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Messe vespérale du Jeudi saint « In Cæna Domini »

Nous remercions l’association Una Voce de nous autoriser à publier des extraits des excellents commentaires des cinq pièces grégoriennes du dimanche ou de la fête à venir.
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Cette Semaine sainte est bien sûr d’une richesse spirituelle, liturgique et…musicale exceptionnelle.

Le graduel de la Messe vespérale du Jeudi saint exalte le sacrifice du Christ sur la Croix. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens dont vous pourrez lire le texte et sa traduction plus bas juste après l’Introït.

Ce graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième est ajouté mórtem aútem crúcis, et le troisième l’on entend la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties.

Le Père Perrodon, dans son ouvrage Notre beau chant grégorien (1944),  écrit :

Nous nous trouvons là en face d’un sommet de beauté. Si l’on doutait encore de l’influence que le christianisme a pu exercer sur la musique, par son besoin de faire déborder dans le lyrisme du chant l’ivresse d’amour inspirée par le mystère du Christ, on n’aurait, pour s’en convaincre, qu’à écouter cette admirable pièce.

Introït : Nos autem

La messe vespérale du Jeudi saint commémore, on le sait, l’institution de la Sainte Eucharistie et du Sacerdoce. L’Introït et le Graduel de cette messe nous montrent le lien étroit qui existe entre la messe et la Croix, lien que nous avons trouvé en sens inverse dans la Communion du dimanche de la Passion. La première phrase de l’Introït est empruntée à l’Épître de saint Paul aux Galates, dans la conclusion de cette lettre, et la suite a été ajoutée par l’Église.

Nos autem gloriari oportet in cruce Domini nostri Jesu Christi : in quo est salus, vita et resurrectio nostra : per quem salvati, et liberati sumus.
Pour nous il faut nous glorifier dans la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ, en qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, et par qui nous avons été sauvés et délivrés.

La mélodie est, comme il convient, assez triomphale, pleine d’ardeur mystique et de ferveur, avec un beau crescendo dans la première phrase vers Domini nostri, qui se renouvelle dans la deuxième phrase vers vita. La troisième phrase est plus calme et contemplative. Cet Introït est accompagné du premier verset du psaume 66, petit psaume messianique annonçant la conversion de tous les peuples, ce qui sera un des fruits du sacrifice de la croix :

Deus misereatur nostri, et benedicat nobis : illuminet vultum suum super nos, et miseratur nostri.
Que Dieu ait pitié de nous et nous bénisse, qu’il fasse briller sur nous son visage et ait pitié de nous.

Graduel Christus factus est

Comme l’Introït, le Graduel de la messe vespérale du Jeudi saint exalte aussi le sacrifice du Christ sur la Croix, et son texte est également de saint Paul, ce qui est pourtant assez rare dans les chants de la messe. C’est un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens :

Christus factus est pro nobis obediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus exsaltavit illum, et dedit illi nomen, quod est super omne nomen.
Le Christ s’est fait pour nous obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur la croix ; c’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné un nom au-dessus de tout nom.

Ce Graduel est également chanté à la fin de tous les offices du Triduum sacré, Jeudi, Vendredi et Samedi saints et particulièrement de l’office des Ténèbres. Le premier soir on ne chante que la première phrase, le deuxième on ajoute mortem autem crucis, et le troisième on ajoute la deuxième partie triomphale qui annonce la résurrection. La mélodie de ce Graduel est faite de formules que l’on retrouve dans de nombreux autres Graduels, mais elles sont admirablement choisies pour exprimer toutes les nuances du texte avec un contraste frappant entre les deux parties. La première est sombre et grave surtout le mot crucis qui s’enfonce dans les profondeurs. La deuxième, au contraire s’élève dans les hauteurs avec enthousiasme, particulièrement la grande vocalise aérienne ornant le mot illum, pronom qui désigne le Christ.

Ajoutons que cette messe ne comporte qu’un chant entre l’Épître et l’Évangile. Il n’y a donc pas d’Alléluia, bien entendu, mais il n’y a pas non plus de Trait.

Offertoire : Dextera Domini

Ce chant d’Offertoire était déjà celui du troisième dimanche après l’Épiphanie et l’on pourra s’y reporter. Ajoutons seulement qu’il est placé aujourd’hui dans la bouche du Christ, qui y rend grâce par avance à son Père pour la victoire de la résurrection, déjà mentionnée dans l’Introït. Le psaume 117 d’où est tiré ce chant est d’ailleurs, nous le verrons, le psaume pascal par excellence.

Communion : Dominus Jesus

Le chant de Communion de la messe vespérale du Jeudi saint est tiré de l’Évangile qui est lu à cette messe, celui du lavement des pieds, au chapitre 13 de saint Jean.

Dominus Jesus, postquam cenavit cum discipulis suis, lavit pedes eorum, et ait illis : Scitis quid fecerim vobis, ego Dominus et Magister ? Exemplum dedi vobis, ut et vos ita faciatis.
Le Seigneur Jésus, après avoir pris le repas avec ses disciples, leur lava les pieds et leur dit : Savez-vous ce que je viens de faire pour vous, moi qui suis votre Seigneur et Maître ? Je vous ai donné l’exemple pour que vous fassiez de même.

Après avoir lu les paroles de l’institution de l’Eucharistie dans l’Épître de saint Paul aux Corinthiens, l’Église a voulu retenir, pour être lue à l’Évangile de cette messe, cette sublime leçon d’humilité et de charité, qui en éclaire toute la signification.

La mélodie de ce chant est un simple récitatif, assez régulier ; seul le mot Scitis au moment où le Christ prend la parole, est souligné par une belle montée expressive.

Notre-Dame de Chrétienté : les inscriptions reprendront le 26 avril

Débutées dimanche des Rameaux, les inscriptions ont rapidement approché les limites de capacités d’accueil.

La direction de Notre-Dame de Chrétienté a décidé de fermer temporairement les inscriptions jusqu’au samedi 26 avril, samedi in albis.

Sacrifice, mortification, pénitence, ascèse, jeûne : des notions à remettre au coeur de la vie chrétienne

Le père Joël Guibert, prêtre du diocèse de Nantes, exerce sa mission entre l’écriture de livres de spiritualité et la prédication de retraites. Il vient de publier un ouvrage intitulé Devenir hostie, dans lequel il réhabilité les notions de sacrifice, de mortification, de pénitence, d’ascèse… Alors que ces notions ne font, bien souvent, plus partie de l’enseignement, l’appel de l’Évangile est clair :

« Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu : c’est là le culte spirituel que vous avez à rendre » (Rm 12,1).

Que signifie « Devenir hostie » ? Le père Guibert nous guide à la découverte de ce trésor décisif de la foi chrétienne.

Réfutant une compréhension étriquée du vocabulaire religieux, l’auteur, à l’aide de nombreux saints, nous rappelle qu’il n’y a pas d’amour sans joie ni sacrifices. Il prodigue de précieux conseils pour nous libérer de nos entraves, pour notre croissance intérieure et notre prière. Loin de tout dolorisme ou masochisme irrecevables, « devenir hostie » conduit à vivre uni au Christ et à assurer la fécondité de nos actions.

Il écrit aussi :

Il est important de dénoncer les travers qui peuvent abîmer le coeur des prêtres, entre autres le cléricalisme. Mais lorsque ce reproche est martelé de manière constante et outrancière, sous prétexte d’assainissement, cela finit par porter le soupçon sur le mystère même de la consécration sacerdotale qui fait du prêtre un alter christus, un “autre Christ”. Ce n’est pas en vidant le prêtre de sa substance que l’on permettra de rehausser le statut du laïc.

L’auteur aborde aussi le jeûne, réduit actuellement à pas grand chose dans la prédication :

Depuis les réformes du Concile, le jeûne est réduit à une peau de chagrin. Avec du recul, on se demande si une telle réforme sert vraiment le bien spirituel des fidèles. Quand on voit l’importance que Jésus donne au jeûne pour chasser certains démons particulièrement tenaces – “cegenre de démon n’est chassé que par le jeûne et la prière” (Mt 17,21) -, on se dit, en ces temps où les puissances du mal semblent déchaînées, qu’il est plus qu’urgent de retrouver la pratique du jeûne.

La logique systémique de retour sur investissement concerne tous les alliés dépendant stratégiquement de l’Amérique

Olivier Zajec, professeur de relations internationales à l’Université Lyon-III, directeur de l’Institut d’études de stratégie et de défense (IESD) à l’Université Lyon-III, écrit dans le JDD :

Un minimum de 350 milliards de dollars. C’est le montant des achats d’hydrocarbures que l’Union européenne devrait désormais acquitter aux États-Unis pour que soient en partie ou totalement levés les droits de douane qui pèsent sur elle. Dès 2016, Donald Trump, fraîchement élu, l’Europe centrale et orientale avait pourtant devancé l’appel en lançant L’Initiative des trois mers (ITM), dont l’un des objectifs visait à remplacer la dépendance toxique au gaz russe par une dépendance « vertueuse » au gaz américain, via la création de terminaux de gaz liquéfié, comme à Krk, en Croatie. Le risque ? Mesuré, naturellement. Donald Trump ne déclarait-il pas en 2018 que « les États-Unis n’utiliser[aient] jamais l’énergie comme moyen de pression ou de contrainte et [qu’]ils ne permettr[aient] pas aux autres de le faire » ? Poussée par la Pologne, et malgré les réticences de l’Allemagne, l’UE avait accepté de financer ces infrastructures pour plus de 100 milliards d’euros. Cela n’a pas été assez. Le 20 décembre 2024, à peine réélu, Trump a menacé l’Europe d’une hausse des droits de douane si elle n’augmentait pas considérablement ses achats d’hydrocarbures. Menace devenue réalité en ce début avril 2025.

