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L'Eglise : Vie de l'Eglise

La tradition n’est pas seulement un contenu à préserver, elle est aussi une forme à recevoir, et cette forme inclut la communion visible, la hiérarchie, la primauté comme principe d’unité

La tradition n’est pas seulement un contenu à préserver, elle est aussi une forme à recevoir, et cette forme inclut la communion visible, la hiérarchie, la primauté comme principe d’unité

Extrait d’un article de Georges-Henri Ruyssen s.j., canoniste belge :

[…] Lorsque la Fraternité affirme que l’acte n’est pas pour sa propre survie, mais pour une nécessité « ecclésiale », l’affirmation, précisément parce qu’elle est élevée, expose le sujet à son jugement le plus sévère. La nécessité, au sens fort, exigerait que, dans l’Église, il soit devenu impossible de garantir la continuité sacramentelle et apostolique sans produire, de manière autonome, une ligne épiscopale propre. Une telle affirmation n’est pas tenable, car l’Église possède une succession apostolique universelle et il ne manque pas, en principe comme en fait, de la possibilité de transmettre la foi et les sacrements.

La tradition n’est pas seulement un contenu à préserver, elle est aussi une forme à recevoir, et cette forme inclut la communion visible, la hiérarchie, la primauté comme principe d’unité.

Il subsiste donc un besoin d’un autre type, à savoir la nécessité de garantir, de manière stable et homogène, une école formative et liturgique spécifique. Ce bien peut être grand, il peut aussi être méritoire, il peut être l’objet d’une préférence spirituelle légitime, mais il ne coïncide pas avec une nécessité qui autorise le principe formel de l’unité hiérarchique à être sapé. Ici, l’argument glisse du niveau de l’objectif au niveau du désiré, du niveau du nécessaire au niveau de l’opportun, puis s’élève de manière abusive, se vêtant d’une sacralité qui ne lui appartient pas.

L’objection la plus insidieuse surgit alors : la nécessité, dit-on, n’est pas arbitraire, car elle est guidée par la fidélité à la Tradition vivante et pérenne de l’Église. L’objection frappe l’imaginaire, elle n’affecte pas la logique. La tradition n’est pas seulement un contenu à préserver, elle est aussi une forme à recevoir, et cette forme inclut la communion visible, la hiérarchie, la primauté comme principe d’unité.

Si l’on maintient qu’au nom de la grave crise que traverse l’Église – et vise-t-on alors seulement la période après le Concile Vatican II ? –, la « situation de nécessité » légitime l’acte d’ordination des évêques sans mandat, la Tradition est séparée de l’Église concrète où vit la Tradition et où la fidélité se transforme en un critère auto-attribué. Le résultat est un paradoxe : elle est proclamée servir ce qui est perpétuel et un principe est introduit qui, s’il est généralisé, ferait de l’Église une constellation de « fidélités » concurrentes, chacune légitimée par sa propre perception de la crise. C’est une logique qui ne défend pas la Tradition, elle la privatise. […]

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