Partager cet article

Tribune libre

Élections au Pérou : les irrégularités sans fin et la lutte du candidat catholique Rafael López Aliaga

Élections au Pérou : les irrégularités sans fin et la lutte du candidat catholique Rafael López Aliaga

Dimanche 12 avril, les Péruviens ont été convoqués pour élire le nouveau président, pour renouveler la Chambre des députés, le Parlement Andin et pour élire les sénateurs qui reviennent après plusieurs décennies. L’élection présidentielle concerne le choix des deux candidats pour le second tour. Le candidat Rafael López Aliaga, membre de l’Opus Dei, et défenseur de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, tente de passer au second tour. Or, ce qui aurait dû être une journée de participation bien encadrée est devenu une suite de failles sans fin.

Les premiers problèmes ont commencé à être observés le matin. Alors que les bureaux de vote devaient ouvrir à 7h00, beaucoup (souvent des locaux dans des écoles, universités, etc.) n’ont été ouverts que vers midi voire vers 14h00. Et certains locaux n’ont tout simplement pas été ouverts. Le JNE (Jury National des Elections) a décidé de permettre aux gens dont les bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir de voter le lendemain, le 13 avril. Tout cela se passait surtout à Lima, la capitale.

Puis d’autres irrégularités ont été signalées au cours de la journée. Par exemple, beaucoup d’ordinateurs portables qui avaient été distribués pour aider lors du dépouillement ne marchaient pas, ce qui a causé aussi des retards. Cela se passait aussi à Lima.

Après, il ne s’est pas passé un jour sans qu’on ne découvre une nouvelle irrégularité. Par exemple, on a même trouvé du matériel électoral dans la rue, près d’une poubelle à Lima.

Devant tant d’irrégularités, et sous la pression des médias, le chef de l’ONPE (Office National des Processus Electoraux), Piero Corvetto a dû démissioner en catastrophe. Il a aussi été mis en cause par le JNE pour délits électoraux présumés.

Pendant les jours qui ont suivi les élections, on a observé aussi la curieuse ascension du candidat de la gauche radicale Roberto Sánchez. Alors qu’au début du décompte des votes il était assez loin des deux premières places, il se retrouve assez rapidement près de Rafael López Aliaga et le dépasse même de quelques milliers de voix. Actuellement, selon le décompte de voix de l’Onpe, Rafael López Aliaga se trouve à la 3ème place.

Puis, des experts en statistiques ont remarqué des irrégularités concernant beaucoup de procès-verbaux qui portent le code 900’000 et suivants. Au Pérou, les gens votent par groupes de quelques centaines de votants et à la fin du dépouillement on remplit le procès-verbal correspondant à chaque groupe avec les résultats pour les différentes élections. Chaque groupe vote dans ce qu’on appelle une «mesa» (table), qui a un code d’identification, et qui est composée aussi de trois jurys choisis au hasard avant les élections et qui s’occupent du dépouillement de la «mesa». Normalement dans chaque zone (département, province, etc.) le code (qui est aussi celui de chaque procès-verbal) commence par les mêmes chiffres et sont distingués par les chiffres suivants. Mais, étrangement, les «mesas» correspondant aux codes 900’000 et suivants sont distribués partout au Pérou. Et on y trouve énormément d’irrégularités.

Par exemple, normalement le moment entre la saisie des résultats d’un procès-verbal et le moment où le procès-verbal est publié sur le site de l’ONPE, afin que tout citoyen puisse vérifier la véracité, doit être à peu près le même. Or, dans beaucoup de cas de procès-verbaux commençant par 900’000, la différence dans le temps est grande. Le candidat Rafael López Aliaga travaille actuellement avec une entreprise internationale spécialisée dans les enquêtes statistiques et il a donné une conférence de presse il y a quelques jours. Un expert a montré que, par exemple, pour un procès-verbal concernant l’élection présidentielle, la différence de temps entre la saisie des données et la publication du procès-verbal était de plus de 30 heures ! Le procès-verbal a été publié plus de 30 heures après la saisie des données. Et cela empêche la traçabilité du processus, ce qui doit être normalement possible. Et ce type de problème concerne 2538 procès-verbaux parmi ceux qui ont le code 900’000 et suivants, ce qui représente à peu près 133’000 votes pour le parti «Juntos por el Perú» du candidat Roberto Sánchez. L’expert a aussi montré que lors des élections de l’année 2021, quand Pedro Castillo, du parti «Perú Libre», proche de celui de Roberto Sánchez, avait pu passer au second tour, son parti avait obtenu beaucoup de votes par rapport à celui de López Aliaga, avec les procès-verbaux commençant par 900’000 et les suivants. En 2021 «Peru Libre» obtenait 24 % de votes et le parti de López Aliaga 3 %. En 2026, «Juntos por el Perú» obtient 30.2 % et le parti de López Aliaga, «Renovación Popular» obtient 1.5 %. A cela s’ajoutent des cas, dans ces procès-verbaux, où les signatures du début de la journée de vote et de la fin ne sont visiblement pas les mêmes pour la même personne.

L’élection étant serrée pour passer au second tour, beaucoup de gens soupçonnent que certains, au sein de l’Onpe auraient fait exprès de retarder la distribution du matériel électoral afin que Rafael López Aliaga perde de voix, là où il a le plus de soutien. Beaucoup dénoncent aussi l’application du plan «Morrocoy», du nom d’une tortue, et qui avait été utilisé au Vénézuela pour, entre autres, affecter les électeurs des endroits où l’opposition à Maduro était forte.

Il faut déplorer aussi l’attitude des observateurs de l’Union Européenne, présents à Lima le 12 avril, et qui semblent n’avoir pas pris la mesure de la gravité des événements. Beaucoup les soupçonnent de soutenir un agenda globaliste d’une certaine gauche, comme le youtuber espagnol Constantino de Miguel.

A présent de plus en plus de gens se rendent comptent de l’énorme quantité d’irrégularités et réclament même l’annulation des élections en invoquant l’article 31 de la Constitution qui stipule qu’un acte électoral est nul s’il y a eu empêchement de voter. Or, justement, le 12 avril beaucoup de personnes, surtout âgées et/ou handicapées n’ont pas pu voter parce qu’ils sont allés le matin et que les bureaux de vote étaient fermés. D’autres demandent des élections complémentaires pour faire voter les gens qui n’ont pas pu voter à Lima. Des associations d’entrepreneurs commencent à réclamer aussi un audit de l’Onpe.

Il y a eu aussi des manifestations comme celle du jeudi 30 avril à Lima. Et selon un sondage publié il y a quelques jours, 77 % des gens à Lima pensent qu’il y a eu fraude électorale.

Continuons à prier pour la paix au Pérou.

Jaime V. Torres-Heredia

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

Partager cet article

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services