« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » (Genèse1:1)
Les premiers chapitres de la Genèse ne sont pas de simples récits d’origine : ils sont le fondement sur lequel repose toute la révélation de Dieu. Là, nous découvrons un Dieu Créateur, souverain et bon, qui a établi l’homme dans un monde ordonné, mais aussi la tragédie de la chute, par laquelle le péché est entré dans l’histoire, entraînant la souffrance et la mort.
Si ces vérités sont mises de côté ou considérées comme de simples images, alors c’est la gravité du péché qui s’efface, et avec elle le besoin pressant du salut. Car l’Écriture nous enseigne clairement que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par un seul homme aussi, Jésus-Christ, vient la grâce qui sauve (Romains 5). Affaiblir le premier Adam, c’est obscurcir la gloire du second.
De plus, le Seigneur Jésus lui-même a parlé de la création, d’Adam et Ève, de Noé et du déluge comme de réalités historiques. Mettre en doute ces récits, c’est ébranler la confiance dans l’autorité de ses paroles et, progressivement, dans l’ensemble du témoignage biblique.
« On crie contre la multitude des oppresseurs,
On se plaint contre la violence d’un grand nombre ;
Mais nul ne dit : Où est Dieu, mon Créateur… » (Job 35:9-10)
Tenons donc ferme : reconnaître Dieu comme Créateur n’est pas secondaire. C’est préserver la clarté de l’Évangile, la réalité du péché, et la magnificence de l’œuvre rédemptrice accomplie en Jésus-Christ.
Si la Genèse affirme Dieu comme Créateur souverain de tout, l’histoire suivante met en évidence, de façon claire et saisissante, l’incohérence de ceux qui admettent une intelligence pour une œuvre humaine, tout en attribuant l’univers au hasard.
– Un astronome gardait dans son cabinet de travail un petit globe céleste, d’une taille modeste mais d’une grande finesse. Un jour, un ami, convaincu que tout l’univers était né du hasard, s’arrêta longuement devant cet objet et s’extasia sur sa beauté et sa précision.
« Qui a pu réaliser une œuvre aussi admirable ? » demanda-t‑il.
L’astronome répondit avec douceur : « Je ne le sais pas… peut‑être le fruit du hasard. »
L’ami le regarda surpris : « Tu te moques de moi ! »
L’astronome poursuivit calmement : « Tu trouves absurde que ce petit globe ait pu surgir du néant sans un artisan, et pourtant tu affirmes que les cieux qu’il représente auraient pu naître sans l’intervention d’un Créateur ? »
Ce simple raisonnement le troubla profondément. L’ami garda le silence, mais la leçon fit son chemin dans son cœur. Il se mit à lire la Bible et finit par reconnaître son inconséquence. À travers les Écritures, il découvrit peu à peu la grandeur et la puissance de Dieu, Créateur de l’univers, et sa foi s’en trouva transformée.
« C’est par la foi que nous reconnaissons que l’univers a été formé par la parole de Dieu, en sorte que ce qu’on voit n’a pas été fait de choses visibles. » (Hébreux 11:3)
La Bible affirme clairement que le monde a été créé par la parole de Dieu. La foi biblique n’est pas une croyance aveugle, mais une confiance fondée sur le témoignage de Dieu révélé dans les Écritures. Ainsi, le croyant accepte que Dieu, par sa seule parole, a fait exister toutes choses à partir de rien, rejetant les théories humaines jugées incertaines ou spéculatives.
Malgré les progrès remarquables de la science dans l’étude de l’univers, la question ultime de son origine demeure hors de portée de l’observation expérimentale et conduit inévitablement à des présupposés philosophiques ou théologiques. C’est alors que la parole de Dieu peut guider notre cœur et illuminer notre raison, nous conduisant à reconnaître la main du Créateur dans la grandeur des cieux.
Jésus, sur terre, ne commentait pas littéralement « chapitre par chapitre » le récit de la Genèse, mais il le citait parfois dans ses enseignements, en reconnaissant implicitement son caractère historique et son autorité.
« Mais au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. » (Marc10:6)
Jésus rattache la création de l’homme et de la femme à « au commencement de la création », ce qui montre qu’il se réfère au récit de la création comme à une réalité fondatrice et normative . En parlant du commencement du monde, il reprend le vocabulaire de la création, ce qui présuppose une vision du monde comme créé et non éternel.
David reconnaît que l’être humain n’est pas le produit du hasard, mais le fruit de la sagesse et de la puissance de Dieu. Chaque vie humaine porte la marque de son créateur et possède une dignité particulière.
« Je te louerai de ce que j’ai été fait d’une étrange et admirable manière ; tes œuvres sont merveilleuses, et mon âme le reconnaît bien. » (Psaume 139:14)
Jésus ne proclame pas un commentaire scientifique des premiers chapitres de la Genèse, il se réfère à la création comme à un événement historique réel, à l’origine de l’humanité, du mariage et de l’ordre moral, confirmant ainsi l’autorité du récit.
