Lu ici :
Non, mesdames et messieurs les parlementaires, vous n’avez aucune autorité sur la vie et sur son terme, la mort.
Non, vous n’êtes pas comme des dieux. Et ceux qui y croient ou qui vous le disent, vous mentent.
Oui, vous êtes, comme nous tous, des humains qui avaient reçu la vie sans le vouloir. Pour certains, l’absence de contrôle sur l’origine de tout est insupportable et il faudrait donc se venger de ce manque d’emprise en décidant de tout le reste et donc de la mort.
Mais, quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, interrompre volontairement la vie, à n’importe quelle étape entre la conception et la mort naturelle, est et restera un meurtre à de très rares exceptions près. Pour qu’il en fut autrement il faudrait que vous soyez l’auteur de la vie, celui qui donne l’autorité sur la vie et qui pourrait autoriser d’en modifier le cours. Mais aucun de nous ne l’est et ne le sera jamais. Chaque conscience le sait.
Personne n’a autorité sur la vie. Personne ne peut donc autoriser d’y mettre un terme.
Jamais le vote d’une loi ne donnera à quiconque l’autorité sur la vie et l’autorisation d’en disposer. Une loi qui autoriserait l’euthanasie vous donnera une illusion de puissance diabolique, d’un pouvoir que vous ne détiendrez jamais, pas plus que nous. Ce serait un leurre et un mensonge prométhéen que toute conscience réfute car elle sait qu’une loi humaine ne change pas la nature d’un acte.
De plus, une loi qui blesse les consciences et qui s’oppose à la loi naturelle inscrite dans le cœur de tous les hommes qui, depuis des millénaires, se battent pour préserver la vie, n’a aucune force de loi. Car aucune loi écrite ne peut violer celle que la petite voix chuchote à notre conscience. Vous le savez, vous qui votez et supprimez les lois, alors écoutez-la.
Demain, après le vote solennel, le silence se fera.
Mais vous, à jamais, vous serez de ceux qui auront choisi ou pas de décider du droit de tuer ou de laisser vivre. Ce poids, vous serez définitivement seul à le porter. Il sera lourd ou léger.
Une loi peut disparaître; la réalité de votre conscience, elle, ne s’effacera jamais.
