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Culture

En quoi “Prier avec le cycle féminin” n’est pas catholique ?

En quoi “Prier avec le cycle féminin” n’est pas catholique ?

Réponse de Gabrielle Vialla aux articles :

Cher détracteur,

En quoi Prier avec le cycle féminin n’est pas catholique ? L’accusation répétée est fatigante mais elle ne fait pas la vérité pour autant.

Au pèlerinage de Chartres, on ne prie pas avec ses pieds ?

Et le Bon-Dieu est bien content non ?

J’en appelle à toutes les femmes de tous les états de vie, qui souffrent de leur cycle. Certaines femmes rares, mais de moins en moins rares, font en termes de sacrifice et d’offrande l’équivalent du pèlerinage de Chartres chaque mois. Là, pour le confort d’hommes peu empathiques, il conviendrait de comprendre que la prière avec le cycle, n’est pas agréée par Dieu ?

Maintenant passons aux genoux. Peut-on prier avec les genoux ? Est-ce catholique ? Avec les pieds oui… les genoux oui… les mains jointes oui… la bouche pour chanter oui… mais attention pas avec le cycle… Êtes-vous vraiment certain d’être bien cohérent ?

J’aurais été influencée par un prêtre chartreux “moderniste”. L’ordre cartusien est pourtant plus ancien que le rite tridentin. On est toujours le moderniste d’un autre. Seulement voilà, dans certains lieux si l’on vous fait une réputation de moderniste l’affaire est réglée à la convenance de l’attaquant. À la télévision j’aurais été fasciste.

Sous l’Ancien Régime, les dames de la cour avaient des pots de messe, entendre des pots de chambre. Au XVIIème siècle, par pudicité on les nomme des “Bourdaloue” du nom d’un prêtre jésuite trop bavard. La réalité est que le manque de connaissances physiologiques, les enfantements rapprochés rendaient malheureusement trop de femmes incontinentes. Pot cassé, absence de pot, on mettait les pieds dedans. Les hommes ne pouvaient pas nier la vie intime féminine jusque pendant la sainte Messe. La baisse drastique de la maternité, la contraception, le matraquage idéologique qui gomme aujourd’hui les différences hommes-femmes effacent les signes concrets de la dette que l’homme en général contracte envers la femme pour sa vie naturelle.

Je devrais me méfier, mais je suis joueuse. J’affirme que par analogie nous avons une dette spirituelle envers la Vierge Marie. Vous risquez de ne pas me comprendre et de me rappeler que tous les mérites reviennent au Christ Sauveur. Ce que je vous accorde sans souci. La seconde proposition n’empêche pas que la première soit, à sa manière, juste également. L’angélus est une façon de nous rappeler les deux. Ainsi est-il de nombreux points que vous soulevez avec malheureusement des extrapolations sidérantes.

Même si vous l’admettrez avec peine, j’en ai peur, saint Jean-Paul II a donné des enseignements qui peuvent être complémentaires de ceux de saint Thomas d’Aquin sur l’homme et la femme comme image de Dieu. C’est assurément catholique ! Quant aux divers niveaux de lecture de l’Écriture, les pères de l’Église y tenaient fortement, loin de tout fondamentalisme. Si la tradition que vous dites représenter n’en veut plus, elle perdra le bon sens tout court. Elle le perd déjà, semble-t-il. Prions avec nos pieds, nos cœurs… et chut en silence, la porte fermée pour nous mesdames avec nos cycles !

Gabrielle Vialla

Et en bref :

  • Le premier mot du titre de mon livre est « Prier ». Il ne s’agit pas d’abord du cycle mais de prier avec ou malgré le cycle. Saint François de Sales, dans Introduction à la vie dévote écrit : « la dévotion doit être pratiquée différemment par le gentilhomme, par l’artisan… par la veuve, par la fille et la femme mariée. »
  • Le cycle ne serait pas traditionnel ? C’est à l’accusation de supporter la charge de la preuve, de trouver une condamnation du magistère, de saintes qui auraient refusé de prier lors des menstruations, etc.
  • La liturgie ne se prive pas de termes corporels féminins bien concrets : “Beata viscera Mariae Virginis qui portaverunt Aeterni Patris Filium. Et beata ubera quae lactaverunt Christum Dominum”.
  • Le mépris du corps : du manichéisme au jansénisme, l’Église Catholique l’a toujours condamné.
  • Le mépris de soi ? La théologie à la suite du Christ rappelle qu’il n’y a pas d’amour du prochain sans amour de soi.
  • « Toute la vie chrétienne porte la marque de l’amour sponsal du Christ et de l’Église » Catéchisme de l’Église Catholique §1617
  • Les 4 éléments ne sont pas ésotériques. Ils viennent de la médecine d’Hippocrate, repris par sainte Hildegarde de Bingen, docteur de l’Église. Je n’ai rien lu, et rien repris du New Age, du féminin sacré.
  • Saint Augustin nous parle admirablement de l’unification de l’être dans les Confessions. « La chasteté nous recompose ; elle nous ramène à cette unité que nous avions perdue en nous éparpillant »

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