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Médias : Désinformation

Le « régime » ou la disqualification médiatico-politique sans jugement

Le « régime » ou la disqualification médiatico-politique sans jugement

D’Olivier Frèrejacques dans Liberté politique :

Le « régime de Bachar al-Assad » n’existe plus. Désormais, la Syrie est aux mains des islamistes, mais ceux-ci sont appelés « les autorités de Damas » ou « le nouvel État ». Le terme « régime » n’a, en soi, rien d’infamant, mais il sert désormais à disqualifier ce qui est considéré comme un régime politique mauvais. On parlera ainsi de « régime des mollahs » ou de « régime iranien ». Le premier terme est particulièrement stupide, car il ne tient pas compte de la réalité du pouvoir dans le pays, qui repose davantage sur les Gardiens de la révolution que sur les religieux. En revanche, l’État hébreu n’est jamais qualifié de « régime de Tel Aviv », ce qui n’aurait d’ailleurs pas plus de sens que pour les cas précédents.

Qui décide des mots ?

Moscou, largement honni à l’Ouest, n’est pas non plus affublé de ce sobriquet, sauf par le chef d’état-major des armées françaises qui avait déclaré, dans une sortie très provocante et macronienne : « Si, pour dissuader le régime de Moscou, notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, nous serons face à un risque. » Qui détermine quand on parle de « régime » ou d’« État » ? Difficile à dire, sinon qu’il s’agit de grandes tendances admises, souvent de manière assez pavlovienne.

En politique intérieure, c’est la gauche qui continue de donner le « la ». Ainsi, le jeune Quentin, assassiné par des militants antifa proches de La France insoumise, est qualifié de « néo-nazi », tout comme les manifestants nationalistes du 9 mai dont le rassemblement a été interdit cette année. Quiconque s’intéresse un tant soit peu à cet espace de l’échiquier politique extraparlementaire sait qu’il s’agit d’une mouvance « nationaliste révolutionnaire ». Mais « néo-nazi » est plus vendeur et c’est surtout le terme imposé par La France insoumise, les antifas et la presse d’extrême gauche.

Les « artistes engagés », des criminels sexuels en puissance ?

Autre formule très usitée : celle d’« artiste engagé ». En réalité, un artiste n’est engagé que s’il est de gauche. Patrick Bruel, aujourd’hui accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles, a longtemps bénéficié de ce label après des années de soutien à SOS Racisme. Son compère Richard Berry a lui aussi été qualifié d’acteur engagé pour avoir milité au sein de l’association Enfance Majuscule, qui œuvre pour la protection de l’enfance. Aujourd’hui, celui qui avait appelé à faire barrage à Marine Le Pen en 2022 n’est plus qualifié d’« engagé » depuis que sa fille l’accuse de crimes d’inceste répétés.

Les mots ont un sens et doivent être remis en question dès que l’on lit un texte, particulièrement dans ces périodes de trouble politique.

La prolifération de formules aussi abominables qu’« impacter », « en responsabilité » ou « faire un bougé » sont également des marqueurs de notre époque : celle du vide des idées et d’une uniformisation abêtissante.

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