La parabole ukrainienne

Le sujet, que certains font mine de découvrir, n’est donc ni nouveau, ni surprenant. Au fond, la logique d’ensemble de cette relation a été parfaitement expliquée au moyen d’une parabole, celle du 28 février 2025. Ce jour-là, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, Donald Trump présente à sa manière très particulière la position stratégique de l’Ukraine au président Zelensky : « Ce que vous faites est très irrespectueux envers ce pays. » Obsédante, rediffusée ad nauseam, la scène entre immédiatement dans les livres d’histoire. L’émotion aidant, la plupart des médias vont se concentrer sur cette question du « respect », c’est-à-dire de la reconnaissance que Volodymyr Zelensky n’aurait pas dû marchander à la généreuse Amérique. Porte-parole de l’électorat républicain, le vice-président James Vance met trois fois en demeure son hôte de remercier le peuple des États-Unis pour son soutien. Et Zelensky se cabre : cherchant à contenir son agacement, il rappelle qu’il l’a déjà fait de nombreuses fois. C’est le point de bascule attendu et Donald Trump prend le relais. Pédagogue, il marque lourdement un contrôle de transition – « C’est bien que les Américains voient ce qu’il se passe » –, se permettant d’y ajouter un sidérant commentaire de metteur en scène : « C’est pour ça que je laisse ça se dérouler aussi longtemps. »

Et le véritable sujet de la pièce se dévoile. Couvrant la voix de son homologue, Trump déplace le sujet de l’enjeu interne (la satisfaction symbolique de l’opinion publique américaine) à l’objectif externe (la monétisation brutale d’un rapport de dépendance stratégique). Avec une formule clé : « Vous n’avez pas les cartes en main. » C’est ce qu’illustreront les « négociations » postérieures concernant la vente des richesses minérales ukrainiennes, destinée à rembourser l’aide américaine (sur) estimée à 500 milliards de dollars. On sait que Washington exige désormais un « droit de première offre ». Atteinte mortelle à la souveraineté de Kiev, qui a répondu en demandant un accord « mutuellement acceptable ». Elle ne l’obtiendra sans doute pas. Il suffira à Donald Trump de menacer de retirer à l’Ukraine l’aide militaire déjà suspendue le 3 mars, puis rétablie le 12 mars en échange de l’acceptation d’un cessez-le-feu lors de l’entrevue de Djeddah.

Retour sur investissement

Là se situe la leçon de la fausse improvisation du 28 février. Il ne suffit plus de dire merci. Il faut demander merci. Parce que l’alternative n’existe pas. « Vous ne gagnez pas. [Si] vous avez [encore] de très bonnes chances de vous en sortir, [c’est] grâce à nous […]. Soit vous concluez un accord, soit nous vous laissons tomber. » Ces phrases sont un programme : Trump ne parle pas de « reconnaissance » due par la seule Ukraine et son président tragiquement piégé, mais bien d’une logique systémique de retour sur investissement concernant mécaniquement tous les alliés dépendant stratégiquement de l’Amérique.

Par temps géopolitique calme, tant que les intérêts vitaux de leur protecteur ne sont pas en jeu, ces mêmes alliés peuvent parfois penser qu’ils disposent d’une certaine autonomie et oublier qu’ils sont en réalité des tributaires. Mais que le protecteur décide soudain d’un pivot diplomatique dont il sera toujours le seul à apprécier la pertinence et l’opportunité, alors l’asymétrie du parrainage stratégique jouera à plein, avec un effet de levier dévastateur. En ce sens, le 28 février ne fut, beaucoup l’ont suggéré avec raison, que la réitération urbi et orbi de ce fameux Dialogue mélien de La Guerre du Péloponnèse dans lequel Thucydide met en scène les Athéniens reçus par l’assemblée souveraine de la petite île de Mélos, qui tient à conserver sa neutralité. Demande à laquelle les « maîtres de la mer » répondent en expliquant que la liberté de choix des neutres désarmés comme des tributaires sous-armés fut, est et sera toujours une illusion.

Dans les relations internationales, des altercations aussi violentes se déroulent régulièrement. Le plus souvent, néanmoins, elles relèvent de pratiques ésotériques, voilées au grand public. Déchirer ce voile n’est bénéfique ni pour le fort, ni pour le faible. C’est pourquoi beaucoup ont vu dans la brutalité exotérique de Trump, filmée en direct et aussi humiliante pour les gouvernants que pour leurs peuples, la preuve de l’aveuglement court-termiste d’un homme d’affaires surestimant son talent. Comment, en effet, mieux persuader tous les autres alliés des États-Unis que la dépendance consentie est mortelle, dès lors qu’un retournement brutal du « parrain » est possible ? La sagesse n’imposerait-elle pas une claire stratégie de sevrage ? Pourtant, cela fonctionne, car peu d’alternatives s’offrent aux Méliens de 2025. Sans doute se débattent-ils sur le plan déclaratoire, parfois budgétaire. Mais il faut aussi constater que les mêmes confirment leurs achats d’avions de combat américain F-35 – chef-d’œuvre du piège capacitaire de long terme – et qu’ils se succèdent en désordre à Washington pour maximiser bilatéralement leurs marges de manœuvre individuelles.

Pour le moment du moins, tout incite malheureusement Donald Trump à accentuer la pression qui lui réussit bien. En attendant le sommet otanien de La Haye en juin prochain et la probable présentation d’une autre liste d’exigences. Pendant ce temps, d’Ankara à Alger, d’autres prédateurs ne peuvent qu’être confirmés dans l’idée que la tactique de l’exigence maximale peut magnifiquement réussir avec des interlocuteurs s’acharnant à penser à court terme.

Quand la dette s’entête…

Bon, remarquez, il n’y a pas de quoi jouer les fiers-à-bras, nous petits Français, avec nos 120% de dettes publiques, coincés dans cette union Européenne croqueuse des nations et des peuples en la personne de la harpie oligarchique Mme Van der Leyen, démonétisés car sans monnaie propre, et pourtant ramenant à tout propos par la voie de notre arrogant fondé de pouvoir élyséen un savoir-faire qui n’existe plus, une diplomatie à l’emporte-pièce, une vision progressiste à la dérive.

Oui mais voilà, depuis maintenant un peu plus de trois mois, les provocations outre-atlantiques du cow-boy de carnaval fraîchement élu par la moitié d’une Amérique opposée en tout bonne foi au délire wokiste et mondialiste ont jeté un froid de groenlandais sur l’ensemble de la planète, au fur et à mesure des balbutiements outranciers du rouquin mis en scène dans le cadre somptueux du bureau ovale pour cette saison 1 de la nouvelle télé-réalité “You’re fired” diffusée quotidiennement. On ne compte plus les maroquins montrés à l’écran, après signature au marqueur noir, matérialisant les décisions sans retour du leader US. Ca n’est pas inscrit dans le marbre, mais on y vient…

La semaine passée a été riche en émotions (ce qui est le moins que l’on puisse demander à des milliardaires) et se termine par un aveu : «Je surveillais le marché des obligations. C’est un marché très compliqué.» Bon faute avouée, à moitié pardonné Donald (pas comme certains qui s’entêtent dans leur mensonge…). Tu as cru bien faire et tu t’es planté, ça n’arrive qu’à ceux qui bossent.

Néanmoins, la pilule des droits de douane supertarifés ne passe toujours pas. D’abord, parce qu’à vouloir la faire avaler à la terre entière, il y a de forte chance de se retrouver seul en opposition avec tout le monde y compris ses propres alliés ce qui rendra inéluctablement le commerce compliqué surtout quand de façon indistincte, le superprésident US traite de “lèche-cul” les nations du monde entier. S’agit-il d’une expression soufflée par Stephen Miran, conseiller économique, à son oreille abîmée, lui qui appelle à faire payer les pays alliés, de faire pression sur les plus récalcitrants en les menaçant de retirer la protection US ?

La dette américaine est un problème eu égard à son montant pharaonique : 36 000 milliards de dollar augmentée de 40 % sous sa première présidence (20% avant COVID) et qui croît de 1 000 milliards tous les 100 jours ! Cette dette bien évidemment financée à coup de dollars sonnants et trébuchants. Dont les intérêts constituent un lourd fardeau : plus de 1 000 milliards sur un an ! On comprend mieux cette politique du DOGE tous azimuts pour enrayer une machine devenue folle quitte à laisser pas mal de monde sur le carreau. On notera au passage le décalage entre ces milliardaires devenus conseillers du président US, comme pour mieux asseoir leur fortune en étant plus près du pouvoir, et le reste de la population américaine subissant de plein fouet leurs décisions qualifiées de “courageuses” par tous ceux qui n’ont pas à les supporter et qui ne sont en fait qu’une forme d’injustice de plus.

Une machine qui rend dépendant les US au reste du monde. Alors tous les moyens sont bons pour sortir le “rêve américain” du cauchemar. A commencer par faire payer aux autres, aux étrangers dont nous faisons partie, cette dette. A continuer par se considérer encore leader maximo du monde, ce qu’ils ne sont plus, les Chinois leur rappelant aujourd’hui combien la délocalisation des usines et autres ateliers a été préjudiciable pour eux, pour nous…

Alors que nous nous focalisons (pour notre plus grand malheur à venir) sur le conflit en Ukraine, la guerre économique fait rage, comme peuvent en témoigner les marchés financiers mondiaux pris de panique au moindre éternuement du président US dont l’instabilité des décisions, si elles tranchent singulièrement avec celles de Sleepy Joe (il n’en prenait pas), fissurent chaque jour davantage l’édifice US.

Alors oui Donald, le marché des obligations est certainement compliqué à suivre. Comme le reste de l’économie d’ailleurs. Mais pouvons-nous stopper quelques instants cette politique spectacle qui, au fond, n’amène rien de positif pour l’ensemble de la planète à commencer par les Etats-Unis et nous plonge un peu plus vers un Grand Reset aux conséquences inconnues ?

Amitiés patriotes

P.MAGNERON

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Avortement : quel impact des politiques de prévention en Europe ?

Dans cette conférence donnée lors du Forum Viva à Paris le 22 mars 2025, Grégor Puppinck explique pourquoi la France compte deux fois plus d’avortements que ses pays voisins. Il dénonce le refus idéologique, tant de la gauche que de la droite, de prévenir cette pratique alors qu’elle est déterminée par la condition sociale des femmes, qu’elle provoque de lourdes souffrances, et qu’elle a de graves conséquences démographiques. Pour expliquer l’acharnement à protéger et promouvoir l’avortement, Grégor Puppinck révèle la triple origine de la politique de promotion de l’avortement: – Une origine économique initiée dans les années 70 par les Etats-Unis dans un but de contrôle démographique; – Une origine philosophique dans la pensée de la franc-maçonnerie qui conçoit la mort volontaire de l’enfant à naître comme une liberté et une dignité; – Une origine féministe, qui a été largement instrumentalisée par les deux précédentes. Il conclut sur la nécessité de sortir la société occidentale de la dépression, de promouvoir la culture de vie indispensable à la survie de nos familles et nations.

