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Culture

Du traditionalisme aux sacres contre la volonté du pape : un ouvrage de circonstances… !

Du traditionalisme aux sacres contre la volonté du pape :  un ouvrage de circonstances… !

Cette présentation du livre intitulé « Est-il possible de conférer l’épiscopat contre la volonté du pape ? » d’un « collectif de catholiques perplexes » est un extrait de son « Préambule » (pp. 5-9).

Le traditionalisme : une fidélité catholique mise en péril par une crise sans précédent ?

Si le traditionalisme existe et perdure, c’est en raison de la crise profonde que traverse l’Église. Cette crise apparaît sans précédent, en ce qu’elle implique depuis le dernier concile une majorité de la hiérarchie ecclésiastique, jusqu’au pape lui-même, dans l’exercice souvent déficient des pouvoirs de gouvernement, d’enseignement et de sanctification.

Face à cette situation, de nombreux fidèles — laïcs comme membres du clergé — ont choisi de demeurer fidèles à la tradition de l’Église afin de conserver et de transmettre intégralement la foi catholique. Leur réaction se manifeste notamment par le refus de certains enseignements, de liturgies ou d’abus d’autorité qu’ils considèrent contraires ou étrangers à la Révélation, telle que vécue et exprimée par la discipline, la liturgie et l’enseignement multiséculaires de l’Église.

Pour ceux qui douteraient de la gravité ou de la réalité encore actuelle d’une crise sans précédent, deux de ses signes objectifs devraient les alerter.

Le premier concerne la pratique de la communion dans la main. […]

Le second signe réside dans le manque de clarté doctrinale, voire la propagation d’erreurs graves observée dans les enseignements épiscopaux et même pontificaux depuis le Concile Vatican II. […]

Le traditionalisme : une résistance fidèle durement combattue

À cela s’ajoute une véritable marginalisation, voire une persécution des prêtres et des fidèles désireux de demeurer attachés, au moins à titre prudentiel, à la liturgie et au catéchisme traditionnels.

La possibilité pour les prêtres de vivre pleinement de ces canaux de la Tradition hérités de l’Église, dans la subordination aux papes et aux pasteurs légitimes, est bien souvent rendue très douloureuse. En effet, la plupart des membres de la hiérarchie considèrent cela non comme un droit légitime que le Siège Apostolique leur demanderait de reconnaître, mais comme une simple concession pouvant être accordée au cas par cas et révocable à tout moment.

Pire, cet attachement aux canaux de la Tradition est même présenté comme un obstacle à la communion ecclésiale. Celle-ci tend alors à être définie, dans les faits, davantage par une obéissance servile que par une vertueuse subordination aux pasteurs légitimes, une profession intégrale de la même foi et une participation au même culte.

Aucune position traditionaliste n’est sans risque malgré les intentions catholiques de leurs défenseurs…

Force est de constater qu’aucune des réponses institutionnelles apportées à la crise de l’Église — qu’il s’agisse de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ou des communautés dites ex-Ecclesia Dei — n’est exempte de risques au regard de la communion ecclésiale bien comprise.

Pour la première, le danger souvent évoqué est celui d’un schisme pratique, marqué par une autocéphalie de plus en plus revendiquée et une remise en cause de la théologie catholique de l’Église, notamment en ce qui concerne son indéfectibilité, son magistère ou la nécessité de lui appartenir par le lien de la subordination effective à la hiérarchie.

Pour les secondes, le risque serait plutôt celui d’une relativisation des problèmes doctrinaux, liturgiques et pastoraux suscités par les réformes récentes et certains enseignements de la hiérarchie, au point de prendre le risque de compromettre la profession intégrale et claire de la foi que l’on doit, sinon en justice du moins en charité, aux âmes troublées.

Cela étant posé, il convient de distinguer ce qui, dans les prises de position de ces communautés, relève des limites et des faiblesses humaines, de ce qui procède d’une véritable position de principe.

Une étude sur la possibilité de sacrer des évêques contre la volonté du pape que nous espérons constructive

Cette étude n’est pas une remise en cause des intentions catholiques de Monseigneur Lefebvre ou de sa fraternité, qui sont victimes de la crise de l’Église comme tous les catholiques soucieux de le demeurer entièrement. D’autant plus qu’il est probable que, sans son œuvre, la liturgie traditionnelle aurait quasi-disparu et que la plupart des communautés traditionnelles de tous bords n’existeraient pas.

S’autoriser à remettre en cause la possibilité de consécrations épiscopales réalisées contre la volonté du pape n’implique pas de réduire la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à cette seule décision, ni d’adhérer nécessairement à l’ensemble des positions défendues par certains supérieurs ou théologiens des communautés exEcclesia Dei.

Nous sommes bien conscients qu’aborder la question des sacres épiscopaux contre la volonté du pape est une question chargée d’histoire et de passions, qui nous replonge fatalement vers les sacres de 1988 et l’œuvre de Monseigneur Lefebvre… Cependant, il ne faudrait pas que le poids de l’histoire, de la piété filiale pour les uns, de la douleur pour les autres, nous empêche d’analyser la question à nouveaux frais. Les circonstances qui ont conduit Monseigneur Lefebvre à sacrer quatre évêques en 1988 sont-elles les mêmes aujourd’hui ? L’hypothèse de la vacance du Siège Apostolique pour rendre compte de la crise de l’Église n’est-elle pas encore plus invraisemblable aujourd’hui qu’hier ?

De même que les historiens ont pu s’emparer de la question avec une attitude moins passionnée, il nous semble que l’approche théologique reste possible aujourd’hui sans s’ancrer dans l’événement du 30 juin 1988.

C’est dans cette perspective que nous souhaitons aborder la catholicité des consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain par la Fraternité Saint-Pie X, dans le cas où elles auraient lieu en opposition avec le pape. Ainsi, nous entendons offrir des éléments de réflexion et de discernement à tous les catholiques de bonne volonté qui ne doivent pas demeurer dans l’ignorance des difficultés que soulèveraient de tels sacres au regard de la constitution divine de l’Église et de la Tradition, constitutive de la Révélation.

Dans ce qui suit, nous souhaitons présenter au lecteur le fruit d’une réflexion menée par plusieurs prêtres et laïcs autour de cette question particulièrement délicate. Notre intention est de l’aborder avec honnêteté, rigueur et sérénité, en évitant aussi bien les jugements passionnels que les approches purement pratiques ou utilitaires. C’est d’ailleurs la principale raison de l’anonymat des auteurs de cette étude. Puisse cet anonymat permettre au lecteur d’examiner les arguments exposés sans être influencé par la sympathie ou l’antipathie qu’il pourrait spontanément éprouver à l’égard des communautés auxquelles ces auteurs appartiennent, ou dont ils sont proches en tant que fidèles.

Collectif de catholiques perplexes

(composé de prêtres et de fidèles proches de différentes communautés traditionnelles, y compris de la Fraternité Saint-Pie X.)

Ps : Le livre est disponible sous 48h pour le modeste prix de 9,5 euros, ici : https://www.amazon.fr/possible-conf%C3%A9rer-l%C3%A9piscopat-contre-volont%C3%A9/dp/B0H2Q9FLGQ

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