Partager cet article

Liberté d'expression

Face à la terreur islamiste, il ne s’agit pas de faire silence et encore moins dans une salle de classe

Face à la terreur islamiste, il ne s’agit pas de faire silence et encore moins dans une salle de classe

Thibaud Collin ne fera pas de minute de silence demain :

Face à la terreur islamiste, il s’agit non pas de faire silence mais de parler et d’agir. En effet, ce silence n’est-il pas équivoque ? S’agit-il de valider la tendance officielle à identifier la République française à la liberté d’expression et d’identifier la liberté d’expression à des caricatures ? Samuel Paty a été victime d’un crime abject perpétré au nom du fanatisme islamique. Mais n’a t-il pas aussi été victime d’une conception dévoyée de la liberté telle qu’elle apparaît dans le programme d’enseignement moral et civique (EMC) ? En effet, moquer n’est pas critiquer. En quoi, par exemple, montrer Mahomet les fesses à l’air est-il une manière intelligente de critiquer la religion musulmane, son contenu et ses préceptes ? La moquerie engendre l’indignation et la colère, mères de la violence. La critique est l’exercice de la raison qui s’informe et réfléchit.

Le Président de la République a validé, comme beaucoup avant lui, cette identification de la France au droit de se moquer de ce qui est considéré comme le plus sacré par certains. En entrant tête baissée dans cette dialectique, il a jeté de l’huile sur le feu. Il a ainsi sa part de responsabilité dans l’attentat de Nice, conséquence directe du regain de violence islamique à l’encontre de la France. La distribution dans toutes les écoles d’un livret contenant les caricatures de Mahomet faites par Charlie hebdo serait la confirmation que l’école de la République est le vecteur d’une idéologie, le laïcisme. Or il est clair que ce n’est pas la laïcité qui comme telle va résoudre les nombreux problèmes que pose l’islam à la France.

Comment peut-on croire sérieusement que l’on va rendre les musulmans fiers d’être français en leur adressant le message : France = laïcité = caricatures de Mahomet ? La nature humaine a horreur du vide. L’idéologie islamique est forte de nos propres renoncements civilisationnels. L’école doit offrir à tous les élèves une formation intellectuelle et morale dans laquelle les raisons d’admirer ce qui est grand sont nombreuses. La moquerie ne sait que rabattre tout à sa propre bassesse. Il est urgent que la civilisation française, riche de tant de grandeurs humaines, politiques et spirituelles, soit de nouveau transmise à l’école.

Lundi 2 novembre au matin, professeur de philosophie, je corrigerai en classe d’hypokhâgne le sujet de dissertation suivant : « Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ? » ; catholique, je prierai en silence pour le repos de l’âme des victimes du terrorisme et pour celle de leurs bourreaux islamistes, pendant la messe célébrée à la mémoire de tous les défunts.

Partager cet article

8 commentaires

  1. À propos de Charlie, la “liberté d’expression” qu’il défend, et toute la sphère politico-médiatique derrière lui, n’est pas la nôtre surtout quand cette liberté vise à blesser une certaine catégorie de population, les Chrétiens en premier.

    Imaginons maintenant une caricature “à la Charlie” ayant pour titre : “Les héros de Charlie” avec un “franchouillard” rigolard passant devant leurs cercueils et lançant à la cantonade : “Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !”
    Je ne suis pas sûr que nos tartuffes gauchos libertaires apprécieraient le pastiche … et ne crieraient pas alors au scandale d’une “liberté d’expression” … dévoyée ! en réclamant de sévères sanctions pour son auteur et le journal qui le publierait….

  2. Cela me paraît être d’une logique irréfutable. Bravo et Merci.

  3. La minute de silence c’est la manière qu’a la République de saluer ses morts par le néant et par un vide abyssal de valeurs…
    Les catholiques eux, ils prient et c’est toute la différence.

  4. heureusement, les masques tombent ! pas dans les rues, mais dans les “idées” : charlie, qui se voulait le champion de la liberté de parole, a d’abord oublié qu’il n’était pas seul à pouvoir brocarder, et quand c’est un autre journal, qui plus est d’un autre bord, comme Valeurs Actuelles, qui se permet une privauté, s’empresse de hurler avec les loups, et ensuite, quand quelqu’un qu’il n’agrée pas, à Béziers, reprend ses oeuvres, alors là, c’est un sacrilège !
    ce torchon ne vaut pas qu’on l’achète pour le lire, et la chute de lecteurs n’est pas un hasard…
    les propos réalistes de son ancien directeur, lors du procès, ont été un feu de paille, et c’est triste de devoir se battre pour ces clampins

  5. Si au moins cette minute de silence était une minute de prière intérieure au profit du salut de l’âme des victimes et même des agresseurs. En l’occurrence il s’agit du silence de l’agneau dans l’abattoir avant le coup de couteau fatal.

  6. Les hasards du calendrier font bien les choses : cette minute de silence est imposée à tous les établissements scolaires le jour même où les Catholiques font commémoration de leurs défunts.
    Sur ce coup, JUPITER s’est surpassé.
    Peut-être un lointain souvenir de sa jeunesse (mouvementée) chez les Jésuites de la Providence d’Amiens…

Publier une réponse

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.


Le Salon Beige a choisi de n'afficher uniquement de la publicité à des sites partenaires !

Refuser tous les services
Accepter tous les services