Mary Eberstadt : la penseuse américaine qui relie révolution sexuelle et effondrement civilisationnel

Et si la crise identitaire que traverse l’Occident ne venait pas d’un excès de religion, mais d’un excès d’orphelins ?

Peu connue du public francophone, Mary Eberstadt est l’une des essayistes catholiques les plus percutantes de la scène intellectuelle américaine. Ancienne analyste à la Hoover Institution et plume pour Policy Review et First Things, elle est aujourd’hui considérée comme une figure majeure de la pensée conservatrice chrétienne aux États-Unis. À contre-courant des idéologies dominantes, elle établit un lien rigoureux et profondément humain entre la révolution sexuelle des années 1960 et l’explosion contemporaine des revendications identitaires, qu’elle lit comme des symptômes d’une immense blessure : la disparition de la famille.

La révolution sexuelle : promesse d’émancipation, réalité d’effondrement

Dans son ouvrage phare Adam and Eve After the Pill (2012), Eberstadt démonte un à un les mythes fondateurs de la libération sexuelle. Non, la contraception généralisée n’a pas pacifié les rapports hommes-femmes. Non, l’accès au plaisir sans entraves n’a pas réduit les violences conjugales. Non, la déconstruction du modèle familial n’a pas libéré l’individu — elle l’a isolé.

Avec une rare clarté, elle montre que les sociétés post-1968 souffrent d’une perte de liens primordiaux : ceux entre parents et enfants, entre frères et sœurs, entre conjoints unis pour la vie. Ce déracinement affectif massif est, selon elle, la matrice invisible de notre mal-être collectif : hausse des dépressions, des violences, des comportements addictifs, mais aussi désorientation morale et identitaire.

Une clé de lecture décisive : la crise identitaire comme cri de détresse familiale

Dans Primal Screams: How the Sexual Revolution Created Identity Politics (2019), Mary Eberstadt va plus loin. Elle propose une lecture originale et courageuse de l’essor des politiques identitaires (LGBTQ+, racialisme, néo-féminisme, transactivisme…). Pour elle, ces postures radicales ne sont pas d’abord des idéologies construites, mais des tentatives désespérées de créer une appartenance de substitution. Quand les familles s’effondrent, quand les pères sont absents, quand les lignées se brisent, les jeunes générations crient : « Qui suis-je ? À qui j’appartiens ? » — et cherchent refuge dans des communautés idéologiques mimétiques.

Ce cri primal, selon Eberstadt, est le fruit direct de la dissolution des repères affectifs traditionnels. Ce n’est pas un hasard si les militants les plus extrêmes sont souvent aussi les plus seuls. Ce n’est pas un hasard si les drapeaux identitaires remplacent les arbres généalogiques. Là où l’ancrage familial fait défaut, la politique devient la famille de substitution — souvent avec une violence sans merci.

Une pensée girardienne ? Le désir mimétique et l’angoisse de l’orphelin

Sans le citer directement, Mary Eberstadt rejoint par bien des aspects la pensée de René Girard. Elle voit dans la société contemporaine une immense crise du désir : nous imitons ce que nous voyons valorisé, nous revendiquons ce que d’autres revendiquent, et nous nous définissons non par ce que nous sommes, mais par ce que nous avons perdu. Cette logique mimétique engendre des rivalités, des frustrations, des fantasmes de réparation par la visibilité ou la transgression.

Mais là où Girard met l’accent sur la violence sacrificielle, Eberstadt souligne la fragilité affective qui nourrit cette violence : la solitude, l’absence de transmission, le vide spirituel laissé par le retrait des pères. Dans cette optique, reconstruire la famille, c’est reconstruire la paix.

Une voix précieuse pour les catholiques francophones

À l’heure où certains catholiques hésitent à défendre publiquement l’ordre naturel, Mary Eberstadt offre des arguments rigoureux, compatissants, et pleinement ancrés dans la réalité sociale. Elle ne prêche pas depuis une tour d’ivoire : elle observe, documente, démontre. Elle parle au cœur comme à la raison.

Son œuvre devrait être mieux connue en France, traduite, diffusée, méditée. Car dans un monde où l’on érige la confusion sexuelle en dogme, elle rappelle que la vocation humaine ne commence pas par la revendication, mais par la filiation. Et que la vraie révolution, aujourd’hui, pourrait bien être celle de l’enracinement.

Pour aller plus loin :

-Adam and Eve After the Pill (2012)
– Primal Screams: How the Sexual Revolution Created Identity Politics (2019)
– How the West Really Lost God: A New Theory of Secularization (2013)

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« La Pologne chrétienne » – Petit livre d’histoire pour comprendre et apprécier l’exception polonaise en Europe

Samedi, une centaine de milliers de Polonais défilaient dans Varsovie dans une mer de drapeaux blanc et rouge pour fêter les mille ans du couronnement de la Pologne et les 500 ans de l’hommage prussien. Le premier anniversaire se réfère au couronnement de Boleslas Ier le Vaillant en 1025, juste avant sa mort. Fils du fondateur de la dynastie des Piast, Mieszko, le premier roi de Pologne avait jusqu’alors porté, à l’égal de son père, le titre de duc. Si le baptême du duc des Polanes Mieszko en 966 donna naissance à la Pologne et marqua le début de l’histoire de ce pays, le couronnement de Boleslas et la transformation de l’État de Gniezno (première capitale) en Royaume de Pologne consacra son statut d’État indépendant sur la scène européenne, notamment face au Saint-Empire romain germanique voisin, mais aussi de son ancrage à l’Occident latin. Depuis l’an 1000, la Pologne avait déjà sa propre métropole ecclésiastique, fruit de l’activité missionnaire de Saint Adalbert et du soutien spirituel et politique des deux personnages les plus importants de l’Europe de l’époque : le pape et l’empereur. Le deuxième anniversaire commémoré samedi se réfère quant à lui à la transformation en 1525 de l’État monastique des chevaliers Teutoniques en duché de Prusse, vassal du Royaume de Pologne.

La manifestation de samedi avait une forte connotation politique. Les Polonais étant moins enclins que les Français à descendre dans la rue, rassembler une telle foule peut être considéré comme un grand succès pour les organisateurs et une marque de défiance vis-à-vis de la coalition gouvernementale, qui avait choisi de tourner ces commémorations en dérision et d’appeler ses partisans à venir manifester leur patriotisme pour soutenir leur candidat en mai, entre les deux tours des élections présidentielles. En pleine campagne présidentielle à l’approche de ces élections, c’est en effet le parti Droit et Justice (PiS) qui avait convoqué la manifestation du millénaire en l’absence de toute commémoration de la part du gouvernement européiste de Donald Tusk. La manifestation a toutefois rassemblé au-delà du PiS dans un contexte d’insatisfaction grandissante face à la politique de la coalition gaucho-libérale au pouvoir depuis décembre 2023 avec le soutien de Bruxelles (verbal, mais aussi financier, les fonds européens bloqués sous le gouvernement du PiS ayant été rapidement débloqués une fois Donald Tusk redevenu premier ministre) : inflation en hausse, début d’immigration massive avec les refoulements depuis l’Allemagne (acceptés par le gouvernement de Tusk qui ne contrôle même pas si les clandestins « refoulés » étaient vraiment arrivés en Allemagne depuis la Pologne) et entrée en vigueur l’année prochaine du pacte migratoire européen avec son programme de redistribution à grande échelle des migrants, répressions contre l’opposition et autres comportements ouvertement antidémocratiques au nom d’un supposé « rétablissement de l’État de droit ». Un État de droit qui aurait été mis à mal, d’après le camp gaucho-libéral et ses alliés bruxellois, par huit années de gouvernements conservateurs. Mais il y a aussi les attaques contre l’identité chrétienne de la Pologne et sa tradition de liberté, avec un nouveau programme d’éducation sexuelle à partir de septembre prochain qui sera en phase avec les scandaleuses recommandations de l’OMS pour l’Europe (https://lesalonbeige.fr/les-standards-deducation-sexuelle-voulus-par-loms-pour-nos-enfants/), une loi contre les « discours de haine » qui, on l’espère, va se heurter au veto du président Andrzej Duda, la réduction des cours de catéchisme à l’école en violation du concordat, le retrait des fonds qui avaient été alloués pour la construction d’un musée Saint Jean-Paul II, le maintien en prison pendant de longs mois du père Olszewski (https://lesalonbeige.fr/le-calvaire-dun-pretre-catholique-polonais-emprisonne-sans-jugement-par-leuropeen-donald-tusk/) et les mauvais traitements dont il fit l’objet au moment de son arrestation, les efforts pour interdire la grande Marche de l’Indépendance du 11 novembre (https://lesalonbeige.fr/les-liberaux-pro-ue-au-pouvoir-en-pologne-veulent-interdire-la-grande-marche-patriotique-annuelle-de-varsovie/), la circulaire du ministère de la Santé et celle du parquet pour forcer les hôpitaux et les médecins à accepter les demandes d’avortement quand celles-ci sont contraires à la loi et à la Constitution (qui ne les autorisent qu’en cas de danger pour la vie ou la santé physique de la femme enceinte lié à la grossesse ou quand la grossesse est issue d’un viol) etc. etc.

À un moment où les cercles bruxellois cherchent à pousser discrètement, avec le soutien de Berlin et Paris, une grande réforme des traités des traités européens qui transformerait cette fois véritablement l’UE en un super-État centralisé (https://www.valeursactuelles.com/societe/europeennes-la-reforme-des-traites-europeens-un-enjeu-majeur-des-prochaines-elections) et mettrait fin à la souveraineté des pays membres et, de fait, à la démocratie, ces efforts du gouvernement européiste de Donald Tusk pour déchristianiser la Pologne et la rendre plus multiculturelle (avec notamment 49 centre d’accueil de migrants en construction à travers le pays) ne sont pas une simple coïncidence.

