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Tribune libre

Pédocriminalité : la famille n’est pas coupable, elle est trahie

Pédocriminalité : la famille n’est pas coupable, elle est trahie

Il faut reconnaître à la députée Laurence Rossignol un mérite réel : elle a raison de refuser le mot de « pédophilie » lorsqu’il s’agit de violences sexuelles commises contre des enfants. Le terme est piégé. Étymologiquement, il suggère une forme d’amour de l’enfant. Or il n’y a pas d’amour dans l’emprise, dans l’agression, dans l’inceste, dans la destruction d’une innocence. Il y a un crime, une prédation. Il y a une profanation du plus vulnérable. Parler de « pédocriminalité » est donc plus juste, plus net, plus moralement sain.

Mais c’est précisément parce que cette première distinction est bonne qu’il faut regretter que le raisonnement s’arrête en chemin.

Car lorsqu’on affirme ensuite que les violences sexuelles contre les enfants ont le plus souvent lieu dans la famille, et qu’on en tire une suspicion générale contre la famille, contre l’autorité, contre le père, alors on retombe dans un vieux réflexe idéologique. Un réflexe très installé à gauche : dès que le mal surgit dans une institution traditionnelle, on conclut que l’institution elle-même est le problème. La famille devient suspecte. Le père devient suspect. L’autorité devient suspecte. Et le drame réel des enfants devient l’occasion de remettre en marche le vieux logiciel anti-famille.

Or ce raisonnement est faux. Il est d’abord faux parce qu’un enfant passe une grande partie de sa vie dans sa famille. C’est là qu’il dort, qu’il mange, qu’il dépend, qu’il fait confiance, qu’il est vulnérable. Il n’est donc malheureusement pas absurde que beaucoup d’horreurs se produisent dans ce cadre-là. C’est même ce qui les rend si terribles : elles ne viennent pas d’un extérieur clairement identifié, mais du lieu qui devait être le refuge.

Mais surtout, ce raisonnement est faux parce qu’il confond l’institution avec sa trahison.

La violence sexuelle dans la famille n’est pas la vérité de la famille. Elle en est la corruption absolue. L’inceste n’est pas l’expression du lien familial : il est son inversion monstrueuse. Un père prédateur n’est pas l’incarnation de l’autorité paternelle : il en est la caricature démoniaque. Il ne représente pas le père ; il détruit la paternité. Il ne représente pas l’autorité ; il la souille.

C’est ici que la comparaison politique est éclairante. Le fait qu’il existe des dictateurs ne prouve pas que tout gouvernement soit mauvais. Il prouve qu’un pouvoir sans justice devient tyrannique. Le fait qu’un chef puisse opprimer ne signifie pas qu’une société doive renoncer à toute autorité. Cela signifie qu’il faut distinguer l’autorité légitime, qui protège, sert et ordonne, de la domination illégitime, qui écrase et possède.

Il en va de même dans la famille. L’autorité du père, lorsqu’elle est juste, n’est pas une permission donnée au plus fort. Elle est une charge. Elle est un service. Elle est une responsabilité devant les plus faibles. Elle n’existe pas pour enfermer l’enfant, mais pour le protéger. Elle n’existe pas pour imposer le silence, mais pour garantir la sécurité. Elle n’existe pas pour couvrir les abus, mais pour empêcher qu’ils soient possibles.

Il faut donc être très clair : défendre la famille ne signifie pas couvrir les crimes commis dans les familles. Défendre le père ne signifie pas défendre les pères indignes. Défendre l’autorité ne signifie pas défendre l’impunité. Bien au contraire. Une société qui croit vraiment à la famille doit être impitoyable envers ceux qui la profanent. Une société qui croit vraiment à la paternité doit être impitoyable envers ceux qui utilisent la position de père, de beau-père, d’oncle ou de proche pour détruire un enfant.

La vraie réponse n’est donc pas de déconstruire la famille. Elle est de rappeler ce qu’est une famille digne de ce nom : un lieu de protection, de transmission, de tendresse, de justice, de parole et de sécurité. Et lorsqu’elle devient l’inverse, lorsqu’elle devient le lieu du secret, de l’emprise et de la peur, alors elle ne mérite pas d’être excusée au nom de la famille. Elle doit être jugée au nom même de ce que la famille devrait être.

C’est pourquoi le mot « pédocriminalité » est juste. Mais il appelle une autre précision : ces crimes ne révèlent pas la vérité de la famille. Ils révèlent la profondeur de sa trahison. Et cette trahison doit être combattue non pas contre l’idée de famille, mais au nom de l’enfant, au nom de la justice, et au nom d’une autorité enfin rendue à sa vocation première : protéger les faibles.

Cet article est une tribune libre, non rédigée par la rédaction du Salon beige. Si vous souhaitez, vous aussi, publier une tribune libre, vous pouvez le faire en cliquant sur « Proposer un article » en haut de la page.

