ a pris la tête de son troupeau. Le premier, il a brisé les chaînes de la mort, et nous a ouvert le passage vers la vraie Vie. « Faites cela en mémoire de moi. »
Par ces mots, le Christ indique l’unique chemin du salut : « Ceci est mon corps, qui est pour vous… Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. » (1 Co 11,24-25) « Faites cela en mémoire de moi. »
Le Christ invite tout homme à communier à sa vie : « Pour moi, vivre c’est le Christ » (Ph 1,21) affirmait saint Paul.
Les paroles de Jésus s’adressent aussi à tous ceux qui, aujourd’hui, ne peuvent pas communier sacramentellement. De même qu’il donne son Corps, il offre aussi sa grâce en abondance, à qui veut la recevoir.
Âme du Christ, sanctifiez-moi.
Corps du Christ, sauvez-moi.
Sang du Christ, enivrez-moi.
Eau du côté du Christ, lavez-moi.
Passion du Christ, fortifiez-moi.
Ô bon Jésus, exaucez-moi.
Dans vos blessures, cachez-moi.
Ne permettez pas que je sois séparé de vous.
De l’ennemi défendez-moi. À ma mort appelez-moi.
Ordonnez-moi de venir à vous, pour qu’avec vos saints je vous loue dans les siècles des siècles.
Amen.
Lettre au Président de la République contre les sites pornos
Une lettre, co-signée par 7 présidents d’associations (dont Pascale Morinière, présidente des AFC), a été envoyée au Président de la République pour lui demander de restreindre l’accès gratuit aux sites pornographiques, pour protéger les enfants, lutter contre la pédocriminalité et protéger les victimes d’exploitation sexuelle.
Extrait de cette lettre :
[…] Dans les derniers mois ont été découvertes plusieurs vidéos exposant de véritables abus sexuels sur des femmes et des mineurs, des agressions sexuelles, des victimes de traite des êtres humains à des fins d’exploitation sexuelle et d’exploitation sexuelle de mineurs. Par exemple, une des vidéos téléchargées présentait un homme de 49 ans en train de violer une jeune fille de 14 ans. Sur le site ont été également trouvées 58 vidéos montrant les viols réitérés sur une jeune fille de 15 ans portée disparue depuis un an. Il s’agit de victimes invisibles dont la voix n’est pas entendue et qui n’ont aucun moyen pour se défendre. A chaque fois qu’une vidéo est visionnée, c’est comme si la victime était violée à nouveau.
[…] Nous demandons que :
- Le site Pornhub ainsi que les autres plateformes de vidéos pornographiques, telles que Dorcel et J&M, ne soient pas gratuitement accessibles pendant la période du confinement lié à la crise sanitaire du COVID-19, puis définitivement fermées à brève échéance
- Que des mesures immédiates et des sanctions fortes soient prises pour protéger les enfants contre l’accès à la pornographie sur internet et pour lutter contre la pédocriminalité ;
- Que soient ouvertes des enquêtes judiciaires : concernant les contenus vidéos licencieux de Pornhub et autres sites, sur les propriétaires des plateformes et leur implication dans la diffusion sans contrôle de vidéos montrant des victimes de traite, d’abus sexuels et des mineurs, et que soient définies leurs responsabilités, ainsi que celles des utilisateurs, dans l’exploitation de ces personnes.
Signataires :
- M. Daniel Naud, président de l’Armée du Salut
- M. Franck Meyer, président du Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine
- Mme Françoise Caron, présidente des Associations Familiales Protestantes
- Mme Pascale Morinière, présidente des Associations Familiales Catholiques
- M. Christian De La Roque, président de Cnef-Solidarité
- M. Patrick Guiborat, président de Michée-France
- Mme Emmanuelle Bourgueil, Présidente de Planète Enfants et Développement
Bénédiction par le curé de Saint Roch à Paris
Saint Roch connut les terribles épidémies de peste de 1358 et 1361 et par conséquent, il est spécialement invoqué contre les épidémies.

Le pape dénonce la sélection prénatale, l’euthanasie et le néo-malthusianisme
Le journaliste britannique Austen Ivereigh a interrogé le Pape François pour un entretien publié dans “The Tablet”, “Commonweal”, sur ABC et dans “La Civiltà Cattolica”. Extrait :
«Certains gouvernements ont pris des mesures exemplaires, avec des priorités clairement définies, pour défendre la population. Mais nous nous rendons compte que toute notre réflexion, que cela nous plaise ou non, est structurée autour de l’économie. Il semblerait que dans le monde de la finance, il soit normal de faire des sacrifices. Une culture du déchet. Je pense à la sélection prénatale, par exemple. Aujourd’hui, il est très difficile de rencontrer dans la rue des personnes atteintes de trisomie 21. Lorsque vous le voyez sur l’échographie, ils le renvoient à l’expéditeur».
Le Pape dénonce une nouvelle fois la «culture de l’euthanasie, légale ou occulte, dans laquelle la personne âgée reçoit des médicaments jusqu’à un certain point.»
Le Pape évoque aussi l’encyclique du Pape Paul VI, Humanae Vitae et sa portée prophétique, dont peu d’observateurs étaient conscients lors de sa publication en 1968 :
«Le grand problème sur lequel les pasteurs se sont concentrés à l’époque était la pilule. Et ils n’ont pas réalisé la force prophétique de cette encyclique, anticipatrice du néo-malthusianisme qui se préparait dans le monde entier. C’est un avertissement de Paul VI sur la vague de néo-malthusianisme que nous voyons aujourd’hui dans la sélection des personnes en fonction de la possibilité de produire, d’être utile : la culture du gaspillage».
Manifestement, le confinement n’embête pas tout le monde…
Nous avions évoqué les avantages que la Chine pouvait tirer de la crise sanitaire. Cette vidéo s’interroge sur le fait que la bourse monte alors que l’économie s’effondre: et si cette pandémie était une “belle” occasion de mettre la main sur l’économie réelle à prix cassés pour la haute finance? En tout cas, les questions posées dans cette vidéo méritent d’être posées (même si, naturellement, la presse “bien-pensante” les passera sous silence au nom de la lutte contre le “complotisme”!).
C’est peut-être aussi une bonne occasion de rappeler que, selon la doctrine sociale de l’Eglise, le droit de propriété est légitime et bon (c’est un droit naturel de la personne humaine), mais doit être encadré par deux principes fondamentaux: la destination universelle des biens et la responsabilité. Ce que viole régulièrement, non seulement le communisme, mais aussi la financiarisation à outrance de l’économie. C’est en tout cas pourquoi nous autres, catholiques sociaux, sommes favorables à la “diffusion de la propriété”, comme disait le grand économiste Louis Salleron: une société reposant sur la famille et la propriété à taille humaine est bien plus saine, juste et tout simplement vivable qu’une société reposant sur la mainmise de l’Etat ou du marché.