La Pologne chrétienne

Pour comprendre à quel point identité polonaise et christianisme sont étroitement liée, et pourquoi une déchristianisation de la Pologne serait aussi sa dépolonisation, un petit ouvrage que j’ai eu le plaisir et l’honneur de traduire en français arrive à point. Intitulé : « La Pologne chrétienne – Jalons de l’histoire polonaise », il vient d’être publié à l’intention des lecteurs francophones par les éditions Dębogóra (https://debogora.com/), qui publie en polonais des auteurs français comme Jean Raspail, Jean Madiran, Vladimir Volkoff, Charles Maurras, l’historien Stéphane Courtois et d’autres encore. L’édition française de « La Pologne chrétienne – Jalons de l’histoire polonaise » est enrichie d’une introduction de l’auteur, l’historien polonais Paweł Milcarek, et aussi d’une très belle préface de Bernard Antony. Précisons encore que l’auteur et l’éditeur polonais sont deux francophiles épris de la vieille France catholique et qu’ils sont des visiteurs réguliers de l’abbaye bénédictine de Fontgombault. « Nous devons beaucoup à cette abbaye, y compris en matière d’idées de publications », m’expliquait il y a quelques années dans un entretien pour le regretté journal Présent (https://lesalonbeige.fr/la-culture-francaise-en-pologne/) Bogusław Kiernicki, le propriétaire des éditions Dębogóra. Précisons encore que Bogusław Kiernicki est un des organisateurs de la Marche nationale pour la vie qui se déroule chaque année à Varsovie.

La préface de Bernard Antony

Comme je ne saurais pas mieux que Bernard Antony parler de l’ouvrage de l’historien Paweł Milcarek ni même de cette Pologne chrétienne que j’aime tant pour y avoir vécu depuis maintenant plus de trente ans et surtout pour y avoir retrouvé la foi catholique et fondé une famille, je me contenterai de citer ici cette magnifique préface de cet autre amoureux de la patrie de Saint Jean-Paul II.

Préface de Bernard Antony à l’ouvrage « La Pologne chrétienne – Jalons de l’histoire polonaise »

Pour les nombreux Français qui aiment la Pologne et qui, quelquefois, comme moi, la considèrent comme une seconde patrie en déplorant de ne pas, hélas, en parler la langue, cette édition du très utile et très lumineux petit ouvrage de l’historien Paweł Milcarek sur la Pologne chrétienne constituera un précieux vecteur de connaissance autour de ces vingt-sept ou même vingt-huit « jalons » si bien identifiés. Par eux, on chemine au long de plus de mille ans d’imprégnation de son illustre nation par la religion catholique qui est au cœur et dans l’âme de son identité nationale. Ces jalons, Paweł Milcarek les égrène en effet superbement à la manière des méditations d’un chapelet, à partir de l’acte fondateur de sa patrie, le baptême en 966 de son premier souverain, Mieszko.

Notons ici d’emblée que, comme l’évoque Paweł Milcarek, ce baptême de Mieszko, duc de Pologne, constitua le « premier jalon d’or du christianisme en Pologne ». Car ne fut-il pas aussi, simultanément, le baptême de la Pologne ? Et ce, grâce à la farouche volonté catholique de Dubravka, la fille du duc de Bohême. Celle-ci n’avait-elle pas exigé impérativement que Mieszko soit baptisé, avant que leur mariage soit possible ? Ces deux sacrements successifs marquèrent ainsi l’entrée de la Pologne en Chrétienté ; et par la volonté de Mieszko et de Dubravka, leur royaume fut en effet placé sous la protection du Saint-Siège à Rome.

Chers lecteurs français de ces jalons de l’histoire chrétienne de la Pologne, vous allez par ces textes mesurer toute la densité de foi, d’héroïsme, qui, au long de plus d’un millénaire, a maintenu ce pays dans son être ; non sans qu’il soit traversé aussi par bien des vicissitudes, des tragédies, des défaites et encore des injustices et des trahisons. Mais vous allez peser aussi en quoi la Pologne a été non seulement un grand pays de chrétienté mais a constitué également, sous certains aspects très importants, une exception dans cette chrétienté : « l’exception polonaise », l’exception du pays « premier rempart de la chrétienté » ainsi qu’il en est traité dans le 18e jalon.

En première partie de son ouvrage, Paweł Milcarek expose le rôle majeur, dans l’éclosion de la civilisation, des moines de saint Benoît, obéissant jusqu’à nos jours à l’admirable Règle édictée par leur fondateur. Bénédictins et Cisterciens furent les bâtisseurs inlassables de tous ces monastères autour desquels se modela ce qui allait devenir, sans qu’ils l’aient recherché, l’Europe chrétienne.

On y lira ce qu’il en fut encore en Pologne de l’éclosion des Dominicains et des Franciscains. On y découvrira l’originale tentative de synthèse monastique menée par le père Ladislas Kornilowicz s’efforçant de joindre trois éléments : la vie liturgique bénédictine, le thomisme dominicain et la simplicité de vie franciscaine. Cette tentative, écrit l’auteur, ne fut pas vaine, puisqu’elle eut une influence durable sur la recherche intellectuelle de nombreux penseurs polonais. Mais, ajoute-t-il, « le gouvernement des âmes » du catholicisme polonais serait bien plus tard, pour une grand part, assuré par les Franciscains de Niepokalanów avec l’influence du mensuel « Le chevalier de l’Immaculée » de saint Maximilien Kolbe, tiré à un million d’exemplaires en 1939.

On lira les grands traits de la passionnante histoire de l’Union polono-lituanienne bâtie sur le mariage des deux pays et la christianisation de la Lituanie (XIVe et XVe siècle). Et aussi, le très plaisant rappel du splendide mariage à Cracovie, dans la cathédrale du Wawel, de Ladislas Jagellon avec Hedwige d’Anjou préalablement sacrée « roi de Pologne » – on lit bien « roi » ! Le titre était alors, fort justement, celui de la fonction. Le stupide féminisme révolutionnaire de notre époque ne déferlait pas comme aujourd’hui.

Particulièrement intéressantes sont les pages (10e jalon) consacrées à la doctrine juridique de l’Université Jagellonne de Cracovie. Elles prouvent combien, dans la très catholique « République des deux nations » ([la république nobiliaire] de Lituanie et de Pologne), on défendait, bien avant « l’idéologie des droits de l’homme sans Dieu », une doctrine très chrétienne d’inspiration thomiste du respect des droits de la personne humaine, stipulant notamment grâce à l’élaboration d’un droit international, de ne pas priver de leurs biens les infidèles vivant pacifiquement parmi les chrétiens. Les enseignements du recteur de l’Université Jagellonne, Paul Włodkowic, nullement à l’opposé de l’enseignement traditionnel de l’Église, s’inscrivaient alors en contraste avec les agissements brutaux des chevaliers Teutoniques prétendant imposer leur foi par la force. La doctrine de l’Université Jagellonne était à l’époque non pas celle de « l’humanisme » mais, nuance, celle d’un « humanisme chrétien ».

Le cadre d’une préface ne permet évidemment pas de développer tout ce que l’on peut tirer, jalon après jalon, des textes de Paweł Milcarek, admirables de par leur sens de l’essentiel et leur clarté. On y découvrira l’importance de l’œuvre des Jésuites en Pologne (du XVIe au XVIIIe siècle) collaborant particulièrement avec les missionnaires de saint Vincent-de-Paul. On y méditera sur le fait que si la « République des deux nations » ne fut pas épargnée par les divisions confessionnelles issues de la Réforme, la loi des bûchers ne l’emporta pas. On y lit comment, après le décès du dernier roi jagellon, Sigismond II Auguste, l’institution appelée « Confédération de Varsovie », instituée le 28 janvier 1573 par la Diète, élabora la grande charte de la tolérance polonaise. Cette charte sera alors constitutive du serment précédant leur couronnement que devront désormais jurer les rois élus. On lira l’anecdote sur les hésitations d’Henri de Valois lorsqu’il fut élu au trône de Pologne (1573). On méditera sur la différence, ultérieurement, entre la première République française et la première République polonaise. Alors que l’ère des guillotines, des pontons, des déportations, des grands massacres et colonnes infernales exterminatrices de la Vendée (atrocités que Lénine admirait tant) allait s’ouvrir chez nous, l’article 1er de la Constitution polonaise du 3 mai 1791 proclamait : « La religion catholique, apostolique et romaine est et restera à jamais la religion nationale, et ses lois conserveront toute leur vigueur. Quiconque abandonnerait son culte pour tel autre que ce soit, encourra les peines portées contre l’apostasie. Cependant l’amour du prochain étant un des préceptes les plus sacrés de cette religion, nous devons à tous les hommes, quelle que soit leur profession de foi, une liberté de croyance entière, sous la protection du gouvernement. »

Tout, bien sûr, ne fut pas parfait, idyllique, dans la Pologne chrétienne. Ainsi Paweł Milcarek regrette-t-il (15e jalon) la discrimination imposée à l’Église uniate par la hiérarchie latine. D’autant que, lorsque vint le mauvais temps de l’occupation par la Russie, celle-ci, précise Milcarek, considéra que « les Uniates étaient en fait des orthodoxes qu’il fallait libérer de leur soumission au pape ». Elle mit alors en œuvre contre les Uniates les pires violences qui firent bien des morts pour imposer la religion moscovite. Milcarek rappelle à ce propos que, plus tard, « en 1946, sur ordre de Staline, l’Église uniate devait être liquidée dans son intégralité ». Étrangement, à notre époque en France, il y aura eu certains catholiques d’extrême-droite ou de droite à avoir oublié cette abomination et qui ne furent nullement gêné de prodiguer le même soutien à Vladimir Poutine que des chefs syndicalistes communistes de la CGT tel, au mois de mars 2023, le leader marseillais Olivier Mateu.

Bien sûr, on lira dans les textes du 16e jalon ce qu’il en a été du « déluge suédois », dans l’été 1655, catastrophe venant après l’agression russe de 1654. Mais la description de cet épisode va nous amener au cœur du haut lieu spirituel de la Pologne, le monastère de Jasna Góra, sanctuaire abritant l’icône miraculeuse de la Vierge noire de Częstochowa, universellement connue.
Lecteurs attentifs de ce livre, vous vous pencherez tout particulièrement sur les pages du 18e jalon intitulé : « Premier rempart de la Chrétienté – La mission sarmate en Europe ». Rappelons que l’adjectif « sarmate » désigne la culture et les traditions de la noblesse polonaise entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Naturellement, l’historien Paweł Milcarek évoque-t-il dans la fin du XVIIe siècle ce sommet de la gloire polonaise que fut la victoire que le roi polonais Jean III Sobieski, non sans l’appui du duc Charles de Lorraine, remporta sur l’immense armée ottomane qui assiégeait Vienne, menaçant ainsi tout le reste de l’Europe. L’auteur rappelle que c’est le pape Innocent XI lui-même qui, dans une lettre au Sénat polonais en 1678, avait déjà qualifié la Pologne de « puissante et illustre fortification de la République chrétienne ». Hostile à toute emphase et toute enflure nationaliste, Milcarek observe avec un brin de plaisante autodérision patriotique que « dans l’idéologie du premier rempart, il n’est pas difficile de percevoir non seulement un trait de bravoure et le sens du devoir, mais aussi une tendance à la mégalomanie nationale ». Nous sommes plus indulgent que lui !