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6 commentaires

  1. Quand ce crime odieux a lieu dans la famille, il ne s’agit rarement d’une famille naturelle avec père et mère de sang mais plus souvent d’une famille recomposée après divorce et remariage et présence d’un “beau-père”, pas toujours si beau que ça. Cette situation se généralise de plus en plus malheureusement et explique ces nouveaux faits de société.

  2. Il y a surtout une malhonnêteté sur “dans la famille”. Quand on y regarde de près, le prédateur est très souvent le beau-père. Parfois l’oncle, le cousin, le demi-frère. Et donc plus rarement le père ou le frère (sans parler des femmes, j’avais vu une fois le chiffre de 2%). Donc la première cause de la pédocriminalité, c’est le divorce, justement, la destruction des familles. Donc il faut la renforcer, en particulier en renforçant la pérennité des couples, et donc le mariage homme-femme.

  3. Ce que la gauche révolutionnaire impie s’efforce de détruire par tous les moyens, c’est justement la famille traditionnelle. Tous les moyens sont bons, y compris la pédocriminalité que la gauche instrumentalise maintenant contre la famille traditionnelle. Cette pédocriminalité, que la gauche immorale, liberticide et génocidaire a approuvée, par l’intermédiaire des folliculaires de l’Abjection (connue aussi sous le nom de “Libération”) après mai 1968. Un autre foyer épidémique de la pédocriminalité : l’Eduction nationale, avec son programme pédocriminel caractérisé, travesti sous l’acronyme EVARS.

    La France, ainsi que le reste de l’Occident décadent, sont devenus des foyers de pédocriminalité et de pédosatanisme avérés. Faut-il rappeler que, pour la France seulement, près d’1/4 de million d’enfants par an sont sauvagement assassinés in utero, comme sacrifices sanglants à l’archidémon Baphomet (ou Moloch), sous l’influence d’un autre archidémon, Baal, pour satisfaire aux conséquences de la débauche sexuelle, dont Baal est l’instigateur.

    Le Père Chad Ripperger, prêtre et exorciste américain, lors d’un de ses entretiens, avait solennellement mis en garde contre le danger existentiel que représente le “Conseil” ou les “5 généraux”, du diable : 1) Baal, l’archidémon de l’impureté et de la fornication/la débauche sexuelle 2) Asmodée, l’archidémon de l’homosexualité. 3) Léviathan, l’archidémon du lesbianisme agressif, dit masculin 4) Lilith, l’archidémon du lesbianisme passif, dit féminin et 5) Baphomet (ou Moloch), l’archidémon du sacrifice d’enfant et de l’avortement. Ces cinq archidémons, ou cinq généraux de Satan, ont reçu le pouvoir d’influencer l’Occident à partir du moment où les dirigeants que nous avons élus, ont voté les lois scélérates autorisant le divorce, l’avortement, l’appairage sodomite et lesbien, etc.

    Les démons sont des êtres tordus, maléfiques mais supérieurement intelligents. Avec plus de 50 ans de recul, nous pouvons maintenant très clairement voir la tactique du guerre du général Moloch/Baphomet en ce qui concerne l’avortement ou l’assassinat caractérisé de l’enfant à naître : 1) dramatisation 2) dépénalisation 3) légalisation 4) banalisation 5) constitutionalisation. L’abomination, crime contre Dieu et contre les Hommes, de l’appairage sodomite et lesbien en est au stade 3, pour l’instant. Par incrémentations législative et judiciaire, la France, jadis Fille aînée de l’Eglise, se comporte maintenant comme une vile gueuse prostituée, qui telle un impitoyable bourreau, assassine à la chaîne ses propres enfants, comme on construit des voitures chez Renault ou PSA.

    Kyrie eleison, Christe eleison.

  4. Erratum : “… tel un impitoyable bourreau …”

  5. Merci pour cette analyse pertinente !
    (On pourrait ajouter “Défendre les prêtres ne signifie pas défendre les prêtres indignes”.)

    Plus globalement, parler du “cercle familial” pour le désigner comme problématique c’est mettre dans le même lot des violences qui naissent dans des contexte très différents (quoique parfois conjugués) :
    1) dans des familles décomposées : le beau père ou la belle-mère est “le conjoint du moment” qui ne chérit pas les enfants de son conjoint comme les siens.
    2) dans des familles marquées par l’islam et sa vision de l’individu (femme & enfant notamment)
    3) dans des familles traditionnelles pourries par la pornographie
    4) dans des familles catho apparemment saines mais où on retrouve des cas (rares mais réels) de maltraitance

    PROPOSITION : à chaque fois qu’un intervenant cite “le cercle familial”, le compléter en disant “le cercle familial défaillant”.

  6. Bonjour Monsieur, j’ai bien apprécié votre article, très clair, et très net, et l’ai intégré en le traduisant en plusieurs langues dans le blog Aream Suam : https://areamsuam.net/fr/pedocriminalite-la-famille-n%E2%80%99est-pas-coupable-elle-est-trahie
    J’espère que vous n’y verrez pas d’inconvénient, mais l’appréciation très positive de l’un de vos lecteurs.
    Louis Lurton

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