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Tribune libre

Il faisait rire sans jamais blesser, chantait sans tricher et jouait avec cette vérité qui désarme. Bourvil…

Il faisait rire sans jamais blesser, chantait sans tricher et jouait avec cette vérité qui désarme. Bourvil…

Bourvil nous a quitté il y a cinquante ans. C’était hier… Il y a des artistes qui marquent l’histoire du cinéma par leur démesure, et il y en a d’autres, plus rares, qui entrent dans le cœur des gens par leur simple humanité. Bourvil, né André Raimbourg, appartenait définitivement à cette seconde catégorie. Plus qu’un immense acteur comique ou un chanteur populaire, il incarnait une vertu devenue rare : la gentillesse absolue.

Derrière les éclats de rire de « La Grande Vadrouille », derrière la naïveté feinte de ses personnages, se cachait un homme d’une profondeur et d’une pudeur rare. Cette bonté naturelle puisait sa source dans ses racines normandes, mais aussi dans une foi catholique profonde et chevillée au corps. Bourvil était un croyant discret. Sa piété ne s’affichait pas dans les grands discours, elle se vivait dans le secret de son cœur et dans ses actes, notamment à travers son soutien fidèle et anonyme au Secours Catholique. Pour lui, l’Évangile ne se théorisait pas : il se traduisait par l’amour du prochain et une immense bienveillance.

Ce qui touchait profondément chez cet homme, c’était sa capacité à lier le rire à la tendresse, portant un regard plein de charité sur les faiblesses humaines. Ironie affectueuse du destin, ce pilleur de troncs mémorable dans « Un drôle de paroissien » avait en réalité un respect immense pour le sacré. Il appliquait à sa propre vie une discipline d’humilité, fuyant les vanités du monde pour privilégier la paix de son foyer, l’amour des siens et la gratitude envers le Créateur pour ce destin hors du commun.
Dans l’épreuve de la maladie, il a gardé cette même simplicité. Près de soixante ans après son départ, on ne retient pas seulement de lui des records au box-office, mais le visage d’un homme profondément bon.

Dans son livre » Bourvil, l’itinéraire extraordinaire d’un homme heureux », Raphaël Delpard nous fait redécouvrir l’homme derrière la légende : un être pudique, tendre, habité par le désir de rendre la vie plus douce. À travers lui, c’est une France entière – simple, généreuse, lumineuse – qui renaît. Cinquante-cinq ans après sa disparition, Bourvil est toujours là : dans nos rires, nos souvenirs, nos émotions. Son rire nous parle encore…

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https://www.livresenfamille.fr/essais-pamphlets/30152-bourvil-l-itineraire-extraordinaire-d-un-homme-heureux.html?ref=043193205
Bourvil l’itinéraire extraordinaire d’un homme heureux, Raphaël Delpard, Editions 17 Bis, 220 pages, 18.50 €.

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