Le cardinal Aveline a été longuement interrogé par Jean-Marie Guénois dans Le Figaro. Extrait :
– Dans moins d’une semaine, le 1er juillet, la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) procédera à l’ordination d’évêques contre l’avis du pape. Une procédure d’excommunication semble enclenchée. Léon XIV a-t-il raison de sanctionner ?
Le Pape n’a pas caché sa grande tristesse, car on ne peut se satisfaire de l’aggravation d’une telle déchirure dans le corps ecclésial. Pourtant, le cardinal Ratzinger, alors préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avait tout fait pour tenter d’éviter les ordinations de 1988. En 2007, par le Motu proprio Summorum Pontificum, il avait largement ouvert la possibilité de célébrer selon le rite romain tel qu’il figure dans les livres liturgiques antérieurs à la réforme de Vatican II. En 2009, il avait même levé les excommunications des évêques consacrés par Mgr Lefebvre et engagé des discussions doctrinales approfondies avec la Fraternité. Mais rien n’y fit !
Sous le pontificat du pape François, certaines facultés pastorales, concernant notamment les confessions et les mariages, ont été accordées à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. Par ailleurs, le Motu proprio Traditionis custodes (16 juillet 2021) a considérablement restreint l’usage de la liturgie antérieure à la réforme de saint Paul VI. Qu’en sera-t-il sous le pontificat de Léon XIV ? Je ne puis que m’associer à sa demande de « prier pour que l’Esprit Saint éclaire les responsables de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X afin qu’ils reviennent sur leurs pas concernant la très grave décision qu’ils ont prise ». À ce jour, il me semble que le plus important n’est pas de tenter de parvenir à un accord doctrinal, auquel Benoît XVI lui-même avait fini par renoncer. Il s’agit plutôt de prier pour qu’advienne un changement d’état d’esprit, en s’inspirant de ces réflexions de Mgr Fellay, successeur de Mgr Lefebvre à la tête de la FSSPX : « L’un des dangers majeurs [pour la Fraternité, NDLR] est de finir par inventer une idée de l’Église qui paraît idéale, mais qui ne se trouve pas en fait dans l’histoire réelle de l’Église. Certains prétendent que pour travailler “en sécurité” dans l’Église, il faut préalablement qu’elle soit nettoyée de toute erreur. […] Or les saints réformateurs ne l’ont pas quittée pour combattre ces erreurs » (7 juin 2012). Il n’est donc pas interdit d’espérer, à condition que, des deux côtés, l’on ne cherche pas tant à défendre des positions qu’à entrer humblement dans une démarche d’écoute, de dialogue, de conversion et de quête de vérité devant Dieu.
