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Tribune libre

La Vie Chrétienne Victorieuse — Le grand abîme : ce que Jésus révèle de l’au-delà

La Vie Chrétienne Victorieuse — Le grand abîme : ce que Jésus révèle de l’au-delà

Une porte que Jésus ouvre
Pour celui qui croit, il est doux de savoir que la vie ne s’arrête pas aux limites de la terre. Pour celui qui ne croit pas, cette pensée fait trembler. A l’approche de sa mort, David dit à son fils Salomon : « Je m’en vais par le chemin de toute la terre.» C’est le destin commun à tous les êtres humains ; un jour, nous arriverons au bout du chemin. « Si un arbre tombe au midi ou au nord, il reste où il est tombé » (Ecclésiaste 11:3) : la mort ne laisse personne dans l’incertitude ; elle nous place devant Dieu, tels que notre vie nous a préparés.

Certains disent, avec un brin d’ironie : « Que quelqu’un revienne de là-bas et qu’il nous dise tout ! » Or quelqu’un en parle, et ce n’est pas n’importe qui : c’est le Fils du Dieu vivant. Or quelqu’un en parle, et ce n’est pas n’importe qui : c’est le Fils du Dieu vivant. Il ne laisse pas sans avertissement et communique ce qui est nécessaire. Dans l’Évangile de Luc (16:19-31), Il nous offre un regard unique sur le monde invisible, non pour nous effrayer, mais pour nous conduire vers Lui.

Dans le sein d’Abraham
Jésus commence par le pauvre : « Le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enterré. »
Les enfants de Dieu meurent, eux aussi. Mais ils meurent comme ils ont vécu : « Soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur » (Romains 14:8). Quelles que soient les circonstances, même les plus humiliantes, cette appartenance ne se perd jamais.

Lazare en est l’exemple. Le texte ne dit nulle part qu’on l’a enterré. Son corps a probablement fini dans une fosse commune, sans fleur ni couronne, sans un mot ni une larme. Pourtant, les anges sont là. Ils sont attentifs à la mort de chacun de ceux qui appartiennent à Dieu, et ils portent leur âme jusqu’au lieu du repos. Quel réconfort dans cette image ! Si je dois mourir un jour, je ne serai pas seul : le ciel viendra me chercher.

Dans le séjour des morts
Pour le riche, le tableau est tout autre. On imagine des funérailles somptueuses, des discours, une foule d’amis. Mais il n’est pas question d’anges : « Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; se trouvant dans les tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. »

À l’instant où il ferme les yeux ici-bas, il les rouvre dans l’au-delà, le séjour des morts, qui n’est pas encore le jugement dernier. L’Écriture distingue ces deux réalités : la résurrection et le grand trône blanc viendront plus tard, et c’est alors que ceux qui auront rejeté Dieu seront jetés dans l’étang de feu (Apocalypse 20:11-15). Tandis que le séjour des morts est un état intermédiaire, le lieu invisible où se trouvent les esprits de ceux qui ont quitté la terre. Mais déjà, pour celui qui n’a pas été réconcilié avec Dieu, il est un lieu de tourment.

Remarquons aussi comment Jésus parle de Lazare. Il ne le place pas dans le séjour des morts, mais près d’Abraham. La promesse faite au brigand sur la croix en est un écho : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:43). Être avec Christ, voilà l’espérance de ceux qui s’endorment en Lui, ce que Paul appelle « de beaucoup préférable » (Philippiens 1:23).
Une prière qui vient trop tard

Écoutons maintenant le riche : « Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je souffre cruellement dans cette flamme. »
Comme il est devenu humble ! Il ne demande plus qu’une goutte d’eau. Il appelle Abraham « père », mais il n’a jamais marché sur les traces de la foi d’Abraham. Il connaissait Lazare, qui mendiait chaque jour à sa porte, et ne lui a témoigné aucune pitié. Aujourd’hui, c’est lui qui implore la pitié.

Un détail frappe : il ne conteste pas la justice de Dieu. Il ne demande même pas à sortir de là, seulement à souffrir un peu moins. Et cela même lui est refusé. Pendant sa vie, il aurait eu tout le temps de chercher Dieu. Il ne s’est préoccupé que de ses biens. Une prière qui arrive trop tard n’est plus entendue.
Des images pour dire l’indicible

Une précision sur la manière dont Jésus parle. Il décrit un monde qui nous est fermé avec des mots que nous pouvons comprendre : des yeux, une langue, une flamme, une goutte d’eau. C’est une grâce. Un parent qui explique à son tout-petit des réalités qui le dépassent procède de même. Si Jésus avait parlé autrement, nous n’aurions rien compris.

Ce passage nous apprend aussi que chacun demeure lui-même après la mort. Le riche reconnaît Abraham sans l’avoir jamais vu, comme Pierre, Jacques et Jean ont reconnu Moïse et Élie sur la montagne de la Transfiguration. Dans l’autre monde, nul besoin de présentations.