Après Vienne, les jalons fixés par Paweł Milcarek rentrent dans l’histoire moderne. Les limites de cette préface déjà longue nous imposent de nous en tenir à quelques idées essentielles que l’on dégagera de ces derniers textes : d’abord l’observation que le rationalisme, le positivisme, le laïcisme, le scientisme n’ont pas miné autant la société chrétienne polonaise que la française. Et, sans doute, le plus grand auteur polonais du XIXe siècle, le romantique Adam Mickiewicz, est demeuré avant tout un poète catholique ardemment patriote tel qu’évoqué par Milcarek. De même, lorsqu’en 1905 Henri Sienkiewicz reçoit le prix Nobel de littérature, c’est surtout son œuvre « Quo Vadis ? », la plus universelle car la plus chevillée à l’héritage antique et chrétien, qui lui vaudra sa juste notoriété.

C’est ensuite le siècle noir du face-à-face avec le communisme et le nazisme, également monstrueux, que Milcarek va aborder. D’abord, en dégageant remarquablement les données essentielles du contexte et du déroulement de la bataille de Varsovie jusqu’à la victoire, premier arrêt de l’avancée du communisme en 1920. Ensuite, la terrible période dans laquelle, écrit l’historien, citant les souvenirs d’un prêtre qui, séminariste, avait servi en tant que brancardier en 1920 et avait plus tard vécu l’invasion de 1939 : « le même ennemi de la Pologne, qui était en même temps l’ennemi du nom du Christ, tomba d’accord avec un autre envahisseur… » Accord, en effet, pour dépecer la Pologne après le diabolique pacte germano-soviétique dont le rappel est aujourd’hui interdit en Russie.

L’avant-dernier jalon, jusqu’à nous, de l’histoire de la Pologne, est titré : « Des rois sans couronne ». L’expression désigna bellement et pour des raisons évidentes le cardinal Stéphane Wyszyński, « le Primat du millénaire » (presque mille ans en effet depuis le baptême de Mieszko en 966).

Quant au 28e et dernier chapitre de l’ouvrage, il consiste, vous le verrez, en une émouvante interrogation de son auteur sur la destinée du « Petit journal » de sainte Faustine Kowalska : « Sera-t-il un jour cité comme un jalon ? Un jalon de l’histoire de la Pologne chrétienne dont la force des significations se dévoile dès à présent pour nous et pour les générations futures ».
Puisse Dieu faire que ce jalon ne soit donc pas le dernier !

Bernard Antony

À la lecture de ce magnifique et très accessible petit livre d’histoire, on ne peut s’empêcher de penser que, décidément, pour reprendre les paroles de l’hymne national polonais créé alors que l’État polono-lituanien, la République des deux nations, venait de disparaître à la suite du troisième partage entre les puissances voisine (Russie, Prusse et Autriche) à la fin du XVIIIe siècle, « la Pologne n’a pas encore péri, tant que nous vivons ». Ce « nous » désignant bien sûr les Polonais eux-mêmes. Mais l’on réalise aussi que si la Pologne devait un jour suivre les autres nations européennes dans la voie de l’apostasie, alors elle ne sera plus.

Petite précision intéressante pour conclure cet article : « la République » (Rzeczpospolita) en polonais a une connotation tout à fait différente de celle qu’on lui donne en France. De fait, Rzeczpospolita est synonyme de « Pologne », les républiques des autres pays étant appelées en polonais avec le mot d’origine latine « republika ». La république polonaise se dit ainsi Rzeczpospolita Polska tandis que la république française se dit Republika Francuska. Les Polonais parlent de leur Première République pour désigner l’ancienne république nobiliaire polono-lituanienne du milieu du XVe siècle jusqu’aux partitions du pays à la fin du XVIIIe siècle. La Deuxième République est la République de Pologne de l’entre-deux-guerres. Celle-ci ayant perduré pendant et après la deuxième guerre mondiale avec le gouvernement en exil à Londres, la Pologne communiste sous occupation soviétique était la République Populaire, tandis que la République de Pologne actuelle est la Troisième République.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Franc-maçonnerie et christianisme II

Deuxième partie

L’INCONNAISSANCE de La Vérité tient de ce que nous mettons la charrue avant les bœufs. Lorsque Dieu nous enseigne : “Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus”, Matthieu 6,33, « toutes ces choses » concernent ce que nous avions nommé par les quatre degrés de la Connaissance. À savoir : tout ce que peut nous faire découvrir l’alchimie, la magie, la psychurgie, la théurgie des Anciens.

Si les adeptes s’occupaient avant tout de faire la volonté de Dieu plutôt que de s’attarder sur le glacis d’initiations ou à la phraséologie pompeuse ou spéculative ou magique ou vaine, c’est-à-dire s’ils aimaient leurs prochains comme eux-mêmes aucun arcane de la Nature ne leur serait caché puisqu’ils ne pourraient en abuser et en mésuser contre les vivants. En outre, nous passons trop vite sur la profonde révélation du Prologue de Saint-Jean l’Évangéliste :

“Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue”, Jean 1,1-5.

Toutes choses ont été faites par le Verbe créateur de Dieu, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans Lui. Qui peut se prévaloir de connaître réellement les secrets de la matière, ceux de la force, ceux de l’homme et ceux des essences extra-terrestres,… les Initiés ou Jésus-Christ ? Les uns prennent, L’autre donne.

Dans la même matrice de notre réflexion, nous trouvons l’identique vérité lors de la tentation de Jésus au désert. Considérons ce que rapporte Saint-Matthieu en 4,3.4 :

“Le tentateur, s’étant approché, lui (Jésus) dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Jésus répondit : « Il est écrit : “L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu”. »”

Je songe à cette anecdote rapportée par un voyageur traversant le grand Orient : il est facile à un lama, isolé sur les pentes neigeuses de l’Himalaya, de fabriquer du pain lorsqu’il n’en a pas à portée de main. Nous entrevoyons comment les sciences occultes pallient les manques comme la manne du désert donnée par Moïse aux Hébreux.

Jean 6,47-51 : “En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. Je suis le pain de vie. Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. C’est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c’est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde.”

N’oublions pas que Moïse fut initié au savoir égyptien comme l’indique l’Ancien Testament. Il fut grand prêtre d’Osiris.

Le Maître des maîtres précise néanmoins que les sciences occultes n’empêchent pas la mort c’est-à-dire qu’elles ne garantissent en rien la vie éternelle, loin s’en faut. Elles se confinent inexorablement dans le Relatif et ne peuvent en sortir. De plus, elles sont illicites puisque c’est du Verbe de Dieu, descendu du ciel (descendu de l’Absolu et non descendu d’un autre plan invisible de la Création que notre plan physique terrestre), dont se nourrissent les disciples du Christ, et non pas de matières sorties du Créé invisible. Il n’est pas rare d’observer que les Amis de Dieu mangent très peu, dorment très peu à l’instar de notre Curé d’Ars qui se nourrissait d’une seule pomme de terre par jour, dormait une heure par nuit, heure tourmentée par Satan. Ces Amis sont alimentés directement par la Parole du Père :

“Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.”

La deuxième tentation est encore un appel à l’Ésotérisme :

“Le diable le (Jésus) transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple, et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : “Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet ; et ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre”. » Jésus lui dit : « Il est aussi écrit : “Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu”. »”, Matthieu 4,5-7.

Cet acharnement de l’Ennemi porte l’Homme à exploiter des procédés magiques à des fins personnelles. Or, c’est contrevenir à la volonté divine que de s’accaparer par la magie une autorité sur d’autres créatures que Dieu ne nous a pas octroyée. Voyons-nous bien le danger de ces sciences-là, lequel nous fait rebelle à l’Ordre divin !

Quant à la troisième tentation, elle porte sur l’ivresse de la domination temporelle et sur l’esclavage du monde par l’Occultisme puisqu’outil de séduction satanique :

“Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : « Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores. » Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : “Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul”. » Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient”, Matthieu 4,8-11.

C’est lorsque nous laissons la Connaissance du Relatif qu’alors se découvrent le Royaume de Dieu et ses béatitudes éternelles.

L’Occultisme et le pouvoir temporel c’est-à-dire le pouvoir politique, économique, scientifique – car nous pourrions remplacer ici l’occultisme par les progrès des sciences appliquées des Occidentaux – sont les principaux pièges que Satan dissimule sous nos pieds et à nos mains par trop occupés à la recherche des mystères de la Matière. Lorsque des associations secrètes occultisent au lieu de tout christianiser et qu’elles sont dévorées par l’ambition de puissance, il convient de nous retirer. L’Évangile, la confiance et l’adoration seulement en Dieu, voilà notre Lys salomonique.

Revenons, en tant que chrétiens, au sobre Mémorial mais non moins révélateur de Pascal touché par la grâce du Christ-Jésus :

« Feu
Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob,
non des philosophes et des savants.
Certitude, certitude, sentiment, joie, paix.
Dieu de Jésus‑Christ.
Deum meum et Deum vestrum, (« [Je monte à mon Père et votre Père,] à mon Dieu et à votre Dieu. »)
Ton Dieu sera mon Dieu.
Oubli du monde et de tout hormis Dieu.
Il ne se trouve que par les voies enseignées dans l’Évangile.
Grandeur de l’âme humaine.
Père juste, le monde ne t’a point connu, mais je t’ai connu.
Joie, joie, joie, pleurs de joie.
Je m’en suis séparé. ——————————————————
Dereliquerunt me fontem aquae vivae, (« Ils m’ont abandonné, moi qui suis une source d’eau vive. »)
Mon Dieu, me quitterez‑vous ——————————————-
que je n’en sois pas séparé éternellement.
———————————————————————————-
Cette est la vie éternelle, qu’ils te connaissent seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé J.-C.