Dès les premiers chapitres de la Genèse Dieu est présenté comme l’origine de tout, avant toute réalité créée. Le récit n’essaie pas seulement d’expliquer comment le monde commence, mais surtout qui en est l’auteur : Dieu crée par sa parole, avec ordre, souveraineté et puissance. La création apparaît ainsi comme voulue, organisée et bonne, et non comme le fruit du hasard. Ce point fonde une vision du monde où l’univers a un sens et une finalité.
« Où étais-tu quand je fondais la terre? Dis-le, si tu as de l’intelligence. » (Job 38:4)
Le livre de la Genèse met en valeur la progression harmonieuse de l’œuvre créatrice : séparation, mise en ordre, remplissage, puis accomplissement. Le sommet de cette œuvre est la création de l’homme et de la femme à l’image de Dieu. L’être humain reçoit une dignité particulière, ainsi qu’une responsabilité de domination et de gestion sur la terre. Le repos du septième jour marque l’achèvement de l’œuvre divine et établit un rythme sacré pour la vie humaine.
Un accent plus précis est développé sur l’homme, le jardin d’Éden, le travail, la relation et le mariage. L’homme y apparaît comme une créature dépendante de Dieu, placée dans un cadre de bénédiction, mais aussi de responsabilité morale. La création de la femme souligne la complémentarité des sexes et l’institution divine du couple. Le mariage est présenté comme une union voulue par Dieu dès l’origine.
Le récit affirme que Dieu crée l’univers, la vie végétale, les animaux vivants selon leur espèce. Puis, Il crée l’être humain, lequel fut fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, par un acte volontaire et ordonné. Cette idée soutient l’existence d’un Créateur intelligent ayant agi de manière volontaire et ordonnée, en contraste avec les explications naturalistes qui attribuent l’origine de la vie à des processus purement matériels.
La création d’Adam et d’Ève comme premiers humains uniques fonde aussi, pour cette interprétation, l’unité de l’humanité et la responsabilité morale. La chute dans le péché explique l’origine du mal et de la mort non comme un mécanisme biologique ancien, mais comme une conséquence spirituelle de la désobéissance humaine.
La désobéissance fait entrer le péché, la honte, le jugement et la mort. Pourtant, au cœur même du jugement, une espérance apparaît avec la promesse d’une descendance qui vaincra le serpent. Ainsi, les premiers chapitres de la Genèse unissent création, chute et espérance de rédemption. Ils montrent un Dieu créateur, personnel, juste et sauveur, qui révèle à la fois la nature de l’homme et sa faillite morale.
Cette vérité concernant Dieu Créateur ne demeure pas confinée aux premiers chapitres de la Genèse. Elle constitue également le fondement de la prédication apostolique, notamment dans ce discours de Paul. Lorsque l’apôtre arrive à Athènes, capitale intellectuelle et spirituelle du monde grec, cité cosmopolite, fière de son héritage philosophique, grouillante de débats d’idées, il croise des philosophes épicuriens et stoïciens, deux grandes écoles de pensée qui dominent alors la vie intellectuelle grecque. Intrigués, ces derniers l’invitent à exposer sa « nouvelle doctrine » devant l’Aréopage, cette haute assemblée athénienne réunie sur la colline du même nom.
Nullement intimidé, Paul saisit l’occasion avec une intelligence remarquable. Son discours est d’une portée universelle. Ce Dieu, dit-il, n’est pas une divinité locale enfermée dans un temple, dépendante des offrandes humaines. Il est le Créateur du monde entier, ‘Seigneur du ciel et de la terre’ donc antérieur à tout. Il n’a besoin de rien parce qu’il est la source de tout.
C’est un renversement complet : l’homme n’entretient pas Dieu par des offrandes ; c’est Dieu qui donne à l’homme vie, souffle et toutes choses. La relation est celle de la créature devant son Créateur. Mais ce Dieu Créateur est aussi un Dieu Sauveur. Paul met en lumière l’amour divin, manifesté dans le don de Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu. Celui par qui tout a été créé est venu sur terre sous forme humaine, vivant dans l’humilité, accomplissant des œuvres de bonté et de guérison.
Oui, il s’est fait homme et maintenant, comme Homme, il révèle Dieu aux hommes, bien qu’il soit Dieu et qu’il reste Dieu. Il n’a jamais renoncé à ce qu’il a toujours été pour devenir ce qu’il n’avait jamais été. Malgré cela, Jésus a été rejeté, humilié et crucifié. Sa mort n’était pas due à une incapacité, mais à un choix volontaire : il a accepté la croix pour porter le châtiment des péchés de l’humanité. Sa puissance aurait pu le délivrer, mais son amour l’a retenu. Ainsi, la croix devient le lieu où s’accomplit l’œuvre de rédemption.
En conclusion, nous sommes appelés à reconnaître la double œuvre de Dieu : Créateur et Sauveur. Face à une telle grandeur et à un tel amour, se pose la question solennelle :
« Quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? » (1 Pierre 4:17)
L’homme a la possibilité de dire « non » et de ne pas obéir à l’Évangile. Il n’est pas libre pour autant, car :
« Dieu annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils ont à se repentir. » (Actes 17:30)
Chacun est ainsi placé devant une responsabilité personnelle : reconnaître Dieu comme Créateur, recevoir Jésus-Christ comme Sauveur, et répondre à l’appel de la grâce.
Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.