Un abîme qui ne se franchit pas
Abraham répond avec une patience qui n’enlève rien à sa fermeté : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu des maux pendant la sienne ; maintenant il est consolé ici, et toi, tu souffres. »

Notons-le : la pauvreté n’a pas sauvé Lazare, et la richesse n’a pas condamné le riche. Ce n’est ni la pauvreté ni la richesse qui décident de leur sort. Jésus ne dit pas ici comment devenir juste devant Dieu ; d’autres passages le font. Il montre ce qui sépare deux manières de vivre.

Le riche a trouvé son bonheur dans ce monde et n’a jamais levé les yeux plus haut. Ce n’est pas un monstre, simplement un homme comblé qui n’éprouve pas le besoin de Dieu. Lazare, lui, a connu des épreuves qui l’ont tourné vers le ciel. Son espérance n’est pas ici-bas, et le ciel le console.

Puis vient la parole la plus grave : « D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne le puissent pas. »

Dans ce récit, Jésus affirme solennellement que la mort fixe pour toujours le lieu où l’on passera l’éternité. Si l’abîme pouvait se franchir après la mort, Il l’aurait dit et en aurait précisé les conditions. Or Il n’en indique aucune : ni démarche, ni délai. Il rapporte au contraire cette parole d’Abraham : nul ne peut passer, ni d’ici vers là, ni de là vers ici. Garder la porte entrouverte, c’est supposer que Jésus ne dit pas la vérité, alors qu’Il est la vérité (Jean 14:6) et qu’Il parle de ce qu’Il connaît. « Ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle » (Matthieu 25:46). Devant des paroles aussi claires, le sage se tait.

Écouter la Parole
Le riche ne peut plus rien pour lui-même. Alors il pense à ses frères : « Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père, car j’ai cinq frères. Qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourments. »
Le geste paraît généreux. Pourtant, il sous-entend un reproche voilé : « Si Dieu m’avait averti autrement, je ne serais pas ici. » Même dans le séjour des morts, il ne reconnaît toujours pas son incrédulité ; il propose un meilleur moyen que celui de Dieu.

La réponse d’Abraham est le sommet de toute la scène : « Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. » Écouter, ici, c’est bien plus qu’entendre des sons : c’est recevoir avec foi ce que Dieu dit. « Ainsi la foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ » (Romains 10:17).
Mais le riche insiste : « Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. » Il dit non à Abraham, et donc à Moïse et aux prophètes. Combien de gens, aujourd’hui encore, pensent comme lui : un miracle spectaculaire me convaincrait mieux qu’un livre !

Abraham ne cède pas : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un ressusciterait des morts. »
L’histoire lui a donné raison. Un autre Lazare, de Béthanie, est sorti du tombeau. Les chefs du peuple n’ont pas contesté le miracle : ils ont délibéré de le faire mourir, lui aussi, parce que beaucoup, à cause de lui, croyaient en Jésus (Jean 12:10-11). Puis Jésus Lui-même est ressuscité. Les gardes, qui en avaient été témoins, ont rapporté les faits, et les chefs ont payé les soldats pour qu’ils disent : « Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions » (Matthieu 28:13). Le plus éclatant des signes n’a pas ouvert les cœurs fermés.

Passer de la mort à la vie
Le message de Jésus est simple et grave à la fois : celui qui veut éviter le lieu de tourments doit écouter la Parole de Dieu pendant qu’il vit. Après, plus rien ne peut changer. Le grand abîme ne se franchit pas après la mort. Mais Jésus ne nous laisse pas sans espoir devant l’effroi de cet abîme : Il nous dit comment être dès aujourd’hui de l’autre côté.
« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5:24).

L’abîme que le péché a creusé entre Dieu et nous, aucun effort humain ne peut le franchir ; Dieu seul l’a traversé, en Jésus-Christ. Il l’a fait par la croix, pour nous rejoindre là où nous étions. Celui qui L’écoute et croit n’attendra pas la mort pour savoir de quel côté il se trouvera : il est déjà passé. Le riche, lui, n’a pas cherché le salut à temps. Pour nous, le salut n’est ni à attendre ni à imaginer : il nous est offert aujourd’hui.
Ouvrons l’Écriture, elle enseigne que le salut est un don de la grâce, « non par les œuvres » (Éphésiens 2:8-9 ; Tite 3:5).

Contemplons Jésus-Christ : Son sacrifice est achevé, Son sang purifie, Son intercession suffit. Si nous sommes en Lui, nous n’avons rien à craindre après la mort ; nous sommes appelés à être avec Lui.
Revenons à la Parole, confions-Lui notre deuil, nos peurs et nos questions. Il ne rejette pas celui qui vient à Lui ; Il éclaire, console et conduit dans la vérité.
Il reste un seul pas, et la Parole nous exhorte : « Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut » (2 Corinthiens 6:2).

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1 commentaire

  1. Excellent article : sujet capital, commentaire impeccable et sobre, style agréable. Un bon « ambassadeur » pour faire connaître le SB.

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