Jésus-Christ. ——————————————————–

Jésus-Christ. —————————————————-

je l’ai fui, renoncé, crucifié
Je m’en suis séparé, —————————————————-
Que je n’en sois jamais séparé ! ————————————-
Il ne se conserve que par les voies enseignées dans l’Évangile.
Renonciation totale et douce.

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Pourquoi faire une retraite dans un monastère ?

Au sommaire de cette vidéo :

  1. Un rappel historique sur la vie monastique : des martyrs des premiers siècles aux bénédictins de saint Benoît, en passant par les ermites du désert et les ordres mendiants, j’essaie de retracer en quelques minutes les grandes étapes de cette aventure spirituelle fondatrice de la chrétienté.
  2. Pourquoi faire une retraite dans un monastère aujourd’hui ? : à l’heure du vacarme, du stress et de la dispersion, les abbayes sont des lieux de silence, d’ordre et de beauté, où l’on retrouve le sens de la vie chrétienne et de la présence de Dieu.
  3. Quelques recommandations concrètes : Fontgombault, Le Barroux, Donezan, Chéméré-le-Roi, mais aussi bien d’autres maisons encore vivantes – autant de lieux accessibles pour ceux qui veulent faire un pas de côté.
  4. Comment s’organiser ? : conseils pratiques, contact avec l’hôtelier, durée, contribution financière, conditions d’accueil…
  5. Que faire pendant la retraite ? : suivre les offices, travailler avec les moines, se promener, lire, prier, échanger… Chaque moment y est une invitation à se recentrer et à laisser Dieu parler au cœur.

Chrétien et démocrate ?

Extrait de la préface de Rémi Brague à l’ouvrage de Christian François :

[…]

[…]

Notre-Dame de Chrétienté victime du succès du pèlerinage de Chartres

Les anciens s’en souviennent : il y a encore quelques années, il était toujours possible de s’inscrire le matin même du pèlerinage. Et pourtant, comme ce temps semble loin : chaque année, les inscriptions sont fermées de plus en plus tôt, malgré la hausse du nombre de pèlerins accueillis. Cette année, les inscriptions ont même du être suspendues, pour laisser le temps à l’association d’enregistrer les milliers d’inscrits des deux premiers jours :

Comme annoncé plus tôt dans la journée, le succès enregistré l’an passé semble ne pas se démentir cette année. Le rythme d’inscription des deux premiers jours se révèle être de l’ordre de deux à trois fois supérieur à celui de 2024.

En dépit du renforcement de notre dispositif, une telle cadence a entrainé des difficultés de divers ordres : capacité d’enregistrement dans les bases de données, gestion en temps contraint des paiements, et travail administratif du secrétariat, le tout sous haute pression. Il en est résulté un certain nombre d’incohérences dans les données recueillies, incohérences identifiées et circonscrites en début de matinée, ce jour.

De façon à remédier dans les meilleurs délais à cette situation, et à pouvoir poursuivre sereinement et efficacement cette campagne d’inscription, il a donc été décidé de suspendre celle-ci pour la journée du mardi 15 avril. Les mesures correctives sont en cours d’application, et elles ont d’ores et déjà permis de résorber plus de trois quarts des cas non conformes.

Les inscriptions reprendront mercredi 16 avril, de 9h à 16h. Elle se poursuivront les jours prochains, selon le même créneau horaire, jusqu’à ce que le quota de participants soit atteint, en conformité avec les critères de sécurité et de soutien logistique que nous nous sommes fixés.

Nous sommes bien conscients que ces contretemps sont parfaitement désagréables pour ceux d’entre vous qui essaient en vain de s’inscrire : nous les prions bien sincèrement de vouloir nous pardonner ces désagréments. Pour ceux d’entre vous qui, ayant payé, n’ont pas reçu de confirmation de leur inscription, celle-ci leur sera envoyée dans les prochains jours.

Nos bénévoles mettent tout en œuvre pour rétablir le dispositif et vous assurent de leur constant dévouement au service de Notre-Dame de Chrétienté, et de tous les pèlerins.

Pour les aider, et contribuer au bon déroulement de la suite du processus, ceux d’entre vous qui éprouveraient des difficultés sont invités à éviter de téléphoner à l’association, et à adresser un courriel à [email protected].

Toute évolution importante de la situation et des modalités ici définies fera l’objet d’une communication par courriel et sur les réseaux sociaux. Nous vous remercions de votre confiance et vous assurons de notre union de prière en cette semaine sainte.

Les avortements aux Etats-Unis en hausse d’environ 1% en 2024

Lu sur Gènéthique :

D’après les derniers chiffres publiés par l’institut Guttmacher, les avortements aux Etats-Unis étaient en hausse en 2024 d’environ 1% par rapport à l’année précédente. Approximativement 1.038.100 grossesses ont été interrompues dans les Etats n’étant pas dotés d’interdictions quasi-totales de la pratique.

Les données indiquent une variabilité importante en fonction des Etats. En effet, alors que les avortements étaient en baisse en Floride ou en Caroline du sud, le Wisconsin, l’Arizona, la Californie, le Kansas, l’Ohio ou encore la Virginie ont enregistré des hausses « significatives ».

Au total, approximativement 155.100 femmes ont eu recours à l’IVG dans un autre Etat que celui où elles résident. Un chiffre en baisse par rapport à 2023 où elles étaient 169.700 à l’avoir fait. L’Illinois qui autorise les avortements jusqu’à la « viabilité du fœtus » a pratiqué 35.000 IVG chez des femmes venant d’un autre Etat, ce qui correspond à 39% des procédures effectuées dans l’Etat.

Actuellement 12 Etats ont en vigueur des législations interdisant les avortements à toutes les étapes de la grossesse, avec des « exceptions limitées ». Quatre autres les interdisent au-delà de 6 semaines de grossesse.

Syndicats : moins d’adhérents et plus d’argent

L’argent magique coule à flots chez les syndicats. On pourrait penser que moins un syndicat a d’adhérents, moins il a d’argent. Et bien non, c’est tout l’inverse. Plus un syndicat a moins d’adhérents, et plus il a de pognon. Un pognon de dingue. C’est ce que relève le Canard :

Chaque année, CFDT, CGT, FO et consorts constatent un recul dans les rangs de leurs adhérents. Mais cette perte ne se répercute pas dans les caisses, car un mécanisme de financement public permet aux syndicats de se partager toujours plus :  96 millions d’euros en 2023, soit 25 % de plus qu’en 2015.

Comme disait Thierry Le Luron : CGT l’argent par la fenêtre !

Ouvrir l’euthanasie aux mineurs

C’est demandé avec un sang-froid glaçant par Sandrine Rousseau :

Mgr Eric Bidot nommé évêque de Tulle

Le Pape François a nommé Mgr Eric Bidot, évêque de Tulle. Mgr Bidot est agé de 53 ans et est religieux capucin. Il succède à Mgr François Bestion, nommé à Blois.

Né le 12 mai 1971 à Paris, il a été ordonné prêtre le 29 juin 2007, pour le diocèse de Clermont-Ferrand.

Depuis 2024 il était accompagnateur des frères étudiants capucins, à Paris, et animateur de retraites spirituelles, sessions et conférences en monastères ou communautés religieuses, à des prêtres diocésains et à des laïcs.

Le “Système” face à Marine Le Pen

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

Depuis la condamnation de Marine Le Pen, j’ai croisé plusieurs observateurs de la vie politique française qui me faisaient part de leur incompréhension. Plus précisément de leur incompréhension devant l’inéligibilité de la candidate: pourquoi, demandaient-ils, torpiller la candidature de Marine Le Pen, si utile au « Système »?

À cette question, je peux imaginer trois types de réponse.

Tout d’abord, ce que l’on appelle par facilité le « Système » (ou « l’État profond ») n’est pas une structure organisée. Quelques milliers de dirigeants partagent certes une vision commune du monde – et cette vision est assez éloignée de celle du RN, ce qui explique largement l’hostilité que subit ce dernier. Toutefois, ces personnes divergent aussi sur de multiples sujets – et, par conséquent, une partie de cet « État profond » pourrait être tentée de laisser le pouvoir au RN (tout en « l’encadrant », pour éviter qu’il nuise aux intérêts des puissants du jour), ne serait-ce que pour éviter l’élection de Jean-Luc Mélenchon. Dans les couloirs du parlement, on dit que de plus en plus de hauts fonctionnaires se font à l’idée de cette arrivée du RN au pouvoir. Par conséquent, le « cordon sanitaire » semblant de moins en moins efficace, il a pu sembler utile à certains dirigeants de prévenir ce risque, en le « traitant » par une condamnation judiciaire.

Une deuxième réponse pourrait être que les juges, une fois saisis, n’obéissent plus à personne. On peut imaginer que certains politiciens aient voulu montrer par ce procès que le RN demeurait décidément « infréquentable » – mais que les juges aient été beaucoup plus loin que leurs « mandants ». D’autant que les parlementaires n’ont cessé de se défausser de leur pouvoir sur les juges qui seraient bien bêtes de n’en point profiter!

Enfin, une troisième réponse peut venir à l’esprit. D’un côté, on constate que la « dédiabolisation » ne fonctionne pas aussi bien que le souhaiteraient les dirigeants du RN (à chaque élection, le front républicain est réactivé avec une facilité déconcertante, y compris avec des gens qui, comme les élus LFI, assument publiquement leur idéologie totalitaire – dont le « front républicain » est censé nous protéger!). Mais, d’un autre côté, cette « dédiabolisation » fonctionne tout de même: il ne reste plus beaucoup de Français à croire que Marine Le Pen mange des enfants au petit-déjeuner ou décorerait Paris de drapeaux à croix gammée en cas de victoire! Or, la république, depuis ses origines, a besoin d’un diable (que ce soit le « contre-révolutionnaire » en 1793, le « clérical» en 1905, ou le « fasciste» après 1944). Jean-Marie Le Pen joua admirablement ce rôle de diable. Mais sa fille est un peu moins « convaincante » dans le personnage et certains ont pu penser qu’il serait opportun, pour éviter les « aventures » et conserver le pouvoir au « bloc central », de susciter un nouveau diable. Éric Zemmour fut un temps un très acceptable candidat au rôle. Mais il pèse désormais trop peu électoralement. Alors pourquoi pas Jean-Luc Mélenchon? Bien sûr, ce que j’écris n’est qu’hypothèse, mais ce serait logique. Dans ce cas, le « front républicain » pourrait opposer tous les partis à LFI – qui conteste aussi vigoureusement son antisémitisme que Jean-Marie Le Pen dans les années 1980, mais les médias auraient davantage de raison qu’alors d’en brosser un tableau méphistophélique. Inutile de dire que cet hypothétique changement de pied modifierait bien des choses dans le paysage politique – et permettrait notamment l’union des droites que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. Attendons la suite, mais les mois à venir vont être passionnants!

« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous»

De Cyril Farret d’Astiès suite à cet article :

Bienvenue cher Frère Adrien,

Vous voilà classé à l’extrême droite. Vous verrez, on s’y habitue finalement assez vite.

Vous ne devriez pas vous en étonner ni vous en offusquer. L’immense Jean Madiran (évidemment d’extrême droite) avait démontré en son temps cette tactique de nos ennemis pour nous neutraliser. C’est ainsi, c’est la ruse de la gauche depuis 236 ans. Et la droite, bête à manger du foin, qui a une peur panique d’être qualifiée d’extrême droite, donne systématiquement des gages (allez donc consulter de temps en temps le fil d’actualité du Figaro pour comprendre), et nous en sommes là… ce n’est pas si grave. Vous verrez, si vous continuez ce sont des évêques eux-mêmes qui vous classeront à l’extrême droite, ça en rassure certains, ils espèrent ainsi décrédibiliser les réussites pastorales de catholiques qu’ils abhorrent.

Mais vous ne devriez pas vous défendre avec tant de frénésie. Laissez aboyer les aboyeurs et ne reprenez pas la rhétorique des ennemis qui vous veulent du mal : vous n’êtes pas financé par Bolloré, Stérin ou la Nuit du Bien Commun ? Très bien, mais quand même le seriez-vous, qu’est-ce que ça changerait ? Heureusement que certains parviennent à être financés par Bolloré, Stérin ou la Nuit du Bien Commun. Merci à Bolloré, Stérin ou la Nuit du Bien Commun de financer ce qu’ils financent.

Notre Seigneur nous a prévenus (St Jean 15)

« Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous hait. »

Sainte fête de Pâques cher Frère.

Cyril Farret d’Astiès

Călin Georgescu : « J’ai été écarté de l’élection par la mafia mondialiste »

Călin Georgescu, candidat écarté à la présidentielle en Roumanie, a été interrogé par Tucker Carlson à qui il a déclaré :

« J’ai été écarté de l’élection par la mafia mondialiste qui contrôle cette région comme une colonie. Tout le système en Roumanie, à 100%, était et est toujours coordonné et sous contrôle d’inférences étrangères. »

Georgescu affirme que l’administration Biden, ainsi que des figures comme Antony Blinken et Emmanuel Macron, ont orchestré cette ingérence pour empêcher la Roumanie de devenir un pays libre et indépendant. Il dénonce une volonté de maintenir la Roumanie dans un état de dépendance économique et politique.

Il ne faudrait pas oublier les immigrés clandestins dans l’accès à l’euthanasie…

Intervention lunaire du député Sandrine Rousseau en commission parlementaire :

Sept nouveaux calvaires érigés en Corse

Accompagnée de l’association angevine SOS calvaires, la confrérie Santa-Croce di San Martino a placé, vendredi 11 avril, une croix de bois de 7 mètres sur les hauteurs du village de San-Martino-di-Lota. C’est un des sept nouveaux calvaires qui vont être installés sur l’île pendant la semaine de Pâques.

Ces sept croix vont être installées pendant cette semaine Sainte : le dimanche 13 avril à Aleria, le lundi 14 à Speloncato, le mardi 15 à Ville di Paraso, le mercredi 16 à Costa, le jeudi 17 à Sartène, et le dimanche de Pâques à l’évêché à Ajaccio.

Voici la première :

La deuxième :

“En cette Semaine Sainte, mon gouvernement renouvelle sa promesse de défendre la foi chrétienne”

Ne boudons pas notre plaisir d’avoir au moins un chef d’Etat qui reconnaît la royauté de Notre-Seigneur, cela nous change de nos laïcards :

En cette Semaine Sainte, Melania et moi nous joignons à la prière des chrétiens qui célèbrent la crucifixion et la résurrection de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, le Fils vivant de Dieu qui a vaincu la mort, nous a libérés du péché et a ouvert les portes du Ciel à toute l’humanité.

En commençant par l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem le dimanche des Rameaux et en culminant avec le Triduum pascal, qui commence le Jeudi saint avec la messe de la Cène du Seigneur, suivi du Vendredi saint, et atteint son apogée lors de la Veillée pascale dans la nuit du Samedi saint, cette semaine est un temps de réflexion pour les chrétiens afin de commémorer la crucifixion de Jésus et de préparer leur cœur, leur esprit et leur âme à sa résurrection miraculeuse d’entre les morts.

Au cours de cette semaine sacrée, nous reconnaissons que la gloire du dimanche de Pâques ne peut venir sans le sacrifice que Jésus-Christ a fait sur la croix. Dans ses dernières heures sur Terre, le Christ a volontairement enduré des douleurs atroces, la torture et l’exécution sur la croix par amour profond et constant pour toute sa création. Par sa souffrance, nous avons la rédemption. Par sa mort, nous sommes pardonnés de nos péchés. Par sa résurrection, nous avons l’espoir de la vie éternelle.  Le matin de Pâques, la pierre est roulée, le tombeau est vide et la lumière l’emporte sur les ténèbres, signe que la mort n’a pas le dernier mot.

En cette Semaine Sainte, mon gouvernement renouvelle sa promesse de défendre la foi chrétienne dans nos écoles, nos forces armées, nos lieux de travail, nos hôpitaux et nos institutions gouvernementales. Nous ne cesserons jamais de défendre le droit à la liberté de religion, de défendre la dignité de la vie et de protéger Dieu sur la place publique.

Alors que nous nous concentrons sur le sacrifice rédempteur du Christ, nous nous tournons vers son amour, son humilité et son obéissance, même dans les moments les plus difficiles et les plus incertains de la vie. Cette semaine, nous prions pour qu’une effusion du Saint-Esprit se produise sur notre nation bien-aimée. Nous prions pour que l’Amérique reste un phare de foi, d’espoir et de liberté pour le monde entier, et nous prions pour que nous puissions atteindre un avenir qui reflète la vérité, la beauté et la bonté du royaume éternel du Christ au Ciel.

Que Dieu vous bénisse, vous et votre famille, en cette période spéciale de l’année et qu’Il continue de bénir les États-Unis d’Amérique.

La Maison Blanche, 13 avril 2025.

Traduction via Yves Daoudal

Les coraneries de l’Union européenne

9 842 534 euros, c’est la subvention, payée avec nos impôts, versée par le Conseil européen de la recherche – organisme créé par la Commission européenne et financé grâce au budget de l’UE – pour « Le Coran européen ».

Ce projet a pour objectif de « découvrir comment le Coran a influencé la culture et la religion en Europe, entre 1150 et 1850 ». Sur le site internet créé après l’obtention de la subvention, les responsables précisent :

« Notre projet repose sur la conviction que le Coran a joué un rôle important dans la formation de la diversité et de l’identité religieuses de l’Europe au Moyen Âge et au début des Temps modernes, et qu’il continue de le faire. »

La volonté de « remettre en question les perceptions traditionnelles du texte coranique et les idées bien établies sur les identités religieuses et culturelles européennes » n’est pas cachée.

Des figurants recherchés pour un film sur Compostelle

Le 18 avril, de 10h à 18h, le centre Roger Fourneyron au Put accueillera un grand casting ouvert à tous pour le film « Compostelle », réalisé par Yann Samuell, avec Alexandra Lamy à l’affiche.

Les profils recherchés :

  • Hommes, femmes, enfants, retraités : toutes les générations et tous les parcours sont les bienvenus.
  • Adolescents âgés de 16 à 20 ans.
  • Hommes sachant chanter des chants liturgiques, pour certaines scènes spécifiques.

Le tournage se déroulera entre mai et juin 2025, au Puy-en-Velay et ses environs.

« Compostelle », c’est l’histoire d’Adam, un ado un peu paumé, à qui une juge propose un défi de taille : faire 1600 km à pied sur le chemin de Compostelle pour se retrouver. Sur sa route, une femme au franc-parler jouée par Alexandra Lamy, à l’énergie contagieuse, qui va l’accompagner dans ce road-trip pédestre… et existentiel.

“Des normes internationales, intangibles et supra-légales, interdisent absolument et sans exception l’euthanasie et l’assistance au suicide”

Nicolas Bauer, chargé de plaidoyer au Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), qui vient de saisir trois instances des Nations unies (ONU) au sujet du débat français sur la fin de vie, est interrogé sur Boulevard Voltaire. Extrait :

Si nous avons choisi de nous adresser à ces instances, c’est que nous savons qu’il est possible que la saisine aboutisse. Nous les avons identifiées comme sensibles à la question de la fin de vie. Par exemple, le Comité des droits des personnes handicapées a recommandé au Canada, le 21 mars 2025, d’abroger l’euthanasie des personnes handicapées. C’est aussi ce même Comité qui avait ordonné au gouvernement français de ne pas euthanasier Vincent Lambert, en 2019.

De même, il y a quelques années, c’est le Rapporteur spécial sur les droits des personnes handicapées qui avait dénoncé l’euthanasie des personnes handicapées, en expliquant que

« si toutes les personnes malades ou présentant une incapacité, qu’elles soient ou non en phase terminale, avaient accès à la mort assistée, la société pourrait en conclure que la mort vaut mieux que la vie avec un handicap […]. Les personnes handicapées pourraient décider de mettre fin à leurs jours en raison de facteurs sociaux, tels que la solitude, l’isolement social ou l’absence d’accès à des services de soutien de qualité […]. Les personnes handicapées, notamment âgées, pourraient être exposées aux pressions explicites ou implicites liées à leur situation, y compris aux attentes particulières des membres de leur famille, aux pressions financières, aux injonctions culturelles et même à des mesures coercitives. »

Des normes internationales, intangibles et supra-légales, interdisent absolument et sans exception l’euthanasie et l’assistance au suicide. Elles sont rappelées dans notre pétition. La France a librement adhéré à ces normes en signant plusieurs traités internationaux, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les instances que nous saisissons sont chargées d’examiner les lois et pratiques des États au regard de ces normes, en ayant une attention particulière pour les personnes vulnérables, qu’elles soient âgées, handicapées ou malades.

Euthanasie en commission des affaires sociales : le loup est sorti du bois

Communiqué d’Alliance Vita :

En commission des affaires sociales, les députés ont validé un droit d’accès à l’euthanasie à égalité avec le suicide assisté alors que l’euthanasie était censée rester exceptionnelle.

Un an après l’ouverture des débats, le cadre alors vanté par les promoteurs d’une légalisation du suicide assisté n’a cessé de dériver, au point qu’il ne restera bientôt pratiquement plus de limites pour administrer la mort. D’examen parlementaire en examen, les verrous sautent les uns après les autres : dans le nouveau texte porté par le député Falorni, les critères prévus pour accéder au suicide assisté et à l’euthanasie sont déjà aussi larges qu’invérifiables, la procédure est simple, voire expéditive, à la discrétion d’un seul médecin, et toute tentative d’opposition à l’euthanasie serait censurée et pénalisée. Alliance VITA confirme donc son alerte : forcer la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie alors que notre société est fracturée par la sévère crise que traverse notre système de santé est parfaitement irresponsable.

Pour Tugdual Derville, porte-parole de l’association :

« Ce qui est en train de se passer clarifie les enjeux, car le loup est sorti du bois. Personne ne peut plus ignorer en effet que les digues qu’on présente un temps ne sont que des leurres pour rassurer les indécis. L’interdit de tuer, dès qu’on le lève, envahit les espaces qu’on disait protégés ; les expériences à l’étranger l’ont prouvé. Le texte qui est aujourd’hui aggravé a le mérite de simplifier la question posée à la représentation nationale : soit la prévention du suicide relève encore de la solidarité universelle, soit on en exclut les plus vulnérables de nos concitoyens. Le reste des débats relève du jeu de dupe qui ne doit tromper personne. »

Alliance VITA a lancé une campagne nationale : « On veut des soins, pas l’euthanasie ! » Des tractages ont lieu dans toute la France et une grande mobilisation se tiendra dans une cinquantaine de villes le lundi 12 mai, date du début de l’examen des propositions de loi en séance publique à l’Assemblée nationale.

Il y a 230 ans Charette pleurait la mort de Louis XVII

Le 29 mars 2025 avait lieu en Vendée, dans les bois du célèbre Logis de la Chabotterie, une très belle et émouvante cérémonie à la Croix de Charette, lieu où fut arrêté le Généralissime des Armées Catholiques et Royales, il y a 230 ans. Cérémonie organisée par les Amis de la Chabotterie avec le soutien de l’association Jubilé  de la Vendée.

En exclusivité pour le Salon Beige, voici l’allocution prononcée au nom du généralissime :

« Moi, François Athanase Charette de La Contrie, je garde un souvenir précis de ce lieu même où vous êtes ici fidèlement rassemblés. Cela fait précisément 229 années. Ce lieu où mon cher garde du corps, Pfeiffer, m’enlève de force mon couvre-chef pour s’en coiffer, puis pour courir dans les bois, juste ici, devant vous. Pour, en se signalant ainsi aux bleus, aller à une mort certaine. Sacrifice accepté de sa personne, pour que je vive. Ou tout au moins pour que je vive encore un peu, le temps de terminer mon épopée avec panache, puisqu’il ne m’est resté plus que lui à défendre.

Mais que vois-je venir là ? Oui c’est bien lui mon vieux panache tout écorné, tout cabossé. Il revient, il témoigne toujours d’une foi, d’une espérance (le panache est déposé au pieds de la croix).

Mais, jadis, comment suis-je arrivé ici même, moi qu’on a appelé le « Roi de la Vendée », pour finir abandonné par presque tous, traqué comme une bête sauvage, alors qu’il y a peu encore nous étions si près de la victoire ? Moi qui ai combattu souvent, qui fut battu parfois, mais qui ne fut jamais abattu.

Je me souviens de la chute de ce tyran, Robespierre, qui voulait régénérer l’humanité, faire un homme nouveau ! Il lui fallait donc pour cela éliminer l’homme ancien, l’homme de nos bocages et de nos marais qui voulait tout simplement continuer à vivre paisiblement sa foi. Je me souviens de cette Convention atterrée face à notre puissance que rien ne semblait pouvoir arrêter. Je me souviens de ces généraux craintifs de l’armée de l’Ouest, à bout, et qui nous ont proposé la paix.

J’ai voulu cette paix. Beaucoup de mes proches craignaient que ce ne fut qu’un piège pour tuer notre résistance. Mais contre ces avis prudents et inquiets, j’ai espéré. J’ai gardé un immense espoir grâce à une clause secrète. Clause qui devait tout changer, mais que je ne pouvais confier à mes proches tant elle était fragile et risquée.

J’ai accepté à la Jaunaye un traité aux conditions vivement négociées. Que notre religion soit libre, d’abord. Que le territoire insurgé soit érigé en un corps de nation. Que l’armée vendéenne devienne une garde territoriale. Et, suite à sa tentative d’extermination, que notre peuple reçoive une juste indemnisation afin qu’il puisse revivre autant que possible, mais aussi pour confirmer cette infamie aux yeux des générations à venir.

J’ai bâti tout près d’ici, vers le midi à guère plus de trois lieues, une demeure qu’on appellera « Palais royal ». Cela m’a fait bien rire tant elle était accueillante mais modeste. Mon dessin politique était ambitieux. Je l’ai estimé crucial. Je voulais ériger sur notre terre ainsi protégée un petit royaume destiné à recevoir notre tout jeune roi. Voilà cette clause secrète : on m’avait promis le retour de Louis-Charles de France et de sa sœur Marie-Thérèse de France, les deux orphelins innocents maintenus ignominieusement dans la Tour du Temple.

Mais ce 20 juin 1795, à midi, coup de tonnerre. La foudre me tombe dessus. J’apprends que le petit roi, Louis le dix-septième, n’est plus. Le Palais royal restera vide, à jamais ! Mes sentiments sont violents, confus, atterrés. J’ai pleuré la mort du roi. Je voulais pour lui une couronne d’or et de pierres précieuses, il n’eut qu’une couronne d’épines. Je voulais pour lui un royaume sur terre, je compris d’un coup que son vrai royaume ne serait pas de ce monde.

A l’instant même j’ai compris intensément la parole d’un vieux prêtre, un sage : « l’Espérance se construit sur les ruines de l’espoir ». Et lors, il ne m’est resté plus qu’une dernière mission à accomplir : sauver l’honneur ! Transmettre une fierté. Transmettre un panache, pour encourager, pour fortifier l’âme de générations de combattants à venir, tant les épreuves futures resteront nombreuses, je le savais bien.

Panache relevé avec fierté par ceux de ma lignée, ces chers Athanase, Pair de France et Zouave pontifical, qui ont continué les combats de leurs époques. Je les avais prévenus : « tant que la Charette aura une roue, la Charette roulera ! ». Panache porté aussi par bien d’autres, pour défendre Dieu, le Roi et la France, tant Dieu est profondément inscrit dans la destinée de notre pays.

Je contemple aujourd’hui ces cérémonies, ces commémorations, ici même où je fus capturé, à Nantes où mon âme fut rendue à Dieu, ou encore, pas loin, dans ce grand théâtre du Puy-du-Fou. Ils ne sont parfois que quelques poignées de fidèles, deux ou trois pelotons, au mieux une grosse compagnie. Mais qu’ils ne perdent pas courage, avec guère plus j’ai battu des régiments entiers de bleus.

Il y a peu avec ma chère sœur Marie-Anne nous sommes allés à dix lieues d’ici, vers le Levant, sur notre « colline inspirée » de la Vendée, le Mont des Alouettes. Un Jubilé pour commémorer une chapelle de la réconciliation voulue par notre chère Marie-Thérèse. J’ai entendu le chant grégorien monter vers le ciel avec la fumée de l’encens. J’ai ouï la messe du père abbé bénédictin, famille séculaire qui comme toutes les familles bien vivantes engendrent des enfants, et essaiment vers de nouvelles fondations.

Et c’est avec beaucoup d’émotion que j’ai honoré les parents de nos enfants du Temple, en saluant Louis, l’aîné de notre longue lignée capétienne. Et toute sa famille car là aussi la famille est bien vivante, et donne des enfants qui représenteront toujours les piliers de notre patrie, les murs fondateurs. Et c’est avec un immense respect que je lui ai remis mon fier panache, celui-là même que je voulais remettre jadis à notre petit Louis-Charles.

J’ai vu récemment de grandes affiches qui parlent gaillardement du « dernier panache »… Le dernier ? Ils me font bien rire ! Pourquoi le dernier ? Ils auraient dû dire le premier panache ! Je vois surgir dans mon petit royaume de Vendée toute une jeunesse qui sans bruit, comme la forêt qui pousse, se forme, entreprend, monte des spectacles, remplit les églises, fonde des familles et donne des vocations. Une jeunesse qui plus que jamais marche avec allégresse, avec fierté. Une jeunesse qui a la Foi et l’Espérance. Le panache est toujours bien vivant.

Et je vois, comme la modeste rivière Vendée serpentant aux confins du département, qui serait sortie puissamment de son lit pour couvrir des régions entières, que mon petit « royaume de Vendée » est devenu une « Province de l’esprit », rayonnant dans la France entière. Je vois que les cœurs unis de Jésus et Marie, qui, à la suite de mes épopées marines, font fièrement le tour des mers du globe au grand étonnement du monde entier. Je me rappelle alors des premiers mots de celui qui m’a capturé, mais qui m’a respecté, le commandant Travot : « Que d’héroïsme perdu ! ». Je lui ai répliqué vivement, je me souviens bien : « Non Monsieur. Rien ne se perd, jamais ! ».

Et c’est en contemplant cette résurrection que j’ai compris le vrai sens de ma vie. Quand mon cher Pfeiffer m’a arraché mon couvre-chef pour partir à une mort certaine, à la place de la mienne, ici même, il m’a donné ces quelques jours de répit, de marche méditative vers Nantes. Six jours, pas plus. Cette ville qui m’avait tant acclamé, presque avec des rameaux, pour me conduire ensuite sur un chemin de croix. Ces jours de répit si nécessaires pour consciemment offrir ma vie entière. Et là j’ai compris que mes valeurs, que nos valeurs ne seraient véritablement transmises que si avec le panache nous y ajoutons le sacrifice offert. »

Pascal Théry,

Pour l’Association Jubilé de la Vendée

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